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	<title>Langue | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Langue | Novastan France</title>
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		<title>Walid Fouque, ambassadeur de France en Ouzbékistan : « Nous souhaitons recentrer l’Asie centrale dans nos relations »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 08:36:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Ambassade de France]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-l-ambassadeur-de-france-en-ouzbekistan/">Walid Fouque, ambassadeur de France en Ouzbékistan : « Nous souhaitons recentrer l’Asie centrale dans nos relations »</a></p>
<p>Dans un entretien exclusif accordé à Novastan, Walid Fouque, ambassadeur de France à Tachkent, détaille les priorités françaises en Ouzbékistan, et pourquoi le pays occupe désormais une place stratégique pour Paris en Asie centrale. Assis dans le grand salon aux tonalités rouge de l’ambassade de France en Ouzbékistan, Walid Fouque, 39 ans, incarne une nouvelle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-l-ambassadeur-de-france-en-ouzbekistan/">Walid Fouque, ambassadeur de France en Ouzbékistan : « Nous souhaitons recentrer l’Asie centrale dans nos relations »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un entretien exclusif accordé à Novastan, Walid Fouque, ambassadeur de France à Tachkent, détaille les priorités françaises en Ouzbékistan,</strong> <strong>et pourquoi le pays occupe désormais une place stratégique pour Paris en Asie centrale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Assis dans le grand salon aux tonalités rouge de l’ambassade de France en Ouzbékistan, Walid Fouque, 39 ans, incarne une nouvelle génération de diplomates français&nbsp;: internationaux, polyvalents et profondément tournés vers l’Asie.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en juillet 2025 qu’il est nommé ambassadeur de France dans le pays du grand conquérant Amir Timur par décret en conseil des ministres. Direction Tachkent, la capitale ouzbèke, pour le diplômé de Sciences Po Paris, lauréat du&nbsp;concours d’Orient et fonctionnaire au Quai d&rsquo;Orsay. S’ensuivent pour lui un poste de conseiller politique à l’ambassade de France en Chine, puis à la représentation permanente de la France auprès des Nations Unies à New York. Après ces affectations, il revient dans la capitale française et poursuit son chemin professionnel à l’Élysée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa nomination à Tachkent intervient alors que les relations entre la France et l’Ouzbékistan connaissent une dynamique particulièrement favorable. Ce poste, il l’a choisi, attiré par « <em>l’attrait géographique, l’imaginaire des routes de la soie, ainsi que par le dynamisme des réformes en cours dans le pays </em>». Pour Novastan, il a accordé une interview exclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan : Quel rôle joue la diplomatie aujourd’hui à l’heure des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle (IA), du numérique et plus particulièrement en Ouzbékistan&nbsp;? Quelle est votre mission en tant qu’ambassadeur de France dans ce pays ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Walid Fouque&nbsp;: </strong>Aujourd’hui, la diplomatie utilise ce type de moyens de communication pour parvenir à ses objectifs, à savoir expliquer la position de la France et convaincre nos partenaires qu’il est important de travailler avec nous afin de lancer de nouveaux projets. C’est via ces outils que nous pouvons lutter activement contre la désinformation et toute forme de manipulation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà, c’est le rôle des diplomates à l’étranger de porter cette parole, de défendre nos principes, nos valeurs et nos intérêts, ainsi que d’expliquer tout le potentiel de la relation entre la France et l’Ouzbékistan. C’est pour cette raison d’ailleurs que je me déplace dans les différentes provinces du pays. Depuis mon arrivée, j’ai visité toutes les régions de l’Ouzbékistan afin de rencontrer, entre autres, la jeunesse ouzbèke.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, j’essaye aussi d’être actif sur les réseaux sociaux, car c’est le principal vecteur d’informations en Ouzbékistan. C’est une nouvelle manière de communiquer au niveau des ambassades.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous vous exprimez en ouzbek pour communiquer sur les réseaux sociaux&nbsp;? Pourquoi ce choix&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je communique en ouzbek car l’immense majorité de la population ouzbèke ne parle que cette langue. Je trouve que c’est important de pouvoir être en communication directe avec cette population. </p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, c&rsquo;est aussi un message politique : dans un pays qui a été colonisé par la Russie pendant près de 120 ans, il est important de montrer à cette population le respect que nous avons à l’égard de leur langue. Nous devons être en mesure au-delà des contacts officiels, de développer aussi nos contacts au sein de la société civile, comme les entrepreneurs, les chercheurs, les artistes et les étudiants, et cela passe aussi par la langue. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous parlez des étudiants. Justement, dans le secteur de l&rsquo;éducation, il y a l&rsquo;ambition de créer une université franco-ouzbèke à Tachkent. Quels en sont les objectifs&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous mentionnez un très beau projet. Cette université devrait ouvrir ses portes en septembre prochain. Au programme, on trouvera dans un premier temps un Master de français langue étrangère, et nous souhaitons développer des cursus dans le domaine de l’énergie et des transports.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre ambition est de faire de cette université un pilier des échanges universitaires et plus généralement de notre relation dans le secteur de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Cette université franco-ouzbèke va attirer des profils d’Ouzbeks intéressés par la France, qui parlent français ou qui veulent perfectionner leur français, et qui pourront dans un second temps venir étudier en France. Nous avons observé ces dernières années une très forte augmentation du nombre d’étudiants ouzbeks dans notre pays.  Nous voulons accompagner cette dynamique en nous focalisant sur les secteurs prioritaires pour nous que sont les sciences, les nouvelles technologies, et les domaines dans lesquels l’expertise et la connaissance des jeunes Ouzbeks peuvent contribuer au développement de la recherche en France. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, je souhaite aussi développer d’une manière générale des accords entre les universités françaises et ouzbèkes. Et pour augmenter le vivier d’étudiants susceptibles de rejoindre la France, nous devons impérativement augmenter le nombre de ceux qui parlent français. Pour cela nous allons continuer de développer l’apprentissage du français dans les universités ouzbèkes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Actuellement les jeunes Ouzbeks privilégient beaucoup l’apprentissage de l’anglais. Pourquoi miser aujourd’hui sur le français en Ouzbékistan&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le français est une langue d’avenir. Il y a aujourd’hui 400 millions de locuteurs français à travers le monde, et plus de 700 millions dans les prochaines décennies. Par conséquent, les apprenants de français élargissent leur horizon bien au-delà de la France, englobent toute la francophonie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième point sur lequel je souhaite insister est la tradition scientifique de la France. Nous sommes connus pour notre culture, notre patrimoine, notre art de vivre&#8230; Mais je veux que les jeunes Ouzbeks réalisent que la France est aussi une terre scientifique où ils peuvent poursuivre ce rêve. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-la-decennie-dexistence-de-lalliance-francaise-de-tachkent/">A Tachkent, l&rsquo;Alliance française fête ses dix ans </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A côté de cela, je ne cesse de le dire, mais le français est une langue d’opportunités en termes d’emploi. Les entreprises françaises recrutent du personnel francophone et ce sera aussi l’occasion pour eux d’acquérir une expérience dans des pays francophones. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 190 000 apprenants de français, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Une vingtaine d&rsquo;enseignants viennent aujourd&rsquo;hui donner des cours de français en Ouzbékistan, et  l’objectif est d’atteindre la centaine. Nous souhaitons soutenir toutes les écoles, les universités, qui souhaitent avoir le français dans leur cursus. Et nous misons aussi sur le dynamisme des alliances françaises à ce sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces alliances françaises, au-delà d’être un vecteur pour l’apprentissage du français, permettent aussi de favoriser la coopération culturelle. Quels sont les grands projets dans ce domaine&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre objectif est de donner accès à la culture française au plus grand nombre. Nous organisons de nombreux évènements tout au long de l’année, comme par exemple le festival du film français. L’année dernière nous avons lancé le concept «&nbsp;d’un mois de la culture française dans une région&nbsp;» dans la province autonome du Karakalpakstan. Et cette année, on souhaite le faire dans la région de Boukhara. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous soutenons également tous les artistes français qui viennent ici pour une performance ou présenter des œuvres. Nous avons l’ambition d’organiser pour la première fois dans la capitale ouzbèke une grande exposition avec un musée français de premier plan. Nous y travaillons pour l’année prochaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon objectif, en tant qu’ambassadeur, est aussi de présenter la culture française et son histoire aux Ouzbeks. C’est d’ailleurs le but de l’exposition «&nbsp;Fabriqué en France&nbsp;», qui s’est tenue le 6 et 7 juin et au cours de laquelle a été présenté le savoir-faire français avec des entreprises comme Louis Vuitton, Airbus, Michelin…</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/1764313173224-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-75454" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/1764313173224-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/1764313173224-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/1764313173224-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/1764313173224.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Walid Fouque remet officiellement ses lettres de créance au président de la République d’Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, le 27 novembre 2025. © Ambassade de France en Ouzbékistan</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au niveau des entreprises françaises, depuis la visite en France en 2025 de Chavkat Mirzioïev, l’actuel président de la République d’Ouzbékistan, qu’en est-il de ce partenariat stratégique entre nos deux pays&nbsp;? Que change celui-ci dans leurs relations ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour reprendre une belle expression d’une leçon inaugurale au Collège de France de Frantz Grenet – archéologue et historien, professeur du Collège de France de la chaire Histoire et cultures de l&rsquo;Asie centrale préislamique, nous avons pour ambition de «&nbsp;recentrer l’Asie centrale&nbsp;» en tant que région stratégique à part entière dans nos relations. Tous les efforts du président de la République, Emmanuel Macron, vont dans ce sens&nbsp;: traiter l’Asie centrale, et surtout l’Ouzbékistan, comme un partenaire à part entière afin de développer tout le spectre de la relation bilatérale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le partenariat stratégique que nous avons acté en mars 2025 consolide cet objectif. Très concrètement, cela signifie développer des projets dans des secteurs comme l’énergie, le secteur de l’eau, les transports, la transition énergétique, l’agriculture, la culture et le patrimoine. Dans tous ces domaines, nous portons des projets avec les Ouzbeks. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/economie-culture-tourisme-entre-louzbekistan-et-la-france-des-collaborations-multiples/">Économie, culture, tourisme&#8230; Entre l’Ouzbékistan et la France, des collaborations multiples</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine de l&rsquo;énergie, on peut citer Voltalia, qui a branché sa centrale solaire au réseau ouzbek pas plus tard qu’en décembre 2025, alors que le début de sa construction datait de 2024. En un an, ils ont réussi à finaliser ce projet. On peut aussi noter le cas de deux centrales à gaz cycle combiné d’EDF (Electricité de France). Chacune de ces centrales a une capacité de 1,6 GW, soit l’équivalent d’un EPR. Ce sont des projets extrêmement structurants non seulement pour le mix énergétique ouzbek, mais aussi pour le développement de l’ensemble du pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre exemple&nbsp;: dans le secteur de l’eau, l’entreprise française Suez est présente à Tachkent et va encore développer ses activités. Nous avons également Airbus pour les transports, Veolia en charge d&rsquo;une partie du marché du chauffage urbain de la capitale, ou encore Saint-Gobain, producteur de matériaux de construction, qui vient quant à lui d’ouvrir sa première usine dans le pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette capacité à jouer toutes les gammes d’un partenariat qui fait que celui-ci est stratégique. Toutes les grandes entreprises françaises se positionnent aujourd’hui sur l’Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quoi est-ce important de devenir un partenaire privilégié de l’Ouzbékistan&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour nous, il y a plusieurs raisons derrière ce réengagement en Asie centrale. D’abord, l’Ouzbékistan est un pays en plein développement : sa croissance l’année dernière s’est élevée à plus de 7 %. D’autre part, ses finances publiques sont saines, selon le Fond monétaire international. Il y a aussi une volonté et une détermination à poursuivre les réformes et l’ouverture vers l’international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cela s’ajoutent aussi des perspectives d’investissement pour nos grandes entreprises. Il est important que nous soyons à bord de ce navire pour faire partie de cette grande aventure ouzbèke. Nous avons environ 730 millions d’euros d’échanges avec l’Ouzbékistan et un solde commercial positif de 270 millions d’euros en notre faveur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/des-entreprises-francaises-partenaires-dune-station-ete-hiver-en-ouzbekistan/">Des entreprises françaises partenaires d’une station été-hiver en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, nous souhaitons contribuer à la diversification des partenariats avec l’Ouzbékistan. Ce pays conserve certes une relation proche avec deux très grands voisins, la Russie et la Chine. Mais il y a aussi une volonté des plus hautes autorités ouzbèkes de se rapprocher de l’Union européenne, particulièrement de la France. Et c’est dans notre intérêt de répondre à cette main tendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les défis majeurs liés à cette coopération&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que j’essaie de défendre actuellement, c’est l’idée qu’il faut accompagner dorénavant les entreprises de taille intermédiaire et les PME qui souhaitent se positionner sur le marché ouzbek. L’objectif est qu’elles profitent du dynamisme actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un de nos défis majeurs repose sur la distance, à savoir toutes les questions liées à la logistique. S’il y a des difficultés rencontrées, nous sommes en mesure d’avoir un échange direct avec les autorités ouzbèkes pour identifier des solutions et aller de l’avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aujourd&rsquo;hui, pourquoi une entreprise française devrait-elle investir en Ouzbékistan ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de l’Ouzbékistan, c’est le choix de l’évidence. Aujourd’hui, ce pays est le plus peuplé de l’ancien espace post-soviétique après la Russie. Dans quelques années, il y aura 40 millions d’habitants en Ouzbékistan et 50 millions d’ici 2050. Il a une dynamique de croissance entre 6 à 7 % chaque année, et celle-ci devrait se poursuivre dans les années à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/visite-demmanuel-macron-en-asie-centrale/">Ce qu&rsquo;il faut retenir de la visite d&rsquo;Emmanuel Macron en Asie centrale </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous nos partenaires étrangers sont présents et essayent de bénéficier de cette dynamique ouzbèke. Et la France y a naturellement toute sa place. D’ailleurs, les banques françaises investissent aussi dans de grands projets ouzbeks. Je pense par exemple à la Société Générale, ou l’Agence française de développement (AFD), qui a injecté plus d’1,5 milliard d’euros dans le pays au cours des sept dernières années. Actuellement, nous faisons d’ailleurs partie des principaux investisseurs en Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment percevez-vous les réformes libérales menées par l&rsquo;Ouzbékistan ces dernières années ? </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités ouzbèkes ont notre plein soutien pour mener les réformes d’ouverture et de libéralisation du pays. C’est la voie qui a été choisie par le président Mirzioïev depuis son accession au pouvoir en 2016, c’est-à-dire l’ouverture vers l’étranger, les réformes économiques, mais aussi les réformes politiques. La direction prise par l’Ouzbékistan nous rapproche. Elle rapproche ce pays de la France et de l’Union européenne.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par rapport aux intérêts français, quel rôle joue l’Asie centrale dans la stratégie de la France&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Asie centrale est un partenaire essentiel. Aujourd’hui, elle connaît une période de stabilité historique, quand on se rappelle des nombreux  conflits qui ont ensanglanté cette région au cours des trente dernières années. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne pouvons que nous réjouir de voir cette stabilité et cette volonté de développer des projets régionaux, de resserrer les liens entre chacun des pays d’Asie centrale, au moment où tout autour de cette région, les crises se multiplient. Je pense à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, au conflit au Moyen-Orient, au conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voulons accompagner ce mouvement de stabilité, que ce soit la France ou l’Union européenne. Il y a une main tendue de l’Ouzbékistan vers ses partenaires européens et c’est ma mission, d’une certaine manière, de pouvoir tirer le meilleur de ce moment historique que nous avons avec l’Ouzbékistan et l’Asie centrale.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Louise Simondet</strong><br><strong>Correspondante en Ouzbékistan pour Novastan</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<item>
		<title>Comment les exigences linguistiques impactent-elles la vie des migrants centrasiatiques en Lituanie ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 12:40:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[L'Europe et l'Asie centrale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/comment-exigences-linguistiques-impactent-centrasiatiques-lituanie/">Comment les exigences linguistiques impactent-elles la vie des migrants centrasiatiques en Lituanie ?</a></p>
<p>L&#8217;obligation de parler la langue nationale dans certains secteurs de l&#8217;économie en Lituanie handicape les migrants venus d&#8217;Asie centrale. Ce n&#8217;est pas le manque d&#8217;envie d&#8217;apprendre la langue, mais la difficulté de trouver le temps et l&#8217;argent pour des cours de langue qui pose problème. En Lituanie, depuis le 1er janvier dernier, les étrangers actifs [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;obligation de parler la langue nationale dans certains secteurs de l&rsquo;économie en Lituanie handicape les migrants venus d&rsquo;Asie centrale. Ce n&rsquo;est pas le manque d&rsquo;envie d&rsquo;apprendre la langue, mais la difficulté de trouver le temps et l&rsquo;argent pour des cours de langue qui pose problème.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Lituanie, depuis le 1er janvier dernier, les étrangers actifs dans le secteur des services sont tenus de communiquer avec leurs clients en lituanien. Officiellement, la règle s’applique indistinctement à tous les migrants. En pratique, elle affecte plus durement les ressortissants de pays d’Asie centrale. Ces coursiers, chauffeurs, caissiers, livreurs ou employés dans la logistique, arrivés en Lituanie sans bases linguistiques, n’ont ni le temps, ni les ressources pour l’apprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sondages le montrent&nbsp;: les Lituaniens se disent majoritairement favorables à l’obligation de fournir des services dans leur langue. Toutefois, ce consensus masque un détail significatif&nbsp;: pour des milliers de travailleurs migrants, cette nouvelle réglementation pourrait constituer non un pas vers l’intégration, mais un risque réel de perdre leur emploi et leurs revenus.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Les migrants centrasiatiques se disent prêts à apprendre le lituanien, là n’est pas le problème. La réalité est que l’offre de cours, en plus d’être limitée, est payante, et les horaires sont rarement compatibles avec un travail physiquement exigeant. De plus, quasiment aucune information sur la nouvelle réglementation n’est accessible dans une langue qui serait compréhensible aux personnes concernées. Les économistes prévoient que les conséquences pourraient aller bien au-delà de la question linguistique. Ils mettent en garde contre les risques d’un déficit de main-d’œuvre et d’une hausse des prix des services courants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nombre de personnes concernées qui dépasse les capacités d’enseignement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, la Lituanie est devenue une destination privilégiée pour les travailleurs migrants. Outre les Ukrainiens et les Bélarussiens, les plus représentés sont les ressortissants de pays centrasiatiques. Plus de 10 000 Ouzbeks, quelques milliers de Kazakhs, ainsi que des migrants du Kirghizstan et du Tadjikistan vivent dans le pays. Nombre d’entre aux sont actifs dans des secteurs où la langue, jusqu’à présent, n’était pas un prérequis central, tels que la logistique, le bâtiment ou encore la livraison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts estiment qu’en Lituanie, environ 100 enseignants proposent des formations pour adultes au lituanien. En un an, ils peuvent mener au plus 10 000 personnes jusqu’à un niveau A2. Or, le nombre d’étrangers dans le pays dépasse 215 000&nbsp;: l’écart entre exigences et conditions réelles est colossal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/approches-migration-economique-douchanbe-bichkek-distinguent/">Deux pays, deux styles : en quoi les approches de la migration économique de Douchanbé et de Bichkek se distinguent ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système d’évaluation ne fait qu’aggraver la situation. L’Agence nationale pour l’éducation n’est capable d’évaluer le niveau de maîtrise de langue que de 5 % des migrants. Cela signifie que même en étant fortement motivés, des candidats ne seraient pas en mesure de confirmer leur compétence dans les temps.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Travailler dix à 12 heures par jour, puis étudier la langue le soir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les migrants centrasiatiques, la réforme linguistique s’ajoute à des contraintes déjà substantielles. La majorité d’entre eux travaille par roulement de dix à 12 heures de travail physique exigeant, après quoi il ne leur reste tout simplement pas d’énergie pour apprendre. Leïla Ourmanova, directrice du Centre culturel ouzbek en Lituanie, explique que ne pas savoir parler lituanien n’a pas empêché de nombreux travailleurs migrants de réaliser un travail consciencieux. Cependant, la situation est amenée à évoluer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pour ceux qui sont en contact avec la clientèle et souhaitent se développer, un sérieux problème se pose. Concilier travail physique et étude de la langue est extrêmement difficile. La fatigue, les longues heures de travail, le manque d’information sur les cours dans leur langue maternelle constituent de réelles barrières, contrairement à un supposé manque de motivation »</em>, estime Leïla Ourmanova.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, de nombreux migrants font aujourd’hui face à un dilemme cornélien&nbsp;: s’adapter de toute urgence, changer de domaine d’activité, ou carrément partir dans un autre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goulmira Moussaïev, responsable de la diaspora kazakhe en Lituanie, remarque que la connaissance du lituanien est essentielle. Elle ajoute que beaucoup de ses compatriotes habitant depuis longtemps dans le pays balte, environ 3 000, maîtrisent la langue. Selon elle, <em>« apprendre le lituanien est effectivement difficile. Les cours sont payants et cela demande de la patience, mais c’est la base. Ces connaissances ouvrent des portes en permettant par exemple de trouver un travail plus facilement, d’échanger avec les gens, de régler seul ses problèmes administratifs. Sans cela, on est condamné à piétiner. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Coursiers, taxis et&nbsp;services de livraison&nbsp;: des activités sur la sellette</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouvelles exigences concernent avant tout les coursiers, chauffeurs de taxis, serveurs et vendeurs, des professions qui emploient de nombreux Centrasiatiques. Les plateformes de livraison, si elles se disent prêtes à observer la loi, soulignent que la responsabilité légale repose sur les travailleurs eux-mêmes, pour la plupart des travailleurs indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises peuvent mettre la main à la pâte avec des dictionnaires et des recommandations, mais cela ne saurait remplacer une solution encadrée. Si une partie des coursiers et chauffeurs quitte le marché, les consommateurs en subiront les conséquences&nbsp;: augmentation des prix et du temps d’attente, baisse de l’accessibilité du service.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Intégration ou exclusion&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les économistes s’accordent à dire que les entreprises s’adapteront avec le temps.&nbsp;Certaines investiront dans la formation de leurs employés, d’autres augmenteront les salaires pour attirer de nouveaux travailleurs. Mais la transition sera compliquée, surtout pour les migrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, les représentants des diasporas soulignent que la langue peut et doit être un instrument d’intégration, plutôt qu’un filtre excluant des personnes du marché du travail. <em>« Le succès du processus ne dépendra pas seulement de notre motivation, mais aussi du système de soutien mis en place par l’Etat »</em>, souligne la dirigeante du centre culturel ouzbek.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lorigine-transferts-fonds-se-diversifie/">Ouzbékistan : l’origine des transferts de fonds se diversifie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous sommes en contact avec les autorités et employeurs lituaniens pour leur demander, en premier lieu, d’accroître l’offre de cours subventionnés et gratuits, avec des horaires flexibles adaptés aux horaires de travail (soirées, weekends) ; en second lieu, d’assurer une meilleure diffusion de l’information sur les exigences, ainsi que sur les possibilités d&rsquo;étudier en russe et en ouzbek ; en troisième lieu, d’envisager d’aider les employeurs à organiser des cours sur le lieu de travail »</em>, ajoute-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces changements, estime-t-elle, devraient constituer une passerelle vers l’intégration, et non une mise à la porte de milliers de travailleurs déterminés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Adapter les exigences plutôt que les retirer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de souligner que l’exigence d’apprendre le lituanien ne suscite pratiquement aucune contestation parmi les migrants d’Asie centrale. Leur revendication concerne les conditions réelles de ce processus, avec la demande de cours accessibles, proposés en soirée ou les weekends, disponibles sur le lieu de travail, ainsi que des indications sur la navigation du système d’examens.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Sans cela, la réforme risque d’accroître les inégalités sociales. En effet, les personnes déjà vulnérables seraient les premières à être marginalisées par les nouvelles règles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question à laquelle la Lituanie fait face aujourd’hui dépasse celle de la langue. Il s’agit de savoir si le pays souhaite inclure les migrants de travail dans sa société, ou s’il est prêt à accepter qu’une partie d’entre eux n’atteigne tout simplement pas le stade de l’intégration.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Kloop</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://kloop.kg/blog/2025/12/30/odin-yazyk-raznye-startovye-usloviya-kak-novye-yazykovye-trebovaniya-v-litve-povliyayut-na-migrantov-iz-tsentralnoj-azii/"><strong>russe</strong></a> <strong>par Elise Medina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/comment-exigences-linguistiques-impactent-centrasiatiques-lituanie/">Comment les exigences linguistiques impactent-elles la vie des migrants centrasiatiques en Lituanie ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Langue des signes en Ouzbékistan : avancées et défis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 14:32:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Handicap]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/langue-des-signes-ouzbekistan-avancees-defis/">Langue des signes en Ouzbékistan : avancées et défis</a></p>
<p>La langue des signes est encore trop peu enseignée en Ouzbékistan, bien qu&#8217;elle gagne en soutien ces dernières années. Pourtant, elle représente elle aussi une partie du patrimoine ouzbek. L’Ouzbékistan est un pays qui compte des milliers des personnes ayant une déficience auditive, pour qui la langue des signes représente un moyen précieux de communication [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/langue-des-signes-ouzbekistan-avancees-defis/">Langue des signes en Ouzbékistan : avancées et défis</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La langue des signes est encore trop peu enseignée en Ouzbékistan, bien qu&rsquo;elle gagne en soutien ces dernières années. Pourtant, elle représente elle aussi une partie du patrimoine ouzbek.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan est un pays qui compte des milliers des personnes ayant une déficience auditive, pour qui la langue des signes représente un moyen précieux de communication et d&rsquo;intégration. D’après la Société des sourds, plus de 20 000 sourds et personnes malentendantes <a href="https://hook.report/2024/07/it4everyone/">vivent</a> en Ouzbékistan. La langue des signes leur permet d’accéder aux informations, de s’exprimer, ainsi que d’interagir avec le monde sur un pied d’égalité avec les entendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la langue des signes demeure peu connue du grand public et les possibilités pour les malentendants restent limitées.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le média ouzbek Hook raconte l’histoire de la formation de la langue des signes ouzbèke, son état actuel, les différences avec d’autres langues des signes, ainsi que les problèmes et accomplissements dans l’accessibilité de la communication pour les sourds.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La naissance de la langue des signes ouzbèke</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La langue des signes ouzbèke (LSO) s’est formée sur la base de la langue des signes qui était enseignée dans les écoles-internats de l’Ouzbékistan durant la période soviétique. Pendant longtemps, elle s’est présentée comme un dialecte de la langue des signes russe, complétée par des gestes qui reflétaient la culture ouzbèke.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil du temps, des gestes uniques sont apparus dans la communauté des sourds afin de décrire la réalité locale : la LSO a commencé à acquérir des caractéristiques propres, des traits distinctifs, bien qu&rsquo;elle n’ait pas disposé d’un statut officiel jusqu’à la fin du XXème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/latin-ou-cyrillique-quel-alphabet-pour-louzbekistan/">Latin ou cyrillique : quel alphabet pour l’Ouzbékistan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1991, l’Ouzbékistan a transcrit son alphabet du cyrillique vers l’alphabet latin. À partir de 1997, l’enseignement du <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/latin-ou-cyrillique-quel-alphabet-pour-louzbekistan/">nouvel alphabet</a> au sein des écoles a provoqué des difficultés : les générations passées ont eu du mal à s’adapter, tandis que les jeunes apprenaient déjà l’écriture latine. Cela a aussi provoqué une rupture entre les générations de personnes malentendantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La condition actuelle et le développement de la langue des signes ouzbèke</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, en Ouzbékistan, l’attention portée aux problématiques des personnes handicapées, y compris des personnes sourdes, s’intensifie. Après la ratification de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées en 2021, l’État a reconnu la langue des signes comme un moyen officiel de communication pour les personnes malentendantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, le président a approuvé un décret sur le développement de la langue des signes ouzbèke et de l’écriture en braille. Ce décret prévoyait la revalorisation du statut de la langue des signes ouzbèke, l’élaboration d’un dictionnaire, de manuels et de supports pédagogiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2023, des cours de langue des signes ouzbèke et d’alphabet braille sont proposés dans les écoles et dans les centres Ichga Marhamat, où la formation est accessible non seulement aux personnes sourdes, mais aussi à leurs proches, aux enseignants et aux travailleurs de la sphère sociale. Cependant, des problèmes importants demeurent, notamment une pénurie d’interprètes qualifiés en langue des signes. À Tachkent et dans sa région vivent seulement une dizaine d’interprètes pour environ 5 000 personnes sourdes, et la situation est similaire dans les autres régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/interview-silencieuse-avec-alexei-outkine-peintre-sourd-muet/">Interview silencieuse avec Alexeï Outkine, peintre sourd muet</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La communauté des sourds est isolée. Lorsqu’il s’agit de trouver un emploi, des préjugés apparaissent : on pense qu’une personne malentendante ne peut pas apprendre ou travailler. Mais c’est un mythe. Dans notre centre, des personnes sourdes travaillent, portent des aides auditives et ne se distinguent en rien des autres. Le vrai problème, c’est le manque d’information dans la société »</em>, explique Tatiana Ane, cheffe de projet pour le hub inclusif international de l&rsquo;Agence nationale pour la protection sociale d&rsquo;Ouzbékistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des différences avec les autres langues des signes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque langue des signes s’avère unique et se développe au sein d’une communauté sourde spécifique. La LSO est proche de la langue des signes russe (LSR) en raison de l’héritage soviétique : de nombreux signes sont identiques, et les différences concernent surtout les notions culturelles, comme les noms des plats nationaux ou les prénoms.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la vie quotidienne, la LSO utilise un alphabet dactylologique à deux mains basé sur le cyrillique, identique à celui utilisé dans la LSR.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Tatiana Ane explique : <em>« La langue des signes internationale est très différente de la langue locale. Bien qu’elle ne soit pas strictement basée sur la langue des signes américaine, beaucoup de signes en proviennent. Dans nos cours, la principale exigence est de connaître n’importe quelle langue des signes et d’avoir des bases d’anglais, mais ce n’est pas obligatoire. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les élèves sont satisfaits de leurs progrès : il leur est montré comment un signe se fait dans la langue locale et dans la langue internationale. Récemment, nous avons eu une rencontre avec une délégation de Corée du Sud, et nous avons pu voir comment des personnes sourdes communiquaient entre elles via un interprète en langue des signes internationale »</em>, ajoute la cheffe de projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une sorte d&rsquo;esperanto en langue des signes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La langue des signes internationale (IS) est un système simplifié destiné à la communication entre sourds lors d’événements internationaux. Elle est apparue entre les années 1950 et 1970 à l’initiative de la Fédération mondiale des sourds, qui cherchait alors à créer une langue universelle des signes, le Gestuno, mais celle-ci n’a pas connu un véritable essor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IS actuelle est un mélange vivant de pantomime, de gestes iconiques et d’emprunts, avec un vocabulaire limité et une grammaire simple. Contrairement à la langue des signes ouzbèke, l’IS n’est pas utilisée dans la vie quotidienne, n’a pas de locuteurs natifs et ne reflète pas de culture nationale. C’est un outil auxiliaire, une sorte d’espéranto du monde des signes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi existe-t-il des versions nationales des langues des signes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des malentendus les plus répandus est de croire qu’il existe une langue des signes universelle. En réalité, il existe environ 300 langues des signes dans le monde, chacune étant apparue naturellement au sein d’une communauté sourde spécifique, souvent indépendamment des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les langues des signes ne sont pas des versions visuelles des langues orales, mais des systèmes linguistiques autonomes, formés à travers la transmission entre générations, l’influence culturelle et les besoins de communication. Dans un même pays, plusieurs langues des signes peuvent coexister, tandis que des pays partageant la même langue orale peuvent avoir des systèmes gestuels totalement différents. Par exemple, en Allemagne et en Autriche, les langues des signes <a href="https://www.worldatlas.com/articles/which-countries-recognize-sign-language-as-an-official-language.html">sont différentes</a> et mutuellement incompréhensibles. En Afrique du Sud, au contraire, malgré 11 langues orales officielles, il n&rsquo;existe qu&rsquo;une seule langue des signes nationale.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La similitude entre certaines langues des signes est aussi influencée par l’histoire des contacts. Dans les pays post-soviétiques comme l’Ouzbékistan, le Kazakhstan ou le Kirghizstan, les langues des signes sont proches grâce à l’héritage commun de la langue des signes russe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Les personnes d&rsquo;Asie centrale se comprennent très bien entre elles »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tatiana Ane explique : <em>« Les personnes d’Asie centrale se comprennent très bien entre elles. La seule différence réside dans l’ordre des mots dans la phrase. En ouzbek, comme dans la langue orale, le sujet est placé en début de phrase, tandis qu’en russe c’est plus libre. Mais dans l’ensemble, il y a une parfaite compréhension mutuelle. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les langues des signes de différents pays peuvent être très différentes. À l’intérieur d’un même pays, il peut également exister des dialectes régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-personnes-handicapees-dasie-centrale-ne-veulent-plus-de-notre-pitie/">Les personnes handicapées d’Asie centrale ne veulent plus de notre pitié</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette autonomie linguistique s’explique par l’isolement historique des communautés sourdes : avant l’avènement d’internet et des connexions globales, ces communautés avaient rarement des contacts entre elles. Chaque langue des signes s’est développée en réponse aux besoins de sa propre communauté et est devenue l’expression de son identité culturelle. C’est pourquoi les personnes sourdes dans le monde entier sont fières de leur langue, qu’il s’agisse de l’ASL aux États-Unis ou du BSL au Royaume-Uni.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La formation des interprètes en langue des signes en Ouzbékistan</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouzbékistan, la profession d’interprète en langue des signes commence à obtenir un véritable statut et un certain soutien. Pendant longtemps, les interprètes <a href="https://longreads.cabar.asia/hearingimpairedpeopleuz">étaient principalement</a> des passionnés, souvent des enfants de parents sourds ou des enseignants d’écoles spécialisées ayant appris la langue des signes de manière pratique. Il n’existait pas de système formel de formation des interprètes, ce qui a conduit à une grave pénurie de professionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans les universités, il existe des cursus en surdopédagogie et en interprétation en langue des signes, notamment à l’Université Herzen. Dans notre hub inclusif international, nous avons ouvert un groupe de langue des signes internationale,&nbsp;le premier en Ouzbékistan. Nous avons reçu 52 candidatures pour seulement 12 places. S’y forment à la fois des personnes sourdes et des interprètes maîtrisant la langue des signes locale. De plus, des centres de formation dans les régions proposent également des cours de langue des signes locale »</em>, raconte Tatiana Ane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la situation a connu des améliorations significatives. L’Association des sourds d’Ouzbékistan organise des cours de langue des signes destinés aux entendants, y compris pour la formation d’interprètes, que ce soit à Tachkent ou dans les régions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un manque d&rsquo;information</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les bases de l’interprétation en langue des signes sont incluses dans les programmes des facultés de pédagogie spécialisée des universités pédagogiques. Les futurs enseignants spécialisés apprennent la langue des signes, les méthodes d’enseignement et les particularités psychologiques des élèves sourds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains diplômés deviennent interprètes, bien qu’il n’existe pas encore de programme universitaire spécifique consacré uniquement à la formation d’interprètes en langue des signes en Ouzbékistan. Contrairement à d’autres pays, où la formation d’interprètes est reconnue comme un véritable cursus universitaire avec un diplôme.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Dans le décret de 2022, il est stipulé que les agents chargés de traiter les demandes des citoyens dans les institutions publiques doivent suivre des cours d’interprétation en langue des signes. L’objectif est qu’au moins un employé dans chaque ministère et organisme public ait des compétences en langue des signes afin d’aider les visiteurs malentendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pourquoi les interprètes en langue des signes ne sont-ils pas aussi développés chez nous que dans les pays occidentaux, où ils traduisent même des concerts ? Premièrement, à cause d’un manque d’information. Chez nous, on pense souvent qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à des interprètes, qu’il s’agit d’une dépense inutile. Deuxièmement, à cause du manque d’expression émotionnelle. Nos interprètes se contentent généralement de montrer les signes de façon formelle. Tandis que, par exemple, cette célèbre interprète lors du concert d’Ariana Grande le faisait avec beaucoup d’émotion, et cela est très important »</em>, conclue Tatiana Ane.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Feridé Makhsetova et Yana Modelova<br>Journalistes pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://hook.report/2025/07/sign-language/">russe</a> par Lisa D&rsquo;Addazio</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Comment s&#8217;est créée l&#8217;Alliance française de Tachkent en Ouzbékistan ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 15:29:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance Française]]></category>
		<category><![CDATA[Ambassade de France]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-la-decennie-dexistence-de-lalliance-francaise-de-tachkent/">Comment s&rsquo;est créée l&rsquo;Alliance française de Tachkent en Ouzbékistan ?</a></p>
<p>Cette année, l’Alliance française de Tachkent fête ses 10 ans d’existence. Après une décennie riche en projets autour de la langue et la culture française, retour sur le développement de cette institution et les débuts de l&#8217;apprentissage du français en Ouzbékistan, dès les années 1990. La frêle silhouette aux cheveux blonds d&#8217;Angela Bagdasaryan se faufile [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette année, l’Alliance française de Tachkent fête ses 10 ans d’existence. Après une décennie riche en projets autour de la langue et la culture française, retour sur le développement de cette institution et les débuts de l&rsquo;apprentissage du français en Ouzbékistan, dès les années 1990. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La frêle silhouette aux cheveux blonds d&rsquo;Angela Bagdasaryan se faufile dans les ruelles<br>de Tachkent d’un pas dynamique. Dans les années 1990, elle fut directrice des cours et de la<br>bibliothèque de la première Alliance française du pays. Celle-ci était située à l’époque dans<br>une salle de la maison des enseignants de l’Université des langues du monde de la capitale<br>ouzbèke.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, c’est un autre lieu qu’elle a décidé de nous montrer : le bâtiment de<br>l’Alliance française de Tachkent, inauguré en 1996, après avoir quitté la fameuse<br>maison des enseignants. Le soleil brûlant imprègne la peau, jusqu&rsquo;à faire perler dans le dos de<br>délicates gouttes d’eau. «<em> C’est la première fois que je reviens ici</em> », murmure-t-elle. «<em> A<br>l’époque, c’était un vieux quartier avec d’anciennes maisons qui dataient du début du XXème<br>siècle. Mais maintenant, tout est presque totalement démoli </em>». Le temps en a effacé les traces,<br>et les gratte-ciels ont depuis remplacé les demeures cossues.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Après avoir dépassé les locaux de l’école n°43, puis une maison portant une plaque commémorant la Seconde Guerre mondiale, Angela Bagdasaryan l’aperçoit enfin. <em>« Elle n’a pas changé »</em>, chuchote-t-elle. La grande bâtisse existe encore, à quelques pas du fameux bazar Alay, dans lequel s’amasse, dans un labyrinthe d’odeur, un nombre incalculable de stands d&rsquo;épices, de fruits et de légumes. Elle lève la tête. Son regard se pose sur le fronton de la grande porte. Avec le temps, la vigne s’y est tissée un manteau de feuillage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72145" style="width:1024px;height:auto" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-2.jpg 2016w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le bâtiment de l’Alliance française de Tachkent, situé près du marché Alay, au début des années 1990. Quelques années plus tard, celle-ci fut délocalisée dans de nouveaux locaux, rue Zulfiya Khonim. L’actuelle Alliance française de Tachkent s’y trouve encore aujourd’hui. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une passion pour la langue française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;attrait d&rsquo;Angela Bagdasaryan pour la langue de Victor Hugo remonte à l’adolescence : <em>« J’adorais la littérature française. Mon premier souhait était d’être traductrice de romans ». </em>Une passion des livres qui deviendra presque une obsession : <em>« Je cherchais partout des livres en français, mais je n’en trouvais pas. <em><em>Alors j’allais chez les bouquinistes</em></em> lorsque je me rendais à Moscou,<em> et j&rsquo;y</em> passais presque tout mon temps ». </em>Balzac, Zola… autant d’illustres écrivains dont Angela Bagdasaryan a dévoré les pages.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="684" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-72146" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-1024x684.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-768x513.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-1536x1026.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3-600x401.jpeg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-3.jpeg 1746w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Angela Bagdasaryan en plein travail dans les années 1990. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La lecture de tous ces livres français me faisait rêver, car à l’époque où je faisais mes études, il n’y avait pas d’espoir d’aller en France »</em>. Sous l’ère soviétique, il était compliqué, voire impossible, pour les étudiants en URSS, de voyager en Europe. Mais Angela Bagdasaryan était déterminée à faire du français son métier. Et tous ces interdits l’ont plutôt confortée dans son choix de poursuivre l’apprentissage puis l’enseignement de cette langue. Après de brillantes études, elle travaille un temps à l’université des langues du monde à Tachkent, avant d’être recrutée pour participer à la création de la première alliance française.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la maison des enseignants à l’Alliance française d’Ouzbékistan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette première alliance, il a fallu beaucoup de volonté pour la mettre en place. Remontons le temps jusqu’à l’année 1991, date de l’indépendance du pays. L’Alliance française n’existe pas encore. A l’université des langues du monde de Tachkent, alors dénommé <em>« Institut des langues étrangères »</em>, où Angela Bagdasaryan travaille, celle-ci fait la connaissance de Chantal Quentin. La Française aux cheveux blonds y enseigne aussi la langue de Molière. <em>« Elle était très dynamique</em>, souligne Madame Bagdasaryan, <em>et a réussi à obtenir des autorités ouzbèkes en 1992 une pièce dans la maison des enseignants pour créer une bibliothèque française »</em> : un local spacieux de 40 mètres carrés, qui était situé au premier étage de ce bâtiment.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Dans cette salle, après les cours, c’est Angela Bagdasaryan qui a la responsabilité de la bibliothèque. <em>« Au départ, il n’y avait pas beaucoup de livres. On y trouvait des romans, et aussi quelques journaux »</em>. Cette maison des enseignants se situait près de la place de l&rsquo;« Amitié des peuples », en plein centre-ville de la capitale ouzbèke. En 1992, la création de l’ambassade de France, avec à sa tête Jean-Paul Véziant, donne de l&rsquo;élan aux activités de la bibliothèque, qui se diversifient avec la mise en place de <em>« cours gratuits de français. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="672" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-1024x672.jpg" alt="" class="wp-image-72147" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-1024x672.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-300x197.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-768x504.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-1536x1009.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4-600x394.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-4.jpg 1794w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Chantal Quentin (au centre) et Angela Bagdasaryan (à gauche), sur la photo. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Chantal Quentin et les membres de l’ambassade de France n’entendent pas en rester là. <em>«&nbsp;Chantal a commencé à faire les démarches administratives pour créer une alliance&nbsp;»</em>, explique Angela Bagdasaryan. Et la première Alliance française de Tachkent voit finalement le jour, dans le cocon de la maison des enseignants, en 1993. Une année symbolique, puisqu’elle marque aussi la première visite d’Etat en France d’Islam Karimov, alors président de la République d’Ouzbékistan. Il s’agit du premier déplacement officiel du président ouzbek à Paris depuis l’indépendance de son pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Georges Lefeuvre a ensuite pris la relève de Chantal Quentin, </em>retrace Angela Bagdasaryan. <em>Il était attaché linguistique de l’ambassade de 1993 à 1997, et également vice-président de l’alliance. Au départ, on ne savait pas bien comment tout cela fonctionnait. Il nous a tout appris, car il avait beaucoup d’expériences et connaissait bien le fonctionnement de ce type de structure. Il avait travaillé très longtemps à l’Alliance française de Peshawar au Pakistan »</em>, précise-t-elle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="687" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-1024x687.jpg" alt="" class="wp-image-72148" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-1024x687.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-768x515.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-1536x1031.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5-600x403.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-5.jpg 1612w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Georges Lefeuvre, dans son bureau au BCLE (Bureau de coopération linguistique et éducative) en Ouzbékistan, au début des années 1990. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs cet homme plein d’énergie qui décide de déménager l’Alliance française de Tachkent dans un autre lieu. <em>«&nbsp;On était prisonnier d’une administration très soviétique à l’époque, et la maison des enseignants devenait trop petite car nous avions de plus en plus d&rsquo;étudiants !&nbsp;» </em>explique Georges Lefeuvre, ancien diplomate, anthropologue et actuellement chercheur à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La création de l’Alliance française d’Ouzbékistan&nbsp;: une ambition collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1994, en parallèle de celle de Tachkent, une nouvelle alliance est créée à Samarcande. <em>« Il fallait faire vite »</em>, souligne Georges Lefeuvre. François Mitterrand, alors président, fait cette année-là sa première visite d’Etat dans le pays du grand conquérant Tamerlan (Amir Timur pour les Ouzbeks). Outil de diplomatie culturelle, l’Alliance française d’Ouzbékistan voit donc officiellement le jour et regroupe les deux alliances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis en octobre 1995, suite à la prise d’indépendance de l’Alliance de Samarcande, celle de Tachkent lui emboite le pas. Dans la capitale ouzbèke, <em>« on a loué une maison dans le centre-ville, rue Kakharov, avec un petit jardin, où il fallait faire beaucoup de travaux »</em>, raconte Angela Bagdasaryan<em>.</em> Et Georges Lefeuvre d’ajouter : <em>« ils ont duré très longtemps à cause de la situation économique de l’Ouzbékistan et de la pénurie de matériaux de base, comme le ciment que nous importions du Kazakhstan</em>.<em> Quand je me remémore cette période, je réalise le travail énorme que nous avons tous réalisé&#8230; </em>se souvient l&rsquo;anthropologue. <em>Chantal, Jean-Paul Véziant, moi-même, mais aussi Nazira, Angela, Muhabbat… ce fut une belle et passionnante période dont je garde une mémoire très vive »</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-72149" style="width:759px;height:auto" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6-768x1024.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6-225x300.jpg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6-1152x1536.jpg 1152w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6-600x800.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-6.jpg 1512w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Angela Bagdasaryan se remémorant les souvenirs. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, après des mois d’un chantier laborieux, les nouveaux locaux sont inaugurés le 25 mars 1996 par Bertrand Dufourcq, Secrétaire général du Quai d’Orsay, lors de sa visite officielle à Tachkent. Angela Bagdasaryan montre alors une photo :&nbsp;<em>«&nbsp;Mr. Lefeuvre commandait beaucoup de livres&nbsp;! Il y avait un immense travail au niveau de la bibliothèque car il fallait les classer&nbsp;»</em>, tient-elle à préciser. <em>«&nbsp;Ils arrivaient dans de gros cartons et cela nous prenait beaucoup de temps.&nbsp;»</em> Elle se souvient d’une ambiance familiale et conviviale&nbsp;: <em>«&nbsp;c’était comme à la maison&nbsp;! Les étudiants aimaient venir ici, ils se sentaient comme chez eux&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les droits d’inscription pour pouvoir être membre de l’alliance et suivre les cours à l’époque étaient de 10 000 soums, alors que le salaire minimum officiel était de 30 000 soums»</em>, se souvient Georges Lefeuvre. <em>« Pour augmenter notre budget, nous avions eu l’idée de développer des services de traduction, et aussi de mise à jour linguistique. Et c’est comme cela que l’on a gagné de l’argent&nbsp;! Et quand je suis parti en 1997, le budget était alors de plus de 500 000 francs (soit 121 300 euros). De 25 étudiants, on est passé à 350 étudiants. On a fait une énorme progression, que l&rsquo;on doit aussi au travail des professeurs qui donnaient les cours de français&nbsp;». </em>Matluba Usmanova, Moukhabbat Allanazarova, Dilbar Ibraguimova, Julia Mratchkovskaya, Zoulfira Gallimoulina, Svetlana Dynnik… leurs noms raisonnent encore entre les murs de cette demeure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des statuts qui changent, et un nouveau lieu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le jardin, Angela Bagdasaryan se souvient de l’odeur des kakis et des cerisiers qui se répandait à travers l’entrebâillement des fenêtres et les salles de cours. Elle restera dans ce petit paradis consacré à la culture française jusqu’en 2002. Puis brusquement, la structure ferme pour <em>« des raisons financières&nbsp;»</em>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Juste le temps de changer de statut et de lieu, et celle-ci <em>« rouvre quelques mois plus tard&nbsp;»</em>&#8230; Mais ce sera désormais un centre culturel, géré directement par l’ambassade de France. Toute l’équipe loue une grande bâtisse tout neuve, située au numéro 112 de la rue Zulfiya Khonim à Tachkent. On lui donne le nom de l’une des grandes figures de la littérature française&nbsp;: l’écrivain Victor Hugo. <em>«&nbsp;Je ne sais pas qui a donné le nom centre Victor Hugo, mais j’étais très contente&nbsp;». </em>Angela Bagdasaryan se souvient <em>«&nbsp;d’un beau buste de Victor Hugo, fait par un sculpteur ouzbek, qui trônait au milieu de la bibliothèque&nbsp;».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72150" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-8.jpg 2016w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Nazira Yussupova, spécialiste de la phonétique, fut professeure de français au 112 de la rue Zulfiya Khonim. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les missions de cette nouvelle structure sont restées les mêmes&nbsp;: l’enseignement du français, l’organisation d’évènements culturels et la diffusion d’informations sur la France. Celle-ci comprend alors 6 salles de cours. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nazira Yussupova y a enseigné le français. Âgée aujourd’hui de 84 ans, cette spécialiste de la phonétique n’a pas perdu son dynamisme et sa diction parfaite. Pendant 12 ans, elle fut aussi présentatrice d’une célèbre émission, <em>« Parlez-vous français ? »</em>, diffusée sur la quatrième chaîne de la télévision nationale ouzbèke. <em>« Pour moi, le français c’est de la musique »</em>, aime-t-elle raconter. Elle se souvient de l’ambiance très chaleureuse qui se dégageait de ce lieu : <em>« Avec les professeurs, nous étions très liés. L’équipe pédagogique était très soudée et compétente. Et les étudiants étaient très contents. C’était de belles années ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En 2015, le «<em>&nbsp;112 de la rue Zulfiya Khonim</em>&nbsp;» redevient une<br>alliance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Puis d’un centre culturel, on est passé à un institut français en 2010, avant que l’endroit ne redevienne, en 2015, à nouveau une alliance. Si le nom et le lieu ont parfois changé, la vocation est toujours restée la même&nbsp;: promouvoir et diffuser la culture française à travers l’apprentissage de sa langue.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72151" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-2048x1536.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-9-1-600x450.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’actuelle Alliance française de Tachkent en Ouzbékistan, située au 112 de la rue Zulfiya Khonim. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la grande bâtisse d’un jaune ocre de l’alliance, il faut chercher dans les archives pour trouver quelques reliques de toute cette histoire mouvementée. C’est <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/dilshod-akhmedov-directeur-de-lalliance-francaise-de-tachkent-avec-le-francais-portrait/">Dilshod Akhmedov</a>, l’actuel directeur de l’alliance française de Tachkent, qui nous conduit dans une petite salle servant de réserve au sous-sol. A l’intérieur, <em>«&nbsp;c’est un peu la caverne d’Ali Baba&nbsp;»</em>, s’amuse-t-il à dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’anciennes méthodes de français côtoient de vieux livres poussiéreux sur les étagères&nbsp;: dix ans qu’ils n’avaient pas vu l’once d’un rayon de lumière. Sur l’un de ces manuels, on peut y déchiffrer le titre&nbsp;: <em>« le français à grande vitesse&nbsp;»</em> et une date inscrite au dos&nbsp;: 1995. <em>«&nbsp;Les livres anciens, nous les gardons dans les archives pour ne pas les perdre, car ce sont des livres vraiment précieux. Ils sont tous répertoriés sur le logiciel de notre médiathèque. On peut les consulter et il est possible de les emprunter&nbsp;».</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72152" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-10.jpg 2016w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Dilshod Akhmedov, actuel directeur de l’Alliance française de Tachkent. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux élèves passés par l’alliance ont dû effleurer toutes ces pages frénétiquement. Quelquefois peut-être stressés de ne pas comprendre les méandres de la grammaire française, mais rêvant en secret de maîtriser la langue de Molière. Chaque année, ils sont près de 1 400 à pousser la porte de ce lieu, accueillis par une équipe d’une vingtaine de professeurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une bâtisse de plus en plus dédiée aux évènements culturels</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, pour se diversifier, l’alliance mise entre autres sur la programmation culturelle afin d’attirer un nouveau public. «&nbsp;<em>Nous voulons amener cette alliance à ressembler davantage à un centre culturel&nbsp;»</em>, explique Adrien Houguet, vice-président de l’Alliance française de Tachkent et chargé des affaires culturelles. «&nbsp;<em>On souhaite focaliser l’attention sur les échanges culturels mais aussi les échanges linguistiques entre artistes français et ouzbek</em>s <em>»</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72153" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-14.jpg 2016w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Adrien Houguet, vice-président de l’alliance française de Tachkent et chargé des affaires culturelles. © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Et puis, on aimerait aussi s’intégrer dans la scène culturelle locale, pour attirer de nouvelles personnes, </em>poursuit le vice-président.<em> Cet endroit, cette alliance, ce n’est pas uniquement un lieu pour les francophones : c&rsquo;est aussi pour tous les amoureux de la culture française. Et les artistes sont les bienvenus&nbsp;».</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Théâtre, conférences, projections de films, concerts, expositions… à côté de tous ces évènements, <em>«&nbsp;on passe aussi des examens comme le DELF ou le DALF, mais aussi le TCF »</em>, souligne Angela Bagdasaryan, qui continue de venir ici pour donner des cours particuliers de français.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-72154" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/PHOTO-15.jpg 2016w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une exposition consacrée à l’artiste Mariya Korovina, à l’Alliance française de Tachkent (mars 2025). © Louise Simondet</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Adrien Houguet, cette année est <em>«&nbsp;une étape clé pour la structure »</em>. Il souhaite avant tout que cette alliance demeure un <em>« lien entre la France et l’Ouzbékistan,&nbsp;et qu’elle favorise le dialogue interculturel entre ces deux pays&nbsp;»</em>. Car cela reste la vocation de l&rsquo;Alliance française de Tachkent : un pont entre deux peuples avec en trame de fond la langue française.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par Louise Simondet, </strong><br><strong>avec la contribution des élèves de l’université de journalisme et de communication de Tachkent</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le Tadjikistan, paradis des linguistes : rencontre avec un apprenant du tadjik</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 19:47:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjik]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/paradis-des-linguistes-rencontre-apprenant-du-tadjik/">Le Tadjikistan, paradis des linguistes : rencontre avec un apprenant du tadjik</a></p>
<p>L&#8217;Américain Jacob Serafino a décidé de s&#8217;installer au Tadjikistan et d&#8217;y apprendre le tadjik. Pour lui, la diversité des langues du pays, peu étudiées, en fait un paradis pour les linguistes. Jacob Serafino est un linguiste américain qui vit depuis quelques mois au Tadjikistan, où il s’est consacré à l’apprentissage de la langue tadjike. Il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/paradis-des-linguistes-rencontre-apprenant-du-tadjik/">Le Tadjikistan, paradis des linguistes : rencontre avec un apprenant du tadjik</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Américain Jacob Serafino a décidé de s&rsquo;installer au Tadjikistan et d&rsquo;y apprendre le tadjik. Pour lui, la diversité des langues du pays, peu étudiées, en fait un paradis pour les linguistes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jacob Serafino est un linguiste américain qui vit depuis quelques mois au Tadjikistan, où il s’est consacré à l’apprentissage de la langue tadjike. Il a passé huit ans en Ukraine, où il enseignait l’anglais à des étudiants étrangers. C’est à cette époque-là que son intérêt a été capté par l’Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui l’a particulièrement attiré au Tadjikistan, c’est son statut unique : c’est le seul pays de l’ancien espace soviétique où l’on parle une langue issue du persan au niveau officiel.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il ne vive au Tadjikistan que depuis récemment, il a déjà accompli des progrès remarquables dans l’apprentissage de cette langue. Dans une interview accordée au média Your.tj, il raconte son expérience, les défis, tout en exposant les aspects qui font du Tadjikistan un terrain d’étude du point de vue du linguiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mathématiques à la linguistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jacob Serafino est né et a grandi à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Omaha_(Nebraska)">Omaha</a>, l’une des plus grandes villes du Nebraska. Après avoir obtenu un premier diplôme universitaire en mathématiques, il a travaillé pendant plusieurs années dans une entreprise de marketing, où il gérait les statistiques appliquées et la programmation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ses études à l’université de sa ville natale, en plus des mathématiques, il a eu également l’opportunité d’apprendre le russe. À la fin de son cursus, il a obtenu une spécialisation complémentaire en russe. Lorsqu’il était étudiant, il s’engageait activement dans des activités sociales et du bénévolat, et, en évoluant dans un environnement multiculturel, il rêvait de vivre quelques temps à l’étranger.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’ai toujours voulu aller dans un autre pays. Après avoir terminé l’université, j’ai travaillé dans mon domaine, économisé de l’argent et continué à nourrir l’idée de vivre ailleurs »</em>, explique le linguiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aimait travailler dans le domaine des mathématiques et de la programmation, mais son intérêt pour les langues et la linguistique a fini par prendre le dessus. En 2014, ayant trouvé un poste d’enseignant d’anglais dans une université privée à Odessa, Jacob Serafino s’est installé en Ukraine. Enseigner sa langue maternelle n’a pas été facile au début, car il ressentait un manque de connaissances dans ce domaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Philologie ou linguistique ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un an plus tard, il intègre l’Université pédagogique nationale d’Ukraine du Sud au sein de la faculté de philologie. Comme il y a obtenu un diplôme lui permettant d’enseigner non seulement la langue russe, mais aussi la littérature mondiale, il a également pu enseigner l’anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, il a rapidement obtenu le certificat CELTA de l’Université de Cambridge, qui permet d’enseigner l’anglais langue étrangère aux adultes. Cette formation a permis à Jacob Serafino de mieux comprendre le fonctionnement des langues en général. Bien qu’il ait étudié la philologie, il se considère linguiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La linguistique étudie les mécanismes qui structurent les langues. La philologie représente une approche plus ancienne de l’apprentissage des langues à travers des textes. Les gens s&rsquo;étonnent que moi, mathématicien de formation, ait évolué en devenant linguistique. Mais la discipline de la linguistique prévoit une méthodologie quantitative pour l’apprentissage des langues, contrairement à la philologie, qui les appréhende par des textes littéraires »</em>, ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« L’Asie centrale évoquait pour moi quelque chose d’exotique »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir terminé ses études à l’université d’Odessa, Jacob Serafino est resté y enseigner l’anglais. Il travaillait principalement avec des étudiants étrangers, notamment originaires d’Asie centrale. À partir de ce moment-là, il a commencé à nourrir un intérêt pour les pays de cette région.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans mon groupe universitaire, quand j&rsquo;étudais la philologie, il y avait des étudiants originaires du Turkménistan. C’est alors que j’ai commencé à porter de l’intérêt aux pays d’Asie centrale. En communiquant avec eux, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’une culture complètement différente, qui pour moi, en tant qu’Américain, représentait une sorte d’exotisme. Ensuite, je me suis mis en tête de visiter cette région, un jour »</em>, affirme-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La langue tadjike a une grande valeur pour nous »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jacob Serafino s’était tellement habitué à l’ambiance d’Odessa que les États-Unis lui semblaient lointains, étrangers, peu familiers. Le 24 février 2022, lorsque la Russie envahit l&rsquo;Ukraine, il se trouvait à Odessa avec son épouse, Aliona, originaire d’Ukraine. Pendant un certain temps, il s’est engagé comme volontaire pour l’acheminement de l’aide humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/un-an-de-guerre-en-ukraine-quest-ce-qui-a-change-pour-lasie-centrale/">Un an de guerre en Ukraine : qu’est-ce qui a changé pour l’Asie centrale ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Au début, nous voulions rester à Odessa, car nous avons un amour profond pour l’Ukraine, et pour moi, cela représentait un lieu familier et confortable. Cependant, pour ma femme, il devenait très difficile de vivre sous les bombardements. Et pour moi, c’était dur de voir à quel point la guerre affectait ce pays »</em>, raconte-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le couple a alors quitté l’Ukraine pour se rendre en Allemagne, puis s’est envolé vers les États-Unis. Après quelque temps, ils ont finalement décidé de vivre dans un des pays de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des Etats indépendants</a> (CEI) et leur choix s’est porté sur le Tadjikistan. D’après lui, le Tadjikistan l’a toujours attiré du fait qu’il s’agit non seulement du seul pays persanophone d’Asie centrale, mais aussi de toute la CEI.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des langues rares et peu étudiées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le couple a visité le Tadjikistan pour la première fois en 2024, en tant que touristes. Ensuite, ils sont revenus s’y installer début 2025. Actuellement, l’apprentissage de la langue tadjike revêt une grande importance pour cette famille : mari et femme étudient la langue ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« D’un point de vue linguistique, je trouve qu’il y a des particularités interessantes dans la langue tadjike : une certaine partie des mots a été empruntée au russe, d&rsquo;autres à la langue arabe. C&rsquo;est assez extraordinaire, insolite. En outre, le Tadjikistan possède un nombre remarquable de langues rares et peu étudiées. Et, en tant que linguiste, je trouve cela passionnant. En général, le Tadjikistan est un paradis pour les linguistes. Peut-être que je vais me consacrer à l&rsquo;étude des autres langues locales, mais j’ai décidé de commencer par la langue nationale »</em>, explique Jacob Serafino.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La difficulté réside dans le fait que nous connaissons le russe »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec sa partenaire, Jacob Serafino étudie la langue tadjike dans deux établissements d’enseignement. Dans le premier établissement, NEKSOZ, où le couple a obtenu un visa d’études, il adopte une méthode plus traditionnelle par rapport à l’apprentissage de cette langue, avec des manuels scolaires, traductions de textes, dialogues, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les enseignants dispensent des cours en dehors de l’établissement, emmenant les étudiants en ville. Le couple suit aussi des cours dans une école de langue, Vision. Dans cet établissement, l’attention est portée à la langue parlée et les étudiants ne sont pas surchargés de devoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/">Portraits d’étrangers étudiant le kazakh</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Parfois, les locaux nous disent qu’il n’est pas vraiment necessaire d’apprendre la langue parlée mais seulement la langue littéraire. Cependant, nous apprécions l’approche employée par Vision, car nous devons savoir ce qu’on nous dit, par exemple dans les transports en commun »</em>, a-t-il souligné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, selon le linguiste, le principal obstacle à l’apprentissage de la langue tadjike pour lui et sa femme a été la langue russe : <em>« Avec ma partenaire, nous parlons parfois en ukrainien, parfois en russe, et chaque fois que les gens nous entendent parler russe, ils passent eux aussi immédiatement au russe. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un outil d&rsquo;intégration</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jacob Serafino a déjà appris de nombreuses phrases en tadjik et il est en mesure de comprendre les bases de la langue. <em>« Avec les chauffeurs de taxi, par exemple, j’essaie de ne parler qu’en tadjik. Même s’ils passent au russe, je fais semblant de ne pas comprendre »</em><strong>,</strong> dit-il en souriant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il raconte qu’il a rencontré, au Tadjikistan, quelques étrangers qui étaient venus sans connaître ni le tadjik ni le russe. Et c’est justement parce qu’ils ne parlaient pas russe qu’ils ont réussi à apprendre le tadjik en peu de temps.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je pense qu’ils n’avaient tout simplement pas d’autre choix, car c’est en quelque sorte une question de survie. Peut-être que moi aussi j’aurais atteint un meilleur niveau en peu de temps si je ne parlais pas russe. Cela dit, connaître le russe peut parfois être un avantage. Par exemple, cela nous a permis de trouver un logement et de gérer certaines situations du quotidien »</em><strong>,</strong> explique Jacob Serafino.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il affirme qu’il aimerait beaucoup apprendre le tadjik au moins à un niveau intermédiaire, voire plus avancé. Car la langue, selon lui, est l&rsquo;outil d’une bonne intégration dans la société. <em>« Pour nouer une amitié en tadjik, il faut au moins un niveau intermédiaire. J’ai déjà vécu ce type d’expérience en Ukraine. Et c’est ce niveau en tadjik que je cherche à atteindre aujourd’hui »</em>, conclut-il.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Somon Komilov<br>Journaliste pour Your.tj</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://your.tj/tadzhikistan-raj-dlja-lingvista-kak-amerikanec-izuchaet-tadzhikskij-jazyk-v-tadzhikistane/">russe</a> par Lisa D&rsquo;Addazio</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Dilshod Akhmedov, directeur de l’Alliance française de Tachkent : « Avec le français, j’ai découvert le monde »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance Française]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Novastan France]]></category>
		<category><![CDATA[Tachkent]]></category>
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<p>Cette année, l’Alliance française de Tachkent, en Ouzbékistan, fête ses dix ans d’existence. Les élèves de la classe 33-23 de l&#8217;école de Journalisme et de Communication à Tachkent sont allés à la rencontre de ceux qui font vivre cette Alliance, dont son directeur, Dilshod Akhmedov. En poste depuis près de huit ans, cet amoureux de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette année, l’Alliance française de Tachkent, en Ouzbékistan, fête ses dix ans d’existence. Les élèves de la classe 33-23 de l&rsquo;école de Journalisme et de Communication à Tachkent sont allés à la rencontre de ceux qui font vivre cette Alliance, dont son directeur, Dilshod Akhmedov. En poste depuis près de huit ans, cet amoureux de la culture française a vu l&rsquo;Alliance se transformer au fil du temps. Retour sur son parcours, avec pour fil conducteur : la passion pour la langue de Molière.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles sont posées comme des trophées sur les étagères. Lorsque l’on entre dans son bureau, c’est d’ailleurs la première chose que l’on remarque. Des photos bien alignées, ornées de cadres. Comme des trésors dans des écrins. <em>«&nbsp;À chaque fois que je regarde ces photos, je vois tout ce que la langue française a apporté dans ma vie. Avec le français, j’ai découvert le monde&nbsp;»,</em> tient à souligner Dilshod Akhmedov, le directeur de l’Alliance française de Tachkent, en Ouzbékistan.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Ces clichés, ils sont avant tout symboliques pour ce linguiste, spécialiste du français. Des souvenirs, aux côtés des présidents français et ouzbek à Paris. Des moments figés dans le temps, pour lui rappeler ce voyage en France. C’était il y a quelques semaines, en mars dernier. <em>«&nbsp;C’est une fierté pour moi, bien sûr, mais aussi pour l’Alliance française et pour toute ma famille.&nbsp;J’ai les mêmes photos chez moi&nbsp;! ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le traducteur officiel du président ouzbek</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur l’un de ces clichés, on le voit à l’aéroport d’Orly, situé à quelques kilomètres de Paris. Il trône au centre, costume cintré, entre les deux présidents. Un homme de l’ombre. Car Dilshod Ahkmedov avait l’honneur de faire partie de la délégation officielle ouzbèke, lors de la dernière visite du président <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, en France.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="480" data-id="70606" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Dilshod-Akhmedov-au-milieu-du-president-francais-et-ouzbek.jpeg" alt="" class="wp-image-70606" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Dilshod-Akhmedov-au-milieu-du-president-francais-et-ouzbek.jpeg 480w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Dilshod-Akhmedov-au-milieu-du-president-francais-et-ouzbek-300x300.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Dilshod-Akhmedov-au-milieu-du-president-francais-et-ouzbek-150x150.jpeg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/Dilshod-Akhmedov-au-milieu-du-president-francais-et-ouzbek-100x100.jpeg 100w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption class="wp-element-caption">Dilshod Akhmedov, au milieu du président français et ouzbek.</figcaption></figure>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en tant qu’interprète qu’il a été sollicité. Son rôle était bien défini&nbsp;: faire la traduction de son président, une mission qu&rsquo;il exerce depuis 2022. Une routine pour lui : cet exercice, il l’a réalisé de nombreuses fois, comme lors <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/visite-demmanuel-macron-en-asie-centrale/">de la dernière visite</a> du président français, Emmanuel Macron, à Samarcande, en novembre 2023.&nbsp;</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Et quand on lui demande s’il a une anecdote, il répond d’un air malicieux, tout en souriant&nbsp;: <em>«&nbsp;quand il y a des présidents, il n’y a jamais d’anecdotes&nbsp;!&nbsp;»</em> Il se souvient pourtant d’un moment qui a marqué son dernier voyage parisien, lors du dîner d’État à l’Élysée. Le président français, pour honorer son invité, a alors prononcé quelques mots en ouzbek. <em>« Cela m’a touché et m’a fait plaisir. <em>À</em> force d’effectuer plusieurs visites, il s’est mis à apprendre l’ouzbek et il a pu dire quelques mots&nbsp;».&nbsp;</em>Dilshod Akhmedov rajoute : <em>«&nbsp;Normalement, il devrait revenir l’année prochaine en Ouzbékistan. Je crois qu’il aimerait beaucoup visiter Boukhara et Khiva. Il connaît très bien l’histoire de notre pays&nbsp;».&nbsp;</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un <em>« coup de foudre pour le français »</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette visite à Paris a été l&rsquo;occasion pour Dilshod Akhmedov de se replonger dans ses souvenirs. Car c’est précisément dans la capitale française que tout a commencé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a 11 ans. Accompagné de sa mère et de sa sœur, il suit son père, alors diplomate, pour s&rsquo;installer en France en 1998. Celui-ci est en poste comme conseiller économique et commercial à l’ambassade d’Ouzbékistan à Paris. Un beau bâtiment, situé à quelques pas de l’Élysée. <em>« C’est à Paris que tout a commencé, que j&rsquo;ai eu un véritable coup de foudre pour le français. Résultat : nous avons passé trois ans en France avec ma famille. C&rsquo;est là que ma sœur et moi avons débuté l’apprentissage de cette langue »</em>. Au collège Molière, dans le 16<sup>ème</sup> arrondissement de Paris, il y étudie de la 6<sup>ème</sup> à la 4<sup>ème</sup>. <em>« Souvent le soir, je me rappelle qu’on se baladait en famille, après le dîner, le long de la Seine. C’était comme un rituel. J’aimais cette ambiance parisienne. »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/visite-demmanuel-macron-en-asie-centrale/">Ce qu’il faut retenir de la visite d’Emmanuel Macron en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, retour en Ouzbékistan, ce pays au ciel azur et aux coupoles turquoises. Son pays. <em>«&nbsp;<em>À</em> la fin de la mission de mon père, j’ai continué à apprendre la langue française, mais ici, à l’Alliance française de Tachkent&nbsp;»</em>. Il passe alors de nombreuses heures à étudier les méandres de la grammaire, mais aussi toute la complexité de la conjugaison de la langue de Molière. On le trouve la plupart du temps assis dans la vaste bibliothèque où s’empilent une multitude de livres sur les étagères. Ici, Victor Hugo côtoie Amélie Nothomb et bien d’autres auteurs de renom. Une véritable fenêtre ouverte sur le monde&nbsp;: celui de la littérature française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ensuite à la faculté de philologie française de l’Université des langues du monde, en plein centre de la capitale ouzbèke, qu’il continue de perfectionner son niveau de français. Pour son master, il décide de retourner dans la «&nbsp;Ville Lumière&nbsp;». C’est à l’Institut des langues et civilisations orientales (Inalco), non loin de la porte de Bercy, qu’il se passionne dorénavant pour les relations internationales. Puis direction le Nord de la France, pour un autre master.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’aventure comme directeur de l’Alliance française</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin de ses études, il décide de revenir définitivement en Ouzbékistan. Il suit alors les traces de son père, et travaille pour la chambre de commerce de Tachkent. C’est à ce moment-là qu’il découvre par hasard une offre d’emploi sur le site de l’Ambassade de France en Ouzbékistan. <em>«&nbsp;C’était pour le poste de directeur de l’Alliance française. Il y avait un délai d’un mois pour envoyer la candidature et je n’ai pas osé envoyer mon CV&nbsp;»</em>. Finalement, il attendra le dernier jour pour postuler officiellement. Il passe dans la foulée un entretien. Il est pris. <em>«&nbsp;C’est à partir de ce moment-là que l’aventure avec l’Alliance française a débuté !&nbsp;»</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lalliance-francaise-ouvre-une-antenne-dans-la-vallee-de-ferghana/">Ouzbékistan : l’Alliance française ouvre une antenne dans la vallée de Ferghana</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait maintenant huit ans qu’il coordonne une équipe d’une vingtaine de professeurs de français, dans ce lieu situé en plein cœur de la capitale ouzbèke. Et lorsque l’on y pénètre, on est d’abord happé par l’ambiance, une atmosphère un peu hors du temps. <em>«&nbsp;On se sent comme en France&nbsp;!&nbsp;»</em>, aime à préciser Dilshod Akhmedov.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le jardin parsemé de touches florales, une tour Eiffel miniature nous rappelle ce symbole de Paris. Ce parterre de fleurs précède une immense bâtisse, dont les murs ocre reflètent la lumière intense du soleil, dans ce pays aux étés brûlants. <em>«&nbsp;C’était d&rsquo;abord une maison. L’ancien propriétaire, un homme d’affaires du quartier, l’avait faite construire pour ses deux enfants. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a deux portes d’entrée, cela devait être divisé en deux parties&nbsp;». </em>L’Ambassade de France a alors commencé à louer le bâtiment. <em>«&nbsp;Ensuite, c’est devenu un Institut français, rattaché à l’Ambassade de France jusqu’en 2014, avant de devenir une Alliance française en 2015&nbsp;».</em></p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="640" height="480" data-id="70607" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/La-batisse-de-lAlliance-francaise-de-Tashkent-avec-sa-tour-Eiffel-miniature-tronant-dans-son-jardin.jpeg" alt="" class="wp-image-70607" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/La-batisse-de-lAlliance-francaise-de-Tashkent-avec-sa-tour-Eiffel-miniature-tronant-dans-son-jardin.jpeg 640w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/La-batisse-de-lAlliance-francaise-de-Tashkent-avec-sa-tour-Eiffel-miniature-tronant-dans-son-jardin-300x225.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/05/La-batisse-de-lAlliance-francaise-de-Tashkent-avec-sa-tour-Eiffel-miniature-tronant-dans-son-jardin-600x450.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></figure>
<figcaption class="blocks-gallery-caption wp-element-caption">L&rsquo;Alliance française de Tachkent, avec sa tour Eiffel miniature trônant dans son jardin.</figcaption></figure>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>De futurs projets plein la tête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ici, nous organisons des évènements autour de la culture et civilisation française. Il y a même quelquefois des gens de passage qui font une halte ici, avant de poursuivre leur périple en Ouzbékistan&nbsp;»</em>. Un lieu de passage, d’apprentissage, d’échange. Un lieu ouvert à tous les amoureux de la langue française. Chaque année, près de 1 400 élèves poussent la porte de ce bâtiment. Mais ce n&rsquo;est pas assez pour Dilshod Akhmedov, qui souhaite attirer encore plus de nouveaux apprenants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/le-francais-a-t-il-encore-un-avenir-en-asie-centrale/">Le français a-t-il encore un avenir en Asie centrale ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il n’est pas avare de futurs projets. <em>«&nbsp;J’aimerais qu’il y ait au moins une Alliance française dans chaque grande ville d’Ouzbékistan (Boukhara, Vallée de Ferghana…). Je souhaite que les personnes de ces régions-là aient aussi l’opportunité de découvrir la culture et la civilisation françaises&nbsp;»</em>. Le directeur espère aussi faire venir sur le sol ouzbek des universités françaises, telles que la Sorbonne. <em>«&nbsp;C’est comme ça que l’on pourra augmenter le nombre de personnes qui apprennent le français.&nbsp;» </em>Car si le français a changé sa vie, il souhaite aussi donner cette chance à ces compatriotes&nbsp;: <em>«&nbsp;Je vais faire le maximum pour que le français ait un rôle important dans la vie des jeunes ouzbeks&nbsp;».</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par Louise Simondet</strong> <strong>et les élèves de la classe 33-23 de l&rsquo;université de Journalisme et de Communication de Tachkent</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina </strong></p>


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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Passé, présent et futur. Quelle place y a-t-il pour le persan en Ouzbékistan ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[hgardezi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Dec 2024 05:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/quelle-place-pour-le-persan-ouzbekistan/">Passé, présent et futur. Quelle place y a-t-il pour le persan en Ouzbékistan ?</a></p>
<p>Les Tadjiks sont nombreux en Ouzbékistan. Cependant, les appartenances ethniques et linguistiques semblent être interprétées par chacun comme il le souhaite. Novastan s'est entretenu sur le sujet avec le chercheur Richard Foltz. Bien que parlé par une importante partie de la population, le persan n’est que rarement lié à l’histoire et à l’identité ouzbèke, restant [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/quelle-place-pour-le-persan-ouzbekistan/">Passé, présent et futur. Quelle place y a-t-il pour le persan en Ouzbékistan ?</a></p>
<p><strong>Les Tadjiks sont nombreux en Ouzbékistan. Cependant, les appartenances ethniques et linguistiques semblent être interprétées par chacun comme il le souhaite. Novastan s'est entretenu sur le sujet avec le chercheur Richard Foltz.</strong></p>
<p>Bien que parlé par une importante partie de la population, le persan n’est que rarement lié à l’histoire et à l’identité ouzbèke, restant perçu comme l'héritage des Tadjiks des pays voisins. Novastan s’est entretenu avec le chercheur et écrivain canadien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Foltz">Richard Foltz</a> pour se pencher sur l’histoire et l’avenir de cette langue dans le pays. Entre réformes, mensonges et pragmatisme, l’auteur décrit un parcours semé d'embûches.</p>
<p>Son ouvrage <em>Les Tadjiks : persanophones d’Afghanistan, d’Ouzbékistan et du Tadjikistan</em> est <a href="https://www.editions-hermann.fr/livre/les-tadjiks-richard-foltz">disponible</a> depuis avril dernier en français aux éditions Hermann.</p>
<p><strong>Novastan&nbsp;: En remontant un petit peu dans le temps, comment à votre avis est-ce que les réformes de l’époque soviétique ont pu influencer la pratique du persan en Ouzbékistan ?</strong></p>
<p><strong>Richard Foltz&nbsp;:</strong> La plupart du territoire où les persanophones habitaient, y compris <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, qui restent encore des territoires persanophones, a été accordé à l’Ouzbékistan. Une république officiellement d’expression <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_turciques">turcique</a>. Un geste que les nationalistes et intellectuels tadjiks perçoivent comme une décapitation délibérée de la culture et de la civilisation tadjike par les bolchéviques. Et à mon avis, c’est un peu vrai. Les bolchéviques avaient pour but d’effacer la civilisation traditionnelle pour la remplacer par une nouvelle civilisation soviétique.</p>
<p>Les Tadjiks étaient les gardiens de la civilisation islamique depuis 1000 ans : de l'éducation, des séminaires, des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dersa">madrasas</a> <em>(écoles islamiques, ndlr)</em> mais aussi de la littérature, de la bureaucratie et des confréries <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soufisme">soufies</a> <em>(courant adoptant des pratiques ésotériques et mystiques, ndlr)</em>. Presque tout ce qui a été de la haute civilisation islamique était aux mains des Tadjiks. En tant que nation, ils représentaient pour les bolchéviques le passé qui était devenu obsolète et qui devait être remplacé.</p>
<p>Mais comme la civilisation islamique était très enracinée en Asie centrale, ce n’était pas facile, alors qu’aux yeux des bolchéviques, les peuples turciques étaient plus modelables à leur goût. Ils les voyaient un peu comme une page blanche sur laquelle ils pouvaient écrire l'identité qu'ils voulaient. Cette identité ouzbèke a été construite par les bolchéviques. Le mot "ouzbek" existait depuis des siècles déjà, mais c'était tribal, il ne représentait ni une langue, ni une culture, ni un peuple.</p>
<p>Ce sont les bolchéviques qui ont de façon arbitraire appliqué ce nom aux turcophones urbanisés, et à cette époque-là c’était un peu compliqué, parce que la population urbaine de l'Asie centrale était pour la plupart complètement bilingue. Les gens s'exprimaient et en persan et en langue turcique. Pendant les premières années de la révolution, les élites d'Asie centrale ont compris la mentalité des bolchéviques, et étant donné qu'ils étaient bilingues, la plupart d'entre eux ont choisi l'identité qui leur donnait plus d'avantages dans le nouveau système.</p>
<p>Pas tous. Par exemple, <a href . . .
</p>

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		<title>Vladimir Poutine accueilli à Astana en grande pompe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Samad Alizade]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2024 06:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Coopération]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Nucléaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vladimir-poutine-accueilli-astana-grande-pompe/">Vladimir Poutine accueilli à Astana en grande pompe</a></p>
<p>Le président russe s'est rendu au Kazakhstan sur invitation de son homologue kazakh. Le pays a tout fait pour se montrer accueillant et élargir les perspectives de coopération. Le président russe a été chaleureusement accueilli au Kazakhstan par d'immenses banderoles "Votre Excellence M. Vladimir Poutine, bienvenue à Astana !" Le drapeau russe était partout dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vladimir-poutine-accueilli-astana-grande-pompe/">Vladimir Poutine accueilli à Astana en grande pompe</a></p>
<p><strong>Le président russe s'est rendu au Kazakhstan sur invitation de son homologue kazakh. Le pays a tout fait pour se montrer accueillant et élargir les perspectives de coopération.</strong></p>
<p>Le président russe a été chaleureusement accueilli au Kazakhstan par d'immenses banderoles <em>"Votre Excellence M. Vladimir Poutine, bienvenue à Astana !"</em> Le drapeau russe était partout dans les rues, et même au-delà : six avions ont rayé le ciel de blanc, de bleu et de rouge, rapporte <a href="https://rus.azattyq.org/a/kak-vstrechali-v-astane-vladimira-putina/33218069.html">Radio Azattyq</a>, la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe.</p>
<p>L'Internet kazakh a été inondé d'indignation en réaction à cette pompe jugée excessive. Bien que des affiches similaires, en kazakh et dans la langue maternelle de dirigeants étrangers, aient déjà trouvé leur place à Astana par le passé, ces cérémonies ont parfois été jugées trop flamboyantes.</p>
<p>Peut-être est-ce dû à la personnalité de l’invité, isolé sur le plan international. Avec ces gestes, Astana espère souligner l’importance de la personnalité de Vladimir Poutine ainsi que soulager quelques tentions après la guerre commerciale sur les exportations de céréales et le récent <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/commerce-russie-envoie-kazakhstan-roses . . .
</p>

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		<title>Comment les Tadjiks et Kirghiz d&#8217;un village du Tadjikistan vivent en paix depuis des décennies</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-tadjiks-et-kirghiz-dun-village-vivent-paix/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 May 2024 10:10:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Soghd]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-tadjiks-et-kirghiz-dun-village-vivent-paix/">Comment les Tadjiks et Kirghiz d&rsquo;un village du Tadjikistan vivent en paix depuis des décennies</a></p>
<p>Dans un village au Tadjikistan, une jeune fille kirghize a remporté le concours national Le livre, l&#8217;aube de la connaissance en langue tadjike. Depuis, le village fait figure d’excellence en matière d’unité entre les communautés tadjike et kirghize. Le village présenté par les autorités locales comme un modèle de cohabitation pacifique et harmonieuse s&#8217;appelle Sandjidzor. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-tadjiks-et-kirghiz-dun-village-vivent-paix/">Comment les Tadjiks et Kirghiz d&rsquo;un village du Tadjikistan vivent en paix depuis des décennies</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un village au Tadjikistan, une jeune fille kirghize a remporté le concours national <em>Le livre, l&rsquo;aube de la connaissance</em> en langue tadjike. Depuis, le village fait figure d’excellence en matière d’unité entre les communautés tadjike et kirghize.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le village présenté par les autorités locales comme un modèle de cohabitation pacifique et harmonieuse s&rsquo;appelle Sandjidzor. Il est situé dans le jamoat de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Lohuti,_Tajikistan">Lohuti</a> près de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Konibodom">Kanibadam</a>, au Tadjikistan. Le village a gagné en notoriété suite à l&rsquo;exploit de Makhina Iskhakova, une jeune fille de 12 ans d&rsquo;origine kirghize, qui a remporté la troisième place au concours national <a href="https://khadamotialoqa.tj/amri-prezidenti-%D2%B7um%D2%B3urii-to%D2%B7ikiston-dar-borai-barguzor-namudani-ozmuni-%D2%B7um%D2%B3uriyavii-fur%D3%AF%D2%93i-sub%D2%B3i-dono%D3%A3-kitob-ast-dar-soli-2024/"><em>Le livre, l&rsquo;aube de la connaissance</em></a> en 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aspect remarquable de la victoire de Makhina Iskhakova réside dans le fait qu&rsquo;elle est kirghize et a concouru en tadjik, connaissant plus de 1 000 vers de poètes tadjiks par cœur. C&rsquo;était une première qu&rsquo;une jeune habitante de Sandjidzor, une Kirghize, se distingue à ce prestigieux concours.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Cette réussite est également le reflet de l&rsquo;amitié entre les peuples, grâce à l&rsquo;engagement de son enseignante tadjike, Khilola Rouzieva, qui l&rsquo;a encouragée et préparée pour le concours. <em>« Madame Khilola Rouzieva s&rsquo;est chargée de trouver et de me fournir les livres nécessaires à ma préparation. Elle les a même apportés directement chez moi pour me permettre d&rsquo;étudier efficacement. Elle a été d&rsquo;une grande gentillesse, et sans doute, elle a partagé ma joie lorsque j&rsquo;ai réussi »</em>, témoigne la jeune fille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le village de Sandjidzor, un exemple à suivre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exemple du village Sandjidzor a été mis en avant lors d&rsquo;une conférence de presse à l&rsquo;été 2023 par Abdousalom Tukhtasounzoda, le maire de Kanibadam, qui a salué la coexistence pacifique et la tolérance entre les communautés tadjike et kirghize du village. Le maire a souligné que <em>« malgré les tensions aux frontières et les différends, les résidents de Sandjidzor, majoritairement kirghiz, vivent dans une entente cordiale avec leurs voisins tadjiks. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/tension-descend-entre-kirghizstan-et-tadjikistan/">La tension descend entre le Kirghizstan et le Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le village, autrefois appelé Djigdalik, se trouve près de la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan, le long du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Réservoir_de_Kaïrakkoum">réservoir de Kaïrakkoum</a>, surnommé la mer du Tadjikistan. D&rsquo;après les données du Bureau des statistiques de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd">Soghd</a>, 993 personnes résident à Sandjidzor, dont 90 % sont d&rsquo;origine kirghize. Ces derniers se sont installés dans le village il y a longtemps, choisissant de vivre en harmonie avec la population tadjike.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Khodjaroï Yousoupova, la grand-mère de Makhina, originaire du Kirghizstan et ayant emménagé à Sandjidzor, partage son expérience : depuis des années, elle se consacre à la broderie traditionnelle de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzani">suzanis</a>, sans jamais avoir rencontré de problèmes avec ses voisins tadjiks.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pendant plus d&rsquo;un demi-siècle ici, personne ne m&rsquo;a jamais désignée du doigt en tant que Kirghize. On dit que l&rsquo;on ne choisit pas ses voisins. C&rsquo;est vrai, car un voisin est un cadeau de Dieu, et la coexistence pacifique est un signe de conscience humaine »</em>, déclare Khodjaroï Yousoupova. Elle souligne qu&rsquo;elle participe à tous les rites funéraires et aux célébrations joyeuses de ses voisins, où elle est traitée avec respect. Cette attitude prévaut parmi tous les habitants du village.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une éducation basée sur la coexistence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le secret de la cohabitation pacifique réside, selon Sirodj Bozorov, un enseignant à l&rsquo;école n°28 de Sandjidzor, dans le fait qu&rsquo;en éduquant les enfants de cette terre depuis plus de 35 ans, il n&rsquo;accorde jamais d&rsquo;importance à leur nationalité, les considérant tous comme ses propres enfants<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre école accueille des enfants tadjiks et kirghiz. L&rsquo;enseignement est dispensé en kirghiz. Tout au long de ma carrière, j&rsquo;ai enseigné à des centaines de personnes, mais je n&rsquo;ai jamais entendu parler de conflits nationaux parmi mes élèves. Aujourd&rsquo;hui, de nombreux anciens élèves, tadjiks et kirghiz, me saluent en m&rsquo;appelant Mouallim </em>(professeur en tadjik, ndlr)<em> et expriment leur respect en me voyant »</em>, souligne l’enseignant.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Interrogés sur les secrets de cette coexistence pacifique, Khojaroï Yousoupova et Sirodj Bozorov soulignent une réalité indéniable. <em>« Il n&rsquo;y a pas de problème entre les peuples tadjik et kirghiz ; ils ont vécu ensemble pendant de nombreuses années et continueront de vivre ensemble. Les conflits frontaliers doivent être résolus le plus rapidement possible et ne doivent pas affecter négativement les relations entre les deux peuples. C&rsquo;est l&rsquo;opinion partagée par tous les habitants du village, et c&rsquo;est là le secret de la coexistence pacifique à Sandjidzor »</em>, insistent-ils.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le futur prometteur de Makhina</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les rêves de Makhina, Saïfoullo Rahmatov, adjoint au chef du Département de l&rsquo;éducation de Soghd, explique que l&rsquo;enseignement à l&rsquo;école n°28 de Kanibadam et à l&rsquo;école n°20 d<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isfara">&lsquo;Isfara</a> suit le programme du ministère de l&rsquo;Education et des Sciences du Tadjikistan, mais est dispensé en langue kirghize. <em>« Selon le programme élaboré par le ministère, les élèves apprennent leur langue maternelle, la littérature, l&rsquo;histoire générale et l&rsquo;histoire du Kirghizstan »</em>, précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement, de nombreux élèves de l&rsquo;école de Makhina Iskhakova admirent cette jeune gagnante et aspirent à suivre son exemple, cherchant à recevoir les éloges de leurs concitoyens. C&rsquo;est pourquoi cette année, dix élèves de l&rsquo;école de Makhina ont participé au même concours.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Makhina, quant à elle, ne compte pas s&rsquo;arrêter là. Elle continue de travailler dur, étudiant les œuvres d&rsquo;écrivains et poètes tadjiks et kirghiz, et croit qu&rsquo;elle deviendra la gagnante absolue de ce concours. De plus, Makhina s&rsquo;efforce d&rsquo;inciter ses pairs à apprendre. Après avoir terminé ses études, la jeune fille souhaite devenir professeure de langue et littérature tadjikes, contribuant ainsi à l&rsquo;éducation des enfants du village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus de 56 000 citoyens ethniquement kirghiz vivant actuellement au Tadjikistan, principalement dans les régions de Djirgatal, <a href="https://www.novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/">Mourghab</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Spitamen_District">Spitamen,</a> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jabbor_Rasulov_District">Djabbor Rasoulov</a> ainsi que dans les villes de Kanibadam et Isfara, les histoires comme celle de Makhina et le modèle de coexistence pacifique de Sandjidzor offrent une vision positive pour l&rsquo;avenir des relations interethniques dans la région.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Farzona Mourodi<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20240204/kak-v-sele-tadzhikskogo-kanibadama-sandzhidzor-vekami-mirno-zhivut-kirgizi-i-tadzhiki">russe</a> par Macha Toustou</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Sandra Attia</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Spectre de l’Ukraine et souveraineté kazakhe : l’avenir incertain de la langue russe au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[hgardezi]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Apr 2024 10:50:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/spectre-ukraine-souverainete-kazakhe-lavenir-incertain-russe/">Spectre de l’Ukraine et souveraineté kazakhe : l’avenir incertain de la langue russe au Kazakhstan</a></p>
<p>Dans le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, responsables mais aussi activistes kazakhs et russes se sont rendu coup pour coup à propos de l’avenir du russe au Kazakhstan. Une tension grandissante dont il importe de comprendre la portée. Un film sorti en mars dernier, produit par le député russe Andreï Lougovoï, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/spectre-ukraine-souverainete-kazakhe-lavenir-incertain-russe/">Spectre de l’Ukraine et souveraineté kazakhe : l’avenir incertain de la langue russe au Kazakhstan</a></p>
<p><strong>Dans le contexte de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, responsables mais aussi activistes kazakhs et russes se sont rendu coup pour coup à propos de l’avenir du russe au Kazakhstan. Une tension grandissante dont il importe de comprendre la portée.</strong></p>
<p>Un film sorti en mars dernier, produit par le député russe Andreï Lougovoï, compare l'Ukraine au Kazakhstan. Comme le rapporte <a href="https://rus.azattyq.org/a/deputat-gosdumy-lugovoy-vypustil-film-o-rusofobii-kazahstana-nazvav-ego-marionetkoy-anglosaksov-kak-reagiruyut-v-astane-/32895669.html">Radio Azattyq</a>, la branche kazakhe de Radio Free Europe, le Kazakhstan y est qualifié de <em>"pays où la russophobie s'accentue"</em>. Et ce n'est pas la première fois que de telles opinions se font entendre.</p>
<p>Invité dans l’émission du journaliste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Soloviev_(journaliste)">Vladimir Soloviev</a>, présentateur aligné avec les décisions les plus décriées du Kremlin, le politologue russe <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D1%80%D0%BE%D0%B1%D0%BD%D0%B8%D1%86%D0%BA%D0%B8%D0%B9,_%D0%94%D0%BC%D0%B8%D1%82%D1%80%D0%B8%D0%B9_%D0%9E%D0%BB%D0%B5%D0%B3%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Dmitry Drobnitsky</a> déclarait en <a href="https://twitter.com/Gerashchenko_en/status/1595041154202058752">novembre 2022&nbsp;</a>: <em>«&nbsp;Faisons attention au fait que le Kazakhstan est le prochain problème . . .</p>

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		<title>Un futur sans la langue russe en Asie centrale ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Mar 2024 06:51:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/futur-sans-langue-russe-asie-centrale/">Un futur sans la langue russe en Asie centrale ?</a></p>
<p>L&#8217;Asie centrale est l&#8217;une des rares régions du monde où la Russie tente toujours de contrôler les politiques linguistiques nationales. Cependant, de plus en plus d&#8217;États de l&#8217;espace post-soviétique optent pour le développement de leur langue nationale. L&#8217;Asie centrale, fortement marquée par l&#8217;influence persistante de la Russie sur sa politique linguistique, connaît un tournant significatif [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/futur-sans-langue-russe-asie-centrale/">Un futur sans la langue russe en Asie centrale ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Asie centrale est l&rsquo;une des rares régions du monde où la Russie tente toujours de contrôler les politiques linguistiques nationales. Cependant, de plus en plus d&rsquo;États de l&rsquo;espace post-soviétique optent pour le développement de leur langue nationale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Asie centrale, fortement marquée par l&rsquo;influence persistante de la Russie sur sa politique linguistique, connaît un tournant significatif depuis février 2022. De plus en plus d&rsquo;États de l&rsquo;espace post-soviétique s&rsquo;engagent dans le développement de leur langue nationale, signalant ainsi un changement majeur dans la dynamique linguistique de la région.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, dans les pays d’Asie centrale, comment le processus d’apprentissage de la langue nationale et du russe est-il mis en place&nbsp;? Pourquoi les activistes font-ils du développement des langues nationales leur priorité, et quelles voies de développement y a-t-il pour les langues nationales&nbsp;? Les journalistes de <a href="https://factcheck.kz/glavnoe/yazykovaya-dekolonizatsiya-stsenarii-buduschego-dlya-tsentralnoy-azii/">Facktchek.kz</a>, <a href="https://respublika.kz.media/archives/107955">Respublika.kz</a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZuMoBLhYuEk">Kloop.kg</a> et <a href="https://your.tj/bez-jazyka-s-kakimi-problemami-v-tadzhikistane-stalkivajutsja-te-kto-hochet-vyuchit-tadzhikskij/">Your.tj</a> explorent le processus d&rsquo;apprentissage des langues nationales et du russe dans cette région.</p>



<h2 class="wp-block-heading has-text-align-left">Tadjikistan&nbsp;: pour l’instant, le russe en perspective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La langue russe au Tadjikistan est <a href="https://your.tj/bez-jazyka-s-kakimi-problemami-v-tadzhikistane-stalkivajutsja-te-kto-hochet-vyuchit-tadzhikskij/">considérée</a> comme la clé d&rsquo;une carrière réussie et de l&rsquo;accès à la littérature, mais aussi à la technologie. Bien que l&rsquo;anglais soit beaucoup plus prometteur, le russe est plus accessible pour l&rsquo;enseignement au Tadjikistan. De plus, de nombreuses familles supposent que leurs enfants iront étudier dans des universités russes après l&rsquo;école ou, à terme, partiront travailler en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/"><strong>Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la sortie de leur école, de nombreux diplômés ne sont pas en mesure de parler couramment le tadjik. Apprendre la langue de manière autonome est également difficile. En 2023, les cours de tadjik se comptaient sur les doigts d&rsquo;une main, et une heure de cours coûtait près de 20 dollars (18,3 euros). Le système d&rsquo;enseignement de la langue n&rsquo;est pas structuré. De plus, les écoles enseignent le tadjik littéraire, qui diffère considérablement de la langue parlée moderne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kirghizstan : des tentatives de se libérer de la pression russe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fin 2023, le Kirghizstan a adopté <a href="https://president.kg/news/all/24396">une loi</a> sur la langue d&rsquo;État, obligeant les fonctionnaires, les députés, les enseignants et les professionnels de santé à maîtriser le kirghiz. Dans le cas inverse, ils risqueraient le licenciement. Les fonctionnaires russes et les médias de propagande ont déjà déclaré cette loi <em>« antidémocratique »</em>, avançant qu&rsquo;elle opprimerait la langue russe au Kirghizstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais pour l’instant, les fonctionnaires maîtrisent encore mal le kirghiz, comme le montrent les tests linguistiques qu&rsquo;ils passent depuis trois ans. <em>« Très peu de personnes ont réussi aux niveaux A1, A2, B1, B2. Parmi eux, ce sont principalement les Kirghiz qui n&rsquo;ont pas réussi, car ils étaient initialement orientés vers la langue russe [dans leur travail] »</em>, <a href="https://kloop.kg/blog/2023/12/25/zakon-o-gosyazyke-kak-kyrgyzstan-pytaetsya-usilit-rodnoj-yazyk-nesmotrya-na-davlenie-rossii/">explique</a> le chef de la Commission nationale de la langue d&rsquo;État et de la politique linguistique, Kanybek Osmonaliyev. Ainsi, il propose de donner aux fonctionnaires le temps d&rsquo;améliorer leur niveau de kirghiz, sinon, selon la nouvelle loi, ils devront être licenciés immédiatement.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le recensement de 2022, sur une population d&rsquo;environ 6,7 millions de personnes au Kirghizstan, environ 4,4 millions parlent le kirghiz. Le tout dans un contexte où de plus en plus de personnes souhaitent apprendre la langue nationale. Par exemple, depuis 2013, le projet Balastan publie des livres pour enfants en kirghiz. Aussi, depuis 2017, Bugupress traduit en kirghiz des best-sellers mondiaux : des livres sur les affaires, l&rsquo;économie, la littérature et autres œuvres de fiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays a également vu apparaître le studio <a href="https://www.facebook.com/rec55kg/">REC 55</a>, une équipe d&rsquo;enthousiastes qui doublent des films et des séries en kirghiz. Même la communauté informatique <a href="https://youtu.be/ZuMoBLhYuEk">DevKurultai</a> participe à l’accessibilité de la langue kirghiz puisque, sur leur site, il est possible d’apprendre la programmation en kirghiz.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kazakhstan&nbsp;: les activistes promeuvent le développement de la langue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La langue est un des sujets les plus conflictuels dans la société kazakhe. Des scandales linguistiques éclatent régulièrement dans le pays et la langue devient le principal élément de la rhétorique des politiciens à l&rsquo;agenda national-patriotique. Les discussions sur le renforcement de la position de la langue kazakhe deviennent de plus en plus tendues.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/au-kazakhstan-la-guerre-en-ukraine-donne-un-coup-de-pouce-a-la-langue-kazakhe/">La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le problème principal est évident : aucun gestionnaire public au cours des décennies d&rsquo;indépendance n&rsquo;a réussi à résoudre le défi d’organisation pédagogique, à savoir comment enseigner la langue kazakhe, aussi bien aux élèves qu&rsquo;aux adultes, note <a href="https://factcheck.kz/analitika/yazykovaya-dekolonizatsiya-uroki-ivrita-i-valliyskogo-dlya-kazahstana">Factcheck.kz</a>. Ce sont donc en premier lieu les enthousiastes activistes qui tentent de changer la situation dans le pays. Par exemple, l&rsquo;écrivain Kanat Tasibekov a créé sa propre méthodologie d&rsquo;apprentissage de la langue et a écrit le livre <a href="https://www.soyle.kz/book/view?id=7"><em>Kazakh situationnel</em></a>, en plus de fonder le club de langue kazakhe Mämile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kanat Tasibekov lui-même a commencé à apprendre le kazakh à l&rsquo;âge de 50 ans. <em>« J&rsquo;ai eu honte d&rsquo;être Kazakh et de ne pas parler kazakh. Un docteur en philologie me demande : n&rsquo;avez-vous pas eu honte avant l&rsquo;âge de 50 ans ? Je réponds : avant 50 ans, j&rsquo;avais d&rsquo;autres priorités, je devais gagner ma vie, établir mes enfants, marier ma fille, marier mon fils&#8230; C&rsquo;est un travail intellectuel important d&rsquo;apprendre la langue. Il faut du temps et des ressources »</em>, explique-t-il au média <a href="https://respublika.kz.media/archives/107955">Respublika.kz</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Turkménistan : le succès de la séparation linguistique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Turkménistan est allé plus loin que d&rsquo;autres pays d&rsquo;Asie centrale dans la restauration de la langue nationale : en 2020, seulement 18 % de la population du pays maîtrisait le russe à divers degrés. Cela a été favorisé par des réformes assez radicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;une part, la politique du premier dirigeant du Turkménistan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saparmyrat_Ny%C3%BDazow">Saparmourat Niyazov</a>, qui a dirigé le pays de 1985 à 2006, conjuguée à la situation socio-économique difficile du pays, a conduit à une émigration massive des Russes ethniques et de la population russophone. D&rsquo;autre part, la politique linguistique radicale a fonctionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/breve-histoire-de-la-langue-turkmene/#:~:text=de%20son%20histoire.-,Influenc%C3%A9e%20par%20le%20russe%20pendant%20la%20p%C3%A9riode%20sovi%C3%A9tique%2C%20la%20langue,par%20le%20m%C3%A9dia%20turkm%C3%A8ne%20Orient."><strong>Brève histoire de la langue turkmène</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage du cyrillique au latin a été un point clé. Dans les médias, une propagande massive a accompagné le processus de latinisation. Quant aux médias, il n&rsquo;est resté qu&rsquo;un seul journal en russe dans le pays. La réforme a également touché l&rsquo;éducation : malgré la politique déclarée d&rsquo;enseignement trilingue (turkmène, russe, anglais), les écoles russophones et les programmes universitaires en russe ont été éliminés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ouzbékistan : un pas en avant, deux en arrière</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ouzbékistan est un autre pays de la région qui avait prévu de passer du cyrillique au latin. Le processus a commencé en 1993. Cependant, tandis que le voisin turkmène est allé jusqu&rsquo;au bout, les autorités ouzbèkes n&rsquo;ont cessé de repousser les délais : de 2000 à 2003, puis à 2010, et maintenant à 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux manuels scolaires ont été transcrits en latin, mais très peu d&rsquo;œuvres littéraires, y compris des œuvres classiques d&rsquo;auteurs ouzbeks, sont adaptées dans cet alphabet. Les jeunes qui ne maîtrisent pas la variante cyrillique de l&rsquo;ouzbek se trouvent en fait coupés de l&rsquo;héritage littéraire mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-la-place-de-la-langue-russe-dans-ladministration-vivement-debattue/"><strong>Ouzbékistan : la place de la langue russe dans l’administration vivement débattue</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le russe ne soit pas la langue officielle en Ouzbékistan, il prédomine toujours dans les grandes villes, conserve des positions dans les affaires et la science, et un stéréotype s&rsquo;est renforcé dans la société selon lequel l&rsquo;enseignement en russe est de meilleure qualité qu&rsquo;en ouzbek.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un avenir sans la langue russe : quelles scénarios envisageables en Asie centrale&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de prédire les perspectives des langues nationales et du russe dans les pays d&rsquo;Asie centrale, mais les journalistes de Factcheck.kz ont examiné plusieurs scénarios possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nombre de personnes parlant russe en Asie centrale diminue constamment depuis 30 ans, et c&rsquo;est un processus naturel. <em>« Nous progressons résolument vers un avenir où très peu de personnes parleront russe, principalement concentrées dans les plus grandes villes, comme Almaty ou Bichkek. Les autres villes parleront les langues nationales, et c&rsquo;est normal, c&rsquo;est naturel »</em>, déclare l&rsquo;expert du <a href="https://carnegieendowment.org/carnegierussiaeurasia">Carnegie Center</a>, <a href="https://carnegieendowment.org/politika/experts/1738">Temour Oumarov</a>, à Kloop.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/les-russes-kazakhstanais-une-population-qui-fluctue-au-gre-de-la-guerre-en-ukraine/"><strong>Les Russes kazakhstanais, une population qui fluctue au gré de la guerre en Ukraine</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les Russes ethniques en Asie centrale forment une population vieillissante, dont l&rsquo;âge moyen est de 38 à 40 ans. Ainsi, la logique de ce scénario est que l&rsquo;influence de la langue russe disparaîtra avec les porteurs de l&rsquo;identité et de la culture russes. Cependant, en pratique, la position de la langue russe ne dépend pas directement du nombre de Russes ethniques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La voie des interdictions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes de Factcheck.kz soulignent que la politique de restrictions sévères sur l&rsquo;utilisation de la langue russe a fonctionné au Turkménistan et en Lettonie. Ainsi, dans ces pays, les langues officielles sont déjà ou deviendront bientôt les seules langues d&rsquo;enseignement, des jardins d&rsquo;enfants à l&rsquo;école secondaire.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Cette approche crée ce qui s’appelle un nid linguistique &#8211; un environnement où tous les adultes parlent avec les enfants dans la langue cible dès leur plus jeune âge. Si la langue est ensuite utilisée dans les universités et sur les lieux de travail, alors elle sort d&rsquo;une utilisation domestique pour entrer dans le domaine professionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La voie des compromis&nbsp;ou de la coopération</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un autre scénario, les pays mettront en œuvre de nombreux programmes gouvernementaux de développement linguistique. D&rsquo;autre part, ils soutiendront le russe de différentes manières pour maintenir de bonnes relations de voisinage avec la Russie, l’un des principaux partenaires économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le succès de la revitalisation d&rsquo;une langue repose sur une interaction productive entre le gouvernement, les experts et les initiatives civiques. L&rsquo;État fournit le cadre législatif et le financement, les experts et les activistes évaluent les besoins de la société et le niveau de préparation à certaines réformes. La clé du succès pour la mise en place de toute pratique de la langue réside dans la création d&rsquo;une motivation positive pour son apprentissage et son utilisation. La langue doit devenir nécessaire, utile et prestigieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/le-francais-a-t-il-encore-un-avenir-en-asie-centrale/"><strong>Le français a-t-il encore un avenir en Asie centrale ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une planification linguistique efficace n&rsquo;est généralement ni rapide ni populaire auprès de toutes les couches de la population. De plus, ces mesures ne rapporteront pas facilement des points politiques à leurs initiateurs. Les changements se produiront lentement, il est donc beaucoup plus facile d&rsquo;utiliser la question linguistique en jouant sur les sentiments populistes des citoyens.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Kloop</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://kloop.kg/blog/2024/01/31/v-tsentralnoy-aziii-na-russkom-yazyke-budet-razgovarivat-malo-lyudej/"><strong>russe</strong></a><strong> par Macha Toustou</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Victor Gomariz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Ecriture kouchane, émissions de méthane turkmènes et escargots radioactifs : résumé de recherches en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anthony Vial]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 11:53:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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<p>REVUE DE SCIENCE CENTRASIATIQUE - Au programme de cette sélection scientifique, le déchiffrement partiel de l’écriture kouchane 70 ans après sa découverte en Asie centrale, le Turkménistan parmi les plus gros émetteurs de méthane au monde, l’étude de populations de rongeurs par satellite au Kirghizstan et l’absorption des métaux lourds et du césium 137 par [&#8230;]</p>
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<p><strong>REVUE DE SCIENCE CENTRASIATIQUE - Au programme de cette sélection scientifique, le déchiffrement partiel de l’écriture kouchane 70 ans après sa découverte en Asie centrale, le Turkménistan parmi les plus gros émetteurs de méthane au monde, l’étude de populations de rongeurs par satellite au Kirghizstan et l’absorption des métaux lourds et du césium 137 par les escargots.</strong></p>
<p><em>De nombreux travaux de recherche menés par des instituts et universités locales ou ailleurs dans le monde éclairent sur l’Asie centrale. Chaque mois Novastan vous propose ici une sélection de quelques études récentes sur la région.</em> <em>Toutes&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tag/revue-de-science-centrasiatique/">nos revues de science</a></em>.</p>
<p><strong>L’écriture kouchane enfin déchiffrée</strong></p>
<p>C’est une énigme qui a résisté aux archéologues dès les années 1950. A partir de cette époque, des dizaines d’inscriptions sont retrouvées lors de fouilles archéologiques sur une zone couvrant le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et jusqu’au sud de l’Afghanistan. Écrites dans une langue inconnue, ces inscriptions allant de deux caractères jusqu’à plusieurs lignes de texte ont pu être attribuées à la culture <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kouchans">kouchane</a> dont l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_kouchan">Empire</a> dominait la région il y a environ 2 000 ans. En effet, une pierre gravée en trois langues, dont celle inconnue, mentionnait en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bactriane">bactrien</a . . .
</p>

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		<title>Le dilemme du Kazakhstan : comment équilibrer les modèles d’identité nationale ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jun 2023 22:31:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[Ethnicité]]></category>
		<category><![CDATA[Identité nationale]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakh]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Minorité]]></category>
		<category><![CDATA[Russes]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-dilemme-du-kazakhstan-comment-equilibrer-les-modeles-didentite-nationale/">Le dilemme du Kazakhstan : comment équilibrer les modèles d’identité nationale ?</a></p>
<p>Dans les pays d&#8217;Asie centrale, habités par différentes ethnies, la question de l&#8217;identité est complexe. Les Etats doivent trouver un équilibre promouvant l&#8217;identité de l&#8217;ethnie titulaire, tout en revendiquant l&#8217;aspect multiculturel des sociétés. Le cas du Kazakhstan est plus particulièrement sensible car le Nord du pays compte une importante part de Russes ethniques, ce qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les pays d&rsquo;Asie centrale, habités par différentes ethnies, la question de l&rsquo;identité est complexe. Les Etats doivent trouver un équilibre promouvant l&rsquo;identité de l&rsquo;ethnie titulaire, tout en revendiquant l&rsquo;aspect multiculturel des sociétés. Le cas du Kazakhstan est plus particulièrement sensible car le Nord du pays compte une importante part de Russes ethniques, ce qui peut laisser planer une menace séparatiste.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Début novembre 2022, le gouvernement kazakh <a href="https://www.dw.com/ru/grazdanstvo-kazahstana-tolko-dla-znausih-kazahskij-azyk/a-63710658">a annoncé</a> son intention d’introduire de nouvelles mesures pour la délivrance de la nationalité kazakhe. Avec les changements proposés, la méconnaissance de la langue kazakhe et le manque de culture historique et juridique du Kazakhstan sont des motifs suffisants pour refuser la délivrance de la nationalité à un demandeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alikhan_Sma%C3%AFlov">Alikhan Smaïlov</a>, <a href="https://parlam.kz/ru/mazhilis/question-details/19001">a déclaré</a> que ces mesures visaient à éviter les cas de double nationalité.&nbsp;En effet, les données du ministère de l&rsquo;Intérieur indiquent qu&rsquo;un grand nombre de citoyens de la République du Kazakhstan ont également la citoyenneté d&rsquo;un autre pays.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En fait, ces mesures ne sont qu’une partie du processus profond qui s’opère dans la société kazakhe. D’abord, les changements proposés mettent en évidence le dilemme actuel de l&rsquo;identité nationale du Kazakhstan.&nbsp;Le pays n’a pas de politique générale en la matière et le contexte actuel rappelle l’équilibre fragile entre deux modèles&nbsp;de la politique identitaire kazakhe : basée sur l&rsquo;ethnicité ou la citoyenneté. L’exigence d’un niveau minimum de kazakh illustre une dynamique ethnocentrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Double citoyenneté&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la double nationalité au Kazakhstan est délicate et certainement perçue comme cause potentielle de séparatisme. Le président <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> avait <a href="https://forbes.kz/process/tokaev_vyiskazalsya_o_dvoynom_grajdanstve/">déclaré</a> en 2021 que le problème de la double nationalité représentait une menace pour la sécurité nationale. Bien que l’origine de la menace ne soit pas évoquée directement, les données obtenues suggèrent qu’elle provient du voisin du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après les statistiques du ministère de l’Intérieur, entre 2015 et 2021, plus de 90 000 cas de double nationalité ont été enregistrés, dont plus de 85 000 sont des personnes ayant également la nationalité russe. Les cas de double nationalité sont concentrés dans les régions frontalières de la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/les-russes-kazakhstanais-une-population-qui-fluctue-au-gre-de-la-guerre-en-ukraine/">Les Russes kazakhstanais, une population qui fluctue au gré de la guerre en Ukraine</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_de_Kostana%C3%AF">Kostanaï</a>, en sept ans, plus de 31 000 cas ont été recensés. Ce nombre contraste fortement avec les régions du Sud du pays&nbsp;: moins de 1 000 cas ont été signalés dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_du_Turkestan">Turkestan</a> par exemple, pendant la même période. Dans deux régions voisines, la comparaison est tout aussi évidente. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan-Septentrional">La région du Kazakhstan-Septentrional</a> compte plus de 4&nbsp;500 cas, contre moins de 500 pour <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_d%27Atyraou">Atyraou</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des mesures contre le séparatisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre fait intéressant est l&rsquo;intensification de ce processus, qui a coïncidé avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Annexion_de_la_Crim%C3%A9e_par_la_Russie_en_2014">l&rsquo;annexion de la Crimée</a>. En 2021, les autorités ont enregistré plus de 17&nbsp;000 cas de double nationalité, alors qu’ils étaient respectivement de 2&nbsp;000 et 8&nbsp;500 en 2013 et 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps que le Kazakhstan <a href="https://kz.kursiv.media/2018-12-12/mvd-kazakhstana-nachinaet-okhotu-na-lic-s-dvoynym-grazhdanstvom/">promeut</a> activement l’échange de données entre les pays de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des Etats indépendants</a> (CEI), des nouvelles mesures sont adoptées pour limiter la double nationalité. En 2016, les employés des secteurs public et parapublic ont été touchés par une loi qui augmentait le montant de l’amende pour non-déclaration d’une double nationalité. Les amendements <a href="https://inbusiness.kz/ru/news/dvojnoe-grazhdanstvo-pokinte-kazahstan">permettent</a> également l&rsquo;expulsion simultanée des contrevenants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/comment-se-porte-la-diaspora-tadjike-au-kazakhstan/">Comment se porte la diaspora tadjike au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouvel article sur le séparatisme, adopté en 2014, mérite une attention particulière.&nbsp; L’Assemblée nationale kazakhe <a href="https://tengrinews.kz/kazakhstan_news/nakazanie-za-separatizm-ujestochat-v-kazahstane-253259/">introduit</a> de manière inattendue cet amendement un mois après l’annexion de la Crimée. Ledit article <a href="https://kodeksy-kz.com/ka/ugolovnyj_kodeks/180.htm#:~:text=%D0%A1%D0%B5%D0%BF%D0%B0%D1%80%D0%B0%D1%82%D0%B8%D1%81%D1%82%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F%20%D0%B4%D0%B5%D1%8F%D1%82%D0%B5%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%BE%D1%81%D1%82%D1%8C,-1.&amp;text=%D0%BD%D0%B0%D0%BA%D0%B0%D0%B7%D1%8B%D0%B2%D0%B0%D1%8E%D1%82%D1%81%D1%8F%20%D1%88%D1%82%D1%80%D0%B0%D1%84%D0%BE%D0%BC%20%D0%B2%20%D1%80%D0%B0%D0%B7%D0%BC%D0%B5%D1%80%D0%B5%20%D0%BE%D1%82,%D1%81%D0%B2%D0%BE%D0%B1%D0%BE%D0%B4%D1%8B%20%D0%BD%D0%B0%20%D1%82%D0%BE%D1%82%20%D0%B6%D0%B5%20%D1%81%D1%80%D0%BE%D0%BA.">prévoit</a> une peine de prison de cinq à dix ans pour tout appel à porter atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après les données du procureur général, depuis l’entrée en vigueur du texte en 2015, au moins 20 cas de poursuite sur la base de cet article ont été signalés dans tout le pays. <a href="https://rus.azattyq.org/a/31971781.html">L’un des derniers cas</a> est celui d’un couple de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petropavl">Petropavlovsk</a> ayant déclaré que le Nord du Kazakhstan devrait être annexé à la Russie. Les deux époux ont été condamnés à cinq ans de prison, preuve que la question du séparatisme est prise très au sérieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un deuxième passeport, gage de sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les motivations à l’origine d’une demande de citoyenneté russe sont très variables. Pour beaucoup, ce sont les prestations sociales qui peuvent être reçues en double&nbsp;: de nombreux cas de personnes recevant des allocations et des pensions de Russie ainsi que&nbsp;du Kazakhstan ont été rapportés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, une personne qui déménage en Russie pour travailler ne veut pas perdre la possibilité de revenir au Kazakhstan en cas de nécessité. C’est le cas de beaucoup de personnes qui voient dans le passeport russe une garantie de sécurité en cas de crise, ce qui est d’autant plus vrai après <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/un-an-apres-les-manifestations-de-janvier-2022-quest-ce-qui-a-change-au-kazakhstan/">les événements de janvier 2022</a> au Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/un-an-apres-les-manifestations-de-janvier-2022-quest-ce-qui-a-change-au-kazakhstan/">Un an après les manifestations de janvier 2022 : qu’est-ce qui a changé au Kazakhstan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les motivations sont variées et ne sont pas nécessairement liées à des aspirations séparatistes, les autorités kazakhes peuvent raisonnablement redouter la répétition des scénarios géorgien et ukrainien : la concession de passeports aux populations frontalières et l’envoi subséquent de troupes russes <em>“pour garantir la sécurité des populations”</em>. La rhétorique ouvertement revancharde des autorités de la Fédération de Russie et l’invasion russe en Ukraine alimentent cette crainte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La position ambigüe de la Russie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici relever la position ambigüe de la Russie sur la question. En effet, la Russie a conclu un accord sur le transfert d’informations vers le Kazakhstan sur les citoyens kazakhs détenteurs de la nationalité russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la législation russe actuelle n’exige pas de renoncer à la citoyenneté kazakhe lors de l’obtention du passeport russe. La Russie a adopté <a href="http://duma.gov.ru/news/53951/">un projet de loi</a> qui simplifie l’acquisition de la citoyenneté russe pour plus de 20 catégories de personnes. Mais le plus alarmant reste le fait que la Russie a accordé l’asile politique à des individus accusés de séparatisme au Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 15 février dernier, les médias apprenaient que <a href="https://central.asia-news.com/en_GB/articles/cnmi_ca/features/2023/03/16/feature-02">Maxime Yakovtchenko</a>, accusé de séparatisme et d’incitation à la haine ethnique, avait reçu l’asile politique en Russie. Auparavant, il avait fui, malgré une assignation à domicile, et avait été arrêté par la police dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Rostov">Rostov</a> en Russie. Cette affaire crée un précédent dangereux et peut être perçue comme le signal d’un soutien plus marqué de la Russie aux mouvements séparatistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Langue, identité et citoyenneté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En examinant les changements apportés à la loi kazakhe, plusieurs points clés méritent d’être soulignés. Premièrement, la langue n’est pas un facteur déterminant sur l’opinion politique d’une personne. Elle est un facteur important et fort dans la formation de l&rsquo;identité ethnique et des opinions politiques, mais elle n&rsquo;est en aucun cas le facteur déterminant. Les militaires ukrainiens en sont des exemples frappants&nbsp;: ils <a href="https://www.npr.org/2022/04/24/1094567906/the-war-has-many-ukrainians-who-speak-russian-abandoning-the-language">utilisent</a> la langue russe tout en luttant pour leur indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/au-kazakhstan-la-guerre-en-ukraine-donne-un-coup-de-pouce-a-la-langue-kazakhe/">La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://gspp.nu.edu.kz/en/perceptions-of-national-identity-in-kazakhstan-pride-language-and-religion-article-by-gspp-assistant-professor-dina-sharipova/">Des facteurs plus importants</a> pour affirmer son identité nationale kazakhe seraient alors un sentiment de patriotisme, la connaissance de l’histoire du pays, le respect des lois, être né sur le territoire et, en dernier, la langue. Bref, une personne peut être kazakhe sans maîtriser cette langue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, l&rsquo;efficacité de ces changements en tant que mécanisme de lutte contre les tentatives de double nationalité est discutable. Dans la plupart des cas, les personnes ayant une citoyenneté autre que kazakhe étaient à l&rsquo;origine des citoyens du Kazakhstan et n&rsquo;ont acquis la citoyenneté d&rsquo;un autre pays que plus tard. Pour ces personnes, les modifications proposées ne sont pas des obstacles. En outre, étant donné qu&rsquo;un certain nombre de Kazakhs ethniques à l&rsquo;étranger ne parlent pas le kazakh, les nouvelles règles peuvent devenir un obstacle pour eux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un statut ambigu pour la langue nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autre part, les modifications proposées sont une réponse à la demande croissante d&rsquo;un soutien plus fort à la langue kazakhe de la part du gouvernement. <a href="https://www.iri.org/resources/kazakhstan-focus-group-discussions-spring-2022-national-identity-in-kazakhstan/">Des études récentes</a> sur l&rsquo;identité nationale au Kazakhstan montrent que la langue kazakhe joue un rôle important pour la population. En revanche, les résultats révèlent une profonde insatisfaction quant au statut de la langue kazakhe, puisque dans certaines parties du pays, les personnes interrogées indiquaient un faible niveau de langue, et cela même parmi les Kazakhs ethniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/">Portraits d’étrangers étudiant le kazakh</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une législation faible concernant la politique linguistique du pays est citée comme une des principales raisons de cette situation, et ce sentiment est particulièrement fort chez les jeunes. Les révisions de la loi sur la citoyenneté semblent alors être une réponse logique à la demande croissante de la société. En réalité, ces propositions ne sont pas novatrices dans le domaine puisque des règles similaires existent dans la législation de nombreux pays à travers le monde. La Russie, par exemple, exige la connaissance de la langue russe pour obtenir la citoyenneté. Il en est de même dans les pays occidentaux libéraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, le Kazakhstan fait plutôt figure d&rsquo;exception, car la loi actuelle sur la citoyenneté ne précise pas que la connaissance d&rsquo;une langue quelconque est une condition préalable à l&rsquo;obtention de la citoyenneté de la République du Kazakhstan. Il n&rsquo;y a donc rien de fondamentalement nouveau dans les règles proposées par le gouvernement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre deux feux</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant les 30 dernières années, le gouvernement a su plus ou moins maintenir un équilibre entre les conceptions citoyenne et ethnique de l’identité nationale. Cet esprit se retrouve tant dans la Constitution qui a reconnu le kazakh comme la seule langue officielle que dans la <a href="https://online.zakon.kz/Document/?doc_id=1008034">Loi sur les langues</a> adoptée en 1997.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cela, le russe reste officiellement utilisé par les organismes gouvernementaux et les autorités locales. Tous les services publics, ainsi que les procédures judiciaires et la documentation des organismes d’Etat, sont accessibles dans les deux langues. La version actuelle de la loi sur la citoyenneté n&rsquo;exige pas la connaissance de la langue kazakhe ou de l&rsquo;histoire fondamentale du Kazakhstan pour obtenir la citoyenneté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-nationalisme-ethnique-ou-societe-de-citoyennete/">Ouzbékistan : nationalisme ethnique ou société de citoyenneté ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, le gouvernement encourage l&rsquo;utilisation de la langue kazakhe à travers la loi sur les langues, stipulant que tout citoyen de la République du Kazakhstan a le devoir de la maîtriser. Actuellement, la connaissance de la langue kazakhe est obligatoire pour les emplois du secteur public. En 2018, l’ancien président <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> a <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rr_5X1wS3lc">ordonné</a> que les réunions du gouvernement et du parlement se tiennent en kazakh.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, le gouvernement <a href="https://eadaily.com/ru/news/2022/02/07/bezhavshiy-na-ukrainu-kazahskiy-bloger-nacionalist-vernulsya-na-rodinu-i-sel-v-sizo">a réprimé</a> les nationalistes kazakhs et les séparatistes en introduisant dans le code pénal un article sur l&rsquo;incitation à la discorde interethnique. Et pourtant, le gouvernement a réussi à <a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/13537113.2017.1311143">mettre en œuvre</a> des éléments de nationalisme de citoyenneté et d’ethnie au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Kazakhs et les Kazakhstanais</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La législation actuelle reste plutôt floue dans la perspective d’éviter les conflits. La dernière action publique autour de la question identitaire était le dévoilement de <em>“la doctrine de l’unité nationale”</em>, datant de 2010 et proposant la fondation d’une nouvelle nation kazakhstanaise, terme faisant référence à tous les citoyens du pays, et non kazakhe, terme se référant à l’appartenance ethnique. Après sa publication, le projet a été <a href="https://www.dw.com/ru/%D0%BA%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%85%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD-%D0%B4%D0%BE%D0%BA%D1%82%D1%80%D0%B8%D0%BD%D0%B0-%D0%BD%D0%B0%D1%86%D0%B8%D0%BE%D0%BD%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%BE%D0%B3%D0%BE-%D0%B5%D0%B4%D0%B8%D0%BD%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B0-%D0%B8-%D0%B5%D0%B5-%D0%BA%D1%80%D0%B8%D1%82%D0%B8%D0%BA%D0%B8/a-5204411">critiqué</a> pour son manque de clarté autour du rôle de la nation titulaire et la menace potentielle pour l’assimilation des minorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cet incident, le gouvernement a maintenu une politique plutôt vague en matière d&rsquo;identité nationale. Il pourrait bien s&rsquo;agir d&rsquo;une ambiguïté stratégique, le sujet de l&rsquo;identité nationale étant considéré comme trop sensible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La législation actuelle reflète cette incertitude. D’un côté, le Kazakhstan facilite l’obtention de la nationalité par une procédure accélérée pour les <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9E%D1%80%D0%B0%D0%BB%D0%BC%D0%B0%D0%BD%D1%8B">Kandas</a>, les Kazakhs ethniques de l’étranger ayant choisi le rapatriement au Kazakhstan. De l’autre, en vertu des accords intergouvernementaux, le Kazakhstan permet aux citoyens de certains pays issus de l’ancienne URSS d’obtenir la nationalité de manière accélérée sous certaines conditions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question s’impose avec la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, depuis l&rsquo;annexion de la Crimée et l’invasion de l’Ukraine, il est de plus en plus difficile d&rsquo;ignorer la question de l’identité et du séparatisme. Les propositions du gouvernement changent. La langue kazakhe prend de l’importance, son statut s’élève et l’exigence d’un niveau minimum peut créer un mécanisme supplémentaire de lutte contre le séparatisme dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-diaspora-kazakhe-aide-lukraine-en-construisant-une-yourte-dindestructibilite/">La diaspora kazakhe aide l’Ukraine en construisant une «&nbsp;yourte d’indestructibilité&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, il était relativement aisé pour les citoyens de l’ancienne URSS de recevoir la nationalité kazakhe, particulièrement si les parents étaient déjà détenteurs de la citoyenneté. Les Russes et Biélorusses bénéficieront toujours d’une procédure accélérée mais seront amenés à passer des examens supplémentaires pour prouver un niveau minimum de langue, d’histoire et de droit kazakhs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces changements sont revêtus surtout d’une dimension symbolique. Les nouvelles règles ne concernant pas les détenteurs de la citoyenneté du Kazakhstan, ces changements seront à peine perceptibles pour la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un signal fort de passage à un modèle ethnique de la nationalité se ferait ressentir si, par exemple, la connaissance du kazakh devenait obligatoire pour obtenir le permis de conduire. Les changements proposés constituent cependant un grand pas, bien que plutôt symbolique, vers un modèle ethnique de l&rsquo;identité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une perception de l’identité en évolution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveaux changements de la loi sur la citoyenneté ont mis en lumière le dilemme de longue date de l&rsquo;identité nationale du Kazakhstan. Les incertitudes existantes disparaissent et le pays renforce ouvertement, bien que symboliquement, la dimension ethnique de la politique d&rsquo;identité nationale. Toutefois, cela ne signifie pas du tout qu&rsquo;il se dirige vers un nationalisme ethnique.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.inform.kz/ru/okolo-70-naseleniya-kazahstana-govoryat-na-kazahskom-yazyke_a3927921">La partie de la population</a> qui ne parle pas kazakh et le désir d&rsquo;éviter un conflit ouvert avec son voisin du Nord continueront d&rsquo;influencer la politique d&rsquo;identité nationale dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, il est difficile d&rsquo;affirmer que les dirigeants actuels du pays souhaitent réellement un modèle ethnique complet&nbsp;: au contraire, le rôle de la langue russe est souvent mis en avant par les responsables. Cependant, le rôle de la composante ethnique dans l&rsquo;identité nationale du Kazakhstan s&rsquo;accroît.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Dias Takenov<br>Journaliste pour Cabar</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://cabar.asia/ru/dilemma-kazahstana-kak-balansirovat-mezhdu-etnicheskoj-i-grazhdanskoj-modelyu-identichnosti">russe</a> par Arnaud Behr</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Clarissa Franken Dick</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Mathilde Garnier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Quel avenir pour le soft power chinois en Asie centrale ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 09:48:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/quel-avenir-pour-le-soft-power-chinois-en-asie-centrale/">Quel avenir pour le soft power chinois en Asie centrale ?</a></p>
<p>Ces dernières années, la Chine mène une politique médiatique plus globale visant à améliorer son image en Asie centrale. Avant la pandémie, Pékin mettait régulièrement l’accent sur l’éducation et la culture en accordant des bourses aux étudiants, aux journalistes et en organisant des voyages pour les fonctionnaires. Ces activités ont eu du succès auprès des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/quel-avenir-pour-le-soft-power-chinois-en-asie-centrale/">Quel avenir pour le soft power chinois en Asie centrale ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces dernières années, la Chine mène une politique médiatique plus globale visant à améliorer son image en Asie centrale. Avant la pandémie, Pékin mettait régulièrement l’accent sur l’éducation et la culture en accordant des bourses aux étudiants, aux journalistes et en organisant des voyages pour les fonctionnaires. Ces activités ont eu du succès auprès des jeunes qui souhaitaient étudier en Chine, apprendre la langue et découvrir la culture chinoise.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la mise en place des confinements, l’attrait de la Chine en tant que destination pour les études a quelque peu diminué, tout comme les autres possibilités de visiter le pays. Mais la Chine n’a pas abandonné l’espoir de développer des liens culturels plus profonds avec l&rsquo;Asie centrale. Aujourd’hui, l’ambassade de Chine au Kirghizstan, par exemple, organise activement des réunions avec les autorités, les médias et les universités pour parler de l’importance des relations bilatérales et du maintien de la paix et de la stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une façon générale, les relations entre le Kirghizstan et la Chine méritent une attention particulière. Bien que Bichkek ne soit pas un partenaire énergétique de premier plan pour Pékin, elle joue un rôle important en tant que corridor de transit et  banc d&rsquo;essai pour tester ses nouvelles technologies et approches diplomatiques. L’influence chinoise sur la sécurité au Kirghizstan et dans l’ensemble de la région d’Asie centrale devient également tangible. Par exemple, il existe des précédents de sociétés militaires privées chinoises qui gardent des objets d’investissement au Kirghizstan.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Maintenant que la Chine s’ouvre, après un long verrouillage, et qu’elle a levé pratiquement toutes les mesures restrictives, l’activité des entrepreneurs, des touristes et des grandes entreprises chinoises dans les pays de la région pourrait augmenter considérablement. Combiné à une stratégie d’information et de culture, cela pourrait profiter à l’image de la Chine dans les sociétés d’Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.linkedin.com/in/adina-masalbekova-507746195/">Adina Massalbekova</a> est chercheuse associée à l’<a href="https://www.osce.org/fr">Académie de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe</a> (OSCE) à Bichkek et chercheuse à <a href="https://oxussociety.org">Oxus Society</a>. Ses recherches portent sur les relations entre la Chine et l’Asie centrale, le développement sociopolitique de l’Asie centrale post-communiste et le fondamentalisme religieux. À l’Académie de l’OSCE, les recherches d’Adina Massalbekova se concentrent sur l’impact de l’influence de l’enseignement supérieur au Kirghizstan en termes d’emploi, de compréhension de la politique chinoise actuelle et de contribution aux carrières politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Central Asian Analytical Network (CAAN) :</strong> <strong>Pouvez-vous parler un peu de vous&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adina Massalbekova : </strong>Je m’appelle Adina Massalbekova. Je travaille actuellement comme jeune chercheuse associée à l’Académie de l’OSCE, où mes travaux portent sur l’analyse de la politique étrangère de la Chine. Plus précisément, mes recherches traitent de la manière dont les étudiants qui ont étudié en Chine évaluent la structure politique et, d’une manière générale, sur leur propre expérience de la vie et des études en Chine. En outre, j’ai également été et je continue d’être impliquée dans l’analyse de la politique étrangère chinoise. Dans le cadre d’autres projets, j’ai travaillé avec Oxus Society pendant l’été, en examinant et en mettant à jour une base de données sur les investissements chinois en Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/comment-lasie-centrale-est-elle-etudiee-en-chine-etapes-realisations-et-defis/">Comment l’Asie centrale est-elle étudiée en Chine ? Étapes, réalisations et défis</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon éducation est également liée à la Chine, c’est-à-dire que j’ai moi-même étudié directement dans le cadre du programme 2+2. Il s’agissait d’une initiative de la partie chinoise en collaboration avec l’université d’État de Bichkek. Puis j’ai suivi un programme de maîtrise à l’université pédagogique de la Chine de l’Est, dans la ville de Shanghai, où j’ai étudié la théorie politique, à partir de questions philosophiques, mais avec des exemples de politique et d’histoire chinoises.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est l’attitude de l’élite politique actuelle du Kirghizstan à l’égard de la Chine&nbsp;? En règle générale, dans les États d’Asie centrale, la Chine est perçue comme une source d’investissement et les différents représentants de l’élite politique tentent d’établir des relations avec la République populaire de Chine dans un but économique. Mais au Kirghizstan, la situation est légèrement différente.&nbsp;Même pendant les élections présidentielles, lorsque Sadyr Japarov est arrivé au pouvoir, il a été rapporté qu’un lobby pro-chinois était actif au sein de l’élite kirghize.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ensemble, le gouvernement et l’élite politique du Kirghizstan ont tout intérêt à coopérer. Tout d’abord, il n’y a pas que l’élite politique. Les masses voient aussi les avantages économiques. Il s’agit de la même sphère commerciale. Deuxièmement, cela est également dû au fait que la Chine est le plus grand créancier du Kirghizstan. Sa dette envers elle représente près de 2 milliards de dollars (1,8 milliards d&rsquo;euros), sur un total de 5 milliards de dollars (4,6 milliards d&rsquo;euros) de dettes étrangères. D’un autre côté, il s’agit également d’une sorte de dépendance économique. Le Kirghizstan doit donc entretenir de bonnes relations avec la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/le-projet-de-chemin-de-fer-traversant-la-chine-le-kirghizstan-et-louzbekistan-aboutit/">Le projet de chemin de fer traversant la Chine, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan aboutit</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, outre la dette extérieure, il est question de construire un <a href="https://novastan.org/fr/economie/le-projet-de-chemin-de-fer-traversant-la-chine-le-kirghizstan-et-louzbekistan-aboutit/">chemin de fer</a> entre la Chine, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. La Chine accorde une attention particulière à la sécurité dans la région de l’Asie centrale et à la sécurité de ses entreprises qui, par exemple, travaillent au Kirghizstan. Elles sont très souvent critiquées par la population locale. Mais l’influence de la Chine s’accroît lentement dans la région, en dépit de l’existence d’un autre acteur politique : la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En même temps, sur la question du lobby pro-chinois, je peux dire qu’il y a eu des rumeurs pendant les élections présidentielles, lorsque des accusations ont été lancées contre <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a> concernant ses liens avec les services spéciaux chinois. Le site <a href="https://factcheck.kg/">factcheck.kg</a> a mené <a href="https://factcheck.kg/svyazan-li-sadyr-zhaparov-so-speczsluzhbami-kitaya/">l’enquête</a> qui a révélé que Sadyr Japarov était ami avec un citoyen chinois, sans présenter aucune preuve établissant un lien avec les services secrets chinois. Certains ont également accusé <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Aigul_Japarova">Aïgoul Japarova</a>, l’épouse du président, d’essayer de promouvoir une amie. Mais là encore, un porte-parole a déclaré que la candidate au Conseil suprême n’était pas une amie de l’épouse du président. En fin de compte, ces accusations ont disparu d’elles-mêmes, je pense.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/lasie-centrale-ineluctablement-poussee-vers-laxe-pekin-moscou/">L’Asie centrale inéluctablement poussée vers l’axe Pékin-Moscou ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;élite politique essaie d’être plus prudente dans ses relations avec la Chine, car un scandale a déjà éclaté autour d’une centrale électrique. En effet, un prêt énorme &#8211; 386 millions de dollars (352 millions d&rsquo;euros) &#8211; a été contracté pour reconstruire la centrale électrique. Un an après l’achèvement de la construction, un accident s’est produit. Le <a href="https://www.nytimes.com/2019/07/06/world/asia/china-russia-central-asia.html">New York Times</a> a même écrit qu’il s’agissait d’une conséquence de certains prêts chinois. Les hommes politiques essaient donc toujours d’être prudents dans ce genre de situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la pandémie, le Kirghizstan a également été le premier à fermer sa frontière avec la Chine. Et cela aussi, comme l’ont prétendu certains politiciens, a quelque peu irrité et peut-être offensé les Chinois.&nbsp;Mais la Chine n’a pas ouvert ses frontières avec les pays d’Asie centrale pendant longtemps. Et cela pas seulement avec les pays d’Asie centrale, mais aussi de façon générale avec le monde entier, parce qu’il y avait des confinements très stricts dans toute la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/le-coronavirus-en-asie-centrale-une-occasion-en-or-pour-la-chine/">Le coronavirus en Asie centrale, une occasion en or pour la Chine ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, au Kirghizstan, une affaire a été ouverte à la suite d’un attentat terroriste contre l’ambassade de Chine. Cela a dû avoir un impact très fort sur les relations entre le Kirghizstan et la Chine. Un autre point négatif dans les relations entre le Kirghizstan et la Chine est que les Kirghiz ont de très fortes opinions anti-chinoises, qualifiées de sinophobes. Et il y a très souvent eu des cas où des salariés chinois se sont faits attaquer. Il y a quelques années, les manifestations anti-chinoises étaient également très fréquentes dans les endroits où les entreprises chinoises opéraient. Compte tenu de tous ces facteurs, il est probable que l’élite politique tente d’adopter une approche très prudente dans le cadre des relations avec la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jusqu’à récemment, la politique de la Chine en Asie centrale ne visait pas à se désengager. Au contraire, Pékin s&rsquo;intéressait à la stabilité régionale. Cependant, il s&rsquo;avère que cette approche a ses limites. Pékin a été très jaloux de toute initiative visant à rapprocher les cinq États d&rsquo;Asie centrale. Ainsi, immédiatement après l&rsquo;intensification de l&rsquo;intégration régionale en 2018, la Chine a commencé à promouvoir le format C5+1, soit Chine+Asie centrale. De cette manière, la Chine a pu interagir avec les pays de la région sans la Russie, c&rsquo;est-à-dire hors du cadre de l&rsquo;Organisation de coopération de Shanghai. Comment évaluez-vous le changement d&rsquo;approche de la Chine à l&rsquo;égard de l&rsquo;Asie centrale ? Quelles sont les spécificités et les particularités que vous voyez émerger ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient peut-être de noter que la Chine entretient en matière de sécurité des relations assez étroites avec le Kirghizstan, qui est l&rsquo;un des premiers membres de l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coopération_de_Shanghai">Organisation de coopération de Shanghai</a> (OCS). Et toutes sortes d&rsquo;exercices ont eu lieu depuis les années 2000. En d&rsquo;autres termes, la plateforme de l&rsquo;OCS visait et vise toujours, en général, à garantir le dialogue dans la région afin de maintenir la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/en-asie-centrale-la-chine-profite-de-lisolement-de-la-russie-en-guerre/">En Asie centrale, la Chine profite de l’isolement de la Russie en guerre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interaction avec les pays de la région sans la Russie évolue dans un sens plus positif et se caractérise par une coopération plus étroite. Ainsi, la première visite à l&rsquo;étranger de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xi_Jinping">Xi Jinping</a>, le président chinois, après la longue pandémie, s&rsquo;est déroulée dans les pays d&rsquo;Asie centrale. Dans le cadre de ces visites, des réunions bilatérales ont été organisées avec tous les dirigeants d&rsquo;Asie centrale. Selon de nombreux experts, cela montre que l&rsquo;Asie centrale est déjà une priorité de la politique étrangère chinoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;actuelle ambassadrice chinoise au Kirghizstan initie activement des réunions avec les autorités, ainsi qu&rsquo;avec les universités, les établissements d&rsquo;enseignement qui ont des départements d&rsquo;enseignement de la langue chinoise, où elle met souvent en avant les relations sino-kirghizes, l&rsquo;amitié entre les peuples et l&rsquo;importance du maintien de la paix et de la stabilité dans la région et du développement des relations stratégiques bilatérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ambassade a commencé à investir dans des initiatives à caractère social : il y a eu un investissement dans un fonds pour la formation des femmes à toutes sortes d&rsquo;activités artisanales en 2021 et 2022. L&rsquo;ambassade a soutenu un atelier pour apprendre aux femmes à coudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-situation-au-xinjiang-nest-pas-laffaire-du-kirghizstan-pour-lambassadeur-chinois-a-bichkek/">La situation au Xinjiang « n’est pas l’affaire du Kirghizstan » pour l’ambassadeur chinois à Bichkek</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, la Chine a accordé et continue d&rsquo;accorder de nombreuses bourses aux étudiants et aux médias : il s&rsquo;agit de voyages permettant de s&rsquo;intégrer davantage, de montrer la Chine, de présenter des informations et de les partager. Il y a de plus en plus d&rsquo;initiatives de ce genre. Et comme c&rsquo;est l&rsquo;ère de l&rsquo;information et des réseaux sociaux, ces initiatives sont également souvent promues et mises en avant sur ces réseaux, de sorte que la visibilité est déjà plus grande qu&rsquo;il y a 10 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient également de noter qu&rsquo;une résolution des Nations unies sur les questions ouïghoures a été adoptée récemment, à l&rsquo;automne, et qu&rsquo;une étude indépendante a été menée pour déterminer si les minorités ethniques étaient réprimées au Xinjiang. De nombreux experts, qui se concentrent généralement sur ce qui se passe au Xinjiang, ont également attiré l&rsquo;attention sur le fait que les pays d&rsquo;Asie centrale sont restés neutres suite aux résolutions des Nations unies par rapport à cette question. Après la visite de Xi Jinping, le Kazakhstan et le Kirghizstan ont voté contre. Ils ont donc voté en faveur de la Chine. Tous ces facteurs sont des indicateurs de la manière dont la Chine interagit. Elle est déjà plus active dans la région et sur le plan bilatéral.<br><br><strong>L&rsquo;influence informationnelle russe au Kirghizstan, ainsi qu&rsquo;au Kazakhstan, reste profonde. Mais comment l&rsquo;influence de Pékin évolue-t-elle dans cette sphère ? Par exemple, quels mécanismes les autorités chinoises utilisent-elles pour améliorer leur propre image dans le pays ? Et dans quelle mesure y parviennent-elles ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les bourses et les voyages ont déjà été mentionnés, mais d&rsquo;autres travaux sont aussi éclairants. Un <a href="https://osce-academy.net/en/research/publication/chinainca/">rapport</a> a été publié par <a href="https://www.atlanticcouncil.org/expert/niva-yau/">Niva Yau</a><em> : Managing Sentiment on the Western Periphery : Chinese Information Operations in the Kyrgyz Republic</em>. La recherche a été menée pendant deux ans et un très grand nombre de médias, d&rsquo;organes de presse et d&rsquo;influenceurs ont été analysés. C&rsquo;est-à-dire ce qu&rsquo;ils écrivent sur la Chine et comment elle est couverte. Les caractéristiques particulières de la stratégie utilisée par la partie chinoise ont également été montrées. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;inclusion des médias kirghiz, c&rsquo;est-à-dire de la coopération avec les journalistes des médias locaux. Il s&rsquo;agit principalement de médias d&rsquo;État. Ils participent également aux réseaux sociaux. De même, le média d&rsquo;État chinois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinhua">Xinhua</a> en russe opère au Kirghizstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence de la Chine dans les médias locaux renforce son image favorable. L&rsquo;accent est mis sur une image positive de la Chine pour le public kirghiz. On observe également que l&rsquo;ambassade de Chine fournit des informations aux médias locaux. En d&rsquo;autres termes, il y a une coopération avec l&rsquo;ambassade de Chine sur la manière dont elle souhaite voir l&rsquo;information. Comme il s&rsquo;agit d&rsquo;une représentation directe de la partie chinoise, ils insistent très souvent sur le fait qu&rsquo;ils sont les seuls à pouvoir fournir les informations les plus fiables, et que d&rsquo;autres sources, en particulier les médias étrangers, ne peuvent pas fournir d&rsquo;informations fiables. Lors de conversations avec des médias indépendants, il a été mentionné qu&rsquo;il y avait des cas où l&rsquo;ambassade de Chine pouvait les approcher et leur conseiller de se référer à des sources chinoises afin que l&rsquo;information destinée au public kirghiz soit fiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-le-premier-journal-de-chine-est-il-desormais-disponible-en-kazakh/">Pourquoi le premier journal de Chine est-il désormais disponible en kazakh&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il s&rsquo;est avéré que la Chine offre très souvent de grandes opportunités lorsque les journalistes, en particulier ceux des médias d&rsquo;État, sont invités à effectuer des stages et sont envoyés en voyage d&rsquo;affaires en Chine. Tout est payé par la partie chinoise. Les journalistes reçoivent également une allocation. L&rsquo;exemple des Jeux olympiques le montre clairement : un journaliste kirghiz s&rsquo;y est rendu et a couvert tout ce qui se passait directement sur place. Dans l&rsquo;ensemble, la réaction a été de dire que l&rsquo;influence sur les médias au Kirghizstan ne se ressentait pas. L&rsquo;important n&rsquo;est pas les moyens, mais l&rsquo;utilisation de tels mécanismes, qui ont leur public cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi parler des étudiants qui ont étudié en Chine : cela porte également ses fruits, ils diffusent des informations sur la Chine. Ces outils participent à la formation d&rsquo;une sorte de sphère d&rsquo;influence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Adina, vous avez étudié le thème de l&rsquo;influence culturelle de la Chine au Kirghizstan. Quelles sont les tendances observées dans ce domaine ? Les instituts Confucius et autres centres culturels et linguistiques chinois fonctionnent dans les pays centrasiatiques depuis de nombreuses années. Cependant, ils ne sont jamais devenus des centres importants qui éduquent les citoyens loyaux du Kirghizstan et du Kazakhstan. Vous avez également écrit récemment que l&rsquo;éducation chinoise perdait de son attrait aux yeux des citoyens kirghiz. Quel est le rapport avec tout cela ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne l&rsquo;influence culturelle chinoise au Kirghizstan et les raisons pour lesquelles elle n&rsquo;a pas été si efficace, je peux dire que le modèle éducatif chinois dans la région est une question apolitique et culturelle spécifique. Pas seulement dans la région, mais en général. Pour ce qui est de la diplomatie éducative en Chine, certains domaines d&rsquo;études politiques sont probablement plus des exceptions, ou ont une orientation neutre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-chine-partout-presente-au-tadjikistan/">La Chine partout présente au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des bourses disponibles sont axées sur les langues. Ou bien il s&rsquo;agit d&rsquo;une discipline qui vise à former des éducateurs qui enseigneront le chinois. À cet égard, de nombreux étudiants se concentrent sur l&rsquo;étude de l&rsquo;histoire. L&rsquo;histoire de la Chine, vieille de 5 000 ans, est très riche, avec ses caractéristiques culturelles, ses traditions, l&rsquo;art de l&rsquo;écriture des caractères chinois et de la calligraphie. Une grande importance est donnée à l&rsquo;apprentissage des instruments de musique. Des films, des séries télévisées sont montrés. Tout ce qui concerne la culture pop en Chine, que ce soit les séries télévisées, les films, la musique, tout est apolitique, parce qu&rsquo;en Chine même, ce sujet est soumis à la censure. Tout est très contrôlé. C&rsquo;est aussi dû aux différences culturelles. Le Kirghizstan est donc plus influencé par la culture pop russe et exposé à l&rsquo;influence occidentale en termes de consommation d&rsquo;informations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces orientations que l&rsquo;éducation chinoise propose perdent de leur pertinence au fil du temps. Un grand nombre d&rsquo;étudiants est tout simplement fatigué d&rsquo;attendre que les frontières s&rsquo;ouvrent. Ou bien les étudiants qui étudiaient et étudient encore en Chine sont également fatigués d&rsquo;être enfermés. Beaucoup sont venus au Kirghizstan pendant la pandémie. Je suis moi-même diplômée d&rsquo;une université chinoise et je peux dire qu&rsquo;il y a une grande différence entre l&rsquo;éducation dans le pays, surtout s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une université d&rsquo;État, et l&rsquo;éducation à l&rsquo;étranger. Beaucoup d&rsquo;étudiants ont donc commencé à chercher d&rsquo;autres opportunités &#8211; plutôt vers les pays occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/coronavirus-le-kirghizstan-fait-le-choix-de-la-russie-pour-sa-vaccination-de-masse/">Coronavirus : le Kirghizstan fait le choix de la Russie pour sa vaccination de masse</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;éducation chinoise a pu perdre son attrait à cause de l&#8217;emploi post-universitaire. En effet, de nombreux diplômés d&rsquo;universités chinoises à Bichkek, au moins, ont été confrontés au fait que de nombreuses entreprises chinoises ont quitté le pays pendant la pandémie ou ont fermé leurs portes. Les relations bilatérales se sont également fortement ralenties, voire arrêtées pendant un moment. Même les interprètes ou les assistants employés pour certains événements se sont retrouvés au chômage. Cela les a encouragés à chercher une alternative, à se reconvertir. Mais cela n&rsquo;a touché que les étudiants qui ont été formés et diplômés en Chine. Quant aux étudiants qui apprennent encore la langue chinoise et qui ne sont pas encore allés en Chine, ils souhaitent s&rsquo;y rendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la Chine ait récemment ouvert ses frontières, jusqu&rsquo;à présent, les voyages, les visas, la logistique due à la pandémie et l&rsquo;auto-isolement ont coûté beaucoup d&rsquo;argent, de sorte que certains étudiants attendent toujours de voyager à nouveau et d&rsquo;expérimenter la vie dont les étudiants qui sont allés sur place parlent. Mais la Chine a peut-être commencé à accorder moins d&rsquo;attention aux étudiants étrangers dès la pandémie, et c&rsquo;est devenu une priorité moins importante qu&rsquo;il y a deux ou trois ans, par exemple. L&rsquo;avenir dira si les choses évolueront une fois que la Chine aura totalement ouvert ses frontières au monde extérieur. Pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est assez lent. Mais c&rsquo;est en train de se produire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quant à la sinophobie au Kirghizstan, quelles sont les racines de ce phénomène dans la société kirghize ? Il y a quelques années, des habitants du Kirghizstan ont encore fait pression pour obtenir la fermeture d&rsquo;une usine à capitaux chinois. Comment les autorités officielles évaluent-elles les risques de sinophobie dans la société ? Les autorités prennent-elles en compte les demandes de la société ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De manière générale, la sinophobie n&rsquo;est pas une spécificité de l&rsquo;Asie centrale ; elle semble être présente dans le monde entier. Pour le cas du Kirghizstan, il s&rsquo;agit probablement d&rsquo;une interaction avec la communauté chinoise au Kirghizstan. Ce sont les travailleurs chinois qui exercent leurs activités sur les marchés de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dordoy_Bazaar">Dordoï</a> et de Karasou, les plus grands marchés du Kirghizstan, ainsi que dans les usines. Il s&rsquo;agit de la classe ouvrière chinoise. C&rsquo;est pourquoi les gens ont formé des stéréotypes négatifs. Et puis l&rsquo;image de la Chine elle-même se forme par l&rsquo;intermédiaire de ces travailleurs, que les gens rencontrent, qu&rsquo;ils observent. Le gouvernement kirghiz tente d&#8217;empêcher cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-kirghiz-et-le-celeste-empire-au-coeur-des-rassemblements-anti-chinois/">Les Kirghiz et le Céleste Empire : au cœur des rassemblements anti-Chinois</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine voulait investir dans un centre logistique à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Naryn_(ville)">Naryn</a>, mais la population locale a protesté pendant longtemps. Et elle n&rsquo;est toujours pas d&rsquo;accord. Mais <a href="https://www.novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-ce-que-lon-sait-de-sooronbai-jeenbekov-et-de-sa-famille/">Sooronbaï Jeenbekov</a>, l&rsquo;ancien président, et maintenant <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a>, organisent des réunions avec les résidents locaux, en essayant d&rsquo;expliquer que c&rsquo;est pour le bien du Kirghizstan, que cela apportera de la croissance économique et des emplois. Mais certains experts pensent que plus le Kirghizstan attire d&rsquo;investissements chinois et plus la population kirghize ressent la présence chinoise, plus le sentiment anti-chinois se renforce. Il faut également tenir compte de ce qui se passe au Xinjiang, car cela aussi renforce le sentiment anti-chinois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;industrie de la sécurité et de la défense est encore liée à la Russie. Il n&rsquo;est pas envisageable de substituer l&rsquo;ensemble de la coopération avec la Russie par des liens sporadiques avec d&rsquo;autres pays dans le domaine de la défense. Dans le même temps, il est évident que le monopole de la Russie dans le domaine de la sécurité diminue progressivement, ce qui est clairement visible au Tadjikistan, où les autorités coopèrent de plus en plus avec la Chine dans le domaine militaire. A quel niveau se situent aujourd&rsquo;hui les liens de sécurité entre le Kirghizstan et la Chine ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sein de l&rsquo;OCS, il y a eu plus de 60 à 70 formations militaires et formations conjointes au Kirghizstan même, où elles ont été menées selon des scénarios probabilistes. Ces scénarios prévoyaient très souvent de combattre et de capturer des groupes terroristes susceptibles de pénétrer au Kirghizstan depuis le Xinjiang. L&rsquo;accent est mis sur le fait que la mission de sécurité consiste précisément à lutter contre le séparatisme et le terrorisme. Et la partie chinoise attire l&rsquo;attention sur le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la lutte contre les séparatistes du Xinjiang.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/militairement-la-chine-pousse-ses-pions-au-tadjikistan/">Militairement, la Chine pousse ses pions au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a également une fourniture d&rsquo;équipements en provenance de la Chine. En 2021-2022, Pékin a fourni des équipements et du matériel militaire à la partie kirghize. Cela suggère qu&rsquo;il est trop tôt pour dire que cette coopération peut remplacer la Russie dans le domaine de la sécurité, mais elle se développe. La Chine a pris la responsabilité de mener le projet <a href="https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/ekman_smart_city_chinoise_2019.pdf">Safe City</a>, qui consiste en l&rsquo;installation de caméras et d&rsquo;équipements de surveillance. La Chine a également dispensé des formations sur la manière de traquer les criminels et s&rsquo;est particulièrement intéressée aux dissidents de la région autonome du Xinjiang, de sorte que le Kirghizstan coopère avec la Chine spécifiquement sur la prévention des <em>« actes terroristes »</em>. Au cours des 20 dernières années, un certain nombre de dissidents ont réussi à s&rsquo;échapper du Xinjiang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient également de mentionner les sociétés militaires privées, c&rsquo;est-à-dire les sociétés de sécurité, qui sont des sociétés chinoises introduites dans le cadre de la coopération, pour protéger les investissements chinois au Kirghizstan. Il y a eu très souvent des rassemblements anti-chinois et des cas de résidents locaux battant des travailleurs chinois. La Chine a réussi à persuader le Kirghizstan que cette mesure était nécessaire pour protéger les investissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La présence de l&rsquo;armée privée chinoise au Kirghizstan a-t-elle été officiellement confirmée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, l&rsquo;Oxus Society dispose d&rsquo;une base de données indiquant quelles entreprises sont protégées. Il existe six sociétés militaires privées qui fournissent des services de sécurité en Asie centrale. C&rsquo;est au Kirghizstan qu&rsquo;elles sont les plus nombreuses, car la loi et la Constitution les y autorisent plus facilement. La loi est très décentralisée par rapport au Kazakhstan et à l&rsquo;Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans quels domaines Bichkek devrait-elle limiter son engagement avec Pékin afin d&rsquo;éviter les risques et une dépendance excessive, et dans quels domaines est-il important de stimuler la coopération bilatérale ? Quels sont les domaines de la politique étrangère à développer pour harmoniser les relations sino-kirghizes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de souligner que le Kirghizstan a peu d&rsquo;analystes locaux susceptibles de fournir des analyses et des conseils à l&rsquo;administration présidentielle ou à d&rsquo;autres autorités. De nombreux accords et initiatives sont le résultat de réunions bilatérales avec la partie chinoise. Une plus grande attention devrait être accordée à l&rsquo;augmentation du nombre d&rsquo;experts locaux capables d&rsquo;évaluer tout cela.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, la Chine, par exemple, n&rsquo;a jamais remis de dettes à la partie kirghize, contrairement à la Russie. L&rsquo;opinion générale veut que la Chine soit le plus gros investisseur au Kirghizstan, mais personne ne tient compte des subventions et autres aides accordées par l&rsquo;Union Européenne et les États-Unis. En effet, il s&rsquo;agit principalement de projets de développement social. S&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;investissements économiques, ils ont également un impact sur la formation et sur certains processus qui aident la population locale dans différentes régions du pays. Il est donc faux de répandre l&rsquo;idée ou de penser que le Kirghizstan a une dette énorme envers la Chine et que c&rsquo;est un petit pays qui devient involontairement loyal envers telle ou telle grande puissance. Il faudrait construire une relation alternative. En d&rsquo;autres termes, plus le Kirghizstan aura de liens et coopérera avec d&rsquo;autres pays, moins il sera dépendant d&rsquo;un ou de deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le renforcement de l&rsquo;intégration de l&rsquo;Asie centrale ces dernières années est une bonne chose. Je suis moi-même un fervent partisan de l&rsquo;idée d&rsquo;unifier l&rsquo;Asie centrale. La guerre en Ukraine a accéléré ce processus. Je pense que l&rsquo;intégration de l&rsquo;Asie centrale elle-même réduira considérablement la dépendance vis-à-vis de la Chine mais aussi de la Russie. Elle contribuera au renforcement de chaque pays de la région.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Rouslan Izimov pour CAAN </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.caa-network.org/archives/24686/kak-kitaj-uvelichivaet-kulturnoe-vliyanie-v-czentralnoj-azii">russe</a> par Alexei Vasselin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
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		<title>La latinisation de l&#8217;alphabet continue de faire débat au Kirghizstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Apr 2023 06:30:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabet]]></category>
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		<category><![CDATA[Kirghiz]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-latinisation-de-lalphabet-continue-de-faire-debat-au-kirghizstan/">La latinisation de l&rsquo;alphabet continue de faire débat au Kirghizstan</a></p>
<p>Une loi examinée au Parlement sur la revalorisation du statut de la langue fait débat au Kirghizstan. Cela suscite de vives réactions du côté russe, préoccupé par la perte d&#8217;une influence culturelle certaine dans la République. Lors d&#8217;une réunion du Jogorkou Kenech, le Conseil suprême kirghiz, le 19 avril dernier, l’organe législatif a examiné et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-latinisation-de-lalphabet-continue-de-faire-debat-au-kirghizstan/">La latinisation de l&rsquo;alphabet continue de faire débat au Kirghizstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une loi examinée au Parlement sur la revalorisation du statut de la langue fait débat au Kirghizstan. Cela suscite de vives réactions du côté russe, préoccupé par la perte d&rsquo;une influence culturelle certaine dans la République.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d&rsquo;une réunion du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_supr%C3%AAme_(Kirghizistan)">Jogorkou Kenech</a>, le Conseil suprême kirghiz, le 19 avril dernier, l’organe législatif a examiné et adopté en deuxième lecture le projet de loi constitutionnelle « <em>Sur la langue d&rsquo;État de la République kirghize</em>« , <a href="https://www.for.kg/news-805526-ru.html">rapporte le média For.kg</a>. L&rsquo;initiateur du projet de loi est le président du cabinet des ministres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de loi, initié depuis 2021, nécessite encore une troisième et dernière lecture au parlement avant d&rsquo;être envoyé au président <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-et-le-national-populisme/">Sadyr Japarov</a> pour signature. Les partisans de la loi affirment que l&rsquo;idée est simplement de promouvoir l&rsquo;utilisation du kirghiz.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs députés ont soulevé différents points du projet de loi. Le député Emil Toktochev notamment estime que pour transformer la politique linguistique de l&rsquo;État, il est nécessaire d&rsquo;envisager le passage à l&rsquo;alphabet latin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à cette déclaration, la possibilité d&rsquo;un alphabet latin a fait le tour des médias. Cependant, le lendemain de l’adoption de la loi en deuxième lecture, le président Sadyr Japarov <a href="https://www.president.kg/ru/sobytiya/24613_prezident_sadir_ghaparov_prinyal_predsedatelya_nacionalnoy_komissii_po_gosudarstvennomu_yaziku_i_yazikovoy_politike_kanibeka_osmonalieva">a déclaré</a> qu’il n’était pas favorable à une latinisation du kirghiz, lors d’une réunion avec le président de la Commission nationale sur la langue d&rsquo;État et la politique linguistique, Kanybek Osmonaliev.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Prématuré&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Il est prématuré de parler du passage de la langue kirghize à l&rsquo;alphabet latin. Si l&rsquo;on n&rsquo;a pas une maîtrise appropriée de la langue officielle en cyrillique, il ne peut être question de passer à l&rsquo;alphabet latin […]</em>« , a tranché le président Sadyr Japarov, faisant taire les rumeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a néanmoins souligné la nécessité de poursuivre les travaux d&rsquo;amélioration de la politique linguistique et de renforcer les mesures de la Commission nationale, en accordant une attention particulière à la situation de la langue d&rsquo;Etat dans les ministères, départements et autres organismes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/au-kirghizstan-la-pression-saffirme-sur-les-personnalites-trop-critiques-de-la-guerre-en-ukraine/">Au Kirghizstan, la pression s&rsquo;affirme sur les personnalités critiques de la guerre en Ukraine</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, les discussions autour d’un alphabet latin débutent suite à la décision de l’ex-président kazakh <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> de <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-avance-doucement-mais-surement-vers-ladoption-de-lalphabet-latin/">latiniser l’alphabet kazakh</a> en 2017, notamment par une proposition du ministre de l’Education kirghiz de l’époque, Kanybek Isakov, expliquait <a href="https://russian.eurasianet.org/%D0%B2-%D0%BA%D1%8B%D1%80%D0%B3%D1%8B%D0%B7%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%D0%B5-%D0%B3%D0%BE%D1%80%D1%8F%D1%87%D0%BE-%D0%BE%D0%B1%D1%81%D1%83%D0%B6%D0%B4%D0%B0%D1%8E%D1%82-%D0%BF%D0%B5%D1%80%D0%B5%D1%85%D0%BE%D0%B4-%D1%81-%D0%BA%D0%B8%D1%80%D0%B8%D0%BB%D0%BB%D0%B8%D1%86%D1%8B-%D0%BD%D0%B0-%D0%BB%D0%B0%D1%82%D0%B8%D0%BD%D0%B8%D1%86%D1%83">un article</a> du média américain Eurasianet.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Russie contre la latinisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Russie, les médias se sont alors empressés de commenter la décision de soutenir la langue kirghize. Celle-ci se ferait au détriment du russe, un choix « <em>risqué</em> » pour les relations entre Bichkek et Moscou, <a href="https://www.rbc.ru/politics/21/01/2023/63ca82739a794704c8f07d89">note le site russe Rbc</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la langue russe prévoit en parallèle d’être sauvegardée au Kirghizstan. Dans une <a href="https://kabar.kg/news/interv-iu-sadyra-zhaparova-o-kyrgyzskom-iazyke-i-vruchenii-gosnagrad/">interview</a> à l&rsquo;agence de presse kirghize Kabar en décembre dernier, Sadyr Japarov a assuré que les autorités « <em>prenaient des mesures</em>« , notamment par la construction de nouvelles écoles de langue russe au Kirghizstan. En 2023, neuf écoles de ce type seront créées aux frais de Moscou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/au-kazakhstan-la-guerre-en-ukraine-donne-un-coup-de-pouce-a-la-langue-kazakhe/#:~:text=Soutenez%20Novastan%2C%20le%20media%20associatif%20d'Asie%20centrale&amp;text=Force%20est%20alors%20de%20constater,seconde%20place%20apr%C3%A8s%20le%20russe.">La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux jours après l’annonce de l’adoption du projet de loi en deuxième lecture, la Russie a annoncé l’arrêt des importations de tous les produits laitiers venant du Kirghizstan, <a href="https://fsvps.gov.ru/ru/fsvps/news/217953.html">sur ordre</a> de Rosselkhoznadzor, l’agence fédérale de surveillance vétérinaire et phytosanitaire. Comme le rapporte <a href="https://eurasianet.org/kyrgyzstan-russia-ties-tested-by-differences-on-trade-language">Eurasianet</a>, bien que ces deux événements peuvent sembler indépendants, la Russie peut montrer qu&rsquo;elle dispose de moyens de pression sur la République kirghize face à un éventuel détachement de son influence culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le seul pays turcique à garder l&rsquo;alphabet cyrillique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Kanybek Osmonaliev, en 1993, le Premier ministre de l&rsquo;époque, Abdygany Erkebaïev, avait signé un mémorandum lors du sommet des États turcophones sur la transition vers l&rsquo;alphabet latin, <a href="https://24.kg/vlast/263700_iztyurkoyazyichnyih_stran_tolko_kyirgyizstan_polzuetsya_kirillitsey_/">explique le média kirghiz 24.kg</a>, sans que l’annonce ait été suivie de décisions politiques concrètes.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">En effet, le Kazakhstan devrait finir la latinisation de son alphabet d’ici 2025, tandis que l’Ouzbékistan utilise un alphabet latin depuis 1993, comme le Turkménistan. Le Kirghizstan reste alors l’exception des pays turciques en Asie centrale.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lou Desmoutiers<br>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>


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		<title>Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Apr 2023 18:09:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
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		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-almaty-et-pas-alma-ata/">Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</a></p>
<p>Au Kazakhstan, le russe est une langue qui a un statut officiel, même si elle est associée aux époques soviétique et tsariste. L&#8217;héritage de cette période est encore très important dans les esprits : ainsi, la question de la désignation des villes n&#8217;est pas seulement culturelle, mais bien politique. Depuis 1991, le moment de l&#8217;indépendance, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-almaty-et-pas-alma-ata/">Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, le russe est une langue qui a un statut officiel, même si elle est associée aux époques soviétique et tsariste. L&rsquo;héritage de cette période est encore très important dans les esprits : ainsi, la question de la désignation des villes n&rsquo;est pas seulement culturelle, mais bien politique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1991, le moment de l&rsquo;indépendance, la présence très importante des russophones à l&rsquo;échelle nationale a joué un rôle dans la politique du Kazakhstan. Pourtant, le fait d&rsquo;affirmer une identité kazakhe est rapidement devenu important. C&rsquo;est ce qui donne lieu au changement du nom de l&rsquo;ancienne capitale, passé de Alma-Ata à <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> en 1993. Pourtant, l&rsquo;influence des russophones et de la langue russe n&rsquo;a pas disparu.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, les <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-bichkek-une-conference-sur-la-decolonisation-questionne-la-politique-memorielle-du-kirghizstan/">questions postcoloniales</a> ont occupé de plus en plus d’importance au Kazakhstan. L’évolution du sentiment national implique une préférence pour la langue kazakhe et, en conséquence, pour l’emploi des toponymes kazakhs plutôt que de leurs versions russes ou soviétiques. Cependant, beaucoup de personnes au Kazakhstan – tout comme les médias russes – continuent d’employer le nom Alma-Ata. Cet article explique pourquoi l’usage de l’ancien toponyme est incorrect au regard de l’histoire coloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Étymologie et sémantique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom d&rsquo;Almaty, dérivé de «&nbsp;almaly&nbsp;», évoque dans la langue kazakhe les pommiers. En effet, la ville a été baptisée d’après le lieu où elle a été construite, d’anciens champs de pommiers. Ce <a href="https://vlast.kz/avtory/53465-nazovi-mena-moim-imenem.html">toponyme</a> était d’ailleurs d’usage dans la littérature russe d’avant la révolution. Le nom&nbsp;Alma-Ata est une association de deux mots kazakhs – «&nbsp;pomme&nbsp;» et «&nbsp;grand-père&nbsp;» – qui ne respecte pas la grammaire kazakhe, ni aucune autre grammaire, et qui n’a pas réellement de sens en kazakh.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-bichkek-une-conference-sur-la-decolonisation-questionne-la-politique-memorielle-du-kirghizstan/">A Bichkek, une conférence sur la décolonisation questionne la politique mémorielle du Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines personnes défendent l’emploi d&rsquo;Alma-Ata en avançant qu’elle est une translittération du nom kazakh Almaty, tout comme&nbsp;Maskeou (Мәскеу) est la translittération kazakhe de&nbsp;Moscou. Cette comparaison n’a pas lieu d’être&nbsp;car Alma-Ata est une combinaison absurde de deux mots kazakhs, et non de deux mots russes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’analogue soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom Alma-Ata est apparu en 1921, selon un document signé M. Akhmetov, directeur du département de la langue, des archives et de la documentation de la ville d’Almaty. Il est écrit dans ce document que <em>«&nbsp;le 5 février 1921, la ville de Vernyi a été renommée Alma-Ata, en accord avec le nom du lieu où elle a été fondée&nbsp;».</em> En réalité, le toponyme historique Almaty a été transformé en Alma-Ata. Le changement de nom de la ville a été <a href="https://forbes.kz/life/opinion/kak_pereimenovali_alma-atu/">officialisé</a> par Ouraz Djandosovyi le 3 mars 1921.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-etait-akhmet-baitoursinoff-lhistoire-dun-enseignant-kazakh/">Qui était Akhmet Baïtoursinoff&nbsp;? L’histoire d’un enseignant kazakh</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Adopté en Union soviétique, le nom Alma-Ata n’a pas plus lieu d’être employé aujourd’hui que Vernyi, le nom de la ville sous l’Empire russe, de la même façon que Leningrad n&rsquo;est plus utilisé pour désigner la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pétersbourg">Saint-Pétersbourg</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La constitution de 1993</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1991, le Kazakhstan est devenu un État indépendant. La ville d&rsquo;Alma-Ata a été officiellement <a href="http://www.demoscope.ru/weekly/2004/0183/analit07.php">renommée</a> Almaty en accord avec la Constitution de la République du Kazakhstan du 28 février 1993. De ce point de vue, il n’y a aujourd’hui aucune raison d’employer son ancien nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union soviétique n’existe plus et prolonger l’emploi de l’ancien nom revient à continuer d’associer le Kazakhstan à l’Union soviétique ainsi qu’à la Russie. Au Kazakhstan, une partie de la population est habituée à l’usage soviétique d&rsquo;Alma-Ata et ne semble pas mesurer le poids que porte aujourd’hui ce terme obsolète.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comme disent les Russes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux journalistes russophones au Kazakhstan emploient le nom Alma-Ata en se référant à l’arrêté de l’Académie russe ainsi qu’à la prescription du président de la Fédération de Russie du 17 août 1995 qui stipule que, dans la <a href="http://www.demoscope.ru/weekly/2004/0183/analit07.php">langue russe, il est recommandé</a> d’utiliser le nom Alma-Ata. La plupart des médias et chaînes de télévision russes, mais aussi beaucoup de blogueurs et de personnalités publiques, emploient l’ancien toponyme. Par exemple, le youtubeur russe très suivi <a href="https://www.youtube.com/@varlamov">Ilya Varlamov</a> a employé dans plusieurs de ses vidéos le nom Alma-Ata<em>.</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Maria Rovinskaïa, membre de la commission orthographique de l’Académie russe, a <a href="https://www.mk.ru/social/2022/01/11/almaata-ili-almaty-lingvist-obyasnila-kak-nazyvat-goroda-kazakhstana.html">répondu</a> de manière condescendante à la question que se posent les Kazakhs quant à l’emploi du bon toponyme&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous avons ici sans doute un dilemme. Il y a, d’un côté, les toponymes inscrits dans les encyclopédies et sur les cartes. Et d’un autre côté, il y a un élan, un souhait de faire un pas vers nos amis à l’étranger qui veulent voir leurs toponymes tels qu’ils en ont l’habitude. Et plus encore si le pays utilise l’alphabet cyrillique. L’harmonie se trouve sans doute quelque part entre les deux, mais je ne suis pas vraiment encline à bousculer la norme de la langue russe&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, beaucoup de médias russes et de citoyens emploient la terminologie soviétique en arguant que ce terme est correct du point de vue de la grammaire russe, ce qui est erroné.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aleksandra Akanaïeva<br>Journaliste pour The Village Kazakhstan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du&nbsp;<a href="https://www.the-village-kz.com/village/city/asking-question/28405-pochemu-almaty-a-ne-alma-ata">russe</a>&nbsp;par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>
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		<title>Brève histoire de la langue turkmène</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Amiranoff]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2023 08:44:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabet]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/breve-histoire-de-la-langue-turkmene/">Brève histoire de la langue turkmène</a></p>
<p>Langue turcique ancienne, le turkmène admet de nombreux dialectes et a connu différents bouleversements au cours de son histoire. Influencée par le russe pendant la période soviétique, la langue a également emprunté aux langues voisines comme le kazakh, le turc et l&#8217;ouzbek. Cependant, depuis l&#8217;indépendance, l&#8217;Etat turkmène la remet en avant. Novastan reprend et traduit [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Langue turcique ancienne, le turkmène admet de nombreux dialectes et a connu différents bouleversements au cours de son histoire. Influencée par le russe pendant la période soviétique, la langue a également emprunté aux langues voisines comme le kazakh, le turc et l&rsquo;ouzbek. Cependant, depuis l&rsquo;indépendance, l&rsquo;Etat turkmène la remet en avant.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 9 septembre 2022 par le média turkmène <a href="https://orient.tm/ru/post/39696/turkmenskij-yazyk-ot-etrap-do-dikucar">Orient</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue turkmène est, parmi les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_turciques">langues turciques</a>, l’une des plus anciennes. Elle a pris sa forme définitive au début du XXème siècle. Elle appartient au groupe des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_oghouzes">langues oghouzes</a> et possède des caractéristiques très spécifiques, qui la distinguent des autres langues turciques. Un témoignage de l’ancienneté de la langue turkmène : le mot « etrap », qui désigne une région, dérive probablement du nom des régions de l’ancien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9m%C3%A9nides">royaume achéménide</a>, les satrapies. </p>



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<p class="wp-block-paragraph">

Les possibilités d’enrichissement de son vocabulaire sont presque illimitées : beaucoup de mots qui ont des sonorités similaires dans différentes langues sont très différents en turkmène. Par exemple, si le mot « hélicoptère » se dit « helicopter » en turc et « vertoliot » en ouzbek – comme en russe – il se dit « dikuçar » en turkmène. C’est un phénomène linguistique qui n’est pas nouveau et qui est également caractéristique de certaines autres langues.
</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une langue répandue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Pendant longtemps, le destin de la langue turkmène, comme de toute autre langue, a reposé sur ceux qui la parlaient, c’est-à-dire le peuple turkmène. Selon les données officielles, elle serait parlée par sept millions de personnes. Mais les locuteurs sont largement plus nombreux en réalité, du fait que l’ethnie turkmène soit présente dans les pays voisins, leur langue comporte de nombreux dialectes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/au-kazakhstan-la-guerre-en-ukraine-donne-un-coup-de-pouce-a-la-langue-kazakhe/">La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les migrations des tribus turkmènes, les guerres et les prises de territoires qui en ont résulté ont propagé la langue dans différentes régions d’Asie. Cependant, après l’annexion du territoire historique du Turkménistan par l’Empire russe, la langue turkmène a subi plusieurs influences. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le turkmène tour à tour soutenu et combattu sous l’URSS</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> D’une part, quand le pouvoir soviétique s’est constitué, la volonté d’autonomie des peuples de l&rsquo;ancien empire s’est exacerbée et les communistes ont d’abord soutenu cette tendance. Avec la formation de la République socialiste soviétique turkmène, la langue nationale a acquis le statut de langue officielle, et des manuels scolaires, des ouvrages et des journaux ont pour la première fois été publiés en turkmène. Mais, petit à petit, la politique des langues nationales a commencé à décliner. La langue russe, celle des prolétaires internationaux, est passée au premier plan, et si des textes en turkmène ont continué d’être publiés, le nombre de publications s’est réduit, et la langue, qui utilise l’alphabet latin, a subi la cyrillisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-la-place-de-la-langue-russe-dans-ladministration-vivement-debattue/">Ouzbékistan : la place de la langue russe dans l’administration vivement débattue</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à l’époque soviétique que des documents turkmènes ont été imprimés pour la première fois sur du papier offset. Les œuvres immortelles de <a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/Makhtoumkouli/175069">Makhtoumkouli</a>, Azadi, Mollanepes et Keminé ont été publiées sous forme de recueils et ont inspiré les lecteurs turkmènes, mais aussi les amateurs de littérature orientale qui en lisaient les traductions. Les bases de la nouvelle grammaire turkmène et de la prononciation littéraire se sont consolidées. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des emprunts à la langue russe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> D’autre part, la langue turkmène s’est enrichie de nombreux emprunts rendus nécessaires pour la science, les œuvres ou simplement le bien-être. La plupart de ces mots ont été « turkménisés », mais des mots d’origine non russe tels que « démocratie », « autonomie », « technologie » et beaucoup d’autres, sont restés des emprunts russes. Pourquoi russes ? Parce qu’ils ont été introduits dans la langue turkmène non pas à partir du mot originel grec ou latin, mais depuis la langue russe. En disparaissant, l’Union soviétique a laissé derrière elle des peuples parlant à la fois le russe et leur langue nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’accession du Turkménistan à l’indépendance, le langage littéraire a commencé à renaître et à infiltrer toutes les sphères de la vie : télévision, radio, presse. Parler en turkmène est devenu non seulement plus simple, mais aussi plus pertinent. Le langage littéraire a rapidement atteint son apogée. C’est justement au cours de cette période qu’ont été imprimés de nombreux ouvrages pédagogiques, romans, traductions et manuels. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Différentes prononciations</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">
La langue turkmène comporte plus de 40 dialectes. Elle se caractérise aussi par le fait qu’elle permette d’identifier immédiatement de quelle région du pays vient son interlocuteur, en fonction de la manière dont il prononce tel ou tel mot.

</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

Le dialecte tekin, qui est littéraire, ne contient pas les sonorités «&nbsp;s&nbsp;» ou «&nbsp;z&nbsp;» caractéristiques des habitants des régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lebap">Lebap</a> ou <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Da%C5%9Foguz">Dachogouz</a>, qui empruntent aux langues d’autres peuples comme aux Turcs, aux Ouzbeks ou encore aux Kazakhs. La norme littéraire des «&nbsp;s&nbsp;» et des «&nbsp;z&nbsp;», en revanche, permet la prononciation dite interdentale, comme en anglais.
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Arslan Mamedov</strong><br><strong>Journaliste pour Orient</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://orient.tm/ru/post/39696/turkmenskij-yazyk-ot-etrap-do-dikucar">russe</a> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Que signifie « mambet », l&#8217;insulte comparable au « N-word » en Asie centrale ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2022 05:40:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/que-signifie-mambet-linsulte-comparable-au-n-word-en-asie-centrale/">Que signifie « mambet », l&rsquo;insulte comparable au « N-word » en Asie centrale ?</a></p>
<p>DECRYPTAGE. Le mot "mambet" raconte à lui seul l'histoire de la transformation de l'Asie centrale par la colonisation russe. Le terme est devenu lors de la période soviétique péjoratif, voire une insulte à caractère racial. Il est désormais considéré comme l’équivalent du "N-word" centrasiatique. L'insulte revient dans l’actualité, étant de plus en plus utilisée, notamment [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/que-signifie-mambet-linsulte-comparable-au-n-word-en-asie-centrale/">Que signifie « mambet », l&rsquo;insulte comparable au « N-word » en Asie centrale ?</a></p>
<p>DECRYPTAGE. Le mot "mambet" raconte à lui seul l'histoire de la transformation de l'Asie centrale par la colonisation russe. Le terme est devenu lors de la période soviétique péjoratif, voire une insulte à caractère racial. Il est désormais considéré comme l’équivalent du "N-word" centrasiatique. <strong>L'insulte revient dans l’actualité, étant de plus en plus utilisée, notamment pour parler des événements de janvier au Kazakhstan. Que révèle alors ce mot sur l’histoire de l’Asie centrale et sur les tensions entre Russes et Centrasiatiques qui subsistent dans cette région ? Décryptage linguistique d’un mot à l'usage polémique.</strong></p>
<p>Une "<em>révolution de mambets"</em>: c’est l'expression utilisée par l'un des éditeurs en chef du média libéral russe MediaZona. Le 3 novembre dernier, les journalistes <a href="https://twitter.com/nowhalenosea/status/1588107942934585344">Nikita Danilin</a> et <a href="https://twitter.com/MadinaKuanova/status/1588101772991762434?s=20&amp;t=V11oS9bDBB59bRUXfYpalQ">Madina Kouanova</a>, de la branche centrasiatique de MediaZona, ont annoncé leur licenciement sur Twitter. En expliquant les conditions de leur limogeage, ils ont également révélé l’utilisation récurrente . . .</p>

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		<title>Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2021 08:24:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a></p>
<p>Des langues uniques à la région du Pamir sont aujourd’hui au bord de l’extinction. Rencontre avec cinq jeunes figures qui se mobilisent pour préserver cet héritage. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 23 août 2020 par le média tadjik Asia-Plus. C&#8217;est un combat de fourmi. Dans le massif du Pamir, au cœur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des langues uniques à la région du Pamir sont aujourd’hui au bord de l’extinction. Rencontre avec cinq jeunes figures qui se mobilisent pour préserver cet héritage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 23 août 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200823/kak-5-molodih-issledovatelei-boryutsya-za-sohranenie-pamirskogo-yazika?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un combat de fourmi. Dans le massif du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, au cœur du Tadjikistan, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pamir_languages">les langues locales</a> sont en danger d&rsquo;extinction. Parlées par environ 100 000 personnes, elles ne sont que rarement transcrites ou conservées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq jeunes Tadjiks tentent actuellement de préserver cet héritage, par des livres audios, des poèmes ou encore livres pour enfants. Tour d&rsquo;horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Firouz Sabzaliev, acteur et réalisateur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis de nombreuses années, le réalisateur Firouz Sabzaliev joue dans des films, organise et supervise des tournages. En 2019, il a décidé de se lancer dans un projet de livre audio utilisant les langues traditionnelles du Pamir. Le projet a obtenu les soutiens nécessaires à sa réalisation et est aujourd’hui en cours de finalisation. Le livre audio se compose de deux recueils de «&nbsp;Contes du peuple tadjik&nbsp;» («&nbsp;Afsonakhoi khalki tojik&nbsp;»). Chaque recueil contient des contes en langues shughni, rushan et wakhi. Firouz Sabzaliev explique qu’il a décidé de se lancer dans cette entreprise pour œuvrer à la préservation des langues du Pamir.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Les langues du Pamir sont parlées principalement dans les provinces du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Badakhchan_(Afghanistan)">Badakhchan </a>et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>, situées au nord-est de l’Afghanistan pour l&rsquo;une et dans l’est du Tadjikistan pour l&rsquo;autre. On les trouve également dans les régions frontalières entre le Tadjikistan et la Chine, ainsi que dans la province chinoise du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Xinjiang</a>. Certaines régions du Pakistan, comme le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilgit-Baltistan">Gilgit-Baltistan</a>, hébergent également des communautés utilisant ces langues. Le nombre de locuteurs natifs était estimé à 100 000 au début du XXIème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je ne suis pas grammairien ni linguiste, mais je ne pouvais pas rester les bras croisés. J’ai été fou de joie quand mon projet a été soutenu, j’adore faire plaisir aux gens et me rendre utile. C’est avec plaisir que je mène ce projet et je fais tout mon possible pour que mon travail rende les gens heureux&nbsp;»</em>, décrit auprès d&rsquo;Asia-Plus Firouz Sabzaliev.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur a presque terminé son travail sur le livre audio, qui sera bientôt disponible sur Internet. Il a également d’autres projets en parallèle : des dessins animés en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Shughni">shugni</a> et des films en libre accès sur YouTube.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="720" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1.jpg" alt="Firouz Sabzaliev Portrait Pamir Langue" class="wp-image-43470" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1.jpg 720w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-300x300.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-150x150.jpg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-550x550.jpg 550w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption>Portrait de Firouz Sabzaliev.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Mes livres audio seuls ne suffisent pas »,</em> explique Firuz Sabzaliev. « <em>Pour préserver la langue, il faut l’enseigner. Les langues du Pamir doivent figurer au programme scolaire de l’école primaire. Il faudrait aussi qu’on les entende sur les télévisions ou radios locales</em>« , ajoute-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Savri Koubatbekhovna, professeure de langues</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna vit depuis plusieurs années aux États-Unis. Elle voyage régulièrement dans de nombreux pays. <em>«&nbsp;Durant mes voyages, je fais ma propre recherche personnelle sur les langues. J’écoute les sonorités des différentes langues et je m’interroge en permanence sur leurs similitudes avec ma langue natale du Pamir »</em>, décrit la chercheuse tadjike.<em> « Par exemple, le mot «&nbsp;femme&nbsp;» en grec se dit «&nbsp;guenica&nbsp;», tout comme «&nbsp;Guenic&nbsp;» en shugni. En hindi, «&nbsp;jaldi&nbsp;» signifie «&nbsp;plus vite&nbsp;», en persan «&nbsp;xist&nbsp;» signifie «&nbsp;humide&nbsp;», en bulgare «&nbsp;chashma&nbsp;» signifie «&nbsp;source&nbsp;», tous ces mots se retrouvent également en shugni. Beaucoup d’autres langues possèdent des mots similaires à ceux de ma langue maternelle »</em>, explique-t-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cela m’attriste de constater que l’on rencontre de moins en moins de mots que nous utilisions dans le temps, et que l’on utilise de plus en plus de nouveaux termes techniques. On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne part pas vivre hors du Tadjikistan&nbsp;»</em>, estime Savri Koubatbekhovna. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="799" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6.jpg" alt="Savri Koubatbekhovna Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43468" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6.jpg 799w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-300x300.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-150x150.jpg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-768x768.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-550x550.jpg 550w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /><figcaption>Portrait de Savri Koubatbekhovna. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna travaille dans le secteur de la santé publique, mais lorsqu&rsquo;elle effectue des traductions et donne des cours privés en parallèle, elle utilise la langue shugni sous sa forme la plus traditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme a par ailleurs créé sur les réseaux sociaux le groupe «&nbsp;Les langues du Pamir&nbsp;», où elle publie anecdotes, chansons, études scientifiques, et autres histoires sur ce thème. Cette plateforme facilite également les échanges avec ses compatriotes dans sa langue maternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’échange toujours avec des gens qui parlent dans un shugni impeccable</em>« , explique Savri Koubatbekhovna. <em>« Ce sont des gens avec lesquels nous partageons la langue et la culture des alentours de la rivière entre le Badakhchan et l’Afghanistan, et qui vivent aux États-Unis. Chaque fois que j&rsquo;ai une question sur un mot complexe, je me tourne vers eux »</em>, décrit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-langues-du-pamir-sur-le-point-de-disparaitre/"><strong>Les langues du Pamir sur le point de disparaître ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna s’est découvert un intérêt pour l’enseignement de sa langue maternelle lors de ses études à l’université de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>, la capitale du Haut-Badakhchan. Elle y a étudié l’anglais, ainsi que le français en seconde langue étrangère. Après avoir obtenu une maîtrise en linguistique à la faculté des arts de l’Université de Delhi, Savri Koubatbekhovna a commencé à travailler en tant que professeure d’anglais à l’école des langues professionnelles de l’Université d’Asie centrale, au Tadjikistan. Elle dit s’être inspirée des travaux de Toupchi Bakhtibekov, qui, selon elle, a été un des premiers à soulever la problématique des langues du Pamir. Il a conduit plusieurs travaux scientifiques sur la structure de la langue shugni et a beaucoup contribué à l’étude des langues du Pamir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna est convaincue que le soutien et la préservation de la langue passent par sa diffusion dans les médias, la radio, les livres, les journaux ou la télévision. <em>« Tous doivent être accessibles à ceux qui parlent une autre langue, et ces mêmes personnes doivent œuvrer contre la disparition de la langue, parce que la langue est le reflet de la culture »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Safo Alinazar, poète</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Safo Alinazar est un jeune poète, qui écrit des vers et des chansons dans sa langue natale du Pamir, le shugni. Très actif, il a déjà publié deux livres à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son premier livre, «&nbsp;Feu, Eau, Fumée&nbsp;», contient des vers exclusivement en langue shugni. Son second livre se nomme «&nbsp;Nan Ziv&nbsp;», traduction de «&nbsp;Langue Maternelle&nbsp;» ou de «&nbsp;Langue&nbsp;Natale&nbsp;». Il connait déjà un grand succès auprès des amateurs et enthousiastes de vers en langue du Pamir.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="575" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1.jpg" alt="Safo Alinazar Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43469" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1-300x168.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1-768x431.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Safo Alinazar, au centre. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, Safo Alinazar travaille dans le domaine de l’éducation. <em>«&nbsp;Régulièrement j’écris, je compose et j’édite de nouveaux vers en langue du Pamir, et je les publie sur Internet. Je pense qu’ainsi, les connaissances orales de la langue vont pouvoir se transmettre de génération en génération et, que nous pourrons sauvegarder au moins certaines parties. Je suis heureux de pouvoir y contribuer&nbsp;»</em>, affirme l&rsquo;artiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Aujourd’hui, nos langues du Pamir sont en danger, la mondialisation et la mauvaise qualité des traductions aggravent la situation et détruisent les spécificités uniques de ces langues&nbsp;»</em>, conclue-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khousnia Khoutchamerova, enseignante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Employée à l’Alliance pour l’étude des langues en voie de disparition, Khousnia Khoutchamerova vit à New York depuis plus de dix ans, où elle étudie les langues du Pamir. Khousnia Khoutchamerova a 21 ans, et elle intervient aujourd’hui auprès d’étudiants américains pour leur parler des langues du monde en voie d’extinction.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="662" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-1024x662.jpg" alt="Khousnia Khoutchamerova Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43471" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-1024x662.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-300x194.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-768x497.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2.jpg 1124w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Portrait de Khousnia Khoutchamerova. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme conduit des recherches et s’est rendue plusieurs fois dans son pays natal, le Tadjikistan. Elle y a réalisé un sondage, auprès de personnes âgées du Pamir, afin d’identifier les mots rares que l’ancienne génération utilise encore à l’oral.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Pour éviter que la langue du Pamir ne se détériore, je m’efforce comme je peux, avec mes propres moyens, de préserver toutes les informations que je peux collecter&nbsp;»</em>, décrit Khousnia Khoutchamerova. Elle conduit ses recherches en anglais, afin de porter ces problématiques à un niveau mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/alitchour-un-film-en-photos-sur-les-difficultes-des-villages-du-pamir-touches-par-la-crise/"><strong>« Alitchour », un film en photos sur les difficultés des villages du Pamir touchés par la crise</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Par mon travail, je parle beaucoup du Tadjikistan, de notre langue, de notre culture et de notre mode de vie. Je fais tout mon possible pour préserver ma langue natale, même si je me trouve loin à l’étranger. J’en ai l’opportunité, c’est aujourd’hui ma mission et elle est fondamentale&nbsp;»</em>, dit Khousnia Khoutchamerova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme écrit également des livres pour enfants en utilisant cinq langues du Pamir&nbsp;: le shugni, le rushan, le bartangi, le wakhi et l&rsquo;ishkashimi. La série de livres illustrés se compose d’histoires recueillies dans toutes ces langues. Pour Khousnia Khoutchamerova, c’est un moment opportun pour une telle initiative. <em>«&nbsp;Dans la mesure où l’avenir de la langue est entre les mains des enfants, les livres dans la langue du Pamir aideront à renforcer la connaissance de la langue et de l’histoire de nos ancêtres&nbsp;»</em>, note-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chervoncho Alomchoïev, chercheur en langues du Pamir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune chercheur Chervoncho Alomchoïev a consacré la totalité de ses travaux scientifiques aux langues du Pamir. Il dit avoir découvert une grande quantité de faits notables, grâce à de nombreux travaux réalisés par des historiens et écrivains de renommée internationale.&nbsp;</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Beaucoup d’ouvrages scientifiques ont été écrits sur la langue, beaucoup de livres ont été publiés, malheureusement tous ces travaux ont été faits avant la dissolution de l’Union soviétique. L’importance de la préservation de la langue était souvent abordée dans les journaux, les magazines, les émissions de radio et à la télévision »</em>, décrit à Asia-Plus Chervoncho Alomchoïev. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Une maison d’édition locale dénommée «&nbsp;Pamir&nbsp;» existait par exemple. De nombreux manuels scolaires étaient publiés dans les langues locales et des heures facultatives de langue shugni existaient. Les livres d’étude «&nbsp;Alphabet de langue shugni&nbsp;», «&nbsp;Grammaire de langue shugni&nbsp;», «&nbsp;Alphabet de langue yazghulami&nbsp;», ont été imprimés&nbsp;à l&rsquo;époque »</em>, explique-t-il. Chervoncho Alomchoïev note, avec regret, que par la suite les formations, les publications et les diffusions en langue du Pamir dans les médias ont disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Malheureusement, aujourd’hui, le sort des langues du Pamir n’intéresse que ceux qui les utilisent, et ce sont les seuls à se battre pour elle&nbsp;»</em>, se désole le chercheur. Un constat illustrant la problématique de la préservation des langues traditionnelles, auquel le Pamir, de par sa richesse culturelle, n’échappe pas.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Vassila Boulboulchoïeva<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit </strong><a href="//asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200823/kak-5-molodih-issledovatelei-boryutsya-za-sohranenie-pamirskogo-yazika?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>du russe</strong></a><strong> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Adrien Delorge</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Apprentissage du kazakh : pour le président du Kazakhstan, « mieux vaut tard que jamais »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Zenon Bekdouche]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2021 09:45:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/apprentissage-du-kazakh-pour-le-president-du-kazakhstan-mieux-vaut-tard-que-jamais/">Apprentissage du kazakh : pour le président du Kazakhstan, « mieux vaut tard que jamais »</a></p>
<p>Les Kazakhs ne parlent pas suffisamment kazakh, estime Kassym-Jomart Tokaïev dans un post de blog. Le président kazakh prône un apprentissage plus poussé de la langue nationale, sans pour autant limiter la pratique d'autres langues comme le russe ou l'anglais. Le président kazakh commence à s'agacer du manque de pratique de la langue kazakhe. Dans [&#8230;]</p>
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<p><strong>Les Kazakhs ne parlent pas suffisamment kazakh, estime Kassym-Jomart Tokaïev dans un post de blog. Le président kazakh prône un apprentissage plus poussé de la langue nationale, sans pour autant limiter la pratique d'autres langues comme le russe ou l'anglais.</strong></p>
<p>Le président kazakh commence à s'agacer du manque de pratique de la langue kazakhe. Dans <a href="https://egemen.kz/article/260146-tauelsizdik-barinen-qymbat">un post de blog</a> publié le 5 janvier dernier, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a affirmé que la connaissance de la langue officielle du pays incombait à chaque citoyen du Kazakhstan. </p>
<p>Le président kazakh dresse le constat que la jeunesse peut apprendre l’anglais ou d’autres langues en un temps assez court. Tout en reprenant un  proverbe populaire, selon lequel <em>"mieux vaut tard que jamais"</em> , et de rajouter que le plus important est de «<em> susciter de l’enthousiasme »</em>, le président plaide pour le développement de l’apprentissage de . . .</p>

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