<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>perestroïka | Novastan France</title>
	<atom:link href="https://novastan.org/fr/tag/perestroika/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://novastan.org/fr/tag/perestroika/</link>
	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
	<lastBuildDate>Thu, 30 Mar 2023 07:58:50 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.2</generator>

<image>
	<url>https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/08/cropped-Logo_2_2000-1700-300DPI-32x32.png</url>
	<title>perestroïka | Novastan France</title>
	<link>https://novastan.org/fr/tag/perestroika/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anthony Vial]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2022 06:29:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[perestroïka]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Soufisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=56090</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/">Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</a></p>
<p>Dans une interview, le poète ouzbek Khourchid Davron parle des anciens soufis, des classiques qu’il lit et relit, du monde de l’édition pendant la perestroïka et du lien secret entre l&#8217;Asie centrale et l&#8217;Amérique latine.Novastan reprend et traduit ici un article publié le 15 juin 2019 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale Fergana [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/">Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/">Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une interview, le poète ouzbek Khourchid Davron parle des anciens soufis, des classiques qu’il lit et relit, du monde de l’édition pendant la perestroïka et du lien secret entre l&rsquo;Asie centrale et l&rsquo;Amérique latine.</strong><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 15 juin 2019 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale </strong><a href="https://fergana.media/articles/107998/"><strong>Fergana News</strong></a><strong>.</strong>

Le sort des poètes ouzbeks des années 1980 est variable, bien qu’il commence pour tous plus ou moins de la même manière&nbsp;: enfance dans les provinces, études à la faculté de journalisme de l&rsquo;Université d&rsquo;Etat de Tachkent, service dans les rangs de l&rsquo;armée soviétique&#8230; Aujourd&rsquo;hui, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Khurshid_Davron">Khourchid Davron</a> est poète populaire d&rsquo;Ouzbékistan, historien, auteur de plus d’une vingtaine de livres publiés dans de nombreux pays, dramaturge, traducteur de poètes de Lettonie, du Japon, de Russie, et enfin, spécialiste de la nouvelle littérature ouzbèke.

Comment l&rsquo;amour de la lecture a conduit Khourchid Davron dans les profondeurs de l&rsquo;histoire, et comment la recherche de ses propres racines l&rsquo;a-t-elle conduit à la biographie d&rsquo;anciens penseurs soufis ?

</p>



		<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
			<div class="container flex flex-row justify-between">
				<div class="flex flex-col w-3/5">
					<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
						Soutenez Novastan, le media associatif d’Asie centrale </h2>
					<p>
						<span>En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média en anglais, français et allemand spécialisé sur l’Asie centrale.</span> Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide !</p>
				</div>
				<div class="flex flex-col w-2/5 flex flex-col justify-items-center justify-center">
					<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
						<p class="pricing text-2xl font-bold text-center">3€/mois</p>
						<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
						<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner">Abonnez-vous</a>
					</div>
				</div>
			</div>
		</div>

		



<p class="wp-block-paragraph">

La conversation du journaliste Sandjar Yanychev avec le poète aborde l&rsquo;attachement à la terre, les auteurs classiques et le lien secret entre l&rsquo;Asie centrale et l&rsquo;Amérique latine.

<strong>Fergana News&nbsp;: </strong><strong>Khourchid-aka, comment décririez-vous votre tempérament&nbsp;?</strong><strong>Khourchid Davron&nbsp;</strong>: Selon la théorie gréco-romaine des humeurs, je suis une personne optimiste, guidée par le sang. Pour être plus précis, je suis guidé par mon cœur. Selon les concepts orientaux, le mizoj, c&rsquo;est-à-dire le tempérament, le caractère de la personne, correspond à celui du lieu de sa naissance.

Dans mon cas, il est fortement continental. Dieu a généreusement pourvu mon <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a> natal en toute saison. C&rsquo;est pourquoi, en tant que fils de ce lieu, je suis parfois froid comme l’hiver et plein de tact, ou chaud comme l’été, pensif comme l’automne, aimant la solitude, et enfin changeant comme le printemps, quelquefois excessivement sensible et rêveur.

Quoi d’autre détermine mon tempérament ? Le sang millénaire turco-<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Na%C3%AFmans">naïman</a> qui coule dans mes veines. Ce sang est épris de liberté et ne tolère pas le dictat.

<strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-au-festival-des-cultures-du-monde-de-gannat/">L’Ouzbékistan au festival des Cultures du monde de Gannat</a></strong>

La question principale pour moi n&rsquo;est pas «&nbsp;<em>qui suis-je</em>&nbsp;», mais <em>«&nbsp;pourquoi est-ce que je vis</em> ». Tout est clair avec la première question, mais tous les jours je cherche une réponse à la seconde. Car, comme l&rsquo;écrivait l&rsquo;écrivain romain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Apul%C3%A9e">Apulée</a> dans ses <em>Métamorphoses</em> : «&nbsp;<em>Il n&rsquo;est pas nécessaire de regarder où une personne est née, mais quelles sont ses mœurs ; non pas en quelle terre elle se trouve, mais selon quels principes elle a décidé de vivre sa vie.</em>&nbsp;»

<strong>Quelles sont vos qualités dont vous êtes fier et les défauts que vous aimeriez éliminer&nbsp;?</strong>

La première qualité qui me plaît, c&rsquo;est la gentillesse. Ça doit venir de mes parents. Plutôt de la part de mon père. Ce n&rsquo;est pas pour rien que mes amis poètes, même quand nous étions jeunes, m&rsquo;appelaient Dobrynya, le Gentil. C’est parce que j&rsquo;étais aimé des enfants, y compris des étrangers <em>(rires)</em>.

La deuxième qualité est l&rsquo;amour de la lecture&nbsp;: l’histoire du monde, la poésie japonaise, la prose latino-américaine&#8230; Quand mon cinquième livre, <em>Qaqnus</em><em>(Phénix, ndlr)</em>, a été publié, un critique a écrit un article intitulé <em>« Les ailes de papier du Phénix »</em>, dans lequel il m&rsquo;accusait d&rsquo;ignorer la vie moderne&nbsp;: presque tous mes poèmes étaient soi-disant liés au passé. Cependant, plus tard, il y a eu d&rsquo;autres avis plus positifs&#8230;

Il y a beaucoup de défauts dont je veux me débarrasser. Mais, comme le disent les Ouzbeks, «&nbsp;<em>se débarrasser de ses habitudes est une tâche ingrate</em>&nbsp;». Rappelez-vous la plaisanterie de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Twain">Mark Twain</a> : «&nbsp;<em>Arrêter de fumer est très facile, personnellement j&rsquo;ai arrêté déjà cent fois&nbsp;!</em>&nbsp;» Et maintenant, à mon âge, je ne veux pas perdre mon temps avec ça.

<strong>Le même Mark Twain a écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>Il arrive qu’un individu n&rsquo;ait pas de mauvaises habitudes, mais quelque chose de pire.</em>&nbsp;»</strong>

Comme le disent les sages anciens&nbsp;: «&nbsp;<em>Seul Allah est sans péché&nbsp;!</em>&nbsp;»

<strong>Il est intéressant de constater que de nombreux poètes et écrivains ouzbeks confessent leur amour pour les Latino-Américains. Apparemment, il existerait des liaisons souterraines entre l&rsquo;Asie centrale et l&rsquo;Amérique latine. La tradition et la mythologie sont différentes, mais la vision du monde est similaire, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;?</strong>

Vous avez raison. Il semble y avoir un océan sans fin entre nous, mais quand on commence à les lire, on trouve des motifs nationaux et une perception similaire de la vie et de la mort. Quand on découvre &#8211; nous ne le savions pas dans notre jeunesse &#8211; que certains mots issus de la civilisation maya trouvés en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9soam%C3%A9rique">Mésoamérique</a><em> (une région historique et culturelle s&rsquo;étendant approximativement du centre du Mexique au Honduras et au Nicaragua, ndlr)</em> ont d&rsquo;anciennes racines turques, on commence à croire aux liens spirituels entre nos régions.

J&rsquo;aimerais vous raconter une histoire qui me semble pertinente par rapport à votre question.

J&rsquo;ai travaillé pour la maison d&rsquo;édition Yoch Gvardiya pendant de nombreuses années. J’ai débuté comme livreur et, en 1985, je suis devenu le chef du département. Lors de l&rsquo;élaboration du plan thématique de la maison d&rsquo;édition, la première chose que j&rsquo;ai faite a été d&rsquo;inclure mes œuvres préférées : des romans d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Saint-Exup%C3%A9ry">Antoine de Saint-Exupéry</a>,&nbsp;<em>Le Petit Prince</em> et <em>Vol de nuit</em>, ainsi que le roman de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Boulgakov">Mikhaïl Boulgakov</a><em>Le Maître et Marguerite</em>.

J&rsquo;ai confié la traduction d&rsquo;Antoine de Saint-Exupéry à Khaïriddine Soultanov et Ahmad Azam. Le roman de Mikhaïl Boulgakov a été confié à un traducteur connu, Kadyr Mirmoukhamedov. Il n&rsquo;y a eu aucun problème avec le classique français, mais avec Mikhaïl Boulgakov&#8230;

<strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/"><strong>Portrait de l’artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</strong></a>

Pendant ces années-là, tous les plans thématiques des maisons d&rsquo;édition de la République étaient approuvés à Moscou par le Comité de la presse d&rsquo;Etat de l&rsquo;URSS. En apprenant que le roman de Mikhaïl Boulgakov était inclus dans le plan de la maison d&rsquo;édition Yoch Gvardiya, les dirigeants du Comité national de la presse étaient inquiets.

Le premier vice-président du comité, Marat Chichiguine, s’est rendu à Tachkent. Le directeur de Yoch Gvardiya et moi avons été convoqués par les supérieurs. Marat Chichiguine a commencé à dire que le lecteur ouzbek ne comprendrait pas Mikhaïl Boulgakov, que le roman <em>Le Maître et Marguerite</em> était très difficile à comprendre car il est basé sur la mythologie chrétienne.

Après ces paroles, nos dirigeants — du premier vice-président du Comité d&rsquo;Etat pour la presse de l&rsquo;URSS, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D0%B0%D1%84%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B2,_%D0%A0%D1%83%D0%B1%D0%B5%D0%BD_%D0%90%D0%BA%D0%BE%D0%BF%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Ruben Safarov</a>, au directeur de notre maison d&rsquo;édition — ont commencé, comme des perroquets, à répéter les paroles d&rsquo;un fonctionnaire de Moscou et à me lancer des regards éloquents.

Cependant, nous étions en pleine perestroïka et nous, les représentants de la nouvelle génération, avions déjà appris à débattre avec la nomenclature du parti. J&rsquo;ai dit&nbsp;: «&nbsp;<em>Peut-être que le lecteur russe ne comprend pas </em>Le Maître et Marguerite<em>, mais la vie et la perception artistique du lecteur ouzbek sont basées sur la mythologie.</em>&nbsp;» J’ai dit que le roman avait déjà été traduit et que le célèbre écrivain <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D1%83%D0%BB%D0%B0%D1%82%D0%BE%D0%B2,_%D0%A2%D0%B8%D0%BC%D1%83%D1%80_%D0%98%D1%81%D1%85%D0%B0%D0%BA%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Timour Poulatov</a> avait écrit une préface&#8230;

Tous mes arguments, bien sûr, leur ont échappé. Mais ils avaient déjà peur de l&rsquo;interdire ouvertement et c&rsquo;était important pour eux que je refuse moi-même de publier le roman. En conséquence, la traduction a été sauvée, par une nouvelle époque, une nouvelle façon de penser et une nouvelle personne qui n&rsquo;était pas d&rsquo;accord et défendait ses idéaux.

<strong>Qui étaient vos parents&nbsp;? </strong>

Mon père, Davron Khasanov, appartenait à une lignée turco-naïmane. Il a construit la toute première école de notre village et en est devenu le directeur, bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas reçu de formation pédagogique — c’était courant au début des années 1930.

Mon père avait un tatouage sur la main : « UKP », pour « régiment de cavalerie ouzbek. » Il n&rsquo;aimait pas parler de sa vie militaire. Je sais seulement qu&rsquo;il a servi dans un régiment mené par le légendaire commandant ouzbek Mirkamil Mircharapov. A l&rsquo;époque soviétique, un monument a été érigé à sa gloire à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, puis, pour un motif inconnu, il a été supprimé.&nbsp;<em>(L&rsquo;UKP, sous la direction de Mirkamil Mircharapov, a </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi"><em>combattu les Basmatchi</em></a><em> dans les environs de Samarcande en 1931-1932, ndlr).</em>

Mon père est mort alors que je servais dans l&rsquo;armée, dans la lointaine <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_allemande">République démocratique allemande</a> (RDA). C&rsquo;est pourquoi, à ce jour, je suis profondément triste de ne pas avoir pu le voir lors de ses derniers jours.

<strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/deces-de-viatcheslav-chapovalov-poete-populaire-de-la-republique-kirghize/"><strong>Décès de Viatcheslav Chapovalov, poète populaire de la République kirghize </strong></a>

Ma mère s’appelle Fouzallo Vafokhodjaïeva. Son grand-père, Khikmat Makhdoum Djounaïdoullaïev, était le gouverneur du volost d’Arguine, dans l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFezd">ouïezd</a> de Samarcande. C&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il était au service du tsar russe. Cependant, selon un rapport de la garde locale, le gouverneur du volost a aidé secrètement le chef de la révolte populaire, Namaz Primkoulov.

Le fils de Khikmat Makhdoum, c&rsquo;est-à-dire mon grand-père, Vafokhodja Makhdoum, a étudié à Saint-Pétersbourg. Lorsque Samarcande était la capitale de la République socialiste soviétique d&rsquo;Ouzbékistan, mon grand-père était secrétaire de l&rsquo;association créative Kizil Kalam <em>(Plume rouge, ndlr)</em>, créée en 1926. L&rsquo;association était dirigée par Chakir Soulaïman et le groupe réunissait des écrivains tels qu’Atadjane Khachim, Batou, Ziyo Saïd, Sotti Hussain, Ankabaï, Altaï, puis des étudiants comme Khamid Alimjan, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mirtemir">Mirtemir</a> et Aïdine.

Un jour, mon grand-père et un étudiant de l&rsquo;université de Samarcande, le futur célèbre poète Mirtemir, se sont vu confier une mission : enseigner le nouvel alphabet cyrillique au premier président du Comité électoral central d&rsquo;Ouzbékistan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yo%CA%BBldosh_Oxunboboyev">Youldach Akhounbabaïev</a>&nbsp;: il avait étudié dans une ancienne école et n’écrivait que l&rsquo;arabe.

Lorsque la répression a commencé, Vafokhodja Makhdoum a été arrêté en tant que membre du groupe Kizil Kalam. Il a été accusé d&rsquo;avoir organisé un mouvement de révolte national.&nbsp;<em>(Dans la théologie islamique, il existe également le terme arabe « kalam » qui désigne la parole de Dieu. Cela pourrait constituer une base supplémentaire pour la persécution du groupe Kizil Kalam, ndlr)&nbsp;</em>En prison, il est tombé gravement malade et il a été autorisé à rentrer chez lui pour mourir. Il a vécu en liberté pendant un mois&#8230;

Nous étions quatre frères et deux sœurs dans notre famille. Ma sœur aînée, Oïsara, qui a travaillé comme professeur de physique toute sa vie, est décédée il y a deux ans.

<strong>A quel âge avez-vous commencé à vous intéresser à votre généalogie ? Qu’est-ce qui vous y a poussé ?</strong>

Je connais mes ancêtres grâce aux histoires de ma mère. Elle avait une bonne mémoire. Enfant, je connaissais les noms de tous mes grands-pères jusqu&rsquo;à la septième génération, même si à cette époque je ne savais pas exactement ce que signifiaient les mots qu&rsquo;elle disait souvent&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous sommes les descendants de Makhdoumi Agzam.</em>&nbsp;» A cette époque, ses histoires ressemblaient à des contes de fées.&nbsp;J&rsquo;ai appris que <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D0%B0%D1%85%D0%B4%D1%83%D0%BC%D0%B8_%D0%90%D0%B7%D0%B0%D0%BC">Makhdoumi Agzam</a> était un grand cheikh soufi plus tard, pendant la perestroïka, quand il est devenu possible de parler et d&rsquo;écrire à propos de telles choses.

Au cours de ces années, j&rsquo;ai conçu un triptyque en prose sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soufisme">soufisme</a>. La première partie a été consacrée à l&rsquo;histoire du soufisme et des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tariqa">tariqas</a> d&rsquo;Asie centrale. J&rsquo;ai appelé l&rsquo;histoire <em>Le roi des martyrs, ou les rêves de Najmiddine Koubro</em><em>(Najm ad-Din Kubra, 1145-1221, est un mystique et théologien du Khorezm, cheikh soufi, poète, fondateur de la confrérie soufie Kubravia, ndlr).</em>

Cette histoire a déjà été publiée deux fois à Tachkent. La deuxième partie traite du sens de la philosophie du soufisme, mais elle est inachevée. Je l’ai appelée <em>Sept rencontres du cheikh Faridouddine </em><a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D1%82%D1%82%D0%B0%D1%80"><em>Attar</em></a>.

</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-1 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">

La troisième partie devait être consacrée à la vie des grands soufis. Le titre provisoire est <em>Le dernier jour de </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djal%C3%A2l_ad-D%C3%AEn_R%C3%BBm%C3%AE"><em>Djalâl-Ad Dîn Rûmî</em></a><em>(1207-1273, un poète persan soufi influent, ndlr).&nbsp;</em>L&rsquo;histoire n&rsquo;a jamais été écrite&#8230;

Je dois dire qu&rsquo;après la chute de l&rsquo;Union soviétique, une crise a éclaté dans la littérature. A un moment donné, j&rsquo;ai été renvoyé de la maison d&rsquo;édition&nbsp;: je ne voulais pas participer aux sombres affaires des hauts fonctionnaires.

Un jour de 1989, avant mon licenciement, un homme de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khodjent</a> est venu me voir. Cet homme s&rsquo;appelait Ilyoskhon. Il a mis un dossier épais sur ma table en disant : « <em>J&rsquo;ai écrit un livre sur Makhdoumi Agzam et maintenant je vous l&rsquo;apporte, je veux le publier&nbsp;</em>». Ayant entendu le nom de Makhdoumi Agzam, je me suis immédiatement souvenu de toutes les histoires de ma mère.

Mais j&rsquo;ai été encore plus surpris quand Ilyoskhon a déclaré : « <em>Je suis allé dans une école tadjike, mais j&rsquo;ai écrit ce tazkira </em>(anthologie, ndlr)<em> en ouzbek. Je rêvais que mon manuscrit soit lu par un scientifique ou un écrivain ouzbek. Et puis un jour, dans un rêve, un vieil homme m&rsquo;est apparu&nbsp;; il m&rsquo;a dit d&rsquo;aller à Tachkent et de te trouver.</em>&nbsp;»

<strong>Une histoire mystique ! Tout à fait dans l&rsquo;esprit des révélations soufies&#8230; Dites-moi, ce manuscrit a-t-il été publié ?</strong>

Quand j&rsquo;ai été licencié, j&rsquo;ai apporté le manuscrit d&rsquo;Ilyoskhon à une maison d&rsquo;édition privée. Mais le rédacteur en chef a décidé de devenir un co-auteur du livre. A la fin, Ilyoskhon a pris son travail et est parti. Il m’en voulait à moi aussi. Je ne sais rien du sort de son manuscrit&#8230;

Après avoir été licencié, je suis resté chez moi. Je n’avais rien pour vivre, ma famille n&rsquo;avait rien à manger. J&rsquo;ai décidé de vendre des livres de valeur de ma bibliothèque, au marché. Cependant, je ne savais pas comment faire. J&rsquo;ai fait confiance à un marchand qui m&rsquo;a promis de l’aide et a disparu avec tous mes livres rares. Plus tard, à Samarcande, j&rsquo;ai rencontré un autre descendant de Makhdoumi Agzam, le scientifique Komilkhon Kattaïev. Il était un vrai connaisseur non seulement de sa biographie, mais aussi de tous les livres de l&rsquo;imam Dakhbedi <em>(Makhdoumi Agzam, ndlr)</em>.

<strong>Ressentez-vous une responsabilité à cause de votre lien avec Makhdoumi Agzam ?</strong>

Oui, bien sûr. Bien que, dans l&rsquo;ensemble, je ne me considère pas comme un expert de l&rsquo;héritage spirituel du grand soufi. La chaîne d&rsquo;héritage a été coupée depuis longtemps. Les connaissances théoriques demeurent, les livres secrets ou cryptés restent, mais personne ne peut les lire. Et toutes les rencontres des adeptes modernes du soufisme sont des cercles quasi-littéraires ou pseudoscientifiques.

<strong>La traduction de Makhdoum est professeur, mentor. Le cheikh Makhdoumi Agzam était le professeur spirituel du poète et dirigeant Babur. Aviez-vous un professeur comme celui-ci ?</strong>

Un père spirituel qui enseigne sans présence physique, qui a vécu bien avant ceux qui s’inspirent de lui, est appelé « <em>ouvaïsiy oustoz</em>&nbsp;» dans notre pays. Pour moi, c’est le grand poète Aïbek qui a rempli ce rôle. Je pense parfois que s&rsquo;il était né dans un pays libre, dans une société libre et qu’il avait pu écrire ce qu&rsquo;il voulait, il serait devenu un poète de renommée mondiale.

Dans ses poèmes de jeunesse, je vois des motifs et des tendances qui se sont manifestés plus tard dans les œuvres de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Federico_Garc%C3%ADa_Lorca">Federico Garcia Lorca</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rainer_Maria_Rilke">Rainer Maria Rilke</a>&#8230; Aïbek ne lisait ni ne connaissait <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire">Guillaume Apollinaire</a>, mais dans ses premiers poèmes, j&rsquo;ai trouvé de nombreux parallèles avec ce grand poète français.

Il y a 30 ans, j&rsquo;ai écrit un article à ce sujet, dans lequel j&rsquo;ai donné les deux exemples suivants. Voici une traduction de l&rsquo;une des strophes d&rsquo;Aïbek&nbsp;: «&nbsp;<em>Les souvenirs tissés par la lumière du soleil et le bruissement des feuilles ne disparaîtront pas pour toujours avec moi&#8230;</em>&nbsp;» Ouvrons maintenant le poème <em>Prélude</em> de Federico Garcia Lorca&nbsp;: «&nbsp;<em>Et les peupliers s&rsquo;en vont, mais leur trace sur le lac est claire. Et les peupliers s&rsquo;en vont, en nous laissant le vent.</em>&nbsp;»

<strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-sont-les-six-ecrivains-les-plus-celebres-dasie-centrale/"><strong>Qui sont les six écrivains les plus célèbres d’Asie centrale ? </strong></a>

Et voici le poème&nbsp;<em>Automne tardif</em> d&rsquo;Aïbek&nbsp;: «&nbsp;<em>Le ciel est dans les nuages&#8230; le vent pleure à nouveau doucement, la tristesse dort silencieusement dans les champs vides. Derrière un âne chargé, un garçon seul marche le long de la route qui mène à l&rsquo;horizon.</em>&nbsp;»

Après avoir lu ces lignes, je me suis immédiatement souvenu du poème <em>Automne</em> d&rsquo;Apollinaire&nbsp;: «&nbsp;<em>Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux / Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne / Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux / Et s’en allant là-bas le paysan chantonne / Une chanson d’amour et d’infidélité / Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise / Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été / Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises </em>».

Aïbek a écrit très peu de grands poèmes. Et tout cela parce qu’il avait peur, par exemple peur d&rsquo;être accusé de pensée bourgeoise. Il a enclenché son instinct de conservation. Alors tous ses textes étaient «&nbsp;<em>socialement utiles</em>&nbsp;». Mais certains de ses poèmes — ils sont peu nombreux — sont vraiment des chefs-d&rsquo;œuvre de la poésie mondiale.

<strong>D’où vient votre amour pour l&rsquo;histoire ?</strong>

Pour faire bref, de l’amour pour Samarcande. Dans un poème, j&rsquo;ai écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>La patrie est une personne qui respire et marche avec toi.</em>&nbsp;» Samarcande est toujours avec moi, où que je sois. Je peux sentir son souffle vif à chaque instant. Samarcande incarnait toute l&rsquo;histoire du Turkestan, l&rsquo;histoire de tous les peuples qui ont vécu dans l&rsquo;espace de son ancienne civilisation.

</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-1 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"></figure>



<p class="wp-block-paragraph">

Trois domaines scientifiques principaux coexistent dans l&rsquo;islam&nbsp;: ilmi kalom, la science du coran, ilmi hadith, la science des paroles du prophète, et ilmi fiqh, la science des lois islamiques. Trois grands représentants de ces mouvements reposent à Samarcande. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur">Babur</a> écrit à ce sujet dans son merveilleux livre&nbsp;<em>Babur Nama</em>. D&rsquo;ailleurs, mon amour pour l’histoire vient aussi de <em>Babur Nama</em>. J&rsquo;ai écrit une histoire sur Babur, la pièce&nbsp;<em>Toska Baburchah</em>, et de nombreux articles et essais sur la vie et l&rsquo;œuvre de ce grand poète.

<strong>Quand avez-vous réalisé que vous étiez poète&nbsp;? </strong>

Cela a dû arriver quand j&rsquo;avais 14 ans. Même si à cet âge je n&rsquo;avais aucune idée de ce qu&rsquo;était la poésie. Mais il y a eu mon premier amour&#8230; Chaque jour, je me cachais de tout le monde et je récitais des rimes dans une pièce sombre. Je chuchotais des poèmes d&rsquo;autres poètes&nbsp;: Abdoulla Aripov, Erkin Vakhidov. Je vivais à travers la poésie.

Quand j&rsquo;étais jeune, je pensais qu&rsquo;un poète était quelqu’un à qui Allah offrait une partie de son don. Aujourd&rsquo;hui, la poésie est pour moi une combinaison de ce don et du travail infatigable de l’esprit. Vous vous souvenez sans doute des poèmes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Zabolotski">Nikolaï Zabolotsky</a>&nbsp;: «&nbsp;<em>Ne laissez pas votre âme être paresseuse&nbsp;!</em>&nbsp;» Le don de Dieu est une étincelle qui s&rsquo;éteint très rapidement si on ne travaille pas dur.

<strong>Comment définiriez-vous votre méthode poétique&nbsp;? </strong>

Pour moi, l&rsquo;essentiel dans les poèmes, c&rsquo;est le sentiment. La poésie naissante des années de la perestroïka en Ouzbékistan, comme dans toutes les autres républiques soviétiques, était soumise aux tendances. Pas de poèmes écrits, mais des manifestes politiques, des appels à la défense de la langue maternelle, contre le silence imposé sur certains épisodes de l&rsquo;histoire, contre les accusés de l&rsquo;affaire du coton.

C&rsquo;est alors que je me suis soudain rendu compte que l&rsquo;air politisé m&rsquo;étouffait. Et comme antidote, j’ai commencé à traduire de la poésie japonaise ancienne, dont le motif principal était les sentiments humains. J’ai sorti l&rsquo;anthologie&nbsp;<em>Feuilles de la mer</em>.

<strong>Est-ce une image tirée d&rsquo;un poème en particulier&nbsp;? </strong>

Cela vient de ma perception de la poésie et de la culture japonaise ancienne. Entouré par la mer, le Japon se transforme en une mer orageuse de couleurs flamboyantes en automne. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/K%C5%8Dy%C5%8D">Kōyō</a><em>(lorsque les feuilles deviennent rouges à l’automne, ndlr)</em> arrive, les Japonais vont admirer les feuilles rouges des érables. Nous avons également eu une fête similaire&nbsp;: elle s&rsquo;appelait <em>Khazon Saïri</em><em>(le festival des feuilles d&rsquo;automne, ndlr)</em>. Babur a écrit différentes choses sur cette fête dans ses notes.

<strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/quand-seul-un-chat-comprend-tes-poemes-rencontre-avec-le-poete-ouzbek-davron-radjab/"><strong>Quand seul un chat comprend tes poèmes : rencontre avec le poète ouzbek Davron Radjab</strong></a>

Il y a beaucoup de tristesse dans mes derniers poèmes. Et je pense savoir pourquoi. Mon poète préféré, Nikolaï Zabolotsky, a écrit à ce sujet&nbsp;: «&nbsp;<em>La grande connaissance contient une grande tristesse, /C&rsquo;est ce que disait le créateur de l&rsquo;Ecclésiaste. /Je ne suis pas du tout un sage, mais alors pourquoi si souvent /Suis-je désolé pour le monde entier et pour les humains</em>&nbsp;?&nbsp;»

<strong>Khourchid-aka, qui aimez-vous relire à part Nikolaï Zabolotsky et Aïbek&nbsp;?</strong>

Dans ma jeunesse, j&rsquo;ai passé des jours entiers à la bibliothèque Alicher Navoï,&nbsp;où j’ai lu presque toute la poésie du monde. Ma bibliothèque personnelle est également assez riche. J&rsquo;aime relire les classiques, ils donnent beaucoup plus d&rsquo;énergie que les nouveaux auteurs médiatisés.

Par exemple, j&rsquo;apprécie les samouraïs littéraires comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ry%C5%ABnosuke_Akutagawa">Ryūnosuke Akutagawa</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yasunari_Kawabata">Yasunari Kawabata,</a> mais je n&rsquo;aime pas le Japonais américanisé <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami">Haruki Murakami</a>. J&rsquo;ai relu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garc%C3%ADa_M%C3%A1rquez">Gabriel Garcia Marquez</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig">Stefan Zweig</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Mann">Thomas Mann</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Luis_Borges">Jorge Luis Borges</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Thornton_Wilder">Thornton Wilder</a>.

Le jeune Ryūnosuke Akutagawa avait raison lorsqu&rsquo;il écrivait dans son journal que les poètes devraient lire plus de prose et les romanciers plus de poésie. Bien entendu, je lis également de la poésie issue des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_turciques">langues turciques</a>.

J&rsquo;apprécie particulièrement les langues azerbaïdjanaise, turque et ouzbèke. Je lis beaucoup de nos jeunes poètes, car je suis modérateur du site&nbsp;<a href="https://kh-davron.uz/">Khurshid Davron Kutubhonasi</a><em>(bibliothèque de Khourchid Davron, ndlr)</em>, où je publie principalement des poètes de la nouvelle génération.

<strong>Comment décririez-vous la situation actuelle dans la littérature ouzbèke&nbsp;: est-ce l&rsquo;apogée, la stagnation, une période d&rsquo;accumulation ? </strong>

Je constate un grand renouveau dans notre littérature aujourd&rsquo;hui. Il y a des poètes très doués, tels que Jantemir, Mirzokhid Mouzaffar, Rafik Saïdoullo. Il existe également de nombreuses poétesses talentueuses.

J&rsquo;ai remarqué depuis longtemps que les femmes poètes débutent toujours très bien. Mais très vite, elles sont englouties par la vie quotidienne, la famille et les difficultés. Il n&rsquo;en reste que quelques-unes dans la littérature. Cela a été le cas et cela continuera d&rsquo;être le cas. On peut dire que les difficultés quotidiennes sont le principal problème de la littérature ouzbèke <em>(rires)</em>.

Chaque jeune poète ou écrivain est impatient de se rendre à Tachkent. Mais comme toutes les autres capitales, Tachkent accueille ces rêveurs avec indifférence. L’échec professionnel tue les talents, littéralement.

Il semble que maintenant, depuis l&rsquo;apparition d&rsquo;Internet, il n&rsquo;est pas nécessaire d&rsquo;aller dans la capitale. Mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ambiance littéraire dans les viloyats <em>(régions, ndlr)</em>. Les bureaux de district de l&rsquo;Union des écrivains ne fonctionnent pas comme des organisations créatives, mais comme des éléments de l&rsquo;administration régionale.

Avec l&rsquo;apparition d&rsquo;Internet, l&rsquo;espace littéraire du réseau a été capturé par une foule de graphomanes. Mais le principal problème est peut-être qu&rsquo;au cours du dernier quart de siècle, la véritable critique littéraire a disparu. Ceux qui restent traitent des classiques vivants.

<strong>Khourchid-aka, imaginez que vous avez l&rsquo;occasion de poser une question à votre professeur spirituel, par exemple au poète Aïbek. Qu&rsquo;est-ce que vous lui demanderiez&nbsp;?</strong>

Je demanderais&nbsp;: «&nbsp;<em>Aimeriez-vous revivre votre vie sans rien changer&nbsp;?</em>&nbsp;»

<strong>Je crois savoir comment vous auriez répondu à cette question&#8230;</strong>

The rest is&nbsp;silence&nbsp;<em>(les derniers mots de Hamlet dans le drame éponyme de William Shakespeare, ndlr).</em><strong>Poèmes de différentes périodes</strong>

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

Un buisson vert, une étendue de steppe.

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

Les pluies bruissent comme un chœur sourd.

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

Une étoile se consume à peine.

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

De l’herbe lavée par la rosée.

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

Le jour s’en va, l&rsquo;espace s&rsquo;assombrit.

Dans les yeux d&rsquo;un cheval faible

Il y a une image qui a englouti le monde.

<em>(Traduit par Ch. Abdoullaïev)</em></p>


			<div class="hp-newsletter col-span-3 lg:col-span-1 flex flex-col bg-primary-100 border-t-8 border-secondary-500 rounded-lg justify-center items-center lg:items-stretch px-6 py-6 gap-4 box-border">
			<div class="flex">
				<div class="enveloppe">
					<i class="far fa-envelope text-5xl text-secondary-300"></i>
				</div>
				<div class="formulaire_nl">
					<p>
						<span class="font-bold text-xl block">Toute l’Asie centrale dans votre boite mails</span>
						Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite					</p>
					<form class="flex w-3/4 lg:w-full" action="https://us4.list-manage.com/subscribe?u=6a15a2256d412b041fdec39e8&id=d479236523" method="post" id="mc-embedded-subscribe-form" name="mc-embedded-subscribe-form" class="validate" target="_blank" novalidate="">
						<input class="flex-grow py-2 px-3 border border-primary-300 rounded-l" type="email" placeholder="Email" name="EMAIL" id="mce-EMAIL">
						<button class="bg-secondary-500 py-2 px-3 text-white rounded-r-md border border-secondary-500" type="submit" value="" name="subscribe">S’inscrire</button>
					</form>

					<a href="#" class="underline text-secondary-700">Découvrez la dernière édition</a>
				</div>	
			</div>
		</div><!-- newsletter -->
		



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumrzak</strong>

Oumrzak est occupé toute la journée.

Il rentre à la maison après le coton,

Accueilli par sa triste épouse.

Il n’y trouve pas

Une grande joie.

Il se lave les mains.

Un vent léger

Balance des rideaux sur les fenêtres.

Sa femme est occupée devant la cuisinière.

Elle l&rsquo;attendait pour dîner.

&#8211; Tu aurais pu manger toute seule&nbsp;!

Marmonne Oumrzak.

Alors, la femme,

Souriant en réponse à Oumrzak,

Fait sonner les casseroles.

Elle

Le sait parfaitement —

Jamais

Oumrzak ne s&rsquo;assoit seul à table.

Et juste en la regardant

Il pourra se reposer.

Tardivement

Ils se couchent et au-dessus d&rsquo;eux

Le coucher de soleil brûle

Comme une grenade mûre.

<em>(Traduit par V. Salimon)</em>

&nbsp;

C’est vrai, ses mains ne sont pas très tendres

Et sa robe n&rsquo;est pas riche en motifs.

Frappé par l’ennui, son mari la gronde

Lorsqu’elle apporte du raisin.

Hier, je l’ai croisée par hasard sur le chemin

Mais je n&rsquo;ai pas pu m’approcher d’elle.

Elle a regardé sous ses pieds avec horreur

Une fleur écrasée par une roue.

<em>(Traduit par S. Madaliyev)</em>

&nbsp;

La nature est mon extension,

L’ancien refuge de mes parents.

Je ressens l&rsquo;attraction des étoiles

Et le souffle des mondes lointains.

Entre l&rsquo;absinthe et la menthe

J’ai trouvé amour et liberté.

Tel une pensée ailée, je vois

Un aigle planant au-dessus de la steppe.

Je vais bientôt découvrir ce que signifient

Ces constellations de glace cosmique&#8230;

J&rsquo;ai vu le pommier pleurer

Et j&rsquo;ai entendu le peuplier chanter.

<em>(Traduit par V. Salimon)</em><strong>Imitation de Raouf Parfi</strong>

Se promener dans la ville dans les chutes de neige du soir,

De la lumière à l&rsquo;ombre, réchauffant ses doigts dans ses poches,

De l&rsquo;ombre à la lumière, et aux lèvres

Des flocons de neige fondus.

Le cœur arrêté, marcher et penser

A quelqu&rsquo;un de lointain,

A un proche.

A cette neige.

La laisser se déposer simplement,

La laisser craquer sous les pas

Sans s’arrêter

Et devenir bientôt

Un flocon de neige emporté dans les ténèbres.

Céder le chemin à quelqu&rsquo;un,

Saluer quelqu&rsquo;un — et tout de suite,

L’oublier. Il suffit que la neige tombe

Et tu es perdu sans t’en rendre compte.

<em>(Traduit par V. Mouratkhanov)</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Sandjar Yanychev</strong><strong>
</strong><strong>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://fergana.media/articles/107998/"><strong>russe</strong></a><strong> par Alla Forment</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Anthony Vial</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/">Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Igla » : plongée dans le Kazakhstan sombre de la perestroïka avec le mythique Viktor Tsoï</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 13:05:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ciné centrasiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Igla]]></category>
		<category><![CDATA[perestroïka]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Viktor Tsoï]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=30568</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/">« Igla » : plongée dans le Kazakhstan sombre de la perestroïka avec le mythique Viktor Tsoï</a></p>
<p>CINÉ CENTRASIATIQUE. Le très rock-n-roll Igla, ou L&#8217;Aiguille en français, se veut une dénonciation du problème de la drogue en Asie centrale soviétique à la fin des années 1980. Mais c&#8217;est avant tout Viktor Tsoï, la légende du rock soviétique, qui y joue le premier rôle et irradie le film, le ponctuant de sa musique et de son esprit [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/">« Igla » : plongée dans le Kazakhstan sombre de la perestroïka avec le mythique Viktor Tsoï</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/">« Igla » : plongée dans le Kazakhstan sombre de la perestroïka avec le mythique Viktor Tsoï</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong><b>CINÉ</b> CENTRASIATIQUE. Le très rock-n-roll <em>Igla,</em> ou <em>L&rsquo;Aiguille </em>en français, se veut une dénonciation du problème de la drogue en Asie centrale soviétique à la fin des années 1980. Mais c&rsquo;est avant tout Viktor Tsoï, la légende du rock soviétique, qui y joue le premier rôle et irradie le film, le ponctuant de sa musique et de son esprit de révolte. Un des films majeurs de son époque.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em><strong>« Ciné centrasiatique »</strong> est <a href="https://novastan.org/fr/tag/cine-centrasiatique/">une série d’articles</a> collaboratifs rédigés par différents membres des associations de Novastan pour partager leurs meilleurs moments cinématographiques sur l’Asie centrale. Chaque article de cette série décrit un film produit ou tourné en Asie centrale, disponible en ligne.</em></p>
<p style="text-align: justify">
		<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
			<div class="container flex flex-row justify-between">
				<div class="flex flex-col w-3/5">
					<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
						Soutenez Novastan, le media associatif d’Asie centrale </h2>
					<p>
						<span>En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média en anglais, français et allemand spécialisé sur l’Asie centrale.</span> Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide !</p>
				</div>
				<div class="flex flex-col w-2/5 flex flex-col justify-items-center justify-center">
					<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
						<p class="pricing text-2xl font-bold text-center">3€/mois</p>
						<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
						<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner">Abonnez-vous</a>
					</div>
				</div>
			</div>
		</div>

		</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: 400"><em>Igla</em> (1988) est un film culte dans tout l’espace post-soviétique, davantage pour sa bande son et son acteur principal, qui en est l’auteur, le cultissime <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Tso%C3%AF">Viktor Tsoï</a>, chanteur et leader du groupe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kino_(groupe)">Kino</a>, que pour le film en lui-même. Ce long métrage, bien que pouvant paraître étrange à certains moments, est représentatif de l’activité artistique intense de la fin des années 1980 au sein de laquelle Viktor Tsoï et ses compères ont joué un rôle important. Il se déroule principalement à <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, alors capitale de la République socialiste soviétique (RSS) kazakhe, mais certaines scènes ont été tournées sur les bords de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d'Aral">mer d’Aral</a> où les bateaux gisaient déjà sur le sable du désert laissé par la catastrophe écologique de son assèchement. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-weight: 400">Le film tourne autour du problème de la dépendance à la drogue qui, à l’époque de la guerre soviétique en Afghanistan (1979-1989), fait des ravages dans toute l’URSS et principalement en Asie centrale, en première ligne de cette guerre et des lieux de production de l’opium en Afghanistan. <em>Igla</em> est un film qui témoigne des débats sociaux et politiques de l’époque. Il est non seulement un film culte soviétique, mais fait tout autant partie de l’histoire culturelle et artistique centrasiatique. À voir donc obligatoirement.</span></p>
<p style="text-align: justify"><b>Disponible sur YouTube en russe avec des sous titres en anglais : </b></p>
<p><iframe title="Igla/игла  - The Needle  - İğne (1988) TR &amp; ENG" width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/z91WYOewHG4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Partagez vos films d’Asie centrale</em></strong><em> : Vous voulez réagir à cet article, ajouter quelque chose sur ce film (un lien avec ou sans sous-titres), ou partager avec Novastan et ses lecteurs un autre film centrasiatique ? Envoyez-nous votre critique du film (sur un format similaire à cet article) à <a href="mailto:info@novastan.org">info@novastan.org.</a> Merci à toutes et à tous !</em></p>
<p style="text-align: right"><strong>La rédaction</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Corrigé par Anne Marvau</strong></p>
<p style="text-align: justify"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/">« Igla » : plongée dans le Kazakhstan sombre de la perestroïka avec le mythique Viktor Tsoï</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/kazakhstan/igla-plongee-dans-le-kazakhstan-sombre-de-la-perestroika-avec-le-mythique-viktor-tsoi/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Ouzbékistan en pleine « perestroïka à l&#8217;ouzbèke »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Jun 2018 05:44:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[perestroïka]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Réforme]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=17156</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/">L&rsquo;Ouzbékistan en pleine « perestroïka à l&rsquo;ouzbèke »</a></p>
<p>Les réformes du nouveau président de l&#8217;Ouzbékistan Chavkat Mirzioïev couvrent progressivement toutes les sphères de la société. Une véritable perestroïka à l’ouzbèke est en cours, qui conduira à l’apparition de nouvelles forces politiques, selon le politologue ouzbek Farhod Tolipov. Novastan reprend et traduit un article publié par le média ouzbek en ligne, Podrobno.uz. Depuis son élection [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/">L&rsquo;Ouzbékistan en pleine « perestroïka à l&rsquo;ouzbèke »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/">L&rsquo;Ouzbékistan en pleine « perestroïka à l&rsquo;ouzbèke »</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les réformes du nouveau président de l&rsquo;Ouzbékistan Chavkat Mirzioïev couvrent progressivement toutes les sphères de la société. Une véritable perestroïka à l’ouzbèke est en cours, qui conduira à l’apparition de nouvelles forces politiques, selon le politologue ouzbek Farhod Tolipov.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit un article publié par <a href="http://podrobno.uz/cat/politic/tolipov-v-uzbekistane-poyavyatsya-alternativnye-politicheskie-sily-nado-podozhdat-/">le média ouzbek en ligne, Podrobno.uz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Depuis son élection en décembre 2016, <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> fait bouger les lignes en Ouzbékistan. Le deuxième président ouzbek depuis l&rsquo;indépendance après la mort d&rsquo;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a> serait en train d&rsquo;effectuer un travail comparable à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Perestro%C3%AFka">pérestroïka</a>, lancée par le dernier leader soviétique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Gorbatchev">Mikhaïl Gorbatchev</a>  en 1985. Selon le politologue ouzbek Farhod Tolipov, les réformes à grande échelle conduisent toujours au réveil de diverses couches de la société, qui étaient auparavant relativement dormantes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-an-apres-la-mort-dislam-karimov-louzbekistan-redemarre/"> Un an après la mort d’Islam Karimov, l’Ouzbékistan redémarre</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Il y a toujours différentes forces politiques avec leurs propres intérêts. Les cercles progressistes et réactionnaires sont désormais éveillés. Je ne tire pas de parallèles directs, mais le sort de la perestroïka en URSS sous Gorbatchev est un exemple illustratif pour nous </em>», estime Farhod Tolipov. « <em>Comme vous le savez, Gorbatchev a été victime de ses propres réformes. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Restructuration ou perestroïka à l’ouzbèke</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&rsquo;était pas parce que les réformes étaient une erreur en elles-mêmes ou bien mauvaises. Mikhaïl Gorbatchev, selon le politologue ouzbek, était entre deux feux. D&rsquo;un côté, les réformateurs, les démocrates et les libéraux qui le critiquaient pour la lenteur des réformes. De l’autre, l&rsquo;aile conservatrice avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Politburo_du_Parti_communiste_de_l%27Union_sovi%C3%A9tique">Politburo</a>, au contraire, avec sa vieille vision du monde, qui a fait valoir que le pays n&rsquo;était pas prêt pour de telles réformes, et qu’il ne fallait pas se précipiter vers la démocratie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans de telles circonstances, Gorbatchev devait être entre deux extrêmes et essayer de garder un cap équilibré. « <em>J&rsquo;espère vraiment que nous n&rsquo;aurons pas ces extrêmes et ces cataclysmes</em> (en Ouzbékistan, ndlr).<em> Il est clair que ces réformes réveilleront tôt ou tard différentes forces de la société qui évalueront différemment les événements qui se déroulent, les interpréteront différemment »,</em> estime Farhod Tolipov.<em> « Au milieu d&rsquo;une telle revitalisation, il est nécessaire que les dirigeants gardent un cap stratégique</em> », note-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il n&rsquo;y aura pas de marche arrière</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu&rsquo;à présent, la réforme, selon lui, « <em>c&rsquo;est un processus véritablement équilibré, lent et graduel qui satisfait une grande partie de la population</em> ». « <em>L&rsquo;essentiel est que ces réformes, qui, si on y prête attention, se déplacent progressivement d&rsquo;une sphère à l&rsquo;autre, soient harmonieuses</em> », souligne-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-une-ouverture-mais-avec-certaines-lignes-rouges/">Ouzbékistan : une ouverture mais « avec certaines lignes rouges »</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En même temps, les premières étapes ont commencé avec des changements de personnel, qui ont abouti à une réforme administrative. La prochaine direction, c’est l&rsquo;économie et la politique fiscale, où une énorme couche de problèmes s&rsquo;est accumulée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/2017-en-ouzbekistan-une-annee-de-dialogue/">2017 en Ouzbékistan : une année de dialogue ? </a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>On ne peux pas revenir en arrière. Les premiers pas dans le domaine des réformes politiques ont commencé »,</em> estime le politologue.<em> « Il y aura de plus en plus de points de vue politiques alternatifs, des forces politiques alternatives, des leaders apparaîtront, de nouveaux partis surgiront. Le processus se relancera dans l&rsquo;arène politique, mais cela reste à venir. Ainsi, les réformes passent d&rsquo;une sphère à l&rsquo;autre </em>», affirme Farhod Tolipov.</p>
<p style="text-align: justify;">«<em> Très peu de temps est passé encore. Il est impossible de changer rapidement une telle machine. Par conséquent, nous devons encore attendre un peu avant de pouvoir comprendre l’ampleur des changements induits par ces réformes </em>», conclut-il.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Article <a href="http://podrobno.uz/cat/politic/tolipov-v-uzbekistane-poyavyatsya-alternativnye-politicheskie-sily-nado-podozhdat-/">traduit</a> du russe par la rédaction </strong></p>
<p style="text-align: left;"><i><span style="font-weight: 400;">Si vous avez aimé cet article, n&rsquo;hésitez pas à nous suivre sur </span></i><a href="https://twitter.com/novastan_fr"><i><span style="font-weight: 400;">Twitter</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://www.facebook.com/Novastan.org/"><i><span style="font-weight: 400;">Facebook</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://telegram.me/novastan"><i><span style="font-weight: 400;">Telegram</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://www.linkedin.com/company-beta/5246815/"><i><span style="font-weight: 400;">Linkedin</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> ou </span></i><a href="https://www.instagram.com/novastanorg/"><i><span style="font-weight: 400;">Instagram</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> ! Vous pouvez également vous inscrire pour recevoir</span></i><a href="http://eepurl.com/O0Qub"> <i><span style="font-weight: 400;">notre newsletter hebdomadaire</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">.</span></i></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/">L&rsquo;Ouzbékistan en pleine « perestroïka à l&rsquo;ouzbèke »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-pleine-perestroika-a-louzbeke/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
