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	<title>Monarchie | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Monarchie | Novastan France</title>
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		<title>Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</title>
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		<dc:creator><![CDATA[fperez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2020 14:56:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></p>
<p>Sous protectorat russe depuis la fin du XIXème siècle, le khanat de Khiva et l’émirat de Boukhara vont faire les frais de l’arrivée des Bolcheviks. Les deux monarchies, présentes depuis le XVIème siècle, seront renversées par des soulèvements communistes en 1920 à Khiva. À l&#8217;occasion du centenaire de cet évènement, Sergey Kuznim, chercheur spécialisé sur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sous protectorat russe depuis la fin du XIXème siècle, le khanat de Khiva et l’émirat de Boukhara vont faire les frais de l’arrivée des Bolcheviks. Les deux monarchies, présentes depuis le XVIème siècle, seront renversées par des soulèvements communistes en 1920 à Khiva. À l&rsquo;occasion du centenaire de cet évènement, Sergey Kuznim, chercheur spécialisé sur cette période, en raconte les détails. </b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 14 février 2020 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale </b><a href="https://fergana.ru/articles/114949/"><b>Fergana News</b></a><b>.</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les années 1870 voient l’Empire russe lancer d’importantes conquêtes militaires en Asie centrale, en particulier en direction du </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Khiva"><span style="font-weight: 400;">khanat de Khiva</span></a><span style="font-weight: 400;"> et de l’</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara"><span style="font-weight: 400;">émirat de Boukhara</span></a><span style="font-weight: 400;">, sur le territoire de l’actuel Ouzbékistan. À partir de 1873, les deux États perdent leur indépendance et finissent sous protectorat russe. Cependant, les révolutions russes de 1917 modifient l’ordre établi. Sous l’impulsion des </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolcheviks"><span style="font-weight: 400;">Bolcheviks</span></a><span style="font-weight: 400;">, l’idéologie soviétique s’installe peu à peu dans les deux monarchies avant que l’Armée rouge ne renverse définitivement leurs régimes. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En février 1920, la République populaire de Khorezm est proclamée à </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva"><span style="font-weight: 400;">Khiva</span></a><span style="font-weight: 400;">. Elle est suivie en octobre de la même année par la naissance de la République populaire de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara"><span style="font-weight: 400;">Boukhara</span></a><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://ivran.academia.edu/SergiusLKuzmin"><span style="font-weight: 400;">Sergey Kuznim</span></a><span style="font-weight: 400;">, chercheur principal à l’</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_d%27%C3%A9tudes_orientales_de_l%27acad%C3%A9mie_des_sciences_de_Russie"><span style="font-weight: 400;">Institut d’orientalisme de l’Académie russe des sciences</span></a><span style="font-weight: 400;">, s&rsquo;entretient ici au sujet de la souveraineté de ces nouveaux États et leur soutien populaire. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Fergana News : De la moitié du XIXème siècle jusqu’en 1917, le khanat de Khiva et l’émirat de Boukhara se trouvaient sous protectorat russe. Quelles transformations ont connu ces États au cours de cette période, notamment par rapport aux autres territoires d’Asie centrale qui furent placés sous contrôle direct de l’Empire russe?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sergey Kuznim :</b><span style="font-weight: 400;"> Après que le khan de Khiva et l’émir de Boukhara se sont déclarés vassaux de l’empereur russe, leurs monarchies ont été reconnues comme protectorat, et n&rsquo;ont pas été intégrées dans la fédération d&rsquo;États.</span> <span style="font-weight: 400;">Cela a peu impacté l&rsquo;ordre social existant.</span> <span style="font-weight: 400;">L&rsquo;autorité des monarques et du clergé en place ne fut pas remise en cause par les populations.</span> <span style="font-weight: 400;">La monarchie conservait alors sa légitimité traditionnelle auprès de ses sujets. Certes, certains cas de décisions arbitraires de la part des seigneurs féodaux ont pu attiser des tensions avec la population, mais sans que l&rsquo;ordre social ne soit remis en cause. Cependant, d&rsquo;autres conflits intérieurs, qu&rsquo;ils soient interethniques (notamment entre Ouzbeks et Turkmènes) ou économiques et sociaux (l&rsquo;accès à l&rsquo;eau) étaient d&rsquo;actualité. Les deux monarchies ont vu leurs positions confortées sous l’autorité de l’empereur russe. Plusieurs exemples concrets témoignent de cette amélioration : l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage, la stabilisation des conflits intérieurs, la construction du chemin de fer reliant la Russie à Boukhara ou encore le développement de routes et des canaux au service de l&rsquo;industrie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Au même moment, des colonies russes sont apparues sur le territoire des deux monarchies, qui allaient par la suite devenir des noyaux de contestations révolutionnaires. Comparées aux autres régions d&rsquo;Asie centrale qui appartenaient à l&rsquo;Empire russe, Khiva et Boukhara ont pu maintenir en grande partie leur indépendance, bien qu’elles n&rsquo;aient pas acquis le statut d’États indépendants.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Pourquoi, selon vous, le gouvernement tsariste, qui a programmé la chute du khanat de Kokand, n’a-t-il pas agi de la même manière avec Khiva et Boukhara ? Pourquoi Saint-Pétersbourg avait-il besoin de ces formes étatiques ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les dirigeants russes ont jugé que l’émir de Boukhara et le khan de Khiva étaient suffisamment dépendants et loyaux envers l’empereur russe. Les deux monarchies ont toujours respecté les intérêts économiques de la Russie. La relative stabilité intérieure à Khiva et à Boukhara garantie par la Russie contribuait, par effet de « zones-tampon », à garantir la sécurité des provinces du sud de la Russie. Il est difficile de dire si l&rsquo;Empire russe envisageait d&rsquo;intégrer ces territoires par la suite, les recherches historiques n’ayant pas révélé de telles intentions.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lhistoire-oubliee-de-chakhrisabz-ancienne-ville-farouchement-independante/"><b>L’histoire oubliée de Chakhrisabz, ancienne ville farouchement indépendante</b></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Concernant le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand"><span style="font-weight: 400;">khanat de Kokand</span></a><span style="font-weight: 400;"> (1709-1876), la situation était très différente de celle de Khiva et de Boukhara au cours des dernières années de son indépendance. Le monarque légitime, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Muhammad_Khudayar_Khan"><span style="font-weight: 400;">Khudayar Khan</span></a><span style="font-weight: 400;">, était loyal envers la Russie. Cette relation a créé des mécontentements. La population s&rsquo;est soulevée contre lui, ce qui l&rsquo;a forcé à prendre la fuite, aidé par les Russes. Les rebelles choisirent son fils Nasreddin pour lui succéder. À la suite de la défaite des insurrections, le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_von_Kaufmann"><span style="font-weight: 400;">général von Kaufmann</span></a><span style="font-weight: 400;"> (</span><i><span style="font-weight: 400;">commandant en chef des troupes russes du district militaire du Turkestan, ndlr</span></i><span style="font-weight: 400;">)</span> <span style="font-weight: 400;">signe avec le nouveau khan un traité d&rsquo;union. Kokand est devenu un protectorat russe, comme Khiva et Boukhara, mais les troubles ont perduré et Nasreddin s’est enfui, lui aussi sous la protection des Russes. Après la prise de Kokand, le khanat a disparu. Cela est principalement dû aux soulèvements du peuple contre le khan, et pas directement aux décisions de la Russie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Les évènements politiques et sociaux qui ont précédé la chute des monarchies à Khiva et à Boukhara sont-ils similaires aux processus alors en cours au sein de l’Empire russe ou sont-ils fondamentalement différents?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les processus politiques à l’œuvre diffèrent de ceux de la Russie, même s&rsquo;ils partagent une similarité</span><span style="font-weight: 400;"> de taille : ces sociétés étaient traditionnellement monarchiques et les autorités politiques, tant dans l’Empire russe qu’à Khiva et Boukhara, cherchaient, par des réformes lentes et prudentes, à préserver ce traditionalisme.</span> <span style="font-weight: 400;">Bien sûr, avec des différences dans les contextes historiques, religieux et nationaux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les sociétés de Boukhara et de Khiva étaient dans l&rsquo;ensemble plus conservatrices, plus religieuses et moins infiltrées par les idées révolutionnaires. Ces idées leur étaient étrangères à l’origine, tout comme elles ont pu l&rsquo;être en Russie. Il est bien connu que les idées révolutionnaires se sont propagées de l’Ouest vers la Russie. Elles se sont ensuite transmises à Khiva et Boukhara, d&rsquo;une part par l&rsquo;intermédiaire de différents partis communistes et de l&rsquo;autre par les </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jadidisme"><span style="font-weight: 400;">Jadidistes</span></a><span style="font-weight: 400;">. Mais le mouvement jadidiste (</span><i><span style="font-weight: 400;">mouvement réformiste nationaliste musulman dans l’Empire russe, inspiré par des idées occidentales de modernité, ndlr</span></i><span style="font-weight: 400;">) s&rsquo;est lui-même développé parmi les musulmans russes, grâce aux influences étrangères : celles des idées politiques européennes et des </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunes-Turcs"><span style="font-weight: 400;">Jeunes Turcs</span></a><span style="font-weight: 400;">.  Toutes ces idées partageaient un point commun : introduites de l’extérieur, elles avaient pour fin le renversement des sociétés traditionnelles et l&rsquo;abolition des monarchies.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Les Soviétiques, tout comme le gouvernement provisoire, se sont empressés de reconnaître à la fois le khanat et l’émirat. Quel était le calcul des Bolcheviks ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Je pense que c’était le même raisonnement que pour la reconnaissance d’autres États, où ils ont également mené avec succès des révolutions socialistes. Quand les Bolcheviks ont exporté la révolution, ils ont dit qu’elle était orchestrée par le peuple (ce qui n’était pas le cas). À cette fin, des partis ou des groupes communistes ou pro-communistes ont été créés en secret dans certains États, et incluaient nécessairement des représentants des populations. Ces partis ont ensuite tenté de prendre le pouvoir et, s’ils échouaient (comme dans les monarchies d’Asie centrale), en appelaient au soutien des Bolcheviks.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L’Armée rouge est venue remplir ce qu’on appelle le « devoir international”. </span><span style="font-weight: 400;">En conséquence, le pouvoir a été transféré à ces partis alors dirigés par les Bolcheviks.</span><span style="font-weight: 400;"> Ainsi, u</span><span style="font-weight: 400;">ne partie des républiques s&rsquo;est alliée non pas avec l&rsquo;Empire russe, mais avec l’URSS, avec laquelle elle partageait déjà une base idéologique commune.</span> <span style="font-weight: 400;">Ce plan a été plus efficace qu’une conquête extérieure, qui aurait donné lieu à la création d&rsquo;un parti bolchevik et à la révolution.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Peut-on dire que les destins de Khiva et Boukhara ont été déterminés par leurs voisins bolcheviks ? Quelle a été la « ligne de conduite générale du parti » vis-à-vis des monarchies de l’Est et a-t-on envisagé de la maintenir sous quelque forme que ce soit ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">À cette époque, les Bolcheviks ont tenté d’exporter la révolution dans le monde entier. Les États qui se trouvaient sur l&rsquo;ancien territoire de l’Empire russe et des pays voisins étaient dans une position particulièrement sensible. Le khanat de Khiva et l’émirat de Boukhara ont envahi le territoire de l’ancien Empire russe, de l’Afghanistan à la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral"><span style="font-weight: 400;">mer d’Aral</span></a><span style="font-weight: 400;">. À l’époque tsariste, ils entretenaient de bonnes relations avec la Russie qui leur apportait son soutien en retour. Sous les Bolcheviks, ils étaient considérés comme une division étrangère entre les régions rouges. Les monarques et le traditionalisme, surtout à Boukhara, sous l’influence de l’islam, étaient considérés comme une menace par les communistes. La « ligne du parti » consistait à créer et à soutenir les partis communistes (y compris les partis armés) afin d’exporter la révolution. L’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva étaient donc condamnés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>L&rsquo;expédition contre Boukhara en 1918 était-elle une initiative des Bolcheviks locaux ou a-t-elle été autorisée par le centre ? Pourquoi s&rsquo;est-elle soldée par un échec ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Fjodor Kolesov était le président de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_sovi%C3%A9tique_autonome_du_Turkestan"><span style="font-weight: 400;">République soviétique du Turkestan</span></a><span style="font-weight: 400;"> (</span><i><span style="font-weight: 400;">un ancien État formé par la révolution bolchevik de 1918, faisant suite au Turkestan de l’Empire russe, ndlr</span></i><span style="font-weight: 400;">) et représentait donc lui-même le centre. Il a notamment négocié avec </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fayzulla_Xo%CA%BBjayev"><span style="font-weight: 400;">Fayzoulla Khodjaïev</span></a><span style="font-weight: 400;">, un membre du comité central du parti des jeunes boukhariotes (</span><i><span style="font-weight: 400;">qui deviendra le premier chef de gouvernement de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, ndlr)</span></i><span style="font-weight: 400;">. L’exportation de la révolution a été planifiée selon le schéma que j&rsquo;ai déjà décrit. Fjodor Kolesov avait confiance dans les jeunes boukhariotes : il s’attendait à ce que l’invasion déclenche une révolte massive et que l’armée de l’émir soit faible. La campagne s’est terminée par un échec parce que Fjodor Kolesov et Fayzoulla Khodjaïev n’avaient pas réunis assez de force. En outre, Fayzoulla Khodjaïev a écrit plus tard, à juste titre, que l’attaque des rouges et des jeunes boukhariotes sur Boukhara était perçue par la population comme une invasion extérieure, ce que cette campagne était en réalité. Le peuple a alors préféré soutenir son monarque.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>La présence de Djounaïd Khan sur la scène politique de Khiva a-t-elle accéléré ou prolongé l’agonie du khanat ? Peut-on comparer son rôle avec celui du baron Ungern dans l’histoire de la Mongolie ? Boukhara avait-elle un tel « héros » ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Je pense que les Bolcheviks auraient de toute façon détruit le khanat de Khiva. Bien sûr, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Junaid_Khan_(de_facto_ruler_of_Khiva)"><span style="font-weight: 400;">Djounaïd Khan</span></a><i><span style="font-weight: 400;"> (dernier dirigeant de Khiva avant sa chute aux mains des Bolcheviks en 1920, ndlr) </span></i><span style="font-weight: 400;">a contribué à renforcer le conflit entre l’Ouzbékistan et le Turkménistan, mais certains Turkmènes se sont également révoltés. L’assassinat du monarque légitime </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Asfandiar_Khan"><span style="font-weight: 400;">Asfandiar-Khan</span></a><span style="font-weight: 400;"> sur son ordre et l’introduction d&rsquo;hommes de paille à sa place n’ont pas contribué à la consolidation de la société. Mais Djounaïd Khan était certainement</span><span style="font-weight: 400;"> l&rsquo;un des plus efficaces adversaires des Bolcheviks. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/khwarezm-et-boukhara-deux-foyers-anciens-des-juifs-dasie-centrale/"><b>Khwarzem et Boukhara, deux foyers anciens des juifs d’Asie centrale</b></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Il n&rsquo;y a pas lieu de faire une analogie entre le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_von_Ungern-Sternberg"><span style="font-weight: 400;">baron Ungern</span></a> <i><span style="font-weight: 400;">(commandant d’un sous-groupe de l’Armée blanche en Extrême-Orient de la Russie, qui a occupé la Mongolie extérieure au début de 1921, ndlr)</span></i><span style="font-weight: 400;"> et Djounaïd Khan. Ungern a libéré la Mongolie des envahisseurs chinois et rétabli le monarque légitime </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bogdo_Gegen"><span style="font-weight: 400;">Bogdo Gegen VIII</span></a><span style="font-weight: 400;">. Sans cela, la Mongolie serait restée sous occupation chinoise et n&rsquo;aurait pas acquis son indépendance. Pendant son séjour en Mongolie, Bogdo Gegen n’était pas sa marionnette et Ungern n&rsquo;a pas agi comme un dictateur mongol. La politique mongole de l’époque était dictée par Bogdo Gegen, et non par Ungern. Djounaïd Khan a été à juste titre combattu par différentes factions à Khiva (Ouzbeks, Turkmènes, etc.), tandis qu&rsquo;Ungern n’a été combattu que par une poignée de révolutionnaires mongols liés à des Bolcheviks. Mais il y a un point commun dans l’histoire de Khiva et de la Mongolie. La révolution a été exportée vers la Mongolie par les Bolcheviks avec l’aide du parti populaire mongol, tout comme à Khiva, avec l’aide des jeunes khivares. Tant en Mongolie qu’à Khiva, ces partis ont permis l’invasion des troupes soviétiques, le tout supervisé par les Bolcheviks.</span></p>
<figure id="attachment_31429" aria-describedby="caption-attachment-31429" style="width: 496px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-31429" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/b4b5ef39-0382-4dae-bd03-e521dffe78f7.jpeg" alt="Boukhara khanat emirat Khiva Histoire Renversement 1920 URSS Bolcheviks Communisme Histoire" width="496" height="402" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/b4b5ef39-0382-4dae-bd03-e521dffe78f7.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/b4b5ef39-0382-4dae-bd03-e521dffe78f7-300x243.jpeg 300w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption id="caption-attachment-31429" class="wp-caption-text">Carte des opérations de l&rsquo;Armée rouge pour la conquête de Boukhara, en 1920.</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">À Boukhara, je ne vois pas de tel héros. L’exportation de la révolution et l’adhésion à l’URSS a suivi le même schéma qu’à Khiva. Pour autant, les destins des monarques de Mongolie, de Khiva et de Boukhara étaient différents : Bogdo Gegen, privé du pouvoir de l’État, a été autorisé à vivre dans son pays en tant que monarque désigné jusqu’à sa mort, l’émir de Boukhara a pu fuire en Afghanistan et est mort en exil. Le sort du khan de Khiva a été plus tragique: il a été arrêté, déporté en Ukraine et y est mort de privations et de maladie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Comment les Bolcheviks ont-ils justifié leurs opérations militaires contre les deux pays ? La Russie soviétique a-t-elle rompu ses accords avec les dirigeants ouzbeks ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les raisons étaient sensiblement les mêmes partout : le soutien militaire aux populations. À Khiva, pour que le peuple pacifique gagne contre Djounaïd Khan ; à Boukhara, en faveur des rebelles communistes et des jeunes boukhariotes, « représentants » des intérêts du peuple. Comme l’indique l’ordre du commandant de l’armée soviétique </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Frounze"><span style="font-weight: 400;">Mikhaïl Frounze</span></a><span style="font-weight: 400;">, l&rsquo;objectif est de « venir en aide au peuple de Boukhara avec toute notre puissance armée ». En fait, il s’agissait d’une agression communiste visant à renverser le pouvoir légitime dans d’autres États et à transférer le pouvoir aux mains des Bolcheviks.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Khiva et l’armée de Boukhara avaient-ils les moyens d&rsquo;opposer une résistance à l’Armée rouge ? Comment se sont déroulées les opérations militaires ? La partie était-elle gagnée d&rsquo;avance pour les troupes de Frounze ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le Khanat de Khiva et l’émirat de Boukhara étaient, bien sûr, incapables de résister à l’Armée rouge. L’émir de Boukhara a essayé de créer une véritable armée, mais a manqué de temps et de ressources. Néanmoins, les opérations militaires de Mikhaïl Frounze contre Boukhara, malgré leur préparation, n&rsquo;ont pas été si simples. Selon les souvenirs de l’émir Alim Khan, la guerre n’a pas été déclarée, l’attaque a eu lieu soudainement. Néanmoins, la première attaque de l&rsquo;Armée rouge sur Boukhara a été repoussée. Il s’est avéré que les révolutionnaires de Boukhara s&rsquo;étaient trompés sur les velléités insurrectionnelles du peuple – c&rsquo;est ainsi que Mikhaïl Frounze le formule. L’attaque contre la capitale a commencé le 30 août et s’est terminée le 2 septembre 1920. L’artillerie et les bombardements aériens de la forteresse, des zones résidentielles et des mosquées ont joué un rôle décisif. Des grenades chimiques ont également été utilisées. L’attaque a fait de nombreuses victimes. Les troupes bolcheviques ont ensuite pillé la ville.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Ne pensez-vous pas que la période de l’indépendance de Khiva et de Boukhara dans le cadre de l’Empire russe et la guerre civile ont été peu traitées par l&rsquo;historiographie soviétique et post-soviétique ? Quelles sources historiques datant de cette époque sont-elles dignes d&rsquo;intérêt et de confiance ?</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Tout d’abord, le terme guerre civile est-il vraiment approprié dans ce cas ? Une guerre civile dans l’Empire russe, puis en République populaire russe ? Et puis qu’en est-il de Khiva et Boukhara, qui n’en faisaient pas partie ? Les indépendances de Khiva et de Boukhara ont été officiellement reconnues par le gouvernement provisoire, puis par le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_commissaires_du_peuple_(URSS)"><span style="font-weight: 400;">Conseil des commissaires du peuple</span></a><span style="font-weight: 400;">. Il n’y a pas eu de guerre civile à Khiva et Boukhara, mais une intervention communiste étrangère. Je ne crois pas que cette période soit un angle mort, mais elle mériterait certainement des enquêtes plus approfondies. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Lire aussi sur Novastan: </b><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-sovietique-12/"><b>L’Asie centrale soviétique (1/2)</b></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Une attention particulière devrait être accordée aux documents et aux mémoires des deux parties. Malheureusement, en Russie (et dans un certain nombre d’autres pays post-socialistes, comme la Mongolie), seules les mémoires des partis victorieux ont été largement préservées. Et tandis que les émigrants russes ont laissé des traces importantes de cette époque, il y a beaucoup moins de souvenirs similaires de l’Asie centrale. À l’époque soviétique, de nombreux documents idéologiquement divergents ont été détruits dans les archives. Il est impossible de dire a priori quels documents et mémoires méritent le plus de confiance. Quoi qu’il en soit, le fait que certains documents aient été publiés à plusieurs reprises et qu’ils soient largement reconnus ne signifie pas que ce matériau est forcément fiable. Il est nécessaire d’analyser, d’examiner et de comparer différents matériaux, différents points de vue. Il est nécessaire de suivre une démarche scientifique, de mettre à jour les mythes historiques et de découvrir les contrefaçons. Tout intérêt national ou politique n’est pas un critère de vérité et de fiabilité dans la science. C’est d&rsquo;une importance fondamentale.</span><span style="font-weight: 400;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: right;"><b>Natalia Nikitina </b><b><br />
</b><b>Journaliste pour Fergana News</b><b><br />
</b><b><br />
</b><b>Traduit </b><a href="https://fergana.ru/articles/114949/"><b>du russe</b></a><b> par Hannah Riedler</b><b><br />
</b><b><br />
</b><b>Traduit </b><a href="https://novastan.org/de/usbekistan/wie-vor-100-jahren-die-bolschewiki-das-emirat-von-buxoro-und-das-khanat-von-xiva-zerstoerten/"><b>de l’allemand</b></a><b> par Flora Perez</b><b><br />
</b><b><br />
</b><b>Édité par Louise Duplenne</b></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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