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	<title>Langue kazakhe | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Langue kazakhe | Novastan France</title>
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		<title>Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 12:39:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-livre-regard-femmes-epoque-racontee-hommes/">Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</a></p>
<p>Galya Nour, écrivaine kazakhe, raconte son parcours vers l&#8217;écriture et les thèmes abordés dans son premier roman. Elle dresse un état des lieux encourageant de la littérature dans son pays. L&#8217;écrivaine Galya Nour a présenté son premier roman, La couverture en patchwork. Il raconte la jeunesse de deux héroïnes : la grand-mère Balkis, qui a grandi [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-livre-regard-femmes-epoque-racontee-hommes/">Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Galya Nour, écrivaine kazakhe, raconte son parcours vers l&rsquo;écriture et les thèmes abordés dans son premier roman. Elle dresse un état des lieux encourageant de la littérature dans son pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;écrivaine Galya Nour a présenté son premier roman, <em>La couverture en patchwork</em>. Il raconte la jeunesse de deux héroïnes : la grand-mère Balkis, qui a grandi dans les années 1930, et sa petite-fille Aïssoulou, qui a grandi à l’époque de la perestroïka. Le roman est consacré à la mémoire féminine ainsi qu’à la recherche des racines nationales et de l’identité personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le média The Village a parlé avec l&rsquo;écrivaine de la manière de publier un premier livre au Kazakhstan, des raisons pour lesquelles le regard féminin sur l’histoire du XXème siècle reste rare et de ce qui manque à la littérature kazakhe contemporaine. Galya Nour détaille ses impressions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vie avant la carrière littéraire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis mon enfance, je tiens des journaux intimes. J’écrivais souvent des nouvelles sans intention de les publier. Lorsque j’ai commencé à tenir un blog sur Instagram, je me suis encore davantage passionnée pour l’écriture de textes. J’ai aimé cette expérience d’interaction immédiate avec le public &#8211; il y a là quelque chose qui tient à la fois du journal intime et de l’écriture d’un livre.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Je n’avais jamais pensé auparavant vouloir écrire un roman, encore moins être publiée. Je me suis mariée jeune, j’ai élevé mes enfants et j’ai travaillé comme ingénieure en énergie dans les réseaux de chauffage urbain. Lorsque je suis partie à la retraite et que j’ai eu du temps libre, j’ai commencé à me consacrer à ce que j’aimais depuis l’enfance &#8211; l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai envisagé de publier un livre au moment où j’ai commencé à partager l’histoire de ma grand-mère sur Instagram. Je ne savais presque rien d’elle : je ne connaissais que quelques éléments issus des conversations entre ma mère, ma tante et sa sœur cadette. L’histoire que j’ai construite s’est révélée captivante, et mes abonnés ont commencé à m’encourager à écrire un roman.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment est née l’idée de <em>La couverture en patchwork</em></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’écrire ce roman m’est venue après qu’une photographie de ma grand-mère maternelle est tombée entre mes mains. Sur cette photographie de 1929, elle paraissait complètement différente &#8211; pas telle que je me souvenais d’elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne l’avais jamais entendue parler de sa famille ni de ses origines. Ce n’est qu’à travers les conversations entre ma mère et sa sœur que j’ai appris qu’elle avait émigré de Russie vers le Kazakhstan dans les années 1920, qu’elle était issue d’une famille de marchands et que son père avait été victime des répressions politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le thème de la mémoire féminine au Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mon roman traite de la mémoire féminine, de la quête des racines et de l’identité. Lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai compris que ce thème était particulièrement d’actualité au Kazakhstan et dans tout l&rsquo;espace post-soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’histoire officielle du XXème siècle, on ne dit presque rien de ce qu’ont vécu les femmes durant les périodes les plus difficiles des bouleversements politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/ecrire-kazakhstan-defis-femme-ecrivaine/">Ecrire au Kazakhstan : les défis des écrivaines</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long du XXème siècle, sur notre territoire, une politique visant à effacer la mémoire familiale a été menée. Il faut également prendre en compte la tradition kazakhe de transmettre la lignée par la branche paternelle. Pourtant, sans la connaissance de la lignée maternelle, il est impossible de comprendre quel sera l’avenir de la génération suivante. C’est pourquoi mon livre propose aussi un regard féminin sur une époque dont le récit a été écrit par des hommes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le processus de travail sur le livre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’écrivais le livre, grâce à Instagram, je suis entrée en contact avec la communauté indépendante d’écrivains USW, dirigée par Andreï Orlov. C’est là que j’ai compris comment transformer un manuscrit en véritable livre. Andreï a partagé une liste de maisons d’édition, et j’ai envoyé mon manuscrit à trois d’entre elles, mais aucune ne l’a accepté. J’ai alors décidé d’imprimer le livre à l’imprimerie BookExpert. J’ai apprécié travailler avec eux.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment est-elle, la femme kazakhe ? Courageuse, intelligente et aimante. Dans mon livre, je m’efforce de montrer que, aussi difficile que soit la vie, la femme trouve toujours en elle la force d’élever ses enfants, de prendre soin de son mari et de sa famille. Ce qui la guide, c’est la quête du bonheur et de l’amour. C’est une force indestructible, qui ne s’éteint pas malgré les bouleversements politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’influence d’autres écrivaines</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je lis activement depuis l’âge de dix ans. Depuis tout ce temps, j’ai lu un nombre énorme de livres. Le premier qui a façonné ma vision de ce que peut être la littérature féminine a été <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Eyre">Jane Eyre</a></em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Bront%C3%AB">Charlotte Brontë</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que je travaillais sur mon propre roman, j’ai rencontré le poète Ivan Beketov, qui est devenu mon mentor en écriture. Il m’a fait découvrir le monde de la prose féminine &#8211; de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf">Virginia Woolf</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Sarraute">Nathalie Sarraute</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’écrivais mon roman, les livres d’écrivaines telles qu&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Ernaux">Annie Ernaux</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Olivia_Laing">Olivia Laing</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Munro">Alice Munro</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Atwood">Margaret Atwood</a> m’étaient particulièrement proches. Parmi les auteures kazakhes, je mentionnerais <a href="https://www.instagram.com/romiborjomi/">Meruert Alonso</a>. C’est une écrivaine très forte, avec un style marqué, une grande profondeur de pensée et un vaste horizon culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qui manque à la littérature kazakhe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature kazakhe manque d’ouverture vers le marché mondial. Chaque pays doit avoir sa propre littérature, que ses citoyens la lisent, mais elle doit aussi trouver un écho à l’international. En même temps, on assiste chez nous à une sorte de boom littéraire : beaucoup de gens commencent à écrire &#8211; certains par passion, d’autres pour en faire un business. On voit apparaître de plus en plus de science-fiction, d’horreur, de comics &#8211; des genres qui s’écrivent facilement. Cependant, la véritable littérature exige des réflexions profondes et un travail intérieur sérieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, un fossé est perceptible entre la littérature en kazakh et celle en russe. Il me semble important de chercher à les rapprocher, par le biais de traductions, de projets communs et d’associations artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/futur-sans-langue-russe-asie-centrale/">Un futur sans la langue russe en Asie centrale ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La qualité de la littérature est encore plus importante. Beaucoup des ouvrages que je lis se révèlent superficiels. Ils manquent surtout d’expérience d’écriture et de connaissances approfondies du métier. Bien sûr, cela s’acquiert avec le temps. Je pense également que l’État devrait davantage soutenir les auteurs. Avec le temps, la quantité produite finira par faire émerger la qualité et peut-être alors la littérature kazakhe pourra-t-elle se faire connaître sur la scène mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il n’existe pas de formation spécialisée chez nous. Bien sûr, il existe différents cours de maîtrise de l’écriture, qui aident réellement les auteurs, mais ce n’est pas suffisant. Il faut des instituts littéraires, des programmes de formation et des opportunités pour les jeunes auteurs d’étudier à l’étranger, afin de revenir et de développer notre propre école d’écriture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment la littérature a changé depuis l’époque soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature ne devrait ni changer ni dépendre du temps. Néanmoins, durant l’époque soviétique, sa politisation se faisait fortement sentir. Il y avait de nombreuses interdictions. Le genre du réalisme soviétique imposait aux écrivains sur quoi et comment ils devaient écrire. De nombreux sujets étaient tabous, par exemple les scènes de sexe ou les descriptions de certaines anomalies physiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il faut noter que malgré toutes ces interdictions, à l’époque soviétique, une véritable génération d’écrivains talentueux a émergé, capable de travailler dans ces contraintes. Cela était rendu possible grâce aux écoles littéraires, aux instituts et, surtout, au soutien matériel de l’État. L’écriture était alors une profession à part entière : un écrivain pouvait écrire des livres et vivre des droits d’auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-annees-tachkentoises-un-pan-de-vie-ignore-dans-loeuvre-danna-akhmatova/">Les années tachkentoises, un pan de vie ignoré dans l’œuvre d’Anna Akhmatova</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il peut sembler qu’aucune interdiction n’existe plus. Et c’est sans doute une bonne chose : de la diversité naissent les germes du talent littéraire. De nouveaux genres apparaissent et il y a plus de liberté dans le choix de la forme et du style d’écriture. Mais, en même temps, les écrivains eux-mêmes lisent moins &#8211; ce qui signifie qu’ils connaissent moins de choses et offrent moins à leurs lecteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que veut dire écrire ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Écrire, pour moi, c’est vivre. Je ne peux pas imaginer ma vie sans l&rsquo;écriture. Depuis mon enfance, je tenais un journal intime, qui était mon ami le plus proche. C’est justement pour cette raison que j’ai créé le club littéraire Journal, dans lequel j’invite tous ceux qui, comme moi, ne peuvent pas vivre sans textes.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, au Kazakhstan, il existe de nombreuses opportunités pour ceux qui écrivent. Il y a des maisons d’édition ouvertes aux nouveaux auteurs et des imprimeries où l’on peut publier un livre. Il existe également de nombreux magazines et plateformes en ligne. On peut faire traduire ses textes et accéder à d’autres marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel est d’écrire. Terminer ses œuvres est tout aussi important. C’est ainsi que le texte pourra rencontrer un lecteur reconnaissant.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Soultan Raïs<br>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/interview-people/42361-moya-kniga-eto-zhenskiy-vzglyad-na-epohu-kotoruyu-pisali-muzhchiny">russe</a> par Aruzhan Urazova</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Le Kazakhstan ambitionne de former un million de citoyens à l’intelligence artificielle d’ici 2030</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jul 2025 03:55:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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		<category><![CDATA[Astana]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-ambitionne-de-former-un-million-de-citoyens-a-lintelligence-artificielle-dici-2030/">Le Kazakhstan ambitionne de former un million de citoyens à l’intelligence artificielle d’ici 2030</a></p>
<p>Le nouvel objectif stratégique du Kazakhstan sur l'intelligence artificielle, au cœur de la modernisation numérique du pays, vise à renforcer sa souveraineté technologique et culturelle, mais se heurte à des défis scientifiques et juridiques majeurs. Astana s’est lancé ce défi inédit pour les cinq prochaines années : former 500 000 écoliers, 300 000 étudiants, 90 [&#8230;]</p>
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<p><strong>Le nouvel objectif stratégique du Kazakhstan sur l'intelligence artificielle, au cœur de la modernisation numérique du pays, vise à renforcer sa souveraineté technologique et culturelle, mais se heurte à des défis scientifiques et juridiques majeurs.</strong></p>
<p>Astana s’est lancé ce défi inédit pour les cinq prochaines années : former 500 000 écoliers, 300 000 étudiants, 90 000 fonctionnaires, 80 000 représentants d'entreprises et des milliers de citoyens d'autres domaines aux compétences en intelligence artificielle (IA) au cours des cinq prochaines année, <a href="https://astanatimes.com/2025/04/kazakhstan-to-train-one-million-citizens-in-ai-skills-over-five-years/">rapporte The Astana Times</a>. </p>
<p>L’objectif est de <a href="https://thediplomat . . .
</p>

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		<title>Qui était Akhmet Baïtoursinoff ? L’histoire d’un enseignant kazakh</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anthony Vial]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Apr 2023 10:39:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-etait-akhmet-baitoursinoff-lhistoire-dun-enseignant-kazakh/">Qui était Akhmet Baïtoursinoff ? L’histoire d’un enseignant kazakh</a></p>
<p>Akhmet Baïtoursinoff a laissé sa trace dans l’Histoire kazakhe. S’il est surtout connu en tant qu’enseignant et protecteur de la langue kazakhe, il a également marqué la vie politique du pays. La vie implique de jouer différents rôles&#160;: aux yeux de certains, quelques-uns resteront toujours des enfants, ou bien un partenaire amoureux, un ami fidèle, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-etait-akhmet-baitoursinoff-lhistoire-dun-enseignant-kazakh/">Qui était Akhmet Baïtoursinoff ? L’histoire d’un enseignant kazakh</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Akhmet Baïtoursinoff a laissé sa trace dans l’Histoire kazakhe. S’il est surtout connu en tant qu’enseignant et protecteur de la langue kazakhe, il a également marqué la vie politique du pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vie implique de jouer différents rôles&nbsp;: aux yeux de certains, quelques-uns resteront toujours des enfants, ou bien un partenaire amoureux, un ami fidèle, un collègue, une simple connaissance. Mais certains trouvent le temps de jouer bien plus de rôles que d’autres. C’est le cas d’Akhmet Baïtoursinoff&nbsp;: il a été poète, linguiste, pédagogue, scientifique, politicien, révolutionnaire et journaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les 150 ans de sa naissance, Masa Media explique qui il était et quel souvenir il a laissé. Cet article a été écrit en s’appuyant sur les documents de la Bibliothèque nationale de la République du Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enfance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Akhmet_Baïtoursinoff">Akhmet Baïtoursinoff</a> est né le 5 septembre 1872 dans l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Tourgaï">oblast de Tourgaï</a> (actuellement <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_de_Kostanaï">oblys de Kostanaï</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réelle date de naissance est restée longtemps inconnue : s&rsquo;il était admis qu&rsquo;il était né le 29 septembre, un document écrit en russe et intitulé <em>Jizneopisanié</em> (biographie, récit d’une vie) a été <a href="https://forbes.kz/news/2014/09/05/newsid_67444">retrouvé</a> en 2012. Il avait été écrit par Akhmet Baïtoursinoff lui-même et il y indiquait que sa date de naissance était le 5 septembre.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Baïtoursyn, le père d’Akhmet, était un homme influent et faisant autorité, qui essayait de protéger les intérêts de ses compatriotes et était prêt pour cela à entrer en conflit. Un jour, le commandant de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouïezd">ouïezd</a>, le colonel Yakovlev, s’est rendu dans son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aoul">aoul</a>. Après une dispute, Baïtoursyn et ses frères ont battu le fonctionnaire : cela leur a valu d’être envoyés au bagne en Sibérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ce coup, porté à l’âge de 13 ans, a laissé dans mon cœur une blessure profonde. Si je ne remplis pas mon devoir d’humain, si je deviens un être sans scrupules, n’aurai-je pas honte devant la mort ? »</em> écrit Akhmet Baïtoursinoff à sa mère, se souvenant plus tard du destin de son père. Cette lettre a été écrite depuis la prison de <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/semei-ville-historique-du-kazakhstan/">Semipalatinsk</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/entretien-avec-le-poete-ouzbek-khourchid-davron/"><strong>Entretien avec le poète ouzbek Khourchid Davron</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir reçu une éducation de base auprès d’un mollah et à l’école locale, Akhmet Baïtoursinoff se rend à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Orenbourg">Orenbourg</a> avec des compagnons de fortune. Là-bas, malgré les difficultés financières et le manque, il termine l’école normale fondée par <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ybyrai_Altynsarin">Ybyraï Altynsarine</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Éducateur et poète</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Akhmet Baïtoursinoff a travaillé presque 15 ans dans les écoles russo-kazakhes des ouïezds d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aktioubé">Aktioubé</a>, Karakaline et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kostanaï">Kostanaï</a>. Il considérait que seuls la science et le progrès pouvaient aider les Kazakhs à s’extirper de la position misérable dans laquelle ils étaient plongés depuis l’arrivée des colons. Ainsi, il appelait son peuple à ne pas s’acharner à désigner les coupables de cette situation, mais à travailler dur pour la surmonter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces derniers temps, les jours de travail du Kazakh sont assombris par les problèmes. Il en veut à la terre entière, se demande d’où et par quelle folie insidieuse l’alarme s’est mise à sonner. La modernité est l’enfant d’une époque passée et le parent de l’époque à venir. Pendant une ère de prospérité sociale, alors que les connaissances et les techniques se développaient, les Kazakhs restaient leur propre patron. Ni le khan ni le peuple ne s’intéressaient aux sciences et à l’art. Ils entraient en conflit les uns avec les autres sans se pencher sur d’autres activités plus fructueuses. Et tandis que les autres peuples allaient de l’avant, les Kazakhs revenaient en arrière&nbsp;»</em>, écrit-il dans l’article «&nbsp;<em>La rancune des Kazakhs</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Akhmet Baïtoursinoff travaillait à son œuvre. Il publia le recueil de poèmes <em>Massa</em> (Le moustique), dans lequel il appelait à étudier, s’intéresser aux sciences, et où il condamnait les comportements immoraux et conseillait de se tourner vers l’humanisme. C’est ce but que poursuivaient les fables d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Krylov">Ivan Krylov</a>, traduites et adaptées par Akhmet Baïtoursinoff et intégrées à son recueil <em>Quarante fables</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le mari</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La femme d’Akhmet Baïtoursinoff s’appelait Alexandra avant son mariage et venait de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Verkhneouralsk">Verkheouralsk</a>. Lorsqu’ils se sont rencontrés, la jeune femme était institutrice dans une école russo-kazakhe non loin de Kostanaï. A cette époque, unir deux personnes de différentes confessions était incroyablement compliqué, mais Alexandra a accepté de se convertir à l’islam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle et Akhmet Baïtoursinoff se sont rendus à la mosquée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Troïtsk_(oblast_de_Tcheliabinsk)">Troïtsk</a>, où l’imam qui les a mariés a inscrit la jeune fille sous le nom tatar de Badrisafa Moukhamedsadykkyzy.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/deces-de-viatcheslav-chapovalov-poete-populaire-de-la-republique-kirghize/"><strong>Décès de Viatcheslav Chapovalov, poète populaire de la République kirghize</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille d’Akhmet Baïtoursinoff a rapidement accepté et aimé Badrisafa&nbsp;: non seulement elle connaissait la langue kazakhe, mais elle était également dotée d’un caractère doux et arrangeant. De plus, la femme d’Akhmet Baïtoursinoff prenait une part active dans ses activités. Lorsqu’il est devenu rédacteur en chef du journal <em>Qazaq</em>, Badrisafa et leur fille adoptive Katez se sont occupées des travaux de typographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’exécution d&rsquo;Akhmet Baïtoursinoff en 1937, Badrisafa a été exilée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iekaterinbourg">Sverdlovsk</a>. En 1942/1943, elle est revenue auprès de la famille d’Akhmet Baïtoursinoff , tourmentée, souffrant d’épilepsie, habillée de l’ancien manteau de son mari. Pour ne pas leur causer de problèmes, elle s’est même installée chez une autre famille. Rapidement, les médecins l’ont envoyée à la maison pour invalides du village d’Aleksandrovka. Y est-elle arrivée ou non ? C’est une question débattue. Selon certaines informations, elle a vécu les dernières années de sa vie dans la localité de Kaskat, où elle avait trouvé refuge chez des habitants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Journaliste et critique des autorités tsaristes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la révolution de 1905, Akhmet Baïtoursinoff s’est impliqué activement dans la politique. Il était l’un des auteurs de la pétition de Karkaraline qui demandait l’arrêt des expropriations et du déplacement de paysans vers le Kazakhstan ainsi que la création de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zemstvo">zemstvos</a> populaires. Akhmet Baïtoursinoff s’est retrouvé à plusieurs reprises en prison à cause de ses opinions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1913, Akhmet Baïtoursinoff fonde le journal <em>Qazaq</em> avec Alikhane Boukeïkhane et Mirjakyp Doulatouly. En 1918, il était tiré à plus de 1 000 exemplaires.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="440" height="298" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/imgtmc_1662354616.jpg" alt="Akhjmet Baïtoursinoff Prison" class="wp-image-58560" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/imgtmc_1662354616.jpg 440w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/imgtmc_1662354616-300x203.jpg 300w" sizes="(max-width: 440px) 100vw, 440px" /><figcaption class="wp-element-caption">Akhmet Baïtoursinoff en prison.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’en 1914 le journal est condamné à une amende pour avoir critiqué les autorités, Akhmet Baïtoursinoff, incapable de payer, est envoyé en prison. En quelques jours, les lecteurs avaient réuni l’argent nécessaire et ainsi libéré le journaliste de prison. Plus tard, ils ont à plusieurs reprises aidé le journal à payer des amendes infligées par les autorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Scientifique et professeur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Akhmet Baïtoursinoff était pour l’utilisation de l’alphabet arabe en kazakh. Il considérait que l’alphabet latin (à ce moment, nombreux étaient ceux qui l’utilisaient) ne contenait pas assez de signes pour tous les sons kazakhs. L’alphabet arabe, d’ailleurs, comportait également quelques lacunes, et c’est Akhmet Baïtoursinoff qui a su l’adapter à la langue kazakhe. Il a présenté son projet dans <em>Oqu qūraly</em>, édité en 1912. C’était l’un des premiers abécédaires écrits en langue kazakhe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’alphabet a été assez bien accueilli et rapidement utilisé pour l’enseignement dans les écoles kazakho-russes et dans les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Médersa">madrassas</a>. Le journal <em>Qazaq</em> utilisait également le système arabe réformé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ensemble, Akhmet Baïtoursinoff était actif dans la sphère scientifique. Pendant les années 1914-1916, il a écrit la trilogie <em>Tıl – qūral</em>, le premier manuel scientifique d’étude de la langue kazakhe. Dans ses trois parties, intitulées <em>«&nbsp;Morphologie&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;Phonétique&nbsp;»</em> et <em>«&nbsp;Syntaxe&nbsp;»,</em> il définit différents concepts linguistiques et codifie la structure de la langue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Politicien et partisan du bolchévisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1917, Akhmet Baïtoursinoff crée le parti Alach avec d’autres représentants de l’intelligentsia kazakhe. A la fin de l’année, il est même élu à l’assemblée constituante qui devait établir démocratiquement la structure de l’Empire russe. Cependant, lors de la révolution d’Octobre, les bolchéviques ont dissous l’assemblée constituante et pris le pouvoir. La guerre civile a commencé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, le parti <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie_d'Alash">Alach-Orda</a> se rangeait aux côtés des blancs, mais après l’usurpation du pouvoir par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Koltchak">Alexandre Koltchak</a>, l’organisation a repoussé cette idée. Les partisans d’Alach ont dû reconnaître le pouvoir soviétique en échange de l’amnistie. C’est Akhmet Baïtoursinoff qui a été envoyé à Moscou pour les négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;M&rsquo;apercevant de l&rsquo;attention portée à la question nationale kirghize édictée dans la déclaration des droits des peuples de Russie, je peux sincèrement rassurer mes camarades et leur dire qu&rsquo;en préférant le pouvoir soviétique à celui de Koltchakov, nous ne nous sommes pas trompés&nbsp;»</em>, écrit-il à cette époque dans un de ses articles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/breve-histoire-de-la-langue-turkmene/"><strong>Brève histoire de la langue turkmène</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, Akhmet Baïtoursinoff était déjà l&rsquo;auteur en 1920 d&rsquo;une lettre qui critiquait la politique des bolchéviques envers les peuples colonisés. <em>«&nbsp;Nos camarades communistes locaux, pensant que les Kirghiz n&rsquo;y comprennent rien et s&rsquo;engageant dans des politiques perfides, ne proposent pas au peuple travailleur kirghiz de l&rsquo;aider fraternellement pour construire sa vie selon les principes soviétiques, mais lui impose son règne de diverses manières&nbsp;»</em>, faisait-il remarquer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;ennemi du peuple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1920-1921, Akhmet Baïtoursinoff occupait le poste de ministre de l’Éducation de la République socialiste soviétique autonome du Kazakhstan (KazASSR). Il a cependant bientôt démissionné, l&rsquo;expliquant ainsi :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J&rsquo;ai été placé dans une situation telle que j&rsquo;ai dû choisir une de ces deux activités : constituer des manuels de langue kirghize ou me rendre à des réunions du parti. [&#8230;] J&rsquo;ai choisi la première option, me considérant plus capable et utile en travaillant pour la langue kirghize et sachant que, probablement, mon apport dans ce domaine serait incomparablement plus fructueux que mon travail dans les réunions du parti.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/"><strong>Portaits d’étrangers étudiant le kazakh</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa démission, dans les années 1920, il s&rsquo;est tourné principalement vers des activités scientifiques et pédagogiques. En juin 1929, Akhmet Baïtoursinoff est arrêté à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> avec d&rsquo;autres membres d&rsquo;Alach-Orda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est accusé d&rsquo;activités contre-révolutionnaires et est envoyé à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boutyrka">prison de la Boutyrka</a>, à Moscou. En 1932, Akhmet Baïtoursinoff est condamné à l&rsquo;exil à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arkhangelsk">Arkhangelsk</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;exécution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette ville du nord, il adresse une demande à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iekaterina_Pechkova">Iekaterina Pechkova</a>, la femme de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Gorki">Maxime Gorki</a>, qui dirige l&rsquo;une des rares organisations de défense des droits de l&rsquo;Homme en URSS, liquidée en 1937. Dans sa lettre, Akhmet Baïtoursinoff adresse une plainte :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis un professeur qui a travaillé 34 ans à l&rsquo;éducation du peuple kirghiz et kazakh, et pas comme ces pédagogues issus d&rsquo;autres nations et cultures qui avaient déjà tout ce dont ils avaient besoin pour éduquer, grâce à des travaux effectués au fil des siècles. [&#8230;] En tant que fils d&rsquo;une nation en retard, j&rsquo;ai travaillé avec dévotion et enthousiasme à éduquer le peuple kazakh, y consacrant toutes mes forces et mes talents, même ma santé. Et voilà que le destin a voulu, en récompense de tout ce que j&rsquo;ai fait pour le peuple kazakh, que je doive passer 20 mois en prison et 22 mois en camps pendant mes vieux jours (62 ans), et qu&rsquo;enfin j&rsquo;y sois alors que la vieillesse m&rsquo;attaque de tous côtés.&nbsp;»</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Akhmet Baïtoursinoff fait remarquer qu&rsquo;à cause de sa condamnation, personne ne veut lui donner du travail : il vit difficilement. Le professeur est bientôt libéré. Il retourne à Almaty, où il vit avec sa femme jusqu&rsquo;en 1937.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 1937, Akhmet Baïtoursinoff est à nouveau arrêté. Lors de l&rsquo;interrogatoire, il s&rsquo;exprime également sur ses préférences politiques :&nbsp;<em>« Mon idéal est d&rsquo;élever le plus possible la prospérité et la culture du peuple kazakh. Puisque cette entreprise n&rsquo;en est qu&rsquo;à son stade premier, je me soumettrai au pouvoir qui exaucera mon vœu.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Akhmet Baïtoursinoff est bientôt fusillé. Il n&rsquo;est réhabilité qu&rsquo;en 1988.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Nikita Chamsoutdinov<br>Journaliste pour Masa Media</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://masa.media/ru/site/kem-byl-akhmet-baytursynuly"><strong>russe</strong></a><strong> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Anthony Vial</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Mathilde Garnier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Portraits d&#8217;étrangers étudiant le kazakh</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Béroujon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Mar 2023 08:16:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Langue kazakhe]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Soft Power]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/">Portraits d&rsquo;étrangers étudiant le kazakh</a></p>
<p>La langue kazakhe connaît un regain de popularité. Des étrangers racontent pourquoi et comment ils l’apprennent, que ce soit dans leur propre pays ou au Kazakhstan. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 7 octobre 2022 par le média kazakh The Village. De nombreux étrangers vivent au Kazakhstan en se contentant de parler [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/">Portraits d&rsquo;étrangers étudiant le kazakh</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La langue kazakhe connaît un regain de popularité. Des étrangers racontent pourquoi et comment ils l’apprennent, que ce soit dans leur propre pays ou au Kazakhstan.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 7 octobre 2022 par le média kazakh <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/people/25985-inostrantsy-izuchayuschie-kazahskiy">The Village</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux étrangers vivent au Kazakhstan en se contentant de parler russe ou anglais. Bien qu’il soit possible de se passer de connaître la langue kazakhe dans les grandes villes du pays, sa popularité augmente ces dernières années, pour des raisons décoloniales, culturelles ou pratiques. Le kazakh fait alors concurrence au russe. </p>



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<p class="wp-block-paragraph">

The Village est allé à la rencontre de trois personnes originaires des États-Unis et du Nigéria. Ces apprenants de la langue kazakhe expliquent comment apprendre la langue à l&rsquo;étranger et quels sont les meilleurs clubs de conversation à fréquenter au Kazakhstan. Leurs propos sont rapportés ci-dessous.
</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Abigail Homer, coordinatrice d’un programme international, États-Unis</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Je suis née et j’ai grandi aux États-Unis où j’ai étudié la philologie russe à l’université. J&rsquo;ai choisi cette faculté parce que mon frère aîné avait commencé à étudier le russe avant moi. Il avait pu choisir une deuxième langue pendant ses études et souhaitait apprendre une langue plus stimulante. Nous étudiions tous les deux les sciences humaines et aimions les langues et la littérature, alors j&rsquo;ai fini par suivre ses pas. Je me souviens avoir étudié la littérature et l&rsquo;histoire russes à l&rsquo;université. Mais les enseignants ne mentionnaient que très rarement le Kazakhstan, même lorsque nous abordions l&rsquo;histoire soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis j&rsquo;ai écrit ma thèse sur la littérature et le développement de la technologie en Union soviétique. Je me suis appuyée sur deux romans pour ce projet : <em>Moscou heureuse</em> d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Platonov">Andreï Platonov</a> et <em>Le jour où le monde s&rsquo;est effondré</em> de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D0%B5%D0%B9%D1%81%D0%B5%D0%BD%D0%B1%D0%B0%D0%B5%D0%B2,_%D0%A0%D0%BE%D0%BB%D0%BB%D0%B0%D0%BD_%D0%A8%D0%B0%D0%BA%D0%B5%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Rollan Seïsenbaïev</a> sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Polygone_nucl%C3%A9aire_de_Semipalatinsk">polygone nucléaire</a> de Semipalatinsk. Comme j&rsquo;étudiais le russe, on m&rsquo;a proposé différents programmes d&rsquo;échange pour poursuivre mes études après la licence. À l&rsquo;époque, j&rsquo;envisageais plusieurs villes. Finalement, j&rsquo;ai décidé qu&rsquo;il y avait trop de touristes et d&rsquo;expatriés à Moscou ou à Saint-Pétersbourg, et qu&rsquo;une expérience à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> serait plus intéressante et plus insolite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-avance-doucement-mais-surement-vers-ladoption-de-lalphabet-latin/">Le Kazakhstan avance doucement mais sûrement vers l’adoption de l’alphabet latin</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis alors retrouvée à Almaty en tant qu’étudiante chercheuse dans les domaines des cultures et des langues. C’est à ce moment là que je me suis intéressée à la langue kazakhe. Je savais que je devrais retourner aux États-Unis, alors j&rsquo;ai cherché des moyens de continuer à étudier le kazakh une fois de retour dans mon pays natal. J&rsquo;ai fini par trouver un programme pour étudier l&rsquo;Asie centrale à Washington. J&rsquo;y ai étudié le kazakh pendant deux ans. J&rsquo;ai même obtenu une bourse accordée à ceux qui étudient les langues rares. Ensuite, j&rsquo;ai étudié et travaillé comme coordinatrice internationale de formation au Kazakhstan avant la <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/coronavirus-lasie-centrale-face-a-une-nouvelle-acceleration/">pandémie</a> en 2019.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, je voyage beaucoup et je travaille dans différents endroits. À chaque fois que je me rends au Kazakhstan pour le travail, je prends des cours avec des professeurs locaux. Au printemps 2022, j&rsquo;ai participé au club de conversation <a href="https://www.instagram.com/batylbol_almaty/">Batyl Bol</a>. Il existe toujours, et je le recommande à tous pour pratiquer la langue kazakhe. La principale difficulté, que je trouve à la fois intéressante et stimulante, est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une langue turcique qui ne ressemble en rien à mon anglais natal. Du coup, je découvre certaines structures grammaticales en apprenant cette langue. Par exemple, en kazakh, il n’existe pas d’équivalent aux mots <em>« que »</em> ou <em>« qui »</em>. On ne peut pas dire <em>« je pense que » </em>comme on dirait en anglais <em>« I think that »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants sont souvent agréablement surpris quand je leur parle en kazakh à Almaty. Je parle lentement et les gens sont très patients. Quand je parle kazakh, je dois penser différemment. D’un point de vue grammatical, la structure des phrases est très différente. Mais cela ne me dérange pas du tout, je suis certaine que c&rsquo;est un bon exercice pour le cerveau. Le plus compliqué, c&rsquo;était l&rsquo;absence de ressources pour apprendre la langue. Il y a un peu plus de ressources matérielles maintenant mais lorsque j&rsquo;ai commencé à apprendre le kazakh, il n&rsquo;existait que quelques sites pour les débutants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/au-kazakhstan-la-guerre-en-ukraine-donne-un-coup-de-pouce-a-la-langue-kazakhe/">La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette langue est assez surprenante. Par exemple, le mot <em>«&nbsp;tasbaka&nbsp;»</em> qui signifie <em>«&nbsp;tortue&nbsp;»</em>, est composé de deux mots : <em>«&nbsp;pierre&nbsp;»</em> et <em>«&nbsp;grenouille&nbsp;»</em>. J&rsquo;aime aussi beaucoup les interjections en kazakh&nbsp;: <em>«&nbsp;oï-baï&nbsp;»</em> et <em>«&nbsp;maskara&nbsp;».</em> J&rsquo;ai également étudié l&rsquo;espagnol, l&rsquo;allemand, le latin et le persan. Mais j’en ai malheureusement oublié une grande partie par manque de pratique. La motivation et la pratique sont primordiales pour étudier une langue. Mon expérience du Kazakhstan a changé depuis que j’ai commencé à apprendre la langue. Cette expérience est désormais plus profonde, plus riche. Je conseille à tous ceux qui se rendent au Kazakhstan d&rsquo;apprendre le kazakh, cela nous rapproche des gens et du pays en général. Au passage, je vais bientôt coordonner un projet éducatif au Kirghizstan et je compte m&rsquo;inscrire à des cours de kirghiz. Je ne pense pas que ce soit trop difficile pour moi, puisque j&rsquo;apprends et pratique le kazakh. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Moïse Zibor, artiste et musicien, Nigéria</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Je suis originaire du Ghana, en Afrique de l&rsquo;Ouest, mais je vis au Nigéria depuis mon enfance, où j&rsquo;ai obtenu mes diplômes d&rsquo;études secondaires et universitaires. Puis j’ai commencé à voyager, à visiter différents pays. Ce sont des amis nigérians vivant au Kazakhstan qui m’ont parlé de ce pays. Ils ont déjà une famille et des enfants là-bas, et nous sommes en contact. J’ai moi aussi rencontré ma compagne au Kazakhstan, Natalia, une jeune femme d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%96skemen">Oust-Kamenogorsk</a><em> (une ville de l’Est du Kazakhstan, ndlr)</em>. Après avoir rencontré ma compagne ici et tant de bonnes personnes, je me suis bien évidemment intéressé au Kazakhstan, à sa culture, à sa langue. Mais à l’origine, j’étais allé au Kazakhstan pour travailler comme professeur dans une école d&rsquo;anglais, et mes étudiants m&rsquo;avaient parlé de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dombra">dombra</a><em> (instrument traditionnel de la famille des luths, ndlr)</em>. J’en entendais parler pour la première fois et j’avoue avoir été tout de suite intrigué par cet instrument.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/dos-moukasan-ils-ont-ete-les-premiers-a-associer-la-chanson-occidentale-et-le-folklore-national-kazakh/">Dos-Moukasan : « Ils ont été les premiers à associer la chanson occidentale et le folklore national kazakh »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai alors appris à en jouer et j&rsquo;ai réalisé que je me sentais assez bien ici pour exprimer mon art. Je peins également, et j&rsquo;ai fait plusieurs expositions à Almaty. Et lorsque vous pouvez créer, quand vous êtes inspirés, vous vous intéressez au monde et aux gens qui vous entourent. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai commencé à m&rsquo;intéresser aux mots et expressions kazakhs. J’ai alors commencé à apprendre la langue. J’arrivais à placer quelques mots au magasin, me permettant de débuter des conversations et comme je suis une personne sociable, cela m’a beaucoup plu. Lorsque j&rsquo;allais dans un café avec ma femme et des amis, j’arrivais également à prononcer quelques phrases en kazakh que j&rsquo;avais apprises en amont.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, je regarde des vidéos de cours de kazakh avec des exercices et je lis les journaux pour apprendre de nouveaux mots. J’apprends aussi énormément grâce à mes amis et à mon entourage. Je parle kazakh avec de nouvelles connaissances d&rsquo;Almaty, qui eux connaissent bien la langue. Je leur demande même d&rsquo;échanger sur WhatsApp pour me permettre de m’entraîner davantage. Je remarque que les langues kazakhe et africaines sont assez similaires, à la fois au niveau des sons et des intonations. Même les consonnes spécifiques ont quelque chose en commun, et je les ai donc apprises par association avec ma langue maternelle. Apprendre une langue et peindre aident beaucoup au développement des idées et des inspirations, on trouve des interprétations tout à fait inhabituelles et singulières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-le-premier-journal-de-chine-est-il-desormais-disponible-en-kazakh/">Pourquoi le premier journal de Chine est-il désormais disponible en kazakh ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé à essayer de parler kazakh avec les quelques notions de base que j’avais apprises. Je joue également de la dombra et je participe souvent à des festivals. Rien de très difficile mais j&rsquo;ai toujours du mal à comprendre la différence entre les sons oû (y) et ou (ұ). Je glisse des petites phrases en kazakh dans les magasins et dans les cafés pour ne pas les oublier. Il est très intéressant d&rsquo;apprendre la culture, le mode de vie et la mentalité des gens en même temps que la langue. Pour moi, c’est un processus créatif, comme je suis artiste et musicien. En apprenant à connaître la langue, on apprend à mieux connaître les gens, leur façon de penser et de vivre, et leur façon de vivre devient plus claire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je trouve beaucoup de similarités entre les valeurs kazakhes et celles des pays africains. Nous avons par exemple des coutumes de mariage similaires, et la famille est également très importante pour nous. J&rsquo;ai l&rsquo;intention de continuer à apprendre le kazakh à l&rsquo;avenir. Je veux mieux comprendre la grammaire, être plus à l’aise à l’oral et mieux lire. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que lorsque vous apprenez une langue, vous en apprenez plus sur vous-même et sur vos capacités. Je veux aussi transmettre ces idées dans mes peintures, montrer combien il est intéressant d&rsquo;apprendre de nouvelles choses, que la vie est parsemée de nombreuses couleurs. Je veux montrer le monde grâce à l’art et à la créativité. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Jacob Ewing, spécialiste dans le domaine des relations internationales, Etats-Unis</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Je vis aux États-Unis et m&rsquo;intéresse à la géographie ainsi qu’à l&rsquo;histoire depuis l&rsquo;enfance. Je suis maintenant de retour dans mon pays d&rsquo;origine, mais j&rsquo;envisage de retourner prochainement au Kazakhstan. J&rsquo;aimerais y travailler et explorer les possibilités de carrière dans le domaine des relations internationales. Je me souviens très bien de la première fois où j&rsquo;ai fait connaissance avec le Kazakhstan. J’avais huit ans, j’étais au catéchisme et nous devions préparer un exposé sur l’histoire d’un pays. Le Kazakhstan me paraissait un endroit lointain et obscur. J&rsquo;ai décidé de faire quelque chose de différent et de parler d&rsquo;un pays très peu connu aux États-Unis. Je me souviens que ma mère et moi avions même fait des gâteaux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boortsog">baoursaks</a><em> (petits beignets kazakhs, ndlr)</em>. C’est d’ailleurs le premier mot kazakh que j’ai appris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis j&rsquo;ai commencé à étudier le russe. J&rsquo;ai étudié les relations internationales à l&rsquo;université. Nous avions le choix entre plusieurs langues étrangères, et j&rsquo;ai choisi le russe. Je suis toujours de près l&rsquo;actualité mondiale, je suis fasciné par la politique et je me suis beaucoup intéressé aux <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-bilan-flou-des-troubles-de-janvier-2022/">événements de janvier 2022</a>. Je me souviens avoir beaucoup pensé au Kazakhstan à l&rsquo;époque. J’ai même eu plutôt peur quand j’ai lu ce qu’il se passait. Certainement pas autant que les Kazakhs, mais ces nouvelles m’ont vraiment touché.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-bilan-flou-des-troubles-de-janvier-2022/">Kazakhstan : le bilan flou des troubles de janvier 2022</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fois que je suis allé à Almaty, c&rsquo;était en avril 2022. J&rsquo;ai acheté mon billet spontanément, car j&rsquo;avais très peu voyagé auparavant, et je voulais choisir une destination lointaine, un peu pour l&rsquo;aventure, pour vivre une nouvelle expérience. Mon premier séjour à Almaty n&rsquo;a duré que deux semaines. Je n&rsquo;avais pas encore appris le kazakh, mais j’ai pu parler en russe et finalement je suis tombé amoureux de la ville. J&rsquo;ai aimé le fait que ce soit ensoleillé, qu&rsquo;il y ait beaucoup de nationalités et de cultures différentes. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à ce que tout soit si mélangé à Almaty, et finalement cela se révélait facilement d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&rsquo;ai entendu parler en kazakh, je me suis demandé si je pouvais apprendre non seulement le russe mais aussi le kazakh. À cette époque, déjà après ma première visite, je savais que je retournerai au Kazakhstan, car deux semaines, ce n’était pas suffisant pour moi. Je suis retourné à Almaty au début du mois de juin, pour travailler dans une colonie de vacances. J&rsquo;enseignais l&rsquo;anglais aux enfants et il leur arrivait de me répondre en kazakh. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai commencé à apprendre davantage la langue. Puis j&rsquo;ai commencé à aller au club de conversation de Batyl Bol et j’ai été une fois de plus convaincu du fait que le kazakh était une langue très intéressante avec une histoire très riche. </p>


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<p class="wp-block-paragraph"> Le plus compliqué pour moi reste la grammaire et la structure des phrases. La prononciation me fait également peur. À cause de cela, je ne parle pas autant que je le voudrais, je n&rsquo;arrive pas à surmonter cette barrière. Je ne me sens pas prêt à utiliser la langue dans les situations de tous les jours, avec des inconnus. Actuellement, je suis aux Etats-Unis. Je prévois de retourner au Kazakhstan cette année et de parler davantage kazakh. Le nombre limité de ressources en ligne pour apprendre la langue constitue aussi un obstacle, par rapport à d&rsquo;autres langues. Mais de nouvelles ressources émergent lentement, et il existe différentes manières d&rsquo;apprendre et de pratiquer quand on le souhaite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que la chose la plus importante lorsqu’on apprend une nouvelle langue est de ne pas abandonner, même si on ne voit pas de résultats rapides. Et surtout, il faut pratiquer cette langue. La langue, ce n&rsquo;est pas seulement une question de grammaire et de mots difficiles. C’est aussi de la pratique, de l’intérêt pour les gens et le monde, la grammaire, les mots. Les erreurs sont secondaires. J’envisage même de m’installer au Kazakhstan à l’avenir. Et pour envisager de s’installer dans un autre pays, il faut connaître sa langue. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Ilona Sokolova</strong><br><strong>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/people/25985-inostrantsy-izuchayuschie-kazahskiy">russe</a> par Alexandra Béroujon</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong> <p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/portraits-detrangers-etudiant-le-kazakh/">Portraits d&rsquo;étrangers étudiant le kazakh</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Dos-Moukasan : « Ils ont été les premiers à associer la chanson occidentale et le folklore national kazakh »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thibaut Bacquaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Mar 2023 15:03:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Langue kazakhe]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[passé soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/dos-moukasan-ils-ont-ete-les-premiers-a-associer-la-chanson-occidentale-et-le-folklore-national-kazakh/">Dos-Moukasan : « Ils ont été les premiers à associer la chanson occidentale et le folklore national kazakh »</a></p>
<p>Dos-Moukasan, groupe kazakh culte formé dès les années 1960, a eu droit à son biopic. Dans un entretien, le réalisateur Aïdyn Sakhamane revient sur la trajectoire du groupe et le tournage du film qui leur est consacré. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 11 octobre 2022 par le média kazakh The Steppe. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dos-Moukasan, groupe kazakh culte formé dès les années 1960, a eu droit à son biopic. Dans un entretien, le réalisateur Aïdyn Sakhamane revient sur la trajectoire du groupe et le tournage du film qui leur est consacré.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 11 octobre 2022 par le média kazakh </strong><a href="https://the-steppe.com/lyudi/oni-pervymi-sdelali-sintez-zapadnoy-estrady-i-kazahskih-nacionalnyh-motivov-intervyu-s-rezhisserom-bayopika-dos-m-asan"><strong>The Steppe</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fin septembre dernier, la première du film&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=2BXFCLSRzFs"><em>Dos-Moukasan</em></a>&nbsp;a eu lieu au Kazakhstan. Le drame musical revient sur le succès du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dos_Mukasan">groupe kazakh</a> du même nom, formé en 1965 par des étudiants de l’institut polytechnique. Le célèbre groupe, dont l’histoire dure depuis déjà près d’un demi-siècle, a largement contribué à l’essor culturel et artistique de la société kazakhe. D’amour, d’amitié et de musique, ce film montre toutefois qu’aucun succès n’est possible sans difficultés, déceptions et dilemmes. </p>



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<p class="wp-block-paragraph"> La rédaction de The Steppe s’est entretenue avec Aïdyn Sakhamane, le réalisateur du film qui, pendant trois ans sans interruption, y a travaillé en veillant à ce que parvienne au spectateur l’histoire la plus proche possible de la réalité. Il a partagé avec la rédaction ses impressions sur la première du film ainsi que ses anecdotes de tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>The Steppe&nbsp;: Comment a débuté la production du film et comment s’est déroulé le casting&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aïdyn Sakhamane&nbsp;:</strong> Tout a commencé lorsque le ministère de la Culture et des Sports a rendu public le projet de tournage. Un grand concours avait été organisé, pour lequel plus de 250 projets de réalisateurs très talentueux, avec de bons scénarios, ont été qualifiés. Le niveau était élevé et la concurrence rude. Nous avons eu la chance de passer cette étape car, au moment du confinement, les complications se sont accumulées&nbsp;: nous avons dû reporter plusieurs rendez-vous, repenser l’organisation du tournage et, pour plusieurs raisons, le destin du projet nous semblait incertain. Mais d’un autre côté, le confinement nous a été favorable car à son apogée, nous nous occupions de l’organisation, faisions passer les castings, et les artistes avaient suffisamment de temps pour pouvoir se préparer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-confinement-raconte-par-ceux-qui-lont-vecu/"><strong>Kazakhstan&nbsp;: le confinement raconté par ceux qui l’ont vécu</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas précipité les étapes de repérage et de préparation au tournage, qui étaient plutôt ambitieuses, et tout s’est déroulé à un rythme normal. Nous avons organisé un grand casting, faisant jouer des acteurs de nombreux théâtres à travers le Kazakhstan. Parce que nous travaillions avant tout à la réalisation d’un biopic, nous avons mis un point d’honneur à choisir les acteurs si bien pour leur talent que pour leur ressemblance physique aux personnages réels. Une fois le casting terminé, les artistes se sont longuement préparés à jouer de l’instrument de leur personnage, avec des professionnels ou en autonomie. Meïyrghat Amangueldine, un acteur et vocaliste épatant, avait une difficulté supplémentaire car son personnage devait jouer de cinq instruments de musique différents. </p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-57406"><img decoding="async" width="2000" height="1126" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876.jpg" alt="Dos Moukasan Film" class="wp-image-57406" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876.jpg 2000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876-1024x577.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876-1536x865.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A6876-1300x732.jpg 1300w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le scénario a essayé de rester au plus près de la réalité (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Pendant la scène la plus importante, Maksat Sabitov &#8211; dans le rôle du musicien <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D1%83%D1%81%D0%B0%D0%B8%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%9C%D1%83%D1%80%D0%B0%D1%82_%D0%9A%D1%83%D1%81%D0%B0%D0%B8%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Mourat Kousaïnov</a> &#8211; a dû jouer une partition extrêmement technique à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dombra">dombra</a><em>(instrument national kazakh de la famille des luth, ndlr)</em>, que même les professionnels ont du mal à maîtriser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Êtes-vous satisfaits des résultats et des réactions, si bien du public que des critiques, après la première&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais commencer par évoquer les chaudes félicitations que j’ai pu apprécier sur les réseaux sociaux, dans les critiques des professionnels et des journalistes cinéphiles. Bien sûr, les réactions sont variées, mais c’est aussi ce que nous cherchions en réalisant ce film. Il y a certaines scènes fortes dans le film, dans lesquelles nous avons placé une intention spécifique, mais le spectateur lambda ne les perçoit pas nécessairement. Nous apprécions particulièrement les critiques qui utilisent des arrêts sur image pour mettre en avant certains détails.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous attendiez-vous à ce que le film soit projeté en salle ou aviez-vous des doutes quant à sa diffusion&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble que, dans notre pays, les étapes d’une production sont les suivantes : avances – projections – rentrées d’argent. Pour moi, le plus important est de rendre le film accessible au grand public donc, pour l’instant, je ne me préoccupe pas de ce qu’il advient des avances versées. Ce qui m’intéresse, c’est le résultat final.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>J’ai été plutôt triste de ne voir que six personnes à la première en salle. Comment peut-on expliquer cela&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Honnêtement, je n’ai pas eu le temps d’assurer l’opération jusqu’au bout car c’est essentiellement le travail du producteur. Je sais seulement que le jour de la première, il y a eu un problème technique sur le site de vente de billets. Mais c’est au moins la 30ème erreur que l’on corrige. Maintenant, le film est distribué sans limite dans tous les cinémas du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle était l’ambiance sur le tournage&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acteurs sont vraiment géniaux, ils sont tous rentrés dans leur rôle sérieusement et consciencieusement. Lors des préparations du tournage, les acteurs et moi-même avons pris conscience de la responsabilité que nous avions vis-à-vis du groupe et de ses membres. Nous nous sentions aussi responsables vis-à-vis du public, car l’histoire de Dos-Moukasan, longue de 55 années, est chère à tous les Kazakhs. </p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-57408"><img decoding="async" width="2000" height="1126" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309.jpg" alt="Dos Moukasan Film" class="wp-image-57408" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309.jpg 2000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309-1024x577.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309-1536x865.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A8309-1300x732.jpg 1300w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les acteurs se sont entrainés à jouer des instruments des personnes qu&rsquo;ils interprètent (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Les acteurs ont commencé le tournage avec sérieux, en étudiant profondément la biographie des personnages principaux et en s’appropriant même leurs habitudes et particularités. Pour ce qui est de la musique, chacun des participants au casting a chanté et dansé. 90 % des acteurs ont doublé leur propre rôle, que ce soient les répliques ou les passages chantés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur du scénario, Efrat Charipov, a accompli un travail extraordinaire en un temps très réduit. Il a dû s’imprégner rapidement de l’époque du film, l’étudier en détail, mais aussi en parler avec des gens qui l’ont réellement connue&nbsp;: avec ses parents, ses proches et les consultants qui étaient présents au moment du tournage. Chaque détail compte, des instruments de musique aux costumes. Nous avons d’ailleurs préparé le tournage et écrit le scénario en nous réunissant sur Zoom, car nous ne pouvions sortir de chez nous lors du confinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-documentaire-sur-la-musique-rituelle-tadjike-en-preparation-a-londres/">Un documentaire sur la musique rituelle tadjike en préparation à Londres</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons aussi rencontré des difficultés. Nous relatons l’histoire de la première période de Dos-Moukasan, pendant laquelle sont nés quasiment la majorité de leurs titres cultes, tels que <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dxnjeIH5E58"><em>Sagyndyn seni</em></a> (Tu me manques), <a href="https://www.youtube.com/watch?v=qQCHfchHVfc"><em>Almaty touni</em></a> (Nuit d’Almaty), <a href="https://www.youtube.com/watch?v=feIiakSwhAs"><em>Koudacha</em></a>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KCmlOVdhVLc"><em>Toï jyry</em></a> (Chanson de fête), <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XAZYXJ-8adU"><em>Alataou</em></a> et bien d’autres encore. Nous nous sommes heurtés au défi d’insérer des éléments musicaux dans la narration du film en veillant à ce qu’ils ne prennent pas trop de place dans la trame, pour ne pas tomber dans le film-concert. Le mérite revient à l’auteur du scénario qui s’est donné à 100 % dans son travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous réussi à rendre l’atmosphère de cette période et à l’aide de qui&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De temps en temps, nos consultants sont intervenus sur le tournage. Par exemple, dans la scène du mariage de Mourat et Sabira sur <em>Toï jyry</em> , qui est une des scènes culminantes du film, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D1%83%D0%BB%D0%B5%D0%B5%D0%B2,_%D0%94%D0%BE%D1%81%D1%8B%D0%BC_%D0%9A%D0%B0%D1%81%D1%8B%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Dosym Kasymovitch Souleïev</a><em>(un des membres du groupe, ndlr)</em> nous a rendu visite et a été très surpris en voyant comment se déroulait le tournage. Ce jour-là sur le plateau, nous avons frôlé le désordre car 200 personnes étaient intervenues devant et derrière la caméra, entre les maquilleurs et les acteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la 20ème prise, lorsque tout le monde commençait à être fatigué, Dosym Kasymovitch a félicité l’équipe et rejoint les artistes sur scène. Cela a permis à l’équipe de se remotiver et aux acteurs de trouver un nouveau souffle. Nous avons ensuite poursuivi le tournage avec plus d’enthousiasme. Dosym Kasymovitch nous a d’ailleurs apporté ses accessoires les plus typiques : les costumes d’origine, cahiers de musique, brochures, médailles, trophées, insignes et autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/mourad-sadykov-figure-de-lethno-jazz-turkmene/">Mourad Sadykov, figure de l’ethno-jazz turkmène</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons retrouvé les objets les plus ressemblants pour les utiliser sur le tournage. Noel Chaïakhmetov, producteur et professeur d’histoire de la musique, nous a aidés à choisir la marque des instruments de musique. Mourat Kousaïnov et son épouse se sont également rendus sur le tournage. Il était intéressant de voir les acteurs et les membres du groupe s’observer entre eux, discuter et se donner des conseils.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À quel point les faits exposés dans le film sont-ils réels&nbsp;? Sur quoi vous êtes-vous appuyés en les insérant dans le scénario&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous sommes toujours dédouanés de relater exclusivement des faits réels dans ce film. Il y a plusieurs exagérations que nous n’avons pas pu éviter, car faire un film est avant tout une démarche artistique. Cela concerne particulièrement le rôle du détracteur qui incarne symboliquement toutes les difficultés que le groupe a rencontrées sur son chemin. Les coups fourrés et jalousies ont véritablement fait partie de l’histoire des musiciens, mais sont intervenus à des moments différents de leur carrière. Par exemple, la scène du concours à Minsk est un fait historique&nbsp;: un des concurrents a partagé sa guitare avec Mourat Kousaïnov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui vous a positivement surpris lors du tournage&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe Dos-Moukasan a joué un rôle important non seulement pour nous, mais surtout pour la génération de nos parents. Bakhytjan Alpeïssov, Gani Kouljanov et d’autres acteurs talentueux sont entrés dans le rôle des membres du groupe à l’âge adulte, dans une scène au début et à la fin du film, et ont interprété la chanson <em>Almaty touni</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/waiting-for-the-sea-un-documentaire-entre-musique-electronique-et-folklorique-en-ouzbekistan/">«&nbsp;Waiting for the Sea&nbsp;» : un documentaire entre musique électronique et folklorique en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez sans doute remarqué les nombreuses heures de travail qu’il y a eu en amont. Le talentueux chef de chœur Galymjan Berekechev a joué le rôle du guitariste du groupe, Meïrbek Moldabekov. La façon dont il a distribué les voix, tout en ajustant les accords et en guidant tout le monde… c’était quelque chose à voir&nbsp;! Au-delà du fait qu’ils étaient déjà tous des acteurs chevronnés et des spécialistes de leur domaine au Kazakhstan, j’ai vu qu’ils entretenaient un lien affectif avec le film en plus de leur professionnalisme. Faisant partie d’une génération plus jeune, j’ai apprécié de voir des personnes plus âgées partager leurs valeurs et donner l’exemple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon vous, à quoi est dû le succès du film&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma est un art collectif. Dans ce projet, l’équipe de metteurs en scène, techniciens et assistants a joué un rôle considérable. Tout au long du tournage, j’ai vu à quel point l’équipe toute entière s’est attachée au film et à son histoire. Le producteur a également accompli un travail colossal en ce qui concerne l’organisation du tournage et le processus de réalisation. Le film <em>Dos-Moukasan</em> était le premier projet de long-métrage pour la société de production Aray Media Group, qui a réussi à le mener à bien. Pour un premier film, c’était un travail historique monstre, et donc un véritable défi pour l’équipe de production. </p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-57407"><img loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1126" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008.jpg" alt="Dos Moukasan Film" class="wp-image-57407" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008.jpg 2000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008-1024x577.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008-1536x865.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7008-1300x732.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;équipe mobilisée pour la production du film était nombreuse (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Un énorme morceau du travail consistait aussi à recréer l’architecture de l’époque, les costumes, les coiffures, mais aussi l’arrangement des instruments de musique. Toute l’équipe s’est investie à 200 % et j’en suis extrêmement reconnaissant. Grâce à cela, la passion de chacun des participants au tournage, de la préparation à la post-production, se ressent à l’image. Nous avons tout donné pour relever ce défi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, la scène du mariage présentait un grand défi pour les techniciens, artistes, costumiers, chorégraphes et acteurs. Un autre défi pour l’équipe a été une scène longue en plan séquence, dans laquelle les membres du groupe se battent contre des gars de la rue. Le film correspond aux codes du drame musical, mais dans ces moments-là, nous nous approchons plutôt du music-hall. Toutes les scènes complexes ont été produites avec un minimum d’effets spéciaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/ou-se-situe-lasie-centrale-sur-la-carte-du-cinema-mondial/">Où se situe l’Asie centrale sur la carte du cinéma mondial ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dans la scène de la chanson <a href="https://www.youtube.com/watch?v=mZAOb9YwBoU"><em>Kaïdassyn&nbsp;?</em></a> (Où es-tu ?) au moment de la tournée, qui est un long plan séquence, Dosym Souleïev est assis dans un bus pour Moscou et regarde au loin : tous les changements de luminosité et d’heure, tous les reflets sur la vitre ont été tournés sans trucage au montage. Les 20 opérateurs de l’équipe technique jouaient de la lumière des projecteurs à différents angles et le reste de la troupe faisait balancer le bus. Cette scène a été un énorme travail. Le spectateur remarque facilement les effets spéciaux, mais les complexités du tournage demeurent imperceptibles. C’est un franc succès pour le réalisateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui a eu l’idée de tourner ces scènes complexes&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scènes en plan séquence sont une idée du réalisateur, elles lui sont apparues au moment de l’écriture du scénario. Lorsque nous avons essayé de fixer le style global du film, il y a eu aussi un fourmillement d’idées. Les auteurs du film partageaient leurs idées dans un lieu d’échange où les batailles d’ordre artistique étaient nombreuses. Mais c’est grâce à cela que l’on a obtenu un tel résultat. Nous ne nous sommes pas laissés emporter par des originalités. Nous avons plutôt essayé de transmettre au spectateur les émotions que nous avons ressenties lors des préparations au tournage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon vous, existe-t-il aujourd’hui un phénomène musical comparable à celui de Dos-Moukasan&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela relève plutôt de la critique artistique, mais je peux néanmoins exposer mon avis personnel. Le phénomène de Dos-Moukasan est tout d’abord le produit d’une époque qu’ils ont inaugurée en insérant pour la première fois la musique kazakhe dans le rock. Pourquoi étaient-ils à la pointe de la nouveauté&nbsp;? Ceux qui étaient à la mode à cette époque se contentaient d’interpréter les chansons des Beatles, mais eux ont fait quelque chose de nouveau&nbsp;: ils ont ajouté les accords des Beatles à la musique populaire. Alors on peut dire que les sonorités du morceau <a href="https://www.youtube.com/watch?v=feIiakSwhAs"><em>Koudacha</em></a> viennent de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=_J9NpHKrKMw"><em>Ob-La-Di, Ob-La-Da&nbsp;</em></a>. </p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-57405"><img loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1126" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388.jpg" alt="Dos Moukasan Film" class="wp-image-57405" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388.jpg 2000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388-1024x577.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388-1536x865.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/03/359A7388-1300x732.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le réalisateur a consulté des spécialistes pour reconstituer l&rsquo;époque (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Ayant commencé par amour de la musique, Dos-Moukasan a concilié le rock occidental, qui était à la mode à ce moment-là, aux motifs folkloriques nationaux. Cela était nouveau pour l’auditeur de l’époque, et le résultat plaisait. Le répertoire de Dos-Moukasan&nbsp;est à la rencontre des tendances musicales et des chansons qui plaisent au grand nombre. C’est cela qui a permis au phénomène de décoller. Je pense que le groupe continue d’être populaire aujourd’hui en raison des nouvelles envies. Disons que le groupe <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/A-Studio">A-studio</a> découle de l’atmosphère de Dos-Moukasan, traduisant un amour pour la musique, pour la ville d’<a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> et tout ce qui l’entoure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment imaginez-vous le spectateur idéal du film&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai le sentiment que le film n’a pas d’âge limite. Disons qu’il est destiné à tous, des plus jeunes aux plus âgés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lange-blesse-un-portrait-dramatique-et-saisissant-des-campagnes-kazakhes-dans-les-annees-1990/">L’ange blessé : un portrait dramatique et saisissant des campagnes kazakhes dans les années 1990</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film est destiné à tous, bien que les personnages soient ceux avec lesquels nos parents et grands-parents ont grandi. Les spectateurs d’âge moyen se reconnaîtront également dans les problèmes liés à l’amitié, à l’amour et à la transgression des règles. Le film a aussi retenu l’attention des écoliers pour leur avoir expliqué de manière pédagogique l’histoire du rock kazakh. Je ne pense pas que le film soit destiné à une tranche d’âge ou à un sexe en particulier. Cependant, il a été pensé et réalisé pour ceux qui sont nés et ont grandi ici, au Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel message porte le film pour vous en tant que réalisateur&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma vie professionnelle se divise en deux périodes&nbsp;: la période <em>Dos-Moukasan</em> et la période&nbsp;post-<em>Dos-Moukasan</em>. J’ai consacré trois années de ma vie à ce projet, ne faisant rien d’autre et refusant les projets en parallèle. C’est le choix que j’ai fait dès le début. </p>


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<p class="wp-block-paragraph"> Même pendant la coupure imposée par la pandémie, je ne me suis intéressé à aucun autre projet que ce film. C’était un sacré défi que de réaliser un film sur des gens qui sont encore parmi nous.&nbsp;<em>Dos-Moukasan</em>&nbsp;est un de mes projets préférés parce qu’il porte en lui les thèmes de l’amour, de l’amitié et, bien-sûr, de la musique&nbsp;: des thèmes qui me sont chers. J’aime moi-même chanter mais, je l’avoue, seulement en coulisses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment comptez-vous évoluer à la suite de ce film ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne saurais dire ce que je ferai dans le futur. La mentalité et la culture de notre peuple fait qu’il a toujours apprécié les histoires musicales, que ce soit dans les arts figuratifs ou par les traditionnelles joutes de conteurs, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Akyn">akyns</a>. Mais aujourd’hui, je ne dirais pas que ma carrière sera seulement de réaliser des films musicaux. J’ai beaucoup d’autres idées, mais je n’en dirai pas plus pour le moment. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Daniya Ermekkyzy</strong><br><strong>Journaliste pour The Steppe</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://the-steppe.com/lyudi/oni-pervymi-sdelali-sintez-zapadnoy-estrady-i-kazahskih-nacionalnyh-motivov-intervyu-s-rezhisserom-bayopika-dos-m-asan">russe</a> par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Mathilde Garnier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>La guerre en Ukraine donne un coup de pouce à la langue kazakhe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Oct 2022 06:41:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p>DECRYPTAGE. Comme un vestige de la période soviétique, le Kazakhstan admet un régime linguistique particulier, en reconnaissant le russe comme une langue officielle nationale, mais d’un statut inférieur au kazakh, la langue d’Etat. Cependant, après trente années d’indépendance au Kazakhstan, le russe reste encore plus parlé dans les sphères publiques que le kazakh. Mais la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>DECRYPTAGE. Comme un vestige de la période soviétique, le Kazakhstan admet un régime linguistique particulier, en reconnaissant le russe comme une langue officielle nationale, mais d’un statut inférieur au kazakh, la langue d’Etat. Cependant, après trente années d’indépendance au Kazakhstan, le russe reste encore plus parlé dans les sphères publiques que le kazakh. Mais la guerre en Ukraine semble changer la donne. Continuer de parler russe est devenu sensiblement politique pour une population condamnant ouvertement l&rsquo;invasion russe. La langue kazakhe retrouve alors de plus en plus de locuteurs, enthousiastes de renouer avec leur identité nationale contre l&rsquo;influence russe. Décryptage de la réhabilitation de la langue nationale par la société civile.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Signe de nationalisme » </em>et « <em>pas d’une grande culture » : </em>c’est ce qu’évoque la langue kazakhe au directeur de l’entreprise de service kazakhe Chocolife, Ramil Moukhoriapov, dans une <a href="https://twitter.com/nebbesneklihp/status/1582721701867294720?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1582747152404860929%7Ctwgr%5E407e44333e9af67b4af4199382ad093be48a9ce4%7Ctwcon%5Es3_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Frus.azattyq.org%2Fa%2F32092782.html">vidéo</a> diffusée sur les réseaux sociaux le 19 octobre dernier. Des mots discriminants concernant la langue d’Etat, qui ont suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, <a href="https://rus.azattyq.org/a/32092782.html">rapporte Radio Azattyq,</a> la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des commentaires appelaient au boycott de l’entreprise, ainsi que de toutes celles qui ne mettent pas de traduction de leur site internet en kazakh. En quelques heures, le scandale était lancé. </p>



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<p class="wp-block-paragraph">

Face à l&rsquo;ampleur de la polémique, une enquête de police est en cours sur les propos de Ramil Moukhoriapov à la demande d&rsquo;un groupe de députés du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Majilis">Majilis</a>, pouvant être puni pour <em>« incitation à la discorde »</em> selon l&rsquo;article 174 du code pénal kazakh, explique <a href="https://www.azattyq.org/a/32102587.html">Radio Azattyq</a>.

Force est alors de constater qu’au Kazakhstan, la population ne veut plus que la langue kazakhe arrive à la seconde place après le russe. Un article de la branche centrasiatique <a href="https://mediazona.ca/article/2022/05/10/batyl-bol">du média russe MediaZona</a> relate que depuis la guerre en Ukraine, « <em>nombreux sont les Kazakhs qui ont publiquement annoncé abandonner la langue russe et sont passés entièrement au kazakh, ou du moins ont promis de s&rsquo;efforcer de le faire.</em> »
</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un débat sur la langue </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> La question de la langue s&rsquo;est donc bien cristallisée au Kazakhstan, avec la prochaine élection présidentielle et l’arrivée massive de Russes fuyant la mobilisation partielle décrétée le 21 septembre dernier. D&rsquo;autant plus que la position du président, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a>, est floue sur le sujet. Dès le lendemain de la publication de la vidéo de Ramil Moukhoriapov, l’administration présidentielle a publié <a href="https://legalacts.egov.kz/npa/view?id=14266402">un ajout au décret</a> pour interdire la discrimination basée sur la langue sur le lieu de travail, rapporte le média américain <a href="https://eurasianet.org/kazakhstan-government-wades-into-language-debate-with-new-workplace-rules?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter">Eurasianet</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-nationalisme-et-les-nationalistes-kazakhs-avant-le-kazakhstan/">Le nationalisme et les nationalistes kazakhs avant le Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Suite au scandale, le président kazakh a appelé à ne pas faire de la langue un « outil de politisation », mais il n&rsquo;a pas condamné les propos du PDG de Chocolife. Le fait qu&rsquo;il ne se range pas clairement du côté du kazakh face au russe a aussi exaspéré une partie des Kazakhs sur les réseaux sociaux. L&rsquo;agacement a été poussé plus loin après l&rsquo;annonce par le président de la <a href="https://informburo.kz/novosti/tokaev-obyasnil-dlya-cego-nuzno-sozdat-organizaciyu-po-prodvizeniyu-russkogo-yazyka">création d&rsquo;une « communauté de langue russe »</a> au sein de la Communauté des Etats indépendants (CEI) lors de l’anniversaire de Vladimir Poutine le 4 octobre dernier, pour « protéger les minorités russes. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un <a href="https://vlast.kz/avtory/52247-do-cego-dovodit-azyk.html">édito du média kazakh Vlast.kz</a>, la journaliste Aïsoulou Toïchibekova répond à ceux qui l’accusent d’exacerber un certain nationalisme. « <em>Je parle kazakh parce que je suis citoyenne du Kazakhstan</em> », écrit-elle. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des clubs de kazakh engagés depuis le début de la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> C&rsquo;est sans compter l&rsquo;enthousiasme des Kazakhs pour leur langue. Depuis l’invasion russe en février dernier, nombreux sont les clubs de discussion en kazakh qui ont été créés par des bénévoles ou des associations dans les grandes villes du pays, décrit <a href="https://www.the-village-kz.com/village/weekend/weekend-guide/26339-kluby-razgovornogo-kazahskogo-almaty-astana">le média kazakh The Village.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/politique/entre-asie-centrale-et-russie-une-relation-en-perpetuelle-evolution/">Entre Asie centrale et Russie, une relation en perpétuelle évolution</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux se trouve le club Batyl Bol, signifiant <em>« Sois brave »</em> en kazakh. Il a été fondé par le Kazakh Alexeï Skalozoubov et compte désormais plus de 300 membres inscrits, explique MediaZona. L’une des organisations les plus militantes, Qazaq Grammar, est partie d’un <a href="https://www.instagram.com/qazaqgrammar/?hl=fr">compte Instagram</a> qui milite contre l’impérialisme russe et pour la revalorisation du kazakh dans la société. Il propose également des clubs de discussion en kazakh à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> et Astana.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des participants à ces cours sont jeunes. Ils ont tous la volonté de se détacher de l’influence russe à travers la pratique de la langue kazakhe et de renouer avec une certaine identité nationale. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le kazakh revient à la mode depuis déjà quelques années</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">
En 2017, la marque de vêtement Qazaq Republic, fondée par Saken Joldas, remporte un franc succès. Proposant des vêtements streetwear avec un alphabet kazakh en latin, le but est de promouvoir une identité nationale moderne, explique le créateur au <a href="https://the-steppe.com/business/sovremennaya-aydentika-kak-sozdavalsya-kazahstanskiy-brend-qazaq-republic-15">média kazakh The Steppe</a>&nbsp;: <em>« L&rsquo;idée de notre marque est de véhiculer un morceau de culture, d&rsquo;identité nationale.</em> »

</p>


<p><a href="http://www.instagram.com/p/Cj2mHT0Dw9y/">http://www.instagram.com/p/Cj2mHT0Dw9y/</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les artistes nationaux aussi chantent désormais en kazakh. Depuis quelques années, ils sont de plus en plus nombreux à choisir leur langue nationale pour performer sur scène. Tout d’abord, le groupe kazakh <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ninety_One">Ninety One</a> qui s’inscrit dans le mouvement de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Q-pop">Q-Pop</a>, sur le modèle de la K-Pop coréenne, mêlée à des paroles écrites en kazakh et à des airs de musiques nomades, fait rayonner le Kazakhstan sur la scène musicale internationale. Le chanteur <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/dimach-qudaibergen-et-sabina-altynbekova-deux-stars-kazakhes-asiatiques/">Dimach Koudaïbergen</a>, véritable icône kazakhe, mondialement connu, promeut de plus en plus la langue kazakhe à travers des textes écrits également en russe, anglais et chinois.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une société encore dominée par le russe </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"> Cependant, bien que le kazakh gagne en popularité depuis plusieurs années au Kazakhstan, le pays reste pleinement russophone tandis que la langue nationale peine à être bien parlée par l’ensemble de la population. D’après <a href="https://vlast.kz/novosti/51399-okolo-80-naselenia-kazahstana-vladeet-kazahskim-azykom-itogi-perepisi.html">un article de Vlast.kz</a>, selon une étude conduite en 2022, seulement 49,3 % de la population utilise le kazakh dans la vie quotidienne, tandis qu’encore 19,9 % ne maîtrise pas la langue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/apprentissage-du-kazakh-pour-le-president-du-kazakhstan-mieux-vaut-tard-que-jamais/">Apprentissage du kazakh: pour le président du Kazakhstan, « mieux vaut tard que jamais »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des chiffres décevants comparé au plan initié par l’ancien président <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> en 2010, ayant pour projet que 95 % des Kazakhs parlent la langue d’Etat d’ici 2020, expliquait alors <a href="https://russian.eurasianet.org/node/58449">un article d’Eurasianet</a>. En 2021, <a href="https://strategy2050.kz/ru/state_programs/-2020-2025-/">un tel programme</a> a également été relancé pour qu&rsquo;en 2025, la langue kazakhe soit encore plus développée, cette-fois ci dans <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-avance-doucement-mais-surement-vers-ladoption-de-lalphabet-latin/">son alphabet latin adapté</a>.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Emma Collet</strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par la rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Apprentissage du kazakh : pour le président du Kazakhstan, « mieux vaut tard que jamais »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Zenon Bekdouche]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jan 2021 09:45:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Kassym-Jomart Tokaïev]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Langue kazakhe]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/apprentissage-du-kazakh-pour-le-president-du-kazakhstan-mieux-vaut-tard-que-jamais/">Apprentissage du kazakh : pour le président du Kazakhstan, « mieux vaut tard que jamais »</a></p>
<p>Les Kazakhs ne parlent pas suffisamment kazakh, estime Kassym-Jomart Tokaïev dans un post de blog. Le président kazakh prône un apprentissage plus poussé de la langue nationale, sans pour autant limiter la pratique d'autres langues comme le russe ou l'anglais. Le président kazakh commence à s'agacer du manque de pratique de la langue kazakhe. Dans [&#8230;]</p>
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<p><strong>Les Kazakhs ne parlent pas suffisamment kazakh, estime Kassym-Jomart Tokaïev dans un post de blog. Le président kazakh prône un apprentissage plus poussé de la langue nationale, sans pour autant limiter la pratique d'autres langues comme le russe ou l'anglais.</strong></p>
<p>Le président kazakh commence à s'agacer du manque de pratique de la langue kazakhe. Dans <a href="https://egemen.kz/article/260146-tauelsizdik-barinen-qymbat">un post de blog</a> publié le 5 janvier dernier, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a affirmé que la connaissance de la langue officielle du pays incombait à chaque citoyen du Kazakhstan. </p>
<p>Le président kazakh dresse le constat que la jeunesse peut apprendre l’anglais ou d’autres langues en un temps assez court. Tout en reprenant un  proverbe populaire, selon lequel <em>"mieux vaut tard que jamais"</em> , et de rajouter que le plus important est de «<em> susciter de l’enthousiasme »</em>, le président plaide pour le développement de l’apprentissage de . . .</p>

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		<title>Alphabet latin : le chantier ne fait que commencer au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien Sauvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2018 16:01:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabet cyrillique]]></category>
		<category><![CDATA[Alphabet latin]]></category>
		<category><![CDATA[Jar Zardykhan]]></category>
		<category><![CDATA[Langue kazakhe]]></category>
		<category><![CDATA[Latinisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/alphabet-latin-le-chantier-ne-fait-que-commencer-au-kazakhstan/">Alphabet latin : le chantier ne fait que commencer au Kazakhstan</a></p>
<p>Comme l'a affirmé le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, à partir de 2025, le kazakh sera écrit en lettres latines et non plus en cyrillique. Au milieu d'un débat houleux, l'historien kazakh Jar Zardykhan est convaincu qu'il est nécessaire de poursuivre ce projet gouvernemental, en évitant évidemment de répéter les nombreuses erreurs qui ont ponctué l’histoire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/alphabet-latin-le-chantier-ne-fait-que-commencer-au-kazakhstan/">Alphabet latin : le chantier ne fait que commencer au Kazakhstan</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comme l'a affirmé le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, à partir de 2025, le kazakh sera écrit en lettres latines et non plus en cyrillique. Au milieu d'un débat houleux, l'historien kazakh </strong><strong>Jar Zardykhan est convaincu qu'il est nécessaire de poursuivre ce projet gouvernemental, en évitant évidemment de répéter les nombreuses erreurs qui ont ponctué l’histoire de l’écriture. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici cette tribune publiée initialement par <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/25134-lubov-morkov-kazahskij-i-latinica.html">Vlast</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a quelques années, lors d’une escale à Francfort avant de rentrer au Kazakhstan en plein été, je me suis rendu à Brême rendre visite le temps d’une journée à de vieux amis d’université, que je n’avais pas revus depuis mon doctorat. Comme vous pouvez vous en douter, ces amis sont des historiens et des linguistes, mais certains sont aussi spécialisés dans des disciplines plus transversales comme la théologie, la critique d’art, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Numismatique">numismatique</a> et même le droit pénal du Moyen Âge. C’est d’ailleurs certainement pour cette raison qu’ils m’ont emmené dans leur célèbre « <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Bremen_Ratskeller">cave à vins brêmoise</a> », qui se trouve être la plus ancienne d’Allemagne, vieille de 600 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit en réalité de la cave à demi-éclairée de l’hôtel de ville, aux murs et au plafond de briques nues et aux fenêtres grillagées qui n’offrent qu’une vue étroite sur la cathédrale. J’étais aussi déçu de boire du vin en Allemagne plutôt que de la bière que de rencontrer mes amis dans un lieu aussi miteux (qui avait tout du cauchemar d’un claustrophobe), mais je n’ai eu l’audace d’exprimer mon mécontentement que sur le dernier point. En retour, j’ai reçu une leçon relativement présomptueuse, mais non moins utile : <em>« Jar, je ne sais pas ce que vous considérez comme beau et confortable au Kazakhstan mais cet édifice est le sommet de la perfection architecturale : il est solide, bien pensé et beau. En 600 ans, il n’a pas changé »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Après un certain temps, j’ai commencé à me sentir à l’aise, détendu par le vin allemand et la conversation, qui s’orientait peu à peu vers le quotidien. Depuis quelques jours, l’Allemagne était apparemment secouée par l’interdiction récente de circoncire les mineurs, que l’une des cours régionales du pays avait assimilé à un crime. Les communautés musulmane et juive d’Allemagne avaient alors contesté cette décision ensemble, bien qu’elles ne soient pas d’ordinaire amies, ce qui est peu dire. Certains de mes amis étaient eux-mêmes contre la circoncision des mineurs, s’attirant ainsi une tempête de reproches : <em>« Tu es circoncis Johann ? Ton fils est circoncis ? </em>a brusquement demandé mon ami hambourgeois originaire des Balkans.<em> - Non. - Vous avez l’intention de le faire circoncire ? - Bien sûr que non ! - Alors arrête avec tes conseils ! Réfléchis un peu et nous t’écouterons. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">J’avais déjà entendu un discours similaire au Kazakhstan lorsque j’avais pitoyablement tenté de dissuader mes amis orthodoxes de baigner leur bébé dans les féroces eaux hivernales du baptême. Ils ne m’avaient pas rappelé ma circoncision, mais l’évangile selon Saint Matthieu : <em>« Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous fermez au nez des hommes le royaume des cieux ! Vous-mêmes en effet n’entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui sont pour entrer »</em> (<em>Évangile selon Saint Matthieu</em>, chapitre 23 verset 12). Ou, s’ils avaient parlé plus franchement : <em>« Va te faire voir, Jar »</em> !</p>
<p><strong>La marotte kazakhe du latin</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà que le 11 septembre 2017, notre pays s’est réveillé avec un nouveau projet en tête, celui d’écrire le kazakh avec l’alphabet latin. Les querelles et les débats publics attendus ont alors commencé, accompagnés de bataillons d’amoureux de la langue kazakhe, qui, après avoir rêvassé et attendu pendant un quart de siècle, se sont soudain réveillés et décidés à apprendre cette langue miraculeuse dès ce lundi 11 septembre, comme ceux qui ne dormaient et mangeaient qu'en rêvant au caractère unique de l’écriture kazakhe. Je me suis alors rappelé cette conversation que j’avais eue dans la cave à vins, qui ne fut certes pas des plus agréables mais sans aucun doute des plus instructives. Je me suis aussi souvenu des baignades baptismales par cette rude nuit de janvier. J’avais passé la nuit à grommeler et ronchonner, cassant les pieds de mes amis, sans vraiment comprendre ce qu’ils faisaient ni la raison qui les poussait à le faire et encore moins pourquoi ils affichaient des visages radieux.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakh-bientot-en-lettres-latines/">Le kazakh, bientôt en lettres latines ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas faire durer plus longtemps le suspense et ne pas trop m’appesantir, voici tout de suite mon avis sur la question : écrire le kazakh avec l’alphabet latin est une idée intéressante et admirable. Néanmoins, comme toute bonne idée, qu’il s’agisse de l’enseignement scolaire trilingue ou d’un fonds de pension par capitalisation unique, elle n’a de sens que dans sa réalisation. Or, s’il y a une chose que nous savons bien faire, c’est précisément tout gâcher. Combien de sang et de larmes ont été versés à cause de la carte de transport de la ville d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty">Almaty</a>, « ONAY! », avant même qu’elle ne soit mise en circulation – d’ailleurs plus ou moins bien – et après tant de longues et déchirantes rectifications, modifications et altercations entre contrôleurs et passagers ? Un alphabet, dans le monde contemporain des technologies numériques comme à n’importe quelle autre époque, doit être pratique, beau et compréhensible. Pour tous. Cette . . .</p>

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