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	<title>Interview | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Interview | Novastan France</title>
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		<title>A Paris, la lutte d&#8217;une ONG ouzbèke contre la traite des êtres humains récompensée du Prix des droits de l&#8217;Homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 02:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/a-paris-la-lutte-d-une-ong-ouzbeke-contre-la-traite-d-etres-humains-recompensee-du-prix-des-droits-de-l-homme/">A Paris, la lutte d&rsquo;une ONG ouzbèke contre la traite des êtres humains récompensée du Prix des droits de l&rsquo;Homme</a></p>
<p>En 2025, l’organisation ouzbèke Istiqbolli Avlod a reçu le Prix des Droits de l’Homme de la République française. Pour sa directrice, Nodira Karimova, cette distinction est à la fois un honneur et une lourde responsabilité. Dans un entretien accordé à Novastan, elle revient sur son combat pour éradiquer l’exploitation humaine et sexuelle qui frappe les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2025, l’organisation ouzbèke Istiqbolli Avlod a reçu le Prix des Droits de l’Homme de la République française. Pour sa directrice, Nodira Karimova, cette distinction est à la fois un honneur et une lourde responsabilité. Dans un entretien accordé à Novastan, elle revient sur son combat pour éradiquer l’exploitation humaine et sexuelle qui frappe les populations les plus vulnérables, en particulier en Ouzbékistan.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 10 décembre dernier à Paris, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) a remis le Prix des droits de l’Homme de la République française « Liberté – Égalité – Fraternité » à l&rsquo;ONG d&rsquo;Ouzbékistan Istiqbolli Avlod. Aux côtés de quatre autres organisations internationales, le palmarès récompensait alors leur engagement contre l’exploitation et la traite des enfants, dont le nombre de victimes ne cesse d’augmenter selon les dernières données des Nations unies.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Istiqbolli Avlod lutte depuis 2001 contre la traite des êtres humains, menant des actions en particulier envers les enfants et les femmes. Sa fondatrice et directrice, Nodira Karimova, souligne que la migration illégale du travail, en particulier en Russie, au Kazakhstan et en Turquie pour les citoyens ouzbeks, est la porte d&rsquo;entrée vers la traite d&rsquo;êtres humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faisant le constat que les jeunes victimes d’exploitation sexuelle ont peur des forces de l’ordre et se méfient de la justice, l’association a initié le projet « <em>Une justice adaptée aux enfants &#8211; Ne craignez pas le tribunal </em>» afin de promouvoir un système judiciaire juste, bienveillant et adapté aux enfants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan : En décembre 2025, vous avez reçu le Prix de la République française des droits de l&rsquo;Homme. Qu&rsquo;est-ce que cela signifie pour vous et votre travail ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nodira Karimova </strong>: C&rsquo;est une reconnaissance d&rsquo;une importance particulière pour nous. Tout d&rsquo;abord, elle confirme que notre travail de longue date dans le domaine de la défense des droits humains, en particulier des droits de l&rsquo;enfant, est visible et apprécié non seulement au niveau national, mais aussi au niveau international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est également un signe de confiance dans les principes et les valeurs sur lesquels repose l&rsquo;activité de notre organisation : la protection de la dignité humaine, l&rsquo;accès à la justice et le soutien aux personnes les plus vulnérables, et pourrait contribuer à accroître la confiance des partenaires, des structures étatiques et de la communauté internationale envers l&rsquo;organisation. En somme, élargir nos opportunités, tout en nous conférant une grande responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La traite des êtres humains reste-t-elle aujourd&rsquo;hui un problème grave en Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ouzbékistan est l&rsquo;un des pays les plus densément peuplés d&rsquo;Asie centrale et l&rsquo;un des plus jeunes en termes de composition démographique, avec une population majoritairement jeune. Si cela représente un potentiel important pour le développement du pays, c&rsquo;est également un défi majeur : selon les estimations disponibles, plus de 600 000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail en Ouzbékistan, et ce chiffre pourrait approcher le million dans les années à venir.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Or, les possibilités d&#8217;emploi dans le pays ne permettent pas toujours d&rsquo;assurer un emploi à tous les jeunes, en particulier hors de la capitale. Dans ces conditions, la migration de main-d&rsquo;œuvre devient pour beaucoup l&rsquo;un des principaux moyens de gagner leur vie. Dans la situation actuelle, la migration est en grande partie sans alternative pour l&rsquo;Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les efforts de l&rsquo;État pour développer l&rsquo;accès à l&#8217;emploi, une partie des jeunes sans profession et sans information continuent de partir travailler à l&rsquo;étranger de manière informelle, en se fiant aux conseils de leurs connaissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La migration illégale devient alors souvent un point d&rsquo;entrée dans la traite des êtres humains, et augmente directement les risques d&rsquo;exploitation sexuelle des filles et des femmes, précaires et sans statut légal à l&rsquo;étranger. Dans ces conditions, les filles et les femmes font plus souvent confiance à des connaissances ou à des intermédiaires qui promettent de leur trouver un emploi, d&rsquo;établir les contacts nécessaires et de « régler tous les problèmes », sans se rendre compte des conséquences possibles de telles propositions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est également important de noter que les risques d&rsquo;exploitation sexuelle n&rsquo;existent pas seulement à l&rsquo;étranger. L&rsquo;exploitation sexuelle dans le pays, y compris l&rsquo;implication de filles mineures dans la prostitution et leur exploitation, reste également un problème grave et nécessite une attention particulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment interagissez-vous avec les autorités pour lutter contre ce phénomène ? Considérez-vous que les mesures et les politiques adoptées par l&rsquo;État sont efficaces ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre organisation a établi depuis plus de 25 ans une coopération avec les structures étatiques, ce qui a permis de former des relations de partenariat durables et d&rsquo;établir une interaction pratique. Nous avons soumis plus de 20 propositions dans le cadre du processus d&rsquo;élaboration de la loi sur la lutte contre la traite des êtres humains, dont la plupart ont été prises en compte et incluses dans la version finale de la loi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En collaboration avec les Ministères de l&rsquo;Intérieur et des Affaires étrangères, un mécanisme de réorientation des victimes de la traite des êtres humains a pu voir le jour, notamment en ce qui concerne leur retour dans leur pays d&rsquo;origine et l&rsquo;aide juridique qui leur est apportée. Nous organisons également souvent des événements conjoints, comme des tables rondes et des conférences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/30-ans-defense-droits-humains-asie-centrale/">Bilan de 30 ans de défense des droits de l&rsquo;homme en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette coopération repose sur une série de protocoles d&rsquo;accord et d&rsquo;accords de partenariat signés avec des institutions publiques clés. Parmi celles-ci figurent le Ministère de l&rsquo;Intérieur de la République d&rsquo;Ouzbékistan, l&rsquo;Agence pour les migrations et la Médiatrice pour les droits de l&rsquo;enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, notre organisation est l&rsquo;une des rares organisations non-gouvernementales à avoir signé un accord de coopération avec le Bureau du Procureur général de la République d&rsquo;Ouzbékistan. Cela permet de mettre en place une coopération plus systématique et institutionnelle en matière de prévention, d&rsquo;intervention et de protection des droits des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de noter que l&rsquo;ONG Istiqbolli Avlod fait partie de la Commission nationale de lutte contre la traite des êtres humains et pour le travail décent, ce qui nous permet de participer aux discussions sur la politique publique, de faire des propositions et de soulever des questions basées sur notre expérience de terrain. Cela permet d&rsquo;établir un dialogue entre l&rsquo;État et la société civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Considérez-vous que les mesures et politiques adoptées par l&rsquo;État sont efficaces ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;adoption de plusieurs documents juridiques, notamment la loi sur la lutte contre la traite des êtres humains, a été très important car ils constituent une base normative. Cependant, l’adoption de lois n’est que la première étape. Le principal défi aujourd’hui est de passer de la réglementation à la mise en œuvre effective des décisions, en particulier au niveau régional et local. Autrement dit, les lois existent, mais il est essentiel qu’elles fonctionnent réellement dans la pratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans quelle mesure les tensions géopolitiques et les conflits récents influencent-ils la traite des êtres humains ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue de notre organisation, les tensions géopolitiques et les conflits armés influencent directement les migrations et, par conséquent, la dynamique de la traite. L’un des facteurs les plus marquants ces dernières années est la guerre en Ukraine, qui a modifié les routes traditionnelles de migration de travail depuis l’Asie centrale vers la Russie, y compris pour les citoyens ouzbeks.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lorigine-transferts-fonds-se-diversifie/"> En Ouzbékistan, l&rsquo;origine des transferts de fonds depuis l&rsquo;étranger se diversifie </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous observons que de plus en plus de migrants choisissent la Turquie comme destination alternative, pour plusieurs raisons (proximités culturelles, religieuses et linguistiques, séjour sans visa possible pour 90 jours). Toutefois, beaucoup arrivent sans connaître les législations existantes en matière d&#8217;emploi et de légalité de leur séjour, et restent travailler de manière informelle après l&rsquo;expiration de leur séjour. Dans ces conditions, les migrants se retrouvent souvent sans protection juridique et deviennent vulnérables à l’exploitation, notamment sexuelle. Le risque est particulièrement élevé pour les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les profils principaux des victimes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cas d’exploitation sexuelle, ce sont souvent des femmes âgées de 25 à 35 ans. Une grande partie sont des femmes divorcées avec des enfants, qui sont responsables aussi de leurs parents âgés. La pression économique augmente leur vulnérabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le niveau d’éducation est le plus souvent assez modeste. Les femmes ayant fait des études supérieures sont très rares parmi les victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les mineures, beaucoup viennent de familles socialement vulnérables. Il arrive souvent que les parents soient eux-mêmes à l&rsquo;étranger en migration de travail ou que les enfants aient grandi sans soutien parental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les hommes victimes d’exploitation par le travail à des fins économiques, il s’agit généralement d&rsquo;hommes âgés de 19 à 45 ans, souvent issus de familles nombreuses et de zones rurales, avec peu de formation professionnelle. Ils partent à l’étranger pour subvenir aux besoins de leur famille et peuvent se retrouver dans des situations de travail forcé, de restriction de liberté ou de dettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les habitants d’Asie centrale sont-ils plus exposés à la traite à l’intérieur de la région ou à l’étranger ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des cas à l&rsquo;intérieur des pays existent également, notamment en termes d’exploitation sexuelle et impliquant des mineures, mais ils restent difficiles à mesurer car beaucoup restent cachés. Le phénomène est à la fois interne et transnational, mais les risques liés à la migration internationale sont les plus fréquents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le retrait des financements étrangers des États-Unis et du soutien à l&rsquo;aide publique au développement, acté par le président Donald Trump début 2025, vous a-t-il affecté ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, ces changements ont eu un impact important. Pendant de nombreuses années, le Département d’État américain et l&rsquo;Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) faisaient partie des principaux bailleurs de fonds soutenant la lutte contre la traite en Ouzbékistan. Ces fonds servaient par exemple à financer la ligne d’assistance téléphonique, ainsi que l’aide juridique aux victimes. Aujourd&rsquo;hui, la réduction du financement international a rendu plus difficile le maintien de ces services.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong><a href="https://novastan.org/fr/economie/quasi-fermeture-usaid-asie-centrale-quelles-consequences/"><strong> Les conséquences de l&rsquo;arrêt de l&rsquo;USAID en Asie centrale </strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport annuel américain sur la traite des êtres humains jouait également un rôle important en encourageant les États à améliorer leurs politiques. Malheureusement aujourd’hui, il n’existe plus de grands projets internationaux actifs dans ce domaine en Ouzbékistan, ce qui oblige notre organisation à chercher de nouvelles sources de financement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment évolue la coopération régionale en Asie centrale ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, les pays d’Asie centrale affichent davantage de coopération et de partenariat régional. Cependant, dans la pratique, les questions de migration et de traite des êtres humains ne semblent pas encore occuper une place centrale dans l’agenda commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du point de vue des ONG, la coopération concrète reste limitée et a souvent été liée à des projets d’organisations internationales dans le passé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quels résultats êtes-vous le plus fier ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes particulièrement fiers d’avoir soulevé publiquement la question suivante : un enfant ne doit pas être seul pendant une enquête ou un procès. Nous avons démontré qu’un accompagnement juridique et psychologique des enfants victimes est non seulement possible, mais nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pratique est devenue une partie intégrante de notre travail et peut être considérée comme une bonne pratique au niveau international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des moments les plus marquants a été lorsqu’une mineure, après un procès, a dit : «<em> C’est la première fois que j’ai l’impression qu’on me croit</em> ». À cet instant, il est devenu clair que notre travail ne concerne pas seulement la protection juridique, mais aussi la restauration de la dignité et du sentiment de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi les enfants ont-ils peur de parler ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette peur résulte souvent d’un mélange de facteurs : la réaction de la famille, la stigmatisation sociale, la méfiance envers la police et les menaces des exploiteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certaines familles, la police est perçue comme une menace plutôt que comme une protection. Une peur avec laquelle grandissent les enfants, tandis que les exploiteurs utilisent aussi le chantage et le sentiment de honte de la part des victimes pour maintenir leur contrôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/"> La souffrance silencieuse des belles-filles en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un parcours réellement adapté à l’enfant commence par la réaction de la famille. Les adultes doivent réagir avec soutien et chercher à protéger l’enfant. Dès le premier contact avec les autorités, l’enfant doit être accompagné par un avocat et un psychologue. Les interrogatoires ne devraient jamais avoir lieu sans ces spécialistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment identifiez-vous les enfants à risque lorsque l’exploitation est cachée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’identification des enfants à risque est l’un des aspects les plus difficiles de notre travail, surtout lorsque l’exploitation est dissimulée &#8211; par exemple via le recrutement en ligne, les réseaux informels ou les déplacements transfrontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous organisons régulièrement des activités d’information dans les quartiers (appelés <em>mahallas </em>en Ouzbékistan), où nous rencontrons les parents, les adolescents et les représentants des communautés locales. Une attention particulière est accordée à la ligne d’assistance téléphonique, où nous diffusons largement l’information à son sujet afin que les enfants et les familles sachent où demander de l’aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/violences-sexuelles-en-ouzbekistan/">En Ouzbékistan, une justice clémentes sur les violences sexuelles </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous distribuons également des supports d’information dans les lieux très fréquentés &#8211; établissements scolaires, structures médicales, espaces publics. Nous distribuons des flyers et des cartes avec les contacts de l’organisation et organisons des rencontres d’information et des discussions de prévention. Mais compte tenu de l’ampleur et du caractère caché du problème, nous savons que ces efforts restent insuffisants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous organisons également des formations pour les forces de l’ordre. Cependant, il existe une difficulté objective : la rotation élevée du personnel. Les agents changent souvent et le travail d’information doit recommencer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En pratique, l’un des mécanismes les plus efficaces reste le bouche-à-oreille. Souvent, ce sont d’anciens bénéficiaires ou leurs familles qui transmettent l’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel type de soutien est nécessaire au-delà du procès ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le procès n’est qu’une étape. Après celui-ci, la vie de l’enfant continue &#8211; et c’est là qu’un soutien global est essentiel. La première priorité est d&rsquo;assurer sa propre sécurité, donc de ne pas le laisser dans un environnement où subsiste un risque de violence ou de pression. Dans certains cas, un hébergement temporaire dans un lieu sûr est nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième élément clé est l’accompagnement psycho-social, avec un soutien psychologique de long terme : travail sur l’estime de soi, la culpabilité, le sentiment de honte et la reconstruction de la confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail avec la famille est également essentiel. Les parents eux-mêmes peuvent être en état de choc ou de confusion. Puis viennent la reprise de la scolarité, l’assistance juridique après le procès &#8211; par exemple pour obtenir des compensations, protéger les données personnelles ou éviter de nouvelles poursuites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La difficulté principale concerne le financement d’un soutien psycho-social de long terme. Le procès a des délais clairs, mais la reconstruction d’un enfant peut prendre des années. Or ce type de soutien est le plus difficile à financer et à coordonner.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après ce prix, quelles sont vos priorités ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de désigner une seule priorité, car la protection des enfants nécessite une approche globale : prévention, accompagnement juridique, formation des professionnels et coordination interinstitutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, l’une de nos priorités est de trouver des sources de financement durables afin de maintenir et développer les mécanismes déjà en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous devions nommer une réforme que nous aimerions voir progresser au cours des 12 prochains mois, ce serait la mise en œuvre d’un algorithme interinstitutionnel obligatoire pour les affaires impliquant des mineurs victimes, avec la participation garantie d’un avocat et d’un psychologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, nous estimons nécessaire de renforcer l’information du public : expliquer clairement que l’enfant ne doit jamais être seul au tribunal. La participation obligatoire d’un avocat et d’un psychologue doit être perçue non comme une mesure supplémentaire, mais comme une garantie fondamentale des droits de l’enfant.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Emma Collet et Mathieu Lemoine, <br>Rédacteurs pour Novastan</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Ramazan Tianguber, portrait d&#8217;un jujitsuka kirghiz en or</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Salomé Aldeguer-Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 07:34:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/ramazan-tianguber-portrait-dun-jujitsuka-kirghiz-en-or/">Ramazan Tianguber, portrait d&rsquo;un jujitsuka kirghiz en or</a></p>
<p>Du haut de ses 17 ans, Ramazan Tianguber est l’unique médaillé d’or du Kirghizistan aux Jeux Asiatiques de la jeunesse 2025. Novastan l’a rencontré, et fait le portrait de ce jujitsuka talentueux dont la jeunesse ne diminue aucunement l’ambition.</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/ramazan-tianguber-portrait-dun-jujitsuka-kirghiz-en-or/">Ramazan Tianguber, portrait d&rsquo;un jujitsuka kirghiz en or</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/ramazan-tianguber-portrait-dun-jujitsuka-kirghiz-en-or/">Ramazan Tianguber, portrait d&rsquo;un jujitsuka kirghiz en or</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Du haut de ses 17 ans, Ramazan Tianguber est l’unique médaillé d’or du Kirghizstan aux Jeux Asiatiques de la jeunesse 2025. Novastan l’a rencontré à Bichkek, et dresse le portrait de ce jujitsuka talentueux et plein d’ambition.</strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cris de joie ont retenti autour du tatami lorsque Ramazan Tianguber a gagné son dernier combat pendant les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_asiatiques_de_la_jeunesse#:~:text=Les%20Jeux%20asiatiques%20de%20la%20jeunesse%20sont%20une,Conseil%20olympique%20d%27Asie.%2029%20juin%20-%207%20juil.">Jeux Asiatiques de la jeunesse</a>, le 31 octobre 2025. Poing levé, le jeune athlète est sacré champion en jiu-jitsu dans la catégorie 69 kilos – une victoire historique pour le Kirghizstan, qui obtient sa première médaille d&rsquo;or dans la discipline. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Novastan est parti à la rencontre de ce jeune jujitsuka une semaine après la compétition à Bichkek, la capitale kirghize. Il livre avec beaucoup d&rsquo;émotion sa première interview, revenant sur ses débuts dans le jiu-jitsu jusqu&rsquo;à sa médaille internationale.&nbsp;</p>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;unique Kirghiz médaillé d&rsquo;or aux Jeux de la jeunesse asiatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Compétition réservée aux mineurs, la troisième édition des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/2025_Asian_Youth_Games">Jeux asiatiques de la jeunesse 2025</a> s&rsquo;est tenue sur l&rsquo;île de Bahreïn du 22 au 31 octobre. L’événement se déroulant tous les 4 ans était attendu de longue date, puisque les deux éditions précédentes avaient été annulées ; en 2017 à cause de l’absence de ville hôte, et de la pandémie du Covid-19 en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Asie centrale était fortement représentée avec une délégation de 710 athlètes venus du Kazakhstan, du Kirghizstan, d&rsquo;Ouzbékistan, du Tadjikistan, du Turkménistan et même d&rsquo;Afghanistan. Au terme de dix jours de compétition, la Chine a remporté la première place au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/2025_Asian_Youth_Games#Medal_table">tableau des médailles</a>, loin devant l’Ouzbékistan, deuxième avec 37 médailles d’or, et le Kazakhstan, troisième avec 24 médailles d’or.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Détenteur de l&rsquo;unique médaille dorée de la délégation kirghize, Ramazan Tianguber fait la fierté de son pays. Âgé de 17 ans, le jujitsuka était l’un des espoirs de médailles de son pays, et n’a pas déçu. Il suit depuis février un plan d&rsquo;entraînement très complet afin d&rsquo;être à son pic de forme pour cette compétition internationale. Préparation physique, mentale, stratégie, technique ; aucun aspect n’a été négligé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">“<em>Pendant le tournoi, je me sentais bien physiquement et mentalement</em>”, affirme le jeune athlète. Ce que démontre son enchaînement de victoires lors du tournoi, lui permettant de décrocher la médaille d’or. Il attribue cette réussite à Abdrahman Murtazaliev, son coach pour les compétitions internationales, qui l’a beaucoup aidé à se préparer avant les combats, mais surtout au soutien de son père et coach personnel depuis son enfance. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jiu-jitsu, une affaire de famille et d’égalité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la famille de Ramazan Tianguber, l’amour du jiu-jitsu est transmis de père en fils – mais aussi en fille. Femme ou homme, le tatami ne fait aucune discrimination : comme ses sœurs, Ramazan Tianguber pratique le jiu-jitsu sérieusement depuis ses huit ans. “<em>Dans mon sport, les hommes ne dominent pas les femmes. Le jiu-jitsu est un sport d’égalité, et ma famille souhaite être un exemple de cette parité homme-femme</em>. <em>Ma petite sœur entraîne même le groupe des jeunes.</em>”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Presque dix ans plus tard, c’est toujours son père qui l&rsquo;entraîne. “<em>Mon père et moi avons construit une salle d&rsquo;entraînement juste à côté de notre maison, et il coach notre groupe là-bas</em>”, explique-t-il. Cette proximité avec son domicile lui permet de combiner ses études et ses entraînements à Aleksandrovka, sa ville natale, à l’ouest de Bichkek.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien de sa famille a été essentiel lors de sa préparation aux Jeux de la jeunesse asiatique mais également lors des célébrations. A son arrivée à l’aéroport après sa victoire, Ramazan Tianguber a été accueilli par tous ses proches avant de déguster le plov qu&rsquo;ils avaient cuisiné – plat emblématique en Asie centrale. “<em>Mon seul objectif est de rendre mes parents heureux. Ils me soutiennent énormément, tout comme mes amis. Cela m’inspire encore plus</em>.”</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’histoire d’une revanche : trajectoire d’une étoile montante du jiu-jitsu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Médaillé en 2025, Ramazan Tianguber revient de loin. Pour gagner les Jeux de la jeunesse asiatique, il lui a fallu rebondir après l&rsquo;immense déception des Championnats du monde d&rsquo;Astana en 2023.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“J&rsquo;avais déjà une certaine expérience à l&rsquo;international, je savais que je pouvais ramener une médaille pour le Kirghizstan. Malheureusement, mon premier combat s’est terminé par une défaite. Pendant le tournoi, mes concurrents combattaient de manière totalement différente. Je sentais que j&rsquo;étais en meilleure forme physique qu&rsquo;eux, plus rapide, peut-être même plus fort mentalement – mais je continuais à perdre sans savoir pourquoi</em>”, raconte Ramazan Tianguber.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, le jeune athlète apprend la source de sa défaite : un changement de réglementation que l’ensemble de la délégation kirghize ignorait. “<em>C’est parce que les autres athlètes obéissaient aux règles qu’ils nous ont battus. J&rsquo;ai combattu 6 matchs, perdu le premier, puis j&rsquo;ai gagné les 4 combats de consolation avant de perdre une nouvelle fois pour la médaille de bronze. Après ma défaite, j&rsquo;étais inconsolable. C’était une tragédie de perdre simplement à cause de règles que j’ignorais. J’ai beaucoup pleuré”, </em>avoue-t-il<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette compétition a été une grande frustration pour tous les jujitsukas du Kirghizstan, puisque sur les 30 représentants de la délégation, pas un seul n&rsquo;a ramené de médaille. Cette défaite nationale a marqué un tournant dans l&rsquo;organisation du sport au niveau national. “<em>Nous avons discuté avec toute l&rsquo;équipe et les coachs de toutes les régions de ces nouvelles règles et de comment les appliquer. C’est à ce moment-là, je pense, que le jiu-jitsu a commencé à se développer.”</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-un-seul-athlete-au-jo-de-sotchi/"><strong>Pour le Kirghizstan, un seul athlète aux JO de Sotchi </strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après quelques tournois, Ramazan Tianguber s&rsquo;est ensuite rendu aux Championnats d&rsquo;Asie à Abu Dhabi, en 2024. Malgré sa préparation, il finit encore perdant. S&rsquo;il se dit très déçu de sa performance, il admet qu’avec du recul, il y avait déjà beaucoup de progrès : il lui fallait seulement être patient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en février 2025 qu&rsquo;il récolte enfin les fruits de son travail, en gagnant les Championnats d&rsquo;Asie en Thaïlande. <em>“Je n&rsquo;étais pas le seul à recevoir des médailles, le reste de l&rsquo;équipe nationale kirghize combattait mieux aussi”</em>, tient-il à souligner. En seulement deux ans, le voilà sorti du tunnel – une capacité d&rsquo;adaptation impressionnante pour l&rsquo;athlète de seulement dix-sept ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Discipline et stratégie comme maîtres-mots</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique du jiu-jitsu, c’est le côté stratégique qui plaît à Ramazan Tianguber. “<em>Le jiu-jitsu est comme le jeu d&rsquo;échecs. C’est un art martial, mais la stratégie est très importante. Il faut penser avec sa tête, imposer sa tactique</em>,” déclare le jeune athlète kirghiz, avant d’ajouter en souriant qu’il ne joue pas pour autant aux échecs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">“<em>Grâce au jiu-jitsu, j’ai appris qu’un grand nombre de choses ne pouvait pas être résolu par la force. Il faut réfléchir, et parfois, il suffit de discuter avec les gens”,</em> conseille-t-il. “<em>Surtout, il faut travailler dur, être têtu. Ne pas abandonner et essayer, encore et encore. C’est lorsque l’échec advient qu’il faut continuer, jusqu’à ce que cela fonctionne</em>.”</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Ramazan Tianguber est interrogé sur les qualités nécessaires pour réussir dans son sport, il répond ainsi sans hésiter : “<em>la discipline</em>.” Cette qualité qu’il décrit comme nécessaire à tout sportif lui a permis de surmonter ce qui lui semblait parfois impossible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Immersion dans le quotidien d&rsquo;un sportif aux grandes ambitions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le jeune kirghiz, l’excellence se révèle dans la polyvalence. S&rsquo;il est connu pour ses prouesses sportives, Ramazan Tianguber a également soif de savoir. “<em>J’étudie le matin, et dès mon retour à la maison, je commence l’entrainement</em>. <em>Je n’ai pas toujours le temps de faire mes devoirs le soir, mais les professeurs comprennent. Tout le monde me soutient</em>”, explique-t-il avec reconnaissance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une charge d&rsquo;entraînement qui ne l’empêche pas de briller à l’école, où il a longtemps été premier de la classe. “<em>Mon père m’a toujours répété que le sport était une chose, mais que les études devaient être ma priorité</em>. <em>En seconde et en première, mes résultats ont un peu baissé, mais je travaille pour revenir à l’excellence.”  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/portrait-dune-pole-danceuse-au-kirghizstan-ma-vie-cest-la-passion-de-la-danse/">Portrait d’une pole danceuse au Kirghizstan : « ma vie, c’est la passion de la danse »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le lycée, Ramazan Tianguber souhaite aller à l&rsquo;université sportive pour finir ses études. Avec une licence, il pourra s’immerger totalement dans le monde du sport. Devenir professionnel lui permettrait de s&rsquo;occuper des athlètes au niveau national, et le gouvernement lui verserait un salaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A ces ambitions professionnelles s&rsquo;ajoute une grande ouverture au monde par le biais des langues. Bilingue en russe, le jujitsuka apprend le kirghiz grâce au sport, et l’anglais à l’école. Il envisage également l&rsquo;étude de l&rsquo;arabe et du chinois. “<em>Si j’apprends ces langues, je pourrais travailler comme traducteur, commentateur sportif ou même interviewer des gens</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté du sport, Ramazan Tianguber ne rêve pas : il a des objectifs bien précis. A long terme, il vise l’or aux Jeux Olympiques si le jiu-jitsu venait à devenir un sport olympique. En attendant, sa prochaine échéance sont les Championnats d’Asie, cette fois, toutes catégories confondues. Un rêve ambitieux pour le jujitsuka qui n’aura que dix-huit ans, et sera le plus jeune de la compétition.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un sport individuel, une pratique collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour arriver au plus haut niveau, Ramazan Tianguber souligne constamment l’investissement de toute son équipe, ses entraîneurs et sa famille. Bien que le jiu-jitsu soit un sport individuel, sa pratique est collective et fondée sur le respect d&rsquo;autrui, l&rsquo;honneur et l&rsquo;humilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les compétitions internationales sont l&rsquo;occasion de raviver l&rsquo;esprit d&rsquo;équipe – une qualité qui ne manque pas au jeune jujitsuka. Aux Jeux de la jeunesse asiatique, l&rsquo;athlète a mené son équipe vers la 4ème place avec Abdusomad Tynchtykbekov et Mukhammed Mukhamed, ses deux compatriotes kirghiz, troisièmes dans leurs catégories respectives. “<em>Ils sont très heureux pour moi et me soutiennent beaucoup. Nous allons nous préparer au mieux pour réussir tous ensemble lors de la prochaine échéance, l’an prochain</em>.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa bonne entente avec son adversaire kazakh Rafael Orumbayev <a href="https://www.instagram.com/p/DQcHUWoDXDT/?img_index=6">est même devenue célèbre sur les réseaux sociaux</a> grâce à une vidéo virale de leur accolade. “<em>Nous sommes dans la même catégorie de poids et d’âge, donc nous nous retrouvons souvent en finale ensemble. Selon les compétitions, c’est souvent soit lui, soit moi qui gagne !</em>”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Représentants de leurs pays respectifs, Ramazan Tianguber et Rafael Orumbayev reflètent la bonne entente du Kirghizstan et du Kazakhstan, qu’on surnomme souvent les “pays frères”. “<em>Avoir un tel adversaire est un honneur. Je lui souhaite d’obtenir tout ce qu’il veut, et beaucoup de chance dans les prochaines échéances à venir</em>”, déclare-t-il.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jiu-jitsu, un sport en expansion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, le jiu-jitsu devient de plus en plus populaire – pas seulement au Kirghizstan, mais également dans le monde. “<em>Cela fait plaisir de voir le jiu-jitsu se développer dans le pays. Cela veut dire que les compétiteurs vont atteindre de meilleurs résultats, être plus performants. Nous allons pouvoir représenter le Kirghizstan à l’international, au plus haut niveau</em>”, explique le jeune athlète. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/aux-championnats-du-monde-de-boxe-2025-la-demontration-de-force-des-athletes-centrasiatiques/"><strong>Les sportifs d&rsquo;Asie centrale brillent aux Championnats du monde de boxe 2025</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Originaire de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dounganes">communauté doungane</a>, Ramazan Tianguber se dit honoré de porter les couleurs de son pays. “<em>Je rêve que le monde entende l’hymne du Kirghizstan et le chante, la main sur le cœur</em>.” La popularité grandissante du jiu-jitsu est également une fierté pour les entraîneurs comme son père, qui redoublent d’efforts pour attirer les Kirghiz dans leurs salles de sport. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté des femmes, des groupes de jiu-jitsu féminins ouvrent de plus en plus dans les clubs, notamment dans le sud du pays. “<em>Pour les femmes, la pratique du jiu-jitsu se développe moins rapidement que chez les hommes, mais il y a des progrès”, </em>affirme le jeune athlète.&nbsp; Si laisser les femmes découvrir le jiu-jitsu peut paraître anodin, cette simple pratique sportive pourrait permettre de lutter contre la forte influence patriarcale, particulièrement marquée dans les régions d’Osh et de Batken, dans le sud du pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/football-urss-et-kirghizstan-les-origines-15/"> Football, URSS et Kirghizstan : les origines (1/5)</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Ramazan Tianguber, cette nouvelle popularité du sport se traduit par un début de célébrité. Désormais, des inconnus le reconnaissent dans la rue et lui demandent de prendre des photos. “<em>Ce matin même, alors que j’étais dans le taxi, un homme m’a reconnu et m’a félicité de ma victoire. Je suis un peu timide, alors je dois m’y habituer</em>”, explique le jeune athlète. “<em>Cela me fait à la fois très plaisir de devenir de plus en plus populaire, mais une partie de moi aime beaucoup le silence et le calme</em>.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ambitieux mais modeste, Ramazan Tianguber garde les pieds sur le tatami. Alliant sport de haut niveau, scolarité exemplaire et engagement pour un sport égalitaire, le jeune jujitsuka kirghiz a de beaux jours devant lui.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Salomé Aldeguer-Roure</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Ak-Maral Adbumazhitova</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traductrice durant l&rsquo;interview</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Les paradoxes de la migration du Tadjikistan vers la Russie : interview avec l&#8217;anthropologue Elena Borisova</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jun 2025 05:11:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Migration]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-paradoxes-de-la-migration-du-tadjikistan-vers-la-russie-interview-avec-lanthropologue-elena-borisova/">Les paradoxes de la migration du Tadjikistan vers la Russie : interview avec l&rsquo;anthropologue Elena Borisova</a></p>
<p>Près d’un million de Tadjiks résident en Russie tout au long de l’année, et envoient un montant significatif de transferts de fonds issus de leurs revenus au cours de la migration. Cependant, la migration n’est pas uniquement liée à l’argent, explique Elena Borisova&#160;: les attentes sociales autour de la respectabilité d’une personne jouent un rôle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-paradoxes-de-la-migration-du-tadjikistan-vers-la-russie-interview-avec-lanthropologue-elena-borisova/">Les paradoxes de la migration du Tadjikistan vers la Russie : interview avec l&rsquo;anthropologue Elena Borisova</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Près d’un million de Tadjiks résident en Russie tout au long de l’année, et envoient un montant significatif de transferts de fonds issus de leurs revenus au cours de la migration. Cependant, la migration n’est pas uniquement liée à l’argent, explique Elena Borisova&nbsp;: les attentes sociales autour de la respectabilité d’une personne jouent un rôle déterminant dans la motivation qui pousse les Tadjiks à s’installer en Russie.</strong><a id="_msocom_1"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie du Tadjikistan dépend fortement des transferts de fonds, provenant en grande majorité du millions de citoyens travaillant en Russie. Ces derniers doivent faire face à la xénophobie, à un régime qui devient de plus en plus restrictif, ainsi qu’<a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/sur-le-front-en-ukraine-des-centrasiatiques-continuent-de-mourir/#:~:text=Les%20premiers%20cas%20de%20ressortissants,%C3%A9t%C3%A9%20rapport%C3%A9s%20d%C3%A8s%20mars%202022.&amp;text=En%20vous%20abonnant%20%C3%A0%20Novastan,avons%20besoin%20de%20votre%20aide%20!">au risque d’être enrôlé dans l’armée russe pour combattre contre l’Ukraine.</a> Qu’est-ce que la véritable motivation qui pousse les Tadjiks à poursuivre leurs migrations vers la Russie, en dépit des risques qui augmentent&nbsp;?</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Afin de discuter des paradoxes de la migration du Tadjikistan vers la Russie, Novastan a interviewé Elena Borisova, anthropologue à l’Université du Sussex. Originaire de Russie, la chercheuse examine le phénomène de la migration depuis 2012. Lors de son premier terrain, elle a eu l’opportunité de rencontrer une femme ouzbèke du Tadjikistan, qui l’a invitée à l’accompagner dans son village natal situé au Nord de son pays natal. Puis, entre 2017 et 2019, Elena Borisova a mené pendant quatorze ans un travail ethnographique, dans le cadre de sa thèse, sur les migrants tadjiks en Russie. Sur la base de ses recherches, elle a publié le livre «&nbsp;<em>Paradoxes of migration in Tadjikistan&nbsp;: Locating the good life</em>&nbsp;», qui est disponible gratuitement <a href="https://uclpress.co.uk/book/paradoxes-of-migration-in-tajikistan/">sur le site de UCL Press.</a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les préjugés sur la migration depuis le Tadjikistan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elena Borisova relève principalement deux préjugés courants par rapport à la migration en Russie, qui s’appliquent souvent au principe général de la migration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, la migration est souvent perçue comme un phénomène «&nbsp;nouveau&nbsp;», sans histoire. Comme l’ont souligné ses collègues Malika Bakhovadinova et Isac Scarborough, à la fin de la période soviétique, il existait des programmes de réinstallation des populations d’Asie centrale en Russie. Ces derniers se sont révélés infructueux, car les Centrasiatiques ne souhaitaient pas partir. Les ethnographes, ainsi que les sociologues russes, ont interprété cette défaillance comme le résultat d’un traditionalisme inhérent à l’Asie centrale. Cependant, après la chute de l’Union soviétique, les crises économiques qui ont profondément touché les républiques d’Asie centrale ont également poussé un nombre considérable d’habitants à migrer vers la Russie. Ce phénomène a suscité l’intérêt de nombreux chercheurs russes.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la migration est souvent analysée à travers les théories économiques, dans lesquelles les migrants sont considérés comme des acteurs rationnels qui s’efforcent à maximiser leurs gains économiques. C’est une démarche associée à la logique de «&nbsp;push-pull&nbsp;»&nbsp;: l’Asie centrale aurait une «&nbsp;main d’œuvre excédentaire&nbsp;» donnant lieu à un «&nbsp;flux&nbsp;» de migrants qui serait «&nbsp;absorbé&nbsp;» par l’économie russe. Cette approche conduit à négliger les motivations, les expériences personnelles des migrants, ainsi que les obstacles auxquels ils doivent faire face. Pourquoi les Tadjiks ressentent-ils l’exigence de migrer&nbsp;? Les motivations varient, selon l&rsquo;anthropologue. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La migration comme une possibilité d’atteindre le «&nbsp;bien-être&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche de Elena Borisova montre un lien plutôt intime entre la migration et l’exigence de conduire une «&nbsp;bonne vie&nbsp;». Il ne s’agit pas seulement de progresser au niveau économique mais aussi d’être reconnu comme une personne respectable par la communauté. Afin d’atteindre ce statut, il faut s’engager dans des projets de vie importants, comme se marier, construire une maison, également une famille, prendre soin des personnes âgées, tout en temps et de manière opportune. Après la chute de l’Union soviétique, il est devenu impossible d’achever ces projets en travaillant au Tadjikistan. Par conséquent, la migration s’est révélée comme une opportunité pour combler des attentes sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le village où Elena Borisova a vécu et mené son travail ethnographique, dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd">la province de Sughd</a>, au nord du Tadjikistan, a été transformé par le projet de modernisation soviétique des années 1950. Une usine a été construite, fournissant du travail, ainsi que des infrastructures. Des écoles, des jardins d’enfant, des librairies, ou encore un centre culturel d’envergure ont été construits&nbsp;: cela a contribué à une transformation graduelle des modes de vie des habitants. Les produits fabriqués dans les usines locales étaient envoyés jusqu’à Moscou et la jeunesse locale voyageait à travers l’URSS pour poursuivre les études et le service militaire. Les diplômés provenant de l’Union soviétique venaient également au Tadjikistan pour travailler&nbsp;et de nombreuses personnes de différentes ethnies s’entremêlaient tant au travail dans l’usine, que lors d’activité sociales. Le russe est devenu la langue véhiculaire, car il reflétait une partie incontournable de cette modernité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-migrants-nourrissent-le-tadjikistan/">Comment les migrants nourrissent le Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la chute de l’Union soviétique, la «&nbsp;modernité&nbsp;» qui était apparue, a été mise sous pression. La circulation des marchandises, ainsi que des personnes à travers l‘espace soviétique, a été interrompue et les infrastructures se sont détériorées. Ces changements ont été perçus comme une forme d’isolement pour le village. Les relations sociales et interethniques ont vécu une détérioration lorsque les usines et les équipements sociaux ont fermé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La migration en Russie a commencé progressivement dans les années 1990, pourtant elle a connu un véritable essor au début des années 2000, après la fermeture de la frontière avec l’Ouzbékistan. Aller en Russie était une tentative de suivre la modernité&nbsp;qui, elle-même, était déjà liée à l’idée de mobilité dès l’implantation de l’industrie. Il ne s’agissait pas seulement de compenser une lacune financière, mais aussi de concevoir l’idéal d’un individu moderne et cultivée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Préserver la modernité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un paradoxe tragique surgit lorsque les Tadjiks arrivent en Russie. Cette modalité de construction de soi n&rsquo;est pas perçue comme pertinente dans la société russe. En outre, le régime migratoire russe considère les Centrasiatiques comme non qualifiés et jetables. Au contraire, les Tadjiks sont là pour créer de la modernité au bénéfice des classes moyennes russes, pourtant ils ne sont jamais reconnus comme étant modernes eux-mêmes par les Russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les conceptions d&rsquo;une vie « respectable » puissent varier dans différentes parties du Tadjikistan, elles sont toujours liées à des attentes sociales qui peuvent être considérées comme contradictoires. Dans son livre, Elena Borisova met en lumière l’exemple d’un homme qui est enfant unique et qui n&rsquo;a pas de fils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela l’oblige à prendre soin simultanément de sa famille et de ses parents âgés, c’est pourquoi il doit être physiquement présent dans son village. Cependant, il est indispensable de les soutenir financièrement, de leur construire une maison et d&rsquo;organiser des festivités importantes. Cela le force à migrer en Russie, pour travailler et gagner de l’argent. Ces attentes sociales contradictoires l’obligent à se déplacer constamment entre la Russie et le Tadjikistan, ce qui le met sous pression. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-difficile-situation-des-migrants-tadjiks-installes-en-russie/">La difficile situation des migrants tadjiks installés en Russie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mariages sont des événements sociaux qui marquent la création d’une famille, l’identité, le genre, ainsi que le statut dans une communauté élargie. Afin d’être perçu comme une «&nbsp;personne respectable&nbsp;», il faut se marier en temps voulu, avant d’être considéré comme trop vieux. En outre, les mariages génèrent des obligations sociales qui sont essentielles afin d’établir des réseaux. Lorsqu’une personne invite quelqu’un à son mariage, cette dernière lui «&nbsp;doit&nbsp;» quelque chose et il peut se retourner vers elle pour un soutien à l’avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ampleur des festivités ont connu progressivement des changements au fil du temps&nbsp;; par ailleurs des recherches suggèrent qu’elles étaient plus vastes à la fin de la période soviétique. Cependant, les festivités ont considérablement diminué durant le ralentissement économique post soviétique et la guerre civile dans les années 1990&nbsp;; mais elles ont à nouveau pris de l’ampleur en raison de la migration.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/approches-migration-economique-douchanbe-bichkek-distinguent/">Le Tadjikistan et le Kirghizstan, deux approches différentes de la migration</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Travailler en Russie a permis aux gens d’avoir accès à plus de moyens financiers, et cela a exacerbé la concurrence en matière de banquets. Les gens ressentent de la pression pour organiser des événements familiaux somptueux, par conséquent ils sont souvent obligés de se rendre en Russie et gagner suffisamment de l’argent afin d’apporter un soutien majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre paradoxe est indéniablement lié à la citoyenneté. La Russie a durci son régime de migration depuis 2012, et en 2016, une «&nbsp;liste noire&nbsp;» des Tadjiks interdits d’entrer en Russie a été introduite. Afin de ne pas être inscrits, un large nombre de Tadjiks ont essayé d’obtenir la citoyenneté russe. Cependant, cela ne doit pas être considéré comme un souhait&nbsp;«&nbsp;d’appartenir&nbsp;» à la Russie&nbsp;; mais plutôt comme une tentative de faciliter l’achèvement des obligations et des attentes sociales au pays. Cela, plutôt que la question liée à la «&nbsp;légalité&nbsp;» est leur principale préoccupation. Les gens ne se préoccupent des interdictions d’entrée et du statut illégal que dans la mesure où cela peut affecter la temporalité de leur existence sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’impact de l’invasion de l’Ukraine par la Russie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches d&rsquo;Elena Borisova en collaboration avec Malika Bakhodinova examinent comment la Russie instrumentalise l’institution de la citoyenneté afin de recruter de la main-d’œuvre pour sa guerre en Ukraine. Le régime accorde la citoyenneté en récompense du service militaire et menace de violence policière ou de révocation de la citoyenneté lorsque les citoyens naturalisés ne répondent pas aux attentes militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tadjiks mobilisent leur expertise acquise au fil des décennies sur la bureaucratie russe et l’évolution des lois migratoires pour tenter de naviguer entre ces risques existentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les médias russes, cette situation a donné lieu à une nouvelle représentation, devenue populaire : celle d’un «&nbsp;migrant avec un passeport russe&nbsp;». Ce concept montre comment la frontière entre un migrant et un citoyen devient de plus en plus floue.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Des développements comme ceux-ci modifient la perception que les Tadjiks ont de la Russie et de la migration. C’est pourquoi de nombreux Tadjiks cherchent à s’installer ailleurs. Mais cela est souvent plus facile à dire qu’à faire : les Tadjiks se sont installés en Russie depuis des décennies, il y possèdent souvent des biens, et leurs enfants ne parlent parfois que russe. En attendant, les gouvernements d’Asie centrale explorent de nouvelles destinations pour offrir d’autres opportunités d’emploi à leurs citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l’Ouzbékistan a signé des accords avec plusieurs pays, dont l’Allemagne, qui a recruté des travailleurs ouzbeks dans le secteur des soins. L’Ouzbékistan cherche également à renforcer la coopération avec l’Arabie saoudite, la Corée du Sud, la Turquie et le Royaume-Uni, considérées comme des destinations potentielles pour les travailleurs migrants. Seul l’avenir dira si la diversification des destinations des travailleurs migrants d’Asie centrale se poursuivra.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par Douwe van der Meer<br>Rédacteur pour la version anglaise de Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><br>Traduit de l’anglais par Lisa d’Addazio</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Le cinquième festival du film kazakh étend ses projections à l&#8217;étranger</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Monéger-Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 16:08:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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<p>Pour la cinquième année consécutive, l'événement parisien projettera des classiques et des films plus récents. Comme chaque année, des nouveautés sont à prévoir, notamment des rencontres entre étudiants en école de cinéma. L'extension géographique du festival se poursuit également, notamment en Europe, mais aussi au Maroc. Le cinéma du Kazakhstan, riche d'une longue histoire, est [&#8230;]</p>
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<p><strong>Pour la cinquième année consécutive, l'événement parisien projettera des classiques et des films plus récents. Comme chaque année, des nouveautés sont à prévoir, notamment des rencontres entre étudiants en école de cinéma. L'extension géographique du festival se poursuit également, notamment en Europe, mais aussi au Maroc.</strong></p>
<p>Le cinéma du Kazakhstan, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/breve-histoire-du-cinema-kazakh-de-shaken-aimanov-a-emir-baigazin/">riche d'une longue histoire</a>, est présenté à Paris par le <a href="https://festival-film-kazakh.com/">Festival du film kazakh</a> depuis 2019. Tous les ans, à l'exception de 2020 pour des raisons sanitaires, une sélection de films venus du plus grand pays d'Asie centrale est présentée dans la capitale française.</p>
<p>L'<a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-cinema-kazakh-projete-a-paris-en-grande-pompe/">édition 2022</a> avait été notable pour l'extension internationale des projections dans d'autres festivals en France et en Europe. Pour la première fois, elle s'était étendue au continent africain, par le Cameroun. Elle avait également organisé un concours de coproductions impliquant des acteurs des deux pays.</p>
<p>En 2023, l'ensemble des projections aura lieu au <a href="https://www.forumdesimages.fr/">Forum des Images</a>, dans le 1er arrondissement de Paris. Le festival organisera également un défilé de créateurs suivi d'une projection à l'ambassade du Kazakhstan pour la deuxième année consécutive, le samedi 2 décembre. Ce défilé est le fruit d'une collaboration entre le festival et l'association KazFashionParis. Novastan s'est entretenu avec André Raphaël Ivanov, fondateur et délégué général du Festival, pour discuter des films projetés et des nouveautés de cette année.</p>
<p><strong>Novastan : L'ouverture du festival fêtera le 100ème anniversaire de la naissance du réalisateur Soultan-Akhmet Khodjikov, que vous qualifiez de l . . .</p>

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		<title>Textiles, tapis et géométrie en Asie centrale : entretien avec une historienne de l&#8217;art</title>
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		<dc:creator><![CDATA[caanetwork]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Nov 2023 14:31:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/textiles-tapis-geometrie-asie-centrale-entretien/">Textiles, tapis et géométrie en Asie centrale : entretien avec une historienne de l&rsquo;art</a></p>
<p>Tapis, écharpes, tchapans, tant d&#8217;arts du textile qui font partie de la culture islamique. Véritables œuvres d&#8217;art usant de techniques, de modèles et de structures géométriques complexes, ces créations sont le sujet d&#8217;étude principal de Carol Bier, historienne de l&#8217;art islamique. Dans cette interview, elle explique les enjeux, l&#8217;histoire et les techniques derrière cet art [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/textiles-tapis-geometrie-asie-centrale-entretien/">Textiles, tapis et géométrie en Asie centrale : entretien avec une historienne de l&rsquo;art</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tapis, écharpes, tchapans, tant d&rsquo;arts du textile qui font partie de la culture islamique. Véritables œuvres d&rsquo;art usant de techniques, de modèles et de structures géométriques complexes, ces créations sont le sujet d&rsquo;étude principal de Carol Bier, historienne de l&rsquo;art islamique. Dans cette interview, elle explique les enjeux, l&rsquo;histoire et les techniques derrière cet art aujourd&rsquo;hui connu et apprécié du monde entier.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Asie centrale, les traditions ancestrales de production de textiles sophistiqués sont toujours mises en avant. Aujourd’hui encore, les coquets du monde entier réclament écharpes et tchapans, ces <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caftan">caftans</a> traditionnels, conçus selon la technique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ikat">l’ikat</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tapis, luxueux, magnifiques et colorés, sont également l’objet d’un procédé complexe, transmis de génération en génération sur cette route du tapis qui couvre toute l’Asie centrale, l’Afghanistan, l’Iran, la Turquie, une partie de l’Égypte, l’Afrique du Nord et l’Espagne. Les interactions entre les peuples nomades et sédentaires de ces régions ont permis de développer cette production de textiles et tapis à laquelle s’intéresse de près l’historienne de l’art islamique <a href="https://substantialmotion.org/profile/carol-bier">Carol Bier</a>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Autrice de nombreux travaux sur les aspects culturels de la géométrie dans l’art islamique, Carol Bier y montre la beauté des formes, des modèles et des structures. Elle œuvre actuellement en tant que chercheuse, à la fois au centre de recherches islamiques de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Graduate_Theological_Union">Graduate Theological Union</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Berkeley_(Californie)">Berkeley</a>, en Californie, mais aussi au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/George_Washington_University_Museum_and_Textile_Museum">musée du textile de Washington</a>. Elle y a été conservatrice des collections orientales de 1984 à 2001, avant de prendre la présidence de la société américaine du textile entre 2006 et 2008. Elle parle dans cette interview de l’origine de cet artisanat, de sa symbolique et des méthodes complexes utilisées pour produire ces tissus.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Central Asian Analytical Network (CAAN)&nbsp;: Vous avez publié de nombreux articles sur les aspects culturels de la géométrie dans l’art islamique. La culture centrasiatique propose en effet quantité de formes qui se répètent. Comment la géométrie s’est-elle manifestée dans l’art islamique&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Carol Bier&nbsp;:</strong> J’ai beaucoup étudié les formes géométriques dans l’art islamique et l’architecture. Je m’y suis intéressée suite à des recherches sur le textile. Le modèle de textile est étroitement lié à la technique de tissage ou de couture, ou bien à la technique de l’ikat, une technique de teinture aussi appelée <a href="https://uz.wikipedia.org/wiki/Abrbandi">abrbandi</a>, du perse «&nbsp;nuage&nbsp;» et «&nbsp;lier&nbsp;», en Asie centrale, ou tout du moins en Ouzbékistan. Ainsi, mon intérêt pour les formes géométriques, l’architecture et l’art islamiques est lié aux relations entre l’artisanat et les technologies, ou la construction dans le cas de l’architecture. Mes recherches ont montré l’apparition dans le monde islamique d’une esthétique algorithmique, si bien que la répétition en elle-même est porteuse de sens. Ce sens, comme je le comprends, est étroitement connecté à la géométrie et à son apparition.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="933" height="700" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-1.jpg" alt="Place El Hedim Meknès Maroc Plaque dorée Textile" class="wp-image-62189" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-1.jpg 933w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-1-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 933px) 100vw, 933px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une plaque dorée sur la place El Hedim à Meknès, Maroc. Photo : Wikimedia Commons.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que nous savons de l’histoire des formes géométriques, c’est qu’au début du monde arabe, puis du monde perse, l’Asie centrale, l’Espagne et l’Afrique du Nord, des traductions et commentaires de textes anciens sur les mathématiques et la philosophie sont apparus. C’est à partir de là que ma compréhension et mon interprétation des choses ont pris des directions différentes. L’une d’elles concerne l’étude des écritures coraniques sur les monuments, construites sur des modèles géométriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/navbakhor-boudot-le-visage-du-textile-ouzbek-en-france/">Navbakhor Boudot, le visage du textile ouzbek en France</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que les écritures et extraits coraniques choisis pour ces monuments peuvent nous aider à comprendre le fond et le sens des motifs, ainsi que les bâtiments eux-mêmes, mais aussi le mot Amtal, le pluriel de Mital. Ce terme a différentes significations selon l’allégorie ou la parabole, mais pour les mathématiciens, il est synonyme d’exercice géométrique. D’après moi, les extraits du Coran peuvent être interprétés à l’aide des couleurs des motifs géométriques sur les bâtiments&nbsp;; ainsi, la géométrie appelle la géométrie. C’est à cette interprétation que je suis arrivée en étudiant la géométrie, l’art et l’architecture du monde islamique.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Vous étudiez principalement la culture textile de l’Orient, dont fait partie la région centrasiatique. Pourquoi le textile occupait-il une partie si importante de la vie de ces gens&nbsp;? En fin de compte, ils pouvaient mener une vie simple, mais ils avaient tout de même des tapis magnifiques et des habits de soie. Y a-t-il une dimension spirituelle dans ces décorations et tissus&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’explore pas spécialement les considérations spirituelles. On pourrait les étudier plutôt par la tradition écrite ou, comme aujourd’hui, par des entretiens sur les pratiques. J’ai principalement travaillé avec les sources primaires, c’est-à-dire avec la culture matérielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je peux dire que toutes les traditions textiles – de la production de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shyrdak">chyrdak</a> au Kirghizstan et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzani">suzanis</a> en Ouzbékistan, jusqu’à la production de tapis, etc. – s’appuient sur des ressources renouvelables qui sont facilement accessibles en Asie centrale. Ainsi, la production de feutre et de textile a une très longue histoire, qui prend racine à l’époque préhistorique.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les techniques de production textile en Asie centrale sont tout à fait inhabituelles, et nombre d’entre elles sont encore pratiquées aujourd’hui. Les productions d’ikat sont très diverses, par exemple, dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">vallée de Ferghana</a>. La culture du coton y est assez répandue. Les réseaux d’achat et de préparation de teintures pour les matériaux étaient très développés. Les techniques de préparation du fil pour le tissu, mais aussi de teinture et de tissage, l’étaient également. Ainsi, un produit aussi simple qu’une écharpe, par exemple, est déjà le fruit de nombreuses technologies. Pour le chyrdak, la division du feutre en deux couches, puis la pose d’une couche sur l’autre, donne deux motifs identiques, mais avec un contraste de couleurs. C’est une utilisation magnifique d’une technique toute simple de chaleur et de compression pour produire du feutre à partir de fil de laine, avec un jeu de couleurs et d’ornements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces dessins peuvent aussi être symboliques, comme la corne de mouton, la barbichette d’une chèvre ou autres éléments qui ont un sens fondamental pour la société locale. En Asie centrale, il existe un contraste marqué entre les cultures d’éleveurs et d’agriculteurs. Ce contraste montre la diversité géographique de la région avec des zones désertiques, des vallées où courent des rivières et des villes-oasis.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="764" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.1.png" alt="Turkestan Kazakhstan Techniques Production Soie Laine Asie Centrale" class="wp-image-62190" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.1.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.1-300x224.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.1-768x573.png 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="761" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.2.png" alt="Turkestan Kazakhstan Techniques Production Soie Laine Asie Centrale" class="wp-image-62191" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.2.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.2-300x223.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.2-768x571.png 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="755" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.3.png" alt="Turkestan Kazakhstan Techniques Production Soie Laine Asie Centrale" class="wp-image-62192" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.3.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.3-300x221.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-2.3-768x566.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les techniques de production de soie et de laine en Asie centrale. Album du Turkestan, Bibliothèque du Congrès. Photo : CAAN.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez écrit un article intitulé «&nbsp;Le tissage traditionnel dans l’Asie centrale pré-soviétique&nbsp;» (1992-1993), dans lequel vous parlez des arts textiles de Boukhara comme la broderie, le suzani, de la fabrication des tapis, de la technique de l’ikat, etc. Pouvez-vous en parler à nos lecteurs&nbsp;? Ces méthodes anciennes sont-elles encore utilisées de nos jours&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ikat, comme je l’ai dit précédemment, s’appelle abrbandi et est lié à la colorisation des fils principaux avant le tressage. Il est actuellement très répandu dans la vallée de Ferghana, où de nombreux studios, ateliers et fabriques produisent ce que nous appelons ikat. Dans les environs de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chakhrisabz">Chakhrisabz</a>, il existe également une tradition marquée de tissage de soie, que l’on appelle suzani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant que je sache, nous ne pouvons remonter à l’ikat et au suzani qu’au XIXeme siècle, peut-être à la fin du XVIIIeme, mais nous avons des exemples plus anciens d’autres parties du monde musulman. Je ne suis pas sûre de savoir comment ces techniques sont arrivées en Ouzbékistan, mais elles existaient déjà avant le XIXeme siècle et sont très présentes aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/coton-ouzbek-derriere-la-levee-du-boycott-des-reformes-en-profondeur/">Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.britishmuseum.org/collection/term/AUTH231913">Madina Kasymbaïeva</a> est une tisseuse actuelle de suzanis à Tachkent. Son tissage moderne, qui s’appuie sur une base historique, a été mondialement reconnu. En Ouzbékistan, elle a reçu l’un des prix présidentiels réservés aux artistes. Ses travaux sont également présentés au British Museum de Londres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos recherches s’intéressent aussi à d’autres thèmes, comme le kourak korpé kirghiz, un mot qui vient du turc «&nbsp;koura&nbsp;». Les Kazakhs aussi ont de tels édredons, souvent appelés kourak korpé ou oïou korpé. Il y a également les oreillers traditionnels&nbsp;: en kazakh, ils s’appellent jastyk, en turkmène yassyk. Quelle est l’origine de ces termes&nbsp;? Y a-t-il d’autres connexions entre les arts textiles, leurs noms et leurs techniques dans les pays d’Asie centrale&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Yastyk est un mot pour désigner les oreillers en Turquie, et pour autant que je sache, tous ces mots sont étroitement liés les uns aux autres. L’utilisation d’un lexique commun dans différents contextes – du perse au turcique, du turcique au perse ou du tadjik au turc – amène au fait que de nombreux mots se ressemblent. Ainsi, jastyk, yassyk, zazdyk et yastyk sont des mots parents avec des différences de dialecte, et il y a également correspondance entre les arts qu’ils désignent. Cette correspondance culturelle est visible non seulement dans la technique de production de textile, mais aussi en architecture et en cuisine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les ornementations dépendent cependant du type de culture à laquelle appartiennent les pays. Par exemple, certaines décorations centrasiatiques sont en grande partie le produit d’une vie citadine, d’autres, d’une vie nomade. Parmi la population urbaine sédentaire, on choisit et reproduit davantage de dessins variés que chez les nomades.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="933" height="700" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-4.jpg" alt="Turkménistan Turkmène Tapis Téké Décors Motifs" class="wp-image-62194" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-4.jpg 933w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-4-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-4-768x576.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 933px) 100vw, 933px" /><figcaption class="wp-element-caption">Morceau de tapis turkmène Téké décoré de motifs nationaux.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La production principale des cultures nomades est, bien sûr, le tapis. Ils sont non seulement utilisés sur les sols, comme en Occident, mais aussi en qualité de portes et de protections, par exemple pour les coffres, ou pour couvrir le sol des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yourte">yourtes</a>. Ces tapis peuvent avoir une base de laine, une trame de laine et un molleton de laine&nbsp;; c’est le molleton du tapis qui apporte les motifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parlons des traditions de couture en patchwork et des tapis d’Orient. Quel est l’intérêt de la couture en patchwork&nbsp;? Quelles sont ses racines culturelles&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patchwork, technique domestique très importante, c’est ce qui se fait à la maison et pas dans les fabriques. On réunit les chutes de vieux tissus pour en faire des couvertures, des dessus de lit, des couvertures pour les chevaux ou des décorations pour les licols.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai plus étudié les tapis que la couture de patchwork. Partir de la terminologie de&nbsp;tapis oriental, c’est déjà le marqueur d’un point de vue. Désigner quelque chose comme oriental, c’est supposer que c’est venu de l’Orient, qui se situait au XIXeme siècle – l’époque à laquelle correspond l’histoire des collections de tapis européens – vers l’Est d’Istanbul. Ce n’était pas l’Extrême-Orient auquel nous pensons aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apparition des tapis d’Orient elle-même montre que ces tissus sont sortis des limites de leur origine culturelle de la route du tapis. Cette région est sèche, ce qui complique l’agriculture. C’est pourquoi les troupeaux de moutons et les bêtes fournissent aux gens leurs principaux moyens de subsistance. La laine, bien sûr, est une ressource renouvelable&nbsp;: vous tondez un mouton une ou deux fois par an et la laine repousse. Ce n’est pas comme le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chachlyk">chachlyk</a> <em>(les brochettes, ndlr)</em>, qui ne se renouvelle pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lindustrie-de-la-mode-kazakhe-en-plein-essor/">L’industrie de la mode kazakhe en plein essor</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tapis fabriqués dans ces régions sont devenus des produits appréciés qui se vendent et s’offrent, que ce soit par des cadeaux d’ambassadeurs ou sous d’autres formes, aux colonisateurs venus d’Europe. Ainsi, les tapis sont sortis des limites du monde oriental et sont devenus des éléments habituels du monde occidental, ce qui a fait qu’on les catégorisait comme tapis d’Orient. Cette catégorie existe en grande partie encore aujourd’hui, bien qu’on considère désormais que cette appellation est politiquement incorrecte. Mais personne n’a jamais tissé de tapis&nbsp;oriental. Les femmes tissaient de simples tapis. C’est ainsi qu’ils s’appellent dans leurs propres cultures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne le patchwork, la disposition de ces petits carrés de tissus est supposée chasser le mal. Ainsi, cette technique possède des qualités défensives pour ceux qui les utilisent ou qui les portent.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="787" height="800" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-5.jpg" alt="Tachkent Ouzbékistan Démonstration Technique Tapis Production" class="wp-image-62195" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-5.jpg 787w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-5-295x300.jpg 295w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-5-768x781.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 787px) 100vw, 787px" /><figcaption class="wp-element-caption">Démonstration d&rsquo;une technique de production, Tachkent. Photo : CAAN.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, c’étaient principalement les femmes qui s’occupaient de ce type d’activités. Je pense que les hommes devaient répondre des bêtes, de la composition du troupeau et de le mener paitre. Les femmes, de leur côté, se chargeaient de la traite des animaux et de la production de produits laitiers, mais aussi des traditions artisanales de préparation des fils et des tapis. J’ai vu des hommes qui fabriquaient du feutre – c’est un domaine traditionnellement masculin, car pour transformer la laine en feutre, il faut beaucoup presser. Le feutre était habituellement utilisé pour confectionner des capes de berger, des tapis de feutre ou des chapeaux de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Derviche">derviches</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne la couture, elle fait aussi partie du royaume de la femme, au quotidien en tout cas. Dans le contexte commercial, j’ai vu des hommes coudre dans le Nord de l’Inde, en Chine de l’Ouest et en Asie centrale. Mais dans le cadre de ces différentes techniques textiles, il existe sans aucun doute des rôles et une différenciation de genres.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La fabrication des tapis est un travail dur, mais les Centrasiatiques, semble-t-il, y voient une toile pour exposer leur œuvre. Comment expliqueriez-vous cette tradition bien ancrée de la production de tapis&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La fabrication de tapis a une bien plus longue histoire que le monde islamique, qui débute au VIIIeme siècle de notre ère en Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le plus vieux tapis connu provient d’une tombe kourgane de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sib%C3%A9rie">Sibérie</a>, en Russie. On l’appelle le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tapis_de_Pazyryk">tapis de Pazyryk</a>. Il a été découvert en 1949 dans le permafrost de Sibérie. Vu le style, on peut estimer sa datation au Veme ou IVeme siècle avant notre ère, c’est-à-dire avant Alexandre le Grand. Ce qui est intéressant dans ce tapis de mon point de vue, c’est qu’il possède des propriétés techniques exceptionnelles. C’est un exemple de technique avancée de confection de tapis, et nous ne savons rien de la façon dont elle a émergé. Ce tapis a un fil dont les circonvolutions sont très resserrées, un fil qui décrit de beaux nœuds. Le modèle est déjà établi, comme pour des tapis plus tardifs, avec des motifs carrés ou rectangulaires, la répétition de dessins et de nombreuses bordures qui entourent le champ central.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="808" height="737" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-6.jpg" alt="Saint-Pétersbourg Russie Sibérie Tapis de Pazyryk Musée Ancien Textile" class="wp-image-62196" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-6.jpg 808w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-6-300x274.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/11/image-6-768x701.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 808px) 100vw, 808px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le tapis de Pazyryk, Musée de l’Ermitage, St Pétersbourg. Photo : CAAN.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la production de tapis date au moins du Veme ou IVeme siècle avant notre ère. Nous avons des fragments de tapis millénaires, de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Seldjoukides">époque seldjoukide</a>, mais aussi des tapis entiers du XVeme siècle ou plus tardifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/marques-sapproprient-motifs-dasie-centrale/">Des marques internationales s’approprient les motifs d’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque soviétique, pendant la collectivisation, des fabriques de tissage de tapis ont été créées, si bien que la tradition s’est maintenue, mais dans un milieu plus commercial que domestique ou nomade.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Comment le commerce a-t-il influencé le développement de ces tissus&nbsp;?</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe d’une part une tradition domestique, lorsque le textile est produit pour une utilisation personnelle et pour la population locale, et d’autre part la production commerciale. Les objets claniques étaient aussi vendus quand il y avait des besoins d’argent. Ils devenaient des marchandises. C’est sous l’Empire russe qu’ont eu lieu les plus gros efforts de collection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, les plus grandes collections de musées du monde se sont formées à Saint-Pétersbourg, puis, pendant la période soviétique, à Moscou. Dans les musées ethnographiques de ces villes ont été collectées certaines des plus belles collections de tapis ouzbeks. Leurs couleurs sont parfaitement conservées aujourd’hui s&rsquo;ils n’ont pas trop été exposés à la lumière et n’ont pas été trop lavés. Ils sont vraiment magnifiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans ce thème&nbsp;: les symboles, l’esprit, les méthodes, les couleurs&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un aspect que j’aime étudier à titre personnel, c’est la beauté&nbsp;: le dessin, la forme, la couleur… et ensuite, comme je le disais tout à l’heure, je suis charmée par la relation entre l’artisanat et la technologie, la production artisanale et de produits, que ce soit pour l’utilisation domestique ou pour le commerce. Je pourrais aller plus loin et dire que je suis enthousiasmée par le lien entre le design, la structure, la technique et la fonction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant toute l’interview, j’ai rappelé quelques-uns de ces liens, la teinture de la base, le tissage et la fabrication d’écharpes&nbsp;; ou gérer un troupeau, préparer des fils, des couleurs, tisser des tapis et utiliser différentes techniques pour reproduire un modèle. La teinture donne au modèle de l’ikat toutes ses variations de haut en bas, dans les motifs. Quant aux motifs, ils se forment sur les tapis par l’intrication de différents morceaux de fils les uns après les autres. Si bien que c’est un sujet passionnant à étudier.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Elvira Aïdarkhanova</strong><br><strong>Pour CAAN</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.caa-network.org/archives/24900/tekstil-kovry-i-geometriya">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Éléonore Bailly</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Portrait de l&#8217;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Béroujon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 19:39:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a></p>
<p>Amalia Aïboucheva, jeune artiste touche à tout, musicienne, peintre, rêveuse, livre un portrait fait de saveurs orientales, de notes musicales apprises à l&#8217;instinct et de couleurs peintes sur des logiciels basiques. Arrivée sur le tard dans la musique, elle se retrouve presque par hasard sur YouTube : l&#8217;Amérique découvre alors un Ouzbékistan loin des clichés [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amalia Aïboucheva, jeune artiste touche à tout, musicienne, peintre, rêveuse, livre un portrait fait de saveurs orientales, de notes musicales apprises à l&rsquo;instinct et de couleurs peintes sur des logiciels basiques. Arrivée sur le tard dans la musique, elle se retrouve presque par hasard sur YouTube : l&rsquo;Amérique découvre alors un Ouzbékistan loin des clichés de la route de la Soie.</strong><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 14 janvier 2021 par le média ouzbek&nbsp;<a href="https://sarpa.media/amalia">Sarpa</a>.</b></p>



<p class="wp-block-paragraph">Amalia Aïboucheva est une jeune beatmaker et designeuse de 23 ans originaire de Tachkent. Elle écrit des chansons, compose de la musique électronique et dessine sur l’application Paint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle met un point d’honneur à ce que l’Ouzbékistan soit représenté <em>« magnifiquement, et pas uniquement par son coté populaire. » </em>L&rsquo;artiste se raconte dans l&rsquo;article qui suit.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Son entrée dans le monde de la musique</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Mon apprentissage musical se résume à 3-4 mois de cours de guitare à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navo%C3%AF">Navoï</a>. J&rsquo;ai vécu là-bas jusqu&rsquo;à mes 11 ans, puis un an à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> et deux ans à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djizak">Djizak</a>. A l’âge de 13 ans, nous avons déménagé à Tachkent. Je viens de terminer mes études à l’Université de Singapour.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En réalité, j’ai grandi dans un milieu baigné par la musique. Ma mère joue du piano. Ma grand-mère chante. Mon grand-père jouait de la guitare. Mais il n&rsquo;y a jamais eu de pression de la part de ma famille pour que je commence à faire de la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès que j&rsquo;ai voulu jouer de la musique, mes parents m&rsquo;ont déniché un synthétiseur. Ma mère adore ma musique. Elle passait mes morceaux au travail, ça a plu à son patron et à ses collègues, alors on a joué lors d’une fête de l’entreprise avec un autre gamin.</p>



<h5 class="wp-block-heading">L&rsquo;autodidaxie comme ligne d&rsquo;apprentissage</h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à écrire de la musique il y a deux ans. Je travaille sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/FL_Studio">FL Studio</a>. Ce n’est pas le logiciel le plus utilisé dans le monde de la production musicale, mais moi, il me convient parfaitement. Quand j’étais étudiante, j’essayais de ne pas trop regarder les tutos sur YouTube mais d’apprendre par moi-même parce que mon frère m’avait dit qu’on montrait pas mal de conneries sur YouTube. Pour les claviers, j&rsquo;ai découvert moi-même comment ça fonctionnait. J&rsquo;ai juste compris comment les octaves et les accords fonctionnent.<strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-artistes-qui-ne-sont-pas-des-rebelles-a-quoi-servent-ils-au-fait/">« Les artistes qui ne sont pas des rebelles, à quoi servent-ils au fait ? » – entretien avec Viatcheslav Akhounov</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas lire les notes, mais je sais où elles se trouvent sur le clavier. J’ai aussi une visionneuse d’accords sur mon bureau à côté de mon PC. J’aime bien ajouter à mes sons toutes sortes d’enregistrements faits avec une flûte à bec.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>« Pouvoir vendre ma musique aux Etats-Unis »</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à faire des sons, juste pour le fun, pour mes amis, et ils les ont ensuite postés sur une chaîne YouTube. Quand c’est devenu plus sérieux et que j’arrivais à produire des sons d’au moins 30 secondes, j’ai continué à alimenter la chaîne YouTube. La musique me donne désormais l&rsquo;opportunité de faire ce que je veux. Je fais des sons que j’aime, je les mets sur YouTube et les gens peuvent les acheter. Ici, en Ouzbékistan, tu dois payer une taxe sur chaque soum gagné pour un son. Les droits exclusifs me coûtent environ 150 à 300 dollars (142 à 285 euros), selon le morceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je gagne actuellement près de 100 dollars (95 euros environ) par mois grâce à mes morceaux. Ils sont achetés par des gens des pays développés, où la propriété intellectuelle est protégée. C’est mieux qu&rsquo;ils ne sachent pas comment ça se passe dans notre pays.</p>


<p><iframe loading="lazy" title="[sold] &quot;nostalgy&quot; lana del rey type beat sad orchestra guitar" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/8MYi0mHRIxs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux États-Unis, la propriété intellectuelle est traitée différemment : les mecs achètent pour 500 dollars (473 euros) de programmes qu’on télécharge en un clic et te paient pour utiliser ta musique lors de leurs concerts.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>&nbsp;</strong><strong>Concert au comité de la mahalla </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai déjà pu jouer sur scène au <a href="https://www.instagram.com/139documentarycenter/?hl=fr">139 Documentary Center Gallery</a> et mon ami Diyor m&rsquo;a proposé d&rsquo;y enregistrer une performance en direct, mais sans public. Je lui ai dit que si je faisais un live, il devrait être en plein air et dans la vieille ville pour que ce soit plus authentique. J&rsquo;ai pris contact avec Nastya Galimova, elle connait la ville comme sa poche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voulions montrer que la musique n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;un endroit, ni d&rsquo;un quartier particulier ; montrer que la vieille ville est tout aussi attractive et qu’il n’y a pas de différence entre les gars du centre et ceux de la vieille ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se promenait avec Nastya quand on s’est retrouvé sur une place entre un canal et une mosquée. On s’est dit que ce serait cool de faire un concert ici. Nous avons contacté le comité de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahallah">mahalla</a> <em>(quartier en temps qu&rsquo;unité architecturale et communautaire, ndlr)</em> et il s’est avéré que cet endroit n’était autre que leur jardin d’été, où les membres du comité se réunissent pour discuter de différents sujets en buvant du thé. Ils nous ont donné leur accord pour faire le concert à cet endroit.</p>



<h5 class="wp-block-heading">« Au début, on avait beaucoup d’ambition »</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, on avait beaucoup d’ambition, on avait pensé inviter les médias et faire appel à un groupe pour faire un truc vraiment attractif. Malheureusement, on a été dépassés par l’envergure et la complexité de nos idées et on s’est rappelé qu’on voulait juste faire un concert et donc on a décidé de rester dans la simplicité. Les enfants de la mahalla nous ont aidé pendant les préparatifs et sont restés pour le concert.</p>


<p><iframe loading="lazy" title="[free for profit] &quot;still need you&quot; lana del rey type beat emotional trap guitar" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/YiBE3Z7PfxI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne s’attendait pas à attirer autant de monde à ce concert, on espérait qu’une quinzaine de nos amis les plus proches viendraient nous soutenir, mais pas plus. Entre la vieille ville, le froid et le concert dans la rue, qui aurait voulu venir ? Nous, on voulait juste s’éclater et en fin de compte il n’y avait pas assez de place pour tout le monde.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Art sur Paint et symboles nationaux</h5>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai longtemps réfléchi à la manière dont je pourrais gagner de l’argent sur Internet. Au début, je me suis intéressée à tous les domaines peu recommandables et je ne gagnais pas grand-chose : j’ai été payée à regarder des pubs sur Internet, j’ai fait toute sorte de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hame%C3%A7onnage">phishing</a> et même du hacking.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis tournée vers le design il y a cinq ans environ, et j’ai fini par faire un burn-out parce que je ne faisais que répondre aux demandes des clients au lieu de faire ce que j’aimais, j’étais juste un instrument de travail, et cette situation a duré longtemps. Ça m’énervait, ce manque de créativité, et j’ai fini par me lasser de tout ce qui touchait au visuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je réalise la plupart des œuvres que je publie sur mon compte <a href="https://www.instagram.com/p/BxsBltGlMbH/?utm_source=ig_embed&amp;ig_rid=b2007396-ef39-4c70-9e13-81d58f100187">Instagram</a> sur Paint. Je dessine avec la souris, le résultat n’est ni très droit, ni très net et c’est ça qui me plait. Et au moins j’y mets ma personnalité.</p>



<h5 class="wp-block-heading">L&rsquo;Ouzbékistan comme principale source d&rsquo;inspiration</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’inspire beaucoup de thèmes nationaux pour mon art. Je suis née ici, en Ouzbékistan. J’aime notre culture. Ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est de représenter et refléter ce qu&rsquo;on fait ici. Je ne veux pas faire ce que l&rsquo;on fait en Europe ou ailleurs. Nous avons une richesse visuelle encore ignorée, on a des tas de motifs nationaux et d’images de notre passé non exploités, ou du moins pas encore incontournables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime nos symboles, par exemple le tigre que Yana Khorocho représente tout le temps dans ses œuvres. <a href="https://www.instagram.com/x.x.x.s.t.a.n/">Yana</a> et <a href="https://www.instagram.com/sofiaseitkhalil/">Sofa</a> sont vraiment douées dans ce domaine, j’aime leurs façons de voir l’Ouzbékistan tel qu’il est véritablement. Elles savent le montrer sous un nouvel angle, plus authentique et non pas dans les clichés du khan atlas <em>(tissus traditionnel ouzbek, ndlr)</em>.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Hommage au féminisme </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à écrire des chansons pour le plaisir, puis je me suis dit : pourquoi ne pas écrire sur mes expériences personnelles ? C&rsquo;est devenu pour moi un outil d&rsquo;expression. J’ai commencé à me demander : qu&rsquo;est-ce que je retire de mes traumatismes et de mes blessures ? Je me souviens que petite, je n’aimais pas trop ce rôle genré de fille. Ça m’énervait quand on me disait de me comporter de telle ou telle manière car j’étais une fille, de m’habiller comme une fille et de jouer avec les filles, de jouer aux élastiques et à la cuisine… С’était vraiment pas ma tasse de thé. Je me disais : <em>« Purée, il faudra vivre comme ça plus tard ? »</em><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/aujourdhui-on-attend-que-les-artistes-soient-davantage-impliques-dans-la-vie-sociale-quil-y-a-30-ans/">« Aujourd’hui, on attend que les artistes soient davantage impliqués dans la vie sociale qu’il y a 30 ans »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La chanson <a href="https://t.me/frommyroom/113"><em>Ty je devotchka</em></a> (<em>T’es une fille</em> en français) est donc un véritable hommage au féminisme, mais quand je l&rsquo;ai écrite, je ne m’y connaissais pas vraiment. Et aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;écoute cette chanson et je me dis que je suis devenue féministe avant l’heure.</p>



<h5 class="wp-block-heading">« La signification des chansons m&rsquo;importe peu »</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ma chanson <a href="https://t.me/frommyroom/115"><em>Living in the chaos</em></a>, il est question de ma désorganisation totale. La signification des chansons m&rsquo;importe peu. Ce qui est important pour moi, c’est de transmettre une sorte d&rsquo;énergie, une ambiance particulière.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://t.me/frommyroom/113"><em>Back to the roots</em></a> est probablement l&rsquo;une de mes chansons les plus personnelles. Et il y a beaucoup de références que moi seule comprends. Je suis tombée amoureuse, mais ce n&rsquo;était pas réciproque, alors j&rsquo;ai décidé d&rsquo;écrire une chanson à ce sujet. Je me suis assise et j&rsquo;ai pensé à ce que je ressentais, et je l&rsquo;ai noté. Je transmets des sentiments à travers la musique, et les paroles, en second plan, viennent la compléter. La musique, c’est mon exutoire. Écrire mes chansons m’aide à me libérer de mes sentiments.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Chirine Yousoupova
Journaliste pour Sarpa</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://sarpa.media/amalia">russe</a> par Alexandra Béroujon</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Maryne Boulanger</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Le pianiste français François Chaplin se produira au Tadjikistan le 4 mars</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joanna Blain]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Feb 2022 06:56:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Douchanbé]]></category>
		<category><![CDATA[François Chaplin]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Piano]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/le-pianiste-francais-francois-chaplin-se-produira-au-tadjikistan-le-4-mars/">Le pianiste français François Chaplin se produira au Tadjikistan le 4 mars</a></p>
<p>François Chaplin, célèbre pianiste français ayant notamment interprété l’intégrale des œuvres de Claude Debussy, se produira le 4 mars prochain à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. Novastan l’a contacté pour savoir ce qu’il pense du pays et de l’Asie centrale en général.“Son interprétation plonge l’auditeur dès les premières notes dans le monde des émotions que [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/le-pianiste-francais-francois-chaplin-se-produira-au-tadjikistan-le-4-mars/">Le pianiste français François Chaplin se produira au Tadjikistan le 4 mars</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>François Chaplin, célèbre pianiste français ayant notamment interprété l’intégrale des œuvres de Claude Debussy, se produira le 4 mars prochain à Douchanbé, la capitale du Tadjikistan. Novastan l’a contacté pour savoir ce qu’il pense du pays et de l’Asie centrale en général.</b><span style="font-weight: 400;">“</span><i><span style="font-weight: 400;">Son interprétation plonge l’auditeur dès les premières notes dans le monde des émotions que seule la musique est capable de transmettre aux cordes les plus minces de l’âme”.</span></i><span style="font-weight: 400;"> C’est avec ces mots que le</span><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20220124/v-dushanbe-otkrili-prodazhu-biletov-na-kontsert-pianista-virtuoza-fransua-shaplena"> <span style="font-weight: 400;">média tadjik Asia-Plus</span></a><span style="font-weight: 400;"> annonce la venue du pianiste français</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Chaplin"> <span style="font-weight: 400;">François Chaplin</span></a><span style="font-weight: 400;"> à Douchanbé, la capitale tadjike, le 4 mars prochain. Après sa représentation, le musicien donnera une masterclass aux élèves du Conservatoire national tadjik, annonce</span><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20220124/v-dushanbe-otkrili-prodazhu-biletov-na-kontsert-pianista-virtuoza-fransua-shaplena"> <span style="font-weight: 400;">Asia-Plus</span></a><span style="font-weight: 400;">.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400;">François Chaplin est un spécialiste non seulement des œuvres de Claude Debussy mais également de Frédéric Chopin dont il interprète les valses dans son dernier album sorti en janvier 2022. A l’occasion de sa venue au Tadjikistan, Novastan a contacté le pianiste pour en savoir plus sur sa vision du Tadjikistan et de l’Asie centrale.</span><b>Novastan : Vous allez vous produire le 4 mars prochain à Douchanbé, que pensez-vous du Tadjikistan ?</b><b>François Chaplin : </b><span style="font-weight: 400;">Je n&rsquo;ai jamais joué au Tadjikistan. Je suis heureux de découvrir ce pays à l&rsquo;occasion de cet anniversaire entre la France et le Tadjikistan, et de venir jouer à Douchanbé, de découvrir le public et de donner une masterclass aux étudiants du Conservatoire tadjik.</span><b>Est-ce la première fois que vous jouez dans un pays d’Asie centrale ?</b><span style="font-weight: 400;">J&rsquo;ai déjà joué à Tachkent (</span><i><span style="font-weight: 400;">la capitale de l’Ouzbékistan, ndlr)</span></i><span style="font-weight: 400;"> il y a une dizaine d&rsquo;années. J&rsquo;ai également joué à Achgabat, au Turkménistan, cinq fois dans le passé, également à Almaty, au Kazakhstan. Le public d&rsquo;Asie centrale est très mélomane, et il aime notamment la musique française. La région a toute une culture musicale, peut-être parce que ce sont des pays de l&rsquo;ex-URSS avec un amour pour les grands compositeurs russes romantiques et pour la musique française. Lorsque je donnais des masterclass aux étudiants, j&rsquo;avais été&nbsp; frappé de voir combien ils aimaient la musique et connaissaient les traditions.</span><b>Vous avez joué dans les salles du monde entier. Choisissez-vous les œuvres que vous interprétez en fonction des pays dans lesquels vous vous produisez ? Qu’allez-vous jouer durant votre représentation à Douchanbé ?</b><span style="font-weight: 400;">Je vais jouer des œuvres de Chopin, Debussy et Fauré. Notamment les Estampes de Debussy &#8211; un chef-d&rsquo;œuvre de la musique française, et également quelques-uns de ses préludes, puis de belles valses et des nocturnes de Chopin ainsi que sa sublime Barcarolle. J&rsquo;aime jouer la musique française en Asie centrale car, très souvent, on me le demande, notamment la musique de Debussy car j&rsquo;ai enregistré l&rsquo;intégrale de ses œuvres pour piano, mais j&rsquo;aime également jouer Schubert, Mozart, Brahms.</span></p>


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<p class="wp-block-paragraph"><b>Qu’est-ce que cela apporte à des musiciens de recevoir l’enseignement de musiciens d’autres pays ?</b><span style="font-weight: 400;">Il y a toute une culture de la musique occidentale et j&rsquo;ai reçu cette éducation, donc évidemment je me sens en harmonie avec tous les grands compositeurs. C&rsquo;est sans doute intéressant d&rsquo;apporter ma culture et de pouvoir donner des conseils aux étudiants, et c’est également un devoir que de leur transmettre ce qui m&rsquo;a été enseigné au Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de Paris et ailleurs. Il faut beaucoup de psychologie dans l’enseignement, être attentif aux difficultés de ce métier très demandé. Et même si beaucoup d&rsquo;entre eux ne deviendront pas professionnels, c&rsquo;est merveilleux quand je vois un élève progresser et s&rsquo;épanouir sur le plan personnel durant ces années d&rsquo;études.</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Propos recueillis par Joanna Blain
</b><b>Rédactrice pour Novastan</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Relu par Jacqueline Ripart</b>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>« La Femme », un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</title>
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					<comments>https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tommy Hodgson]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 09:55:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Loi]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Violences familiales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/">« La Femme », un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</a></p>
<p>Réalisé par Kana Beïsekeïev et produit par Kaïrat Nourmougambetov, en association avec la chaîne Qazaq TV, La Femme est un documentaire qui relate avec force le destin poignant de quatre femmes confrontées aux violences conjugales. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 16 février 2021 par notre version anglaise. La Femme est un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/">« La Femme », un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</a></p>

<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph"><strong>Réalisé par Kana Beïsekeïev et produit par Kaïrat Nourmougambetov, en association avec la chaîne Qazaq TV, <em>La Femme</em> est un documentaire qui relate avec force le destin poignant de quatre femmes confrontées aux violences conjugales.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 16 février 2021 par <a href="https://novastan.org/en/kazakhstan/the-wife-the-short-film-highlighting-domestic-violence-in-kazakhstan/">notre version anglaise</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Femme</em> est un documentaire sorti en 2021 qui traite de la violence domestique au Kazakhstan. Dans la société kazakhe, ce sujet n’est pas souvent discuté ni même reconnu alors qu’il en dit long sur les problèmes sociaux les plus importants auxquels le pays est confronté. Le scénario met en lumière les raisons psychologiques et systémiques de cette violence continue. Il indique aussi les solutions qui permettraient d&rsquo;y remédier.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Ce film est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NrpCts9jyNs&amp;t=368s">disponible</a> gratuitement sur YouTube, sous-titré en anglais. Novastan a demandé au réalisateur <a href="https://www.facebook.com/beisekeyev">Kana Beïsekeïev</a> quelles étaient ses intentions en le tournant et comment le public a réagi. Voici ses réponses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan : pourquoi vous êtes-vous penché sur le sujet des violences domestiques au Kazakhstan ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Kana Beïsekeïev :</strong> L&rsquo;année dernière, de nombreux journaux ont commencé à parler des violences domestiques, et c&rsquo;est pourquoi il m&rsquo;a semblé intéressant de travailler sur la question. On imagine souvent que ces violences constituent un cas de brutalité extrême, et pourtant, c’est bien une réalité au Kazakhstan.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48085" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-04-à-20.13.12-1024x725.png" alt="La Femme Documentaire Kana Beïsekeïev" />
<figcaption>Le réalisateur Kana Beïsekeïev dans son film La Femme.</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Je ne pense pas qu’il y ait déjà eu un tel documentaire à ce sujet dans notre pays. C&rsquo;est au printemps dernier que mon équipe et moi avons décidé de réaliser ce film, mais le tournage a dû être reporté en raison du confinement. Nous avons appris par la suite que les cas de violences domestiques s&rsquo;étaient multipliés durant cette période où les gens étaient enfermés chez eux. Nous nous sommes alors rendus compte qu&rsquo;il était temps de traiter ce sujet difficile.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">J&rsquo;ai réfléchi à la façon d&rsquo;aborder le sujet auprès des gens de mon âge, la jeune génération. Honnêtement, cela n&rsquo;a pas été facile car, de par mon éducation, cette problématique m&rsquo;était totalement étrangère. Avant, je n’en avais jamais véritablement entendu parler. Mais j&rsquo;ai une sœur aînée et j&rsquo;ai été quelque peu surpris d&rsquo;apprendre combien dans notre culture, il est très difficile d&rsquo;être une femme.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Pourtant, quand les hommes abordent le sujet avec leur petite amie, ils entendent de nombreuses histoires de violence. Celles-ci se produisent dans la rue et au travail ou bien à la maison et sont parfois même le fait de frères, de membres de la même famille. Vu de l&rsquo;extérieur, tout semble peut-être aller pour le mieux, mais en réalité il n&rsquo;en est rien.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Votre documentaire montre comment les rôles assignés à l&rsquo;homme et à la femme sont fixés de façon rigide au Kazakhstan. Il y a autour de la femme toute une culture du blâme : on lui reproche souvent des peccadilles, par exemple quand les enfants font des bêtises ou bien quand un plat est brûlé. Et après, ça dégénère. Comment expliquer cela ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ce problème lié au genre découle de notre culture et de notre conception de la famille. Dans notre pays, la naissance d&rsquo;un fils est considérée comme un plus grand privilège pour la famille que celle d&rsquo;une fille. Et cela vaut non seulement pour le Kazakhstan mais aussi pour la plupart des cultures d&rsquo;Asie centrale, et même du Caucase et de Russie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48087" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-03-à-20.10.47-1-1024x651.png" alt="La Femme Documentaire" />
<figcaption>Plan du film La Femme.</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La majorité des pays qui nous entourent partagent les mêmes préjugés en faveur des garçons. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;équilibre entre les sexes, les parents seront probablement plus heureux si leur enfant est un garçon. Cela semble être une mauvaise plaisanterie, mais c&rsquo;est la réalité.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ces préjugés sont omniprésents, on les retrouve dans les romans, dans les films. Dans notre culture, les femmes elles-mêmes pensent qu&rsquo;il est dans leur intérêt d&rsquo;avoir un fils plutôt qu&rsquo;une fille. Ce sont là des opinions largement partagées et il y a vraiment chez nous un abîme entre les sexes. Dans notre société, les femmes, si elles veulent réussir, doivent montrer « qu’elles ont des couilles ».</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan: </strong><a href="un documentaire s'interroge sur les prénoms féminins pour faire naître un garçon."><strong>Kazakhstan: un documentaire s&rsquo;interroge sur les prénoms féminins pour faire naître un garçon</strong></a></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Vous n’êtes pas seulement une femme, il vous faut en plus assumer des responsabilités et satisfaire des attentes. Entre les sexes, la partie n&rsquo;est pas équitable.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Vous pensez donc que, puisqu&rsquo;elle part dans la vie avec un handicap, une femme est plus dans l’obligation de faire ses preuves ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La pression commence en fait dès l&rsquo;entrée à l&rsquo;école. Dans les petites classes, le garçon pourra se permettre de mauvaises notes, il aura le temps de se rattraper plus tard. La fille, elle, se doit d&rsquo;obtenir seulement d&rsquo;excellents résultats. Même si elle poursuit ses études jusqu&rsquo;au baccalauréat, prouvant ainsi son potentiel, les membres plus âgés de sa famille lui demanderont : « A quoi bon ce diplôme ? Tu ferais mieux de te trouver un mari ».</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">La fille est censée à la fois apprendre à être une « bonne épouse » et à réussir dans son métier. De nombreuses familles se comportent ainsi, surtout dans les petits villages. Bien sûr, tout le monde n&rsquo;est pas comme ça. Il n&rsquo;en reste pas moins que cette opinion existe dans notre société, ce qui génère des problèmes plus importants.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Le film aborde le sujet de l&rsquo;alcool comme facteur déclencheur des violences domestiques. L&rsquo;alcoolisme est-il considéré au Kazakhstan comme un problème important ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Oui, surtout en dehors des grandes villes. Dans les plus petites villes, si vous allez au magasin local, vous y verrez probablement un grand nombre de bouteilles d&rsquo;alcool en vente. Principalement de la vodka. On se croirait encore dans les années 1990, en URSS ou en Russie. Ici, quand les gens boivent, c&rsquo;est pour se saouler, et ils sont très portés sur la boisson. Or, l&rsquo;alcoolisme est un phénomène essentiellement masculin.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48083" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-03-à-20.10.05-1024x611.png" alt="La Femme Documentaire" />
<figcaption>Le film montre l&rsquo;inégalité des chances entre les femmes et les hommes (illustration).</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Mais ceci est aussi un problème d&rsquo;argent : beaucoup d&rsquo;hommes n’ont pas de travail. Sans revenus, il est très difficile de survivre, et cela entraîne beaucoup de dépressions. La dépression les mène à boire, en compagnie de ceux qui leur ressemblent, ces amis qui ne peuvent pas trouver de travail. C&rsquo;est toujours le même problème, sans cesse répété.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Les hommes parlent de la dureté de la vie, des problèmes avec leurs épouses. Les femmes, elles, qui s&rsquo;occupent des enfants à la maison, demandent à leur mari pourquoi il se comporte ainsi. « On n&rsquo;a pas d&rsquo;argent pour de l&rsquo;alcool, il faut que tu trouves du travail pour prendre soin de nous ». L&rsquo;homme réplique : « Je suis l’homme de la maison, ne me parle pas ainsi ». Et de telles disputes peuvent rapidement dégénérer.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Concernant les violences domestiques, un des plus grands problèmes du Kazakhstan est que beaucoup de parents n&rsquo;apprennent pas à leurs enfants comment devenir de bons maris ou de bonnes épouses qui sauront prendre soin de leur famille quand ils seront adultes. L&rsquo;ignorance concernant ces questions est grande. La vie de famille, ce n’est pas un jeu, et beaucoup n&rsquo;ont pas été préparés à assumer cette responsabilité.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Les femmes commencent à se marier très tôt, à 18 ou 19 ans dans les petites villes. Et après 25 ans, elles commencent à être considérées comme trop vieilles pour le mariage, même dans les grandes villes. Dans notre société, on vous force à assumer très tôt des responsabilités. Or, sortis tout juste de l&rsquo;enfance, les jeunes gens ne savent pas se comporter réellement en adultes. Nos problèmes découlent de ce manque de culture et d&rsquo;éducation qui conduit à des situations dangereuses.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Une des phrases les plus marquantes du film est celle-ci : « Le système permet que cela arrive ». Si les violences domestiques se produisent, c&rsquo;est que la police et les législateurs ne prennent pas les choses au sérieux. Un facteur aggravant étant la corruption ambiante, ce que souligne un autre protagoniste : « Ici tout s&rsquo;achète ». Espériez-vous avec ce film ouvrir la discussion sur d&rsquo;autres sujets relatifs à ces violences dans la société kazakhe, comme la corruption ou l’organisation des pouvoirs ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agissait plutôt pour moi d&rsquo;atteindre les gens ordinaires, de les conduire à s&rsquo;interroger : pourquoi n&rsquo;aborde-t-on pas ces problèmes plus ouvertement ? J&rsquo;ai fait ce film pour le peuple, il doit être informé de ce qu&rsquo;il se passe dans notre pays. Il faut que les gens prennent conscience de ce qui devrait être fait et sachent comment réagir au cas où ils seraient confrontés à la même situation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48084" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-03-à-20.20.41-1024x677.png" alt="La Femme Documentaire" />
<figcaption>Le réalisateur veut faire réfléchir sur les violences conjugales (illustration).</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Cela pourrait impliquer de changer nos lois pour sauver des vies humaines. Mais pour cela, il faut lutter contre les questions culturelles qui ont plus de poids que les lois.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Quand les femmes vont au commissariat après avoir été victimes de violences conjugales, elles se trouvent devant des hommes qui connaissent leur mari et ne prennent pas leur plainte au sérieux.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire est alors traitée comme une petite dispute de famille et l&rsquo;on conseille à la femme de retourner dans son foyer et d&rsquo;essayer de reprendre une vie normale. On la rassure, on lui dit que tout va rentrer dans l&rsquo;ordre. Peut-être le cas sera-t-il consigné dans un procès-verbal, mais si vous essayez de consulter le rapport deux jours après, il est possible qu’il n’existe plus. C&rsquo;est précisément ce contre quoi s&rsquo;insurgent beaucoup de gens.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Quel a été l’effet d’avoir un humoriste faisant des commentaires et des blagues sur une scène vide ? Quel but recherchiez-vous ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Il s&rsquo;agit d&rsquo;un vrai humoriste qui a écrit ses propres blagues pour le film. J&rsquo;avais entendu auparavant ses plaisanteries sur les violences domestiques et je lui ai demandé pourquoi il faisait de l&rsquo;humour sur un tel sujet. Il m&rsquo;a répondu que c&rsquo;était justement parce qu&rsquo;il avait vécu une expérience semblable dans sa propre famille.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48086" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-04-à-20.11.47-1024x658.png" alt="La Femme Documentaire" />
<figcaption>L&rsquo;humoriste dans le film La Femme.</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce qui m&rsquo;a donné l&rsquo;idée de faire ce documentaire du point de vue d’un humoriste. Au moins, sous le biais de l&rsquo;humour, il aborde le problème. Et lorsqu’il plaisante, il donne vie au débat.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>Quelles ont été les réactions à ce documentaire au Kazakhstan ? A-t-il fait l&rsquo;objet de critiques ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Ça a été très intéressant. Certaines réactions ont été bonnes, mais pas toutes. Quelques-uns nous ont critiqués parce que, selon eux, nous allons trop loin en nous attaquant à un tel sujet et que nous sommes en faveur d’une modification des lois concernant les violences domestiques. Certaines voix issues de la <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">communauté féministe</a> n’ont pas aimé le film, lui reprochant de ne donner la parole qu&rsquo;aux hommes pour parler des violences.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Vous savez, ça n&rsquo;a pas été facile de traiter ce sujet. Mon objectif était simplement de dénoncer les violences domestiques et de donner la parole à un petit nombre de personnes. Dans le film, il y a des conversations entre hommes et certains des participants nous ont demandé pourquoi nous n&rsquo;avons pas inclus les femmes dans ces discussions.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-48082" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Capture-décran-2021-06-03-à-20.08.52-1024x615.png" alt="La Femme Documentaire" />
<figcaption>Les réactions face au film sont diverses (illustration).</figcaption>
</figure>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Il y a eu parfois aussi des réactions violentes de la part de petits groupes, de cellules familiales, ce qui nous a surpris. Mais nous avons bel et bien donné la parole aux femmes, puisque ce film parle des relations homme-femme. Le sujet est cette culture qui inculque aux garçons et aux filles dès leur plus jeune âge à penser différemment, ce qui affecte leur comportement quand ils grandissent.</p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><strong>A la fin, le documentaire indique qu&rsquo;une nouvelle loi contre les violences domestiques devra entrer en vigueur au printemps 2021. Qu&rsquo;en attendez-vous?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">J&rsquo;espère qu&rsquo;elle changera les choses et qu&rsquo;il sera moins facile pour les auteurs de violences domestiques d&rsquo;échapper à la justice. Pour l&rsquo;instant, les procédures sont très lentes, même dans le cas d&rsquo;une simple amende.</p>


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<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Je pense donc que la <a href="https://www.hrw.org/news/2020/12/22/kazakhstans-domestic-violence-survivors-push-legal-protections">nouvelle loi</a> devrait protéger davantage les femmes. Mais il nous faut aussi travailler avec les hommes là où c’est possible. Je ne suis pas juriste et je ne sais pas exactement quelles seront les répercussions de cette loi, je pense en tout cas que c&rsquo;est un pas dans la bonne direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous d&rsquo;autres projets après celui-ci ?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Je viens d&rsquo;achever un documentaire sur les <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/surveillance-totale-segregation-et-internement-au-xinjiang-discret-reportage-sur-le-quotidien-des-ouighours/">camps</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFghours">Ouïghours</a> au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Xinjiang</a>, ce qui m&rsquo;a amené à interroger également des Kazakhs. J&rsquo;ai rencontré plusieurs personnes qui ont été internées dans ces camps et qui vivent maintenant à Washington. Le film est actuellement au stade du montage, et j&rsquo;espère donc que d&rsquo;ici un mois ou deux je pourrai le mettre sur YouTube.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La Femme</em> est disponible sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NrpCts9jyNs&amp;t=368s">YouTube</a></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tommy Hodgson</strong><br /><strong>Auteur pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de <a href="https://novastan.org/en/kazakhstan/the-wife-the-short-film-highlighting-domestic-violence-in-kazakhstan/">l&rsquo;anglais</a> par Bruno Cazauran </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Gulafiya Chatayeva</strong></p>
<p><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/">« La Femme », un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<item>
		<title>Entretien avec Tigran Mkrtytchev, le nouveau directeur du musée Igor Savitsky</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-tigran-mkrtytchev-le-nouveau-directeur-du-musee-igor-savitsky/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mpeetermans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 May 2021 15:33:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Avant-garde]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Igor Savitsky]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Karakalpakistan]]></category>
		<category><![CDATA[Noukous]]></category>
		<category><![CDATA[Tigran Mkrtytchev]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-tigran-mkrtytchev-le-nouveau-directeur-du-musee-igor-savitsky/">Entretien avec Tigran Mkrtytchev, le nouveau directeur du musée Igor Savitsky</a></p>
<p>Le nouveau directeur du musée Igor Savitsky, Tigran Mkrtytchev, a accordé une interview au projet Alter Ego. Il y parle de Tachkent dans les années 1970, des rumeurs qui ont couru sur la vente des collections du musée et des perspectives de développement de celui-ci. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 22 [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-tigran-mkrtytchev-le-nouveau-directeur-du-musee-igor-savitsky/">Entretien avec Tigran Mkrtytchev, le nouveau directeur du musée Igor Savitsky</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/entretien-avec-tigran-mkrtytchev-le-nouveau-directeur-du-musee-igor-savitsky/">Entretien avec Tigran Mkrtytchev, le nouveau directeur du musée Igor Savitsky</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le nouveau directeur du musée Igor Savitsky, Tigran Mkrtytchev, a accordé une interview au projet Alter Ego. Il y parle de Tachkent dans les années 1970, des rumeurs qui ont couru sur la vente des collections du musée et des perspectives de développement de celui-ci.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 22 janvier 2021 par le média ouzbek <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2021/01/22/art/?utm_source=push&amp;utm_medium=telegram">Gazeta.uz</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noukous">Noukous</a>, capitale de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakistan">République du Karakalpakistan</a> intégrée à l’Ouzbékistan, se trouve le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Igor_Savitsky">musée Igor Savitsky</a>. Ce «&nbsp;Louvre des steppes&nbsp;» jouit d’une bonne réputation dans le pays et son nouveau directeur, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D0%BA%D1%80%D1%82%D1%8B%D1%87%D0%B5%D0%B2,_%D0%A2%D0%B8%D0%B3%D1%80%D0%B0%D0%BD_%D0%9A%D0%BE%D0%BD%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%D1%82%D0%B8%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Tigran Mkrtytchev</a>, est entré en fonction début janvier dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tigran Mkrtytchev a <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-louvre-des-steppes-ouzbek-se-trouve-un-nouveau-directeur/">remporté le concours international</a> chargé de sélectionner le nouveau directeur du musée Igor Savitsky, organisé en juillet 2019 par la <a href="https://acdf.uz/fr">Fondation pour le développement des arts et de la culture</a>, rattachée au ministère de la Culture d’Ouzbékistan.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses fonctions consistent notamment à initier un Conseil international pour l’étude de la collection du musée et à créer un Conseil d’administration réunissant des artistes, des représentants du monde politique et des hommes d’affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-louvre-des-steppes-ouzbek-se-trouve-un-nouveau-directeur/">Le “Louvre des steppes” ouzbek se trouve un nouveau directeur</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tigran Mkrtytchev est né en 1959 à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tver">Tver</a>, en Russie. Il a effectué ses études supérieures à la faculté d’histoire de l’Université de Tachkent. Dès 2017, il a dirigé le <a href="http://roerichsmuseum.ru/">musée Roerich</a> qui dépend du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/State_Museum_of_Oriental_Art">musée d’art des peuples de l’Orient</a> à Moscou. Il a été le commissaire de plus de 20 expositions aux musées d’art des peuples de l’Orient, Roerich, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_des_Beaux-Arts_Pouchkine">Pouchkine</a>, <a href="https://www.rem-mannheim.de/en/">Reiss-Engelhorn</a> à Mannheim, au <a href="https://www.metmuseum.org/">Metropolitan Museum</a>, ou encore au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Turkmen_Museum_of_Fine_Arts">musée des beaux-arts du Turkménistan</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’interview est disponible en intégralité <a href="https://www.youtube.com/watch?v=eSzwNGaUtjM">ici</a> (en russe) et les vidéos du projet Alter Ego <a href="https://www.youtube.com/c/AlterEgoUZ/featured">ici</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alter Ego&nbsp;: A Noukous se trouve rassemblée la deuxième plus grande collection d’avant-garde russe au monde, à la fois par le nombre d’œuvres que par leur importance artistique. Mais peu de personnes comprennent ce qu’est l’avant-garde. Pourriez-vous nous expliquer en bref ce que c’est et pourquoi elle a été interdite&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tigran Mkrtytchev</strong>&nbsp;: Pour vous l’expliquer brièvement, je devrais avoir reçu une formation spécifique sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avant-garde_russe">l’avant-garde russe</a>. En cinq minutes, je ne vous apprendrai rien sur l’avant-garde. Néanmoins, j’essaierai de vous faire part de mon point de vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez l’art russe des XVIIIème et XIXème siècles. A maints égards, il n’était pas orignal&nbsp;: les artistes russes avaient étudié en Italie ou en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fin du XIXème siècle et le début du XXème constituent un moment charnière, un changement d’époque, qui conduit à une très grande crise idéologique, frappant en premier lieu l’Europe et la Russie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78-1024x576.png" alt="Ouzbékistan Noukous Musée Igor Savitsky Kirill Altman" class="wp-image-47325" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78-1024x576.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78-768x432.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78-1300x731.png 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-78.png 1366w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Kirill Altman du projet Alter Ego devant le musée Igor Savitsky.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du XXème siècle apparaissent en Russie un certain nombre d’artistes, qui sous l’effet de quelque influence cosmique, ou plutôt d’influences sociales et idéologiques, commencent à penser autrement que leurs prédécesseurs. Ces derniers, à leur sortie de l’Académie des Beaux-Arts, étaient munis d’un excellent bagage artistique traditionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement de mentalité exigeait d’utiliser de nouvelles méthodes d’expression. Et ce sont ces nouvelles méthodes qui sont caractéristiques de l’avant-garde russe. C’est ici que réside le point le plus intéressant&nbsp;: tout ce qui s’est passé en Russie au début du XXème, aussi paradoxal que cela puisse être, a servi d’émulsion à l’ensemble de l’art mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/igor-savitsky-ou-la-passion-pour-lavant-garde-russe-en-plein-desert/">Igor Savitsky ou la passion pour l’avant-garde russe en plein désert</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons l’exemple le plus simple. Qui est l’artiste n° 1 aux États-Unis&nbsp;? <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassily_Kandinsky">Vassily Kandinsky</a>. Il y a un autre exemple d’artiste qui a quitté <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazan">Kazan</a> en 1922 pour les États-Unis&nbsp;: <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Fechine">Nikolaï Fechine</a>. Là-bas, il est devenu un peintre académique, classique de son vivant. Il n’était pas un avant-gardiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux simplement dire que la concentration de la créativité artistique en Russie avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kasimir_Malevitch">Kasimir Malevitch</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Larionov">Michel Larionov</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Chagall">Marc Chagall</a> était telle que le monde artistique d’aujourd’hui revient sans aucun problème à ces mêmes idées et œuvres en y voyant des innovations au XXIème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avant-garde russe a connu avant la Révolution une première vague, marquée par un bouillonnement artistique et une subversion de l’art établi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et après, il y a eu la Révolution de 1917, que les artistes ont accueillie par des acclamations. Pour eux, un nouveau monde s’ouvrait. A l’heure actuelle, bien sûr, cela paraît banal. Mais quand les anciens canons se sont effondrés et qu’il est devenu possible de s’exprimer de n’importe quelle façon, les artistes ont pensé que le temps était désormais venu où chacun pouvait s’exprimer ouvertement et comme bon lui semblait. C’est ce qu&rsquo;il s’est produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après quelques temps, la situation politique a changé. Les artistes qui pensaient que leur créativité était indispensable se sont retrouvés en dehors du cadre de l’art proclamé officiel, c’est-à-dire l’art académique. L’académisme a toujours existé, il n’a jamais disparu. L’avant-garde et l’académisme coexistent, comme des mondes parallèles. Et c’est normal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour autant que je sache, l’une des raisons pour lesquelles les avant-gardistes se sont retrouvés hors du cadre est qu’ils dessinaient ce qui n’existait pas. Or, il faut dessiner ce qui existe.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est comme affirmer que si l’on ne peut pas fredonner une mélodie, ce n’est déjà plus de la musique. Si quelqu’un dessine un ange, on peut lui demander : <em>« Mais vous avez vu des anges ? »</em> Peut-être que quelqu’un en a vu. Mais certainement pas moi. C’est pourquoi je ne me hasarderais pas à comparer un ange à un autre et à dire : « <em>Celui-ci est ressemblant, et celui-là non »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Union soviétique, on taxait l’avant-garde de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Formalisme">formalisme</a>. Et quand, en URSS, on s’est mis à parler de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alisme_socialiste">réalisme socialiste</a>, de réalisme en tant que tel, alors le formalisme, c’est-à-dire l’art pour l’art, est devenu superflu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inutilité a conduit à la question de savoir ce qu’est un artiste. Un tailleur coud une robe et la vend, mais l’artiste qui peint un tableau, qu’en fait-il&nbsp;? S’il ne le vend pas, il n’aura pas de quoi manger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/collection-igor-savitsky-mythes-et-perspectives/">Collection Igor Savitsky&nbsp;: mythes et perspectives</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les formalistes, ceux qui ne représentaient pas l’art officiel, sont restés en marge d’une démarche artistique qui ne relevait pas de l’histoire de l’art, mais de l’histoire politique.<strong> </strong>L’histoire de l’art s’est poursuivie avec le concours de ces artistes dits formalistes, et en parallèle une autre histoire de l’art se développait, à partir des portraits officiels, des portraits des champions de la production.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les avant-gardistes sont restés en marge. Plus tard, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Igor_Savitsky">Igor Vitaliévitch Savitsky</a> les a rassemblés. Il était de ceux qui comprenaient l’importance de ces peintres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Selon une opinion peu populaire, Igor Savitsky n’aurait pas été seul à rassembler la collection.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans aucun doute. Igor Vitaliévitch avait l’appui des autorités du Karakalpakistan. Et il avait même l’appui des autorités à Moscou, au ministère de la Culture de l’URSS : j’en suis sûr à 100 %.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69-1024x576.png" alt="Ouzbékistan Noukous Musée Igor Savitsky Tigran Mkrtytchev" class="wp-image-47327" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69-1024x576.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69-768x432.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69-1300x731.png 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-69.png 1366w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le nouveau directeur du musée expose sa vision de l&rsquo;avant-garde russe (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai vu Igor Savitsky deux fois dans ma vie. Je n’ai alors pas eu l’occasion de l’interroger sur la manière dont cela s’est passé. L’un des mythes veut qu’Igor Vitaliévitch ait réservé un compartiment dans le train Moscou – Tachkent, l’ait rempli entièrement de peintures, de toiles et de dessins et, muni de pain sec, de thé et d’eau, ait voyagé trois jours jusqu’à Noukous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, il est probable que personne n’ait aidé Igor Savitsky à transporter les œuvres. Les collaborations étaient plutôt intellectuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j’étais jeune étudiant et doctorant dans le milieu artistique, j’ai eu des contacts fréquents avec des artistes de Tachkent. Ils me montraient leurs travaux et l’un dit&nbsp;: <em>«&nbsp;Ce tableau, Igor Vitaliévitch l’a choisi pour Noukous&nbsp;»</em>. C’était comme un certificat. C’est ainsi que j’ai compris quel genre d’homme était Igor Savitsky.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A votre avis, selon quels critères les tableaux étaient-ils choisis&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je retiens une chose de mes conversations avec <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A0%D0%B5%D0%BC%D0%BF%D0%B5%D0%BB%D1%8C,_%D0%9B%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%80%D1%8C_%D0%98%D0%B7%D1%80%D0%B0%D0%B8%D0%BB%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87">Lazare Rempel</a> <em>(orientaliste et historien de l’art soviétique, spécialiste de l’Asie centrale où il avait été déporté en 1937, ndlr)</em>, c’est la spécificité de l’art. Une œuvre plaît ou ne plaît pas. C’est là le critère principal. Mais le jugement que l’on porte doit être d’un niveau professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Igor Vitaliévitch était un passionné, un homme de goût, doté d’une formation et d’un bagage excellents. Il était en contact avec les artistes à Moscou et à Léningrad. Le fils d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Nikola%C3%AFevitch_Volkov">Alexandre Volkov</a> <em>(artiste et poète russe de l’avant-garde qui a vécu à Tachkent, ndlr)</em> m’a raconté qu’Igor Savitsky avait aussi du charisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/a-la-recherche-des-oeuvres-perdues-comment-lart-et-le-patrimoine-ouzbeks-disparaissent/">À la recherche des œuvres perdues&nbsp;: comment l’art et le patrimoine ouzbeks disparaissent</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand Igor Savitsky est arrivé pour la première fois à Tachkent, il n’y connaissait personne. C’est le fils aîné d’Alexandre Volkov, Valéry, critique d’art et artiste, qui l’a accueilli. Il voyait en Igor Savitsky un homme qui accomplissait une tâche importante. Il a cru en Igor Vitaliévitch. C’est grâce à cette confiance que le musée abrite l’une des meilleures collections d’<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ural_Tansykbayev">Oural Tansykbaïev</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oural Tansykbaïev était un artiste «&nbsp;super-académique&nbsp;». Dans les années 1960-1970, il dessinait comme des milliers d’autres artistes. Valéry Volkov a convaincu Igor Savitsky de lui rendre visite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une légende selon laquelle Igor Savitsky ne voulait pas parce qu’il avait vu les dernières œuvres, peu intéressantes, d’Oural Tansykbaïev. Mais Valéry Volkov a dit qu’il y avait des œuvres peintes dans sa jeunesse. Igor Savitsky les a toutes emportées. Et maintenant, c’est cet Oural Tansykbaïev-là que nous connaissons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la nouvelle est arrivée qu’un Russe deviendrait directeur du musée, cela a suscité un débat&nbsp;: pourquoi un Russe, qu’a-t-il donc à faire là&nbsp;? On a commencé à chercher des obstacles. Mais vous avez étudié en Ouzbékistan. Pouvez-vous parler de cette époque&nbsp;? Non pas de vos études, mais de la vie en Ouzbékistan en ce temps-là.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan de ma jeunesse était un endroit remarquable. L’école d’archéologie y était très importante. Tachkent était connu pour la chaire d’archéologie de l’université de Tachkent, l’institut des sciences naturelles, la restauration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup d’artistes, de scientifiques et de représentants du monde de la culture vivaient à Tachkent dans les années 1970-1980 et j’ai ainsi pu avoir des contacts avec eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73-1024x576.png" alt="Ouzbékistan Noukous Musée Igor Savitsky Tigran Mkrtytchev Kirill Altman" class="wp-image-47328" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73-1024x576.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73-768x432.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73-1300x731.png 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-73.png 1366w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tigran Mkrtytchev et Kirill Altman dans le musée Igor Savitsky.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’atmosphère à Tachkent était extraordinaire. Je n’oublierai jamais les roseraies fantastiques. Les rosiers poussaient presque partout dans le centre de la ville, qui en était parfumée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais un excellent étudiant et j’ai terminé mes études à l’Université de Tachkent en décrochant un diplôme rouge <em>(l’équivalent de la mention très bien, ndlr)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai vécu dans différents quartiers de Tachkent. Je suis fier, notamment, d’avoir vécu dans le centre de la vieille ville. Je vivais au milieu de la <a href="https://www.google.com/maps/place/Farobi+Street,+Tashkent,+Ouzb%C3%A9kistan/@41.3461242,69.2015424,17z/data=!3m1!4b1!4m5!3m4!1s0x38ae8c04cb7df915:0x35426c122fba4cdf!8m2!3d41.3461242!4d69.2037311">rue Farobi</a> dans un quartier ordinaire, je faisais chauffer le poêle. L’eau et les commodités se trouvaient à l’extérieur. C’était une expérience intéressante. C&rsquo;était toute l’ambiance de la vieille ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens très bien des enseignants qui m’ont formé ici, en Ouzbékistan. Je me rappelle les préceptes qu’ils m’ont transmis. Parmi eux, la conservation de la tradition. Il me semble que mon retour est une manière de rendre hommage à mes enseignants et de faire mon possible pour honorer leur mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le jury vous a retenu parmi six candidats. Comment ces concours se passent-ils habituellement&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’appel aux candidatures pour la fonction de directeur est une pratique générale au niveau mondial, lorsque l’on a affaire à de grands musées célèbres. Le concours a permis à tous ceux qui le souhaitaient de faire acte de candidature, depuis n’importe quel endroit dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Fondation de la culture et de l’art, placée sous l’autorité du ministère de la Culture de l’Ouzbékistan, est de mon point de vue l’un des moteurs du développement de la culture en Ouzbékistan. Il a très bien organisé le concours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-louvre-de-la-steppe-comme-instrument-diplomatique-de-louzbekistan/">Le « Louvre de la steppe » comme instrument diplomatique de l’Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un de mes amis, qui figure parmi les éditeurs du magazine <em>Arts décoratifs</em>, Dmitri Grajévitch, a publié un post pour les lecteurs russes. Il y déclarait&nbsp;: « <em>Regardez, l’Ouzbékistan a lancé un appel à candidatures. La Russie, elle, continue à nommer ses directeurs de musées&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les prétendants, je me souviens d’un archéologue de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moynaq">Mouïnak</a>, Oktiabr Dospanov. Nous sommes amis. Quand nous nous sommes rencontrés, nous ne nous sommes pas considérés comme des concurrents. Il y avait des candidats venus d’Allemagne, du Kazakhstan, de Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai dû préparer un programme d’action. Tous les concurrents, arrivés au stade final, se sont présentés séparément. Ensuite, les points ont été attribués.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez signé un contrat d’une durée de quatre ans. Pour un musée, ce n’est pas beaucoup.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour vous, c’est une expérience dans votre vie professionnelle ou un projet à long terme&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est difficile à dire. En parcourant le musée, je me rends compte que le travail qui m’attend est considérable. Ma tâche consiste non seulement à faire évoluer le musée à partir de ce qu’il est aujourd’hui, mais aussi à assurer son développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me fixe pour mission d’essayer, pendant ce laps de temps, de susciter l’apparition d’un personnel d’encadrement auquel je puisse transmettre quelque chose. Je voudrais que dans quatre ans, il y ait une ou deux personnes, et même de préférence trois, auxquelles je puisse dire&nbsp;: <em>«&nbsp;L’un ou l’autre parmi vous peut continuer ce que j’ai entrepris&nbsp;»</em>. Et, si Dieu le veut, je serai prêt à travailler au musée encore quelque temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble que le musée de Noukous n’est pas le seul lieu nécessitant des efforts de la part des autorités ouzbèkes. De ce point de vue, les activités de la Fondation me paraissent très importantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi le ministère de la Culture ne s’occupe-t-il pas de cette question&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute structure d’État est par nature plus conservatrice dans son organisation et sa façon de travailler. Alors que la Fondation est plus progressiste. Elle dispose de plus de latitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que l’exposition consacrée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Koudriachov">Ivan Koudriachov</a>, qui aura lieu à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galerie_Tretiakov">galerie Tretiakov</a> en mai 2022, bénéficie d’un appui maximal de la Fondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vais proposer à la Fondation, et j’ignore dans quelle mesure cela l’intéressera, d’organiser à Noukous des biennales d’art contemporain, avec des artistes d’Ouzbékistan. Peut-être pas seulement d’Ouzbékistan, mais, éventuellement, de toute la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/boukhara-ancienne-capitale-de-lavant-garde-ouzbeke/">Boukhara, ancienne capitale de l’avant-garde ouzbèke</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, c’est un outil&nbsp;: nous attirons des artistes de différents pays dans un endroit où sont exposées des œuvres célèbres. Ces artistes ont ainsi une bonne occasion d’admirer les collections, de travailler dans ce décor, d’exposer leurs propres œuvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que patriote d’Ouzbékistan, je veux dire que le développement de la culture et de l’art dans le pays requiert de très gros efforts de la part de la Fondation et des dirigeants du pays. En effet, outre le fait que c’est le visage culturel du pays, c’est un vecteur potentiel pour le développement du tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est évidement difficile d’en parler maintenant, puisqu’en raison de la pandémie, le tourisme est tombé à zéro. Or, l’Ouzbékistan est attractif pour le tourisme. Mais pour que celui-ci se développe, il faut que le touriste voie des monuments correctement restaurés. Pas des monuments reconstruits. Qu’il soit accueilli par des guides aimables, que les expositions soient montrées comme il convient.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75-1024x576.png" alt="Ouzbékistan Noukous Musée Igor Savitsky Tigran Mkrtytchev" class="wp-image-47324" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75-1024x576.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75-768x432.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75-1300x731.png 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-75.png 1366w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">A l&rsquo;intérieur du musée Igor Savitsky.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, la Fondation mène une réforme dans les musées du pays, qui devra donner une impulsion au développement de la culture artistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quelles réformes s’agit-il ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En premier lieu, une loi sur le mécénat est en cours d’élaboration <em>(la loi a été <a href="https://lex.uz/ru/docs/4556125">signée</a> par le président <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> en octobre 2019, ndlr).</em> Le financement public n’est pas suffisant pour toute une série de musées. Il y a des gens riches, prêts à investir dans tel ou tel établissement ou projet culturel. Mais pour en retirer un bénéfice, ils doivent recevoir un avantage fiscal. Ceci pose tout un éventail de questions. Mais c’est la manière civilisée de procéder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Fondation a mis sur pied une nouvelle base de données électronique des musées d’Ouzbékistan.&nbsp;On a acheté le programme destiné aux musées, <a href="https://www.zetcom.com/en/museumplusclassic_en/">MuseumPlus</a>, à la société suisse Zetcom. Il est nettement meilleur que les programmes utilisés actuellement dans les musées d’Ouzbékistan. Et il est facile d’utilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce programme permet la création d’un catalogue électronique et d’une base de données pour les musées. C’est le fondement de tout musée. La base de données peut devenir accessible à chacun. C’est le type d’innovation qui peut développer la culture dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels seraient vos deux plus beaux musées du monde ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon point de vue ne reflète peut-être pas la réalité objective. Mais ce sont deux musées de rêve. Ils ne se ressemblent pas. Ils sont gigantesques&nbsp;: ce sont les musées de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_de_l%27Ermitage">l’Ermitage</a> et le Metropolitan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’enfance, l’Ermitage a été pour moi un endroit où je pouvais me plonger dans l’art sans jamais me noyer. En outre, j’y ai beaucoup d’amis. On m’a même demandé de travailler à l’Ermitage. Mais le climat à St-Pétersbourg est impossible. C’est le climat qui a vaincu. Parfois je le regrette. Mais pas très souvent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous l’intention d’inviter à travailler au musée Marinika Maratovna Babanazarova, qui y a été active pendant 30 ans&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je comprends que je suis ici en tant qu’administrateur et en tant que générateur d’idées. Je comprends aussi que personne mieux que <a href="https://qaraqalpaq.net/marinika-maratovna-babanazarova/">Marinika Maratovna</a> ne connaît la collection du musée de Noukous en ce moment et je ne suis même pas sûr que je la connaîtrai aussi bien après quatre années de travail ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi, certainement, je m’adresserai sans faute à Marinika Maratovna pour demander de l’aide. Nos relations sont amicales. Et quand elle a fait l’objet de certaines <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-celebre-musee-savitsky-menace/">attaques</a>, je peux dire que je me suis exprimé à la télévision russe pour la défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le musée Igor Savitsky a du prestige en Ouzbékistan. Mais il y a aussi les scandales, qui tournent essentiellement autour des aspects financiers. Ma question est intéressée&nbsp;: selon vous, combien peut coûter l’œuvre la plus chère&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut se référer au terme « inestimable&nbsp;». Cela ne veut pas dire qu’elles n’ont pas de prix, mais qu’elles n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation. Par exemple Alexandre Volkov, Oural Tansykbaïev, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lioubov_Popova">Lioubov Popova</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Falk">Robert Falk</a> l’ont été. En revanche, une grande quantité d’artistes exposés au musée ne sont pas sur le marché. Le prix n’est pas connu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous que certains tableaux ont réellement été vendus ou emportés&nbsp;? Ou s’agit-il de légendes&nbsp;? Des bruits courent selon lesquels personne ne peut apporter de preuves.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Iriez-vous voler des objets que vous ne pourriez jamais vendre&nbsp;? Certains disent que quelqu’un a copié tel tableau&#8230; Pour effectuer cette opération, il faut un spécialiste de l’artiste qui l’a peint. Et je l’écris en toutes lettres&nbsp;: en Ouzbékistan, il n&rsquo;y en a pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour vendre un tableau d’un artiste d’avant-garde peu connu, il faut que ce tableau suscite l’intérêt de quelqu’un. De qui&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/la-gestion-du-patrimoine-culturel-ouzbek-critiquee-par-lunesco/">La gestion du patrimoine culturel ouzbek critiquée par l’UNESCO</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les véritables amateurs de l’avant-garde n’achèteront pas un tableau volé, qu’ils ne pourront ni exposer ni revendre. Si vous avez un kilo d’or, vous pouvez le vendre n’importe où dans le monde. Mais si vous avez un diadème scythe en or, vous ne pourrez pas le vendre. On vous demandera immédiatement&nbsp;: <em>«&nbsp;Est-il authentique&nbsp;? Où l’a-t-on trouvé&nbsp;? Montre-moi l’endroit&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi toutes ces discussions sur des tableaux qui auraient disparu, été copiés, emportés, relèvent de ce type de mystifications qui se créent autour d’institutions telles que le musée de Noukous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A votre avis, pourquoi connaît-on et apprécie-t-on davantage le musée Igor Savitsky à l’étranger qu’en Ouzbékistan&nbsp;? Comment peut-on changer cette situation et que faut-il faire pour sensibiliser notre public&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est assez simple. Les actions à entreprendre pour donner suite à cette réponse simple sont, elles, très complexes et prendront beaucoup de temps. C’est l&rsquo;éducation. Seule une personne éduquée peut comprendre la signification de l’art d’avant-garde.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67-1024x576.png" alt="Ouzbékistan Noukous Musée Igor Savitsky Tigran Mkrtytchev Kirill Altman" class="wp-image-47326" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67-1024x576.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67-768x432.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67-1300x731.png 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Capture-decran-67.png 1366w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le nouveau directeur du musée est interviewé dans le cadre du projet Alter Ego (illustration). </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le niveau de préparation actuel du public et de la société en Ouzbékistan n’est pas suffisamment élevé. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas s’élever. Cela veut dire que nous, moi, la société ouzbèke, le monde scientifique de l’Ouzbékistan, devons travailler en ce sens. Pour ne pas être balayés par le flux des visiteurs, nous devons mettre en place des filtres compris de tout un chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Maintenant, les modèles de tableaux en 3D deviennent populaires.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les modèles en 3D n’ont pas de sens. Il s’agit d’œuvres en deux dimensions. Le modèle en 3D suppose que l’on puisse voir la face arrière des tableaux. Honnêtement, je n’ai pas l’intention de montrer à tous la face arrière des tableaux.&nbsp;C’est réservé aux spécialistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne l’utilisation d’Internet et la vision des tableaux en ligne, cela va de soi. Tout cela va se développer. Mais il faut aussi que le public se rende au musée.&nbsp;Il me semble que cela donnera une impulsion aux visites physiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/splendeurs-dasie-centrale-le-louvre-reporte-en-2022-la-premiere-grande-exposition-dart-ouzbek-en-europe/">« Splendeurs d’Asie centrale » : le Louvre reporte en 2022 la première grande exposition d’art ouzbek en Europe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une différence qualitative entre une bonne réception de l’art sur Internet, quand vous pouvez découper l’œuvre en petits morceaux et la regarder attentivement, et la situation qui se crée entre le visiteur et l’œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prévoyez-vous des travaux de rénovations dans le musée&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vais d’abord apporter une réponse de bureaucrate et d’administrateur, avant de passer à mes rêves. Les travaux de rénovation impliquent des moyens budgétaires. Et des exécutants qui effectuent un travail de qualité. Je parle en connaissance de cause. Il ne suffit pas de remporter un concours et d’exécuter les travaux, il faut une exécution de qualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour commencer les travaux, il faut réorganiser l’agencement des objets exposés. Un musée est une structure complexe. La collection est l’une des principales raisons d’être du musée. Pour comprendre comment réagencer les objets exposés, il faut établir une liaison entre les différents fonds. Et c’est seulement après que nous saurons précisément ce que contient le musée. C’est ainsi que nous aurons l’occasion de présenter une nouvelle collection.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>N’a-t-on jamais eu l’idée de transférer le musée dans la capitale, à proximité des nœuds de communication ? Noukous, c’est loin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai entendu cela à Tachkent. On me dit&nbsp;: <em>«&nbsp;Vous savez, c’est difficile de se rendre à Noukous. C’est un endroit perdu. On ne sait que faire. La logistique représente des maux de tête supplémentaires&nbsp;»</em>. Mais, de mon point de vue, il y a la magie du lieu. C’est un lieu chargé de spiritualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaaba">Kaaba</a>, par exemple, est éloignée. Les pèlerins y vont-ils&nbsp;? Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hajj">hajj</a> existe-t-il&nbsp;? Et personne n’a jamais dit&nbsp;: <em>«&nbsp;Transportons la Kaaba plus près d’un centre&nbsp;»</em>. On ne discute pas cette question. C’est pourquoi je suis favorable à ce que le musée reste ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’œuvre reflète-t-elle nécessairement une idée&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les artistes ont des personnalités diverses. Certains travaillent à partir d’une idée, d’autres à partir de ce qu’ils ressentent, de leurs émotions. L’un depuis le départ essaie de mettre une idée dans son art, l’autre dessine parce qu’il ne peut pas ne pas dessiner. Il n’est pas animé par une idée supérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/trois-nouvelles-expositions-ouzbekes-disponibles-sur-google-arts-culture/">Trois nouvelles expositions ouzbèkes disponibles sur Google Arts &amp; Culture</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’art abstrait est-il porté par une idée&nbsp;? Oui, mais dans un processus spontané. En grande partie.&nbsp;C’est pourquoi on revient à la question&nbsp;: <em>«&nbsp;cela me plaît-il ou cela ne me plaît-il pas ? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je connais beaucoup d’œuvres d’art contenant de grandes idées, mais qui ne me plaisent absolument pas. Et je connais une aussi grande quantité d’œuvres d’art dont on ne discerne pas l’idée, mais plutôt quelque chose d’insaisissable, qui fait dire que&nbsp;c’est une œuvre réussie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’art actuellement, c’est du commerce&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’art a toujours été du commerce. Il n’y a jamais eu de période pendant laquelle l’art n’était pas du commerce. Imaginez l’âge de pierre&nbsp;: un groupe réduit ne disposant pas de temps libre. Si vous aviez décidé de rester assis, le lendemain vous n’auriez plus eu à manger, et le feu se serait éteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce groupe, à un moment donné, apparaît un homme qui commence à dessiner sur les parois&nbsp;: non pas à chasser, à tailler la pierre, à coudre des vêtements à partir de peaux, mais à consacrer son temps à des choses complètement inutiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela veut dire que c’était utile. C’est l’explication la plus primitive. Cela signifie que dans ce groupe, les gens étaient prêts à nourrir cette personne oisive. C’est du commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Partout où l&rsquo;on fait des affaires, il y a moyen de gagner de l’argent. Pourriez-vous expliquer brièvement sur quoi se fondent les prix des œuvres d’art&nbsp;? Pourquoi deux bandes de différentes couleurs peuvent-elles coûter des sommes folles&nbsp;? Qu’est-ce que le peintre américain Rothko a créé de si spécial dans le tableau <em>No 1 (royal red and blue)</em> pour qu’on le vende 75 millions de dollars&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis allé voir une exposition consacrée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Rothko">Mark Rothko</a>. Je dois dire qu’elle ne m’a pas plu en raison de sa monotonie. Puis, à plusieurs reprises, j’ai vu des œuvres de Mark Rothko dans diverses expositions. La combinaison de couleurs qu’il propose frappe toujours par son originalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez comment les riches achètent des tableaux&nbsp;? <em>«&nbsp;Dans ma villa, ce sera agréable à regarder&nbsp;»</em>. Et c’est le cas. Je serais content d’avoir chez moi un petit tableau de Mark Rothko. Non pas en raison de son prix, mais parce qu’il donne une impulsion positive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut établir la comparaison suivante&nbsp;: quelqu’un vous sourit ou ne vous sourit pas. Peu importe qui il est : il vous sourit. Et cela vous est agréable, alors que vous ne le connaissez pas. La rencontre avec une œuvre d’art est du même ordre. Si vous recevez une impulsion en réponse, alors le prix commence à monter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment voyez-vous le musée à la fin de votre contrat&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si j’étais voyant, je dirais ceci&nbsp;: c’est un nouvel agencement des objets exposés, ce sont des collaborateurs qui comprennent ce qu’ils font, c’est la planification d’expositions plusieurs années à l’avance avec les principaux musées du monde, ce sont des programmes éducatifs qui attirent les jeunes de Noukous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a encore une idée complètement folle&nbsp;: j’aimerais que Noukous devienne la Mecque des chercheurs. Je pense que les autorités du Karakalpakistan et de l’Ouzbékistan feront en sorte d’attirer les chercheurs à Noukous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chercheurs créeront une image globale, à leur retour en Europe, en Amérique, en Russie. Comme les personnes cultivées qu&rsquo;elles sont, elles diront&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous avons effectué notre travail académique à Noukous&nbsp;»</em>. Et ce travail nous profitera également. Ce sera une contribution à notre musée.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Et quand, chez eux, ils commenceront à en parler, ils créeront mieux que les médias une réputation propice à la visite du musée et de Noukous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La ville sera-t-elle prête&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Que voulez-vous m&rsquo;entendre dire&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;J’espère qu’elle sera prête&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la réponse. Ce n’est pas pour demain. C’est pour après-demain. Demain nous commencerons à travailler, et après-demain, je pense, nous aurons fini.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Kirill Altman pour Gazeta.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2021/01/22/art/?utm_source=push&amp;utm_medium=telegram">du russe</a> par Michel Peetermans</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Mathilde Garnier</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Frontières : les raisons du conflit entre Tadjikistan et Kirghizstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clara Marchaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 10:09:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Frontière]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/frontieres-les-raisons-du-conflit-entre-tadjikistan-et-kirghizstan/">Frontières : les raisons du conflit entre Tadjikistan et Kirghizstan</a></p>
<p>Avec plus de 50 morts et des dizaines de milliers de déplacés, le conflit frontalier entre Tadjikistan et Kirghizstan a atteint une intensité rare. Dans une interview avec Novastan, le politologue tadjik Parviz Moullojonov décrit une situation sans solution depuis plus de 20 ans. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 3 mai [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/frontieres-les-raisons-du-conflit-entre-tadjikistan-et-kirghizstan/">Frontières : les raisons du conflit entre Tadjikistan et Kirghizstan</a></p>
<p><strong>Avec plus de 50 morts et des dizaines de milliers de déplacés, le conflit frontalier entre Tadjikistan et Kirghizstan a atteint une intensité rare. Dans une interview avec Novastan, le politologue tadjik Parviz Moullojonov décrit une situation sans solution depuis plus de 20 ans. </strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 3 mai par <a href="https://novastan.org/en/tajikistan/what-are-the-underlying-reasons-for-the-deadly-kyrgyz-tajik-border-clashes/?noredirect=en-GB">notre version anglaise</a>.</strong></p>
<p>Entre le 28 et le 30 avril 2021, la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan a été le théâtre de combats d’une violence inédite en Asie centrale depuis la chute de l’URSS en 1991. Si le déroulé exact des événements diffère selon les sources, le conflit aurait commencé entre villageois <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/affrontements-meurtrier-entre-le-tadjikistan-et-le-kirghizistan/">autour d’un réservoir le 28 avril</a>, situé sur la route kirghize reliant l’enclave tadjik de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vorukh">Vorukh</a> au Tadjikistan. Les affrontements entre communautés ont dégénéré en combats ouverts entre les forces armées des deux pays le jour suivant. </p>
</p>
<p>Depuis le 4 mai, date du dernier décompte, les autorités kirghizes déplorent 36 morts relaie l<a href="https://kloop.kg/blog/2021/05/04/odnim-kadrom-na-tsentralnoj-ploshhadi-v-oshe-prochli-molitvu-po-pogibshim-v-konflikte-na-kyrgyzsko-tadzhikskoj-granitse/">e média kirghiz Kloop</a>, dont une fillette, 189 blessés et plus de 27 300 personnes évacuées. État autoritaire et fermé, le Tadjikistan est resté muet jusqu'au 6 mai, où 19 victimes et 87 blessés ont été officiellement recensées, décrit <a href="https://rus.ozodi.org/a/31240479.html">Radio Ozodi</a>, la branche tadjike du média américain Radio Free Europe. Après un premier cessez-le-feu qui n’a pas tenu, les leaders des deux pays seraient parvenus à un accord de délimitation . . .</p>

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		<title>L’art sans frontière : Nourlan Duichobekov, « l’artiste au café » de Bichkek</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sezimarynova]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Mar 2021 16:10:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Café]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Nourlan Duichobekov]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lart-sans-frontiere-nourlan-duichobekov-lartiste-au-cafe-de-bichkek/">L’art sans frontière : Nourlan Duichobekov, « l’artiste au café » de Bichkek</a></p>
<p>Nourlan Duichobekov est un graphiste et illustrateur kirghiz. Étudiant en graphisme à l‘École des hautes études en sciences économiques à Moscou, ses œuvres ont été exposées à Almaty, Londres, New&#160;York ainsi qu‘à Los&#160;Angeles, lors d’un festival sur le thème du café. Portrait. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 12 janvier 2021 par [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lart-sans-frontiere-nourlan-duichobekov-lartiste-au-cafe-de-bichkek/">L’art sans frontière : Nourlan Duichobekov, « l’artiste au café » de Bichkek</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lart-sans-frontiere-nourlan-duichobekov-lartiste-au-cafe-de-bichkek/">L’art sans frontière : Nourlan Duichobekov, « l’artiste au café » de Bichkek</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourlan Duichobekov est un graphiste et illustrateur kirghiz. Étudiant en graphisme à l‘École des hautes études en sciences économiques à Moscou, ses œuvres ont été exposées à Almaty, Londres, New&nbsp;York ainsi qu‘à Los&nbsp;Angeles, lors d’un festival sur le thème du café. Portrait.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 12 janvier 2021 <a href="https://novastan.org/de/kirgistan/kunst-ohne-grenzen-der-kaffeekuenstler-nurlan-dueyschoebekow-aus-bischkek/">par notre version allemande.</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dimanche matin, une agréable odeur de café et croissants chauds accompagnée d&rsquo;une musique lounge se répand aux alentours d’un café de Bichkek, la capitale du Kirghizstan. Nourlan Duichobekov affiche un léger sourire plein de chaleur et de tranquillité. C’est un jeune garçon aux yeux couleur café, qui passe inaperçu au premier regard. Pourtant, le feu ardent de l’art brûle en lui.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Il boit lentement une gorgée de café et raconte son quotidien d’une voix posée. «&nbsp;<em>Le matin, je me lève et je vais travailler, le soir, j’étudie en ligne. Dit comme ça, ça semble ennuyeux, mais ça me plaît</em>&nbsp;», explique-t-il à Novastan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« </em><strong>Mon père est mon modèle </strong><em>»</em><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nourlan Duichobekov n’a pas étudié la peinture, mais son père, Duichobek Kapassovitch Alaïev, a enseigné de 1992 à 2006 à l’Académie des arts de la République kirghize. En 2001, il y est nommé professeur associé. Il était aussi artiste&nbsp;; il peignait des paysages dans son atelier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Enfant, j’ai grandi dans une atmosphère créative, j’étais en contact avec les étudiants et j’avais l’habitude de voir les couleurs sur leurs toiles et leurs mains dans les couloirs spacieux de l’Académie. Mon père était ma plus grande inspiration »</em>, raconte Nourlan Duichobekov, nostalgique, tandis que la neige tombe doucement contre la fenêtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2006, Nourlan Duichobekov perd son père et arrête de peindre. Quatre ans plus tard, il commence des études à l’Université kirghize d&rsquo;économie. Au cours d’un stage en fiscalité, il se rend compte qu’il n’a plus envie de suivre cette voie. <em>«&nbsp;À l’époque, les gens de mon âge étudiaient la finance ou l’économie, tout le reste était considéré comme illégitime. Aujourd’hui, les jeunes réfléchissent davantage avant de choisir un métier, mais je ne regrette pas mes études. D’une certaine manière, ça a été une expérience utile&nbsp;»</em>, décrit le jeune homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De l’économie à l’art</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme la plupart des jeunes de la capitale kirghize, Nourlan Duichobekov a commencé à travailler à temps partiel pendant ses études. Employé à la chaîne de cafés <a href="http://www.sierra.kg/">Sierra Coffee</a>,&nbsp;il s’est intéressé pour la première fois au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Latte_art">latte art</a>. Dans cette atmosphère chaleureuse et confortable, avec chaque jour de nouveaux visages, il a une idée assez inhabituelle et farfelue&nbsp;: utiliser le café comme une couleur. Pendant son temps libre, il commence à peindre sur papier avec du café. «&nbsp;<em>J’ai d’abord essayé avec du café expresso, puis avec d’autres sortes. Finalement, c’est le café instantané bon marché qui m’a convenu le mieux&nbsp;»</em>, se rappelle-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pris dans sa routine, le jeune artiste n’a montré ses œuvres à personne pendant longtemps. La peinture n’était qu’un loisir&nbsp;; il peignait pour lui, car c’était quelque chose qui lui apportait du calme et de la joie. Jusqu’au jour où un collègue remarque son travail et y voit un immense potentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Lorsque mon chef a appris ma passion, il m’a gentiment proposé de faire une exposition dans le café, ce que j’ai catégoriquement refusé. Il a continué à m’en parler, jusqu’à ce que je cède. L’exposition a été une première expérience. J’étais nerveux, mais au fur et à mesure que les gens venaient me dire qu’ils trouvaient mes peintures très belles, une joie incommensurable grandissait en moi</em> », décrit l&rsquo;artiste en herbe. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nourlan Duichobekov est ensuite devenu de plus en plus actif dans le monde de l’art. Par une chaude journée de mai 2018, il participe à la «&nbsp;Nuit des musées&nbsp;», un grand évènement socioculturel, et découvre que d’autres personnes utilisent le café pour peindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>J’aime peindre avec le café, c’est un produit qui véhicule chaleur et réconfort. Aujourd’hui, il n’existe aucune frontière, censure, interdiction ou exigence. L’aquarelle et la gouache ne sont plus les seules options&nbsp;; les gens utilisent des moyens moins conventionnels, comme la cannelle, le sucre, la résine, etc</em>.&nbsp;», raconte «&nbsp;l’artiste au café&nbsp;» de sa voix calme caractéristique, tandis que ses tableaux, posés sur la table, reflètent ses pensées. Sur l’un d’eux, son grand-père est assis sur un banc, l’air particulièrement pensif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un succès international</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, le jeune artiste participe à un <a href="https://www.coffeeartproject.com/TheCollection">concours d’art international</a> sur le thème du café et ses tableaux sont d’abord exposés à New York et Los Angeles, puis à Londres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que le numérique se développe, Nourlan Duichobekov s’intéresse aussi à l’infographie et au design. Il a notamment créé des affiches, des brochures, et d’autres supports publicitaires pour un café de Bichkek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;artiste a obtenu un diplôme de graphisme à Bichkek et prépare maintenant son Master en graphisme à l&rsquo;<a href="https://www.hse.ru/en/">École des hautes études en sciences économiques</a>. «&nbsp;<em>Le programme de mon cursus universitaire a radicalement changé depuis le début de mes études. L’infographie est une orientation assez nouvelle au Kirghizstan</em> », commente Nourlan Duichobekov. D’après lui, c’est un domaine qui intéresse bien plus à Moscou qu’au Kirghizstan.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/happiness-768x1024-1.jpg" alt="Nourlan Duichobekov Peintre Kirghizstan Café" class="wp-image-43980" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/happiness-768x1024-1.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/happiness-768x1024-1-225x300.jpg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/happiness-768x1024-1-600x800.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>« Nos grands-parents ont traversé tellement d’épreuves, et pourtant ils arrivent à garder le sourire et à savourer les plaisirs simples » – Tableau « Bonheur » de Nourlan Duichobekov.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nourlan Duichobekov intervient aussi occasionnellement en tant qu’artiste sur différents projets. Il a eu l’occasion de participer à un <a href="https://www.unicef.org/kyrgyzstan/stories">projet de l&rsquo;UNICEF</a> sur la protection des droits des enfants migrants, pour lequel il a illustré une série de livres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les histoires de ces jeunes sont si intenses, leur douleur est celle d’un adulte&nbsp;», </em>raconte l’artiste, le regard plein de tristesse, en terminant son café. Nourlan Duichobekov s’est également chargé <a href="https://roza.kg/books/foundation-publishing">de l’illustration d’un livre</a> sur la vie de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%B5%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%B8%D0%B5%D0%B2,_%D0%9C%D1%83%D1%80%D0%B0%D1%82%D0%B1%D0%B5%D0%BA_%D0%90%D0%BA%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Mouratbek Begalijev</a>, un grand compositeur et fondateur du Conservatoire national kirghiz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong>J’étais plus proche de ma mère</strong> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2018, la mère de Nourlan Duichobekov disparaît à son tour, c’est un autre tournant dans la vie de l&rsquo;artiste. «&nbsp;<em>J’étais plus proche de ma mère, c’est elle qui m’a principalement élevé. Elle ne m’a jamais empêché de faire quoi que ce soit et a encouragé mes aspirations artistiques. Après la mort de mon père, c’est la seule qui s’est occupée de moi</em>&nbsp;», explique-t-il. «&nbsp;<em>C’est grâce à elle que je vis de l’art aujourd’hui</em>&nbsp;», décrit Nourlan Duichobekov. Après le décès sa mère, le jeune dessinateur a fait une pause dans ses créations, et n’a repris que récemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ce que je préfère, c’est peindre des portraits de personnes âgées. C’est dans leurs regards qu’on voit la vraie vie. Nos grands-parents ont traversé tellement d’épreuves, et pourtant ils arrivent à garder le sourire et à savourer les plaisirs simples</em>&nbsp;», décrit Nourlan Duichobekov. Il est d’ailleurs tout à fait possible que le peintre fasse un jour le portrait de ses propres parents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nourlan Duichobekov voulait partir travailler en République tchèque, mais la pandémie s’est mise en travers de son projet. Il a donc accepté un emploi chez Light Creative Studio, ce qu’il ne regrette absolument pas. «&nbsp;<em>Mon salaire n’est pas très élevé, mais j’adore ce que je fais, et je suis très épanoui dans mon travail</em> », décrit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;</em><strong>La peinture me calme</strong><em> »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La peinture est mon activité favorite, je peux peindre à genoux, émotionnellement loin de tout. La peinture me calme&nbsp;»</em>, explique-t-il. Avec ses tableaux, il veut montrer le vrai Kirghizstan. Il se sert ainsi de thèmes et éléments traditionnels de la culture kirghize, notamment de films, vidéos et paysages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais on retrouve aussi des figures historiques dans les tableaux du jeune artiste, comme la danseuse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bubusara_Beyshenalieva">Boubousara Beychenalieva</a>, l’écrivain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchinguiz_A%C3%AFtmatov">Tchinguiz Aïtmatov</a> ou l’actrice <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tattyb%C3%BCb%C3%BC_Tursunbayeva">Tattybübü Toursounbayeva</a>. Il peint aussi les héros de ses films et livres préférés, comme Duyshon, personnage de l’œuvre&nbsp;<a href="https://www.babelio.com/livres/Aitmatov-Le-premier-maitre/971605"><em>Le Premier Maître&nbsp;</em></a>de Tchinguiz Aïmatov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre les travaux de son père, Nourlan Duichobekov adore aussi les œuvres de l’acteur et artiste kirghiz <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sou%C3%AFmenkoul_Tchokmorov">Souïmenkoul Tchokmorov</a>. «&nbsp;<em>J’aime les tableaux de Tchokmorov. Il peint des gens, des éléments de paysage et il transmet des valeurs familiales ainsi que les émotions des gens</em>&nbsp;», décrit le jeune artiste.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="724" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Фото-724x1024-1.jpg" alt="Nourlan Duichobekov Peintre Kirghizstan Café" class="wp-image-43981" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Фото-724x1024-1.jpg 724w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Фото-724x1024-1-212x300.jpg 212w" sizes="auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px" /><figcaption>Nourlan Duishobekov, portrait de la ballerine Boubousara Beychenalieva (1926-1973).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les tableaux de Nourlan Duichobekov, les thèmes de l’amitié sincère, de la maternité, de l&rsquo;enfance insouciante, de l&rsquo;éducation paternelle et du véritable amour sont également présents. Les tableaux de café ont une surface brillante inhabituelle et un parfum agréable, séduisant.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Si je devais choisir une seule chose à changer dans mon pays, ce serait la conscientisation de mes compatriotes. Le monde entier traverse une période difficile, mais si nous vivions dans une société plus humaine, tout pourrait être mieux. J’ai vu des adultes, des personnes indépendantes, vendre leurs voix pour 2&nbsp;000&nbsp;soms </em>[environ 20&nbsp;euros, ndlr]<em> lors du vote. Ça m’a déchiré le cœur&nbsp;»</em> dit-il, faisant référence à l’achat de voix massif lors des <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/legislatives-au-kirghizstan-des-partis-pro-gouvernement-remportent-des-elections-sales/">élections législatives d’octobre 2020</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, l’artiste reste optimiste et constate un changement d’attitude des Kirghiz envers l’art. Au cours des trois dernières années, les artistes sont mieux appréciés dans la société. «&nbsp;<em>Avant, les gens pensaient que l’art devait être gratuit, mais ils comprennent de plus en plus le travail et le temps que cela représente</em>&nbsp;», explique Nourlan Duichobekov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les artistes sont également plus en dialogue avec la société. «&nbsp;<em>La plupart des artistes sont introvertis. Je pense qu’ils doivent s’ouvrir au monde, indépendamment de comment la société les accepte eux et leur travail. Je souhaite rester vivre dans mon pays, développer mon art et participer à l’évolution positive de notre société</em> », conclut Nourlan Duichobekov</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Sezim&nbsp;Arynova<br>Rédactrice pour Novastan à Bichkek</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://novastan.org/de/kirgistan/kunst-ohne-grenzen-der-kaffeekuenstler-nurlan-dueyschoebekow-aus-bischkek/">de l&rsquo;allemand</a> par Anne-Claire Nourian</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Anne Pouzargues</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Khourched Moustafoïev veut incarner le nouveau visage du théâtre tadjik</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christine Wystup]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 10:21:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Khourched Moustafoïev]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/khourched-moustafoiev-veut-incarner-le-nouveau-visage-du-theatre-tadjik/">Khourched Moustafoïev veut incarner le nouveau visage du théâtre tadjik</a></p>
<p>Au début de l’année 2021, le ministère de la Culture tadjik a nommé Khourched Moustafoïev à la direction du théâtre d’État Maïakovski de Douchanbé. Cet acteur, metteur en scène et scénographe, travaille depuis 20 ans avec la troupe du théâtre. Interview d’une figure contemporaine de la culture tadjike. C’est une nomination d’importance. Au début du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au début de l’année 2021, le ministère de la Culture tadjik a nommé Khourched Moustafoïev à la direction du théâtre d’État Maïakovski de Douchanbé. Cet acteur, metteur en scène et scénographe, travaille depuis 20 ans avec la troupe du théâtre. Interview d’une figure contemporaine de la culture tadjike.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une nomination d’importance. Au début du mois de février dernier, <a href="https://teatrmayak.000webhostapp.com/actor.php?id=hurshed_mustafoev">Khourched Moustafoïev</a> a été nommé directeur du théâtre d’État Maïakovski de Douchanbé, la capitale tadjike, comme l’a relevé <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20210209/chto-nameren-izmenit-v-teatre-mayakovskogo-novii-glavnii-rezhisser-hurshed-mustafoev">le média tadjik Asia-Plus</a>. Membre de la troupe du théâtre depuis 2001 et son rôle de Caligula dans la pièce d’Albert Camus, Kourched Moustafoïev a été successivement acteur, metteur en scène et scénographe.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses spectacles, très contemporains et originaux, pourraient donner au théâtre tadjik une grande modernité. Son principal objectif&nbsp;: par un regard très actuel sur des œuvres variées, développer la place et le rôle du théâtre dans la culture tadjike à la fois traditionnelle et contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan&nbsp;:</strong> <strong>Avez-vous commencé votre carrière comme acteur, ou immédiatement comme acteur et metteur en scène&nbsp;?</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khourched Moustafoïev&nbsp;:</strong> En 1995, après avoir terminé mes études secondaires, je me suis inscrit à l&rsquo;institut des arts pour entrer à la faculté d&rsquo;acteur. Et j&rsquo;ai travaillé après avoir obtenu mon diplôme au théâtre tadjik en tant qu&rsquo;acteur. J&rsquo;ai commencé ma carrière de metteur en scène un peu plus tard. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-bichkek-le-theatre-se-reinvente/"><strong>A Bichkek, le théâtre se réinvente</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était d’abord un intérêt pour cette profession,&nbsp;j&rsquo;ai essayé de réaliser mes fantasmes, puis c&rsquo;est devenu une véritable passion, et maintenant c&rsquo;est une profession. Bien que je n&rsquo;aie pas de formation de metteur en scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réalisez-vous également les scénographies des spectacles que vous montez&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis toujours, j&rsquo;aime dessiner. Avant de mettre en scène des spectacles, j&rsquo;ai commencé à m&rsquo;essayer en tant qu&rsquo;artiste dans des productions de spectacles. J&rsquo;inventais des costumes et des décors pour des spectacles. Quand j&rsquo;ai commencé à mettre en scène des spectacles moi-même, j&rsquo;ai toujours tenu à m’occuper aussi de la scénographie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont vos objectifs pour le théâtre Maïakovski&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai un seul but : trouver le théâtre qui me correspond. Bien que j&rsquo;aie déjà formé mon propre style, sur lequel je travaille, je veux en explorer plusieurs autres et m&rsquo;arrêter sur un pour aller plus loin dans cette direction et emmener l’équipe du théâtre derrière moi. Je veux que notre théâtre devienne le nouveau visage du théâtre tadjik !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos</strong> <strong>dernières mises en scène sont très modernes, contemporaines, comme celle d&rsquo;Hamlet, par exemple.&nbsp; Ce genre de mises en scène est une orientation nouvelle pour le théâtre tadjik, pensez-vous privilégier cette modernité&nbsp;?</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="522" height="514" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/2-2.jpg" alt="Hamlet Khourched Moustafoïev Théâtre Maïakovski Tadjikistan Douchanbé" class="wp-image-43930" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/2-2.jpg 522w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/2-2-300x295.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 522px) 100vw, 522px" /><figcaption>La mise en scène d&rsquo;Hamlet, par Khourched Moustafoïev.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime beaucoup le théâtre classique, mais il est essentiel pour moi de le travailler dans un style moderne. J&rsquo;aime mélanger le classique et le moderne. Et je pense que je vais continuer en ce sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous</strong> <strong>avez fait une longue tournée en Russie avec la pièce Hamlet, pensez-vous faire d’autres tournées dans des pays russophones&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que toute personne créative aime partir en tournée. Je veux que davantage de pays voient nos créations théâtrales, je veux qu&rsquo;ils apprennent à connaître notre pays, notre peuple, notre culture. Et je veux nouer des relations avec des artistes d&rsquo;autres pays. Donc on fera des tournées avec un grand plaisir. Bien sûr, cela ne dépend pas que de nous. J&rsquo;espère que nous serons soutenus et que nous voyagerons plus souvent. Je voudrais montrer nos performances non seulement dans les pays russophones, mais aussi dans des pays européens et orientaux, par des tournées ou en participant à des festivals.</p>







<p class="wp-block-paragraph"><em>Ci-dessus, un extrait vidéo d&rsquo;Hamlet lors de la tournée en Russie.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous alterner les spectacles en russe et en persan&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai déjà monté des spectacles en plusieurs langues à la fois, les acteurs parlaient deux ou trois langues dans les spectacles. J&rsquo;ai parfois monté le même spectacle en russe et en persan en même temps. J&rsquo;aime ça. Je pense que je vais encore mettre en scène des spectacles en plusieurs langues. Pour autant, les spectacles seront plus souvent en russe, puisque le théâtre est russe. J&rsquo;aime créer nos histoires orientales en russe, cela est à la fois très poétique et inhabituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel genre d&rsquo;auteurs, de répertoires vous attire particulièrement&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime les pièces qui me touchent, l&rsquo;auteur n&rsquo;a pas d&rsquo;importance. L&rsquo;essentiel est que l&rsquo;œuvre soit intéressante. J&rsquo;aime beaucoup quand je parviens à me projeter dans des pièces de théâtre, ou que je ressens un lien avec elles, je suis alors motivé pour travailler sur ces pièces.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="711" height="752" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/3-2.jpg" alt="Khourched Moustafoïev Théâtre Maïakovski Tadjikistan Douchanbé" class="wp-image-43929" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/3-2.jpg 711w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/3-2-284x300.jpg 284w" sizes="auto, (max-width: 711px) 100vw, 711px" /><figcaption>Nuit au théâtre,  d’après l&rsquo;œuvre de Tchekhov.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous montez actuellement une pièce pour enfants, pensez-vous donner une place importante au théâtre enfants sous la forme d’ateliers ou de cours de théâtre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas facile de mettre en scène des spectacles pour enfants. Pour autant, j&rsquo;aime beaucoup les enfants et je monte souvent des spectacles pour eux, avec beaucoup de soin. Les enfants ne peuvent pas être trompés et ils sont difficiles à convaincre. </p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime bien les contes colorés pour enfants. En plus du théâtre, je travaille toujours dans des écoles, je fais des ateliers théâtre avec eux, et c&rsquo;est tout simplement merveilleux de travailler avec les enfants.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="547" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/4-2.jpg" alt="Khourched Moustafoïev Théâtre Maïakovski Tadjikistan Douchanbé" class="wp-image-43928" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/4-2.jpg 720w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/4-2-300x228.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption>Frère Lee et frère Kol, une pièce pour enfants, mise en scène Khourched Moustafoïev, 2021.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Théâtre Maïakovski a été détruit en 2016 et est actuellement en cours de reconstruction. Cette rénovation permettra-t-elle aux acteurs de travailler dans de meilleures conditions&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2016, le bâtiment de notre théâtre-maison a été démoli et nous avons vécu ça très douloureusement. Mais nous travaillons, continuons, créons et vivons. Bientôt, nous aurons notre nouveau théâtre, il est en construction. Nous attendons avec impatience le jour où nous nous y installerons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-le-theatre-ilkhom-sauve-mais-pousse-a-demenager-temporairement/"><strong>Le théâtre Ilkhom sauvé mais poussé à déménager temporairement</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec quels partenaires culturels tadjiks ou étrangers pensez-vous travailler&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous travaillons souvent avec le centre culturel Bactria et chaque année nous mettons en scène des pièces d&rsquo;auteurs français lors d&rsquo;évènements liés à la culture française. Et j&rsquo;espère vraiment que notre amitié et notre coopération dureront longtemps. On voudrait, bien sûr, coopérer avec beaucoup d&rsquo;autres organismes, je pense qu&rsquo;ils vont aussi nous prêter attention, et que nous pourrons travailler avec eux et développer notre coopération.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Amal Khanoum Gadjieva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Entretien préparé par Christine Wystup</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le timide printemps des médias ouzbeks</title>
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		<dc:creator><![CDATA[jduvernet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Nov 2020 11:44:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Nikita Makarenko]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-timide-printemps-des-medias-ouzbeks/">Le timide printemps des médias ouzbeks</a></p>
<p>Avec l’apparition de médias en ligne et blogueurs, le paysage médiatique ouzbek connaît un certain renouveau et expérimente une liberté de ton dont les principales limites restent l’autocensure et l’immobilisme des médias traditionnels. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 10 juin 2020 par le média centrasiatique Central Asian Analytical Network. À son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-timide-printemps-des-medias-ouzbeks/">Le timide printemps des médias ouzbeks</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec l’apparition de médias en ligne et blogueurs, le paysage médiatique ouzbek connaît un certain renouveau et expérimente une liberté de ton dont les principales limites restent l’autocensure et l’immobilisme des médias traditionnels.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 10 juin 2020 par le média centrasiatique </strong><a href="https://caa-network.org/archives/19930?fbclid=IwAR0Z5R7HiJeYvDYIJ8L1-mgaWxyssKdskZIk4GtsnzVEa_yAFZIB_bLraeU"><strong>Central Asian Analytical Network</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée au pouvoir en décembre 2016, <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, président de la République d&rsquo;Ouzbékistan, avait lui-même appelé les médias à montrer davantage d’indépendance et d’esprit critique dans leur traitement de l’information, rompant ainsi avec la censure officieuse mais sévère qui prévalait jusque-là.&nbsp;</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikita Makarenko, correspondant de la chaîne télévisuelle Uzreport TV et auteur de la chaîne Telegram <a href="https://ttttt.me/makarenko_channel">« L&rsquo;effet Makarenko »</a>, revient sur les transformations du secteur ainsi que sur les enjeux actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Central Asian Analytical Network : Comment décririez-vous l’état des médias en Ouzbékistan aujourd&rsquo;hui ? Quelles sont les publications qui dominent le marché ? Que privilégie le grand public : médias d’État, médias privés ou blogueurs ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nikita Makarenko :</strong> Le marché des médias en Ouzbékistan aujourd&rsquo;hui ressemble à un bazar assez animé dans lequel ont commencé à apparaître des budgets publicitaires importants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le président précédent, <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a> (1989-2016), les médias étaient un domaine aussi stérile que l’est l<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Barsa-Kelmes">&lsquo;île de Barsa-Kelmes</a>, toute plate au milieu du sel de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d&rsquo;Aral</a> asséchée. En réalité, on ne pouvait survivre qu&rsquo;en passant inaperçu. Celui qui relevait la tête risquait de se la faire couper. La profession de journaliste n&rsquo;était pas considérée comme prestigieuse et n&rsquo;était pas bien payée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, ces trois dernières années, la situation s&rsquo;est mise à changer, lentement, mais de manière radicale.&nbsp; Les médias historiques redoublent d&rsquo;activité. Les hommes d’affaires considèrent avec intérêt le marché, en particulier les chaînes télévisuelles et les médias en ligne. L’argent a commencé à stimuler le marché. En d’autres termes, ce n&rsquo;est plus un désert de sel mais un bazar bruyant et en ébullition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des problèmes fondamentaux aujourd&rsquo;hui reste la qualification des journalistes et leur encadrement. On imagine aisément que, ces dernières années, personne ne se donnait la peine de former les journalistes. Ces derniers n&rsquo;avaient aucun endroit pour acquérir de l&rsquo;expérience, aucun rôle modèle, et les plus talentueux sont partis. Aujourd&rsquo;hui, cette absence de talents est un handicap sérieux pour le développement du marché. À partir de 2020, des départements de journalisme vont ouvrir à nouveau dans les universités. Cela permettra sans doute de contribuer à cet enjeu de qualification.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-les-medias-etrangers-ont-pu-couvrir-louzbekistan-malgre-les-blocages/"><strong>Comment les médias étrangers ont pu couvrir l’Ouzbékistan malgré les blocages</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je serais pour ma part heureux d&rsquo;enseigner, mais, pour le moment, aucun des établissements d&rsquo;enseignement supérieur de mon pays n&rsquo;a souhaité me proposer une chaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ma connaissance, aucune enquête sérieuse sur l&rsquo;audience des médias n&rsquo;a été effectuée en Ouzbékistan. Cependant, Internews a publié récemment les résultats d&rsquo;un sondage intéressant. Il en ressort qu&rsquo;une écrasante majorité des sondés, quel que soit l&rsquo;âge, préfère la télévision. C&rsquo;est deux ou trois fois plus que pour Internet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, l&rsquo;essor de la presse ouzbèke sous le président Chavkat Mirzioïev est lié aux médias en ligne,&nbsp; et uniquement à ces derniers. Ce sont ces médias qui ont lancé de premières enquêtes courageuses, faisant souffler pour la première fois le vent de la liberté, et entraînant jusqu’à aujourd’hui un bouillonnement et une effervescence intellectuelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au contraire, la télévision reste une ressource assez stérile soumise aussi bien à la censure d’État qu&rsquo;à l&rsquo;autocensure.&nbsp; Seules une ou deux chaînes privées se permettent jusqu&rsquo;à un certain point d&rsquo;aborder des thèmes sensibles devenus déjà familiers pour les internautes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les blogueurs et leur popularité grandissante sont aussi un trait caractéristique de l&rsquo;Ouzbékistan actuel. Ils jouissent d&rsquo;un grand capital de confiance chez leurs lecteurs, parce qu&rsquo;ils sont souvent les premiers à révéler les affaires sensibles de corruption, de criminalité, d&rsquo;arbitraire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vrais sujets d&rsquo;actualité sont souvent traités par les blogueurs avant de pouvoir l’être par les médias en ligne. De plus, ces derniers ayant conservé des formes d’autocensure, certains sujets sensibles seront écartés et feront uniquement l’objet de publications dans&nbsp;la blogosphère. A contrario, il faut également souligner le fait que les blogueurs ont tendance à donner des informations non vérifiées et contradictoires, manipulant ainsi leurs lecteurs. Les publications téléguidées, instrumentalisées politiquement ne sont pas rares.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le président Chavkat Mirzioïev a appelé les médias à être plus critiques. Quelles sont les critiques que l&rsquo;on entend le plus dans les pages des grands médias, à qui s&rsquo;adressent-elles et sur quels sujets principaux portent-elles ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias sur Internet sont critiques sur un très&nbsp;large éventail de thèmes, à l’inverse de leurs collègues de la télévision, radio et presse écrite. Il est possible sans trop de risques pour les auteurs de critiquer les fonctionnaires jusqu&rsquo;au rang de ministre, les responsables des régions et des villes, les députés, les sénateurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les échelons plus élevés du pouvoir, la critique est plus rare. À ces niveaux-là, on trouve toujours un certain degré d&rsquo;autocensure. Mais sinon, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;obstacles particuliers. Dans la mesure de leurs possibilités et de leur courage, les médias critiquent les hommes d’affaires, les entreprises publiques, la politique intérieure et extérieure. Les gouverneurs des provinces (<em>hokims</em>) sont plus souvent que d&rsquo;autres en ligne de mire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-media-fergana-au-bord-de-la-fermeture/">Le média Fergana au bord de la fermeture</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la pandémie, la plupart des critiques portaient sur des démolitions illégales d&rsquo;immeubles et des opérations immobilières, sur le sous-développement des infrastructures, sur la liberté de parole, sur le système d’enregistrement&nbsp;(<em>propiska</em>) et la liberté de déplacement, sur la politique de maintien de l&rsquo;ordre&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous soulignez le fait que les blogueurs sont très populaires en Ouzbékistan et que Telegram est très répandu, comment expliquer cela ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La communauté d’utilisateurs de Telegram en Ouzbékistan est certainement l’une des plus développées au monde. Il s’agit d’un phénomène unique et qui mériterait clairement d’être l’objet d’une thèse de doctorat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon App Annie <em>(spécialisée dans les statistiques autour des applications, ndlr)</em>, l&rsquo;Ouzbékistan est au deuxième rang mondial pour la quantité des utilisateurs. L&rsquo;atmosphère qui y prévaut ne ressemble à aucune autre. On voit cohabiter dans une même messagerie des blogueurs qui n&rsquo;ont pas froid aux yeux, des trolls soutenus par des structures d&rsquo;État, des patriotes, des extrémistes, des organes officiels de maintien de l&rsquo;ordre, des trafiquants de drogue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telegram ressemble à un saloon fiévreux où chacun peut trouver la distraction qui lui convient. Blogueurs et chaînes grand public, c&rsquo;est cela, Telegram en Ouzbékistan. Ils en constituent l&rsquo;essentiel et c&rsquo;est pour trouver leurs contenus que les gens vont sur la messagerie. On y trouve absolument tout. On peut regarder des vidéos amusantes sur des sujets locaux ou aller sur une chaîne intello pour regarder une émission sur l&rsquo;architecture urbaine.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/image2-1.jpg" alt="Nikita Makarenko médias ouzbeks" class="wp-image-41068" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/image2-1.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/image2-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/image2-1-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/image2-1-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les blogueurs et chaînes ouzbeks ne sont pas de grands adeptes de la vérification des faits (fact checking<em>)</em> et publient très souvent une quantité énorme d’informations non fondées et de rumeurs. Les faux documents ou les photos truquées délibérément fabriquées dans un but bien précis sont un genre très populaire. Je ne peux pas dire que le public soit très préparé à vérifier par lui-même ce genre d&rsquo;informations, et les campagnes de désinformation atteignent donc souvent leurs objectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&rsquo;en est-il des médias de langue ouzbèke ? En quoi se distinguent-ils des médias russophones sur le plan des sujets traités et de leur public ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias de langue ouzbèke sont incontestablement beaucoup plus populaires et ont une audience beaucoup plus large que les médias russophones. Néanmoins, ces deux types de médias ne font pas double emploi et vivent dans une étonnante symbiose. Chacun répond à un besoin aussi bien du public que des annonceurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n&rsquo;est pas juste de&nbsp;dire que les médias russophones, ayant une audience plus restreinte, sont moins rentables. Indépendamment des chiffres, les annonceurs ont le même intérêt pour les deux publics. La langue russe est plus répandue dans la région la plus active économiquement, à Tachkent, ce qui explique l&rsquo;attention portée aux lecteurs russophones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une caractéristique des médias de langue ouzbèke est la grande quantité de nouvelles internationales traduites de la presse étrangère, au détriment des nouvelles locales. Dans les médias russophones, il n&rsquo;y a pratiquement pas de place pour les informations internationales et les informations locales constituent environ la très grande majorité des publications. Cela s&rsquo;explique par le fait que les lecteurs russophones ne manquent pas de sources d&rsquo;information pour l&rsquo;international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les sujets locaux, il en va différemment : les médias russophones parlent peu de la vie dans les régions, car ils n&rsquo;ont ni correspondants, ni public sur place. Ils se concentrent essentiellement sur Tachkent, avec souvent des échos critiques sur des thèmes comme la défense de l&rsquo;environnement, la liberté d&rsquo;expression, les droits des femmes et des handicapés, la défense des droits de l&rsquo;Homme. Dans les médias de langue ouzbèke, on trouve davantage les thèmes religieux, les questions portant sur l&rsquo;identité nationale, la langue, l&rsquo;histoire. Ces sujets sont extrêmement rares dans les médias russophones.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel est le secteur qui se développe le plus actuellement et pourquoi ? S’agit-il des médias qui portent principalement sur l’économie et le commerce ? Dans quelle mesure ces médias sont-ils dépendants des annonceurs ou d&rsquo;autres sources de financement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des trois dernières années, j&rsquo;ai observé une croissance fulgurante des médias en ligne, et la tendance se poursuit. Mais en réalité, le marché est très peu segmenté. Les médias en ligne écrivent sur des sujets très variés et il n’y a pas de réelle spécialisation par secteur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des projets intéressants portés par certains médias économiques, mais ils sont encore loin d&rsquo;avoir une réelle popularité. L&rsquo;arrivée sur le marché&nbsp;du magazine Forbes Uzbekistan n&rsquo;a pas encore réellement retenu l&rsquo;attention, et la publication la plus ancienne, Kommersant.uz, a cessé de paraître pendant la pandémie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les publications sont complètement dépendantes des annonceurs. Tous les médias en ligne privés qui ont une équipe fixe et publient entre 5 et 10 articles par jour dépendent des annonceurs. Ils n&rsquo;ont pas d&rsquo;autres ressources, sauf ceux qui appartiennent à une holding ou à une société et qui peuvent bénéficier de ce financement. Les subventions publiques sont très peu développées, et l&rsquo;État reste très méfiant à l&rsquo;égard des aides venant de l&rsquo;étranger. La publicité reste donc aujourd’hui en Ouzbékistan la seule possibilité sérieuse de survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quoi ont besoin, selon vous, les médias ouzbeks (presse écrite, en ligne, à l’exclusion de la télévision) ? Dans quelle mesure le public continue-t-il à s’informer via les médias étrangers ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble que les médias ouzbeks n&rsquo;ont pas encore réussi à se libérer complètement des chaînes de l&rsquo;autocensure. Je comprends bien que cela n&rsquo;est pas simple, et cela peut même être dangereux. Toujours est-il que les barrières sont toujours là, on ne peut pas parler de tout.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un excellent exemple en est le fait que j&rsquo;ai dû quitter la rédaction dans laquelle j&rsquo;avais travaillé trois ans parce que mon article n&rsquo;a pas été publié. J&rsquo;ai été forcé de le publier dans un autre média.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis les médias ouzbeks ont un besoin urgent de formation afin de pouvoir grandir, se développer, et gagner en professionnalisme. Il me semble que le public de langue ouzbèke s&rsquo;en remet entièrement aux publications locales pour avoir des informations locales. Le public de langue russe continue de consommer des informations venant de publications étrangères, et, sur ce plan, la concurrence est tout simplement impossible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La situation actuelle permet-elle l’apparition de nouveaux médias indépendants ? Ou bien les médias continueront-ils d&rsquo;être contrôlés par l&rsquo;État ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De nouveaux médias plus ou moins indépendants se créent sans cesse, il n&rsquo;y a pas d’obstacle pour cela. Quelques jours suffisent pour l&rsquo;enregistrement et on peut créer sa SARL en 15 minutes, sans obstacle particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie question est de savoir comment survivre dans un marché des médias déjà très encombré. J&rsquo;attends l&rsquo;apparition d&rsquo;un média qui serait orienté non pas sur l’actualité quotidienne, mais sur les reportages, les enquêtes, les articles de fond et de qualité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le moment, je ne vois pas dans le paysage actuel d’hommes d&rsquo;affaires ayant suffisamment le goût du risque pour investir dans ce genre de projet difficile et économiquement risqué. Il ne suffit pas de publier une petite vidéo qui fasse le buzz, YouTube se développe très lentement. J&rsquo;attends là aussi des projets du niveau de ce que font aujourd&rsquo;hui <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alexey_Pivovarov">Alexey Pivovarov</a> ou <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Leonid_Parfyonov">Leonid Parfionov</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Existe-t-il des groupes de médias financés par l&rsquo;État ou par des groupes privés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conglomérat le plus important du pays est la Compagnie nationale de Téléradio qui possède la plupart des chaînes de télévision et de radio et est contrôlée par l&rsquo;État. Parmi les groupes privés, on peut mentionner UzReport qui possède notamment les chaînes UzReport TV, UzReport World, Futbol TV ou encore le site très fréquenté UzReport News.&nbsp;</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains entrepreneurs ou politiciens tentent parfois de créer leur propre groupe, mais pas toujours avec succès. Par exemple, en septembre 2019, un projet ambitieux, nommé Ogri.uz et doté d&rsquo;un généreux budget s&rsquo;est interrompu après moins d’un mois d’activité. Selon certains observateurs, ce projet était lié <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-homme-daffaires-ouzbek-devient-maire-de-tachkent/">au maire de Tachkent</a> (hokim)<em> </em>et à son groupe d&rsquo;affaires Akfa-Artel. Avant cela, en 2018, le projet tout aussi ambitieux Turon 24 avait connu le même sort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;essentiel, les médias de langue russe et ouzbèke les plus connus en Ouzbékistan appartiennent à des propriétaires différents qui ne sont pas liés entre eux. C&rsquo;est une situation intéressante qui rend structurellement possible l’expression de critiques et points de vue différents.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il est certain qu&rsquo;à l’avenir, et même si cela n’est pas encore le cas aujourd’hui,&nbsp; les hommes d’affaires et politiciens auront un intérêt stratégique à regrouper sous leur contrôle plusieurs médias et à favoriser les fusions au sein du marché.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><br>Central Asian Analytical Network</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://caa-network.org/archives/19930?fbclid=IwAR0Z5R7HiJeYvDYIJ8L1-mgaWxyssKdskZIk4GtsnzVEa_yAFZIB_bLraeU"><strong>russe</strong></a><strong> par Jacques Duvernet</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Grégoire Odou</strong> </p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Suez et Tachkent, un « contrat stratégique » pour le groupe français</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2020 15:36:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/suez-et-tachkent-un-contrat-strategique-pour-le-groupe-francais/">Suez et Tachkent, un « contrat stratégique » pour le groupe français</a></p>
<p>Après avoir signé un contrat de plus de 140 millions d’euros avec Tachkent, le groupe Suez s’est implanté durablement en Ouzbékistan. Au-delà de la capitale ouzbèke, l’entreprise française pourrait utiliser ce contrat pour se développer en Asie centrale. Ana Giros, directrice générale adjointe de Suez, décrit les ambitions du groupe à Novastan. C’est le plus [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/suez-et-tachkent-un-contrat-strategique-pour-le-groupe-francais/">Suez et Tachkent, un « contrat stratégique » pour le groupe français</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Après avoir signé un contrat de plus de 140 millions d’euros avec Tachkent, le groupe Suez s’est implanté durablement en Ouzbékistan. Au-delà de la capitale ouzbèke, l’entreprise française pourrait utiliser ce contrat pour se développer en Asie centrale. Ana Giros, directrice générale adjointe de Suez, décrit les ambitions du groupe à Novastan. </strong></p>
<p style="text-align: justify">C’est le plus gros contrat signé entre une entreprise française et un partenaire centrasiatique en 2020. Le 16 juin dernier, la mairie de Tachkent et le groupe Suez ont officialisé la signature d’un contrat de co-gestion du réseau d’eau et d’assainissement, <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/suez-va-moderniser-la-gestion-de-leau-de-tachkent-pour-142-millions-deuros/">d’un montant de 142 millions d’euros</a>. L’accord, qui a pris plus de deux ans, permet au groupe Suez de s’implanter durablement en Ouzbékistan, après un premier contrat signé en 2019 avec Samarcande.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href . . .
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		<title>À la recherche des œuvres perdues : comment l’art et le patrimoine ouzbeks disparaissent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thomas Rondeaux]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2020 13:51:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Alerte Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Alexeï Oulko]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Boris Chukhovich]]></category>
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		<category><![CDATA[Svetlana Gorshenina]]></category>
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		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/a-la-recherche-des-oeuvres-perdues-comment-lart-et-le-patrimoine-ouzbeks-disparaissent/">À la recherche des œuvres perdues : comment l’art et le patrimoine ouzbeks disparaissent</a></p>
<p>En Ouzbékistan, faute d’un catalogue officiel accessible en ligne, certaines œuvres d’art les plus emblématiques sont copiées par les musées avant de revendre les originaux dans les pays occidentaux. En parallèle, le patrimoine culturel de Samarcande est remplacé par des constructions sans âme, vouées à attirer le touriste. Des chercheurs spécialisés sur le patrimoine ouzbek [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/a-la-recherche-des-oeuvres-perdues-comment-lart-et-le-patrimoine-ouzbeks-disparaissent/">À la recherche des œuvres perdues : comment l’art et le patrimoine ouzbeks disparaissent</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>En Ouzbékistan, faute d’un catalogue officiel accessible en ligne, certaines œuvres d’art les plus emblématiques sont copiées par les musées avant de revendre les originaux dans les pays occidentaux. En parallèle, le patrimoine culturel de Samarcande est remplacé par des constructions sans âme, vouées à attirer le touriste. </strong><strong>Des chercheurs spécialisés sur le patrimoine ouzbek tirent la sonnette d’alarme. </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 22 décembre 2018 par le média </strong><strong>russe spécialisé sur l’Asie centrale, <a href="https://fergana.agency/articles/103736/">Fergana News</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’heure est grave pour la sauvegarde du patrimoine ouzbek, tant de ses œuvres que de ses bâtiments. Vol d’œuvres, destruction de bâtiments anciens remplacés à la va-vite… les dangers sont multiples. Pour en parler, l’observatoire international <a href="https://heritalert.wixsite.com/alert-fr">Alerte Héritage</a>, spécialisé dans la préservation du patrimoine ouzbek, a organisé en décembre 2018 à Paris une séance d’information intitulée <em>« Ouzbékistan, du nouveau roman national à la marchandisation du patrimoine »</em>. Cette rencontre a eu lieu dans le cadre d’une série de l’Observatoire des États post-soviétiques de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Inalco).</p>
<p>
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<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/trois-nouvelles-expositions-ouzbekes-disponibles-sur-google-arts-culture/"><strong>Trois nouvelles expositions ouzbèkes disponibles sur Google Art &amp; Culture</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">En parallèle de cet évènement, le média russe spécialisé sur l’Asie centrale Fergana News s’est entretenu avec les critiques d’art et chercheurs indépendants <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Svetlana_Gorshenina">Svetlana Gorshenina</a>, historienne de l’art ouzbek suisso-russe, et <a href="https://heritalert.wixsite.com/alert-fr/personalia">Boris Chukhovich</a>, chercheur à l’université de Montréal, tous deux co-fondateurs de l’observatoire Alerte Héritage. Le culturologue Alexeï Oulko était aussi présent. Ils ont abordé les grands thèmes de la rencontre parisienne.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Fergana News : En trois jours ont eu lieu trois évènements liés à la préservation du patrimoine ouzbek : le forum média « Le patrimoine culturel de l’Ouzbékistan dans les collections internationales », votre réunion parisienne et une table ronde du Fonds pour le développement culturel et artistique du ministère de la Culture ouzbek sur la conservation du patrimoine culturel matériel et immatériel. Un observateur tiers pourrait en conclure que ces trois manifestations sont la preuve de l’attention accrue que portent les associations internationales et les pouvoirs gouvernementaux ou para-gouvernementaux à la question. Est-ce à dire que l’angle adopté a été le même lors des trois réunions ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Svetlana Gorshenina</strong> : Je répondrais plutôt par la négative. Bien sûr, la question principale a été le patrimoine culturel ouzbek, mais les avis sur le sujet divergeaient, tout comme les approches pour régler les problèmes. L’intitulé du forum « Le patrimoine culturel de l’Ouzbékistan dans les collections internationales » témoigne indubitablement de la priorité de ses organisateurs, soutenus par le pouvoir ouzbek : les collections ouzbèkes dans les musées étrangers. Des albums luxueux ont été publiés pour montrer au grand public que les musées étrangers font un magnifique travail de conservation et que les collections sont en lieu sûr. Les seules préoccupations et notes plus prudentes qu’on a pu entendre ont été évoquées lors de déclarations générales pendant la dernière session, axée sur la conservation stratégique du patrimoine culturel de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>. À en croire les publications, les dangers de la restauration pour les monuments ont été repris dans l’intervention de Mavliouda Ioussoupova, lors de la table ronde du Fonds pour le développement culturel et artistique.</p>
<p style="text-align: justify">L’association internationale Alerte Héritage est une organisation non-gouvernementale qui, contrairement au Fonds, ne dispose d’aucun pouvoir législatif ou exécutif officiel, ne bénéficiant pas directement d’un soutien présidentiel, également à la différence du Forum. L’observatoire est un organisme indépendant ne jouissant que d’un statut d’observateur. Sa mission principale est d’informer sur les problèmes concernant le patrimoine culturel d’Asie centrale et des pays voisins ainsi que de fournir des analyses critiques.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quels sont les résultats de ces travaux ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Svetlana Gorshenina</strong> : Cette année (<em>en 2018, NDLR)</em>, nous avons privilégié le programme « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Igor_Savitsky">Savitski</a> : des musées ouverts sans corruption ». Alerte Héritage ne cesse de faire part des préoccupations quant à la conservation de la collection du musée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noukous">Noukous</a>. Face à ces inquiétudes, l’Observatoire a constitué un catalogue électronique du musée, disponible à toute personne connectée à Internet. Le catalogue est, certes, lacunaire, puisqu’il ne contient que 900 des près de 100 000 œuvres que compte le musée. Mais l’objectif était ailleurs : au lieu de couvrir la totalité de la collection, nous souhaitions établir un mécanisme de protection des peintures les plus importantes du musée.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-archives-de-lhistorienne-de-lart-galina-pougatchenkova-sauvees-et-mises-en-ligne/">Les archives de l’historienne de l’art Galina Pougatchenkova sauvées et mises en ligne</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">En effet, les œuvres répertoriées dans la base de données mondiale ne peuvent plus être vendues aux enchères sous le couvert d’une fausse provenance. En outre, nous voulions prouver que cette tâche est parfaitement réalisable, même avec des moyens très limités. Nous espérons que ce catalogue se fera un nom dans le monde entier et sommes convaincus qu’il faut continuer à l’enrichir, ce qui est impossible sans l’aide des employés des musées qui ont un accès direct aux œuvres. C’est pourquoi nous avons proposé au ministère de la Culture et au Musée de Noukous d’utiliser notre catalogue. Malheureusement, nous n’avons pas encore reçu de réponse.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Où en est l’enquête sur les vols de tableaux de la collection du musée de Fergana ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Boris Chukhovich</strong> : Ce secteur de nos activités a provoqué un vif intérêt lors de la rencontre. Il est vrai que depuis toujours, des bruits courent sur le remplacement systématique de tableaux par des faux dans les musées ouzbeks, suivi par l’écoulement illégal des originaux sur les marchés occidentaux. De plus, la publication d’images d’œuvres originales et copiées appartenant aux collections du musée d’État des arts d’Ouzbékistan, saisies par les forces de l’ordre chez un membre des services de sécurité nationale, Youri Savnikov, a donné encore plus d’allant à ces rumeurs. Il a fallu tirer le vrai du faux. Par exemple, grâce à d’anciennes reproductions de la « Baigneuse » <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Belloli">d’Andreï Belloli</a> issues de la collection du musée d’arts de Tachkent, nous avons réussi à prouver que l’exemplaire vendu aux enchères par Sotheby’s était très différent de celui exposé au musée et qu’il s’agissait sans le moindre doute d’une esquisse réalisée par l’artiste avant qu’il ne peigne son œuvre, ce qui a rassuré le grand public. Nous sommes aussi parvenus à convaincre les Ouzbeks que, contrairement à ce que beaucoup pensaient, <em>Le porteur d’eau</em> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Aleksandr_Nikolayev_(painter)">d’Ousto Moumin</a>, vendu aux enchères début 2018 à Moscou, n’était pas issu de la collection du musée de Noukous. C’est pourtant ce que martelait l’ancienne directrice du musée, dont les explications ne nous ont pas permis d’établir combien de variantes graphiques du <em>Porteur d’eau</em> étaient conservées dans la collection du musée.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/igor-savitsky-ou-la-passion-pour-lavant-garde-russe-en-plein-desert/">Igor Savitsky ou la passion pour l’avant-garde russe en plein désert</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">À nouveau, voilà qui prouve que, sans catalogue électronique exhaustif et accessible à tous, les collections sont en danger. Dans ce contexte, le vol avéré d’un manuscrit de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Efim_Volkov">Volkov</a> du musée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Fergana</a> a été fondamental, puisqu’il démontrait que les rumeurs étaient fondées et que des œuvres originales des institutions du ministère de la Culture avaient bien été dérobées et remplacées par des faux. La présentation des détails des deux versions a fait réagir l’assistance à Paris, incrédule face à l’existence de cette méthode cynique de vol d’œuvres dans les musées, accompagnée de mensonges visant à endormir le grand public.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Que comptez-vous faire à ce sujet ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Boris Chukhovich</strong> : Nous planchons sur la question. De toute évidence, la solution idéale serait de rapatrier les œuvres dérobées en Ouzbékistan en recourant à des voies légales ou en incitant les voleurs, conscients des risques, à faire amende honorable et à discrètement rendre les pièces aux musées. Toutefois, nombreux sont ceux qui doutent du bien-fondé de cette idée, arguant que rapatrier les chefs-d’œuvre dans leur pays d’origine est insensé puisque c’est là qu’ils sont le plus en danger. Voilà qui mérite réflexion. Évidemment, la restitution des œuvres doit s’accompagner d’une divulgation des chaînons rendant possibles ces trafics, à la fois complexes et audacieux.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>À Paris, avez-vous abordé la question des monuments architecturaux dont la restauration est à ce point mauvaise qu’ils doivent être reconstruits entièrement ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Boris Chukhovich</strong> : Oui, nous en avons beaucoup parlé. D’ailleurs, la situation n’est pas sans rappeler l’affaire du faux Volkov du musée de Fergana. Dans les deux cas, on prend le public pour des ignorants en tentant de faire passer de pâles imitations pour des œuvres authentiques. Les Français ne sont pas étrangers au problème.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-la-restauration-de-monuments-historiques-fait-plus-de-mal-que-de-bien/">Ouzbékistan : la restauration de monuments historiques fait plus de mal que de bien</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Soit dit en passant, justifier la restauration inepte de monuments par leur attractivité touristique prouve bien que les autorités de la République d’Ouzbékistan ne s’intéressent qu’aux plus philistins des touristes. Les connaisseurs ne sont pas dupes et percent au grand jour les ersatzs de chefs-d’œuvre médiévaux qu’on leur fait visiter.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’observatoire Alerte Héritage a invité le critique d’art ouzbek Alexeï Oulko à cette réunion annuelle. Alexeï, votre rapport portait sur la reconstruction et la modernisation en cours de Samarcande. Pourriez-vous résumer ce qu’il s’y passe ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alexeï Oulko</strong> : Tout d’abord, n’ayons pas peur des mots. On assiste au détricotage barbare, vil, incompétent et malveillant du tissu vivant qui compose la ville depuis des décennies, voire des siècles. Le phénomène n’est pas récent, mais avec le capital extérieur que les oligarques ont injecté et les financements locaux douteux, il est de plus de plus imposant. En plus des monuments architecturaux et des bâtiments, des quartiers entiers sont détruits <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-la-ville-de-samarcande-a-vendre/">dans les quartiers historiques de la ville</a> pour faire de la place à des constructions immondes et sauvages dont la seule vue fait jaillir un sentiment de honte.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pourquoi les constructeurs ont-ils jeté leur dévolu sur la Samarcande russe pour leur entreprise de destruction ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alexeï Oulko</strong> : La partie russe n’est pas la seule victime. Il se fait simplement que, pour la première fois depuis de nombreuses années, des terrains au centre-ville abritant des habitations de style colonial et début de l’Union soviétique étaient disponibles. Souvenez-vous des vagues de destructions des quartiers résidentiels de la rue Pendjikenskaya ou du quartier Baguimaïdan, n’appartenant pas à la partie russe de Samarcande. Et la rue Mizro Ougoulbek (ex-Karl Marx) a été reconstruite il y a près de 10 ans, au moment où le parc a été mis à blanc. Et la <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahallah">mahalla</a></em> (<em>quartier ouzbek traditionnel, NDLR)</em> de Namazgah qui doit être détruite ne se trouve pas non plus la partie russe de la ville.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-relations-franco-ouzbekes-relancees-par-un-appel-entre-les-deux-gouvernements/"><strong>Les relations franco-ouzbèkes relancées par un appel entre les deux gouvernements</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Il convient de prendre de compte plusieurs facteurs. D’une part, dans les <em>mahallas</em>, on retrouve en général les russophones, des personnes âgées et les tranches le plus vulnérables de la population. Ils y vivent en un réseau étroit de familles et de voisins. D’autre part, les populations tadjikes et ouzbèkes de la vieille ville sont souvent plus loyales envers les autorités alors que la majorité des russophones de la ville pensent que les mesures prises par le pouvoir et les promoteurs sont des provocations et tentent de s’y opposer. Enfin, si le quartier colonial de la ville fait partie de son patrimoine culturel historique, selon la population éduquée en tout cas, les <em>mahallas</em> pas, malheureusement.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Il est étrange que tout cela ait lieu alors que les relations entre l’Ouzbékistan et la Russie ont commencé à se réchauffer&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alexeï Oulko</strong> : Il ne faut pas se faire d’illusions. Tout d’abord, toutes les grandes constructions et destructions dans le pays sont financées activement par les capitaux des oligarques russes, dissimulés dans des montages complexes, tout le monde le sait. Ensuite, j’encourage à ne pas trop insister sur l’identité russe du centre de Samarcande, car ce n’est pas de cette manière que vous gagnerez la sympathie des Tadjiks et des Ouzbeks. Des architectes allemands aux marchands juifs de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> en passant par les maîtres locaux et les travailleurs migrants, cette partie de la ville est née d’un travail commun.</p>
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		</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Pourquoi faut-il préserver l’identité coloniale de Samarcande ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alexeï Oulko</strong> : Cette architecture, cet environnement urbain est un fait unique de l’histoire de notre État et même de la région. Si au début de la période coloniale, Samarcande est une ville de province sur le déclin de l’émirat de Boukhara, à la fin, elle devient la première capitale de l’Ouzbékistan, multiculturelle et fascinante. On y rencontre des fonctionnaires coloniaux, bien sûr, mais aussi des artistes, des écrivains, des linguistes, des scientifiques des personnalités publiques et politiques. En plus de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Verechtchaguine">Vassili Verechtchaguine</a>, on y croise <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahmudkhodja_Behbudiy">Mahmoud Behboudi</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abdurauf_Fitrat">Abdouraouf Fitrat</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Evgueni_Polivanov">Evgueni Polivanov</a>, Abram Kalontarov, Alexeï Mirochintchenko, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Nalivkin">Vladimir Valivkin</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sadriddin_Aini">Sadriddin Aïni</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ibraghim_Muminov">Ibrahim Mouminov</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hamid_Olimjon">Hamed Alimdjan</a> et bien d’autres personnalités remarquables. Ce quartier a abrité des gens normaux, leurs problèmes et drames, dont la mémoire est anéantie à tout jamais, juste devant nous. Ce n’est pas l’histoire mythique de l’avènement de l’Ouzbékistan qu’on démolit, c’est son histoire réelle, ses cultures complexes et plurielles, sa mémoire toujours en vie. Dans quelques années à peine, il ne restera rien de Samaracande, elle sera remplacée par les bâtiments tape-à-l’œil et immondes d’Alucobond accompagnés de leur farandole des gadgets chinois.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Que faut-il faire pour sauver ce qui n’a pas encore été détruit ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Alexeï Oulko</strong> : Compter sur la bonne conscience de ces gens est une cause perdue. Ceux qui prennent les décisions et les appliquent se démarquent par leur cupidité, leur mépris de la loi et leur absence totale de connaissances culturelles. Tant qu’ils en tirent quelque profit, sont prêts à tout saccager et reconstruire en plastique le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gistan">Registan</a>. Reste à espérer que le gouvernement s’engagera à conserver sa propre culture, entendra les recommandations des experts et des organisations culturelles internationales en plus de la voix de la société, excédée par la situation, et réfléchira enfin à l’élaboration d’un système qui permettra de surveiller les monuments culturels et faire répondre de leurs actes ceux qui les détruisent. Toutefois, en toute honnêteté, les espoirs sont minces.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quelle a été la réaction du gouvernement ouzbek à l’exposé d’Alerte Héritage ? En l’absence de réaction, en attendez-vous une ? Laquelle ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Svetlana Gorshenina, Boris Chukhovich :</strong> L’Ouzbékistan, en particulier le ministère de la Culture, suit avec attention nos publications semble-t-il. Nous avons rencontré personnellement des représentants des instances exécutives du pays pour aborder notre catalogue du musée de Noukous. Nous avons proposé de le mettre à disposition du musée pour que les employés puissent continuer à l’enrichir en utilisant notre base de données. Nous en avons parlé avec la ministre adjointe de la Culture, Kamola Akilova, et avec la directrice, Goulbahar Akilova. Malheureusement, nous n’avons plus évoqué une possible collaboration depuis lors. Par conséquent, nous n’attendons pas tant une réaction à notre exposé qu’aux questions, critiques et propositions constructives que nous formulons depuis deux ans. L’exposé de Paris nous a certes servi à informer les cercles intéressés de la « communauté mondiale » des problèmes liés au patrimoine culturel ouzbek, mais aussi à faire un appel du pied aux autorités nationales.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Daniil Kislov<br />
</strong><strong>Journaliste pour </strong><strong>Fergana News</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du </strong><strong><a href="https://fergana.agency/articles/103736/">du russe</a></strong><strong> par Thomas Rondeaux</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Sayyora Pardaïeva</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Aline Cordier Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/a-la-recherche-des-oeuvres-perdues-comment-lart-et-le-patrimoine-ouzbeks-disparaissent/">À la recherche des œuvres perdues : comment l’art et le patrimoine ouzbeks disparaissent</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Les archives de l’historienne de l’art Galina Pougatchenkova sauvées et mises en ligne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Quentin Couvreur]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2020 12:58:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Galina Pougatchenkova]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Svetlana Gorshenina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-archives-de-lhistorienne-de-lart-galina-pougatchenkova-sauvees-et-mises-en-ligne/">Les archives de l’historienne de l’art Galina Pougatchenkova sauvées et mises en ligne</a></p>
<p>Les archives de la célèbre archéologue et historienne de l’art ouzbèke Galina Pougatchenkova, décédée en 2007, ont été numérisées et mise en ligne dans une base de données ouverte à tous. Novastan a rencontré la co-responsable de ce projet titanesque, Svetlana Gorshenina. Un fonds exceptionnel de 27 000 documents. Entre 2018 et 2020, les archives de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-archives-de-lhistorienne-de-lart-galina-pougatchenkova-sauvees-et-mises-en-ligne/">Les archives de l’historienne de l’art Galina Pougatchenkova sauvées et mises en ligne</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les archives de la célèbre archéologue et historienne de l’art ouzbèke Galina Pougatchenkova, décédée en 2007, ont été numérisées et mise en ligne dans une base de données ouverte à tous. Novastan a rencontré la co-responsable de ce projet titanesque, Svetlana Gorshenina. </strong></p>
<p style="text-align: justify">Un fonds exceptionnel de 27 000 documents. Entre 2018 et 2020, les archives de l’académicienne ouzbèke <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galina_Pougatchenkova">Galina Anatolievna Pougatchenkova</a> (1915-2007) ont été numérisées, triées et décrites par une équipe de chercheurs, avant d’être mises en ligne sur une <a href="http://pugachenkova.net/p/context/">base de données</a>, accessible gratuitement. Pour l’instant 7 500 documents sont disponibles sur Internet, mais près de 20 000 autres devraient bientôt être publiés.</p>
<p style="text-align: justify">Véritable fondatrice de l’histoire de l’art en Asie centrale, Galina Pougatchenkova est considérée comme l’une des plus grandes chercheuses soviétiques dans ce domaine. Spécialiste des civilisations centrasiatiques antiques et médiévales, elle a, avec son mari l’archéologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Masson">Mikhaïl Masson</a>, largement contribué à améliorer la connaissance scientifique de ces cultures. En reconnaissance de son immense travail, elle a reçu les Palmes académiques françaises en 1995.</p>
<p style="text-align: justify">C’est Svetlana Gorshenina, dont Galina Pougatchenkova a été la directrice de thèse, qui a initié le projet de numérisation des archives. Cette historienne et historienne de l’art suisso-russe, parfaitement francophone, par ailleurs ancienne maîtresse de conférences associée au Collège de France, a co-fondé en 2016 l’Observatoire international <a href="https://heritalert.wixsite.com/alert-fr">Alerte Héritage</a>, afin de contribuer à sauvegarder le patrimoine culturel d’Asie centrale. En 2018, elle a pu racheter et numériser les archives de Galina Pougatchenkova, qu’elle prévoit ensuite de transférer aux archives nationales ouzbèkes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan : Pouvez-vous nous présenter Galina Pougatchenkova et l’importance de ses travaux ? </strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Svetlana Gorshenina :</strong> Galina Pougatchenkova était l’une des premières femmes académiciennes en Ouzbékistan. Elle est née en 1915 à Verny (aujourd’hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty">Almaty</a> au Kazakhstan). Elle a ensuite déménagé à Tachkent pour y faire ses études d’architecture. À la fin de ses études à l’institut Polytechnique, elle a finalement décidé qu’il était plus intéressant pour elle d’étudier l’histoire de l’architecture que de devenir architecte.</p>
<p style="text-align: justify">La rencontre avec son second mari, Mikhaïl Masson, a été décisive. Personnage haut en couleur, Mikhaïl Masson a été l’un des premiers grands archéologues ayant travaillé en Asie centrale soviétique, d’où son appellation fréquente de « patriarche de l’archéologie ». Cette rencontre a permis à Galina Pougatchenkova de comprendre qu’elle devra étudier l’archéologie pour pouvoir se consacrer à l’histoire de l’architecture. En Asie centrale, si certains monuments de l’époque médiévale sont encore visibles, les monuments les plus anciens ont pour la plupart disparu sous le niveau du . . .</p>

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		<title>Capitalisme, mythe et folklore : dans les coulisses d&#8217;un documentaire spécial sur le Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Valentine Baldassari]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2020 11:55:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/capitalisme-mythe-et-folklore-dans-les-coulisses-dun-documentaire-special-sur-le-kazakhstan/">Capitalisme, mythe et folklore : dans les coulisses d&rsquo;un documentaire spécial sur le Kazakhstan</a></p>
<p>Le festival suisse Visions du Réel propose sur son site un nouveau documentaire sur le Kazakhstan, On a Clear Day You Can See the Revolution from Here. À cette occasion, Novastan a rencontré les réalisateurs pour en savoir plus sur leur projet. Drôle d’idée que d’utiliser une ligne électrique comme point de départ d’un film. C’est pourtant [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/capitalisme-mythe-et-folklore-dans-les-coulisses-dun-documentaire-special-sur-le-kazakhstan/">Capitalisme, mythe et folklore : dans les coulisses d&rsquo;un documentaire spécial sur le Kazakhstan</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le festival suisse Visions du Réel propose sur son site un nouveau documentaire sur le Kazakhstan, </strong><em><strong>On a Clear Day You Can See the Revolution from </strong></em><strong><em>Here</em>. À cette occasion, Novastan a rencontré les réalisateurs pour en savoir plus sur leur projet.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Drôle d’idée que d’utiliser une ligne électrique comme point de départ d’un film. C’est pourtant ce qu’on fait Emma Charles et Ben Evans James, réalisateurs <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-la-ligne-a-haute-tension-ekibastouz-kokchetaou-objet-dun-film-sur-lidentite-kazakhe/">du documentaire</a> <em>On A Clear Day You Can See the Revolution from Here</em>, structurant leur film autour de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ekibastuz%E2%80%93Kokshetau_high-voltage_line">ligne à haute tension Ekibastouz-Kokchetaou</a>, au Kazakhstan. Construite à la fin de l’ère soviétique, elle faisait partie d’un ambitieux projet allant de la Sibérie à l'Oural, dont une ligne d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ekibastouz">Ekibastouz</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tambov">Tambov</a>, en Russie, qui ne fut jamais achevée. Les cinéastes y ont vu une évocation du passé soviétique, mais aussi un symbole de la richesse minérale du Kazakhstan et donc de l'importance de sa géologie.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-la-ligne-a-haute-tension-ekibastouz-kokchetaou-objet-dun-film-sur-lidentite-kazakhe/">Kazakhstan : la ligne à haute-tension Ekibastouz-Kokchetaou objet d’un film sur l’identité kazakhe</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La première de <em>On A Clear Day You Can See the Revolution from Here</em> devait avoir lieu lors du festival suisse Visions du Réel. Ce dernier s'est déroulé en ligne, distanciation sociale oblige. L’occasion de parler à Ben Evans James et Emma Charles du tournage et de leur démarche cinématographique. Leurs réponses ont été éditées et condensées.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan : Pourquoi avez-vous choisi de tourner un film sur le Kazakhstan ?</strong . . .
</p>

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		<title>L&#8217;écrivain voyageur Cédric Gras sur les traces de l&#8217;alpinisme soviétique en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[hgirolet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2020 04:00:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Alpinisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Cédric Gras]]></category>
		<category><![CDATA[Evgueni Abalakov]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
		<category><![CDATA[Vitali Abalakov]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lecrivain-voyageur-cedric-gras-sur-les-traces-de-lalpinisme-sovietique-en-asie-centrale/">L&rsquo;écrivain voyageur Cédric Gras sur les traces de l&rsquo;alpinisme soviétique en Asie centrale</a></p>
<p>Avec un film, Vers les Monts célestes, et un livre, Alpinistes de Staline, l’écrivain voyageur Cédric Gras emmène le spectateur et le lecteur de Boukhara, en Ouzbékistan, au cœur des montagnes du Kirghizstan. Son fil rouge : les traces de l’alpinisme soviétique à travers l’expédition de 1936 des frères Abalakov, dans le Tian Chan, la chaîne de montagnes [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lecrivain-voyageur-cedric-gras-sur-les-traces-de-lalpinisme-sovietique-en-asie-centrale/">L&rsquo;écrivain voyageur Cédric Gras sur les traces de l&rsquo;alpinisme soviétique en Asie centrale</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Avec un film, <em>Vers les Monts célestes, </em>et un livre, <em>Alpinistes de Staline</em>, l’écrivain voyageur Cédric Gras emmène le spectateur et le lecteur de Boukhara, en Ouzbékistan, au cœur des montagnes du Kirghizstan. Son fil rouge : les traces de l’alpinisme soviétique à travers l’expédition de 1936 des frères Abalakov, dans le Tian Chan, la chaîne de montagnes traversant l'Asie centrale.</strong></p>
<p style="text-align: justify">C'est un petit évènement pour l'alpinisme en Asie centrale. L'écrivain voyageur français <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9dric_Gras">Cédric Gras</a> s'est lancé dans une double aventure culturelle, avec un livre et un film sur une expédition de deux maîtres de l'alpinisme soviétique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitali_Abalakov">Vitali Abalakov</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Evgueni_Abalakov">Evgueni Abalakov</a>. Les deux frères, qui ont donné leur nom à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abalakov_(escalade)">une technique d'escalade glaciaire</a>, sont les héros du livre <em>Alpinistes de Staline</em>, qui paraîtra le 27 mai prochain aux éditions Stock, et du film <em>Vers les Monts célestes</em>.</p>
<p>https://vimeo.com/384982109</p>
<p style="text-align: justify">Tant dans le livre que le film, Cédric Gras suit les traces des frères Abalakov, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, en Ouzbékistan, jusqu'aux montagnes du <a href="https://fr.wikipedia . . .
</p>

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		<item>
		<title>Un psychiatre au Tadjikistan : « Nous créons nous-mêmes nos malades mentaux »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2020 17:45:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Psychiatre]]></category>
		<category><![CDATA[Psychiatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-psychiatre-au-tadjikistan-nous-creons-nous-memes-nos-malades-mentaux/">Un psychiatre au Tadjikistan : « Nous créons nous-mêmes nos malades mentaux »</a></p>
<p>Le 10 octobre dernier, à l&#8217;occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le psychiatre  tadjik Khrouched Koungouratov a décrit quels profils psychologiques existent et comment  les malades mentaux sont soignés au Tadjikistan. Novastan reprend et traduit un article initialement publié le 10 octobre 2019 par le média tadjik Asia-Plus. Quels sont les différents profils [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify"><strong>Le 10 octobre dernier, à l&rsquo;occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le psychiatre  tadjik Khrouched Koungouratov a décrit quels profils psychologiques existent et comment  les malades mentaux sont soignés au Tadjikistan.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit un article initialement publié le 10 octobre 2019 par <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20191010/glavnii-psihiatr-strani-mi-sami-rastim-psihicheski-bolnih?tg_rhash=59df260525b319">le média tadjik Asia-Plus.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Quels sont les différents profils psychologiques, peut-on les détecter dès la petite enfance ? Le caractère sanguin et impulsif propre aux Tadjiks se retrouve-t-il dans les gènes ? Comment les maladies mentales sont-elles soignées au Tadjikistan ?</p>
<p style="text-align: justify">
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<p style="text-align: justify">Khrouched Koungouratov, meilleur psychiatre du Tadjikistan, a répondu aux questions d’Asia-Plus.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Asia-Plus : Combien de profils psychologiques distingue-t-on ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Khrouched Koungouratov :</strong> Il y a quatre profils principaux : l’asthénique (personne facilement irritable, même pour des broutilles, très méfiante et capricieuse) ; le schizoïde (personne très renfermée, vivant dans son monde ; elle préfère la solitude à la compagnie des autres ; sa façon de raisonner n’est pas standard) ; le psychasthénique (il est méfiant ; il se fait du souci sans raison véritable ; il a tendance à s’auto-analyser) ; le normasthénique (généralement cette personne réagit de façon adéquate à toute situation stressante ; elle est stable émotionnellement, calme dans sa façon de s’exprimer et imperturbable).</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> :<strong> <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-ministere-de-la-sante-administration-la-plus-corrompue-du-tadjikistan/">Le ministère de la Santé, administration la plus corrompue du Tadjikistan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Le profil psychologique est le regroupement de certains traits de caractère qui dessinent un profil connu du point de vue des psychologues. Le profil psychologique aide à prévoir la réaction de la personne face à telle ou telle situation.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Qu’est-ce qui détermine le profil psychologique ? Dépend-il des gènes ou est-il plutôt le résultat d’influences extérieures ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les deux. La société, la famille, l’entourage, l’éducation et même la religion. Le profil psychologique d’une personne évolue pendant sa vie. L’éducation des parents joue un rôle central. Par exemple, pour l’enfant unique, s’il reçoit de ses parents tout ce qu’il veut et que personne ne lui refuse rien, alors peut commencer un processus de dégradation psychologique, une asthénisation du système nerveux.</p>
<p style="text-align: justify">Il n’y a qu’un pas de là au sadisme : il sera capable de lever la main sur sa mère ou sur son père et à l’avenir, il pourra se montrer violent avec sa femme ou ses enfants. Une telle personne ne naît pas comme ça : tout dépend de l’éducation qu’elle a reçue.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Quels profils psychologiques sont les plus exposés à des troubles psychologiques ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">La santé psychologique est une notion relative. Il ne se peut pas qu’un type psychologique soit exposé à des troubles alors que les autres pas du tout. Tout le monde est exposé. C’est surtout la situation de stress qui importe et qui va jouer le rôle de déclencheur.</p>
<p style="text-align: justify">Par exemple, si l’on annonce la mort d’un proche à quelqu’un et que celui-ci devient hystérique, cela ne signifie pas qu’il soit malade. Une telle réaction face à la mort d’un proche est normale.</p>
<p><figure id="attachment_29075" aria-describedby="caption-attachment-29075" style="width: 800px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-29075" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/02/психотип.jpg" alt="profils psychologiques Tadjikistan Psychiâtre" width="800" height="451" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/02/психотип.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/02/психотип-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/02/психотип-768x433.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-29075" class="wp-caption-text">Illustration des profils psychologiques.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Nous sommes tous malades dans une certaine mesure, certains d’entre nous sont dans une phase de compensation (relâchement, rémission), d’autres dans une phase de décompensation (aggravation). Outre la situation stressante en elle-même, un rôle important revient à la solidité du système nerveux, à l’état d’esprit et aux circonstances.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Peut-on identifier le profil psychologique de la personne dès l’enfance ? Comment y arriver ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">C’est ce que fait le psychologue grâce à un test. Je ne m’occupe pas des enfants, les psychologues sont plus compétents dans ce domaine. Comme je l‘ai déjà dit, le profil psychologique évolue au cours de la vie et ce que l’on aura pu constater chez l’enfant connaîtra des changements à l’âge adulte.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Comment se soignent les Tadjiks en général ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Avant d’amener le malade chez un psychiatre, ses proches s’adressent d’abord à un <em>mollah</em>. Ils considèrent que le comportement inadéquat de leur proche est dû à un « démon » qui se serait emparé de lui. D’abord on lit une prière au-dessus du malade. Évidemment, cela n’aide pas, alors les gens ont recours à des mesures plus drastiques : ils donnent des coups de fouet, font des saignées et imposent de jeûner, nous raconte le docteur.</p>
<p style="text-align: justify">Les proches sont persuadés que lorsque la personne crie de douleur, le démon sort par sa bouche. Ils ne lui donnent presque rien à manger, l’affament réellement et seulement après, ils l’amènent à l’hôpital. Et en plus les gens paient le <em>mollah</em> 500 somoni pour un tel « traitement ». Plus tard, quand le malade tombe entre de bonnes mains, il faut d’abord le soigner de son affamement. Cela arrive surtout à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Garm_(Tadjikistan)">Garm</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khatlon">Khatlon</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Faizobod">Faizobod</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qurghonteppa">Kourgan-Tioube</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shaartuz">Chaartouz</a>. Après les années 1990, des cas sont apparus à Douchanbé également. C’est dans la région du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd">Soughd</a> que c’est le moins fréquent.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les jurons, les hurlements ponctuels (provoqués ou non), les enfants frappés par leur mère (souvent sans raison), le harcèlement dans la rue… sont-ils des situations familières ? S’agit-il de notre façon d’être à nous, Tadjiks, ou est-ce une pathologie médicale ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">En ce qui concerne les pulsions sexuelles de nos garçons, je l’ai déjà dit : c’est de la psychopathie mosaïque. Ce sont des jeunes gens tout à fait normaux et qui savent ce qu’ils font. Ils peuvent se contrôler, mais ne le veulent pas. Cela porte un nom : c’est du hooliganisme.</p>
<p style="text-align: justify">L’habitude chez les enfants de crier, chez les mamans de lever la main sur leur progéniture, les conversations violentes, ce n’est simplement qu’une question d’habitude.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-1001-embuches-des-femmes-au-tadjikistan/"><strong>Les 1001 embûches des femmes au Tadjikistan</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">L’insolence, la grossièreté et la violence, tout ça vient du nid familial. Ceux qui battent leurs enfants aujourd’hui ont été des enfants battus par leurs parents.</p>
<p style="text-align: justify">C’est pourquoi ils pensent que l’éducation par les coups et les cris est une chose normale. Ils n’ont simplement rien connu d’autre. Et c’est intolérable !</p>
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<p style="text-align: justify">Si un enfant n’obéit pas, fait un caprice ou qu’il a mal agi, il faut lui expliquer calmement comment se conduire. Les coups et les remontrances sur un ton agressif ne feront qu’augmenter la violence en germe chez les enfants et mèneront à des troubles psychologiques. Il résulte que nous élevons nous-mêmes des personnes malades.</p>
<p style="text-align: justify">Les gros mots, c’est un comportement tout à fait inacceptable ! Et pour tout le monde : hommes, femmes et enfants. C’est tout simplement un manque de culture de la conversation chez notre peuple. On ne nous apprend pas à la maison comment communiquer et se conduire en société, et voilà le résultat.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Chirine Rakhmanova<br />
Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20191010/glavnii-psihiatr-strani-mi-sami-rastim-psihicheski-bolnih?tg_rhash=59df260525b319">russe</a> par Maximilien Loeb</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Anne Marvau</strong></p>
<p style="text-align: justify"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>« L&#8217;Ouzbékistan mérite une attention particulière »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-merite-une-attention-particuliere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2020 06:16:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Développement]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Rachid Temal]]></category>
		<category><![CDATA[Tourisme]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-merite-une-attention-particuliere/">« L&rsquo;Ouzbékistan mérite une attention particulière »</a></p>
<p>Des années de dialogue entre parlementaires français et ouzbeks ont démontré l’efficacité et l’importance de cette forme de coopération dans divers domaines, notamment l’économie, l’éducation et la culture. Rachid Temal, sénateur (PS) du Val d&#8217;Oise et président-délégué du groupe France-Asie centrale, donne son point de vue sur le sujet.&#160; Novastan traduit et reprend cet article [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-merite-une-attention-particuliere/">« L&rsquo;Ouzbékistan mérite une attention particulière »</a></p>
<p style="text-align: justify"><b>Des années de dialogue entre parlementaires français et ouzbeks ont démontré l’efficacité et l’importance de cette forme de coopération dans divers domaines, notamment l’économie, l’éducation et la culture. Rachid Temal, sénateur (PS) du Val d&rsquo;Oise et président-délégué du groupe France-Asie centrale, donne son point de vue sur le sujet.&nbsp;</b></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan traduit et reprend cet article initialement publié le 8 octobre 2019 par le média économique ouzbek&nbsp;<a href="http://evu.uz">Economicheskii Vestnik&nbsp;Ouzbekistana</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Un an après <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-visite-en-france-fructueuse-pour-le-president-ouzbek/">la visite</a> du président ouzbek <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> en France, le média économique ouzbek&nbsp;Economicheskii Vestnik&nbsp;Ouzbekistana s&rsquo;est intéressé aux suites parlementaires de la coopération franco-ouzbèke. Durant l&rsquo;été 2019, son rédacteur en chef Chokhrur Azamov s&rsquo;est rendu en France, notamment pour rencontrer <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rachid_Temal">Rachid Temal.</a></p>
<p>
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		</p>
<p style="text-align: justify">Le sénateur (PS) du Val d&rsquo;Oise est&nbsp;membre de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées au Sénat, mais également président-délégué <a href="https://www.senat.fr/groupe-interparlementaire-amitie/ami_556.html">du groupe parlementaire «&nbsp;France – Asie Centrale&nbsp;»</a>, en charge de l’Ouzbékistan. Après un premier emploi en lien avec le tourisme, Rachid Temal a été l’un des dirigeants du Parti socialiste.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Chokhrur Azamov : Monsieur Temal, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre connaissance de l’Ouzbékistan ?</b></p>
<p style="text-align: justify"><b>Rachid Temal</b> : Je dirais que ce pays fait partie d’une région dont les spécificités géostratégiques &#8211; d’une part entre la Russie et la Chine, d’autre part entre l’Iran et la Turquie, lui font jouer un rôle crucial dans la sécurité de ces États.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-visite-en-france-fructueuse-pour-le-president-ouzbek/">Une visite en France «&nbsp;fructueuse&nbsp;» pour le président ouzbek</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Votre pays me plaît depuis longtemps, il m’inspire de la confiance et un profond respect. Je suis fier d’avoir fait partie de la délégation durant <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-visite-en-france-fructueuse-pour-le-president-ouzbek/">la visite officielle du président d’Ouzbékistan en France</a> et sa rencontre avec le président du Sénat, Gérard Larcher. Nous avons pu aborder ensemble les questions de coopération entre les parlements de nos pays.<b><span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></b></p>
<p style="text-align: justify"><b>Quels sont les principaux axes de travail du groupe «&nbsp;France – Ouzbékistan&nbsp;»&nbsp;? Quels sont les évènements marquants qui ont lieu dans le cadre de ce partenariat ?</b></p>
<p style="text-align: justify">J’ai eu récemment une conversation avec Violaine de Villemeur, ambassadrice de France en Ouzbékistan <em>(remplacée par Isabelle Servoz-Galluci depuis <a href="https://uz.ambafrance.org/Remise-des-lettres-de-creance-par-Son-Excellence-Madame-Isabelle-Servoz">le 20 septembre 2019</a>, NDLR).</em> Nous avons abordé divers sujets et avons choisi cinq domaines de coopération prioritaires&nbsp;: la sécurité, le tourisme, l’éducation (notamment l’apprentissage de la langue française), l’économie et l’investissement.</p>
<p style="text-align: justify">À&nbsp;l’avenir, nous comptons élaborer des projets fondés sur des objectifs spécifiques dans ces cinq domaines, pour lancer ensuite leur mise en œuvre conjointe par les autorités ouzbèkes et françaises.&nbsp;À cet égard, j’ai l’intention de me rendre en Ouzbékistan en 2020.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p style="text-align: justify"><b>L’Ouzbékistan a résolu tous les litiges frontaliers avec ses voisins et a amorcé un dialogue ouvert avec tous les États concernés, en vue de poursuivre son intégration économique aux structures internationales. La France, qui entretient historiquement des bonnes relations avec l’Ouzbékistan, fait partie de ces États. Quel regard portez-vous sur les initiatives du président ouzbek en matière de développement économique&nbsp;?</b></p>
<p style="text-align: justify">L’Ouzbékistan fait beaucoup de choses dans ce sens. Nous le constatons avec plaisir. Il est nécessaire de poursuivre et renforcer notre coopération. Nous encourageons les pays d’Asie centrale à accroître leur coopération sur le plan économique mais aussi dans d’autres domaines, comme l’ont fait les pays de l’Union européenne.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Dans quels domaines faudrait-il développer le partenariat entre les parlements ouzbek et français&nbsp;? Comment la France peut-elle aider les États d’Asie centrale, et notamment l’Ouzbékistan, dans leur chemin vers la démocratie et la construction d’une société civile ?</b></p>
<p style="text-align: justify">Avant tout, il faut rappeler que la France a été prise pour exemple lors de la rédaction de la constitution ouzbèke. Un parlement bicaméral a été créé dans votre pays. C’est très bien&nbsp;! La France et l’Ouzbékistan peuvent échanger leur expérience non seulement entre parlements, mais aussi dans le cadre de l’action gouvernementale, dans les questions de sécurité, de défense. Il est nécessaire de coopérer dans d’autres domaines et dans certains d’entre eux, la France aidera à former des spécialistes ouzbeks.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/dans-les-coulisses-de-la-reforme-du-droit-ouzbek-a-paris/">Dans les coulisses de la réforme du droit ouzbek à Paris</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Il est certain que la France n’a pas directement atteint son niveau de développement actuel, le chemin fut long et difficile. Je suis persuadé que, progressivement, l’Ouzbékistan atteindra un niveau comparable.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>
<p style="text-align: justify"><b>En tant que spécialiste du tourisme, comment voyez-vous les perspectives de développement du secteur touristique en Ouzbékistan&nbsp;?</b></p>
<p style="text-align: justify">La première décision prise par l’Ouzbékistan qui mérite notre attention est <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-ouvre-en-profondeur-son-regime-de-visas/">l’ouverture des régimes de visas</a>. Deuxièmement, les compagnies aériennes proposent des vols à destination de l’Ouzbékistan à des prix très attractifs. Troisièmement, il existe un grand nombre d’hôtels. Enfin, de nombreux évènements culturels sont organisés à travers le pays. Cela explique le développement rapide et continu du tourisme en Ouzbékistan.</p>
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<p style="text-align: justify">En guise de recommandation, je peux vous livrer ma propre expérience. Lorsque je travaillais dans le tourisme, nous collaborions avec des agences de voyage chinoises et nous avions ainsi attiré de nombreux touristes chinois en France. Leur nombre a explosé en très peu de temps. Élargir vos partenariats avec des agences touristiques étrangères vous sera bénéfique et augmentera certainement le nombre de touristes en Ouzbékistan.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="http://evu.uz/intervyu/uzbekistan-zasluzhivaet-osobogo-vnimaniya.html">russe</a> par Guljigit Jyrgalbekov</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Guillaume Gérard</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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