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	<title>Féminisme | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Féminisme | Novastan France</title>
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		<title>Ecrire au Kazakhstan : les défis des écrivaines</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 14:03:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/ecrire-kazakhstan-defis-femme-ecrivaine/">Ecrire au Kazakhstan : les défis des écrivaines</a></p>
<p>Être écrivain au Kazakhstan est un métier difficile, et ce d’autant plus pour une femme. Surtout en 2025, à l’heure où les maisons d’éditions prêtes à publier des jeunes autrices se font rares dans le pays. Les écrivaines souffrent d’un stéréotype qui amène beaucoup de gens à percevoir leur travail non pas comme une activité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/ecrire-kazakhstan-defis-femme-ecrivaine/">Ecrire au Kazakhstan : les défis des écrivaines</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Être écrivain au Kazakhstan est un métier difficile, et ce d’autant plus pour une femme. Surtout en 2025, à l’heure où les maisons d’éditions prêtes à publier des jeunes autrices se font rares dans le pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les écrivaines souffrent d’un stéréotype qui amène beaucoup de gens à percevoir leur travail non pas comme une activité professionnelle à part entière, mais comme un simple passe-temps. Il faut ajouter à cela la nécessité de trouver un équilibre entre la création, le travail et la vie personnelle, et il est possible de mieux se représenter combien d’efforts se cachent derrière chaque œuvre publiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le média kazakh The Village est parti à la rencontre de deux autrices du Kazakhstan : Madina Bostambaïeva, autrice du livre <em>Souvenirs d’habitants d’Almaty,</em> fondatrice de la maison d’édition Estelikter, et Alima Souleïmenova, fondatrice d&rsquo;<a href="https://ainastories.kz/">Aïna</a>, le premier journal en ligne pour les autrices d’Asie centrale.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Leurs témoignages sont précieux, éclairant les lecteurs sur la place des femmes dans la littérature kazakhe, le féminisme dans la prose et les projets inspirants destinés aux femmes écrivaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des idées au livre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva :</strong> A 15 ans, une idée m’est venue : demander à des personnes de différents coins du monde de partager leurs souvenirs et en faire un livre. En 2021, je suis entrée à l&rsquo;université à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> et j’ai commencé à découvrir peu à peu la ville et ses habitants. Rapidement, j’ai recueilli plusieurs histoires pour constituer un livre. Mais au-delà des souvenirs des autres, il contient aussi beaucoup de mes propres expériences.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>J’ai travaillé pendant longtemps dans l’édition de la littérature jeunesse. Nous traduisions les best-sellers mondiaux pour enfants en kazakh. À l’époque, en 2014, je ne pensais pas encore qu’il était possible, et nécessaire, de développer notre marché intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années ont passé et, des livres pour enfants, je suis passée à la littérature pour adultes. Pendant cette période, j’ai commencé à écrire et petit à petit est venue l’idée de créer le projet Aïna. Je me suis demandé ce qui resterait après nous. Qui conserverait nos histoires, reflet de notre époque ? Nous avons l’habitude de lire des œuvres étrangères, mais alors comment transmettre nos valeurs et notre code culturel ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La situation des autrices contemporaines</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva : </strong>Selon moi, la situation des autrices au Kazakhstan s’est nettement améliorée ces dernières années. Les femmes prennent de plus en plus de place dans la vie littéraire et leurs voix sont de plus en plus audibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe toutefois des difficultés, notamment le manque de soutien des maisons d’édition. Malgré cela, de plus en plus d’autrices réussissent, non seulement en littérature, mais aussi dans d’autres formes d’art. Je pense que ce n’est que le début.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="701" height="509" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/OdiuQxPK6QDRmA7jphQ3xQ-wide-1.jpg" alt="Madina Bostambaieva Autrice Kazakhstan" class="wp-image-73389" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/OdiuQxPK6QDRmA7jphQ3xQ-wide-1.jpg 701w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/OdiuQxPK6QDRmA7jphQ3xQ-wide-1-300x218.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/OdiuQxPK6QDRmA7jphQ3xQ-wide-1-600x436.jpg 600w" sizes="(max-width: 701px) 100vw, 701px" /><figcaption class="wp-element-caption">Madina Bostambaïeva. Photo : The Village.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>En ce moment même, je ressens un véritable essor. Des maisons d’éditions et des journaux voient le jour, le goût de la lecture se développe, des clubs de lecture sont créés et des écoles d’écriture s’ouvrent. Le plus important est de permettre à ces voix de se faire entendre et que les éditeurs n’aient pas peur d’investir dans de nouvelles autrices encore inconnues.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le féminisme dans la littérature kazakhe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva : </strong>Je suis heureuse que la société kazakhe lève le voile sur des problèmes majeurs tels que le féminicide et la misogynie. Le fait d’entendre des histoires qui évoquent ouvertement ce qui est tabou est essentiel. Par exemple, le livre <em>Elliot</em> de <a href="https://www.instagram.com/mayathesarah/?hl=fr">Maya Sarah</a> ou encore <em>Décollement</em> d’<a href="https://www.instagram.com/altynay.sultan/">Altynaï Soultan</a> sont des proses honnêtes issus d’expériences traumatisantes vécues par de nombreuses femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>Le féminisme a sans aucun doute une influence sur la littérature kazakhe. Les autrices explorent et repensent le rôle des femmes dans la société, abordent les droits et déconstruisent les stéréotypes. Cela permet non seulement d’élargir les horizons de la création littéraire mais aussi de discuter de thèmes longtemps passés sous silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-linegalite-des-sexes-dans-la-sphere-politique-demeure/">Au Kazakhstan, l’inégalité des sexes dans la sphère politique demeure</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe aujourd’hui de nombreux noms marquants, et je connais presque chacune de ces autrices. Leur parcours m’inspire. Ce qui me motive, c’est de recevoir des textes à caractère expérimental emprunts de sensibilité, souvent écrits par de nouvelles autrices qui débutent et de les faire connaître.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les attentes de la société et les autrices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva : </strong>L’un des stéréotypes qui colle le plus aux écrivaines est celui de leur affiliation à des thèmes traditionnellement considérés comme féminins : l’amour, les relations familiales, les souffrances personnelles. Ces biais entravent leur créativité et empêchent d’élargir les horizons. En même temps, il y a une opinion toujours répandue selon laquelle les femmes ont des difficultés à écrire sur des thèmes plus importants, soi-disant réservés aux hommes comme la politique, la philosophie et la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nouvelle-essais-nucleaires-kazakhstan-mouqanova/">«&nbsp;Un thème éternel&nbsp;» : entretien avec l’autrice kazakhe Roza Mouqanova</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La douceur et la délicatesse sont d’autres injonctions auxquelles font face les autrices, tandis qu’une littérature plus «&nbsp;dure&nbsp;» s’associerait au caractère masculin. Ces schémas de pensée peuvent se révéler significatifs dans la manière où les femmes s’autocensurent. Cependant, je pense que les temps changent et que tous ces stéréotypes perdent peu à peu leur sens. Les femmes d’aujourd’hui peuvent écrire sur tous les sujets, avec toutes les formes et approches possibles. L’essentiel est que leur création ne soit pas limitée par des attentes extérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>Il faut trouver un équilibre entre les attentes personnelles du monde intérieur et les attentes sociales de la société. D’abord, savoir s’exprimer librement dans le cadre des normes traditionnelles existantes. Ensuite, intégrer l’activité littéraire dans la vie quotidienne, où la plupart des écrivaines ont un travail, une famille et d’autres responsabilités.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, la littérature permet aux femmes de repenser les rôles traditionnels et de se raconter des histoires longtemps restées invisibles. L’équilibre se construit grâce à la conscience de sa propre force, au soutien de personnes partageant les mêmes idées et à la création d’espaces où les femmes peuvent être entendues sans crainte du jugement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’expérience des femmes sous-évaluée en littérature</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva : </strong>Ce déséquilibre a été observé aussi bien à l’étranger qu’au Kazakhstan. Cependant, la situation change quelque peu. De plus en plus de femmes veulent écrire sur des évènements mondiaux et leur expérience est de plus en plus considérée et valorisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/sexe-fort-quatre-femmes-carriere-inspirante-ouzbekistan/">Un sexe fort : quatre femmes racontent leur carrière inspirante en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>Les autrices peuvent être confrontées au fait que leur production ne soit pas prise comme un travail sérieux mais plutôt comme un loisir. Des biais persistent : leurs travaux sont considérés, à tort, comme plus simplistes ou exclusivement centrés sur « la littérature féminine », tout comme l’idée que la littérature intime serait forcément scandaleuse. Pourtant, d’après mes observations, la majorité des écrivains contemporains sont des femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Créer ses propres projets</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva : </strong>Le principal problème que j’identifie est celui de l’absence d’éditeurs. C’est pourquoi j’ai décidé de créer ma propre maison d’édition. Je l’ai appelée Estelikter. Cela signifie souvenir en kazakh. Pendant six mois, je n’arrivais pas à trouver de sponsors, tout le monde refusait. Alors j’ai décidé d’automatiser le système et de travailler par précommandes. Les débuts ont été difficiles : problèmes de trésorerie, arnaques, nuits blanches. Mais cette expérience a été extrêmement précieuse, j’ai fêté mon 18ème anniversaire au bureau des impôts en enregistrant ma maison d’édition.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>J’ai remarqué que tout le monde écrivait de manière isolée, partageant ses textes dans de petits cercles sur Telegram ou Facebook, ou les envoyant à des éditeurs sans jamais recevoir de réponse. J’ai donc voulu créer une plateforme centralisée permettant de faire connaître de nouvelles autrices. C’est ainsi qu’est née Aïna, par nécessité de rassembler la création littéraire féminine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Changements dans la littérature kazakhe et soutien aux autrices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Madina Bostambaïeva </strong>: Chaque année, de plus en plus de jeunes autrices et auteurs apparaissent. Ils cherchent non seulement à préserver les traditions littéraires, mais aussi à les repenser. Bientôt, nous serons témoins d’un intérêt croissant pour la prose et la poésie.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">J’espère aussi que la littérature kazakhe s’ouvrira davantage à des genres autrefois considérés comme marginaux, comme la science-fiction, l’horreur ou la fantasy, et qu’elle expérimentera davantage les formes et les styles. Il serait important d’avoir plus de subventions pour l’édition de livres, ainsi qu’une baisse des coûts d’impression, afin de rendre la littérature plus accessible. Le soutien à la promotion est également essentiel pour aider les livres à trouver leur lectorat et les auteurs, leur public.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alima Souleïmenova : </strong>A mon sens, la littérature kazakhe pourrait s’améliorer en trois points majeurs : des financements pour l’industrie du livre, des espaces gratuits dédiés aux lectures publiques, un soutien médiatique pour les autrices, des concours et des prix littéraires dotés de récompenses financières pour des autrices de tout âge.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Zere Amangueldinova</strong><br><strong>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/people/experience/39745-my-privykli-chitat-zarubezhnuyu-literaturu-no-kak-togda-peredavat-nash-kulturnyy-kod">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Miss Monde 2025 : la représentante du Kirghizstan dénonce les violences faites aux femmes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[bminiot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 May 2025 06:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/la-miss-kirghizstan-denonce-les-violences-faites-aux-femmes/">Miss Monde 2025 : la représentante du Kirghizstan dénonce les violences faites aux femmes</a></p>
<p>Lors de l'édition 2025 de Miss Monde en Inde, Aïjan Tchanarchaïeva brise le silence : face aux caméras, la représentante kirghize dénonce l’ala-kachuu, la pratique d'enlèvement et de mariage forcé encore répandue au Kirghizstan.  Lors du concours Miss Monde 2025, qui s’est tenu cette année en Inde, la représentante kirghize Aïjan Tchanatchaïeva a dénoncé la [&#8230;]</p>
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<p><strong>Lors de l'édition 2025 de Miss Monde en Inde, Aïjan Tchanarchaïeva brise le silence : face aux caméras, la représentante kirghize dénonce l’ala-kachuu, la pratique d'enlèvement et de mariage forcé encore répandue au Kirghizstan. </strong></p>
<p>Lors du concours Miss Monde 2025, qui s’est tenu cette année en Inde, la représentante kirghize Aïjan Tchanatchaïeva a dénoncé la pratique de l<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ala_kachuu">’ala-kachuu</a>, l'enlèvement de femmes en vue de mariages forcés, une tradition encore présente au Kirghizstan. A travers son projet documentaire "New Way", elle a mis en lumi . . .</p>

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		<title>Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 11:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux Sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traditions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/">Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</a></p>
<p>Face à des injonctions sociales archaïques, les femmes tadjikes expriment leur épuisement à travers un nouveau langage codifié sur les réseaux sociaux. Avec en toile de fond la phrase « je suis tadjike », de nombreux messages de témoignages circulent depuis ces dernières années. « Je suis une femme tadjike et j’ai une force d’esprit inflexible qui me [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face à des injonctions sociales archaïques, les femmes tadjikes expriment leur épuisement à travers un nouveau langage codifié sur les réseaux sociaux. Avec en toile de fond la phrase « je suis tadjike », de nombreux messages de témoignages circulent depuis ces dernières années.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis une femme tadjike et j’ai une force d’esprit inflexible qui me permet de surmonter toutes les difficultés de la vie »</em>, affirme Madina Nigmatova, qui a pris part au mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le but de déconstruire les stéréotypes profondément ancrés dans la société tadjike, un nombre croissant de femmes et de jeunes filles à travers le pays s&rsquo;engagent régulièrement dans ce mouvement, célébrant une image forte de la femme à travers des tenues traditionnelles et des bijoux.</p>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au-delà des rôles imposés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de se limiter aux rôles domestiques traditionnellement imposés aux femmes &#8211; cuisine, ménage, soins du foyer &#8211; que certains courants, comme celui des « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tradwife">Tradwives</a><em> »</em> aux États-Unis, remettent au goût du jour, la femme tadjike se saisit de la sphère numérique pour faire parler les luttes féministes. Madina Nigmatova, spécialiste et formatrice en marketing sur les réseaux sociaux, affirme que les femmes ont non seulement le droit mais aussi le devoir d’être visibles, épanouies dans leur carrière, créatives et pleinement actives dans le monde des affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous connaissons nos traditions, nous les respectons, nous les transmettons aux générations. Mais nous voulons vivre dans notre temps, en étant cultivées et indépendantes. La femme tadjike moderne a appris à concilier plusieurs rôles : participer aux compétitions, entamer n’importe quelle carrière, tout en s’occupant de leurs enfants et en gérant la maison »</em>, raconte-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-migrants-nourrissent-le-tadjikistan/">Comment les migrants nourrissent le Tadjikistan</a></strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement s&rsquo;inscrit dans un contexte où les femmes et les jeunes filles mariées au Tadjikistan ont un accès limité aux appareils électroniques et à Internet, souvent en raison du contrôle exercé par les familles. En effet, dans les foyers où les hommes travaillent à l&rsquo;étranger, les mères peuvent recevoir des smartphones au lieu des épouses, qui voient ainsi leur autonomie numérique limitée.</p>


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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Déconstruction fine de préjugés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Madina Nigmatova, dans sa version du « Je suis tadjike », porte l’attention sur le stéréotype répandu de la femme accomplie qui, dans la société tadjike, est souvent perçue comme une femme divorcée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes modernes concilient facilement la vie familiale, l’accomplissement professionnel et l’épanouissement personnel : si certaines font de la pâtisserie, d’autres créent et gèrent des entreprises en ligne, tandis que d’autres encore sont maquilleuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan&nbsp;: entre tradition et répression</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lorsque les vidéos ont été partagées dans différents groupes, de nombreux commentaires affirmaient que, pour refléter la véritable image de la femme tadjike, il aurait fallu montrer comment cuisiner, balayer la cour ou traire les vaches. La femme tadjike, la </em><a href="https://en.wiktionary.org/wiki/kelin">kelinka</a><em>, ne se limite pas au rôle de servante, c’est une personne à part entière qui cherche à s’épanouir, à trouver un équilibre entre vie privée et carrière. J’éprouve une immense admiration pour elles »</em>, déclare Madina Nigmatova</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tendance de longue date</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance a vu le jour l’année dernière, lorsque plusieurs blogueuses ont partagé une vidéo commune, en affirmant être des femmes tadjikes sans que cela ne les empêche de <em>« construire une carrière », « vivre séparées de leurs parents », « s’habiller comme elles le veulent », « tenir un blog », « ne pas être mariées à 32 ans », « faire du business »</em>, ou encore <em>« créer une entreprise »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l’appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vidéo a suscité une vive polémique et une vague de haine, notamment parce que les jeunes filles s’exprimaient en russe tout en se présentant comme tadjikes. Pourtant, les réactions négatives n’ont pas réussi à venir à bout de la tendance. Au contraire, plus les commentaires malveillants se multiplient, plus cela accroît le sentiment de lassitude face aux injonctions sociales. Ce que les femmes taisaient autrefois par honte, elles l’expriment aujourd’hui avec plus de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des revendications multiples</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis tadjike, j’ai 26 ans et je retarde le mariage parce que j’ai peur de changements drastiques dans la vie ; l’institution du mariage m’effraie, car j’ai vu peu d’exemples réussis autour de moi »</em>, écrit Leila sur sa page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis tadjike&nbsp;: je me suis mariée à 37 ans. Ma fille unique a quatre ans et demi. Alors que moi, j’ai 43 ans. J’ai vécu et poursuivi mes études en Italie, plus précisément au sud. J’habite en Russie depuis 18 ans. Avant de devenir spécialiste des sourcils, j’ai travaillé pendant 12 ans comme styliste, acheteuse, responsable du service merchandising dans des grandes entreprises de Moscou&nbsp;»</em>, raconte Zarina.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l’arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis une femme tadjike qui a terminé l’école russe au Tadjikistan et je ne me suis pas mariée tout de suite. Je suis Tadjike et j’ai grandi dans une famille traditionnelle et non, je n’ai pas été réprimandée, nous ne nous sommes jamais disputés avant mon départ, au contraire, j’ai été véritablement soutenue&nbsp;»</em>, écrit Omina.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;</em><em>Je suis tadjike et je ne me permets pas de donner des conseils non sollicités, comme : “Un seul enfant, ce n’est pas suffisant, il faut en avoir un autre. Ce n’est pas dans tes plans ? Alors ton mari finira par te quitter.” »</em>, confie Chakhzoda.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis tadjike, et j’ai choisi délibérément d’épouser un Kazakh, tout simplement parce que c’est ce que je voulais. Quand je désire quelque chose, je refuse de me l’interdire »</em>, affirme Bargigoul.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le backlash et les réactions masculinistes</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces publications collectent régulièrement des milliers de vues et des centaines de commentaires. Les femmes laissent plutôt des réponses positives et inspirantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, portés par un fond de misogynie, les commentaires masculins sont en général loin d’être encourageants. On peut lire <em>«&nbsp;tes yeux ne sont pas ceux d’une Tadjike&nbsp;», «&nbsp;tu déshonores la nation&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;se marier avec un étranger anéantit le gène tadjik&nbsp;»</em>. Une multitude d’autres commentaires du même style visent à discréditer les activités et les prises de position de nombreuses femmes au Tadjikistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une procédure simple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est possible d&rsquo;agrémenter la formule <em>« Je suis Tadjike »</em> de manière personnalisée en mentionnant quelque chose pour lequel on a été critiquée, ressenti de la honte ou qui est au contraire source de fierté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici des exemples&nbsp;: <em>«&nbsp;… et je gagne beaucoup plus que les hommes&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;… et je ne sais pas préparer du </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Plov"><em>plov</em></a><em>, et c’est très bien comme ça&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;… et je parle cinq langues&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/ces-femmes-tadjikes-sapproprient-les-professions-masculines/">Ces femmes tadjikes qui s’approprient les professions «&nbsp;masculines&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vidéo est souvent filmée dans un cadre agréable, dans lequel les femmes se sentent en sécurité, et avec une posture qui se veut authentique. Des éléments traditionnels de la culture tadjike dans les tenues ou les décors sont souvent mis en avant, car promouvoir l’héritage patrimonial et les traditions n’est pas incompatible avec l’émancipation féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hashtags #jesuistadjike, #tadjikgirlpower, #jailedroit accompagnent souvent ces messages et permettent de les diffuser à une plus vaste échelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Nous sommes différentes, mais nous sommes tous tadjikes&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses filles tadjikes ont également participé à la tendance « duxtari tojik&nbsp;», signifiant fille tadjike. Dans ces vidéos, elles incarnent des femmes de différentes régions du pays, bousculant les frontières du régionalisme&nbsp;: un phénomène encore très présent dans la société tadjike.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accompagnée de la chanson de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Nobovar_Chanorov">Nobovar Chanorov</a>, chanteur tadjik, qui évoque les filles des différentes régions, l’accent est mis sur la richesse culturelle et l’identité régionale plutôt que sur la division géographique.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je ne savais pas qu’il existait autant de styles de vêtements traditionnels dans notre pays »</em>, confie Bahora dans l’une de ses vidéos. Ce à quoi plusieurs internautes émus répondent en soulignant l’amitié entre toutes les régions du Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est régulièrement diffusé dans plusieurs langues. À la demande de ses abonnés, la maquilleuse Farangis propose des looks inspirés des différentes régions du Tadjikistan, accompagnés de brèves explications en tadjik, en russe et en anglais. Ce mouvement dépasse les frontières du pays et inspire plus largement des femmes des pays voisins. C’est notamment le cas d’une blogueuse ouzbèke qui a également rejoint le mouvement, en présentant les robes de mariée des femmes tadjikes issues de différentes régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance unit les femmes tadjikes aux quatre coins du continent&nbsp;: depuis l’Iran ou la Chine, à chaque vidéo sa touche personnelle.</p>



<div class="wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La rédaction de Your.tj</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://your.tj/zhenshhiny-tadzhikistana-samovyrazhajutsja-cherez-trend-ja-tadzhichka-i/">russe</a> par Lisa D’Addazio</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Au Kazakhstan, le combat continue pour organiser la marche féministe du 8 mars</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2023 09:39:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
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		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-le-combat-continue-pour-organiser-la-marche-feministe-du-8-mars/">Au Kazakhstan, le combat continue pour organiser la marche féministe du 8 mars</a></p>
<p>L’akimat d’Almaty a une fois de plus annoncé l’interdiction d’une marche féministe le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Le motif du refus, jugé injustifié par les organisations féministes, donne du fil à retordre aux militantes et militants. « Nous voulons quitter ce rassemblement en sachant que la marche du 8 mars aura [&#8230;]</p>
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<p><strong>L’akimat d’Almaty a une fois de plus annoncé l’interdiction d’une marche féministe le 8 mars, journée internationale des droits de la femme. Le motif du refus, jugé injustifié par les organisations féministes, donne du fil à retordre aux militantes et militants.</strong></p>
<p>« <em>Nous voulons quitter ce rassemblement en sachant que la marche du 8 mars aura lieu</em> », a déclaré le 5 février dernier Tatiana Tchernobil, militante kazakhe des droits de l’Homme, au <a href="https://vlast.kz/novosti/53765-bolee-150-celovek-sobralis-na-miting-za-pravo-provedenia-zenskogo-marsa-8-marta-v-almaty.html">média kazakh Vlast.kz</a>. Lors d’un rassemblement au parc Gandhi à <a href="https://novastan.org/nnehegnj/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, plus de 150 personnes étaient réunies pour manifester contre . . .</p>

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		<title>Nisso Mamedova, une tiktokeuse féministe en Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[fhamoudi]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Oct 2022 12:38:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux Sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/nisso-mamedova-une-tiktokeuse-feministe-en-ouzbekistan/">Nisso Mamedova, une tiktokeuse féministe en Ouzbékistan</a></p>
<p>Nisso Mamedova est une jeune blogueuse ouzbèke pionnière du réseau Tik-Tok. Se décrivant comme une féministe radicale, elle publie des vidéos engagées sur les réseaux sociaux et aspire à élargir son audience en traitant de sujets encore très clivants dans l’Ouzbékistan d’aujourd’hui. Novastan reprend et traduit ici un article publié par le média ouzbek Sarpa. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/nisso-mamedova-une-tiktokeuse-feministe-en-ouzbekistan/">Nisso Mamedova, une tiktokeuse féministe en Ouzbékistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>Nisso Mamedova est une jeune blogueuse ouzbèke pionnière du réseau Tik-Tok. Se décrivant comme une féministe radicale, elle publie des vidéos engagées sur les réseaux sociaux et aspire à élargir son audience en traitant de sujets encore très clivants dans l’Ouzbékistan d’aujourd’hui.</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié par le média ouzbek </b><a href="https://sarpa.media/niso"><b>Sarpa</b></a><b>.</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Nisso Mamedova étudie le commerce et l&rsquo;informatique à la filiale ouzbèke de l&rsquo;</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_d%27%C3%89tat_des_relations_internationales_de_Moscou"><span style="font-weight: 400">Institut d’État des relations internationales de Moscou</span></a><span style="font-weight: 400"> (MGIMO).  Elle est aussi une blogueuse influente et engagée.Malgré ses 80 000 abonnés sur son compte </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/TikTok"><span style="font-weight: 400">Tik-Tok</span></a><span style="font-weight: 400">, la jeune Ouzbèke, également connue sous le pseudonyme </span><a href="https://www.tiktok.com/@wj.nana"><span style="font-weight: 400">Wj.nana</span></a><span style="font-weight: 400">, ne comprend toujours pas vraiment quel contenu le public aime le plus.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Elle a toutefois déjà fermement décidé de passer dans la catégorie des blogueurs sérieux et de parler de choses importantes. Elle déteste les discriminations envers tout groupe de personnes et se définit comme une féministe libérale. Elle se raconte dans l&rsquo;article qui suit. </span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les débuts sur les réseaux sociaux</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Mes premiers 2000-3000 abonnés sont arrivés sur le réseau social Instagram quand j’étais active sur des sujets tels que le féminisme, le body-positivisme et l&rsquo;acceptation de soi. Je me suis enregistrée sur Tik-Tok fin 2018 et j’ai commencé à filmer début 2019. À l&rsquo;époque, le réseau social commençait à peine à devenir populaire en Ouzbékistan et venait tout juste d’avoir été renommé de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musical.ly"><span style="font-weight: 400">Musical.ly</span></a><span style="font-weight: 400"> à Tik-Tok. Initialement, je ne l&rsquo;avais téléchargé que pour mettre des vidéos sur mes musiques. Lorsque le réseau social a pris de l&rsquo;ampleur, c&rsquo;est devenu plus marrant.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan: </b><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/"><b>Portrait de l’artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Je suis l’une des plus anciennes tiktokeuses ouzbèkes. J’ai commencé à y produire des vidéos bien avant que le réseau social ne devienne populaire dans le pays. Cependant, contrairement à d&rsquo;autres réseaux sociaux, l’ancienneté n’a pas d’importance sur Tik-Tok. Il est possible de gagner très rapidement en popularité.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading">Une audience différente</h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">J’ai commencé à être active sur Tik-Tok puisque j’ai toujours aimé filmer du contenu divertissant : de la danse, des saynètes, </span>du réseautage. Cela m&rsquo;intimidait de publier ce même contenu sur le réseau social Instagram, bien que j’aime lorsque les gens font attention à ce que je fais, que je puisse faire sourire ou transmettre de la motivation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai ensuite compris que j&rsquo;avais mes principes : je veux parler de choses sérieuses, du féminisme, par exemple. Les abonnés ont moyennement réagi, il est évident que ce n&rsquo;est pas un format pour notre pays. J’explique quelque chose, mais je ne suis pas comprise. <span style="font-weight: 400">Dans tous les cas, Tik-Tok est plus accueillant qu&rsquo;Instagram. L&rsquo;audience y est plus jeune et plus tolérante.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">En plus, sur ce réseau se réunit une communauté de féministes, des activistes de mouvements différents. Sur Instagram, les blogueurs sont moins appréciés. Alors que sur Tik-Tok, il est beaucoup plus facile de trouver des personnes qui pensent comme moi.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>La communauté du Palais des forums</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Sur le parvis du Palais des forums, à Tachkent, il y a beaucoup de gens ; il y a des blogueurs russophones et ouzbeks. La plupart du temps, ils filment leur vidéo dans différentes parties de ce secteur. Lorsque des blogueurs, dont je fais partie, ont commencé à filmer ici, d’autres ont décidé de faire de même.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Le Palais des forums offre un bel environnement pour filmer. Situé sur la </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Amir_Timur_Square"><span style="font-weight: 400">place Amir Timour</span></a><span style="font-weight: 400"> au centre de la ville, il y a beaucoup de passage, un bel arrière-plan et personne ne te dérange. Tu peux en même temps en profiter pour t&rsquo;asseoir sur les bancs et il y a beaucoup de lumière. Les images avec de l&rsquo;herbe verte et du soleil cadrent bien avec le format Tik-Tok.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan: </b><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-femme-gouverneure-en-ouzbekistan-symbole-des-avancees-feministes/"><b>Une femme gouverneure en Ouzbékistan, symbole des avancées féministes ?</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">À Tachkent, il n&rsquo;y a d&rsquo;ailleurs pas d&rsquo;autre endroit où il est possible de filmer une vidéo tranquillement, sans se faire chasser, sans être dérangé, sans que personne ne rentre dans le champ de la caméra. Une fois, j&rsquo;ai essayé de filmer dans un centre commercial. J&rsquo;ai posé mon trépied et c&rsquo;est comme si les gens faisaient exprès de passer entre le trépied et moi, comme s&rsquo;ils ne me remarquaient pas.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b><i>Strait</i></b><b> et </b><b><i>Alt</i></b><b>&nbsp;<em>Tik-Tok</em></b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Quand les autres blogueurs et moi avons commencé à publier sur Tik-Tok en Ouzbékistan, le réseau social n&rsquo;était pas complètement </span><i><span style="font-weight: 400">strait</span></i><span style="font-weight: 400"> ou </span><i><span style="font-weight: 400">alt</span></i><span style="font-weight: 400">, c&rsquo;était un entre-deux. Nous travaillions sur le contenu des vidéos. À ce moment, chacun créait son contenu. L’inspiration venait davantage des blogueurs coréens que de ce que pouvaient faire les Américains.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Sur Tik-Tok, </span><i><span style="font-weight: 400">Strait </span></i><span style="font-weight: 400">est la partie mainstream du réseau social où les usagers mettent des vidéos standards sous une musique populaire. Alors que </span><i><span style="font-weight: 400">Alt Tik-Tok</span></i><span style="font-weight: 400"> est une communauté alternative qui se différencie par un contenu plus réfléchi, plus ironique, souvent avec de l&rsquo;humour noir. C&rsquo;est ici que l&rsquo;on peut trouver des représentants de multiples sous-cultures.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Maintenant, il y a de plus en plus de tiktokeurs et la plupart filment la même chose. En plus, la qualité des prises vidéo s&rsquo;est dégradée. De mon côté, je n&rsquo;ai commencé à filmer que quand j&rsquo;ai eu mon premier iPhone. Aujourd&rsquo;hui, beaucoup filment sur des appareils bas de gamme, ce qui gâche la qualité du contenu. Ce n&rsquo;est donc pas intéressant à voir. Leurs vidéos sont pixélisées et ils mettent par-dessus des filtres et des effets spéciaux. Lorsqu’on se retrouve pour discuter, je leur dis qu&rsquo;il serait préférable d&rsquo;enlever les filtres. Si la vidéo n’a pas de sens et n&rsquo;est pas engagée, il faut qu’on puisse au moins y trouver de la qualité.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Pourquoi les tiktokeurs sont détestés</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">À l&rsquo;école, les autres se moquaient de moi malgré le fait que je sois la première de la classe, que je fasse du sport et que j&rsquo;aie des convictions. Des camarades de classe ont trouvé mon compte Tik-Tok et ont commencé à rire de moi alors qu&rsquo;eux-mêmes n’étaient pas abonnés. L&rsquo;administration scolaire, qui était alors contre mon travail, m&rsquo;enlevait le téléphone quand je filmais à la récréation.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Encore aujourd’hui, je ne comprends pas comment les tiktokeurs peuvent être détestés alors que leurs vidéos sont virales sur le réseau Instagram. Mes parents ne comprenaient pas trop ce que je faisais et n&rsquo;ont commencé à me prendre au sérieux que quand des entreprises comme </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Aviasales"><span style="font-weight: 400">Aviasales</span></a><span style="font-weight: 400">, une plateforme de métarecherche de voyages, et Les Ailes, une chaîne de fast-food ouzbèke, m&rsquo;ont contactée et que cela a commencé à me rapporter de l&rsquo;argent.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ma première publicité était celle d&rsquo;Aviasales, j’ai été payée 50 dollars (51,5 euros). À ce moment-là, je ne savais pas combien je pouvais être payée. J’ai mis mon cachet sur le compte de ma mère, elle était abasourdie. Le revenu des publicités n&rsquo;est pas stable, tout dépend de la part d’audience touchée.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading">Reconnaissance et attention</h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Pendant longtemps je ne comprenais pas ce que mon audience attendait de moi. Quand je filmais des danses, les gens demandaient « </span><i><span style="font-weight: 400">Pourquoi autant de danses ?</span></i><span style="font-weight: 400"> » J&rsquo;obtenais la même réaction quand je filmais des scènes. J&rsquo;avais décidé de filmer tout ce qui me plaisait sans penser à leurs réactions.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ce qui me plaît avant tout, c’est le processus de création des vidéos Tik-Tok. C&rsquo;est un véritable plaisir. Puis quand la vidéo est en ligne et que les gens aiment, c’est gratifiant.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Je ne cacherais pas que cela flatte mon ego : j&rsquo;aime recevoir de l&rsquo;attention. Pendant longtemps, j&rsquo;avais peur de demander cette attention, mais je suis dans l&rsquo;ensemble assez combative. Ainsi, quand à l&rsquo;école je devais participer à un événement, j&rsquo;en avais toujours envie mais j&rsquo;avais peur. Maintenant, j&rsquo;étudie à l&rsquo;université et je suis toujours présente. Je suis la seule de mon groupe à avoir intégré la conférence avec le recteur de l&rsquo;université, la seule à m&rsquo;être retrouvée sur la photo avec </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Lavrov"><span style="font-weight: 400">Sergueï Lavrov</span></a><span style="font-weight: 400">, le ministre des Affaires étrangères russe, la première à avoir lancé mon propre projet.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Sur le féminisme</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">J&rsquo;ai découvert le féminisme vers l&rsquo;âge de 14 ans. Je suis tombée sur des groupes féministes et j&rsquo;ai compris que je n&rsquo;étais pas la seule, qu’il y a réellement des problèmes dans la société. Dans ma famille, l&rsquo;égalité et le respect mutuel sont des normes. Je respecte infiniment ma mère, ma grand-mère et ma tante, qui sont des femmes fortes. Les hommes de ma famille ont toujours aidé ces femmes à se développer.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Quand j&rsquo;ai su que ce n&rsquo;était pas le cas chez tout le monde, j&rsquo;ai été très étonnée. Je fais du sport depuis mon enfance et j&rsquo;essaye d&rsquo;être active à l&rsquo;école. Malgré cela, je fais face aux préjugés que les garçons font tout mieux juste parce qu&rsquo;ils sont nés garçons. Je ne suis pas d&rsquo;accord, ça ne marche pas comme ça selon moi. J&rsquo;aurais aimé que le gouvernement fasse attention au fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les femmes ne se sentent en sécurité nulle part, ni dans la rue ni à la maison. Je suis née en Ouzbékistan et j&rsquo;ai le droit de vivre ici en sécurité et de me sentir bien dans n&rsquo;importe quel endroit.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan: </b><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/"><b>Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">À mon sens, le principal problème aujourd&rsquo;hui dans ce pays est l&rsquo;absence de sanctions appropriées, que ce soit au niveau de la loi ou de la société, concernant toutes les formes de violence, y compris domestique. Au niveau professionnel, les femmes ouzbèkes font face au plafond de verre, au harcèlement et aux stéréotypes selon lesquels le travail fait par un homme serait meilleur que celui d’une femme.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Comment filmer et qui filmer</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Je vous donne quelques astuces pour bien filmer des vidéos pour le réseau social Tik-Tok. Tout d’abord, il vaut mieux filmer à la vitesse standard et ne pas utiliser de filtre. Ensuite, il est préférable d’apprendre le texte et de se préoccuper de la qualité du shooting. Par ailleurs, n&rsquo;oubliez pas de prêter attention aux fautes d&rsquo;orthographe et coquilles du texte qui apparaît sous la vidéo.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">En publiant deux ou trois vidéos par jour, l’une des trois devrait logiquement ressortir dans les recommandations. En ce moment, j&rsquo;ai ce genre de critères : si la vidéo a eu 10 000 vues, cela veut dire que je suis dans les recommandations, si elle a eu 50 000 vues, cela veut dire que j&rsquo;y suis depuis un bon moment.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading">Exprimer son opinion librement</h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">J&rsquo;apprécie et suis le travail de plusieurs autres blogueuses de ma communauté. Nous nous connaissons depuis longtemps et j&rsquo;aime comment elles se creusent la tête pour concevoir des vidéos au lieu de juste reprendre l&rsquo;idée d’une autre blogueuse. J&rsquo;aime la qualité de leurs vidéos et leur humour.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">J&rsquo;ai très envie de faire partie des blogueurs sérieux. Pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est difficile à imaginer mais je veux parler de sujets qui comptent et je veux en parler haut et fort. Il y a environ deux ans, quand j&rsquo;ai écrit sur des sujets importants pour moi, j&rsquo;ai fait face à beaucoup de critiques et j&rsquo;ai compris que notre peuple n&rsquo;est pas encore prêt à soutenir mes idées.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Mais aujourd&rsquo;hui je vois que la situation s&rsquo;améliore. J&rsquo;espère que bientôt, je pourrai dépasser cette barrière invisible et commencerai à exprimer plus activement mon opinion sur ces sujets. En dehors d&rsquo;internet, j’aspire à poursuivre mes études dans une université en Europe ou en Russie en fonction de mes résultats académiques.</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Rédaction du média ouzbek Sarpa</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Traduit du russe par Hamoudi Fatimetou</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Édité par Frédérique Faucher</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/nisso-mamedova-une-tiktokeuse-feministe-en-ouzbekistan/">Nisso Mamedova, une tiktokeuse féministe en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Portrait de l&#8217;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandra Béroujon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 19:39:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a></p>
<p>Amalia Aïboucheva, jeune artiste touche à tout, musicienne, peintre, rêveuse, livre un portrait fait de saveurs orientales, de notes musicales apprises à l&#8217;instinct et de couleurs peintes sur des logiciels basiques. Arrivée sur le tard dans la musique, elle se retrouve presque par hasard sur YouTube : l&#8217;Amérique découvre alors un Ouzbékistan loin des clichés [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amalia Aïboucheva, jeune artiste touche à tout, musicienne, peintre, rêveuse, livre un portrait fait de saveurs orientales, de notes musicales apprises à l&rsquo;instinct et de couleurs peintes sur des logiciels basiques. Arrivée sur le tard dans la musique, elle se retrouve presque par hasard sur YouTube : l&rsquo;Amérique découvre alors un Ouzbékistan loin des clichés de la route de la Soie.</strong><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 14 janvier 2021 par le média ouzbek&nbsp;<a href="https://sarpa.media/amalia">Sarpa</a>.</b></p>



<p class="wp-block-paragraph">Amalia Aïboucheva est une jeune beatmaker et designeuse de 23 ans originaire de Tachkent. Elle écrit des chansons, compose de la musique électronique et dessine sur l’application Paint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle met un point d’honneur à ce que l’Ouzbékistan soit représenté <em>« magnifiquement, et pas uniquement par son coté populaire. » </em>L&rsquo;artiste se raconte dans l&rsquo;article qui suit.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Son entrée dans le monde de la musique</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Mon apprentissage musical se résume à 3-4 mois de cours de guitare à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navo%C3%AF">Navoï</a>. J&rsquo;ai vécu là-bas jusqu&rsquo;à mes 11 ans, puis un an à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> et deux ans à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djizak">Djizak</a>. A l’âge de 13 ans, nous avons déménagé à Tachkent. Je viens de terminer mes études à l’Université de Singapour.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En réalité, j’ai grandi dans un milieu baigné par la musique. Ma mère joue du piano. Ma grand-mère chante. Mon grand-père jouait de la guitare. Mais il n&rsquo;y a jamais eu de pression de la part de ma famille pour que je commence à faire de la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès que j&rsquo;ai voulu jouer de la musique, mes parents m&rsquo;ont déniché un synthétiseur. Ma mère adore ma musique. Elle passait mes morceaux au travail, ça a plu à son patron et à ses collègues, alors on a joué lors d’une fête de l’entreprise avec un autre gamin.</p>



<h5 class="wp-block-heading">L&rsquo;autodidaxie comme ligne d&rsquo;apprentissage</h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à écrire de la musique il y a deux ans. Je travaille sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/FL_Studio">FL Studio</a>. Ce n’est pas le logiciel le plus utilisé dans le monde de la production musicale, mais moi, il me convient parfaitement. Quand j’étais étudiante, j’essayais de ne pas trop regarder les tutos sur YouTube mais d’apprendre par moi-même parce que mon frère m’avait dit qu’on montrait pas mal de conneries sur YouTube. Pour les claviers, j&rsquo;ai découvert moi-même comment ça fonctionnait. J&rsquo;ai juste compris comment les octaves et les accords fonctionnent.<strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-artistes-qui-ne-sont-pas-des-rebelles-a-quoi-servent-ils-au-fait/">« Les artistes qui ne sont pas des rebelles, à quoi servent-ils au fait ? » – entretien avec Viatcheslav Akhounov</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas lire les notes, mais je sais où elles se trouvent sur le clavier. J’ai aussi une visionneuse d’accords sur mon bureau à côté de mon PC. J’aime bien ajouter à mes sons toutes sortes d’enregistrements faits avec une flûte à bec.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>« Pouvoir vendre ma musique aux Etats-Unis »</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à faire des sons, juste pour le fun, pour mes amis, et ils les ont ensuite postés sur une chaîne YouTube. Quand c’est devenu plus sérieux et que j’arrivais à produire des sons d’au moins 30 secondes, j’ai continué à alimenter la chaîne YouTube. La musique me donne désormais l&rsquo;opportunité de faire ce que je veux. Je fais des sons que j’aime, je les mets sur YouTube et les gens peuvent les acheter. Ici, en Ouzbékistan, tu dois payer une taxe sur chaque soum gagné pour un son. Les droits exclusifs me coûtent environ 150 à 300 dollars (142 à 285 euros), selon le morceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je gagne actuellement près de 100 dollars (95 euros environ) par mois grâce à mes morceaux. Ils sont achetés par des gens des pays développés, où la propriété intellectuelle est protégée. C’est mieux qu&rsquo;ils ne sachent pas comment ça se passe dans notre pays.</p>


<p><iframe title="[sold] &quot;nostalgy&quot; lana del rey type beat sad orchestra guitar" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/8MYi0mHRIxs?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux États-Unis, la propriété intellectuelle est traitée différemment : les mecs achètent pour 500 dollars (473 euros) de programmes qu’on télécharge en un clic et te paient pour utiliser ta musique lors de leurs concerts.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>&nbsp;</strong><strong>Concert au comité de la mahalla </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai déjà pu jouer sur scène au <a href="https://www.instagram.com/139documentarycenter/?hl=fr">139 Documentary Center Gallery</a> et mon ami Diyor m&rsquo;a proposé d&rsquo;y enregistrer une performance en direct, mais sans public. Je lui ai dit que si je faisais un live, il devrait être en plein air et dans la vieille ville pour que ce soit plus authentique. J&rsquo;ai pris contact avec Nastya Galimova, elle connait la ville comme sa poche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous voulions montrer que la musique n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;un endroit, ni d&rsquo;un quartier particulier ; montrer que la vieille ville est tout aussi attractive et qu’il n’y a pas de différence entre les gars du centre et ceux de la vieille ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se promenait avec Nastya quand on s’est retrouvé sur une place entre un canal et une mosquée. On s’est dit que ce serait cool de faire un concert ici. Nous avons contacté le comité de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahallah">mahalla</a> <em>(quartier en temps qu&rsquo;unité architecturale et communautaire, ndlr)</em> et il s’est avéré que cet endroit n’était autre que leur jardin d’été, où les membres du comité se réunissent pour discuter de différents sujets en buvant du thé. Ils nous ont donné leur accord pour faire le concert à cet endroit.</p>



<h5 class="wp-block-heading">« Au début, on avait beaucoup d’ambition »</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, on avait beaucoup d’ambition, on avait pensé inviter les médias et faire appel à un groupe pour faire un truc vraiment attractif. Malheureusement, on a été dépassés par l’envergure et la complexité de nos idées et on s’est rappelé qu’on voulait juste faire un concert et donc on a décidé de rester dans la simplicité. Les enfants de la mahalla nous ont aidé pendant les préparatifs et sont restés pour le concert.</p>


<p><iframe title="[free for profit] &quot;still need you&quot; lana del rey type beat emotional trap guitar" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/YiBE3Z7PfxI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne s’attendait pas à attirer autant de monde à ce concert, on espérait qu’une quinzaine de nos amis les plus proches viendraient nous soutenir, mais pas plus. Entre la vieille ville, le froid et le concert dans la rue, qui aurait voulu venir ? Nous, on voulait juste s’éclater et en fin de compte il n’y avait pas assez de place pour tout le monde.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Art sur Paint et symboles nationaux</h5>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai longtemps réfléchi à la manière dont je pourrais gagner de l’argent sur Internet. Au début, je me suis intéressée à tous les domaines peu recommandables et je ne gagnais pas grand-chose : j’ai été payée à regarder des pubs sur Internet, j’ai fait toute sorte de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hame%C3%A7onnage">phishing</a> et même du hacking.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis tournée vers le design il y a cinq ans environ, et j’ai fini par faire un burn-out parce que je ne faisais que répondre aux demandes des clients au lieu de faire ce que j’aimais, j’étais juste un instrument de travail, et cette situation a duré longtemps. Ça m’énervait, ce manque de créativité, et j’ai fini par me lasser de tout ce qui touchait au visuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je réalise la plupart des œuvres que je publie sur mon compte <a href="https://www.instagram.com/p/BxsBltGlMbH/?utm_source=ig_embed&amp;ig_rid=b2007396-ef39-4c70-9e13-81d58f100187">Instagram</a> sur Paint. Je dessine avec la souris, le résultat n’est ni très droit, ni très net et c’est ça qui me plait. Et au moins j’y mets ma personnalité.</p>



<h5 class="wp-block-heading">L&rsquo;Ouzbékistan comme principale source d&rsquo;inspiration</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’inspire beaucoup de thèmes nationaux pour mon art. Je suis née ici, en Ouzbékistan. J’aime notre culture. Ce qui m&rsquo;intéresse, c&rsquo;est de représenter et refléter ce qu&rsquo;on fait ici. Je ne veux pas faire ce que l&rsquo;on fait en Europe ou ailleurs. Nous avons une richesse visuelle encore ignorée, on a des tas de motifs nationaux et d’images de notre passé non exploités, ou du moins pas encore incontournables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime nos symboles, par exemple le tigre que Yana Khorocho représente tout le temps dans ses œuvres. <a href="https://www.instagram.com/x.x.x.s.t.a.n/">Yana</a> et <a href="https://www.instagram.com/sofiaseitkhalil/">Sofa</a> sont vraiment douées dans ce domaine, j’aime leurs façons de voir l’Ouzbékistan tel qu’il est véritablement. Elles savent le montrer sous un nouvel angle, plus authentique et non pas dans les clichés du khan atlas <em>(tissus traditionnel ouzbek, ndlr)</em>.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Hommage au féminisme </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai commencé à écrire des chansons pour le plaisir, puis je me suis dit : pourquoi ne pas écrire sur mes expériences personnelles ? C&rsquo;est devenu pour moi un outil d&rsquo;expression. J’ai commencé à me demander : qu&rsquo;est-ce que je retire de mes traumatismes et de mes blessures ? Je me souviens que petite, je n’aimais pas trop ce rôle genré de fille. Ça m’énervait quand on me disait de me comporter de telle ou telle manière car j’étais une fille, de m’habiller comme une fille et de jouer avec les filles, de jouer aux élastiques et à la cuisine… С’était vraiment pas ma tasse de thé. Je me disais : <em>« Purée, il faudra vivre comme ça plus tard ? »</em><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/aujourdhui-on-attend-que-les-artistes-soient-davantage-impliques-dans-la-vie-sociale-quil-y-a-30-ans/">« Aujourd’hui, on attend que les artistes soient davantage impliqués dans la vie sociale qu’il y a 30 ans »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La chanson <a href="https://t.me/frommyroom/113"><em>Ty je devotchka</em></a> (<em>T’es une fille</em> en français) est donc un véritable hommage au féminisme, mais quand je l&rsquo;ai écrite, je ne m’y connaissais pas vraiment. Et aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;écoute cette chanson et je me dis que je suis devenue féministe avant l’heure.</p>



<h5 class="wp-block-heading">« La signification des chansons m&rsquo;importe peu »</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ma chanson <a href="https://t.me/frommyroom/115"><em>Living in the chaos</em></a>, il est question de ma désorganisation totale. La signification des chansons m&rsquo;importe peu. Ce qui est important pour moi, c’est de transmettre une sorte d&rsquo;énergie, une ambiance particulière.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://t.me/frommyroom/113"><em>Back to the roots</em></a> est probablement l&rsquo;une de mes chansons les plus personnelles. Et il y a beaucoup de références que moi seule comprends. Je suis tombée amoureuse, mais ce n&rsquo;était pas réciproque, alors j&rsquo;ai décidé d&rsquo;écrire une chanson à ce sujet. Je me suis assise et j&rsquo;ai pensé à ce que je ressentais, et je l&rsquo;ai noté. Je transmets des sentiments à travers la musique, et les paroles, en second plan, viennent la compléter. La musique, c’est mon exutoire. Écrire mes chansons m’aide à me libérer de mes sentiments.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Chirine Yousoupova
Journaliste pour Sarpa</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://sarpa.media/amalia">russe</a> par Alexandra Béroujon</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Maryne Boulanger</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-damalia-aiboucheva-musique-design-et-feminisme/">Portrait de l&rsquo;artiste ouzbèke Amalia Aïboucheva : musique, design et féminisme</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Kirghizstan : l’inégalité hommes-femmes en question</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-linegalite-hommes-femmes-en-question/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Vasselin Alexei]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2022 09:06:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizistan]]></category>
		<category><![CDATA[parité]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-linegalite-hommes-femmes-en-question/">Kirghizstan : l’inégalité hommes-femmes en question</a></p>
<p>Depuis les années 1990, les femmes sont de moins en moins nombreuses au sein du gouvernement kirghiz, et occupent de plus en plus souvent des postes à responsabilité moindre. C’est ce qu’ont pu constater les journalistes de Kloop en interrogeant des personnalités politiques féminines et en se basant sur plusieurs études. Novastan reprend et traduit [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-linegalite-hommes-femmes-en-question/">Kirghizstan : l’inégalité hommes-femmes en question</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis les années 1990, les femmes sont de moins en moins nombreuses au sein du gouvernement kirghiz, et occupent de plus en plus souvent des postes à responsabilité moindre. C’est ce qu’ont pu constater les journalistes de Kloop en interrogeant des personnalités politiques féminines et en se basant sur plusieurs études.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 20 décembre 2021 par le média kirghiz <a href="https://kloop.kg/blog/2021/12/20/chto-tam-poteryala-eta-zhenshhina-issledovanie-kloopa-o-neravenstve-v-kyrgyzskom-pravitelstve/">Kloop</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une jeune femme élégante entre dans le bureau de la rédaction de Kloop. Elle porte un tailleur noir et une écharpe multicolore nouée autour de son cou. Elle passe tranquillement près des tables, salue les journalistes et entre dans la salle d’interview. Il s’agit d’Elvira Sourabaldieva : l’une des rares femmes ayant occupé un poste au sein du gouvernement kirghiz. En 2004, Elvira Sourabaldieva est entrée pour la première fois dans la fonction publique : son choix s’est porté sur le fonds social. Elle a toujours voulu <em>« servir les intérêts de l’État »</em>, explique-t-elle, et après avoir terminé ses études à l’étranger, elle y a postulé : <em>« Une amie m’a informé qu’il y avait un poste vacant de spécialiste en chef au fonds social, j’y suis allée et j’ai déposé ma candidature.</em> J’ai été prise <em>»</em>. </p>



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<p class="wp-block-paragraph">

En près de 20 ans, Elvira Sourabaldieva a eu l’occasion de travailler au parlement de la 6ème législature, au gouvernement, et de diriger l’état-major républicain de lutte contre le coronavirus à un moment des plus critiques&nbsp;: le Kirghizstan a connu une crise politique après le changement de pouvoir en octobre&nbsp;2020. Cependant, peu de femmes réussissent à faire carrière dans le corps exécutif.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>De moins en moins de femmes au pouvoir</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Depuis les années 1990, il y a de moins en <a href="http://wsc.kg/narusheniya-politicheskih-prav-zhenshhin-ppzh-v-vybornyh-protsessah-v-kyrgyzskoj-respublike-otchet-issledovaniya-avtor_-zh-zheenbaeva/">moins de femmes</a> aux postes de direction. En 1996, il y avait six femmes responsables d’un ministère au sein du gouvernement kirghiz. Cela représentait 36 % des hauts fonctionnaires. En 2001, ce pourcentage est passé à 24 %, et en 2008 il a chuté à 15 %. Après <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_kirghize_de_2010#:~:text=La%20r%C3%A9volution%20kirghize%20de%202010,crises%20politiques%20qui%20ont%20suivi.">la révolution du 7 avril 2010</a>, le pays a été dirigé pour la première fois par une femme, <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Roza_Otounba%C3%AFeva">Roza Otounbaïeva</a>. Même s’il n’y avait pas de femmes ministres dans ce gouvernement, ce sont bien des femmes qui l’ont représentée au <a href="http://cbd.minjust.gov.kg/act/view/ru-ru/60858">parlement</a> et au <a href="http://cbd.minjust.gov.kg/act/view/ru-ru/60859">gouvernement</a>. Le 1er décembre 2011, Roza Otounbaïeva a été remplacée par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almazbek_Atambaev">Almazbek Atambaïev</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizie-des-emirs-feminins-a-la-presidente/">Kirghizie : Des émirs féminins à la présidente</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données recueillies pour cette étude <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1r1ewhlzdWDxfnxI5HROQNgBMMYpeswvRysj6JaYdGlA/edit#gid=1874208910">suggèrent</a> que depuis 2011, chaque président a désigné deux ou trois femmes en moyenne à des postes importants au sein de son gouvernement. En dix ans, il n’y en a ainsi eu qu’une vingtaine. La plupart du temps, les femmes occupaient les postes de vice Premier ministre, présidaient les ministères de la Santé, de l’Éducation, des Finances ou de la Justice. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une seule femme ministre dans le gouvernement actuel</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Le plus récent gouvernement, désigné en octobre 2021 par le président <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Japarov</a>, est l’un des pires en termes de représentation des femmes. Parmi les vingt membres du cabinet des ministres, il n’y a qu’une seule femme : Dinara Koutmanova, à la tête du nouveau ministère des Ressources naturelles, de l’écologie et du contrôle technique. Les femmes ne sont presque jamais nommées responsables régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans toute l’histoire du Kirghizstan, il n’y a eu que <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1CnPbZ6PTiSJrLlUWQdaCZW6W0kLPqZlIMhI5zZH2Zks/edit#gid=0">quatre femmes</a> gouverneures, pour plus d’une centaine d’hommes à ces postes. Ces femmes étaient des représentantes plénipotentiaires des oblasts de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Batken">Batken</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Talas">Talas</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Djalal-Abad">Djalal-Abad</a> et d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yssykk%C3%B6l_(province)">Issyk-Koul</a>. Deux d’entre elles ont été nommées à leur poste après la révolution d’avril 2010. Par ailleurs, chacune d’entre elles avait déjà une expérience solide dans la fonction publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les maires des <a href="http://www.president.kg/ru/apparat_prezidenta/zakonoproekty/zakon_kyrgyzskoy_respubliki_o_statuse_gorodov_respublikanskogo_znacheniya_data_opublikovaniya_18_06_2021_g">villes majeures</a>, comme Bichkek et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, il n’y avait pas une <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1D9l_gRRTviXHH8p6M010-rzdCAHP3OmYl_49P0BK9Tg/edit?usp=sharing">seule femme</a>. Les seules femmes étaient principalement en charge des questions sociales et devenaient vice-maires. Même à ce poste, les femmes n’étaient que 20 % au cours de ces dix dernières années. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les hommes aux postes les plus hauts, les femmes aux plus bas</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Dans le monde entier, les femmes sont moins nombreuses que les hommes aux postes gouvernementaux. Il n’existe que quelques pays où les femmes ministres sont nombreuses : il s’agit principalement de pays européens, des États-Unis, du Canada, mais aussi du Nicaragua et du Rwanda. Dans de nombreux pays du monde, moins de 20 % de femmes occupent un poste ministériel. Le Kirghizstan, avec une femme seulement au cabinet des ministres, se trouve au bas de ce classement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-petites-femmes-de-la-politique-kirghize/"><strong>Les « petites » femmes de la politique kirghize</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inégalité s’explique en partie par le fameux « plafond de verre », une barrière invisible sans rapport avec les qualités professionnelles des femmes, qui limite leur perspective d’évolution. Cette barrière est le résultat des stéréotypes profondément ancrés selon lesquels une femme ne peut pas être un bon dirigeant, et aurait pour mission principale d’avoir des enfants et de tenir le foyer. Cela conduit les femmes à se comporter de manière <a href="https://www.cambridge.org/core/books/it-takes-a-candidate/5207515D32EA855DDAD770C66DE597D9">moins ambitieuse</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/"><strong>Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les postes de fonctionnaires, le nombre de femmes varie selon le type de poste. Au niveau des échelons inférieurs, une parité relative est maintenue avec 47 % de femmes et 53 % d’hommes. Cependant, au niveau des postes de premier plan, la proportion de femmes descend à 11 %. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Travailler et prouver sans cesse son mérite</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Ayant travaillé pendant cinq ans au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_supr%C3%AAme_(Kirghizistan)">Jogorku Kenesh</a>, le Conseil suprême kirghiz, Elvira Sourabaldieva est de retour au gouvernement, mais au poste de vice-Premier ministre. Elle a également été un acteur majeur de la lutte contre le Covid-19.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rester dans la fonction publique, une femme doit faire plus d’efforts qu’un homme à cause d’une attention accrue envers tout ce qu’elle fait, explique Elvira Sourabaldieva : <em>« Là où l’homme doit faire des efforts à 25 %, la femme doit en faire à 250 %. Les femmes sont regardées avec scepticisme, particulièrement lorsque les hommes doivent faire ce qu’elles demandent »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La source de Kloop, qui a longtemps travaillé au gouvernement, est d’accord avec Elvira Sourabaldieva. D’après elle, une femme doit toujours prouver qu’elle est digne de son poste.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un univers très masculin</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> La politique kirghize est un univers très masculin, qui a ses propres règles, dont les femmes sont exclues. Il existe ainsi de nombreux cas de décrets gouvernementaux signés dans des fumoirs. Les barrières invisibles comprennent des règles informelles : par exemple, la non-reconnaissance d’un collègue s’exprime par l’impossibilité d’obtenir une réunion avec des acteurs clés du parlement et du gouvernement pendant plusieurs mois. Ou par un mépris exprimé publiquement pour les questions posées lors de la réunion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même l’absence d’invitation aux événements importants pour les Kirghizes constitue une différence. Ignorer fièrement ces « petites choses » fait que des questions abordées par une femme au gouvernement peuvent ne pas être résolues pendant longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/femmes-kirghizes-gardiennes-de-traditions/"><strong>Femmes kirghizes, gardiennes de traditions</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les femmes concilient travail et tâches ménagères. Au Kirghizstan, les femmes qui travaillent <a href="https://kloop.kg/blog/2019/02/08/u-rabotayushhih-zhenshhin-v-kyrgyzstane-pochti-net-svobodnogo-vremeni-oni-tratyat-ego-na-uborku-doma/">consacrent</a> trois fois plus de temps aux tâches ménagères que les hommes actifs. Le métier lui-même et le lieu de travail sont souvent choisis par les femmes de manière à pouvoir assumer les tâches ménagères en passant moins de temps en déplacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C’est plus facile pour les hommes. Les femmes avec une famille, des enfants, c’est très dur pour elles. Mes parents ne me voyaient presque jamais. Je me réveille, je pars, je reviens la nuit, au travail je prends le petit-déjeuner, des biscuits, du café, dix réunions d’affilée. C’est physiquement très difficile pour une femme de rester concentrée sur son travail »</em>, ajoute Elvira Sourabaldieva. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Ne pas sourire et faire attention à ce qu’on dit</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Autre problème auquel sont confrontées les députées kirghizes, le harcèlement. La plupart des cas de harcèlement sexuel ont lieu dans les institutions publiques : c’est ce que montrent les résultats de <a href="http://donors.kg/ru/5732-issledovanie-kazhdaya-chetvertaya-zhenshchina-podvergaetsya-seksualnym-domogatelstvam-na-rabochem-meste">l’étude</a> qui a été menée par l’Association kirghize des femmes juges en 2019. Elle a réuni 877 femmes venant de quatre villes du Kirghizstan. Les conclusions sont les suivantes : une femme interrogée sur quatre a été victime de harcèlement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude montre que les cadres moyens et supérieurs masculins sont les responsables du harcèlement quand, le plus souvent, ce sont les jeunes salariées des emplois en bas de l’échelle qui se font harceler. Les conclusions de l’étude montrent qu’en moyenne, le niveau de harcèlement sexuel est beaucoup plus élevé dans les institutions publiques (80 %) par rapport aux organismes privés. D’après les femmes interrogées, cela est lié à l’impunité des cadres dirigeants, des politiciens et leurs relations étroites avec les forces de l’ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-sexisme-au-kirghizstan/"><strong>Le sexisme au Kirghizstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions de cette étude sont aussi confirmées par la source anonyme de Kloop. D’après elle, le harcèlement au sein du gouvernement kirghiz a lieu « ouvertement ». Les hommes de pouvoir n’hésitent pas à harceler physiquement leurs collègues sur leur lieu de travail. <em>« Les femmes, y compris les cadres et les spécialistes, élaborent un schéma de positionnement, choisissent soigneusement leur garde-robe, essaient de ne pas sourire, de faire attention à ce qu’elles disent. De plus, “il n’est pas souhaitable” d’être seule dans le bureau de quelqu’un pendant un long moment ; en effet, des rumeurs sans fondement ont pu détruire la réputation de nombreuses femmes »</em>, précise la source<em>.</em></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;La disparition&nbsp;» des femmes du pouvoir affecte tout le monde</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Déjà en 2006, le président kirghiz <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kourmanbek_Bakiev">Kourmanbek Bakiev</a> avait signé <a href="http://cbd.minjust.gov.kg/act/view/ru-ru/4434">un décret</a> recommandant la nomination d’au moins 30 % de femmes au gouvernement. Mais comme il s’agissait d’une mesure consultative, le quota n’a jamais été atteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/oumoutai-dauletova-figure-du-feminisme-au-kirghizstan/"><strong>Oumoutai Dauletova, figure du féminisme au Kirghizstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <a href="http://wsc.kg/narusheniya-politicheskih-prav-zhenshhin-ppzh-v-vybornyh-protsessah-v-kyrgyzskoj-respublike-otchet-issledovaniya-avtor_-zh-zheenbaeva/">une étude</a> sur la violation des droits politiques des femmes publiée en 2013, il était souligné qu’au Kirghizstan, cette « disparition » des femmes de l’administration avait pour résultat l’oubli des termes « femme cadre » ou « dirigeante ». Au contraire, les stéréotypes « une femme est une mauvaise dirigeante », et « la place d’une femme est au foyer » étaient renforcés. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des changements trop lents</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Au cours des dix dernières années, le Kirghizstan est le pays qui a <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1H_HGTuq9s8n7CMi6Ut7MjSR1oli_R5rZbRG-1tIm8YU/edit?usp=sharing">le moins réduit</a> les inégalités entre les femmes et les hommes parmi les pays de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des états indépendants</a> (CEI). Par exemple, au Kazakhstan, l’indice d’inégalité des genres, indicateur évaluant l’accès des femmes aux soins de la santé, à la vie politique et au marché du travail a été divisé par trois, en Arménie par 2,3 et au Kirghizstan seulement par 1,5.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/16-portraits-de-femmes-doch-au-kirghizstan/"><strong>16 portraits de femmes d’Och au Kirghizstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée par les journalistes de Kloop voulant savoir pourquoi il n’y a qu’une seule femme au sein du cabinet ministériel actuel, l’administration du président a répondu que le problème résidait dans l’absence des quotas par genre. <em>«La loi ne prévoit actuellement pas de quota pour les femmes et c’est pourquoi nous sommes en train de le mettre activement en œuvre ».</em> L’administration a également ajouté qu’il est prévu d’ici 2030 d’introduire une norme de 30 % de femmes pour tous les postes de l’exécutif. Mais pour l’instant, ce document est seulement en cours de rédaction. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Conséquence de cette absence de parité</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Selon <a href="https://www.vsemirnyjbank.org/ru/news/opinion/2020/04/13/gender-equality-why-it-matters-especially-in-a-time-of-crisis">l’étude</a> de la Banque mondiale, l’inégalité hommes-femmes dans la vie économique <a href="https://www.vsemirnyjbank.org/ru/news/opinion/2020/04/13/gender-equality-why-it-matters-especially-in-a-time-of-crisis">réduit</a> le PIB mondial de 15 %. De plus, l’absence des femmes au pouvoir élimine du débat politique toute une série de questions qui sont traditionnellement considérées comme des « questions de femmes » : les droits des enfants, des personnes âgées, des familles nombreuses et d’autres groupes socialement vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, aux États-Unis, ce sont les femmes qui ont <a href="https://www.journals.uchicago.edu/doi/10.1017/S002238160808033X">poussé à l’adoption</a> du congé de maternité et du congé parental. <em>« Les hommes, seulement à l’approche des élections, lorsqu’il s’agit du parlement, commencent à soulever les questions sociales : les écoles, les routes. Et les femmes soulèvent ces questions tout le temps, parce que les femmes ne peuvent pas travailler pleinement en raison de l’absence d’infrastructures : pas d’école maternelle, élémentaire, etc. Les hommes ne s’occupent pas des enfants, ne les amènent pas à l’école ; c’est donc comme si ces questions ne les concernaient pas »</em>, précise Elvira Sourabaldieva<em>.</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph"> Aujourd’hui, les postes de président du cabinet des ministres (Premier ministre) et trois de ses adjoints, y compris dans le secteur social « traditionnellement féminin » sont occupés par des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/">Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, il y a dans le pays beaucoup de femmes avec une grande expérience dans le domaine social : Altynaï Omourbekova, Aliza Soltonbekova, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cholpon_Sultanbekova">Cholpon Soultanbekova</a> : toutes ont précédemment occupé des postes de direction. Edil Baisalov, l’actuel vice Premier ministre chargé des Affaires sociales, ne possède qu’une année d’expérience en tant que <a href="https://rus.azattyk.org/a/24942341.html">ministre adjoint du développement social</a> en 2012 et deux années de travail en tant qu’ambassadeur en Grande-Bretagne. Mais selon le cabinet du président, ça devrait suffire.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Savia Khasanova et Moundouzbek Kalykov</strong><br><strong>Journalistes pour Kloop</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://kloop.kg/blog/2021/12/20/chto-tam-poteryala-eta-zhenshhina-issledovanie-kloopa-o-neravenstve-v-kyrgyzskom-pravitelstve/">russe</a> par Alexei Vasselin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Christine Wystup</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Kazakhstan : le maire d’Almaty interdit la marche pour les droits des femmes </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joanna Blain]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Dec 2021 09:18:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Association]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-maire-dalmaty-interdit-la-marche-pour-les-droits-des-femmes/">Kazakhstan : le maire d’Almaty interdit la marche pour les droits des femmes </a></p>
<p>L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch a appelé le Kazakhstan à autoriser la marche du 8 mars 2022 pour les droits des femmes à Almaty alors que Bakytjan Saguintaïev, le chef du gouvernement local, s’y oppose.&#160;Le 8 mars 2021, des centaines de manifestants ont défilé pour la première fois dans les rues d’Almaty, la principale [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-le-maire-dalmaty-interdit-la-marche-pour-les-droits-des-femmes/">Kazakhstan : le maire d’Almaty interdit la marche pour les droits des femmes </a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>L’organisation non gouvernementale Human Rights Watch a appelé le Kazakhstan à autoriser la marche du 8 mars 2022 pour les droits des femmes à Almaty alors que Bakytjan Saguintaïev, le chef du gouvernement local, s’y oppose.&nbsp;</b><span style="font-weight: 400">Le 8 mars 2021, des centaines de manifestants <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-apres-une-journee-internationale-des-femmes-historique-comment-le-pouvoir-va-t-il-reagir/">ont défilé pour la première fois</a> dans les rues <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty">d’Almaty</a>, la principale ville du Kazakhstan, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Cette marche a eu pour objectif de promouvoir une meilleure protection des droits des femmes, l’égalité des sexes et la criminalisation de la violence domestique, rappelle l’organisation non gouvernementale </span><a href="https://www.hrw.org/news/2021/12/10/kazakhstan-protect-womens-rights"><span style="font-weight: 400">Human Rights Watch</span></a><span style="font-weight: 400">.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Toutefois, l&rsquo;édition 2022 de cette marche pourrait être compromise par le gouvernement local. Le 16 novembre dernier, l</span><span style="font-weight: 400">es groupes féministes kazakhs KazFem, Feminita, FemPoint, Svet et FemAgora ont contacté les autorités d’Almaty afin d’obtenir l’autorisation d’organiser cette marche pacifique, affirme </span><a href="https://www.hrw.org/news/2021/12/10/kazakhstan-protect-womens-rights"><span style="font-weight: 400">Human Rights Watch</span></a><span style="font-weight: 400">. </span><span style="font-weight: 400">Le 26 novembre, Bakytjan Saguintaïev a cependant refusé d’accéder à cette demande sous prétexte que la place Valikhanov et la rue Chevtchenko, </span><span style="font-weight: 400">où </span><span style="font-weight: 400">avait eu lieu la marche du 8 mars dernier, seraient occupées de 9 h à 20 h par <em>“des évènements culturels, de masse et de divertissement”</em> ainsi que par des <em>“travaux de réparation et d’installation »</em>, note </span><span style="font-weight: 400">Human Rights Watch</span><span style="font-weight: 400">.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Aucun évènement annoncé avant la demande des féministes</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Pourtant, les mouvements féministes ont souligné qu’aucun évènement n’avait été annoncé par le gouvernement local pour le 8 mars 2022 avant que leur demande ne soit formulée, rapporte</span><a href="https://rus.azattyq.org/a/31603000.html"><span style="font-weight: 400"> Radio Azattyk,</span></a> la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe<span style="font-weight: 400">.&nbsp;</span></p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-apres-une-journee-internationale-des-femmes-historique-comment-le-pouvoir-va-t-il-reagir/">Kazakhstan : après une Journée internationale des femmes historique, comment le pouvoir va-t-il réagir ?</a></strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Human Rights Watch <a href="https://www.hrw.org/news/2021/12/10/kazakhstan-protect-womens-rights">a appelé</a> </span><span style="font-weight: 400">le gouvernement kazakh à accéder à la demande des mouvements féministes. En parallèle, l&rsquo;ONG estime que ce refus est une violation des normes internationales. En dépit de l’adoption en mai 2020 d’une nouvelle loi sur les rassemblements pacifiques, les autorités refusent systématiquement l’organisation des manifestations pacifiques et dispersent de force les manifestants.</span></p>


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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">L’inaction du gouvernement kazakh est également pointée du doigt par l’organisation qui rappelle </span><a href="https://www.hrw.org/news/2021/12/10/kazakhstan-protect-womens-rights"><span style="font-weight: 400">sur son site</span></a><span style="font-weight: 400"> qu’en janvier 2021, les législateurs ont suspendu l’examen d’un projet de loi visant à renforcer les protections contre les violences domestiques et qu’aucune initiative législative n’a été proposée depuis pour lutter contre les abus familiaux.&nbsp;</span></p>



<h5 class="wp-block-heading">Feminita organisera quand même une marche</h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ce refus officiel ne semble pas effrayer outre mesure le groupe féministe kazakhe Feminita.<em> “Même si nous n’avons pas de mandat nous autorisant légalement à manifester, nous organiserons cette marche du 8 mars 2022 à Almaty. En 2021 nous avons rassemblé près de mille personnes, cet évènement est trop important pour que nous l’annulions. Le droit de se rassembler pacifiquement est inscrit dans la constitution”</em>, décrit une porte-parole du groupe à Novastan. </span><span style="font-weight: 400">Selon Feminita, les raisons données par Bakytjan Saguintaïev sont fallacieuses et émaneraient plutôt d’un refus politique.<em>&nbsp;“Le gouvernement n’aime pas beaucoup nos associations, notamment parce que nous défendons des personnes </em></span><span style="font-weight: 400"><em>LGBTQIA+ et que nos dirigeants sont clairement homophobes. Par exemple, lorsque des attaques contre des personnes LGBTQIA+ ont lieu au Kazakhstan, les autorités nous affirment ne pas pouvoir ouvrir d’enquête à cause d’un manque de preuves, alors que parfois des vidéos de surveillance montrent clairement le visage des agresseurs ou leur plaque d’immatriculation”, </em>décrit le groupe féministe.</span><span style="font-weight: 400"><em>“Pour nous c’est un jour historique, c’est l’occasion de faire entendre à nos dirigeants nos revendications pour qu’ils les prennent en compte. Nous avons, par exemple, trop peu de femmes au Parlement alors qu’elles représentent 60 % de la population kazakhe. Nous pensons que les autorités ont peur d’une révolution sociale, mais nous, nous espérons que les choses changent enfin”,</em> conclut l&rsquo;organisation kazakhe.</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Joanna Blain
Rédactrice pour Novastan </b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Relu par Anne Marvau</b></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p><b>
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		<title>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Amiranoff]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Dec 2021 17:13:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/">Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</a></p>
<p>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, les responsables des mouvements féministes et LGBT+ constatent un grave recul de leurs droits. Outre les menaces directes dont leurs communautés font l’objet, ils dénoncent plus largement la déliquescence des sociétés et la généralisation des discriminations. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 mai 2021 par le média [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, les responsables des mouvements féministes et LGBT+ constatent un grave recul de leurs droits. Outre les menaces directes dont leurs communautés font l’objet, ils dénoncent plus largement la déliquescence des sociétés et la généralisation des discriminations.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 mai 2021 par le média kazakh <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/45135-borba-silnee-straha.html">Vlast.kz</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, le 17 mai, a une signification particulière pour les militants féministes et LGBT+ kazakhs et kirghiz. Les obstacles auxquels ils font face demeurent considérables. Réunis à cette occasion lors d’une table ronde organisée par l’ambassade néerlandaise à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a>, ils ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte en faveur des droits humains et contre toute forme de discrimination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">Paroles de féministes et militants LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2009, l’association <a href="https://indigo.kg/en">Kyrgyz Indigo</a> représente la communauté LGBT+ au Kirghizstan. Ses membres s’inquiètent de la détérioration de la situation des droits humains depuis l’arrivée de <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a> au pouvoir, à l’automne 2020.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le piège de la nouvelle constitution kirghize</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_du_Kirghizistan">constitution</a> a été entièrement réécrite. Elle a pour fil rouge de régir les valeurs des citoyens du Kirghizstan. Toute ONG dont l’objet serait de défendre les droits des personnes LGBT+ et les droits des femmes tombe ainsi sous le coup d’une forme d’interdiction, ne correspondant pas aux valeurs morales kirghizes telles qu’elles ont été définies »</em>, explique le représentant de Kyrgyz Indigo.

</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, les militants ont été placés sous la surveillance de la police, laquelle aurait exposé leurs données personnelles sur Internet. Malgré ces tentatives d’intimidation, ils ont décidé de poursuivre leur combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/">Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans l’ensemble, la politique menée par le nouveau gouvernement kirghiz est beaucoup plus répressive qu&rsquo;auparavant, à l’égard des voix dissidentes. Les militants ou les blogueurs qui expriment des opinions critiques sont étroitement surveillés. La solidarité qui existait dans la société civile a disparu&#8230; Il n’y a plus d’actions d’ampleur. Nous avons beaucoup réfléchi après la publication de nos données personnelles mais nous en sommes arrivés à la conclusion que la lutte est plus forte que la peur, et que notre amour est plus fort que la mort. Notre objectif est de parvenir à ce qu’aucun membre de la communauté LGBT+ au Kirghizstan ou en Asie Centrale n’ait à souffrir de ce qu’il est ou de ce qu’il fait »</em>, poursuit le militant kirghiz.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Au Kazakhstan, le succès du mouvement «&nbsp;anti-genre&nbsp;»</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il y a de l’espoir, mais la situation est critique&nbsp;»</em>, reconnaît la cofondatrice du mouvement féministe kazakh <a href="https://feminita.kz/">Feminita</a>, Janar Sekerbaïeva. <em>« Au Kazakhstan, on peut plus facilement se mobiliser et exprimer ses opinions, mais le développement des mouvements anti-genre nous a pris au dépourvu. »</em></p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-52230 size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="853" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1.jpg" alt="Militants LGBT Droits des femmes Féministes Kazakhstan Kirghizstan Almaty Marche" class="wp-image-52230" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1.jpg 1280w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les militantes Galzada Serjan, Janar Sekerbaïeva et Tatiana Tchernobyl lors de la marche des femmes, Almaty, 2021.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je pense que nous n’avons pas réagi assez vite aux premières déclarations des mouvements anti-genre. Feminita a tout de même lancé un débat sur le genre, suite à la proposition de la députée du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Majilis">Majilis </a></em>(la chambre basse du parlement kazakh, ndlr) <em>Irina Ounjakova de remplacer le mot “genre” par le mot “égalité des sexes”. Nous avons retrouvé l’origine de cette expression : c’est une rhétorique fasciste développée par l’extrême droite allemande (…). Nous en sommes donc arrivés, dans le Kazakhstan contemporain, à reprendre les mots du fascisme. Il y a de nombreuses personnes sensibles aux propos des mouvements anti-genre, des anti-LGBT+, et beaucoup d’autres “anti” … »</em>, soupire la militante kazakhe.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>L’enjeu de l’accès au droit
</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La pandémie de Covid-19 a également contribué à la détérioration de la situation et à placer les membres de la communauté LGBT+ dans une situation de grande vulnérabilité. Aupavant, ils pouvaient vivre en autonomie, sortir de chez eux pour fuir la réprobation ou le rejet de leurs familles. Ils se retrouvent désormais isolés et subissent la défiance de leurs proches, sans entrevoir d’échappatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lutter contre ce phénomène, la <a href="https://afew.org/countries/kazakhstan/">fondation AFEW Kazakhstan</a> a formé dix militants aux principes de l’accès au droit. Ils sont chargés de délivrer des consultations en ligne aux membres de la communauté LGBT+. L’obstacle principal semble être l’ignorance des personnes concernées quant à leurs propres droits, comme le reconnaît le directeur exécutif de la fondation, Roman Doudnik.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Parfois, on a le sentiment de vivre au Moyen Âge. Mes poils se hérissent en lisant certains témoignages. Comment peut-on vivre ainsi ? Notre société trouve encore normal d’insulter une personne transgenre, de lui demander de se déshabiller pour montrer des parties de son corps. C’est inhumain ! La situation s’aggrave aussi parce que les membres de la communauté LGBT+ ignorent leurs droits. Ils ne réalisent pas certaines atteintes à leurs droits et ne savent pas où se renseigner »</em>, explique-t-il.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

Pour Roman Doudnik, l’éducation juridique est la priorité. Il considère en effet qu’une personne doit connaître ses droits, savoir quand ils ne sont pas respectés, savoir où se renseigner et comment se défendre. La fondation a donc renforcé ses actions en ce sens et a formé de nouveaux assistants juridiques dans cinq villes du Kazakhstan.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Combattre toutes les formes de discriminations</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Pour Evgueni Jovtis, directeur du <a href="https://bureau.kz/en/">Kazakhstan International Bureau for Human Rights</a>, il est difficile d’être sans cesse victime de discrimination et de lutter en permanence, mais sans cette lutte, il n’y a pas d’avancée possible. Il cite l’exemple de la lutte contre la peine de mort dans les années 1990, qui n’a finalement été aboli qu’en 2020, après un moratoire de 20 ans. De même pour la torture, tabou absolu jusqu’à la fin des années 1990 mais dont on parle aujourd’hui ouvertement.

</p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-52231 size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2.jpg" alt="Evgueni Jovtis Militant Droits de l'Homme LGBT Droits des Femmes Kazakhstan" class="wp-image-52231" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Evgueni Jovtis.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La communauté LGBT+ est soudée, mais il est essentiel de comprendre que l’enjeu des discriminations qui traverse toute la société, ne concerne pas seulement notre communauté. De très nombreux groupes sont également touchés. Si l’on veut lutter pour éliminer toutes les causes de discrimination sur quelque fondement que ce soit, il est d’autant plus important de se battre tous ensemble contre tout type d’exclusion, de rabaissement, de négation de quelque droit que ce soit, qu’elle qu’en soit la raison. Parce qu’ainsi, chacun peut s’occuper de ses affaires, résoudre ses problèmes particuliers et vivre sa vie. Il est primordial d’éliminer les discriminations dans la loi et dans la pratique »</em>, résume Evgueni Jovtis.
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tamara Vaal</strong><br><strong>Journaliste pour Vlast</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/45135-borba-silnee-straha.html">russe</a> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Guillaume Gérard</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/">Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Kazakhstan : après une Journée internationale des femmes historique, comment le pouvoir va-t-il réagir ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[bcazauran]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Oct 2021 16:54:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQI]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestants]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-apres-une-journee-internationale-des-femmes-historique-comment-le-pouvoir-va-t-il-reagir/">Kazakhstan : après une Journée internationale des femmes historique, comment le pouvoir va-t-il réagir ?</a></p>
<p>Le 8 mars 2021, des centaines de manifestants ont défilé sur les cinq kilomètres de la rue Chevtchenko, une des grandes artères d&#8217;Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, et la police n&#8217;est pas intervenue. Cette célébration de la Journée internationale des femmes est une première au Kazakhstan, mais les réactions de certains membres du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-apres-une-journee-internationale-des-femmes-historique-comment-le-pouvoir-va-t-il-reagir/">Kazakhstan : après une Journée internationale des femmes historique, comment le pouvoir va-t-il réagir ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 8 mars 2021, des centaines de manifestants ont défilé sur les cinq kilomètres de la rue Chevtchenko, une des grandes artères d&rsquo;Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, et la police n&rsquo;est pas intervenue. Cette célébration de la Journée internationale des femmes est une première au Kazakhstan, mais les réactions de certains membres du parti au pouvoir, Nour Otan, indiquent que si le changement est en marche, le chemin à parcourir est encore long.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 13 avril 2021 par <a href="https://novastan.org/en/kazakhstan/kazakhstan-does-official-backlash-loom-after-historic-international-womens-day/">notre version anglaise</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, la Journée internationale des femmes est traditionnellement l&rsquo;occasion pour les hommes de fêter leur bien-aimée par un bouquet de fleurs et des cadeaux. Toutefois, en 2021 cette journée a été totalement inédite : pour la <a href="https://thediplomat.com/2021/03/feminist-activists-take-to-the-streets-in-kazakhstan/">première fois </a>dans l&rsquo;histoire moderne du pays, la municipalité d&rsquo;<a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, la plus grande ville du Kazakhstan, a autorisé un rassemblement organisé par plusieurs collectifs féministes. Le 8 mars, des centaines de femmes ont défilé sur les cinq kilomètres de la rue Chevtchenko, l&rsquo;une des grandes artères du centre-ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rapporte <a href="https://www.rferl.org/a/feminists-march-for-rights-international-womens-day/31139997.html">Radio Free Europe / Radio Liberty</a>, des militants de tous âges, hommes et femmes, portaient des banderoles arborant des slogans comme : <em>« Stop aux violences domestiques »</em> et <em>« Les femmes veulent vivre en sécurité »</em>. La foule demandait l&rsquo;égalité et le respect pour les femmes et les LGBT, ainsi que la criminalisation des violences domestiques et des mesures en faveur de la parité des salaires. </p>



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<p class="wp-block-paragraph">

Selon le média indépendant <a href="https://vlast.kz/novosti/44375-deputat-tleuhan-prosit-proverit-ucastnikov-feministskogo-marsa-v-almaty-na-ekstremizm.html">Vlast</a> basé à Almaty, le député Bekbolat Tleoukhan au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Majilis">Majilis</a>, la chambre basse du parlement kazakh, a en réponse demandé au gouvernement le 31 mars de considérer ce défilé et les revendications des manifestants comme une <em>« atteinte aux valeurs spirituelles »</em>. Dans une question au gouvernement adressée au vice-Premier ministre Eraly Togianov, ce député a remis en cause la légalité du défilé et proposé un projet de loi pour interdire le mariage homosexuel.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une marche pacifique</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Un premier groupe de manifestants comptant plus de 500 personnes s&rsquo;est rassemblé dans le parc Gandhi du centre-ville. En pleine pandémie, tous les participants portaient un masque. Le défilé a pris fin à environ cinq kilomètres de là, devant l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_nationale_des_sciences_de_la_r%C3%A9publique_du_Kazakhstan">Académie des sciences</a>, où des organisateurs et des participants ont pris la parole, suffisamment à distance d&rsquo;une foule disciplinée, respectant les consignes de distanciation sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les orateurs se trouvait l&rsquo;activiste Irina Poukhnatova, mieux connue du public sous le nom d&rsquo;Arina Osinovskaïa, arrêtée en 2020 pendant la Journée internationale des femmes en compagnie d&rsquo;une autre militante féministe, Fariza Ospan, pour <em>« troubles à l&rsquo;ordre public »</em>. S&rsquo;adressant à la foule, elle a déclaré : <em>« Nous souhaitons que cette journée soit une date historique pour le Kazakhstan, cette première marche sera suivie de nombreuses autres en cette journée de luttes&#8230; c&rsquo;est ce que nous avions promis lors de la manifestation de l&rsquo;année dernière, nous avons tenu parole et espérons continuer à le faire à l&rsquo;avenir. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/">Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les collectifs féministes impliqués dans l&rsquo;organisation de cette journée figuraient <a href="https://vk.com/kazfem?fbclid=IwAR09IsfTX-vg5kMUWMENZpnYwJItoZCoqtpHslUQbRrLEMfSn-Hk6aW7xd4">KazFem</a>, <a href="https://feminita.kz/">Feminita</a>, <a href="https://femagora.org/">FemAgora</a>, FemSreda et SVET. Selon <a href="https://www.hrw.org/news/2021/03/10/kazakhstans-first-womens-march">Vika Kim</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Human_Rights_Watch">Human Rights Watch</a>, la police était présente mais n&rsquo;est pas intervenue et aucun participant n&rsquo;a été arrêté et incarcéré. Depuis la démission de l&rsquo;ancien président <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> en 2019, des manifestations plus limitées, comme <a href="https://www.rferl.org/a/kazakh-authorities-forcibly-detain-dozens-near-planned-anti-government-protests/30237675.html">celles dirigées contre le gouvernement cette année</a>, ont été violemment réprimées par la police et de nombreuses personnes ont été appréhendées. Cette fois-ci, la retenue de la police s&rsquo;explique sans doute par les <a href="https://thediplomat.com/2021/02/pressure-pushes-kazakh-tax-authorities-to-walk-back-fines-suspensions/">violentes critiques internationales</a> dont le gouvernement kazakh a récemment fait l&rsquo;objet pour avoir infligé de <a href="https://thediplomat.com/2021/01/the-taxman-cometh-for-kazakh-ngos/">lourdes peines</a> à plusieurs militants des droits de l&rsquo;Homme et ONG. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cela est-il sans précédent ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;une marche féministe de cette importance est autorisée dans le Kazakhstan moderne. En 2020, <a href="https://www.opendemocracy.net/en/odr/kazakhstan-women-march-their-rights-and-against-violence/">200 personnes</a> s&rsquo;étaient rassemblées mais la manifestation était interdite. En 2017, ils n&rsquo;étaient qu&rsquo;une demi-douzaine d&rsquo;activistes à <a href="https://the-steppe.com/novosti/segodnya-cvetochki-zavtra-otbitye-pochki">défiler</a>. FemAgora, l&rsquo;un des groupes féministes à l&rsquo;initiative du défilé de cette année, avait organisé en 2018 un festival pour sensibiliser le public aux questions liées à l&rsquo;égalité des droits pour les femmes et les LGBT, et qui célébrait le <a href="https://thediplomat.com/2020/08/feminist-festival-kicks-off-in-central-asia/">troisième anniversaire de cet évènement </a>en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, les femmes kazakhes s&rsquo;enhardissent, se sentent davantage habilitées à manifester pour leurs droits et revendiquer l&rsquo;égalité. Aery Asiyeva, membre de KAZFem, estime que la manifestation a été couronnée de succès. <em>« Nous avons travaillé pendant des mois pour organiser la plus grande marche féministe de l&rsquo;histoire du Kazakhstan. Des nationalistes et d&rsquo;autres groupes traditionnalistes d&rsquo;extrême droite ont essayé de nous mettre des bâtons dans les roues, mais le soutien que nous avons obtenu grâce aux donations et aux bénévoles a fait notre force »</em>, raconte-t-elle. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les femmes continuent de lutter pour l&rsquo;égalité</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une <a href="https://eca.unwomen.org/en/digital-library/publications/2018/08/sample-survey-on-violence-against-women-in-kazakhstan">étude effectuée en 2018</a>, les violences domestiques et les abus sexuels sont toujours largement répandus dans le pays. 17 % des femmes entre 18 et 75 ans ont été victimes de violences ou abusées sexuellement par leur partenaire, et 21 % ont souffert de violences psychologiques. Selon la fondation publique Don&rsquo;t Be Quiet (NeMolchiKZ), huit femmes et deux enfants sont en moyenne violés par jour au Kazakhstan. Chaque année, 400 femmes succombent aux violences domestiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/"><em>La Femme</em>, un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan une tradition d&rsquo;oppression par stigmatisation culturelle perdure et les victimes, forcées de se conformer aux normes sociales, restent souvent trop terrifiées ou honteuses pour demander justice. Le mot kazakh <em>« uyat »</em>, <em>« honte »</em> en français, est fréquemment employé en référence à la culpabilité que l&rsquo;on impose aux femmes pour justifier leur oppression. Les femmes sont souvent <a href="https://www.opendemocracy.net/en/odr/fighting-patriarchy-in-kazakhstan/">tenues responsables </a>des mauvais traitements dont elles sont victimes. Elles sont accusées par exemple d&rsquo;avoir <em>« provoqué »</em> leurs bourreaux. C&rsquo;est pourquoi nombre de violences restent souvent secrètes, donc les chiffres avancés sont probablement inférieurs à la réalité. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des lois insuffisantes</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> La loi ne protège pas les femmes de manière adéquate et il leur est impossible d&rsquo;obtenir justice. En juillet 2017, les peines sanctionnant les violences physiques faites aux femmes ont été réduites, passant de délit criminel à celui d&rsquo;infraction administrative. En janvier dernier, le président <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a signé une loi punissant les violences contre les membres de la famille d&rsquo;un simple avertissement écrit, alors que dans <a href="https://www.akorda.kz/en/addresses/addresses_of_president/president-of-kazakhstan-kassym-jomart-tokayevs-state-of-the-nation-address-september-2-2019">son premier discours à la nation,</a> il avait déclaré que le Kazakhstan avait<em> « un besoin urgent de renforcer les sanctions contre les violences sexuelles et domestiques faites aux femmes ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.hrw.org/news/2019/10/17/kazakhstan-little-help-domestic-violence-survivors">Human Rights Watch</a>, les autorités kazakhes et la police dissuadent les femmes de porter plainte et les encouragent à se réconcilier avec leurs bourreaux, se gardant bien de leur dire qu&rsquo;elles ont le droit de se mettre à l&rsquo;abri et de demander une protection juridique. Cela signifie que les hommes ne sont pas éduqués à améliorer leur conduite ni ne sont tenus pour responsables devant la loi, ce qui ne fait que perpétuer le cycle de la violence. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une représentation renforcée</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Le <a href="https://www.kz.undp.org/content/kazakhstan/en/home/presscenter/news/2021/march/un--joint-statement-for-women-s-day.html">thème</a> de la Journée internationale des femmes 2021 retenu par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_des_Nations_unies_pour_le_d%C3%A9veloppement">Programme des Nations unies pour le développement</a> était : <em>« Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 »</em>, afin de mettre en lumière les efforts considérables déployés par les femmes et les filles partout dans le monde pour façonner un futur plus égalitaire suite à la pandémie de Covid-19.

</p>


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<p class="wp-block-paragraph"> Le Kazakhstan a été félicité pour avoir augmenté la représentation féminine dans le management des entreprises qui participent à l&rsquo;État, mais aussi pour avoir introduit des quotas de femmes et de jeunes dans les listes des candidats au Majilis et aux Maslikhats, les assemblées municipales. Comme le rapporte le <a href="https://www.kz.undp.org/content/kazakhstan/en/home/presscenter/news/2021/march/un--joint-statement-for-women-s-day.html">communiqué commun</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies">l&rsquo;Organisation des Nations unies</a> publié le 6 mars dernier, le pays a également été crédité du rôle actif qu&rsquo;il assume dans le cadre du Forum Génération Égalité, où il est prévu qu&rsquo;il participe à deux coalitions d&rsquo;action, l&rsquo;une sur les violences basées sur le genre et l&rsquo;autre sur la justice et les droits économiques.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lily Shanagher</strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; Traduit </strong><a href="https://novastan.org/en/kazakhstan/kazakhstan-does-official-backlash-loom-after-historic-international-womens-day/"><strong>de l’anglais</strong></a><strong> par Bruno Cazauran</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;Édité par Luna-Rose Durot </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Regards sur le cinéma féminin d’Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/regards-sur-le-cinema-feminin-dasie-centrale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:34:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/regards-sur-le-cinema-feminin-dasie-centrale/">Regards sur le cinéma féminin d’Asie centrale</a></p>
<p>Du 25 août au 30 septembre 2020 se tenait la troisième édition du festival FemAgora. Ce festival de cinéma féministe a été l’occasion de discussions sur le regard que portent les réalisatrices sur le cinéma féminin d’Asie centrale. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 26 septembre 2020 par le média tadjik Asia-Plus. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><b>Du 25 août au 30 septembre 2020 se tenait la troisième édition du festival FemAgora. Ce festival de cinéma féministe a été l’occasion de discussions sur le regard que portent les réalisatrices sur le cinéma féminin d’Asie centrale.</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 26 septembre 2020 par le média tadjik </b><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20200926/filmi-iz-tsentralnoi-azii-kotorie-stoit-posmotret"><b>Asia-Plus.</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Le 26 septembre 2020 avait lieu en ligne le </span><a href="https://novastan.org/fr/politique/festival-femagora-2020-les-voix-du-feminisme-dasie-centrale/"><span style="font-weight: 400">festival</span></a><span style="font-weight: 400"> féministe </span><a href="https://femagora.org/cinema"><span style="font-weight: 400">FemAgora</span></a><span style="font-weight: 400">, dans le cadre duquel ont été montrés des films, autant des documentaires que des fictions, tournés par des réalisatrices d’Asie centrale et d’Allemagne. Des discussions ont aussi été organisées avec les autrices, lors desquelles a été évoqué le fait de créer des films documentaires dans la région, rapporte le média centrasiatique </span><a href="https://newreporter.org/2020/09/23/zhenshhiny-dokumentiruyut-filmy-iz-centralnoj-azii-kotorye-stoit-posmotret/"><span style="font-weight: 400">Newreporter.org</span></a><span style="font-weight: 400">.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Beaucoup de ces films ne sont pas disponibles en ligne, et c’est pourquoi les organisateurs les ont postés sur le </span><a href="https://femagora.org/cinema"><span style="font-weight: 400">site</span></a><span style="font-weight: 400"> du festival. Les débats, quant à eux, ont eu lieu sur les pages </span><a href="https://www.facebook.com/femagora/"><span style="font-weight: 400">Facebook</span></a><span style="font-weight: 400"> et sur </span><a href="https://www.youtube.com/channel/UCgVnMphtIjgh-NZ5tcy8nBg"><span style="font-weight: 400">YouTube</span></a><span style="font-weight: 400">. Ainsi, le film </span><i><span style="font-weight: 400">The crying of Tanbur</span></i><span style="font-weight: 400"> (2018) de la réalisatrice tadjike <a href="https://artistsatriskconnection.org/story/anisa-sabiri">Anisa Sabiri</a>, y est disponible en ligne. Vingt-trois films documentaires et fictions sont disponibles sur le site du festival.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Le cinéma féminin centrasiatique</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ces œuvres nouvelles rendent les débats publics sur le cinéma féminin intéressants. Le maître de séance, Moldiyar Ierguebekov, professeur à l&rsquo;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Suleyman_Demirel_University">Université Süleyman Demirel</a>, a par exemple </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=T67sfWh6_6Q&amp;ab_channel=FemAgora"><span style="font-weight: 400">discuté</span></a><span style="font-weight: 400"> du rôle des femmes dans le cinéma centrasiatique avec des réalisateurs et des réalisatrices du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, lors d’un débat intitulé <em>Documentaires de femmes</em>.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/"><b>Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Reprenant les propos de </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Debra_Zimmerman"><span style="font-weight: 400">Debra Zimmerman</span></a><span style="font-weight: 400">, la directrice de la fondation américaine </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Women_Make_Movies"><span style="font-weight: 400">Women Make Movies</span></a><span style="font-weight: 400">, Katerina Souvorova explique que <i>«</i> </span><i><span style="font-weight: 400">dans la plupart des cas, les hommes, privilégiés, peuvent très bien raconter des histoires sur d’autres hommes, mais que les femmes, qui n’ont pas ces privilèges, peuvent parler et des uns et des autres. Les autrices ont plus d’objectivité et d’empathie pour des héros et des thèmes déterminés ». </span></i><span style="font-weight: 400">C&rsquo;est ce que considère la cinéaste indépendante, directrice d’un studio documentaire au Kazakhstan.</span></p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-50440"><img loading="lazy" decoding="async" width="512" height="288" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Katerina-Souvorova.jpg" alt="Société et Culture Kazakhstan Ouzbékistan Tadjikistan Kirghizstan Cinéma Féminisme" class="wp-image-50440" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Katerina-Souvorova.jpg 512w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Katerina-Souvorova-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px" /><figcaption class="wp-element-caption">Katerina Souvorova, cinéaste indépendante kazakhe.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Beguim Joldoubaï, la réalisatrice kirghize du documentaire </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=e9pVwOFDH3c"><i><span style="font-weight: 400">Far away</span></i></a><span style="font-weight: 400">, a pris part au débat. Dans son film, elle montre un monde strictement masculin : la vie des bergers d’Asie centrale. </span><i><span style="font-weight: 400">« Ce monde m’est familier, j’en connais le héros depuis l’enfance et j’ai pu raconter sa véritable histoire »</span></i><span style="font-weight: 400">, explique-t-elle.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">De plus, les participantes ont parlé du regard d’autrice qu’elles portent sur le documentaire.</span><i><span style="font-weight: 400">« Pour moi, il est important de faire des films documentaires sur ce qu’il se passe maintenant. Peut-être qu’aujourd’hui ce n’est ni populaire ni à la mode. Les gens qui me plaisent le plus sont ceux qu’on ne voit pas, par exemple des personnes âgées qui collectionnent des livres »</span></i><span style="font-weight: 400">, raconte Katerina Souvorova.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><i><span style="font-weight: 400">« Quand nous avons fait le film </span></i><span style="font-weight: 400">Demain la mer,</span><i><span style="font-weight: 400"> il y avait un vieil homme de 86 ans. Le fait que nous l’ayons filmé de son vivant, que nous ayons conservé l’image d’un homme qui, un jour, a vécu, est maintenant très important pour moi. J’accorde une grande valeur à la possibilité de capturer la vie dans un documentaire »</span></i><span style="font-weight: 400">, partage la réalisatrice kazakhe.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>La composante sociale du documentaire</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Makhpora Kiromova, journaliste et autrice du film documentaire tadjik </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=F8JGRWsR4bg&amp;t=7s"><i><span style="font-weight: 400">Mardikor</span></i></a><span style="font-weight: 400">, qui a <a href="https://newreporter.org/2020/07/06/v-tadzhikistane-snyali-dokumentalnyj-film-pro-zhenskij-rynok-raznorabochix/">défrayé la chronique</a>, considère que la composante sociale reste l’élément principal d’un documentaire. </span><i><span style="font-weight: 400">« Je vais vous dire ce que je ressens : je ne suis pas réalisatrice. Pour moi, le film documentaire est une extension du journalisme, mais dans un format plus complexe. Je sens en tant que journaliste qu’il ne s’agit pas seulement de documenter les faits et les événements, ce n’est pas le but premier ».</span></i></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">La réalisatrice tadjike poursuit en expliquant :<i>«</i> P</span><i><span style="font-weight: 400">our moi, le film documentaire est un produit qui a du sens socialement, dont le but n’est pas seulement de raconter, mais d’agir sur la situation. Peut-être pas dans des proportions énormes, mais en tout cas d’agir ».</span></i></p>



<p class="wp-block-paragraph"><i>Lire aussi sur Novastan : </i><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-femme-un-documentaire-sur-les-violences-domestiques-au-kazakhstan/"><b>« La Femme », un documentaire sur les violences domestiques au Kazakhstan</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Elle raconte qu’après la sortie de son premier documentaire sur des femmes à tout faire, des centaines de Tadjiks ont commencé à aider les personnages du film. Cette aide ne s’est pas avérée limitée à des dons d’argent, de nourriture ou de vêtements : les femmes ont eu la possibilité d’être formées à des métiers, ce dont elles n’avaient jamais eu l&rsquo;occasion auparavant.</span></p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-50439"><img loading="lazy" decoding="async" width="974" height="972" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova.jpg" alt="Société et Culture Kazakhstan Tadjikistan Kirghizstan Ouzbékistan Cinéma Féminisme" class="wp-image-50439" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova.jpg 974w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova-300x300.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova-150x150.jpg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova-768x766.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/mahpora-kiromova-550x550.jpg 550w" sizes="auto, (max-width: 974px) 100vw, 974px" /><figcaption class="wp-element-caption">Makhpora Kiromova, journaliste et autrice de films documentaires.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">À propos des protagonistes de son documentaire, Makhpora Kiromora précise : </span><i><span style="font-weight: 400">« ces femmes n’ont pas d’éducation, et c’est pourquoi sans mari elles se mettent à gagner leur vie sur le marché des femmes à tout faire. Elles sont embauchées pour toutes sortes de travaux : elles portent du sable, creusent, font du plâtre, tout ça pour quelques sous ».</span></i></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Après la diffusion de son documentaire, les choses vont changer pour ces femmes.</span><i><span style="font-weight: 400"> « Non seulement les personnages de mon film, mais aussi d’autres femmes issues de ce mardikor-bozor </span></i><span style="font-weight: 400">(en tadjik, désigne un marché où se vendent des services divers, de la main d’œuvre, ndlr) </span><i><span style="font-weight: 400">vont apprendre à exercer des professions, elles vont apprendre les bases des affaires, afin qu’elles puissent ensuite se nourrir, elles et leurs enfants. Une organisation publique s’en occupera, et une autre leur octroiera des bourses pour qu’elles puissent étudier sans avoir à penser à nourrir leurs enfants »</span></i><span style="font-weight: 400">, raconte Makhpora Kiromova.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>L’importance des festivals comme FemAgora</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">La réalisatrice Katerina Souvorova ajoute que dans le cadre des festivals de cinéma, il existe des fondations spéciales qui peuvent organiser une campagne militante sur un thème social soulevé par un film.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan : </b><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lactrice-kirghize-aitourgan-temirova-nommee-officiere-de-lordre-des-arts-et-des-lettres/"><b>L’actrice kirghize Aïtourgan Temirova nommée officière de l’ordre des Arts et des Lettres</b></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><i><span style="font-weight: 400">« Bien sûr, nous faisons tout bénévolement. C’est un travail important qui nécessite autant de force que la réalisation même du film. Pour les auteurs, il est important de savoir qu’il y a des fondations qui conçoivent des campagnes qui peuvent être déployées dans tout le pays. Pendant le travail sur le film, il est possible d’inclure immédiatement des organisations publiques pour qu’elles poursuivent le travail après la sortie du film »</span></i><span style="font-weight: 400">, conseille Katerina Souvorova.</span></p>


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<p class="wp-block-paragraph"><i><span style="font-weight: 400">« Je n’étais vraiment pas préparée à ça, je pensais que j’allais finir le film et partir filmer d’autres histoires. Mais j’ai passé un mois à travailler avec mes personnages après la sortie du film. Et je ne pouvais pas juste les abandonner, j’ai dû m’immiscer dans toutes ces histoires, réfléchir aux problèmes de ces femmes et les résoudre »</span></i><span style="font-weight: 400">, raconte Makhpora Kiromova.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">D’ailleurs, ce même 26 septembre 2020 avait lieu trois workshops privés sur les thèmes de la création documentaire dans la région, de son évolution dans différents festivals de cinéma et de la défense des droits d’auteur et de la liberté d’expression. Plus d’informations sont disponibles sur les comptes du festival sur les réseaux sociaux : </span><a href="https://femagora.org/2020"><span style="font-weight: 400">femagora.org</span></a><span style="font-weight: 400">, </span><a href="https://www.facebook.com/femagora/"><span style="font-weight: 400">Facebook</span></a><span style="font-weight: 400">, </span><a href="https://www.instagram.com/femagora/"><span style="font-weight: 400">Instagram</span></a><span style="font-weight: 400">.</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Newsreporter.org pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20200926/filmi-iz-tsentralnoi-azii-kotorie-stoit-posmotret">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Frédérique Faucher</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Robin Leterrier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>« C’était parfois extrêmement désagréable d&#8217;être considérée par les siens comme une étrangère »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[jduvernet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 07:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Douchanbé]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Nudité]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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<p>Il y a quelques années, Marifat Davlatova, une jeune artiste tadjike de 25 ans, a été pendant un moment la personnalité médiatique la plus connue de son pays. C&#8217;était après l&#8217;exposition où elle avait montré au centre de Douchanbé, la capitale du pays, 26 portraits de ses compatriotes à moitié nues, ce qui provoqua presque une émeute. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a quelques années, Marifat Davlatova, une jeune artiste tadjike de 25 ans, a été pendant un moment la personnalité médiatique la plus connue de son pays. C&rsquo;était après l&rsquo;exposition où elle avait montré au centre de Douchanbé, la capitale du pays, 26 portraits de ses compatriotes à moitié nues, ce qui provoqua presque une émeute. <br></strong> <br><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 22 septembre 2020 par le média russe </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://fergana.site/articles/121022/" target="_blank"><strong>Fergananews</strong></a><strong>.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille et les amis de&nbsp;Marifat&nbsp;Davlatova&nbsp;ont parfois sérieusement peur pour sa sécurité physique. Dans ce pays patriarcal où l’État établit les règles de l&rsquo;habillement féminin,&nbsp;Marifat&nbsp;enlève aux femmes tadjikes leurs vêtements. En partie. Sur ses tableaux. Et cela suscite une violente critique des défenseurs des « valeurs traditionnelles ». L’artiste parle d’elle-même et de ses nus. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des médias russes et occidentaux ont exprimé leur sympathie à son égard. Elle-même dit qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas l&rsquo;intention de quitter le pays et continue à peindre des nus, gagnant ainsi de nouveaux ennemis et de nouveaux soutiens. Pour cette jeune fille courageuse au sourire d&rsquo;écolière, tout semble aller pour le mieux.&nbsp;</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fergananews : À en juger par vos photos sur Facebook, vous êtes actuellement en Europe ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marifat</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Davlatova</strong><strong>&nbsp;:&nbsp;</strong>Je suis en Autriche, c&rsquo;est provisoire, pour mon travail.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Provisoirement ? Vous tenez donc votre promesse de ne pas quitter votre pays</strong> <strong>?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne me souviens pas avoir fait une telle promesse.&nbsp;Je voyage. Je suis très souvent à l&rsquo;étranger pour mon travail. Je ne peux pas m&rsquo;imaginer vivre sans voyager. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est très important pour moi de toujours avoir la possibilité de retourner dans mon Tadjikistan natal. Je n&rsquo;ai pas changé de nationalité et je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de le faire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marifat, je suis du même endroit que vous. Je viens du quartier 191 de Douchanbé, on l&rsquo;appelait « le village des ivrognes ». Êtes-vous originaire de Douchanbé ? De quel quartier ? Je n&rsquo;ai pas pu trouver sur Internet.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est amusant ! Jusqu&rsquo;à mes 5 ans, j’ai vécu dans le quartier 191. Ensuite j&rsquo;y retournais tous les étés pour voir ma grand-mère et mon grand-père. Après j&rsquo;ai déménagé dans le quartier 91, celui légèrement plus haut, dans lequel je vis toujours aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai eu une enfance merveilleuse. Je me rappelle que nous étions tous ensemble le soir jusque tard dans la nuit à jouer, à nous raconter des histoires d’horreur, à cueillir des mûres et des framboises pour faire de la confiture. Nous vivions dans l&rsquo;immeuble 303 … </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>là</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>qu&rsquo;habitaient</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>mes</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>camarades</strong><strong>&nbsp;de&nbsp;</strong><strong>classe</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Zoulmira</strong><strong>,&nbsp;</strong><strong>Djamched</strong><strong>.&nbsp;</strong><strong>C&rsquo;est</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;immeuble</strong><strong>&nbsp;le plus long.</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens très bien de tante Anna du premier étage, vous la connaissez peut-être ?&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="330" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook.jpeg" alt="Marifat Davlatova Artiste Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46508" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook-128x86.jpeg 128w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Non, j&rsquo;ai sans doute oublié… Les gens ne vont pas croire à ces coïncidences, ils vont dire que l&rsquo;interview était arrangée ! Bon continuons, même si les larmes, comme on dit, empêchent de parler…</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, les&nbsp;larmes&nbsp;montent&nbsp;aux&nbsp;yeux&nbsp;quand&nbsp;on se&nbsp;souvient&nbsp;de&nbsp;ces&nbsp;années…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au début du mois de septembre, c&rsquo;était le deuxième anniversaire de votre exposition. Vous avez reçu des tonnes de menaces et d&rsquo;injures, notamment sur les réseaux sociaux. Êtes-vous devenue plus dure, plus méchante ? Moi je le deviendrais si je lisais ce genre de choses sur moi.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, absolument pas. Je me suis efforcée de rester indifférente à tout cela, de ne pas le prendre trop à cœur. Je peux dire tout à fait le contraire : je suis aujourd&rsquo;hui beaucoup plus gentille et douce qu&rsquo;avant. Ces dernières années ont été riches et imprévisibles, pas toujours faciles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur&nbsp;</strong><strong>Novastan</strong><strong>&nbsp;:&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/pourquoi-les-femmes-dasie-centrale-commencent-a-se-devetir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Pourquoi les femmes d’Asie centrale commencent à se dévêtir</strong></a>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes rapports avec les gens ont changé, l&rsquo;image que je me fais d&rsquo;eux, de ce monde. J&rsquo;ai commencé à voir tout cela de façon plus simple, j&rsquo;ai appris à être calme. Et surtout j&rsquo;ai appris à être reconnaissante. Cela s&rsquo;est révélé beaucoup plus difficile que je pensais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous reconnaît-on dans la rue ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains endroits. Dans le Pamir, à&nbsp;Khorog, par exemple, où je suis allée pour un voyage. Des hommes sont venus vers moi dans un café et m&rsquo;ont conseillé de peindre des paysages et des natures mortes.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2.jpeg" alt="Marifat Davlatova Artiste Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46509" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;était</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>une</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>menace ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. Dans un de mes tableaux, on voit une calotte brodée du Pamir, il est possible qu&rsquo;ils se soient sentis blessés… Mais au même endroit, dans le Pamir, il y a eu aussi des gens qui m&rsquo;ont soutenue et m&rsquo;ont même proposé leur aide. Il y a eu différentes réactions, mais le plus souvent on me remercie pour mon courage et mon attitude. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&rsquo;enchante le plus, c&rsquo;est qu&rsquo;aussi bien des hommes que des femmes me remercient. J&rsquo;ai moi-même été étonnée par le soutien venant de l’extérieur. Je n&rsquo;espérais pas cela au début. Mais ce soutien m&rsquo;a donné de l&rsquo;énergie et encore plus d&rsquo;inspiration.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On dit que pour votre exposition, vous avez demandé de l&rsquo;aide à des organisations féministes occidentales, mais que vous avez essuyé un refus. Elles auraient considéré trop provocante l&rsquo;idée de monter une telle exposition dans une société traditionnelle.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je ne me suis pas adressée à des organisations féministes, mais à plusieurs organisations internationales dont je ne souhaite pas donner les noms. Mais c&rsquo;est vrai, ces organisations ont refusé. Certaines ont expliqué leur refus en disant que l&rsquo;exposition pourrait provoquer des troubles, d&rsquo;autres n&rsquo;ont rien répondu. J&rsquo;ai alors décidé de l&rsquo;organiser toute seule.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je voudrais tout de même clarifier le sujet. Dans une </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://asiaplustj.info/news/life/culture/20180915/eto-ne-ih-zhentshini-a-moi-marifat-davlatova-o-svoei-vistavke-v-tadzhikistane" target="_blank"><strong>interview à Asia Plus</strong></a><strong> vous avez dit que le thème du nu est apparu dans votre travail après que vous vous êtes fait attaquer par deux hommes qui voulaient, comment dire, faire connaissance, et qui ont pris votre téléphone pour connaître votre numéro  : « Je suis devenue agressive et j&rsquo;ai peint ces tableaux pour ne pas mourir après cette agression ».</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En lisant cette interview, je vois une tout autre&nbsp;Marifat. Bien des choses ont changé à présent, j&rsquo;ai changé. Deux années ont passé depuis, et même si ce n&rsquo;est pas considérable, ce n&rsquo;est pas rien. Pour être tout à fait exacte, dès le début de ma peinture, j&rsquo;ai été inspirée par la beauté féminine, les femmes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je ne pensais pas du tout faire une exposition. Mais peu à peu, en voyant mes travaux, des gens m&rsquo;ont fait des remarques, m&rsquo;ont dit que je ne devais pas peindre ainsi au Tadjikistan, que ce n&rsquo;était pas admissible. Je ne les ai pas écoutés, j&rsquo;ai continué à faire ce qui me plaisait. Mais toutes ces remarques, l&rsquo;étonnement du public, m&rsquo;ont amenée à l&rsquo;idée d&rsquo;une exposition. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet incident du téléphone a été la goutte d&rsquo;eau qui fait déborder le vase, qui a mis à bout ma patience. La façon dont les femmes sont considérées chez nous n&rsquo;est pas un secret. Il y a souvent un mépris grossier, ils ne voient simplement pas une personne dans une femme, ni son âme. Ils ne comprennent pas que les femmes se sentent mal et blessées. J&rsquo;ai décidé de montrer à mes compatriotes que la femme est belle, que son corps est beau et qu&rsquo;elle a aussi une belle âme.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls.jpeg" alt="Nudité Art Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46512" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La réaction violente du public a-t-elle été une surprise pour vous ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me doutais bien qu&rsquo;elle serait négative, mais je ne pensais pas que tout cela prendrait une telle ampleur&#8230; Je fais simplement ce que je sens. Je ne veux pas vivre dans la cage de l&rsquo;opinion générale. Et c&rsquo;était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivant à Douchanbé, j&rsquo;ai pu voir toutes sortes de jeunes tadjiks de la grande ville, filles et garçons, qui se considéraient jadis comme « Russes », aujourd&rsquo;hui comme « Occidentaux », c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils vivent sans tenir compte des traditions. On dit même qu&rsquo;ils ne maîtrisent pas leur langue…</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la langue me préoccupe aussi. Depuis l&rsquo;enfance. À la maison, nous parlons tadjik, mais c&rsquo;est un tadjik très différent de la langue de la rue, plus littéraire, proche du farsi. Avec le tadjik parlé aujourd&rsquo;hui, ou plus exactement avec sa variante populaire, j&rsquo;ai évidemment des problèmes. Je me rappelle qu&rsquo;enfant, je n&rsquo;arrivais pas à comprendre pourquoi nos voisins parlaient différemment, et parfois je ne pouvais tout simplement pas les comprendre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais allée voir mon père en lui demandant : « Est-ce que je ne devrais pas apprendre à parler ce dialecte ? » Ce à quoi mon père a répondu : « Non, en aucun cas, tu ne dois pas faire ce que font tous les autres. Agis comme cela te convient, comme tu le ressens au fond de ton cœur. » C&rsquo;est cette règle que je suis depuis ce jour, et pas seulement par rapport à la langue. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="352" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem.jpeg" alt="Poème Art Tadjikistan" class="wp-image-46511" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem-300x213.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que répondez-vous d&rsquo;habitude aux critiques qui disent que chez les Tadjikes, il n&rsquo;est pas d&rsquo;usage de montrer un corps nu dans l’art ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je leur parle du <em>Livre des Rois</em> de Ferdowsi et des illustrations qui en ont été faites. Et c&rsquo;était il y a bien des siècles. D&rsquo;ailleurs ce n&rsquo;est pas seulement chez les Tadjikes que l&rsquo;on ne pouvait pas montrer et représenter un corps nu, c&rsquo;était le cas partout. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais beaucoup de peuples ont dépassé ce moment, l&rsquo;art n’est pas resté figé, et les artistes ont commencé à représenter la beauté du corps humain, beaucoup plus tôt que nous. Et je ne suis pas la première à avoir fait cela chez nous, au Tadjikistan. Cela s&rsquo;était déjà produit au XXe siècle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;parents&nbsp;</strong><strong>réagissent-ils</strong><strong>&nbsp;à&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>toiles ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père et ma mère me soutiennent toujours, ils s&rsquo;efforcent de comprendre ce que je fais. À l&rsquo;époque ils se faisaient du souci pour moi, ils voulaient me protéger, mais ils n&rsquo;ont jamais décidé pour moi qui je devais être et ce que je devais faire de ma vie. Ils m&rsquo;ont donné la possibilité de choisir, de décider par moi-même. C&rsquo;est sans doute pour cela que je n&rsquo;ai jamais compris que des gens de mon âge puissent agir contre leur volonté… </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>J&rsquo;ai lu que votre père était musicien, votre mère programmeuse.</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père a beaucoup de cordes à son arc, mais il a une relation particulière avec la musique. Il a appris la guitare, mais aussi la flûte et le piano. Il pratique ces instruments depuis longtemps, mais c&rsquo;est dans le domaine de la finance qu&rsquo;il travaille. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/splendeurs-dasie-centrale-le-louvre-reporte-en-2022-la-premiere-grande-exposition-dart-ouzbek-en-europe/">« Splendeurs d’Asie centrale » : le Louvre reporte en 2022 la première grande exposition d’art ouzbek en Europe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;amour de la musique lui est resté, et c&rsquo;est lui qui nous a fait découvrir le monde de l&rsquo;art, qui nous a appris à aimer la musique, la peinture et l&rsquo;histoire. Et ma mère, en plus d’être programmeuse, pratique le tir à l&rsquo;arc, elle est toujours en lice pour les championnats du Tadjikistan.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A-t-</strong><strong>elle</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>gagné</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>une</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>médaille</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas encore, malheureusement.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>NDLR</em> : <em>Marifat ne savait pas encore que peu de temps avant l&rsquo;interview, sa mère, Firouza Dovlatova, avait remporté la médaille de bronze aux championnats du pays.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous ressenti dans votre famille ce dont nous parlions tout à l&rsquo;heure, un mépris à l&rsquo;égard des femmes ? Ou bien les relations entre vos parents étaient-elles respectueuses ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Incontestablement, oui ! Aussi loin que je me souvienne, j&rsquo;ai toujours senti de l’amour et du respect dans les relations de mes parents, et c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils nous ont appris.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cela se produit-il fréquemment dans d’autres familles tadjikes, d&rsquo;après vos observations ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis mon enfance, je n&rsquo;ai pu observer des relations de famille que chez moi et chez des parents proches…et je ne peux pas dire que tout m&rsquo;ait plu. Il y avait des moments où j&rsquo;étais catégoriquement en désaccord, mais, comme cela est d&rsquo;usage en Orient, on ne donne généralement pas à l&rsquo;enfant le droit de parler ou la possibilité de s&rsquo;exprimer. Dans nos familles il y avait de l&rsquo;amour et du respect, mais j&rsquo;ai vu aussi du manque de respect du côté des hommes. Du côté des garçons, dans la rue, à l&rsquo;égard des filles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En grandissant, j&rsquo;ai commencé à exprimer mon désaccord devant de tels comportements. À cause de cela ma famille m&rsquo;appelait « rebelle ». Je voyais la peur des femmes devant les hommes. Et je ne comprenais pas d&rsquo;où elle venait. J&rsquo;étais profondément indignée quand j&rsquo;entendais dire : “C&rsquo;est un garçon, cela explique tout.” </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous que ce soit seulement inhérent à la société tadjike ? Y a-t-il en elle un mauvais atavisme ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr que non, je suis certaine que cela ne se trouve pas seulement chez le peuple tadjik, on peut aussi observer ce genre de comportement dans d&rsquo;autres nationalités, mais je l&rsquo;ai surtout remarqué dans la majorité des pays post-soviétiques. Il faudrait naturellement se plonger dans l&rsquo;histoire, quand les femmes avaient beaucoup moins de droits que les hommes, et cela, bien sûr,&nbsp;a eu&nbsp;des répercussions sur la société contemporaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parlons de vos tableaux auxquels je m’intéresse. Celui-ci avec un garçon qui pleure par exemple. Pourquoi pleure-t-il ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes travaux expriment mon monde intérieur, mes émotions, mes sentiments. Il pleure de ressentiment et de douleur. Les larmes sont notre douleur… Enfin, je suppose. Mais je me rends compte avec le temps qu&rsquo;en parlant de mes&nbsp;œuvres, en expliquant le sens que j&rsquo;ai voulu leur donner, je commence à ne plus m&rsquo;en souvenir.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="549" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy.jpeg" alt="Art Emotions Tadjikistan" class="wp-image-46506" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy-271x300.jpeg 271w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez montré que ce garçon, que les hommes tadjiks pleurent eux aussi. Peut-être qu&rsquo;eux aussi ont beaucoup de problèmes. Devriez-vous vous sentir désolée pour eux ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, il existe aussi de l&rsquo;injustice à l&rsquo;égard des hommes. Mais mon travail porte seulement sur les femmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On dirait qu&rsquo;après 2018, vous avez marqué une pause dans votre création. J&rsquo;ai entendu dire que vous avez perdu votre atelier à Douchanbé. On vous empêche de travailler ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, il n&rsquo;y a évidemment pas de pause. J&rsquo;ai participé début 2019 avec d&rsquo;autres artistes à une exposition à l&rsquo;ambassade de France, et en automne de la même année à l&rsquo;exposition internationale du New Jersey, aux États-Unis. En 2020 plusieurs expositions devaient avoir lieu, mais elles ont été supprimées à cause de la pandémie qui chamboule tous nos projets. Il est difficile en ce moment de planifier quelque chose. Mais je ne peux pas dire que quelqu’un m&#8217;empêche de travailler à Douchanbé, même si j&rsquo;ai évidemment beaucoup moins de possibilités créatrices ici que dans les pays européens. Et j&rsquo;ai dû renoncer à mon atelier parce que je suis constamment en voyage. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous continuez à travailler sur le nu ici en Europe ? Si oui, où trouvez-vous vos modèles ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont pas toujours des modèles, mais souvent des figures que j&rsquo;imagine. Mais il est possible ici de trouver des modèles grâce aux amis et connaissances. C&rsquo;est évidemment plus simple qu&rsquo;à Douchanbé où il me fallait d&rsquo;abord convaincre, puis modifier les traits du visage… Mais voyager en Europe fait naître en moi beaucoup d&rsquo;émotions et de sentiments nouveaux. Je fais alors des croquis, des esquisses rapides que je reprends ensuite dans des formats plus grands. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/linfluence-des-peintres-allemands-dans-lart-au-kazakhstan/">L’influence des peintres allemands dans l’art au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout récemment, j&rsquo;ai pris l&rsquo;habitude de peindre de petites cartes postales des endroits où je suis allée. Je marche beaucoup et j&rsquo;essaie de bien observer tous les détails autour de moi. Je vais là où me portent mes yeux, et pas là où veulent m&rsquo;envoyer les guides touristiques occidentaux. Mon amour pour le nu est toujours vivant en moi, mais il se transforme chaque jour. Mon monde se transforme, et je me transforme avec lui. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi travaillez-vous seulement à l’aquarelle qui est compliquée et délicate ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement pour cette raison ! Elle m&rsquo;apprend la patience et le calme. J&rsquo;essaie de me chercher, d&rsquo;expérimenter, de me confronter à différentes techniques, mais l&rsquo;aquarelle vit toujours avec moi. C&rsquo;est une partie intégrante de ce que je suis. J’en suis tombée amoureuse dès l&rsquo;enfance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, j&rsquo;ai pour elle un amour très particulier, et ce n&rsquo;est pas du tout une passion qui flambe et s&rsquo;éteint avec le temps. Si vous me demandiez de la comparer à quelque chose ou à quelqu&rsquo;un, je dirais que l&rsquo;aquarelle est pour moi comme un oiseau, aussi libre et légère, mais avec un caractère très compliqué.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quoi qu&rsquo;il en soit, les critiques ont fait que l&rsquo;on vous connaît maintenant… Mais pourquoi ce nom “Davlatova” ? Pourquoi n&rsquo;avez-vous pas modifié ce nom de famille “russe” ?&nbsp;</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril 2020 le parlement du Tadjikistan a interdit l&rsquo;utilisation des noms de famille et des patronymes russifiés.  Dans mon enfance je m&rsquo;appelais Marifati Iskandar, c&rsquo;est le nom de mon père. Plus tard, avant de finir ma 3ème, j&rsquo;ai changé mon nom de famille pour Davlatova, parce que c&rsquo;est le nom de mon arrière-grand-père, c&rsquo;était une façon de garder sa mémoire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous mes papiers officiels sont au nom de Davlatova, et si je changeais de nom, il faudrait tous les refaire. De plus tous les documents et certificats ne peuvent être changés. Et je ne vois pas l&rsquo;intérêt de passer beaucoup de temps là-dessus si je peux le dépenser à travailler sur mon propre développement. Je ne veux pas inventer de problèmes inutiles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je&nbsp;</strong><strong>reviens</strong><strong>&nbsp;à la question de&nbsp;</strong><strong>votre</strong><strong>&nbsp;“</strong><strong>notoriété</strong><strong>”. Avez-vous plus&nbsp;</strong><strong>d&rsquo;acheteurs</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>qu&rsquo;avant</strong><strong>&nbsp;? Qui&nbsp;</strong><strong>sont-ils</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, après 2018 les personnes ont commencé à s&rsquo;intéresser à moi, à m&rsquo;inviter pour des expositions et des évènements en dehors du pays. Quant à mes acheteurs, ce sont plutôt des acheteuses. Elles ont vu mes travaux, elles les ont aimés, elles y ont trouvé quelque chose qui était proche d&rsquo;elles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des femmes très différentes qui viennent d&rsquo;Asie centrale ou d&rsquo;autres pays post-soviétiques. Je corresponds avec beaucoup d&rsquo;entre elles, nous restons en contact, nous attendons qu&rsquo;il soit de nouveau possible de nous rencontrer, chez moi ou chez elles, et de commencer un nouveau travail. Ce sont douze femmes magnifiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;une</strong><strong>&nbsp;de&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;toiles, il&nbsp;</strong><strong>m&rsquo;a</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>semblé</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>reconnaître</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Aliya</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Chaguieva</strong><strong>, la fille de&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;ex-président</strong><strong>&nbsp;du&nbsp;</strong><strong>Kirghizistan</strong><strong>&nbsp;</strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almazbek_Atambaev" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Almazbek</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Atambaïev</strong></a><strong>. Est-</strong><strong>ce</strong><strong>&nbsp;bien&nbsp;</strong><strong>elle</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non. Malheureusement. Je ne l&rsquo;ai pas peinte, et je ne la connais même pas personnellement. Mais elle me plaît beaucoup. J&rsquo;aime ce qu&rsquo;elle fait, j&rsquo;aime la personne qu&rsquo;elle est, je suis proche de son univers.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl.jpeg" alt="Nudité Art Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46510" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui&nbsp;d&rsquo;autre&nbsp;vous&nbsp;plaît&nbsp;parmi&nbsp;les&nbsp;personnalités&nbsp;féminines&nbsp;d&rsquo;Asie&nbsp;centra</strong>l<strong>e, de qui&nbsp;aimeriez-vous&nbsp;faire le&nbsp;portrait ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Asie centrale, il y a énormément de femmes intéressantes. La liste serait très longue. En général, je ne fais pas très attention au statut, à la notoriété. Il arrive souvent que j&rsquo;aie envie de peindre un tableau d&rsquo;une femme que je ne connais pas, que je vois pour la première fois. Mais il y a aussi des femmes connues dans le monde entier dont la personnalité me plaît. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous</strong><strong>&nbsp;citer&nbsp;</strong><strong>quelques</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>noms</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime&nbsp;beaucoup Natalie Portman et Audrey&nbsp;Tautou.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>n&rsquo;avez</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>pas</strong><strong>&nbsp;fait de tableau de&nbsp;</strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gulnora_Karimova" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Goulnara</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Karimova</strong></a><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non. Je n&rsquo;ai jamais pensé à elle… Mais de toute façon, la personne la plus importante pour moi est ma mère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos tableaux se vendent bien ? Les nouveaux et les anciens ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est relatif, cela dépend. Je vends des tableaux anciens, des nouveaux. Tout dépend des gens. Généralement ce sont des acheteurs étrangers. Mais j&rsquo;ai toujours beaucoup de mal à me séparer de chacune de mes œuvres, elles me manquent ensuite. Mais je comprends bien qu&rsquo;elles aussi, comme moi, ont le droit de voyager. Je ne me souviens pas exactement combien de tableaux ont été achetés, environ une quarantaine ou une cinquantaine. Le montant le plus élevé que j’ai eu était de 2 300 dollars (1909,2 euros). </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous&nbsp;</strong><strong>avez</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>dit</strong><strong>&nbsp;tout à&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;heure</strong><strong>&nbsp;que&nbsp;</strong><strong>votre</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>père</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>avait</strong><strong>&nbsp;beaucoup de&nbsp;</strong><strong>cordes</strong><strong>&nbsp;à son arc. Et&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime beaucoup écouter de la musique. Elle fait naître des formes, des univers dans ma tête. C’est de la musique très différente mais j&rsquo;aime beaucoup la musique classique instrumentale, l&rsquo;opéra et le jazz. Et j&rsquo;ai un amour particulier pour notre musique populaire authentique. Encore plus pour les livres. Je ne pourrais pas m&rsquo;imaginer vivre sans. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-artistes-qui-ne-sont-pas-des-rebelles-a-quoi-servent-ils-au-fait/">« Les artistes qui ne sont pas des rebelles, à quoi servent-ils au fait ? » – entretien avec Viatcheslav Akhounov</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime beaucoup faire quelque chose avec mes mains, créer des éléments de décoration, en bois particulièrement. Je pense que je m&rsquo;achèterai un jour les outils qu&rsquo;il faut pour cela. Je vais souvent en montagne, j&rsquo;aime photographier et faire des vidéos. J&rsquo;ai aussi un amour pour la mode qui m&rsquo;a fait étudier à l&rsquo;Institut du design et du vêtement. Il arrive encore aujourd&rsquo;hui que je couse quelque chose.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous n&rsquo;êtes apparemment encore pas mariée. Êtes-vous très exigeante dans vos choix ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est&nbsp;vrai. Je&nbsp;n&rsquo;ai&nbsp;jamais&nbsp;été&nbsp;mariée&nbsp;et je&nbsp;n&rsquo;ai&nbsp;jamais&nbsp;aspiré&nbsp;à me&nbsp;marier. Je ne&nbsp;suis&nbsp;pas à la recherche de&nbsp;quelqu&rsquo;un,&nbsp;cela&nbsp;n&rsquo;est&nbsp;pas pour&nbsp;moi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>, le&nbsp;</strong><strong>mariage</strong><strong>…</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">… n&rsquo;est pas le but principal de la vie, et ce n&rsquo;est même pas, tout simplement, un but. Pour moi, c&rsquo;est simplement un mot. Mais ce qui a une grande importance pour moi, c&rsquo;est la famille. Sur ce sujet-là, mon attitude est très responsable. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si j&rsquo;ai un jour envie de lier ma vie à quelqu&rsquo;un, de fonder une famille, je voudrais que ce soit pour toujours. Il faut que ce soit vraiment la personne de ma vie, mon âme&nbsp;sœur. C&rsquo;est pour cela que je ne suis pas pressée. Chaque chose en son temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est vrai aussi pour vos toiles ? Qu&rsquo;en pensez-vous ? Je veux parler de leur réception dans notre pays ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je&nbsp;pense&nbsp;que&nbsp;oui,&nbsp;j&rsquo;espère&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais pour le moment&nbsp;vous&nbsp;êtes&nbsp;en Europe. On&nbsp;vous&nbsp;a&nbsp;proposé&nbsp;d&rsquo;y&nbsp;rester&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, j&rsquo;ai eu des propositions de soutien de quelques organisations dans le monde entier, c&rsquo;est exact. Mais comme je l&rsquo;ai déjà dit, je ne souhaite pas m&rsquo;installer définitivement quelque part. Ici, je commence à avoir la nostalgie de mon pays natal, même si à part les montagnes, il n&rsquo;en reste plus grand chose… </p>


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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous n&rsquo;êtes pas une « Européenne » ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne comprends pas très bien ce que signifie “Européenne”. Je pense que l&rsquo;on appelle “Européens” ceux qui marchent ou essaient de marcher avec leur temps, qui ont leur propre opinion et qui se donnent le droit d&rsquo;agir différemment de tous les autres. Et parfois, oui, il n&rsquo;est pas facile de défendre mon point de vue, mon droit à mener la vie qui me convient. Et en cela&#8230;je suis fière d&rsquo;être tadjike.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Alexey&nbsp;Torky</strong> <br><strong>Journaliste pour&nbsp;Fergananews&nbsp;</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://fergana.site/articles/121022/" target="_blank">du russe</a>&nbsp;par&nbsp;Jacques&nbsp;Duvernet&nbsp;</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Luna-Rose Durot</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pia de Gouvello]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Mar 2021 14:45:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Activisme]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société Civile]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/">Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</a></p>
<p>La marche du 8 mars pour les droits des femmes a signé un succès inattendu pour les défenseurs des droits des femmes au Kirghizstan. Alors qu’en 2020, les participants à la marche avaient été embarqués par les forces de l’ordre, près de 600 personnes – un record&#160;– ont pu manifester en paix à Bichkek cette [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/">Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</a></p>
<p><strong>La marche du 8 mars pour les droits des femmes a signé un succès inattendu pour les défenseurs des droits des femmes au Kirghizstan. Alors qu’en 2020, les participants à la marche avaient été embarqués par les forces de l’ordre, près de 600 personnes – un record&nbsp;– ont pu manifester en paix à Bichkek cette année. Pour autant, les perspectives des droits des femmes dans le pays ne se sont pas améliorées avec l’arrivée au pouvoir du nationaliste Sadyr Japarov. </strong></p>
<p>Le 8 mars dernier, environ 600 personnes selon les estimations du média indépendant kirghiz <a href="https://kloop.kg/blog/2021/03/08/live-marsh-za-prava-zhenshhin-v-bishkeke-i-oshe/">Kloop</a> se sont réunies à Bichkek pour une marche de solidarité à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Réunis cette année autour du thème du bonheur des femmes, les participants ont pu défiler sans encombre, et ce contre leurs propres attentes. Trois jours avant la tenue de l’événement, un tribunal avait interdit toute manifestation dans le centre-ville de la capitale jusqu’au 22 avril, comme l'avait relayé <a href="https://kaktus.media/doc/433186_marsh_na_8_marta_pod_ygrozoy_sryva._syd_zapretil_provodit_mirnye_akcii_v_centre_bishkeka.html">le média kirghiz Kaktus</a>, une décision justifiée confusément par le risque de désordre et d’embouteillages et la situation épidémique. Pendant ce temps-là, plus de 1&nbsp;500 personnes investissaient les rues de Bichkek pour célébrer la journée du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ak-kalpak">ak-kalpak</a>, le chapeau traditionnel, comme le rapporte l'agence d'information kirghize <a href="https://24.kg/obschestvo/185420_chtobyi_molodej_gordilas_vbishkeke_otmetili_den_akkalpaka/">24.kg</a>.</p>
<p>Le souvenir des déboires du <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-la-marche-de-solidarite-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-interrompue-par-des-agresseurs-masques/">8 mars 2020</a>, lorsque les participants avaient été menacés par une bande d’hommes masqués et coiffés du fameux couvre-chef, puis arrêtés, est également encore frais dans les mémoires. «&nbsp;<em>Quand le nouveau président a été élu, j’ai écrit que si l’an dernier ils nous attachées, arrêtées et emmenées au commissariat central, cette . . .</p>

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		<title>Langue de la domination : conversation avec Médina Bazargali</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/langue-de-la-domination-conversation-avec-medina-bazargali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Robin Roth]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2021 10:51:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Médina Bazargali]]></category>
		<category><![CDATA[Militant]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/langue-de-la-domination-conversation-avec-medina-bazargali/">Langue de la domination : conversation avec Médina Bazargali</a></p>
<p>Médina Bazargali est une artiste contemporaine originaire du Kazakhstan et basée à Moscou. Son dada : mêler Internet, les nouvelles technologies et les réalités post-totalitaires pour créer un réalisme ironique et exagéré. La rigueur soviétique, la révolution numérique et la renaissance de l'identité nationale font un tout, comme un lot de produits « 3 en [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/langue-de-la-domination-conversation-avec-medina-bazargali/">Langue de la domination : conversation avec Médina Bazargali</a></p>
<p><strong>Médina Bazargali est une artiste contemporaine originaire du Kazakhstan et basée à Moscou. Son dada : mêler Internet, les nouvelles technologies et les réalités post-totalitaires pour créer un réalisme ironique et exagéré. La rigueur soviétique, la révolution numérique et la renaissance de l'identité nationale font un tout, comme un lot de produits « 3 en 1 » vendu en supermarché. À travers ses œuvres, elle cherche une fréquence d'oscillation durable entre ces trois pôles.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 octobre 2019 par le magazine en ligne germano-autrichien </strong><a href="https://transitorywhite.com/articles/on-language-of-supremacy-medina-bazargali-in-conversation"><strong>TransitoryWhite</strong></a><strong>.</strong></p>
<p><a href="https://fu-berlin.academia.edu/SaltanatShoshanova">Saltanat Chochanova</a> et Annika Ernst Terwey ont mené en octobre 2019 une interview auprès de Médina Bazargali pour la questionner sur son engagement politique, qu’elle place au cœur de son art. La jeune artiste kazakhe, basée à Moscou, a pour ambition de mélanger la réalité post-totalitaire avec les nouvelles technologies pour produire un art ironique.</p>
<p>Saltanat Chochanova est étudiante en maîtrise d'Histoire de l'art à <a href="https://www.fu-berlin.de/en/index.html">l'Université libre de Berlin</a>. Ses recherches portent sur les relations entre l'art et les théories <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Queer">queer</a> et féministes, la migration queer, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tudes_d%C3%A9coloniales">études décoloniales</a> et l'espace post-soviétique. Elle est militante et a coorganisé plusieurs <a href="https://qp8.univie.ac.at/">conférences</a> féministes queer à Vienne et à Berlin.</p>
<p>Annika Ernst Terwey est une designer et artiste germano-italienne des nouveaux médias. Elle a étudié la communication visuelle à <a href="https://www.udk-berlin.de/en/home/">l'Université des Arts de Berlin</a>, où elle a obtenu son diplôme en nouvelles écritures médiatiques. Dans son travail, elle explore de nouvelles formes de communication à travers la conception d'interactions, l'installation vidéo et les expositions. Ses intérêts portent sur les sciences de l'environnement, les nouvelles technologies et l'étude de la perception humaine. Cette interview a eu lieu sous la forme d'une discussion.</p>
<p><strong>Saltanat Chochanova&nbsp;: Vous êtes considérée comme appartenant à la nouvelle génération d'artistes contemporains kazakhs. Quels liens faites-vous avec la génération artistique de vos parents, avec des artistes comme </strong . . .
</p>

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		<item>
		<title>Kazakhstan : quand l’État promeut une vision obéissante de la femme</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-François Hubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Feb 2021 09:22:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/">Kazakhstan : quand l’État promeut une vision obéissante de la femme</a></p>
<p>Au Kazakhstan, les autorités ne manquent pas d’incohérence&#160;: si elles promeuvent officiellement l’égalité des sexes, elles soutiennent aussi financièrement des dizaines de projets qui prônent l’obéissance des femmes. La brochure «&#160;Le mariage, une affaire délicate&#160;! Choisir un compagnon de vie&#160;», publiée à la demande du Centre du soutien familial est l’un des exemples de projet [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/">Kazakhstan : quand l’État promeut une vision obéissante de la femme</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/">Kazakhstan : quand l’État promeut une vision obéissante de la femme</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, les autorités ne manquent pas d’incohérence&nbsp;: si elles promeuvent officiellement l’égalité des sexes, elles soutiennent aussi financièrement des dizaines de projets qui prônent l’obéissance des femmes. La brochure «&nbsp;Le mariage, une affaire délicate&nbsp;! Choisir un compagnon de vie&nbsp;», publiée à la demande du Centre du soutien familial est l’un des exemples de projet faisant polémique. Les valeurs moyenâgeuses dudit document n’ont pas manqué de révolter la journaliste Aïssoulou Toïchibiekova. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 26 mai 2020 par le média kazakh<a href="https://vlast.kz/books/39799-brak-v-interesah-gosudarstva.html"> Vlast.kz. </a></strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Officiellement, l&rsquo;État kazakh soutient l&rsquo;égalité hommes-femmes. Mais dans le même temps, des projets visant à valoriser l&rsquo;obéissance des femmes sont toujours financés. C&rsquo;est notamment le cas d&rsquo;une brochure intitulée «&nbsp;Le mariage, une affaire délicate&nbsp;! Choisir un compagnon de vie&nbsp;». La <a href="https://egov.kz/cms/sites/default/files/vybiraem_sputnika_zhizni-egov-rus.pdf">brochure</a> provocante, rédigée par Madina Baïbolova et publiée grâce à des fonds publics, tente d’influencer l’attitude des jeunes femmes en âge de se marier. </p>


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<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Elle traite du mariage, de la famille, du rôle de la femme et de son énorme responsabilité. La brochure s’adresse aux jeunes femmes, «&nbsp;<em>qui souhaitent trouver leur moitié et fonder une famille forte, ainsi qu’à tous ceux et celles qui s’intéressent aux questions du mariage et de la famille en général</em>&nbsp;». C’est du moins ce que prétend le document. Cependant, il est évident que l’autrice vise uniquement les jeunes femmes dans le but de leur inculquer &nbsp;<em>« ce qu’elles devraient faire pour réussir leur mariage »</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Pour autant, la brochure ne définit pas le mariage comme le but de toute une vie et recommande de se libérer de l’adage «&nbsp;<em>le temps perdu ne se rattrape plus</em>&nbsp;». En dépit de cet éclaircissement, le contenu du texte ne va certainement pas empêcher les militantes féministes de critiquer de manière véhémente ce document d’un autre temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour se marier, « il faut se rendre digne de l&rsquo;amour d&rsquo;un homme »</strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Chaque page traite d’un sujet différent concernant la préparation d’une femme au mariage. Une jeune fille doit répondre à toute une série de critères pour se rendre digne de l’amour d’un homme et pouvoir se marier. </p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/0d375f75bd835b847b4f281f1ea9c72f_1160xauto.jpg" alt="brochure mariage affaire délicate" class="wp-image-43103" width="578" height="702" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/0d375f75bd835b847b4f281f1ea9c72f_1160xauto.jpg 484w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/0d375f75bd835b847b4f281f1ea9c72f_1160xauto-247x300.jpg 247w" sizes="auto, (max-width: 578px) 100vw, 578px" /><figcaption>La brochure « Mariage est une affaire délicate. Choisir un compagnon de vie ».</figcaption></figure>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">La lectrice se voit analysée sous le prisme de ce qu’elle peut apporter au mariage, comme cela pourrait être le cas lors d’un entretien d’embauche. Des qualités telles que la sagesse, la compassion et la gentillesse s’opposent à l’infantilisme, au caprice et à l’égoïsme. Les femmes doivent apprendre à combattre leurs défauts et à cultiver leurs qualités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Millennials, une génération gâtée </strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">L’autrice s’en prend directement aux Millennials, génération qu’elle considère comme narcissique, gâtée et égocentrique, et minimise leur originalité et leur potentiel. Madina Baïbolova écrit ainsi que «&nbsp;<em>les gens ne respectent plus les droits d’autrui, mais imposent qu’on les respecte et qu’on les comprenne</em>&nbsp;» dans la brochure où elle fait la liste des caractéristiques exigées pour une future mariée. Une liste unilatérale qui ne prend en compte que les intérêts de l’homme et de ses parents.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">L’autrice poursuit avec un verdict accablant&nbsp;: «&nbsp;<em>les statistiques de divorces entre jeunes diplômés d’universités prestigieuses, à qui les parents ont tout donné au point d’en faire des monuments d’égocentrisme, font peine à voir</em>&nbsp;».</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">En réalité, ce ne sont pas tant les divorces de ces jeunes gens qui sont tristes, mais la façon dont l’autrice tente d’éblouir les jeunes filles pour leur inculquer le devoir de tout supporter et d’abandonner leurs ambitions pour devenir l’épouse parfaite. Tout au long des 19 pages de ce manuel à la gloire de la soumission des femmes, Madina Baïbolova dépeint l’homme comme au centre de tout, idéal que toute femme doit viser et, bien sûr, respecter en toutes circonstances. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Faites attention à l&rsquo;énergie que vous dégagez »</strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Pour rendre plus efficace ce lavage de cerveau, l’autrice parle en abondance de condition féminine, tendresse et autres stupidités pseudo-ésotériques sur l’énergie entre hommes et femmes. Par exemple, si vous ouvrez une porte sans attendre qu’un homme le fasse pour vous, vous manquez de féminité. Car l’homme ressent l&rsquo;énergie que vous dégagez&nbsp;; or, c’est lui le chasseur énergique, pas vous.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph"><em>« L’homme est un chasseur par nature. Il remarque une femme bien avant qu’elle ne le remarque. Cette faculté lui permet d’évaluer rapidement comment elle se comporte dans la vie&nbsp;: comment elle parle, s’habille, quel regard elle a et avec quelles personnes elle s’associe »</em>, décrit la brochure. <em>« Si ces éléments lui déplaisent, il ne se manifestera pas à elle. Souvenez-vous qu’un homme de qualité ne confiera son bonheur qu’à celle qui le rendra heureux »</em>, ajoute le texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La brochure ne se singularise pas que par sa stupidité, elle provoque également une tempête d’émotions négatives. Elle n’a plus sa place en 2020, ni même dans les décennies précédentes, car elle définit l’essence de la relation entre une femme et un homme à une relation de troc, dans laquelle la femme occupe toujours une position inférieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Adaptez-vous, remettez-vous en question »</strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Le ton humiliant que Madina Baïbolova utilise pour apprendre aux filles à s’adapter aux hommes frappe en ce qu’il se présente comme la norme. « <em>Adaptez-vous, remettez-vous en question, soyez une source de confort et de patience dédiée à un homme, c’est sans aucun doute la seule façon d’obtenir son amour..</em>. « , décrit la brochure.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Et si vous réussissez, le chemin à travers les sept cercles de l’enfer féminin ne fait que commencer, car une femme doit poursuivre ses efforts après le mariage&nbsp;: être douce, patiente, sexy, toujours attrayante, le cœur et l’âme ouverts, prête à admirer les idées de son mari et à attendre son retour à toutes les heures de la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abandonner ses ambitions au nom du mariage parfait </strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">L’autrice écrit avec le plus grand sérieux que pour garantir la tranquillité d’esprit de leur mari, les femmes devraient abandonner leurs ambitions professionnelles dans le but de devenir indépendantes et cela pour consacrer plus de temps au ménage, quitte à gagner moins.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La meilleure opportunité professionnelle pour une femme mariée est un emploi d’indépendante, par exemple en ligne, via Instagram, en coaching, en tout cas avec un horaire libre. L’homme pourra alors rentrer chez lui et retrouver quelqu’un qui l’attend avec impatience et lui a préparé de quoi manger et le divertir, plutôt que quelqu’un qui sort crevé d’une journée de travail </em>», décrit Madina Baïbolova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;objectif  des autorités : la diminution des divorces </strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Avec plus ou moins de subtilité, l’autrice enseigne aux jeunes femmes que le divorce est négatif, que le mariage est un acte définitif. Ce principal moral sert les intérêts de l’État, qui s’empresse donc de fournir des subventions. La fondation à l’origine de cette brochure n’est d’ailleurs pas la seule à diaboliser le divorce. </p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">L’Union des centres de crise du Kazakhstan a par exemple reçu une subvention <a href="https://cisc.kz/ru/materials/478">de 300&nbsp;millions de tengués</a> (600 000 euros) pour mettre en œuvre un projet visant à ouvrir des centres de soutien psychologique pour les couples en cours de divorce, leur conseillant autant que faire se peut une réconciliation. Pour justifier la fin, à savoir la réduction du nombre de divorces, tous les moyens sont bons.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">En réalité, le nombre de mariages enregistrés n’est pas plus un indicateur de la réussite de la stratégie des autorités que le divorce n’est un indicateur de leur échec. L’État kazakh ne sait d’ailleurs plus que faire et finit par se contredire&nbsp;: certains documents officiels vont dans un sens, d’autres à l’opposé. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le divorce souvent considéré comme un échec</strong> <strong>de la femme </strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph"><a href="http://www.akorda.kz/ru/npa-nacionalnoi-komissii">Le concept de politique familiale et d’égalité des sexes</a> au Kazakhstan à l’horizon&nbsp;2030 est un document qui indique que l’égalité des sexes contribue à accroître la responsabilité de tous les membres de la famille pour «&nbsp;<em>les fonctions domestiques, économiques, morales, éducatives, protectrices et d’autres fonctions importantes</em>&nbsp;» au sein du cercle familial. C’est-à-dire qu’avec les mêmes droits et responsabilités, les membres de la famille peuvent prendre des décisions éclairées qui doivent être respectées à l’intérieur et à l’extérieur de ce cercle. </p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Cependant, dans les faits, la politique des autorités publiques considère que les femmes sont plus responsables de la sécurité de la famille. Comment expriment-elles cette position ? En soutenant des projets comme celui de la brochure. Au lieu de promouvoir réellement l’égalité des sexes, l’État s’évertue à dissuader les divorces. Et s’engage à faire baisser de 25&nbsp;% le nombre de divorces d’ici 2030. Or, le problème est ailleurs&nbsp;: dans la société kazakhe, le mariage demeure un gage de qualité de vie sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;État n&rsquo;est pas en faveur de la cause des femmes</strong></p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Au lieu d’encourager l’égalité des sexes et d’aider les femmes à s’affranchir de la tutelle sociale et financière des hommes et du mariage, l’État dépense ainsi des millions pour stigmatiser le divorce, intimider autant que possible les couples qui y songent et leur imposer une pression psychologique. Le constat actuel est sans appel&nbsp;: les organisations qui promeuvent les stéréotypes sexistes et encouragent les filles à assumer les responsabilités du ménage sans prendre part aux décisions familiales se voient octroyer des subsides pour leurs projets. Ce n’est certainement pas le Kazakhstan dans lequel des milliers des femmes auraient envie de vivre.<strong> </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aïssoulou Toïchibiekova</strong><br><strong>Journaliste pour Vlast.kz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du<a href="https://vlast.kz/books/39799-brak-v-interesah-gosudarstva.html"> russe </a>par Pierre-François Hubert </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Gulafiya Chatayeva</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Kazakhstan : un documentaire s&#8217;interroge sur les prénoms féminins pour faire naître un garçon</title>
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		<dc:creator><![CDATA[dlebotlan]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2021 13:01:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Prénoms]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-un-documentaire-sinterroge-sur-les-prenoms-feminins-pour-faire-naitre-un-garcon/">Kazakhstan : un documentaire s&rsquo;interroge sur les prénoms féminins pour faire naître un garçon</a></p>
<p>Un film documentaire est en préparation au Kazakhstan à propos des femmes portant des prénoms avec le préfixe « oul ». Ce préfixe, qui veut dire « garçon » en kazakh, a une signification : le souhait que le prochain enfant à voir le jour, soit un homme. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 21 août [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un film documentaire est en préparation au Kazakhstan à propos des femmes portant des prénoms avec le préfixe « oul ». Ce préfixe, qui veut dire « garçon » en kazakh, a une signification : le souhait que le prochain enfant à voir le jour, soit un homme</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié</strong> l<strong>e 21 août 2020 par le média kazakh <a href="https://informburo.kz/stati/pust-roditsya-malchik-zachem-v-kazahstane-snimayut-film-ob-ulbolsyn-i-pochemu-eto-vazhno.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">informburo.kz</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, il existe un genre de prénoms féminins qui montre le désir d&rsquo;avoir un garçon. Une croyance veut que si une fille est appelée par un de ces prénoms, l&rsquo;enfant suivant sera un garçon. Il est estimé qu&rsquo;un cinquième à un quart des Kazakhes sont nommées ainsi à leur naissance. </p>


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<p class="wp-block-paragraph">Environ 300 prénoms sont concernés, les plus répandus étant Oulbolsyn, Oulkylsyn, Ouldana, Ouljalgas, Oulpan, Oulbala, Ouldaraï, Oultouar, Ouljan, Oultou, Oulmeken, Ouldarkhan, Bolgan, Toïgan ou encore Janyl. Un documentaire intitulé <em>Kyzbolsyn </em>(« qu&rsquo;une fille naisse », en kazakh) est en préparation au Kazakhstan, pour s&rsquo;intéresser aux conséquences d&rsquo;un tel choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivre avec un nom qui signifie qu&rsquo;à sa place était désiré un garçon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus, le média kazakh <a href="https://informburo.kz/stati/pust-roditsya-malchik-zachem-v-kazahstane-snimayut-film-ob-ulbolsyn-i-pochemu-eto-vazhno.html">Informburo.kz</a> a rencontré les créateurs du film et a tenté d&rsquo;éclairer la relation ambiguë entre la société kazakhe et ses filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Katerina Souvorova, originaire <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">d&rsquo;Almaty</a>, l&rsquo;ancienne capitale kazakhe, est la réalisatrice du film. L&rsquo;idée lui est venue quand elle a rencontré la grand-mère de son mari, qui s&rsquo;appelle Oulbolsyn. Ce prénom a alors soulevé beaucoup de questions chez la réalisatrice.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01-1024x682.jpg" alt="Katerina Souvorova réalisatrice Kyzbolsyn documentaire" class="wp-image-42956" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37_01.jpg 1288w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Katerina Souvorova réalise le documentaire Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je me suis imaginé ce que c&rsquo;est que de porter un prénom voulant dire « que ce soit un garçon ». Comment passer toute sa vie avec cette étiquette ? A chaque fois que ce prénom est prononcé, tu comprends que tu n&rsquo;as été qu&rsquo;un second choix »</em>, explique Katerina Souvorova. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mon but n&rsquo;est pas d&rsquo;aller à l&rsquo;encontre de la tradition mais seulement de poser des questions : cette tradition est-elle légitime alors que nous ne sommes pas en temps de guerre ? Les garçons sont-ils toujours essentiels ou  portons-nous un regard différent sur la chose? Le but de mon film est de comprendre comment on peut vivre avec un prénom qui dit que tu n&rsquo;es pas une femme « </em>, ajoute la réalisatrice. Pour Katerina Souvorova, porter un tel prénom ne signifie pas que la fille sera dépourvue de l&rsquo;amour parental. Cela signifie que la famille veut un garçon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« A l&rsquo;école, on nous apprend à être égaux, et soudainement, les membres de notre propre famille regrettent que ne soit pas né un garçon</strong>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune des protagonistes choisies par l&rsquo;équipe du film, habitant à l&rsquo;intérieur comme à l&rsquo;extérieur des frontières kazakhes, vit son prénom d&rsquo;une façon unique. <em>« Certaines désirent changer de prénom, d&rsquo;autres sont heureuses de se sentir garante de l&rsquo;arrivée futur d&rsquo;un garçon »</em>, décrit Katerina Souvorova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous avons d&rsquo;abord choisi les 20 personnes les plus intéressantes, avant de n&rsquo;en garder qu&rsquo;entre sept et dix. En ces temps de quarantaine, nous devons attendre un peu, alors nous travaillons sur le scénario et préparons le tournage »</em>, explique la réalisatrice, car le Kazakhstan n&rsquo;a pas échappé au coronavirus. <em>« Nous ne voulons pas seulement arriver et filmer une interview mais côtoyer nos héroïnes pendant six mois afin de montrer leur quotidien et les difficultés imputés à leur prénom »</em>, affirme Katerina Souvorova.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="465" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37-1024x465.jpg" alt="Jeune fille documentaire Kyzbolsyn" class="wp-image-42955" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37-1024x465.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37-300x136.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37-768x349.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/2jpg37.jpg 1279w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Plan du film Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes ont réagi de diverses façons à la proposition d&rsquo;apparition dans le film. Beaucoup se sont senties gênées par la présence de la caméra. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« A l&rsquo;école, on nous apprend à être égaux, et soudainement, les membres de notre propre famille regrettent que ne soit pas né un garçon. Regarder ce film va nous offrir la possibilité de débattre de ces histoires, ces enjeux vont toucher une plus grande part de la population</em>« , estime Katerina Souvorova. <em>« Il se peut que, petit à petit, nous comprenions que la société ne sortira gagnante qu&rsquo;en mettant les deux genres au même niveau »</em>, ajoute la réalisatrice.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="481" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/3jpg15-1024x481.jpg" alt="Kyzbolsyn documentaire repas" class="wp-image-42957" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/3jpg15-1024x481.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/3jpg15-300x141.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/3jpg15-768x361.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/3jpg15.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Plan du film Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La sortie du film est prévue pour 2021. Il s&rsquo;agira d&rsquo;un long-métrage de 70 à 90 minutes pour qu&rsquo;il puisse être diffusé dans les salles de cinéma et présenté à des festivals.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, 12 000 filles portent un prénom signifiant le souhait d&rsquo;un garçon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_des_Nations_unies_pour_la_population">Fonds des Nations unies pour la population</a> (UNFPA), les prénoms avec la préfixe « Oul » ont concerné 75 400 femmes <a href="https://kazakhstan.unfpa.org/ru/news/%D1%8E%D0%BD%D1%84%D0%BF%D0%B0-%D0%BE%D1%82%D0%BC%D0%B5%D1%87%D0%B0%D0%B5%D1%82-%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D1%83%D0%BD%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B4%D0%BD%D1%8B%D0%B9-%D0%B4%D0%B5%D0%BD%D1%8C-%D0%B4%D0%B5%D0%B2%D0%BE%D1%87%D0%B5%D0%BA-%D0%BF%D0%BE%D0%BA%D0%B0%D0%B7%D0%BE%D0%BC-%D1%82%D1%80%D0%B5%D0%B9%D0%BB%D0%B5%D1%80%D0%B0-%D0%BA-%D0%B1%D1%83%D0%B4%D1%83%D1%89%D0%B5%D0%BC%D1%83-%D0%B4%D0%BE%D0%BA%D1%83%D0%BC%D0%B5%D0%BD%D1%82%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%BE%D0%BC%D1%83-%D1%84%D0%B8%D0%BB%D1%8C%D0%BC%D1%83">entre 1905 et 2019</a>. La décennie entre 2010 et 2019 a concentré 12 264 naissances, soit une baisse par rapport à la génération précédente. L&rsquo;UNFPA est partenaire du documentaire. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/4jpg27-1024x576.jpg" alt="Kyzbolsyn documentaire jeune fille" class="wp-image-42958" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/4jpg27-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/4jpg27-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/4jpg27-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/4jpg27.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Plan du film Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J&rsquo;ai rentré le prénom Oulbolsyn dans Facebook et VKontakte et j&rsquo;ai trouvé beaucoup de profils, des grand-mères comme des filles d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années. C&rsquo;est cela que nous souhaitons montrer dans le film, que c&rsquo;est une tradition encore bien présente et qui vit à travers des femmes de tout âge à travers tout le pays »</em>, continue Katerina Souvorova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l&rsquo;UNFPA a démontré que sur les dix dernières années, la naissance de ces filles a, pour la plupart des cas, été suivie par la naissance d&rsquo;un garçon. Dans certains autres cas, la naissance suivante a été celle d&rsquo;une fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le tiers du budget du film provient du gouvernement suisse</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournage du film dépasse le budget initialement prévu, ce qui pousse l&rsquo;équipe du film à chercher des sponsors. En effet, elle doit non seulement sillonner tout le Kazakhstan mais aussi se rendre jusqu&rsquo;à Barcelone. <em>« Nous voulons montrer à l&rsquo;écran une fille vivant à l&rsquo;étranger et comment elle parle de son prénom à ses amis issus d&rsquo;une autre culture »</em>, raconte Katerina Souvorova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film est soutenu par l&rsquo;UNFPA, qui lui a octroyé une subvention venant de Suisse. <em>« Julia Walesa, représentante de l&rsquo;UNFPA au Kazakhstan a évoqué le film auprès de ses collègues. L&rsquo;information est remontée jusqu&rsquo;à Christa Felder, la consul suisse au Kazakhstan. Ainsi, le consulat suisse nous a financé le tiers du budget alloué au tournage »</em>, confesse la réalisatrice. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/6jpg3-1024x576.jpg" alt="Jeunes filles Kyzbolsyn documentaire" class="wp-image-42960" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/6jpg3-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/6jpg3-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/6jpg3-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/6jpg3.jpg 1288w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Plan du film Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La réalisatrice a sollicité un coup de pouce financier de la part du Centre d&rsquo;Etat de soutien au cinéma national mais la demande reste encore sans réponse. <em>« Pour moi, les films doivent être soutenus par des mécènes kazakhs. C&rsquo;est très flatteur de voir le projet aidé au niveau international mais il me semble que les investisseurs kazakhs doivent aussi prendre part au film »</em>, souligne Katerina Souvorova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Dès leur tendre enfance, les parents font comprendre aux filles qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas la même valeur que les garçons »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition mise en cause remonte au Moyen-Âge. A cette époque, les nomades étaient en conflit constant avec leurs voisins et avaient besoin de plus d&rsquo;hommes que de femmes pour les envoyer à la guerre. La gente féminine était reléguée au second rang et perçue comme une ménagère et une pourvoyeuse d&rsquo;enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les hommes étaient effectivement indispensables à la survie de nos ancêtres. Mais au XXIème siècle, les aboutissements dans les domaines de la science, l&rsquo;art ou le sport n&rsquo;ont jamais été aussi grands. Des enfants talentueux naissent aussi bien chez les garçons que chez les filles. Désormais, il n&rsquo;y a plus de priorité économique, sociale ou politique pour donner naissance à des garçons plus qu&rsquo;à des filles »</em>, estime Khalida Ajigoulova, directrice du Centre de recherche sur les droits de l&rsquo;Homme, l&rsquo;inclusion et la société civile à l&rsquo;Université technologique d&rsquo;Eurasie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chercheuse a d&rsquo;ailleurs relevé trois grands problèmes que rencontrent les filles concernées, le premier étant la discrimination sexuelle. <em>« En nommant ainsi son enfant, la famille montre à la fille et à sa mère qu&rsquo;un garçon était davantage attendu, qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas répondu aux attentes du père et du reste de la famille. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;équivalent masculin à ces prénoms »</em>, décrit Khalida Ajigoulova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la petite fille peut être atteint psychologiquement. Au fur et à mesure qu&rsquo;elle grandit, elle comprend la signification de son prénom. Couplé à un manque d&rsquo;attention de la part des parents, elle peut développer un sentiment de culpabilité de ne pas être née garçon. Dans certains cas, cela peut laisser des séquelles psychologiques. Un grand nombre de ces filles peuvent compenser ce sentiment en se comportant comme un garçon pour montrer qu&rsquo;elles ne valent pas moins qu&rsquo;eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Khalida Ajigoulova, également militante des droits de l&rsquo;Homme, considère que nommer de cette façon leur fille est une forme d&rsquo;harcèlement venant des parents. <em>« Il s&rsquo;agit d&rsquo;une agression passive. Dès l&rsquo;enfance, les parents ne mettent pas au même rang une fille et un garçon. De mon point de vue, il s&rsquo;agit d&rsquo;un violation du droit de l&rsquo;enfant au respect en tant que personne quel que soit son sexe »</em>, explique la chercheuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième problème est la pression psychologique que subit la mère de l&rsquo;enfant. Nommer pareillement le nouveau-né implique que la mère doive enfanter jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un garçon naisse, ce qui ne coïncide pas toujours avec sa volonté. <em>« Cette situation peut, elle aussi, être considérée comme une contrainte psychologique. Certaines circonstances peuvent aboutir à des viols pour donner naissance à un garçon. C&rsquo;est en ce point que les droits de l&rsquo;Homme et les traditions se contredisent »</em>, décrit Khalida Ajigoulova.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/8jpg3-1024x576.jpg" alt="Kyzbolsyn jeune fille documentaire" class="wp-image-42962" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/8jpg3-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/8jpg3-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/8jpg3-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/8jpg3.jpg 1288w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Plan du film Kyzbolsyn.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y remédier, Khalida Ajigoulova propose d&rsquo;adopter une réponse globale. Il ne faut pas blâmer les parents mais passer par des interventions dans les écoles traitant des sujets des droits de l&rsquo;Homme, de l&rsquo;égalité et de la liberté. Il n&rsquo;y a toujours pas de formation juridique au Kazakhstan.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il est nécessaire d&rsquo;introduire des cours sur les droits de l&rsquo;Homme dès la premier année de scolarité. A travers un discours adapté à leur âge, il s&rsquo;agit de faire comprendre</em> aux enfants<em> qu&rsquo;un traitement inégal des garçons et des filles n&rsquo;est pas juste »</em>, estime Khalida Ajigoulova.<em> « S&rsquo;ils comprennent dès l&rsquo;enfance qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de différence entre eux, en terme de droits, alors ils grandiront dans le respect d&rsquo;autrui, personne ne se considérera supérieur ou inférieur »</em> ajoute la chercheuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A ses yeux, la génération future doit comprendre que toutes les traditions ne sont pas bonnes à perpétuer. Il faut qu&rsquo;elle porte un regard critique selon les nouvelles conjonctures sociales, économiques et politiques. Enfin, les enfants ne doivent pas être prisonniers des mécaniques discriminatoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le suivi de l&rsquo;avancement de <em>Kyzbolsyn </em>sur les réseaux est possible avec le hashtag #QyzBolsyn ou sur le compte du studio <a href="https://www.instagram.com/tihiysvet/?hl=fr">@TihiySvet</a> et de la réalisatrice <a href="https://www.instagram.com/katyathezoo/?hl=fr">@katyathezoo.</a></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Jadra Joulmoukhametova</strong><br><strong>Journaliste pour Informburo.kz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://informburo.kz/stati/pust-roditsya-malchik-zachem-v-kazahstane-snimayut-film-ob-ulbolsyn-i-pochemu-eto-vazhno.html">russe </a>par Daniel Le Botlan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Nazira Zhukabayeva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Nathalie Boué</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Pourquoi les femmes d&#8217;Asie centrale commencent à se dévêtir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2021 10:22:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/pourquoi-les-femmes-dasie-centrale-commencent-a-se-devetir/">Pourquoi les femmes d&rsquo;Asie centrale commencent à se dévêtir</a></p>
<p>Depuis 2018, dans quasiment chaque pays d&#8217;Asie centrale, les jeunes femmes mènent leur petite révolution et s’affichent librement. Mais elles s’attirent dans le même temps les foudres de nombre de leurs compatriotes. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 19 juillet 2020 par le média tadjik Asia-Plus. Des photos en topless sur Instagram, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis 2018, dans quasiment chaque pays d&rsquo;Asie centrale, les jeunes femmes mènent leur petite révolution et s’affichent librement. Mais elles s’attirent dans le même temps les foudres de nombre de leurs compatriotes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 19 juillet 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/pochemu-zhentshini-v-tsentralnoi-azii-stali-razdevatsya"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des photos en topless sur Instagram, les seins nus d&rsquo;une mannequin sur le podium, ou du moins des femmes nues en peintures &#8211; tout cela eu lieu en 2018 dans plusieurs pays d’Asie centrale, une région qui reste encore conservatrice. Chacune d&rsquo;entre elles savait qu&rsquo;elles serait confrontée au harcèlement et à la haine: en effet, elles ont subi d’importantes pressions, des manifestations ont même été organisées contre certaines d&rsquo;entre elles.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains experts affirment le début de changements majeurs en Asie centrale et que les noms de ces femmes seront inscrits dans l&rsquo;histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques années, tout l’Internet tadjik parlait d&rsquo;art. L&rsquo;aquarelliste Marifat Davlatova avait exposé des peintures de femmes à moitié nues avec des morceaux de vêtements traditionnels tadjiks. Cela a attiré l’attention autant des adeptes que des profanes du monde artistique. <em>«&nbsp;Nous sommes constamment confrontées dans la rue aux insultes d’inconnus à notre égard, ne serait-ce que pour une épaule découverte. J&rsquo;ai pensé que si je montrais de beaux corps de femmes en laissant comprendre que ce sont ces mêmes femmes qu&rsquo;ils insultent dans la rue, ils auraient honte&nbsp;», </em>a-t-elle expliqué dans une interview en septembre 2018 au média américain <a href="https://voicesoncentralasia.org/artist-talk-i-protest-with-my-art-interview-with-marifat-davlatova-contemporary-artist-from-tajikistan/">Voices on Central Asia</a>. «&nbsp;<em>[…] Je voulais montrer que le corps féminin est beau et qu&rsquo;il ne faut pas le considérer comme un objet, comme une chose. C&rsquo;est une forme de protestation contre les attitudes envers les femmes »</em>, a-t-elle ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Une fille à l’esprit libre dans un Kirghizstan libre&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l&rsquo;exposition de la peintre faisait débat au Tadjikistan, un autre débat s’est ouvert dans le monde musical du Kirghizstan voisin : la chanteuse kirghize de 19 ans, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Zere_Asylbek">Zere Asylbek</a> s&rsquo;est filmée en soutien-gorge dans le clip de sa chanson “<a href="https://www.youtube.com/watch?v=E8XlFBSR1iE">Kyz</a>” sortie en 2018.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-rich is-provider-embed-handler wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
https://www.youtube.com/watch?v=E8XlFBSR1iE
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa chanson, Zere chante :<br><em>« Si seulement venait le temps, l&rsquo;époque où on ne vous apprenait pas comment vivre.</em><br><em>Et où ils ne vous diraient pas “fais-ci, mais ne fais pas ça”.</em><br><em>Pourquoi devrais-je être ce que toi ou la société veut que je sois ?</em><br><em>Je suis humaine, j&rsquo;ai droit à la liberté d&rsquo;expression, où est ton respect&nbsp;? Je te respecte, respecte-moi&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’importance de son message, son soutien-gorge a davantage attiré l’attention. Zere Asylbek et ses proches ont reçu toutes sortes d’accusations, d’insultes et de menaces. <em>« Alors que certains m&rsquo;appellent pour me féliciter, d&rsquo;autres m&rsquo;écrivent : “Cette sorcière n&rsquo;est pas sérieusement votre fille, n&rsquo;est-ce pas&nbsp;? Comment pouvez-vous permettre cela en tant qu&rsquo;enseignant&nbsp;?” Oui, Zere est ma fille. Une fille à l’esprit libre dans un Kirghizstan libre&nbsp;»,&nbsp;</em>a décrit son père, Joodonbekov Asylbek, dans un post Facebook.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/zere-asylbek-mon-histoire-est-devenue-politique/"><strong>Zere Asylbek : « Mon histoire est devenue politique »</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme a elle-même expliqué son clip. <em>« Au Kirghizstan et dans le monde, près de 90 % des jeunes femmes endurent l&rsquo;humiliation dans la société, au travail et à la maison. Je voulais écrire cette chanson en mon nom, au nom des femmes&nbsp;»</em>, a-t-elle affirmé en septembre 2018 auprès de <a href="https://rus.azattyk.org/a/kyrgyzstan-zere-woman-rights/29504848.html">Radio Azattyk</a>, la branche kirghize du média américain Radio Free Europe<em>. «&nbsp;Au début, je voulais confier l&rsquo;idée à des professionnels, mais j&rsquo;ai ensuite décidé d&rsquo;utiliser mon propre potentiel et d&rsquo;écrire la chanson moi-même. Voilà comment elle a été créée »</em>, a-t-elle ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le corps nu comme provocation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes du Kazakhstan ne sont pas restées à l&rsquo;écart de cette «&nbsp;flashmob&nbsp;» spontanée. Fin novembre 2018, la mannequin kazakhe Dinagoul Tassova a défilé dans une robe transparente lors de la <a href="http://astana.kipyat.com/en/photos/show/11851">Fashion Night Astana</a>. <em>«&nbsp;Certains y ont vu une belle robe, d&rsquo;autres y ont vu un corps nu et tous ont commencé à détester mon image »</em>, a décrit le modèle dans une <a href="https://www.bbc.com/russian/features-46681354">interview à la BBC</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-1024x576.jpg" alt="Dinagoul Tassova Femmes Asie centrale Féminisme nudité" class="wp-image-42732" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dinagoul Tassova a défilé avec une robe transparente.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours après le défilé, la jeune femme a publié des photos d&rsquo;elle avec des ecchymoses sur le corps en expliquant qu&rsquo;elle avait été frappée par un jeune homme pour y avoir participé. <em>« Les blessures physiques ne sont rien comparées aux blessures psychologiques qu&rsquo;il m&rsquo;a infligées. J’ai pris la ferme décision que je ne devais pas rester silencieuse à ce sujet&nbsp;!&nbsp;»</em>, a-t-elle affirmé sur <a href="https://express-k.kz/news/moda/model_dina_tasova_pokazala_sinyaki_ostavlennye_blizkim_chelovekom-134068">son compte Instagram</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-1024x576.jpg" alt="Dinagoul Tassova Femmes Asie centrale Féminisme nudité" class="wp-image-42731" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1-1300x731.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/2-1.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dinagoul Tassova a voulu montrer les violences qu&rsquo;elle a subi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2018, une jeune kazakhe de 18 ans, Chirine Nartchaïeva, a fait scandale dans le pays pour avoir posté des photos d’elle seins nus, recouverts par ses mains, et des ornements kazakhs traditionnels habillant sa tête, <a href="https://www.nur.kz/world/1896384-kitaj-predupredil-o-vozmoznom-nacale-vojny/">relevait le média kazakh Nur.kz</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une manifestation a même été organisée contre ses publications, au cours de laquelle les hommes présents lui ont reproché son manque de pudeur et exigé qu’elle revienne dans le droit chemin. <em>« Nous, les habitants du village de Sarbastaou, sommes descendus aujourd&rsquo;hui dans la rue comme un seul homme pour exprimer notre mécontentement face à cette jeune fille nue en vêtements traditionnels. Avec sa nudité, elle méprise non seulement les vêtements traditionnels kazakhs, mais également toutes les femmes »</em>, ont-ils affirmé dans une vidéo relayée notamment par <a href="http://www.matritca.kz/news/59611-miting-protiv-shirin-narchaevoy-ustroili-zhiteli-poselka-sarbastau-video.html">le média kazakh matritca.kz</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la vague d&rsquo;indignation, Chirine Nartchaïeva a enregistré une nouvelle vidéo dans laquelle elle apparaît encore une fois seins nus, mais cette fois-ci avec <a href="https://kaktus.media/doc/384815_v_kazahstane_sotni_myjchin_ystroili_miting_protiv_modeli_iz_za_obnajennyh_snimkov_video.html">un chapeau de mariage traditionnel kazakh</a>.<br>Dans les jours qui ont suivi, une jeune femme kirghize a montré sa solidarité en se photographiant elle aussi seins nus avec un kalpak, le couvre-chef traditionnel kirghiz masculin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le problème n&rsquo;est pas la nudité des femmes tadjikes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les nombreuses critiques dénonçant au minimum la grossièreté des femmes, les experts prêtent surtout attention aux déclarations des jeunes femmes. &nbsp;Zoulaikho Ousmonova, chercheuse à l&rsquo;Institut de philosophie, de science politique et de droit de l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_des_sciences_du_Tadjikistan">Académie des sciences du Tadjikistan</a> estime que tous ces événements sont interdépendants. <em>« Si des événements se produisent dans plusieurs pays en même temps et provoquent une réaction aussi violente, cela démontre que d’importants bouleversements contradictoires secouent la société. Ces bouleversements, qui s’inscrivent dans un processus de transformation sociale, sont motivés par un conflit entre différentes idéologies et visions du monde dans notre société&nbsp;»</em>, a-t-elle affirmé au <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/pochemu-zhentshini-v-tsentralnoi-azii-stali-razdevatsya">média tadjik Asia-Plus</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au premier regard, les sociétés conservatrices d’Asie centrale semblent homogènes, pourtant elles sont imprégnées de nombreuses opinions divergentes. <em>« Dans notre société et notre système politique, on laisse de tels évènements se produire. Des évènements inimaginables dans des pays très proches de nous géographiquement. Bien sûr, il y a eu une grande résistance sociale face aux actions de ces jeunes femmes, mais l&rsquo;État a réagi calmement. En tant que scientifique, cela me rassure bien sûr »</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu&rsquo;on lui demande dans quelle mesure ces formes de protestation provocantes peuvent être justifiées, l&rsquo;experte explique que, dans le cas de Marifat Davlatova, le mécontentement de la société ne concerne pas directement la nudité des femmes sur ses peintures. Il s&rsquo;agit plutôt de critiquer une femme qui crée seule ses œuvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Toute la culture </em>[centrasiatique]<em> s’est développée dans une forme “classique”, dans laquelle il est d’usage de percevoir la femme comme objet et l’homme comme sujet. L’homme, comme sujet, a ses sentiments, ses expériences, ses opinions et crée l’objet comme il l’entend&nbsp;» </em>explique Zoulaikho Ousmonova<em>. «&nbsp;Ainsi, un homme au Tadjikistan peut peindre ce qu’il veut, mais une femme, en tant qu’objet, ne le peut pas. L’action féministe de Marifat Davlatova réside dans son positionnement comme sujet, ce qui a suscité de nombreuses critiques&nbsp;»,</em> ajoute la chercheuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La députée tadjike Goulnora Amirchoïeva estime qu’aujourd&rsquo;hui, les jeunes femmes et les jeunes hommes ont des intérêts contradictoires. <em>«&nbsp;Les jeunes femmes veulent recevoir une éducation, être libres, réussir dans leur vie et faire carrière. Les jeunes hommes, quant à eux, pensent qu&rsquo;ils resteront les maîtres du monde et qu’ils imposeront aux femmes leurs règles et leurs idées. Or, ces règles et ces idées vont à l’encontre des tendances contemporaines, elles sont un pas vers l’obscurantisme&nbsp;»</em>, affirme-t-elle auprès d’Asia-Plus.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-1024x576.jpg" alt="Dinagoul Tassova Femmes Asie centrale Féminisme nudité" class="wp-image-42732" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/1-1.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Dinagoul Tassova a défilé avec une robe transparente.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Goulnora Amirchoïeva dit comprendre ces jeunes femmes qui s’opposent aux conventions sociales.<em> « En raison de leur âge et du jusqu’au-boutisme propre à la jeunesse, les jeunes femmes prennent à juste titre des mesures radicales et expriment leur opposition avec provocation. Mais de nombreuses femmes âgées les soutiennent, font preuve de solidarité plutôt&nbsp;que refuser la légitimité de leurs actions »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Elle a piétiné les valeurs nationales »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La transformation sociale, dont parle Zoulaikho Ousmonova, a commencé en Asie centrale au début du siècle dernier lorsque les femmes ont enlevé leur voile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, le journal Krasnaja Niva (le champ rouge) a publié en 1929 dans son numéro 26 un <a href="https://archive.org/stream/krasnayaniva/%D0%9A%D1%80%D0%B0%D1%81%D0%BD%D0%B0%D1%8F%20%D0%9D%D0%B8%D0%B2%D0%B0.%201929.%20%E2%84%9646#mode/1up">article intitulé « Parandja »</a> (voile), dans lequel l’auteur décrit comment les femmes devraient changer à l’Est. Il encourage les femmes non seulement à enlever leur voile et à risquer leur vie, mais aussi à être actives.<br><br>Il cite notamment une déléguée communiste d’un conseil de village ouzbek. <em>«&nbsp;Nous avons des femmes qui ont répondu à notre appel, qui ont enlevé leur voile et luttent maintenant contre leurs maris. Si elles étaient indépendantes, elles apprendraient un métier, seraient alphabétisées et suivraient le chemin brillant du camarade Lénine&nbsp;»</em>, décrit le média communiste<em>. «&nbsp;Elles gagneraient leur combat contre leurs époux. Mais, cher camarade, la femme n’a aucun soutien, elle se bat seule. Après un mois ou deux, il ne reste plus rien de nos slogans. Les femmes doivent remettre leur voile et les seules nouveautés qui demeurent sont les ecchymoses sur leur corps&nbsp;», </em>continue l’article.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du XXème siècle, les défenseurs du port du voile appuyaient leur argumentation sur les atteintes aux traditions ou à la religion. Aujourd’hui, leurs arguments n’ont pas changé. Par exemple, la journaliste kazakhe Bibigoul Daouletbekkyzy a exigé en décembre 2018 que Chirine Nartchaïeva soit expulsée du pays pour avoir <em>« piétiné les valeurs nationales », </em>relève <a href="https://www.nur.kz/1770835-izvestnaa-zurnalistka-potrebovala-vygnat-iz-strany-sirin-narcaevu.html">Nur.kz</a>.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le chanteur pop kirghiz Mirbek Atabekov, qui avait lui-même sorti un clip provocateur en même temps que Zere Asylbek, a estimé <em>«&nbsp;qu’une jeune femme ne devrait pas montrer ce qui n’est pas approprié&nbsp;», </em>dans une interview au média kirghiz <a href="https://kaktus.media/doc/381343_mirbek_atabekov:_ia_soglasen_s_temi_kto_kritikyet_moy_novyy_klip.html">Kaktus.media</a>. Selon lui, <em>« cela commence toujours par des petites choses inappropriées mais qui vont progressivement devenir la norme. Par exemple, en Russie </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philipp_Kirkorov"><em>Kirkorov</em></a><em> boit ou fait des choses étranges dans ses clips. Cela affecte psychologiquement ses fans. Comprenez, si on laisse tout faire, la valeur de la vie est perdue. Parfois, la modération est préférable »</em>, a-t-il affirmé.<br><br><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/bonne-nouvelle-le-dernier-clip-de-la-chanteuse-kirghize-zere-devoile/"><strong>« Bonne nouvelle », le dernier clip de la chanteuse kirghize Zere dévoilé</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, des sociologues occidentaux ont démontré aujourd’hui que rendre accessible ce type de contenu «&nbsp;inapproprié&nbsp;» lui enlève de sa valeur, et que les adolescents contemporains sont moins attirés par la drogue, le sexe ou tout autre chose de ce genre qui fascinait leurs parents avant. Dans un long article du média américain <a href="https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2018/12/the-sex-recession/573949/">The Atlantic</a>, publié en décembre 2018, des chercheurs tirent la sonnette d&rsquo;alarme soutenant que les pays développés se désintéressent du sexe et que les jeunes refusent volontairement d’offrir leur virginité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un mouvement lancé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région il y a encore tout à faire, et Zoulaikho Ousmonova est certaine que de telles manifestations artistiques féministes continueront de se reproduire au Tadjikistan, et que la société les acceptera progressivement. <em>« C&rsquo;est la mondialisation et c&rsquo;est imparable. Le monde semble immense, mais il est en fait très petit. Tout est à proximité et interconnecté »</em>, conclut l’experte.<br><br><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/"><strong>Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Youlia Petrova, fondatrice du <a href="https://www.facebook.com/femlitclub/?hc_ref=ARTP_ywuzcs2Be6QO9YRlL1rF3yd2ElCAvCHMZaHCsE53CL1Nmci0xWkrg972nJ8_-s&amp;ref=nf_target">groupe Facebook</a> « Philosophie et féminisme en tadjik » pense également que cette tendance se poursuivra car il y a de plus en plus de femmes qui se battent chaque jour pour leurs droits, mais pour la première fois, la vie culturelle s’en est saisie, attirant l’attention de millions de personnes.<br><br><em>“Nous verrons que plus il y aura de femmes pour parler publiquement de ces problèmes systémiques et culturels, plus il y aura de formes créatives pour dénoncer l’injustice. Quand quelqu’un fait quelque chose d’audacieux, cela donne du courage aux autres »</em>, estime Youlia Petrova<em>. « C’est toujours inspirant. La nouveauté est fabuleuse, il ne faut pas l’étouffer. Il y a de la place pour tout le monde – pour les traditionnalistes et les progressistes, pour les musulmans et les athées. L’Asie centrale n’est pas une masse homogène des gens mais elle est faite d&rsquo;une riche diversité »</em>, ajoute-t-elle.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lilia Gaïssina<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/pochemu-zhentshini-v-tsentralnoi-azii-stali-razdevatsya">du russe</a> par Adrien Balland Delrieu</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Luna-Rose Durot</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Guilhem Sarraute</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/pourquoi-les-femmes-dasie-centrale-commencent-a-se-devetir/">Pourquoi les femmes d&rsquo;Asie centrale commencent à se dévêtir</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</title>
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		<dc:creator><![CDATA[nadirak]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Dec 2020 15:39:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/">Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</a></p>
<p>Au printemps dernier, l'opinion publique ouzbèke s'est émue du cas d'une jeune femme victime d'agression. L'affaire a déclenché une vague inédite de protestations féministes sur les réseaux sociaux. Pour Nadira Khalikova, cela illustre bien un certain type de discours sur la société qui ne fait que perpétuer l'asservissement des femmes. Novastan reprend et traduit ici [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/">Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/">Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</a></p>
<p><strong>Au printemps dernier, l'opinion publique ouzbèke s'est émue du cas d'une jeune femme victime d'agression. L'affaire a déclenché une vague inédite de protestations féministes sur les réseaux sociaux. Pour Nadira Khalikova, cela illustre bien un certain type de discours sur la société qui ne fait que perpétuer l'asservissement des femmes.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 15 septembre 2020 dans </strong><a href="https://novastan.org/de/usbekistan/usbekistan-wenn-frauen-eine-stimme-fordern/"><strong>notre version allemande</strong></a><strong>.</strong></p>
<p>Le 31 mai 2020, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a>, dans l'est de l'Ouzbékistan, une jeune femme de 17 ans promène son chien dans un parc avec une amie. Evelina porte un short et un chemisier. Un homme l'aborde en sifflant sur son passage. Elle fait mine de l'ignorer et les injures commencent à pleuvoir : « les Russes, toutes des traînées ». Elle ne réagit pas et poursuit sa promenade avec son amie. Une heure plus tard, l'homme revient en compagnie d'un groupe de 30 à 40 individus.</p>
<p>Il l'interpelle à nouveau, elle lui demande de partir. Le jeune homme – un certain Nodir K., âgé de 21 ans – la tire alors par les cheveux et la frappe. Evelina est hospitalisée le jour même : elle souffre d’une double fracture de la mâchoire et doit être alimentée durant deux semaines par perfusion intraveineuse. L'affaire a fait le tour des médias locaux et a été, en particulier, reprise par le média ouzbek <a href="https://podrobno.uz/cat/obchestvo/v-fergane-v-parke-paren-izbil-17-letnyuyu-devushku-za-etim-nablyudala-tolpa-iz-40-chelovek-/">Podrobno.uz</a>.</p>
<p>Ce n'est que le 16 juin qu'une procédure pénale a été ouverte pour coups et blessures volontaires,<a href="https . . .
</p>

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		<title>Festival FemAgora 2020 : les voix du féminisme d&#8217;Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jana Rapp]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Dec 2020 14:56:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/politique/festival-femagora-2020-les-voix-du-feminisme-dasie-centrale/">Festival FemAgora 2020 : les voix du féminisme d&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p>Durant l’été 2020, pendant cinq semaines, le festival FemAgora a rassemblé les militant-e-s féministes et LGBTQ d'Asie centrale afin de discuter, s’inspirer et agréger les initiatives. Novastan est allé à leur rencontre. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 17 septembre 2020 dans notre version allemande. Du 25 août au 30 septembre dernier [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/politique/festival-femagora-2020-les-voix-du-feminisme-dasie-centrale/">Festival FemAgora 2020 : les voix du féminisme d&rsquo;Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/politique/festival-femagora-2020-les-voix-du-feminisme-dasie-centrale/">Festival FemAgora 2020 : les voix du féminisme d&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p><strong>Durant l’été 2020, pendant cinq semaines, le festival FemAgora a rassemblé les militant-e-s féministes et LGBTQ d'Asie centrale afin de discuter, s’inspirer et agréger les initiatives. Novastan est allé à leur rencontre.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 17 septembre 2020 dans notre <a href="https://novastan.org/de/kasachstan/femagora-zentralasiatische-feminismen-werden-lauter/">version allemande</a>.</strong></p>
<p>Du 25 août au 30 septembre dernier a eu lieu la troisième édition du festival <a href="https://femagora.org/2020">FemAgora</a>, un rassemblement des militant-e-s féministes et LGBTQ de toute l’Asie centrale. Discussions, ateliers et projections de films ont été diffusés en russe sur un large éventail de sujets liés au féminisme et à l’égalité des genres, avec le soutien de la <a href="https://www.rosalux.de/en/">Fondation Rosa Luxemburg</a> et du <a href="https://www.goethe.de/en/index.html">Goethe Institut</a>. Les festivalier-ère-s ont pu participer via Zoom ou YouTube, d’où qu’ils et elles soient en Asie centrale.</p>
<p>Le festival a été créé en 2018 à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, au Kazakhstan, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Il s’agissait du premier évènement de ce genre en Asie centrale. L'année suivante, le festival s'agrandit : pendant une semaine, entre 50 et 80 intervenant-e-s et participant-e-s ont discuté d'une large variété de thèmes. Cette année, les organisateur-rice-s ont préféré un format en ligne dans le but d’atteindre un plus large public, à travers toute l’Asie centrale. Des projets artistiques ont été mis en ligne, ainsi que du matériel didactique, tel que des . . .</p>

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		<title>Ferouza Makhmoudova, nouvelle ambassadrice de l’Ouzbékistan en Israël</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ferouza-makhmoudova-nouvelle-ambassadrice-de-louzbekistan-en-israel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Dross]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2020 12:53:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Ambassade]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Ferouza Makhmoudova]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Relations Bilatérales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ferouza-makhmoudova-nouvelle-ambassadrice-de-louzbekistan-en-israel/">Ferouza Makhmoudova, nouvelle ambassadrice de l’Ouzbékistan en Israël</a></p>
<p>Ferouza Makhmoudova a été nommée comme ambassadrice pour représenter l’Ouzbékistan en Israël, devenant ainsi la seule femme à occuper ce poste actuellement. Un choix marquant, alors que l’ambassade d’Israël est un poste important et que les deux pays entretiennent des relations culturelles et économiques non négligeables. Un pas de plus vers l’égalité hommes-femmes en Ouzbékistan ? Le [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify"><strong>Ferouza Makhmoudova a été nommée comme ambassadrice pour représenter l’Ouzbékistan en Israël, devenant ainsi la seule femme à occuper ce poste actuellement. Un choix marquant, alors que l’ambassade d’Israël est un poste important et que les deux pays entretiennent des relations culturelles et économiques non négligeables.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Un pas de plus vers l’égalité hommes-femmes en Ouzbékistan ? Le 19 juin dernier, Ferouza Makhmoudova a été nommée ambassadrice en Israël, a informé la chambre haute du parlement ouzbek par un <a href="http://senat.uz/uz/lists/view/1565">communiqué</a>. Diplômée d’universités allemande et ouzbèke, elle avait déjà occupé des fonctions au sein du ministère des Affaires étrangères . . .</p>

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