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	<title>Irrigation | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Irrigation | Novastan France</title>
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		<title>Le totalitarisme de l’irrigation a tué la mer d’Aral</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre-François Hubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Jan 2021 08:52:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-totalitarisme-de-lirrigation-a-tue-la-mer-daral/">Le totalitarisme de l’irrigation a tué la mer d’Aral</a></p>
<p>Dans un article, l’anthropologue britannique William Wheeler revient sur la disparition de la mer d’Aral en l’interprétant comme l’une des conséquences du totalitarisme de l’irrigation soviétique. Tout en montrant que ses racines restent présentes aujourd’hui. Novastan reprend ici et traduit un article publie le 27 mai 2020 dans le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-totalitarisme-de-lirrigation-a-tue-la-mer-daral/">Le totalitarisme de l’irrigation a tué la mer d’Aral</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un article, l’anthropologue britannique William Wheeler revient sur la disparition de la mer d’Aral en l’interprétant comme l’une des conséquences du totalitarisme de l’irrigation soviétique. Tout en montrant que ses racines restent présentes aujourd’hui.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici et traduit un article publie le 27 mai 2020 dans le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, </strong><a href="https://fergana.site/articles/118333/"><strong>Fergana News</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment l’Union soviétique a-t-elle détruit la nature dans la région en exploitant les réserves d’eau ? Pendant de nombreuses années, l’anthropologue britannique William Wheeler a mené des recherches à <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Aralsk">Aralsk</a>, alors en bordure de la <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mer_d'Aral">mer d’Aral</a>. Le résultat de son travail, intitulé <em>The USSR as a hydraulic society: Wittfogel, The Aral Sea and The (post-)Soviet state</em> (non traduit), <a href="https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/2399654418816700">a été publié</a> en décembre 2018 dans la revue scientifique <em>Environment and Planning C: Politics and Space</em>.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Pour décrypter la situation, William Wheeler décrit dès son introduction avoir utilisé la théorie du despotisme oriental. Cette théorie vient du livre de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Karl_August_Wittfogel">Karl Wittfogel</a> <em>Le Despotisme oriental</em>, et fait figure de référence en sciences politiques et historiques. Son auteur, qui a fui l’Allemagne hitlérienne vers les États-Unis, a proposé une explication à la fois audacieuse et élégante au totalitarisme et à la puissance d’un État. Selon lui, le concept serait né dans les vallées fluviales, en Égypte, en Mésopotamie et en Chine, où l’organisation forcée des personnes en groupes de travail était nécessaire pour entretenir les barrages et autres structures hydrauliques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Publié en 1957, l’ouvrage est délibérément conçu comme un coup porté à l’Union soviétique en tant qu’État bureaucratique et totalitaire, héritier des despotes du passé. Mais ironiquement, Karl Wittfogel n’imaginait pas l’URSS aller au bout de ses ambitieux projets hydrauliques, surtout en Asie centrale. Canaux, centrales hydroélectriques, travaux d’irrigation&nbsp;: tous ces projets ont été concomitants à la parution du livre de Karl Wittfogel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’exploitation de l’eau, paroxysme de pouvoir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">William Wheeler a tenté d’interpréter les idées du scientifique germano-américain à travers le prisme de ses études sur la vie quotidienne à Aralsk et d’adapter le concept de despotisme oriental aux tentatives des Soviétiques de transformer la mer, les rivières et la steppe. Cette adaptation à une réalité concrète, aux personnes vivant près de la mer d’Aral, permet de réviser et d’enrichir les idées de Karl Wittfogel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, l’exploitation de l’eau n’est pas seulement définie par le régime politique, mais aussi par la structure de l’État et son idéologie, depuis le <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Barrage_Hoover">barrage Hoover</a> jusqu’aux méandres des rivières de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sib%C3%A9rie">Sibérie</a> méridionale. Ensuite, l’eau suit son propre cours&nbsp;: les barrages exigent une obéissance sans faille des ouvriers aux maîtres d’ouvrage et finissent toujours par se détruire. L’eau est indomptable et s’escrime à sortir de son lit, à déborder des canaux et barrages. Les infrastructures hydrauliques sont les témoins de la faiblesse de l’homme face au pouvoir de la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les projets de grande envergure liés à l’eau sont mis en œuvre non seulement pour asservir les populations et contrôler les éléments, mais aussi pour des raisons idéologiques&nbsp;: les barrages et les centrales hydroélectriques, comme les pyramides, défient les siècles pour asseoir la grandeur d’un État. Pourtant, le mariage de l’eau et du pouvoir ne sont pas forcément synonymes d’oppression et d’asservissement éternels. Pendant l’agonie de la mer d’Aral qui a suivi la chute de l’URSS, <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Kokaral">le&nbsp; barrage de Kokaral</a> financé par la Banque mondiale et le gouvernement kazakh, est devenu un symbole non pas du totalitarisme, mais au contraire de la mondialisation et du rôle limité de l’État. Sa mission&nbsp;: tenter de maintenir un certain niveau d’eau dans la partie nord de la mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Empire russe, précurseur de l’assèchement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Asie centrale, les civilisations ont toujours été liées aux bassins fluviaux, ceux de l’<a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria#:~:text=L'Amou%2DDaria%20na%C3%AEt%20dans,dans%20la%20mer%20d'Aral.">Amou-Daria</a> et du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Sur-Daria</a> principalement. Leur volume et leur direction, écrit Karl Wittfogel, dépendaient des infrastructures d’irrigation construites, réparées et détruites au fil des systèmes politiques. Même avant le XX<sup>ème</sup>&nbsp;siècle, le littoral de la mer d&rsquo;Aral a changé au moins deux fois sous l’influence de facteurs naturels et humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-delta-du-syr-daria-sera-modifie-dans-le-cadre-du-projet-de-sauvegarde-de-la-mer-daral/"><strong>Le delta du Syr Daria sera modifié dans le cadre de la sauvegarde de la mer d&rsquo;Aral</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le catastrophique assèchement moderne a débuté pendant la période coloniale, lorsque les fonctionnaires du tsar ont décrété que l’irrigation était un outil pour développer le territoire « arriéré » qu’était l’Asie centrale. L’économie a également joué un rôle essentiel, car l’irrigation de nouvelles colonies permettait à l’Empire russe de développer l’essentielle culture du coton, après l’épisode douloureux de la famine de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9nurie_de_coton_du_Lancashire">coton Lancashire</a>  des années 1860 provoquée par la guerre civile américaine. Si les marchands et les fonctionnaires appréciaient le poisson d’Aral, le coton était plus important. Même les scientifiques de l’époque, tels le climatologue <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D0%BE%D0%B5%D0%B9%D0%BA%D0%BE%D0%B2,_%D0%90%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D1%81%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D1%80_%D0%98%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Alexandre Voïeikov</a>, martelaient que l’eau n’était utile à l’humanité que comme outil d’irrigation : en mer, elle est gaspillée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, l’Union soviétique a pris le relais de cette politique&nbsp;: malgré l’importance de libérer les peuples de l’est et de lutter contre la faim, il était stratégiquement indispensable d’assurer l’autonomie du pays. Pour répondre à la division économique du travail, le rôle de produire du coton a été dévolu à l’Ouzbékistan. L’application de cette décision s’est déroulée selon les principes de Karl Wittfogel&nbsp;: centralisation, travail forcé (avec des canaux souvent creusés par les prisonniers de guerre et les déportés), collectivisation et contrôle par un puissant appareil bureaucratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le respect du plan supérieur au profit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour William Wheeler, le pouvoir du ministère des Ressources en eau s’est alors considérablement développé et les intérêts de l’industrie du coton ont pris le dessus sur les intérêts de la pêche et des habitants de la région. Au fur et à mesure de l’intensification des mesures, le littoral de la mer d’Aral reculait. Toujours selon Karl Wittfogel, l’objectif de ces travaux n’était bientôt plus la recherche du profit économique, mais, à l’instar de l’Égypte antique ou de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Babylone">Babylone</a>, le respect du plan. L’obtention de pyramides de tonnes de coton était le fruit du gigantisme bureaucratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lexploitation-de-lartemie-en-mer-daral-petit-crustace-gros-enjeu/"><strong>L&rsquo;exploitation de l&rsquo;artémie en mer d&rsquo;Aral</strong></a><strong>&nbsp;: petit crustacé, gros enjeux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, l’histoire de l’irrigation soviétique s’est démarquée des théories de Karl Wittfogel. Les autorités ne pouvaient en effet canaliser les ressources en eau en l’absence de digues bétonnées et, dans les années&nbsp;1970, les pertes dans les zones irriguées atteignaient 11 à 12&nbsp;000&nbsp;mètres&nbsp;cubes par hectare. Le manque de systèmes de drainage a entraîné la stagnation des pesticides et autres produits toxiques dans le sol, dont le nettoyage nécessitait de l’eau pure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le socialisme soviétique, contrairement aux principes de Karl Wittfogel et d’autres théoriciens du totalitarisme, n’était pas en mesure d’assurer un contrôle total du pays. L’eau était sujette à des luttes sourdes et interminables entre le ministère des Ressources en eau et le ministère de la Pêche, entre les républiques et les régions, etc. Sans compter que dans les <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Kolkhoze">kolkhozes</a>, auxquels le pouvoir central n’avait presque pas accès, on s’est davantage servi de l’eau pour arroser les vergers et potagers que les champs de coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Aralsk, la nostalgie de l’ère soviétique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aralsk, sur la côte kazakhe de la mer d’Aral à l’époque soviétique, a été un important centre de transport. Le coton en provenance du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Karakalpakistan">Karakalpakistan</a> y était acheminé par wagons et envoyé aux usines textiles de Russie et des <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pays_baltes">pays baltes</a>, de même que les céréales et d’autres denrées produites dans les régions septentrionales. La ville abritait un port et une fabrique de conserves de poissons, avant que la salinisation et le recul de la mer ne rendent la pêche impossible à partir de 1978.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/non-il-ny-a-pas-de-renaissance-de-la-mer-daral/"><strong>Non, il n&rsquo;y a pas de renaissance de la mer d&rsquo;Aral</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans reconnaître explicitement cette catastrophe écologique, les autorités soviétiques se sont efforcées d’améliorer les conditions de vie et de travail des pêcheurs en les envoyant exploiter d’autres lacs du Kazakhstan. Le poisson qui transitait par Aralsk provenait alors du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Grand_Nord">Grand Nord</a>, de l’<a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Extr%C3%AAme-Orient">Extreme Orient</a> et des pays baltes et le chantier naval s’activait à la production de barges envoyées en Sibérie par chemin de fer. Après l’effondrement de l’URSS, ces échanges économiques déficitaires ont cessé et les locaux ont dû seuls faire face à une catastrophe non seulement écologique, mais également économique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="680" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-1024x680.jpg" alt="Mer d'Aral URSS Irrigation" class="wp-image-42171" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-1024x680.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-300x199.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-768x510.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-1536x1020.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-1300x864.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/3700152551_2d9b42a588_o.jpg 1600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Avec le barrage de Kokaral, une petite portion de la mer subsiste (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon William Wheeler, l’enthousiasme dans la ville a brusquement chuté et l’on s’est mis à se rappeler l’époque soviétique avec nostalgie, en prenant soin d’occulter la destruction de la mer d’Aral. Car l’effondrement de l’URSS et la perte d’emplois qui s’en est suivie sont perçus comme une catastrophe bien pire. L’assèchement de la mer passe à l’arrière-plan par rapport aux soucis du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune génération se fait l’écho de la thèse officielle qui affirme, selon le scientifique, que tout est la faute de l’Ouzbékistan, qui a pompé toute l’eau pour exploiter le coton. De temps à autre, l’écoulement naturel de la mer d’Aral dans le bassin de la <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mer_Caspienne">mer Caspienne</a> ou les gaz produits par les fusées de Baïkonour sont pointés du doigt. Mais le projet soviétique d’irrigation, jamais. Pour William Wheeler, personne ne fait de lien entre le gigantisme socialiste et le drame écologique. À l’instar de Karl Wittfogel, les habitants d’Aralsk se focalisent sur des notions abstraites. La foi dans le mythe stalinien, capable, pour ses détracteurs, de voler de l’eau pour cultiver coton et riz ou, pour ses partisans, de détourner en un clin d’œil les rivières de Sibérie méridionale pour unifier tous les cours d’eau de l’URSS, est pour eux bien plus évidente que l’hydrosocialisme soviétique réaliste des ères <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Nikita_Khrouchtchev">Nikita Khrouchtchev</a>  et <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev">Leonid Brejnev</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un grand coup de communication</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands projets hydrauliques publics sont à nouveau nés de leurs cendres. Dans les années&nbsp;1990, chacun croyait le sort de la mer d’Aral scellé en l’absence de moyen d’empêcher sa mort. Les autorités locales ont alors tenté de construire des barrages pour en protéger la partie septentrionale, mais sans réelle volonté ni ressources, de sorte qu’ils n’ont jamais abouti. Dans la nouvelle République du Kazakhstan, le tout-puissant ministère des Ressources en eau soviétique a cédé sa place à un modeste comité subordonné au ministère de l’Agriculture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La construction du nouveau « bâtiment du siècle » n’a été rendue possible qu’avec le soutien des organisations capitalistes internationales, principalement la Banque mondiale. Achevé en 2005, le <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Kokaral">barrage de Kokaral</a>, qui sépare les deux parties de l’ancienne mer, a été d’un grand secours. Il a permis le retour de poissons d’eau douce, à nouveau activement pêchés dans plusieurs villages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/"><strong>La mer d&rsquo;Aral, malgré les coups de comm&rsquo;: de pire en pire?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le barrage a été en majeure partie financé par la Banque mondiale, cela n’a pas empêché les autorités kazakhes de s’afficher comme le sauveur du peuple et de la nature, marchant en cela dans les pas de leurs prédécesseurs soviétiques. Dans les rues d’Aralsk, une affiche montre <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> vanter personnellement les mérites du barrage. À l’arrière-plan, derrière l’ancien président et l’inscription «&nbsp;Kokaral&nbsp;: le projet du siècle&nbsp;», apparaît une digue, symbole de la puissance de l’eau et de la confiance en la technologie qui lui fait face.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Cette image ne reflète pourtant pas la réalité&nbsp;: l’eau et la nature ont de nouveau montré leur imprévisibilité à Kokaral. La digue a été construite en prenant comme base un climat sec&nbsp;; chaque printemps, dans le nord de la mer d’Aral, le danger de débordement est donc bien réel. Les ingénieurs ont paré à cette éventualité en installant des écluses à travers lesquelles l’eau excédentaire est libérée. Mais impossible de retenir poissons et alevins qui se précipitent par milliers vers une mort certaine dans les eaux salées et toxiques du sud. Voilà ce que montre cette affiche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-mer-daral-bientot-remplacee-par-une-foret/"><strong>La mer d&rsquo;Aral bientôt remplacée par une forêt ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants d’Aralsk ne sont pas dupes&nbsp;: certes, le barrage a été construit par leur président, mais combien d’argent a été volé lors de la construction&nbsp;? Le poisson péché dans la mer d’Aral part vers l’Europe et les régions du nord, et la ville est toujours asséchée. Aralsk a perdu le statut qu’elle avait durant la période soviétique et ne faisait visiblement pas partie du «&nbsp;projet du siècle&nbsp;». Plus qu&rsquo;un réel projet de défense des sites et des hommes, le gigantisme hydraulique se révèle être un grand coup de communication.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Artiom Kosmarski<br>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://fergana.site/articles/118333/">du russe</a> par Pierre-François Hubert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Christine Wystup</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Kazakhstan : l&#8217;irrigation promue tous azimuts dans la région de Jambyl</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-lirrigation-promue-tous-azimuts-dans-la-region-de-jambyl/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[tmartignolles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2020 07:25:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-lirrigation-promue-tous-azimuts-dans-la-region-de-jambyl/">Kazakhstan : l&rsquo;irrigation promue tous azimuts dans la région de Jambyl</a></p>
<p>24,7 milliards de tengués (environ 54 millions d’euros) vont être investis afin d’améliorer le système d’irrigation de la région de Jambyl, dans le sud du Kazakhstan. Ce grand projet s’inscrit dans la ligne directrice agricole annoncée par le président Kassym-Jomart Tokaïev visant à améliorer les conditions de vie des agriculteurs mais aussi les capacités de [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify">24,7 milliards de tengués (environ 54 millions d’euros) vont être investis afin d’améliorer le système d’irrigation de la région de Jambyl, dans le sud du Kazakhstan. Ce grand projet s’inscrit dans la ligne directrice agricole annoncée par le président Kassym-Jomart Tokaïev visant à améliorer les conditions de vie des agriculteurs mais aussi les capacités de production agricole du pays.</p>
<p style="text-align: justify">La région de Jambyl est en pleine reconstruction de son système d'irrigation. Comme le rapporte le média kazakh <a href="https://lenta.inform.kz/ru/24-7-mlrd-tenge-vlozhat-v-rekonstrukciyu-orositel-nyh-sistem-zhambylskoy-oblasti_a3650893">Kazinform</a>, un plan général de reconstruction des systèmes d’irrigation de la région  est en cours, financé par un prêt de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) à hauteur plus de 24,7 milliards de tengués (environ 54 millions d’euros).</p>
<p style="text-align: justify"> Selon le <a href="https://www.zhambyl.gov.kz/ru/news/news/1623">service de presse</a> de l'Akimat (gouvernement local) de la région de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jambyl_Region">Jambyl</a>, la région a reçu, le 16 mai dernier, la visite du ministre de l’Écologie, de la géologie et des ressources naturelles du Kazakhstan, <a href="https://ru . . .
</p>

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		<title>« L&#8217;avenir de l&#8217;Ouzbékistan dépend de l&#8217;eau »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jun 2018 12:50:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Irrigation]]></category>
		<category><![CDATA[Mer d'Aral]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lavenir-de-louzbekistan-depend-de-leau/">« L&rsquo;avenir de l&rsquo;Ouzbékistan dépend de l&rsquo;eau »</a></p>
<p>L’eau est au cœur de l’histoire de l’Ouzbékistan, mais également au cœur du drame de la disparition de la mer d’Aral dont les conséquences continuent d&#8217;affecter la région avec une tempête de sel inédite. Un sujet qui alarme particulièrement le directeur de l&#8217;Agence du Fonds international pour sauver la mer d’Aral, Vadim Sokolov. Novastan reprend et [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify;"><b>L’eau est au cœur de l’histoire de l’Ouzbékistan, mais également au cœur du drame de la disparition de la mer d’Aral dont les conséquences continuent d&rsquo;affecter la région avec une tempête de sel inédite. Un sujet qui alarme particulièrement le directeur de l&rsquo;Agence du Fonds international pour sauver la mer d’Aral, Vadim Sokolov.<br />
</b></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit une interview réalisée par le <a href="https://anhor.uz/ekologiya/vadim-sokolov-budushee-uzbekistana-zavisit-imenno-ot-vodi">média ouzbek en ligne Anhor.uz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La question de l&rsquo;eau est l&rsquo;une <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/cinq-conflits-autour-de-leau-en-asie-centrale/">qui divise le plus en Asie centrale</a>, avec des pays possédant les sources des fleuves (Kirghizstan, Tadjikistan) et ceux situés en aval (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan). Si les conflits potentiels semblent aujourd&rsquo;hui en voie d&rsquo;apaisement, notamment avec la politique internationale du président ouzbek <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, la question de l&rsquo;eau reste prioritaire dans le quotidien des Centrasiatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;approvisionnement en eau est particulièrement important en Ouzbékistan, le pays le plus peuplé de la région avec 31,8 millions d&rsquo;habitants, concentrés dans la moitié est du pays. Le pays dépend également de l&rsquo;eau pour la culture du coton, une de ses principales richesses qui a abouti sous l&rsquo;Union soviétique à la catastrophe de la mer d&rsquo;Aral. Alors que la situation autour de cette ancienne mer <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">reste critique</a>, avec <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/tempete-de-sel-en-ouzbekistan-la-tragedie-de-la-mer-daral-en-action/">une tempête de sel qui a affecté l&rsquo;ouest du pays</a>, Vadim Sokolov, directeur de l&rsquo;Agence du Fonds international pour sauver la mer d’Aral, tire la sonnette d&rsquo;alarme dans une interview avec le média <a href="https://anhor.uz/ekologiya/vadim-sokolov-budushee-uzbekistana-zavisit-imenno-ot-vodi">Anhor.uz</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Anhor.uz :</em></strong><strong> Quel est selon vous le principal problème avec l&rsquo;eau en Ouzbékistan?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vadim Sokolov :</em> Le principal problème est que nous sommes le pays le plus densément peuplé de la région, nous vivons dans son cœur même. L&rsquo;Ouzbékistan est le seul pays d&rsquo;Asie doublement enclavé. Nous devons traverser deux pays pour atteindre l&rsquo;océan. Environ 80% de l&rsquo;eau que nous utilisons en Ouzbékistan provient des territoires voisins, ce qui nous rend dépendants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Président de l&rsquo;Ouzbékistan, en particulier au cours des deux dernières années, a été très actif dans le sens de la coopération internationale sur l&rsquo;eau. La tâche est d&rsquo;élever la coopération régionale à un nouveau niveau, car pour l&rsquo;Ouzbékistan, l&rsquo;avenir dépend de l&rsquo;eau. Quoi que nous fassions, quoi que nous produisions &#8211; gaz, or, coton &#8211; sans eau, il n&rsquo;y a pas de vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La création récente du ministère des Ressources en eau est-elle pensée pour résoudre ce problème ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle direction du pays a pris très au sérieux la réforme de l’économie autour de l’eau dans le pays. Nous avons effectivement beaucoup de problèmes, et l&rsquo;attribution de la gestion de l&rsquo;eau à un ministère distinct est une étape importante pour tenter de les résoudre. Il est intéressant de noter que lors de la visite officielle du président Chavkat Mirzioïev <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/pourquoi-la-visite-du-president-ouzbek-au-tadjikistan-est-historique/">au Tadjikistan</a>, parmi les membres de la délégation ouzbèke était présent le ministre des Ressources en eau Monsieur Khamraev. Notre président l&rsquo;a présenté au président tadjik, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Emomalii_Rahmon">Emomalii Rahmon</a>. Ce dernier a d’ailleurs appelé notre ministre des Ressources en eau le « mirab » en chef de l’Asie centrale (<em>mot qui désigne dans la région les personnes en charge de la distribution de l’eau depuis l’antiquité, ndlr</em>).</p>
<p><figure id="attachment_17035" aria-describedby="caption-attachment-17035" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="wp-image-17035 size-large" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-1024x683.jpg" alt="réservoir de la &quot;mer de Tachkent&quot; " width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Mer-de-Tachkent-128x86.jpg 128w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-17035" class="wp-caption-text">Le réservoir de la « mer de Tachkent » qui sert principalement à l&rsquo;irrigation</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon vous, quels sont les problèmes à régler prioritairement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;un des principaux problèmes c&rsquo;est l&rsquo;efficacité et la productivité de l&rsquo;eau, qui sont toujours parmi les plus plus basses au monde, bien que nous ayons une histoire millénaire de l&rsquo;irrigation dans notre région. Tout le monde le sait, de nombreux experts internationaux y ont déjà prêté attention. Ainsi, la réforme que le président a entreprise est très importante et opportune.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/cinq-conflits-autour-de-leau-en-asie-centrale/">Cinq conflits autour de l’eau en Asie centrale</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 4 août 2017, le premier décret a été publié pour renforcer les activités du ministère de l&rsquo;Agriculture et des Ressources en eau. Par décret, dans chaque district administratif, les khokimiyats (préfectures) ont établi des services d&rsquo;irrigation qui jouent le rôle de liaison entre les gestionnaires de l&rsquo;eau et les usagers de l&rsquo;eau. L&rsquo;objectif est de rétablir l&rsquo;ordre dans la conservation de l&rsquo;eau, et ainsi d’augmenter la productivité de l&rsquo;eau. La décision du président de diviser le ministère et la gestion de l&rsquo;eau en un ministère indépendant est également l&rsquo;une des étapes les plus importantes de la réforme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez parlé de la faible efficacité de l&rsquo;eau. Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;inefficacité de l’eau ? Qu&rsquo;est-ce qui doit être corrigé concrètement ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La faible efficacité de l&rsquo;eau, c&rsquo;est que de la source jusqu’au consommateur, jusqu&rsquo;à 50% de l’eau est perdue dans notre pays. La raison principale de cette situation est la mauvaise qualité des infrastructures, des fissures, les infiltrations. Souvent les canaux d’irrigation sont faits de sable, il n&rsquo;y a pas de béton, ce qui fait que les infiltrations sont énormes.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre exemple d’un usage inefficace de l’eau c’est que nos concitoyens, lorsqu’ils se nettoient les dents à la maison, ne ferment pas l&rsquo;eau du robinet. En Israël, les gens sont habitués à verser de l’eau dans un verre afin de se rincer la bouche. Simple action apparemment, mais cela permet en pratique de conserver beaucoup d’eau. En Ouzbékistan, personne ne se soucie de l’eau qui coule du robinet.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons déjà appris à économiser un peu par rapport aux années soviétiques. Dans les années 1990, la consommation d&rsquo;eau moyenne à Tachkent était de 1 000 litres par personne et par jour. En comparaison, à Tel Aviv, c’est 250 litres. Aujourd&rsquo;hui, les habitants de Tachkent consomment 400 litres d&rsquo;eau par personne et par jour en moyenne, ce qui signifie que nous avons réduit de 60% la consommation d&rsquo;eau dans la ville depuis l’indépendance. En fait, c&rsquo;est beaucoup de travail non seulement pour les services publics, mais aussi pour toute la population. Et un rôle considérable dans ce domaine appartient aux médias.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus largement, la consommation des villes et des industries en Ouzbékistan ne compte que pour environ 10% du volume total de l’eau consommée dans le pays. Plus de 80% de la consommation d&rsquo;eau du pays part dans l&rsquo;agriculture. Les principales pertes d&rsquo;eau, c’est dans l’irrigation. Si nous imaginons un champ qui doit être arrosé, nous arrosons par le sol, c’est ce que l&rsquo;on appelle une irrigation par sillon. C’est une méthode très inefficace car 60% de l&rsquo;eau qui coule dans ses sillons d’irrigation se perd par infiltration dans réseau de drainage et en va pas humidifier les zones qui le nécessite.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, cette méthode fait que de l’eau propre va s’infiltrer à travers le sol des canaux puis des sillons, qui contiennent des minéraux et surtout des engrais. Cette eau devient alors salée et contaminée par des produits chimiques. Ainsi, la qualité de l&rsquo;eau qui irrigue les champs s&rsquo;appauvrit, et en bout de course les nappes phréatiques se dégradent. Cette situation fait que de nombreux agriculteurs sont obligés de surveiller la qualité de l&rsquo;eau dans les réservoirs et canaux, car si la minéralisation de l’eau est de plus de 4 grammes par litre, il est inutile d’irriguer avec cette eau car rien ne poussera. Il faut ainsi souvent mélanger de l’eau de certains réservoir et canaux afin de pouvoir irriguer, ce qui provoque encore plus de pertes.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a pourtant de nombreuses solutions, comme par exemple celle de la disposition de films dans les canaux et sillons afin de limiter les infiltrations d’eau permettant de réduire les pertes de 50%. Et il y a bien sûr l’irrigation au goutte à goutte, qui serait l’idéal.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A quel point ces méthodes sont coûteuses ? Est-ce que ce serait rentable pour les agriculteurs ouzbeks ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le coût est effectivement le principal problème car l&rsquo;introduction de ces technologies augmenterait de deux ou trois fois le coût actuel de l’irrigation pour les agriculteurs. De plus, des technologies comme le goutte à goutte ne sont pas adaptées aux deux principales cultures du pays, le blé et le coton, car elles sont trop extensives et ce serait donc beaucoup trop cher à appliquer. Il faut aussi admettre qu’il y a un problème de formation des agriculteurs qui ont besoin d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences afin de développer des moyens modernes et respectueux de l’environnement pour mener leurs exploitations dans la bonne direction.</p>
<p><figure id="attachment_17036" aria-describedby="caption-attachment-17036" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-large wp-image-17036" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-1024x768.jpg" alt="Une prise d'eau dans la région de Soukhandarya en Ouzbékistan" width="1024" height="768" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/prise-deau-sukhandarya-1300x975.jpg 1300w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-17036" class="wp-caption-text">Une prise d&rsquo;eau dans la région de Soukhandarya en Ouzbékistan</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">A l’époque soviétique, l’Ouzbékistan avait créé des entreprises qui produisaient des équipements pour l&rsquo;irrigation au goutte à goutte, notamment avec la Moldavie. Les technologies soviétiques moldaves et ouzbèkes sont encore préservées et utilisées par des entreprises, notamment en Israël. Ils conçoivent, fabriquent et exploitent ces systèmes de goutte à goutte. Cependant ce système utilise de l’électricité, ce qui est un coût supplémentaire, avec en plus de nouveaux problèmes d’approvisionnement en électricité qui peuvent être critiques en Ouzbékistan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;électricité est-elle un problème pour l’eau en Ouzbékistan ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est un autre des graves problèmes du secteur de l&rsquo;eau en Ouzbékistan : 70% de notre irrigation fonctionne grâce à la gravité. Nous avons un énorme système dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karchi">Karchi</a> (<em>dans le sud du pays, ndlr)</em> couvrant quelques 1,5 million d&rsquo;hectares, où l&rsquo;eau est fournie par des pompes depuis l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a>, et aussi le système d’irrigation Amou-Boukhara, qui est alimentée par des pompes allant de l&rsquo;Amou-Daria à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> et jusqu’à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navo%C3%AF">Navoï</a>. La région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Sourkhan-Daria">Sourkhan-Daria</a> est aussi alimentée en eau par des pompes.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan  : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/sous-le-soleil-ouzbek-comment-louzbekistan-essaie-de-developper-les-sources-denergies-alternatives/">Sous le soleil ouzbek : comment l’Ouzbékistan essaie de développer les sources d’énergies alternatives</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le principal consommateur d&rsquo;électricité dans notre pays, c’est l&rsquo;agriculture. L’irrigation coûte chère car il faut couvrir le coût de l&rsquo;électricité. De nombreuses personnent critiquent le fait qu’il y ait des commandes gouvernementales pour le coton, les fruits et les légumes. Et que l’Etat fixe les prix des produits et les quantités des commandes que chaque agriculteur doit produire. En réalité, ce n’est pas parce que l’Etat veut tout contrôler, mais parce que les agriculteurs ne sont pas en mesure de couvrir le coût d&rsquo;exploitation des stations de pompage. Si nous introduisions l&rsquo;utilisation payée de l&rsquo;eau dans l&rsquo;agriculture, les prix des produits agricoles exploseraient. Et ce serait à cause du coût de l&rsquo;électricité.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Etat subventionne ainsi à hauteur de 50% les coûts liés à l’irrigation. C&rsquo;est un moyen de couvrir le coût de l&rsquo;électricité pour les stations de pompage.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Y a-t-il un moyen de sortir de cette situation ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il n&rsquo;y a pas vraiment d&rsquo;alternative. Si nous regardons le même système Amou-Boukhara, nous avons essayé de concevoir un système d’irrigation par gravité et en fait ce ne serait pas moins cher qu’aujourd&rsquo;hui car il faudrait des investissements énormes.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, il n’y a pas que l’électricité qui est chère dans l’irrigation, il y a également le problème de l’approvisionnement en eau que doit payer l&rsquo;Ouzbékistan en provenance des pays voisins. Par exemple, le canal Amou-Boukhara prend son eau dans le réservoir de la station hydroélectrique de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tuyamuyun_Hydro_Complex">Tuyamuyun</a>, qui se trouve sur le territoire du Turkménistan. Pour cela l’Ouzbékistan paye un loyer : ce sont les organisations ouzbèkes qui exploitent le barrage, car c&rsquo;est une source d&rsquo;eau potable cruciale pour le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakistan">Karakalpakistan</a>. Cette année, nous avons construit 105 km de tuyaux de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Qo%E2%80%98ng%E2%80%98irot">Kungrad</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moynaq">Moynak</a> <em>(toutes deux situées dans l&rsquo;ouest du pays, ndlr),</em> et l&rsquo;eau qui l’alimente provient du réservoir de Tuyamuyun, qui est situé au Turkménistan. L&rsquo;Ouzbékistan n&rsquo;a pas d&rsquo;autre option.</p>
<p><figure id="attachment_17039" aria-describedby="caption-attachment-17039" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-17039" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-1024x768.jpg" alt="l'Amou-Daria à Noukous en Ouzbékistan" width="1024" height="768" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/06/Amou-Daria-Noukous-1300x975.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-17039" class="wp-caption-text">Ce qu&rsquo;il reste de l&rsquo;Amou-Daria à Noukous : plus de sable que d&rsquo;eau</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si l&rsquo;eau est si chère, ne faut-il pas plus l’économiser ? </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&rsquo;hui, nous sommes soucieux d&rsquo;améliorer l&rsquo;efficacité au niveau des consommateurs. Nous menons plusieurs importants projets de réhabilitation des systèmes d&rsquo;alimentation en eau pour réduire les pertes lors du transport de l&rsquo;eau. Nous installons des doublures au fonds des canaux et collecteurs notamment dans deux grands projets à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djizak">Djizzakh</a> et dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a>. Nous appliquons du ciment peu cher, comme avant, mais nous trouvons aussi des méthodes moins coûteuses comme l’utilisation de matériaux polymères pour mieux isoler les canaux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les agriculteurs ouzbeks estime souvent que l&rsquo;irrigation au goutte à goutte est trop chère et qu’il vaut mieux forer des puits supplémentaires. Est-ce que selon vous c’est une estimations légitime et sûre ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque champ est unique et chaque agriculteur doit déterminer individuellement quelle est la meilleure méthode. C&rsquo;est une équation complexe avec trois composantes : la géographie, la géologie et l’hydrogéologie.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pour cette raison qu&rsquo;en Ouzbékistan, le forage de puits est la responsabilité du ministère de l&rsquo;Hydrogéologie. Le territoire ouzbek a fait l’objet de nombreuses recherches et les eaux souterraines sont connues. Environ 400 gisements d&rsquo;eau souterraine ont été explorés et approuvés pour l&rsquo;exploitation, et pour chacun d&rsquo;entre eux, il existe des paramètres techniques précis. Qui que ce soit ne peut pas forer un puits, il faut obtenir la permission afin que la profondeur et la quantité de prise d&rsquo;eau soit bien calculée et contrôlée. Il y a toujours une limite : combien d&rsquo;eau peut être prélevée dans un réservoir pour ne pas l’épuiser. Chaque source souterraine a un lien avec les eaux de surface. Par exemple, dans la région de Tachkent, les eaux souterraines sont associées aux rivières <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchirtchik_(rivi%C3%A8re)">Tchirtchik</a>, Aksagata, Aktach et autres, en tout à une vingtaine de rivières.</p>
<p style="text-align: justify;">S&rsquo;il y a une possibilité de forer un puits, c&rsquo;est peut-être efficace, mais si avec vous arrosez vos champs à l’ancienne, l&rsquo;efficacité de cette eau sera faible, surtout sur de grandes surfaces. Alors qu’avec l&rsquo;irrigation au goutte à goutte, il y aura 4 fois plus d&rsquo;efficacité. Par conséquent, travailler avec les agriculteurs est très important afin de leur expliquer comment l&rsquo;agriculture peut être destructrice si elle est irréfléchie.</p>
<p style="text-align: justify;">En raison d&rsquo;une mauvaise irrigation, de nombreux territoires ne sont plus cultivables car la qualité des sols a été dégradée ou ils sont devenus salés. L&rsquo;arrosage excessif ruine les cultures et c’est non seulement des pertes d’eau, mais aussi économiques : le matériel de plantation, le coût de la culture et la récolte sont perdus.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quel genre de travail est fait avec les agriculteurs dans les régions par les autorités ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous mettons actuellement en œuvre un certain nombre de projets majeurs dans le secteur de l&rsquo;eau à l&rsquo;appui des réformes dans le secteur de l&rsquo;eau. Le premier est un projet avec l&rsquo;Union européenne (UE). Il est divisé en trois parties. Une partie est financé par l&rsquo;UE et l’autre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et permet d&rsquo;élaborer un cadre législatif mieux adapté. Un projet de loi sur l&rsquo;eau est en cours de préparation. Nous utilisons maintenant la loi de 1993 sur l&rsquo;eau, qui est obsolète et qui doit être renouvelée. En outre, le PNUD participe au développement des compétences et développe des systèmes d&rsquo;information.</p>
<p style="text-align: justify;">Un deuxième projet majeur traite des technologies d&rsquo;économie d&rsquo;eau. Enfin, un troisième projet mené par le programme de Coopération économique régionale en Asie centrale (CAREC), lié à la Banque asiatique de développement, permet la formation et la sensibilisation du public aux problèmes de l&rsquo;eau et de l&rsquo;environnement.</p>
<p style="text-align: justify;">Un projet distinct est le projet national de gestion de l&rsquo;eau en Ouzbékistan. Il est financé par l&rsquo;ambassade de Suisse et est conçu pour la période 2016-2019. Il consiste à promouvoir une gestion de l&rsquo;eau intégrée, transparente et basée sur la demande et ainsi à réduire les conflits liés à l&rsquo;eau et le risque de catastrophes liées à l&rsquo;eau. Le projet vise à soutenir le ministère de l&rsquo;Agriculture et le ministère des Ressources en eau dans la gestion des ressources en eau.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cadre du projet, un centre de ressources et d&rsquo;analyses a été établi au sein du ministère. Ce centre emploie 23 spécialistes qui préparent des analyses et organisent des formations pour l&rsquo;association des usagers de l&rsquo;eau du pays. Actuellement, tous les agriculteurs sont unis dans l&rsquo;association des utilisateurs de l&rsquo;eau. Il y a environ 1 500 associations dans le pays et des départements d&rsquo;irrigation ont été établis dans tous les districts sous les khokimiyats <em>(préfectures, ndlr)</em>. Le projet aidera à créer des centres de formation au niveau régional. Maintenant, les matériaux nécessaires à la formation sont en cours de préparation et l&rsquo;équipement est dors et déjà acheté.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, une application mobile pour les fermes a été créée. Elle permet de s&rsquo;assurer que les agriculteurs reçoivent les informations les plus « fraîches » de la station météorologique la plus proche et des recommandations. Par exemple, cela permet de recommander pour le coton la date d&rsquo;arrosage optimale. Bien sûr, la possibilité même d&rsquo;utiliser une telle application dépend directement de l’accès à Internet. Dans certaines régions, c&rsquo;est toujours un problème.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Beaucoup d’écologistes prédisent une apocalypse de l&rsquo;eau en Ouzbékistan, qu’en pensez vous ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je pense que nous devrions toujours être prêts pour le pire des scénarios, même si devoir faire des prévisions est une tâche ingrate et toujours inexacte.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le climat, même les climatologues ont des opinions nuancées. Ce n’est pas qu’une question de changement de température. Oui, la température augmente, et en Ouzbékistan, ces processus sont plus rapides qu’au niveau mondial, parce que nous sommes au centre du continent. Il y a 30 ans, un modèle expliquait que toutes les masses d&rsquo;air et d&rsquo;humidité allaient de l&rsquo;ouest à l&rsquo;est : si à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noukous">Noukous</a> il y avait de la pluie, elle viendrait ensuite à Tachkent. Maintenant, cela ne fonctionne plus comme ça. Auparavant, nous n’avions que très rarement de la pluie durant les étés et maintenant nous avons régulièrement des averses, des pluies souvent orageuses. Parce que le transfert d&rsquo;humidité vers l&rsquo;ouest est maintenant affecté par les cyclones venant du sud, des océans Indien et Arctique.</p>
<p><figure id="attachment_16428" aria-describedby="caption-attachment-16428" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-16428" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-1024x768.jpg" alt="" width="1024" height="768" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/05/Moynak-1-1300x975.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-16428" class="wp-caption-text">Le cimetière des bateaux de la mer d&rsquo;Aral à côté de l&rsquo;ancienne ville portuaire de Moynak en Ouzbékistan</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">Le transfert d&rsquo;humidité a beaucoup changé avec la disparition de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">la mer d&rsquo;Aral</a>. En hiver, l&rsquo;air réchauffé venant de l’Aral permettait de faire monter l&rsquo;humidité jusque dans les montagnes et il y avait alors régulièrement de la neige. Maintenant, il n’y a plus de nuages d’humidité venant de l’Aral et plus autant de neige dans les montagnes. Les précipitations tombent, n&rsquo;atteignant pas les montagnes et les glaciers fondent. Les ressources en eau vive continuent ainsi d&rsquo;augmenter, mais lorsque les glaciers fondront entièrement, les rivières ne seront plus aussi grandes et abondantes.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d’Aral malgré les coups de comm’ : de pire en pire ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, paradoxalement peut-être, de nombreuses exploitations souffrent des fortes pluies et dans les villes il y a des trop-pleins d’eau lors d’averses violentes. Oui, il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;eau dans les montagnes, mais cette eau apparaît ici en contrebas. Par conséquent, aujourd&rsquo;hui nous disons aux agriculteurs : «<em> regardez non seulement à la source, mais aussi sur les images climatiques de prévisions des précipitations ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes attentifs à la mise en place de réseaux de stations agro-météorologiques : aujourd&rsquo;hui, nous avons dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">la vallée de Ferghana</a> seulement deux stations météo, alors qu&rsquo;il devrait y en avoir dans chaque région pour avoir une image détaillée, comme en Corée du Sud, par exemple. Là, pour chaque carré de 3 km sur 3 km il y a une station météorologique. Et, grâce à ces informations, aujourd&rsquo;hui les agriculteurs coréens peuvent connaître l&rsquo;humidité, la température de l&rsquo;air, les précipitations, la vitesse du vent. En utilisant ces paramètres, il peut ajuster l&rsquo;arrosage et économiser l&rsquo;eau.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Interview réalisée par Saida Sulaimanova et Daria Osmanova<br />
Journalistes pour Anhor.uz<br />
</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduite du russe par la rédaction</strong></p>
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		<title>La mer d&#8217;Aral malgré les coups de comm&#8217; : de pire en pire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 May 2018 08:10:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d&rsquo;Aral malgré les coups de comm&rsquo; : de pire en pire ?</a></p>
<p>La disparition de la mer d’Aral est une des catastrophe écologique les plus retentissante du XXème siècle. Et cette catastrophe se poursuit dans l’indifférence et l’égoïsme. Explications. Novastan reprend édite et traduit un article originellement publié sur le média kazakh CA Monitor. Dans une vidéo publiée par le média en ligne "Brut" le 14 mai [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d&rsquo;Aral malgré les coups de comm&rsquo; : de pire en pire ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La disparition de la mer d’Aral est une des catastrophe écologique les plus retentissante du XXème siècle. Et cette catastrophe se poursuit dans l’indifférence et l’égoïsme. Explications.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend édite et traduit un article originellement publié sur le <a href="https://camonitor.kz/30963-aralskoe-more-chem-dalshe-tem-huzhe.html">média kazakh CA Monitor</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/video-consideree-comme-morte-la-mer-daral-semble-avoir-ressuscite_2751895.html">une vidéo</a> publiée par le média en ligne "Brut" le 14 mai dernier, il est annoncé que « <em>la mer d’Aral, considérée comme morte, semble avoir été ressuscitée. Grâce à de nombreux efforts, l’eau revient peu à peu, et avec elle, la vie.</em> » Il y a eu beaucoup de communication autour du sauvetage de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>, notamment en provenance du Kazakhstan qui a mis en place des barrages qui permettent de recréer un semblant de « petite mer ».</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la mer d’Aral est au plus mal, et la résolution des problèmes qui ont provoqué ce désastre n’a jamais semblé aussi éloignée. Pire encore, les gaspillages d’eau et les cultures consommatrices en eau s’étendent, de même que la démographie régionale, qui continue de croître rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-vies-multiples-de-la-mer-daral/">Les vies multiples de la mer d'Aral</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les décisions et les actions des Etats bordant ce qui reste de la mer d’Aral et ceux qui sont en amont du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a> et de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a>, les deux affluents de la mer, ne font ces dernières années qu'accélérer sa lente disparition. Ces Etats sont-ils vraiment capables et disposés à poursuivre une politique coordonnée dans le domaine des ressources en eau des deux grands fleuves, seul moyen de sauver ce qui reste de la mer d’Aral ? Analyse de la journaliste kazakhe Jenys Baïkhoja.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le déni de la continuation du désastre de la mer d’Aral</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après l'effondrement de l'URSS, les pays d'Asie centrale n’ont pas réduit la superficie des terres irriguées par les bassins fluviaux qui alimentent la mer d'Aral. Bien au contraire, ils les ont augmenté.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1990, il y avait 7,6 millions d'hectares irrigué par les bassins fluviaux du Syr-Daria et de l’Amou-Daria. 20 ans plus tard, cette superficie a atteint plus de 8,2 millions d’hectares. Cependant, les prises d'eau directes pour l’irrigation depuis l'Amou-Daria et le Syr-Daria ont lég . . .</p>

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		<title>Les conséquences de l&#8217;ère soviétique au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2018 08:37:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l&rsquo;ère soviétique au Tadjikistan</a></p>
<p>Après la chute du khanat de Boukhara, le Tadjikistan est devenu en 1924 une République soviétique au sein de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, puis acquiert son autonomie en 1929. L&#8217;intégration de cette «&#160;septième république&#160;» à l’URSS puis son effrondrement ne sont pas restées sans conséquences dans le pays. Novastan reprend et traduit ici un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l&rsquo;ère soviétique au Tadjikistan</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Après la chute du khanat de Boukhara, le Tadjikistan est devenu en 1924 une République soviétique au sein de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, puis acquiert son autonomie en 1929. L&rsquo;intégration de cette «&nbsp;septième république&nbsp;» à l’URSS puis son effrondrement ne sont pas restées sans conséquences dans le pays.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par <a href="https://news.tj/ru/news/tajikistan/economic/20171208/idem-semimilnimi-shagami-nazad">Asia Plus</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Avant l’ère soviétique, la majeure partie du territoire actuel du Tadjikistan faisait partie intégrante du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">khanat de Boukhara</a>, État féodal archaïque d’Asie centrale. Dans les petites exploitations paysannes, appelées <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dehkan_farm"><em>dehkans</em></a>, les outils destinés à travailler la terre n’avaient pratiquement pas évolué depuis un millénaire. L’industrie était inexistante, hormis pour quelques manufactures d’artisans. La partie occidentale du khanat, qui comprenait les régions sud-occidentale et centrale de l’actuel Tadjikistan ainsi que le territoire du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir </a>occidental, était considérée comme la plus pauvre de l’État.</p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée au pouvoir des Soviétiques au Tadjikistan en 1924 s&rsquo;est traduite par la construction d’usines, de routes et de gigantesques réseaux d’irrigation, ainsi que par le développement de l’agriculture.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Agriculture : irrigation et or blanc</strong></p>
<p style="text-align: justify">Historiquement, le Tadjikistan est un pays principalement tourné vers l’agriculture. Celle-ci est demeurée son activité principale, même à l’heure du développement de l’industrie durant l’ère soviétique. Vers la fin des années 1980, les terres destinées à l’agriculture représentaient un tiers du territoire de la République, rassemblées en entités de production typiquement soviétiques, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolkhoze">kolkhozes </a>et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sovkhoze">sovkhozes</a>. En 1986, l’État comptait environ 160 kolkhozes et quelque 300 sovkhozes.</p>
<p style="text-align: justify">En outre, de grands travaux d’irrigation ont permis d’atteindre en 1986 le seuil de 662&nbsp;000 hectares de terres irriguées. La culture des terres représentait alors environ 65&nbsp;% de la production agricole totale.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/et-si-les-fermiers-tadjiks-nourrissaient-leur-pays/">Et si les fermiers&nbsp;tadjiks nourrissaient leur pays ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La principale culture produite était le coton. Si, en 1913, la production totale végétait à seulement 32&nbsp;300 tonnes, le volume de coton produit a grimpé à 640&nbsp;000 tonnes en 1968, puis atteint le million de tonnes en 1986. Une tonne de coton produit permet d’obtenir 3&nbsp;000 mètres de coton textile, 100 kilos d’huile végétale, 250 kilos de tourteaux et de nombreux autres dérivés encore.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, la production totale d’«&nbsp;or blanc&nbsp;» du Tadjikistan dépasse à peine les 390&nbsp;000 tonnes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Industrialisation à la tadjike</strong></p>
<p style="text-align: justify">Durant l’ère soviétique, le Tadjikistan s’est vu doter de près de 400 usines. L’activité industrielle du pays s’est diversifiée pour couvrir une centaine de secteurs à la fin des années 1980. Parmi les plus importants, on comptait les secteurs de l’extraction minière, de la production de carburant, de la transformation des métaux et de la production de matériel de construction. La production du secteur textile, plus traditionnel, s’est particulièrement accrue. Elle était alors envoyée vers les autres Républiques soviétiques et vers 35 autres pays étrangers. Le combinat textile de Douchanbé, par exemple, produisait plus de 100 millions de mètres de tissu par an, tandis que la production du combinat de la soie, situé à Léninabad (l’actuel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khodjent</a>, dans le nord du pays), était expédiée dans tout le reste de l’URSS.</p>
<p><figure id="attachment_14844" aria-describedby="caption-attachment-14844" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-14844" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь.jpg" alt="" width="1024" height="597" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь-300x175.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь-768x448.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-14844" class="wp-caption-text">Pendant l&rsquo;ère soviétique, les tissus du combinat de soie de Léninabad (Khodjent) étaient vendus à travers toute l&rsquo;URSS.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Vers la fin des années 1980, le volume de la production industrielle du Tadjikistan avait été multiplié par 18 par rapport à 1940 et par 157 par rapport à 1913.</p>
<p style="text-align: justify">En 1975, la principale industrie du pays, l’usine tadjike de traitement de l’aluminium, est mise en service. C’est en 1989 que l’essor de cette usine connaît son paroxysme&nbsp;: cette année-là, près de 460&nbsp;000 tonnes d’aluminium primaire sont produites.</p>
<p style="text-align: justify">À titre de comparaison, la production totale de l’usine est retombée en 2016 à environ 130&nbsp;000 tonnes d’aluminium primaire.</p>
<p><strong style="text-align: justify">Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-restes-de-lindustrie-sovietique-en-asie-centrale/">Les restes de l&rsquo;industrie soviétique en Asie centrale</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Durant l’ère soviétique, le Tadjikistan a pratiquement atteint son plafond de production agro-industrielle, plafond auquel le pouvoir en place souhaite à nouveau parvenir d’ici 2030. En parallèle, la dette de l’industrie dans le Produit intérieur brut (PIB) du pays a nettement chuté, passant de 33&nbsp;% du PIB en 1987 à 15&nbsp;% en 2016.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’ère des barrages</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’énergie joue un rôle essentiel dans le développement de l’industrie. Afin d’exploiter la richesse des ressources hydrauliques du Tadjikistan, des ingénieurs soviétiques ont bâti des dizaines de centrales hydroélectriques, dont les principales étaient les barrages de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Nourek">Nourek</a>, de <a href="http://placesmap.net/TJ/Baypaza-HPP-7700/">Baïpaza</a>, de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Golovnaya_Dam">Golovnaïa</a> et de Kayrakkoum. La construction de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Rogoun">centrale de Rogoun</a> et de cascades destinées à alimenter de grandes stations hydroélectriques sur la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">rivière Piandj</a> avait également été mise en route. Mais ces chantiers ont suivi l’URSS dans sa chute et sont restés inachevés.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-premiere-unite-de-la-centrale-hydroelectrique-de-rogun-bientot-en-fonction/">Tadjikistan : la première unité de la centrale hydroélectrique de Rogun bientôt en fonction</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">L’énergie produite au Tadjikistan durant l’ère soviétique était expédiée vers presque toutes les autres Républiques d’Asie centrale, alimentées par un réseau énergétique unifié.</p>
<p style="text-align: justify">À la fin des années 1980, la production annuelle d’électricité au Tadjikistan atteignait les 17,5 milliards de kilowatts heure (kWh), tandis qu’en 2016, la production nationale se situait à 17,3 milliards de kWh, soit une baisse de 200 millions de kWh. La consommation énergétique du pays a cependant nettement augmenté. En témoigne la croissance démographique de la République tadjike au cours des 25 dernières années, qui a augmenté de plus de 3 millions d’habitants.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Connecter l&rsquo;un des pays les plus escarpés au monde</b></p>
<p style="text-align: justify">Avant la période soviétique, le Tadjikistan ne disposait pratiquement d’aucune route digne de ce nom. La majorité des villages de montagne étaient purement et simplement coupés du monde presque toute l’année. Une fois l’été revenu, les communications étaient à peine possibles, via des sentiers de montagne étroits et dangereux.</p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée des Soviétiques a permis la construction de milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées. Les communications s’étendaient même dans la région reculée et difficile d’accès du Pamir, où l’on trouve l’une des routes les plus haut perchées du monde, qui relie <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/och-ville-frontiere-du-kirghizstan/">Och</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog </a>et Douchanbé.</p>
<p style="text-align: justify">Les années 1920 ont encore vu débuter au Tadjikistan de grands chantiers de construction de routes. Ainsi, la ligne de chemin de fer raccordant Douchanbé et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Termez">Termez</a>, situé à la frontière ouzbèke, a été inaugurée en 1929. La ville de Khorog a été reliée à Och par une voie routière en 1933-1934 et à Douchanbé en 1940.</p>
<p style="text-align: justify">Vers la fin des années 1980, presque tous les centres démographiques du Tadjikistan étaient connectés entre eux par un réseau routier, dont la majeure partie en revêtement solide.</p>
<p><figure id="attachment_14848" aria-describedby="caption-attachment-14848" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-14848" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518.jpg" alt="" width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-14848" class="wp-caption-text">Des passants sur la route pour rejoindre Khudjand, au Tadjikistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Cependant, une grande partie de ces routes ont été partiellement détruites durant la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan">guerre civile</a>&nbsp;après l&rsquo;indépendance, entre 1993 et 1997.&nbsp;Pour la seule remise en état de ces tronçons construits à l’époque soviétique, le gouvernement tadjik a décidé d’injecter près d’un milliard de dollars de crédits et de subventions venus de l’étranger.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un bilan mitigé</strong></p>
<p style="text-align: justify">À l’heure du bilan quant à l’influence de l’URSS sur la société tadjike, 100 ans après la révolution d&rsquo;Octobre, les opinions divergent. Certains considèrent que l’établissement du pouvoir soviétique en Asie centrale a mené, dans une certaine mesure, au ralentissement du développement de la région, et notamment sur le territoire de l’ancien khanat de Boukhara qui, selon leurs affirmations, jouissait d’un potentiel économique certain.</p>
<p style="text-align: justify">Bien entendu, tous les avis sont dans la nature, mais il semble peu probable que le khanat aurait utilisé ce potentiel pour investir massivement dans sa zone occidentale, peuplée principalement de montagnards tadjiks.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Païrav Tchorchanbiev<br />
Journaliste pour Asia Plus</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://news.tj/ru/news/tajikistan/economic/20171208/idem-semimilnimi-shagami-nazad">du russe</a> par&nbsp;Pierre-François Hubert</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Camille Calandre</strong></p>
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