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	<title>Empire russe | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Empire russe | Novastan France</title>
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		<title>Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 14:11:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/">Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</a></p>
<p>La partie de Samarcande construite pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, après l’invasion de l’Empire russe, est appelée «&#160;ville russe&#160;» par les historiens. Les bâtiments datant de cette époque se sont conservés jusqu’à nos jours. Svetlana Joukova, spécialiste de l’histoire de Samarcande, présente un parcours autour de ces monuments. Samarcande est une des villes [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/">Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La partie de Samarcande construite pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, après l’invasion de l’Empire russe, est appelée «&nbsp;ville russe&nbsp;» par les historiens. Les bâtiments datant de cette époque se sont conservés jusqu’à nos jours. Svetlana Joukova, spécialiste de l’histoire de Samarcande, présente un parcours autour de ces monuments.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> est une des villes les plus anciennes d’Ouzbékistan. Son histoire remonte à plus de 2 750 ans. La ville s’est transformée entre la période à laquelle elle était nommée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrassiab_(site_arch%C3%A9ologique)">Afrasiyab</a> et le moment où elle est devenue la capitale de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_timouride">l’Empire timouride</a>, centre culturel, de commerce et d’architecture le plus important de l’époque dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la partie antique de la ville ne révèle que partiellement son histoire complexe. La deuxième moitié du XIXème siècle constitue un tournant historique pour Samarcande. Après l’invasion de l’Empire russe et la fondation du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a> s’est développée une ville russe à côté du centre historique. Au départ, les troupes tsaristes se sont installées dans l’ancienne forteresse. Cependant, sa destruction a été initiée rapidement et cet évènement a déclenché le début de la construction de cette partie russe.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’initiateur des travaux a été le gouverneur <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Konstantin_Petrovich_von_Kaufmann">Konstantin Von Kaufmann</a>, qui a approuvé le plan général de 1870 pour la fondation d’une ville à l’architecture moderne. La Samarcande «&nbsp;européenne&nbsp;» devait être une ville avec des rues étendues, des institutions administratives, des banques, des églises orthodoxes. Svetlana Joukova, historienne de la ville, propose un parcours autour de ces monuments.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des espaces verts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est impossible d’imaginer Samarcande sans ses allées verdoyantes, ses hauts arbres aux couronnes étalées et ses trottoirs ombragés. Pendant les années 1890, lorsque la ville était devenue le centre principal du gouvernement du Turkestan, l’attention n’était pas portée seulement sur la construction d’institutions administratives, mais aussi sur celle des espaces verts.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1024x683.jpg" alt="Boulevard Abramov Samarcande" class="wp-image-73244" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3231-3337-4633-a364-366236383033__cu9a7554.jpg 1680w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le boulevard Abramov. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le territoire relativement restreint dédié à la construction de la partie russe, cinq parcs et squares ont été créés dont trois ont été préservés et continuent à se développer aujourd’hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le boulevard Abramov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le boulevard Abramov, rue centrale de Samarcande, est devenu la frontière symbolique entre la ville orientale et russe. Il commence à l’endroit où s’érigeait l’ancienne forteresse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan">Amir Timour</a>. Le boulevard a donné naissance à un plan radial des rues qui forme la structure de la «&nbsp;Samarcande européenne&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construit au début des années 1880, il a initialement porté le nom du gouverneur général <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Abramov">Alexandre Abramov</a>. La longueur du boulevard s’étendait sur environ un kilomètre et comprenait trois allées puis deux passages souterrains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/lieu-en-asie-centrale/qatar-sengage-louzbekistan-projet-restauration-mosquee-bibi-khanym/">Le Qatar s’engage auprès de l’Ouzbékistan&nbsp;dans un projet de restauration de la mosquée Bibi-Khanym</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le botaniste, horticulteur et visionnaire Mikhaïl Ivanovitch Neveski a élaboré le futur paysage verdoyant de Samarcande. Il a construit sa petite maison directement sur le territoire de la pépinière municipale&nbsp;avec de hauts plafonds, des portes et palissades en bois dans la cour. La maison lui servait de résidence mais également de laboratoire botanique à ciel ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin de transformer les espaces vides entre la ville antique et la nouvelle partie en des lieux verdoyants, Mikhaïl Neveski a élaboré tout un système de végétalisation. Il a fait acheminer des espèces du monde entier, a expérimenté des implantations d’arbres et les a fait pousser dans une serre spécialement dédiée à cette activité. Grâce à environ 30 ans de travail acharné, Samarcande a un boulevard bordé d’une centaine d’arbres, le poumon vert de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un boulevard qui change de nom mais pas de fonction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le boulevard a changé plusieurs fois de nom au fil du temps&nbsp;: il s’est appelé le boulevard de l’éducation universelle,&nbsp;le boulevard Gorki et, après l’indépendance, a été baptisé boulevard de l’Université. C’est encore aujourd’hui son nom actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y trouve des chênes, des pins, des <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D0%BB%D0%B0%D1%82%D0%B0%D0%BD_%D0%B2%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%BE%D1%87%D0%BD%D1%8B%D0%B9">platanes d’Orient</a>, des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catalpa">catalpas</a> ainsi que des cèdres du Liban, espère rare. Le boulevard est toujours considéré comme un monument botanique naturel en Ouzbékistan. Ces arbres centenaires forment une « galerie verte » ombragée grâce à laquelle, pendant les périodes de fortes chaleurs, la température de l’air est inférieure de quelques degrés par rapport à celle du reste de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin du gouverneur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le jardin du gouverneur jouxte le boulevard et en est son prolongement. Egalement créé à la fin du XIXème siècle, il présente des espèces locales telles que des ormes, des platanes d’Orient et des espèces rares importées de l’étranger. Le jardin a été pensé pour être un espace de bien-être et de repos près des institutions administratives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les premières plantations, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pinus_nigra">le pin de Crimée</a> et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxodium_ascendens">cyprès des marais</a>, importés d’Amérique du Nord en 1886, se sont bien acclimatés. A l’initiative de Mikhaïl Neveski, un bassin d’eau a été creusé pour permettre à ces arbres de s’adapter au climat de Samarcande. Autrefois, les citadins venaient y faire de la barque.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1024x683.jpg" alt="jardin du gouverneur Samarcande" class="wp-image-73243" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3333-3761-4636-b865-323232366335__cu9a7654.jpg 1680w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le jardin du gouverneur. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’indépendance, l’étang a été divisé, ce qui a perturbé le système dendrologique établi. Néanmoins, un petit îlot avec des cyprès a été conservé. Pendant les années soviétiques, le parc est devenu de plus en plus vert&nbsp;: ont été plantés des <a href="https://binette-et-jardin.ouest-france.fr/dossier-404-sapin-bleu.html">sapins bleus</a>, des bouleaux et des catalpas. Des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paulownia">paulownias</a> ont fait leur apparition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, ce parc est composé d’un mélange d’arbres de différentes époques, rappelant un musée botanique vivant à ciel ouvert.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le jardin urbain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième noyau de cette chaîne verte est le parc central du loisir et de la culture qui porte le nom d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mir_Alicher_Navo%C3%AF">Alicher Navoï</a>. Il a été créé en 1886. L’attention a été portée sur les arbres qui présentaient la capacité d’enrichir le sol et qui pouvaient facilement s’adapter au climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plantations de la fin du XIXème siècle y ont été conservées&nbsp;: différentes sortes de tilleuls, des pins de Crimée, des mûriers, des platanes d’Orient, des <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%93%D0%BB%D0%B5%D0%B4%D0%B8%D1%87%D0%B8%D1%8F">gleditsias</a>, importés d’Amérique du Nord. Le système d’irrigation qui alimente les plantations a aussi une dimension historique&nbsp;: il servait à la fois pour l’arrosage et pour l’évacuation des eaux de pluie. Il est impossible de se représenter la végétalisation de Samarcande sans ce système d’irrigation.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En se promenant dans les allées verdoyantes de Samarcande, l’effet du temps se fait sentir. Des arbres y ont été plantés à la fin du XIXème siècle, mais aussi pendant la période de reconstruction de 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’approche de Mikhaïl Neveski en matière d’aménagement du paysage est toujours d’actualité&nbsp;: il ne faut pas seulement penser à la beauté des lieux mais aussi au climat, à l’utilité, à la biodiversité. La relève de Mikhaïl Neveski pour l’entretien de la ville est assurée par les générations successives de paysagistes et de dendrologues. Et sous l’ombre épaisse des platanes et le bruissement des cyprès, Samarcande continue de vivre, verdoyante et ouverte pour les promeneurs tranquilles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le lycée pour femmes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des monuments prérévolutionnaires remarquables est le lycée pour femmes, construit sur le boulevard de l’Université. Construit en 1904 d’après le projet de Gueorgui Svaritchevski, il a eu son importance comme édifice lié à l’éducation des femmes dans la région du Turkestan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La structure en briques, les fenêtres allongées, les volumes symétriques et les façades sobres mais élégantes, dans l’esprit de l’éclectisme russe, soulignent le caractère académique et sérieux, l’importance de la mission éducative de l’institution.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1024x683.jpg" alt="lycée pour femmes Samarcande" class="wp-image-73241" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3134-3937-4764-b735-313331333732__cu9a7671.jpg 1680w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lycée pour femmes de Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le matériel de construction mérite une attention toute particulière. Depuis le IXème siècle, la brique en terre crue était utilisée dans la région pour la construction de maisons traditionnelles, recouverte d’un enduit en argile. Pour la structure des monuments, la brique de terre cuite était utilisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau type de brique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, afin de développer la partie européenne de Samarcande, il fallait utiliser de nouvelles technologies. A la fin du XIXème siècle, à l’initiative du gouverneur général, des briqueteries ont été installées, qui fabriquaient à partir de nouvelles technologies des briques en terre cuite, baptisées jelezniak.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce aux deux phases de cuisson, cette brique se distinguait par sa grande résistance aux intempéries, aux tremblements de terre et à l’effet du temps. Elle était aussi appelée «&nbsp;la brique Nikolaïevski&nbsp;», faisant référence à la qualité des constructions de l’époque, pendant laquelle régnait le tsar <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_II">Nicolas II</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-sacre-coeur-de-jesus-cathedrale-des-polonais-de-tachkent/">Le Sacré-Cœur-de-Jésus, cathédrale des Polonais de Tachkent</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la révolution, pendant la période soviétique, ce bâtiment a conservé sa vocation éducative. Aujourd’hui, c’est la faculté de biologie de l’Université de Samarcande-Charaf Rachidov qui occupe les lieux. La façade a fait l’objet d’une restauration récente. L’édifice donne directement sur le boulevard de l’Université, ce qui lui permet de conserver sa tradition académique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La banque russo-chinoise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le boulevard de l’Université se trouve aussi l’ancien bâtiment de la banque russo-chinoise, l’un des plus beaux modèles d’historicisme architectural de la Samarcande prérévolutionnaire. Sa date de création, 1899, est visible sur sa façade où peut être lue la lettre «&nbsp;B&nbsp;» qui fait référence au marchand Bauer, son propriétaire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1024x683.jpg" alt="banque russo chinoise Samarcande" class="wp-image-73240" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6330-6635-4533-b962-303134616537__cu9a7567.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La banque russo-chinoise à Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin du XIXème siècle, toute une période de construction de banques et d’institutions commerciales a eu lieu afin de poursuivre le développement de ce quartier européen. La banque a été créée par des financements russes et chinois&nbsp;: elle servait aux liaisons économiques régionales. Elle était très impliquée dans le commerce de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie">route de la Soie.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’architecture utilise un mélange de différents styles&nbsp;allant des portiques antiques aux détails modernistes. Les historiens de l’architecture définissent ce style comme étant de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Historicisme_(style)">l’historicisme</a> puisqu’il contient des éléments <a href="https://www.lamaisondupoele.com/classicisme-architecture/">classicistes</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture_moderne">modernistes</a> ainsi que des décors orientaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une esthétique entre l’Orient et l’Occident</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor riche attire particulièrement l’attention&nbsp;: deux portiques, des moulures, des masques de lions, des insertions de miroirs sur les murs qui se sont conservés depuis le XIXème siècle. Les intérieurs ont été aménagés dans l’esprit d’un dialogue entre l’Occident et l’Orient. Cela témoigne de la volonté des architectes de ne pas imposer une esthétique européenne dans Samarcande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’intérieur du bâtiment, une salle des opérations a été construite avec de hauts plafonds et un système unique de chauffage avec des tuyaux à vapeur dans les murs. C’était une grande innovation pour l’époque.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">L’institution a changé plusieurs fois de fonction. Celle-ci a servi pendant plusieurs années d’hôpital régional, ensuite de rectorat, d’université, de bureaux administratifs. Cependant, depuis l’époque soviétique, sa façade était cachée derrière le bâtiment de la faculté de physique et de chimie de l’Université de Samarcande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La restauration initiée par le recteur Roustam Khamouradov entre 2021 et 2022, sous la responsabilité des spécialistes de l’Université d’architecture de Samarcande, a permis de lui redonner son aspect historique. Des architectes et des restaurateurs tels que Galina Tsiguikalo, Habib Khayoumov, Askar Kasanov et d’autres ont travaillé sur ce projet.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un musée consacré à l’amitié entre les deux pays</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Leur tâche ne consistait pas seulement à restaurer la façade, mais aussi à reconstruire le bâtiment de manière scientifique. Sept couches de peinture ont été retirées, les ornements, les grilles, les verrous et les escaliers ont été rénovés. Les marches en marbre et le plafond de la salle centrale ont été soigneusement conservés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1024x683.jpg" alt="banque russo chinoise Samarcande" class="wp-image-73239" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3863-3430-4030-a534-336361316632__cu9a7615.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La banque russo-chinoise a été changée en musée. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les architectes ont particulièrement prêté attention aux éléments décoratifs tels que les lustres, les sols, les meubles typiques des intérieurs prérévolutionnaires. Près de l’entrée, la sculpture du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lion_gardien_chinois">chien de Fo</a>, figure de garde traditionnel du capital dans la culture chinoise, a même été replacée. La statue est en marbre blanc chinois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les murs de la banque russo-chinoise abritent le musée de l’amitié entre l’Ouzbékistan et la Chine de l’Université de Samarcande. Y est exposée l’histoire de la route de la Soie, un itinéraire commercial et antique, qui a, au fil des siècles, uni la culture et le peuple des deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le musée est ouvert tous les jours de 9 heures à 18 heures. L’entrée coûte 5 000 soums (0,35 euros environ) pour les citoyens ouzbeks et 25&nbsp;000 soums pour les étrangers (1,79 euros).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le manoir d’Abram Kalantarov</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La construction de la demeure du marchand de la première guilde Abram Isaakovitch Kalantarov a duré une quinzaine d’années. Les travaux ont commencé en 1902 et se sont terminés en 1916, lorsqu’une aile d’apparat a été construite avec beaucoup de goût et une grande ambition architecturale, à l’angle sud-est du domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une légende, l’agrandissement du manoir aurait été décidé dans l’éventualité d’une visite du tsar Nicolas II. Voulant faire impression sur ses invités, Abram Kalantarov a imaginé une architecture qui ne devait pas seulement être un symbole de propriété, mais aussi une démonstration de l’accueil de Samarcande.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1024x683.jpg" alt="Manoir Kalantarov Samarcande" class="wp-image-73238" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild3563-6534-4664-b564-663065303039__cu9a7684.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le manoir d&rsquo;Abram Kalantarov. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’architecte E.O Nelle, l’un des plus brillants de son temps, a travaillé sur le projet. Il était connu pour son aptitude à combiner le moderne, l’orientalisme, l’éclectique et l’historicisme tardif. Les intérieurs du manoir impressionnaient par leurs finitions délicates et leurs détails riches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plafonds ont été peints à la main, les salles ont été dotées de miroirs vénitiens, de vitrages floraux commandés en Allemagne, de lustres en cristal de Varsovie. Les poêles et les cheminées revêtus de carreaux rares ont été spécialement acheminés d’Europe. Le coût total de la construction s’est élevé à 134&nbsp;000 roubles d’or, somme colossale pour l’époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Changement de propriétaire après la révolution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les décors des salles d’apparat ont été confiés aux meilleurs artisans de Samarcande, des sculpteurs sur bois et peintres décorateurs. En utilisant des techniques orientales et des peintures naturelles, ils ont réussi à obtenir une synthèse unique entre le raffinement européen et la décoration orientale, rendant authentiques les appartements du domaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la révolution, Abram Kalantarov a donné le bâtiment au gouvernement. Dans les années 1920, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_sovi%C3%A9tique_d%27Ouzb%C3%A9kistan">Comité Central du Parti Communiste de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan</a> s’y est installé, avec à sa tête <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akmal_Ikramov">Akmal Ikramov</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir de 1934, le musée de Samarcande a été établi dans le manoir. Au début de l’année 1981, le bâtiment a été restauré&nbsp;: les plafonds, les papiers peints incrustés en papier-mâché, les éléments décoratifs ont été refaits. A la fin de cette année-là, le musée régional d’histoire locale de Samarcande y a été ouvert. Actuellement, le bâtiment est fermé pour travaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les lieux saints rassemblés le long d’une même rue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la partie européenne de Samarcande, il y a une rue unique le long de laquelle sont construits tous les monuments religieux de différentes confessions. En s’y promenant, il est possible de faire un parcours d’une église à l’autre, d’une tradition à l’autre, chacun de ces lieux détenant une histoire unique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1024x683.jpg" alt="Samarcande cathédrale Saint Alekseï" class="wp-image-73237" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100-600x400.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/tild6136-6337-4162-a562-343431636665__cu9a7100.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La cathédrale Saint Alexeï à Samarcande. Photo : Evguéni Sorotchine / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des premiers monuments religieux sur le chemin est la cathédrale Aleksïevski. Elle a été bâtie entre 1909 et 1911 selon les plans de Fiodor Verbitski et Fiodor Smirnov. La cathédrale a repris sa fonction religieuse après l’indépendance, en 1996, lorsqu’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_II_de_Moscou">Alexis II</a>, le patriarche de Moscou et de toute la Russie, s’est rendu en visite officielle à Samarcande pour consacrer personnellement la cathédrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce majestueux édifice religieux de style russe est toujours en activité et tient une place importante pour la communauté orthodoxe de la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un passé dense qui se reflète dans l’architecture</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A 150 mètres de la cathédrale Pokrovski se trouve la mosquée Khazrati Khamadi, construite en 1910. Elle demeure très importante dans la vie des musulmans. L’architecture de la mosquée est simple, mais c’est là que réside sa beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet itinéraire à travers les rues de Samarcande ne raconte pas seulement l’histoire de la ville mais aussi combien celle-ci a été marquée par différentes influences et habitée par plusieurs religions, toujours présentes aujourd’hui.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">A Samarcande, il est possible de voir une église orthodoxe à côté d’une mosquée, d’une synagogue, d’une église arménienne et du musée de l’amitié entre les peuples, entourés d’une architecture artistique qui témoigne de la richesse d’un passé historique dense. C’est cela qui fait toute la particularité de Samarcande, où Orient et Occident sont unis en un espace culturel vivant.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Farzona Khamidova<br>Journaliste pour Gazeta.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2025/06/30/pre-revolutionary-samarkand/">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 14:10:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vie-et-mort-kenesary-dernier-khan-kazakhstan/">Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</a></p>
<p>Kenesary khan, aujourd&#8217;hui considéré comme un héros au Kazakhstan, continue de défrayer la chronique près de 200 ans après sa mort. Sa tête, théoriquement perdue dans un musée russe, est toujours réclamée par les Kazakhs. Fergana News retrace sa vie et la façon dont il a été perçu à travers l&#8217;histoire. L’histoire des pays centrasiatiques [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/vie-et-mort-kenesary-dernier-khan-kazakhstan/">Vie et mort de Kenesary, dernier khan du Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kenesary khan, aujourd&rsquo;hui considéré comme un héros au Kazakhstan, continue de défrayer la chronique près de 200 ans après sa mort. Sa tête, théoriquement perdue dans un musée russe, est toujours réclamée par les Kazakhs. Fergana News retrace sa vie et la façon dont il a été perçu à travers l&rsquo;histoire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire des pays centrasiatiques regorge de figures complexes et contradictoires, ayant marqué la vie de la région de leur passage et continuant encore aujourd’hui de provoquer aussi bien de l’admiration que de l’indignation. La polarisation de ces réactions dépend habituellement de frontières tracées des dizaines voire des centaines d’années après la mort de ces figures mémorables. En d’autres termes, elle est en réalité le résultat des conjectures politiques contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenessary_Qasymuly">Kenesary Qasymuly</a> est indubitablement un de ces héros du passé. Cet homme d’Etat kazakh de la première moitié du XIXème siècle, khan du Jüz moyen <em>(les trois jüz sont les grandes associations de clans kazakhs, ndlr)</em>, s’est pendant de nombreuses années battu pour une réelle autonomie politique.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Kenesary khan, dont la vie fut assez inhabituelle, dégage un parfum de mystère autour du destin de ses restes. Selon la version la plus répandue, la tête du khan se conserverait encore aujourd’hui quelque part dans les&nbsp;arrières-salles d’un musée russe. Elle se serait retrouvée là à cause des Kirghiz, qui auraient décapité le khan après l&rsquo;avoir vaincu, évènement qu’une certaine part de l’opinion kazakhe ne peut toujours pas pardonner.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un sujet brûlant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, le sujet de la vie et de la mort de Kenesary a occupé au moins à deux reprises l&rsquo;espace d&rsquo;information du Kazakhstan et du Kirghizstan. En 2021, le chef de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscosmos">Roscosmos</a> de l&rsquo;époque, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dmitri_Rogozine">Dmitri Rogozine</a>, s&rsquo;est disputé au sujet du sort de la navette spatiale <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourane">Bourane</a> avec le directeur général de Baikonur JSC, Daouren Mousa, et ce dernier lui a proposé d&rsquo;échanger le vaisseau contre la tête de Kenesary.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt, c’était l’ancien président du Kazkhstan lui-même qui s’était personnellement adressé à Vladimir Poutine en lui demandant d’aider le retour des restes du khan au Kazakhstan, bien qu’il semble que les autorités russes ne sachent pas très bien où se trouve aujourd’hui cette tête, et si elle a même été conservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-tombe-de-lunificateur-de-letat-kazakh-possiblement-decouverte/">La tombe de l’unificateur de l’État kazakh possiblement découverte</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de l’année 2025, le chanteur kirghiz Kaïrat Primberdiev s’est <a href="https://kaktus.media/doc/516146_kayrat_primberdiev_prokommentiroval_svoi_izvineniia_za_smert_kenesary_hana.html">exprimé</a> ainsi au cours d’une interview&nbsp;: <em>« Le fait est que notre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ormon_khan">khan Ormon</a> n’a pas eu d’autre choix que de tuer le khan Kenesary. Je présente sincèrement au peuple kazakh mes excuses pour ce qu’il s’est passé. J’ai vraiment envie de pleurer là, pour de vrai. Nous devons recevoir la tête du khan Kenesayr et lire le Coran pour que l’offense soit dignement réparée. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un héritage douloureux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le chanteur n&rsquo;ait parlé qu&rsquo;en son nom propre et n&rsquo;ait pas appelé l&rsquo;ensemble du peuple kirghiz à se repentir auprès de ses voisins, le comité d&rsquo;État local pour la sécurité nationale a engagé une procédure pénale contre Kaïrat Primberdiev, les agents de sécurité estimant que ses propos constituaient une violation de l&rsquo;article 330 (incitation à la haine raciale, ethnique, nationale et religieuse) du code pénal du Kirghizstan. Le chanteur a dû payer une amende de 100 000 soms (environ 976 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de l’année, des discussions ont fait rage sur l&rsquo;héritage douloureux du tsarisme, du régime soviétique&nbsp;ou des « terribles années 90 ». Le média&nbsp;Fergana News propose de s’arrêter un peu plus en détails sur la vie du khan Kenesary : qui il fut, quelles étaient ses relations avec les pays voisins et l’évolution des jugements sur ses actions au cours des presque 200 dernières années.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le dernier khan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Kenesary, né en 1802, était le petit-fils d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abyla%C3%AF_Khan">Abylaï khan</a>, le dernier souverain dont le pouvoir était officiellement reconnu par tous les jüz kazakhs, qui à l&rsquo;époque dépendaient déjà de l&rsquo;Empire russe. En d&rsquo;autres termes, il est issu de la famille la plus influente de la steppe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu&rsquo;en 1822, l&#8217;empereur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Ier_(empereur_de_Russie)">Alexandre Ier</a>, avec sa loi « sur les Kirghiz de Sibérie », a liquidé le pouvoir du khan, cette famille a décidé de résister, parce qu&rsquo;elle avait quelque chose à perdre. Les « Kirghiz de Sibérie » étaient alors les Kazakhs du Jüz moyen, fief d&rsquo;Abylaï et de Kenesary, et les Kazakhs du petit Jüz, par exemple, étaient appelés « Kirghiz d&rsquo;Orenbourg ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lhistorien-alexander-morrison-presente-son-livre-sur-la-conquete-russe-de-lasie-centrale/">L’historien Alexander Morrison présente son livre sur la conquête russe de l’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu des années 1820, Kenesary a pris part avec son père Kasymov et ses frères à la guerre contre les Russes. L’historien soviétique Mikhaïl Viatkine, dans son ouvrage <em><a href="http://booksshare.net/books/archeology/vyatkin-m/1941/files/ocherkipoistoriikazahskoyssr1941.pdf">Essais sur l&rsquo;histoire de la République socialiste soviétique du Kazakhstan</a></em>, publié&nbsp;en 1941, donne cette description de Kenesary&nbsp;: <em>« un amoureux du pouvoir, énergique, doté d’un&nbsp;esprit exceptionnel, de grandes capacités d’organisation et d’une volonté infléchissable. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trouver refuge à Kokand et Khiva</strong><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/e86dd16b-6f5b-4382-99c4-9678c5ecae1f.jpeg?width=496"></a></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Acculés au Nord par les armées du tsar, les Kasymov ont émigré vers un territoire alors contrôlé par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanat de Kokand</a>, qui avait à cette période atteint son expansion maximale, notamment grâce à la conquête de nombreux territoires dans les steppes kazakhes. Dans l’ensemble, jusqu’en 1836, c’est surtout le frère ainé de Kenesary, Sarjan, qui a mené la guerre contre les Russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il avait déjà pris part à la guerre aux cotés des Kokandais. Cependant, lorsque le vice-roi de Tachkent ordonne de tuer Sarjan, et quelques années plus tard, son père, Kenesary est contraint de s&rsquo;enfuir à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a>, et de là, de rejoindre les nomades du Jüz moyen.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 1837, Kenesary mène la première grande attaque indépendante contre un détachement de Cosaques escortant une caravane de marchandises. En réponse, les autorités tsaristes organisent une expédition punitive dans les villages kazakhs et, un an plus tard, Kenesary attaque la forteresse d&rsquo;<a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/dun-simple-avant-poste-a-nur-sultan-histoire-de-la-capitale-du-kazakhstan/">Akmola</a> avec une armée de plusieurs milliers d&rsquo;hommes. Après cela, comme l&rsquo;écrit l&rsquo;historien local Nikolaï Sereda, <em>« les troubles dans les steppes prennent un caractère plus précis, plus alarmant et plus chronique ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Acculé, Kenesary cherche la paix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Jouant habilement sur les désaccords entre les administrations des gouvernorats d&rsquo;Orenbourg et de Sibérie occidentale &#8211; les terres du Jüz moyen étaient divisées entre ces régions de l&#8217;empire &#8211; et se révélant être un tacticien hors pair, Kenesary a longtemps lutté avec succès contre l&rsquo;influence russe sur un territoire assez vaste. Ses détachements opéraient dans les montagnes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kokchetau">Kokchetaou</a>, d&rsquo;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ulytau_(range)">Oulytaou</a>, dans les vallées des rivières Tourgaï et Irguiz, dans la région de la mer d&rsquo;Aral, sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a> inférieur et moyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rébellion s&rsquo;étend à la quasi-totalité du Jüz moyen, ainsi qu&rsquo;à une partie des terres du petit Jüz et du grand Jüz. Outre contre les troupes tsaristes, Kenesary Kasymov s&rsquo;est également battu contre les membres de ses tribus qui avaient décidé de rester fidèles à la couronne russe : comme ses ennemis cosaques, il a ravagé les villages qui ne se soumettaient pas à lui.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="286" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg" alt="La descente des Kazakhs sur le camp des indigènes" class="wp-image-71722" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a-300x173.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption class="wp-element-caption">La descente des Kazakhs sur un camp indigène, tableau de Nikolaï Karazine. Photo : Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A un moment donné, les mesures punitives prises par les autorités contraignent le futur khan à chercher refuge dans le khanat de Kokand. Cette fois, il se heurte à&nbsp;la trahison de l’élite locale&nbsp;: non seulement le père de la famille, Kasym, mais aussi les deux épouses de Kenesary, son fils et sa fille sont tués sur ordre du gouverneur de Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désespérant de recevoir un appui à Kokand et à Khiva – le souverain local avait refusé de devenir un ennemi de la Russie – Kenesary décide de rechercher la paix. Il demande à l’administration russe une amnistie, expliquant qu’il avait pris les armes uniquement à cause de la répression des nomades pacifiques par les militaires russes et kazakhs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sa tête mise à prix par les Russes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ayant obtenu une amnistie, Kenesary ne s’empresse pas de s’adonner à une vie pacifique comme l’attendaient les fonctionnaires russes. Au contraire, sa révolte s’enhardit. Officiellement reconnu au <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-dou-vient-la-tradition-du-kurultai-et-que-faut-il-en-attendre/">Kurultai</a> Khan de tous les Kazakhs (en réalité cet acte n’a pas reçu un soutien général au sein de l’élite locale), il entreprend d’agir au niveau international et de négocier avec l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">émir de Boukhara</a> à propos des mesures appropriées à appliquer contre le khan de Kokand.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-dou-vient-la-tradition-du-kurultai-et-que-faut-il-en-attendre/">Kazakhstan : d’où vient la tradition du kurultai et que faut-il en attendre ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement, à Saint-Pétersbourg, personne ne souhaite voir l’apparition d’une figure politique autonome dans les steppes. La crainte que le khan puisse passer de l’autorité russe à l’autorité boukhariote se fait de plus en plus forte. Les partisans de Kenesary commencent à nouveau à retourner les villages contre le pouvoir russe, leur interdisant de payer des impôts dus à l’empereur. Alors les rangs du khan commencent à pénétrer à l’Ouest, acculant le khan de Kokand jusqu’à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzak_(Kazakhstan)">Souzak</a> et Turkestan. Les autorités russes reviennent à une politique expéditive. La commission&nbsp;frontalière proclame que le khan est un rebelle et met sa tête à prix pour 3 000 roubles.<a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/5a0d064f-6443-4621-8f47-d85dc85e450a.jpeg?width=496"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Kenesary exigeait des autorités du tsar le retour des nomades faits prisonniers et la reconnaissance d’un Etat kazakh indépendant, non soumis à la Russie mais intégré dans une alliance avec elle. A Saint-Pétersbourg, personne n’était enclin aux compromis. Après avoir érigé une série de fortifications, les armées russes, avec des sultans kazakhs loyaux à l’empire russe, ont petit à petit fait pencher la balance à leur avantage et contraint Kenesary à se rendre au Sud, du coté des rivières <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saryssou_(rivi%C3%A8re)">Sarysou</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchou_(fleuve)">Tchou</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là étaient installés les nomades du grand Jüz, dont les sultans avaient aussi en 1846 prêté allégeance à l’empire russe. Une partie d’entre eux avait été mobilisée par Kenesary dans la guerre contre le khan de Kokand. Il leur avait promis de les rétribuer au moyen des terres conquises. Malgré la prise de plusieurs forteresses du khanat de Kokand, Kenesary, dont les troupes étaient atteintes du choléra, se retire loin au Sud-Ouest, au-delà de la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ili">Ili</a>. De là, il entreprend une campagne contre les Kirghiz, ou Kara-Kirghiz, comme les Russes les appelaient à l&rsquo;époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les Kirghiz sous la menace d&rsquo;une invasion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, Kenesary a vainement essayé de négocier une alliance avec les Chinois. Il comptait, après avoir assuré ses arrières, soumis tout le grand Jüz et les Kirghiz environnants, de nouveau engager la guerre contre Kokand – la pensée de se venger ne le quittait jamais. Avec lui, près de 100 000 personnes migraient. Le nombre de combattants aurait pu se situer entre 5 000 et 10 000, ce qui est moins qu’au plus fort de l’insurrection, quand l’armée de Kenesary avait atteint 20 000 combattants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, même les Kirghiz n’étaient pas du tout désireux de s’allier à ce khan impétueux. Cette circonstance ne devrait pas étonner, étant donné que la majorité des Kazakhs avait refusé de le suivre à ce moment-là. Certaines tribus kirghizes étaient directement subordonnées à Kokand, tandis que d&rsquo;autres reconnaissaient en 1842 Ormon Khan, le manapa (seigneur féodal) le plus influent.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Et bien qu’il n’y eût alors aucune unité à ce sujet entre les Kirghiz, la situation s’est retrouvée modifiée par l’apparition de la menace d’une invasion extérieure. Comme l’écrit l’historien soviétique Beguimaly Djalguertchinov&nbsp;: <em>« Ce n’est qu’au moment de l’établissement du sultanat de Kenesary sur les Kirghiz que toutes les tribus kirghizes, hormis celles du Sud, se sont rassemblées autour d’Ormon khan, donnant ainsi un semblant d’autorité à son khanat. »</em><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/45266b4e-f479-4e6d-ae5b-37b48ed29e54.jpeg?width=496"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir obéi aux Kirghiz vivant à la frontière avec la Chine, Kenesary se dirige vers les « Kirghiz de la pierre sauvage » (c&rsquo;est ainsi que les sources russes appelaient les tribus kirghizes vivant sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tian_Shan">Tian Shan</a> en raison de leur <em>« caractère belliqueux, leur bravoure et leur cruauté »</em>) afin de les soumettre à son autorité, de se rendre à Kokand et de s&rsquo;y autoproclamer khan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La guerre devient inévitable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un autre côté, dans le manuscrit <em>Les évènements kazakho-kirghiz </em>que cite Beguimaly Djalguertchinov, il est dit que Kenesary khan avait préalablement envoyé à Ormon khan un ambassadeur avec la proposition d’accepter sa suprématie et, en s’alliant, de se retourner contre les Russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quelles qu’aient été les intentions ultérieures de Kenesary, Ormon khan refuse de se soumettre à lui – il se considérait plus digne de détenir l’autorité du khan. De plus, il n’avait rien à voir avec les plans de Kenesary. Akhmet Kenesarine, fils de Kenesary, estime que ce refus est en grande partie dû aux souvenirs des guerres que le grand-père de Kenesary, Abylaï, avait mené contre les Kirghiz.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les chefs des kara-kirghiz, prenant conseil entre eux, refusèrent de se soumettre&nbsp;: ils se rappelaient encore ce qui avait eu lieu du temps d’Abylaï khan. Un proverbe kirghiz dit&nbsp;: les ennemis ancestraux ne peuvent pas se lier d&rsquo;amitié, de même qu&rsquo;un plancher coupé ne peut pas être remodelé en manche »</em>, raconte Akhmet Kenesarine dans ses mémoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant compris que la guerre était inévitable, Ormon khan, qui avait si bien utilisé le soutien de Kokand dans le précédant conflit, établit alors des contacts avec les autorités russes. Dans les faits, Kenesary devait désormais affronter une coalition entière, bien que tout le poids de la guerre à cette étape reposât sur les Kirghiz, et, surtout, que toutes les décisions fussent alors prises par leurs chefs en toute indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kenesary perd la tête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée du khan s&rsquo;est frayé un chemin à travers les terres kirghizes en massacrant la population et en détruisant des villages entiers. Nikolaï Sereda décrit comment les soldats de Kenesary ont jeté des habitants dans des chaudrons d&rsquo;eau bouillante, ce qui peut être vrai, mais cela peut être aussi attribué à la « propagande ennemie ». Quoi qu&rsquo;il en soit, la guerre menée par le khan fut effectivement très cruelle &#8211; la plupart des sources s&rsquo;accordent sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au printemps 1847, alors que l’armée de Kenesary se dispersait pour ravager les villages locaux, le khan lui-même, avec quelques milliers de guerriers, se trouve encerclé par l&rsquo;ennemi sur une colline de la région de Keklik-Senguir, sur la rive gauche de la rivière Tchou, à quatre kilomètres de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokmok">Tokmok</a> dans l&rsquo;actuel Kirghizstan. Pendant plusieurs jours, le khan a tenu la défense, puis, abandonné par une partie de son armée, il est vaincu, capturé et exécuté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nikolaï Sereda rapporte ces détails sanglants : <em>« Ayant tué Kenesary, les Kirghiz à la pierre sauvage lui coupèrent la tête et l&rsquo;enfoncèrent sur une pique, la menant d&rsquo;aoul en aoul </em>(village d&rsquo;Asie centrale, ndlr)<em> pour apaiser les habitants terrifiés ; le corps de Kenesary fut donné par vengeance aux femmes, qui le découpèrent en petits morceaux. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres sources parlent également d&rsquo;une <em>« exécution douloureuse »</em>, mais pour ce qui est de la tête du khan, des questions se posent : on ne sait pas si l&rsquo;envoi de ce terrible trophée en Russie était une initiative des vainqueurs, ou si les autorités tsaristes voulaient simplement s&rsquo;assurer que le rebelle qui leur avait causé tant d&rsquo;ennuis était bel et bien mort. Le président kirghiz, <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a>, insiste sur cette dernière version.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vie après sa mort</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;historiographie russe, soviétique et kazakhe moderne, la personnalité de Kenesary Kasymov a été maintes fois réévaluée. Si, à l&rsquo;époque prérévolutionnaire, la rébellion du khan était considérée sans ambiguïté comme une révolte de « voleurs » traditionnelle pour la Russie, qui a toutefois retardé pendant longtemps l&rsquo;expansion de l&#8217;empire vers le Sud, les bolcheviks ont tenté de lui donner un caractère à la fois de classe et anticolonial.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="279" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg" alt="La révolte de Kenesary Kasymov" class="wp-image-71721" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/07/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b-300x169.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption class="wp-element-caption">La révolte de Kenesary Kasymov. Photo : salem-shym.kz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La version officielle disait alors que les pauvres kazakhs s&rsquo;étaient soulevés contre les propriétaires terriens russes, les capitalistes et autres bourgeois. Dans le même temps, des allégations ont commencé à apparaître selon lesquelles les actions de la famille Kasymov étaient fondées sur des motifs égoïstes. Ils prétendaient que le khan et ses frères avaient pris les armes en raison de leur ressentiment à l&rsquo;égard des autorités tsaristes qui ne les avaient pas nommés sultans-gouverneurs, et que Kenesary lui-même était principalement guidé par ses ambitions personnelles, et non par un quelconque souci pour le peuple kazakh.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard vint l’idée que l’image de Kenesary avait été trop idéalisée, et que la guerre qu&rsquo;il a menée &#8211; l&rsquo;attaque contre les Kirghiz en est la preuve &#8211; était une banale querelle féodale causée non pas tant par des facteurs externes qu&rsquo;internes. A notre époque, de tels points de vue continuent d’etre relayés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De multiples revirements</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’après-guerre, les débats autour de la figure de Kenesary ont atteint un nouveau sommet. L’historien Ermoukhan Bekmakhanov, ayant essayé de prouver que l’expansion sous le commandement du khan avait joué un rôle dans l’histoire du Kazakhstan et avait retardé sa colonisation, il a été accusé de « nationalisme bourgeois » et a condamné à 25 ans de prison. Après la mort de Joseph Staline, ses collègues ont réussi à obtenir sa réhabilitation et la libération du scientifique qui, comme Kenesary, appartenait aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengiskhanides">Gengiskhanides</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un autre point de vue, la révolte de Kenesary était anticoloniale seulement à son premier stade, lors de la lutte pour la libération des Kazakhs contre la Russie et Kokand. Elle s’est par la suite transformée en querelle féodale au détriment des terres kirghizes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dernières années soviétiques, une évaluation négative générale a prévalu : la rébellion, bien que causée par l&rsquo;oppression coloniale croissante de l&rsquo;administration tsariste, était prétendument réactionnaire et monarchique par nature, et ses dirigeants ne représentaient en aucun cas les intérêts de leur propre peuple.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Dans le Kazakhstan contemporain, Kenesary Kasymov, est univoquement perçu comme un héros national. En ce qui concerne les guerres, il les a menées contre les ennemis intérieurs et extérieurs sur fondement de solides justifications. L’accent est mis sur le fait que la révolte a été un soulèvement national, bien qu’une telle affirmation puisse sembler au minimum audacieuse. Il est noté que <em>« la majorité de la population des trois jüz »</em> a pris part au <em>« mouvement de libération nationale et anticolonial »</em> sous la direction du khan, et que seule la position d&rsquo;une partie de la noblesse, flattée par les privilèges accordés par le tsarisme, a conduit à la défaite du soulèvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De mythes et de simulacres</strong><a href="https://fergana.news/siteapi/media/images/04de2e05-f31e-4059-a689-1fecdfbe788b.jpeg?width=496"></a></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la cruauté excessive de Kenesary à l&rsquo;égard de ses compatriotes dissidents et des Kirghiz est également reconnue, bien que ces derniers aient encouru la colère du khan car ils ont agi <em>« à l&rsquo;instigation des Kokandais »</em>, et qu&rsquo;en général, ils se soient laissés entraîner par ses nombreux opposants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, la reconnaissance de certaines erreurs commises par Kenesary Kasymov permet d&rsquo;espérer que cette personnalité réelle et certainement extraordinaire ne se transformera pas en un mythe sur un combattant de la liberté, et que toute tentative de le regarder d&rsquo;un point de vue critique ne sera plus perçue comme une terrible insulte envers tous les Kazakhs. Après tout, plus les mythes et les simulacres s&#8217;empileront autour de ces événements, moins on connaitra réellement Kenesary.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Piotr Bologov<br>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://fergana.news/articles/138037/">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Voyage du baron Mannerheim en Asie centrale : ses photographies exposées à Berne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Michèle Häfliger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Sep 2024 10:16:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/voyage-baron-mannerheim-asie-centrale-photographies-exposees-berne/">Voyage du baron Mannerheim en Asie centrale : ses photographies exposées à Berne</a></p>
<p>Le musée Cerny de Berne a proposé cet été de découvrir les photographies du baron Mannerheim, explorateur et ethnographe finlandais envoyé en expédition au Turkestan par l&#8217;Empire russe. Ses clichés, qui montrent autant la vie quotidienne des gens simples que les rencontres avec les grandes personnalités de son époque, offrent un aperçu historique touchant. Carl [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/voyage-baron-mannerheim-asie-centrale-photographies-exposees-berne/">Voyage du baron Mannerheim en Asie centrale : ses photographies exposées à Berne</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le musée Cerny de Berne a proposé cet été de découvrir les photographies du baron Mannerheim, explorateur et ethnographe finlandais envoyé en expédition au Turkestan par l&rsquo;Empire russe. Ses clichés, qui montrent autant la vie quotidienne des gens simples que les rencontres avec les grandes personnalités de son époque, offrent un aperçu historique touchant.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustaf_Emil_Mannerheim">Carl Gustav Emil Mannerheim</a> n’a pas hésité lorsqu’au printemps 1906, il a été chargé par l’Etat-major de l’armée russe de mener une expédition militaire et géographique du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a> jusqu’à Pékin. Il a tiré de nombreuses photographies de ce voyage, dont certaines particulièrement touchantes. Le <a href="http://www.museumcerny.ch/">musée Cerny</a> de Berne a présenté une partie d’entre d’elles dans le cadre de l’exposition temporaire <em>«&nbsp;Mannerheim – Through the Marshal’s Photographic Lens : Documenting Central Asia and China&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant sa traversée des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monts_Ala%C3%AF">monts Alaï</a>, le baron Mannerheim rencontre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurmanjan_Datka">Kourmandjan Datka</a>, alors âgée de plus de 90 ans. Bonne souveraine et diplomate avisée qui négociait avec des généraux russes, elle est encore aujourd’hui considérée comme une figure centrale de l’histoire du Kirghizstan.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">De l’immortalisation de cette rencontre est ressortie l’une des photos les plus célèbres de la collection Mannerheim. Comptant parmi les rares portraits photographiques de Kourmandjan Datka, celle-ci a largement contribué au mythe qui l’entoure et est également visible dans l’exposition.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui était le baron Mannerheim&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le baron Carl Gustaf Emil Mannerheim est né en 1867 dans une famille influente de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Su%C3%A9dois_en_Finlande">minorité suédoise</a> du grand-duché de Finlande, qui faisait alors partie de l’Empire russe. Il fréquente l’école de cavalerie de Saint-Pétersbourg et sert à différents postes dans l’armée avant de se voir proposer d’explorer les régions frontalières de l’Empire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-tsarine-de-lalai-kirghize-photographiee-par-le-president-finlandais/">Quand le président finlandais rencontre la Tsarine de l’Alaï kirghiz</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mission consiste à recueillir des informations politiques et militaires actuelles, en particulier sur les provinces limitrophes de la Chine et sur la modernisation de cette dernière. Dès son voyage au Turkestan, le baron Mannerheim se pose en explorateur et ethnographe, documentant son expérience et la vie sur place par écrit et par image. A son retour à Saint-Pétersbourg en 1908, son rapport militaire tombe rapidement dans l’oubli en raison des changements géopolitiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="465" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Mannerheim_route-map-1906-1908-1024x465-1.jpg" alt="Carte Mannerheim voyage Turkestan" class="wp-image-66526" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Mannerheim_route-map-1906-1908-1024x465-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Mannerheim_route-map-1906-1908-1024x465-1-300x136.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Mannerheim_route-map-1906-1908-1024x465-1-768x349.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tracé du périple de 14 000 kilomètres du baron Mannerheim d&rsquo;Och à Pékin. Image : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sa collection unique, accompagnée d’un journal photographique très détaillé, a acquis une certaine notoriété au début des années 1940, lorsque son <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/">récit de voyage illustré</a> a été publié pour la première fois. Les légendes des images proviennent directement de son journal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le baron Mannerheim a toujours eu un lien avec la Suisse&nbsp;: il a notamment passé ses dernières années au bord du lac Léman, et est mort à Lausanne en 1951 après une courte maladie. C’est pour cette raison que l’exposition à Berne d’une sélection de ses photos a été <a href="https://finlandabroad.fi/web/che/aktuelles/-/asset_publisher/h5w4iTUJhNne/content/vernissage-der-mannerheim-fotousstellung-in-bern/384951">inaugurée</a> en collaboration avec l’ambassade de Finlande en Suisse. Novastan propose ici un avant-goût des images les plus impressionnantes. Les commentaires qui les accompagnent se réfèrent aux indications écrites et orales du curateur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>A bride abattue et autres anicroches</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le baron était un grand passionné d’équitation et a effectué l’entièreté de son périple de l&rsquo;Asie centrale à Pékin à cheval. C’est donc tout naturellement qu’en passant les monts Alaï il a photographié une partie de <a href="https://ich.unesco.org/fr/RL/le-kok-boru-jeu-equestre-traditionnel-01294?RL=01294">kök-börü</a>, ou oulak-tartych, le jeu national kirghiz – et ce en pleine action.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="766" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Game_TamashaorUluk-1024x766-1.jpg" alt="Kok borou Mannerheim" class="wp-image-66527" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Game_TamashaorUluk-1024x766-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Game_TamashaorUluk-1024x766-1-300x224.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Game_TamashaorUluk-1024x766-1-768x575.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une partie de kök-börü ou oulak-tartych. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la courte durée d’exposition, les détails de la scène sont d’une grande netteté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kok-boru-au-coeur-dune-dispute-entre-kirghizstan-et-kazakhstan/"><strong>Le kök-börü au cœur d’une dispute entre Kirghizstan et Kazakhstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La partie la plus difficile du voyage était, <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/page/184/mode/2up">selon lui-même</a>, l’ascension du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Muzart_Pass">col de Mouzart</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="783" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Reloadingafterclimb-783x1024-1.jpg" alt="Col de Mouzart Xinjiang Mannerheim" class="wp-image-66535" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Reloadingafterclimb-783x1024-1.jpg 783w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Reloadingafterclimb-783x1024-1-229x300.jpg 229w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Reloadingafterclimb-783x1024-1-768x1004.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 783px) 100vw, 783px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une petite pause après la montée. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il est malgré tout monté sur une colline avec tout son équipement photographique, un appareil de pas moins de deux kilos ainsi qu’un trépied et une plaque de verre, afin d’obtenir un bon angle de vue sur la caravane de chevaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre visite de marque et simple hospitalité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aksou_(Xinjiang)">Aksou</a>, le baron Mannerheim <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/page/44/mode/2up">est reçu</a> avec de grands égards par une délégation de fonctionnaires chinois composée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_(division_administrative)">l’intendant du circuit</a> (dàotái), du commandant de la garnison (zhèntái) et du magistrat local (dìfāngguān). Il n’est de loin pas le premier&nbsp;: avant lui, de nombreux ethnographes ou espions, avant tout des Français et des Belges (dont très peu de femmes), avaient déjà voyagé dans la région.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="753" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Taotai_Tifankuon-1024x753-1.jpg" alt="Aksou Xinjiang Mannerheim" class="wp-image-66534" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Taotai_Tifankuon-1024x753-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Taotai_Tifankuon-1024x753-1-300x221.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Taotai_Tifankuon-1024x753-1-768x565.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le baron Mannerheim en compagnie de ses hôtes à Aksou. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les photographies en noir et blanc donnent l’impression que les gens étaient plus sombres qu’ils ne l’étaient en réalité. Cet effet a justement été utilisé par un certain public occidental pour arguer que les gens de la lointaine Asie centrale n’étaient pas aussi <em>«&nbsp;blancs&nbsp;»</em> et donc <em>«&nbsp;purs&nbsp;»</em> qu’eux. Toutefois, il apparaît nettement ici que le teint de Mannerheim n’était pas beaucoup plus clair que celui des autres hommes sur la photo.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="777" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KyrgyzWomenprovidingrefreshments-1024x777-1.jpg" alt="Femmes kirghizes yourtes Mannerheim" class="wp-image-66533" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KyrgyzWomenprovidingrefreshments-1024x777-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KyrgyzWomenprovidingrefreshments-1024x777-1-300x228.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KyrgyzWomenprovidingrefreshments-1024x777-1-768x583.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Femmes kirghizes offrant des raffraîchissements. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A l’inverse d’autres explorateurs de son époque, le baron était un touche-à-tout, allant aussi bien à la rencontre des grands de ce monde que des petites gens. Les trois femmes portraiturées ci-dessus ont fait preuve de l’hospitalité kirghize en <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/page/256/mode/2up">accueillant</a> la troupe. Les <a href="https://trvlland.com/fr/blog-kirghizistan/ornements-kirghizes">ornements typiques</a> de la yourte indiquent qu’il s’agit de Kirghizes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Scènes du quotidien des gens ordinaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, les lignes de démarcation entre telle ou telle catégorie ethnique étaient moins rigides qu’il n’y paraît &#8211; et que le baron Mannerheim ne l’aurait sans doute souhaité. De plus, du fait de glissements sémantiques, de nombreux termes ne sont plus compris aujourd’hui de la même manière qu’à l’époque.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="743" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TwoFemaleSarts-1024x743-1.jpg" alt="Femmes sartes Xinjiang Mannerheim" class="wp-image-66532" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TwoFemaleSarts-1024x743-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TwoFemaleSarts-1024x743-1-300x218.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TwoFemaleSarts-1024x743-1-768x557.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Deux femmes sartes. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la population nomade des montagnes était désignée comme <em>«&nbsp;kirghize&nbsp;»</em>, les citadins sédentaires étaient appelés <em>«&nbsp;</em><a href="https://journals.openedition.org/asiecentrale/1251"><em>sartes</em></a><em>&nbsp;»</em>, expression aujourd’hui <a href="https://openaccess.city.ac.uk/id/eprint/4868/1/McDowell_AT_sarts.pdf">employée comme insulte</a>. L’habillement des deux femmes au centre de l’image, des <em>«&nbsp;Sartes&nbsp;»</em> d’origine ouïghoure, permet de deviner qu’elles sont mariées à des Chinois, comme le constate le baron Mannerheim dans son journal.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="754" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KalmykWomanwithChildren-1024x754-1.jpg" alt="Femme kalmouke et enfants Mannerheim" class="wp-image-66531" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KalmykWomanwithChildren-1024x754-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KalmykWomanwithChildren-1024x754-1-300x221.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/KalmykWomanwithChildren-1024x754-1-768x566.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Femme kalmouke avec ses enfants. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son journal, il s’est montré impressionné par cette petite <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kalmouks">Kalmouke</a> de trois ans qui monte toute seule à cheval. Pendant que la mère s’occupe de sa fille du milieu, sa sœur de huit ans conduit le petit dernier devant elle.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="770" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Nasumbatoffs-wife_4Kinder-1024x770-1.jpg" alt="Famille Nasoumbatov Kalmouks Mannerheim" class="wp-image-66530" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Nasumbatoffs-wife_4Kinder-1024x770-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Nasumbatoffs-wife_4Kinder-1024x770-1-300x226.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Nasumbatoffs-wife_4Kinder-1024x770-1-768x578.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La femme et les enfants de Nasoumbatov. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le baron a aussi été l’hôte d’un riche Kalmouk, Nasoumbatov. Somptueusement vêtus, sa femme, ses trois filles et son fils se trouvent au premier plan. Nasoumbatov lui-même ne figure pas sur le portrait car, <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/page/228/mode/2up">selon le baron Mannerheim</a>, il avait tendance à boire. A la place, deux enfants (peut-être de voisins) se sont glissés sur la photo, dont on ne sait rien de plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D&rsquo;ethnographie et d&rsquo;espionnage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kachgar">Kachgar</a>, dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Xinjiang</a>, le baron Mannerheim ne mentionne les enfants assis sur le muret au centre de l’image ni dans la légende de la photo, ni dans son journal. Il s’intéresse en fait plutôt à la tour de garde et aux défenses de l’Empire chinois, dans la droite ligne de ses activités d’espionnage.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="766" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TowerandSampleofTerrainKashgar-766x1024-1.jpg" alt="Tour enfants Kachgar Mannerheim" class="wp-image-66529" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TowerandSampleofTerrainKashgar-766x1024-1.jpg 766w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/TowerandSampleofTerrainKashgar-766x1024-1-224x300.jpg 224w" sizes="auto, (max-width: 766px) 100vw, 766px" /><figcaption class="wp-element-caption">Tour et exemple du relief à Kachgar. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="757" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Gambinginchurchyard-1024x757-1.jpg" alt="Jeu de hasard Xinjiang Mannerheim" class="wp-image-66528" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Gambinginchurchyard-1024x757-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Gambinginchurchyard-1024x757-1-300x222.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/09/Gambinginchurchyard-1024x757-1-768x568.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jeu de hasard dans la cour d&rsquo;une église. Photo : https://museovirasto.finna.fi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La composition très naturelle des <a href="https://archive.org/details/dli.pahar.2754/page/72/mode/2up">joueurs</a> photographiés démontre le talent du baron à établir un lien de confiance entre lui et ses modèles malgré des situations inhabituelles. La spontanéité de l’image se manifeste par le fait que certains regards se dirigent vers l’appareil photo, tandis que d’autres sont absorbés par le jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un détail intéressant&nbsp;: un des miseurs est enchaîné par le cou à une barre de fer tenue par une femme. On ne sait pas qui elle était ni surtout pourquoi elle était la gardienne de celui qui semble son prisonnier.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Michèle Häfliger<br>Rédactrice pour Novastan Deutsch</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de </strong><a href="https://novastan.org/de/panorama/mannerheims-reise-durch-zentralasien-ausstellung-seiner-fotografien-in-bern/"><strong>l’allemand</strong></a><strong> par Adrien Mariéthoz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Explorateur, ethnographe, héros national : les mille et une vies de Tchokan Valikhanov</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 18:36:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/mille-et-une-vies-de-tchokan-valikhanov/">Explorateur, ethnographe, héros national : les mille et une vies de Tchokan Valikhanov</a></p>
<p>Considéré comme l’un des pères fondateurs de l’historiographie et de l’ethnologie centrasiatiques modernes, Tchokan Valikhanov est une personnalité kazakhe incontournable du XIXème siècle. Avec ce bref essai biographique, le site kazakh Masa Media retrace le parcours aussi spectaculaire que contradictoire de cet orientaliste, voyageur et officier de l’Empire russe qui a dédié sa vie à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/mille-et-une-vies-de-tchokan-valikhanov/">Explorateur, ethnographe, héros national : les mille et une vies de Tchokan Valikhanov</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Considéré comme l’un des pères fondateurs de l’historiographie et de l’ethnologie centrasiatiques modernes, Tchokan Valikhanov est une personnalité kazakhe incontournable du XIXème siècle. Avec ce bref essai biographique, le site kazakh Masa Media retrace le parcours aussi spectaculaire que contradictoire de cet orientaliste, voyageur et officier de l’Empire russe qui a dédié sa vie à l’étude de sa terre natale mais a aussi participé à sa conquête.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant sa brève existence, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchokan_Valikhanov">Tchokan Valikhanov</a> réussit à se frayer un chemin dans l’élite académique, étatique et militaire russe, une première pour un «&nbsp;inorodets&nbsp;» <em>(terme désignant les sujets non slaves de l’Empire russe, qui sera rendu ici par «&nbsp;allogène&nbsp;», ndlr)</em>. Il fut ainsi amené à côtoyer les cercles de scientifiques, politiciens, généraux et écrivains de Saint-Pétersbourg et d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Omsk">Omsk</a>&nbsp;: <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiodor_Dosto%C3%AFevski">Fiodor Dostoïevski</a>, notamment, appréciait son amitié. En même temps, il resta fidèle à sa charge militaire presque jusqu’à la fin de sa vie, le 10 avril 1865.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’écriture de cet article, les <a href="https://arheology.kz/personali/154-chokan-valikhanov.html">œuvres complètes</a> de Tchokan Valikhanov en cinq volumes ainsi que le site <a href="https://shoqan.kz/">shoqan.kz</a> répertoriant ses écrits, ses dessins, sa correspondance et les témoignages de ses contemporains ont été consultés. En l’absence de traductions, ses travaux restent relativement peu accessibles au public francophone. Une <a href="https://www.academia.edu/45611640/SELECTED_WORKS_OF_CHOKAN_VALIKHANOV_Pioneering_Ethnographer_and_Historian_of_the_Great_Steppe">anthologie en anglais</a> a cependant été éditée par l’ambassade du Kazakhstan au Royaume-Uni en 2020.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des origines dans la noblesse kazakhe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tchokan Valikhanov naît en 1835 dans la haute noblesse kazakhe&nbsp;: son grand-père <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D0%B0%D0%BB%D0%B8-%D1%85%D0%B0%D0%BD">Vali-Khan</a> (1741-1819), fils aîné d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abyla%C3%AF_Khan">Abylaï Khan</a> (1711-1781), était le dernier khan de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCz_moyenne">Jüz moyenne</a> <em>(une des trois divisions territoriales kazakhes, ndlr)</em>. C’est justement en l’honneur de cet aïeul qu’il reçoit plus tard son nom de famille russe Valikhanov, ou Oualikhanov.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://shoqan.kz/bio/bio-childhood/">Son enfance</a> est connue en grande partie grâce aux essais ethnographiques du géographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grigori_Potanine">Grigori Potanine</a>. Par exemple, il écrit qu’après la liquidation du khanat en 1822, trois ans après la mort de Vali-Khan, les fils du khan défunt ont dû se partager ses différents domaines, notamment ses deux quartiers d’hiver de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D1%8B%D1%80%D1%8B%D0%BC%D0%B1%D0%B5%D1%82_(%D0%A1%D0%B5%D0%B2%D0%B5%D1%80%D0%BE-%D0%9A%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%85%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F_%D0%BE%D0%B1%D0%BB%D0%B0%D1%81%D1%82%D1%8C)">Syrymbet</a> et du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Lake_Burabay">lac Bourabaï</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le géographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piotr_Semionov-Tian-Chanski">Piotr Semionov-Tian-Chanski</a>, les enfants de la première épouse de Vali-Khan étaient <a href="https://shoqan.kz/materials/s1/">tombés en disgrâce</a> pour avoir refusé de reconnaître l&rsquo;allégeance russe de leur père. Par conséquent, tout le pouvoir revint, contrairement à la tradition, aux enfants de sa deuxième femme <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%B9%D0%B3%D0%B0%D0%BD%D1%8B%D0%BC_%D0%A1%D0%B0%D1%80%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%B4%D0%B0%D0%BA%D0%BA%D1%8B%D0%B7%D1%8B#:~:text=%D0%90%D0%B9%D0%B3%D0%B0%D0%BD%D1%8B%D0%BC%20%D0%A1%D0%B0%D1%80%D0%B3%D0%B0%D0%BB%D0%B4%D0%B0%D0%BA%D0%BA%D1%8B%D0%B7%D1%8B%20(%D0%BA%D0%B0%D0%B7.,%D0%92%D0%B0%D0%BB%D0%B8%D1%85%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B0%2C%20%D0%BC%D0%BB%D0%B0%D0%B4%D1%88%D0%B0%D1%8F%20%D0%B6%D0%B5%D0%BD%D0%B0%20%D1%85%D0%B0%D0%BD%D0%B0%20%D0%A3%D0%B0%D0%BB%D0%B8.">Aïganym Sargaldakkyzy</a> (1783-1853), laquelle coopérait activement avec l&rsquo;administration russe. Ceux-ci héritèrent également du domaine de Syrymbet&nbsp;: c&rsquo;est sur ce site qu&rsquo;est né Tchokan Valikhanov, dont le père <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D0%B0%D0%BB%D0%B8%D1%85%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%A7%D0%B8%D0%BD%D0%B3%D0%B8%D0%B7_%D0%A3%D0%B0%D0%BB%D0%B8%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87">Tchinguiz</a> (1811-1895) était issu de ce second mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La khanym <em>(titre des femmes des dirigeants, ndlr)</em> Aïganym était en <a href="https://e-history.kz/ru/news/show/6708">bons termes</a> avec les autorités tsaristes et correspondait avec le <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%B7%D0%B8%D0%B0%D1%82%D1%81%D0%BA%D0%B8%D0%B9_%D0%B4%D0%B5%D0%BF%D0%B0%D1%80%D1%82%D0%B0%D0%BC%D0%B5%D0%BD%D1%82">Département asiatique</a> du ministère des Affaires étrangères de l&rsquo;Empire russe, où son petit-fils devait servir par la suite. Elle venait également en aide aux ingénieurs, géodésiens et autres spécialistes envoyés au Kazakhstan actuel pour préparer la colonisation des steppes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une enfance dans le Nord du Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En échange de cette collaboration, l&rsquo;Empire russe partageait le pouvoir sur la Jüz moyenne avec Aïganym Sargaldakkyzy, conformément à la<em>&nbsp;</em><a href="http://elib.shpl.ru/ru/nodes/59200-rossiya-zakony-i-postanovleniya-uchrezhdenie-dlya-upravleniya-sibirskih-guberniy-spb-1822">Charte des Kirghiz sibériens</a> de 1822. Le site de Syrymbet fut mis à sa complète disposition sur ordre personnel de l’empereur, qui y fit construire une ferme et une mosquée. Syrymbet est aujourd&rsquo;hui un village du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan-Septentrional">Kazakhstan-Septentrional</a> abritant un <a href="https://visit.sko.kz/page/read/Syrymbetskij_istorikoetnograficheskij_muzej_im_SH_Ualihanova.html?lang=ru">musée historico-ethnographique</a>. L’ancien <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A3%D1%81%D0%B0%D0%B4%D1%8C%D0%B1%D0%B0_%D0%A1%D1%8B%D1%80%D1%8B%D0%BC%D0%B1%D0%B5%D1%82%D0%B0">domaine</a> où Tchokan Valikhanov est venu au monde est quant à lui devenu un monument architectural d’importance nationale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="657" height="419" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-01.png" alt="Domaine Syrymbet" class="wp-image-65742" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-01.png 657w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-01-300x191.png 300w" sizes="auto, (max-width: 657px) 100vw, 657px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le domaine de Syrymbet, 1853. Dessin de Tchokan Valikhanov. Source : shoqan.kz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Tchokan Valikhanov était le deuxième des sept fils de Tchinguiz. Son vrai nom était Mouhammed-Qanafiya, le surnom affectueux Tchokan étant apparu plus tard. Pour l’ethnographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pypine">Alexandre Pypine</a>, la biographie du futur chercheur est un <em>«&nbsp;</em><a href="https://shoqan.kz/materials/py1/"><em>mélange original</em></a><em> d’Asie et d’Europe&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A 12 ans, le jeune garçon <a href="https://shoqan.kz/bio/bio-omsk/">part étudier</a> dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corps_des_cadets_d%27Omsk">corps des cadets d’Omsk</a>. 20 ans plus tôt, Aïganym Sargaldakkyzy avait déjà envoyé son père dans le même établissement, qui portait alors le nom d’Ecole de l’armée cosaque de ligne sibérienne. En y entrant, Tchokan Valikhanov ne parlait pas un mot de russe. Il en sort officier de l’armée impériale avec le grade de cornette, obtenant son diplôme un an plus tôt que ses pairs, puisqu’il était interdit de donner des cours de science militaire aux&nbsp;allogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;archéologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Iadrintsev">Nikolaï Iadrintsev</a> <a href="https://shoqan.kz/materials/y3/">considère</a> que Tchokan Valikhanov <strong><em>«&nbsp;</em></strong><em>avait reçu une éducation insignifiante au sein du corps des cadets sibériens, mais [que] ses grands talents avaient pu se développer même avec les maigres ressources que cette institution avait pu lui prodiguer.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au service de l’armée russe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois diplômé, Tchokan Valikhanov est nommé aide-de-camp de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%93%D0%B0%D1%81%D1%84%D0%BE%D1%80%D0%B4,_%D0%93%D1%83%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%B2_%D0%A5%D1%80%D0%B8%D1%81%D1%82%D0%B8%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Gustav&nbsp;Gasfort</a>, gouverneur général de la Sibérie occidentale. A ce poste, il attire simultanément l’attention de <a href="https://shoqan.kz/materials/p5/">deux lignées</a> influentes&nbsp;: les Kapoustine et les Goutkovski. Grâce à leur patronage, le jeune garçon parvient à obtenir auprès de Gustav Gasfort le poste de compilateur de documents sur le gouvernement des Kirghiz, mot qui désignait alors les Kazakhs actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce temps-là, l’Asie centrale est le théâtre d’une confrontation à large échelle entre les empires britannique et russe, généralement connue comme le <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-grand-jeu-raison-de-larrivee-des-premiers-russes-au-tadjikistan/">Grand Jeu</a>. Dans cette course pour dominer la région, le principal terrain d’action des Britanniques se trouve être l’Inde, et celui de la Russie les steppes kazakhes. Cette concurrence coloniale a permis à plus d’un simple soldat des forces coloniales de connaître une ascension vertigineuse, et Tchokan Valikhanov en a fait l&rsquo;expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-grand-jeu-raison-de-larrivee-des-premiers-russes-au-tadjikistan/">Le Grand Jeu, raison de l’arrivée des premiers Russes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aspirant à progresser en direction du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tian_Shan">Tian Shan</a>, l’Empire russe étend par la suite son pouvoir sur les Kirghiz d’aujourd’hui, <a href="http://science-journal.kg/media/Papers/ivk/2008/3/253-256.pdf">appelés</a> à l’époque Karakirghiz ou Kirghiz dikokamènes <em>(littéralement «&nbsp;Kirghiz noirs&nbsp;» ou «&nbsp;Kirghiz des rocs sauvages&nbsp;», ndlr)</em>. Gustav Gasfort a alors besoin d’un expert en langues et coutumes locales, tâche pour laquelle <em>«&nbsp;l’allogène&nbsp;»</em> Tchokan Valikhanov est tout désigné.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des promotions rapides</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le détachement expéditionnaire quitte Omsk pour Semipalatinsk (aujourd’hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Seme%C3%AF">Semeï</a>), puis passe par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFagouz">Aïagouz</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Qapal">Kapal</a> pour rejoindre les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trans-Ili_Alataou">Trans-Ili Alataou</a>, où venaient d&rsquo;être posées les fondations de la forteresse de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D0%B5%D1%80%D0%BD%D1%8B%D0%B9">Verny</a>, la future <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>. Le jeune officier ne laisse pas d’impressionner son supérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Le cornette sultan Valikhanov, bien que n’ayant pas plus de deux ans de service, mais connaissant parfaitement la langue et les coutumes locales kirghizes, m’a été d’une grande utilité en m’accompagnant dans la steppe kirghize&nbsp;»</em>, écrit celui-ci dans une <a href="https://shoqan.kz/materials/m1/">pétition</a> du 17 décembre 1855, dans laquelle il demande de récompenser le jeune homme.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pétition mentionne spécifiquement que le futur ethnographe est <em>«&nbsp;le premier parmi les enfants des sultans kirghiz du département de Sibérie&nbsp;»</em> à avoir reçu une éducation militaire russe et que, partant, le fait de lui décerner une récompense permettrait de <em>«&nbsp;développer chez les Kirghiz le désir de mettre leurs enfants à notre service.&nbsp;»</em> Le 20 janvier 1856, soit un mois plus tard, le cornette Tchokan Valikhanov est promu lieutenant <em>«&nbsp;pour son service d’un zèle et d’une diligence extrêmes.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fort de ce succès, le jeune homme se voit permettre de monter sa propre <a href="https://shoqan.kz/bio/bio-exp/">expédition</a>. Tandis que Gustav Gasfort rentre à Omsk, Tchokan Valikhanov conduit son détachement jusqu’à la chaîne des <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%BB%D1%82%D1%8B%D0%BD%D1%8D%D0%BC%D0%B5%D0%BB%D1%8C_(%D1%85%D1%80%D0%B5%D0%B1%D0%B5%D1%82)">Altyn-Emel</a>, avant de se rendre seul à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Col_d%27Alataw">Porte de Dzoungarie</a> <em>(col reliant le Kazakhstan au Xinjiang, ndlr)</em>. Sur le chemin du retour, il prend le temps de voyager dans la région du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Alakol">lac Alakol</a>, du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarbagata%C3%AF">Tarbagataï</a> et dans tout le Kazakhstan central.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sur les bords de l’Issyk-Koul</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois revenu de ce premier voyage, le jeune homme ne reste pas inactif bien longtemps. Toujours en 1856, il prend part à l’expédition <a href="https://centrasia.org/person2.php?st=1404806100">Khomentovski</a>, qui marche dans le bassin du lac <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yssyk_Koul">Issyk-Koul</a> afin d’en étudier la topographie en vue d’une future colonisation et de recueillir des données ethnographiques. Consignant les détails de l’excursion dans <a href="https://shoqan.kz/incompleted/works-dnevnik-poezdki-issyk/">un journal</a>, Tchokan Valikhanov révèle ses aptitudes de chercheur-ethnographe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le détachement quitte Semipalatinsk le 18 avril pour se rendre d’abord à Aïagouz. Or, c’est justement dans cette région que se déroule la trame du <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%BE%D0%B7%D1%8B_%D0%9A%D0%BE%D1%80%D0%BF%D0%B5%D1%88_%E2%80%94_%D0%91%D0%B0%D1%8F%D0%BD_%D1%81%D1%83%D0%BB%D1%83">poème oral</a> <em>«&nbsp;Qozy Körpech – Baïan Soulou&nbsp;»</em>. Cette épopée lyrique, qui narre l’amour impossible de deux jeunes Kazakhs, <a href="https://cyberleninka.ru/article/n/k-istorii-zapisi-publikatsii-i-izucheniya-eposa-kozy-korpesh-i-bayan-sulu">intéressait déjà</a> les folkloristes depuis plusieurs décennies. Tchokan Valikhanov en a lui-même enregistré plusieurs variantes au cours de sa vie, dont deux <a href="https://shoqan.kz/incompleted/works_kozy_korpesh_bayan_sulu/">ont survécu</a> jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. L’expédition de 1856 représente donc pour lui l’occasion parfaite de visiter le&nbsp;<a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D0%B0%D0%B2%D0%B7%D0%BE%D0%BB%D0%B5%D0%B9_%D0%9A%D0%BE%D0%B7%D1%8B_%D0%9A%D0%BE%D1%80%D0%BF%D0%B5%D1%88_%D0%B8_%D0%91%D0%B0%D1%8F%D0%BD_%D1%81%D1%83%D0%BB%D1%83">mazar</a>&nbsp;(mausolée) des héros de ce récit et d’en ramener des esquisses.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="657" height="419" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-2.png" alt="famille valikhanov" class="wp-image-65741" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-2.png 657w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/bio-ch-2-300x191.png 300w" sizes="auto, (max-width: 657px) 100vw, 657px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les petits frères de Tchokan Valikhanov, 1855. Dessin de Tchokan Valikhanov. Source : shoqan.kz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la suite du voyage, Tchokan Valikhanov effectue des relevés ethnographiques sur les tribus kirghizes <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D1%83%D0%B3%D1%83_(%D0%BF%D0%BB%D0%B5%D0%BC%D1%8F)#:~:text=%D0%91%D1%83%D0%B3%D1%83%20(%D0%BA%D0%B8%D1%80%D0%B3.,%D0%9F%D1%80%D0%B0%D0%B2%D0%BE%D0%B3%D0%BE%20%D0%BA%D1%80%D1%8B%D0%BB%D0%B0%20(%D0%9E%D2%A3%20%D0%BA%D0%B0%D0%BD%D0%B0%D1%82).&amp;text=%D0%A3%D1%80%D0%B0%D0%BD%20(%D0%B1%D0%BE%D0%B5%D0%B2%D1%8B%D0%B9%20%D0%BA%D0%BB%D0%B8%D1%87)%20%E2%80%94%20%C2%AB%D0%91%D1%83%D0%B3%D1%83%C2%BB!">Bougou</a>, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D0%B0%D1%80%D1%8B%D0%B1%D0%B0%D0%B3%D1%8B%D1%88">Sarybagych</a> et <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%B0%D1%80%D0%B3%D1%8B_(%D0%BF%D0%BB%D0%B5%D0%BC%D1%8F)">Bargy</a>, et s’intéresse notamment <a href="https://cyberleninka.ru/article/n/o-neobhodimosti-razdeleniya-literaturnyh-ponyatiy-yrchy-i-akyn">aux akyn et aux yrtchy</a>, les poètes-chanteurs de ce peuple. Cela l’amène à réaliser ce qui est considéré comme la première trace écrite de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pop%C3%A9e_de_Manas">l’épopée de Manas</a>. En effet, l&rsquo;ethnographe a reproduit en russe <a href="https://shoqan.kz/completed/works_kukotay-khan/">un extrait</a> de cette <em>«&nbsp;saga héroïque des Kirghiz dikokamènes&nbsp;»</em>, et ce un quart de siècle avant la <a href="https://rusneb.ru/catalog/000199_000009_010590457/">transcription</a> et la <a href="https://archive.org/details/probendervolksl02radlgoog/page/141/mode/2up">traduction allemande</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Radlov">Vassili Radlov</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/qui-sont-les-manastchis-et-comment-les-autorites-kirghizes-tentent-elles-de-les-controler/">Qui sont les manastchis et comment les autorités kirghizes tentent-elles de les contrôler&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du passage en question, que Tchokan Valikhanov intitule <em>«&nbsp;Mort et banquet funéraire de Koukotaï Khan&nbsp;»</em>, n’est pas totalement dicté par le hasard&nbsp;: en décrivant les rites mortuaires et la transmission du pouvoir, il constitue la référence la plus fréquente aux traditions juridiques et culturelles des Kirghiz, dont la connaissance était nécessaire à l’administration impériale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mission après la révolte des Dounganes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Peu après l’expédition kirghize, il est chargé d’une <a href="https://shoqan.kz/incompleted/works_zapadniy_kray_kitay/">nouvelle mission spéciale</a> pour l’Empire russe. Il s’était produit un événement à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tacheng">Tchougoutchak</a>, dans ce qui est aujourd’hui la préfecture chinoise de Tacheng, que Gustav Gasfort décrit dans une lettre au ministère des Affaires étrangères comme <em>«&nbsp;l’incendie et le pillage de notre comptoir par une violente populace chinoise.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation de cette région – l’ancien territoire des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dzoungars">Dzoungars</a> – était assez complexe, car elle se trouvait à la fois tributaire de l’Empire russe et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Qing">Grand Qing</a>. Ses habitants vivaient sous cette double sujétion depuis la destruction du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_dzoungar">khanat dzoungar</a> par les troupes mandchoues et son incorporation dans le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Xinjiang_under_Qing_rule">Xinjiang</a> dans les années 1750. Entre-temps, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_l%27opium">guerres de l’opium</a> avaient passablement affaibli la Chine, et des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_rebellions_in_China#Qing_dynasty">soulèvements</a> ont éclaté aux quatre coins d’un Empire Qing en mal d’autorité. Le phénomène sévit aussi en Dzoungarie et finit par atteindre Tchougoutchak, ville alors complètement cédée à la Russie. Six ans plus tard, il aboutira à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Dounganes">révolte des Dounganes</a> <em>(terme désignant les musulmans de langue sinitique, ndlr)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités Qing, désireuses de réparer les dommages causés par les rebelles, proposent de nommer des mandataires des deux côtés et de les faire se rencontrer à Kouldja (aujourd’hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yining">Yining</a>) pour discuter de la compensation des pertes. Le choix de Gustav Gasfort se porte à nouveau sur un <em>«&nbsp;allogène&nbsp;»</em> compétent, et bientôt Tchokan Valikhanov se met en route avec un détachement de cosaques armés.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Après avoir traversé la vallée d’Uïgentas, il entame des négociations avec le consul mandchou et s’acquitte brillamment de sa tâche. Les relations entre les deux empires sont rétablies, et Tchokan Valikhanov retourne à Omsk trois mois plus tard. Il n’a alors que 20 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une amitié avec Fiodor Dostoïevski</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A Omsk, par l’entremise de la famille Kapoustine, le jeune homme devient l’hôte régulier d’une autre dynastie fortunée, les Ivanov. C’est au domicile de ces derniers qu’il fait la connaissance de Fiodor Dostoïevski en 1854, comme le relate le diplomate <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Wrangel">Alexandre Wrangel</a> dans un mémoire consacré au célèbre écrivain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fiodor Dostoïevski était invité en compagnie du littérateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Dourov">Sergueï Dourov</a>, un ancien camarade du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_de_Petrachevski">Cercle de&nbsp;Petrachevksi</a>, qui avait été condamné au peloton d’exécution à ses côtés en 1849 pour avoir fréquenté ce club de libres-penseurs. En fait, la peine de mort avait été commuée en exil, et ils avaient été envoyés ensemble au bagne à Omsk, en ressortant tous deux traumatisés physiquement et mentalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/semei-ville-historique-du-kazakhstan/">Semeï, ville historique du Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune Tchokan Valikhanov de 19 ans se lie d’amitié avec les deux écrivains. Cependant, la même année, les autorités impériales décident d’éloigner Fiodor Dostoïevski d’Omsk en l’envoyant <em>«&nbsp;dans la cambrousse&nbsp;»</em>, à Semipalatinsk. Lors de ses expéditions de 1856-1858, Tchokan Valikhanov se servira souvent de ses voyages personnels comme prétexte pour rendre visite à son ami dans cette ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Parmi les quelques personnes nous ayant rendu visite récemment, je me souviens d’ailleurs qu’un jeune et charmant officier kirghiz, élève du corps des cadets d’Omsk, Moukhamed-Qanafiya Valikhanov, est passé voir Dostoïevski&nbsp;»</em>, <a href="https://shoqan.kz/materials/vr1/">note</a> Alexandre Wrangel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une correspondance enflammée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, les deux amis doivent se séparer, restant en contact uniquement par correspondance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je m’empresse de profiter d’une occasion pour vous écrire cette lettre. Après votre départ, j’ai seulement passé la nuit dans votre ville et j’ai repris la route le lendemain matin. Cette soirée a été terriblement ennuyeuse pour [moi]. Me séparer de ceux que j’ai tant aimés et qui ont été aussi bienveillants avec moi a été très dur&nbsp;»</em>, <a href="https://shoqan.kz/fromshoqan/letters_to_fmd/">écrit</a> Tchokan Valikhanov à Fiodor Dostoïevski le 5 décembre 1856.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-etait-akhmet-baitoursinoff-lhistoire-dun-enseignant-kazakh/">Qui était Akhmet Baïtoursinoff&nbsp;? L’histoire d’un enseignant kazakh</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://shoqan.kz/toshoqan/letters_from_fmd/">réponse</a> du 14 décembre est encore plus enflammée : <em>«&nbsp;Vous m’écrivez que vous m’aimez. Et moi, je vous déclare sans cérémonie que je suis tombé amoureux de vous. Jamais et pour personne, pas même pour mon propre frère, je n’ai ressenti une telle attraction que pour vous, et Dieu sait comment cela s’est fait. L’explication ne tiendrait pas en peu de mots, mais à quoi bon faire vos louanges&nbsp;? Vous croyez en ma sincérité sans preuves, mon cher Vali-khan, et eussé-je écrit dix livres sur le sujet que tout resterait à dire&nbsp;: les sentiments et les attirances sont de l’ordre de l’impénétrable. Lorsque nous avons fait nos adieux depuis le traîneau, nous en avons tous eu le vague à l’âme pour le restant de la journée. Nous nous sommes souvenus de vous tout le long du voyage et vous avons encensé à l’envi. Si seulement vous aviez pu partir avec nous&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conseils pour sa carrière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette même lettre de Fiodor Dostoïevski a peut-être influencé le choix du jeune homme quant à sa future voie : <em>«&nbsp;Vous me demandez conseil sur ce qu’il faut faire de votre service et de votre situation en général. A mon avis, voici une chose&nbsp;: n’abandonnez pas votre étude. Vous avez beaucoup de matériel&nbsp;: écrivez un article sur la steppe. Il sera publié (rappelez-vous, nous en avons parlé). Le mieux serait que vous réussissiez à écrire quelque chose comme vos notes sur la vie dans la steppe, sur votre expérience là-bas, etc. […] Avec le matériel dont vous disposez, vous intéresseriez la </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_russe_de_g%C3%A9ographie"><em>Société géographique</em></a><em>.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je vous aime tant que je passe mes journées à rêver de vous et de votre destin. Bien sûr, votre destin, je l’ai arrangé et chéri dans mes rêves. Mais dans la rêverie subsiste une réalité&nbsp;: c’est que vous êtes le premier de votre race à avoir reçu une éducation européenne. Ce fait est déjà impressionnant à lui seul, et la conscience de ce fait vous impose en plus des devoirs involontairement. Il est difficile de décider&nbsp;: comment faire votre premier pas&nbsp;? Permettez-moi encore un conseil (général)&nbsp;: oubliez-vous moins, rêvez moins et agissez davantage. […] Que Dieu vous donne le bonheur. Adieu, mon cher, et laissez-moi vous étreindre et vous embrasser dix fois. Souvenez-vous de moi en écrivant plus souvent.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fiodor Dostoïevksi et Tchokan Valikhanov continueront de se croiser par la suite&nbsp;: le jeune homme est accueilli à Saint-Pétersbourg par l’écrivain qui lui présente sa famille. Fiodor Dostoïevski cultivera le souvenir de son ami après sa mort précoce. Il conservait ses propres manuscrits dans un coffret de palissandre, cadeau de Tchokan Valikhanov sculpté par son frère Maqajan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’expédition à Kachgar</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vie du jeune homme connaît un tournant grâce à l’intérêt que lui porte le célèbre géographe Piotr Semionov-Tian-Chanski, qui considère cet <em>«&nbsp;allogène&nbsp;»</em> instruit comme <em>«&nbsp;un rare phénomène&nbsp;»</em>. Sur sa recommandation, le gouverneur Gustav Gasfort décide de lui confier une <a href="https://shoqan.kz/incompleted/works_kashgarskiy_dnevnik1/">mission risquée</a> en Kachgarie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/kachgar-capitale-culturelle-ouighoure-reconstruction-forcee-exploitation-et-surveillance/">Kachgar, capitale culturelle ouïghoure : reconstruction forcée, exploitation et surveillance</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette région du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_du_Tarim">bassin du Tarim</a> constituait autrefois la partie méridionale du khanat dzoungar (1634-1759), jusqu’à sa défaite contre les Qing et son intégration dans leur empire. Peu avant l’expédition de Tchokan Valikhanov, une rébellion avait éclaté à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kachgar">Kachgar</a>, et l’émir <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Wali_Khan_(khoja)">Valikhan-töré</a> y avait <a href="https://shoqan.kz/completed/works_altishar_history/">pris le pouvoir</a> pour une brève période. La Chine avait réussi à réprimer ce soulèvement, mais les empires russe et britannique s’intéressaient de plus en plus à ce territoire fermé et inhospitalier, sur lequel ils manquaient cruellement d’informations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie avait besoin d’un agent capable de mener à bien la mission dangereuse de recueillir des renseignements sur la situation politique de la Kachgarie. Piotr Semionov-Tian-Chanski était convaincu que seul le lieutenant Tchokan Valikhanov, <em>«&nbsp;envoyé dans le costume national kirghiz&nbsp;»</em>, conviendrait à cette tâche. Il va sans dire que cette mission était bien plus périlleuse que celle de Kouldja, puisque le jeune homme devait agir cette fois-ci en qualité d’espion, et non d’ambassadeur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/alti9-1024x681.jpg" alt="ouïghours Turkestan oriental valikhanov" class="wp-image-65743" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/alti9-1024x681.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/alti9-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/alti9-768x510.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/06/alti9.jpg 1500w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des Ouïghours du Turkestan oriental, 1859. Dessin de Tchokan Valikhanov. Source : shoqan.kz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant troqué son uniforme d’officier contre un bechmet turcique, il quitte incognito la forteresse de Verny en 1858, déguisé en marchand dans une caravane. Voyageant en se faisant passer pour Alim, un parent du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Sart">Sarte</a> Boukach qui dirige le convoi, il franchit bientôt le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Juuku">col de Djouukou</a> et se rend directement à Kachgar.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des découvertes qui lui valent la reconnaissance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La famille d’Alim accueille Tchokan Valikhanov avec joie. A en croire Grigori Potanine, tout l’hiver qu’il aura passé à Kachgar est consacré à des festins et à des visites à cette nouvelle <em>«&nbsp;parenté&nbsp;»</em>. Il reçoit même, selon la coutume, une épouse temporaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant son séjour à Kachgar, il recueille de nombreuses données sur le bref règne de Valikhan-töré. Par exemple, il parvient à apprendre des habitants que parmi les personnes exécutées par l’émir de Kachgar se trouvait un étranger aux cheveux blancs. En effet, Valikhan-töré considérait tout <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Farang">fereng</a> <em>(terme emprunté au persan désignant les Occidentaux dans la région, ndlr)</em> comme un espion. L’étranger a été amené à l’émir qui, vraisemblablement sous l’influence du haschisch, a exigé des documents de son hôte. Celui-ci refusant, il a été décapité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tchokan Valikhanov <a href="https://shoqan.kz/completed/works_adolf_shl/">en conclut</a> que l’Européen assassiné était <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Adolf_Schlagintweit">Adolf Schlagintweit</a>, un voyageur et orientaliste allemand qui s’était rendu à Kachgar un an auparavant. Cette découverte lui vaut la reconnaissance de la communauté scientifique internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-nationalisme-et-les-nationalistes-kazakhs-avant-le-kazakhstan/">Le nationalisme et les nationalistes kazakhs avant le Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir recueilli tous les renseignements nécessaires, il rend sa femme temporaire à ses parents et repart pour Verny. <a href="https://shoqan.kz/materials/p1/">Selon Grigori Potanine</a>, les Chinois, qui avaient appris sa présence, se lancent à sa poursuite, mais il réussit à leur échapper et rentre chez lui en avril 1859. En remerciement de ses services, il est admis à la Société géographique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La poursuite de ses études en Russie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A Omsk, le jeune homme avait beaucoup entendu parler de Saint-Pétersbourg par Sergueï Dourov. Il rêve depuis lors de se rendre à la capitale impériale, et le gouverneur Gustav Gasfort décide justement de l’y envoyer pour le récompenser de son succès à Kachgar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici ce que l’ethnographe <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9D%D0%B5%D0%B1%D0%BE%D0%BB%D1%8C%D1%81%D0%B8%D0%BD,_%D0%9F%D0%B0%D0%B2%D0%B5%D0%BB_%D0%98%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Pavel Nebolsine</a> <a href="https://shoqan.kz/materials/ne1/">rapporte</a> du séjour de Tchokan Valikhanov&nbsp;: <em>«&nbsp;A Saint-Pétersbourg, nos Kirghiz sont une rareté&nbsp;: c’est à peine s’il y en a cinq ici. Ils portent l’habit militaire européen et, à l’exception d’un seul d’entre eux, ne se démarquent pas de façon particulière. […] Cet hiver, [cet homme] a lu à l’une des réunions de la Société géographique des pages pleines d’érudition indépendante et de points de vue vraiment humains.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Piotr Semionov-Tian-Chanski et <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%BE%D0%B5%D0%B2%D1%81%D0%BA%D0%B8%D0%B9,_%D0%90%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D1%81%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D1%80_%D0%90%D0%BD%D0%B4%D1%80%D0%B5%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87">Alexandre Dostoïevski</a>, neveu de Fiodor, soulignent dans <a href="https://shoqan.kz/materials/s1/">l’article</a> qu’ils ont consacré à Tchokan Valikhanov qu’à Saint-Pétersbourg, ce dernier <em>«&nbsp;a commencé sous la direction de Semionov à exploiter les nombreux documents qu’il avait rassemblés sur la géographie, l’ethnographie et l’histoire des steppes kirghizes, et a essayé de compléter ses informations en suivant des cours à l’université de Saint-Pétersbourg.&nbsp;» </em>Ils indiquent également qu’il a réussi à apprendre le français et l’allemand <em>«&nbsp;à un niveau convenable&nbsp;»</em> durant cette période.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les délices de Pétersbourg</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A Saint-Pétersbourg, le jeune homme se lie aussi d’amitié avec le chercheur Nikolaï Iadrintsev. <a href="https://shoqan.kz/materials/y1/">Pour celui-ci</a>, il s’agit de la période de <em>«&nbsp;gloire&nbsp;»</em> de Tchokan Valikhanov, souvent affairé avec <em>«&nbsp;quelque manuscrit ou carte orientale&nbsp;»</em>. Pourtant, ce même Nikolaï Iadrintsev fait également un portrait moins flatteur, écrivant qu’à la capitale, Tchokan Valikhanov <em>«&nbsp;n’était pas un académique assidu ni travailleur&nbsp;»</em>, mais <em>«&nbsp;menait une vie on ne peut plus dissolue.&nbsp;»</em> Il en vient à décrire l&rsquo;ethnographe comme un fêtard et un coureur de jupons fréquentant les salons littéraires, notant au passage que <em>«&nbsp;la vie mondaine à Saint-Pétersbourg a coûté une fortune à Valikhanov, tout riche sultan que son père était.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1861, Tchokan Valikhanov quitte la capitale, y étant devenu phtisique. Les médecins l’envoient dans ses steppes natales, pensant que cela réparerait ses poumons. Or, la maladie ne fera que progresser&nbsp;: il est désormais tourmenté par une toux chronique et des douleurs thoraciques. Pour ses amis, <em>«&nbsp;la santé fragile de Valikhanov n’a pas résisté au climat pétersbourgeois&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a donc été <em>«&nbsp;contraint de retourner dans son pays d’origine, où il est mort de consomption.&nbsp;»</em> En 1863, Nikolaï Iadrintsev le revoit à Omsk&nbsp;: il retrouve un homme toujours aussi spirituel et joyeux, mais considérablement affaibli et émacié. Faisant état de cette dégradation, l’ethnographe russe pointe du doigt <em>«&nbsp;la vie à la capitale et ses divertissements.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’heure de la désillusion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Tchokan Valikhanov revient au Kazakhstan, le général <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Tchernia%C3%AFev">Mikhaïl Tchernaïev</a>, futur <em>«&nbsp;conquérant du Turkestan&nbsp;»</em>, l’invite à prendre part à son expédition asiatique. Or, le jeune homme ne s’attendait pas à ce que cette excursion se transforme en cours de route en une campagne militaire agressive et dévastatrice qui se terminera en mai 1865 par la <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/conquete-empire-russe-asie-centrale-tadjikistan/">prise de Tachkent</a>. Au départ, Mikhaïl Tchernaïev prend cette initiative de son propre chef et contre l’avis de ses supérieurs. Les autorités impériales ne peuvent toutefois qu’exprimer leur satisfaction face à ses résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/conquete-empire-russe-asie-centrale-tadjikistan/">Conquête ou rattachement volontaire&nbsp;? Comment l’Empire russe est arrivé en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tchokan Valikhanov se voit offrir le poste d’aide-de-camp et d’interprète personnel du général&nbsp;: une fois l’expédition terminée, il serait promis à une carrière époustouflante. Néanmoins, ce dont il est témoin durant la campagne est pour lui la goutte qui fait déborder le vase.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme <a href="https://shoqan.kz/materials/p1/">l’a écrit</a> Grigori Potanine, <em>«&nbsp;la vue du pillage qui suivi la prise de Pichkek </em>(aujourd&rsquo;hui Bichkek, ndlr)<em>, et dont les soldats avaient reçu l’autorisation, lui a laissé un tel sentiment de dégoût qu’il a quitté le détachement de Tchernaïev.&nbsp;»</em> En fait, le géographe se trompe&nbsp;: Tchokan Valikhanov a assisté à la capture d’une autre ville, Aoulié-Ata (aujourd&rsquo;hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraz">Taraz</a>). Nikolaï Iadrintsev aussi évoque le refus du jeune homme de participer davantage à la campagne, <a href="https://shoqan.kz/materials/y1/">le résumant</a> sobrement à <em>«&nbsp;une prise de bec entre Tchernaïev et lui.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Un brillant météore »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce retrait, Tchokan Valikhanov <a href="https://shoqan.kz/bio/bio-homeback/">met un terme</a> à son service et s’en retourne dans son village natal pour se marier. Renonçant à toute activité scientifique, il n’achèvera jamais les ébauches de ses œuvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il y a quelque chose de dramatique dans ce retour à la yourte de l’allogène prodige et éduqué&nbsp;»</em>, <a href="https://shoqan.kz/materials/y1/">commente</a> Nikolaï Iadrintsev. <em>«&nbsp;Dans un moment de déception, il fuit, comme </em>l&rsquo;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Gypsies_(poem)">Aleko de Pouchkine</a><em> </em>(qui a quitté la «&nbsp;captivité des villes étouffantes&nbsp;», ndlr)<em>, dans les tentes des nomades, où les mœurs sont plus simples, plus pures.&nbsp;»</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">A vrai dire, nul ne sait si Tchokan Valikhanov a quitté son service pour des raisons de santé ou à cause des scènes auxquelles il a assisté. Toujours est-il qu’il meurt peu de temps après, le 10 avril 1865, à l’âge de 29 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’archéologue et orientaliste russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Vesselovski">Nikolaï Vesselovski</a> <a href="https://shoqan.kz/materials/v1/">écrit peu après&nbsp;</a>: <em>«&nbsp;Tel un brillant météore, Tchokan Tchinguissovitch Valikhanov, à la fois descendant des khans kirghiz et officier de l’armée russe, a survolé le champ des études orientales&nbsp;»</em>. Cette formule fera florès. En 1967, l’écrivain kazakh <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Sabit_Mukanov">Sabit Moukanov</a> la reprendra pour en faire le titre de la biographie qu’il a consacrée à Tchokan Valikhanov&nbsp;: <a href="https://shoqan.kz/books/"><em>Un brillant météore</em></a>.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Ilias Beïbarsov</strong><br><strong>Journaliste pour Masa Media</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://masa.media/ru/site/promelknuvshiy-meteor-kto-takoy-shokan-ualikhanov"><strong>russe</strong></a><strong> par Adrien Mariéthoz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Roman Selosse</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Au Festival de Vesoul, des regards divergents sur l’arrivée du communisme en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[dimitri]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Apr 2022 11:38:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Basmatchi]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Festival international des cinémas d'Asie]]></category>
		<category><![CDATA[FICA]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
		<category><![CDATA[Yolkin Touïchiev]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/au-festival-de-vesoul-des-regards-divergents-sur-larrivee-du-communisme-en-asie-centrale/">Au Festival de Vesoul, des regards divergents sur l’arrivée du communisme en Asie centrale</a></p>
<p>A l’occasion de l’édition 2022 du Festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul, plusieurs documentaires et films de fiction sur l’Asie centrale ont été projetés. Les équipes de Novastan ont pu assister à plusieurs projections d’œuvres plutôt confidentielles et interviewer le réalisateur ouzbek Yolkin Touïchiev, primé plusieurs fois au festival. Le réalisateur ouzbek Yolkin [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><b>A l’occasion de l’édition 2022 du Festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul, plusieurs documentaires et films de fiction sur l’Asie centrale ont été projetés. Les équipes de Novastan ont pu assister à plusieurs projections d’œuvres plutôt confidentielles et interviewer le réalisateur ouzbek Yolkin Touïchiev, primé plusieurs fois au festival. </b></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur ouzbek <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yalkin_Tuychiev">Yolkin Touïchiev</a> présentait pour la troisième fois un film au <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://www.cinemas-asie.com/fr/">Festival international des cinémas d’Asie</a></u></span> (FICA) de Vesoul, organisé du 1<sup>er</sup> au 8 mars dernier. <i>2</i><i>000 songs of Farida</i>, diffusé en 2020, a obtenu la mention spéciale du jury du FICA. Le film montre de manière intimiste la vie familiale d’un propriétaire terrien plutôt casanier dans une Asie centrale faisant encore partie de l’évanescent <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_russe">Empire russe</a> (1721-1917). Polygame et faisant un déni sur son infertilité, il épouse une nouvelle femme qui va bouleverser l’équilibre du cocon familial.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette histoire personnelle, le réalisateur montre surtout l’histoire de la transition entre le «&nbsp;féodalisme&nbsp;» d’un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat">khanat</a> et la « modernité » du régime soviétique. Pour Yolkin Touïchiev, interrogé par Novastan lors du FICA, il s’agit même d’un <em>« point de non-retour »</em> qu’il explore à travers un regard qui se veut résolument impartial, jusque dans le choix artistique d’une surexposition de l’image dans le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/la-jeunesse-centrasiatique-sur-grand-ecran-au-festival-de-vesoul/"><b>La jeunesse centrasiatique sur grand écran au Festival de Vesoul</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar d’autres anciennes républiques soviétiques centrasiatiques, la mémoire autour de cette transition politique est controversée. Cette période a été marquée par la <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">révolte des basmatchis</a></u></span> &nbsp;qui ont combattu pour l’indépendance des peuples turciques et un mode de vie traditionnel en affrontant l’Armée rouge entre 1916 et 1934.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement, leur perception est en train de changer dans un sens plus positif et certains chefs de file sont désormais qualifiés de <em>«&nbsp;libérateurs&nbsp;»</em> en Asie centrale du point de vue de Yolkin Touïchiev. Bien qu’il prévienne des risques d’une lecture binaire, il rappelle que la période soviétique a été marquée par une description très négative des basmatchis et plus largement des catégories sociales décrites comme contre-révolutionnaires, comme les koulaks par exemple, y compris au cinéma. L’édition 2022 du FICA en donne d’ailleurs quelques exemples.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Une réponse à un cinéma idéologiquement orienté</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, <i>Incline-toi devant le feu</i> (1972) du réalisateur kirghiz <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tolomouch_Okeev"><span style="color: #0563c1;"><u>Tolomouch Oke</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>ï</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>ev</u></span></a> et <i>Tachkent, ville du pain</i> (1968) de son homologue ouzbek <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Choukhrat_Abbassov"><span style="color: #0563c1;"><u>Choukhrat Abba</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>s</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>sov</u></span></a>, diffusés lors du FICA 2022, montrent une tout autre image de cette période de transition. Le premier montre l’élection d’une femme à la tête d’un kolkhoze kirghiz, qui se retrouve à devoir se défendre contre les agissements de certains propriétaires terriens, considérés par le pouvoir soviétique comme des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Koulak">koulaks</a>. Le second raconte l’histoire d’un enfant à l’époque des grandes famines qui ont frappé l’URSS, lui aussi en proie à un agriculteur malhonnête.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux films, si le ressort dramatique n’est pas le même, l’idéologie sous-jacente l’est. Il s’agit de dénoncer aux spectateurs des personnages contre-révolutionnaires, en valorisant l’innocence et l’honnêteté des protagonistes. Dans la même veine, mais plus contemporaine, la superproduction <i>Mongol</i> (2007) <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mongol_(film,_2007)">montre</a> une histoire assez arrangée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan">Gengis Khan</a>, pour valoriser sa personne et son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/ou-se-situe-lasie-centrale-sur-la-carte-du-cinema-mondial/"><b>Où se situe l’Asie centrale sur la carte du cinéma mondial ?</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <i>2000 songs of Farida</i>, Yolkin Touïchiev ne rentre donc pas dans ce type de récit, en tenant vers l’impartialité et la mise à distance. Le réalisateur assume de se concentrer sur les sentiments des personnes, même si ce sont ses propres questionnements qui constituent le point de départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce parti pris est visible dans le film à travers la mise à l’écran de l’amitié entre l’officier de l’armée impériale et le personnage principal du film, qui contraste avec une relation tendue entre ce dernier et son frère d’armes de l’armée basmatchi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, le dénouement du film montre une des femmes du propriétaire terrien passer du côté des communistes, dont l’arrivée résume à elle seule l’ambivalence du film dans sa description de cette période historique : amenant à la fois la modernité, tant industrielle que culturelle, puisqu’ils arrivent avec quelques véhicules motorisés et un gramophone, ils se montrent brutaux. En outre, les femmes sont « libérées » du cocon familial contraignant peu avant l’arrivée de l’Armée rouge mais certaines emportent quand même leurs <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranja">paranjas</a>, voiles traditionnels.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un film plutôt perçu défavorablement en Ouzbékistan</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur l’accueil du film, le réalisateur avoue ne pas trop s’intéresser à la perception, mais concède un accueil mitigé du long métrage dans son pays d’origine. Yolkin Touïchiev critique une approche parfois «<i>&nbsp;consumériste&nbsp;»</i> d’un public qui souhaiterait surtout <i>« avoir de l’émotionnel et du sentimental », </i>décrit-il auprès de Novastan. Dans son annonce des lauréats, la présidente du jury international de l’édition 2022 du FICA, Leïla Hatami, semble également quelque peu éclipser la dimension historique et géopolitique du film en l&rsquo;évoquant au travers de la <em>« nature humaine »</em> et du <em>« poids du patriarcat »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sans doute ignorer d’une certaine manière la dimension éminemment nationale de ce film. Yolkin Touïchiev, qui a réalisé une partie de ses études de cinéma à Moscou, assume cette influence de l’école soviético-russe de cinéma, résumée par cette maxime du réalisateur russe <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Soloviov_(r%C3%A9alisateur)">Sergueï Soloviov&nbsp;</a></u></span>: <i>«&nbsp;il n’y a pas de cinéma sans nationalité&nbsp;»</i>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/dans-les-coulisses-du-documentaire-gerard-depardieu-mon-reve-ouzbek/"><b>Dans les coulisses du documentaire « Gérard Depardieu : mon rêve ouzbek »</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><i>2000 songs of Farida</i> est donc un film disposant de plusieurs niveaux de lecture, forme d’ode à la complexité de l’intrigue et des personnages, avec des questions qui restent évidemment en suspens. Au-delà du drame familial, il raconte surtout d’un point de vue individuel l’arrivée du pouvoir soviétique et de la modernité en Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Dimitri Rechov
Président de Novastan France</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Alexeï Leonevitch Benois, un architecte issu d’une lignée française en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Friedrich]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jun 2021 13:44:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Europe et l'Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbekistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/alexei-leonevitch-benois-un-architecte-issu-dune-lignee-francaise-en-asie-centrale/">Alexeï Leonevitch Benois, un architecte issu d’une lignée française en Asie centrale</a></p>
<p>Alexeï Benois est un architecte russe qui s’est installé à Tachkent en 1874. D&#8217;ascendance française avec une famille installée en Russie en 1794, ses œuvres architecturales constituent aujourd’hui une partie du patrimoine ouzbek. Né à Saint-Pétersbourg en 1838, Alexeï Leonevtich Benois est issu de la famille des Benois, implantée en Russie depuis 1794. C’est son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/alexei-leonevitch-benois-un-architecte-issu-dune-lignee-francaise-en-asie-centrale/">Alexeï Leonevitch Benois, un architecte issu d’une lignée française en Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexeï Benois est un architecte russe qui s’est installé à Tachkent en 1874. D&rsquo;ascendance française avec une famille installée en Russie en 1794, ses œuvres architecturales constituent aujourd’hui une partie du patrimoine ouzbek.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Né à Saint-Pétersbourg en 1838, Alexeï Leonevtich Benois est issu de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Benois">famille des Benois</a>, implantée en Russie depuis 1794. C’est son grand-père Louis-Jules Benois qui vient s’installer à la cour du tsar Paul Ier, à la suite de la Révolution française. À l’instar de son oncle Nicolas Benois, il devient architecte et conçoit au cours des XIXème et XXème siècles de nombreux bâtiments, dont certains servent encore d&rsquo;ornement à l&rsquo;aspect historique de Tachkent, la capitale ouzbèke, et d&rsquo;autres villes d&rsquo;Ouzbékistan.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aleixeï Benois est diplômé le 12 septembre 1865 de l’Académie impériale des arts de Saint-Pétersbourg. Il fait la demande auprès du tsar Alexandre II d’exercer ses fonctions d’architecte dans la région (oblast) du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_russe">Turkestan</a>, ce que le tsar accepte. Par un arrêté du 20 juin 1874, Alexeï Benois est affecté à la disposition du gouverneur général du Turkestan, installé à Tachkent. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>L’Asie centrale au XIXème siècle, région en proie au Grand Jeu</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La région centrasiatique est alors en proie au « <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-grand-jeu-raison-de-larrivee-des-premiers-russes-au-tadjikistan/">Grand Jeu </a>», débuté à partir du milieu du XIXème siècle. Ce terme désigne les enjeux géopolitiques qui ont caractérisé l’expansion des empires russe et britannique en Asie. La Russie cherche d’abord à s’octroyer les ressources naturelles d’Asie centrale, puis un accès à l’océan Indien. Elle s’installe dans la région à partir de 1852, en prenant le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanat de Kokand</a>, comme le décrivent Jacques Piatigorsky, et Jacques Sapir dans leur ouvrage <em>Le Grand Jeu. XIXe siècle, Les enjeux géopolitiques de l’Asie centrale.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement général du Turkestan est formé en 1867. Il est responsable de l’administration des deux oblasts qui forment la région&nbsp;; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_du_Syr-Daria">celui du Syr-Daria</a> et celui des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Semiretchie">Sept-Rivières</a>. Afin d’appuyer l’Empire russe dans la légitimation de son territoire colonial, c’est à Tachkent, capitale de l’oblast du Syr-Daria, qu’Alexeï Benois va d’abord opérer.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les réalisations majeures d’Alexeï Benois</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">À Tachkent, Alexeï Benois a laissé son empreinte en construisant, entre autres, le palais du grand-duc Nikolaï Constantinovich. Ce bâtiment est encore en utilisation de nos jours, en tant que maison d&rsquo;accueil du ministère des Affaires étrangères de la République d&rsquo;Ouzbékistan. Il est également à la base de l’édification de l’église luthérienne de style néogothique de la ville.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Немецкая-кирха-в-Ташкенте.jpg" alt="Eglise lutherienne Tachkent" class="wp-image-47593" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Немецкая-кирха-в-Ташкенте.jpg 450w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Немецкая-кирха-в-Ташкенте-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption>Église luthérienne néogothique réalisée par Alexeï Benois </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Alexeï Benois tient le poste d’architecte régional de la région de Syr-Daria et réalise de nombreuses églises dans différents villages de l’oblast de Syr-Daria.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’importance d&rsquo;Alexeï Benois se fait aussi ressentir dans le travail qu’il a fourni dans le développement de la ville Verniy, actuelle <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, dans le sud du Kazakhstan. En plus de travaux servant au bon développement de la ville, l’architecte a été à la réalisation du Jardin du Trésor, d’églises, et d’une école, d’après le site russe <a href="http://www.nasledie-rus.ru/podshivka/9819.php">Nasledie</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/la-tour-choukhov-de-boukhara-prelude-a-linvestissement-etranger-en-ouzbekistan/">La Tour Choukhov de Boukhara, prélude à l’investissement étranger en Ouzbékistan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non moins important, il a œuvré pour la réalisation du palais de l’émir de Boukhara à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kogon_(ville)">Kogon</a>. Il a été achevé lors du règne de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%27Abd_al-Ahad_Khan">Saïd Abd al-Ahad Khan</a> (1859-1911) de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Manghud">dynastie Manghit</a> (1785-1920), la dernière dynastie régnante de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">l&rsquo;émirat de Boukhara</a>. Celle-ci faisait alors partie de l&rsquo;Empire russe, jusqu’à ce que les bolchéviks <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">détruisent l&rsquo;émirat en 1920</a>.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Postérité de l’architecte</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Méconnu en Occident, Alexeï Leonevitch Benois a laissé un patrimoine architectural conséquent dans la région du Turkestan. À travers la région, ses réalisations ont servi à représenter la grandeur de l’Empire russe. </p>


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<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le temps et le manque de rénovation menacent une partie de ses réalisations. À ce titre, le site Internet <a href="https://mytashkent.uz/2009/11/21/arhitektor-benua/">Lettres de Tachkent</a> constatait en 2009 que le palais de l’Émir de Boukhara à Kogon se délitait avec des risques de dégâts irréversibles. Le site demandait à ce que cette <em>« perle de l’architecture russe »</em> soit inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui est resté lettre morte.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon-1024x768.jpg" alt="Palais Kogon Emir Boukhara" class="wp-image-47591" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/palais-de-Kogon.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Palais de l’Émir de Boukhara </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La rénovation du patrimoine ouzbek est une problématique large à laquelle s’attelle le gouvernement actuel. En 2018, le chef de l’État a signé <a href="https://lex.uz/ru/docs/4113474">un décret</a> permettant aux investisseurs étrangers d’obtenir un droit d’exploitation du patrimoine culturel.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Léo Friedrich<br>Rédacteur pour Novastan</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Grand Jeu, raison de l’arrivée des premiers Russes au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Nov 2020 15:54:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-grand-jeu-raison-de-larrivee-des-premiers-russes-au-tadjikistan/">Le Grand Jeu, raison de l’arrivée des premiers Russes au Tadjikistan</a></p>
<p>Il y a un siècle et demi, l’Empire russe et le Royaume Uni ont vu leurs intérêts mutuellement menacés sur le territoire de l’actuel Tadjikistan, ce qui a poussé les Russes à adopter une politique impérialiste plus agressive. En dépit du caractère expansionniste de la présence russe, la protection des civils et le développement de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a un siècle et demi, l’Empire russe et le Royaume Uni ont vu leurs intérêts mutuellement menacés sur le territoire de l’actuel Tadjikistan, ce qui a poussé les Russes à adopter une politique impérialiste plus agressive. En dépit du caractère expansionniste de la présence russe, la protection des civils et le développement de la région ont été parmi les aspects positifs de cette entreprise coloniale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 juillet 2020 par le média tadjik&nbsp;<a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200725/pervie-russkie-v-tadzhikistane-kniga-ob-istorii-bolshoi-migratsii">Asia-Plus</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de leur rencontre avec Savloukov Valéri Nicolaévitch, un homme au destin remarquable, les reporters d’Asia-Plus ont décidé de parler de son livre, <em>Les Russes au Tadjikistan</em>, publié en 2008 à <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khodjent</a>. Il s’agit de l’histoire des premiers arrivants russes au Tadjikistan et de leur rôle dans le développement de cet État.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de la première apparition de Russes au Tadjikistan peut être retracée dans les années 1860. L’adhésion des régions du nord du Tadjikistan à l’empire russe a eu lieu lors de la guerre de 1866 entre <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A0%D1%83%D1%81%D1%81%D0%BA%D0%BE-%D0%BA%D0%BE%D0%BA%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F_%D0%B2%D0%BE%D0%B9%D0%BD%D0%B0">la Russie et l’Émirat de Boukhara</a>. La capture de l’ambassade russe par l’émir de Boukhara, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D1%83%D0%B7%D0%B0%D1%84%D1%84%D0%B0%D1%80">Mouzaffar</a> de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Kokand">Kokand</a> et Khodjent, a servi de casus belli à la politique offensive de la Russie dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/"><strong>Comment l&rsquo;émirat de Boukhara et le Khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le major général <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ivan_Romanovski">Ivan Romanovski</a>, commandant supérieur des troupes russes, avait préalablement envoyé des lettres de bonne intention dans lesquelles il priait la population de ne pas résister. En dépit des proclamations pacifiques du général, la forteresse de Khodjent a accueilli les russes avec des coups de feu. Le siège a duré cinq jours avant la prise définitive de la citadelle. Si lors de l’offensive Oura-Tubé (actuelle <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Istaravchan">Istaravchan</a>) a été occupée, la dernière guerre de 1868 a permis d’annexer la ville de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pendjikent">Pendjikent</a>, qui a été incluse dans le comté de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Zeravchan">Zeravchan</a> de l’Empire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1876, la Russie a rattaché à son empire les ruines du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanat de Kokand</a> sur le territoire duquel a été établi l’oblast de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">Ferghana</a>. Les régions du nord de l’actuel Tadjikistan – <a href="https://en.m.wikipedia.org/wiki/Shaydon">Shaidon</a>,  <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Isfara">Isfara</a> et <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Konibodom">Konibodom</a>, ont également intégré la Russie. Dès lors, le destin des peuples vivant sur ces territoires était lié à celui du grand empire de manière indélébile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-tadjiks-pestiferes-en-russie/"><strong>Les Tadjiks, pestiférés en Russie</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La population indigène de cette contrée et les nouveaux arrivants russes se trouvaient alors côte à côte, et l’influence que les Tadjiks subissaient était telle qu’elle a joué un rôle important dans leur développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/quand-le-rock-and-roll-sovietique-faisait-danser-douchanbe/"><strong> Quand le rock and roll soviétique faisait danser Douchanb</strong></a><strong>é</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique migratoire mise en place à la fin du XIXème siècle a provoqué l’arrivée en masse d’immigrants dans le nord du Tadjikistan et notamment dans le district de Khodjent. Parmi eux, on comptait principalement des <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Cosaques_d%27Orenbourg">Cosaques</a> d’<a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Orenbourg">Orenbourg</a>, originaires du centre de l’Empire russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://iranicaonline.org/articles/anglo-russian-agreement-of-1873">traité de 1873</a> entre la Russie et le Royaume Uni a défini la frontière sud de l’actuel Tadjikistan avec l’actuel Afghanistan à la limite de la vallée du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a>, le fleuve séparant les zones d’influence stratégiques de ces deux superpuissances de l’époque. C’est cependant en 1895, suite à l’adhésion volontaire du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Piandj">Pamir</a> à l’empire russe que s’est enfin achevée la démarcation des frontières dans cette région.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Pamir, point final de l’expansion russe &nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pamir n’était pas pour autant totalement inconnu aux premiers habitants russes. La présence de ces derniers pourrait être associée aux deux expéditions militaires du général <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%98%D0%BE%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%9C%D0%B8%D1%85%D0%B0%D0%B8%D0%BB_%D0%95%D1%84%D1%80%D0%B5%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Mikhaïl Ionov</a>, qui ont protégé les populations locales constamment menacées par les Afghans qui enlevaient leur bétail et pillaient leurs villages. Ainsi, lors d’une des attaques, les troupes afghanes, ayant traversé le fleuve Piandj, se sont emparées des kichlaks (villages hivernaux) sur la rive droite, faisant fuir leurs habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-riviere-pianj-frontiere-naturelle-en-asie-centrale/"><strong>La rivière Piandj, frontière naturelle en Asie centrale</strong></a></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la protection des indigènes faisait partie du projet d’élimination de l’agression étrangère dans le Pamir, cette politique permettait de se rapprocher de l’objectif principal de la mission du général Ionov, chargé de réaffirmer les intérêts tsaristes dans la région. Grâce à l’intervention des soldats russes, l’armée afghane a dû céder <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shighnan">Chignan</a>, ce qui a ainsi permis à la population de revenir sur ses terres. Le nom du général est resté dès lors gravé dans la mémoire collective des natifs du Pamir en tant que sauveur du peuple contre les agresseurs afghans. Dès 1895, le contrôle des frontières a été établi dans le but de protéger les habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le début de la période de la migration massive russe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Pamir, tant avant 1917 que pendant la période soviétique, on note l’absence de colonies civiles russes. Ce sont des gardes-frontières qui sont chargés du développement de cette contrée montagneuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-russie-etend-sa-presence-militaire-au-tadjikistan-jusquen-2042/"><strong>La Russie étend sa présence militaire au Tadjikistan jusqu&rsquo;en 2042</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au centre et au sud du Tadjikistan, leur rattachement à la Russie s’est produit plus tard. Auparavant, ces zones faisaient partie de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_sovi%C3%A9tique_populaire_de_Boukhara">République soviétique populaire de Boukhara</a>. En 1922, l&rsquo;Armée rouge a pris possession de Duhanbe (aujourd&rsquo;hui Douchanbé) dans la lutte contre <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ismail_Enver">Enver Pacha</a>, l&rsquo;ancien commandant en chef de l&rsquo;armée turque pendant la Première Guerre mondiale. En 1924, la République socialiste soviétique autonome tadjike est formée et, en 1929, la septième république d&rsquo;union, la RSS du Tadjikistan, apparaît sur la carte de l&rsquo;URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-folle-histoire-abdul-rahim-hajibeyov-heros-national-du-tadjikistan/"><strong>La folle histoire d&rsquo;Abel Rahim Hajibeyov, héros national du Tadjikistan</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réinstallation massive des Russes au Tadjikistan a commencé dans les années 1920 et 1930, son pic se situant dans les années 1960. C&rsquo;est pendant cette période que de nouvelles villes sont apparues &#8211; <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Nourek">Nourek</a>, Javan, ou encore <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Rogoun">Rogoun</a>.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aliya Ramidullina<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200725/pervie-russkie-v-tadzhikistane-kniga-ob-istorii-bolshoi-migratsii?tg_rhash=59df260525b319">du russe</a> par Gulafiya Chatayeva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité</strong> <strong>par Christine Wystup</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
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		<title>Géopolitique de la drogue : quand l&#8217;opium était au cœur de l&#8217;Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre-François Hubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2020 08:52:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Région Ouïghoure]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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		<category><![CDATA[Opium]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/geopolitique-de-la-drogue-quand-lopium-etait-au-coeur-de-lasie-centrale/">Géopolitique de la drogue : quand l&rsquo;opium était au cœur de l&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p>Il y a cent ans, le commerce de l’opium faisait rage entre Russes, Kazakhs, Kirghiz, Dounganes et Ouïghours. Une activité que l&#8217;Empire russe a tenté de contrôler sans succès et qui a mené à d&#8217;incessantes querelles, conflits et déplacements de populations.&#160; Novastan reprend et traduit&#160;ici un article initialement publié&#160;le 7 mars 2020 par le média [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/geopolitique-de-la-drogue-quand-lopium-etait-au-coeur-de-lasie-centrale/">Géopolitique de la drogue : quand l&rsquo;opium était au cœur de l&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Il y a cent ans, le commerce de l’opium faisait rage entre Russes, Kazakhs, Kirghiz, Dounganes et Ouïghours. Une activité que l&rsquo;Empire russe a tenté de contrôler sans succès et qui a mené à d&rsquo;incessantes querelles, conflits et déplacements de populations.&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit&nbsp;ici un article initialement publié&nbsp;le 7 mars 2020 par le média russe spécialisé sur l&rsquo;Asie centrale, <a href="https://fergana.ru/articles/115915/">Fergana News.</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Au XIX<sup>ème</sup>&nbsp;siècle, la colonie agricole de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jetyssou">Semiretchensk</a>, située à proximité du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yssyk_Koul">lac Issyk Koul</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty#Fondation_de_Verniy">Verniy</a> (qui deviendra Almaty en 1921), entre le Kirghizstan et le Kazakhstan actuels, n’était pas uniquement tournée vers la culture du blé&nbsp;: des milliers de décimes (une décime valant 1,09&nbsp;hectare) de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pavot">pavot</a> ont également été plantées.</p>
<p style="text-align: justify">Comment cette économie de la drogue est-elle née&nbsp;? Quelle influence ont eu les conflits avec la Chine et la migration de masse de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dounganes">Dounganes</a> et d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFghours">Ouïghours</a> dans l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_russe">Empire russe</a> qui s’en sont suivies&nbsp;? Quel profit en ont tiré les fonctionnaires du tsar&nbsp;? Pourquoi ce commerce n’a-t-il pas survécu à la Première Guerre mondiale&nbsp;?&nbsp;Le célèbre historien italien Niccolò Pianciola, qui enseigne à l’<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Lingnan_University">Université Lingnan de Hong Kong</a>, s’est penché sur toutes ces questions. Son étude, <em>Illegal Markets and The Formation of a Central Asian Borderland: The Turkestan–Xinjiang opium trade (1881-1917)</em>, a été publiée dans la revue <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Modern_Asian_Studies"><em>Modern Asian Studies</em></a>.</p>
<p style="text-align: justify">
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		</p>
<p style="text-align: justify">Pour cet expert, les frontières ont joué un rôle prépondérant.&nbsp;Loin d’être de simples lignes sur une carte, leur mécanisme complexe a déclenché toute une économie faite de symbiose et de conflits. L’opium était alors au centre de ce plateau de jeu&nbsp;: les autorités militaires de Semiretchensk ont maintenu à dessein l’incertitude autour de son commerce. Il n’était ni réellement autorisé, ni complètement interdit. Elles ont pu ainsi à la fois renforcer l’économie locale, maintenir de bonnes relations avec l’Empire chinois et remplir les poches des fonctionnaires russes, de sorte que les autorités de Verniy et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-P%C3%A9tersbourg">Saint-Pétersbourg</a> n’en ont longtemps rien su.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/fact/lasie-centrale-est-une-zone-de-transit-de-la-drogue-au-niveau-international/">L&rsquo;Asie centrale est une zone de transit de la drogue au niveau international</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Ce fructueux commerce a duré jusqu’à la Première Guerre mondiale, lorsque le tsar <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_II">Nicolas II</a> a tenté d’établir un monopole d’État sur l’opium afin de fournir de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Morphine">morphine</a> à son armée. Cependant, ce négoce n’a pas résisté aux difficultés de la guerre et aux troubles des années 1916 et 1917. En 1916, Dounganes et Kirghiz, furieux de cette offensive sur leur lucrative activité, s’en sont alors pris aux colons slaves.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Émeute dans la province d’Ili</strong></p>
<p style="text-align: justify">Jusqu’à la fin du XIX<sup>ème</sup>&nbsp;siècle, l’Empire russe, contrairement aux Britanniques, est resté en dehors du commerce de l’opium avec la Chine. Les échanges à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiakhta">Kiakhta</a>, à la frontière avec l&rsquo;actuelle Mongolie, reposaient principalement sur le thé et le coton. Les autorités russes, se distinguant à nouveau des Européens, responsables du déclenchement des guerres de l’opium, ont soutenu la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Qing">dynastie Qing</a>&nbsp;(1644-1912) dans sa lutte contre le commerce de la drogue et dans sa politique de confiscation des marchandises. En revanche, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand">khanat de Kokand,</a> dans l&rsquo;actuelle <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">vallée de Ferghana</a>, faisait activement commerce de l’opium avec les Chinois de la province de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gansu">Gansu</a>. De là, l’opiacé était ensuite acheminé vers l’intérieur de l’Empire.</p>
<p><figure id="attachment_34119" aria-describedby="caption-attachment-34119" style="width: 965px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34119" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Turkestan_1900-en.png" alt="Asie centrale Opium Drogue histoire Conflits Turkestan" width="965" height="600" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Turkestan_1900-en.png 965w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Turkestan_1900-en-300x187.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Turkestan_1900-en-768x478.png 768w" sizes="auto, (max-width: 965px) 100vw, 965px" /><figcaption id="caption-attachment-34119" class="wp-caption-text">Le Turkestan aux alentours de 1900.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Dans les années 1860-1870, des soulèvements se sont déclenchés au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Turkestan chinois</a>, devenu par la suite la Région autonome ouïghoure du Xinjiang. Les Turcs musulmans et les Dounganes sont entrés en rébellion contre la dynastie Qin, alors affaiblie. Des heurts entre Turcs musulmans et Dounganes ont par ailleurs également été observés. Pour fuir les troupes chinoises, ils ont été nombreux à migrer vers le territoire russe. L’éphémère <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yettishar">royaume de Yettishar</a>&nbsp;(1865-1878), dominé par l’émir <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yaqub_Beg">Yaqub Beg</a>, a alors vu le jour en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kasgharie">Kashgarie</a>. Mais la campagne victorieuse du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zuo_Zongtang">général Tso</a> a noyé dans le sang les rêves d’autonomie des musulmans du Xinjiang et des milliers de Dounganes et d’Ouïghours ont été forcés de fuir vers l’Empire russe.</p>
<p style="text-align: justify">Certains se sont réfugiés dans la vallée de Ferghana, tandis que d’autres se sont installés à Semiretchensk. Une politique à grande échelle destinée à revitaliser l’économie des provinces occidentales ravagées par des conflits internes a alors été mise en place par le général Tso&nbsp;: réparation d’infrastructures d’irrigation, déplacement de colons chinois, développement de la production de soie et lutte contre la culture du pavot. Le succès de cette stratégie fut contrasté car il mena à l’importation d’opium dans la région, soit depuis le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_russe">Turkestan russe</a>, soit depuis le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cachemire">Cachemire</a> et l’Inde.</p>
<p><figure id="attachment_34143" aria-describedby="caption-attachment-34143" style="width: 800px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34143" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Tso.jpeg" alt="Asie centrale Opium Drogue histoire ConflitsGénéral Tso pavot trafic commerce frontières" width="800" height="500" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Tso.jpeg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Tso-300x188.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Tso-768x480.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-34143" class="wp-caption-text">Le général Tso, de son vrai nom Zuo Zōngtáng.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Le contrôle chinois sur le Xinjiang en a pris un coup&nbsp;: les Russes, profitant de l’absence de barrières naturelles, ont alors occupé la province d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9fecture_autonome_kazakhe_d%27Ili">Ili</a>, point stratégique important de la région reliant la Kashgarie et la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dzoungarie">Dzoungarie</a>, toutes deux très fertiles. L’initiative de cette occupation revient aux autorités locales, à savoir le gouverneur général du Turkestan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_von_Kaufmann">Constantin Von Kaufman</a>, et le gouverneur militaire de Semiretchensk, Guérassim Kolpakovski.</p>
<p style="text-align: justify">Pour Niccolò Pianciola, Saint-Pétersbourg souhaitait alors avant tout éviter un affrontement avec la Chine et mettre fin au commerce lucratif avec elle. Le gouverneur Von Kaufman, en proie à d’importantes dettes, a estimé que la production d’opium serait un moyen efficace de reconstituer sa trésorerie. Les territoires annexés ont en effet été placés sous son contrôle direct. Dans la province d’Ili, pas moins de 32&nbsp;kilomètres carrés étaient déjà affectés à la culture du pavot. Le gouverneur Kolpakovski a demandé personnellement à Constantin Von Kaufman l’autorisation d’exporter de l’opium, désireux de se calquer sur l’expérience des Britanniques, qui avaient en effet importé des tonnes d’opium vers les provinces méridionales de la Chine, percevant en échange du minerai d’argent. Mais en 1881, le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Treaty_of_Saint_Petersburg_(1881)">traité de Saint-Pétersbourg</a> foule au pied l’ambition du gouverneur en rétrocédant 80&nbsp;% de la région à la Chine et en interdisant le commerce de l’opium.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les migrants et l’opium</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’histoire ne fait cependant que commencer. L’Empire russe comptait de nombreux Dounganes et Tarantchis (Ouïghours de la province d’Ili), dont le relogement avait été pris en charge par l’État. Leur économie était toujours orientée vers le Xinjiang, séparé de Semiretchensk par une frontière de plus en plus surveillée. Une économie transfrontalière est alors apparue dans la région, souligne Niccolò Pianciola.</p>
<p style="text-align: justify">Bien sûr, tout n’était pas rose pour cette diaspora&nbsp;: nombre de Dounganes ont refusé de vivre dans les villages de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokmok">Tokmak</a> et de Prjevalsk qui leur étaient assignés et se sont enfouis dans la vallée de l’Ili, d’où ils ont lancé des raids contre les Chinois. Ils ont multiplié également les vols, de sorte que plus de la moitié de la population carcérale locale était doungane. Au fil du temps, ils se sont accommodés bon gré mal gré de leur nouveau mode de vie et, obéissant aux autorités, se sont mis à cultiver des légumes et du blé dans la province d’Ili et du riz à Semiretchensk, destiné à être exporté vers le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xian_(subdivision_administrative)">xian</a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yining">Yining</a>.</p>
<p style="text-align: justify">L’opium revient alors au centre des débats. En 1879 déjà, de nombreux hectares de pavots avaient été plantés dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yssykk%C3%B6l_(province)">district d&rsquo;Issyk Koul</a>, dans l&rsquo;actuel Kirghizstan. Semiretchensk est devenue rapidement la principale source d’opium du Xinjiang, où le prix avait été décuplé par la stratégie du général Tso. La production s’est développée de manière significative dans les districts de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariinsk">Mariinsk</a>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakol">Prjevalsk</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jarkent">Jarkent</a>. Les Dounganes ont en outre souvent chassé les Tarantchis des terres fertiles en bordure de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ili">rivière Ili</a> pour y cultiver du riz, tandis que les Ouïghours, vivant dans les régions montagneuses, se sont tournés vers la culture du pavot, plus rentable.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-marijuana-comme-moyen-de-survie-tchoui-vallee-miraculeuse-2/">La marijuana comme moyen de survie : Tchouï, « vallée miraculeuse » ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La culture du pavot et le juteux commerce de l’opium ont été possibles grâce à l’inaction des autorités russes. Le manque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosaques#Les_cosaques_de_Russie">cosaques</a> patrouillant la frontière, longue de 1&nbsp;600 kilomètres, n’en est d’ailleurs pas l’unique raison. Niccolò Pianciola indique que les autorités locales ont tacitement fermé les yeux sur ce commerce. Si les règles douanières de 1881 interdisaient l’importation de potions, aucune règle ne concernait l’exportation. Aucune loi n’interdisait par ailleurs la culture du pavot et la production d’opium à Semiretchensk. Par ailleurs, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Saint-P%C3%A9tersbourg_de_1881">traité russo-chinois de 1881</a> était toujours en vigueur et une circulaire du gouverneur général datant de 1883 ne permettait qu’à des personnes spécialement habilitées de commercialiser des «&nbsp;substances toxiques et puissantes&nbsp;». Si ces documents permettaient aux douaniers de confisquer des marchandises à la frontière, le nombre de fonctionnaires faisait clairement défaut, la douane de Prjewalsk n’en comptant que six jusqu’en 1914. Les principales livraisons, effectuées par des Kirghiz, des Sartes voire des Chinois, ne passaient pas par Prjewalsk, mais par la province d’Ili.</p>
<p style="text-align: justify">Malgré les interdictions formelles, le commerce de l’opium a été encouragé par les commerçants chinois. Ceux-ci ont accordé non seulement des prêts aux Dounganes et aux Ouïghours de Semiretchensk pour acheter du pavot au détriment des récoltes futures, mais ils ont également loué des terres au Turkestan et les ont fait cultiver par des travailleurs saisonniers du Xinjiang. Il semble évident que les autorités chinoises locales étaient au courant et devaient percevoir leur pourcentage. Ce n’est qu’à partir de 1906-1907, avec la signature par l’Empire des Qing d’un certain nombre de traités destinés à lutter contre la culture de l’opium avec les puissances européennes et la réduction des exportations par les partenaires occidentaux, que la politique chinoise de répression contre les opiacés commença à porter ses fruits.</p>
<p><figure id="attachment_34141" aria-describedby="caption-attachment-34141" style="width: 800px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34141" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/4-Bar-Opium.jpeg" alt="Asie centrale Opium Drogue histoire Conflits pavot fumerie trafic" width="800" height="500" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/4-Bar-Opium.jpeg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/4-Bar-Opium-300x188.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/4-Bar-Opium-768x480.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-34141" class="wp-caption-text">Fumerie d’opium en Chine, vers 1858.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Cependant, les exportations grises de l’Empire russe se poursuivirent. L’économie transfrontalière était en effet de plus en plus liée à ce commerce. Kazakhs et Kirghiz ravissent bientôt aux Dounganes leur place dans la contrebande. Le pacage de leurs troupeaux en Chine leur servait de prétexte pour revendre facilement des marchandises. Ce sont ensuite les paysans russes et ukrainiens, arrivés en masse à Semiretchensk grâce aux réformes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piotr_Stolypine">Piotr Stolypine</a>, qui s’adonnent à ce commerce. En 1911, deux villages russes près de Prjewalsk, Pokrovskoïé et Mikhaïlovskoïé, ont produit pas moins de 2,53&nbsp;tonnes d’opium.</p>
<p style="text-align: justify">Si la révolution chinoise de 1911 renverse la dynastie Qing et provoque le chaos à la frontière, les affaires continuent à prospérer à Semiretchensk. À la veille de la Première Guerre mondiale, des témoins décrivent des champs de pavot à perte de vue autour de Prjewalsk. Les profits enrichissaient les nantis, tandis que la population, privée de céréales et donc de pain bon marché, en subissait les conséquences.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Tentative maladroite de monopole</strong></p>
<p style="text-align: justify">Avant le début de la guerre, l’Empire russe importait 8 à 18&nbsp;tonnes d’opium par an pour son industrie pharmaceutique. Or, cet approvisionnement s’est tari car l’exportateur principal était l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_ottoman">Empire ottoman</a>, qui lui avait déclaré la guerre. Pendant ce temps, le prix de l’opium, matière première permettant la fabrication de la morphine nécessaire à des millions de blessés sur le front, grimpe en flèche. Les autorités russes tentent d’en importer depuis l’Inde et la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Perse">Perse</a>, mais pas en quantités suffisantes. L’attention du gouvernement s’est alors cristallisée sur Semiretchensk, où la répression s’était intensifiée et les amendes multipliées.</p>
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<p style="text-align: justify">Dès 1916, les autorités ont tenté d’estimer le nombre de décimes de terre dédiées à la culture du pavot et de délivrer des licences. On en autorisa 3&nbsp;250&nbsp;décimes dans le district de Prjewalsk, 500 dans le district de Jarkent et 200 dans le district de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bichkek">Pichpek</a>, qui deviendra Bichkek, la capitale du Kirghizstan actuel. Or, en réalité, le pavot représentait 6&nbsp;000 à 35&nbsp;000 décimes de terre à Semiretchensk. Sa culture échappait donc largement à la surveillance de l’État.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-sous-le-parapluie-de-lheroine/">Le Kirghizstan sous le parapluie de l’héroïne</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Pour empêcher les exportations vers la Chine, des contrôleurs de récoltes, soutenus par une police montée, ont été nommés dans chaque district, avec des points de stockage spécifiques dotés de laboratoires chimiques. À chaque décime correspondait une valeur (exprimée en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Poud">pouds</a>) et une somme d’achat par l’État. Les prix étaient déterminés en fonction de la teneur en morphine, évaluée par les laboratoires, et variaient de sept à quinze roubles par livre. Mais cette stratégie de monopole était vouée à l’échec&nbsp;: les Chinois payaient 40&nbsp;roubles par livre d’opium, quelle que soit la teneur en morphine. Les paysans se sont donc mis à cacher l’opium récolté.</p>
<p><figure id="attachment_34223" aria-describedby="caption-attachment-34223" style="width: 512px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-34223" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Women_smoking_opium_in_China_circa_1900_-_Collectors_Weekly.jpg" alt="Asie centrale Opium Drogue histoire Conflits pavot Chine Femmes" width="512" height="380" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Women_smoking_opium_in_China_circa_1900_-_Collectors_Weekly.jpg 512w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/07/Women_smoking_opium_in_China_circa_1900_-_Collectors_Weekly-300x223.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px" /><figcaption id="caption-attachment-34223" class="wp-caption-text">Femmes fumant l&rsquo;opium en Chine, vers 1900.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">En 1916, la tristement célèbre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi#:~:text=La%20R%C3%A9volte%20basmatchi%20(en%20russe,1916%20et%20les%20ann%C3%A9es%201920.">révolte basmatchi,</a> provoquée à l’origine par la tentative de mobilisation générale des musulmans de la région, fut particulièrement dure à Semiretchensk, notamment dans le district de Prjewalsk. Selon Niccolò Pianciola, la brutalité de ces événements s’explique largement par l’importance du commerce de l’opium. La tentative des autorités russes de fermer la frontière et de contrôler la production a provoqué le courroux des Dounganes, Kirghiz et Tarantchis, qui se sont finalement rebellés. La répression a été implacable et nombre de Dounganes de Prjewalsk ont été tués ou forcés de fuir en Chine. Fuyant les pogroms, des centaines de milliers de Kazakhs, de Kirghiz, de Dounganes et de Tarantchis ont migré vers le Xinjiang. Le commerce de l’opium s’est effondré et seul un quart de la récolte a pu être acheminé à Saint-Pétersbourg. Puis 1917 est arrivée et tout a changé.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/highway-to-heroin-le-trafic-et-la-consommation-de-stupefiants-en-asie-centrale/">Highway To Heroin: le trafic et la consommation de stupéfiants en Asie centrale</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Niccolò Pianciola souligne le rôle essentiel joué par la frontière dans cette économie extraordinaire, axée sur l’opium à Semiretchensk&nbsp;: à la fois solide au moment de protéger Dounganes et Tarantchis de l’Empire chinois et en même temps poreuse lorsqu’il s’agissait de permettre le déplacement des personnes et des biens. Ce système a prouvé que le marché surpassait alors la politique&nbsp;: l’offre provenant du Turkestan et la demande existant au Xinjiang et en Chine intérieure forçaient les autorités russes et chinoises à fermer les yeux sur ce commerce, voire à en tirer profit. Mais le passage au XX<sup>ème</sup>&nbsp;siècle a changé la donne et le contrôle des États et la protection de la santé des citoyens ont finalement pris le dessus.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Artiom Kosmarski<br />
</strong><strong>Journaliste pour Fergana News</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="https://fergana.ru/articles/115915/">russe</a> par Pierre-François Hubert</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Geoffrey Schollaert</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Aline Cordier Simonneau</strong></p>
<p style="text-align: justify"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Les Kazakhs au tournant du XXème siècle en photos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Baptiste Longère]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Apr 2019 07:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Alexander Melkov]]></category>
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		<category><![CDATA[Samuil Martynovich Doudine]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-kazakhs-au-tournant-du-xxeme-siecle-en-photos/">Les Kazakhs au tournant du XXème siècle en photos</a></p>
<p>Du temps des tsars russes puis sous l'Union soviétique, les ethnologues et historiens de Moscou sont venus au Kazakhstan pour documenter le mode de vie de ses habitants. Ces photos entre les années 1880 et 1930 renvoient une autre image de l'Asie centrale.  Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-kazakhs-au-tournant-du-xxeme-siecle-en-photos/">Les Kazakhs au tournant du XXème siècle en photos</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du temps des tsars russes puis sous l'Union soviétique, les ethnologues et historiens de Moscou sont venus au Kazakhstan pour documenter le mode de vie de ses habitants. Ces photos entre les années 1880 et 1930 renvoient une autre image de l'Asie centrale. </strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média kazakh <a href="https://tengrinews.kz/fotoarchive/1127/">Tengrinews</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À quoi les Kazakhs ressemblaient-ils il y a 100 ans ? Comment étaient vêtus les plus pauvres et de quels ornements les plus riches étaient-ils parés ? De nombreux documents existent sur la vie de ces anciens Kazakhs, mais parfois des photographies peuvent être plus éloquentes que des mots seuls. Le média kazakh en ligne <a href="https://tengrinews.kz/fotoarchive/1127/">Tengrinews</a> propose de se familiariser avec les photographies de Kazakhs prises du milieu du XIXème jusqu’au début du XXème siècle.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plupart de ces premiers clichés d’habitants du Kazakhstan moderne ont été pris par des ethnographes et historiens russes durant la grande période des expéditions scientifiques. Le Kazakhstan actuel était alors sous domination du royaume russe. Beaucoup de clichés historiques, uniques, sont aujourd’hui conservés au Musée d’anthropologie et d’ethnographie Pierre le Grand (Kunstkamera), à Saint-Pétersbourg.</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les photos qui vont suivre, de nombreux clichés de Kazakhs ont été pris durant l’expédition de 1877 <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D0%BE%D0%BB%D1%8F%D0%BA%D0%BE%D0%B2,_%D0%98%D0%B2%D0%B0%D0%BD_%D0%A1%D0%B5%D0%BC%D1%91%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">d’Ivan Poliakov</a>, zoologue, anthropologue et ethnographe russe.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Pour voir les légendes, scroller sur l’image sur mobile ou passez votre souris sur l’image sur ordinateur.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sources : Archives du Musée d’anthropologie et d’ethnographie Pierre le Grand (Kunstkamera). Portail de la <a href="https://e-history.kz/ru">National Digital History</a> kazakh. </em . . .
</p>

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		<title>Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alexiac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Dec 2018 05:57:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></p>
<p>Pionnier russe de la photographie couleur, Sergueï Prokoudine-Gorski a immortalisé les immenses espaces de l’empire grâce au soutien du dernier tsar, Nicolas II. Il a photographié l’Asie centrale pré-révolutionnaire, notamment le Kirghizstan. Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média kirghiz indépendant Kloop. En 1905, le photographe Sergueï Prokoudine-Gorski part pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/">Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pionnier russe de la photographie couleur, Sergueï Prokoudine-Gorski a immortalisé les immenses espaces de l’empire grâce au soutien du dernier tsar, Nicolas II. Il a photographié l’Asie centrale pré-révolutionnaire, notamment le Kirghizstan.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média kirghiz indépendant <a href="https://kloop.kg/blog/2017/03/06/foto-puteshestvie-russkogo-imperatorskogo-fotografa-po-tsentralnoj-azii/">Kloop</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1905, le photographe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Prokoudine-Gorski">Sergueï Prokoudine-Gorski</a> part pour son premier voyage à travers la Russie, au cours duquel il réalise près de 400 clichés du Caucase, de la Crimée et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_Russie">la Petite Russie</a>, le nom historique d’une partie de l . . .</p>

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