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	<title>Science | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
	<lastBuildDate>Tue, 18 Nov 2025 11:24:52 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Science | Novastan France</title>
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		<title>Aux portes de l’univers : entretien avec le directeur de l’Institut kazakh d’astrophysique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 13:52:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Astronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Observatoire]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-directeur-institut-kazakh-astrophysique/">Aux portes de l’univers : entretien avec le directeur de l’Institut kazakh d’astrophysique</a></p>
<p>Situé dans l’ancienne capitale et le cœur économique du Kazakhstan, l’Institut d’astrophysique Fesenkov est l’exemple même d’une institution qui a su s’adapter aux nouvelles évolutions scientifiques, dans un pays où l’enjeu de la recherche scientifique est de taille. À Almaty, l’Institut d’astrophysique Fesenkov (AFIF) fonctionne depuis 1950. Le média kazakh&#160;The Village a pu discuter avec [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-directeur-institut-kazakh-astrophysique/">Aux portes de l’univers : entretien avec le directeur de l’Institut kazakh d’astrophysique</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Situé dans l’ancienne capitale et le cœur économique du Kazakhstan, l’Institut d’astrophysique Fesenkov est l’exemple même d’une institution qui a su s’adapter aux nouvelles évolutions scientifiques, dans un pays où l’enjeu de la recherche scientifique est de taille.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, <a href="https://fai.kz/ru/about">l’Institut d’astrophysique Fesenkov</a> (AFIF) fonctionne depuis 1950. Le média kazakh&nbsp;The Village a pu discuter avec Gengis Omarov, docteur en sciences physiques et mathématiques, directeur de l’Institut. Il a évoqué des sujets tels que l&rsquo;astronomie au Kazakhstan et en URSS, le travail de l&rsquo;Institut et des observatoires, ainsi que ses projets d&rsquo;avenir, dont notamment l&rsquo;entrée d&rsquo;un objet en orbite lunaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’institut astrophysique dispose de trois observatoires&nbsp;: l&rsquo;un est situé sur le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kamenskoe_Plateau_Observatory">plateau de Kamenskoïe</a> à Almaty ; un autre, le Tien Shan, près du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Big_Almaty_Lake">Grand Lac d&rsquo;Almaty</a>. Le plus élevé, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Assy-Turgen_Observatory">Asy-Tourgen</a>, est situé à 100&nbsp;kilomètres au Sud-Est d&rsquo;Almaty.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, cette <a href="https://www.gov.kz/memleket/entities/kazcosmos?lang=ru">organisation</a> est subordonnée au Comité aérospatial du <a href="https://www.gov.kz/memleket/entities/mdai?lang=en">ministère du Développement numérique et de l’Innovation de l’Industrie aérospatiale</a>. Les recherches actuelles de l’observatoire sont centrées sur les problématiques de l’espace proche ou lointain. Le texte qui suit est le témoignage de Gengis Omarov.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des thématiques et des objectifs aux contours bien précis</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la création de l&rsquo;institut, l&rsquo;astrophysique observationnelle a été notre principale activité de recherche. Depuis 1957, année du lancement du premier satellite terrestre, nous avons également commencé à observer l&rsquo;espace proche&nbsp;: les satellites d&rsquo;observation et les débris spatiaux. Aujourd&rsquo;hui, le Kazakhstan compte cinq satellites&nbsp;: deux géostationnaires, deux de télédétection et un scientifique et technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi&nbsp;sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/petite-histoire-de-baikonour-cosmodrome-kazakh/">Baïkonour, cosmodrome kazakh qui a marqué l&rsquo;Histoire</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des principales missions est d&rsquo;assurer la sécurité. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;espace est encombré de vaisseaux spatiaux et de débris. La probabilité de collision entre satellites ou avec des débris spatiaux est très élevée. Nous devons donc suivre nos satellites et prévoir les approches dangereuses d&rsquo;autres engins et débris. C&rsquo;est ce que nous faisons aujourd&rsquo;hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un institut qui perce les mystères du ciel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous observons également d&rsquo;autres objets. Comètes, astéroïdes, noyaux galactiques actifs et amas globulaires font partie des phénomènes suivis de près. En fait, nous observons aujourd&rsquo;hui tous les objets de l&rsquo;univers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous développons également des connaissances théoriques en astrophysique très pointues, notamment en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynamique_stellaire">dynamique stellaire</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosmologie">cosmologie</a> et astrophysique computationnelle. Aujourd’hui nous disposons de l&rsquo;un des superordinateurs les plus puissants du Kazakhstan, sur lequel nous modélisons divers processus dans l’univers et la galaxie. Ce super outil est aussi utilisé pour la conservation et le traitement des données.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide-1024x768.jpg" alt="Kazakhstan observatoire astrophysique Almaty" class="wp-image-73102" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/BpySCWpdvjDVbnteO1Deiw-wide.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;observatoire prend part à de nombreux projets internationaux (illustration). Photo : The Village.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, chaque nuit, nos télescopes génèrent des dizaines de gigabits de données, et nous devons non seulement les conserver, mais aussi les traiter.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ouverture vers la collaboration internationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des observatoires les plus prometteurs aujourd’hui est celui d’Asy-Tourgen. Au cours des quatre dernières années, l’Institut a créé un système de&nbsp;surveillance de l’espace au Kazakhstan pour observer le cosmos proche. En parallèle, son équipe dynamique est en train de créer un hub international d’astronomie pour réunir dans cet observatoire les télescopes kazakhs et étrangers pour des observations conjointes ainsi que pour l&rsquo;échange d&rsquo;expériences et de données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pôle astronomique international est en cours de création sur la base de l&rsquo;observatoire Asy-Tourgen, de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Nazarbayev_University">l&rsquo;Université Nazarbaïev</a> et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_national_Lawrence-Berkeley#:~:text=Le%20Laboratoire%20national%20Lawrence%2DBerkeley,et%20situ%C3%A9%20%C3%A0%20Berkeley%2C%20Californie.">Laboratoire Berkley</a> aux États-Unis. Un télescope de l&rsquo;observatoire de Poulkovo est également présent. Cette année, nous installons un télescope d&rsquo;une entreprise française.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, des pays comme la Pologne, l’Inde, la Chine et tant d’autres témoignent leur intérêt pour ce projet. Ils souhaitent également mettre en place des télescopes optiques dans l’observatoire d’Almaty. Ce dernier est maintenant en voie de devenir un pôle international.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’adhésion à des réseaux scientifiques en construction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Institut mène actuellement des travaux préliminaires à la création d’un centre régional, afin d’instaurer un système de surveillance de l&rsquo;espace sous l’égide de l’ONU. L’idée de réunir les pays centrasiatiques et leurs voisins géographiques les plus proches se met en place. Il pourrait s’agir de l’Inde, de la Chine et de la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2012, l’Institut est devenu membre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_astronomique_internationale">l’Union astronomique internationale</a>, ce qui lui octroit le droit de participer à toutes les conférences et évènements internationaux. Trois ans auparavant, l’observatoire avait rejoint l’Alliance internationale des observatoires virtuels et le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_international_d%27alerte_aux_ast%C3%A9ro%C3%AFdes">Réseau international sur les risques liés aux astéroïdes</a> (IAWN).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi&nbsp;sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-spatial-nouveau-terrain-dentente-entre-la-france-et-louzbekistan/">Le spatial, nouveau terrain d’entente entre la France et l’Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Preuve d’une volonté de se connecter à divers réseaux internationaux, l’Institut participe à toutes les campagnes internationales pour l’observation des mouvements survenant dans le cosmos. Par exemple, en 2022, il a observé une collision expérimentale entre une sonde spatiale de la NASA et l’astéroïde <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dimorphos">Dimorphos</a> dont l’objectif était de détourner l’orbite de l’astéroïde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une technologie est actuellement en cours de développement pour modifier la trajectoire de l&rsquo;astéroïde au cas où celui-ci représenterait un danger pour la Terre. Cette expérience était la première de ce type, et a été rendue possible par l’observatoire d’Asy-Tourgen. Les spécialistes de l’observatoire ont enregistré et publié les données d&rsquo;observation, qui ont été très appréciées par la NASA.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un observatoire rythmé par des partenariats lointains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des recherches avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Heidelberg">l’Université de Heidelberg</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Observatoire_astronomique_de_P%C3%A9kin#:~:text=L'Observatoire%20astronomique%20de%20P%C3%A9kin,comprend%205%20stations%20d'observation.">l’Observatoire astronomique national de Chine</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Caroline_du_Nord">l’Université de Caroline du Nord</a> sont en cours. L&rsquo;un des événements majeurs de la dernière décennie a été la découverte des ondes gravitationnelles en 2016, à laquelle nous avons participé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette découverte a été faite par l&rsquo;étude de la fusion d&rsquo;un trou noir ou d&rsquo;une étoile à neutrons. Elle a confirmé la théorie d&rsquo;Albert Einstein selon laquelle les ondes gravitationnelles modifient l&rsquo;espace et le temps. Les travaux de nos astronomes ont été publiés dans la revue scientifique américaine <em>Nature</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide-1024x768.jpg" alt="Kazakhstan observatoire astrophysique Almaty" class="wp-image-73101" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/EZfutIT5R1YG3tHhWs1i_w-wide.jpg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;observatoire fonctionne depuis 1950. Photo : The Village.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le système international, afin d’avoir une image globale d’un engin spatial, il faut regrouper les données de tous les observatoires. L’observatoire d’Asy-Tourgen bénéficie d&rsquo;une position privilégiée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des projets plein la tête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Géographiquement, il&nbsp;comble le vide du méridien entre les autres observatoires du monde. Alors que le soir est tombé en Amérique, ou que l’obscurité de la nuit plane sur les ciels européens, l&rsquo;observatoire d&rsquo;Asy-Tourgen peut effectuer des observations 24 heures sur 24.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux dernières années, les équipes très motivées de l’Institut se sont attelées, en collaboration avec l&rsquo;entreprise <a href="https://www.iafastro.org/membership/all-members/ghalam.html">Ghalam</a>, à la création du premier télescope orbital lunaire du Kazakhstan. Ce projet est actuellement à l’étape de la conception, après quoi débutera la création d’un prototype de télescope. Il sera créé au Kazakhstan et permettra de collecter des données, non seulement de la Lune, mais aussi des données indisponibles sur Terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/cosmostansia-vestige-de-lunion-sovietique/">Cosmostansia, un vestige de l&rsquo;Union soviétique au coeur du Tian Shan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, en 2013, une météorite est tombée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tcheliabinsk">Tcheliabinsk</a>. Elle provenait du Soleil, et personne n&rsquo;a pu la voir à l&rsquo;avance. Un télescope circumlunaire permettra d&rsquo;observer les objets qui s&rsquo;éloignent du Soleil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous prévoyons également d&rsquo;observer la gestion du trafic spatial&nbsp;: les objets spatiaux en orbite lunaire, les appareils volant vers la Lune et les problèmes liés aux débris spatiaux déjà présents sur l&rsquo;orbite lunaire. Le télescope lunaire contribuera à résoudre de nombreux problèmes stratégiques. Nous espérons le lancer en 2029-2030.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’expérience personnelle de Gengis Omarov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai travaillé dans l’astronomie et l’astrophysique pratiquement toute ma vie. J’ai pendant un certain temps travaillé en Allemagne à l’Institut&nbsp;d’astronomie computationnelle de l’Université de Heildelberg. En Amérique, j’ai travaillé et étudié à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/International_Space_University">l’Université internationale du cosmos</a>. J’ai consacré toute ma vie à l’astronomie, à l’astrophysique et à la recherche spatiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes parents m&rsquo;ont insité à devenir astronome. L&rsquo;environnement dans lequel j&rsquo;ai grandi et les gens que j’ai cotoyés ont contribué à façonner cette passion. Je suis né ici, à l&rsquo;observatoire. Mes parents m’emmenaient avec eux au travail et j’ai fait la connaissance d’un astrophysicien réputé mondialement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Ambartsumian">Viktor Amazaspovitch Ambartsoumyan</a>. J’avais à peine 8 ans, mais il m’inspirait déjà grandement.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Je pense que quiconque a levé la tête au moins une fois le soir – et ici, quand on lève la tête, on voit les étoiles – a voulu savoir dans quel monde nous vivons. Si je ne suis pas fan de science-fiction, et pourtant je m&rsquo;intéresse à la littérature scientifique et fictionnelle. Il est important de connaître les lois qui régissent l&rsquo;univers et de rechercher de nouvelles connaissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les 25 prochaines années, j&rsquo;aimerais que le projet de création d&rsquo;un pôle astronomique international à l&rsquo;observatoire d&rsquo;Asy-Tourgen se concrétise. J&rsquo;aimerais qu&rsquo;il devienne un centre international d&rsquo;astronomie et d&rsquo;astrophysique, tant pour le Kazakhstan que pour d&rsquo;autres pays. J&rsquo;aimerais y installer un grand télescope&nbsp;: un miroir d&rsquo;au moins trois à quatre&nbsp;mètres de diamètre. Je serais heureux que, dans 25&nbsp;ans, l&rsquo;observatoire astronomique d&rsquo;Asy-Tourgen devienne l&rsquo;un des meilleurs au monde. Je pense que c&rsquo;est la mission principale de tout notre institut.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aliya Khamidoullina</strong><br><strong>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/interview-people/40011-fakticheski-za-vsemi-ob-ektami-vo-vselennoy-vedutsya-nablyudeniya-s-nashih-observatoriy">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Touïyksou : au cœur de la science et du combat pour les glaciers</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/touiyksou-coeur-science-combat-glaciers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2025 15:13:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Glacier]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/touiyksou-coeur-science-combat-glaciers/">Touïyksou : au cœur de la science et du combat pour les glaciers</a></p>
<p>Perchée à 3 450 mètres d’altitude, la station glaciologique de Touïyksou est l’un des derniers bastions de l’étude des glaciers en Asie centrale. Face à des conditions extrêmes et à la fonte accélérée des glaces, les scientifiques poursuivent inlassablement leurs recherches sur le changement climatique. Dans cet environnement isolé, leur quotidien oscille entre science, solitude [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/touiyksou-coeur-science-combat-glaciers/">Touïyksou : au cœur de la science et du combat pour les glaciers</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Perchée à 3 450 mètres d’altitude, la station glaciologique de Touïyksou est l’un des derniers bastions de l’étude des glaciers en Asie centrale. Face à des conditions extrêmes et à la fonte accélérée des glaces, les scientifiques poursuivent inlassablement leurs recherches sur le changement climatique. Dans cet environnement isolé, leur quotidien oscille entre science, solitude et imprévus.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article de Svetlana Romachkina publié par <a href="https://vlast.kz/inside/61530-smotrasie-za-lednikom.html">Vlast</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La station est constituée de maisons abandonnées, et l’atmosphère du village est morne. Dans les années 1980, un groupe de chercheurs y vivait. L’un d’eux est devenu fou, se liant d’amitié avec une mouche, et un gardien s’y est pendu. Selon certains, les âmes des morts n’ont jamais quitté les lieux »</em>, raconte une vieille légende.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Kasatkine, responsable de l’expédition, montre sur son téléphone une vidéo tournée par une chaîne de télévision russe. <em>« Comment peut-on inventer de telles histoires ? Et dire qu’il y a des gens pour y croire ! »</em>, s’amuse-t-il.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Kasatkine travaille à la station de Touïyksou depuis plus de 30 ans : il est ainsi témoin des transformations de cet observatoire unique en Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une route difficile vers la station</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En quittant <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Almaty</a>, la route vers Touïyksou devient rapidement chaotique. Après Chymboulak, le sentier non goudronné met à rude épreuve le véhicule chargé de matériel. Vassili Kapitsa, directeur du laboratoire de géo-cryologie, conduit prudemment.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station-1024x683.jpg" alt="Touïyksou glacier" class="wp-image-69543" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/route-vers-station.jpg 1440w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La route vers le glacier. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre gère deux stations : Kosmostantsiya, accessible par une route goudronnée, et Touïyksou, atteignable après une ascension de neuf kilomètres. En hiver, le trajet peut prendre deux jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un lieu autrefois animé, aujourd’hui déserté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois, la station accueillait chercheurs, sportifs et militaires. Aujourd’hui, seuls les glaciologues y demeurent, observant la fonte inexorable des glaciers.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte-1024x683.jpg" alt="Touïyksou glacier maisons" class="wp-image-69539" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/paysage-deserte.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La station est aujourd&rsquo;hui presque désertée. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques touristes égarés atteignent parfois le site. Une vieille baignoire est même devenue virale sur les réseaux sociaux. <em>« Même en plein hiver, des visiteurs frappent à notre porte pour la trouver »</em>, s’amuse le glaciologue Berik Kosjanov.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conditions de vie exigeantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le glacier, découvert en 1902, est surveillé régulièrement depuis 1956. À l’origine, les scientifiques vivaient sous des tentes. Les premières maisons datent des années 1970.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les glaciologues habitent la « maison rouge », rebaptisée « maison blanche » après sa rénovation, un processus long et coûteux. L’électricité est fournie par des panneaux solaires. <em>« Mais ce n’est pas leur nombre qui compte, c’est la batterie, et celle-ci est limitée »</em>, note Vassili Kapitsa.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie-1024x683.jpg" alt="Glacier Touïyksou" class="wp-image-69547" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/conditions-de-vie.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les scientifiques arrivent à la station. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un écriteau sur la porte prévient : <em>« Ne pas déranger pour demander le gîte. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’épreuve de l’ascension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’altitude impose son rythme. Sergueï Guebel, assistant ingénieur, rappelle que les premiers jours en haute montagne peuvent provoquer nausées et variations de tension. Mais aujourd’hui, l’urgence prime : il faut atteindre le glacier tant que le temps reste dégagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À bord du véhicule chargé de matériel, l’équipe progresse difficilement. Après Chymboulak, la route devient impraticable : un éboulement force les glaciologues à poursuivre à pied. Vassili Kapitsa porte une lourde valise, tandis que le reste de l’équipe se répartit l’équipement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La montée est rude. Fotekh Rakhimov, ingénieur en chef originaire de Douchanbé, au Tadjikistan, observe le paysage en silence. Il travaille depuis deux ans sur un catalogue des glaciers du bassin de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Amou-Daria</a>. Sergueï Guebel énumère les sommets environnants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/le-fleuve-amou-daria-exploite-par-lafghanistan-quelles-consequences-pour-les-pays-dasie-centrale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le fleuve Amou-Daria exploité par l’Afghanistan : quelles conséquences pour les pays d’Asie centrale ?</a> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe s’arrête régulièrement pour effectuer des relevés et marquer les points de contrôle d’une croix rouge sur les rochers. Nikolaï Kasatkine scrute les sommets. <em>« Ici, impossible de prévoir le temps, il peut changer d’une minute à l’autre »</em>, prévient-il alors que le tonnerre gronde au loin.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un glacier en recul constant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1958, l’épaisseur de glace atteignait 70 mètres et les glaciers voisins se rejoignaient. Aujourd’hui, ils sont isolés. Le recul s’accélère : de 15 à 17 mètres par an en 1972, il atteint désormais 25 mètres en moyenne. En 2008, la fonte a atteint un record de 48 mètres en une seule année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les roches, des croix blanches marquent les limites du glacier l’année précédente. <em>« Il s’étendait jusque-là »</em>, explique Nikolaï Kasatkine, tandis que de petites plantes commencent à pousser entre les pierres.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Même ici, la pollution est visible. <em>« Les gens montent avec une bouteille pleine, mais ne veulent pas la redescendre vide »</em>, déplore Vassili Kapitsa, qui ramasse régulièrement des déchets sur le chemin du glacier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mesurer et surveiller la fonte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe traverse la rivière pour établir de nouveaux points de mesure. Des carottes de glace émergent de partout. <em>« On dirait un hérisson »</em>, plaisante Vassili Kapitsa en observant les nombreux trous forés pour surveiller la fonte. Les glaciologues creusent jusqu’à trois mètres et insèrent de nouvelles carottes, qui devront être remplacées au fil de la fonte.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-1024x576.jpg" alt="Drone glacier" class="wp-image-69545" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique-600x338.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/travail-scientifique.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les scientifiques s&rsquo;aident de drones. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, un drone s’élève dans le ciel. Il capture des images croisées avec les points de mesure pour produire une orthophotographie détaillée du glacier et de ses moraines.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un glacier parmi les plus étudiés d’Asie centrale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Touïyksou est l’un des glaciers les plus surveillés d’Asie centrale depuis 1956. <em>« Certains disent que c’est le glacier le plus étudié au monde, ce n’est pas tout à fait exact »</em>, nuance Vassili Kapitsa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les scientifiques peinent à suivre un seul glacier, faute de moyens. <em>« Autrefois, nous étudiions aussi les Aiguilles de Touïyksou, le Touïyksou central, Manchouk Mametova et Molodejnyï. Ce dernier a totalement perdu sa langue glaciaire sous l’effet du changement climatique »</em>, ajoute le chef de l&rsquo;expédition.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un centre de recherche sauvé après la chute de l’URSS</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la dissolution de l’URSS, la plupart des stations glaciologiques ont été abandonnées, faute de financements. Le Kazakhstan a toutefois échappé à ce sort grâce à Ausra Revutaite, chercheuse lituanienne arrivée à Touïyksou en 1982. Dans les années 1990, elle a maintenu la station en activité malgré l’absence de soutien financier. Ses parents lui envoyaient de l’argent pour acheter du charbon et chauffer le bâtiment, permettant ainsi de poursuivre les observations et d’éviter le pillage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-1024x683.jpg" alt="relevé météorologique Touïyksou glacier" class="wp-image-69542" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/releve-meteorologique.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les scientifiques effectuent des relevés météorologiques. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans avant sa retraite, elle a refusé une proposition de travail en ville, préférant rester sur place jusqu’à ce que son âge l’empêche d’accéder au glacier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un renouveau de la recherche en Asie centrale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la recherche glaciologique renaît en Asie centrale grâce au soutien de bourses étrangères. Des expéditions conjointes sont menées, et les travaux publiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Touïyksou n’a pas d’équivalent dans l’espace post-soviétique »</em>, affirme Vassili Kapitsa. Il cite la station du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tian_Shan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tian Shan</a>, au glacier Karabatkak (2 500 mètres d’altitude), accessible après huit kilomètres à cheval.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, au Tadjikistan et en Ouzbékistan, les études se font uniquement lors d’expéditions de quelques semaines par an. Une station existait autrefois au glacier Abramov, à la frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan, mais elle a été incendiée en 1999 par des groupes radicaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un glacier en péril, mais un espoir de survie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le glacier Touïyksou, réserve d’eau essentielle, fond inexorablement. Depuis la fin de la petite ère glaciaire (1850-2010), la surface des glaciers du Zaïliïski Alataou a diminué de 60 à 70 %. Selon les projections, la plupart des glaciers kazakhs pourraient disparaître d’ici 2070.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/changement-climatique-lincertitude-croissante-autour-de-leau-en-asie-centrale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Changement climatique : l’incertitude croissante autour de l’eau en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un espoir subsiste cependant : <em>« La langue glaciaire est recouverte de pierres, ce qui ralentit la fonte sous-jacente »</em>, explique Vassili Kapitsa. <em>« Sur le glacier des Aiguilles de Touïyksou, la partie protégée est plus étendue que la partie exposée. Il commence à se refermer sur lui-même. C’est une hypothèse, et un espoir de sauvetage. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un cycle climatique imprévisible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fotekh Rakhimov reste prudent sur cette possibilité de régénération. Il observe une augmentation des précipitations, mais insuffisante pour inverser la tendance. <em>« Pour qu’un glacier s’étende, il faut des précipitations solides et une baisse d’au moins cinq degrés de la température moyenne. Rien ne garantit que cela se produira »</em>, souligne-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Kasatkine rappelle que le climat évolue en cycles : <em>« Réchauffements et refroidissements se succèdent. Nous sommes dans une phase de réchauffement, qui finira par laisser place à un refroidissement, même si nous ne serons peut-être pas là pour l’observer. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un travail de terrain risqué mais maîtrisé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les membres de l’expédition sont équipés de radios.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Vous entendez le drone ? »</em> demande Vassili Kapitsa.<br><em>« Non seulement on l’entend, mais on le voit ! »</em></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le drone s’élève plusieurs fois tandis que l’équipe effectue les relevés. Les conditions sont difficiles : pieds trempés, terrain glissant, sangles de sécurité indispensables. Aucun accident grave n’a été recensé, mais en 2006, Youri Rebrov, l’actuel chef de la station, a chuté dans une crevasse. Blessé à l’épaule et trempé, il a dû attendre, sans Internet ni réseau téléphonique, que son collègue aille chercher du matériel de secours. Il s’en est sorti sans séquelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Exploiter les données avant la nuit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le retour vers la station est rapide. Vassili Kapitsa s’inquiète du temps disponible pour exploiter les données avant la tombée de la nuit. Il est 15 heures, les batteries seront rechargées à 16 heures, et à 18 heures, l’obscurité s’installera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il faut tout finaliser aujourd’hui, au cas où la météo ne nous le permette pas demain »</em>, insiste-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit-1024x683.jpg" alt="Touïyksou maison" class="wp-image-69540" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/photo-nuit.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La nuit, les ordinateurs prennent le relai des hommes. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sont immédiatement transférées sur un ordinateur, où elles seront analysées toute la nuit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des modèles numériques pour suivre la fonte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’objectif de ces prises de vue est d’estimer la fonte de la langue glaciaire à partir des données du drone »</em>, explique Vassili Kapitsa. Les images permettent de créer des modèles informatiques des reliefs sur différentes périodes, afin d’évaluer la vitesse de fonte. En parallèle, des observations directes sont menées grâce aux carottes de glace et aux mesures GPS, avec une marge d’erreur espérée de cinq centimètres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la haute saison pour les glaciologues : ils collectent un maximum de données, qui seront analysées tout au long de l’hiver. La neige commence à apparaître fin septembre, tandis que la saison des relevés débute fin mars, au moment où la quantité maximale de neige est mesurée. À partir d’avril-mai, la fonte s’amorce et des relevés sont effectués tous les dix jours. Parallèlement, des mesures sont prises à la station météo toutes les trois heures, de 9 heures à 21 heures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’accès au glacier, un défi logistique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accès en voiture n’est possible qu’à partir de fin juin, et seulement pour quelques mois. D’ici septembre, il faut acheminer suffisamment de provisions et de matériel pour tenir toute l’année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré des décennies d’études, le volume exact du glacier reste inconnu. Il y a une dizaine d’années, une équipe moscovite a utilisé un géoradar pour mesurer la partie accessible, révélant une épaisseur de plus de 100 mètres.<em> « Là où l’accès est impossible, il faut se contenter d’estimations »</em>, conclut Nikolaï Kasatkine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une station où l’hiver ne s’arrête jamais</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la tombée de la nuit, le froid s’installe et le poêle est allumé. <em>« Ici, la saison de chauffage dure toute l’année »</em>, plaisante Nikolaï Kasatkine. Fatigués mais satisfaits, les glaciologues dînent, boivent leur thé et s’endorment rapidement après une journée intense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vassili Kapitsa se souvient d’une anecdote révélatrice. <em>« Un informaticien d’Almaty, Pavel, a travaillé avec nous. Un jour, en regardant le pic des Soviets, il a affirmé : « C’est du calcaire ». Nikolaï lui a prouvé qu’il s’agissait d’un glacier. Pourtant, cet homme est Almatais de naissance ! »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Kasatkine s’amuse du fait que, même ce jour-là, son collègue restait sceptique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les débuts de Vassili Kapitsa à Touïyksou</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vassili Kapitsa travaille à Touïyksou depuis 2006. Alors étudiant à l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_nationale_kazakhe_Al-Farabi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université nationale kazakhe al-Farabi</a>, il rendait visite à des camarades en stage à l’Institut de géographie lorsqu’il a croisé Nikolaï Kasatkine. Ce dernier lui propose de l’accompagner pour mesurer la neige.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Tu viens avec nous ? Là-bas, tout est dur, difficile »</em>, l’avait prévenu Nikolaï Kasatkine.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique-1024x683.jpg" alt="Nikolaï Kasatkine" class="wp-image-69541" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/portait-scientifique.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Nikolaï Kasatkine. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sans hésiter, il accepte. Après une ascension à pied et une nuit sur place, il participe aux relevés sur le glacier avant de redescendre. Quatre jours plus tard, le 28 mai, il rencontre Igor Seversky, alors directeur du laboratoire, qui lui propose de rejoindre l’équipe. Il accepte immédiatement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conditions rudimentaires à l’époque</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée, la station fonctionnait avec un simple générateur, permettant d’allumer une lampe pendant une demi-heure chaque soir. Le réseau téléphonique n’était accessible qu’en grimpant sur une butte. <em>« D’ailleurs, j’ai remarqué que les téléphones captaient mieux avant »</em>, note-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2008, pour des raisons financières, il quitte temporairement la recherche afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son retour est permis grâce à une bourse de l’Institut des lacs de montagne de Bonn.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’étais manager et je vendais des produits. Le salaire proposé était deux fois inférieur à celui que je percevais alors, mais toujours quatre fois supérieur à mon ancien salaire de chercheur. J’ai choisi de revenir »</em>, explique le scientifique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la recherche est financée par l’État, mais sous conditions. <em>« Nous devons publier dans des revues étrangères. Or, un article peut prendre un an à être accepté, alors que les programmes de recherche ne durent que deux ans. Si nous ne remplissons pas nos obligations, nous devons payer une amende et sommes interdits de participation à d’autres projets pendant trois à cinq ans. J’espère que tout ira bien »</em>, raconte Nikolaï Kasatkine. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Surveiller le pergélisol et les glaciers d’Asie centrale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet, à Kosmostantsiya, de nouvelles carottes de glace ont été installées dans le cadre d’un projet de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Fribourg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université de Fribourg</a> visant à rétablir le réseau de surveillance du pergélisol en Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vassili Kapitsa rappelle que ce suivi existe au Kazakhstan depuis les années 1970. <em>« À l’époque, nous avions environ 32 carottes, certaines atteignant 120 mètres de profondeur. Cette année, nous en avons installé trois de 32 mètres et une de 12 mètres, équipées de capteurs mesurant la température des sols à chaque mètre »</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/lasie-centrale-face-aux-defis-de-la-fonte-des-glaces/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Asie centrale face aux défis de la fonte des glaces</a> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, des glaciologues kazakhs ont mené des recherches géophysiques avec des scientifiques autrichiens sur un glacier recouvert de pierres. <em>« Nous avons transporté une grande quantité de câbles et d’équipements. Aujourd’hui, porter un drone sur le dos, c’est comme une promenade aux Maldives »</em>, plaisante Vassili Kapitsa.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’importance d’une condition physique adaptée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce travail en altitude exige une excellente condition physique. Chaque année, les scientifiques se rendant sur le glacier de Touïyksou passent un examen médical.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Même moi, après une longue absence, je suis essoufflé et j’ai mal à la tête. Dès mon arrivée, je ressens une fatigue intense. Avant de partir, je dors toujours mal, comme si mon corps anticipait l’effort »</em>, confie Vassili Kapitsa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véhicule de l’équipe, datant de 2011, doit encore tenir sur ces routes exigeantes. <em>« Chaque trajet est une incertitude »</em>, ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Économiser l’eau, une priorité face au réchauffement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’accélération de la fonte des glaciers, Vassili Kapitsa souligne la nécessité d’adopter une gestion plus responsable de l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je vis à Tastak. Là-bas, on arrose le trèfle en continu, qu’il pleuve ou non. Au parc Gandhi, même constat : l’eau coule sans compter. Pourtant, tout le monde parle d’économiser l’eau. Le Kazakhstan possède des ressources minérales, mais nous avons un problème d’accès à l’eau potable. Les gens ne s’en rendent pas compte. Ils ouvrent le robinet et ne se demandent ni d’où vient l’eau, ni où elle va »</em>, déplore-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-les-habitants-souffrent-dune-penurie-deau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Au Kazakhstan, les habitants souffrent d’une pénurie d’eau</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays construisent des réservoirs pour collecter l’eau de fonte des glaciers, mais ces infrastructures ont un impact sur les paysages situés en aval.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une nouvelle génération de glaciologues confrontée à des défis économiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes glaciologues d’aujourd’hui doivent composer avec des salaires modestes, parfois inférieurs à ceux d’un livreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous essayons de les soutenir en les intégrant à des projets internationaux, mais tout le monde veut pouvoir vivre correctement dès le début de sa carrière. Honnêtement, je ne sais pas ce que je ferais à leur place »</em>, admet Vassili Kapitsa.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une station glaciologique en déclin, vestige d’un passé révolu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ici, c’est la montagne : parfois un peu dangereuse, parfois beaucoup. Tout peut arriver »</em>, prévient Nikolaï Kasatkine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul témoin de l’âge d’or de la station, il se souvient d’une époque où Touïyksou disposait d’un générateur diesel, d’un bain russe avec sauna, de chaudières et d’une cantine. <em>« Tout a cessé avec la chute de l’Union soviétique. L’année suivante, nous avons descendu tout ce qui pouvait être récupéré. Vous avez vu la carcasse du véhicule tout-terrain ? Je l’ai vu fonctionner autrefois. Un an après l’effondrement de l’URSS, il ne restait que la carcasse. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-1024x683.jpg" alt="glacier recul" class="wp-image-69536" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/glacier-recul.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le glacier est en recul. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À cinq minutes du bâtiment principal, un petit lac se cache entre les roches. Autrefois, un système de chauffage, installé dans les années 1970, acheminait son eau jusqu’aux maisons. Aujourd’hui, les glaciologues doivent se contenter d’un seau d’eau réchauffé sur le poêle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Située dans un parc naturel, la station n’est protégée par aucune barrière, laissant libre accès aux visiteurs et compliquant le travail des scientifiques. Nikolaï Kasatkine a découvert Touïyksou en 1989, alors qu’il était étudiant en ingénierie géodésique. Depuis, il a vu la station se transformer, survivant tant bien que mal à l’abandon et au passage du temps.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un parcours atypique, entre science et montagne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan ne forme pas de glaciologues. À Touïyksou, les chercheurs viennent d’horizons variés : géographes, alpinistes, spécialistes en géodésie. Nikolaï Kasatkine, aujourd’hui responsable de deux stations, en est un parfait exemple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il découvre Touïyksou en 1989 lors d’un stage, mais après son diplôme en 1993, il quitte la glaciologie, faute de perspectives, et devient commerçant. En 1995, il tente de se reconvertir dans le tourisme, proposant un service de transport vers la station. Son projet est refusé, mais il est recruté comme glaciologue pour travailler à Touïyksou et au Grand lac d’Almaty.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le départ de l’ancienne génération de chercheurs, il reprend naturellement ce travail. <em>« J’ai dû me réintégrer dans le processus, et cela m’a plu »</em>, raconte-t-il. Aujourd’hui, il se passionne autant pour l’étude de la glace de surface, du pergélisol et de la glace souterraine que pour les avancées technologiques qui ont transformé son métier : <em>« Plus besoin de transporter de lourds théodolites. Avec les drones et les logiciels spécialisés, nous obtenons plus de données qu’un géodésiste n’en aurait recueillies en une vie. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis deux ans, de nouveaux financements ont permis l’acquisition de matériel moderne. <em>« Quel soulagement ! Mais il a fallu tout apprendre seuls »</em>, explique-t-il. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une fascination intacte pour la montagne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’enfance, Nikolaï Kasatkine est fasciné par la montagne. Il y passait tout son temps libre, sans jamais posséder d’équipement d’alpinisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je ne me lasse jamais de ces paysages. À chaque fois, je marche, émerveillé. C’est une euphorie permanente. J’ai de la chance d’avoir ce travail et me plaindre serait un péché. Si je le pouvais, je vivrais ici, non seulement pour y habiter, mais pour l’étudier.</em> <em>En étudiant la nature, on s’étudie soi-même. L’être humain fait partie de la nature et, pour mieux se comprendre, il faut connaître les lois de la physique »</em>, estime le scientifique. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un quotidien marqué par les dangers de la montagne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Berik Kosjanov, 32 ans, est tombé dans la rivière, malgré son harnais. <em>« Les bords sont glissants, j’ai pataugé comme un chat dans une baignoire »</em>, plaisante-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-1024x683.jpg" alt="soirée glacier" class="wp-image-69544" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/scene-quotidien.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une scène du quotidien au glacier. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Originaire d’un village près d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aktioub%C3%A9" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Aktioubé</a>, il a étudié la géographie à l’Université polytechnique nationale. En 2012, lors d’un stage à Touïyksou, il découvre les difficultés de l’altitude : <em>« La nuit, ma tension intracrânienne s’équilibrait, mes oreilles sifflaient, j’avais l’impression que de l’air en sortait. Après cela, plus aucun problème d’acclimatation. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il travaille à la station depuis huit ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le calme et la solitude, un choix de vie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui l’a attiré ici, c’est avant tout la tranquillité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La vie est plus simple, plus paisible. Il y a la nature et les marmottes. Je n’aime pas la foule, le bruit. Ici, je me retrouve. Mais ces dernières années, après le Covid, il y a plus de touristes. C’était mieux avant ! (rires). Malgré tout, c’est un lieu agréable, surtout en été, quand la ville devient étouffante »</em>, pense-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les glaciologues travaillent par roulement : dix jours en station, vingt jours de repos. En été, la charge de travail augmente, et les séjours s’allongent pour collecter les données et entretenir la station.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait trois semaines que Berik Kosjanov est sur place. Il s’apprête à redescendre en ville et lave ses vêtements avant son départ. <em>« Il faut reprendre forme humaine avant de redescendre »</em>, plaisante-t-il. Le retour à Almaty prend plusieurs jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un travail physique et exigeant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En été, notre principale tâche est de prélever des échantillons de neige tous les dix jours »</em>, explique Berik Kosjanov. Certaines journées, les relevés de carottes doivent être effectués quotidiennement, comme aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il y a eu des périodes où nous partions à 6 heures du matin et ne revenions qu’au soir, après avoir foré toute la journée. En 2016-2017, nous avons extrait 58 carottes en une seule journée, un record. Cette année-là, la neige fondait particulièrement vite »</em>, raconte le scientifique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quatre ans, la station a été équipée d’un accès à Internet. Auparavant, la seule connexion avec l’extérieur passait par la radio reliant la station à Mynjykly.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque, Berik Kosjanov lisait davantage. La bibliothèque de la maison bancale offrait un large choix d’ouvrages : <em>« Avant le Wi-Fi, je me contentais d’un téléphone à boutons. C’était difficile sans réseau, mais d’un autre côté, tout était plus calme. Aujourd’hui, nous sommes habitués à Internet. Sans connexion, même un simple débat à table devient compliqué : impossible de vérifier qui a raison ! Mais avant, on lisait plus. Maintenant, les livres sont devenus des objets d’exposition. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un environnement hostile et imprévisible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes les trois heures, un membre de l’équipe relève les mesures à la station météo. Par beau temps, le trajet est court, mais lorsque le brouillard s’épaissit, le risque de se perdre est réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je connais bien les lieux, mais dans le brouillard, tout devient confus. Une fois, en allant à la station, je me suis perdu. Une autre fois, le vent soufflait si fort qu’il m’a littéralement chassé du chemin. J’ai essayé de revenir sur mes pas, mais une nouvelle rafale m’a balayé à nouveau »</em>, raconte Berik Kosjanov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet été, la région a subi de violents orages, endommageant une partie du matériel. Berik Kosjanov se souvient qu’un éclair a frappé un accumulateur, pénétrant littéralement dans la maison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un lieu mystérieux et des visiteurs imprévisibles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Touïyksou figure parmi les endroits les plus terrifiants du Kazakhstan, une réputation que Berik Kosjanov peine à comprendre. L’atmosphère abandonnée, les bâtiments délabrés et les étranges sculptures en bois disséminées sur le site – qu’il surnomme « les totems » – contribuent peut-être à cette image.<em> « Personne ne sait qui les a façonnés. Peut-être un ancien glaciologue cherchant à occuper ses soirées »</em>, suppose le scientifique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-1024x576.jpg" alt="totem Touïyksou" class="wp-image-69535" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite-600x338.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/element-insolite.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des « totems » effraient certains visiteurs. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce décor intrigue les touristes, qui viennent parfois frapper à la porte des scientifiques avec des demandes insolites. <em>« Un jour, en pleine nuit, un touriste paniqué est arrivé, souffrant du mal de l’altitude après avoir dormi en montagne sans acclimatation »</em>, raconte Berik Kosjanov. D’autres cherchent un endroit pour dormir ou demandent leur chemin. Certains vont plus loin : <em>« Un touriste nous a demandé de mettre la bouilloire en route le temps qu’il aille et revienne du lac, comme si nous étions un café ! »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accidents sont fréquents, surtout au printemps lorsque les skieurs déclenchent des avalanches. <em>« Il y a un mois et demi, un touriste s’est fracturé la jambe. Il nous a fallu une demi-journée pour organiser son secours. Ici, la météo est parfois si extrême que les secours ne peuvent pas toujours intervenir »</em>, explique Berik Kosjanov.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un lien unique avec la nature</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Berik Kosjanov sourit en évoquant sa famille, qui peine encore à comprendre ce qu’il fait en montagne toute l’année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sergueï Guebel travaille ici depuis quatre ans : <em>« Lors de ma première venue, c’était comme un conte. Tout était nouveau, fascinant. Je voulais tout voir, tout photographier, tout toucher. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sergueï Guebel connaît les meilleurs endroits pour trouver des champignons et des framboises. Il reconnaît même les différentes marmottes vivant sur le site : certaines sous l’ancienne salle de sport, d’autres sous les fûts, et la plus téméraire sous la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois, un chien vivait à la station, mais il s’est enfui. L’idée d’amener un chat a été évoquée, mais elle a divisé. <em>« Ce serait plus gai avec un chat, mais au moins, nous avons les marmottes »</em>, plaisante Sergueï Guebel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un regard scientifique sur le réchauffement climatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Berik Kosjanov et Ilya Jetchev font partie de la nouvelle génération de glaciologues, mais le premier se montre réservé : <em>« Il y a beaucoup de choses que je ne sais pas faire, notamment réparer le matériel. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il distingue le travail de collecte des données, qu’il réalise, de l’analyse, menée en ville. <em>« Nous prenons des mesures, transmettons les informations, puis une équipe plus nombreuse les exploite. De temps en temps, nous recevons les résultats. J’ai une idée générale de la situation, mais pas de chiffres précis. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-la-fonte-des-neiges-une-menace-annuelle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kazakhstan : la fonte des neiges, une menace annuelle</a> </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les glaciologues observent la fonte accélérée du glacier. <em>« Vous vous souvenez du blackout à Chymboulak en 2011 ? Il a été causé par une forte hausse de température en ville, contrastant avec l’air froid des montagnes, générant un vent violent qui a tout balayé.</em> <em>Sans glaciers, Almaty se réchauffera davantage. Les canaux, qui rafraîchissent la ville, seront vides »</em>, explique Berik Kosjanov. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un alpiniste devenu glaciologue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ilya Jetchev a débuté sa carrière à la station de ski de Chymboulak, combinant alpinisme et glaciologie, un profil rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa première ascension remonte à ses six ans, sur le pic du Komsomol. Ce jour-là, ses parents n’ont pas atteint le sommet. À 16 ans, il obtient un certificat international d’instructeur de tourisme de montagne. Lorsqu’il n’est pas à la station, il accompagne des touristes en expédition.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-1024x683.jpg" alt="glacier instrument de mesure" class="wp-image-69537" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/03/montagne-ciel-changeant.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les conditions de vie sont parfois difficiles. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il hésite encore à lier définitivement sa passion pour l’alpinisme à l’étude des glaciers. <em>« Parfois, je pars en trek pendant 20 jours, mais une fois redescendu, j’ai envie de la ville et de repos. Ce qui me manque, ce ne sont pas les périodes de garde, mais les montagnes. Les cinq premiers jours ici, je compte les jours. L’altitude pèse, elle fatigue »</em>, décrit-il. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À la question de savoir s’il a vu <em>The Lighthouse</em>, un film où deux hommes sombrent dans la folie après un isolement prolongé, il rit : <em>« Ici, on a le Wi-Fi. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La maison d&rsquo;Ausra Revutaite, témoin d’un passé scientifique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ilya Jetchev conduit les journalistes de Vlast à la maison d’Ausra Revutaite. Des travaux y ont été réalisés l’année dernière pour un séminaire réunissant des glaciologues d’Asie centrale. <em>« On a même installé de nouvelles toilettes en bois »</em>, précise-t-il. Aujourd’hui, la maison est fermée, son poêle hors d’usage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une pièce, d’anciennes revues jonchent le sol, dont un exemplaire en lituanien intitulé <em>L’Oracle</em>. Pourtant, ici, peu de place pour le mysticisme. Aucune légende d’homme des neiges ne circule. On parle de bouquetins et de léopards des neiges, mais personne n’a jamais aperçu ces derniers. Plus bas, au Grand lac d’Almaty, des ours ont été signalés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les caprices de la météo compliquent l’expédition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au matin, une pluie battante réveille tout le monde. À Almaty, la chaleur écrase la ville, mais ici, la température chute à 5 degrés. Un épais brouillard enveloppe les montagnes. Vassili Kapitsa et Nikolaï Kasatkine scrutent le ciel : <em>« Non, ça ne va pas s’éclaircir. »</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">L’expédition devra se passer des drones, mais heureusement, tout le travail prévu avec eux a été accompli la veille. Vassili Kapitsa demande à tout le monde de se préparer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ilya Jetchev et Sergueï Guebel restent à la station, tout comme Berik Kosjanov, dont les affaires n’ont pas eu le temps de sécher. Il redescendra à pied le lendemain. <em>« La semaine prochaine, des zoologues viendront nous voir : ils ont besoin de papillons »</em>, annonce Vassili Kapitsa.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Svetlana Romachkina</strong> <br><strong>Journaliste pour Vlast.kz</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://cabar.asia/ru/kak-zhenshhiny-armenii-kyrgyzstana-i-uzbekistana-adaptiruyutsya-k-izmeneniyam-klimata-cherez-traditsionnye-znaniya" target="_blank" rel="noreferrer noopener">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Nine Apperry</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez </em><a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>répondre anonymement à ce questionnaire</em></a><em> ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Histoire et mystères des lacs du Pamir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Aug 2023 20:12:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Catastrophe naturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Folklore]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Badakhchan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Lac]]></category>
		<category><![CDATA[Montagne]]></category>
		<category><![CDATA[Mythe]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/histoire-et-mysteres-des-lacs-du-pamir/">Histoire et mystères des lacs du Pamir</a></p>
<p>Les sources chaudes et les lacs de contes de fées font partie des richesses de la nature tadjike. Asia-Plus parle des surprenants lacs de la région autonome du Haut-Badakhchan et de leurs phénomènes. Le Pamir possède une large diversité de plans d’eau magnifiques qui se distinguent par leurs couleurs, leur composition et leur formation. Il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/histoire-et-mysteres-des-lacs-du-pamir/">Histoire et mystères des lacs du Pamir</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les sources chaudes et les lacs de contes de fées font partie des richesses de la nature tadjike. Asia-Plus parle des surprenants lacs de la région autonome du Haut-Badakhchan et de leurs phénomènes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a> possède une large diversité de plans d’eau magnifiques qui se distinguent par leurs couleurs, leur composition et leur formation. Il y a peu de grands lacs dans le Pamir, mais certains, plus importants que les autres, méritent une attention particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne sont pas connus pour leur taille mais pour leur caractère unique, leur beauté et le nombre de légendes et de phénomènes qui ont attiré l’attention des voyageurs, des chercheurs et des ethnographes. Des légendes racontent que l’un d’eux est habité par une énorme créature, poisson, serpent gigantesque ou créature cornue à tête de bœuf. Elle nage le long de la berge, écumant les eaux.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Cependant, pour la population locale et pour la faune, ces endroits représentent avant tout une maison et des moyens de survie, dans des conditions climatiques extrêmement sévères.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kara-Koul</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Près de la frontière avec la Chine, dans la partie du nord-est du Pamir, sèche, désertique et pratiquement inhabitée, où les précipitations sont les plus rares, à près de 3 995 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve le plus grand plan d’eau du Tadjikistan, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Kara-Kul">lac fermé Kara-Koul</a> (le lac noir, en kirghiz).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La surface pure et cristalline de l’eau prend des teintes vertes et bleutées. Elle ne devient noire que lors de vent violent, qui apporte à sa surface des particules fines de sable et d’alumine. La berge est couverte de sels et l’eau du lac est elle-même salée, très dense. Par beau temps, il est possible d’observer la profondeur de l’eau jusqu’à 9 mètres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="434" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Karakul_lake_Tajikistan.jpg" alt="Karakoul lac Tadjikistan Pamir" class="wp-image-60934" style="width:870px;height:590px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Karakul_lake_Tajikistan.jpg 640w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Karakul_lake_Tajikistan-300x203.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lac Karakoul, dans le Pamir tadjik. Photo : Ekrem Canli / Wikimédia Commons.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La surface du lac occupe 380 kilomètres carrés. Sa longueur maximale est de 33 kilomètres et sa largeur de 24 kilomètres. La profondeur maximale est de 236 mètres. A l’ouest, des montagnes rocheuses prennent pied au bord du lac. L’âge des roches les plus jeunes le long des berges atteint entre 230 et 190 millions d’années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des caractéristiques difficiles à expliquer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les dernières explications des scientifiques, le lac Kara-Koul s’est formé suite à la chute d’un météore important il y a environ 25 millions d’années. Cette conclusion a été faite sur la base de récents clichés pris depuis l’espace, mais toute la communauté scientifique ne partage pas cet avis. Certains considèrent que le lac s’est formé à la suite de mouvements des plaques tectoniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/lasie-centrale-sur-le-qui-vive-apres-le-tremblement-de-terre-au-moyen-orient/"><strong>L’Asie centrale sur le qui-vive après le tremblement de terre au Moyen-Orient</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les berges du lac sont couvertes de glace toute l’année&nbsp;: celle-ci en atteint même le fond par endroits. L’épaisseur de la glace en hiver atteint un mètre, et en raison de sa fonte, les caractéristiques et la taille du lac changent constamment. Les scientifiques divergent sur les raisons de l’apparition de cette glace. Il est tout à fait possible que ce soient des restes de la glace qui recouvrait la crevasse lors de la dernière ère glaciaire. Les rivières Mouzkol, Karadjigla, Akdjigla et Kararat se jettent dans le lac. Des poissons vivent aux abords de leurs embouchures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La flore des berges est principalement constituée d’herbes désertiques et d’épines. Il se trouve plus rarement des laîches, de l’absinthe, du sarrasin du Pamir et du salsola. La faune compte des oies et des mouettes qui vivent sur les îles. Selon la saison, l’endroit peut compter d’autres représentants de la faune&nbsp;: des veuves noires, mais aussi des guêpes tueuses, qui s’en nourrissent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Un être aquatique d&rsquo;une longueur remarquable »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rumeur court qu’un être aquatique d’une longueur remarquable aurait été observé plusieurs fois par des douaniers avec des jumelles. Nageant le long de la rive, le monstre aurait battu l’écume de l’eau et, après y avoir plongé, aurait émis un son étrange et bas, entendu à des centaines de mètres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de la rive est se trouve un kichlak <em>(village, ndlr)</em> de 500 à 600 habitants, qui vivent de l’élevage. L’été, le bétail paît, et à l’automne une partie du troupeau est abattue à cause des faibles réserves de nourriture pour l’hiver. Ainsi, certains bergers qui font paître leurs bêtes à proximité du lac racontent également avoir vu une créature habitant ces eaux. Elle nagerait le long de la berge et y observerait les gens avec curiosité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/alitchour-un-film-en-photos-sur-les-difficultes-des-villages-du-pamir-touches-par-la-crise/"><strong>« Alitchour », un film en photos sur les difficultés des villages du Pamir touchés par la crise</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai que sa description varie. Ainsi, certains ont vu un énorme poisson là où d’autres affirment qu’il s’agit d’un serpent géant ou d’un être doté de cornes dont la tête ressemble à celle d’un bœuf. Toutes leurs descriptions convergent sur une chose&nbsp;: lorsque la créature apparaît, il se fait entendre d’étranges bruits qui rappellent un rugissement profond.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les traces d&rsquo;un passé lointain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A un kilomètre de ce kichlak se trouve un complexe architectural ancien, construit au milieu du premier millénaire de notre ère. Le complexe est constitué d’un observatoire et d’un sanctuaire dédié aux animaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à quelques kilomètres plus au nord du lac, dans la vallée de la rivière Markansou, tout à fait inhabitée et recouverte de gros gravas, les expéditions de l’archéologue Vadim Ranov ont mis à jour un désormais célèbre village de l’époque du mésolithique, Ochkhona.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/m41-limpasse/">M41 : l’impasse</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De telles installations n’avaient encore jamais été trouvées à une telle altitude. La datation la situe au VIIème millénaire avant notre ère. Des fouilles ont montré que ces hommes vivaient principalement de la chasse saisonnière et de la cueillette. A l’époque, le climat de la région n’était pas si rude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les changements qui ont suivi peuvent être les conséquences de processus géophysiques globaux ou du soulèvement d’une plaque tectonique. Cependant, il est évident qu’à une époque, le plateau du Pamir était recouvert d’une grande étendue d’eau et de vallées florissantes dotées d’une faune et d’une flore riches.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Oussoï</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En février 1911, une catastrophe éclate à Kara-Koul et dans ses environs. Le pied de la crête de Mouzkol, à l’endroit le plus étroit de la vallée de la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartang">Mourghab</a>, s&rsquo;effondre en un instant, entraînant avec lui le cœur de la montagne. Un glissement de terrain colossal recouvre totalement le kichlak Oussoï qui se trouvait à cet endroit, y anéantissant toute vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De l’autre côté de la crête, dans la vallée de la rivière Koudara, de nombreuses <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kibitka">kibitkas</a> <em>(habitations, ndlr)</em> sont détruites. Environ 40 personnes meurent. A l’ouest du kichlak de Passor, un large glacier se décroche de la crête et se déverse dans la rivière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/">Bienvenue sur Mars : le district de Mourghab au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La force de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_Usoi">catastrophe près d’Oussoï</a> est si importante que des petites pierres sont expédiées jusqu’à 10-15 kilomètres autour, tandis que des rocs imposants allant jusqu’à plusieurs tonnes volent jusqu’à 3-4 kilomètres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La taille du mur résultant de l’éboulement était de 700 mètres en hauteur et de presque 3 kilomètres en largeur. Seuls trois habitants sont sauvés&nbsp;; ils se trouvaient dans les environs d’Oussoï. Ils ont pu observer pendant quelques jours avec les habitants des kichlaks voisins un imposant voile de poussière et entendre le grondement des chutes de pierre se poursuivre sur les lieux de la catastrophe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sarez</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’eau a continué de s’accumuler et son niveau a augmenté significativement, d’environ 36 centimètres par jour. A la fin de l’année, l’eau avait déjà atteint le kichlak de Sarez et ses habitants ont dû abandonner leurs maisons pour s’installer dans les vallées de Gounta et de Koudarou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’est ensuite formée une retenue d’eau fermée, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Sarez">lac Sarez</a>. A l’été 1913, l’expédition du commandant de la division du Pamir, le lieutenant-colonel G. Chpilko, visite le lac. Ses mesures montrent alors que la longueur du lac est de 28 kilomètres et qu’il a 280 mètres de profondeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/"><strong>Sur les pas des Fedtchenko, une famille d’explorateurs amoureuse du Pamir</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques mois, deux autres kichlaks sont submergés. En 1914, Kaboul Kourbonbekov, un habitant local que le lieutenant-colonel a laissé sur place pour observer le lac, remarque qu’une source d’eau coule du lac. S’écoulant 150 mètres en dessous du niveau du lac, cette eau se transforme rapidement en courant bouillonnant, qui entraîne avec lui de grandes quantités de pierres. Il s’agit d’une réelle menace pour le barrage, qui, s&rsquo;il cédait, déverserait des quantités d’eau phénoménales. Mais la nature s’est montrée bienveillante et aucune destruction n’a eu lieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’en 1946, le niveau du Sarez a continué de s’élever par intermittences, jusqu’à se stabiliser en 1960 avec une profondeur de 500 mètres. La longueur du lac, selon les années, variait entre 65 et 75 kilomètres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un éboulement longtemps inexplicable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1948, les pronostics montrent que le barrage sera entièrement recouvert en 20 ans. Ces pronostics ne se sont pas vérifiés, et au début des années 1970, l’Institut Soïouzvodproïekt s’est mis à travailler sur les plans d’un tunnel de déviation pour créer une station hydroélectrique. La baisse d’eau dans le lac aurait été de 100 mètres, ce qui excluait la possibilité d’une destruction du barrage, offrait de l’électricité pour le développement des infrastructures du Pamir et une réserve d’eau douce à l’Asie centrale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="690" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Сарез.-Фото_-Акмал-Усманов--1024x690.jpg" alt="Sarez Lac Tadjikistan Pamir" class="wp-image-60846" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Сарез.-Фото_-Акмал-Усманов--1024x690.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Сарез.-Фото_-Акмал-Усманов--300x202.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Сарез.-Фото_-Акмал-Усманов--768x518.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Сарез.-Фото_-Акмал-Усманов-.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lac Sarez. Photo : Akmal Ousmanov.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde scientifique n’a pas su expliquer cette catastrophe pendant près d’un demi-siècle. Personne ne savait expliquer un éboulement d’une telle puissance. Certains considéraient que cela était dû à la fragilité du flanc de la montagne, dont les énormes masses, en frappant le sol, avaient provoqué une activité sismique. D’autres assuraient que l’effondrement avait eu lieu à cause des conséquences d’une puissante réplique sismique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/environnement/desert-kites-peuplement-prehistorique-et-crateres-dasteroides-resume-de-recherches-en-asie-centrale/"><strong>Desert kites, peuplement préhistorique et cratères d’astéroïdes : résumé de recherches en Asie centrale</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse a été apportée par les données du sismographe de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Observatoire_de_Poulkovo">observatoire Poulkovo</a>, qui a enregistré les échos d’un important tremblement de terre de magnitude 9.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun témoin de la catastrophe n’a survécu, tous ont été enfouis sous les débris. Les premières personnes à avoir atteint le lieu de la catastrophe ne s’y sont rendus qu’un mois plus tard. Et les premières recherches n’ont été menées que près d’un an après, par le géologue allemand Arved Schultz.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un séisme de magnitude 9</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont avec ces observations qu’ont commencé les recherches sur le Sarez et l’avancement d’hypothèses quant à la catastrophe. Ces dernières décennies, les amateurs ont même commencé à avancer leur propre version, selon laquelle ce phénomène a eu lieu suite à la chute d’une météorite ou d’un OVNI. Bien que les rumeurs relatives aux OVNI ne soient pas rares dans le Pamir, l’inaccessibilité de ces lieux et le temps qui a passé ne permettent pas de vérifier ces hypothèses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scientifiques qui s’intéressent au Sarez s’inquiètent plus particulièrement du débordement, car certains facteurs naturels significatifs peuvent mener à une catastrophe importante et inévitable. Aujourd’hui, le lac Sarez se trouve à 3 239 mètres au-dessus du niveau de la mer, il occupe 86,5 kilomètres carrés et sa profondeur maximale est de 500 mètres, sa largeur de trois à quatres kilomètres. Il contient 17 kilomètres cubes d’eau douce, et se distingue par sa pureté et sa transparence exceptionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lac est d’une beauté féerique, sa surface reflète les bords de la vallée et les sommets enneigés de la crête de Mouzkol. Ses berges sont des pentes escarpées, le long desquelles des éboulis tombent directement dans l’eau. Il est impossible de se déplacer le long du lac en restant au sec. Un vent d’ouest limite constamment tout déplacement sur l’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-alpiniste-russe-explore-de-nouvelles-cretes-du-pamir/"><strong>Un alpiniste russe explore de nouvelles crêtes du Pamir</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La fréquence des séismes d’une magnitude 8 ou 9, dans cette zone, est assez élevée. Une fois tous les 250 ans, ou, selon d’autres données, une fois tous les 2 000 ans. Quant aux séismes de magnitude 7, ils y ont lieu en moyenne tous les 100 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une inondation colossale possible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début des recherches, la plupart des spécialistes ont tendance à penser que le barrage est durable et qu’en l’absence de facteur extérieur, il durera encore plus de 1 000 ans. Mais à certains moments, certains scientifiques ont alerté sur le fait que la stabilité du barrage pouvait avoir été surestimée. De plus, il est à noter que le débordement d’Oussoï n’est pas le premier à s’être formé dans cette vallée. Neuf autres, créés lors de l’ère quaternaire, ont maintenant disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De tels débordements n’ont été observés nulle part ailleurs sur la Terre à notre époque. Mais un autre élément est important : le fait que ces débordements soient localisés dans un espace restreint montre que les processus tectoniques sont incessants et que la crête de Mouzkol bouge sans cesse sur plusieurs milliers d’années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/changement-climatique-lincertitude-croissante-autour-de-leau-en-asie-centrale/">Changement climatique : l’incertitude croissante autour de l’eau en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si un cataclysme similaire venait à se produire, le barrage serait détruit, ce qui mènerait à une inondation colossale qui détruirait tout point peuplé et toute infrastructure dans le bassin de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a> sur une longueur de plus de 2 000 kilomètres. En 1994, à la suite d’une crue record, le niveau du lac a pris trois mètres de hauteur, mais la nature est restée miséricordieuse pour cette fois-là.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Yachilkoul</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A 40 kilomètres au sud de Sarez, dans la vallée de la rivière Alitchour, à 3 734 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Yashilkul">Yachilkoul</a>, le lac vert. Il s’étend sur 18,6 kilomètres en longueur, tandis que sa largeur varie entre un et quatre kilomètres, avec une profondeur maximale de 52 mètres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son eau est douce et transparente, et sa température ne dépasse jamais les 14 degrés. Les berges du lac sont par endroits marécageuses et couvertes de laîches. Au milieu des roches au bord de l’eau poussent des algues. Il s’y trouve de nombreuses petites baies et lagunes semi-fermées dont le fond est fait de sable.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="658" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Яшилькуль.-Фото_-Виктор-Трофимов--1024x658.jpg" alt="Yachilkoul Lac Tadjikistan Pamir" class="wp-image-60848" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Яшилькуль.-Фото_-Виктор-Трофимов--1024x658.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Яшилькуль.-Фото_-Виктор-Трофимов--300x193.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Яшилькуль.-Фото_-Виктор-Трофимов--768x494.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Яшилькуль.-Фото_-Виктор-Трофимов-.jpg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lac Yachilkoul. Photo : V. Trofimov.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le lac est apparu sur les cartes pour la première fois en 1760. Mais il est évident qu’il existait déjà auparavant. Selon les scientifiques, il s’est formé lors de la préhistoire suite à un glissement de terrain sur la rive gauche de la rivière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débordement s’est étendu le long de la vallée sur un peu plus de quatre kilomètres. La probabilité que le barrage cède est faible car le lac est assez envasé. Coulant sur le côté sud du barrage, l’eau forme une multitude de petites cascades, et c’est ainsi que prend forme la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gunt">rivière Gount</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Boulounkoul</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Près du lac se trouve le site d’Akdjar, au milieu de collines de sable et de morceaux de granit. A une époque, ces masses ont été déplacées par le glacier d’Alitchour, lorsqu’il a fondu dans le cours haut et moyen de la rivière actuelle. L’eau et le vent ont transformé les rochers en sculptures de pierre, leur donnant des formes animales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/dans-les-sources-chaudes-du-pamir/"><strong>Dans les sources chaudes du Pamir</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les espaces entre les collines sont comblés par de nombreux étangs. Ils sont alimentés par la fonte des glaces et par les précipitations, et certains s’assèchent l’été. La plupart d’entre eux ont une eau salée. Les lacs Touzkoul et Sasykoul se distinguent plus particulièrement. Leurs noms se traduisent respectivement en lac d’argile et lac salé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il se trouve à cet endroit également le lac d’eau douce Boulounkoul, au sud de Yachilkoul, relié à lui par un étroit canal. Boulounkoul est riche en plantes aquatiques. Des canards, des oies et des mouettes y ont élu domicile. Des poissons comme les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Diptychus">osmans</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Schizothorax">marinkas</a> y vivent.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="549" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Булункуль.-Фото_-Нодир-Турсун-заде.jpg" alt="Boulounkoul Lac Tadjikistan Pamir" class="wp-image-60847" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Булункуль.-Фото_-Нодир-Турсун-заде.jpg 960w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Булункуль.-Фото_-Нодир-Турсун-заде-300x172.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/08/Булункуль.-Фото_-Нодир-Турсун-заде-768x439.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lac Boulounkoul. Photo : Nodir Toursoun-zadé.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce lac qu’a été organisée la première industrie de pêche dans le Pamir. Non loin se trouve un cimetière kirghiz et le seul kichlak des environs, Boulounkoul. A une époque, il s’y trouvait le seul sovkhoze d’élevage de yaks de toute l’URSS. Il n’en reste qu’une vingtaine d’habitations, où vivent encore des éleveurs. La température hivernale minimale jamais enregistrée en Asie centrale a été observée dans cette région, elle était de -63°C.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un chemin du XIIème siècle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nord du lac Yachilkoul se dressent les pentes de granit de la crête de Bazardarine, laissant à la berge quelques mètres de largeur. En longeant cette berge, il est possible d’atteindre un ancien chemin peu utilisé et recouvert de dalles usées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des géologues y ont découvert un bloc de granit de 10 mètres sur quatre avec des inscriptions arabes. La note, déchiffrée par le philologue douchanbéen V. Demtchik, dit&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Cette route a été construite en l’honneur du Tout-Puissant par l’émir Ahmed, fils du sultan Tékine, en l’an 509. Que la paix soit sur lui.&nbsp;»</em>. Dans le calendrier grégorien, cette note date de 1193-1194.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-grande-route-du-pamir-fete-ses-80-ans/">Tadjikistan : la grande route du Pamir fête ses 80 ans</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un lieu saint, situé près de l’embouchure de la rivière Alitchour, et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mazar_(mausolée)">mazars</a> qui s’effondrent aux alentours, témoignent aussi du fait que la région du lac Yachilkoul est fréquentée depuis longtemps. Il s’y trouve la source chaude d’Issykboulak. La température de l’eau y est de 71°C.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Le chameau d&rsquo;eau »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le célèbre géographe N. Korjenevski, qui a visité l’endroit en 1923, a mis à l’écrit une légende curieuse, entendue de la bouche des habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est liée à la petite presqu’île Kampirtchik sur la rive nord du lac Yachilkoul&nbsp;: <em>«&nbsp;Il y a environ 300 ans, il se trouvait un kichlak grand et riche à l’emplacement du lac. Un soir, un vagabond épuisé y est apparu et a demandé le gîte et le couvert. Mais de toutes les cours dont il a fait le tour, aucune ne lui a ouvert sa porte. Enfin, il a toqué à la dernière maison, la plus pauvre. Une vieillarde l’a accueilli et l’a nourri, faisant cuire son dernier poulet. Tôt le matin, le vagabond s’est levé et lui a dit&nbsp;: Kampirtchik, quitte immédiatement ces lieux et va dans les montagnes.&nbsp;»</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">La vieille dame s’est exécutée. Alors qu’elle atteignait seulement les pentes, la terre s’est mise à trembler brusquement et de l’eau est apparue, avalant le kichlak et toute sa population. Une autre légende répandue raconte que le lac abrite un énorme animal, appelé Tiouïa-sou (le chameau d’eau). Ces témoignages se retrouvent également chez le voyageur chinois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xuanzang">Xuanzang</a>, qui y est passé au VIIème siècle de notre ère, et chez les ethnographes M. Andreïev et A. Stanichevski. Mais ces affirmations ne sont toujours pas vérifiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour enquêter sur ces témoignages, il faudrait faire un scan 3D de l’intégralité du lac. Mais quitte à faire ces scans, autant se pencher plutôt sur les zones dangereuses pour anticiper des catastrophes naturelles. Il faudrait que les eaux pures des lacs du Pamir ravissent encore les visiteurs pour de nombreuses années, et que, en ce siècle des nouvelles technologies, les jeunes générations aient la possibilité d’organiser leur protection contre la pollution.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Vildane Youssoupov<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://www.asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/20230129/zagadki-i-monstri-pamirskih-ozyor"><strong>russe</strong></a><strong> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Anthony Vial</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jul 2023 07:16:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronautique]]></category>
		<category><![CDATA[Astronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Baïkonour]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/petite-histoire-de-baikonour-cosmodrome-kazakh/">Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</a></p>
<p>Le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, a marqué l&#8217;histoire de la conquête spatiale : entre autres, c&#8217;est de là qu&#8217;est parti le premier homme à avoir voyagé dans l&#8217;espace. L&#8217;endroit est toujours exploité par la Russie aujourd&#8217;hui. Cependant, son empreinte écologique et les déboires judiciaires mettent un frein à son activité. Dans l’ancienne Union soviétique, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/petite-histoire-de-baikonour-cosmodrome-kazakh/">Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, a marqué l&rsquo;histoire de la conquête spatiale : entre autres, c&rsquo;est de là qu&rsquo;est parti le premier homme à avoir voyagé dans l&rsquo;espace. L&rsquo;endroit est toujours exploité par la Russie aujourd&rsquo;hui. Cependant, son empreinte écologique et les déboires judiciaires mettent un frein à son activité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ancienne Union soviétique, la journée du 12 avril reste connue comme le&nbsp;Jour du cosmonaute, l’anniversaire du premier voyage de l’Homme dans l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 avril 1961, le cosmonaute soviétique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Youri_Gagarine">Youri Gagarine</a> décolle de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ba%C3%AFkonour">Baïkonour</a> et entre en orbite autour de la Terre à bord de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vostok_1">Vostok-1</a>. Le cosmodrome qui a rendu possible ce premier voyage ainsi que la suite de l’exploration du cosmos se trouve aujourd’hui, après la chute de l’URSS, au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La création de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence en février 1955, lorsque le pouvoir soviétique décide de construire un polygone d’essais de missiles transcontinentaux. Ce polygone a ensuite été choisi pour la construction du cosmodrome Baïkonour. Situé dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_de_Kyzylorda">l’oblast de Kyzylorda</a>, dans la République soviétique kazakhe, ce vaste lieu présente l’avantage d’être éloigné des grandes villes, connecté au réseau ferroviaire et alimenté en eau douce.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La construction du cosmodrome dure deux années. En 1957, la fusée P-7 décolle de Baïkonour avec, à son bord, le premier satellite artificiel. En 1960, les chiennes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Belka_et_Strelka">Belka et Strelka</a> deviennent les deux premiers animaux à faire un aller-retour entre l’espace et la Terre. L’année suivante, le 12 avril 1961, Youri Gagarine devient le premier homme à voyager dans l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années suivantes et jusqu’en 1991, 71 autres personnes ont voyagé dans l’espace depuis Baïkonour. Au total, l’Union soviétique a réalisé près de 2 500 lancements depuis le cosmodrome. Le cosmonaute <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Toktar_Aubakirov">Toktar Aoubakirov</a> est quant à lui le dernier à avoir effectué l’un de ces voyages sous l’URSS.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cosmodrome à la chute de l&rsquo;URSS</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la chute de l’Union soviétique, Baïkonour est devenu la propriété du Kazakhstan. Lors de la transition post-soviétique, le pays n’avait pas les ressources nécessaires pour entretenir le cosmodrome, qui n’était d’ailleurs plus au cœur des préoccupations.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="895" height="572" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Cosmodrome Fusée" class="wp-image-60663" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138.jpg 895w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138-300x192.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138-768x491.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 895px) 100vw, 895px" /><figcaption class="wp-element-caption">Baïkonour. Photo : AP Photo/Sergey Ponomarev.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La fréquence des lancements a diminué et une partie des employés du centre a rejoint la Russie. Le cosmodrome et la ville de Baïkonour ont connu de <a href="https://informburo.kz/interview/cto-seicas-proisxodit-v-baikonure-intervyu-s-glavoi-goroda">grandes difficultés</a>&nbsp;: les habitants subissaient les coupures d’eau, n’avaient plus de chauffage et devaient cuisiner dans la cour des immeubles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/bonjour-de-baikonour-comment-les-habitants-de-la-ville-fermee-russe-au-kazakhstan-ont-affronte-le-coronavirus/">Bonjour de Baïkonour : comment les habitants de la ville fermée «&nbsp;russe&nbsp;» au Kazakhstan ont affronté le coronavirus</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1994, le Kazakhstan cède le cosmodrome à la Russie pour 20 ans dans l’espoir de sauvegarder la filière spatiale ainsi que la vie de Baïkonour. En contrepartie, la Russie paie 115 millions de dollars (105 millions d’euros) chaque année au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Baïkonour aujourd&rsquo;hui : une coopération kazakho-russe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre d’accords bilatéraux, le Kazakhstan et la Russie exploitent conjointement le cosmodrome et ont entrepris sa modernisation. Cette collaboration a permis de nouvelles avancées dans le domaine spatial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une part, le tourisme se développe : entre 2001 et 2009, sept touristes se sont rendus dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Station_spatiale_internationale">la station spatiale internationale</a> (ISS) au départ de Baïkonour. Les voyages ont été assurés par l’agence civile russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscosmos">Roscosmos</a>&nbsp;en partenariat avec l’entreprise américaine <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Adventures">Space Adventures</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="373" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Fusée Soyouz Cosmodrome" class="wp-image-60662" style="width:840px;height:518px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274-300x185.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des policiers russes gardent le vaisseau spacial Soyouz TMA-22 lors de son transfert vers le lieu du lancement à Baïkonour, le 11 novembre 2011. Photo : AP Photo/Mikhail Metzel.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, entre 2001 et 2020, 345 engins spatiaux ont été lancés depuis le cosmodrome. Enfin, en 2004, la Russie et le Kazakhstan ont promu leur projet commun, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Baikonur_Cosmodrome_Site_250">Baïterek</a>, avec comme ambition l’amélioration de la condition environnementale de la région par l’utilisation de fusées «&nbsp;propres&nbsp;». Les essais du lanceur de fusée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soyouz-5_(fus%C3%A9e)">Soyouz-5</a> dans le cadre de ce projet ont été <a href="https://ria.ru/20201031/kosmos-1582448437.html">fixés à la fin de l’année 2023</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La stagnation de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les quelques avancées, Baïkonour reste un site en perdition, et ce pour plusieurs raisons. Cela est dû à la gestion russe du cosmodrome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, la Russie exploitait le cosmodrome kazakh dans le cadre de projets nationaux et internationaux tels que des lancements vers l’ISS, des programmes scientifiques ou des lancements de satellites commerciaux. Cependant, avec le sursaut de l’intérêt des États-Unis pour le domaine spatial, les astronautes américains ont relocalisé leurs lancements du Kazakhstan vers les États-Unis.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="396" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Lancement Fusée" class="wp-image-60661" style="width:815px;height:533px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394-300x196.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lancement de Soyouz TMA-04M le 15 mai 2012. Photo : AP Photo/NASA, Bill Ingals.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 2018, le comité chargé de la filière aérospatiale du Kazakhstan <a href="https://rus.azattyq.org/a/kazakhstan-russia-baikonur-future/29535994.html">remarquait</a> que <em>«&nbsp;le nombre de lancements d’appareils pilotés depuis Baïkonour continuerait de diminuer&nbsp;»</em> si les États-Unis délaissaient totalement les lanceurs Soyouz pour le transport des astronautes américains vers l’ISS.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des carburants polluants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation écologique de la région de Baïkonour a elle aussi eu un impact sur l’activité du cosmodrome. Entre 1996 et 2017, un grand nombre de satellites étrangers ont été lancés depuis Baïkonour à bord des fusées <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Proton_(fus%C3%A9e)">Proton</a> et Soyouz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 21 ans, cette activité a <a href="https://informburo.kz/interview/kto-i-skolko-zarabatyval-na-puskax-s-baikonura">rapporté</a> entre 7 et 8 milliards de dollars (entre 6,4 et 7,3 milliards d’euros) à la Russie. Ce gain a un fort coût environnemental en raison du carburant très polluant utilisé par les fusées. L’agence Kazkosmos a même <a href="https://www.kommersant.ru/doc/1723086">suspendu</a> périodiquement l’autorisation de lancement des fusées russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-baikonour-restera-russe-jusquen-2050/">Kazakhstan : Baïkonour restera russe jusqu’en 2050</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement des technologies spatiales est le principal facteur des problèmes environnementaux de la région de Baïkonour. À cause des fuites de carburant, le sol de la région est devenu très pollué. Pour l’intérêt de l’économie nationale à long terme, l’activité de Baïkonour devrait être suspendue pendant une longue période.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-1024x576.jpg" alt="Proton M Baïkonour Kazakhstan" class="wp-image-60660" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lanceur Proton-M avec un remorqueur DM-03 et trois satellites russes. Photo : RIA Novosti/Yourii Aliseenko.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les traces de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thylhydrazine">méthylhydrazine</a> – un des composants du carburant des fusées utilisé notamment par la fusée Proton – prennent entre 80 et 100 ans à disparaitre des sols. En 2013, en réaction à la chute de la fusée Proton&nbsp;lancée à Baïkonour, un mouvement de protestation&nbsp;anti-méthylhydrazine s’est formé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des normes environementales non contrôlées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dégradation de la condition écologique de la région de Baïkonour s’explique aussi par le non-respect des normes de contrôle de l’activité spatiale, remarque le professeur et scientifique kazakh Boulat Kenesov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces 50 dernières années, il n’y a eu quasiment aucun contrôle sur le territoire du cosmodrome et dans la zone de chute des fusées. Et si ces contrôles étaient réellement effectués, ils le seraient sans doute dans des laboratoires fermés et la population n’aurait accès à aucune information. Dans les faits, cela fait plus de 50 ans que des toxines sont répendues sur le territoire du Kazakhstan sans qu’aucun contrôle ne soit fait</em>&nbsp;», déclare-t-il dans une interview pour le média kazakh <a href="https://kz.kursiv.media/2017-08-07/uchenye-opasayutsya-vybrosa-opasnykh-soedineniy-na-kosmodrome/">Kursiv</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De nombreux accidents</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les multiples accidents qui ont eu lieu à Baïkonour ont eux aussi un impact écologique négatif. Ces catastrophes ont été nombreuses ces dernières années. Le 5 septembre 2007, la fusée Proton-M <a href="https://www.kommersant.ru/doc/802019">est retombée</a> 135 secondes après son lancement, à 40 kilomètres de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jezqaz%C4%9Fan">Jezkazgan</a>, une ville au centre du Kazakhstan. En s’écrasant, la fusée a relâché une grande quantité de substances toxiques, dont du méthylhydrazine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 décembre 2010, la fusée <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/GLONASS-M">Glonass-M</a> et ses trois satellites <a href="https://www.rbc.ru/society/05/12/2010/5703e1149a79473c0df17bbb">n’ont pas réussi</a> à entrer en orbite et sont retombés dans l’océan Pacifique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="368" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167.jpg" alt="Vue aérienne Baïkonour Kazakhstan" class="wp-image-60659" style="width:777px;height:473px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167-300x182.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Vue de Baïkonour depuis l’espace. Photo : AP Photo/Serguei Ilnitsky.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le 2 juillet 2013, la fusée Proton-M&nbsp;<a href="https://ria.ru/20130702/946968487.html">s’est écrasée</a> dans la région de Baïkonour après 32 secondes de vol, à seulement 2,5 kilomètres de la zone de lancement. L’appareil retenait plus de 600 tonnes de méthylhydrazine, dont une partie a brûlé après l’impact.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conflits autour de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Baïkonour est devenu, entre autres choses, un objet de conflit entre la Fédération de Russie et le Kazakhstan. Au début du mois de mars 2023, les autorités kazakhes <a href="https://informburo.kz/novosti/bagdat-musin-s-docernego-predpriyatiya-roskosmosa-vzyshhut-pocti-137-mlrd-tenge">ont saisi</a> les biens de l’entreprise russe Roscosmos. L’affaire juridique a commencé avec le procès de l’entreprise russo-kazakhe Baïterek contre le principal opérateur des cosmodromes russes, le Centre d’exploitation des infrastructures spatiales sur Terre (TsENKI).&nbsp;Baïterek réclamait au TsENKI 13,5 milliards de tengués (27,7 millions d’euros).</p>


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<p class="wp-block-paragraph">La raison de ce procès était le non-respect des clauses fixées entre la Russie et le Kazakhstan dans le cadre de leur projet de coopération Baïterek. En accord avec les réclamations de la partie kazakhe, la Russie a été contrainte de faire un bilan écologique des activités des lanceurs de fusées Soyouz-5 dans la région de Baïkonour. Cependant, le TsENKI n’a toujours pas réalisé ce bilan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire juridique s’est déroulée au Kazakhstan et le tribunal a donné gain de cause à Baïterek. Les biens saisis chez Roscosmos ont été transférés à l’entreprise commune russo-kazakhe. De plus, la justice kazakhe a décidé <a href="https://www.sibreal.org/a/kazahstan-uzhestochaet-pretenzii-k-roskosmosu-/32316510.html">d’interdire</a> le TsENKI de retirer du Kazakhstan ses biens matériels et ses actifs financiers. Cette décision a donné un coup de frein à l’une des principales activités de Baïkonour, la construction d’un nouveau lanceur de fusée Soyouz-5, et aux activités spatiales du cosmodrome en général.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Kseniya Kindeïeva</strong><br><strong>Journaliste pour Masa Media</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://masa.media/ru/site/osvoenie-kosmosa-kak-razvivalsya-baykonur">russe</a> par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Julien Goutay</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<item>
		<title>Un garde-manger royal sogdien découvert sur la route de la Soie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adeline Chaverot]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jul 2021 08:54:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Kafir-Kala]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Sogdiane]]></category>
		<category><![CDATA[Sogdiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-garde-manger-royal-sogdien-decouvert-sur-la-route-de-la-soie/">Un garde-manger royal sogdien découvert sur la route de la Soie</a></p>
<p>Une équipe d’archéologues a découvert un garde-manger datant des VIIème et VIIIème siècles sur le site de Kafir-Kala, au sud de Samarcande, en Ouzbékistan. Cette forteresse était une place forte et commerciale des rois Sogdiens, marchands prospères sur l’ancienne route de la Soie, à l’époque pré-islamique. La découverte de denrées alimentaires et de matériaux d&#8217;art [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><b>Une équipe d’archéologues a découvert un garde-manger datant des VIIème et VIIIème siècles sur le site de Kafir-Kala, au sud de Samarcande, en Ouzbékistan. Cette forteresse était une place forte et commerciale des rois Sogdiens, marchands prospères sur l’ancienne route de la Soie, à l’époque pré-islamique. La découverte de denrées alimentaires et de matériaux d&rsquo;art confirme que les rois Sogdiens avaient adopté différentes cultures et traditions, distinctes géographiquement et historiquement.&nbsp;</b></p>


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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">C’est une découverte d’importance. En septembre 2019, l&rsquo;institut d’archéologie d’Ouzbékistan, en collaboration avec l’Académie des Sciences d’Ouzbékistan, l’université Tezukayama de Nara et le Musée national d’ethnologie du Japon découvrent un garde-manger sur le site de </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kafir-kala_(Uzbekistan)"><span style="font-weight: 400">Kafir-Kala</span></a><span style="font-weight: 400">, à 12 kilomètres au sud de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande"><span style="font-weight: 400">Samarcande</span></a><span style="font-weight: 400">, dans le centre de l’Ouzbékistan.&nbsp;Ce garde-manger, long de 11,2 mètres et large de 3,1 mètres, faisait partie d’un lieu clé de l’ancienne route de la Soie reliant la Chine à Europe par l’Asie centrale, comme l’a relaté </span><a href="http://www.asahi.com/ajw/articles/14254419"><span style="font-weight: 400">le journal japonais Asahi Shimbun</span></a><span style="font-weight: 400"> le 2 avril dernier. Les chercheurs ont publié leurs résultats en août 2020 </span><a href="https://www.academia.edu/49339646/New_Discoveries_from_Kafir_kala_Coins_Sealings_and_Wooden_Carvings_introduction_and_drawings_of_wooden_carvings_"><span style="font-weight: 400">dans la revue Acta Asiatica</span></a><span style="font-weight: 400">.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Ce que contient le garde-manger</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Dans une interview donnée à Novastan, </span><a href="https://bbaw.academia.edu/AlisherBegmatov"><span style="font-weight: 400">Alisher Begmatov</span></a><span style="font-weight: 400">, chercheur à l’Académie des Sciences de Berlin-Brandebourg et membre de l’expédition archéologique</span><b>, </b><span style="font-weight: 400">date ces découvertes de la fin du VIIème et du début du VIIIème siècles, </span><i><span style="font-weight: 400">“ d’après les pièces de monnaie présentes dans la strate dans laquelle ces objets ont été découverts”</span></i><span style="font-weight: 400">. Il précise que le garde-manger contenait </span><i><span style="font-weight: 400">“un grand nombre de céramiques, quelques vases en bois  » </span></i><span style="font-weight: 400">ainsi que des pièces de monnaie, des empreintes de sceau et des matières organiques </span><i><span style="font-weight: 400">“actuellement soumises à l’étude”</span></i><span style="font-weight: 400">.</span> <span style="font-weight: 400">Il s’agirait d’ail et de haricots, de traces de céréales, de boissons et de noix dont la présence pourrait révéler l’existence d’une domestication du fruit dans la région dès cette époque, d’après Alisher Begmatov.</span></p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-49391"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2.jpg" alt="Kafir-Kala Archéologie Sogdiane Sogdiens Garde-manger Histoire" class="wp-image-49391" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2.jpg 1200w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2-225x300.jpg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2-768x1024.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2-1152x1536.jpg 1152w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/2-600x800.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le garde-manger est long de 11,2 mètres et large de 3,1 mètres.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/des-objets-du-viiieme-siecle-decouverts-au-kirghizstan/"><b>Des objets du VIIIème siècle découverts au Kirghizstan</b></a><b>&nbsp;</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b><span style="font-weight: 400">“Il est assez rare de trouver un si grand nombre de matières organiques dans les plaines centrasiatiques en général”,</span></b><span style="font-weight: 400"> précise Alisher Begmatov. Mais des traces similaires sont présentes dans les hauteurs de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sogdiane"><span style="font-weight: 400">la Sogdiane</span></a><span style="font-weight: 400">, l’ancien nom de l’Asie centrale actuelle, car les régions montagneuses conservent mieux les matières organiques. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/la-route-de-la-soie-et-des-parasites/"><b>La route de la soie et des parasites</b></a><b> </b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Dans les années 1930, des documents économiques en langue sogdienne,</span><a href="https://sogdians.si.edu/sidebars/the-castle-on-mount-mugh-and-its-documents-exemplified-by-letter-v-18/"><span style="font-weight: 400"> retrouvés dans les Monts Mough</span></a><span style="font-weight: 400"> au Tadjikistan, avaient révélé la consommation de blé, de haricots et de vin. Les récentes fouilles de Kafir-Kala devraient donc en donner une nouvelle preuve matérielle. </span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Qui étaient les rois Sogdiens ?&nbsp;</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Les </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sogdiens"><span style="font-weight: 400">Sogdiens</span></a><span style="font-weight: 400"> sont associés à la région historique de la Sogdiane. Cette zone est située au cœur de la route de la Soie, désignant ces itinéraires commerciaux complexes reliant la Chine à l&rsquo;Europe depuis l’Antiquité. Les rois sogdiens sont donc des figures incontournables de la période pré-islamique en Asie centrale. Grands commerçants, ils possédaient des comptoirs en Chine, au </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Siam"><span style="font-weight: 400">Siam</span></a><span style="font-weight: 400"> et même à Byzance entre le IIème et le VIIIème siècle.&nbsp;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-route-de-la-soie-a-t-elle-vraiment-existe/"><b>La route de la Soie a-t-elle vraiment existé?</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Kafir-Kala était une citadelle, à la fois place forte et place commerciale. Il s’agit d’un site archéologique important, qui </span><a href="https://journals.openedition.org/abstractairanica/25282"><span style="font-weight: 400">avait déjà révélé plusieurs sceaux</span></a><span style="font-weight: 400"> au début des années 2000. Ces nouvelles découvertes confirment que les rois sogdiens avaient adopté différentes cultures et traditions provenant notamment des civilisations grecques et est-asiatiques, selon l’Asashi Shimbun. Et cela se traduit notamment dans certains matériaux d’art.&nbsp;</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>La découverte d’un art pré-islamique complexe</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Le site révèle en effet bien d’autres richesses. </span><i><span style="font-weight: 400">“Nous avons découvert de nombreux matériaux d’art sogdiens, qui montrent la complexité de l’art local pré-islamique, celui-ci combinant plusieurs traditions artistiques, y compris des cultures géographiquement et historiquement éloignées à travers l’Eurasie”</span></i><span style="font-weight: 400">, explique Alisher Begmatov. Environ 700 sceaux ont par exemple été mis au jour,</span><i><span style="font-weight: 400"> “la plus grande quantité découverte jusque là en Asie centrale”,</span></i><span style="font-weight: 400">&nbsp;précise le chercheur.</span></p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-49390"><img loading="lazy" decoding="async" width="1600" height="1200" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3.jpg" alt="Kafir-Kala Archéologie Sogdiane Sogdiens Garde-manger Histoire" class="wp-image-49390" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3.jpg 1600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/3-1300x975.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des fragments d&rsquo;ail ont été retrouvés sur place.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ces sceaux </span><i><span style="font-weight: 400">“représentent certaines facettes uniques de l’art sogdien, incorporant diverses traditions artistiques; hellénistique, gréco-romaine, </span></i><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_Kushan"><i><span style="font-weight: 400">kushan</span></i></a><i><span style="font-weight: 400">, </span></i><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_sassanide"><i><span style="font-weight: 400">sassanide</span></i></a><i><span style="font-weight: 400">, kushano-sassanide, indienne et turque”, </span></i><span style="font-weight: 400">autant de traditions mêlées qui attestent du dyamisme des échanges culturels Est-Ouest au coeur de la Sogdiane.&nbsp;</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/au-tadjikistan-des-archeologues-decouvrent-une-ville-fondee-il-y-a-plus-de-2000-ans/"><b>Au Tadjikistan, des archéologues découvrent une ville fondée il y a plus de 2000 ans</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Parmi ces découvertes, Alisher Begmatov évoque en particulier </span><a href="https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/ressources-bibliographiques/the-wooden-panels-from-kafir-kala-a-group-portrait-of-the-samarkand-naf#infos-principales"><span style="font-weight: 400">des sculptures en bois</span></a><span style="font-weight: 400">, portant la figure de </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Nana_(Bactrian_goddess)"><span style="font-weight: 400">la déesse Nana</span></a><span style="font-weight: 400">&nbsp;originaire de Mésopotamie. Les Français pourront les découvrir en avril 2022 </span><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/splendeurs-dasie-centrale-le-louvre-reporte-en-2022-la-premiere-grande-exposition-dart-ouzbek-en-europe/"><span style="font-weight: 400">au Louvre</span></a><span style="font-weight: 400">, à l’occasion d’une exposition de plus de 350 artefacts venant d’Ouzbékistan.&nbsp;</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Adeline Chaverot</b><b>
</b><b>Rédactrice et trésorière adjointe de Novastan</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong>
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		<item>
		<title>Les dernières découvertes sur l&#8217;ADN des Kazakhs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[caanetwork]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jul 2021 07:08:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[ADN]]></category>
		<category><![CDATA[Découvertes]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-dernieres-decouvertes-sur-ladn-des-kazakhs/">Les dernières découvertes sur l&rsquo;ADN des Kazakhs</a></p>
<p>La génétique permet un éclairage historique nouveau sur le peuple kazakh et les différentes tribus qui le composent depuis plusieurs siècles. Interrogé par le journaliste Damir Sattorov, le chercheur Jaksylyk Sabitov livre les avancées récentes à ce sujet, notamment sur la composition de la nation kazakhe ou encore sur les mythes fondateurs du Kazakhstan démentis [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-dernieres-decouvertes-sur-ladn-des-kazakhs/">Les dernières découvertes sur l&rsquo;ADN des Kazakhs</a></p>

<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>La génétique permet un éclairage historique nouveau sur le peuple kazakh et les différentes tribus qui le composent depuis plusieurs siècles. Interrogé par le journaliste Damir Sattorov, le chercheur Jaksylyk Sabitov livre les avancées récentes à ce sujet, notamment sur la composition de la nation kazakhe ou encore sur les mythes fondateurs du Kazakhstan démentis par la génétique.</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><a name="_GoBack"></a> <b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 10 février 2021 par le média russophone </b><span style="color: #0563c1"><u><a href="https://www.caa-network.org/archives/21399?fbclid=IwAR15iNo5xe1dtiIHqyxktDFi0aYt8l7JZVS8AwyYlAZtZgZfpxoV2UXZUcA"><b>CAAN</b></a></u></span><b> (Central Asian Anatycal Network).</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Jaksylyk Sabitov est un historien kazakh qui s’intéresse à l’éclairage qu’apporte la génétique à l’histoire. Il revient pour le média russophone CAAN, Central Asian Anatycal Network, sur quelques-unes de ses récentes découvertes, notamment sur les sources dont il dispose pour présenter la nation kazakhe ou encore sur les mythes fondateurs du Kazakhstan qui ont pu être ébranlés par la génétique.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>CAAN : Comment la nation kazakhe se présente-t-elle du point de vue génétique ?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Jaksylyk Sabitov&nbsp;</b>: En génétique, il existe trois systèmes de parenté pour décrire une population. Le premier, le génome mitochondrial, est transmis par la lignée de la femme. Le second, le polymorphisme du chromosome Y, provient de la lignée de l’homme. Il est l’un des 46 chromosomes qui définit le sexe et se transmet quasiment inchangé du père au fils. Enfin, les autosomes constituent le portrait génétique général à partir de tous les chromosomes.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Concernant le portrait génétique général, il existe une étude de Baïazit Iounousbaïev basée sur l’analyse des marqueurs des autosomes qui permet de déterminer quand un groupe ethno-génétique s’est formé en tant qu’ensemble. Selon ses recherches, le groupe ethno-génétique connu aujourd’hui sous le nom de kazakh est apparu au XIIIe siècle. Il est issu du métissage entre les tribus locales et les nomades arrivés à cette époque d’Asie de l’Est.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-medium wp-image-49335"><img loading="lazy" decoding="async" width="259" height="300" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs-259x300.png" alt="ADN kazakhs asie centrale science" class="wp-image-49335" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs-259x300.png 259w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs.png 320w" sizes="auto, (max-width: 259px) 100vw, 259px" /><figcaption class="wp-element-caption">Quel est l&rsquo;ADN des peuples d&rsquo;Asie centrale ?</figcaption></figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Toutes ces données sont confirmées par les informations fournies par l’anthropologie physique. Deux études de qualité ont été publiées à ce sujet : la première, celle d’Orazak Ousmagoulov, montre que d’un point de vue anthropologique, le type caractéristique des Kazakhs modernes est apparu au XIIIe siècle, c’est-à-dire après la migration vers le territoire du Kazakhstan des peuples nomades d’Asie de l’Est. Auparavant, les types mongoloïde et caucasien coexistaient à hauteur de 50/50. Après l’arrivée des nomades d’Asie de l’Est (les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mongols">Mongols</a></u></span>, les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Na%C3%AFmans">Naïmans</a></u></span>, ou les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djalayir">Djalayirs</a></u></span> entre autres tribus), le rapport est passé à 70/30 en faveur du type mongoloïde.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La deuxième étude est celle de l’anthropologue Léonid Iablonski. En comparant des échantillons anciens à ceux de la population actuelle, il a pu montrer que, toujours du point de vue anthropologique, les Kazakhs sont proches des nomades de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Horde_d%27or">la Horde d’Or</a></u></span>. La population sédentaire diffère, mais les nomades de la Horde d’Or sont très proches des Kazakhs.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-medium wp-image-49336"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="206" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs-1-300x206.png" alt="ADN kazakhs asie centrale science" class="wp-image-49336" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs-1-300x206.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/07/ADN_kazakhs-1.png 605w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Dendogramme illustrant les relations entre quelques spécimens de crânes modernes et médiévaux.</figcaption></figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ces trois analyses partent de données différentes. En se basant sur le génome mitochondrial, il est difficile d’obtenir des informations intéressantes en matière d’histoire personnelle. Il existe une large variété de génomes mitochondriales chez les Kazakhs ; leur diversité est ainsi trois fois supérieure à celles des Russes. Cela suggère qu’il y a eu de nombreux flux migratoires, et la polygamie a également joué un rôle important.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">En s’intéressant aux gènes transmis de père en fils, il apparaît que la lignée coïncide souvent avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chejire_kazakh"><span style="color: #0563c1"><u>chejire</u></span></a>. La période pendant laquelle les fondateurs de ces lignées directes ont vécu remonte à l’époque de la Horde d’Or, du temps de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dj%C3%B6tchi">Djötchi</a></u></span>. On s’aperçoit également que le nombre de générations est le même.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Aujourd’hui, de quelles sources disposons-nous pour mieux comprendre l’origine du peuple kazakh&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">En plus des sources que j’ai mentionnées précédemment, il y a aussi la mémoire orale des Kazakhs&nbsp;: les épopées héroïques, le folklore et le chejire. Dans son article publié dans <a href="http://goldhorde.ru/en/"><span style="color: #0563c1"><u>La revue de la Horde d’Or</u></span></a>, l’historienne<u> </u>Irina Viktorovna Erofeïeva montre par exemple comment <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Janibek_Khan">Janibek Khan</a></u></span>, personnage emblématique du folklore kazakh, est associé à <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djanibeg">Djanibeg</a></u></span>, qui fut khan de la Horde d’Or de 1342 à 1357. <span style="color: #000000">Les Kazakhs percevaient son règne comme une sorte d’« âge d’or » et il </span>est l’un des dirigeants les plus importants de cette époque.</p>


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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Auparavant, avec les œuvres de l’auteur kazakh de romans historiques <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%95%D1%81%D0%B5%D0%BD%D0%B1%D0%B5%D1%80%D0%BB%D0%B8%D0%BD,_%D0%98%D0%BB%D1%8C%D1%8F%D1%81">Ilyas Esenberline</a></u></span>, on considérait que Janibek Khan et le khan kazakh Djanibeg était une seule et même personne, mais Irina Viktorovna Erofeïevna a prouvé que ce n’était pas le cas. En plus d’être un personnage central du folklore kazakh, on le retrouve dans beaucoup de contes et légendes en tant que personnage de premier ou second plan. Il s’avère que le chejire est une source qui permet de déterminer clairement que beaucoup de premiers représentants des clans ou des tribus sont aussi à l’origine d’autres lignées ; souvent, ces seigneurs ont vécu juste avant ou juste après l’époque de la Horde d’Or. En d’autres termes, une bonne partie du folklore kazakh vient de cette période-ci.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quelles possibilités nous offrent la génétique&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La première est historique. Ces cinq dernières années, nous avons obtenu beaucoup de nouvelles données en paléogénétique. Avant, lorsque nous exhumions des restes humains, il était impossible de savoir l’origine ethnique des individus, quelle langue ils parlaient, où vivaient leurs ancêtres et où se trouvaient leurs descendants. Bien que la paléogénétique ne permette pas de découvrir l’origine linguistique ou ethnique d’une personne, elle permet de déterminer d’où venaient ses ancêtres, où sont ses descendants, et de quel ensemble ethnique un individu se rapproche. Et la paléogénétique s’accorde souvent avec la paléoanthropologie. Il existe par exemple plusieurs études de paléoanthropologie sur les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sakas">Saces</a></u></span> et les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scythes#:~:text=Les%20Scythes%20(%2Fsit%2F%2C,le%20VII%20e%20si%C3%A8cle%20av.">Scythes</a></u></span> du Kazakhstan oriental. À l’époque soviétique, sans approche anthropologique, on considérait que les Saces et les Scythes étaient les mêmes partout. Grâce à l’anthropologie, il apparaît que les Saces qui vivaient dans l’Altaï à l’est du Kazakhstan sont proches des anciennes populations de la <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9pression_de_Minoussinsk">dépression de Minoussinsk</a></u></span>. La paléogénétique arrive aux mêmes conclusions.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Il y a aussi les découvertes de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_de_Bota%C3%AF">Botaï</a></u></span>, grâce auxquelles deux ADN sont connus&nbsp;: l’un d’eux s’est avéré être l’ancêtre des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coumans"><span style="color: #0563c1"><u>Coumans</u></span></a> (principalement les clans Karabalyk, Koldenen, Ouzoun et Tory). Sans les données fournies par la paléogénétique, nous n’aurions pas pu savoir cela, nous n’aurions pu que l’imaginer. C’est aussi un bon outil pour vérifier la véracité du chejire . Nous nous en sommes par exemple servis avec le clan des <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Argyns">Argyns</a></u></span>. L’époque où a vécu leur premier ancêtre commun selon le chejire correspond parfaitement à ce que dit la génétique. Et dans le cas des Coumans, les dates du chejire diffèrent de 200 ans de celles des données génétiques.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</b><b> </b><strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/archeologie-nomades-et-sedentaires-vivaient-en-harmonie-en-asie-centrale/"><span style="color: #0563c1"><u>Archéologie : nomades et sédentaires vivaient en harmonie en Asie centrale</u></span></a></strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Enfin, il existe des cas d’application pratiques. Mon premier cas d’utilisation de la génétique en tant qu’outil de reconstitution d’une généalogie date de 2007, alors qu’un Gengiskhanide ne connaissait ses ancêtres que sur sept générations. Quand nous avons commencé à parcourir les archives, il s’est avéré qu’il existait trois versions de filiation père-fils portant le même nom et datant de la même époque, dans trois endroits différents du chejire des Gengiskhanides. Nous avons fait des analyses génétiques pour ces trois lignées et pour l’homme en question, et nous avons pu déterminer grâce à la correspondance des marqueurs STR qu’il était descendant du <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Barak_Sultan">sultan Barak</a></u></span> (1731-1750). Dix ans plus tard, le test ADN approfondi Big Y700 est apparu, permettant de prouver qu&rsquo;il possédait également une mutation présente chez les descendants du sultan Barak ; ce résultat confirmait donc en principe son origine. En d’autres termes, la génétique permet de se positionner clairement sur toutes ces versions historiques, mais aussi de répondre à de nombreuses questions que les archives seules ne peuvent résoudre.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quels clans kazakhs ont les mêmes autosomes et le même portrait génétique&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Quand on étudie les autosomes et les chromosomes Y, on voit clairement que, pour ce qui est des autosomes, les Kazakhs se différencient très peu les uns des autres. Le <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Adai_Khan">clan Adaï</a></u></span> à l’ouest, les tribus <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Na%C3%AFman#:~:text=Les%20Na%C3%AFmans%20forment%20un%20peuple,en%20R%C3%A9publique%20populaire%20de%20Chine.">Naïman</a></u></span> à l’est, <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Argyns">Argyn</a></u></span> au nord et <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Doulats">Doulat</a></u></span> au sud présentent à peu de chose près les mêmes autosomes : les Kazakhs ont moins de diversité dans leurs autosomes que d’autres peuples voisins, dont la densité de population est pourtant plus élevée. Toutes les différences entre clans kazakhs se trouvent sur le chromosome Y, transmis de père en fils. Autrement dit, si nous avons les mêmes autosomes, notre originalité et notre différence génétique sont en revanche transmise par la lignée du père, ce qui coïncide avec le chejire kazakh.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Les chromosomes Y, les autosomes et le génome mitochondrial de tous les clans kazakhs du système des </b><strong><span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCz">Jüz</a></u></span></strong><b> (ou hordes) sont-ils aujourd’hui étudiés&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Pour le moment, nous étudions uniquement les clans les plus importants. Nous avons déjà publié un article sur les Argyns, un autre est en cours sur les Kiptchaks&nbsp;; nous écrirons ensuite sur les Kereïs et les Konyrats. Nous avons déjà fait paraître une littérature conséquente sur la <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_j%C3%BCz">Grande jüz</a></u></span>, plus récemment est sorti un article sur la <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_j%C3%BCz">Petite jüz</a></u></span>, et nous espérons écrire prochainement sur la <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://wikimonde.com/article/Juz_moyenne">Jüz moyenne</a></u></span>. Nous étudions les caractéristiques communes, mais il y a aussi des clans peu représentés qui ne sont pas traités. Par exemple le clan Jetyrou de la petite Jüz&nbsp;: nous n’avons d’eux qu’un tableau approximatif, il nous faut aller plus en profondeur et étudier plus de sujets. En tout, 70&nbsp;% des clans kazakhs ont été étudiés.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Aujourd’hui, quels mythes fondateurs du Kazakhstan ont été ébranlés par la génétique&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Qu’est-ce qu’un mythe ? C’est la représentation simplifiée d’une réalité complexe : en d’autres termes, c’est toujours une simplification. Ce peut être des mythes d’État ou des mythes populaires, apparus d’eux-mêmes. Ils peuvent se baser sur des éléments scientifiques ou non. Un de ces mythes importants vient de l’époque soviétique, lorsqu’on considérait qu’il existait une civilisation unique des Scythes et des Saces, de la Moldavie et de l’Ukraine jusqu’au <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Touva">Touva</a></u></span>. Mais si l’on en croit Hérodote, les Saces (ou les Scythes) étaient composés de trois ou quatre peuples qui vivaient très proches les uns des autres, et qu’on ne trouvait pas sur le territoire du Kazakhstan. Par exemple, les Saces haoma (du nom d’une boisson sacrée des Indo-iraniens) vivaient sur l’actuel territoire du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan, les Saces «&nbsp;capuchons pointus&nbsp;» en Ouzbékistan et possiblement dans le sud-est du Kazakhstan, et les Saces «&nbsp;d’au-delà de la mer&nbsp;» en Ukraine. Mais, toujours selon Hérodote, dans l’actuel Kazakhstan vivaient les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arimaspes">Arimaspes</a></u></span>, les Agrippéens, les Issédons, les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarmates#:~:text=Les%20Sarmates%20(Sauromates%20pour%20les,du%20grand%20ensemble%20indo%2Deurop%C3%A9en.">Sauromates</a></u></span> (plus tard Sarmates) et les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Massag%C3%A8tes#:~:text=Les%20Massag%C3%A8tes%20(grec%20%3A%20%CE%9C%CE%B1%CF%83%CF%83%CE%B1%CE%B3%CE%AD%CF%84%CE%B1%CE%B9%2C,dans%20le%20sens%20de%20forts.">Massagètes</a></u></span>.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">En d’autres termes, Hérodote ne donnait le nom ni de Scythe ni de Sace à ces différents peuples. Pendant la période soviétique, à cette situation s’est ajouté le fait qu’on disait que le monde scytho-sace ne faisait qu’un, avec une culture matérielle à peu près commune. La génétique va à l’encontre de cette thèse.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Les Scythes de l’Est et de l’Ouest avaient des racines génétiques différentes</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Les publications de ces dernières années prouvent que du point de vue génétique, les Saces et les Scythes n’étaient pas qu’un seul et même peuple. Génétiquement, ils se différenciaient au contraire parfois énormément les uns des autres. La géographie y est pour beaucoup. Il se trouve que les Scythes de l’Est et ceux de l’Ouest avaient des racines génétiques différentes. Par exemple, les Scythes de l’Est sont, d’après leurs autosomes, les ancêtres des peuples turciques de Sibérie, des Kazakhs, des Kirghiz, et même des <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tatars">Tatars</a></u></span> de Kazan. Mais les Scythes de l’Ouest ont d’autres descendants. Tout cela démontre que ces conceptions présentées comme académiques et faisant partie de l’histoire doivent être changées. Car d’un côté elles ne correspondent pas aux sources d’époque (Hérodote), et de l’autre, la génétique montre que ces peuples ne faisaient pas qu’un. Ils se différenciaient du point de vue génétique, mais aussi du point de vue anthropologique, et il est également difficile d’affirmer qu’ils étaient similaires du point de vue ethnique.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Peut-être que leur <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_mat%C3%A9rielle#:~:text=La%20culture%20mat%C3%A9rielle%20est%20l,rituels%20auxquels%20ces%20objets%20participent.">culture matérielle</a></u></span> se ressemblait, ainsi que leur style animalier (<em>style ornemental caractérisé par les motifs animaliers, ndlr</em>), mais il ne s’agissait pas pour autant d’un seul et même peuple.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Certains commencent à créer un autre mythe en expliquant des absurdités par la génétique. Par exemple, il y a le mythe selon lequel le <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haplogroupe_C">haplogroupe C</a></u></span> serait mongol&nbsp;: c’est tout à fait absurde, et cette rumeur se dissipe déjà. Les recherches sur les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xiongnu">Xiongnu</a></u></span> et d’autres peuples montrent que, déjà pendant l’Antiquité, les peuples se mêlaient : il n’y avait alors pas de peuples à un seul haplogroupe, et il est impossible d’associer un quelconque haplogroupe à une nation, une ethnie ou une tribu. Il est possible de faire quelques reconstitutions, mais pas de dire que tel peuple avait tel haplogroupe, car cela se transmet par la lignée du père, tandis que la langue est un phénomène social, qui se transmet par les interactions sociales, et la lignée du père peut ne pas correspondre à la culture et à la langue d’une personne. Il est important de noter que la langue et les haplogroupes sont issus de domaines différents et qu’il ne faut pas les mélanger.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Vous avez dit que l’ADN féminin des Kazakhs est trois fois plus diversifié que chez les Russes. À quoi est-ce dû ?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Cela est lié au fait que les Kazakhs étaient nomades, qu’il y avait des migrations, et qu’en plus ils étaient polygames. Si vous y prêtez attention, vous verrez que les Kazakhs, comme les autres peuples nomades, prennent en compte le concept d’«&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_fondateur"><span style="color: #0563c1"><u>effet fondateur&nbsp;</u></span></a>», qui consiste en ce qu’une seule personne peut avoir énormément de descendants, et c’est quelque chose d’inhérent aux peuples nomades. Cependant, cet effet fondateur arrive par les femmes, or les femmes peuvent venir de l’est, de l’ouest, du sud. Notre projet montre des génomes mitochondriaux qui correspondent à ceux des habitants de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hainan">l’île de Hainan</a></u></span>, d’autres à ceux de la Grande Bretagne. La route de la Soie a fait circuler les gènes de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient, et ces gènes sont souvent arrivés au Kazakhstan par l’intermédiaire des femmes, car la société patriarcale en avait besoin, l’effet fondateur y étant très important. En effet, si l’on prend l’exemple cité par <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rashid_al-Din">Rachid al-Din</a></u></span>, un seul descendant de Khassar, frère de Gengis Khan, avait mille descendants au bout d’un siècle, et s’ils ont poursuivi cette tradition, leurs descendants sont encore plus nombreux. Dans l’ensemble, cet effet fondateur était caractéristique de tous les peuples nomades, et c’est pourquoi le génome mitochondrial est plus diversifié chez ces peuples-ci.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quelle est la probabilité que votre ADN corresponde à l’ADN de quelqu’un d’autre&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La probabilité que mon génome mitochondrial corresponde à celui d’autres Kazakhs est très faible. Lorsque nous voulons établir des liens de parenté ou, par exemple, identifier un criminel, il est ainsi plus aisé au Kazakhstan de passer par le génome mitochondrial que par le chromosome Y, car celui-ci présente d’autres caractéristiques. Mais avec le génome mitochondrial, il y a peu de correspondances possibles&nbsp;; ils sont très divers et représentent donc ce en quoi nous sommes uniques. Si l’on trouve une concordance, alors les deux personnes ont des liens de parenté par la lignée de la mère&nbsp;; cela signifie qu’à un moment, leurs arrière-grands-mères respectives étaient sœurs. Si la concordance a lieu par les chromosomes Y, alors il y a <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Homoplasie">homoplasie</a></u></span>&nbsp;: des haplotypes de parents proches et lointains commencent à correspondre. Ou alors, cela se produit parce que la population est nombreuse et qu’il y a une forte probabilité pour que chez deux personnes non liées, les mutations aillent dans la même direction. Il s’avère alors que ces deux personnes ont un lien de parenté. Mais les marqueurs STR du chromosome Y ne prouvent pas une parenté proche.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Je peux citer mon propre exemple. Lorsque nous avons commencé ces recherches, mes marqueurs STR étaient proches des marqueurs écossais, mais quand nous avons étudié les marqueurs SNP, le résultat s’est avéré complètement différent : il y avait eu homoplasie et la mutation de l’ADN avait pris la même forme. Justement, les marqueurs SNP du chromosome Y sont importants car ils sont uniques et forment une sorte de cicatrice génétique : s’ils étaient présents chez un ancêtre, alors il est inscrit dans l’ADN des descendants, et il n’y aura pas de perte de la mutation dans cette partie de l’ADN. Dans notre article sur les Argyns, nous avons écrit que la mutation SNP se produit une fois toutes les quatre générations. En comptant le nombre de mutations SNP, on peut établir quel est le degré de parenté entre différentes personnes.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/steppes-sel-et-chromosome-y-resume-de-recherche-en-asie-centrale/">Steppes, sel et chromose Y : résumé de recherches en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Mais nos autosomes ont peu été étudiés. Il me semble par ailleurs nécessaire d’évaluer différemment le degré de parenté par autosomes chez les Kazahks, dont la société patriarcale autorisait la polygamie, et chez les Européens, monogames. Parce que quand on écrit chez nous que deux personnes sont cousines au quatrième degré, ces conclusions sont basées sur des conceptions occidentales, alors que la polygamie pouvait induire que les liens de parenté ne venaient pas d’une seule lignée, mais de deux ou trois. Et la correspondance de certains gènes a mené à la conclusion que deux personnes étaient cousines au quatrième degré alors qu’elles étaient aussi cousines au septième degré. C’est pourquoi nous avons des représentations différentes pour ces trois systèmes de parenté.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quels peuples présentent un ADN identique à celui des Kazakhs&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Trois ethnies ont un ADN identique par les autosomes&nbsp;: les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpaks#:~:text=Les%20Karakalpaks%20constituent%20un%20peuple,de%20la%20mer%20d'Aral.">Karakalpaks</a></u></span>, les plus proches des Kazakhs par les autosomes&nbsp;; les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noga%C3%AFs">Nogaïs</a></u></span> qui vivent plus près des Kazakhs, à Stavropol et éventuellement au Daghestan&nbsp;; et enfin les Kirghiz.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quelles sont les études menées dans les autres Républiques d’Asie centrale&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">En plus des recherches kazakhes, on peut mentionner les études kirghizes. Des découvertes en ce qui concerne autant le paléo-ADN que les structures des clans et des tribus au regard de la génétique y ont été faites. Mais je ne peux pas trop en dire avant la publication des résultats.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Les recherches effectuées entre autres sur les peuples karakalpak, turkmènes, ouzbeks et sur les clans <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pachtounes#:~:text=Les%20Pachtounes%20(pachto%20%3A%20%D9%BE%DA%9A%D8%AA%D9%88%D9%86%20%3B,et%20parlant%20surtout%20le%20pachto.">pachtounes</a></u></span> et <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hazaras">hazaras</a></u></span>, s’avèrent prometteuses. Jusqu’à présent, ces peuples n’étaient pas vraiment inclus dans la recherche du point de vue de la généalogie génétique et de la génétique des populations.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quels débats ont lieu entre les Tadjiks et les Ouzbeks à propos de l’origine et de l’histoire de ces peuples&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Le différend entre Ouzbeks et Tadjiks porte pour le moment sur l’histoire. Mais je pense que dans 10 ans, pas avant, le débat entrera dans le domaine de la génétique. Pour le moment, il reste dans un cadre historique plus traditionnel.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quels projets d’étude de l’histoire par la génétique avez-vous réalisés ces dernières années, vous et vos collègues, que ce soit ou non pour le compte de l’État ?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Quand notre projet a débuté, il n’était pas pour le compte de l’État et il était financé exclusivement par la société civile. Chaque personne qui se faisait tester, en plus de satisfaire sa curiosité personnelle quant à ses origines, venait enrichir notre base de données. Cette dernière est commune à tous les Kazakhs et s’est formée grâce aux organisations scientifiques et aux militants civils, à tous ceux qui ont voulu se faire tester et ont partagé leurs données.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ce fonds participatif s’élève déjà de 300 à 400 000 dollars : c’est ce que les gens ont dépensé pour s’étudier eux-mêmes. Cette somme a commencé à être assemblée en 2007. Quant aux programmes gouvernementaux, nous n’avons malheureusement pas reçu de financements de la part de l’État pour le moment. Avant, il était difficile d’obtenir une bourse et beaucoup de facteurs non scientifiques entraient en ligne de compte dans le processus d’attribution. Lorsque nous avons commencé ces recherches scientifiques, nous étions financés par des Moscovites et nous avions un échantillon qui n’atteignait même pas les 1 500 Kazakhs. Mon collègue Maksat Jabaguine a soutenu sa thèse en se basant sur ces données. Aujourd’hui, nous rédigeons nos articles scientifiques en collaboration avec des généticiens, autant sur les Jüz que sur des tribus.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Quels sont vos futurs projets d’études sur le sujet&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Premièrement, nous devons étudier tous les clans kazakhs et chacun d’entre eux doit faire l’objet de publications de qualité. Deuxièmement, il y a des populations voisines qu’il est nécessaire d’étudier pour leur spécificité &nbsp;: les Kirghiz, les Karakalpaks, les Ouzbeks, les Turkmènes, les <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kalmouks#:~:text=Ceux%20qui%20restent%20dans%20la,leur%20culture%20et%20leur%20langue.">Kalmoukes</a></u></span>, les Mongols. Les Kirghiz ont, comme les Kazakhs, un chejire qu’ils appellent « sanjyra ». Ils ont de la chance car leur sanjyra a été mis par écrit pour la première fois au XVIe siècle, et si on le compare avec la version du XXIe siècle, on s’aperçoit que l’ancien est plus exact, plus précis et a été moins déformé. Tous ces peuples qui nous entourent ont besoin d’être étudiés et les recherches doivent être interdisciplinaires, exécutées en collaboration avec des historiens locaux.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/glaciers-glissement-de-terrain-geant-et-nouveaux-organismes-resume-de-recherches-en-asie-centrale/">Glaciers, glissement de terrain géant et nouveaux organismes : résumé de recherches en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Si on les étudie comme le font les Européens et les Américains, c’est-à-dire géographiquement, sans prendre en compte le clan et la généalogie, on risque d’arriver à des résultats assez superficiels. Je me souviens que des Américains avaient publié un article dans lequel ils avaient étudié des populations kazakhes d’<span style="color: #0563c1"><u><a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a></u></span> et de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/District_de_Katonkaraga%C3%AF">Katonkaragaï</a></u></span>. Il en était ressorti que des Naïmans vivaient à Katonkaragaï, et d’autres clans à Almaty. En se basant sur ces résultats, ils avaient déclaré que tous les Kazakhs étaient soit des Naïmans, soit des Albanais, ce qui est bien sûr erroné. Il fallait les étudier plus en profondeur, prendre des échantillons plus larges, prendre en compte toutes les informations historiques à disposition et déterminer le chejire&nbsp;: les résultats scientifiques auraient été plus exacts et plus intéressants non seulement pour les généticiens mais aussi pour les historiens.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Les analyses génétiques sont-elles populaires parmi les habitants du Kazakhstan&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Elles le sont dans une catégorie spécifique de la population. Certaines personnes se sont vu offrir des tests ADN en cadeau, car c’est plus original que de recevoir une voiture. En d’autres termes, elles sont appréciées chez ceux qui peuvent se permettre de dépenser au minimum 70 dollars pour un test ADN, mais jusqu’à 700 dollars pour un test approfondi.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Les analyses génétiques sont-elles effectuées au Kazakhstan, ou uniquement à l’étranger&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Les analyses génétiques ont lieu au Kazakhstan. Quant aux tests commerciaux, ils sont ici deux à trois fois plus chers qu’aux États-Unis. Si l’on vend les fournitures nécessaires aux tests ADN au Kazakhstan, ils coûtent plus cher à cause des droits de douane, de la logistique, etc. En 2013, le professeur de l’Académie nationale des sciences kazakhe, Marat Moukhanbetkazievich Tajine, a fondé chez nous des laboratoires poursuivant trois objectifs : étudier la population actuelle du Kazakhstan, la paléogénétique, et les anciennes races animales.</p>


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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">En tout, 300 millions de <span style="color: #0563c1"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tenge_kazakh">tenges</a></u></span> (environ 590 000 euros) ont été investis. Le laboratoire fonctionnait, mais le personnel était peu nombreux, les publications trop rares et beaucoup d’erreurs ont été commises. Ils essaient maintenant de remédier à cela, mais à l’époque cet argent a été dépensé de manière vraiment irrationnelle.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>En dehors du prix, les analyses génétiques aux États-Unis et au Kazakhstan sont-elles différentes ?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Oui. Il est à noter qu’il y a les analyses commerciales et les analyses scientifiques. Les analyses scientifiques sont basées sur une norme déterminée par l’entreprise qui fournit le réactif chimique. À titre de comparaison, nous pouvons étudier 27 marqueurs STR avec l’analyse scientifique, alors qu’en Amérique on peut faire au choix l’analyse de 12 à 700 marqueurs STR. Ils ont leur propre standard commercial et peuvent donc se permettre de tester 700 marqueurs STR, ce qui dépasse de 25 fois les standards scientifiques. En cela, la différence est bien sûr tout à fait marquée. Cependant, nous utilisons souvent dans nos articles les données de séquences entières du chromosome Y issues d’analyses faites aux États-Unis. Par exemple, dans l’article sur les Argyns, nous avons utilisé les données issues d’un laboratoire commercial américain, parce qu’à ce moment-là il n’y avait pas d’alternative. En outre, on peut commander une analyse américaine à partir de n’importe quel point du globe, et si on ne la demande que pour 12 marqueurs, elle coûtera deux à trois fois moins cher qu’au Kazakhstan.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><b>Combien coûte une analyse génétique au Kazakhstan&nbsp;?</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">L’analyse de 27 marqueurs STR coûte environ 150 dollars (environ 127 euros), mais on trouve aussi des intermédiaires qui vendent pour 500 dollars (soit 423,55 euros) des analyses qui en coûtent 70 (soit 59,3 euros). Pour se faire tester à Almaty, on peut s’adresser à la compagnie TreeGene. Mais je conseillerais plutôt de se faire directement tester chez le leader mondial, Family Tree DNA, sans aucun intermédiaire.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Damir Sattarov</strong>
<strong>Historien, journaliste</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://www.caa-network.org/archives/21399">du russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laure de Polignac </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Une nouvelle espèce de diplodocus a été découverte en Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joanna Blain]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Mar 2021 15:31:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Découverte]]></category>
		<category><![CDATA[Dinosaure]]></category>
		<category><![CDATA[Paléontologie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-nouvelle-espece-de-diplodocus-a-ete-decouverte-en-ouzbekistan/">Une nouvelle espèce de diplodocus a été découverte en Ouzbékistan</a></p>
<p>En février dernier, un fossile de sauropode ressemblant à un diplodocus a été découvert par une équipe de chercheurs en Ouzbékistan. Renommé le Dzharatitanis kingi, ce fossile est le premier du genre à avoir été trouvé dans cette région d’Asie centrale. Le 24 février dernier, les chercheurs Hans-Dieter Sues et Alexander Averianov ont annoncé, dans [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-nouvelle-espece-de-diplodocus-a-ete-decouverte-en-ouzbekistan/">Une nouvelle espèce de diplodocus a été découverte en Ouzbékistan</a></p>
<p><strong>En février dernier, un fossile de sauropode ressemblant à un diplodocus a été découvert par une équipe de chercheurs en Ouzbékistan. Renommé le <em>Dzharatitanis kingi, </em>ce fossile est le premier du genre à avoir été trouvé dans cette région d’Asie centrale.</strong></p>
<p>Le 24 février dernier, les chercheurs <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hans-Dieter_Sues">Hans-Dieter Sues</a> et <a href="https://www.researchgate.net/profile/Alexander-Averianov">Alexander Averianov</a> ont annoncé, dans la <a href="https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0246620">revue scientifique PLOS One</a>, la découverte d’une vertèbre de sauropode . . .</p>

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		<title>L&#8217;Ouzbékistan coopère avec la Corée du Sud pour l&#8217;exploration spatiale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arnaud Muller]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Feb 2021 10:31:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[satellite]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Spatial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-coopere-avec-la-coree-du-sud-dans-lexploration-spatiale/">L&rsquo;Ouzbékistan coopère avec la Corée du Sud pour l&rsquo;exploration spatiale</a></p>
<p>Une rencontre du groupe de travail ouzbéko-coréen dans le domaine de l’exploration et de l’utilisation de l’espace à des fins pacifiques s'est tenue le 15 février dernier. Cette réunion s’inscrit dans une série de rencontres diplomatiques qui témoignent des ambitions spatiales croissantes de l’Ouzbékistan. L’Ouzbékistan développe sa coopération diplomatique avec la Corée du Sud pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-coopere-avec-la-coree-du-sud-dans-lexploration-spatiale/">L&rsquo;Ouzbékistan coopère avec la Corée du Sud pour l&rsquo;exploration spatiale</a></p>
<p class="has-text-align-justify"><strong>Une rencontre du groupe de travail ouzbéko-coréen dans le domaine de l’exploration et de l’utilisation de l’espace à des fins pacifiques s'est tenue le 15 février dernier. Cette réunion s’inscrit dans une série de rencontres diplomatiques qui témoignent des ambitions spatiales croissantes de l’Ouzbékistan.</strong></p>
<p class="has-text-align-justify">L’Ouzbékistan développe sa coopération diplomatique avec la Corée du Sud pour l’exploration de l’espace à des fins pacifiques. Le 15 février dernier, une réunion du groupe de travail entre les deux pays a eu lieu en Corée du Sud comme le rapporte l’agence de presse ouzbèke <a href="https://dunyo.info/ru/site/inner/uzbekistan_i_yuzhnaya_koreya_zainteresovani_v_aktivizatsii_sotrudnichestva_v_sfere_issledovaniy_i_ispolyzovaniya_kosmosa_v_mirnih_tselyah-sM5">Dunyo</a>. Des membres de l'ambassade . . .</p>

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		<item>
		<title>Recherche : l’IFEAC en route vers un rayonnement régional</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Jan 2021 08:54:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Europe et l'Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Adrien Fauve]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[IFEAC]]></category>
		<category><![CDATA[Institut français d&#039;études sur l&#039;Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-lifeac-en-route-vers-un-rayonnement-regional/">Recherche : l’IFEAC en route vers un rayonnement régional</a></p>
<p>Avec l’arrivée d’Adrien Fauve comme nouveau directeur de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale, la recherche française veut gagner du terrain. Au menu : expansion régionale et promotion des jeunes chercheurs sur l’Asie centrale tout en continuant d’animer une communauté grandissante. Malgré le Covid, la recherche française continue de se renforcer en Asie centrale. Depuis son [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-lifeac-en-route-vers-un-rayonnement-regional/">Recherche : l’IFEAC en route vers un rayonnement régional</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-lifeac-en-route-vers-un-rayonnement-regional/">Recherche : l’IFEAC en route vers un rayonnement régional</a></p>
<p><strong>Avec l’arrivée d’Adrien Fauve comme nouveau directeur de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale, la recherche française veut gagner du terrain. Au menu : expansion régionale et promotion des jeunes chercheurs sur l’Asie centrale tout en continuant d’animer une communauté grandissante.</strong></p>
<p>Malgré le Covid, la recherche française continue de se renforcer en Asie centrale. Depuis son arrivée à la tête de l’Institut français d’études sur l’Asie centrale (IFEAC) <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-adrien-fauve-prend-la-tete-de-lifeac/">en octobre dernier</a>, Adrien Fauve a commencé à déployer un plan ambitieux de croissance pour l’institution. «&nbsp;<em>Je trouve l’IFEAC dans une très bonne situation, ce qui est le résultat</em> <em>notamment du travail d’Olivier Ferrando et Catherine Poujol</em>&nbsp;», explique à Novastan Adrien Fauve. Olivier Ferrando (2012-2016) et <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-nouvelles-ambitions-de-la-recherche-francaise-en-asie-centrale/">Catherine Poujol</a> (2016-2020) ont dirigé l’IFEAC depuis son installation à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, en 2012.</p>
<p>Seul institut de recherche français dans la région, l’IFEAC a été fondé en 1993 avec pour mission de&nbsp;<em>«&nbsp;soutenir les chercheurs français et centrasiatiques travaillant sur la région en archéologie et dans toutes les disciplines des sciences humaines et sociales&nbsp;»</em>.</p>
<p>En 2010, l’institution . . .</p>

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		<title>Recherche : Adrien Fauve prend la tête de l&#8217;IFEAC</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2020 15:02:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Europe et l'Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Adrien Fauve]]></category>
		<category><![CDATA[IFEAC]]></category>
		<category><![CDATA[Institut français d&#039;études sur l&#039;Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Nomination]]></category>
		<category><![CDATA[Recherche]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-adrien-fauve-prend-la-tete-de-lifeac/">Recherche : Adrien Fauve prend la tête de l&rsquo;IFEAC</a></p>
<p>Docteur en sciences politiques, Adrien Fauve vient de prendre ses fonctions en tant que directeur de l'IFEAC, le seul centre de recherche français en Asie centrale. Une page s'ouvre pour l'Institut français d'études sur l'Asie centrale (IFEAC). Ce lundi 26 octobre, le seul centre de recherche français basé dans la région</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/recherche-adrien-fauve-prend-la-tete-de-lifeac/">Recherche : Adrien Fauve prend la tête de l&rsquo;IFEAC</a></p>
<p><strong>Docteur en sciences politiques, Adrien Fauve vient de prendre ses fonctions en tant que directeur de l'IFEAC, le seul centre de recherche français en Asie centrale. </strong></p>
<p>Une page s'ouvre pour l'Institut français d'études sur l'Asie centrale (IFEAC). Ce lundi 26 octobre, le seul centre de recherche français basé dans la région <a href="https://ifeac . . .
</p>

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		<title>Une araignée venimeuse découverte au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Nov 2019 08:06:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Araignée]]></category>
		<category><![CDATA[Découverte]]></category>
		<category><![CDATA[Insecte]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/une-araignee-venimeuse-decouverte-au-tadjikistan/">Une araignée venimeuse découverte au Tadjikistan</a></p>
<p>Un entomologiste&#160;russe a découvert plusieurs sortes d’araignées lors d’une campagne de collecte au Tadjikistan&#160;: une araignée inconnue jusqu’alors, une autre venimeuse dont la présence n’avait jamais été répertoriée au Tadjikistan, et une dernière également nouvelle pour le pays. L’université d’Etat de l’Altaï en Russie a annoncé le 12 novembre dernier que l’entomologiste Alexander Fomichev a [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/une-araignee-venimeuse-decouverte-au-tadjikistan/">Une araignée venimeuse découverte au Tadjikistan</a></p>
<p style="text-align: justify;">Un entomologiste&nbsp;russe a découvert plusieurs sortes d’araignées lors d’une campagne de collecte au Tadjikistan&nbsp;: une araignée inconnue jusqu’alors, une autre venimeuse dont la présence n’avait jamais été répertoriée au Tadjikistan, et une dernière également nouvelle pour le pays.</p>
<p style="text-align: justify;">L’université d’Etat de l’Altaï en Russie <a href="http://www.asu.ru/search/news/34956/">a annoncé</a> le 12 novembre dernier que l’entomologiste Alexander Fomichev a . . .</p>

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		<title>Les scientifiques ont établi l&#8217;âge de la mer d&#8217;Aral : 17 600 ans</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-scientifiques-ont-etabli-lage-de-la-mer-daral-17-600-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[sabdullaeva]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2019 11:07:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Amou Daria]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Mer d'Aral]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Syr Daria]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-scientifiques-ont-etabli-lage-de-la-mer-daral-17-600-ans/">Les scientifiques ont établi l&rsquo;âge de la mer d&rsquo;Aral : 17 600 ans</a></p>
<p>La mer d&#8217;Aral se serait formée, il y a 17 600 ans selon un article scientifique récemment publié grâce à des datations au carbone 14 de sédiments forés dans le fond de la mer désormais disparue. La mer qui a existé pendant près de 18 000 ans, depuis la fin de la dernière ère glacière, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-scientifiques-ont-etabli-lage-de-la-mer-daral-17-600-ans/">Les scientifiques ont établi l&rsquo;âge de la mer d&rsquo;Aral : 17 600 ans</a></p>
<p><strong>La mer d&rsquo;Aral se serait formée, il y a 17 600 ans selon un article scientifique récemment publié grâce à des datations au carbone 14 de sédiments forés dans le fond de la mer désormais disparue. La mer qui a existé pendant près de 18 000 ans, depuis la fin de la dernière ère glacière, aura dû attendre l&rsquo;action des hommes pour la faire disparaître.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le <a href="https://fergana.agency/news/104534/">média en ligne spécialisé sur l&rsquo;Asie centrale, Fergana.ru</a>.</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">La revue scientifique <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277379118307601?via%3Dihub"><i>Quaternary Science Reviews</i></a> a publié un article en février dernier annonçant que l&rsquo;âge de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d&rsquo;Aral</a>, qui disparaît désormais est de près de 18 000 ans, cela grâce à la méthode de datation par le carbone 14. Selon l&rsquo;article publié par 5 chercheurs, l&rsquo;intérêt pour l&rsquo;âge de la mer intérieur centrasiatique s&rsquo;explique par « l<em>a disparition catastrophique de la mer d&rsquo;Aral à la fin du XXème siècle qui a stimulé d&rsquo;importants efforts internationaux pour comprendre les évolutions géologiques, hydrologiques et climatologiques du niveau lacustre (de la mer d&rsquo;Aral) à des échelles de temps allant de plusieurs années à plusieurs millénaires.</em>« </span></p>
<p class="p1"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d’Aral malgré les coups de comm’ : de pire en pire ?</a></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1">Pour obtenir ces nouvelles données sur l&rsquo;histoire géologique de la mer d&rsquo;Aral, le groupe de chercheurs américains et russes </span><span class="s2">a</span><span class="s1"> percé plusieurs puits de forage et a obtenu l&rsquo;épaisseur totale des sédiments lacustre</span><span class="s2">s, permettant de dater la formation de la mer à cet endroit</span><span class="s1">.</span></p>
<p><strong>Lire sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-vies-multiples-de-la-mer-daral/">Les vies multiples de la mer d’Aral</a></strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Commencé en 2009, l&rsquo;étude s&rsquo;est concentré sur le sud de l&rsquo;ancienne île Borsa-Kelmas, en 2007 l&rsquo;eau s&rsquo;est retirée définitivement de</span><span class="s2"> cet </span><span class="s1">endroit, le lieu ressemblait </span><span class="s2">alors </span><span class="s1">à une plaine couverte de boue mal séchée.</span></p>
<p>
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		</p>
<p class="p1"><span class="s1">Le forage le plus profond était de 15 mètres, dont 10 correspondaient à la période de l’existence du lac (en effet, pour les scientifiques, il s&rsquo;agit d&rsquo;un lac et non d&rsquo;une mer).</span></p>
<p><strong>La datation la plus précise : 17 600 ans</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"> Avec </span><span class="s2">cet </span><span class="s1">échantillon et grâce à la méthode innovante de la spectrométrie de masse, 23 datations ont été obtenues ; ceci est un record dans les recherches faites depuis 1950 sur la mer d&rsquo;Aral. Afin de déterminer l&rsquo;âge les chercheurs ont également étudié la composition des sédiments de la mer d&rsquo;Aral et la microflore, c&rsquo;est à dire </span>les organismes aquatiques à coquilles de petites tailles et de tailles microscopiques, comme les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ostracode">ostracodes</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Foraminifera">foraminifères</a>. Les chercheurs ont d&rsquo;ailleurs pu prouver que cette microflore a existé dans la mer d&rsquo;Aral dès sa formation.</p>
<p class="p1"><span class="s1"> Ainsi, pour la première fois et avec certitude, les scientifiques ont établi que la mer d&rsquo;Aral, dans sa superficie d&rsquo;avant 1970, date à laquelle elle commence à perdre de sa surface, est apparue il y a </span><span class="s2">17 600 </span><span class="s1">ans. </span>Cette conclusion survient suite à une série de datations du radiocarbone des coquilles de mollusques ostracodes, qui n&rsquo;ont pas subi de nouvelles sédimentations.</p>
<p class="p1"><span class="s1"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/tempete-de-sel-en-ouzbekistan-la-tragedie-de-la-mer-daral-en-action/">Tempête de sel en Ouzbékistan : la tragédie de la mer d’Aral en action</a></strong></span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Les chercheurs ont ainsi établi qu&rsquo;à l&rsquo;endroit du forage, donc au nord de l&rsquo;ancien bassin, la mer d&rsquo;Aral a existé depuis sa naissance (il y a </span><span class="s2">17 600</span><span class="s1"> ans) jusqu&rsquo;à nos jours. La présence de dépôts dans les coquilles des ostracodes et des foraminifères le prouve, en sachant que ces mollusques peuvent habiter seulement dans le milieu aquatique.</span></p>
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<p class="p1"><span class="s1"> Par ailleurs, les volumes d&rsquo;eau durant la période allant </span><span class="s2">de 17 600 ans </span><span class="s1">à 13 000 ans, n&rsquo;étaient pas stables. La période la plus précoce du développement de l&rsquo;Aral (d&rsquo;il y a 17 </span><span class="s2">600 ans à 15 300 </span><span class="s1">ans) a été marquée par l&rsquo;afflux abondant des eaux fluviales dans le bassin lacustre. Tandis que lors de la période </span><span class="s2">d’il y a 15 300 ans à 14 000 ans, </span><span class="s1">le taux de salinité des masses d&rsquo;eau a augmenté suite à la diminution des flux </span><span class="s2">fluviaux. </span><span class="s1">Les chercheurs remarquent que le taux le plus haut de salinité arrive vers la </span><span class="s2">période de 14 500 ans à 14 000 </span><span class="s1">ans.</span></p>
<p><strong>La mer d&rsquo;Aral s&rsquo;est formée à la fin de la dernière ère glacière</strong></p>
<p class="p1"><span class="s1"> L&rsquo;édition « <i>Naouka v Sibiri</i> » (la science en Sibérie) note que dans les années 2000, les questions de la formation et du développement de la mer d&rsquo;Aral attiraient l&rsquo;attention de plusieurs équipes internationales de scientifiques. Ainsi, </span><span class="s2">une </span><span class="s1">équipe de chercheurs britanniques a réussi à étudier au début des années 2010, les plus anciennes sédimentations.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1"> L&rsquo;analyse géologique de l&rsquo;évolution du bassin de la mer a montré que lors de la dernière glaciation (</span><span class="s2">d’il y a 18 000 à 23 000 </span><span class="s1">ans), une grande masse de glace s&rsquo;est accumulée sur les glaciers du Pamir et du Tian Chian.<span class="Apple-converted-space"> </span>Puis lors d&rsquo;un réchauffement global qui s&rsquo;en est suivit, ces glaces </span><span class="s2">ont </span><span class="s1">commencé à fondre et leurs eaux</span><span class="s2"> se sont écoulées, il y a 18 000 ans, à travers </span><span class="s1">les fleuves <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a> et qui ont commencé à remplir le bassin. C’est ainsi </span><span class="s2">que l&rsquo;actuelle mer d&rsquo;Aral a vu </span><span class="s1">le jour.</span></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit <a href="https://fergana.agency/news/104534/">du russe</a> par Sevara Abdullaeva </strong><br />
<strong>Edité par la rédaction</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les grandes femmes en Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-grandes-femmes-en-asie-centrale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre-François Hubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Nov 2018 13:14:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-grandes-femmes-en-asie-centrale/">Les grandes femmes en Asie centrale</a></p>
<p>L’histoire de l’Asie centrale est truffée de femmes qui, par leurs actes, sont passées à la postérité. Tsarines, scientifiques, chanteuses, médecins, professeures, toutes ont laissé une trace indélébile. Le magazine en ligne Kaktakto, dont Novastan reprend et traduit ici un article, revient sur ces grandes figures féminines qui ont fait ou font la fierté de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-grandes-femmes-en-asie-centrale/">Les grandes femmes en Asie centrale</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’histoire de l’Asie centrale est truffée de femmes qui, par leurs actes, sont passées à la postérité. Tsarines, scientifiques, chanteuses, médecins, professeures, toutes ont laissé une trace indélébile. Le magazine en ligne <a href="https://kaktakto.com/lyudi/velikie-zhenshhiny-centralnoj-azii/">Kaktakto</a>, dont Novastan reprend et traduit ici un article, revient sur ces grandes figures féminines qui ont fait ou font la fierté de toute une région.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tomyris</strong> (VIe siècle avant notre ère)</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tomyris">Tomyris</a>, la reine du peuple scythe des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Massag%C3%A8tes">Massagètes</a>, ancêtres des Kazakhs pour certains experts ou des Turkmènes pour d’autres, est célèbre pour avoir tué l’empereur perse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrus_le_Grand">Cyrus le Grand</a> au cours d’une bataille.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bopaï </strong>(1690-1780)</p>
<p style="text-align: justify;">L’épouse du Khan Abulkhair jouissait d’un esprit aiguisé et peu féminin, d’une vraie force de caractère, d’une grande liberté de jugement et de gestes et d’un tact politique inné. Bopaï a longtemps utilisé le respect que lui accordaient les doyens kazakhs et a parfois pu déployer une grande influence sur le gouvernement de ses parents kazakhs en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_j%C3%BCz">petite . . .</p>

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		<title>Avec Falling Walls, le concours de pitch international débarque à Bichkek</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julius Bauer]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Sep 2017 11:43:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Bichkek]]></category>
		<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Falling Walls]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/avec-falling-walls-le-concours-de-pitch-international-debarque-a-bichkek/">Avec Falling Walls, le concours de pitch international débarque à Bichkek</a></p>
<p>La capitale du Kirghizstan accueillera le 30 septembre prochain un concours international pour permettre aux diplômés de l’enseignement supérieur de présenter leurs idées. Novastan a rencontré les organisateurs. Novastan reprend ici un article paru initialement dans notre version allemande. Le 30 septembre prochain, le concours « Falling Walls » sera organisé à Bichkek, la capitale du Kirghizstan. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/avec-falling-walls-le-concours-de-pitch-international-debarque-a-bichkek/">Avec Falling Walls, le concours de pitch international débarque à Bichkek</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La capitale du Kirghizstan accueillera le 30 septembre prochain un concours international pour permettre aux diplômés de l’enseignement supérieur de présenter leurs idées. Novastan a rencontré les organisateurs. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend ici un article paru initialement dans <a href="https://novastan.org/de/kirgistan/falling-walls-in-bischkek/">notre version allemande</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 30 septembre prochain, le concours « Falling Walls » sera organisé à Bichkek, la capitale du Kirghizstan. Ce concours international permet à de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur de présenter leurs idées.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette initiative rappelle celle organisée en France par le CNRS, <a href="http://mt180.fr/">« ma thèse en 180 secondes ».</a> Pour Falling Walls, les participants ont également trois minutes pour . . .</p>

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		<title>Avicenne l&#8217;Ouzbek</title>
		<link>https://novastan.org/fr/fact/avicenne-louzbek/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Mar 2017 11:45:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fact]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Avicenne]]></category>
		<category><![CDATA[Boukhara]]></category>
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		<category><![CDATA[Central Asia Facts]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/fact/avicenne-louzbek/">Avicenne l&rsquo;Ouzbek</a></p>
<p>Avicenne était . . . Vous avez encore 80 % de cet article à découvrir! Abonnez-vous maintenant pour seulement 3€ par mois S’abonner Déjà abonné ? Se connecter En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l'Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/fact/avicenne-louzbek/">Avicenne l&rsquo;Ouzbek</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne">Avicenne</a> était . . .</p>

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