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	<title>Histoire | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Histoire | Novastan France</title>
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		<title>Almaty et Tachkent unies par l&#8217;architecture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 11:57:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/almaty-et-tachkent-unies-par-larchitecture/">Almaty et Tachkent unies par l&rsquo;architecture</a></p>
<p>Almaty et Tachkent, malgré de nombreux points communs, ont suivi des trajectoires architecturales nettement différentes. Le média ouzbek Hook détaille comment le dialogue entre les deux politiques d&#8217;urbanisme raconte une histoire de l&#8217;architecture centrasiatique. Almaty et Tachkent, séparées par des centaines de kilomètres et des destinées différentes, partagent néanmoins une langue commune&#160;: celle de l’architecture. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/almaty-et-tachkent-unies-par-larchitecture/">Almaty et Tachkent unies par l&rsquo;architecture</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Almaty et Tachkent, malgré de nombreux points communs, ont suivi des trajectoires architecturales nettement différentes. Le média ouzbek Hook détaille comment le dialogue entre les deux politiques d&rsquo;urbanisme raconte une histoire de l&rsquo;architecture centrasiatique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> et Tachkent, séparées par des centaines de kilomètres et des destinées différentes, partagent néanmoins une langue commune&nbsp;: celle de l’architecture. Tachkent, ville millénaire née au carrefour des routes commerciales, a vu ses siècles s’empiler en écoles coraniques, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dersa">médersas</a>, et en murs de terre crue des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahalla">mahallas</a>, ces quartiers qui vivent en communauté. Almaty, fondée au XIXème siècle comme forteresse militaire alors appelée Verny, relève davantage d’un projet politique que du développement progressif d’un ancien peuplement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence d’âge a façonné leur architecture&nbsp;: à Tachkent se mêlent lignes orientales et influences européennes. A Almaty domine une trame rectangulaire, la logique d’une planification sur une&nbsp;page blanche. Les tremblements de terre, l’industrialisation, les guerres et l’effondrement des empires ont réécrit l’apparence de ces villes, laissant sur les façades et dans les rues les marques de chaque époque.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Comparer Tachkent et Almaty, c’est lire deux textes parallèles&nbsp;: l’un avec la mémoire dense de l’Orient, l’autre tracé d’une main ferme par le pouvoir colonial.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tachkent&nbsp;: deux visages et une frontière d’eau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au moment de son rattachement à l’Empire russe en 1865, Tachkent conserve ses quartiers anciens&nbsp;: ruelles étroites coulantes comme des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aryk">aryks</a>, ces canaux qui coulent à travers les villes d&rsquo;Asie centrale, médersas, mosquées et bazars, maisons en <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-larchitecture-en-argile-et-ses-derives/">pakhsa</a> &#8211; sorte de pâte d&rsquo;argile &#8211; et briques crues offrant fraîcheur et ombre. Les façades s’ouvrent peu sur la rue&nbsp;: la vie se concentre à l’intérieur des cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-larchitecture-en-argile-et-ses-derives/">Ouzbékistan : l’architecture en argile et ses dérivés</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À côté, le « nouveau Tachkent » se développe selon un plan radial centralisé et converge vers la place principale. L’architecture coloniale mêle des formes russes et européennes à des techniques locales, créant un hybride : une « ville russe » en Asie centrale avec sa propre plastique et ses couleurs. L’Ankhôr, le canal séparant l’ancienne et la nouvelle ville, devient une frontière urbaine et culturelle encore perceptible aujourd’hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Almaty&nbsp;: ville-forteresse et facteur sismique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le site d’Almaty abritait autrefois la ville médiévale d’Almatou, disparue au XIXème&nbsp;siècle. En 1854, les Russes ont fondé la forteresse de Zailiyskoe, par la suite rebaptisée Verny, pour consolider leur contrôle. La ville a été conçue selon un plan rectangulaire, avec des rues et quartiers réguliers.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="580" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз1-1024x580.jpg" alt="Cathédrale Almaty Kazakhstan" class="wp-image-75613" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз1-1024x580.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз1-300x170.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз1-768x435.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La cathédrale de l&rsquo;Ascension d&rsquo;Almaty. Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après les tremblements de terre de 1887 et 1911, les maisons en bois ont remplacé les constructions en pierre, mieux adaptées à une zone sismique. L’architecture reprend les modèles provinciaux russes&nbsp;: encadrements sculptés, mezzanines, églises à coupoles, bâtiments publics éclectiques. Les rues bordées d’aryks et d’arbres donnent à Verny le statut de ville verte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à Tachkent, Verny se révèle homogène&nbsp;: un centre administratif et militaire russe, sans tradition orientale séculaire. Le climat plus frais a permis la construction de bâtiments plus légers et&nbsp;septentrionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/architecture-mineure-pourquoi-almaty-devrait-conserver-les-arrets-de-bus-de-lepoque-sovietique/">Architecture mineure&nbsp;: pourquoi Almaty devrait conserver les arrêts de bus de l’époque soviétique&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dès le XIXème siècle, les trajectoires divergent&nbsp;: radial et mixte à Tachkent, rectangulaire et homogène à Almaty, codes qui deviendront leur&nbsp;ADN&nbsp;architectural au XXème siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1920-1950&nbsp;: de l’avant-garde à la représentation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les premières décennies postrévolutionnaires visent ordre, logements collectifs et centres administratifs. Les villes évoluent parallèlement, mais leurs trajectoires s’écartent à la mi-siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1920‑1930, Almaty développe une architecture constructiviste&nbsp;: volumes géométriques, vitrages en bandeaux, plans libres. La Maison du gouvernement de la République socialiste soviétique du Kazakhstan, par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFsse%C3%AF_Ginzbourg">Moïsseï Ginzbourg</a>, incarne une rationalité tournée vers l’avenir, adaptée aux risques sismiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="580" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз2-1024x580.jpg" alt="Kazakhstan Almaty Académie des sciences" class="wp-image-75612" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз2-1024x580.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз2-300x170.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз2-768x435.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;Académie des sciences à Almaty. Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1935‑1945, la monumentalité s’impose. Symétrie, colonnes et corniches apparaissent, mais le style reste sobre&nbsp;: motifs kazakhs discrets dans grilles et frises, volume principal intact, décor national comme accent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tachkent&nbsp;: classicisme et orientalisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La période avant-gardiste a été brève. Dès le milieu des années 1930, Tachkent adopte le classicisme&nbsp;: monumentalité et richesse décorative. Le théâtre Alicher Navoi illustre ce style&nbsp;: composition monumentale extérieure, intérieurs en plâtre, marbre et gravures, chaque hall évoquant une région. Arcs, coupoles et grilles transforment l’architecture soviétique en vitrine de l’Orient.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="580" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз3-1024x580.jpg" alt="Opéra Alicher Navoi Tachkent Ouzbékistan" class="wp-image-75611" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз3-1024x580.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз3-300x170.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз3-768x435.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le théâtre Alicher Navoï à Tachkent. Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À Tachkent, l’ornementation devient un langage constructif&nbsp;: colonnes et arches se fondent dans les motifs, l’espace devient scénique. Almaty privilégie l’intégration subtile des motifs kazakhs dans la géométrie, le volume et la symétrie restant prioritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le style stalinien, Tachkent monumentalise le centre&nbsp;: bâtiments administratifs, théâtres et places forment un ensemble cohérent. Almaty introduit l’amplification sélectivement, préservant la grille et la logique des quartiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début des années 1950, Almaty conserve la rationalité avant-gardiste et des motifs subtils, tandis que Tachkent transforme le style impérial en synthèse de classicisme et d’ornement oriental. Ces bases préfigurent le modernisme des décennies suivantes&nbsp;: géométrie et volumes purs à Almaty, façades ornementées à Tachkent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">1960‑1980&nbsp;: modernisme et architecture soviétique tardive</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modernisme remplace l’impérialisme&nbsp;: simplicité, fonctionnalité, béton armé, verre et lumière. Chaque ville développe un style propre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">tremblement de terre de 1966</a> conduit à une reconstruction massive de Tachkent : grandes avenues, ensembles publics, métro thématique (années 1970), Palais de l’amitié des peuples (1981), salle d’exposition centrale (1974), hôtel Ouzbékistan (1974), cirque et marché couvert de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/March%C3%A9_de_Chorsu">Tchorsou</a>. On utilise le marbre, le granit, le béton, la mosaïque, les ornements. Le modernisme est enrichi d’éléments orientaux, pensé pour le décor et la fonction.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="580" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз6-1024x580-1.jpg" alt="bazar Tchorsou Tachkent" class="wp-image-75610" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз6-1024x580-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз6-1024x580-1-300x170.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/кзуз6-1024x580-1-768x435.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le dôme du bazar Tchorsou à Tachkent. Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A Almaty, la ville se développe progressivement, sans catastrophes majeures, avec un parc important de bâtiments modernistes, par exemple le Palais de la République (1970), l&rsquo;hôtel Kazakhstan (1977), le cinéma Arman (1968), le cirque d’État (1970), le Palais des élèves (1983), la patinoire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Medeu">Médéo</a>, les ensembles résidentiels. La ville a la particularité d&rsquo;utiliser du rakouchetchnik, un calcaire poreux local, conférant chaleur et identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : «&nbsp;Nous tremblons, mais nous n’abandonnons pas&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands bâtiments s’intègrent à la grille et au relief&nbsp;: rues en pente vers les montagnes, vues panoramiques. L’ingénierie, telle que les digues anti-inondation et les rues en terrasses, s’intègre désormais à l’architecture, conférant un aspect héroïque et rationnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Échelle et perception</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tachkent privilégie l’horizontalité, les grandes artères, les places ouvertes, l’expérience de masse. Almaty conserve un modernisme intime, intégré au relief, verticalité et panoramas guidant la perception.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque soviétique, une compétition implicite émerge&nbsp;: après le tremblement de terre de 1966, Tachkent bénéficie de ressources pour des projets spectaculaires. Almaty, de son côté, développe ses propres symboles, comme l’hôtel&nbsp;Kazakhstan, le Palais de la République et les ouvrages de Médéo. Deux registres&nbsp;: grandeur par l’échelle versus intégration dans le quotidien et le relief.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">À la fin des années 1980, Almaty était un répertoire de modernisme rationnel et cohérent, Tachkent une vitrine du modernisme oriental, où ornement et artisanat pèsent autant que béton et verre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Période postsoviétique (1991 – aujourd’hui)</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1991, Almaty et Tachkent ont emprunté des trajectoires différentes. Mais avant d’aborder leurs divergences, il convient de souligner ce qui les rapproche. Les deux villes voient l’essor de mosquées, médersas, centres d’affaires, complexes commerciaux et vastes ensembles résidentiels, en même temps que l&rsquo;arrivée des processus globaux&nbsp;: commercialisation des centres et émergence des centres commerciaux comme nouvelles&nbsp;places.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les trajectoires divergent&nbsp;: Tachkent, capitale, se concentre sur les grands projets et les artères&nbsp;; Almaty cherche son identité dans la vie quotidienne&nbsp;: infrastructures vertes, parcours pratiques, etc. Là, les aryks et les squares forment des lignes continues et ombragées, l’eau est un élément du quotidien. À Tachkent, fontaines et canaux ponctuels fonctionnent comme accents&nbsp;; la voiture reste prioritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/detruire-ou-sauver-la-question-de-la-renovation-du-patrimoine-posee-a-tachkent/">Détruire ou sauver&nbsp;? La question de la rénovation du patrimoine posée à Tachkent</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Almaty maintient une hauteur modérée, respecte le rythme des façades et les vues sur les montagnes. Tachkent développe des clusters de grande hauteur, comme <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tashkent_City">Tashkent City</a>. La dimension piétonne reste secondaire. L’éclairage nocturne suit cette logique&nbsp;: douce ambiance à Almaty, illumination spectaculaire à Tachkent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Code de la rue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Almaty conserve une riche texture de façades&nbsp;: matériaux minéraux, diversité des vitrines et enseignes, cafés et petites boutiques. Tachkent présente plus d’uniformité, surtout en périphérie, mais un centre plus soigné. Même les petits éléments (poubelles, aménagements légers) reflètent cette approche&nbsp;: ubiquité à Almaty, concentration dans le centre à Tachkent.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le statut de capitale influence le sort du patrimoine. Tachkent a perdu une partie de son modernisme, souvent remodelé. Almaty a su préserver une grande partie de son héritage, souvent dans son état d’origine. Les initiatives actuelles diffèrent&nbsp;: Tachkent valorise le modernisme via expositions et publications, Almaty l’intègre au quotidien par parcours, visites et recherche locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux villes se situent en zones sismiques. Almaty intègre relief, infrastructures et structures antisismiques. Tachkent s’appuie sur des structures renforcées et des façades-écrans. Le climat dicte l’ombre et la ventilation, mais chaque ville adapte les solutions à sa logique urbaine&nbsp;: réseau vert à Almaty, artères et ensembles publics à Tachkent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dialogue qui raconte l&rsquo;histoire architecturale centrasiatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les différences des XIXème et XXème siècles se ressentent dans les rythmes urbains. Tachkent pense à l’échelle des ensembles et des places publiques&nbsp;: langage de la scène et de la démonstration. Almaty suit un rythme intime&nbsp;: rues en pente, vues sur les crêtes, confort quotidien. Les deux villes partagent la contrainte sismique, mais la traduisent différemment.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Tachkent est un laboratoire de projets spectaculaires, et Almaty, un musée du modernisme quotidien. Leur dialogue, entre grand geste&nbsp;et pas mesuré, raconte l’histoire architecturale de la région.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Rouchena Seminogova<br>Journaliste pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://hook.report/2025/09/almaty-tashkent/">russe</a> par Aruzhan Urazova</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Anaïs Marayphonh</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Un instant capturé : le Tadjikistan sur des photographies du XIXème et début du XXème siècle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jun 2026 12:43:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/instant-capture-tadjikistan-photographies-xixeme-xxeme-siecle/">Un instant capturé : le Tadjikistan sur des photographies du XIXème et début du XXème siècle</a></p>
<p>Dès la naissance de la photographie d&#8217;ethnographie dans la deuxième moitié du XIXème siècle, des Russes et des Occidentaux se sont donné pour mission de documenter une Asie centrale alors à l&#8217;écart de la globalisation. Ces photographes pionniers ont pu immortaliser la région avant les grands bouleversements du XXème siècle et les influences étrangères. Au [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dès la naissance de la photographie d&rsquo;ethnographie dans la deuxième moitié du XIXème siècle, des Russes et des Occidentaux se sont donné pour mission de documenter une Asie centrale alors à l&rsquo;écart de la globalisation. Ces photographes pionniers ont pu immortaliser la région avant les grands bouleversements du XXème siècle et les influences étrangères.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au XIXème siècle, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Verechtchaguine">Vassily Verechtchaguine</a>, artiste alors peu connu, s’est rendu en Asie centrale pour y réaliser ses peintures. Dans le même temps, le célèbre album photographique du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_russe">Turkestan</a> ne voyait le jour qu’à six exemplaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est reconnu que le professeur russe <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Sergueï Prokoudine-Gorski</a>, pionnier de la photographie couleur en Russie, a mené des expérimentations révolutionnaires qui ont marqué un tournant fondamental, en immortalisant les monuments d’Asie centrale entre 1901 et 1916.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’histoire de cette région a été également documentée par d’autres photographes de grande réputation, tels qu&rsquo;<a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D1%83%D1%80%D0%B5%D0%BD%D0%BA%D0%BE,_%D0%90%D0%BD%D1%82%D0%BE%D0%BD_%D0%A1%D1%82%D0%B5%D0%BF%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Anton Mourenko</a> (1858), Nikolaï Bogoyavlenski (1895, 1898, 1901), <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Samuil_Dudin">Samouil Doudine</a> (1891–1915), N. Nekhorochev, Grigori Krivtsov (1871–1872), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_Krafft">Hugues Krafft</a> (1899), et bien d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les archives sont conservées de nombreuses photographies issues de sources différentes, prises à des époques variées. Une sélection en est présentée dans cet article.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Parcourir l’album du Turkestan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le besoin urgent d’une étude visuelle approfondie des terres d’Asie centrale est apparu avec l’intégration à l’Empire russe des territoires de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">émirat de Boukhara</a> et des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanats de Kokand</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Khiva">Khiva</a>. La région a été conquise sous la direction du gouverneur général <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_von_Kaufmann">Constantin Petrovitch von Kaufmann</a> (1818–1882), commandant du district militaire du Turkestan dès 1867.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rendre compte visuellement de l’expédition, un jeune artiste encore peu connu à l’époque, Vassily Verechtchaguine, a été intégré à la mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des objectifs militaires et stratégiques évidents, cette expansion de l’influence russe en Asie face aux ambitions du Royaume-Uni a permis également de recueillir des informations précieuses sur ces territoires asiatiques, selon le gouverneur <em>« bien différents de ce que les Russes avaient l’habitude de considérer comme leur patrie »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est Constantin Kaufman lui-même qui a commencé la publication en Russie de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Turkestan_Album">l’album du Turkestan</a>, un événement majeur dans l’histoire de la photographie. La compilation de l’ouvrage a été confiée à l’éminent orientaliste et islamologue Alexandre Ludwigovitch Kun. La partie visuelle a été réalisée par les photographes N. Nekhorochev, propriétaire d’un atelier à Tachkent, et le sous-lieutenant Grigori Krivtsov, photographe militaire. Ils ont imprimé les lithographies de chaque planche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un album mythique tiré à six exemplaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette équipe a consacré deux années entières à la réalisation de l’album et il a été publié à Saint-Pétersbourg en 1872. Sa particularité : il a été tiré seulement à six exemplaires, ce qui en fait une œuvre très rare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’album se compose de quatre sections réparties en six volumes : archéologie, ethnographie, artisanat et histoire. Ces volumes offrent un témoignage riche de la vie quotidienne des populations d’Asie centrale, de leur diversité géographique et ethnique, de leurs métiers, croyances, coutumes, fêtes, jeux et divertissements.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="676" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-28-35-790-3566d0f9-1024x676.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75582" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-28-35-790-3566d0f9-1024x676.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-28-35-790-3566d0f9-300x198.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-28-35-790-3566d0f9-768x507.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-28-35-790-3566d0f9.jpg 1052w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les marchés tadjiks du XIXème siècle. 1-3-4 : Hugues Krafft (1899). 2 : Nekhorochev (1871-1872). 5 : marchand de melons. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il est possible de découvrir autant les majestueux monuments architecturaux que les modestes quartiers d’habitation. L’album propose également une galerie saisissante de portraits représentant différentes ethnies, où sont mis en valeur les statuts sociaux, les costumes traditionnels et les ornements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le spectateur était en mesure de comprendre la diversité des modes de vie orientaux rencontrés par l&rsquo;expédition russe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un témoignage de la rencontre entre deux mondes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les <em>« bulletins de Saint-Pétersbourg »</em> à la fin du XIXème siècle écrivent : <em>« Le travail de Nekhorochev est une photographie documentaire sans passion, mais il est aujourd’hui intéressant d’observer comment, en 1871, on vendait des selles, comment on attachait les pattes d&rsquo;un cheval pour le ferrer, et à quoi ressemblait le campement d’été et la yourte des nomades. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exemplaires historiques principaux de l’album sont aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de Russie et à la Bibliothèque nationale d’Ouzbékistan. Un exemplaire de ce riche héritage a été acquis en 1934 par la Bibliothèque du Congrès des États-Unis et une partie des volumes se trouve en France.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/voyage-baron-mannerheim-asie-centrale-photographies-exposees-berne/">Voyage du baron Mannerheim en Asie centrale : ses photographies exposées à Berne</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une décennie plus tôt, le photographe Anton Mourenko, lors de l’expédition de reconnaissance diplomatique du colonel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Pavlovitch_Ignatiev">Nikolaï Ignatiev</a>, avait réalisé diverses photographies, mais celles-ci sont restées peu accessibles au grand public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’album du Turkestan, au contraire, est devenu un témoignage visuel direct de la rencontre de deux mondes. Les photographies de cet album ont aussi mis en évidence les problématiques auxquelles durent faire face d’abord le gouvernement tsariste, puis le gouvernement soviétique, lors des tentatives d’intégration de ces terres au sein de l’empire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les villes, les habitations et les visages</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les documents qui constituent l&rsquo;image la plus captivante sont sans aucun doute ceux relatifs aux Tadjiks. En particulier ceux qui vivaient à la fin du XIXème et au début du XXème siècle sur le territoire de l’actuel Tadjikistan, ainsi que dans d’autres anciennes villes d’Asie centrale, alors que leur environnement n&rsquo;était pas encore globalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2010, un ouvrage de grande envergure de <a href="https://www.archeo.ru/institute/employees/dluzhnevskaya-galina-vatslavna-85574">Galina Dloujevskaïa</a> a paru, <em>« Le monde musulman de l’Empire russe en anciennes photographies »</em>, reposant sur les archives photographiques du département scientifique de l’Institut d’histoire de la culture matérielle de l’académie des sciences de Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-kazakhs-au-tournant-du-xxeme-siecle-en-photos/">Les Kazakhs au tournant du XXème siècle en photos</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce livre inclut plusieurs photographies extraites de l’album du Turkestan conservées dans le département photographique de cet institut. Une section entière de cet ouvrage est également consacrée au Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une remarquable collection de photographies issues de ce même fond, réalisées par l’excellent photographe Nikolaï Bogoyavlenski pendant l’expédition au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, a été publiée en 2013 dans le livre de Davlat Nazar Khoudonazarov, <em>« Les expéditions au Pamir du comte A. A. Bobrinski, 1985-1901 »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une perspective française de l’Asie centrale </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’immense région d’Asie centrale ne fascinait pas que les Russes. En 1902, le célèbre photographe français Hugues Krafft (1853–1935) publie un ouvrage-album intitulé <em>« À travers le Turkestan russe »</em>, qui inclut 270 illustrations, parmi lesquelles des photographies, des gravures et des cartes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce livre, consacré à une région encore peu explorée et mystérieuse pour le lecteur occidental, rencontre un immense succès. Il est récompensé par des prix de la Société de géographie de Paris et de l’Académie française. Hugues Krafft a même l’honneur d’être présenté au tsar <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_II">Nicolas II</a>, à qui il remet son ouvrage dans une reliure en maroquin, ornée d’un aigle bicéphale.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’album est consacré à l’histoire, à la culture, à l’architecture et à l’ethnographie des peuples d’Asie centrale, incluant leurs coutumes et leurs fêtes religieuses. L’ouvrage représente une rareté bibliophile et aurait été inaccessible au grand public sans la maison d’édition moscovite<em> </em>Progrès-Traditions, qui l’a réédité en 2012 dans une version soignée, proche de l’original, en langue russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir passé plusieurs mois en Asie centrale, Hugues Krafft affirme avoir été <em>« captivé par la beauté des hautes montagnes et des vallées fleuries, par la splendeur des monuments anciens, par l’extraordinaire richesse des costumes et par la beauté pittoresque des habitants ; des impressions que je n’avais jamais ressenties dans aucun autre pays d’Orient. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le regard de Paul Nadar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Remarquables également sont les photographies d’un autre grand photographe français, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Nadar">Paul Nadar</a>, auteur d’un reportage photographique unique réalisé lors de son voyage au Turkestan en 1890. Il a effectué un long périple pour se rendre à l’exposition de Tachkent. Les lieux capturés par Paul Nadar constituent un témoignage documentaire crucial sur l’état de la région à la fin du XIXème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/turkmenistan-une-exposition-des-photos-du-voyage-de-paul-nadar-organisee/">Turkménistan : une exposition des photos du voyage de Paul Nadar organisée</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses clichés montrent de nombreux monuments architecturaux &#8211; mosquées, médersas, caravansérails, mausolées &#8211; des labyrinthes de ruelles dans les vieilles villes, des foules sur les places et les marchés, des marchands ambulants, de grandes fêtes religieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il réalise aussi une série de portraits de l’émir de Boukhara, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%CA%BDAbd_al-Ahad_Khan">Abd-Al-Ahad Khan</a> (1859-1910). Dans l’un de ses remarquables portraits, l’émir apparaît dans toute sa splendeur, vêtu de ses habits de cérémonie, fine épée en main.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="711" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-29-30-645-71a30ab3-711x1024.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75581" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-29-30-645-71a30ab3-711x1024.jpg 711w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-29-30-645-71a30ab3-208x300.jpg 208w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-29-30-645-71a30ab3-768x1107.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-29-30-645-71a30ab3.jpg 873w" sizes="auto, (max-width: 711px) 100vw, 711px" /><figcaption class="wp-element-caption">1 : l&rsquo;émir de Boukhara, Abd-Al-Ahad Khan, Paul Nadar (1890). 2 : mandiant de Kokand, Annette Meakin (1901). 3 : bazar et mosquée Bibi Khanoum, Paul Nadar (1890). Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette image d’un mendiant de Kokand, capturée en 1901 par <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Annette_Meakin">Annette Meakin</a> lors de son voyage en Asie centrale, constitue un contraste surprenant au portrait soigneusement composé de l’émir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Tadjikistan dans l&rsquo;objectif des scientifiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1902, le botaniste russe <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Lipsky">Vladimir Ippolitovitch Lipski</a> (1863–1937), au cours de ses voyages au Pamir, publie les résultats de ses travaux dans les hautes montagnes dans un ouvrage intitulé <em>« Résultats de trois années de voyages en Asie centrale en 1896, 1897 et 1899 »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Passionné de photographie, il a constitué l’une des premières collections d’images représentant les paysages naturels, la faune, les constructions fortifiées et les types d’habitation du Pamir. Dans une partie des archives, quelques photographies très qualitatives d&rsquo;architecture ont été trouvées, réalisées en 1908 à Oura-Toubé (aujourd&rsquo;hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Istaravchan">Istaravchan</a>) et à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yevgeny_Pavlovsky">Evguéni Pavlovski</a>, éminent scientifique, académicien et fondateur de l’école soviétique de parasitologie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="888" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-18-994-31937f03-1024x888.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75580" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-18-994-31937f03-1024x888.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-18-994-31937f03-300x260.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-18-994-31937f03-768x666.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-18-994-31937f03.jpg 1041w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le territoire tadjik. 1 : Koulob (1871), Nikolaï Bogoyavlenski. 2 : Khoudjand, Nikolaï Bogoyavlenski. 3 : Pamir, forteresse de Vamar (1916), A. Stein. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les clichés datent de la jeunesse du scientifique, lors de son voyage en Asie centrale en 1908. Evguéni Pavlovski écrivait : <em>« il est compliqué de dire combien de fois, depuis 1908, j’ai dû me rendre en Asie centrale en qualité de chef d’expéditions parasitologiques. Cependant, c’est au Tadjikistan où j’ai mené mes travaux les plus enthousiasmants. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="612" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-52-174-d86d0b89-1024x612.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75579" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-52-174-d86d0b89-1024x612.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-52-174-d86d0b89-300x179.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-52-174-d86d0b89-768x459.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-30-52-174-d86d0b89.jpg 1053w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photographies d&rsquo;Evguéni Pavlovski, 1908. 1 : la cour de la médersa Cherdor, Samarcande. 2 : une mosquée à Oura-Tioubé. 3 : Oura-Tioubé. 4 : Samarcande. 5 : Médersa Khorazmi, Samarcande. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1932, il a administré la base de l’académie des sciences de l’URSS au Tadjikistan, avant de devenir responsable de la section tadjike de l’académie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les premières photographies du Yaghnob</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les archives ont également conservé de nombreuses photographies prises par l&rsquo;explorateur du Tadjikistan <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mikhail_Andreyev">Mikhaïl Stepanovitch Andreïev</a>, qui fit découvrir au monde, dans les années 1920 à 1940, l’ethnographie originale du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yaghnob">Yaghnob</a> et du Pamir, à travers ses remarquables ouvrages <em>Sources sur l’ethnographie du Yaghnob</em> et <em>Les Tadjiks de la vallée de Khouf</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-06-969-2045f888-1024x709.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75578" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-06-969-2045f888-1024x709.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-06-969-2045f888-300x208.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-06-969-2045f888-768x532.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-06-969-2045f888.jpg 1046w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photographies de Mikhaïl Andreïev. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ses premières photographies de l’Afghanistan, du Tadjikistan, de Samarcande et de Boukhara sont particulièrement précieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des étrangers qui découvrent la complexité ethnique centrasiatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les photographes russes et occidentaux s’intéressaient aux problématiques ethniques des populations de l&rsquo;Asie centrale, désignant les sujets de leurs clichés comme Tadjiks, Ouzbeks, Kirghiz, Turkmènes, et parfois comme Sartes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas d’un ethnonyme et il s’applique aussi bien aux Tadjiks qu’aux Ouzbeks sédentaires, ce qui déclenche inévitablement une certaine confusion et des interprétations diverses, car les Tadjiks de Samarcande, de Boukhara et de la vallée de Ferghana parlent aussi bien le tadjik, leur langue maternelle, que l’ouzbek.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-38-11-844-4be651d6-1024x617.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75571" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-38-11-844-4be651d6-1024x617.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-38-11-844-4be651d6-300x181.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-38-11-844-4be651d6-768x463.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-38-11-844-4be651d6.jpg 1058w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le complexe architectural de Hissor, XIV-XIXème siècle. Cliché de la fin du XIXème siècle et vue actuelle. La flèche rouge indique le caravansérail détruit dans les années 1930. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tadjiks, en tant que population sédentaire de la région, se désignaient souvent par leur lieu d’origine : par exemple Boukhari, Khoudjandi, Koulobi, Badakhchani ou Pamiri, Hissori, mais jamais ils ne s’appelaient entre eux « sartes ». À différentes époques et dans diverses localités, ce terme désignait, selon le poète <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-vizir-au-service-du-peuple-comment-alicher-navoi-est-devenu-un-poete-sovietique-et-ouzbek/">Alicher Navoï</a> et l&#8217;empereur timouride <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur">Babour</a>, certains groupes persanophones ayant subi une turquisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les caravaniers, les commerçants, les artisans, tous les habitants sédentaires de la région, prenaient également le nom de sartes. Il s’agissait d’une tentative vouée à l’échec des autorités russes de l’époque d’envisager une pseudo-langue sarte, avec une pseudo-nation sarte. C’est la raison pour laquelle ce terme n’a pas été imposé et a été justement abandonné.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les personnes et les coutumes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nombre de portraits mettent en lumière les traits individuels, le statut social, la particularité des costumes et des bijoux. En réalité, il s’agit non seulement de portraits ethnographiques, mais aussi psychologiques, malgré certains éléments mis en scène.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="858" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-38-285-aa6bcff0-858x1024.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75577" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-38-285-aa6bcff0-858x1024.jpg 858w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-38-285-aa6bcff0-251x300.jpg 251w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-38-285-aa6bcff0-768x917.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-33-38-285-aa6bcff0.jpg 912w" sizes="auto, (max-width: 858px) 100vw, 858px" /><figcaption class="wp-element-caption">Portrait d&rsquo;hommes tadjiks. 1-8 : Hugues Krafft (1899). 9-11 : Nekhorochev (1871-1872). 12 : Mikhaïl Andreïev (1925). Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces clichés en disent beaucoup sur les gens de cette époque, sages, posés, très hospitaliers, joyeux de nature, aimant leur environnement naturel parfois rude, attentifs aux enfants et aux animaux, adorant les longues conversations dans les salons de thé, et, en tant que peuple issu d’une civilisation ancienne, plutôt réservés et enclins à une perception philosophique du monde qui les entoure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux, d’importants fonctionnaires et marchands vêtus de robes d’atlas colorées, ceintes de larges ceintures coûteuses, et des femmes en habits d’atlas éclatants avec de beaux bijoux. Un important nombre de photos montrent aussi des citadins simples et modestement vêtus : des vendeurs de galettes, des ermites dans des tenues fantastiques avec un chapeau pointu sur la tête.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="764" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-16-372-71a4708f-1024x764.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75576" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-16-372-71a4708f-1024x764.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-16-372-71a4708f-300x224.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-16-372-71a4708f-768x573.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-16-372-71a4708f.jpg 1039w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Portraits de femmes tadjikes. 1-3 : Hugues Krafft (1899). 4 : Nekhorochev (1871). 5 : F. Orde (1880). Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce monde où les médias n’existaient pas, les centres de communication et d’information étaient représentés par des bazars colorés avec des comptoirs en bois et des auvents recouverts de paille, où les intérêts économiques, le divertissement et l’information s’entremêlaient. Ce lieu offrait non seulement de quoi se nourrir, mais aussi un espace vivant d’échanges sociaux et d’information. Une vie colorée, vibrante, naturelle, qui n’avait pas été contaminée par des influences extérieures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Khoudjand, productrice de soie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khoudjand</a>, les photographes s’intéressaient tout d’abord à la citadelle qui domine la ville, au pied de laquelle, au XIXème siècle, s’étendait le quartier russe jusqu’à la rivière du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a>. C’est là que se trouvaient les institutions officielles du quartier, le conseil militaire, les casernes et l’église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ne pouvaient pas non plus négliger le centre idéologique et commercial de la ville, c’est-à-dire le complexe du cheikh Mouslihitdine avec son mausolée, la mosquée du vendredi et le vaste marché de <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/a-qui-appartient-desormais-le-celebre-bazar-panjchanbe/">Panjchanbé</a>. Sur la photo d’un certain Tchistiakov, le mausolée monumental est montré tel qu’il se présentait en 1896, avant la restauration qu&rsquo;on lui connait aujourd&rsquo;hui.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Les scènes ethnographiques montrant la vie quotidienne des anciennes villes sont particulièrement intéressantes pour le spectateur moderne. Il s’agit des échoppes artisanales et commerciales, des fêtes religieuses, des citadins assis dans les salons de thé. Khoudjand était alors la première ville d’Asie centrale pour la production de soie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville, densément bâtie, s’étendait autour des mosquées de quartier, des salons de thé où se trouvaient souvent des bassins, entourés d’une végétation luxuriante, nécessaire dans ce climat chaud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les médersas d&rsquo;Istaravchan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Oura-Tioubé, aujourd’hui Istaravchan, est très précisément représentée dans les photographies de N. Nekhorochev dans l’album <em>« Turkestan russe »</em>. Il a probablement pris la seule photographie de la médersa de Roustambek, construite en 1850 et démolie dans les années 1930 lors de la lutte contre la religion.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="704" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-36-33-906-1024x704.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75574" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-36-33-906-1024x704.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-36-33-906-300x206.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-36-33-906-768x528.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-36-33-906.jpg 1038w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La médersa Roustambek d&rsquo;Istaravchan photographiée par Nekhorochev (1871). Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les clichés montrent dans quel état lamentable se trouvait le principal bâtiment de la ville, le mausolée-médersa de Soultan Abdoullatif, datant du XVIème siècle. L&rsquo;édifice a été restauré de nos jours.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="750" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-04-989-b5ad833b-1024x750.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75573" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-04-989-b5ad833b-1024x750.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-04-989-b5ad833b-300x220.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-04-989-b5ad833b-768x563.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-04-989-b5ad833b.jpg 1033w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le mausolée Soultan Abdoullatif, Istaravchan. Cliché de Nekhorochev (1871) et vue actuelle. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs photographies de N. Nekhorochev, prises à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pendjikent">Pendjikent</a>, ville connue pour ses découvertes archéologiques, révèlent des vues pittoresques de la place du bazar, des volumes des habitations, avec les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iwan_(architecture)">iwans</a>, ces salles voutées ouvertes sur la rue d&rsquo;un côté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une région au bord des bouleversements du XXème siècle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Asie centrale attirait aussi bien les Russes que d’autres Européens par l’originalité de son environnement naturel et la culture hétérogène de sa population.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="884" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-42-321-efc77dcc-884x1024.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75572" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-42-321-efc77dcc-884x1024.jpg 884w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-42-321-efc77dcc-259x300.jpg 259w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-42-321-efc77dcc-768x889.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-37-42-321-efc77dcc.jpg 899w" sizes="auto, (max-width: 884px) 100vw, 884px" /><figcaption class="wp-element-caption">Trois vues de Pendjikent, Nekhorochev (1871). Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup prédisaient de grands changements pour cette région. Le célèbre explorateur russe <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%BE%D0%B1%D1%80%D0%B8%D0%BD%D1%81%D0%BA%D0%B8%D0%B9,_%D0%90%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D1%81%D0%B5%D0%B9_%D0%90%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D1%81%D0%B5%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87_(1861)">Alexeï Bobrinsky</a> appelait déjà en 1908 à se hâter d’étudier le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Badakhshan_(r%C3%A9gion_historique)">Badakhchan</a>, <em>« car la culture européenne omniprésente commence à l’atteindre et, par conséquent, à tuer en lui tout ce qui est authentique, individuel et caractéristique. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="983" height="923" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-52-809.jpg" alt="Photographies anciennes Turkestan russe" class="wp-image-75575" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-52-809.jpg 983w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-52-809-300x282.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/izobrazhenie_viber_2025-05-16_13-34-52-809-768x721.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 983px) 100vw, 983px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Pamir dans les photographies de Bogoyavlenski (1895-1901). 1 : Darvaz. 2 : Edifice religieux, Choughnan. 3 : Forteresse Kalaï Pandj, Wakhan. 4 : Forteresse Kalaï Vamar, Rouchan. Photo : Mounavar Mamadnazarov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A ce propos, Hugues Krafft <a href="https://archive.org/details/traversleturkest00kraf/page/n27/mode/2up">écrivit</a> dans son ouvrage des lignes prophétiques sur l’avenir de la région : <em>« Puissent donc les documents et le texte, qui vont suivre, aider à illustrer les manifestations sensibles de l&rsquo;âme musulmane du Turkestan, et les fixer d&rsquo;une manière durable ! Puissent-ils contribuer à conserver le reflet de son attrayante image ancienne, le jour où cette âme se sera peut-être rénovée, et alors surtout que la modernisation universelle aura répandu ses vagues envahissantes jusque sur ces régions éloignées, et encore somnolentes, en les submergeant à leur tour, comme le reste du monde&#8230; »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps a montré à quel point le mode de vie de la région a rapidement changé au cours du XXème siècle, à la suite de grands bouleversements sociaux, de révolutions, de guerres, de conflits internes, ainsi que des contacts économiques intenses et des migrations de population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un patrimoine à étudier et enrichir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mode de vie suivit un processus d’uniformisation, les différences régionales en matière d’architecture, de production, de costumes et de divertissements se sont estompées. Même les photographies prises dans les années 1970 lors d’expéditions dans différentes régions de la république tadjike relèvent déjà de l&rsquo;histoire, tant elles diffèrent du rythme effréné de la vie moderne.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article n&rsquo;aborde qu’une petite partie de ce riche patrimoine illustratif. Toutes les photographies historiques prises dans les rues des villes et villages du Tadjikistan constituent un témoignage intact de la vie passée ; elles représentent en même temps un précieux fonds culturel qu’il est nécessaire d’étudier, d’enrichir et d’exposer dans des musées et des expositions spécialisées.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Mounavar Mamadnazarov<br>Doctorant en architecture, pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplus.news/2025/05/16/zapechatlyonnoe-mgnovenie-tadzhikistan-na-istoricheskih-fotografiyah-xix-nachala-xx-veka/">russe</a> par Lisa D&rsquo;Addazio</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>L’histoire comme arme : comment la Russie conteste leur souveraineté aux pays d’Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 14:12:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/politique/lhistoire-russie-conteste-souverainete-pays-dasie-centrale/">L’histoire comme arme : comment la Russie conteste leur souveraineté aux pays d’Asie centrale</a></p>
<p>Le média ouzbek Hook se penche sur un ouvrage récemment paru qui décortique l&#8217;histoire de l&#8217;impérialisme russe. Il y montre que les déclarations de propagandistes du Kremlin remettant en cause la souveraineté des pays d&#8217;Asie centrale et du Caucase s&#8217;inscrivent dans la continuité de l&#8217;histoire russe. En 2026, les nouveaux chantres de la propagande russe [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/politique/lhistoire-russie-conteste-souverainete-pays-dasie-centrale/">L’histoire comme arme : comment la Russie conteste leur souveraineté aux pays d’Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le média ouzbek Hook se penche sur un ouvrage récemment paru qui décortique l&rsquo;histoire de l&rsquo;impérialisme russe. Il y montre que les déclarations de propagandistes du Kremlin remettant en cause la souveraineté des pays d&rsquo;Asie centrale et du Caucase s&rsquo;inscrivent dans la continuité de l&rsquo;histoire russe.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, les nouveaux chantres de la propagande russe ont commencé une nouvelle campagne agressive au service du Kremlin en menaçant la souveraineté des pays du Caucase et de l’Asie centrale. Certains étaient effrayés, tandis que d’autres, non initiés aux traditions politiques de la Russie, étaient surpris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à la lumière de l&rsquo;histoire, il s&rsquo;avère que ce type de récit est en fait le modus operandi de Moscou. L’histoire de l’impérialisme russe est étudiée sous un nouvel angle dans <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.perishedcivilization.com/about&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778586688138732&amp;usg=AOvVaw1eQTUYTyT2lapSEPaj78L2"><em>Une civilisation en voie d’extinction</em></a>, un ouvrage paru récemment.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des « gros cadeaux »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les déclarations douteuses de diplomates et de personnalités publiques russes vis-à-vis de l’Asie centrale ne sont pas un phénomène nouveau. En 2020 déjà, le diplomate russe Viatcheslav Nikonov a <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.gazeta.uz/ru/2020/12/13/kazakhstan/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778674259229541&amp;usg=AOvVaw3RpElXO4Wp6w6AsbT8JbRB">déclaré</a> en direct sur la chaîne Pervy Kanal, la principale chaîne de télévision nationale russe, que <em>« les territoires du Kazakhstan, ce sont des gros cadeaux de la part de la Russie et de l’Union Soviétique »</em>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Après quoi le ministère des Affaires étrangères du Kazakhstan a transmis une note à Viatcheslav Nikonov, faisant remarquer que <em>« la recrudescence de remarques provocantes de la part de certaines figures politiques russes à l’encontre du Kazakhstan portaient gravement atteinte à nos relations d’alliance »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a></a>L’Ouzbékistan n’est pas le pré carré de la Russie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En septembre 2023 le député russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Evgueni_Fiodorov_(homme_politique)">Evguéni Fiodorov</a> <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2023/09/13/fyodorov/">s’est plaint</a> de la <em>« séparation illégale des Républiques de l’URSS »</em>. Il s’agissait selon lui d’une atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie actuelle qu’il faudrait régler en <em>« combattant »</em> les républiques devenues indépendantes. En réponse, les députés ouzbeks ont qualifié Evguéni Fiodorov <em>« d’énième affabulateur »</em> et le député Odiljon Tojiev a fait remarquer que la Constitution, qui prime sur toutes les lois, stipule dans l’article 72 que <em>« chaque république conserve le droit de se retirer librement de l’URSS »</em>.<br><br>En novembre de cette même année, l’adjoint de la Douma russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piotr_Olegovitch_Tolsto%C3%AF">Piotr Tolstoï</a> a <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2023/11/16/deputies/">déclaré</a> qu’il fallait limiter l’embauche de citoyens issus de pays dont le russe n’est pas une langue officielle. Le député a également souligné que la Russie <em>« souhaitait »</em> que les pays de l’espace post-soviétique enseignent la langue russe et aucune autre, étant donné qu’ils <em>« essaient de supplanter la langue russe par leurs langues nationales »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/au-kirghizstan-une-loi-renforce-la-place-de-la-langue-kirghize-et-cree-le-debat-dans-la-societe/"><strong>Au Kirghizstan, une loi renforce la place de la langue kirghize et crée le débat dans la société</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le député de l’assemblée nationale de l’Ouzbékistan <a href="https://johnsmithtrust.org/person/bobur-bekmurodov/">Bobour Bekmourodov</a> a répondu ainsi : <em>« L’Ouzbékistan n’est pas le pré carré du député Tolstoï. Qu’il s’occupe des problèmes des citoyens dans son pays. En Ouzbékistan, la langue russe est couramment utilisée. Nous agissons à la hauteur de notre statut de pays allié, ce n’est pas le cas de Tolstoï »</em>.<br><br>En décembre 2023, le coprésident du parti Russie juste, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zakhar_Prilepine">Zakhar Prilepine</a>, a <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2023/12/21/zahar-prilepin/">proposé</a> la réunion de l’Ouzbékistan et des autres territoires de l’ex-URSS à la Fédération russe. Zakhar Prilepine a justifié sa position en disant que <em>« personne ne l’interdit »</em>, et que la présence de certains de <em>« nos citoyens »</em> dans ces pays suffisait à revendiquer ces territoires. Bobour Bekmourodov a rappelé sa responsabilité juridique au politicien : <em>« De telles opinions, avancées par [Zakhar] Prilepine et d’autres politiciens, ne sont qu’une illusion. N’en déplaise à certains, l’Ouzbékistan est un pays indépendant avec une forte souveraineté »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« L’accueil des travailleurs migrants »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur du parti Russie juste, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Mironov">Sergueï Mironov</a>, a <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2024/09/04/citizenship/">exprimé</a> en septembre 2024 vouloir imposer un moratoire aux obtentions de la citoyenneté russe pour les ressortissants des pays centrasiatiques, car <em>« l’accueil massif de travailleurs migrants bénéficie seulement à la mafia et aux fonctionnaires corrompus »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre de la même année, Sergueï Mironov s’est <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2024/10/21/sergey-mironov/">indigné</a> lorsque le consulat général de l’Ouzbékistan à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazan">Kazan</a> a mis en garde ses citoyens contre la participation à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. En réponse, Sergueï Mironov a appelé à l&rsquo;instauration d&rsquo;un régime de visas pour les Ouzbeks. Le député a déclaré que les Ouzbeks n’avaient pas besoin du matkapital, l&rsquo;allocation familiale pour les mères en Russie, et que <em>« nous n’avons pas besoin de tels citoyens ici »</em>.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bobour Bekmourodov affirme que l’Ouzbékistan n’accepterait jamais que ses propres citoyens soient impliqués dans cette guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre consulat a pleinement le droit de protéger nos citoyens d’actions reconnues illégales par l’Ouzbékistan, c’est naturel et juste. Au demeurant, nos compatriotes participent à l’économie de la Russie par leur travail et paient des impôts. Mettre en équivalence le fait de recevoir des aides sociales avec des actions qui mettent en danger la vie d’autrui manifeste une ignorance absurde »</em>, a souligné le député.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une arrogance diplomatique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La visite de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Lavrov">Sergueï Lavrov</a>, le ministre des Affaires étrangères russe, a suscité un débat public après <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2025/04/25/sergey-lavrov/">ses remarques</a> près du mémorial de la mère endeuillée. Deux écriteaux encadrent le mémorial, l’un en ouzbek et l’autre en anglais. Sergueï Lavrov était étonné de découvrir qu’il n’y avait pas d’inscriptions en langue russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Comment les Anglais sont-ils arrivés jusqu’à vous ? Regardez, vous avez un écriteau en anglais »</em>, a-t-il demandé au guide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbek-parviendra-t-il-a-supplanter-le-russe-en-ouzbekistan/">L’ouzbek parviendra-t-il à supplanter le russe en Ouzbékistan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philologue et conseiller du ministre de la Justice sur les questions de langues nationales, Chakhnoz Soatov, a souligné que la situation rappelait l’importance de protéger l’identité nationale : <em>« Que l’absence d’un écriteau en russe dans un pays indépendant déplaise à [Sergeï] Lavrov, c’est son problème personnel, mais nous ne devons pas en faire le nôtre. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le juriste et blogueur Khouchnoudbek Khoudoïberdiev a associé le comportement de Sergueï Lavrov à de <em>« l’arrogance diplomatique »</em> et insisté sur le fait que le choix d’avoir un écriteau en ouzbek et un en anglais était le bon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« On se moque du droit international »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias ont largement <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.gazeta.uz/ru/2026/01/12/soloviev/&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778586688137089&amp;usg=AOvVaw1XNK4cq7ETFHDYZ_VdPv79">relayé</a> les événements du 11 janvier dernier, lorsque l’animateur télé Vladimir Solovyov, prenant pour exemple l’opération spéciale des États-Unis au Venezuela, a émi cette opinion :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« On se moque du droit international. Si nous avons été forcés de lancer l’opération spéciale en Ukraine pour notre sécurité nationale, pourquoi on ne pourrait pas lancer une opération spéciale sur d’autres points de notre zone d’influence ? La perte de l’Arménie est un énorme problème. Notre Asie centrale pose aussi un gigantesque problème, et nous devons exprimer clairement nos objectifs et nos missions. Nous devons leur expliquer que les jeux, c’est fini. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/influence-russe-au-kazakhstan-lillusion-de-laffaiblissement/">Influence russe au Kazakhstan&nbsp;: l’illusion de l’affaiblissement</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jour suivant, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Douguine">Alexandre Douguine</a>, l’un des idéologues les plus marquants du monde russe, s’est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZfxpA0ROIq4">exprimé</a> en ces termes : <em>« On ne peut pas accepter l’existence d’une souveraineté arménienne, géorgienne, kazakhe, ouzbèke… Soit ils sont dans notre camp, soit ils deviendront des bases américaines ou chinoises ». </em>Il ajoute qu’au vu de la situation actuelle, <em>« il n’y a qu’une seule issue : rejeter le droit international et déclarer un empire russe. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;expression de positions gouvernementales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le débat public, ces personnes sont régulièrement associées à des proches du Kremlin. Vladimir Solovyov participe systématiquement à des événements organisés par l’administration du président russe, et il a été reconnu comme journaliste émérite de la Russie par Vladimir Poutine en janvier 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre Douguine est une figure médiatique plus complexe et influente. Les médias traditionnels le surnomment <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.foreignaffairs.com/articles/russia-fsu/2014-03-31/putins-brain&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778586688137383&amp;usg=AOvVaw2CDcXV2GewL5dk9CRxQW70">le cerveau de Poutine</a>. Ses idées sont considérées comme ayant une <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.npr.org/2022/03/27/1089047787/russian-intellectual-aleksandr-dugin-is-also-commonly-known-as-putins-brain&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778586688136592&amp;usg=AOvVaw04ov5rs8vwVJ7u-I4CJM52">influence</a> sur Poutine dans ses prises de décisions, ayant mené à l&rsquo;annexion de la Crimée en 2014 et le lancement de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine en 2022.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Au vu des liens indéniables de ces deux personnages avec le Kremlin, il est impensable de voir leurs déclarations comme de simples opinions personnelles, car elles sont l’expression de positions gouvernementales. La logique impérialiste, formulée dès le XIVème siècle, demeure une fondation structurante de la politique extérieure de la Fédération russe. Elle considère les pays de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des États indépendants</a> (CEI) avant tout comme une fraction de sa sphère d’influence et témoigne du dédain à leur encontre, allant jusqu&rsquo;à l&rsquo;abus de souveraineté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a></a>Une civilisation en voie d’extinction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance est décrite en détail dans l’ouvrage, déjà cité, de l’auteur ukrainien qui écrit sous le pseudonyme de Kuzari, <a href="https://www.perishedcivilization.com/book/4-nasledie-ivana-groznogo-i-petra-velikogo-1552-1827"><em>Une civilisation en voie d’extinction : la catastrophe inaperçue</em></a>. L’auteur y montre la manière dont, dès le XIVème siècle, les autorités moscovites ont inventé leur modèle impérialiste : la légitimation de la suprématie et du pouvoir moscovite se fait par la religion, qui justifie l’expansion territoriale russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Moscou explique son expansion sur des territoires orientaux musulmans par le besoin de « protéger sa foi » et « d’étendre le monde orthodoxe », se mettant en opposition face aux « fausses croyances ». Certaines déclarations ouvertes des propagandistes russes en janvier 2026 ont démontré que la politique extérieure de la Fédération de Russie se fonde encore et toujours sur des ambitions impérialistes »</em>, <a href="https://www.perishedcivilization.com/book/3-formirovanie-russkoj-ideologii-antityurkskoj-ekspansii-xiv-xvi-vv">remarque</a>-t-il dans le chapitre « La construction de l’idéologie russe expansionniste anti-turque ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/conquete-empire-russe-asie-centrale-tadjikistan/">Conquête ou rattachement volontaire&nbsp;? Comment l’Empire russe est arrivé en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il poursuit : <em>« L’opposition entre les « fidèles chrétiens » avec Moscou en tête et les « ignobles musulmans » des « terres tatares » nourrissait la légitimation de l’expansion russe dans les terres traditionnellement turco-musulmanes. Étant donné que depuis l’époque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan">Gengis Khan</a>, tous les peuples turciques, excepté les ottomans, étaient appelés tatares, les perspectives d’expansions territoriales pour la foi orthodoxe étaient si grandes qu’elles incluaient la région de la Volga, la Sibérie, l’Asie centrale et le Caucase. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la dimension géopolitique de l’ouvrage, l’auteur <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.perishedcivilization.com/about&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778674259228181&amp;usg=AOvVaw0ayp0UiFmIV6vrLIhpEOVM">apporte</a> une lumière nouvelle sur les événements historiques qui ont dessiné la carte ethnique et politique non seulement du Caucase du Sud, mais aussi de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale. Les archives, comme autant de pièces d’un puzzle, forment l’image des <a href="https://www.perishedcivilization.com/book/6-korni-lyutoj-vrazhdy-1830-1892">événements</a> qui ont défini le rapport de forces actuel au Caucase du Sud. Il s’agit surtout de causes <a href="https://www.perishedcivilization.com/book/9-pervaya-reznya-1905-1906">sous-jacentes et méconnues</a> à l’origine des affrontements turco-arméniens, puis de leurs manifestations en Arménie contemporaine. Le tableau qui en résulte est sensiblement <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.perishedcivilization.com/timeline&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778674259231783&amp;usg=AOvVaw3lLQrBQwk7g2Xo9V7zt8EM">différent</a> de l’interprétation historique officielle, autant dans les pays de cette région qu’en Russie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les discours néo-impériaux ne sont pas des abstractions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de ce livre réside dans sa dimension locale. Il s’agit d’une tentative de raconter une histoire cohérente des <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.perishedcivilization.com/book/4-unichtozhenie-pamyati&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778674259232241&amp;usg=AOvVaw1NLu57VbFd1hC2_uk2mwkS">derniers chapitres</a> de l’existence de l’un des peuples du Caucase, <a href="https://www.google.com/url?q=https://www.perishedcivilization.com/book/2-kak-zhila-ischeznuvshaya-civilizaciya&amp;sa=D&amp;source=docs&amp;ust=1778674259233366&amp;usg=AOvVaw1jvMvMvsEaG63-h6gq25k-">sans pour autant puiser</a> dans les sources azéries et turques. L’histoire des civilisations anciennes de la région d’Erevan et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zanguezour_(massif)">Zanguezour</a> est restituée essentiellement à partir de sources arméniennes, françaises et russes, ainsi que de sources orales contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les pays d’Asie centrale, y compris l’Ouzbékistan, les discours néo-impériaux ne sont pas des abstractions. La mémoire de la région conserve l’expérience de la colonisation du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a> par l’Empire russe, pendant la seconde moitié du XIXème siècle, lorsque l’expansion armée était accompagnée d’une rhétorique de « mission civilisatrice » et d&rsquo;assujettissement des « périphéries arriérées ».</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la période soviétique, la logique impériale avait seulement changé de forme. Le modèle économique soviétique était construit de la même manière, faisant de l’Ouzbékistan une source de matières premières, et les conséquences, allant de <a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-totalitarisme-de-lirrigation-a-tue-la-mer-daral/">l’assèchement de la mer d’Aral</a> aux disparités démographiques, se ressentent encore aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Ouzbékistan, qui construit progressivement une politique d’autonomie stratégique avec des liens extérieurs multi-vectoriels, les déclarations néo-impériales venues de Moscou agissent comme des rappels : le refus d’une réflexion critique sur le passé rend vulnérable à l’avenir. L’impérialisme russe est loin d’être un concept historique, mais bien un modèle productif qui s’adapte à de nouvelles conditions. Le nouvel angle de vue complexe présenté dans le livre cité plus haut revêt une importance particulière au vu de la perspective de réconciliations entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Turquie, de la guerre russo-ukrainienne et de la détérioration des relations entre la Russie et l’Occident, l’Asie centrale et le Caucase du Sud.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Oleg Posternak et Alina Vozniouk<br>Journalistes pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://hook.report/2026/01/perished-civilization/">russe</a> par Céleste de Ploëg</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<item>
		<title>Fabriquer du kourout avec du lait de brebis : une pratique ancestrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/fabriquer-kourout-lait-brebis-pratique-ancestrale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 07:23:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine]]></category>
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		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/fabriquer-kourout-lait-brebis-pratique-ancestrale/">Fabriquer du kourout avec du lait de brebis : une pratique ancestrale</a></p>
<p>Dans le Sud du Kazakhstan, certaines familles perpétuent une pratique aujourd’hui marginale&#160;: la fabrication de kourout et de beurre à partir de lait de brebis. Longtemps au cœur de la culture laitière nomade, cet usage a presque disparu au profit du lait de vache. Une enquête menée dans le district de Merke permet d’en comprendre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/fabriquer-kourout-lait-brebis-pratique-ancestrale/">Fabriquer du kourout avec du lait de brebis : une pratique ancestrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans le Sud du Kazakhstan, certaines familles perpétuent une pratique aujourd’hui marginale&nbsp;: la fabrication de kourout et de beurre à partir de lait de brebis. Longtemps au cœur de la culture laitière nomade, cet usage a presque disparu au profit du lait de vache. Une enquête menée dans le district de Merke permet d’en comprendre les raisons et d’en saisir la portée culturelle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historienne et chercheuse Aliya Bolatkhan documente la fabrication de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kashk">kourout</a> et de beurre à partir de lait de brebis dans le village d’Akkaïnar, situé le district de Merke. Jusqu’au début du XXème siècle, lorsque la population kazakhe menait majoritairement une vie nomade, cette pratique était largement répandue, avant de devenir très rare aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’il est question des goûts traditionnels de la cuisine kazakhe, il vient tout de suite à l’esprit le kourout, un yaourt fermenté séché, et le sary maï, du beurre clarifié. Aujourd’hui, ces produits sont presque exclusivement fabriqués à base de lait de vache. Pourtant, il y a un siècle seulement, ils étaient produits à partir de lait de brebis.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre comment ce goût oublié persiste, il faut rejoindre l’estive dans les montagnes du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/District_de_Merke">district de Merke</a>, là où certaines familles traient encore les brebis et préparent du kourout comme les générations précédentes. Il faut parcourir seulement 60 à 70 kilomètres pour aller du village au lieu d’estive, mais le trajet est difficile : les voitures ne peuvent pas passer, et l’on ne peut y accéder qu’à cheval.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Faits historiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lait de brebis était le socle de tous les produits laitiers kazakhs jusqu’au début du XXème siècle. Par exemple, selon les études disponibles, à la fin du XVIIème siècle, les principaux types de bétail de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_j%C3%BCz">Petite jüz</a>, la population de l’Ouest du Kazakhstan, étaient les chevaux et les moutons, tandis que la part de vaches et de chameaux dans les élevages était comprise entre 0 et 1 %. Selon les données de l’expédition ethnographique de 1922, le lait de vache représentait seulement 10 % de l’usage laitier dans les familles kazakhes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle modeste des bovins dans le système d’élevage traditionnel kazakh s’explique par de multiples facteurs complexes. Tout d’abord, les vaches rendent difficiles les longues transhumances, qui peuvent dépasser 1 000 kilomètres, et exigent plus d’entretien, en particulier l’hiver.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/aliya-bolatkhan-influence-changements-ethno-demographiques-cuisine/">Kazakhstan : l’historienne Aliya Bolatkhan explique l’influence des changements ethno-démographiques sur la cuisine</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On doit noter également que les propriétés nutritives du lait de brebis sont bien supérieures à celles du lait de vache : environ 4 340 kilojoules (Kj) pour un litre de lait de brebis contre 2 640 Kj dans le lait de vache, presque deux fois plus de graisse (6,7 % contre 3,6 %) et deux fois plus de protéines (5,8 % contre 3 %).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D&rsquo;omniprésent à pratiquement absent en l&rsquo;espace d&rsquo;un siècle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réflexion autour du kourout montre combien ce produit est aujourd’hui simplifié dans l’imaginaire collectif. En réalité, il ne s’agit pas seulement d’un aliment, mais d’un moyen particulier de penser à la nourriture, au corps, à la mémoire et à la steppe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche amène à penser que, selon les études, c’est précisément le kourout de brebis qui est le plus nourrissant. Pourtant, malgré la richesse et la diversité des formes de kourout &#8211; au lait de vache, de chameau, de chèvre et même de jument, celui au lait de brebis est aujourd’hui absent des pratiques et des récits. Pourquoi n’entend-on pas parler de kourout au lait de brebis, alors même qu’il était au centre de la production laitière des nomades kazakhs il y a seulement un siècle de cela ?</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les spécialistes en élevage ovin s’accordent sur ce fait : il n’y a pas de production industrielle de lait de brebis au Kazakhstan, les moutons y sont élevés seulement pour la production de viande.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sur les traces d’un savoir-faire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette interrogation a conduit à chercher des éleveurs indépendants qui pratiquent encore l’élevage de brebis. Cette recherche a mené cet été dans la maison de Nesipkhan et Rozikoul, qui ont accueilli les visiteurs et permis de goûter au lait de brebis, et même d’assister à la traite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était d’abord prévu de voir le bétail directement dans les pâturages, mais lors des conversations téléphoniques, Rozikoul a expliqué que la route vers l’estive était accessible uniquement à cheval, et que l’ascension durait environ deux heures. Pour ceux qui ne sont pas des cavaliers expérimentés, c’est presque impossible. Une alternative a donc été proposée : se rendre dans le village où les bêtes sont conduites après la période estivale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200-1024x819.jpg" alt="troupeau brebis Kazakhstan" class="wp-image-74842" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200-1024x819.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200-300x240.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200-768x614.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200-600x480.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/fffc4d89f6b23da7c0d36b565f163aff_autox1200.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le troupeau de Nesipkhan et Rozikoul. Photo : Baouyrjan Bismildine / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Eljas, le petit-fils de Nesipkhan, saisit adroitement la patte arrière de la brebis et la maintient en place. L’animal s’agite quelques secondes, puis se calme presque immédiatement. Il le tient fermement mais sans cruauté, son geste alliant à la fois force et tendresse. Rozikoul est assise à côté de lui, tenant le seau dans lequel le lait coule avec un son fin, métallique, à peine audible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l’espace de quelques minutes de la vie quotidienne, se donne à voir une transmission des connaissances des aînés aux plus jeunes, la co-présence de l’humain et de l’animal, ainsi que le rythme de la vie dans les steppes, qui est rarement évoqué dans les livres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Les éleveurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nesipkhan est un berger accompli de la région, qui s’occupe de son troupeau depuis 1981. L’été on dit qu’on <em>« monte dans les hauteurs »</em>, et l’hiver qu’on <em>« descend dans les terres »</em>. Ce rythme saisonnier, hérité du nomadisme, se maintient encore aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="819" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto-1024x819.jpg" alt="Traite brebis Kazakhstan" class="wp-image-74841" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto-1024x819.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto-300x240.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto-768x614.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto-600x480.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/e5b433eab328dac9127b5d82f75cb2a7_1440xauto.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Rozikoul est aidée par son petit-fils. Photo : Baouyrjan Bismildine / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« 30 ans je me suis battu avec les loups dans les pâturages. Ça fait trois ans que les loups ont disparu. Maintenant c’est calme »</em>, commente Nesipkhan. Dans cette phrase, on ressent non seulement son expérience, lui dont le troupeau était menacé par des prédateurs pendant des décennies, mais aussi une affirmation symbolique de la vie qu’il a menée, affirmant son autorité et ses compétences.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Les saisons</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La saison de la traite commence avec le sevrage de l’agneau, dans les premières semaines du mois d’août, soit cinq mois après la mise à bas. La production de lait ne s’arrête pas immédiatement après le sevrage. Il faut traire l’animal tous les jours, puis tous les deux jours, et de moins en moins souvent jusqu’à ce que le lait cesse de monter au bout de trois à quatre semaines. Faute de quoi, comme on dit ici, <em>« ça fait du mal à l’animal »</em>.<br><br>Selon Rozikoul, traire entre 250 et 300 brebis sur cette courte période permet d’accumuler une quantité tout à fait convenable de beurre clarifié et de kourout pour l’hiver, autour d’une dizaine de kilos de beurre et de 70 kg de kourout. Il faut 110 litres de lait de brebis pour produire cette quantité de beurre, et 8 à 10 litres de lait de brebis pour chaque kilo de kourout.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="771" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-1024x771.jpg" alt="Kourout Brebis Kazakhstan" class="wp-image-74840" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-1024x771.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-300x226.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-768x578.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-1536x1156.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200-600x452.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/d7e3b94bcd522cdb222c437520c4e8a2_autox1200.jpg 1593w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Du kourout de brebis produit par la famille. Photo : Baouyrjan Bismildine / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi prendre en compte que la quantité de lait produite par la brebis baisse considérablement vers la fin de la période de lactation. Dans la nature, les brebis donnent du lait pendant environ les 60 premiers jours, après quoi leur production baisse considérablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se trouve que le volume de la production serait bien plus important si Rozikoul continuait la traite sur toute cette période. S’ils ne le font pas, c’est parce que la productivité n’est pas leur objectif. L’élevage des moutons n’est pas seulement une tradition, mais aussi un savoir inscrit dans les mains, les gestes et le rythme des pâturages. Il peut être appréhendé comme une partie de l’écologie culturelle, ancrée dans le cycle naturel du soin aux animaux et dans le maintien de la relation entre l’homme et le troupeau, où la traite n’est pas tant un avantage économique qu’une manière de participer à la vie de la steppe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une famille qui fait exception</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rozikoul et Nesipkhan, en continuant à traire leurs brebis, font figure d’exception. Cette pratique était au centre de la culture laitière kazakhe il y a un siècle de cela, mais elle est progressivement passée au second plan. Les moutons et les chevaux étaient les animaux clés du mode de vie nomade, tandis que les vaches étaient marginales.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">La situation a changé pendant la période coloniale. En effet, l’apparition des vaches dans les troupeaux kazakhs est due aux contacts avec les pays voisins, à la politique d’immigration et au changement de priorités commerciales. Peu à peu, les vaches sont donc passées du <em>« pire type de bétail »</em> à un bien précieux. Une race kazakhe s’est formée dès la fin du XIXème siècle, qui a servi de base à la sélection et à la standardisation ultérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transition s’est intensifiée pendant la période soviétique avec la standardisation des matières premières et des chaînes de production à une échelle industrielle. Dans ce système, le lait de vache était plus rentable et les moutons réservés à la production de viande et de laine. Le slogan des années 1960 sur l’élevage de moutons, <em>« l’élevage ovin : deuxième terre vierge »</em>, a fait du Kazakhstan un leader de la production de viande de mouton et de laine, mais a contribué à faire disparaître le lait de brebis, autant dans le mode de vie nomade que dans les cuisines.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aliya Bolatkhan<br>Historienne, pour Vlast</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/life/66314-kak-delaut-maslo-i-kurt-iz-ovecego-moloka.html">russe</a> par Céleste de Ploëg</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Mauranne Rasoanaivo</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&#8217;abandonnons pas »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 15:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas »</a></p>
<p>Il y a 60 ans, le tremblement de terre qui a détruit Tachkent, s&#8217;est avérée être un tournant pour le paysage urbain de la capitale ouzbèke. Grâce à la reconstruction menée par divers architectes venus de toutes les républiques soviétiques, la ville s&#8217;est transformée en laboratoire du « modernisme sismique ». Le photographe allemand Heinz Krüger, qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a 60 ans, le tremblement de terre qui a détruit Tachkent, s&rsquo;est avérée être un tournant pour le paysage urbain de la capitale ouzbèke. Grâce à la reconstruction menée par divers architectes venus de toutes les républiques soviétiques, la ville s&rsquo;est transformée en laboratoire du « modernisme sismique ». Le photographe allemand Heinz Krüger, qui se trouvait par hasard sur place à l&rsquo;époque, a immortalisé non seulement la destruction, mais aussi l&rsquo;espoir et la reconstruction de Tachkent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des habitants de Tachkent dormaient encore lorsqu’il y a 60 ans, tôt le matin du 26 avril 1966 à 5h23, heure locale, un violent séisme a secoué la capitale de l’ancienne République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Avec une magnitude d’environ 5,2 sur l’échelle de Richter et une profondeur très faible, ce séisme n’était en réalité que de magnitude moyenne. </p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, étant donné que l’épicentre se trouvait en plein centre-ville de la capitale ouzbèle, il a déployé une force destructrice considérable. Les onze secondes de la première secousse, ainsi que les nombreuses répliques qui ont suivi au cours des jours et des semaines suivants, qui ont détruit environ 28 000 bâtiments.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="824" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-824x1024.jpg" alt="" class="wp-image-74821" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-824x1024.jpg 824w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-241x300.jpg 241w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-768x954.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-600x746.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2.jpg 1236w" sizes="auto, (max-width: 824px) 100vw, 824px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit :Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Très peu de gratte-ciel modernes ont résisté. La plupart des maisons traditionnelles, en brique de terre crue, à un ou deux étages, ont été endommagées mais ne se sont pas effondrées. Une douzaine de morts et environ 150 blessés étaient à déplorer. Favorisés par le climat chaud, les habitants se sont rapidement installés en plein air, où d’immenses campements de tentes ont vu le jour en quelques jours.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="825" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-1024x825.jpg" alt="" class="wp-image-74822" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-1024x825.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-300x242.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-768x619.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-600x483.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit : Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De nouvelles constructions, plutôt qu’une reconstruction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1960, Tachkent, avec près d’un million d’habitants, était la quatrième plus grande ville de l’Union soviétique et bénéficiait d’une attention particulière de Moscou. Tout comme Leningrad (ex Saint-Petersbourg) était historiquement considérée comme la « fenêtre sur l’Europe », Tachkent était la « porte vers l’Orient ». Cela faisait de l’Ouzbékistan un « phare », et une vitrine visant à enthousiasmer le soi-disant tiers-monde pour le modèle social soviétique par le biais de la diplomatie politique, économique et culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 26 avril 1966, Moscou a immédiatement réagi à la catastrophe. Le soir même, le chef du Parti, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev">Leonid Brejnev</a>, et le chef du gouvernement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_Kossyguine">Alexeï Kossyguine</a>, sont arrivés Tachkent et ont été secoués par une forte réplique sismique lors de leur première réunion de crise dans la capitale ouzbèle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au coup du sort que constituait l’épicentre du séisme situé en plein cœur de la ville, les autorités de Tachkent se sont appuyées sur un nouveau plan général d’urbanisme, presque achevé par hasard. Le rêve d’une métropole socialiste modèle, déjà chéri sur le papier, a alors eu du jour au lendemain la chance d’être rapidement concrétisé en acier et en béton. Le chef local du Parti communiste, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharof_Rashidov">Charof Rachidov</a>, a saisi cette opportunité et a réussi à convaincre les dirigeants moscovites de réaffecter d’énormes ressources en main-d’œuvre qualifiée, en matériaux et en savoir-faire provenant de toute l’Union soviétique vers la métropole ouzbèke. Tachkent ne devait pas simplement être reconstruite, mais édifiée à nouveau en tant que ville idéale, conformément à la croyance socialiste dans le progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan d&rsquo;urbanisme général a été adapté en un temps record, et adopté début 1967. Au cours des quatre années suivantes, plus d&rsquo;un million de mètres carrés de nouvelles surfaces résidentielles et utilitaires ont vu le jour dans la capitale désormais « antisismique », fidèles à la devise « <em>Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas </em>», comme on pouvait le lire à l&rsquo;époque sur de nombreux murs et tentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/laboratoire-dessais-architecturaux-tachkent-lheritage-freres-jarsky/">Tachkent, laboratoire architecturale des frères Jarsky</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 100 000 ouvriers du bâtiment et soldats du génie civil, ingénieurs et architectes ont répondu à l&rsquo;appel de la République soviétique socialiste d&rsquo;Ouzbékistan sous les bannières de la solidarité et de l&rsquo;amitié entre les peuples. Beaucoup de ceux qui ont participé à la reconstruction sont restés à Tachkent une fois les travaux achevés. La qualité de vie des nouveaux quartiers résidentiels, l&rsquo;accès privilégié à des logements qui faisaient défaut ailleurs, et le climat chaud ont donné à la ville, après l’accueil de nombreux orphelins pendant la Seconde Guerre mondiale, un nouvel élan multiculturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La naissance du « modernisme sismique »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modernisme s’impose alors à Tachkent. De larges avenues et boulevards, ainsi que de vastes ensembles résidentiels &#8211; abritant sans doute l’une des plus grandes diversités de bâtiments préfabriqués au monde &#8211; voient le jour. Les nouveaux immeubles d’habitation remplacent peu à peu les constructions de plain-pied de la vieille ville, tout en étendant les limites urbaines de plus de moitié grâce à l’émergence de nombreux quartiers.<br></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="835" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-835x1024.jpg" alt="" class="wp-image-74823" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-835x1024.jpg 835w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-245x300.jpg 245w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-768x941.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-600x736.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4.jpg 1253w" sizes="auto, (max-width: 835px) 100vw, 835px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit : Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De vastes espaces verts ont été préservés et agrandis, afin d’égayer le paysage urbain et d’atténuer la chaleur estivale typique du climat continental. Des expériences architecturales marquantes dans la construction de bâtiments publics, tout comme q*des mosaïques en céramique surdimensionnées aux accents orientaux sur de nombreux murs de maisons, ont conféré un charme supplémentaire au paysage urbain de Tachkent. Enfin, le premier métro et la plus haute tour de télévision d&rsquo;Asie centrale ont finalement contribué à la modernisation visible de cette ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/mitkhat-boulatov-architecte-tachkent-seconde-guerre-mondiale/">Mitkhat Boulatov, architecte de Tachkent à l’heure de la Seconde Guerre mondiale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette spécificité de la transformation urbaine, particulièrement visible dans la construction de logements, fait de Tachkent, encore aujourd’hui, un cas architectural unique. Ce style est souvent décrit comme du « <em>modernisme sismique</em> ». En effet, outre Moscou et Leningrad, les complexes immobiliers de logements de toutes les autres républiques soviétiques y ont apporté leur contribution. Ils ont tous apporté leurs types de gratte-ciel et leurs conceptions d’appartements typiques de leur région et ont pu les mettre en œuvre à Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ainsi que le modernisme soviétique, sous toutes ses formes, s&rsquo;est marié, de Tallinn à Bakou en passant par Novossibirsk, au charme teinté d&rsquo;orient de la tradition architecturale locale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="900" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz.jpg" alt="" class="wp-image-74824" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz-200x300.jpg 200w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;ancien hotel « Inturist », aujourd&rsquo;hui renommé en hôtel « Ouzbékistan », est un exemple marquant du « modernisme sismique ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, on trouve sur de nombreux immeubles de cette époque des inscriptions murales inédites, telles que « <em>De Leningrad pour Tachkent</em> », « <em>Kharkov </em>» ou « <em>Le quartier lituanien</em> ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-74825" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Immeuble de Tachkent avec l&rsquo;inscription « Pour le bonheur des Tachkentois, offert par le peuple biélorusse en 1967 ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le charme esthétique particulier de ces bâtiments réside dans l’intégration d’éléments locaux. Dans de nombreux endroits, des arcades ombragées ont été prévues. De larges grilles pare-soleil ont permis de réduire le rayonnement solaire direct sur les façades vitrées. De nombreuses façades impressionnent par leurs ornements colorés et leurs vastes mosaïques panoramiques aux motifs allant du folklore au cosmos.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369.jpg" alt="" class="wp-image-74826" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Décorations de façade à Tachkent destinées à réduire le rayonnement solaire direct. Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Architecture et urbanisme après 1966</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancienne avenue Lénine porte aujourd&rsquo;hui le nom de Charof RaChidov, ancien chef du Parti communiste et « rénovateur de la ville ». Mais ce n’est pas tout : dès le dixième anniversaire du séisme, en 1976, le « Monument du courage » a été inauguré à l’emplacement de l’épicentre, sur l’ancien boulevard Lénine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue d&rsquo;une famille résistant aux forces de la nature représente un homme, une femme et un enfant posés sur un cube de granit fendu en deux. Les deux moitiés du cube indiquent la date et l&rsquo;heure du séisme. Le monument symbolise moins la catastrophe et le deuil que la catastrophe a entraîné, que le courage et l&rsquo;optimisme dont ont fait preuve les victimes lors de la reconstruction de la capitale. Le soutien apporté par de nombreuses entreprises de construction venues des quatre coins de l’ex-Union soviétique est mis à l’honneur dans les reliefs et les créneaux qui ornent l’encadrement de la place du monument.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-74827" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Lors d’une visite guidée de Tachkent, il est impossible de passer à côté du monument « Courage ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus de 3,5 millions d’habitants, le Tachkent d’aujourd’hui a plus que doublé de taille. L’infrastructure du centre repose toujours sur le réseau routier mis en place après 1966. Après l’indépendance de l’Ouzbékistan, de nombreux aspects de la période coloniale russo-soviétique ont fait l’objet d’une évaluation critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/larchitecture-sovietique-de-tachkent-a-t-elle-encore-de-la-valeur/"> L’architecture soviétique de Tachkent a-t-elle encore de la valeur ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En architecture aussi, la nostalgie de l’ancien Tachkent était de mise. Pour beaucoup, le modernisme n’était pas assez « ouzbek », et trop soviétique. «<em> Ce n’est pas le tremblement de terre, mais l’amitié des peuples armée de bulldozers qui a réduit l’ancien Tachkent à l’état de ruines</em> », <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uPaUl_lKwX4">a commenté </a>avec sarcasme l’écrivaine Dina Rubina, qui vivait alors à Tachkent et réside aujourd’hui près de Jérusalem, en Israël. De nombreux bâtiments publics ont été dotés de nouvelles façades, et le marbre blanc associé à des vitrages bleus est devenu la norme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dix dernières années de réformes intensives menées par <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, un véritable boom de la construction a éclaté. La ville s’est considérablement étendue vers le nord et l’est. La densification du centre est désormais le mot d’ordre. Avec le recul des années, un regard plus nuancé s&rsquo;impose sur l&rsquo;héritage du « modernisme sismique », souvent diffamé comme du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brutalisme">brutalisme</a>. Son caractère unique suscite, au-delà des frontières du pays, curiosité et estime, et, depuis peu, une approche prudente de cet héritage. L&rsquo;idée même d&rsquo;une candidature au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO <a href="https://whc.unesco.org/en/tentativelists/6708/">est déjà évoquée</a>, pour sauvegarder le patrimoine moderniste. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un photographe allemand se trouvait par hasard à Tachkent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons au tremblement de terre : par hasard, deux reporters du magazine est-allemand « Freie Welt » se trouvaient à Tachkent à cette époque pour un autre sujet de reportage. Mais, pour Hans Frosch (texte) et <a href="https://de.wikipedia.org/wiki/Heinz_Kr%C3%BCger_(Fotograf)">Heinz Krüger </a>(photos), le tremblement de terre est alors devenu le seul sujet d’intérêt. Dans le numéro 23/66 paru début juin 1966, un grand reportage de cinq pages décrivait comment Tachkent faisait face aux conséquences du séisme, accompagné de plus d&rsquo;une douzaine de photos. Au total, près de 140 photos ont été prises lors de ce voyage en Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">La veuve du photographe Heinz Krüger (1919-1980) a fait don de ses archives, qui comprennent notamment plus de 30 000 clichés, à sa ville natale de Falkensee, près de Berlin. Cette année, certaines de ces photos seront à nouveau présentées au grand public. Un avant-goût sera notamment proposé le 29 avril au Goethe-Institut de Tachkent, qui consacre <a href="https://www.goethe.de/ins/uz/de/ver.cfm?event_id=27267510">une cérémonie commémorative </a>à l’anniversaire du tremblement de terre. L’une des conférences sera consacrée aux clichés pris à l’époque par Heinz Krüger.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Bodo Thöns, rédacteur pour la version allemande de Novastan, <br>Avec Michèle Häfliger</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>La contribution tadjike à l&#8217;effort de guerre pendant la Seconde guerre mondiale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2026 12:52:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Douchanbé]]></category>
		<category><![CDATA[Grande Guerre patriotique]]></category>
		<category><![CDATA[Hissar]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/contribution-tadjike-effort-seconde-guerre-mondiale/">La contribution tadjike à l&rsquo;effort de guerre pendant la Seconde guerre mondiale</a></p>
<p>L&#8217;historien local Gafour Chermatov détaille comment la République Socialiste Soviétique du Tadjikistan a contribué à l&#8217;effort de guerre lors de la Seconde guerre mondiale, appelée Grande guerre patriotique par l&#8217;URSS. La victoire à l&#8217;issue de la Seconde guerre mondiale a été obtenue au prix de grandes souffrances pour des millions de personnes de différentes nationalités. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/contribution-tadjike-effort-seconde-guerre-mondiale/">La contribution tadjike à l&rsquo;effort de guerre pendant la Seconde guerre mondiale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;historien local Gafour Chermatov détaille comment la République Socialiste Soviétique du Tadjikistan a contribué à l&rsquo;effort de guerre lors de la Seconde guerre mondiale, appelée Grande guerre patriotique par l&rsquo;URSS.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La victoire à l&rsquo;issue de la Seconde guerre mondiale a été obtenue au prix de grandes souffrances pour des millions de personnes de différentes nationalités. Pendant les épreuves les plus difficiles, au front et à l&rsquo;arrière, les peuples de l&rsquo;URSS ont été unis et soudés comme jamais auparavant &#8211; et probablement comme jamais plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous n&rsquo;avons jamais eu un seul cas de défection à l&rsquo;ennemi. Les Tadjiks se sont toujours distingués par leur modestie, leur courage et leur respect inconditionnel des ordres de combat du commandant. Je garderai toujours les meilleurs souvenirs de mes camarades de combat tadjiks »</em>, se rappelle dans ses mémoires le lieutenant-général Andreï Védénine, qui a participé à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Rjev">bataille de Rjev</a>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La 118ème division de fusiliers qu&rsquo;il commandait était composée à près de 80 % de combattants d&rsquo;Asie centrale, principalement des Tadjiks.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des départs volontaires au nom de la Victoire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 juin 1941, le terrible écho de la guerre est parvenu jusqu’au Tadjikistan. L&rsquo;une des premières réactions des Tadjiks à l&rsquo;annonce de la guerre a été de déclarer en masse leur départ volontaire pour le front. Rien qu&rsquo;en juin-août 1941, plus de 5 857 demandes de départ volontaire au front ont été soumises au comité militaire tadjik. En août 1945, plus de 200 000 personnes du Tadjikistan avaient été mobilisées dans l&rsquo;armée active pendant la guerre. Plus de 15 000 autres Tadjiks ont fait leur service dans l&rsquo;Armée rouge des ouvriers et des paysans entre 1938 et 1940.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 45 000 appelés du Tadjikistan ont été affectés à l&rsquo;industrie de la défense et aux chantiers militaires. Par conséquent, le nombre total de conscrits dans l&rsquo;armée et dans l&rsquo;industrie s&rsquo;élevait à 245 000. Les travailleurs tadjiks travaillaient dans les entreprises de l&rsquo;industrie de la défense des régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Novossibirsk">Novossibirsk</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iekaterinbourg">Sverdlovsk</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tcheliabinsk">Tcheliabinsk</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="750" height="537" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/1-1-7791c8e3.jpg" alt="Tadjiks travailleurs Oural" class="wp-image-74744" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/1-1-7791c8e3.jpg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/1-1-7791c8e3-300x215.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/1-1-7791c8e3-600x430.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des travailleurs du Tadjikistan sur un chantier de construction dans l&rsquo;Oural. Photo : Gafour Chermatov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de la guerre, 8 874 véhicules à moteur, 1 115 tracteurs, 19 326 chevaux, 1 791 charrettes et le matériel nécessaire ont été transférés du Tadjikistan soviétique aux unités et formations de l&rsquo;Armée rouge. Pendant les années de guerre, des spécialistes militaires polyvalents ont été formés au Tadjikistan pour l&rsquo;Armée et la Marine rouges. Des femmes spécialistes ont également été formées : tireuses d&rsquo;élite, téléphonistes et opératrices radio, ainsi que 3 000 infirmières et infirmières-soldats ont été formées en peu de temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des milliers de fusiliers, de tankistes, de mitrailleurs, de parachutistes et autres ont été formés. Plus tard, des dizaines de milliers de travailleurs, de représentants de la paysannerie des fermes collectives et d&rsquo;intellectuels qui avaient suivi une formation militaire dans la république ont été mobilisés dans des divisions de cavalerie et d&rsquo;autres unités militaires formées sur le territoire du Tadjikistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour la défense de Stalingrad</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 juillet 1942, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Stalingrad">bataille de Stalingrad</a>, aujourd&rsquo;hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Volgograd">Volgograd</a>, a commencé. C&rsquo;est l&rsquo;une des batailles les plus importantes et les plus féroces, qui a radicalement changé le cours de la guerre. Pendant six mois et demi, dans les vastes steppes du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_(fleuve)">Don</a> et de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Volga">Volga</a>, des batailles sanglantes et intenses se sont déroulées sans relâche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 1942, au Tadjikistan, la formation de la 104ème division de cavalerie était en cours. Les conscrits venaient de tous les coins du Tadjikistan. Dans les plus brefs délais, des milliers de chevaux, des canons, des mortiers, des centaines de chariots, des véhicules, des munitions, du matériel de génie, de la nourriture et du fourrage sont chargés dans des wagons dans les gares près de Stalinabad, aujourd&rsquo;hui Douchanbé.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="617" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-8-na-glavnuyu-ac0bc811.jpg" alt="Chagadaïev cavaliers tadjiks 1942" class="wp-image-74743" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-8-na-glavnuyu-ac0bc811.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-8-na-glavnuyu-ac0bc811-300x181.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-8-na-glavnuyu-ac0bc811-768x463.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-8-na-glavnuyu-ac0bc811-600x362.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le président du Soviet Suprême de la république socialiste du Tadjikistan, Chagadaïev, s&rsquo;entretient avec des cavaliers tadjiks de la 20ème division de cavalerie qui ont été récompensés pour leurs services militaires en 1942. Photo : Gafour Chermatov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs de Stalingrad ont opposé aux troupes allemandes une résistance ferme et persistante, faisant preuve d&rsquo;un courage inégalé. Des centaines de milliers de soldats soviétiques se sont alors distingués, dont de nombreux Tadjiks. Plus de 7 000 soldats recrutés au Tadjikistan ont reçu plus tard la médaille « pour la défense de Stalingrad ».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réserve fiable pour le front</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant rapidement opté pour la production de biens militaires, le Tadjikistan était déjà reconstruit sur une base militaire dès la fin de l&rsquo;année 1942. La République fournit au front, tout d&rsquo;abord, des produits de l&rsquo;industrie légère et alimentaire, des métaux non ferreux et des métaux rares, nécessaires à la production d&rsquo;équipements militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-passionnes-identifier-soldats-deuxieme-guerre-mondiale/">Au Kazakhstan, des passionnés cherchent à identifier des soldats morts pendant la Deuxième guerre mondiale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, pendant les années de guerre, les travailleurs agricoles ont donné à l&rsquo;État 500 000 tonnes de coton brut, plus de 100 000 tonnes de viande, des dizaines de milliers de tonnes de légumes et de fruits. Grâce à leur travail désintéressé, en 1944, la République Socialiste Soviétique du Tadjikistan a été l&rsquo;une des premières de l&rsquo;Union soviétique à réaliser le plan d&rsquo;approvisionnement en pain et, en plus, elle a remis des milliers de quintaux de céréales à l&rsquo;Armée rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;énormes fonds ont été collectés dans la république pour l&rsquo;équipement militaire. Pendant les années de guerre, les travailleurs du Tadjikistan ont versé plus d&rsquo;un milliard de roubles au fonds de défense et au fonds de construction d&rsquo;armes, y compris sous forme de prêts et de loteries en espèces.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une usine de réparation d&rsquo;avions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 1943, le Commissariat du peuple à l&rsquo;industrie aéronautique de l&rsquo;URSS a pris la décision de créer une usine de réparation d&rsquo;avions dans le village de Novobad, situé dans la vallée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hisor">Hissar</a> au Tadjikistan, sur la base de l&rsquo;aérodrome militaire existant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette fin, le 217ème atelier d&rsquo;aviation stationnaire est arrivé à Hissar. La construction des bâtiments de production et des ateliers a immédiatement commencé sur le nouveau site. La réparation des avions et des moteurs a ainsi été démultipliée dès le mois de décembre 1943 par rapport au mois d&rsquo;octobre. En janvier 1944, le nombre d&#8217;employés avait lui aussi été démultiplié par rapport à octobre.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="614" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-5-8c30cc4b.jpg" alt="usine avions Novobad" class="wp-image-74742" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-5-8c30cc4b.jpg 1000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-5-8c30cc4b-300x184.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-5-8c30cc4b-768x472.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Foto-5-8c30cc4b-600x368.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Avions d&rsquo;attaque Il-2 du 106ème régiment d&rsquo;aviation prêts à être envoyés au front, usine de réparation d&rsquo;avions de Novobad, 1944. Photo : Gafour Chermatov / Asia-Plus.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les ateliers ont fourni 12 régiments aériens lors de leur formation et de leur envoi au front, ainsi que presque toutes les écoles d&rsquo;aviation du district, y compris celles qui ont été évacuées de la ligne de front.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, 468 avions, 1 219 moteurs d&rsquo;avion et 352 véhicules ont été réparés pendant la guerre. Des milliers d&rsquo;unités d&rsquo;armement de combat et de navigation complexes ont été renvoyées au front après réparation : canons, mitrailleuses, équipements radio, appareils de mesure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Se mettre à l&rsquo;abri</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fuyant l&rsquo;ennemi, des habitants des régions occidentales de l&rsquo;URSS se sont mis à l&rsquo;abri au Tadjikistan. D&rsquo;août 1941 à septembre 1942, plus de 140 000 citoyens de l&rsquo;URSS, évacués d&rsquo;Ukraine, de Biélorussie, des États baltes, de Moscou et de Leningrad sont arrivés dans la république. La guerre n&rsquo;a pas seulement privé ces personnes de leur abri. La plupart d&rsquo;entre eux, fuyant les envahisseurs, ont quitté leurs maisons sans même emporter les articles ménagers les plus élémentaires. Au Tadjikistan, ils ont été accueillis avec chaleur et attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La construction de nouvelles maisons a commencé. À Stalinabad, 3 600 mètres carrés de logements ont été construits pour les personnes évacuées, et ce en huit mois seulement. Plus de 12 000 familles ont été logées. Pour aider les personnes évacuées, de l&rsquo;argent, en plus de celui alloué par l&rsquo;État, des vêtements chauds, le mobilier nécessaire et des ustensiles de cuisine ont été collectés.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Au cours de l&rsquo;été et de l&rsquo;automne 1941, un contingent de 14 orphelinats est arrivé au Tadjikistan. Parmi eux, deux orphelinats accueillaient des enfants polonais. Les dirigeants de la république ont dû faire face à la tâche la plus difficile, à savoir développer un réseau d&rsquo;orphelinats dans les villes et les villages. Les fermiers collectifs du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shahrinav_District">district de Chahrinav</a> de la région de Stalinabad ont pris l&rsquo;initiative de créer des orphelinats pour 20 à 30 enfants dans les fermes collectives.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Gafour Chermatov<br>Historien, pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplus.news/2025/05/09/kak-tadzhikistan-pomogal-pobedit-v-velikoj-otechestvennoj-vojne/">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>L’amulette au serpent : quels secrets renferme cette découverte archéologique unique de l’ancien Sokh</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 11:33:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Sokh]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lamulette-serpent-secrets-decouverte-archeologique-ancien-sokh/">L’amulette au serpent : quels secrets renferme cette découverte archéologique unique de l’ancien Sokh</a></p>
<p>Une amulette vieille de près de 5 000 ans découverte à Sokh, en Ouzbékistan, continue de fasciner les chercheurs et les amateurs d&#8217;antiquités. Le serpent bicéphale de Sokh est une découverte archéologique unique, qui représente une trace sacrée de l’histoire ancienne de l’Ouzbékistan et l’un de ses mystères non élucidés. Le premier directeur adjoint de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une amulette vieille de près de 5 000 ans découverte à Sokh, en Ouzbékistan, continue de fasciner les chercheurs et les amateurs d&rsquo;antiquités.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le serpent bicéphale de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sokh">Sokh</a> est une découverte archéologique unique, qui représente une trace sacrée de l’histoire ancienne de l’Ouzbékistan et l’un de ses mystères non élucidés. Le premier directeur adjoint de l’Agence du patrimoine culturel de l’Ouzbékistan et artiste émérite, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D1%83%D0%B7%D0%B8%D0%B5%D0%B2,_%D0%A2%D1%83%D1%80%D1%81%D1%83%D0%BD%D0%B0%D0%BB%D0%B8_%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Tourssounali Kouziev</a>, en parle dans un article pour le média ouzbek Podrobno.uz.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le district de Sokh, situé dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">la vallée de Ferghana</a>, n’est pas qu’un simple point géographique. C&rsquo;est un véritable berceau de la civilisation. C&rsquo;est un lieu où l’histoire et le mysticisme se croisent, où des sources vivifiantes jaillissent du sol, alimentées par les neiges éternelles des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monts_Ala%C3%AF">monts Alaï</a>. C’est ici même, sur les sites de Sel-Ounkour, qu’ont été retrouvés les restes d’un homme ayant vécu il y a 1,5 million d’années. Cet homme a été surnommé par les scientifiques le ferghanthrope.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le berceau de la civilisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sokh n’était pas qu’une simple agglomération. Déjà au Ier millénaire avant notre ère, il s’agissait d’une grande cité. C’est ce qu’attestent les traités <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hudud_al-%27Alam">Houdoud al-Alam</a> ainsi que les récits des voyageurs arabes du Xème siècle. Même <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur">Zhahîr ud-din Muhammad Babur</a>, fondateur de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_moghol">l’empire des Moghols,</a> décrivait Sokh comme un centre important où il s’arrêta une année entière avant de se mettre en route pour Kaboul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, Sokh a vu s’épanouir une culture particulière. Des découvertes archéologiques datant des XIIème et VIIIème&nbsp;millénaires avant notre ère témoignent d’un niveau élevé de développement domestique et artisanal de ses habitants.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La richesse historique de Sokh réside également dans les catacombes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Huns">hunniques</a> des IIIème et IVème siècles, où des informations sur les rites funéraires et les croyances antiques ont été découvertes. Ces trouvailles offrent un aperçu du monde spirituel des habitants de cette époque et de leur vision de la vie et de la mort.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un mystère vieux de plusieurs millénaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le véritable trésor de Sokh reste sans conteste l’amulette de Sokh, le plus ancien objet découvert à la fin du XIXème siècle. Fabriquée en jade et ornée d’un relief représentant un serpent à deux têtes, l’amulette est porteuse d’une forte charge symbolique. Les têtes de serpent qui se font face la bouche ouverte, probablement remplies de pierres précieuses autrefois, frappent par leur expressivité.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Selon les chercheurs, cet objet remonte à l’âge du bronze, au IIIème millénaire avant notre ère, ce qui en fait un objet plus ancien que la majorité de ses analogues retrouvés ailleurs dans le monde. C’est pourquoi l’amulette de Sokh suscite un intérêt tout particulier auprès de la communauté scientifique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un emblème divin ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, cet artefact un peu plus grand qu’un cahier scolaire et pesant près de cinq kilogrammes fait partie de l’exposition permanente du Musée national d’histoire de l’Ouzbékistan. Il a déjà été présenté lors de nombreuses expositions internationales, notamment au Metropolitan Museum of Art de New York en 2003, <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/splendeur-des-oasis-lart-ouzbek-expose-au-louvre/">au musée du Louvre</a> à Paris en 2022-2023, à la galerie James Simon à Berlin en 2023-2024, où il a conquis le cœur des amateurs d’antiquités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/splendeur-des-oasis-lart-ouzbek-expose-au-louvre/">Splendeur des oasis : l’art ouzbek exposé au Louvre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un emblème divin, une amulette qui appartenait aux souverains des puissants États qui ont prospéré il y a près de 5 000 ans à Ferghana, en Ouzbékistan. Le serpent à deux têtes symboliserait peut-être une double puissance, l’unité des opposés — sagesse et protection. Toutefois, les scientifiques n’ont pas encore trouvé la véritable signification de cette mystérieuse amulette.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être ce serpent est-il une fenêtre vers le passé, qui permet de voir comment histoire et mythologie, symbolisme et réalité s’entremêlaient à l’époque. Il s’agit d’un rappel que la sagesse des générations traverse les siècles, et que les véritables trésors ne sont pas uniquement matériels, mais résident aussi dans la connaissance du passé.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tourssounali Kouziev<br>Pour Podrobno.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/zmeinyy-amulet-kakie-tayny-khranit-unikalnaya-arkheologicheskaya-nakhodka-vremen-drevnego-sokha/">russe</a> par Martin Algrain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<item>
		<title>Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 12:39:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-livre-regard-femmes-epoque-racontee-hommes/">Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</a></p>
<p>Galya Nour, écrivaine kazakhe, raconte son parcours vers l&#8217;écriture et les thèmes abordés dans son premier roman. Elle dresse un état des lieux encourageant de la littérature dans son pays. L&#8217;écrivaine Galya Nour a présenté son premier roman, La couverture en patchwork. Il raconte la jeunesse de deux héroïnes : la grand-mère Balkis, qui a grandi [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/entretien-livre-regard-femmes-epoque-racontee-hommes/">Entretien : « Mon livre représente le regard des femmes sur une époque racontée par les hommes »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Galya Nour, écrivaine kazakhe, raconte son parcours vers l&rsquo;écriture et les thèmes abordés dans son premier roman. Elle dresse un état des lieux encourageant de la littérature dans son pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;écrivaine Galya Nour a présenté son premier roman, <em>La couverture en patchwork</em>. Il raconte la jeunesse de deux héroïnes : la grand-mère Balkis, qui a grandi dans les années 1930, et sa petite-fille Aïssoulou, qui a grandi à l’époque de la perestroïka. Le roman est consacré à la mémoire féminine ainsi qu’à la recherche des racines nationales et de l’identité personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le média The Village a parlé avec l&rsquo;écrivaine de la manière de publier un premier livre au Kazakhstan, des raisons pour lesquelles le regard féminin sur l’histoire du XXème siècle reste rare et de ce qui manque à la littérature kazakhe contemporaine. Galya Nour détaille ses impressions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vie avant la carrière littéraire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis mon enfance, je tiens des journaux intimes. J’écrivais souvent des nouvelles sans intention de les publier. Lorsque j’ai commencé à tenir un blog sur Instagram, je me suis encore davantage passionnée pour l’écriture de textes. J’ai aimé cette expérience d’interaction immédiate avec le public &#8211; il y a là quelque chose qui tient à la fois du journal intime et de l’écriture d’un livre.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Je n’avais jamais pensé auparavant vouloir écrire un roman, encore moins être publiée. Je me suis mariée jeune, j’ai élevé mes enfants et j’ai travaillé comme ingénieure en énergie dans les réseaux de chauffage urbain. Lorsque je suis partie à la retraite et que j’ai eu du temps libre, j’ai commencé à me consacrer à ce que j’aimais depuis l’enfance &#8211; l’écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai envisagé de publier un livre au moment où j’ai commencé à partager l’histoire de ma grand-mère sur Instagram. Je ne savais presque rien d’elle : je ne connaissais que quelques éléments issus des conversations entre ma mère, ma tante et sa sœur cadette. L’histoire que j’ai construite s’est révélée captivante, et mes abonnés ont commencé à m’encourager à écrire un roman.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment est née l’idée de <em>La couverture en patchwork</em></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’écrire ce roman m’est venue après qu’une photographie de ma grand-mère maternelle est tombée entre mes mains. Sur cette photographie de 1929, elle paraissait complètement différente &#8211; pas telle que je me souvenais d’elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne l’avais jamais entendue parler de sa famille ni de ses origines. Ce n’est qu’à travers les conversations entre ma mère et sa sœur que j’ai appris qu’elle avait émigré de Russie vers le Kazakhstan dans les années 1920, qu’elle était issue d’une famille de marchands et que son père avait été victime des répressions politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le thème de la mémoire féminine au Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mon roman traite de la mémoire féminine, de la quête des racines et de l’identité. Lorsque j’ai commencé à écrire, j’ai compris que ce thème était particulièrement d’actualité au Kazakhstan et dans tout l&rsquo;espace post-soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’histoire officielle du XXème siècle, on ne dit presque rien de ce qu’ont vécu les femmes durant les périodes les plus difficiles des bouleversements politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/ecrire-kazakhstan-defis-femme-ecrivaine/">Ecrire au Kazakhstan : les défis des écrivaines</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long du XXème siècle, sur notre territoire, une politique visant à effacer la mémoire familiale a été menée. Il faut également prendre en compte la tradition kazakhe de transmettre la lignée par la branche paternelle. Pourtant, sans la connaissance de la lignée maternelle, il est impossible de comprendre quel sera l’avenir de la génération suivante. C’est pourquoi mon livre propose aussi un regard féminin sur une époque dont le récit a été écrit par des hommes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le processus de travail sur le livre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’écrivais le livre, grâce à Instagram, je suis entrée en contact avec la communauté indépendante d’écrivains USW, dirigée par Andreï Orlov. C’est là que j’ai compris comment transformer un manuscrit en véritable livre. Andreï a partagé une liste de maisons d’édition, et j’ai envoyé mon manuscrit à trois d’entre elles, mais aucune ne l’a accepté. J’ai alors décidé d’imprimer le livre à l’imprimerie BookExpert. J’ai apprécié travailler avec eux.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment est-elle, la femme kazakhe ? Courageuse, intelligente et aimante. Dans mon livre, je m’efforce de montrer que, aussi difficile que soit la vie, la femme trouve toujours en elle la force d’élever ses enfants, de prendre soin de son mari et de sa famille. Ce qui la guide, c’est la quête du bonheur et de l’amour. C’est une force indestructible, qui ne s’éteint pas malgré les bouleversements politiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’influence d’autres écrivaines</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je lis activement depuis l’âge de dix ans. Depuis tout ce temps, j’ai lu un nombre énorme de livres. Le premier qui a façonné ma vision de ce que peut être la littérature féminine a été <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Eyre">Jane Eyre</a></em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Bront%C3%AB">Charlotte Brontë</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que je travaillais sur mon propre roman, j’ai rencontré le poète Ivan Beketov, qui est devenu mon mentor en écriture. Il m’a fait découvrir le monde de la prose féminine &#8211; de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf">Virginia Woolf</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Sarraute">Nathalie Sarraute</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque j’écrivais mon roman, les livres d’écrivaines telles qu&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Ernaux">Annie Ernaux</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Olivia_Laing">Olivia Laing</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Munro">Alice Munro</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Atwood">Margaret Atwood</a> m’étaient particulièrement proches. Parmi les auteures kazakhes, je mentionnerais <a href="https://www.instagram.com/romiborjomi/">Meruert Alonso</a>. C’est une écrivaine très forte, avec un style marqué, une grande profondeur de pensée et un vaste horizon culturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce qui manque à la littérature kazakhe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature kazakhe manque d’ouverture vers le marché mondial. Chaque pays doit avoir sa propre littérature, que ses citoyens la lisent, mais elle doit aussi trouver un écho à l’international. En même temps, on assiste chez nous à une sorte de boom littéraire : beaucoup de gens commencent à écrire &#8211; certains par passion, d’autres pour en faire un business. On voit apparaître de plus en plus de science-fiction, d’horreur, de comics &#8211; des genres qui s’écrivent facilement. Cependant, la véritable littérature exige des réflexions profondes et un travail intérieur sérieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, un fossé est perceptible entre la littérature en kazakh et celle en russe. Il me semble important de chercher à les rapprocher, par le biais de traductions, de projets communs et d’associations artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/futur-sans-langue-russe-asie-centrale/">Un futur sans la langue russe en Asie centrale ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La qualité de la littérature est encore plus importante. Beaucoup des ouvrages que je lis se révèlent superficiels. Ils manquent surtout d’expérience d’écriture et de connaissances approfondies du métier. Bien sûr, cela s’acquiert avec le temps. Je pense également que l’État devrait davantage soutenir les auteurs. Avec le temps, la quantité produite finira par faire émerger la qualité et peut-être alors la littérature kazakhe pourra-t-elle se faire connaître sur la scène mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il n’existe pas de formation spécialisée chez nous. Bien sûr, il existe différents cours de maîtrise de l’écriture, qui aident réellement les auteurs, mais ce n’est pas suffisant. Il faut des instituts littéraires, des programmes de formation et des opportunités pour les jeunes auteurs d’étudier à l’étranger, afin de revenir et de développer notre propre école d’écriture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment la littérature a changé depuis l’époque soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature ne devrait ni changer ni dépendre du temps. Néanmoins, durant l’époque soviétique, sa politisation se faisait fortement sentir. Il y avait de nombreuses interdictions. Le genre du réalisme soviétique imposait aux écrivains sur quoi et comment ils devaient écrire. De nombreux sujets étaient tabous, par exemple les scènes de sexe ou les descriptions de certaines anomalies physiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il faut noter que malgré toutes ces interdictions, à l’époque soviétique, une véritable génération d’écrivains talentueux a émergé, capable de travailler dans ces contraintes. Cela était rendu possible grâce aux écoles littéraires, aux instituts et, surtout, au soutien matériel de l’État. L’écriture était alors une profession à part entière : un écrivain pouvait écrire des livres et vivre des droits d’auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-annees-tachkentoises-un-pan-de-vie-ignore-dans-loeuvre-danna-akhmatova/">Les années tachkentoises, un pan de vie ignoré dans l’œuvre d’Anna Akhmatova</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il peut sembler qu’aucune interdiction n’existe plus. Et c’est sans doute une bonne chose : de la diversité naissent les germes du talent littéraire. De nouveaux genres apparaissent et il y a plus de liberté dans le choix de la forme et du style d’écriture. Mais, en même temps, les écrivains eux-mêmes lisent moins &#8211; ce qui signifie qu’ils connaissent moins de choses et offrent moins à leurs lecteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que veut dire écrire ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Écrire, pour moi, c’est vivre. Je ne peux pas imaginer ma vie sans l&rsquo;écriture. Depuis mon enfance, je tenais un journal intime, qui était mon ami le plus proche. C’est justement pour cette raison que j’ai créé le club littéraire Journal, dans lequel j’invite tous ceux qui, comme moi, ne peuvent pas vivre sans textes.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, au Kazakhstan, il existe de nombreuses opportunités pour ceux qui écrivent. Il y a des maisons d’édition ouvertes aux nouveaux auteurs et des imprimeries où l’on peut publier un livre. Il existe également de nombreux magazines et plateformes en ligne. On peut faire traduire ses textes et accéder à d’autres marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel est d’écrire. Terminer ses œuvres est tout aussi important. C’est ainsi que le texte pourra rencontrer un lecteur reconnaissant.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Soultan Raïs<br>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/interview-people/42361-moya-kniga-eto-zhenskiy-vzglyad-na-epohu-kotoruyu-pisali-muzhchiny">russe</a> par Aruzhan Urazova</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>L’image de Noursoultan Nazarbaïev a-t-elle souffert des événements de Qantar dans les manuels d’histoire?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 15:12:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Culte de la Personnalité]]></category>
		<category><![CDATA[Dénazarbaïevisation]]></category>
		<category><![CDATA[Education civique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Janvier 2022]]></category>
		<category><![CDATA[Kassym-Jomart Tokaïev]]></category>
		<category><![CDATA[Noursoultan Nazarbaïev]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/image-nazarbaiev-manuels-histoire-apres-qantar/">L’image de Noursoultan Nazarbaïev a-t-elle souffert des événements de Qantar dans les manuels d’histoire?</a></p>
<p>La période au pouvoir de l’ancien président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, fait partie des thèmes abordés par les manuels d’histoire du pays. Comment l’image du dirigeant autoritaire a-t-elle évolué dans les manuels du secondaire suite aux événements de Qantar de janvier 2022 qui ont mené à sa perte d’influence ? Omir Chynybekouly, ancien professeur d’histoire à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La période au pouvoir de l’ancien président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, fait partie des thèmes abordés par les manuels d’histoire du pays. Comment l’image du dirigeant autoritaire a-t-elle évolué dans les manuels du secondaire suite aux événements de Qantar de janvier 2022 qui ont mené à sa perte d’influence ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Omir Chynybekouly, ancien professeur d’histoire à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chymkent">Chymkent</a>, se souvient avoir étudié avec ses élèves de troisième le thème « <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a>, premier président du Kazakhstan » en janvier 2022 au retour des vacances d’hiver. La grande ville au Sud du pays se remettait à peine du choc lié aux sanglants événements de <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-bilan-flou-des-troubles-de-janvier-2022/">Qantar</a>. Des manifestations anti-gouvernementales de grande ampleur avaient dégénéré en émeutes, lynchages et pillages, et les forces de l’ordre avaient ouvert le feu. 20 personnes avaient perdu la vie à Chymkent, 238 dans l’ensemble du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pendant des années, nous avons vécu dans l’illusion d’une société parfaite. Cette illusion a volé en éclats en un instant. Nous avons vu comment tout a été détruit. À Chymkent, 60 à 70 voitures ont été brûlées, tout comme la salle d’exposition, et les deux premiers étages de l’<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akim">akimat</a> ont été endommagés. Ce qu’on a vu, les enfants aussi l’ont vu, sur Internet si ce n’est de leurs propres yeux »</em>, raconte Omir Chynybekouly, aujourd’hui à la retraite.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Noursoultan Nazarbaïev, décrit dans les manuels comme une « personnalité hors du commun », a gardé le silence pendant ces jours sombres. Il avait conservé un pouvoir important malgré sa démission de la tête du gouvernement et son remplacement par son protégé, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a>. Ce n’est qu’après qu’il est apparu dans une vidéo fortement retouchée. Il y déclarait que le pays avait subi une <em>« attaque »</em>, mais que l’État avait réussi à l’en sauver <em>« grâce aux mesures prises en urgence par Tokaïev »</em>. L&rsquo;ancien président a ajouté qu’il se trouvait <em>« en vacances bien méritées »</em> dans <em>« la capitale du Kazakhstan »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après les événements de janvier 2022, une « dénazarbaïevisation »&#8230;</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La question centrale du thème de la leçon était la suivante : quel rôle a joué le dirigeant politique dans les moments-clés de l’histoire de l’État ? L’objectif était d’évaluer le rôle de l’Elbassy (chef de la nation) dans la formation d’un Etat indépendant. À l’époque, nous étions stressés et ne savions que dire aux enfants. Le manuel n’est qu’une ressource complémentaire ; dans de tels moments, ce sont l’éloquence et l’expérience personnelle du professeur qui comptent. J’ignore si mes élèves ont gardé des souvenirs de ces jours. Quoiqu’il en soit, nous avons réussi à nous sortir de la situation en expliquant qu’il se passait des choses diverses dans la société »</em>, raconte le professeur.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="250" height="141" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/omir_shynybekuly_mouvement_enseignant.jpg" alt="Omir Chynybekouly président du collectif enseignant Agaroutouchy " class="wp-image-74514" style="aspect-ratio:1.773124598745617;width:479px;height:auto" /><figcaption class="wp-element-caption">Omir Chynybekouly, à la tête du mouvement citoyen d’enseignants « Agaroutouchy ». Image : Page Facebook personnelle / Radio Azattyk.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au plus fort des événements de janvier, Noursoultan Nazarbaïev a perdu son poste influent de représentant du Conseil de sécurité, auquel il avait légalement droit à vie. Kassym-Jomart Tokaïev en a hérité. Suite aux effusions de sang, l’ancien président a également perdu le statut d’Elbassy ainsi que de nombreux privilèges y étant attachés. Les membres de sa famille se sont vus retirer leurs positions de pouvoir. Certains ont fait l’objet de poursuites pénales. Lui-même a progressivement réduit ses apparitions publiques.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="366" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_mektep_2019.jpg" alt="Manuel Histoire Kazakhstan Mektep Troisiemes 2019" class="wp-image-74515" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_mektep_2019.jpg 650w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_mektep_2019-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_mektep_2019-600x338.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manuel sur «&nbsp;L’histoire du Kazakhstan&nbsp;» pour les troisièmes, éditions Mektep (2019).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un processus de « dénazarbaïevisation » a débuté dans le pays. La capitale, qui avait porté le nom de Nour-Soultan pendant trois ans, a été <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-kazakhe-sera-renommee-astana/" id="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-kazakhe-sera-renommee-astana/">rebaptisée Astana</a>. Deux monuments à son effigie y ont été déboulonnés. La constitution, quant à elle, a perdu ses références au premier président. Les chapitres des manuels scolaires liés à Noursoultan Nazarbaïev et à son régime ont été renommés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&#8230; sans grand effet dans les manuels</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les manuels scolaires au Kazakhstan sont mis à jour tous les cinq ans. L’édition d’histoire de 2019 a été utilisée jusqu’en 2024. Les professeurs s’attendaient à ce que la nouvelle version supprime le passage sur l’ancien président, mais il a bien été conservé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ancien manuel, publié par la maison d’édition Atamoura, Noursoultan Nazarbaïev était décrit comme un <em>« dirigeant politique, un Elbassy, un homme d’État de classe mondiale »</em>. Le paragraphe commençait par : <em>« dans les premières années de l’indépendance »</em>, il avait montré <em>« la voie vers un avenir radieux »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-la-nouvelle-constitution-adoptee-par-referendum/" id="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-la-nouvelle-constitution-adoptee-par-referendum/">Au Kazakhstan, une nouvelle Constitution largement adoptée par référendum consolide les pouvoirs du président</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau manuel n’a cependant pas versé dans la glorification grandiloquente de l’ancien président. Néanmoins, dans le paragraphe qui lui était consacré, il y était dit qu’il avait <em>« mené l’État à la construction d’une société démocratique et à l’économie nationale de marché, gagnant la confiance du peuple. »</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="366" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_atamura_2019.jpg" alt="Manuel histoire Kazakhstan Atamura Troisiemes 2019" class="wp-image-74516" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_atamura_2019.jpg 650w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_atamura_2019-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/manuel_histoire_kazakhstan_classe_9_atamura_2019-600x338.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /><figcaption class="wp-element-caption">Manuel sur «&nbsp;L’histoire du Kazakhstan&nbsp;» pour les troisièmes, éditions Atamoura (2019). Source: Radio Azattyq</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’édition de 2019 affirmait que Noursoultan Nazarbaïev avait personnellement pris en charge le projet de constitution en 1995, établissant la suprématie du droit et de la liberté civile dans le pays, tout en posant les bases d’un Etat présidentiel fort. Kassym Jomart-Tokaïev a ultérieurement déclaré que la constitution avait permis la mise en place d’un <em>« système <a href="https://tengrinews.kz/kazakhstan_news/kazahstan-okonchatelno-rasstaetsya-superprezidentskoy-formoy-592295/" id="https://tengrinews.kz/kazakhstan_news/kazahstan-okonchatelno-rasstaetsya-superprezidentskoy-formoy-592295/">superprésidentiel</a>« </em>, et a proposé par référendum de le modifier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nom toujours glorifié</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien comme le nouveau manuel soulignent le rôle de Noursoultan Nazarbaïev dans la construction de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_eurasiatique">Union économique eurasiatique</a> (à laquelle participent également la Russie, le Bélarus, l’Arménie et le Kirghizstan), dans la proclamation de l’Assemblée du peuple du Kazakhstan, dans la formation d’un parlement d’abord monocaméral puis bicaméral, ainsi que le déplacement de la capitale à Astana et au tracé définitif des frontières de l’État démocratique. Tous ces éléments sont présentés comme des services rendus au pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les manuels d’histoire de la maison d’édition Mektep ont également été mis à jour. Leurs chapitres sur Noursoultan Nazarbaïev ont peu évolué, des extraits du texte précédent ayant été conservés tels quels. Mais là où la version de 2019 énumérait tous les insignes de Noursoultan Nazarbaïev, qualifié de <em>« penseur »</em>, la version de 2024 s’est contentée de le présenter comme <em>« premier président »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’ancien manuel présentait l&rsquo;ancien président comme un stratège politique auréolant le Kazakhstan de gloire sur la scène internationale. Décrit comme le politicien le plus influent parmi les leaders soviétiques, son opinion était prétendument respectée par les hommes d’Etat du monde entier. Si la nouvelle version renonce à ce discours, elle avance tout de même que l’histoire du Kazakhstan indépendant, la formation et le renforcement de ses institutions étatiques, sa reconnaissance sur la scène internationale, ses accomplissements socio-économiques, ainsi que la renaissance spirituelle et culturelle de la nation sont liés au nom de Noursoultan Nazarbaïev.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une forme de culte de la personnalité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Omir Chynybekouly, le texte des nouveaux manuels diffère un peu de celui des anciens, mais ceux-ci partagent un même message général.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La glorification se poursuit comme jadis. Le culte de la personnalité est toujours là. Tous les succès du pays sont attribués à un homme. J’ai fait mes études sous l’URSS et sous Staline, chaque victoire était associée exclusivement à son nom. Nikita Khrouchtchev n’a pas réussi à devenir l’objet d’un culte, contrairement à Leonid Brejnev, qui a gouverné pendant 18 ans. Même la campagne des terres vierges lui a été attribuée. Nous le comprenions bien. Après les années 2000, dans notre pays aussi, on a pu observer que le culte de la personnalité prenait de l’ampleur »</em>, explique le professeur à la retraite.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste Asylkhan Mamachouly, spécialiste de l’histoire du Kazakhstan et auteur d’un article brossant le portrait politique de Noursoultan Nazarbaïev, estime également que les contenus des manuels concordent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Presque chaque paragraphe mentionne Noursoultan Nazarbaïev. Je ne suis pas surpris par la composition de l’édition de 2019, c’est ce qui a suivi qui m’a frappé. On peut faire preuve d’indulgence avec l’ancienne version, mais si un manuel, en 2024, répète encore la même chose, il y a un problème. J’ai vu le manuel pour les troisièmes : il contient une section intitulée ‘Le rôle de Nazarbaïev dans la création du Kazakhstan indépendant’. Il semble que sa mention ait diminué par rapport à l’ancienne édition, mais elle reste présente »</em>, affirme-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une continuité avalisée par le ministère de l&rsquo;Education</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Radio Azattyk a adressé une demande au ministère de l’Education concernant le contenu de la section consacrée à Nousoultan Nazarbaïev. En particulier, la rédaction souhaitait savoir dans quelle mesure le rôle du premier président avait été évalué avec objectivité et si l’impartialité et la neutralité scientifiques avaient été respectées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nucleaire-le-kazakhstan-renforce-emprise-sur-les-ressources-uranium/">Le Kazakhstan renforce son emprise sur son uranium face à une demande mondiale croissante</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère a fait parvenir la réponse suivante : <em>« Depuis 2016, le système d’éducation secondaire a connu une mise à jour de son programme. De nouveaux manuels ont été développés et progressivement introduits entre 2016 et 2020. Les sections sur le rôle de Noursoultan Nazarbaïev dans la création et le développement du Kazakhstan ont été inclus dans les manuels d’histoire à ce moment-là. Le contenu des manuels a été mis à jour conformément à la législation et à la réglementation en vigueur dans la République du Kazakhstan, en observant également la neutralité et la validité scientifique. Le matériel pédagogique a été établi sur la base des programmes scolaires, de faits historiques et de documents d’archives. Le rôle de Noursoultan Abichevitch Nazarbaïev dans l’établissement du Kazakhstan indépendant est présenté comme un fait historique. La section concernée observe la neutralité scientifique et l’objectivité. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;inconstance de Kassym-Jomart Tokaïev dans ses déclarations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les déclarations du président Kassym-Jomart Tokaïev sur son prédécesseur ont été très diverses. Juste après Qantar, il a affirmé qu’une profonde fracture sociale s’était établie dans le pays sous ses mandatures. 162 personnes possédaient la moitié des richesses du pays, tandis que la moitié de la population vivait avec moins de 50 000 tengués par mois (90 euros). Par la suite, il a cependant appelé ses compatriotes à être reconnaissants envers le premier président pour son apport à l’État.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="366" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/nazarbaiev_tokaiev.jpg" alt="Nazarbaïev et Tokaïev se serrent la main" class="wp-image-74533" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/nazarbaiev_tokaiev.jpg 650w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/nazarbaiev_tokaiev-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/nazarbaiev_tokaiev-600x338.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /><figcaption class="wp-element-caption">L’ancien président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev (à droite) et son protégé Kassym-Jomart Tokaïev à un congrès du parti au pouvoir, avril 2019. Image: Reuters via Radio Azattyk</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, dans une <a href="https://www.akorda.kz/ru/kasym-zhomart-tokaev-cel-ukrepit-ekonomiku-i-suverenitet-20524" id="https://www.akorda.kz/ru/kasym-zhomart-tokaev-cel-ukrepit-ekonomiku-i-suverenitet-20524">interview</a> au média Ana Tili, Kassym-Jomart Tokaïev a affirmé que Noursoultan Nazarbaïev, après sa démission, <em>« ne s’est pas distingué par sa délicatesse politique, convoquant régulièrement des réunions autour de lui avec la participation du premier ministre, du directeur de la Banque nationale, des ministres et akims »</em>, suscitant des rumeurs de double-pouvoir et in fine, une crise politique. Cependant, en août, à la veille du jour de la Constitution, Kassym-Jomart Tokaïev a évoqué la nécessité de reconnaître les mérites de l’ancien président.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-president-du-kazakhstan-acte-la-transformation-des-institutions/" id="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-president-du-kazakhstan-acte-la-transformation-des-institutions/">Vice-président, parlement monocaméral : au Kazakhstan, le président Tokaïev acte la transformation des institutions</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au niveau étatique, nulle discussion ouverte sur le rôle de Noursoultan Nazarbaïev. Ses accomplissements et erreurs n’ont pas fait l’objet d’une évaluation politique objective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Réécrire ne serait pas si compliqué, mais la volonté manque »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le journaliste Asylkhan Mamachouly, le pouvoir en place rechigne à parler des erreurs de l’ancien président, car il a façonné les représentants de l’establishment actuel et le système qu’il a élaboré par le passé fonctionne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Si vous avez déjà commencé à dire ‘a’, il faut aussi dire ‘b’. Le comportement de Nazarbaïev lors des événements de décembre 1986, sa propre évaluation du pouvoir précédent, la façon dont il a retiré la première Constitution et en a proclamé une qui lui convenait, puis celle dont il a concentré tout le pouvoir dans ses mains, ainsi que ses finances – la question financière est un sujet en soi –, ils ont peur de toucher à tout cela »</em>, estime le journaliste.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Il poursuit : <em>« Il y a eu les événements de janvier, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-ouvriers-petroliers-de-janaozen-manifestent-au-kazakhstan-les-revendications-setendent-dans-tout-le-pays/" id="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-ouvriers-petroliers-de-janaozen-manifestent-au-kazakhstan-les-revendications-setendent-dans-tout-le-pays/">Janaozen</a>, divers conflits, des assassinats politiques. Il y a eu les violations des droits de l’Homme. Réécrire l’histoire n’est pas si compliqué, mais le pouvoir actuel n’a pas le désir de s’en occuper. Si une impulsion était donnée au sommet, les auteurs se mettraient tous au travail. Et pourtant, à l’heure qu’il est, les manuels demandent aux écoliers : que pensez-vous du rôle de Nazarbaïev ? »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Noursoultan Nazarbaïev au programme de troisième</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste continue : <em>« Mais ce n’est pas comme ça qu’il faut les interroger, si le manuel lui-même ne présente pas tous les éléments de réponse. Il explique qu’en 2019, Nazarbaïev a quitté son poste, remplacé par Tokaïev, et c’est tout. Cela donne l’impression que cela a mis un terme à son ère. L’ancien manuel, lui, écrivait que Nazarbaïev était Elbassy. Alors pourquoi n’est-il pas dit qu’en 2022, ce statut lui a été retiré par référendum ? Pourquoi a-t-il été retiré, qu’est-ce qui posait problème ? Pas d’explication à ce sujet. »</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="366" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/fauteuil_endommage_qantar_2022.jpg" alt="Fauteuil endommagé au palais présidentiel pendant Qantar 2022" class="wp-image-74518" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/fauteuil_endommage_qantar_2022.jpg 650w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/fauteuil_endommage_qantar_2022-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/fauteuil_endommage_qantar_2022-600x338.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /><figcaption class="wp-element-caption">Fauteuil endommagé dans la résidence du président du Kazakhstan à Almaty au moment des événements de janvier, 6 janvier 2022. Image: Radio Azattyk</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme scolaire prévoit de consacrer deux heures à Noursoultan Nazarbaïev en troisième. Le manuel propose des activités consistant à dresser un portrait politique de l’ancien président et à analyser des extraits de ses œuvres. Ces manuels seront utilisés jusqu’en 2029.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Radio Azattyk</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://rus.azattyq.org/a/pravda-i-voshvalenie-kak-izmenilsya-obraz-nazarbaeva-v-uchebnikah-istorii-posle-%D2%9Ba%D2%A3tara-/33545031.html"><strong>russe</strong></a><strong> par Elise Medina</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Arnaud Behr</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Kazakhstan : comment des enthousiastes partent à la recherche de pétroglyphes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 10:49:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Parc naturel]]></category>
		<category><![CDATA[Pétroglyphes]]></category>
		<category><![CDATA[Pré-histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-enthousiastes-partent-recherche-petroglyphes/">Kazakhstan : comment des enthousiastes partent à la recherche de pétroglyphes</a></p>
<p>Sur leur temps libre, des chasseurs de pétroglyphes partent à la recherche de traces de&#160;la route de la Soie et d’anciennes peintures rupestres dans le parc national d’Altyn-Emel, au Kazakhstan. Novastan reprend et traduit ici un article publié par Svetlana Romachkina dans Vlast. Dans la région de Jetyssou, sur un des bords du réservoir de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-enthousiastes-partent-recherche-petroglyphes/">Kazakhstan : comment des enthousiastes partent à la recherche de pétroglyphes</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur leur temps libre, des chasseurs de pétroglyphes partent à la recherche de traces de&nbsp;la route de la Soie et d’anciennes peintures rupestres dans le parc national d’Altyn-Emel, au Kazakhstan.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié par Svetlana Romachkina dans <a href="https://vlast.kz/regiony/64505-kuda-by-a-posel-esli-by-byl-drevnim-kazahom.html">Vlast</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jetyssou">Jetyssou</a>, sur un des bords du réservoir de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_de_Kapchaga%C3%AF">Kaptchagaï</a>, il n’y a aucune zone de loisirs. D’un coté, l’eau. De l’autre, les montagnes. C’est à partir d’ici que les « chasseurs », 20 personnes de tous âges et professions, se mettent en route à la recherche des traces de leurs ancêtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Faites attention à regarder sous vos pieds, les serpents vont peut-être commencer à se réveiller. Vérifier les rochers avant d’avancer, ici tout est en mouvement, les pierres peuvent tomber. Ne vous approchez pas du bord de la falaise. Ne vous éloignez pas de groupe, surveillez-vous les uns les autres. Regroupez vous par trois ou cinq, ne vous retrouvez jamais seul »</em>, explique d’un air tonique l’instructeur, Rafael Khismatoulline.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Il y a de cela presque cinq ans, ce dentiste devenu amateur de pétroglyphes est venu boire un thé chez son ami Janat Touralbaïou, un berger qui passait l’hiver près des montagnes de Daoubylbaï. Rafael Khismatoulline lui a demandé s’il n’avait pas vu de pétroglyphes. Le berger lui a demandé d’expliquer de quoi il s’agissait. <em>« Des dessins sur des pierres ».</em> Alors Janat Touralbaïou l’a mené sur une crète où se trouvait <em>« une incroyable quantité de dessins »</em> gravés sur des stèles d’environ cinq mètres de longueur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rafael Khimastoulline a pris des photos et essayé d’en parler à des historiens et des archéologues. Il a commencé à leur écrire sur Facebook, mais seule <a href="https://www.instagram.com/gumirovao/">Olga Goumirova</a>, la fondatrice de l’association publique Les chasseurs de pétroglyphes, lui a répondu.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un groupe de passionnés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s’est renseignée sur l’emplacement des dessins et lui a répondu qu&rsquo;ils ne se trouvaient pas sur la carte. Le nombre de pétroglyphes à Ordakoul, comme les locaux appellent cette crète, se compte par milliers, et datent d’une période allant de l’âge de bronze à nos jours. Les montagnes conservent encore beaucoup de pétroglyphes secrets. Aujourd’hui, c’est à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_Altyn-Emel">Altyn-Emel</a> que l’équipe hétéroclite de chasseurs part à la recherche de dessins anciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre voitures accompagnées de gardes forestiers – ce sont les règles à suivre dans ce parc national où les terres sont protégées &#8211; s’élancent vers les montagnes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes Montagne" class="wp-image-74278" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4662e3ace23b90761e2d1aba282fc58c.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le parc Altyn-Emel, dans la région de Jetyssou. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équipe tombe immédiatement sur un tumulus non loin de la ferme. Presque tous les tumuli ont été pillés depuis l&rsquo;antiquité. Olga Goumirova suppose que les pierres carrées claires sont des sépultures <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_hunnique">hunniques</a>. Elles se trouvent à côté d&rsquo;une petite colline que les habitants appellent le tumulus de Cholak Batyr, en l&rsquo;honneur duquel les montagnes ont été nommées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il est possible que ce lieu ait longtemps été considéré comme sacré. Ces monticules sont une opportunité d&rsquo;en apprendre davantage sur ceux qui ont voyagé le long de la route de la Soie »</em>, explique le guide.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Olga Goumirova</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus loin, la terre regorge d&rsquo;affleurements de pierre, dont certains mesurent 25 à 30 mètres de diamètre sur des monticules malheureusement dévalisés. Selon Olga Goumirova, ces structures sont probablement un enclos pour les caravanes voyageant le long de la route de la Soie. Tout ce qui est visible ici représente une branche de cette route. Mais des experts doivent encore confirmer cette intuition.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74277" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/551c54a5c718a6c0486e25ce28c4f597.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">En chemin à la recherche des pétroglyphes. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Olga Goumirova est journaliste et illustratrice pour enfants. Elle est chercheuse de pétroglyphes depuis les années 1990. Elle s’est depuis l’enfance passionnée pour l’archéologie et voulait rejoindre la faculté d’histoire, mais s’est finalement tournée vers le journalisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en 1994 qu’elle a vu pour la première fois de ses propres yeux un pétroglyphe, quand le complexe archéologique <a href="https://tanbaly.kz/about">Tanbaly</a> préparait son inscription sur la liste de l&rsquo;Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/12cc73ca68e2582e4ae64d4f38771f3d_900xauto.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes Olga Goumirova" class="wp-image-74276" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/12cc73ca68e2582e4ae64d4f38771f3d_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/12cc73ca68e2582e4ae64d4f38771f3d_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/12cc73ca68e2582e4ae64d4f38771f3d_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/12cc73ca68e2582e4ae64d4f38771f3d_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Olga Goumirova. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un an plus tard, elle s’est vue proposer de partir en expédition avec les étudiants du lycée numéro 46 à Echkiolmès en qualité de cuisinière. <em>« Je ne sais pas cuisiner, je n’aime pas cela, mais je suis partie avec eux. Ils ont tous survécu (elle rit). Pendant l’expédition, je préparais à manger jusqu’à 11 heures, puis je sortais sur les rochers jusqu’à cinq heures du soir. Je prenais part aux activités de dessin des pétroglyphes, et j’ai fait la connaissance de l’archéologue et alpiniste Alekseï Mariachev. Il a vu que j’étais très douée en orientation, pour l’escalade, etc. Il a fini par m’inviter à son expédition »</em>, raconte-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des dessins de chèvres et d’hommes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour bien chasser les pétroglyphes, il faut avoir des compétences en escalade et en tourisme de montagne. Dans l’ensemble, il faut être endurant car en été sur les rochers, il fait insupportablement chaud. Aujourd’hui, avant-dernier jour de mars, il fait encore frais : le soleil brille, et on n’entend pas toujours très bien les voix des chasseurs à cause du vent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant qu’une partie de l’équipe fixe les monticules (certains font douze mètres de diamètre voire plus) et les affleurements de pierre, l’artiste Elena Koudinova photographie les montagnes en face, et à travers le zoom de l’appareil se découvrent des traces d’art rupestre. Les chasseurs grimpent sur des rochers détachés en raison de l’effritement des pierres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74275" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/c591aa197ce485481738f661ec743935.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les rochers cachent un grand nombre de dessins rupestres. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Galimjanov, professeur et enseignant à l&rsquo;Académie d’architecture et de construction (KazGAZA), conclut que les dessins de chasse à la chèvre qu&rsquo;ils viennent de trouver sont de la période de l&rsquo;âge du bronze. <em>« Je donne ma main à couper que c&rsquo;est du bronze, l&rsquo;étage inférieur, c&rsquo;est du bronze à cent pour cent. Et en dessous de nous, il y avait une grande colonie. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Galimjanov a rejoint les chasseurs il y a longtemps, mais c&rsquo;est la première fois qu&rsquo;il vient ici : il dit qu&rsquo;il est venu pour évaluer les lieux, puis qu&rsquo;il y amènera ses élèves.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Spiridon Starkov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, Spiridon Starkov a quitté la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_de_Sakha">République de Sakha</a>, ou Yakoutie, pour s’installer au Kazakhstan. Il a <em>« les jambes les plus rapides et l’œil le plus perçant »</em>. Il a grandi dans un endroit où il fallait <em>« voyager trois jours entiers&nbsp;en KAMAZ </em>(un type de camion, ndlr)<em>« </em> pour parvenir jusqu’aux montagnes les plus proches. Au moment de ses études à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tomsk">Tomsk</a>, il a fait la connaissance d’Almatiens, qui lui parlaient des montagnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand il a fini par se rendre à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, il a découvert avec grand étonnement que la ville se trouvait vraiment aux pieds des montagnes. <em>« C’est incroyable qu’on puisse se réveiller et aller prendre son petit déjeuner dans les montagnes »</em>, raconte-t-il.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Spiridon Starkov a fait une excursion au <a href="https://qaztravel.kz/fr/tourist-spots/reserve-museum-issyk">musée-réserve d&rsquo;Issyk</a>, où il a appris l&rsquo;existence des chasseurs de pétroglyphes et a demandé à participer à l&rsquo;expédition. <em>« Cela m’a attiré. Il s&rsquo;agit de nos ancêtres, mais bien sûr pas les plus proches. Les Turcs descendent des Sakas, tout comme les Yakoutes. Je suis moi-même très intéressé par leur mode de vie. Bien sûr, j&rsquo;aimerais comprendre pourquoi mes ancêtres ont décidé de s&rsquo;installer dans un endroit aussi froid alors qu&rsquo;il y a beaucoup de terres ici »</em>, s&rsquo;amuse-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le légendaire Bolat</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la montagne voisine, Spiridon Starkov a aussi découvert des pétroglyphes, un grand aigle mort et une gravure au nom de Bolat.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/6e69f363046eaab24734ff48454776c9_900xauto.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes Bolat" class="wp-image-74271" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/6e69f363046eaab24734ff48454776c9_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/6e69f363046eaab24734ff48454776c9_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/6e69f363046eaab24734ff48454776c9_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/6e69f363046eaab24734ff48454776c9_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Bolat, une inscription légendaire pour les chasseurs de pétroglyphes. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dernier est une figure légendaire pour les chasseurs de dessins rupestres. Le mystérieux Bolat a immortalisé son nom dans les montagnes de Cholak à peu près partout où se trouvent des pétroglyphes, ce qui suscite une véritable admiration. Les années de création active de Bolat se situent autour de la deuxième moitié des années 1980. Il n’a pas seulement laissé sa signature dans ces montagnes, mais a également mis à jour les dessins de l’âge de fer et de l’âge de bronze. Spiridon Starkov pense que Bolat était un berger et rêve désormais de le rencontrer afin de lui serrer la main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe enregistre tous les motifs trouvés avec l’aide du GPS. Les photographies et les données seront transmises à l’Institut d’archéologie A. Margoulan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Certains pétroglyphes menacés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pétroglyphes ont eu de la chance&nbsp;: ils se trouvent sur le terrain d’un parc national, c’est-à-dire sous la protection de l’Etat. Mais d&rsquo;autres peintures rupestres anciennes ont moins de chance. Par exemple, dans les montagnes d&rsquo;Arkharly, un ancien sanctuaire vieux d&rsquo;environ 4 000 ans a été endommagé par les collecteurs de dalles et de graviers. Cela s&rsquo;est produit parce que le terrain a été loué à un propriétaire sans expertise archéologique préalable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les spécialistes sont surtout préoccupés par la construction d’une <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/64226-drevnie-naskalnye-risunki-ekologia-i-turizm-pocemu-aktivisty-protiv-stroitelstva-ges-na-reke-koksu.html">station hydro-électrique sur la rivière Koksou.</a> Les alentours sont déjà en construction. Tout cela conduit à ce que des dessins encore non étudiés ni même enregistrés puissent se retrouver détruits.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74273" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/4f1cfc3173fe100e500ed1e0f4944ec8.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Certains pétroglyphes sont menacés. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« A proximité, dans la zone protégée du monument, deux centrales électriques vont être construites en même temps, ce qui signifie que les cimetières et les villages seront détruits, et bien sûr, s&rsquo;il y a un miroir d&rsquo;eau à cet endroit, les pétroglyphes commenceront à se couvrir de lichens et disparaîtront. Si nous prenons en compte le fait qu&rsquo;Echkiolmès</em> <em>figure sur la liste préliminaire de la proposition d&rsquo;inscription sur la liste collective de monuments de l&rsquo;UNESCO, et qu&rsquo;en 2025 le Kazakhstan préside l&rsquo;organisation jusqu&rsquo;en juin, alors nous pouvons nous sortir de là avec un gros scandale international »</em>, estime Olga Goumirova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, le projet de centrale hydro-électrique est en réflexion depuis le début des années 2010, au moment précis où Echkiolmès a pour la première fois été retiré du Code des monuments archéologiques de la région d’Almaty.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des recherches limitées par le passage des saisons</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les sanctuaires ne sont pas des dessins gravés au hasard, il y a une certaine logique dans l&rsquo;organisation d&rsquo;un lieu sacré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olga Goumirova continue&nbsp;: <em>« Les anciens savaient choisir les lieux de leurs sanctuaires. Il y règne une atmosphère particulière, généralement un paysage mémorable, très beau, et un sentiment d&rsquo;harmonie, de bien-être, de paix. Il reste encore beaucoup de questions auxquelles les savants ne peuvent toujours pas répondre. Les pétroglyphes sont une transmission symbolique d’informations. Il faut essayer de se représenter comment pensaient les hommes il y a 4 000 ans. Nous n’avons pas su conserver les mythes de l’âge de bronze sur notre territoire. Nous sommes à ce jour toujours incapables de dire quelles étaient les divinités à ce moment-là. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-petroglyphes-miroir-des-peuples-dasie-centrale/">Les pétroglyphes, miroir des peuples d’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chasseurs partent en expédition pendant le week-end. La saison active dure six mois, bien qu’il arrive que des fouilles soient menées en hiver. A Altyn-Emel, les recherches seront menées en avril avec le soutien du Qazaq National Park. Ensuite, les enthousiastes reviendront pendant l’automne. En mai et en juin, il faudra travailler à Echkiolmès, où les pétroglyphes sont aujourd’hui en danger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne Altyn-Emel, un des fermiers dit que sur ce territoire se trouvent beaucoup de pétroglyphes, mais qu’il est pour l’instant impossible de s’y rendre à cause de la boue. Dans l’ensemble, les sources principales d’informations sur les pétroglyphes sont les bergers et les gardes forestiers du parc national. Mais même avec une compréhension juste du terrain des fouilles, il est important d’avoir en plus non seulement le savoir, mais aussi l’intuition.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Je n&rsquo;avais jamais rien éprouvé de tel »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les motifs se trouvent habituellement le long de chemins commodes et dans des endroits magnifiques. Je me rappelle du moment où j’ai trouvé mon premier pétroglyphe – [Olga] Goumirova m’avait dit d’aller le long de la crête, je marche, je marche, mais je ne trouve rien. Et je commence à me demander où est-ce que je serais allé si j’avais été un Kazakh de l’époque. Vraisemblablement là d’où je peux voir les collines, dans une gorge, dans un village. Je marche et hop : une chèvre. Plus loin, encore une chèvre. Je gravis la montagne et là se trouve un regroupement de pétroglyphes ! Quelle sensation étrange j’éprouvais au-dedans, de la joie, de l’euphorie. Je n’avais jamais rien éprouvé de tel »</em>, confie Spiridon Starkov.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="574" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto-1024x574.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74272" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto-1024x574.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto-300x168.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto-768x431.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto-600x337.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/e5e1fc156c06680f30bea24068bdaf22_1440xauto.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Spiridon Starkov. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, il a développé une addiction&nbsp;: il veut trouver de plus en plus de pétroglyphes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ramis Atabaïev, originaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taldykourgan">Taldykorgan</a>, partage complètement cette addiction. Cet ancien militaire aujourd’hui à la retraite, père de six enfants, tient un business. Il est passionné d’archéologie depuis l’enfance. Chez lui se trouvait un livre sur l’art rupestre en France, et c’est avec étonnement qu’il a appris qu&rsquo;il s&rsquo;en trouvait aussi au Kazakhstan, et en plus de cela, dans sa ville natale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit en plaisantant le journaliste et chasseur Iourii Dorokhodov, si le Kazakhstan est le pays des pétroglyphes, alors Taldykorgan est sa capitale. Selon Ramis Atabaïev, il est possible de trouver des pierres avec d’anciennes gravures dans sa propre ville. Celui qui comprend leur valeur s’adresse à un archéologue, celui qui ne comprend pas les détruit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Partir à la recherche de pétroglyphes à vélo</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’année dernière à Taldykorgan s’est achevé un conflit ayant duré quelques années. Une compagnie de construction locale a détruit le sommet d’une colline où se trouvaient beaucoup de pétroglyphes, dont certains de l’âge du bronze, en extrayant de la diorite. Ce qui a survécu a été préservé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il y a deux ans, j’ai commencé à faire du&nbsp;vélo comme amateur, et maintenant je prends mon vélo, je me rends aux&nbsp;collines les plus proches qui longent Taldykorgan et je cherche de nouveaux regroupements de pétroglyphes. Ensuite je transmets l’information à [Olga] Goumirova. Mon rôle c’est de découvrir, de poser des&nbsp;étiquettes »</em>, raconte Ramis Atabaïev.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes Ramis Atabaïev" class="wp-image-74269" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/9bec739478936c9184268e0305a6faf3_1440xauto.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ramis Atabaïev. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Autour de Talykorgan se trouvent beaucoup de montagnes où les locaux ont vu des dessins sur pierre. Ramis Atabaïev s’y dirige seul avec son vélo pour de nouvelles recherches et, comme d’habitude, il trouve. Les sujets sont divers, d’une scène de chasse à des chèvres ordinaires, en passant par des figures humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il note que les gens qui cherchent des pétroglyphes avec de mauvaises intentions ne les remarquent souvent même pas. Les pétroglyphes ne s’ouvrent pas à eux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un but : trouver les pétroglyphes représentant le soleil</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lui-même n’a pas tout de suite vu les pétroglyphes. Il avait entendu dire qu’il y en avait à Ordakoul. Il raconte : <em>« Je m’y promenais depuis une heure et demie et je commençais déjà à me perdre, je me suis assis sur un banc… je voulais déjà redescendre en bas, mon cœur me criait « Mince, mais où donc sont ces pétroglyphes, montrez-vous ! » Soudain, j’ai tourné la tête sur le côté, les rayons du soleil sont tombés d’une certaine manière sur une pierre, bref, j’ai aperçu une chèvre, et alors tous les motifs se sont découverts à moi les uns après les autres. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ramis Atabaïev considère qu’il faut réussir à inscrire ces lieux au patrimoine culturel de l’Unesco. Quand il était soldat, il travaillait à la frontière. Il se souvient que les étrangers qui arrivaient disaient qu’ils iraient à Tamgaly-Tas, bien que la valeur du site ne soit pas encore officiellement reconnue.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Quand Rafael Khismatoulline a commencé à se passionner pour les pétroglyphes, il a dit à sa femme qu’il en trouverait un avec une tête en forme de soleil et lui dédierait sa découverte. Il a tenu cette promesse&nbsp;: il en a trouvé un de 3,5 mètres sur 1,5 mètre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble que tous les chasseurs rêvent de trouver une tête de soleil, que beaucoup de gens connaissent plutôt comme un symbole de l&rsquo;ancien festival de musique Azia Daouysy. Mais comme le dit un des chasseurs, même les dessins de chèvres les ravissent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La création d&rsquo;une Fondation pour protéger l&rsquo;héritage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe de futurs chasseurs a commencé à se former à la fin des années 1990. Des volontaires se joignaient toujours à Alekseï Mariachev. Quand il a proposé à des journalistes de Droujnyïe rebiata, pour lequel Olga Goumirova travaillait depuis longtemps, de se joindre à lui, une nouvelle équipe est apparue et s&rsquo;est fixé des buts précis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Beaucoup de gens ne le savent pas, mais le territoire du Kazakhstan est une véritable page blanche d’un point de vue archéologique. Il y a très peu d’archéologues pour une grande quantité d’objets archéologiques, comme les collines de la rivière Koksou, ou en général toute la région de Jetyssou. Nous économisions de l’argent, partions à notre propre compte, et aidions Alekseï Mariachev à organiser l’expédition »</em>, se souvient Olga Goumirova.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/d58ab8bb56661f8e4e69d9cc1a5d6b17_900xauto.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes Equipe" class="wp-image-74270" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/d58ab8bb56661f8e4e69d9cc1a5d6b17_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/d58ab8bb56661f8e4e69d9cc1a5d6b17_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/d58ab8bb56661f8e4e69d9cc1a5d6b17_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/d58ab8bb56661f8e4e69d9cc1a5d6b17_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;équipe de chasseurs de pétroglyphes. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa mort, le groupe a pris la décision de créer une Fondation, au vu de l’urgence de préserver les pétroglyphes. En 2024, un mémorandum avec l’Institut d’archéologie de Margoulan a été conclu pour 3 ans : les chasseurs transmettent toutes les informations recueillies aux scientifiques et discutent avec eux de comment organiser des expéditions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un manque de financement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux choses menacent les pétroglyphes&nbsp;: le business et le temps. Aujourd’hui, en raison du manque de financement, il y a peu de jeunes archéologues qui pourraient s’intéresser aux dessins rupestres. Selon Olga Goumirova, près de 300 regroupements de pétroglyphes sont à ce jour officiellement enregistrés dans le pays, bien qu’en réalité il y en ait beaucoup plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème est que le Kazakhstan n’applique pas la loi sur l’expertise archéologique préalable. De plus, les objets archéologiques connus ne sont pas suffisamment étudiés. Par exemple, Beschatyr est un site funéraire très étudié, mais personne n’a enregistré les pétroglyphes situés à proximité. Tanbaly-Tas, à Altyn-Emel, n’a lui non plus pas été étudié jusqu’au bout. Personne, jusqu’à l’expédition des chasseurs,&nbsp;ne savait que sur les hauteurs de la montagne de Cholak, sur le territoire même du parc national, se trouvaient aussi des représentations rupestres. Spiridon Starkov venait de les découvrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/langar-centre-historique-des-petroglyphes-tadjiks/">Langar, centre historique des pétroglyphes tadjiks</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette raison, les chasseurs de pétroglyphes ont dû faire ce que l’Etat ne pouvait pas faire. Et tout cela gratuitement, sur la base de leur seul enthousiasme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches à Altyn-Emel sont liées avec le fait que le Qazaq National Park veuille y créer de nouveaux parcours touristiques. Comme ce lieu est un espace protégé, Olga Goumirova considère qu’un tel parcours pourrait être sans danger pour les pétroglyphes et utile pour les touristes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le projet Jer Art</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rendre l’idée d’une visite au centre Altyn-Emel attractive pour les touristes, l’artiste Sanjar Joubanov a créé un projet qu’il a appelé Jer Art – par analogie avec le land art. C’est une galerie unique de dessins à ciel ouvert. Non loin de la visite du centre se trouve un chemin, le long duquel s’étalent des pétroglyphes et les travaux récents de Sanjar Joubanov sur les pierres. Il a gravé ses œuvres par contraste avec les pétroglyphes, ce qui les rend plus remarquables.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74268" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/a7dde0eb307457f35a16674695d867b5.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un fragment de la galerie de l&rsquo;artiste Sanjar Joubanov. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’artiste a travaillé sur cette galerie pendant trois mois. Sur les hauteurs des montagnes, il a gravé des motifs à tête de soleil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sanjar Joubanov travaille avec des pétroglyphes depuis 15 ans, mais son travail était au début spécifiquement tourné vers les motifs à tête de soleil. Il confesse n’avoir longtemps pas pu les appréhender : <em>« Mon but est de ressentir les artistes anciens, de m’imprégner de ces traces. Il faut un état d’esprit particulier, de l’amour, de la volonté, et c’est là qu’apparait le dessin. C’est une tradition puissante, vieille de plusieurs milliers d’années, de l’apparition de l&rsquo;art des Sakhas jusqu&rsquo;à l&rsquo;art turc. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-1024x683.jpg" alt="Kazakhstan Pétroglyphes" class="wp-image-74267" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/03/34a47f20d79666a1e76f45257f084d31_autox1200.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les motifs à tête de soleil. Photo : Daniyar Mousirov / Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sanjar Joubanov montre un dessin de cerf dont les énormes cornes rappellent l’ornement kazakh. Le voici, le lien fondamental avec les artistes du passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le projet d&rsquo;amener des élèves</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques mètres des nouvelles têtes de soleil, Saïd Galimjanov et Rafael Khismatoulline ont vu une peinture rupestre et ont commencé à débattre sur la période à laquelle elle appartenait. Le premier insiste sur le fait qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une peinture néolithique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïd Galimjanov est content de sa journée. Il considère qu’Altyn-Emel est un monument aux multiples promesses. Ici, on peut mener des recherches archéologiques précieuses à de nombreux égards. Il s&rsquo;y dévoile une culture de peuplements et de cimetières assez vaste, ainsi que des regroupements de pétroglyphes qui vont de l’âge du bronze au moyen-âge. Il s&rsquo;y trouve aussi des établissements ethnographiques de l’époque du khanat kazakh. Pour cette raison, l’idée de Saïd Galimjanov d’amener ses élèves s’est avérée très pertinente.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le soleil se couche, et le long du chemin, sur une pierre imbibée de la lumière du soir, apparait encore un dessin ancien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chasseurs fatigués retournent à leur voiture. Au loin, sur la montagne, apparaissent les trois silhouettes d&rsquo;Olga Goumirova, Saïd Galimjanov et Rafael Khismatoulline se penchant sur la pierre. Ils discutent&nbsp;:&nbsp;ce motif date-t-il du néolithique ?</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Svetlana Romachkina<br>Journaliste pour Vlast</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/regiony/64505-kuda-by-a-posel-esli-by-byl-drevnim-kazahom.html">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Que sont devenues les premières salles de cinéma du Kazakhstan-Oriental ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 15:36:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/premieres-salles-de-cinema-kazakhstan-oriental/">Que sont devenues les premières salles de cinéma du Kazakhstan-Oriental ?</a></p>
<p>Au Kazakhstan-Oriental, nombre de cinémas ont été construits durant les années 1930 à 1950. Un historien local raconte leur création et leur destin. Novastan traduit ici un article d&#8217;Artiom Smirnov paru dans le média kazakh Vlast. Dès la naissance de l&#8217;Union soviétique, le cinéma est vu comme un art auquel le peuple et les ouvriers doivent [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/premieres-salles-de-cinema-kazakhstan-oriental/">Que sont devenues les premières salles de cinéma du Kazakhstan-Oriental ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan-Oriental, nombre de cinémas ont été construits durant les années 1930 à 1950. Un historien local raconte leur création et leur destin.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan traduit ici un article d&rsquo;Artiom Smirnov paru dans le média kazakh <a href="https://vlast.kz/gorod/64018-sovetskie-kinoteatry-vostocnogo-kazahstana.html">Vlast</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès la naissance de l&rsquo;Union soviétique, le cinéma est vu comme un art auquel le peuple et les ouvriers doivent avoir accès. Ainsi, dans l&rsquo;Est du Kazakhstan, les années 1930 ont vu la construction de cinémas dans les plus grands centres industriels de l’époque. A cette époque, la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ridder">Ridder</a>, dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan-Oriental">l’oblast du Kazakhstan-Oriental</a>, appartenait à cette catégorie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement industriel de l’ancienne colonie minière progressait à un rythme effréné&nbsp;: lancement de la centrale hydroélectrique d’Oulba, d’une usine de traitement des minerais et d’une usine de plomb, achèvement du chemin de fer. Déjà dans le milieu des années 1930, les services de métallurgie non ferreuse dessinaient les perspectives de développement de Ridder comme celles d&rsquo;un futur centre industriel modèle et bien organisé.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Les quartiers de la nouvelle ville devaient être construits au Sud-Ouest de la zone résidentielle existante, sur un plateau proche de la montage Matrenine-Sokolok, en remplacement de la vieille ville regroupée autour du site industriel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Ridder, dès les années d’avant-guerre, beaucoup plus tôt qu’à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%96skemen">Oust-Kamenogorsk</a>, le nouveau centre régional, apparurent les premières maisons à trois étages. De telles maisons étaient construites au début des actuelles avenue de l’Indépendance et avenue Gagarine, dans le quartier appelé Novostroïka. Un cinéma y apparut beaucoup plus tôt que dans les autres villes de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bâtiment avant-gardiste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 septembre 1939, un cinéma moderne fut ouvert dans le quartier Novostroïka. Le bâtiment comprenait une salle de visionnage de 500 places, un buffet, une salle de lecture ainsi qu’un espace pour un orchestre de jazz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur du projet était Victor Petrovitch Kalmykov, un architecte du département de cinématographie des commissaires du peuple de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR). Durant la seconde moitié du XXème siècle, il a été un éminent spécialiste de la conception et de la construction de cinémas en Union soviétique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/58565acc8f862af0bf19fa56afd6666f_900xauto.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73706" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/58565acc8f862af0bf19fa56afd6666f_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/58565acc8f862af0bf19fa56afd6666f_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/58565acc8f862af0bf19fa56afd6666f_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/58565acc8f862af0bf19fa56afd6666f_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma de Ridder. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de cinéma pour 500 personnes était avant-gardiste tant par son aspect extérieur que par son caractère&nbsp;: le jeune architecte est l’un des premiers à avoir proposé la conception d’un nouveau type d’infrastructures&nbsp;de spectacle, dédiées à l’exposition de films et de services culturels.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bâtiment reconfiguré depuis</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais des bâtiments de style original n’ont pas été construits seulement à Ridder&nbsp;: des cinémas analogues sont apparus à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaganda">Karaganda</a> et à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyzylorda">Kyzylorda</a> ainsi que dans nombre d&rsquo;autres villes de l&rsquo;Union.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les habitants de la ville de Ridder, devenue Leninogorsk en 1941, la construction est restée sous le nom de cinéma de la Novostroïka. Officiellement, il a reçu le nom d’une figure du parti, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lazare_Kaganovitch">Lazare Kaganovitch</a>. En 1957, le cinéma a été renommé en l’honneur du poète <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Ma%C3%AFakovski">Vladimir Maïakovski</a> et prit le nom de cinéma Maïakovski.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-batiments-mal-aimes-dalmaty/">Les bâtiments mal aimés d’Almaty</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1998, le bâtiment a été vendu à des particuliers et reconstruit – un magasin se trouve aujourd&rsquo;hui à son emplacement. Cependant, l’aspect extérieur du bâtiment a été préservé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau cinéma à Oust-Kamenogorsk</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne le centre régional, Oust-Kamenogorsk, le cinéma Octobre &#8211; nommé Echo à l’origine &#8211; dont la construction date d’avant la révolution, a été l’unique cinéma dont disposaient les habitants de la ville pendant de nombreuses années.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/11cc0775634ef4c93a7bfc535216e593_900xauto.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73704" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/11cc0775634ef4c93a7bfc535216e593_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/11cc0775634ef4c93a7bfc535216e593_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/11cc0775634ef4c93a7bfc535216e593_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/11cc0775634ef4c93a7bfc535216e593_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma Octobre à Oust-Kamenogorsk. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’à Ridder, avant le début de la Seconde guerre mondiale, le chantier de la Nouvelle Ville avait au moins partiellement été achevé, la reconstruction des anciens locaux destinés à la projection de films avait été reportée à Oust-Kamenogorsk, sans parler de la construction d’un nouveau bâtiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1952, le ministère de la Cinématographie planifia la construction d’un cinéma à Oust-Kamenogorsk. Il fallut alors s’adresser aux plus hautes instances&nbsp;: la seule entreprise générale de construction de l’époque, le trust<strong>&nbsp;</strong>Altaïsvinetstroï, n’aspirait pas à entreprendre des travaux ayant pour objet la culture. Cependant, la direction de la ville et de la région réussit à obtenir que le trust s’engage à entamer les travaux pour un cinéma standard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un territoire proche du centre-ville fut choisi, dans la rue Octobre rouge, désormais avenue Aouèzov, en direction de la rue Maxime Gorki. Un cinéma dans un style délibérément classique, alors extrêmement répandu en URSS,&nbsp;servit de base au projet. L’autrice en était Zoïa Ossipovna Brod, architecte des ateliers étatiques auprès du conseil des ministres de l’URSS<strong>.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un effondrement rapide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 1953, les journaux régionaux rapportaient&nbsp;que la construction d’une salle de cinéma pour 360 personnes, rapidement connu sous le nom de cinéma L’Orient et qui avait été achevé avant la date prévue, se distinguait par son équipe de construction qualifiée, l’équipe&nbsp;Koultbytstroïa, du trust Altaïsvinetstroï. Mais le cinéma devint rapidement tristement célèbre.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/0f18157c98d503ddd1f442997c767a31_900xauto.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73703" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/0f18157c98d503ddd1f442997c767a31_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/0f18157c98d503ddd1f442997c767a31_900xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/0f18157c98d503ddd1f442997c767a31_900xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/0f18157c98d503ddd1f442997c767a31_900xauto-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma L&rsquo;Orient en 1953. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le 9 septembre 1954, moins d’un an après l’achèvement de la construction, un effondrement de plafond eut lieu dans l’auditorium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants de la ville se rappellent&nbsp;que l’incident avait même était raconté pendant les cours de physique des lycéens comme un exemple caractéristique du phénomène de résonance. Le déclencheur s’était avéré être un ventilateur allumé après la fin de la séance&nbsp;: ses vibrations avaient été transmises aux poutres du plafond, causant son effondrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des changements dans un projet déjà approuvé et des défauts de construction ont ainsi été désignées comme causes de l’effondrement. La commission d’enquête sur l’évènement statua&nbsp;que les structures du plafond avaient été assemblées et installées par Koultbytstroïa en mai 1953 avec le remplacement de matériaux à la demande personnelle du directeur de l’équipe, sans aucun calcul ni approbation préalable. Heureusement, aucune victime ne fut à déplorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bâtiment aux nombreuses vies</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1965, ce bâtiment devient le cinéma pour enfants L’Aiglon. Il continua de fonctionner pendant 30 ans. C’est la raison pour laquelle les habitants se souviennent particulièrement de ce cinéma&nbsp;: c’est précisément ici que beaucoup d&rsquo;entre eux, désormais âgés, ont pu regarder des films et dessins animés pour la première fois.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/31a547b916e47239d83d448eff407ffd.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73701" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/31a547b916e47239d83d448eff407ffd.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/31a547b916e47239d83d448eff407ffd-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/31a547b916e47239d83d448eff407ffd-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/31a547b916e47239d83d448eff407ffd-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma L&rsquo;Aiglon en 1969. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’arrivée des années 1990 et le déclin du cinéma régional, les projections cessèrent. Des tentatives de retour du cinéma à sa fonction initiale eurent lieu, mais l’affaire se solda par la vente du bâtiment en 1999.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto-1024x681.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73700" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto-1024x681.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto-768x511.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto-600x399.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/4a495f15ba1d6bef58b3649b3614139f_1440xauto.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;ancien cinéma L&rsquo;Aiglon aujourd&rsquo;hui. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien cinéma L’Aiglon devint un temps une boite de nuit, avant de se transformer en bureau de bookmakers. Aujourd’hui, diverses entreprises commerciales sont installées dans le bâtiment.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des cinémas à Zyrianovsk et Chemonaïkha</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cinéma a été construit selon un modèle standard bien connu. Mais d&rsquo;autres cinémas à l’architecture remarquable ont été construits dans deux localités de la région du Kazakhstan-Oriental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1949, le département régional de la cinématographie s’adressa au bureau d’études Oblproïekt à Oust-Kamenogorsk. Le besoin d’un nouveau cinéma se faisait sentir. C’est ainsi que dès août 1949 étaient&nbsp;dessinés les croquis préparatoires au projet de salles de cinéma pour 300 personnes pour les villes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Altay_(Kazakhstan-Oriental)">Zyrianovsk</a> (aujourd&rsquo;hui Altaï) et de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shemonaikha">Chemonaïkha</a>. Les auteurs du projet étaient les architectes Guenadi Nikolaïevitch Alekseïev et Tamara Nikolaïevna Vinogradova.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="619" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/620008e47d262f5b4b269c7edc390458_900xauto.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73699" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/620008e47d262f5b4b269c7edc390458_900xauto.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/620008e47d262f5b4b269c7edc390458_900xauto-300x206.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/620008e47d262f5b4b269c7edc390458_900xauto-768x528.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/620008e47d262f5b4b269c7edc390458_900xauto-600x413.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">La façade principale prévue pour les cinémas de Zyrianovsk et Chemonaïkha, août 1949. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il est intéressant de remarquer que sur le croquis de la façade principale, l’auteur a représenté l’affiche d’un film de comédie populaire de 1949, <em><a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D1%87%D0%B0%D1%81%D1%82%D0%BB%D0%B8%D0%B2%D1%8B%D0%B9_%D1%80%D0%B5%D0%B9%D1%81">La voiture 22-12</a></em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="536" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-1024x536.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73698" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-1024x536.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-300x157.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-768x402.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-1536x804.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838-600x314.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/2a3d38a8ae4df125154ae957963828c8_autox838.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le plan du rez-de-chaussée du cinéma. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="536" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-1024x536.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73697" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-1024x536.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-300x157.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-768x402.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-1536x804.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f-600x314.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/1aeb1d68f8c1a1bb49e0f6b85d1b862f.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le plan du premier étage. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La note explicative stipule que les dimensions de l’auditorium et des salles d’équipement étaient conçues pour utiliser les excavations et les fondements déjà existants. La construction d&rsquo;un nouveau bâtiment culturel à Chemonaïkha était prévue avant la guerre, bien que l’affaire se soit alors limitée à l’édification des fondations. A la demande du département de cinématographie, les deux bâtiments devaient être construits selon un seul modèle. Les dimensions de l&rsquo;ancienne fondation ont ainsi été utilisées également pour le nouveau cinéma de Zyrianovsk.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un projet unique pour deux bâtiments</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les croquis prévoient non seulement la salle de visionnage, le hall d’entrée, les guichets, le foyer et les salles d’équipement, mais aussi le buffet et la salle de club. Le projet prévoyait trois variantes de façades latérales : avec de petites ou de grandes fenêtres et sans fenêtres.&nbsp;La variante sans fenêtres a été réalisée dans les deux localités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le projet, les murs devaient être construits en béton de scories, et non en briques comme c&rsquo;était souvent le cas. Ce choix était particulièrement pertinent pour Chemonaïkha, qui manquait de briques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est intéressant de remarquer qu’en 1949, le chef du département de cinématographie du district de Zyrianovsk a proposé son propre projet de bâtiment de loisirs. Outre la salle de visionnage, la salle de lecture et le foyer, le fonctionnaire n’oublia pas de représenter dans le projet son propre bureau. Evidemment, cette variante ne fut pas aprouvée&nbsp;: le département régional supérieur avait décidé d&rsquo;ériger les deux bâtiments selon un même projet.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le département régional d’architecture a aussi rejeté le projet de plan général de cinéma à Zyrianovsk, réalisé dans l&rsquo;Oblproïekt de 1949. En fait, le bâtiment a été construit dans le quartier désigné, au bout de la rue prévue le long de&nbsp;la rivière Maslianka, mais il a été tourné de 180 degrés par rapport à ce que prévoyait le plan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des cinémas achevés dans les années 1950</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma de Zyrianovsk fut baptisé La Patrie et construit en 1953. Le plan général de construction du bâtiment à Chemonaïkha est demeuré inchangé&nbsp;: il fut aménagé au centre de la localité sur la base existante en béton armé, le long de la rue Bazarnaïa (aujourd’hui la rue Alexandre Kaporine), en face de la place du marché et à côté de l’école secondaire Ostrovski.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800-1024x683.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73696" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8a7fc60e14ef161418e7c765f141f8af_autox800.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma La Patrie en 1950. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces grandes infrastructures dans les villes et les colonies de travailleurs étaient généralement construites avec la participation d’un entrepreneur général, comme le trust&nbsp;Grande Ridder&nbsp;dans les années 1930, ou le trust Altaïsvinetstroï dans les années 1950.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La construction du cinéma à Chemonaïkha a été menée sous l&rsquo;autorité de la direction locale de la cinématographie, selon la méthode de construction populaire. Les premiers travaux ont commencé en 1949. Au cours de l’année suivante, des murs de béton de scories ont été coulés. Cependant, en juillet 1950, la construction fut gelée à cause de changements dans la documentation des devis.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f-1024x683.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73695" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/a04af4d22a0b6b613a5291482066bc1f.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma L&rsquo;Aube. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En raison de l’absence de financements, la construction ne reprit qu’en 1952. L’édition du 16 octobre 1952 du journal local <em>La bannière bolchévique</em> en fait mention sous la forme d’une annonce pour le recrutement de chaudronniers, plâtriers, maçons et ouvriers d&rsquo;autres professions pour la construction. Le 3 aout 1953, la construction du cinéma est achevée et une conférence du parti du quartier de Chemonaïkha y est organisée. C’est alors qu&rsquo;il fut décidé de l&rsquo;appeler le cinéma L’Aube.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Aucun de ces cinémas ne projette plus de films</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les salles de Zyrianovsk et Chemonaïkha n’ont pas échappé à la privatisation, les bâtiments ont été préservés. Le matériau des murs pouvait difficilement etre recyclé, ce qui n’est pas le cas de nombreuses constructions dans la région du Kazakhstan-Oriental, démantelées pour être transformées en briques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma L’Aube à Chemonaïkha est utilisé comme point de vente, mais le bâtiment demeure, même s’il n’est pas facile à voir depuis la rue&nbsp;: il est recouvert par des structures commerciales chaotiques. Il conserve toutefois les détails architecturaux d&rsquo;origine, parfois cachés par le nouveau revêtement.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-1024x681.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73694" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-1024x681.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-768x511.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-1536x1021.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd-600x399.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/f8ece3cd1aece02f2bf76a6861320ecd.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;ancien cinéma L&rsquo;Aube, aujourd&rsquo;hui. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le cinéma La Patrie dans la ville d’Altaï, bien que toujours intouché après des décennies, est entièrement fermé d’accès. Il se trouve sur un territoire privé entouré d’une clôture. Sur des photographies de 2012, le bâtiment conserve des détails originaux. Aujourd’hui, l’ancien cinéma est recouvert d&rsquo;un nouveau crépi et dépouillé de ses décorations d&rsquo;origine ; les fenêtres ont également été remplacées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-1024x683.jpg" alt="Cinéma Kazakhstan Oriental" class="wp-image-73693" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/01/8f5ee0268ef5177146b9a36c4506cc5f.jpg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le cinéma La Patrie, aujourd&rsquo;hui. Photo : Vlast.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dans l’Est du Kazakhstan, la construction de cinémas a donné lieu à l’emploi de plusieurs types de projets architecturaux, qu&rsquo;ils soient avant-gardistes ou néoclassiques. Heureusement, tous ces bâtiments existent encore aujourd’hui, même s’ils ne remplissent plus leur fonction d’origine.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Artiom Smirnov<br>Historien local pour Vlast</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/gorod/64018-sovetskie-kinoteatry-vostocnogo-kazahstana.html">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Comment une créatrice de mode moscovite a déclenché un contentieux avec le Kirghizstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 12:51:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Appropriation culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mode]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/creatrice-mode-moscovite-contentieux-kirghizstan/">Comment une créatrice de mode moscovite a déclenché un contentieux avec le Kirghizstan</a></p>
<p>Agitation sur les réseaux sociaux : la demande d&#8217;une créatrice de mode russe visant à breveter les vêtements traditionnels kirghiz a provoqué la colère des influenceurs kirghiz. Ce différend en dit long sur les rapports entretenus entre la Russie et les habitants des anciennes républiques soviétiques. Au cœur de la controverse se trouve la marque [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/creatrice-mode-moscovite-contentieux-kirghizstan/">Comment une créatrice de mode moscovite a déclenché un contentieux avec le Kirghizstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agitation sur les réseaux sociaux : la demande d&rsquo;une créatrice de mode russe visant à breveter les vêtements traditionnels kirghiz a provoqué la colère des influenceurs kirghiz. Ce différend en dit long sur les rapports entretenus entre la Russie et les habitants des anciennes républiques soviétiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la controverse se trouve la marque de mode moscovite YAKA, fondée en 2023 par la créatrice de mode Anna Obydenova, et qui commercialise divers vêtements, tapis et accessoires aux motifs traditionnels kirghiz. Le style <em>« ethno-chic moderne »</em>, comme Anna Obydenova décrit ses créations sur <a href="https://www.instagram.com/yakabrand.official/?hl=de">Instagram</a>, <em>« souligne l&rsquo;individualité de celui qui les porte »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis début février dernier, la marque fait toutefois face à une vague d&rsquo;indignation, suite à des critiques portées par des utilisateurs d&rsquo;Instagram envers Anna Obydenova, qu’ils accusent d’avoir copié des motifs traditionnels kirghiz et de se les être appropriés en les soumettant à un Copyrights.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La créatrice de mode justifie sa démarche, en expliquant que ses vêtements sont fabriqués au Kirghizstan par des couturières locales. L&rsquo;utilisatrice kirghize de TikTok <a href="https://www.tiktok.com/@rrrrramilya/video/7471339920179645726?_r=1&amp;_t=ZN-8urkVUQbpaQ">@rrrrrramilya</a> rétorque alors : <em>« Donc, si c&rsquo;est fabriqué au Kirghizstan, ça ne pose pas de problème ? Non ! Le fait de produire dans un pays ne donne pas le droit d&rsquo;en posséder la culture. Fabriquer quelque chose au Kirghizstan ne signifie pas que l&rsquo;on obtient les droits exclusifs sur les symboles traditionnels ! »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des réactions perçues comme méprisantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte publié sur le <a href="https://yaka.com.ru/">site web de YAKA</a>&nbsp;déclarant que le label a été créé <em>« en l&rsquo;honneur du 100ème anniversaire de la fondation de la République kirghize »</em> a également suscité l&rsquo;émoi. Il fait en effet allusion à l&rsquo;intégration du Kirghizstan dans l&rsquo;Union soviétique par les bolcheviks, et non à l&rsquo;indépendance effective du pays, il y a 34 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/textiles-tapis-geometrie-asie-centrale-entretien/">Textiles, tapis et géométrie en Asie centrale : entretien avec une historienne de l’art</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de chercher l’apaisement face à ces accusations, Anna Obydenova jette de l&rsquo;huile sur le feu en <a href="https://timesca.com/cultural-appropriation-how-the-yaka-brand-sparked-outrage-in-kyrgyzstan/">s’emportant</a> dans un post Instagram désormais supprimé : <em>« Vous savez, mes chers amis, je vais m&rsquo;adresser à vous dans la langue que vous avez empruntée à mon peuple et avec laquelle vous m&rsquo;écrivez des obscénités en message privé : allez apprendre le russe. Ça me fait mal aux yeux de vous lire. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une amitié entre les peuples introuvable&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chauvinisme de la créatrice de mode et son mépris face au peuple dont les traditions lui permettent de tirer des revenus n&rsquo;est en aucun cas un cas isolé. Le mépris de la population russe envers les nationalités de l’étranger proche, comme la Russie désigne elle-même sa sphère d&rsquo;influence, a des racines historiques profondes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le milieu du XIXème siècle, le chercheur et aventurier russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Prjevalski">Nikolaï Prjevalski</a>, qui a joué un rôle déterminant dans l&rsquo;exploration russe et européenne de l&rsquo;Asie centrale, fulminait contre la population locale, qu&rsquo;il qualifiait de <em>« bonne à rien »</em> et de <em>« racaille humaine »</em>. Cette opinion s&rsquo;accompagnait de la conviction que les Européens devaient conquérir et <em>« libérer »</em> ces territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/marques-sapproprient-motifs-dasie-centrale/">Des marques internationales s&rsquo;approprient les motifs d’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prise du pouvoir par les Soviétiques dans les années 1920 et 1930 a entraîné des changements profonds dans la vie quotidienne des populations d&rsquo;Asie centrale. La collectivisation a bouleversé la vie économique, sociale, culturelle, religieuse et linguistique de la région, rompant avec les traditions ancestrales. Malgré le mantra officiel soviétique prônant l&rsquo;amitié entre les peuples, les citoyens d&rsquo;origine centrasiatique ont généralement été considérés comme des sauvages et des incultes par la majorité des Russes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des discriminations qui se poursuivent aujourd&rsquo;hui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce racisme plus ou moins latent envers les groupes ethniques des anciennes républiques soviétiques persiste encore aujourd&rsquo;hui. Récemment encore, le député russe Nikolaï Valouïev, membre du parti au pouvoir, Russie unie, <a href="https://jam-news.net/when-will-tensions-between-azerbaijan-and-russia-end-view-from-baku/">a accusé</a> la diaspora azerbaïdjanaise en Russie de crimes et blanchiment d&rsquo;argent, après la fermeture par le gouvernement azerbaïdjanais de la Maison russe à Bakou, suspectée d&rsquo;espionnage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/attentat-russie-tadjiks-face-a-xenophobie-massive/">L&rsquo;attentat terroriste</a> perpétré en 2024 lors d’un concert au Crocus City Hall, au cours duquel quatre Tadjiks recrutés par <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/ce-que-le-khorassan-represente-pour-letat-islamique/">l&rsquo;Etat islamique au Khorasan</a> ont tué 145 personnes, a également conduit à un durcissement de ce phénomène. À la suite de cet évènement, de nombreux travailleurs immigrés d&rsquo;Asie centrale ont été victimes de harcèlement et de brimades de la part des autorités russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/attentat-russie-tadjiks-face-a-xenophobie-massive/">Après l’attentat en Russie, les Tadjiks face à une xénophobie massive</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les humiliations et violences subies : de longues heures d&rsquo;attente imposées à la frontière kazakhe, des contrôles incessant des papiers des individus d’origine centrasiatique et des descentes sur leurs lieux de travail. Certains ont également été victime de torture et ont dû choisir entre l&rsquo;expulsion et le recrutement dans l&rsquo;armée russe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une arrogance qui a ses limites</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie se tire cependant une balle dans le pied avec cette approche. Un tarissement de l&rsquo;arrivée de main-d&rsquo;œuvre bon marché en provenance d&rsquo;Asie centrale pourrait plonger des industries clés qui en dépendent dans une crise profonde.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas pour les secteurs de la construction ou de l&rsquo;agriculture. Aujourd&rsquo;hui déjà, de nombreux centrasiatiques préfèrent tenter leur chance <a href="https://carnegieendowment.org/russia-eurasia/politika/2024/07/russia-central-asia-migrants?lang=en">en Turquie, en Corée du Sud ou dans les pays du Golfe</a> plutôt qu&rsquo;en Russie. L’afflux constant de main d&rsquo;œuvre étrangère avait jusqu’à présent progressivement compensé la baisse du taux de natalité observée depuis des années, dont les effets sont accentués par les pertes humaines conséquentes enregistrées en Ukraine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une relation asymétrique qui perdure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si les chefs d’État d’Asie centrale s’indignent avec raison face à la répression de Moscou, ils ne disposent pas du capital politique et économique nécessaire pour tenir tête au Kremlin. Sur le plan économique, les pays de la région dépendent fortement des transferts de fonds des travailleurs employés en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils sont en conséquence réticents à dénoncer ouvertement les pratiques brutales d’une partie de la population russe envers leurs compatriotes. La coopération en matière de migration de main d&rsquo;œuvre avec des pays tiers est encore trop peu institutionnalisée pour pouvoir compenser la perte potentielle des transferts de fonds en provenance de Russie. Dans l’immédiat, rien ne laisse envisager une fin à la relation asymétrique entretenue entre la Russie et les États d’Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-difficile-situation-des-migrants-tadjiks-installes-en-russie/">La difficile situation des migrants tadjiks installés en Russie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est alors simplement de savoir combien de temps la Russie pourra encore se permettre cette arrogance. Outre la répression sévère du Kremlin à la suite de l&rsquo;attentat contre le Crocus City Hall, le déclenchement de la guerre en Ukraine a également entraîné une perte de confiance envers la Russie, qui sape l&rsquo;image du pays auprès des populations de l&rsquo;espace post-soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dernières années, les pays d&rsquo;Asie centrale ont en parallèle considérablement renforcé leur coopération avec des pays tiers, comme la Turquie ou la Chine, ce qui fait courir à la Russie le risque d&rsquo;être évincée de sa propre sphère d&rsquo;influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le ministère de la Culture s&rsquo;en mêle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas d&rsquo;Anna Obydenova, même le ministère de la Culture du Kirghizstan est intervenu. Dans un communiqué officiel, il s&rsquo;est dit <a href="https://24.kg/english/320626__Scandal_with_YAKA_brand_Comment_of_Culture_Ministry_of_Kyrgyzstan/">préoccupé</a> par <em>« une tendance alarmante liée à l&rsquo;utilisation commerciale de motifs et de symboles nationaux, qui constituent une partie essentielle du patrimoine historique et culturel de la République kirghize »</em> et a exigé que <em>« l&rsquo;utilisation de motifs nationaux à des fins commerciales [&#8230;] soit conforme aux principes éthiques, à la législation nationale et aux normes internationales. »</em></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la pression extérieure n&rsquo;a suffi qu&rsquo;à pousser la créatrice à réviser les droits d&rsquo;auteur sur son site web. Il est désormais indiqué que YAKA <em>« respecte les éléments traditionnels du patrimoine culturel des Kirghiz et d&rsquo;autres peuples [et] [&#8230;] ne revendique aucun droit sur ceux-ci. »</em> Elle ne souhaite toutefois pas renoncer à la vente de vêtements arborant des motifs kirghiz en général.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Benedikt Stöckl<br>Rédacteur pour Novastan Deutsch</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l&rsquo;<a href="https://novastan.org/de/kirgistan/wie-eine-moskauer-modedesignerin-streit-mit-kirgistan-anzettelte/">allemand</a> par Gervaise Mathé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 14:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Samarcande]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/">Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</a></p>
<p>La partie de Samarcande construite pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, après l’invasion de l’Empire russe, est appelée «&#160;ville russe&#160;» par les historiens. Les bâtiments datant de cette époque se sont conservés jusqu’à nos jours. Svetlana Joukova, spécialiste de l’histoire de Samarcande, présente un parcours autour de ces monuments. Samarcande est une des villes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/">Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La partie de Samarcande construite pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, après l’invasion de l’Empire russe, est appelée «&nbsp;ville russe&nbsp;» par les historiens. Les bâtiments datant de cette époque se sont conservés jusqu’à nos jours. Svetlana Joukova, spécialiste de l’histoire de Samarcande, présente un parcours autour de ces monuments.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> est une des villes les plus anciennes d’Ouzbékistan. Son histoire remonte à plus de 2 750 ans. La ville s’est transformée entre la période à laquelle elle était nommée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrassiab_(site_arch%C3%A9ologique)">Afrasiyab</a> et le moment où elle est devenue la capitale de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_timouride">l’Empire timouride</a>, centre culturel, de commerce et d’architecture le plus important de l’époque dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la partie antique de la ville ne révèle que partiellement son histoire complexe. La deuxième moitié du XIXème siècle constitue un tournant historique pour Samarcande. Après l’invasion de l’Empire russe et la fondation du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a> s’est développée une ville russe à côté du centre historique. Au départ, les troupes tsaristes se sont installées dans l’ancienne forteresse. Cependant, sa destruction a été initiée rapidement et cet évènement a déclenché le début de la construction de cette partie russe.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’initiateur des travaux a été le gouverneur <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Konstantin_Petrovich_von_Kaufmann">Konstantin Von Kaufmann</a>, qui a approuvé le plan général de 1870 pour la fondation d’une ville à l’architecture moderne. La Samarcande «&nbsp;européenne&nbsp;» devait être une ville avec des rues étendues, des institutions administratives, des banques, des églises orthodoxes. Svetlana Joukova, historienne de la ville, propose un parcours autour de ces monuments.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des espaces verts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est impossible d’imaginer Samarcande sans ses allées verdoyantes, ses hauts arbres aux couronnes étalées et ses trottoirs ombragés. Pendant les années 1890, lorsque la ville était devenue le centre principal du gouvernement du Turkestan, l’attention n’était pas portée seulement sur la construction d’institutions administratives, mais aussi sur celle des espaces verts.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1024x683.jpg" alt="Boulevard Abramov Samarcande" class="wp-image-73244" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le boulevard Abramov. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le territoire relativement restreint dédié à la construction de la partie russe, cinq parcs et squares ont été créés dont trois ont été préservés et continuent à se développer aujourd’hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le boulevard Abramov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le boulevard Abramov, rue centrale de Samarcande, est devenu la frontière symbolique entre la ville orientale et russe. Il commence à l’endroit où s’érigeait l’ancienne forteresse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan">Amir Timour</a>. Le boulevard a donné naissance à un plan radial des rues qui forme la structure de la «&nbsp;Samarcande européenne&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construit au début des années 1880, il a initialement porté le nom du gouverneur général <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Abramov">Alexandre Abramov</a>. La longueur du boulevard s’étendait sur environ un kilomètre et comprenait trois allées puis deux passages souterrains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/lieu-en-asie-centrale/qatar-sengage-louzbekistan-projet-restauration-mosquee-bibi-khanym/">Le Qatar s’engage auprès de l’Ouzbékistan&nbsp;dans un projet de restauration de la mosquée Bibi-Khanym</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le botaniste, horticulteur et visionnaire Mikhaïl Ivanovitch Neveski a élaboré le futur paysage verdoyant de Samarcande. Il a construit sa petite maison directement sur le territoire de la pépinière municipale&nbsp;avec de hauts plafonds, des portes et palissades en bois dans la cour. La maison lui servait de résidence mais également de laboratoire botanique à ciel ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de transformer les espaces vides entre la ville antique et la nouvelle partie en des lieux verdoyants, Mikhaïl Neveski a élaboré tout un système de végétalisation. Il a fait acheminer des espèces du monde entier, a expérimenté des implantations d’arbres et les a fait pousser dans une serre spécialement dédiée à cette activité. Grâce à environ 30 ans de travail acharné, Samarcande a un boulevard bordé d’une centaine d’arbres, le poumon vert de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un boulevard qui change de nom mais pas de fonction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le boulevard a changé plusieurs fois de nom au fil du temps&nbsp;: il s’est appelé le boulevard de l’éducation universelle,&nbsp;le boulevard Gorki et, après l’indépendance, a été baptisé boulevard de l’Université. C’est encore aujourd’hui son nom actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y trouve des chênes, des pins, des <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D0%BB%D0%B0%D1%82%D0%B0%D0%BD_%D0%B2%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%BE%D1%87%D0%BD%D1%8B%D0%B9">platanes d’Orient</a>, des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catalpa">catalpas</a> ainsi que des cèdres du Liban, espère rare. Le boulevard est toujours considéré comme un monument botanique naturel en Ouzbékistan. Ces arbres centenaires forment une « galerie verte » ombragée grâce à laquelle, pendant les périodes de fortes chaleurs, la température de l’air est inférieure de quelques degrés par rapport à celle du reste de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin du gouverneur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jardin du gouverneur jouxte le boulevard et en est son prolongement. Egalement créé à la fin du XIXème siècle, il présente des espèces locales telles que des ormes, des platanes d’Orient et des espèces rares importées de l’étranger. Le jardin a été pensé pour être un espace de bien-être et de repos près des institutions administratives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les premières plantations, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pinus_nigra">le pin de Crimée</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxodium_ascendens">cyprès des marais</a>, importés d’Amérique du Nord en 1886, se sont bien acclimatés. A l’initiative de Mikhaïl Neveski, un bassin d’eau a été creusé pour permettre à ces arbres de s’adapter au climat de Samarcande. Autrefois, les citadins venaient y faire de la barque.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1024x683.jpg" alt="jardin du gouverneur Samarcande" class="wp-image-73243" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le jardin du gouverneur. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’indépendance, l’étang a été divisé, ce qui a perturbé le système dendrologique établi. Néanmoins, un petit îlot avec des cyprès a été conservé. Pendant les années soviétiques, le parc est devenu de plus en plus vert&nbsp;: ont été plantés des <a href="https://binette-et-jardin.ouest-france.fr/dossier-404-sapin-bleu.html">sapins bleus</a>, des bouleaux et des catalpas. Des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paulownia">paulownias</a> ont fait leur apparition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, ce parc est composé d’un mélange d’arbres de différentes époques, rappelant un musée botanique vivant à ciel ouvert.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin urbain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième noyau de cette chaîne verte est le parc central du loisir et de la culture qui porte le nom d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mir_Alicher_Navo%C3%AF">Alicher Navoï</a>. Il a été créé en 1886. L’attention a été portée sur les arbres qui présentaient la capacité d’enrichir le sol et qui pouvaient facilement s’adapter au climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plantations de la fin du XIXème siècle y ont été conservées&nbsp;: différentes sortes de tilleuls, des pins de Crimée, des mûriers, des platanes d’Orient, des <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%93%D0%BB%D0%B5%D0%B4%D0%B8%D1%87%D0%B8%D1%8F">gleditsias</a>, importés d’Amérique du Nord. Le système d’irrigation qui alimente les plantations a aussi une dimension historique&nbsp;: il servait à la fois pour l’arrosage et pour l’évacuation des eaux de pluie. Il est impossible de se représenter la végétalisation de Samarcande sans ce système d’irrigation.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En se promenant dans les allées verdoyantes de Samarcande, l’effet du temps se fait sentir. Des arbres y ont été plantés à la fin du XIXème siècle, mais aussi pendant la période de reconstruction de 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’approche de Mikhaïl Neveski en matière d’aménagement du paysage est toujours d’actualité&nbsp;: il ne faut pas seulement penser à la beauté des lieux mais aussi au climat, à l’utilité, à la biodiversité. La relève de Mikhaïl Neveski pour l’entretien de la ville est assurée par les générations successives de paysagistes et de dendrologues. Et sous l’ombre épaisse des platanes et le bruissement des cyprès, Samarcande continue de vivre, verdoyante et ouverte pour les promeneurs tranquilles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le lycée pour femmes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des monuments prérévolutionnaires remarquables est le lycée pour femmes, construit sur le boulevard de l’Université. Construit en 1904 d’après le projet de Gueorgui Svaritchevski, il a eu son importance comme édifice lié à l’éducation des femmes dans la région du Turkestan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La structure en briques, les fenêtres allongées, les volumes symétriques et les façades sobres mais élégantes, dans l’esprit de l’éclectisme russe, soulignent le caractère académique et sérieux, l’importance de la mission éducative de l’institution.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1024x683.jpg" alt="lycée pour femmes Samarcande" class="wp-image-73241" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lycée pour femmes de Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le matériel de construction mérite une attention toute particulière. Depuis le IXème siècle, la brique en terre crue était utilisée dans la région pour la construction de maisons traditionnelles, recouverte d’un enduit en argile. Pour la structure des monuments, la brique de terre cuite était utilisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau type de brique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, afin de développer la partie européenne de Samarcande, il fallait utiliser de nouvelles technologies. A la fin du XIXème siècle, à l’initiative du gouverneur général, des briqueteries ont été installées, qui fabriquaient à partir de nouvelles technologies des briques en terre cuite, baptisées jelezniak.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce aux deux phases de cuisson, cette brique se distinguait par sa grande résistance aux intempéries, aux tremblements de terre et à l’effet du temps. Elle était aussi appelée «&nbsp;la brique Nikolaïevski&nbsp;», faisant référence à la qualité des constructions de l’époque, pendant laquelle régnait le tsar <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_II">Nicolas II</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-sacre-coeur-de-jesus-cathedrale-des-polonais-de-tachkent/">Le Sacré-Cœur-de-Jésus, cathédrale des Polonais de Tachkent</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la révolution, pendant la période soviétique, ce bâtiment a conservé sa vocation éducative. Aujourd’hui, c’est la faculté de biologie de l’Université de Samarcande-Charaf Rachidov qui occupe les lieux. La façade a fait l’objet d’une restauration récente. L’édifice donne directement sur le boulevard de l’Université, ce qui lui permet de conserver sa tradition académique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La banque russo-chinoise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le boulevard de l’Université se trouve aussi l’ancien bâtiment de la banque russo-chinoise, l’un des plus beaux modèles d’historicisme architectural de la Samarcande prérévolutionnaire. Sa date de création, 1899, est visible sur sa façade où peut être lue la lettre «&nbsp;B&nbsp;» qui fait référence au marchand Bauer, son propriétaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1024x683.jpg" alt="banque russo chinoise Samarcande" class="wp-image-73240" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La banque russo-chinoise à Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin du XIXème siècle, toute une période de construction de banques et d’institutions commerciales a eu lieu afin de poursuivre le développement de ce quartier européen. La banque a été créée par des financements russes et chinois&nbsp;: elle servait aux liaisons économiques régionales. Elle était très impliquée dans le commerce de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie">route de la Soie.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’architecture utilise un mélange de différents styles&nbsp;allant des portiques antiques aux détails modernistes. Les historiens de l’architecture définissent ce style comme étant de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Historicisme_(style)">l’historicisme</a> puisqu’il contient des éléments <a href="https://www.lamaisondupoele.com/classicisme-architecture/">classicistes</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_moderne">modernistes</a> ainsi que des décors orientaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une esthétique entre l’Orient et l’Occident</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor riche attire particulièrement l’attention&nbsp;: deux portiques, des moulures, des masques de lions, des insertions de miroirs sur les murs qui se sont conservés depuis le XIXème siècle. Les intérieurs ont été aménagés dans l’esprit d’un dialogue entre l’Occident et l’Orient. Cela témoigne de la volonté des architectes de ne pas imposer une esthétique européenne dans Samarcande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’intérieur du bâtiment, une salle des opérations a été construite avec de hauts plafonds et un système unique de chauffage avec des tuyaux à vapeur dans les murs. C’était une grande innovation pour l’époque.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’institution a changé plusieurs fois de fonction. Celle-ci a servi pendant plusieurs années d’hôpital régional, ensuite de rectorat, d’université, de bureaux administratifs. Cependant, depuis l’époque soviétique, sa façade était cachée derrière le bâtiment de la faculté de physique et de chimie de l’Université de Samarcande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La restauration initiée par le recteur Roustam Khamouradov entre 2021 et 2022, sous la responsabilité des spécialistes de l’Université d’architecture de Samarcande, a permis de lui redonner son aspect historique. Des architectes et des restaurateurs tels que Galina Tsiguikalo, Habib Khayoumov, Askar Kasanov et d’autres ont travaillé sur ce projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un musée consacré à l’amitié entre les deux pays</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Leur tâche ne consistait pas seulement à restaurer la façade, mais aussi à reconstruire le bâtiment de manière scientifique. Sept couches de peinture ont été retirées, les ornements, les grilles, les verrous et les escaliers ont été rénovés. Les marches en marbre et le plafond de la salle centrale ont été soigneusement conservés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1024x683.jpg" alt="banque russo chinoise Samarcande" class="wp-image-73239" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La banque russo-chinoise a été changée en musée. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les architectes ont particulièrement prêté attention aux éléments décoratifs tels que les lustres, les sols, les meubles typiques des intérieurs prérévolutionnaires. Près de l’entrée, la sculpture du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_gardien_chinois">chien de Fo</a>, figure de garde traditionnel du capital dans la culture chinoise, a même été replacée. La statue est en marbre blanc chinois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les murs de la banque russo-chinoise abritent le musée de l’amitié entre l’Ouzbékistan et la Chine de l’Université de Samarcande. Y est exposée l’histoire de la route de la Soie, un itinéraire commercial et antique, qui a, au fil des siècles, uni la culture et le peuple des deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le musée est ouvert tous les jours de 9 heures à 18 heures. L’entrée coûte 5 000 soums (0,35 euros environ) pour les citoyens ouzbeks et 25&nbsp;000 soums pour les étrangers (1,79 euros).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le manoir d’Abram Kalantarov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La construction de la demeure du marchand de la première guilde Abram Isaakovitch Kalantarov a duré une quinzaine d’années. Les travaux ont commencé en 1902 et se sont terminés en 1916, lorsqu’une aile d’apparat a été construite avec beaucoup de goût et une grande ambition architecturale, à l’angle sud-est du domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une légende, l’agrandissement du manoir aurait été décidé dans l’éventualité d’une visite du tsar Nicolas II. Voulant faire impression sur ses invités, Abram Kalantarov a imaginé une architecture qui ne devait pas seulement être un symbole de propriété, mais aussi une démonstration de l’accueil de Samarcande.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1024x683.jpg" alt="Manoir Kalantarov Samarcande" class="wp-image-73238" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le manoir d&rsquo;Abram Kalantarov. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’architecte E.O Nelle, l’un des plus brillants de son temps, a travaillé sur le projet. Il était connu pour son aptitude à combiner le moderne, l’orientalisme, l’éclectique et l’historicisme tardif. Les intérieurs du manoir impressionnaient par leurs finitions délicates et leurs détails riches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plafonds ont été peints à la main, les salles ont été dotées de miroirs vénitiens, de vitrages floraux commandés en Allemagne, de lustres en cristal de Varsovie. Les poêles et les cheminées revêtus de carreaux rares ont été spécialement acheminés d’Europe. Le coût total de la construction s’est élevé à 134&nbsp;000 roubles d’or, somme colossale pour l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Changement de propriétaire après la révolution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les décors des salles d’apparat ont été confiés aux meilleurs artisans de Samarcande, des sculpteurs sur bois et peintres décorateurs. En utilisant des techniques orientales et des peintures naturelles, ils ont réussi à obtenir une synthèse unique entre le raffinement européen et la décoration orientale, rendant authentiques les appartements du domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la révolution, Abram Kalantarov a donné le bâtiment au gouvernement. Dans les années 1920, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_sovi%C3%A9tique_d%27Ouzb%C3%A9kistan">Comité Central du Parti Communiste de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan</a> s’y est installé, avec à sa tête <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akmal_Ikramov">Akmal Ikramov</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de 1934, le musée de Samarcande a été établi dans le manoir. Au début de l’année 1981, le bâtiment a été restauré&nbsp;: les plafonds, les papiers peints incrustés en papier-mâché, les éléments décoratifs ont été refaits. A la fin de cette année-là, le musée régional d’histoire locale de Samarcande y a été ouvert. Actuellement, le bâtiment est fermé pour travaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les lieux saints rassemblés le long d’une même rue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la partie européenne de Samarcande, il y a une rue unique le long de laquelle sont construits tous les monuments religieux de différentes confessions. En s’y promenant, il est possible de faire un parcours d’une église à l’autre, d’une tradition à l’autre, chacun de ces lieux détenant une histoire unique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1024x683.jpg" alt="Samarcande cathédrale Saint Alekseï" class="wp-image-73237" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La cathédrale Saint Alexeï à Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des premiers monuments religieux sur le chemin est la cathédrale Aleksïevski. Elle a été bâtie entre 1909 et 1911 selon les plans de Fiodor Verbitski et Fiodor Smirnov. La cathédrale a repris sa fonction religieuse après l’indépendance, en 1996, lorsqu’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_II_de_Moscou">Alexis II</a>, le patriarche de Moscou et de toute la Russie, s’est rendu en visite officielle à Samarcande pour consacrer personnellement la cathédrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce majestueux édifice religieux de style russe est toujours en activité et tient une place importante pour la communauté orthodoxe de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un passé dense qui se reflète dans l’architecture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A 150 mètres de la cathédrale Pokrovski se trouve la mosquée Khazrati Khamadi, construite en 1910. Elle demeure très importante dans la vie des musulmans. L’architecture de la mosquée est simple, mais c’est là que réside sa beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet itinéraire à travers les rues de Samarcande ne raconte pas seulement l’histoire de la ville mais aussi combien celle-ci a été marquée par différentes influences et habitée par plusieurs religions, toujours présentes aujourd’hui.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">A Samarcande, il est possible de voir une église orthodoxe à côté d’une mosquée, d’une synagogue, d’une église arménienne et du musée de l’amitié entre les peuples, entourés d’une architecture artistique qui témoigne de la richesse d’un passé historique dense. C’est cela qui fait toute la particularité de Samarcande, où Orient et Occident sont unis en un espace culturel vivant.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Farzona Khamidova<br>Journaliste pour Gazeta.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2025/06/30/pre-revolutionary-samarkand/">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>En route vers l&#8217;au-delà : les comédies de science-fiction d&#8217;Asie centrale au Festival du film de Cottbus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Robin Roth]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/en-route-vers-lau-dela-les-comedies-de-science-fiction-dasie-centrale-au-festival-du-film-de-cottbus/">En route vers l&rsquo;au-delà : les comédies de science-fiction d&rsquo;Asie centrale au Festival du film de Cottbus</a></p>
<p>Avec « Kyrgyz on Mars » et « Sasyq », le festival allemand a fait figurer dans son programme deux comédies de science-fiction d&#8217;Asie centrale qui savent allier humour et critique sociale subtile. Le 35ème Festival du film de Cottbus s&#8217;est achevé le 9 novembre. Même si aucun film d&#8217;Asie centrale n&#8217;était en compétition cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec « Kyrgyz on Mars » et « Sasyq », le festival allemand a fait figurer dans son programme deux comédies de science-fiction d&rsquo;Asie centrale qui savent allier humour et critique sociale subtile.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.filmfestivalcottbus.de/de/">35ème Festival du film de Cottbus</a> s&rsquo;est achevé le 9 novembre. Même si aucun film d&rsquo;Asie centrale n&rsquo;était en compétition cette année, certains ont néanmoins trouvé leur place dans le programme, notamment deux d&rsquo;entre eux : « Kyrgyz on Mars » de Nurlanbek Kamchybekov et « Sasyq » de Yerden Telemisso qui présentent plusieurs similitudes.  Premiers films de leurs réalisateurs respectifs, ils associent, chacun avec leur propre humour, les problèmes de l&rsquo;existence terrestre à l&rsquo;immensité de l&rsquo;espace.</p>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des femmes kirghizes sur Mars</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Stupeur à la NASA : un énorme météoroïde se dirige vers la Terre et menace de détruire toute vie sur la planète. La zone d&rsquo;impact prévue : l&rsquo;Asie centrale. C&rsquo;est précisément là que vit et travaille Jyldysbek, astronome amateur et enseignant dans l&rsquo;école d&rsquo;un petit village kirghize. Jyldyzbek a lui aussi pris conscience de la menace qui pèse sur la planète et subit donc une pression énorme : le lancement de sa fusée doit être une réussite !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fusée, qu&rsquo;il a construite dans la grange de son père, fait de Jyldyzbek la risée des autres villageois et le responsable de nuisances importantes. En effet, les tentatives de lancement répétées et infructueuses provoquent régulièrement des coupures de courant et sabotent ainsi les mariages qui se succèdent dans le village.  On aimerait le mettre à l&rsquo;asile, mais pour l&rsquo;instant, il est au chômage.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Seuls son père, ses deux copains —qui construisent la fusée avec lui— et la belle Aidai croient en lui. Il aimerait épouser cette dernière, il a même donné le nom de son amoureuse inaccessible à sa fusée. Mais le père d&rsquo;Aidai, maire de la ville, n&rsquo;envisage pas un seul instant d&rsquo;accepter un mariage avec Jyldyzbek. Au contraire, il tente sans cesse de marier sa fille à des fils de personnalités haut placées, comme le procureur du district.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;approche d&rsquo;un mariage particulièrement important, Jyldyzbek se voit même confronté à une coupure de courant. Mais, face à la menace du météore, il ne peut plus attendre. Il rétablit alors l&rsquo;approvisionnement en énergie par des moyens déloyaux et, avec l&rsquo;aide de son ami qui vient de fuir une dispute conjugale, tente un dernier lancement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="KYRGYZ ON MARS | Марска учкан Кыргыздар | Trailer | English Subs | 2025" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/-tr4j4CxLO0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les villageois et la NASA sont stupéfaits lorsque la fusée décolle et s&rsquo;envole vers Mars. Alors qu&rsquo;ils acquièrent le statut de héros sur Terre et que le maire souligne fièrement dans les médias que Jyldyzbek est son « futur gendre », les deux cosmonautes atterrissent sur la planète rouge, où l&rsquo;air est respirable et la connexion Internet excellente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur amitié est cependant mise à rude épreuve lorsque Jyldyzbek parle de la météorite qu&rsquo;il veut affronter lors de son voyage spatial. Une violente dispute entre les deux amis manque de faire échouer la mission de sauvetage avant qu&rsquo;ils ne se ressaissent et décident de tenter une dernière fois de sauver la situation en menant une opération kamikaze.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>E.T. en kazakh</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans « Sasyq », c&rsquo;est un extraterrestre qui arrive sur Terre. Après le crash de son vaisseau spatial, il atterrit pour ainsi dire dans les bras de Sasyq («le puant»). Sasyq, qui s&rsquo;appelle en réalité Sadyk Ospanovich, mais que tout le monde appelle par ce surnom péjoratif, était autrefois professeur à l&rsquo;université. Après la mort de sa femme des suites du Covid, il s&rsquo;est mis à boire. Quelques années plus tard, il a fait plusieurs tentatives de suicide et vit désormais sans domicile fixe le long d&rsquo;une autoroute dans la banlieue d&rsquo;Almaty.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne ne croit Sasyq, l&rsquo;ivrogne, lorsqu&rsquo;il affirme qu&rsquo;un extraterrestre se cache dans les profondeurs des toilettes publiques situées dans un parking : ni Nadia, qui vit ici avec sa petite-fille Amina et tient un petit kiosque, ni le policier local, un imbécile notoire qui croit d&rsquo;ailleurs que la Terre est plate. Même le vaisseau spatial accidenté s&rsquo;est désintégré. Sasyq s&rsquo;occupe donc seul de l&rsquo;extraterrestre et tente de trouver le métal qui lui permettra de réparer sa radio détruite afin d&rsquo;aller chercher de l&rsquo;aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/breve-histoire-du-cinema-kazakh-de-shaken-aimanov-a-emir-baigazin/">Brève histoire du cinéma kazakh, de Shaken Aimanov à Emir Baigazin</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un autre problème survient : le cortège présidentiel. Il faudra certes encore attendre quelques jours avant que le président ne vienne réellement rouler à toute allure sur l&rsquo;autoroute, mais l&rsquo;événement jette déjà une ombre sur la ville. Il ne faut en aucun cas que le chef de l&rsquo;État aperçoive le kiosque minable de Nadia, ni même l&rsquo;ivrogne qui traîne dans les parages. Le maire, muté ici pour corruption, menace donc de détruire le kiosque de Nadia si elle ne le rénove pas immédiatement. Sasyq doit tout simplement disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre cet ennemi commun, c&rsquo;est surtout un accident qui rapproche Nadia et Sadyk Ospanovich (comme elle l&rsquo;appelle désormais) : leur petite-fille Amina tombe dans les toilettes extérieures et est sauvée par l&rsquo;extraterrestre. Comme Nadia pense que Sadyk Ospanovich est le sauveur, elle le laisse prendre une douche et lui prête des vêtements propres appartenant à son ex-mari. Elle l&rsquo;invite également à dîner. À la fin de la soirée, Amina et Sadyk Ospanovich lui présentent leur « nouvel ami ».</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="SASYQ | Trailer | English Subs | 2025" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/THEPTyyebcQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ensemble, les trois personnages finissent par former, pour eux-mêmes et pour l&rsquo;extraterrestre, la famille que celui-ci n&rsquo;a jamais eue. Malgré toutes leurs différences, le doux Sadyk Ospanovich et la résolue Nadia forment une équipe efficace, tant pour la rénovation du kiosque que pour le sauvetage de l&rsquo;extraterrestre. Cela montre une fois de plus que « Nadia » (diminutif de Nedeschda, qui signifie « espoir » en russe) est ici un nom évocateur. C&rsquo;est elle qui ramène Sadyk Ospanovich à la vie et qui donne un nouvel élan au sauvetage de l&rsquo;extraterrestre. Le fait que son kiosque s&rsquo;appelle « Ümit » (qui signifie « espoir » en kazakh) vient compléter le tableau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec « Sasyq », Yerden Telemissov crée une version kazakhe d&rsquo;E.T., même si son extraterrestre à la tête conique et aux yeux jaunes est moins mignon que le héros du classique de Steven Spielberg. Le réalisateur, connu au Kazakhstan comme acteur, créé ainsi un mélange de science-fiction et de comédie (tragique) familiale. Cependant, c&rsquo;est justement cette absence de genre qui est critiquée par le critique Dmitri Mostovoï dans le <a href="https://kz.kursiv.media/2025-05-17/lfst-dmmt-sasyq/">média kazakh Kursiv,</a> en plus de quelques erreurs logiques indéniables. Néanmoins, « Sasyq » est un film complexe qui vaut le détour, une « sorte de radiographie de la vie au Kazakhstan », d&rsquo;après Mostovoï.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Plus qu&rsquo;un simple divertissement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec « Kyrgyz on Mars » et « Sasyq », deux comédies en partie absurdes ont vu le jour et constituent bien plus qu&rsquo;un simple divertissement. Malgré leur intrigue littéralement déconnectée de la réalité, les deux films parviennent à mettre en lumière de manière parfois subtile des problèmes très terrestres. Les personnages évoluent dans des milieux modestes, en témoignent les pénuries d&rsquo;électricité dans « Kyrgyz on Mars », ou encore la vie difficile de Nadia et Sadyk Ospanovich et les toilettes rudimentaires que tous les Kazakhs reconnaissent, dans « Sasyq ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, « Kyrgyz on Mars », avec son récit sur le mariage d&rsquo;Aidai, tend un miroir à la société kirghize et à ses structures patriarcales. En comparaison, le fait que Nadia, dans « Sasyq », ait également été victime de violences domestiques de la part de son ex-mari pendant des années semble plutôt accessoire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1-1024x429.jpg" alt="Duliga Aqmolda dans le rôle du maire dans « Sasyq » (photo fournie par le festival du film de Cottbus)" class="wp-image-73124" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1-1024x429.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1-300x126.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1-768x322.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1-600x252.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/SASYQ-c-FFC-1536x644-1.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Duliga Aqmolda dans le rôle du maire dans « Sasyq » (photo fournie par le festival du film de Cottbus)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les représentants de la politique locale sont également malmenés dans les deux films. Le père d&rsquo;Aidai ne se montre pas seulement opportuniste lors du mariage de sa fille. Dans son rôle de maire, il parcourt le village dans une voiture de classe moyenne, accompagné d&rsquo;une escorte de voyous qui menacent quiconque se met en travers de leur chemin, et apparaît donc comme un personnage assez simpliste et prétentieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le personnage du maire dans « Sasyq » en rajoute encore et dépeint un homme de pouvoir corrompu et misogyne vêtu d&rsquo;un costume chic. Son excentricité et l&rsquo;aménagement ridicule de son bureau stérile complètent l&rsquo;image de cet antagoniste né : « <em>la concentration absolue de tout ce que le citoyen moyen déteste chez les dirigeants corrompus, repus et déconnectés de la réalité </em>», selon la formule de Dmitry Mostovoï dans <em>Kursiv</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-ouzbekistan-kirghizstan-festival-cinema-heritage/">L&rsquo;Asie centrale à l&rsquo;honneur au Festival Cinema Heritage</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, « Sasyq » ne s&rsquo;arrête pas au maire dans sa critique des représentants de l&rsquo;État. Le policier est un imbécile fini, complètement sous la coupe du maire. De plus, il n&rsquo;est dans la police que parce que sa mère lui a dit qu&rsquo;un uniforme lui irait mieux. Il perd constamment son insigne de police, qu&rsquo;il porte avec fierté. À cela s&rsquo;ajoute le fait qu&rsquo;un cortège présidentiel passant à toute vitesse dans le village semble justifier toute ingérence dans la vie des citoyens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Avec humour et charme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée d&rsquo;utiliser la science-fiction pour critiquer le monde réel n&rsquo;est pas nouvelle dans le cinéma (post-)soviétique. On se souvient ici de la satire spatiale <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kin-dza-dza!">Kin-Dza-Dza !</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gueorgui_Danielia">Georgi Danelija</a>, sortie en 1986, qui est devenue un véritable film culte. En Asie centrale, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abdullajon">Abdullajon</a>, sorti en 1991, se distingue particulièrement, dans lequel l&rsquo;extraterrestre du même nom met sens dessus dessous un village ouzbek.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">« Kyrgyz on Mars » et « Sasyq » vivent également de la combinaison de la science-fiction et de l&rsquo;humour, même si ce dernier se manifeste différemment dans les deux films malgré leurs similitudes. Dans « Sasyq », mis à part un humour scatologique grossier dans certaines scènes autour des toilettes à la turque, critiqué entre autres par Jankeldy Omiraliev dans une critique pour<a href="https://orda.kz/film-sasyq-inoplanetjanin-i-vonjuchka-401607/"> le journal kazakh Orda</a>, l&rsquo;humour est généralement subtil et repose sur l&rsquo;excellent jeu de tous les acteurs impliqués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans « Kyrgyz on Mars », le comique réside davantage dans les dialogues, mais il peut parfois sembler un peu plat. Une partie des blagues s&rsquo;adresse directement au public local, par exemple lorsque les deux cosmonautes, après avoir atterri sur Mars, se souviennent du célèbre <a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/dans-le-ventre-du-dragon/">canyon des contes de fées</a> d<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yssyk_Koul">&lsquo;Issyk-Koul</a> au Kirghizstan (le lieu de tournage réel).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;ensemble, ces deux comédies de science-fiction valent vraiment le détour et offrent un bon aperçu de ce qui anime aujourd&rsquo;hui les sociétés d&rsquo;Asie centrale. Le fait d&rsquo;utiliser des histoires irrationnelles combinées à une bonne dose d&rsquo;humour ne nuit en rien à la compréhension du public international. Les festivaliers de Cottbus se sont en tout cas beaucoup amusés.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Robin Roth, <br>Rédacteur pour la version allemande de Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Corrigé par Anaïs Boulard </strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Mitkhat Boulatov, architecte de Tachkent à l&#8217;heure de la Seconde Guerre mondiale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 13:54:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tachkent]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/mitkhat-boulatov-architecte-tachkent-seconde-guerre-mondiale/">Mitkhat Boulatov, architecte de Tachkent à l&rsquo;heure de la Seconde Guerre mondiale</a></p>
<p>Mitkhat Boulatov a laissé une empreinte durable sur l&#8217;architecture de Tachkent. Principal architecte de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale, il est ensuite écarté avant de revenir suite au tremblement de terre de 1966 qui laisse une ville à reconstruire. Alors que l’Europe est en feu, à des milliers de kilomètres de là, autour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/mitkhat-boulatov-architecte-tachkent-seconde-guerre-mondiale/">Mitkhat Boulatov, architecte de Tachkent à l&rsquo;heure de la Seconde Guerre mondiale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mitkhat Boulatov a laissé une empreinte durable sur l&rsquo;architecture de Tachkent. Principal architecte de la ville pendant la Seconde Guerre mondiale, il est ensuite écarté avant de revenir suite au tremblement de terre de 1966 qui laisse une ville à reconstruire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’Europe est en feu, à des milliers de kilomètres de là, autour des steppes centrasiatiques, un jeune architecte nommé Mitkhat Boulatov trace les contours de la capitale de l’Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que les bombes tombaient ailleurs, c’est avec des plans et des croquis que Mitkhat Boulatov répondait à l’urgence de loger, de reconstruire et de réinventer une ville-refuge devenue un carrefour d’exilés et d’artistes.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur en architecture Alexeï Arapov, qui a personnellement connu ce maître, revient sur sa trajectoire dans une interview pour le média ouzbek <a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/">Podrobno.uz</a>.<a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bâtir la ville de Tachkent en temps de guerre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est essentiel non seulement de garder le souvenir de ceux qui ont combattu sur le front, mais aussi de ceux qui ont œuvré à l’arrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’architecte Mitkhat Boulatov ne tenait pas dans ses mains des armes, mais des plans, des dessins et des schémas de transport. Avec le soutien de ses collègues, il a imaginé, dessiné et façonné les traits de la ville de Tachkent, en tant que principal centre d’évacuation de l’Union soviétique.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En 1941, alors que la guerre éclate en Union soviétique, la ville de Tachkent prend la forme d’un refuge pour des centaines de milliers de personnes déplacées. La ville évolue à grande vitesse et des individus y affluent. Des bâtiments d’envergure, comme des théâtres, des usines ou des instituts scientifiques se construisent. Il fallait tout organiser pour l’accueil : hébergements, logistique, infrastructures. Ce défi monumental a reposé en grande partie sur les épaules de Mitkhat Boulatov, alors architecte en chef de la ville.<a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une précieuse contribution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la guerre, il travaillait déjà sur le plan directeur de Tachkent, mais le conflit a bouleversé ses calculs, qu’il a entièrement reformulés&nbsp;pour repenser la ville et l’adapter à l’urgence. Il était nécessaire d’adapter la ville à une réalité qui avait subi un changement radical. Malgré ce défi de taille, il n’a jamais vu son espoir s’effondrer.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="375" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-1024x375.jpg" alt="Tachkent Mitkhat Boulatov Architecture" class="wp-image-73036" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-1024x375.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-300x110.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-768x281.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-1536x563.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353-600x220.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/54354354353.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;hôtel Tachkent. Photo : Podrobno.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il avait à peine 30 ans, mais avait déjà la réputation d’un homme méthodique, rigoureux, connu pour sa vision globale et sa maitrise technique. Il avait vraiment cette capacité de concevoir la ville comme un organisme vivant. C’était de la logistique de guerre traduite en lignes et en structures »</em>, ajoute Alexeï Arapov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi&nbsp;sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/architecture-mineure-pourquoi-almaty-devrait-conserver-les-arrets-de-bus-de-lepoque-sovietique/">Architecture mineure&nbsp;: pourquoi Almaty devrait conserver les arrêts de bus de l’époque soviétique&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mitkhat Boulatov était une figure marquante de son temps. Il était ambitieux, exigeant et intransigeant. Il bénéficiait d’un profond respect de ses collègues, y compris des architectes les plus accomplis. Il était même parfois redouté, tant il se montrait peu tolérant à l’erreur et à la médiocrité. Il refusait le travail bâclé et exigeait le même engagement de ses collaborateurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une reconnaissance après la guerre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa contribution pendant les années de guerre a été récompensée par l’ordre du Signe d&rsquo;honneur en 1945 et par la médaille « Pour un travail vaillant pendant la Grande Guerre patriotique de 1941–1945 », en 1946.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi&nbsp;sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/khamro-tairova-architecte-tadjike-succes-milieu-dhommes/">35 ans de la mort de Khamro Taïrova, architecte tadjike à succès dans un milieu d’hommes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la guerre, Mitkhat Boulatov a poursuivi son propre travail. Sous sa direction, des projets de nouveaux quartiers, de réseaux techniques, ainsi que des reconstructions du centre-ville ont vu le jour. Cependant, les années 1960 ont marqué un changement significatif : une nouvelle vague architecturale issue de Moscou, avec d’autres styles et conceptions, a submergé Tachkent. Ainsi, il a été mis à l’écart.<a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il a été contraint de quitter l’architecture pratique. D’autres détails sont inconnus, mais des conditions dures ont été imposées au point qu’il ne pouvait plus poursuivre son travail sur des projets concrets. Ensuite, il s’est orienté plutôt vers la recherche scientifique, se consacrant ainsi à l’analyse et à l’écriture »</em>, affirme Alexeï Arapov.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="375" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-1024x375.jpg" alt="Tachkent Mitkhat Boulatov Architecture" class="wp-image-73035" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-1024x375.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-300x110.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-768x281.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-1536x563.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325-600x220.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/11/42343252525325.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La maison des spécialistes. Photo : Podrobno.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 1966, après le tremblement de terre, Mitkhat Boulatov a de nouveau pris part au processus de reconstruction de la ville. C’est sous sa direction qu’a commencé la réédification à grande échelle de Tachkent.<a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un héritage profond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecte est décédé en 2004, à l&rsquo;âge de 97 ans. Quelques années après sa mort, Alexeï Arapov et l’épouse du célèbre architecte, Véra, ont publié un livre intitulé <em>Cosmos et architecture. </em>Il s’agit d’un ouvrage qui réunit non seulement les croquis et les manuscrits de l’architecte, mais les projets qui n’ont jamais été réalisés. Publié à l’occasion du centenaire de l’architecte, ce livre comprend également ses travaux théoriques et ses réflexions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, ce ne sont pas seulement les publications, les livres et les articles qui rappellent le souvenir et les contributions de cet architecte de renom, mais aussi la ville de Tachkent elle-même, qui continue de préserver son héritage avec un profond respect.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">L’influence de cette figure emblématique de l’architecture ouzbèke résonne intensément, et ce dans les moindres recoins de la capitale. De nombreux projets réalisés sous sa direction restent des éléments clés de l’architecture urbaine. Parmi eux, les bâtiments de la rue Alicher Navoï, l’hôtel « Tachkent » (aujourd’hui Lotte City Hôtel Tachkent Palace), la colonnade du ministère de la Santé et le stade Pakhtakor.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun de ces édifices reflète l’approche systémique de Boulatov, reposant sur la fonctionnalité, l’harmonie et l’esthétique.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Mila Aksenova<br>Journaliste pour Podrobno.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/on-stroil-tashkent-kogda-shla-voyna-arkhitektor-midkhat-bulatov-i-ego-vklad-v-gorod/">russe</a> par Lisa D&rsquo;Addazio</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



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		<title>Pastèques vivantes ou nature morte ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 04:41:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Khanaka]]></category>
		<category><![CDATA[Monument]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Termez]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/pasteques-vivantes-ou-nature-morte/">Pastèques vivantes ou nature morte ?</a></p>
<p>Quelques pastèques attendent leur sort dans le hall d&#8217;entrée de Kokildor-Ota Khanaka. Kokildor-Ota Khanaka, située à Termez, à l&#8217;extrême sud de l&#8217;Ouzbékistan, était à l&#8217;origine un lieu de repos pour les derviches soufis itinérants et autres savants religieux musulmans. Fondé au XVIe s. par Abdullah Khan II, khan de Boukhara, la conception du bâtiment doit [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/pasteques-vivantes-ou-nature-morte/">Pastèques vivantes ou nature morte ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Quelques pastèques attendent leur sort dans le hall d&rsquo;entrée de Kokildor-Ota <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanqah">Khanaka</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kokildor-Ota Khanaka, située à <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Termez">Termez</a></strong>, à l&rsquo;extrême sud de l&rsquo;Ouzbékistan, était à l&rsquo;origine un lieu de repos pour les derviches <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soufisme">soufis</a></strong> itinérants et autres savants religieux musulmans. Fondé au XVIe s. par <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdullah_Khan">Abdullah Khan II,</a></strong> khan de Boukhara, la conception du bâtiment doit beaucoup aux liens culturels de la cité avec l&rsquo;Afghanistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit : E.S.</strong></p>



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		<item>
		<title>Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/vie-et-mort-kenesary-dernier-khan-kazakhstan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 14:10:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vie-et-mort-kenesary-dernier-khan-kazakhstan/">Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</a></p>
<p>Kenesary khan, aujourd&#8217;hui considéré comme un héros au Kazakhstan, continue de défrayer la chronique près de 200 ans après sa mort. Sa tête, théoriquement perdue dans un musée russe, est toujours réclamée par les Kazakhs. Fergana News retrace sa vie et la façon dont il a été perçu à travers l&#8217;histoire. L’histoire des pays centrasiatiques [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vie-et-mort-kenesary-dernier-khan-kazakhstan/">Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kenesary khan, aujourd&rsquo;hui considéré comme un héros au Kazakhstan, continue de défrayer la chronique près de 200 ans après sa mort. Sa tête, théoriquement perdue dans un musée russe, est toujours réclamée par les Kazakhs. Fergana News retrace sa vie et la façon dont il a été perçu à travers l&rsquo;histoire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire des pays centrasiatiques regorge de figures complexes et contradictoires, ayant marqué la vie de la région de leur passage et continuant encore aujourd’hui de provoquer aussi bien de l’admiration que de l’indignation. La polarisation de ces réactions dépend habituellement de frontières tracées des dizaines voire des centaines d’années après la mort de ces figures mémorables. En d’autres termes, elle est en réalité le résultat des conjectures politiques contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenessary_Qasymuly">Kenesary Qasymuly</a> est indubitablement un de ces héros du passé. Cet homme d’Etat kazakh de la première moitié du XIXème siècle, khan du Jüz moyen <em>(les trois jüz sont les grandes associations de clans kazakhs, ndlr)</em>, s’est pendant de nombreuses années battu pour une réelle autonomie politique.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Kenesary khan, dont la vie fut assez inhabituelle, dégage un parfum de mystère autour du destin de ses restes. Selon la version la plus répandue, la tête du khan se conserverait encore aujourd’hui quelque part dans les&nbsp;arrières-salles d’un musée russe. Elle se serait retrouvée là à cause des Kirghiz, qui auraient décapité le khan après l&rsquo;avoir vaincu, évènement qu’une certaine part de l’opinion kazakhe ne peut toujours pas pardonner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un sujet brûlant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, le sujet de la vie et de la mort de Kenesary a occupé au moins à deux reprises l&rsquo;espace d&rsquo;information du Kazakhstan et du Kirghizstan. En 2021, le chef de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscosmos">Roscosmos</a> de l&rsquo;époque, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dmitri_Rogozine">Dmitri Rogozine</a>, s&rsquo;est disputé au sujet du sort de la navette spatiale <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourane">Bourane</a> avec le directeur général de Baikonur JSC, Daouren Mousa, et ce dernier lui a proposé d&rsquo;échanger le vaisseau contre la tête de Kenesary.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt, c’était l’ancien président du Kazkhstan lui-même qui s’était personnellement adressé à Vladimir Poutine en lui demandant d’aider le retour des restes du khan au Kazakhstan, bien qu’il semble que les autorités russes ne sachent pas très bien où se trouve aujourd’hui cette tête, et si elle a même été conservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-tombe-de-lunificateur-de-letat-kazakh-possiblement-decouverte/">La tombe de l’unificateur de l’État kazakh possiblement découverte</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de l’année 2025, le chanteur kirghiz Kaïrat Primberdiev s’est <a href="https://kaktus.media/doc/516146_kayrat_primberdiev_prokommentiroval_svoi_izvineniia_za_smert_kenesary_hana.html">exprimé</a> ainsi au cours d’une interview&nbsp;: <em>« Le fait est que notre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ormon_khan">khan Ormon</a> n’a pas eu d’autre choix que de tuer le khan Kenesary. Je présente sincèrement au peuple kazakh mes excuses pour ce qu’il s’est passé. J’ai vraiment envie de pleurer là, pour de vrai. Nous devons recevoir la tête du khan Kenesayr et lire le Coran pour que l’offense soit dignement réparée. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un héritage douloureux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le chanteur n&rsquo;ait parlé qu&rsquo;en son nom propre et n&rsquo;ait pas appelé l&rsquo;ensemble du peuple kirghiz à se repentir auprès de ses voisins, le comité d&rsquo;État local pour la sécurité nationale a engagé une procédure pénale contre Kaïrat Primberdiev, les agents de sécurité estimant que ses propos constituaient une violation de l&rsquo;article 330 (incitation à la haine raciale, ethnique, nationale et religieuse) du code pénal du Kirghizstan. Le chanteur a dû payer une amende de 100 000 soms (environ 976 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de l’année, des discussions ont fait rage sur l&rsquo;héritage douloureux du tsarisme, du régime soviétique&nbsp;ou des « terribles années 90 ». Le média&nbsp;Fergana News propose de s’arrêter un peu plus en détails sur la vie du khan Kenesary : qui il fut, quelles étaient ses relations avec les pays voisins et l’évolution des jugements sur ses actions au cours des presque 200 dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le dernier khan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Kenesary, né en 1802, était le petit-fils d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abyla%C3%AF_Khan">Abylaï khan</a>, le dernier souverain dont le pouvoir était officiellement reconnu par tous les jüz kazakhs, qui à l&rsquo;époque dépendaient déjà de l&rsquo;Empire russe. En d&rsquo;autres termes, il est issu de la famille la plus influente de la steppe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu&rsquo;en 1822, l&#8217;empereur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Ier_(empereur_de_Russie)">Alexandre Ier</a>, avec sa loi « sur les Kirghiz de Sibérie », a liquidé le pouvoir du khan, cette famille a décidé de résister, parce qu&rsquo;elle avait quelque chose à perdre. Les « Kirghiz de Sibérie » étaient alors les Kazakhs du Jüz moyen, fief d&rsquo;Abylaï et de Kenesary, et les Kazakhs du petit Jüz, par exemple, étaient appelés « Kirghiz d&rsquo;Orenbourg ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lhistorien-alexander-morrison-presente-son-livre-sur-la-conquete-russe-de-lasie-centrale/">L’historien Alexander Morrison présente son livre sur la conquête russe de l’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu des années 1820, Kenesary a pris part avec son père Kasymov et ses frères à la guerre contre les Russes. L’historien soviétique Mikhaïl Viatkine, dans son ouvrage <em><a href="http://booksshare.net/books/archeology/vyatkin-m/1941/files/ocherkipoistoriikazahskoyssr1941.pdf">Essais sur l&rsquo;histoire de la République socialiste soviétique du Kazakhstan</a></em>, publié&nbsp;en 1941, donne cette description de Kenesary&nbsp;: <em>« un amoureux du pouvoir, énergique, doté d’un&nbsp;esprit exceptionnel, de grandes capacités d’organisation et d’une volonté infléchissable. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trouver refuge à Kokand et Khiva</strong><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/e86dd16b-6f5b-4382-99c4-9678c5ecae1f.jpeg?width=496"></a></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Acculés au Nord par les armées du tsar, les Kasymov ont émigré vers un territoire alors contrôlé par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanat de Kokand</a>, qui avait à cette période atteint son expansion maximale, notamment grâce à la conquête de nombreux territoires dans les steppes kazakhes. Dans l’ensemble, jusqu’en 1836, c’est surtout le frère ainé de Kenesary, Sarjan, qui a mené la guerre contre les Russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il avait déjà pris part à la guerre aux cotés des Kokandais. Cependant, lorsque le vice-roi de Tachkent ordonne de tuer Sarjan, et quelques années plus tard, son père, Kenesary est contraint de s&rsquo;enfuir à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a>, et de là, de rejoindre les nomades du Jüz moyen.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 1837, Kenesary mène la première grande attaque indépendante contre un détachement de Cosaques escortant une caravane de marchandises. En réponse, les autorités tsaristes organisent une expédition punitive dans les villages kazakhs et, un an plus tard, Kenesary attaque la forteresse d&rsquo;<a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/dun-simple-avant-poste-a-nur-sultan-histoire-de-la-capitale-du-kazakhstan/">Akmola</a> avec une armée de plusieurs milliers d&rsquo;hommes. Après cela, comme l&rsquo;écrit l&rsquo;historien local Nikolaï Sereda, <em>« les troubles dans les steppes prennent un caractère plus précis, plus alarmant et plus chronique ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Acculé, Kenesary cherche la paix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jouant habilement sur les désaccords entre les administrations des gouvernorats d&rsquo;Orenbourg et de Sibérie occidentale &#8211; les terres du Jüz moyen étaient divisées entre ces régions de l&#8217;empire &#8211; et se révélant être un tacticien hors pair, Kenesary a longtemps lutté avec succès contre l&rsquo;influence russe sur un territoire assez vaste. Ses détachements opéraient dans les montagnes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kokchetau">Kokchetaou</a>, d&rsquo;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ulytau_(range)">Oulytaou</a>, dans les vallées des rivières Tourgaï et Irguiz, dans la région de la mer d&rsquo;Aral, sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a> inférieur et moyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rébellion s&rsquo;étend à la quasi-totalité du Jüz moyen, ainsi qu&rsquo;à une partie des terres du petit Jüz et du grand Jüz. Outre contre les troupes tsaristes, Kenesary Kasymov s&rsquo;est également battu contre les membres de ses tribus qui avaient décidé de rester fidèles à la couronne russe : comme ses ennemis cosaques, il a ravagé les villages qui ne se soumettaient pas à lui.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="286" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg" alt="La descente des Kazakhs sur le camp des indigènes" class="wp-image-71722" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a-300x173.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption class="wp-element-caption">La descente des Kazakhs sur un camp indigène, tableau de Nikolaï Karazine. Photo : Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A un moment donné, les mesures punitives prises par les autorités contraignent le futur khan à chercher refuge dans le khanat de Kokand. Cette fois, il se heurte à&nbsp;la trahison de l’élite locale&nbsp;: non seulement le père de la famille, Kasym, mais aussi les deux épouses de Kenesary, son fils et sa fille sont tués sur ordre du gouverneur de Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désespérant de recevoir un appui à Kokand et à Khiva – le souverain local avait refusé de devenir un ennemi de la Russie – Kenesary décide de rechercher la paix. Il demande à l’administration russe une amnistie, expliquant qu’il avait pris les armes uniquement à cause de la répression des nomades pacifiques par les militaires russes et kazakhs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sa tête mise à prix par les Russes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ayant obtenu une amnistie, Kenesary ne s’empresse pas de s’adonner à une vie pacifique comme l’attendaient les fonctionnaires russes. Au contraire, sa révolte s’enhardit. Officiellement reconnu au <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-dou-vient-la-tradition-du-kurultai-et-que-faut-il-en-attendre/">Kurultai</a> Khan de tous les Kazakhs (en réalité cet acte n’a pas reçu un soutien général au sein de l’élite locale), il entreprend d’agir au niveau international et de négocier avec l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">émir de Boukhara</a> à propos des mesures appropriées à appliquer contre le khan de Kokand.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-dou-vient-la-tradition-du-kurultai-et-que-faut-il-en-attendre/">Kazakhstan : d’où vient la tradition du kurultai et que faut-il en attendre ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement, à Saint-Pétersbourg, personne ne souhaite voir l’apparition d’une figure politique autonome dans les steppes. La crainte que le khan puisse passer de l’autorité russe à l’autorité boukhariote se fait de plus en plus forte. Les partisans de Kenesary commencent à nouveau à retourner les villages contre le pouvoir russe, leur interdisant de payer des impôts dus à l’empereur. Alors les rangs du khan commencent à pénétrer à l’Ouest, acculant le khan de Kokand jusqu’à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzak_(Kazakhstan)">Souzak</a> et Turkestan. Les autorités russes reviennent à une politique expéditive. La commission&nbsp;frontalière proclame que le khan est un rebelle et met sa tête à prix pour 3 000 roubles.<a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg?width=496"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Kenesary exigeait des autorités du tsar le retour des nomades faits prisonniers et la reconnaissance d’un Etat kazakh indépendant, non soumis à la Russie mais intégré dans une alliance avec elle. A Saint-Pétersbourg, personne n’était enclin aux compromis. Après avoir érigé une série de fortifications, les armées russes, avec des sultans kazakhs loyaux à l’empire russe, ont petit à petit fait pencher la balance à leur avantage et contraint Kenesary à se rendre au Sud, du coté des rivières <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saryssou_(rivi%C3%A8re)">Sarysou</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchou_(fleuve)">Tchou</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là étaient installés les nomades du grand Jüz, dont les sultans avaient aussi en 1846 prêté allégeance à l’empire russe. Une partie d’entre eux avait été mobilisée par Kenesary dans la guerre contre le khan de Kokand. Il leur avait promis de les rétribuer au moyen des terres conquises. Malgré la prise de plusieurs forteresses du khanat de Kokand, Kenesary, dont les troupes étaient atteintes du choléra, se retire loin au Sud-Ouest, au-delà de la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ili">Ili</a>. De là, il entreprend une campagne contre les Kirghiz, ou Kara-Kirghiz, comme les Russes les appelaient à l&rsquo;époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Kirghiz sous la menace d&rsquo;une invasion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, Kenesary a vainement essayé de négocier une alliance avec les Chinois. Il comptait, après avoir assuré ses arrières, soumis tout le grand Jüz et les Kirghiz environnants, de nouveau engager la guerre contre Kokand – la pensée de se venger ne le quittait jamais. Avec lui, près de 100 000 personnes migraient. Le nombre de combattants aurait pu se situer entre 5 000 et 10 000, ce qui est moins qu’au plus fort de l’insurrection, quand l’armée de Kenesary avait atteint 20 000 combattants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, même les Kirghiz n’étaient pas du tout désireux de s’allier à ce khan impétueux. Cette circonstance ne devrait pas étonner, étant donné que la majorité des Kazakhs avait refusé de le suivre à ce moment-là. Certaines tribus kirghizes étaient directement subordonnées à Kokand, tandis que d&rsquo;autres reconnaissaient en 1842 Ormon Khan, le manapa (seigneur féodal) le plus influent.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Et bien qu’il n’y eût alors aucune unité à ce sujet entre les Kirghiz, la situation s’est retrouvée modifiée par l’apparition de la menace d’une invasion extérieure. Comme l’écrit l’historien soviétique Beguimaly Djalguertchinov&nbsp;: <em>« Ce n’est qu’au moment de l’établissement du sultanat de Kenesary sur les Kirghiz que toutes les tribus kirghizes, hormis celles du Sud, se sont rassemblées autour d’Ormon khan, donnant ainsi un semblant d’autorité à son khanat. »</em><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/45266b4e-f479-4e6d-ae5b-37b48ed29e54.jpeg?width=496"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir obéi aux Kirghiz vivant à la frontière avec la Chine, Kenesary se dirige vers les « Kirghiz de la pierre sauvage » (c&rsquo;est ainsi que les sources russes appelaient les tribus kirghizes vivant sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tian_Shan">Tian Shan</a> en raison de leur <em>« caractère belliqueux, leur bravoure et leur cruauté »</em>) afin de les soumettre à son autorité, de se rendre à Kokand et de s&rsquo;y autoproclamer khan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La guerre devient inévitable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un autre côté, dans le manuscrit <em>Les évènements kazakho-kirghiz </em>que cite Beguimaly Djalguertchinov, il est dit que Kenesary khan avait préalablement envoyé à Ormon khan un ambassadeur avec la proposition d’accepter sa suprématie et, en s’alliant, de se retourner contre les Russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quelles qu’aient été les intentions ultérieures de Kenesary, Ormon khan refuse de se soumettre à lui – il se considérait plus digne de détenir l’autorité du khan. De plus, il n’avait rien à voir avec les plans de Kenesary. Akhmet Kenesarine, fils de Kenesary, estime que ce refus est en grande partie dû aux souvenirs des guerres que le grand-père de Kenesary, Abylaï, avait mené contre les Kirghiz.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les chefs des kara-kirghiz, prenant conseil entre eux, refusèrent de se soumettre&nbsp;: ils se rappelaient encore ce qui avait eu lieu du temps d’Abylaï khan. Un proverbe kirghiz dit&nbsp;: les ennemis ancestraux ne peuvent pas se lier d&rsquo;amitié, de même qu&rsquo;un plancher coupé ne peut pas être remodelé en manche »</em>, raconte Akhmet Kenesarine dans ses mémoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant compris que la guerre était inévitable, Ormon khan, qui avait si bien utilisé le soutien de Kokand dans le précédant conflit, établit alors des contacts avec les autorités russes. Dans les faits, Kenesary devait désormais affronter une coalition entière, bien que tout le poids de la guerre à cette étape reposât sur les Kirghiz, et, surtout, que toutes les décisions fussent alors prises par leurs chefs en toute indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kenesary perd la tête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée du khan s&rsquo;est frayé un chemin à travers les terres kirghizes en massacrant la population et en détruisant des villages entiers. Nikolaï Sereda décrit comment les soldats de Kenesary ont jeté des habitants dans des chaudrons d&rsquo;eau bouillante, ce qui peut être vrai, mais cela peut être aussi attribué à la « propagande ennemie ». Quoi qu&rsquo;il en soit, la guerre menée par le khan fut effectivement très cruelle &#8211; la plupart des sources s&rsquo;accordent sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au printemps 1847, alors que l’armée de Kenesary se dispersait pour ravager les villages locaux, le khan lui-même, avec quelques milliers de guerriers, se trouve encerclé par l&rsquo;ennemi sur une colline de la région de Keklik-Senguir, sur la rive gauche de la rivière Tchou, à quatre kilomètres de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokmok">Tokmok</a> dans l&rsquo;actuel Kirghizstan. Pendant plusieurs jours, le khan a tenu la défense, puis, abandonné par une partie de son armée, il est vaincu, capturé et exécuté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Sereda rapporte ces détails sanglants : <em>« Ayant tué Kenesary, les Kirghiz à la pierre sauvage lui coupèrent la tête et l&rsquo;enfoncèrent sur une pique, la menant d&rsquo;aoul en aoul </em>(village d&rsquo;Asie centrale, ndlr)<em> pour apaiser les habitants terrifiés ; le corps de Kenesary fut donné par vengeance aux femmes, qui le découpèrent en petits morceaux. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres sources parlent également d&rsquo;une <em>« exécution douloureuse »</em>, mais pour ce qui est de la tête du khan, des questions se posent : on ne sait pas si l&rsquo;envoi de ce terrible trophée en Russie était une initiative des vainqueurs, ou si les autorités tsaristes voulaient simplement s&rsquo;assurer que le rebelle qui leur avait causé tant d&rsquo;ennuis était bel et bien mort. Le président kirghiz, <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a>, insiste sur cette dernière version.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vie après sa mort</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;historiographie russe, soviétique et kazakhe moderne, la personnalité de Kenesary Kasymov a été maintes fois réévaluée. Si, à l&rsquo;époque prérévolutionnaire, la rébellion du khan était considérée sans ambiguïté comme une révolte de « voleurs » traditionnelle pour la Russie, qui a toutefois retardé pendant longtemps l&rsquo;expansion de l&#8217;empire vers le Sud, les bolcheviks ont tenté de lui donner un caractère à la fois de classe et anticolonial.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="279" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg" alt="La révolte de Kenesary Kasymov" class="wp-image-71721" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b-300x169.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption class="wp-element-caption">La révolte de Kenesary Kasymov. Photo : salem-shym.kz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La version officielle disait alors que les pauvres kazakhs s&rsquo;étaient soulevés contre les propriétaires terriens russes, les capitalistes et autres bourgeois. Dans le même temps, des allégations ont commencé à apparaître selon lesquelles les actions de la famille Kasymov étaient fondées sur des motifs égoïstes. Ils prétendaient que le khan et ses frères avaient pris les armes en raison de leur ressentiment à l&rsquo;égard des autorités tsaristes qui ne les avaient pas nommés sultans-gouverneurs, et que Kenesary lui-même était principalement guidé par ses ambitions personnelles, et non par un quelconque souci pour le peuple kazakh.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard vint l’idée que l’image de Kenesary avait été trop idéalisée, et que la guerre qu&rsquo;il a menée &#8211; l&rsquo;attaque contre les Kirghiz en est la preuve &#8211; était une banale querelle féodale causée non pas tant par des facteurs externes qu&rsquo;internes. A notre époque, de tels points de vue continuent d’etre relayés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De multiples revirements</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’après-guerre, les débats autour de la figure de Kenesary ont atteint un nouveau sommet. L’historien Ermoukhan Bekmakhanov, ayant essayé de prouver que l’expansion sous le commandement du khan avait joué un rôle dans l’histoire du Kazakhstan et avait retardé sa colonisation, il a été accusé de « nationalisme bourgeois » et a condamné à 25 ans de prison. Après la mort de Joseph Staline, ses collègues ont réussi à obtenir sa réhabilitation et la libération du scientifique qui, comme Kenesary, appartenait aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengiskhanides">Gengiskhanides</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un autre point de vue, la révolte de Kenesary était anticoloniale seulement à son premier stade, lors de la lutte pour la libération des Kazakhs contre la Russie et Kokand. Elle s’est par la suite transformée en querelle féodale au détriment des terres kirghizes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dernières années soviétiques, une évaluation négative générale a prévalu : la rébellion, bien que causée par l&rsquo;oppression coloniale croissante de l&rsquo;administration tsariste, était prétendument réactionnaire et monarchique par nature, et ses dirigeants ne représentaient en aucun cas les intérêts de leur propre peuple.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Dans le Kazakhstan contemporain, Kenesary Kasymov, est univoquement perçu comme un héros national. En ce qui concerne les guerres, il les a menées contre les ennemis intérieurs et extérieurs sur fondement de solides justifications. L’accent est mis sur le fait que la révolte a été un soulèvement national, bien qu’une telle affirmation puisse sembler au minimum audacieuse. Il est noté que <em>« la majorité de la population des trois jüz »</em> a pris part au <em>« mouvement de libération nationale et anticolonial »</em> sous la direction du khan, et que seule la position d&rsquo;une partie de la noblesse, flattée par les privilèges accordés par le tsarisme, a conduit à la défaite du soulèvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De mythes et de simulacres</strong><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg?width=496"></a></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la cruauté excessive de Kenesary à l&rsquo;égard de ses compatriotes dissidents et des Kirghiz est également reconnue, bien que ces derniers aient encouru la colère du khan car ils ont agi <em>« à l&rsquo;instigation des Kokandais »</em>, et qu&rsquo;en général, ils se soient laissés entraîner par ses nombreux opposants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la reconnaissance de certaines erreurs commises par Kenesary Kasymov permet d&rsquo;espérer que cette personnalité réelle et certainement extraordinaire ne se transformera pas en un mythe sur un combattant de la liberté, et que toute tentative de le regarder d&rsquo;un point de vue critique ne sera plus perçue comme une terrible insulte envers tous les Kazakhs. Après tout, plus les mythes et les simulacres s&#8217;empileront autour de ces événements, moins on connaitra réellement Kenesary.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Piotr Bologov<br>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://fergana.news/articles/138037/">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Rétrospective : trois expositions sur l’Asie centrale qui ont séduit l’Europe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jul 2025 06:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/les-expositions-sur-l-asie-centrale-qui-ont-seduit-l-europe/">Rétrospective : trois expositions sur l’Asie centrale qui ont séduit l’Europe</a></p>
<p>Trois expositions récentes à Paris et à Londres ont mis à l’honneur l’Asie centrale, révélant une stratégie culturelle ancrée dans un récit national, et soulignant les liens diplomatiques avec la région centrasiatique. De la riche exposition « Splendeurs des Oasis d'Ouzbékistan » au musée du Louvre (2022), à celle consacrée aux « Trésors de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/les-expositions-sur-l-asie-centrale-qui-ont-seduit-l-europe/">Rétrospective : trois expositions sur l’Asie centrale qui ont séduit l’Europe</a></p>
<p><strong>Trois expositions récentes à Paris et à Londres ont mis à l’honneur l’Asie centrale, révélant une stratégie culturelle ancrée dans un récit national, et soulignant les liens diplomatiques avec la région centrasiatique.</strong></p>
<p>De la riche exposition « <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/deux-expositions-sur-lart-ouzbek-a-paris/">Splendeurs des Oasis d'Ouzbékistan</a> » au musée du Louvre (2022), à celle consacrée aux « Trésors de la Grande Steppe » kazakhe au musée Guimet (2025), jusqu’à « Silk Roads » au British Museum (2024), ce triptyque met en scène le rayonnement de l’Asie centrale, depuis toujours au carrefour des civilisations.</p>
<p>Parmi les chefs-d’œuvre présents au sein de ces expositions, les vestiges de la<em> Fresque des ambassadeurs</em>&nbsp; (VIIème-VIIIème siècles) se détachent. Véritable « Mona Lisa » centrasiatique, elle représente une procession de personnages issus de diverses ethnies défilant devant le roi de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sogdiane">Sogdiane</a> récemment libéré du joug arabe et turc. Cette œuvre issue du palais d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrassiab_(site_arch%C3%A9ologique)">Afrasiab</a>, l’actuelle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, capture parfaitement par sa qualité artistique et son sujet l’idée d’une Asie « centrale » sur la scène internationale.</p>
<p>Un . . .</p>

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		<title>A Almaty, des célébrations du 9 mai aux couleurs du Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aleyna AYDINER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 10:50:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Commémorations]]></category>
		<category><![CDATA[Grande Guerre patriotique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/deroulement-de-la-marche-des-immortels-a-almaty-kazakhstan/">A Almaty, des célébrations du 9 mai aux couleurs du Kazakhstan</a></p>
<p>La marche du "régiment immortel", ce 9 mai à Almaty, pour commémorer les morts de la Seconde guerre mondiale, a finalement eu lieu malgré son interdiction initiale. Reportage et retour sur une polémique qui reflète les tensions autour de la mémoire soviétique au Kazakhstan. Malgré un refus initial du gouvernement, la "marche des immortels", un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/deroulement-de-la-marche-des-immortels-a-almaty-kazakhstan/">A Almaty, des célébrations du 9 mai aux couleurs du Kazakhstan</a></p>
<p><strong>La marche du "régiment immortel", ce 9 mai à Almaty, pour commémorer les morts de la Seconde guerre mondiale, a finalement eu lieu malgré son interdiction initiale. Reportage et retour sur une polémique qui reflète les tensions autour de la mémoire soviétique au Kazakhstan. </strong></p>
<p>Malgré un refus initial du gouvernement, la "marche des immortels", un défilé né en Russie en 2012 et qui commémore le 9 mai les morts de la Seconde guerre mondiale en exhibant des portraits de soldats, a finalement bien eu lieu à Almaty.</p>
<p>Partout dans la ville du sud du Kazakhstan, le chiffre 80 était affiché à côté de drapeaux kazakhs, en référence au 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une commémoration qui marque la capitulation de l’Allemagne nazie en mai 1945, et la victoire de la "Grande guerre patriotique" par l'URSS.</p>
<p>Cependant, si la marche des immortels a eu lieu, elle s'est tenue non sous son appellation russe, mais sous celle de “<em>Batyrlarga tagzym</em>” qui signifie “<em>hommage . . .</p>

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		<title>Du faradjia aux chemises de soie : l’extraordinaire préservation de l’habit tadjik à travers les siècles</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/histoire-des-habits-traditionnels-au-tadjikista/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 06:55:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
		<category><![CDATA[Vêtement traditionnel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/histoire-des-habits-traditionnels-au-tadjikista/">Du faradjia aux chemises de soie : l’extraordinaire préservation de l’habit tadjik à travers les siècles</a></p>
<p>Depuis l&#8217;élaboration d&#8217;un projet de loi au Parlement tadjik interdisant « le port » de « vêtements étrangers à la culture nationale », l&#8217;habillement fait débat au Tadjikistan. Novastan traduit un article du média local Asia-Plus, qui revient sur les symboles des costumes traditionnels de ce pays d&#8217;Asie centrale. Le thème des costumes tadjiks est aujourd&#8217;hui au coeur de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/histoire-des-habits-traditionnels-au-tadjikista/">Du faradjia aux chemises de soie : l’extraordinaire préservation de l’habit tadjik à travers les siècles</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis l&rsquo;élaboration d&rsquo;un projet de loi au Parlement tadjik interdisant « le port » de « vêtements étrangers à la culture nationale », l&rsquo;habillement fait débat au Tadjikistan. Novastan traduit un article du média local Asia-Plus, qui revient sur les symboles des costumes traditionnels de ce pays d&rsquo;Asie centrale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème des costumes tadjiks est aujourd&rsquo;hui au coeur de l’actualité. Un projet de vêtement national est en cours d&rsquo;élaboration dans le pays, et l&rsquo;Assemblée des représentants du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Assembl%C3%A9e_supr%C3%AAme_du_Tadjikistan">Majlisi Oli</a>, la chambre basse du parlement, a adopté un projet de loi interdisant « l&rsquo;importation, la vente, la promotion de vêtements étrangers à la culture nationale, ainsi que le port de tels vêtements dans les lieux publics. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion de « vêtements d’influence étrangère » reste encore floue. C’est la raison pour laquelle « <a href="https://asiaplustj.info/en">Asia-Plus</a> » a enquêté sur ce que représentent véritablement les costumes traditionnels tadjiks.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, la façon dont la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranja">paranja</a> était portée par les générations antérieures continue de susciter des questionnements.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une histoire plurimillénaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du costume tadjik et notamment celui des femmes peut se scinder en deux périodes distinctes&nbsp;: avant la conquête arabe et pendant l’islamisation de la société, autrement dit à partir du VIIIème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l’on considère aujourd’hui comme la robe traditionnelle tadjike remonte à la deuxième phase historique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="810" height="541" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-1-tadj.jpg" alt="Photo de Gouzel Maitdninova, autrice  l’ouvrage &quot;L’histoire de l’habillement tadjik&quot;, publié en 2004. Crédits : Asia Plus" class="wp-image-70437" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-1-tadj.jpg 810w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-1-tadj-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-1-tadj-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-1-tadj-600x401.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 810px) 100vw, 810px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo de Gouzel Maitdninova, autrice l’ouvrage « L’histoire de l’habillement tadjik », publié en 2004. Crédits : Asia Plus</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avant cette période, la mode était complètement différente. Au Vème et VIème siècle, les Sogdiennes portaient des robes ajustées à la taille haute, à volants décorés, des perles et des rayures. En hiver, les robes s’accompagnaient de capes et de bottines noires ajustées, tandis qu’en été, elles étaient portées avec des sandales décorées de perles et de boucles ornées de rubans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant cette période préislamique, Gouzel Maitdinova, experte et docteur en sciences historiques, explique que <em>« l’essence du vêtement en Asie centrale a été profondément marquée par la culture hellénique. D’abord adoptée par les élites sociales, cela s&rsquo;est diffusé progressivement comme composante traditionnelle du costume »</em>, explique la chercheuse qui a publié en 2004, l’ouvrage « L’histoire de l’habillement tadjik » dans lequel elle décrit en deux volumes l’art du vêtement au Tadjikistan, de façon pittoresque. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’histoire méconnue de la soie centrasiatique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la coupe et les décorations différaient d’une période à l’autre, les matériaux avec lesquels les arrière-arrière-arrière-grands-mères tadjikes confectionnaient leurs tenues restaient les mêmes&nbsp;: soie, laine, tissu en coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La noblesse, par exemple, privilégiait la soie pour ses chemises de dessous, car ce tissu possédait des caractéristiques très importantes, bien que prosaïques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La soie était reconnue pour ses propriétés désinfectantes : les insectes ne pouvaient pas se nicher dans les plis de ce tissu, ce qui garantit un certain confort <strong>»</strong></em><strong>, </strong>affirme Gouzel Maitdninova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle raconte par ailleurs qu’à l’époque la soie était réputée plus précieuse que l’or. <em>« Les sources écrites rapportent qu’en l’an 301, le prix d’une livre d’or pur en lingots était estimé à 50 000 dinars, </em><em>tandis qu&rsquo;une livre de soie brute teintée en pourpre coûtait 150 000 dinars. »</em></p>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>La soie d’Asie centrale : un trésor né loin de la Chine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’experte Gouzel Maitdninova affirme que des tissus en soie légers et épais existaient déjà au Tadjikistan, hors des sentiers des Routes de la Soie chinoises.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les traditions du tissage de la soie sont apparues dans la région centrasiatique aux alentours du deuxième millénaire avant notre ère. Les tissus de soie ont connu un essor extraordinaire indépendamment de la Chine, montrant des variations significatives par rapport aux soieries chinoises. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’ai effectué des études sur les soies sogdiennes, notamment dans les musées européens, comme le Louvre. En 1989, je me suis rendue à </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dunhuang"><em>Dunhuang</em></a><em> et j’ai découvert qu’il existait des colonies de commerçants sogdiens. Au Ve siècle de notre ère, précisément en Bactriane et en Sogdiane, les premières écoles de tissage de la soie ont vu le jour<strong> »</strong></em>, observe Gouzel Maitdninova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit des importations massives de tissus venus de Chine, d’Iran et de Byzance, la soie produite localement occupait une place importante, et presque toutes les régions d’Asie centrale fabriquaient déjà, au Moyen Âge, leurs propres étoffes de soie, de coton et de laine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="785" height="511" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-2-tadj.jpg" alt="Photo de Gouzel Maitdninova, autrice  l’ouvrage &quot;L’histoire de l’habillement tadjik&quot;, publié en 2004. Crédits : Asia Plus" class="wp-image-70438" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-2-tadj.jpg 785w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-2-tadj-300x195.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-2-tadj-768x500.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-2-tadj-600x391.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 785px) 100vw, 785px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo de Gouzel Maitdninova, autrice l’ouvrage « L’histoire de l’habillement tadjik », publié en 2004. Crédits : Asia Plus</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des particularités régionales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le costume traditionnel des Tadjiks, on distingue les variantes suivantes : d’une part, le style du sud, comprenant les régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Racht">Karategin</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Darvaza">Darvaza</a>, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D1%83%D0%BB%D1%8F%D0%B1">Kulyab</a>, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%93%D0%B8%D1%81%D1%81%D0%B0%D1%80">Gissar</a>, dont le style vestimentaire du Pamir&nbsp;; et d’autre part, le style du nord, englobant les zones de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeravchan">Zeravchan</a>, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%B0%D0%BD%D0%B8%D0%B1%D0%B0%D0%B4%D0%B0%D0%BC">Kanibadam</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Istaravchan">Istaravchan</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isfara">Isfara</a> et <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A8%D0%B0%D0%B9%D0%B4%D0%BE%D0%BD">Asht</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Bien que dans toutes les régions, il existe des traditions locales en matière d’ornement, de composition et de proportion du costume, certains éléments reviennent d’un territoire à un autre : le saroual, les pantalons bouffants, la robe, le foulard et la calotte <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tubeteika">Toubeteïka</a><strong> », </strong>explique Gouzel Maitdninova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/etoiles-tulipes-et-croix-que-signifient-les-ornements-de-la-tubeteika-la-coiffe-traditionnelle-tadjike/">Étoiles, tulipes et croix : que signifient les ornements de la tubeteïka, la coiffe traditionnelle tadjike ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les racines historiques ont joué un rôle significatif dans les spécificités de chaque tradition vestimentaire locales. Au XIXème siècle, les régions du sud ont été intégrées au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">Khanat de Boukhara</a>, tandis que celles du nord ont été rattachées à la Russie. Le complexe sud a davantage préservé ses traits archaïques en raison de son isolement plus prononcé, contrairement à la partie nord du pays, qui a subi une certaine influence occidentale via la culture russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, l’habillement des femmes du nord, qui s’aligne davantage sur les tendances de la mode, modifie leur silhouette, en adoptant des formes légèrement cintrées, tout en conservant leur structure traditionnelle préservée depuis plus de 4 000 ans&nbsp;;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="434" height="485" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-3-tadj.jpg" alt="Photo de Gouzel Maitdninova, autrice  l’ouvrage &quot;L’histoire de l’habillement tadjik&quot;, publié en 2004. Crédits : Asia Plus" class="wp-image-70439" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-3-tadj.jpg 434w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-3-tadj-268x300.jpg 268w" sizes="auto, (max-width: 434px) 100vw, 434px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo de Gouzel Maitdninova, autrice l’ouvrage « L’histoire de l’habillement tadjik », publié en 2004. Crédits : Asia Plus</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Complètement unisexe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les compositions de l’ensemble vestimentaire pour femmes et hommes étaient presque identiques. Cet ensemble comprenait des caftans-robes d’été et d’hiver en forme de tunique, des chemises, des pantalons avec un insert pour la marche, des coiffes qui variaient d’une région à l’autre et des ceintures, pour les hommes. Ces similitudes étaient fréquentes, notamment pendant l’ère préislamique, durant laquelle les femmes portaient, au même titre que les hommes, des ceintures décorées placées en couches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chemises à coupe tunique étaient généralement unisexes, et seul le style de confection du collier les différenciait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/marques-sapproprient-motifs-dasie-centrale/">Des marques internationales s’approprient les motifs d’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En dessous des chemises et des tuniques, les femmes et les hommes portaient des robes présentant des traits distinctifs de chaque localité : si l’habillement des Tadjiks de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">Ferghana</a> était caractérisé par des robes courtes et moulantes à manches étroites, les Tadjiks de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Gissar">Gissar</a> et de la vallée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeravchan">Zeravchan</a> portaient des robes amples à manches courtes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelques spécificités entre les tenues des femmes et des hommes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un aspect qui marquait les robes ou les chemises à coupe tunique pour les femmes était leur forme : les chemises à coupe droite s’élargissaient vers l’ourlet, avec des manches longues qui couvraient les mains. Ce modèle était considéré comme le plus courant dans l’habillement traditionnel tadjik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ces robes étaient amples, caractérisées par un décolleté triangulaire ou droit, selon l&rsquo;âge. Les robes à coupe tunique étaient le principal type de vêtements portés par-dessus pour les femmes de la fin du XIXème au début du XXème siècle. Une pièce de tissu pliée formait le dos et le devant, les manches étaient directement attachées au corsage, avec des empiècements latéraux qui s’étendaient jusqu’à la base des manches, ainsi que des empiècements frontaux », affirme Gouzel Maitdninova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-haute-couture-sempare-des-motifs-traditionnels-tadjiks/">La haute-couture s’empare des motifs traditionnels tadjiks</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le sud-est du Tadjikistan, les vêtements portés par-dessus pour les femmes ne sont pas inscrits dans la tradition ethnographique. En revanche, dans les hautes vallées du Zeravchan, au centre et également au nord du Tadjikistan, les vêtements portés par-dessus sont un élément qui constitue un aspect obligatoire de l’habillement féminin depuis le XXème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, profondément enracinées dans la tradition et la culture, les robes « munisak » et « kaltacha » étaient confectionnées sans collier.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="995" height="628" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-4-tadj.jpg" alt="Photo de femmes en habits traditionnels tadjiks, partagés par la Commission des affaires féminines et familiales. Crédits : Asia Plus" class="wp-image-70440" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-4-tadj.jpg 995w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-4-tadj-300x189.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-4-tadj-768x485.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/04/img-4-tadj-600x379.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 995px) 100vw, 995px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo de femmes en habits traditionnels tadjiks, partagée par la Commission des affaires féminines et familiales. Crédits : Asia Plus</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un habillement codifié</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la transition des traditions préislamiques vers les traditions actuelles ait été un processus graduel dans la région, le vestiaire féminin a subi un changement soudain et radical : la coupe des vêtements est devenue plus ample, le couvre-chef est devenu un élément obligatoire, ce qui n’existait pas précédemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le «&nbsp;faradjii&nbsp;» était le nom donné aux longues tuniques décoratives en soie et en brocart, touchant presque le sol, portées par les femmes. Très colorées, ces tuniques se composaient d’une vaste palette de nuances&nbsp;: rouge, jaune, bleu ou vert, avec des tissus de soie rose doublé de fourrure, des broderies sur la poitrine, sur les épaules et sur l’ourlet, et des boutons dorés. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/regulation-religieuse-et-defis-socio-economiques-en-asie-centrale-le-cas-du-kirghizstan/">Régulation religieuse et défis socio-économiques en Asie centrale : le cas du Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Gouzel Maitdninova précise que sous le « faradjiii », les femmes portaient habituellement un « kaba ». Selon leur statut socio-économique, elles ajoutaient une ou deux chemises appelées « pirohan » :chaque encolure, en étant plus large que la précédente, permettait de mettre en évidence le nombre des vêtements portés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce titre, dans les régions du sud, les femmes portaient davantage de robes et les manches de leurs vêtements du dessous étaient nettement plus longues que celles des robes supérieures, afin que les tissus juxtaposés puissent être bien visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pratique de superpositions des vêtements a vu le jour au même moment que les premières traces de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranja">paranja</a> sont apparues.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment la paranja a-t-elle vu le jour en Asie centrale ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Gonzales de Clavijo, diplomate espagnol, écrivait, à propos de la tradition vestimentaire des femmes de Tabriz au XVème siècle&nbsp;: « Les femmes se promènent complètement enveloppées dans des voiles blancs, avec des filets noirs en crins qui couvrent leur visage. Elles se couvrent ainsi, afin de ne pas être reconnues ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gouzel Maitdninova écrit que « selon les représentations iconographiques, à partir de la fin du XVIème siècle, les femmes portaient des manteaux-capes, lorsqu’elles se déplaçaient. C’est seulement à partir de la seconde moitié du XVIIème siècle que les premières représentations de la paranja ont été dévoilées ».</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Pour la majorité des femmes dans la région, la paranja est rapidement devenue une composante essentielle de l’habillement. D’autant plus que sous ce vêtement traditionnel, la mode évoluait de façon constante. Au fur et à mesure, les robes s’allongeaient et s’élargissaient, de nouvelles formes de couvre-chefs apparaissaient, les ornements se transformaient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la mode évolue avec son temps, l’enjeu de préservation de l’ensemble de ces traditions vestimentaires est particulièrement pris en compte par les femmes tadjikes. La coupe, les ornements et les décorations des robes nationales conservent de nombreux traits caractéristiques de l’habillement ancien.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>        La rédaction de Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://your.tj/zhenshhiny-tadzhikistana-samovyrazhajutsja-cherez-trend-ja-tadzhichka-i/">russe</a> par Lisa D’Addazio</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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