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	<title>Emigration | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Emigration | Novastan France</title>
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		<title>A la recherche de sécurité : comment partent les réfugiés ouzbeks et où vont-ils ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/recherche-securite-comment-partent-refugies-ouzbeks/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jan 2025 09:40:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Réfugié Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/recherche-securite-comment-partent-refugies-ouzbeks/">A la recherche de sécurité : comment partent les réfugiés ouzbeks et où vont-ils ?</a></p>
<p>L’Ouzbékistan a connu et connaît toujours l’exode de certains de ces citoyens qui demandent l’asile politique à l’étranger. Les raisons de ces départs sont multiples mais soulignent le mal-être de ces Ouzbeks dont les droits fondamentaux sont régulièrement bafoués. Dans l’actuelle république d’Ouzbékistan, plusieurs vagues d’émigration ont eu lieu au regard de la situation politique [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/recherche-securite-comment-partent-refugies-ouzbeks/">A la recherche de sécurité : comment partent les réfugiés ouzbeks et où vont-ils ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Ouzbékistan a connu et connaît toujours l’exode de certains de ces citoyens qui demandent l’asile politique à l’étranger. Les raisons de ces départs sont multiples mais soulignent le mal-être de ces Ouzbeks dont les droits fondamentaux sont régulièrement bafoués.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’actuelle république d’Ouzbékistan, plusieurs vagues d’émigration ont eu lieu au regard de la situation politique du pays. Des journalistes, des activistes, des représentants de la communauté LGBT, des leaders de l’opposition et des dissidents quittent régulièrement le pays.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le média&nbsp;ouzbek <a href="https://hook.report/2024/08/refugees-from-uzb/">Hook</a> s’est intéressé à l’histoire des migrations politiques et des réfugiés en Ouzbékistan et a analysé la procédure de demande d’asile politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les réfugiés dans le monde</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, le nombre de réfugiés a considérablement augmenté, engendrant des déplacements massifs de populations et une crise migratoire d’envergure. Ces évènements tragiques ont mené la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour légitimer le statut de réfugié et créer un dispositif de protection solide pour ces groupes vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’en 1951, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_Commissariat_des_Nations_unies_pour_les_r%C3%A9fugi%C3%A9s">Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés</a> (HCR) a adopté la première <a href="https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-relating-status-refugees">Convention sur les droits et le statut des réfugiés</a>. Le principe majeur énoncé dans ce document est l’impossibilité pour le demandeur de repartir dans son pays, dans lequel il a été établi qu’il lui était impossible de vivre en sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, la Convention a posé des bases pour le traitement des réfugiés, en leur accordant le droit d’accès à un logement, à un emploi et à l’éducation pendant la période de résidence dans le pays d’accueil. Le document établit également les devoirs du réfugié envers le pays d’accueil et précise certaines catégories de personnes qui ne peuvent pas bénéficier de ce statut. Par exemple, cela concerne les criminels de guerre ou ceux qui ont commis un crime contre l’humanité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui peut être réfugié&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la Convention de 1951, un réfugié est une personne qui ne peut pas vivre dans son pays parce qu’elle <em>«&nbsp;craint avec raison d’être persécutée pour des motifs raciaux, religieux, de nationalité, pour son appartenance à un certain groupe social ou pour ses convictions politiques.&nbsp;»</em></p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le HCR, en mai 2024, presque 120 millions de personnes étaient réfugiées. Ce chiffre inclue aussi les demandeurs d’asile. Ce sont des personnes qui cherchent dans un autre pays une protection contre des persécutions et de sérieuses violations des droits de l’Homme mais qui ne sont pas encore considérées comme réfugiées et qui attendent une réponse à leur demande.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’en est-il de l’Ouzbékistan&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au mois de juin 2022, il y avait 4 324 réfugiés ouzbeks et 8 720 personnes figuraient sur la liste d’attente pour l’obtention du statut de réfugié. Il ne s’agit que des données officielles, les chiffres réels pourraient être bien plus conséquents. Les pays d’accueil des réfugiés ouzbeks sont pour 33 % les Etats-Unis, 19 % l’Allemagne et 12 % la Suède. Cela dit, la plus grande partie des réfugiés globaux se retrouve aux Etats-Unis, soit 78 %, mais peu en Suède avec 5 % et en Grande-Bretagne avec 4 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-loi-etrangers-indesirables/">En Ouzbékistan, une loi sur les « étrangers indésirables »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Hook s’est entretenu avec <a href="https://cyclowiki.org/wiki/%D0%9D%D0%B0%D0%B4%D0%B5%D0%B6%D0%B4%D0%B0_%D0%90%D0%BB%D0%B8%D0%BC%D0%B1%D0%B0%D0%B5%D0%B2%D0%BD%D0%B0_%D0%90%D1%82%D0%B0%D0%B5%D0%B2%D0%B0">Nadejda Ataïeva</a>, cofondatrice et présidente de l’organisation indépendante <a href="https://ahrca.fr/">Droits de l’Homme en Asie centrale</a> à propos des réfugiés ouzbeks, du processus de demande d’asile et du parcours d’émigration politique depuis l’Ouzbékistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment demander le statut de réfugié&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;asile politique ne peut être demandé qu&rsquo;en dehors de l&rsquo;Ouzbékistan, le plus souvent de deux manières : soit par l&rsquo;intermédiaire du HCR, soit à l&rsquo;arrivée dans le pays par l&rsquo;intermédiaire du service de migration compétent. L&rsquo;Ouzbékistan n&rsquo;a pas ratifié la Convention des Nations unies de 1951 relative au statut des réfugiés. Il n&rsquo;y a pas de représentation du HCR dans le pays, ce qui affecte la situation des réfugiés sur place et l&rsquo;immigration illégale en provenance d&rsquo;Afghanistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après les propos de Nadejda Ataïeva, juridiquement, les réfugiés afghans ne diffèrent pas des autres étrangers bien qu’ils soient plus vulnérables et qu’ils aient besoin d’une aide sociale dès leur arrivée. Par conséquent, les Afghans ne reçoivent pas l’assistance nécessaire et leur situation occasionne des problèmes sociaux et économiques supplémentaires pour les autres réfugiés et le pays d’accueil.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/haut-commissariat-refugies-appelle-autorites-tadjikes-cesser-expulsion/">Le Haut-Commissariat pour les réfugiés appelle les autorités tadjikes à cesser l’expulsion de citoyens afghans</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin d’obtenir le statut de réfugié politique auprès du HCR, il est nécessaire d’arriver dans un pays où le HCR est présent, s’enregistrer auprès de ses services, puis attendre une réponse. Le pays dans lequel le demandeur sera relocalisé est déterminé par une commission spéciale du HCR.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième moyen pour le migrant est d’arriver directement dans le pays où il souhaite obtenir le statut de réfugié politique, de s’enregistrer auprès du service des migrations et de déposer une demande d’asile.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cas du Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan ont signé la Convention de l’ONU sur les droits des réfugiés. Nadejda Ataïeva fait remarquer que le Kazakhstan a développé des pratiques efficaces pour soutenir les réfugiés comme le droit à un logement et l’accès aux premiers soins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le Kazakhstan ne peut pas garantir aux réfugiés une sécurité totale. Les paragraphes III et IV du <a href="https://adilet.zan.kz/rus/docs/Z980000229_">traité</a> entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan relatif <em>« à l’assistance et aux relations juridiques dans les affaires civiles, familiales et pénales&nbsp;»</em> limitent la capacité du pays à leur donner une protection internationale. C’est pourquoi, formellement, le Kazakhstan suit la procédure mais recommande de partir vers un pays tiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lopposant-kazakh-moukhtar-abliazov-obtient-lasile-politique-en-france/">L’opposant kazakh Moukhtar Abliazov obtient l’asile politique en France</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La tentative pour obtenir le statut de réfugié au Kazakhstan peut prendre deux à trois ans et se solde souvent par un refus. Nadejda Ataïeva souligne que le droit de résidence permanente est très rarement accordé, et principalement sur une base humanitaire. Donner le statut de réfugié à un leader d’un parti d’opposition, à un blogueur ou à un journaliste indépendant est pratiquement impossible au vu de l&rsquo;état des droits fondamentaux en Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels sont les éléments importants à prendre en compte&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire une demande d’asile politique dans les pays de l’Union européenne (UE), il faut impérativement prendre connaissance du <a href="https://euaa.europa.eu/sites/default/files/public/Dublin-FR.pdf">règlement de Dublin</a>. Ce document empêche de faire plusieurs demandes dans d’autres pays de l’UE.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_2-1-1024x576.jpg" alt="Ouzbékistan Réfugié Droits Politique Asile Nations Unies" class="wp-image-68076" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_2-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_2-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_2-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_2-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une partie des réfugiés ouzbeks demande l&rsquo;asile dans un pays membre de l&rsquo;UE (illustration). Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le règlement, le premier Etat membre dans lequel est arrivé le demandeur d’asile porte la responsabilité de l’examen de son dossier. Ce principe s’applique même si le demandeur change de pays au sein de l’UE. Si le migrant fait une demande auprès d&rsquo;un Etat qui n’est pas concerné par le règlement, il peut être renvoyé vers le premier pays où il a fait sa demande puisqu’il est responsable de son dossier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, il y a des exceptions&nbsp;: si la famille du demandeur a déjà obtenu le statut de réfugié ou si une demande est en traitement dans un autre Etat membre, celui-ci devient responsable du dossier afin de ne pas séparer la famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels documents sont nécessaires ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de savoir que la liste des documents demandés n’est pas universelle et que tout se décide au cas par cas. Le document principal doit permettre de vérifier l’identité : carte d’identité, certificat de naissance, passeport ou permis de conduire, ou bien tout autre document avec le nom complet, la date et le lieu de naissance. Le service des migrations n’a pas le droit d’effectuer des recherches dans le pays d’origine, le demandeur se trouvant sous protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/expulsion-dun-citoyen-ouzbek-la-france-enjointe-a-assurer-son-retour/">Expulsion d’un citoyen ouzbek : la France enjointe à assurer son retour</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, le demandeur doit expliquer la nature du problème à l’autorité et à la commission qui vont traiter le dossier. Si possible, il documente les évènements qui l’ont poussé à demander l’asile. S’il a été dénoncé, harcelé ou maltraité physiquement et menacé, il doit énumérer ces évènements dans l’ordre chronologique et fournir des preuves solides comme des convocations devant un tribunal, des photographies ou autres. Par ailleurs, il peut faire part des risques pour sa vie en se référant à des textes qui sont susceptibles de violer ses droits et libertés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l’<a href="https://www.lex.uz/acts/111457">article 120</a> <em>«&nbsp;Bessakalbazlyk&nbsp;»</em> (sodomie, ndlr) du code pénal ouzbek criminalise les relations sexuelles entre deux hommes. Cette loi viole directement la <a href="https://www.ohchr.org/fr/universal-declaration-of-human-rights">Déclaration universelle des droits de l’Homme</a>. Un homme homosexuel pourrait utiliser cette loi pour justifier sa demande d’asile.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les principaux motifs d’asile et les vagues de répression en Ouzbékistan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’histoire contemporaine de l’Ouzbékistan, il y a eu plusieurs vagues d’émigration liées à la situation politique. La première vague a commencé au début des années 1990. Ainsi, en 1993, Iodgor Obid a quitté le pays, faisant de lui l&rsquo;un des premiers réfugiés ouzbeks. Avec lui, d’autres opposants politiques des partis <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Erk_(parti)">Erk</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Unity_(Uzbekistan)">Birlik</a> ont suivi, mais aussi des représentants de la vie intellectuelle&nbsp;: scientifiques, écrivains, poètes et artistes.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_3-1024x576.jpg" alt="Ouzbékistan Réfugié Droits Politique Asile Nations Unies" class="wp-image-68078" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_3-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_3-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_3-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/12/беженцы_3.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Iodgor Obid fut un des premiers réfugiés ouzbeks. Photo : Hook.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 1994, <a href="https://ahrca.fr/ouzbekistan/prisonniers-politiques/49-la-cour-supreme-d-ouzbekistan-maintient-en-vigueur-la-condamnation-de-mourad-djouraev">Mourad Djouraïev</a>, membre du parti Erk, député et critique déclaré du gouvernement de l’époque, a été arrêté sur décret du président ouzbek <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a>. Il était accusé de tentative de coup d’Etat. Après avoir appris qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui, Mourad Djouraïev s’est enfui à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, où il a été appréhendé et emprisonné par les services secrets ouzbeks. Il a été victime de tortures et de menaces de mort à l’encontre de ses proches. D’après certaines sources, il a été condamné à une peine de 12 ans de prison qui a ensuite été réduite à neuf ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-an-apres-la-mort-dislam-karimov-louzbekistan-redemarre/">Un an après la mort d’Islam Karimov, l’Ouzbékistan redémarre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, sa détention a été prolongée au moins quatre fois pour <em>«&nbsp;désobéissance aux règles de la prison&nbsp;»</em> en 2004, 2006, 2009 et 2012. Par exemple, il a été accusé sur le fondement de l’article 221 du code pénal ouzbek de <em>«&nbsp;ne pas avoir correctement épluché les carottes&nbsp;»</em> dans la cuisine pénitentiaire et de <em>«&nbsp;ne pas avoir enlevé ses chaussures avant d’entrer dans la prison&nbsp;»</em>. A chaque fois, sa peine a été prolongée soit juste avant son échéance, soit la veille d’une amnistie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux activistes et organisations de défense des droits de l’Homme ont lutté pour sa libération. Il est sorti de prison fin 2015. Certains pensent qu’il a été libéré pour la visite de l’ancien secrétaire d’Etat américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Kerry">John Kerry</a>, qui mettait l’accent sur le respect des droits de l’Homme en Ouzbékistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La deuxième vague d’émigration</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin des années 1990 et au début des années 2000, une deuxième vague massive d’émigration politique liée à la croissance de l’islamisme s’est formée, surtout après les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_1999_%C3%A0_Tachkent">attentats de 1999 à Tachkent</a>. Des arrestations massives, des poursuites et des répressions de diverses personnalités rattachées à des organisations et partis religieux ont suivi ces évènements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-les-attentats-de-tachkent-de-1999/">Retour sur les attentats de Tachkent de 1999</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux, l’imam indépendant <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Obidkhon_Sobitkhony">Obid-Kori Nazarov</a> a été obligé de quitter le pays en 1998, accusé d’extrémisme par les autorités. Selon les informations de <a href="https://www.ozodlik.org/">Radio Ozodlik</a>, la branche ouzbèke du média américain Radio Free Europe, Obid-Kori Nazarov ne se limitait pas dans ses sermons à des questions religieuses, mais abordait aussi des problèmes économiques et sociaux tout en évoquant le thème de la violation des droits de l’Homme en Ouzbékistan. Au départ, il s’est caché à Tachkent, puis il est parti au Kazakhstan et a obtenu l’asile politique en Suède huit ans après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, même s’il était potentiellement en sécurité, il a été victime en 2012 d’une tentative d’assassinat par un certain <a href="https://meduza.io/news/2016/03/07/shvedy-obvinili-rossiyanina-v-organizatsii-pokusheniya-na-imama">Iouri Joukovski</a> devant sa maison à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Str%C3%B6msund">Strömsund</a>. Iouri Joukovski a été condamné à la réclusion à perpétuité. Malgré cela, la famille d’Obid Kori-Nazarov continue d’accuser le gouvernement ouzbek de ce crime, bien que la justice suédoise n’ait pas trouvé de preuves directes qui impliqueraient les services secrets ou le gouvernement ouzbek dans cette affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réfugiés politiques issus de cette vague sont allés en Russie, au Kirghizstan et au Kazakhstan. A cette époque, ces pays n’avaient pas encore légiféré sur le statut de réfugié, c’est pourquoi ils s’adressaient directement au HCR. Une partie importante de ces réfugiés ouzbeks a également cherché l’asile en Turquie. Les pays scandinaves et le Canada ont accueilli principalement des croyants, alors persécutés. De leur côté, les Etats-Unis et l’Europe occidentale ont accordé l’asile à des représentants de partis d’opposition, journalistes, défenseurs des droits de l’Homme, militants, scientifiques, écrivains, poètes et artistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La troisième vague d’émigration</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_d%27Andijan">évènements d’Andijan</a> en 2005 ont provoqué la troisième vague d’émigration qui se poursuit à ce jour. Dans ce contexte, l’appellation <em>«&nbsp;réfugié d’Andijan&nbsp;»</em> est apparue, désignant une catégorie distincte de personnes persécutées dont des activistes, des journalistes et des témoins des fusillades massives. Selon les propos de Nadejda Ataïeva, ces évènements ont réveillé l’émigration politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/andijan-le-trou-de-memoire/">Andijan : le trou de mémoire</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les évènements d’Andijan, des organisations de défense des droits de l’Homme ont commencé à voir le jour. Elles ont été créées par des migrants politiques et des activistes qui s’étaient mis à aider et soutenir d’autres réfugiés et dissidents. Par exemple, quelques temps après les évènements d’Andijan, l’organisation de défense des droits de l’Homme Ezgoulikest apparue pour surveiller les cas de torture et l’accès à la justice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Où en est l’émigration politique aujourd’hui&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nos jours, les réfugiés politiques en provenance d’Ouzbékistan se composent de minorités sexuelles, d’activistes, blogueurs et journalistes qui cherchent l’asile. Sont aussi concernés la famille et les proches de ces personnes. Nadejda Ataïeva affirme que ces derniers temps, l’association Droits de l’Homme en Asie centrale&nbsp;reçoit de plus en plus de demandes de personnes victimes d’affaires de corruption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques réfugiés politiques de l’époque d’Islam Karimov sont revenus en Ouzbékistan. Selon la défenseuse des droits, ces affaires ont été fermées pour prescription et non pas pour absence d’infraction. De nombreuses personnes sont revenues de Russie et d’Ukraine parce qu’il est plus sûr de rester en Ouzbékistan. D’après Nadejda Ataïeva, une vague de réfugiés anciennement fonctionnaires s’est formée après le changement de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/mutabar-tadjibaeva-refugiee-politique-en-france-et-rescapee-des-geoles-ouzbekes/">Mutabar Tadjibaeva, réfugiée politique en France et rescapée des geôles ouzbèkes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Si tu es menacé de mort et de torture dans ton pays, dans ce contexte, le droit international est une protection absolue&nbsp;»</em>, souligne Nadejda Ataïeva.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les migrations LGBT</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rédaction de Hook a discuté avec Chokhidjakhon, un réfugié ouzbek qui est parti en Suède. A l’âge de 17 ans, il a compris qu’il était attiré par les hommes. Cette découverte l’a laissé perplexe. Il s’est isolé des autres par incompréhension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faire connaissance avec d’autres homosexuels en Ouzbékistan est risqué&nbsp;: les groupes régionaux et les communautés pour les personnes LGBT, bien qu&rsquo;offrant un espoir de relations, sont des moyens de rencontre plutôt dangereux en raison des provocations possibles de la part des forces de l&rsquo;ordre. Un jour, la sœur de son partenaire a découvert leur correspondance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Elle est entrée avec de grands yeux noirs et a commencé à raconter à ma mère ce qui s’était passé. Ma mère, effrayée, a commencé à poser des questions, a demandé si tout allait bien, si nous n’avions pas violé une fille. La sœur de mon partenaire a répondu « si seulement, j’en aurais été contente » »</em>, raconte Chokhidjakhon. Il a été envoyé à Samarcande pour y faire ses études. <em>« J’ai étudié le Coran, prié cinq fois par jour et demandé à Dieu qu’il me rende normal »</em>, explique-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Partir à l’étranger pour sa sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience négative a poussé Chokhidjakhon à chercher un lieu où il pourrait vivre en sécurité. D’abord, il est arrivé en Pologne et y a eu plusieurs emplois. En février 2021, le jour où son visa expirait, il est parti en Suède. A cause de la pandémie de Covid-19, des contrôles étaient menés à la frontière et il a dû prendre une décision dans l’urgence. Il a affirmé aux gardes-frontière qu’il voulait demander l’asile politique, autrement l’entrée dans le pays lui aurait été impossible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a passé plusieurs entretiens au centre de migration. Le premier était court : il a présenté ses documents et les motifs pour lesquels il demandait l’asile. Le deuxième entretien était plus détaillé et a duré plusieurs heures. Il a été interrogé sur sa vie en Ouzbékistan, sur la découverte de son orientation sexuelle, sur les difficultés auxquelles il a été confronté dans son pays et sur les menaces qu’il pourrait subir s’il y retournait. Dans l’attente de la décision de la commission, le gouvernement suédois lui versait une pension de 200 euros par mois et lui a donné un logement à deux heures de Stockholm.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lhomosexualite-encore-penalisee-en-ouzbekistan/">L’homosexualité encore pénalisée en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, il a été appelé pour un troisième entretien qui a eu lieu un mois plus tard. Chokhidjakhon a essuyé un refus pour non-respect du règlement de Dublin qui oblige à demander l’asile dans le premier pays où le réfugié arrive, dans son cas, la Pologne. Il était persuadé qu’il n’aurait pas eu l’asile en Pologne à cause d’une forte homophobie, du racisme et des préjugés à l’égard des étrangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’asile en Suède</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le règlement de Dublin, si un réfugié demande l’asile dans un deuxième pays membre de l’UE avant la prescription de six mois à partir de la date d’expiration de son premier visa ou de la demande du statut de réfugié, la nouvelle demande sera refusée et il peut être renvoyé dans le premier pays. Dans le cas où les règles ont été enfreintes, le demandeur devra attendre 18 mois à partir du dernier rejet pour déposer une nouvelle demande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En théorie, il aurait pu demander l’asile en Suède six mois après l’expiration de son visa polonais et non pas le dernier jour de sa validité. Il a reçu l’information que ses billets pour la Pologne étaient déjà achetés et qu’il devait quitter le territoire. Chokhidjakhon a décidé de ne pas se décourager et de rester à Stockholm coûte que coûte, de peur que les autorités polonaises ne le renvoient en Ouzbékistan.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">A Stockholm, beaucoup d’Ouzbeks venus pour travailler vivent dans un appartement à plusieurs. Chokhidjakhon a trouvé des personnes qui ont accepté de l’héberger. En octobre 2022, Chokhidjakhon a fait une nouvelle demande d’asile. Une semaine après, il a été convoqué pour le premier entretien et 20 jours plus tard, il a obtenu une réponse positive. Les autorités lui ont octroyé un titre de séjour de trois mois et un passeport de réfugié.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ils voulaient simplement écouter mon histoire et cela leur a suffi. Tout s’est mal passé la première fois parce que j’avais enfreint le règlement de Dublin&nbsp;»</em>, continue-t-il. Aujourd’hui, Chokhidjakhon aide activement d’autres personnes de la communauté LGBT d’Ouzbékistan à obtenir l’asile en Suède. Il a étudié les lois migratoires de ce pays et partage son expérience et ses connaissances pour faciliter la vie de ses compatriotes.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Anonyme<br>Journaliste pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://hook.report/2024/08/refugees-from-uzb/"><strong>russe</strong></a><strong> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Claude Foucaud</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par la rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Comment se porte la diaspora tadjike au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jun 2023 19:37:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Intégration]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjik]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/comment-se-porte-la-diaspora-tadjike-au-kazakhstan/">Comment se porte la diaspora tadjike au Kazakhstan</a></p>
<p>Akbarjon Ismaïlov, un représentant de la diaspora tadjike au Kazakhstan, a été nommé vice-président de l&#8217;Assemblée du peuple du Kazakhstan. Il explique au média Asia-Plus comment les Tadjiks locaux s&#8217;intègrent dans la culture kazakhe. Le Kazakhstan compte une importante population tadjike sur son territoire. Arrivés dans les années 1930 pour la majorité d&#8217;entre eux, ils [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/comment-se-porte-la-diaspora-tadjike-au-kazakhstan/">Comment se porte la diaspora tadjike au Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Akbarjon Ismaïlov, un représentant de la diaspora tadjike au Kazakhstan, a été nommé vice-président de l&rsquo;Assemblée du peuple du Kazakhstan. Il explique au média Asia-Plus comment les Tadjiks locaux s&rsquo;intègrent dans la culture kazakhe.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan compte une importante population tadjike sur son territoire. Arrivés dans les années 1930 pour la majorité d&rsquo;entre eux, ils font partie intégrante de la vie du pays. Le gouvernement kazakh met davantage l’accent sur une meilleure intégration de cette partie de la population afin de favoriser l’unité nationale. L&rsquo;<a href="https://hmn.wiki/fr/Assembly_of_People_of_Kazakhstan">Assemblée du peuple du Kazakhstan</a> (APK) porte la voix des Tadjiks et des minorités vivant au Kazakhstan. Cet organisme récent travaille pour être entendu par le gouvernement afin de garantir de bonnes conditions de vie à cette partie de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tadjiks représentaient 0,2 % de la population du Kazakhstan début 2023, rapporte le média kazakh <a href="https://rus.azattyq-ruhy.kz/society/49729-my-raznye-no-my-ediny-kto-segodnia-prozhivaet-v-kazakhstane">Azattyq Ruhy</a>. Ils vivent en majorité dans le Sud du pays, par exemple dans le village de Ferdowsi dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_(ville)">Turkestan</a>. Le Kazakhstan compte également de nombreux Tadjiks qui se sont installés plus récemment.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En tant que pays multiculturel, le Kazakhstan considère la prévention des conflits interethniques comme l&rsquo;une des questions les plus importantes à l&rsquo;ordre du jour.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle clé de l’Assemblée du peuple du Kazakhstan&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle le plus important dans ce domaine est joué par l&rsquo;APK, une structure unique qui sert à renforcer l&rsquo;unité du pays. Elle rassemble tous les groupes ethniques vivant au Kazakhstan et s&rsquo;efforce de prévenir les discriminations. L&rsquo;Assemblée est présidée par le président kazakh, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/comment-la-guerre-en-ukraine-se-repercute-sur-lemigration-des-russes-du-kazakhstan/">Comment la guerre en Ukraine se répercute sur l’émigration des Russes du Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril dernier, Akbarjon Ismaïlov, ethniquement Tadjik et vivant au Kazakhstan, est devenu <a href="https://www.asiaplustj.info/ru/news/centralasia/20230424/tokaev-naznachil-novih-zampredov-assamblei-naroda-kazahstana-odin-iz-nih-tadzhik">vice-président</a> de l&rsquo;Assemblée. Il dirige également le Centre ethnoculturel républicain des Tadjiks du Kazakhstan, qui rassemble quelques 100 000 Tadjiks<strong>.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Représenter la minorité tadjike pour mieux l&rsquo;intégrer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce centre ethnoculturel républicain des Tadjiks a ouvert ses portes en 2022 et a pu se développer de manière significative sous la direction d&rsquo;Akbarjon Ismaïlov. Des représentants de l&rsquo;ethnie tadjike travaillent dans toutes les maisons d&rsquo;amitié, et il existe 11 branches d&rsquo;associations ethniques dans les régions. De cette manière, les Tadjiks sont intégrés dans la culture du Kazakhstan tout en conservant des liens avec leurs origines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Akbarjon Ismaïlov pourra désormais mettre à profit son expérience à la tête du Centre ethnoculturel républicain pour les Tadjiks en tant que vice-président de l&rsquo;Assemblée. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il portera à l&rsquo;attention des autorités kazakhes des informations sur les conditions de vie des populations locales et contribuera à les améliorer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/fact/lemigration-phenomene-constant-au-kirghizstan/">L’émigration, phénomène constant au Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Akbarjon Ismaïlov insiste sur l&rsquo;importance de parler de l&rsquo;Assemblée du peuple du Kazakhstan, et non de l&rsquo;Assemblée des peuples. En effet, il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;une question de grammaire : le nom est également porteur d&rsquo;une signification culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous sommes tous des groupes ethniques, un seul peuple, vivant dans l&rsquo;amitié et l&rsquo;harmonie »</em>, a déclaré Akbarjon Ismaïlov à Asia-Plus. Selon lui, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;organisme équivalent dans les pays voisins.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La multiethnicité, une force au Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Tout en préservant l&rsquo;identité nationale et le lien historique avec les ancêtres, il est nécessaire de maîtriser la langue nationale »</em>, a expliqué Akbarjon Ismaïlov.&nbsp;<em>“En tant qu&rsquo;État, le Kazakhstan a donné à chaque groupe ethnique la possibilité d&rsquo;apprendre sa propre langue et sa propre culture. Et en réponse à cela, nous, les autres groupes ethniques, apprenons la langue kazakhe. Je connais moi-même le kazakh, tout comme de nombreux Tadjiks ici »</em>, a-t-il déclaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“Nous sommes nés et avons grandi ici et nous n&rsquo;avons jamais connu de conflits ethniques depuis. L&rsquo;unité du peuple est le principal atout de cette région »</em>, estime le représentant.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Il affirme que les jeunes de diverses origines ethniques participent activement à la fonction publique au Kazakhstan : <em>« Les jeunes entrent dans la fonction publique. Beaucoup a été fait, et avec eux, il y aura encore plus à faire”</em>. Akbarjon Ismaïlov est également le plus jeune vice-président de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Assemblée, ayant pris ses fonctions à l&rsquo;âge de 35 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De nouvelles réformes au Kazakhstan pour favoriser l’unité nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Akbarjon Ismaïlov a également évoqué les réformes en cours au Kazakhstan. En effet, au cours de ces transformations, une attention particulière a été accordée à&nbsp;l&rsquo;Assemblée du peuple du Kazakhstan. Elle s&rsquo;est dotée de nouveaux instruments de représentation parlementaire, impliquant tous les groupes ethniques dans la résolution des tâches stratégiques du développement de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème des réformes a également été abordé dans le discours du président du Kazakhstan lors de la dernière session de l&rsquo;Assemblée, fin avril dernier. <em>« L&rsquo;Assemblée a joué un rôle important dans la modernisation politique du pays et le renforcement de l&rsquo;unité nationale. L&rsquo;APK a contribué à accroître le soutien public aux réformes et à l&rsquo;implication de tous les groupes ethniques dans la résolution des tâches stratégiques du développement de l&rsquo;État. Ainsi, dans son environnement géopolitique, le Kazakhstan est devenu le seul pays à mettre en œuvre des transformations aussi profondes »</em>, a déclaré le président du Kazakhstan. <em>« Les citoyens qui travaillent à l&rsquo;Assemblée du peuple du Kazakhstan peuvent être qualifiés d&rsquo;ambassadeurs de l&rsquo;unité. Je suis sûr que vous vous acquitterez tous de cette importante mission avec dignité »</em>, a-t-il ajouté.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Alina Valamat-Zadé<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20230517/mi-odin-narod-kak-zhivut-tadzhiki-v-kazahstane">russe</a> par Delphine Millard</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Léane Vanier</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Le Kirghizstan pourrait-il restreindre les jeunes femmes dans leurs déplacements à l&#8217;étranger ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lvanier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jun 2023 16:01:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kirghizstan-pourrait-il-restreindre-les-jeunes-femmes-dans-leurs-deplacements-a-letranger/">Le Kirghizstan pourrait-il restreindre les jeunes femmes dans leurs déplacements à l&rsquo;étranger ?</a></p>
<p>Le député kirghiz Chaïloobek Atazov a soumis une proposition de loi pour obliger les filles de moins de 23 ans souhaitant quitter le pays à déclarer leur motivation et le lieu qu’elles comptent rejoindre. Le député avait émis une proposition similaire l’année précédente, laquelle avait fait réagir l’opinion publique. Un an plus tard, ce questionnement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kirghizstan-pourrait-il-restreindre-les-jeunes-femmes-dans-leurs-deplacements-a-letranger/">Le Kirghizstan pourrait-il restreindre les jeunes femmes dans leurs déplacements à l&rsquo;étranger ?</a></p>
<p><strong>Le député kirghiz Chaïloobek Atazov a soumis une proposition de loi pour obliger les filles de moins de 23 ans souhaitant quitter le pays à déclarer leur motivation et le lieu qu’elles comptent rejoindre. Le député avait émis une proposition similaire l’année précédente, laquelle avait fait réagir l’opinion publique. Un an plus tard, ce questionnement refait surface.</strong></p>
<p>Le 26 mai dernier, lors d’une réunion de la Commission des questions migratoires, le député Chaïloobek Atazov émet une proposition de loi qui obligerait les jeunes Kirghizes entre 18 et 23 ans à déclarer le lieu et la motivation de leur départ à l’étranger, rapporte le média kirghiz <a href="https://kloop.kg/blog/2023/05/26/deputat-atazov-predlagaet-obyazat-molodezh-starshe-18-let-pri-vyezde-soobshhat-o-tselyah-poezdki-i-prebyvaniya/">Kloop</a>. Son objectif est de restreindre davantage la fuite de la jeunesse kirghize, un problème qui s’accentue depuis plusieurs années et qui affecte l’économie nationale. Une proposition similaire avait été émise par le député l’année précédente, en 2022. D'autres de ses confrères l'avaient rejoint sur la question mais l’opinion publique ne partageait pas . . .</p>

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		<title>Comment la guerre en Ukraine se répercute sur l&#8217;émigration des Russes du Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lvanier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 May 2023 09:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre en Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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<p>La tendance d’émigration des Russes ethniques du Kazakhstan vers leur territoire historique s’est vue complètement bouleversée : le nombre de personnes quittant le pays a brutalement baissé. La guerre récente entre la Russie et l’Ukraine ainsi que la crise due au Covid-19 sont des éléments qui ont influencé ce changement de tendance. Néanmoins, les experts [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La tendance d’émigration des Russes ethniques du Kazakhstan vers leur territoire historique s’est vue complètement bouleversée : le nombre de personnes quittant le pays a brutalement baissé. La guerre récente entre la Russie et l’Ukraine ainsi que la crise due au Covid-19 sont des éléments qui ont influencé ce changement de tendance. Néanmoins, les experts disent qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;une accalmie provisoire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le démantèlement de l’URSS a marqué le début d’une vague d’émigration importante du Kazakhstan vers la Russie. Pourtant, les années qui ont suivi ont montré une diminution conséquente de cet exode, notamment depuis la crise du Covid-19 en 2020 et la guerre entre la Russie et l’Ukraine deux ans plus tard. Les experts s’accordent à dire que cette situation n’est qu’une accalmie provisoire. Pourtant, les chiffres montrent que cette tendance d’émigration peine à reprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans les années 1990, lors de la scission de l&rsquo;URSS, qu&rsquo;a commencé l&rsquo;émigration massive depuis le Kazakhstan. Entre 1996 et 2000, <a href="https://cyberleninka.ru/article/n/vneshnyaya-migratsiya-naseleniya-kazahstana-za-gody-nezavisimosti/viewer">plus d&rsquo;un million</a> de personnes ont quitté le pays. L’exode annuel pouvait atteindre jusqu&rsquo;à 300 000 personnes.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Dans les années suivantes, ce flux humain a diminué. Au cours des années 2010, 20 000 à 40 000 personnes partaient du pays chaque année. Sept régions frontalières de la Russie ont contribué à cette émigration massive depuis le Kazakhstan, du fait de l’importante proportion de Russes ethniques au sein de la population. Dans ces régions, début 2022, entre un tiers et la moitié des citoyens de ces régions était russe. La région <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_d%27Atyraou">d&rsquo;Atyraou</a>, laquelle partage une frontière avec la Russie, constitue cependant une exception. Dans cette région, la part des Slaves a toujours été basse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dix dernières années, tous les ans, ce sont entre 1 000 et 4 000 personnes qui quittent la région. Les raisons de cet exode sont diverses : psychologiques, pour se rapprocher d&rsquo;êtres chers, mais aussi économiques ou pour avoir accès à l&rsquo;éducation en Russie. Il y a aussi des avantages particuliers obtenus à la naissance d&rsquo;un enfant, ou pour ceux qui s&rsquo;installent en Sibérie ou dans certaines régions orientales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>2020 : l’émigration diminue brusquement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2020, la tendance a brutalement changé. Les départs ont considérablement diminué. Alors qu&rsquo;en 2019, 31 000&nbsp; personnes ont déménagé du Kazakhstan, seulement 19 000 personnes ont quitté le pays en 2020. Dans certaines des régions limitrophes, la tendance était deux fois inférieure. La raison est simple : la pandémie a généré un confinement au Kazakhstan et en Russie, limitant ainsi les déplacements entre ces pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est que fin 2021 que la vie a repris son cours habituel : les frontières se sont rouvertes et les communication ont repris. Néanmoins, les chiffres de l&rsquo;année 2022 n&rsquo;ont pas montré un retour au niveau pré-pandémique comme attendu. Au contraire, ils sont tombés encore plus bas : 14 800 personnes ont quitté le pays, contre 31 100 en 2021.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les conséquences de la guerre en Ukraine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les sanctions </em>(contre la Russie, ndlr)<em>, l&rsquo;augmentation des prix et la mobilisation peuvent être</em> <em>les principales raisons du changement de la tendance de l&rsquo;émigration de la population »</em>, relève Khalida Ajigoulova, juriste et sociologue, professeure associée de l&rsquo;Université technologique eurasienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/les-russes-kazakhstanais-une-population-qui-fluctue-au-gre-de-la-guerre-en-ukraine/">Les Russes kazakhstanais, une population qui fluctue au gré de la guerre en Ukraine</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Olga Simakova, sociologue, estime également que la raison probable du bouleversement de cette tendance est le conflit entre la Russie et l&rsquo;Ukraine. Néanmoins, selon elle, cette accalmie provisoire ressemble à l&rsquo;étape pandémique. <em>“Depuis 2014, nous avons pu observer une montée progressive de l&rsquo;émigration, laquelle n&rsquo;a été interrompue qu&rsquo;en lien avec la pandémie et l&rsquo;isolement du pays en 2020. Un an plus tard, en 2021, il était clair que les intentions migratoires n&rsquo;avaient pas disparu mais avaient simplement été mises de côté en attendant des jours meilleurs »</em>, relève l&rsquo;experte. Elle note aussi que cette baisse de départs vers la Fédération de Russie en 2022 est liée à la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“Si l&rsquo;on regarde l&rsquo;émigration dans d&rsquo;autres pays tels que l&rsquo;Allemagne, les États-Unis, l&rsquo;Ouzbékistan ou le Canada, on peut constater que le rythme d&rsquo;émigration se maintient. En outre, le fait que les candidats kazakhs continuent de demander des universités russes montre que l&rsquo;émigration générale diminue »</em>, remarque Olga Simakova.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que cela signifie-t-il pour le futur ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Khalida Ajigoulova estime que les intentions migratoires des citoyens kazakhs d&rsquo;ethnie russe baisseront dans les prochaines années, sur fond de guerre en Ukraine et de ses conséquences. L&rsquo;économie et la sphère sociale de la Russie, même après la fin de la guerre, mettront du temps à se remettre.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">De plus, l&rsquo;experte remarque qu&rsquo;à cause du syndrome du stress post-traumatique chez les combattants en Russie, une forte montée de violence s’observe déjà dans la société et la sphère domestique. <em>“Ainsi, déménager en Russie sera considéré comme dangereux et irrationnel au moins pendant les dix prochaines années »,</em> d’après Khalida Ajigoulova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olga Simakova rappelle que l&rsquo;émigration est une étape très sérieuse et que les potentiels émigrants peuvent prendre le temps qu&rsquo;ils veulent avant de se décider à partir. Les moindres changements, que ce soit dans le pays de départ ou dans le pays d&rsquo;arrivée, peuvent influencer la vitesse de prise de décision. <em>« Aujourd&rsquo;hui, comme en 2020, la plupart ont remis leur décision de départ à plus tard et ont pris une position d&rsquo;attente. Je suis sûre que nous n&rsquo;assisterons pas à un changement radical dans les préférences en matière de pays de résidence permanente »</em>, assure Olga Simakova.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aldiyar Aouïezbek<br>Sociologue et journaliste pour Cabar</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://cabar.asia/ru/kak-vojna-povliyala-na-emigratsiyu-russkih-iz-kazahstana-v-rossiyu">russe</a> par Fatimetou Hamoudi</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Léane Vanier</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Eva Costes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Les Russes kazakhstanais, une population qui fluctue au gré de la guerre en Ukraine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 May 2023 19:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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<p>DECRYPTAGE. Présents au Kazakhstan depuis la colonisation tsariste et les campagnes d’installation en Union soviétique, les Russes représentent la deuxième communauté ethnique de la République kazakhe. Elle est principalement concentrée dans le Nord et l’Est du Kazakhstan, et a tendance à de plus en plus migrer définitivement en Russie depuis la fin de l’URSS. Cependant, [&#8230;]</p>
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<p><strong>DECRYPTAGE. Présents au Kazakhstan depuis la colonisation tsariste et les campagnes d’installation en Union soviétique, les Russes représentent la deuxième communauté ethnique de la République kazakhe. Elle est principalement concentrée dans le Nord et l’Est du Kazakhstan, et a tendance à de plus en plus migrer définitivement en Russie depuis la fin de l’URSS.</strong></p>
<p><strong>Cependant, depuis la guerre en Ukraine, un phénomène inverse se produit, avec de moins en moins de Russes kazakhstanais qui retournent en Russie. En parallèle, l’enjeu du gouvernement kazakh depuis plusieurs années réside dans la «&nbsp;rekazakhification&nbsp;» de ces régions où les Russes sont le plus présents. Comment ces communautés vont-elles évoluer avec l’enlisement de la Russie dans la guerre en Ukraine&nbsp;? Décryptage d’une démographie en plein questionnement.</strong></p>
<p>15,18 % de la population, c’est ce que représente l’ethnie russe en 2023 au Kazakhstan, soit quelques trois millions de Kazakhstanais sur une population totale de <a href="https://new.stat.gov.kz/">19 millions d’habitants</a>. Il s’agit du deuxième groupe ethnique le plus représenté dans le pays, derri . . .</p>

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		<title>Le Kirghizstan, destination populaire des Russes fuyant leur pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2022 10:13:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kirghizstan-destination-populaire-des-russes-fuyant-leur-pays/">Le Kirghizstan, destination populaire des Russes fuyant leur pays</a></p>
<p>Suite à la guerre en Ukraine, de nombreux Russes ont décidé de quitter leur pays. L’Asie centrale est rapidement devenue l'une des destinations privilégiées, comme point de transit ou sur le moyen terme. Les pays de la région sont parmi les plus accessibles pour des raisons à la fois économiques et pratiques. S’il est encore [&#8230;]</p>
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<p><strong>Suite à la guerre en Ukraine, de nombreux Russes ont décidé de quitter leur pays. L’Asie centrale est rapidement devenue l'une des destinations privilégiées, comme point de transit ou sur le moyen terme. Les pays de la région sont parmi les plus accessibles pour des raisons à la fois économiques et pratiques.</strong></p>
<p>S’il est encore difficile d’avancer des chiffres, les observateurs remarquent que les citoyens russes affluent plus qu’auparavant vers l’Asie centrale depuis le début de l'année 2022. Cet afflux reste encore peu visible dans les statistiques. Selon le ministère du Développement digital du Kirghizstan, cité par l'agence de presse kirghize <a href="https://24.kg/obschestvo/227935_tsifra_dnya10tyisyach_357_rossiyan_zaregistrirovali_vkyirgyizstane_snachala_marta/">24.kg</a>, 38 042 citoyens russes se sont enregistrés dans le pays entre le 1er janvier et le 17 mars 2022. Entre janvier et mars 2021, 41 953 Russes s'étaient enregistrés dans le pays, relaie <a href="https://www.akchabar.kg/ru/news/rossiyane-massovo-priezzhayut-v-kyrgyzstan-mincifry-predostavil-statistiku/">le média kirghiz Akchabar</a>.</p>
<p>Néanmoins, le nombre de Russes actuellement au Kirghizstan pourrait être en réalité bien plus élevé : la <a href="https://grs.gov.kg/ru/subord/drnags/registration/782-rieghistratsiia-inostrannykh-ghrazhdan-i-lits-biez/">loi kirghize</a> stipule que leur enregistrement n’est obligatoire que pour un séjour de plus de trente jours. Les statistiques ne prennent donc pas en compte les Russes étant passés en transit au Kirghizstan avant de rejoindre des destinations plus prisées comme l’Arménie, la Géorgie ou la Turquie, ou qui ne se sont pas encore fait enregistrer. </p>
<p>A <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, dans le sud du Kirghizstan, Novastan a rencontré des gérants d’auberges de jeunesse ainsi que certains de ces exilés pour comprendre ce qui les a motivés à venir en Asie centrale et . . .</p>

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			</item>
		<item>
		<title>La difficile situation des migrants tadjiks installés en Russie</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-difficile-situation-des-migrants-tadjiks-installes-en-russie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Maëva Pouffier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Mar 2022 16:34:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Travailleurs migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-difficile-situation-des-migrants-tadjiks-installes-en-russie/">La difficile situation des migrants tadjiks installés en Russie</a></p>
<p>Les sanctions économiques imposées contre la Russie par les pays occidentaux en réaction à la crise en Ukraine risquent d’affecter fortement le Tadjikistan. De fait, l’économie tadjike est très dépendante des envois de fonds des émigrants installés en Russie. Une inquiétude supplémentaire pour les Tadjiks, qui connaissent déjà un quotidien difficile dans leur pays de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-difficile-situation-des-migrants-tadjiks-installes-en-russie/">La difficile situation des migrants tadjiks installés en Russie</a></p>
<p>Les sanctions économiques imposées contre la Russie par les pays occidentaux en réaction à la crise en Ukraine risquent d’affecter fortement le Tadjikistan. De fait, l’économie tadjike est très dépendante des envois de fonds des émigrants installés en Russie. Une inquiétude supplémentaire pour les Tadjiks, qui connaissent déjà un quotidien difficile dans leur pays de travail.</p>
<p>C’est une période difficile pour les migrants tadjiks qui travaillent en Russie. Entre le 22 février dernier et le 22 mars, le rouble a perdu 16,2 % de sa valeur, passant d'un rouble pour <a href="https://nbt.tj/ru/kurs/kurs.php?date=22.02.2022">0,1473 somoni</a> contre <a href="https://nbt.tj/ru/kurs/kurs.php?date=22.03.2022">0,1234 somoni</a> selon le taux de change officiel. Une annonce préoccupante pour les travailleurs migrants. En effet, une baisse en valeur du rouble signifie qu’ils ne pourront plus envoyer autant d’argent qu’auparavant à leur famille tadjike, explique le média américain <a href="https://www.rferl.org/a/central-asia-migrants-ruble-impact/31730968.html">Radio Free Europe</a>.</p>
<p>Ces envois d'argent ont représenté 26,7 % du produit intérieur brut tadjik en 2020, selon <a href="https://data.worldbank.org/indicator/BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS?locations=TJ">la Banque mondiale</a>. Le Tadjikistan est à <a href="https://data.worldbank.org/indicator/BX.TRF.PWKR.DT.GD.ZS?most_recent_value_desc=true">la troisième place</a> des pays les plus dépendants des envois de fonds à l'étranger, derrière les îles Tonga et le Kirghizstan. Dès le 26 février dernier, deux jours après . . .</p>

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		<title>Au Kirghizstan, une famille sur quatre vit sous le seuil de pauvreté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Romane Haquette]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Feb 2022 17:02:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Seuil de pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/au-kirghizstan-une-famille-sur-quatre-vit-sous-le-seuil-de-pauvrete/">Au Kirghizstan, une famille sur quatre vit sous le seuil de pauvreté</a></p>
<p>Au Kirghizstan, la pauvreté a bondi de 5,2 points entre 2019 et 2020, quand les Kirghiz en extrême pauvreté sont de plus en plus nombreux. En cause&#160;: la fermeture des frontières liée au Covid-19, qui a empêché les Kirghiz de travailler à l’étranger et d’alimenter leurs familles restées au pays. L’étude reste cependant imparfaite, car [&#8230;]</p>
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<p><strong>Au Kirghizstan, la pauvreté a bondi de 5,2 points entre 2019 et 2020, quand les Kirghiz en extrême pauvreté sont de plus en plus nombreux. En cause&nbsp;: la fermeture des frontières liée au Covid-19, qui a empêché les Kirghiz de travailler à l’étranger et d’alimenter leurs familles restées au pays. L’étude reste cependant imparfaite, car une grande partie des travailleurs kirghiz sont dans l’informalité, ce qui rend les chiffres difficiles à compiler. </strong></p>
<p>Alors que la pauvreté au Kirghizstan n’a cessé de diminuer de 2016 à 2019, elle a bondi de 5,2 points entre 2019 et 2020, passant de 20,1 % à 25,3 %. Une famille sur quatre vit donc sous le seuil de pauvreté, tel que le rapporte le 30 novembre dernier l’agence de presse kirghize <a href="https://24.kg/obschestvo/215443_nischeta_rastet_kajdaya_chetvertaya_semya_vkyirgyizstane_jivet_zachertoy_bednosti/">24.kg</a>.</p>
</p>
<p>Ces données viennent du <a href="http://www.stat.kg/media/publicationarchive/27bf7b42-dfee-44e0-9698-864275e6b3b3.pdf">Comité national de statistiques du Kirghizstan (NSC)</a>, qui a réalisé une étude sur un échantillon de 4 993 ménages. Les chiffres établis montrent également des disparités selon les régions. La pauvreté a ainsi augmenté de 10,3 points à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Djalal-Abad">Jalal-Abad</a>, dans le nord-ouest du pays, et de 4,9 points à Bichkek, la capitale, alors qu'elle recule de 6 points à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, la deuxi . . .</p>

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		<title>Le nombre de migrants tadjiks en Russie atteint un nouveau record</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maëva Pouffier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Dec 2021 13:48:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Envois de fonds depuis l'étranger]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Travailleurs migrants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-nombre-de-migrants-tadjiks-en-russie-atteint-un-nouveau-record/">Le nombre de migrants tadjiks en Russie atteint un nouveau record</a></p>
<p>Plus de 2 millions de Tadjiks sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021, soit près de 20 % de la population totale tadjike. C'est une situation inédite. Selon le ministère de l’Intérieur russe, plus de 2 millions de citoyens Tadjiks sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021. Ce chiffre représente près [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-nombre-de-migrants-tadjiks-en-russie-atteint-un-nouveau-record/">Le nombre de migrants tadjiks en Russie atteint un nouveau record</a></p>
<p><strong>Plus de 2 millions de Tadjiks sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021, soit près de 20 % de la population totale tadjike.</strong></p>
<p>C'est une situation inédite. Selon le ministère de l’Intérieur russe, plus de <a href="https://xn--b1aew.xn--p1ai/dejatelnost/statistics/migracionnaya/item/26510325/">2 millions</a> de citoyens Tadjiks sont entrés en Russie entre janvier et septembre 2021. Ce chiffre représente près de 20 % de la population tadjike totale et un tiers des Tadjiks en âge de travailler, décrit le média tadjik <a href="https://your.tj/oficialno-v-rossii-nahodjatsja-bolee-2-mln-grazhdan-tadzhikistana-jeto-tret-trudosposobnogo-naselenija-respubliki/">Your.tj</a>. Le nombre de migrants tadjiks en Russie a quintuplé depuis janvier.</p>
<p> Cette émigration est avant tout de travail selon les autorit . . .</p>

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		<item>
		<title>Les Turkmènes seraient moitié moins nombreux qu&#8217;officiellement</title>
		<link>https://novastan.org/fr/turkmenistan/les-turkmenes-seraient-moitie-moins-nombreux-quofficiellement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma VANZO]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jul 2021 18:05:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Démographie]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Population]]></category>
		<category><![CDATA[Recensement]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/les-turkmenes-seraient-moitie-moins-nombreux-quofficiellement/">Les Turkmènes seraient moitié moins nombreux qu&rsquo;officiellement</a></p>
<p>En plus de subir une importante crise économique, le Turkménistan semble faire face à un déclin démographique de grande ampleur. La population est estimée à 2,7 millions d&#8217;habitants, soit moitié moins que les chiffres officiels. Combien y a-t-il vraiment d&#8217;habitants au Turkménistan ? Alors que les données officielles estiment qu&#8217;il y avait 6,2 millions de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/les-turkmenes-seraient-moitie-moins-nombreux-quofficiellement/">Les Turkmènes seraient moitié moins nombreux qu&rsquo;officiellement</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En plus de subir une importante crise économique, le Turkménistan semble faire face à un déclin démographique de grande ampleur. La population est estimée à 2,7 millions d&rsquo;habitants, soit moitié moins que les chiffres officiels.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien y a-t-il vraiment d&rsquo;habitants au Turkménistan ? Alors que <a href="https://neutrality.gov.tm/turkmenistan/general-information/">les données officielles</a> estiment qu&rsquo;il y avait 6,2 millions de Turkmènes en 2020 dans le pays, Radio Azatlyk, la branche turkmène du média américain Radio Free Europe, affirme que ce chiffre est plutôt de l&rsquo;ordre <a href="https://rus.azathabar.com/a/turkmenistan-in-state-of-depopulation-with-under-three-million-people/31338392.html">de 2,7 ou 2,8 millions.</a></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les sources du média proviennent de fonctionnaires chargés d&rsquo;effectuer le recensement de la population, prévu pour 2022 et ordonné par le président du Turkménistan <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdimouhamedov</a> en janvier 2020, comme le relaie <a href="https://turkmenportal.com/blog/24600/v-2022-godu-v-turkmenistane-budet-provedena-sploshnaya-perepis-naseleniya-i-zhilishchnogo-fonda">le média turkmène Turkmenportal</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Nous avons fait du porte-à-porte pour compter la population, et avons également utilisé des méthodes supplémentaires, telles que l&rsquo;obtention du nombre de conscrits dans l&rsquo;armée, des diplômés des écoles, des étudiants universitaires, des enfants inscrits dans les jardins d&rsquo;enfants, des populations carcérales, des données des agences de migration sur les arrivées et les départs, et des registres du bureau d&rsquo;enregistrement sur les chiffres des naissances et des décès </em>», a déclaré à Radio Azatlyk l&rsquo;un des responsables des préparatifs du recensement. Les responsables ont qualifié les résultats de « choquants », bien que la crise démographique soit connue depuis un certain temps.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un précédent recensement non publié</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Radio Azatlyk, le <a href="https://rus.azathabar.com/a/how-many-people-live-in-turkmenistan-the-official-figure-is-hard-to-believe/30401800.html">dernier recensement</a> a eu lieu en 2012, mais le gouvernement n&rsquo;a pas publié ses résultats. D&rsquo;après l’analyste Serdar Aytakov interrogé par le média russe <a href="https://www.ng.ru/cis/2021-07-05/1_8190_turkmenistan.html">Nezavissimaïa Gazeta</a>, la croissance démographique est l&rsquo;un des fétiches du gouvernement. Pour l’expert, la rétention d&rsquo;informations pose plusieurs défis aux autorités, tandis que les informations fournies par le gouvernement à la communauté internationale, comme l&rsquo;état de l&rsquo;économie ou la démographie, ne sont plus dignes de confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les résultats scandaleux du recensement préliminaire indiquent la faillite des autorités et de leurs politiques. Gourbangouly Berdimouhamedov s&rsquo;est emporté avec la construction de palais, d&rsquo;hôtels, de stades, laissant la majeure partie de la population sans véritable travail, sans les infrastructures sociales nécessaires. Tous les investissements publics de plusieurs milliards de dollars, et il n&rsquo;y en a pratiquement pas d&rsquo;autres au Turkménistan, visant à créer des infrastructures industrielles, restent dans la catégorie « rien ». Comme déjà mentionné, il n&rsquo;y a personne pour travailler dans les entreprises construites et il n&rsquo;y a personne pour les servir, ils connaissent une grave pénurie de personne</em>l », estime Serdar Aytakov auprès de Nezavissimaïa Gazeta. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La Turquie ou la Russie, lieux d&rsquo;émigration privilégiés</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le détail, des centaines de milliers de turkmènes se sont rendus en Turquie avant la pandémie, profitant de l&rsquo;accord de voyage sans visa entre les deux pays, <a href="https://rus.azathabar.com/a/turkmenistan-in-state-of-depopulation-with-under-three-million-people/31338392.html">estime Radio Azatlyk</a>. Toutefois, la plupart d&rsquo;entre eux ne sont jamais rentrés sur le sol turkmène. Le média rapporte qu&rsquo;un grand nombre d&rsquo;habitants tendent à obtenir des visas auprès des ambassades russes et ouzbèkes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la fermeture des frontières et les restrictions de voyage ont ralenti le processus. Selon les chiffres de Radio Azatlyk, durant l’année 2020, 2 451 Turkmènes ont reçu des passeports russes et 2 271 ont obtenu la résidence permanente en Russie. De plus, environ 87 200 citoyens turkmènes ont reçu des permis de séjour en Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres produits par Radio Azatlyk ne sont que les derniers en date montrant une véritable crise démographique au Turkménistan. Le média turkmène avait déjà estimé en mai 2019 que près d&rsquo;1,9 million de Turkmènes avaient quitté le pays <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/19-million-de-turkmenes-auraient-quitte-leur-pays-en-dix-ans/">entre 2008 et 2018.</a> À l&rsquo;inverse, les autorités estimaient en 2006 qu&rsquo;il y avait 6,7 millions de Turkmènes dans le pays, comme le relaient <a href="http://www.cisstat.com/rus/tur-1.htm">les dernières données</a> produites par la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des États indépendants</a>. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une situation économique et sociale désastreuse</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Pour expliquer que le Turkménistan soit aussi dépeuplé aujourd&rsquo;hui, Radio Azatlyk évoque une économie dévastée, un chômage endémique et un gouvernement autoritaire répressif. Le niveau d&rsquo;éducation et la pénurie réelle de personnel qualifié ne permettent pas d&rsquo;utiliser le potentiel des installations et infrastructures de haute technologie déjà construites, estime de son côté Serdar Aytakov à Nezavissimaïa Gazeta. </p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> La crise s&rsquo;est aggravée au Turkménistan, avec des pénuries alimentaires et des hausses de prix. Les revenus liés aux ressources énergétiques n&rsquo;ont <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/turkmenistan-la-famille-du-president-profite-de-la-faim-de-la-population/">profité qu&rsquo;à un petit cercle d&rsquo;élites</a> gouvernementales et n’ont pas eu de retombées positives sur la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan: <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/turkmenistan-la-famille-du-president-profite-de-la-faim-de-la-population/">Turkménistan : la famille du président profite de la faim de la population</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Radio Azatlyk rapporte également que d’un point de vue social, de nombreux Turkmènes n&rsquo;ont pas accès à des soins de santé adéquats, en particulier dans les zones rurales où les hôpitaux manquent d&rsquo;équipements modernes. Dans le même temps, le gouvernement prive la population de ses droits et de ses libertés, comme l’accès à Internet ou aux réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu des difficultés financières et sociales, le taux de mortalité augmente alors que le taux de natalité, traditionnellement élevé, a baissé au cours de la dernière décennie, selon Radio Azatlyk. « <em>En 2019, le nombre de morts au Turkménistan se situait entre 5 000 et 6 000 par mois. Mais en 2020, les chiffres mensuels sont passés à 8 000 et 10 000 à leur apogée</em>« , estime le média turkmène.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Emma Vanzo</strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Avec la baisse des envois de fonds depuis l’étranger, une crise économique majeure attend l’Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2020 09:28:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Envois de fonds depuis l'étranger]]></category>
		<category><![CDATA[Flux financiers]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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<p>Les envois de fonds des émigrés vers le pays d’origine est un indicateur a priori secondaire. Pourtant, dans le cas de l’Asie centrale et notamment du Kirghizstan et du Tadjikistan, ces envois représentent un tiers de la richesse nationale. Problème : avec le coronavirus, les montants ont diminué de 20 % à 60 %. De [&#8230;]</p>
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<p><strong>Les envois de fonds des émigrés vers le pays d’origine est un indicateur a priori secondaire. Pourtant, dans le cas de l’Asie centrale et notamment du Kirghizstan et du Tadjikistan, ces envois représentent un tiers de la richesse nationale. Problème : avec le coronavirus, les montants ont diminué de 20 % à 60 %. De quoi créer une véritable crise économique dans ces pays et causer des troubles dans la région entière. Malgré une réponse rapide des États face à cette situation, la crise risque d’être très puissante, annoncent plusieurs économistes et chercheurs à Novastan. Sans moyens de travailler à nouveau avant de longs mois, sans filet de sécurité socio-économique, les migrants de retour au pays pourraient être un déclencheur d’une large crise sociale. Décryptage. </strong>Dans le sillage de <a href="https://novastan.us4.list-manage.com/track/click?u=04ae47d2cd6deee1470fd612e&amp;id=aad4323fa9&amp;e=39e7f86d93" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’épidémie de coronavirus</a>, les envois de fonds des migrants centrasiatiques sont en train de s’effondrer. Les montants ont diminué de 60 % entre avril 2019 et avril 2020 au Kirghizstan, rapporte la Banque centrale kirghize citée <a href="https://novastan.us4.list-manage.com/track/click?u=04ae47d2cd6deee1470fd612e&amp;id=5610684c51&amp;e=39e7f86d93" target="_blank" rel="noreferrer noopener">par l’agence kirghize 24.kg</a>. Côté tadjik, la baisse serait comprise entre 20 % et 50 % sur le premier trimestre de 2020, selon que l’on se fie <a href="https://novastan.us4.list-manage.com/track/click?u=04ae47d2cd6deee1470fd612e&amp;id=137618371e&amp;e=39e7f86d93" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à la Banque centrale russe</a> ou <a href="https://novastan.us4.list-manage.com/track/click?u=04ae47d2cd6deee1470fd612e&amp;id=371813d1dd&amp;e=39e7f86d93" target="_blank" rel="noreferrer noopener">à l’agence Bloomberg.</a> Au niveau global, la Banque mondiale prévoit <a href . . .
</p>

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		<title>Les enfants d&#8217;Asie centrale abandonnés en Russie de plus en plus nombreux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jelena Dzekseneva]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 08:29:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Abandon]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
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		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-enfants-dasie-centrale-abandonnes-en-russie-de-plus-en-plus-nombreux/">Les enfants d&rsquo;Asie centrale abandonnés en Russie de plus en plus nombreux</a></p>
<p>De plus en plus de femmes kirghizes, tadjikes ou ouzbèkes émigrent seules vers la Russie. Elles y donnent souvent naissance à des enfants, et, abandonnées par le père, sans ressources, elles abandonnent à leur tour leur bébé. Le ministère de l’Éducation russe comme les ambassades des différents pays concernés gardent le silence sur les statistiques : [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-enfants-dasie-centrale-abandonnes-en-russie-de-plus-en-plus-nombreux/">Les enfants d&rsquo;Asie centrale abandonnés en Russie de plus en plus nombreux</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>De plus en plus de femmes kirghizes, tadjikes ou ouzbèkes émigrent seules vers la Russie. Elles y donnent souvent naissance à des enfants, et, abandonnées par le père, sans ressources, elles abandonnent à leur tour leur bébé. Le ministère de l’Éducation russe comme les ambassades des différents pays concernés gardent le silence sur les statistiques : le sujet demeure tabou. Dans les faits, la cause profonde de ces drames demeure le manque d’éducation à la sexualité et à la contraception des femmes d&rsquo;Asie centrale.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend ici et traduit du russe un article publié le 25 février 2020 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale </strong><a href="https://fergana.news/articles/115439/"><strong>Fergana news</strong></a><strong>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">C’est un drame silencieux. Chaque année, des dizaines de femmes centrasiatiques émigrées en Russie donnent naissance à des enfants non-désirés, qu’elles abandonnent. Derrière ce sujet entièrement tabou pour la société centrasiatique se trouvent des problèmes d’éducation sexuelle et de réponse des gouvernements d’Asie centrale.</p>
<p>
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<p style="text-align: justify">Chaque histoire reste particulière, mais témoigne de la profonde détresse de ces mères, et de l’inévitable enchaînement des faits qui aboutissent à l&rsquo;abandon de l&rsquo;enfant. Le 12 février dernier, une ressortissante d’Ouzbékistan a laissé un nouveau-né à côté de la station de métro de Moscou « Parc de la Victoire ». Son avocat, Alexander Timochenko, affirme que le père de Maftounakhon K., 29 ans, l’a mise dehors. Après quoi, elle est partie travailler en Russie avec une amie. Elle ne parle pas russe, ne possède aucune formation.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-nombre-de-migrants-en-russie-sest-fortement-reduit/"><strong>Le nombre de migrants en Russie s’est fortement réduit</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">En Russie, elle a rencontré un homme, est tombée enceinte, le père de l’enfant a demandé l’avortement, et par la suite a disparu. L’enfant est né en novembre 2019, et est resté à l’hôpital pendant deux semaines pour des raisons de santé. Sa mère l’a récupéré et a commencé à chercher un emploi – avec un bébé sur les bras.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une mère ouzbèke ayant abandonné son enfant risque 15 ans de prison</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>« J’allais chercher un travail tous les jours avec un enfant dans les bras. J’ai été prise deux fois par semaine. Dans le bâtiment, dans une poissonnerie, dans des magasins. J’ai été payée douze euros par jour. De ce que je gagnais, je payais quarante-cinq euros pour le lit, le reste – la nourriture pour mon fils. Je n’avais pas de lait. Le 11 février je suis allée dans l’hôpital où j’ai accouché en disant le bébé a faim, que je n’ai rien à lui donner, sauvez-le, prenez-le ! On m’a mis dehors. Je suis allée toquer à l’orphelinat, on ne m’a pas ouvert »</em>, affirme la jeune femme dans son témoignage, partagé par son avocat <a href="https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2539726552963791&amp;id=100007794131701">sur sa page Facebook</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Désespérée, Maftounakhon a demandé à une connaissance de l’amener à Moscou. Là-bas elle est descendue vers le métro, où elle a laissé l’enfant à côté des portiques à l’entrée avant de s’enfuir. Après avoir été arrêtée, Maftounakhon risque 15 ans de prison.</p>
<p style="text-align: justify">D’abord jugée selon l’article 125 « Mise en danger de la vie d’autrui », elle a par la suite été accusée selon l’article 105 « Homicide » (alors que l’enfant est vivant et se trouve actuellement à l’hôpital) et l’article 30 « Acte criminel avec préméditation ». Elle a été incarcérée en Centre de détention provisoire jusqu’au 2 avril.</p>
<p style="text-align: justify">Cette histoire rappelle celle racontée dans le film de <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Dvortsevo%C3%AF">Sergeï Dvorsevoï</a> « <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=264220.html">Ayka </a>», mais sa fin est bien plus triste. Maftounakhon est loin d’être un cas isolé. Les enfants abandonnés sont un des problèmes les plus douloureux et récurrents concernant la migration d’Asie centrale en Russie.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Des statistiques parcellaires</strong></p>
<p style="text-align: justify">Quand une femme accouche à l’hôpital, elle doit présenter une pièce d’identité. De cette façon, les médecins découvrent sa nationalité. Si elle signe un document selon lequel elle refuse l’enfant, les médecins contactent alors l’ambassade de son pays d’origine. En revanche, si une femme accouche à la maison et par la suite abandonne son enfant, cela devient très compliqué de savoir à quelle ambassade s’adresser. Dans ces cas, les enfants sont le plus souvent envoyés dans des orphelinats russes.</p>
<p style="text-align: justify">Le ministère de l’Éducation russe, qui s’occupe des autorités de tutelle, ne tient pas de statistiques sur les enfants abandonnés d’Asie centrale. Ferghana News a demandé les données auprès des ambassades des pays concernés à Moscou, mais le sujet demeure tabou. De nombreux experts ont renoncé à parler des enfants abandonnés.</p>
<p><figure id="attachment_30321" aria-describedby="caption-attachment-30321" style="width: 496px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-full wp-image-30321" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/d02dbd9c-a8fb-4999-b8fe-41602b3dc833.jpeg" alt="Enfants bébés Russie Asie centrale abandon migrants" width="496" height="310" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/d02dbd9c-a8fb-4999-b8fe-41602b3dc833.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/d02dbd9c-a8fb-4999-b8fe-41602b3dc833-300x188.jpeg 300w" sizes="(max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption id="caption-attachment-30321" class="wp-caption-text">Un nouveau-né trouvé dans un passage. Reportage sur « Rossiya 1 ».</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">La seule institution diplomatique qui a fourni des informations est l’ambassade du Kirghizstan, qui travaille sur la question du rapatriement d’enfants kirghiz abandonnés en Russie. Selon leurs statistiques, en 2019, 19 enfants ont été rapatriés, contre 13 en 2017. Le ministère du Développement social recherche la famille de ces enfants au Kirghizstan. S’ils ne la retrouvent pas, les enfants sont placés dans des orphelinats.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un long processus pour les enfants récupérés</strong></p>
<p style="text-align: justify">Interrogé par Ferghana News, le service de presse de l’ambassade du Tadjikistan a affirmé qu’ils ne possédaient pas de données concernant les enfants abandonnés, mais qu’ils étaient au courant du nombre d’enfants restés sans parents pour plusieurs raisons, comme le décès des parents, ou des parents déportés. En 2019, 56 mineurs ont été rapatriés. En 2020, on compte 12 mineurs en un mois et demi. Leur avenir est le même que celui des enfants kirghiz : d’abord, l’État cherche leurs familles, puis s’il ne les trouve pas, ils sont dirigés vers l&rsquo;orphelinat. Les organisations qui aident des migrants ont annoncé à Ferghana News qu’ils connaissaient au minimum dix enfants abandonnés par leurs mères tadjikes et rapatriés dans leur pays natal.</p>
<p style="text-align: justify">L’ambassade ouzbèke n’a pas répondu à Ferghana News. Cependant, neuf jours après le cas de Maftounakhon, le service juridique consulaire du ministère de l’Intérieur d’Ouzbékistan a confirmé l’arrestation de la citoyenne ouzbèke Maftounakhon K., <em>« qui a laissé son enfant à côté de l’entrée de métro »</em>. Le ministère ouzbek a annoncé que <em>« la mission diplomatique avait pris le contrôle de la situation et avait établi des liens avec la police. […] L’enfant est hospitalisé et sa vie est hors de danger »</em>.</p>
<p style="text-align: justify">L’histoire de Maftounakhon a provoqué une active discussion dans la communauté des Ouzbeks sur Facebook. Les uns s’indignent, d’autres compatissent, mais tous sont mécontents de l’inaction du gouvernement. En outre, les internautes ont commencé à parler de la nécessité de fournir une éducation sexuelle, car l&rsquo;absence de celle-ci est à l&rsquo;origine de ces drames.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’éducation sexuelle : le tabou </strong></p>
<p style="text-align: justify">Le sujet de l’éducation sexuelle est l’un des sujets les plus sensibles en Asie centrale. Le fait de le mentionner est directement affronté par des références à une « mentalité » spécifique et à l’absence de relations hors mariage. Cependant, au quotidien, cela se traduit par d’importants problèmes : les femmes ne savent pas refuser une relation intime à leur partenaire, et ne savent pas non plus utiliser de moyens de contraception.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-sur-les-rives-du-lac-issyk-koul-la-lutte-pour-les-droits-des-femmes-sorganise/"><strong>Kirghizstan : sur les rives du lac Issyk Koul, la lutte pour les droits des femmes s&rsquo;organise</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Nodira Abdoulloïeva, experte de la migration des travailleurs du Tadjikistan, a confirmé à Ferghana News qu’il existe un tabou au sujet des questions sexuelles, raison pour laquelle il est compliqué pour les jeunes d’en parler avec les personnes plus âgées et d’avoir un accès à l’information ainsi qu’aux services nécessaires.</p>
<p style="text-align: justify"><em>« Selon les données de nos ONG, ce ne sont pas seulement les stéréotypes de genre et les tabous sociaux qui empêchent d’avoir des informations, mais aussi une indépendance limitée des jeunes filles et femmes »</em>, explique Nodira Abdoulloïeva. <em>« La majorité de nos femmes n’ont pas de possibilité ou ne sont pas capables de parler avec leurs partenaires de l’utilisation du préservatif. En préparant les filles à leur vie d’adulte, on ne leur enseigne pas que toute action concernant leur corps est avant tout leur décision à elles »</em>, décrit-elle.</p>
<p style="text-align: justify">Nodira Abdoulloïeva souligne que la situation de Maftounakhon est typique. D’abord elle provoque un choc et un dégoût envers la mère de l’enfant qui a abandonné son bébé, mais si on regarde sur ce problème de plus près, Maftounakhon est une victime, au même titre que son enfant.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« L’éducation sexuelle doit être accessible, systématique, complète »</strong></p>
<p style="text-align: justify">Selon Nodira Abdoulloïeva, le système de préparation des migrants, surtout des femmes, est imparfait, car il ne prend pas en compte les besoins spécifiques des femmes. <em>« Les femmes qui partent gagner de l’argent sans se préparer ont de fortes chances de se retrouver dans la même situation que Maftounakhon. Leurs partenaires peuvent les quitter, leur mentir. Dans un pays étranger, sans emploi ni statut légal, sans argent, sans savoir où s’adresser en cas d’urgence, les femmes peuvent être victimes de violences. Même dans une telle situation, « rentrer chez soi » est un chemin impensable car c’est une honte, la famille ne les acceptera pas. Désorientées, elles ne voient pas d’issue différente que celle prise par Maftounakhon », </em>indique l&rsquo;experte.</p>
<p><figure id="attachment_30320" aria-describedby="caption-attachment-30320" style="width: 1920px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30320" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920.jpg" alt="Enfants bébés Russie Asie centrale abandon migrants" width="1920" height="1280" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920.jpg 1920w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/baby-256857_1920-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /><figcaption id="caption-attachment-30320" class="wp-caption-text">De nombreux nouveaux-nés sont renvoyés dans le pays d&rsquo;origine des parents (illustration).</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">La solution que préconise Nodira Abdoulloïeva pour résoudre ce problème, passe d’abord par la reconnaissance de celui-ci, et l’éducation. <em>« L’éducation sexuelle doit être accessible, systématique, complète, toucher toute la population, qu’elle soit citadine ou rurale. L’éducation sexuelle ne doit pas uniquement se faire dans le cadre scolaire, mais également en dehors de l’école. Il faudra travailler avec les parents, eux aussi doivent se rendre compte de l’importance de ces sujets et apprendre à en parler à leurs enfants »</em>, souligne Nodira Abdoulloïeva.</p>
<p style="text-align: justify">Les organisations internationales sont prêtes à aider les pays de ce territoire, y compris en fournissant des moyens de contraception. La directrice de l’Alliance kirghize de santé reproductrice, Galina Charkina, a souligné à Ferghana News qu’on pouvait qualifier de « <em>floue</em> » la situation actuelle concernant l’éducation de la population. <em>« L’accès à l’information sur la contraception et sur le planning familial a sérieusement empiré. Après 2015, de nombreux programmes des organisations internationales ont fermé, celles qui, entre autres, fournissaient des moyens de contraception sous forme d’aide humanitaire. Le fonds des Nations unies offrait à lui seul l’équivalent d’un million de dollars par an en préservatifs, stérilets, pilules, ou appareils hormonaux »</em>, décrit Galina Charkina.</p>
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<p style="text-align: justify"><em>« Après cela, l’État a essayé de contrôler la situation, mais n’a réussi à couvrir les besoins que de 20 % de femmes les plus démunies. Cette aide ne touche pas les adolescents, avec qui il faut travailler en premier lieu. Selon les statistiques du ministère de la Santé, si en 2016 le nombre de femmes de 18-19 ans qui ont reçu des moyens de contraception était de 37 957, en 2019 elles étaient 19 593, ce qui est deux fois moins », </em>s’inquiète Galina Charkina<em>. « Selon les données du Comité National de Statistiques, les jeunes représentent 25 % de la population du pays, soit près d’un million de personnes. Tant que le Kirghizstan n’établit pas de programme spécial d’accès aux moyens de contraception à destination des jeunes, nous allons continuer à avoir des grossesses indésirables, des avortements, des complications chez les nouveau-nés, des décès de femmes enceintes en âge précoce, et/ou des nouveau-nés abandonnés. Si aujourd’hui on n’enseigne pas comment ne pas avoir de rapport sexuel à risque, ni ne fournissons de planning familial à des jeunes de 17 ans, demain nous aurons des jeunes femmes de 18 ans avec des grossesses indésirables et autant de destins brisés »</em>, estime la directrice.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>« Il faut donner de l’information aux filles qui partent à l’étranger »</strong></p>
<p style="text-align: justify">Galina Charkina souligne que les problèmes surgissent à cause du manque d’éducation sexuelle à l’école, dont les spécialistes et les ONG parlent à longueur de temps. <em>« En 2014, les ministères de l’Éducation et de la Santé ont publié un manuel à destination des professeurs, afin de leur permettre de savoir comment enseigner aux élèves de 5<sup>ème</sup> jusqu’à la terminale à avoir un « mode de vie sain. » Ce manuel traite entre autres des questions de rapport sexuel bienveillant et de planning familial. Mais la majorité des écoles ne l&rsquo;ont pas utilisé, prétextant des protestations de la part des parents et de la communauté religieuse »,</em> explique Galina Charkina<em>. « Tout cela a conduit à ce que, dès qu’on commence à parler de quoi que ce soit où apparait le mot « sexe » &#8211; la santé sexuelle, l’éducation sexuelle, ou la sexualité, cela provoque une résistance féroce de la part de la société, et des levers de boucliers comme quoi nous pervertirions la jeunesse. Le rôle important dans l’éducation sexuelle pourrait être fait par les médias, mais force est de constater que le sujet s’actualise seulement si les cas flagrants deviennent connus du grand public. Dans les grands médias, il n’y a ni publicité éducative, ni programme spécialisé »</em>, décrit la spécialiste.</p>
<p style="text-align: justify"><em>« Il faut donner de l’information aux filles qui partent à l’étranger »</em>, assure Galina Charkina. <em>« Si ici elles peuvent appeler un médecin qu’elles connaissent, en Russie elles auront beaucoup moins d’information et de possibilités. Il est d’autant plus important de les « armer » dans leur pays natal, pour qu’elles arrivent à prendre soin d’elles-mêmes. Mais cela ne concerne pas seulement les filles, les hommes aussi devraient avoir un maximum d’informations pour se protéger des Infections sexuellement transmissibles et du VIH, et aussi protéger leur partenaire des maladies ou d’une grossesse indésirable »</em>, souligne Galina Charkina.</p>
<p style="text-align: justify">Le problème des grossesses non planifiées, l’absence d’accès aux services médicaux, et les enfants abandonnés qui en sont la conséquence, ne vont cesser de s’accroître car la migration féminine ne fait qu’augmenter, et l’éducation sexuelle dans les pays de la région n’est toujours pas encouragée.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Ekaterina Ivashchenko<br />
Journaliste pour Ferghana News </strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://fergana.news/articles/115439/">du russe</a> par Jelena D</strong><strong>zekseneva</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Edité par Christine Wystup</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Corrigé par Aline Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-enfants-dasie-centrale-abandonnes-en-russie-de-plus-en-plus-nombreux/">Les enfants d&rsquo;Asie centrale abandonnés en Russie de plus en plus nombreux</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Asie centrale s’inquiète des conséquences économiques de la chute des cours du pétrole</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-sinquiete-des-consequences-economiques-de-la-chute-des-cours-du-petrole/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Quentin Couvreur]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2020 12:54:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-sinquiete-des-consequences-economiques-de-la-chute-des-cours-du-petrole/">L’Asie centrale s’inquiète des conséquences économiques de la chute des cours du pétrole</a></p>
<p>Dans un contexte économique déjà fragilisé par la pandémie de coronavirus, la fin de l’entente russo-saoudienne visant à maintenir les cours du pétrole a entraîné leur chute, tandis que le rouble russe dévissait à son tour. La situation fait peser une menace sur les économies centrasiatiques, dépendantes des exportations d’hydrocarbures et des transferts d’argent des [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify"><strong>Dans un contexte économique déjà fragilisé par la pandémie de coronavirus, la fin de l’entente russo-saoudienne visant à maintenir les cours du pétrole a entraîné leur chute, tandis que le rouble russe dévissait à son tour. La situation fait peser une menace sur les économies centrasiatiques, dépendantes des exportations d’hydrocarbures et des transferts d’argent des travailleurs migrants. Les gouvernements kazakh et ouzbek ont d’ores et déjà annoncé des mesures.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Avis de tempête sur les économies centrasiatiques. En vigueur depuis 2016, <a href="https://www.reuters.com/article/us-g20-china-saudi-russia-oil-idUSKCN11B0UF">l’accord entre la Russie et l’Arabie saoudite</a>, qui visait à maintenir les prix du pétrole entre 60 et 70 dollars le baril, s’est effondré le 6 mars dernier, après l’échec des négociations à Vienne (Autriche). Selon le média américain <a href="https://eurasianet.org/what-eurasia-can-expect-from-the-oil-crash">Eurasianet</a>, cet échec ouvre la voie à une guerre des prix entre Moscou et Riyad, dont les économies d’Asie centrale pourraient être les victimes collatérales.</p>
<p style="text-align: justify">À l’ouverture des marchés le 9 mars dernier, le cours du pétrole a chuté de plus de 30 %, passant de 45 dollars le baril à 30 dollars. Les prix sont légèrement repartis à la hausse le 10 mars dernier, mais les analystes <a href="https://www.lefigaro.fr/conjoncture/les-prix-du-petrole-repartent-a-la-hausse-apres-avoir-perdu-jusqu-a-30-lundi-20200310">préviennent</a> qu’il s’agit avant tout d’un <em>« contre-mouvement »</em>. La baisse des prix, la plus forte enregistrée depuis la guerre du Golfe en 1991, a <a href="https://www.themoscowtimes.com/2020/03/09/russian-ruble-plummets-amid-oil-market-chaos-a69562">entraîné</a> l’effondrement (-10 %) du rouble russe le 9 mars, avant un léger rebond le 10 mars. Le gouvernement et la banque centrale russes se sont néanmoins voulus rassurants et ont <a href="https://www.france24.com/en/20200309-russia-steps-in-to-support-tumbling-ruble">annoncé</a> des mesures de stabilisation.</p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-ou-en-est-la-situation-en-asie-centrale/">La pandémie de . . .</p>

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		<title>Les Kirghiz sont-ils contraints d’abandonner le « rêve américain » ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[achtorkh]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Feb 2020 05:06:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-kirghiz-sont-ils-contraints-dabandonner-le-reve-americain/">Les Kirghiz sont-ils contraints d’abandonner le « rêve américain » ?</a></p>
<p>Ce vendredi 21 février, la restriction pour la délivrance de visas d'immigration vers les États-Unis pour les citoyens kirghiz entre en vigueur. De l’étonnement à la colère, les personnes concernées font part de leur opinion sur le « U.S. ban ». Le 31 janvier dernier, la République kirghize a été incluse dans la liste des pays pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-kirghiz-sont-ils-contraints-dabandonner-le-reve-americain/">Les Kirghiz sont-ils contraints d’abandonner le « rêve américain » ?</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ce vendredi 21 février, la restriction pour la délivrance de visas d'immigration vers les États-Unis pour les citoyens kirghiz entre en vigueur. De l’étonnement à la colère, les personnes concernées font part de leur opinion sur le « U.S. ban ».</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 31 janvier dernier, la République kirghize a été incluse dans la liste des pays pour lesquels la délivrance de visas d'immigration aux États-Unis, ainsi que de la « Green Card », est limitée, a <a href="https://kg.usembassy.gov/ru/kyrgyz-republic-designated-for-u-s-immigrant-and-diversity-visa-restrictions-ru/">communiqué</a> l’ambassade des États-Unis à Bichkek. Outre le Kirghizstan, cette liste comprend le Nigéria, le Soudan, la Tanzanie, l'Érythrée et le Myanmar. La raison officielle de la restriction est la <em>« préservation de la sécurité et du bien-être des États-Unis »</em>, a annoncé la représentation officielle des États-Unis au Kirghizstan.</p>
<p style="text-align: justify">Les autorités américaines continuent de délivrer des visas pour les non-immigrants de tous autres types, tels que touristique, le visa d’affaires, ainsi que les visas d'étudiants, notamment pour les programmes d'échanges. Cependant, la croissance du nombre de refus des visas pour citoyens kirghiz non-immigrants a été constante sur ces dix dernières années, et la part des refus est passée de 56,6 % en <a href="https://travel.state.gov/content/dam/visas/Statistics/Non-Immigrant-Statistics/RefusalRates/FY%2017.pdf">2017</a> à 67,8 % en <a href="https://travel.state.gov/content/dam/visas/Statistics/Non-Immigrant-Statistics/RefusalRates/FY19.pdf">2019</a>, d’après les <a href="https://travel.state.gov/content/travel/en/legal/visa-law0/visa-statistics/nonimmigrant-visa-statistics.html">statistiques</a> du Bureau des affaires consulaires du Département d'État américain.</p>
<p><strong>Les raisons de l’inclusion du Kirghizstan sur la liste grise</strong></p>
<p style="text-align: justify">En . . .</p>

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		<title>Qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/qu-est-ce-qu-etre-un-coreen-au-kazakhstan-aujourd-hui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[akosova]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2019 06:10:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Corée du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Coréen]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qu-est-ce-qu-etre-un-coreen-au-kazakhstan-aujourd-hui/">Qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</a></p>
<p>Les Coréens sont arrivés en Asie centrale à la suite de différentes vagues de migrations. Une étude récente, réalisée à partir d&#8217;entretiens conduits avec des Kazakhs issus de la diaspora coréenne, explore les rapports complexes qu&#8217;entretiennent ces populations avec leur langue natale et leur pays d&#8217;origine. Elle tente d&#8217;appréhender comment « se sentent » les Coréens [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qu-est-ce-qu-etre-un-coreen-au-kazakhstan-aujourd-hui/">Qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qu-est-ce-qu-etre-un-coreen-au-kazakhstan-aujourd-hui/">Qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Coréens sont arrivés en Asie centrale à la suite de différentes vagues de migrations. Une étude récente, réalisée à partir d&rsquo;entretiens conduits avec des Kazakhs issus de la diaspora coréenne, explore les rapports complexes qu&rsquo;entretiennent ces populations avec leur langue natale et leur pays d&rsquo;origine. Elle tente d&rsquo;appréhender comment « se sentent » les Coréens du Kazakhstan.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 2 août 2019 par le média russe spécialisé sur l&rsquo;Asie centrale <a href="https://fergana.agency/articles/109435/">Fergana News</a>.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien que les Coréens soient arrivés dans les républiques d’Asie centrale dans les années 1930 seulement, avec la vague des déportations staliniennes, ils sont devenus une partie incontournable de la diversité ethnoculturelle de la région, principalement au Kazakhstan, au Kirghizstan et en Ouzbékistan. Il est difficile d’imaginer l’Asie centrale sans l’agriculture et la cuisine coréennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment les Coréens de l’ex-URSS appréhendent-ils leur ethnicité ? Quels sont leurs rapports avec leur langue natale (en majeure partie perdue) et leur terre originelle, d’où ils ont été tragiquement expulsés ? Quel rôle jouent dans leur vie les deux projets gouvernementaux concurrents de la péninsule coréenne, la Corée du Nord et la Corée du Sud ? C’est à ces questions que tente de répondre le nouvel article de la linguiste et sociologue américaine <a href="https://www.elisesahn.com/">Elise S. Ahn</a> (Université de Wisconsin dans le Minnesota), qui s’intitule <em>Tracing the Language Roots and Migration Routes of Koreans from the Far East to Central Asia</em>, publié dans le journal scientifique<em> Journal of Language, Identity and Education</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2015, Elise S. Ahn et ses collègues ont conduit des entretiens auprès de 26 citoyens du Kazakhstan issus de la diaspora coréenne. Ils ont rencontré des personnes de différents âges, entre 18 et 67 ans, et de différentes professions : étudiants, commerciaux, ingénieurs, comptables, juristes, managers. Les interviewés venaient aussi bien d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty">Almaty</a>, la capitale économique, que du sud du Kazakhstan.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-president-sud-coreen-tente-de-charmer-lasie-centrale/">Le président sud-coréen tente de charmer l’Asie centrale</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les interviews ont été menées en russe et en anglais. Les scientifiques ont tenté de pénétrer les histoires familiales des Coréens, d&rsquo;en savoir plus sur les chemins difficiles par lesquels ils sont arrivés dans la région, de connaître leur représentation de leur terre natale, de leur maison, de la langue coréenne. La question la plus importante étant de savoir : qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les voies périlleuses de l’Empire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Commençons par l’Histoire. La première migration connue des Coréens vers l’Empire russe s’est produite dans les années 1860 lorsque 30 familles venant d’une Corée surpeuplée sont venues s’installer dans le territoire administratif de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kra%C3%AF_du_Primori%C3%A9">Primorsky</a>, dans l&rsquo;extrême-est russe. En 1884, une autorisation officielle leur a permis de demander la nationalité russe. Selon les données du premier recensement soviétique, 87 000 Coréens vivaient dans le pays, dont la grande majorité en Extrême-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1937, ils ont été les premiers (avant les Allemands, les Tatars de Crimée, les Grecs, les Tchétchènes et autres) à subir la déportation suite au décret national. La même année, avec la mise en place du Conseil des Commissaires du peuple de l’URSS, ils ont été déplacés dans les Républiques du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan pour cause de <em>« suppression de pénétration des services secrets japonais dans la région de l’Extrême-Orient »</em>. Les Coréens, qui vivaient regroupés dans de nombreuses banlieues, étaient suspectés d’être à l’origine d’une possible insécurité, alors que la Corée était une colonie japonaise. Au total, 180 000 citoyens ont été déportés et environs 100 000 ont été établis sur le territoire de la République soviétique du Kazakhstan.</p>
<p>
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<p style="text-align: justify;">La déportation en Asie centrale a sérieusement contrarié la pratique de la langue natale des Coréens. Avant 1937, sur le territoire de Primorsky, il existait des dizaines d’écoles proposant l&rsquo;étude du coréen, des journaux et magazines en coréen étaient publiés et un institut pédagogique était en activité, entre autres. Même après la déportation, de nombreuses écoles ont continué à fonctionner. Mais dès les années de guerre, elles se sont tournées vers l’apprentissage de la langue russe. Un refus de la langue natale a débuté : le recensement de 1979 a montré que, parmi les Coréens soviétiques, 47,7 % parlaient en russe. Dans les années post-soviétiques, la perte de la langue s&rsquo;est poursuivie.</p>
<p><strong>Déplacements vers Sakhaline puis l&rsquo;Asie centrale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les déportations ne se sont pas arrêtées avec le Primorsky. Suite à la défaite de l’Empire russe lors de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_russo-japonaise">la Guerre russo-japonaise</a> (1904-1905), le Japon a reçu la moitié sud de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sakhaline">l’île de Sakhaline</a>, devenue la préfecture Karafuto. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Japonais y ont déplacé, dans le cadre d’exécution de travaux forcés, 60 000 Coréens. La grande majorité d’entre eux sont restés sur l’île après son intégration à l’URSS. Pendant longtemps, on ne leur a pas donné la citoyenneté soviétique, mais on ne les laissait pas partir non plus, les utilisant comme une force de travail précieuse : des pêcheurs, des mineurs ou des bûcherons. Ils ont obtenu des passeports en 1953 seulement, suite à quoi ils ont été nombreux à s&rsquo;installer en Asie centrale.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, la diaspora coréenne du Kazakhstan soviétique puis autonome a également accueilli des ressortissants de la Corée du Nord, se retrouvant à l’étranger après la fin d’une mobilité ou des études. Après 1991, se sont ajoutés les commerciaux et les spécialistes techniques de la Corée du Sud. Les quatre vagues de la migration coréenne au Kazakhstan (une part peu importante des 6 millions que constitue la diaspora coréenne) sont représentées sur la carte ci-dessous.</p>
<p><figure id="attachment_26846" aria-describedby="caption-attachment-26846" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-26846 size-full" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/Tracés.jpg" alt="Kazakhstan Coréens déportation carte" width="750" height="487" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/Tracés.jpg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/Tracés-300x195.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-26846" class="wp-caption-text"><em>Tracés des déplacements des Coréens russes et soviétiques au XXe siècle</em></figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La mémoire de la déportation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme de nombreuses autres diasporas, celles des Juifs ou des Arméniens par exemple, les Coréens sont profondément liés à cet événement tragique qui démarre l’histoire de leur vie en Asie centrale : la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9portation_des_peuples_en_URSS">déportation stalinienne</a>. Bien que les interviewés d&rsquo;Elise S. Ahn soient des Kazakhs de la troisième ou la quatrième génération, ils se rappellent bien le passé de leur famille et parlent beaucoup de la déportation de l’année 1937. Ils l&rsquo;associent à la peur face aux espions japonais ou aux plans de Joseph Staline sur la réorganisation sociale du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la carte ci-dessous, les lignes illustrent la grande diversité des routes empruntées par les ancêtres des interviewés qui les ont menés au Kazakhstan. Le déplacement sous Staline est le plus fréquemment évoqué. La complexité de la route, le vagabondage à travers l’URSS et les cas de fuite des trains de déportations en Sibérie ont été passés sous silence.</p>
<p><figure id="attachment_26852" aria-describedby="caption-attachment-26852" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-26852 size-full" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/routes-de-migration.jpg" alt="Kazakhstan Coréens migrations" width="750" height="484" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/routes-de-migration.jpg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/11/routes-de-migration-300x194.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-26852" class="wp-caption-text"><em>Les routes de migration diverses les plus fréquemment citées</em></figcaption></figure></p>
<p><strong>L&rsquo;oubli de la langue natale</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La recherche a confirmé la perte de la pratique de la langue coréenne parmi ceux qui sont nés à partir des années 1980. Les interviewés se souviennent seulement que leurs parents et grands-parents parlaient en cette langue, en soulignant que cette langue différait de celle pratiquée actuellement en Corée du Sud. Beaucoup se souviennent du coréen comme d’une <em>« langue cachée ».</em> <em>« Dans le cercle familial nous parlions le russe, mais lorsque papa et maman voulaient cacher quelque chose, à nous ou aux étrangers, ils passaient au coréen. Par exemple lorsque la discussion portait sur l’argent », </em>décrit Inna, 32 ans, ingénieur. La langue natale a donc été oubliée, cependant sa fonction, permettant de tracer la limite entre la famille et les étrangers et de garder les secrets, a été retenue.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre élément, non moins important dans la représentation de soi, est le sentiment d’incommodité lié à l’ignorance de la langue natale. C’est précisément ce type de sentiment qui motive à étudier cette langue. <em>« Parfois j’ai l’impression que je dois l’apprendre, juste pour pouvoir dire que je suis une Coréenne et que je parle le coréen »</em>, explique Elina, 24 ans, professeure d’anglais. <em>« Tout le monde dit aux Coréens qu’ils doivent parler le coréen. C’est nos racines. Il serait donc intéressant de l’apprendre », </em>décrit de son côté Dima, 30 ans, ingénieur financier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, bien que la langue natale de tous les interlocuteurs de la chercheuse soit le russe, ils ont également grandi entourés d’autres peuples, ont reçu une bonne éducation. Ils croient cependant en la nature profonde du lien entre un peuple et une langue. Au sentiment du devoir (<em>« Il faut apprendre »</em>) il n’est pas rare que s’ajoute celui du regret et de la honte. <em>« La langue coréenne, c’est la langue de mon pays. Mais je ne peux pas la qualifier de natale puisque je ne la parle pas… Si, étant jeune, j&rsquo;avais compris que je me privais de ma langue, j’aurais demandé à ma grand-mère de parler en coréen avec moi, et à mes parents aussi », </em>affirme Ludmila, 63 ans, comptable. Ce n’est pas facile de vivre coupé de ses racines. <em>« Il est important de savoir d’où tu viens. J’ai des amis arméniens qui parlent leur langue natale alors qu’ils sont déjà de la troisième génération… Si je connaissais ma langue natale, ce serait mieux », </em>ajoute Dima.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, à part ce type de sentiments aux aspects ethniques, de nombreux Coréens considèrent leur langue comme une ressource précieuse, utile dans la vie. Lena, une manager de 35 ans, a pris la décision d’apprendre non pas le <em>kore mar, </em>le dialecte que parlaient les Coréens de l’ex-URSS, mais le dialecte sud-coréen contemporain. <em>« Je ne vois pas l’intérêt d’apprendre le vieux coréen. Il peut servir seulement pour des études d’histoire », </em>décrit-elle. Une approche pragmatique et le rattachement de l’apprentissage de la langue aux possibilités politiques futures est un cas commun. <em>« Mes enfants n’apprennent pas le coréen. Je n’ai pas l’intention de les contraindre à le faire… »,</em> explique de son côté Marina, 40 ans, manager d&rsquo;un restaurant.<em> « Actuellement il n’y a pas de nécessité à apprendre cette langue. Mais à l&rsquo;avenir… Je vois beaucoup de potentiel pour le coréen. C’est un point de vue plus rationnel »</em>, ajoute-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Où est la patrie ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout comme le rapport à la langue, l’identité ethnique des Coréens du Kazakhstan est mouvante, fluide et complexe. Inna, par exemple, ne peut pas se considérer tout à fait comme une Coréenne : elle est Coréenne de nationalité, parle russe, vit au Kazakhstan et se considère comme Kazakhe. Ekaterina, 25 ans, se sent plus Russe : <em>« J’ai un nom russe, je préfère la cuisine russe et je parle russe &#8211; c’est seulement mon physique qui est coréen »</em>. Pour Léna, tout est encore plus complexe : l’Extrême-Orient est pour elle une zone de transition, la Corée du Nord sa patrie historique, et elle se considère à la fois comme une citoyenne du monde et une soviétique portant également l’identité de la ville d’Almaty.</p>
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<p style="text-align: justify;">Par <em>« véritable maison »</em>, la majorité des interviewés citent la Corée du Sud. Pour autant, ils ne sont pas pressés d’y déménager. <em>« Avant, je voulais partir là-bas pour étudier. Mais ensuite j’ai discuté avec les gens qui ont vécu en Corée et ils ont eu une impression négative. Les étrangers là-bas sont ignorés. On ne leur parle pas. Même si ces derniers parlent le coréen », </em>explique Dima. En effet, les Sud-Coréens considèrent leurs « parents » de l’ex-URSS comme des semi-Coréens. Les raisons à cela : le prestige de la Corée du Sud, son économie puissante et son statut géopolitique invitent à considérer précisément ce pays comme le gardien originel de la langue et de la culture coréennes. En opposition à la Corée du Nord « exclue », même si c’est justement de l’ancien territoire de la Corée du Nord que les ancêtres des Coréens soviétiques sont venus au Primorié, le nom moderne du Primorsky.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en résulte que les Coréens du Kazakhstan n’ont pas de définition de la patrie qui mette tout le monde d’accord. Ils sont attirés par la Corée du Sud et la respectent mais les Sud-Coréens les considèrent comme des semi-étrangers, différents.</p>
<p style="text-align: justify;">Et en ce qui concerne le Kazakhstan, où ils sont nés et ont grandi ? Les Coréens n’y sont pas considérés comme des citoyens de seconde zone. En 2016, lorsque la fête nationale du « Remerciement » a été instaurée, le président du pays, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a>, a rappelé que les Kazakhs ont accueilli les populations délaissées dans la steppe par le régime stalinien comme des amis précieux. Mais dans un tel contexte, on fait poliment comprendre aux Coréens que sur la terre du Kazakhstan, ils sont des invités. Il ne reste plus, pour les Coréens d&rsquo;Asie centrale, qu’à s’accrocher les uns aux autres, aux réseaux personnels à l’intérieur de la diaspora, conclut Elise S. Ahn.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit du russe par Anna Kosova</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Édité par Aline Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>1,9 million de Turkmènes auraient quitté leur pays en dix ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2019 07:52:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/19-million-de-turkmenes-auraient-quitte-leur-pays-en-dix-ans/">1,9 million de Turkmènes auraient quitté leur pays en dix ans</a></p>
<p>Le Turkménistan aurait vu 1,9 million de ses citoyens émigrer en dix ans, soit près du tiers de sa population. C'est un exode de long terme. Selon des sources au sein du Comité d'État des statistiques citées par Radio Azatlyk, 1 879 413 citoyens turkmènes auraient décidé de quitter leur pays de façon permanente entre 2008 et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/19-million-de-turkmenes-auraient-quitte-leur-pays-en-dix-ans/">1,9 million de Turkmènes auraient quitté leur pays en dix ans</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Turkménistan aurait vu 1,9 million de ses citoyens émigrer en dix ans, soit près du tiers de sa population.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C'est un exode de long terme. Selon des sources au sein du Comité d'État des statistiques citées <a href="https://rus.azathabar.com/a/29969698.html">par Radio Azatlyk</a>, 1 879 413 citoyens turkmènes auraient décidé de quitter leur pays de façon permanente entre 2008 et 2018. Une information rare, puisque les données statistiques et résultats des recensements sont rarement, si ce n’est jamais, divulgués par les autorités turkmènes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette étude intervient en amont du prochain recensement prévu en 2022, dix ans après le dernier dont les résultats n’avaient pas été publiés. <a href="https . . .
</p>

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		<title>Le nombre de migrants en Russie s’est fortement réduit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[leaa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jan 2018 16:03:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-nombre-de-migrants-en-russie-sest-fortement-reduit/">Le nombre de migrants en Russie s’est fortement réduit</a></p>
<p>Au premier semestre 2017, le nombre officiel de migrants en Russie a atteint son plus bas niveau depuis 2011 : le nombre d’arrivants s’est réduit et celui des partants, au contraire, a augmenté, d’après une étude de l’Académie russe de l'économie nationale. Novastan reprend ici et traduit un article publié sur News.tj, reprenant lui-même un article [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-nombre-de-migrants-en-russie-sest-fortement-reduit/">Le nombre de migrants en Russie s’est fortement réduit</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Au premier semestre 2017, le nombre officiel de migrants en Russie a atteint son plus bas niveau depuis 2011 : le nombre d’arrivants s’est réduit et celui des partants, au contraire, a augmenté, d’après une étude de l’Académie russe de l'économie nationale.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend ici et traduit un article publié sur </strong><a href="https://news.tj/ru/news/tajikistan/society/20170915/pritok-migrantov-v-rossiyu-sokratilsya-do-minimuma"><strong>News.tj</strong></a><strong>, reprenant lui-même un article du quotidien économique russe <a href="https://www.vedomosti.ru/newspaper/articles/2017/09/15/733874-pritok-migrantov">Vedomosti</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">C'est une information très importante pour l'Asie centrale, extrêmement dépendante de l . . .</p>

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		<title>Le coton ouzbek : de la guerre de Sécession américaine aux problèmes actuels</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-coton-ouzbek-de-la-guerre-de-secession-americaine-aux-problemes-actuels/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[caanetwork]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Sep 2017 09:36:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Emigration]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-coton-ouzbek-de-la-guerre-de-secession-americaine-aux-problemes-actuels/">Le coton ouzbek : de la guerre de Sécession américaine aux problèmes actuels</a></p>
<p>Ultra dépendant de la culture du coton depuis l’Union soviétique, l’Ouzbékistan peine à sortir de cette monoculture, synonyme d’émigration massive et de fragilité économique. Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le Central Asian Analytical Network. Lorsque des tirs d’artillerie ont résonné à Fort Sumter le 12 avril 1861, ils marquèrent non [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-coton-ouzbek-de-la-guerre-de-secession-americaine-aux-problemes-actuels/">Le coton ouzbek : de la guerre de Sécession américaine aux problèmes actuels</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Ultra dépendant de la culture du coton depuis l’Union soviétique, l’Ouzbékistan peine à sortir de cette monoculture, synonyme d’émigration massive et de fragilité économique.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le <a href="http://caa-network.org/archives/7649#_ftn1">Central Asian Analytical Network</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Lorsque des tirs d’artillerie ont résonné à Fort Sumter <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Fort_Sumter">le 12 avril 1861</a>, ils marquèrent non seulement le début de la guerre de Sécession aux États-Unis, mais annonçaient aussi le bouleversement de l’industrie mondiale du coton. Le coton américain, dont 80&nbsp;% était exporté en Angleterre,&nbsp; fut immobilisé, les prix s’envolèrent et, aux quatre coins du monde, de l’Australie jusqu’en Inde et en Égypte, les producteurs se ruèrent sur les champs de coton, délaissant le blé et les autres cultures.</p>
<p style="text-align: justify">Le coton a été l’une des raisons pour l’Empire russe de poursuivre son expansion en Asie centrale. En plus des raisons géopolitiques, le pouvoir russe était mu par un appétit économique lié à la recherche de ressources en coton qui lui soient propres afin de satisfaire les besoins de l’industrie textile russe, dont la demande en coton était extrêmement forte après les années 1860.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’Asie centrale, définie comme centre de la culture cotonnière pour la Russie</strong></p>
<p style="text-align: justify">À la fin du XIX<sup>ème</sup> siècle, la montée des prix du coton américain et son acheminement difficile poussèrent le pouvoir russe à se lancer lui-même dans la culture du coton au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan">Turkestan</a>. La Russie était résolue à faire de cette région le centre de la culture cotonnière de son empire&nbsp;:</p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Le nord et le nord-est (le Kazakhstan et le Kirghizstan), dont les conditions climatiques ne permettaient pas de cultiver du coton et où la population était nomade, furent définis comme des terres de réserve pour les paysans-colons venus de l’est de la Russie et de l’Ukraine. Les régions du sud, où la population était sédentaire et concentrée dans différents oasis au climat favorable à la culture du coton, furent, elles, définies comme le centre de culture cotonnière pour répondre aux besoins de l’industrie textile russe »</em> décrit l’historien <a href="http://historick.ru/view_post.php?id=190&amp;cat=15">Viacheslav Baklanov</a>.</p>
<p style="text-align: justify">Néanmoins, l’Asie centrale ne pouvait pas satisfaire toutes les exigences de l’industrie russe étant donné que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> n’avaient pas encore été entièrement absorbées par l’Empire russe. Ces <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat">khanats</a>, même s’ils faisaient partie de la Russie, détenaient un pouvoir presque illimité sur les affaires internes. La Russie était toujours contrainte d’acheter du coton aux États-Unis. Ainsi, 60&nbsp;% du coton était importé. C’est en 1910 que la question de faire des khanats de Boukhara et de Khiva de véritables colonies de la Russie commença à se poser.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>La Première guerre mondiale, frein aux volontés russes</strong></p>
<p style="text-align: justify">C’est ce à quoi la presse russe de l’époque invita le pouvoir impérial. Cette dernière comparait Boukhara à la Tunisie française dans une série d’articles, dont un en particulier qui soutenait&nbsp;qu’ <em>«&nbsp;un État européen comme la Russie doit prendre exemple sur la France en Tunisie et gouverner la vie de ce pays asiatique barbare&nbsp;», </em>ainsi que tirer avantage du potentiel de l’émirat en faveur des intérêts russes afin d’y élargir les champs de coton, ce qui<em> «&nbsp;aidera le marché russe du coton à se libérer de sa dépendance vis-à-vis des États-Unis&nbsp;», </em>décrit Viacheslav Baklanov <a href="http://historick.ru/view_post.php?id=190&amp;cat=15">dans son étude du Turkestan</a><em>.</em></p>
<p style="text-align: justify">L’entrée de l’Empire russe dans la Première Guerre mondiale repoussa l’annexion de l’émirat de Boukhara et du khanat de Khiva. Ce faisant, le Turkestan n’a pas pu garantir l’indépendance cotonnière de l’État russe avant la révolution. C’est seulement à partir des années 1930, après la victoire sur les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">«&nbsp;Basmatchi&nbsp;»</a> (c’est-à-dire l’annexion définitive de l’Asie centrale), que la Russie, désormais sous le nom d’URSS, acquit une véritable indépendance dans le domaine du coton.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’indépendance économique, nouveau graal soviétique</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les nouvelles autorités russes, les bolchéviques, et en particulier <em>«&nbsp;V. I. Lénine, accordant une importance considérable au développement de l’industrie cotonnière, rapprochaient la valeur économique de cette dernière à celle du charbon de Donetsk et du pétrole de Bakou et considéraient la réalisation de l’indépendance cotonnière du pays (l’URSS) comme l’une des conditions essentielles du succès de la construction socialiste.&nbsp;»</em> explique Azada Shavkatovna Khakimova <a href="http://www.dissercat.com/content/rol-sovetov-uzbekistana-v-borbe-za-obespechenie-khlopkovoi-nezavisimosti-sssr-i-za-dalneishe">dans son ouvrage</a> sur les rôles des conseils d’Ouzbékistan pour atteindre cette sacro-sainte indépendance.</p>
<p><figure id="attachment_12278" aria-describedby="caption-attachment-12278" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12278" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/16671686389_c983aea85c_o.jpg" alt="Fontaine Coton Ouzbékistan" width="1024" height="768" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/16671686389_c983aea85c_o.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/16671686389_c983aea85c_o-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/16671686389_c983aea85c_o-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/16671686389_c983aea85c_o-800x600.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-12278" class="wp-caption-text">Une fontaine en forme de coton à Tachkent, la capitale de l&rsquo;Ouzbékistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Atteindre l’indépendance technique et économique complète du pays devint l’un des éléments principaux du plan de Lénine pour édifier le socialisme en URSS… Le parti communiste et l’État soviétique, estimant largement le rôle et l’importance de l’industrie du coton dans l’accroissement du potentiel économique du pays, ont élaboré sur une période allant de 1928 à 1932 un programme complexe de redressement de cette branche de l’économie nationale de l’URSS. Dans la réalisation de ce programme, l’Ouzbékistan occupait une place toute particulière en tant que principal centre cotonnier de l’URSS&nbsp;», </em>décrit l’historienne, dans un ouvrage de 1984.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’Ouzbékistan&nbsp;: principal centre cotonnier de l’Union soviétique</strong></p>
<p style="text-align: justify">Créée en 1942, la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan (RSSO ou Ouzbékistan) fut transformée en principal centre cotonnier de l’Union soviétique et devait garantir l’indépendance cotonnière du pays.</p>
<p style="text-align: justify">À partir de 1938, de grands chantiers nationaux sont lancés en Ouzbékistan destinés à la construction de canaux d’irrigation pour les plantations de coton, chantiers auxquels participèrent aussi bien les ruraux que les citadins. Tous ces canaux furent bâtis selon la méthode des chantiers nationaux&nbsp;: le grand canal de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a>, les canaux nord et sud de Ferghana, les canaux nord et sud de Tachkent, le canal du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeravchan">Zeravchan</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_du_Karakoum">le canal du Karakoum</a>, le réservoir de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kattakurgan,_Uzbekistan">Kattakourgan</a> et bien d’autres. Les canaux d’assèchement furent construits et rénovés et l’état des terrains marécageux amélioré.</p>
<p style="text-align: justify">En définitive, durant la période soviétique, les travaux de drainage furent réalisés en grande envergure. Grâce à cet immense réseau de canaux, les terres arides et désertiques de l’Ouzbékistan furent transformées en terres agricoles. D’énormes régions cotonnières firent alors leur apparition.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’industrie cotonnière, moteur de l’industrialisation</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le développement de l’industrie cotonnière entraîna l’apparition de l’industrie mécanique et la construction des infrastructures de la République ouzbèke. C’est durant l’époque soviétique qu’y furent développées des entreprises industrielles produisant du matériel agricole et des machines de traitement primaire du coton, des machines à cueillir le coton, des égreneuses, des semeuses, des machines à filer, ainsi que des usines fabriquant des engrais chimiques. Pour l’Ouzbékistan, c’était le début d’une ère d’expansion industrielle, le rendement des cotonniers était au plus fort.</p>
<p style="text-align: justify">Ainsi, l’Ouzbékistan se transforma en «&nbsp;puissance cotonnière&nbsp;» et devint un important centre cotonnier de l’URSS.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>La mer d’Aral, victime du développement de l’industrie du coton</strong></p>
<p style="text-align: justify">En raison de l’attention accrue accordée à la culture du coton durant la période soviétique, les effets secondaires néfastes de cette politique ont commencé à accabler l’Ouzbékistan.</p>
<p style="text-align: justify">Ces conséquences indésirables ont touché les domaines écologique et socio-économique. Les célèbres «&nbsp;victimes&nbsp;» écologiques de l’industrie du coton sont notamment <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-vies-multiples-de-la-mer-daral/">la mer d’Aral</a>, les sols dégradés et contaminés par les pesticides, les personnes tombées malades à cause des herbicides et des produits chimiques utilisés et de l’infiltration dans l’air des dépôts saumâtres accumulés dans les fonds de la mer asséchée. Ce sont précisément l’irrigation inefficace et l’utilisation excessive des ressources en eau qui ont conduit à l’assèchement de la mer d’Aral, autrefois le quatrième lac le plus grand du monde, devenu l’une des catastrophes écologiques de notre époque.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-vies-multiples-de-la-mer-daral/">Les vies multiples de la mer d’Aral</a></strong></p>
<p><figure id="attachment_12277" aria-describedby="caption-attachment-12277" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12277" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6226842732_13cf90d09a_b.jpg" alt="Moynaq Aral mer désert bateau Ouzbékistan" width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6226842732_13cf90d09a_b.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6226842732_13cf90d09a_b-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6226842732_13cf90d09a_b-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6226842732_13cf90d09a_b-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-12277" class="wp-caption-text">La mer d&rsquo;Aral a perdu des quantités astronomiques d&rsquo;eau pour développer l&rsquo;industrie du coton en Ouzbékistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Les conséquences économiques et sociales de cette politique soviétique s’avèrent être encore plus graves. Elles ont également défini le destin de l’Ouzbékistan. De fait, après avoir obtenu son indépendance, l’Ouzbékistan s’est confronté à d’énormes problèmes socio-économiques. Nombre d’entre eux sont un héritage de l’époque soviétique.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une économie sans transformation</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’économie ouzbèke était une économie mono-industrielle, exclusivement fondée sur la culture du coton. Selon les données statistiques des années 1980, cette industrie représentait plus de 65&nbsp;%&nbsp;de la production ouzbèke globale. Cependant, moins de 10&nbsp;% du coton produit était transformé en Ouzbékistan. La majeure partie du coton était envoyée en Russie, où était concentrée l’industrie légère. Dans la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, il n’y avait pratiquement pas d’industrie légère ou lourde, à l’exception des machines agricoles pour la récolte du coton et de quelques grands complexes industriels, comme l’Association de production de l’aviation de Tachkent, qu’il a fallu déplacer d’Ukraine et de Russie occidentale dans les années 1941 et 1942.</p>
<p style="text-align: justify">Si la Seconde Guerre mondiale n’avait pas éclaté, les autorités moscovites n’auraient jamais pensé à installer une usine aéronautique dans une zone aussi reculée que l’Ouzbékistan. L’Union soviétique considérait le pays comme un simple fournisseur de coton, qui produisait cette ressource et tout ce qui était nécessaire à sa transformation primaire et à sa récolte&nbsp;: des engrais et des tracteurs.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un niveau de vie moyen très bas</strong></p>
<p style="text-align: justify">Mais le coton n’était pas la seule ressource exportée depuis l’Ouzbékistan. <em>«&nbsp;Près de 50&nbsp;% de l’extraction annuelle d’or dans l’Union soviétique provenait de l’Ouzbékistan. Néanmoins, le budget de la République ouzbèke prélevait seulement 1&nbsp;% de la valeur de cette production&nbsp;», </em><a href="http://historick.ru/view_post.php?id=190&amp;cat=15">écrit Viacheslav Baklanov</a>.<em> &nbsp;«&nbsp;Ce mécanisme spoliateur revêtait un caractère colonial et ne reflétait pas l’équité, l’amitié et la fraternité dont se réclamait l’Union soviétique, pas plus que la coopération socialiste. L’or, les métaux rares non-ferreux, l’uranium et d’autres ressources stratégiques étaient évacués de la république en pleine nuit, dans le plus grand secret, presque volés&nbsp;», </em>continue-t-il.</p>
<p style="text-align: justify">«&nbsp;<em>Il ne semblait pas utile d’en informer l’organisation locale du Parti et les autorités ouzbèkes. À cause de cette politique nationale «&nbsp;léniniste&nbsp;», la République ouzbèke, richissime en ressources naturelles, était l’une des plus pauvres républiques de l’Union soviétique. En Ouzbékistan, le niveau de vie était le plus bas de toute l’URSS. Le revenu par habitant y était deux fois plus bas que la moyenne de l’État soviétique&nbsp;: en URSS, il était de 2118 roubles, tandis qu’il était de 1093 roubles en Ouzbékistan. Seul celui du Tadjikistan était plus bas (948 roubles)&nbsp;», </em>explique l’historien.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Dépendance céréalière</strong></p>
<p style="text-align: justify">La situation de l’agriculture ouzbèke s’aggrava d’autant plus qu’il a fallu lui accorder de la place, au détriment d’autres cultures traditionnelles. L’Ouzbékistan était ainsi entièrement dépendante de la Russie et des autres régions céréalières pour se fournir en grains et en pain.</p>
<p style="text-align: justify">Selon Kahramon Iakoubov, ancien vice-ministre ouzbek de l’Agriculture durant la période soviétique, <em>«&nbsp;à cause de ce déséquilibre, l’Ouzbékistan devait importer depuis d’autres républiques de l’URSS et des pays étrangers les denrées alimentaires basiques&nbsp;– blé, pommes de terre, viande, produits laitiers, œufs et sucre. Pour une raison ou pour une autre, il était courant de penser que, en échange de son coton, l’Ouzbékistan recevait une grande compensation. C’est un mythe. Certes, Tachkent et d’autres villes mono-industrielles, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navo%C3%AF">Navoï</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almalyk">Almalyk</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchirtchik_(ville)">Tchirtchik</a>, bénéficiaient de ce qu’on appelait «&nbsp;la protection de l’Union&nbsp;», mais en ce qui concerne les produits alimentaires, le reste du pays vivait dans la misère et les exploitations personnelles ne suffisaient pas à arranger la situation à l’échelle du pays&nbsp;».</em> Dans les zones rurales, l’accroissement démographique très élevé a d’autant plus accentué le problème.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les travailleurs immigrés actuels, conséquences de la politique soviétique de la culture du coton</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les travailleurs immigrés, eux aussi devenus un «&nbsp;symbole&nbsp;» de l’Ouzbékistan, sont une autre conséquence de la politique soviétique de la culture du coton dans la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Aujourd’hui, la mauvaise réputation de l’Ouzbékistan s’est enracinée, mais peu se préoccupent du fait que cet excédent de main d’œuvre, qui a considérablement augmenté durant les années suivant l’indépendance, est un «&nbsp;héritage&nbsp;» de l’Union soviétique. Il est notamment lié aux manquements délibérés dans la planification de la politique démographique de l’URSS.</p>
<p><figure id="attachment_12279" aria-describedby="caption-attachment-12279" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12279" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/33414230622_193fe4148a_k.jpg" alt="Coton récolte Ouzbékistan" width="1024" height="686" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/33414230622_193fe4148a_k.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/33414230622_193fe4148a_k-300x201.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/33414230622_193fe4148a_k-768x515.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/33414230622_193fe4148a_k-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-12279" class="wp-caption-text">Des ouvriers agricoles sur un champ de coton en Ouzbékistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Pendant l’ère soviétique, la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan était en retard sur la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, le Kazakhstan et les pays baltes, ainsi que sur d’autres républiques de l’URSS en ce qui concerne le plan d’urbanisation. En Ouzbékistan, les processus d’urbanisation ont délibérément été retardés à cause de la spécialisation de la République dans le titanesque secteur du coton en stimulant la croissance de la demande de main d’œuvre. Par conséquent, la population ouzbèke s’est accrue dans les zones rurales où était menée cette monoculture, qui pendant de nombreuses années était l’unique source de revenus.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une démographie liée au coton</strong></p>
<p style="text-align: justify">La croissance démographique de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan est indissociablement liée à la hausse de la production de coton brut et l’élargissement des surfaces de culture. À partir des années 1960, la production de coton s’est accélérée, atteignant son apogée dans les années 1980. Pendant ce temps, la population ouzbèke a plus que doublé, passant de 8 millions en 1960 à 19 millions en 1987. Ainsi, durant l’ère soviétique, un mécanisme a été initié, faisant augmenter la population bien plus vite que les ressources de l’État nécessaires pour satisfaire leur besoins grandissants. En 1991, lorsque l’Ouzbékistan acquit son indépendance, la population avait déjà atteint 20 millions de personnes.</p>
<p style="text-align: justify">Il existe un autre facteur important. En 1989, une grande partie de la population ouzbèke vivait en zone rurale, tandis que 74&nbsp;% de la population russe vivait alors en ville. En Union soviétique, le niveau de vie dans les villes était bien meilleur que dans les campagnes. Les habitants de l’Union soviétique bénéficiaient d’une sécurité matérielle et d’une éducation dans les républiques où la population urbaine était plus importante ou au même niveau que la population rurale. Dans la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, il y avait un bas niveau d’urbanisation, de modernisation et de prospérité.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une «&nbsp;politique du coton&nbsp;» centrale</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les problèmes sociodémographiques allant de mal en pis amenèrent d’autres problèmes. Ainsi, à la fin des années 1980, dans les républiques d’Asie centrale et en particulier dans une série de régions densément peuplées de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du sud du Kirghizstan, survient une explosion de la religiosité et du nationalisme. L’intolérance et le désir de créer un État islamique pour se sauver de cette situation&nbsp;sont le résultat de la concentration délibérée d’une partie de la population dans les périphéries et leurs connaissances restreintes à l’exploitation des terres.</p>
<p style="text-align: justify">Cette situation a favorisé l’apparition en Ouzbékistan, déjà durant l’ère soviétique, d’une couche de la société pauvre et moins éduquée, attachée aux traditions. Cela a écarté la possibilité pour l’Ouzbékistan de disposer de ressources humaines éduquées et spécialisées dans certains domaines. Par conséquent, le développement de la culture du coton était indissociablement lié non seulement le développement de tous les autres secteurs de l’agriculture ouzbèke, mais aussi l’essor de la culture et de la prospérité du peuple ouzbek. On associe généralement cette omniprésence du coton dans la société ouzbèke comme la «&nbsp;politique du coton&nbsp;».</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les populations centrasiatiques «&nbsp;forcées de rester dans les zones rurales&nbsp;»</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>&nbsp;«&nbsp;Afin de garantir l’indépendance économique de l’URSS, les autorités soviétiques ont délibérément créé un monopole du coton en Asie centrale. Ce faisant, à la différence, mettons, des cultures céréalières, la culture du coton nécessite énormément de travail, c’est pourquoi la population centre-asiatique était forcée par différents moyens de rester dans les zones rurales&nbsp;», </em><a href="http://www.indepsocres.spb.ru/sbornik8/8r_abash.htm">décrit Sergueï Abachine</a>, chercheur sur l’Asie centrale. «&nbsp;<em>Toute l’industrie centrasiatique et la culture urbaine sont l’œuvre de ce même déplacement forcé de personnes depuis la partie européenne de l’URSS, qui venait de se libérer de l’agriculture</em>&nbsp;», continue-t-il<em>.</em></p>
<p><figure id="attachment_12081" aria-describedby="caption-attachment-12081" style="width: 768px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12081" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/IMG_0786.jpg" alt="Parkent Ouzbékistan Village Chemin" width="768" height="1024" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/IMG_0786.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/IMG_0786-225x300.jpg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/IMG_0786-600x800.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption id="caption-attachment-12081" class="wp-caption-text">Un chemin dans un hameau près de Parkent, Ouzbékistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Autrement dit, l’État a favorisé la persistance d’un groupe «&nbsp;agricole&nbsp;» et la transformation d’un autre groupe «&nbsp;agricole&nbsp;» en groupe «&nbsp;industriel&nbsp;». Cette situation, aujourd’hui considérée comme un indicateur des différences «&nbsp;ethniques&nbsp;», n’est apparue qu’au XXème siècle, plus exactement entre les années 1940 et 1970. C’est précisément durant cette période que se sont formés les stéréotypes respectifs interprétés comme «&nbsp;nationaux&nbsp;» (ou «&nbsp;ethniques&nbsp;»), tandis que les mentalités «&nbsp;traditionnelle&nbsp;» ou «&nbsp;moderne&nbsp;» se font passer pour des stratégies économiques&nbsp;», </em>explique Sergueï Abachine.</p>
<p style="text-align: justify">«&nbsp;<em>Les Ouzbeks, les Tadjiks et les autres peuples d’Asie centrale sont «&nbsp;dépassés&nbsp;», «&nbsp;traditionnels&nbsp;», adeptes du «&nbsp;collectivisme&nbsp;» et profondément attachés à la terre. En somme, ils présentent les mêmes caractéristiques qui pouvaient être appliquées durant les années 1920 et 1930 aux Russes, et aux Ukrainiens, entre autres, et, à la fin du siècle précédent, aux Français et aux Allemands&nbsp;», </em>décrit Sergueï Abachine.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un chômage déguisé sous l’URSS</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’auteur décrit une situation dans laquelle de nombreux ruraux étaient déjà au chômage durant la période soviétique. <em>«&nbsp;Selon les données du conseil rural de Mindon, une localité ouzbèke de la vallée de Ferghana, à partir du début de l’année 1991 on comptait environ 11&nbsp;000 personnes dans cette commune, dont à peu près 5&nbsp;000 étaient considérées comme étant actives. 2&nbsp;500 personnes travaillaient dans le kolkhoze, soit précisément 50&nbsp;% de la population active de la localité de Mindon. Près de 2&nbsp;000 kolkhoziens étaient membres des brigades cotonnières, c’est-à-dire qu’ils travaillaient directement dans la production agricole. Les 500 personnes restantes travaillaient dans l’administration, comme personnel technique, puériculteurs et ainsi de suite&nbsp;», </em>écrit Sergueï Abachine<em>. </em></p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Le plus étonnant, c’est que, sur ces 2&nbsp;000 membres des brigades cotonnières, seulement 60 travaillaient plus de 300 jours par an, les autres travaillant moins&nbsp;: par exemple, 600 personnes travaillaient moins de 50 jours par an. Une écrasante majorité des kolkhoziens n’était occupée par la production du coton pas plus de deux à trois mois par an. Le reste du temps, ces «&nbsp;ouvriers&nbsp;» du secteur agricole ne travaillaient nulle part d’autre, étaient en partie occupés par le travail ménager ou travaillaient de façon officieuse dans d’autres secteurs non agricoles &nbsp;»,</em> décrit le chercheur.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>A l’indépendance, la fin de l’illusion</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>&nbsp;</em><em>«&nbsp;Il y a des limites naturelles à la croissance de la production agricole. À la fin du XIX<sup>ème</sup> siècle, à Mindon, pour chaque ménage, il y avait environ cinq à six hectares de terre irrigable. Au début des années 1990, pour chaque ménage, il y avait moins d’un hectare de terre irrigable, en comptant les terrains privés comme ceux des kolkhozes&nbsp;», </em>explique Sergueï Abachine sur les raisons de l’arrivée des travailleurs immigrés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Même en tenant compte de la hausse des rendements par terrain irrigable, il paraît évident que, ces cent dernières années, les possibilités de bénéfices dans la production agricole ont progressivement été réduites. Cela signifie que la population a besoin de trouver du travail en dehors de Mindon. La surpopulation dans les zones agricoles a atteint un seuil critique et les peuples «&nbsp;autochtones&nbsp;» d’Asie centrale «&nbsp;quittent&nbsp;» de plus en plus le secteur agricole pour d’autres secteurs économiques. C’est notamment l’un des facteurs du processus de migration de la population centre-asiatique en Russie&nbsp;», </em><a href="http://www.indepsocres.spb.ru/sbornik8/8r_abash.htm">décrit le chercheur</a>.</p>
<p><figure id="attachment_12281" aria-describedby="caption-attachment-12281" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-12281" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6490991793_ab71345699_z.jpg" alt="Ouzbékistan enfant Village mouton berger" width="640" height="426" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6490991793_ab71345699_z.jpg 640w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6490991793_ab71345699_z-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/09/6490991793_ab71345699_z-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-12281" class="wp-caption-text">Un jeune Ouzbek dans le village d&rsquo;Ayakchi.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Les problèmes socio-économiques, démographiques, culturels et professionnels qui existent aujourd’hui en Ouzbékistan sont en grande partie liés à la politique soviétique de transformation du pays en une région mono-industrielle. Les résoudre n’est pas simple et exige d’énormes efforts.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’avenir de la culture du coton est lié à l’énergie</strong></p>
<p style="text-align: justify">Afin de surmonter ces conséquences et de rejoindre le rang des pays développés, l’Ouzbékistan doit encore mettre l’accent sur le long terme sur la modernisation et l’urbanisation générales du pays. Il lui faut aussi s’appuyer sur des sources d’énergie renouvelables, réduisant ainsi le recours à des énergies traditionnelles comme le charbon et le gaz.</p>
<p style="text-align: justify">À la moitié du siècle présent, les gisements principaux de la République centrasiatique, exploités depuis la période soviétique, seront pratiquement épuisés. L’avenir de la culture du coton est lui aussi incertain. Après avoir obtenu son indépendance, l’Ouzbékistan a fait diminuer la production de coton pour augmenter celle des cultures vivrières afin de garantir à la population les produits alimentaires de base. Néanmoins, le développement de la culture du coton et de l’agriculture en Ouzbékistan pourrait à l’avenir se heurter à des difficultés imprévues suite à la réalisation de projets hydro-énergétiques dans les pays voisins.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Vers plus d’énergies renouvelables&nbsp;?</strong></p>
<p style="text-align: justify">À cet égard, l’Ouzbékistan ferait mieux de parier sur les énergies renouvelables. En Allemagne, par exemple, environ 8&nbsp;% de l’énergie électrique du pays provient de parcs éoliens et 5&nbsp;% des panneaux solaires. La part des énergies renouvelables n’est pourtant pas très élevée dans la production d’énergie électrique allemande, mais la consommation électrique de l’Ouzbékistan est dix fois plus basse que celle de l’Allemagne, hypra-industrialisée, ce qui renforce le rôle que pourraient jouer les énergies renouvelables dans la république centre-asiatique.</p>
<p style="text-align: justify">Le pays doit également parier sur une autre de ses ressources infinies&nbsp;: le capital humain. L’Ouzbékistan doit savoir mettre à profit ses citoyens afin d’améliorer leur potentiel, leurs revenus, leurs connaissances et leurs compétences, afin de les transformer en facteur principal de son développement.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Nourali Mingbaïev</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du russe par Camille Calandre</strong></p>
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		<title>Comment une Kirghize est devenue championne de kickboxing en France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[alexiac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 May 2017 10:58:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
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		<category><![CDATA[Education]]></category>
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		<category><![CDATA[Kickboxing]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/comment-une-kirghize-est-devenue-championne-de-kickboxing-en-france/">Comment une Kirghize est devenue championne de kickboxing en France</a></p>
<p>C’est une trajectoire assez originale : partir du Kirghizstan pour aller étudier en France et s’accomplir par le sport. Forte de sa réussite, Diana Pernot veut maintenant voir plus loin. Novastan reprend et traduit ici un article paru originellement sur Zanoza.kg. Diana Pernot est une jeune Kirghize originaire de Naryn, une ville moyenne du Kirghizstan perdue [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>C’est une trajectoire assez originale : partir du Kirghizstan pour aller étudier en France et s’accomplir par le sport. Forte de sa réussite, Diana Pernot veut maintenant voir plus loin.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article paru originellement sur <a href="http://zanoza.kg/doc/356252_diana_iz_naryna_yehala_vo_franciu_i_stala_chempionkoy_po_kikboksingy.html">Zanoza.kg</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Diana Pernot est une jeune Kirghize originaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Naryn_(ville)">Naryn</a>, une ville moyenne du Kirghizstan perdue dans les montagnes, à l’est du pays. Décrite comme « courageuse et solide » par le site d’informations kirghiz Zanoza.kg, elle raconte comment elle a quitté son Kirghizstan natal pour aller vivre en France et pratiquer sa passion, le kickboxing. Témoignage.</p>
<p style="text-align: justify;">« J’ai 19 ans, je vis en France depuis 2 ans, mais je suis née et j’ai grandi . . .</p>

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		<title>Quand des Kazakhs émigrés au Turkménistan reviennent au pays </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Violette Lagleize]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2017 14:37:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/quand-des-kazakhs-emigres-au-turkmenistan-reviennent-au-pays/">Quand des Kazakhs émigrés au Turkménistan reviennent au pays </a></p>
<p>Depuis 2005 et l’appel du président kazakh au retour des minorités kazakhes émigrées, près d’un million de personnes sont revenues au Kazakhstan. Mais les conditions de vie de certains sont loin d’être idéales. Novastan reprend et traduit ici un reportage de Tengrinews, réalisé par Renat Tachkinbaev pour le texte et Tourar Kazangapov pour les photos. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/quand-des-kazakhs-emigres-au-turkmenistan-reviennent-au-pays/">Quand des Kazakhs émigrés au Turkménistan reviennent au pays </a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/quand-des-kazakhs-emigres-au-turkmenistan-reviennent-au-pays/">Quand des Kazakhs émigrés au Turkménistan reviennent au pays </a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis 2005 et l’appel du président kazakh au retour des minorités kazakhes émigrées, près d’un million de personnes sont revenues au Kazakhstan. Mais les conditions de vie de certains sont loin d’être idéales.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un reportage de <a href="https://tengrinews.kz/fotoarchive/935/">Tengrinews</a>, réalisé par Renat Tachkinbaev pour le texte et Tourar Kazangapov pour les photos.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Zinech et Madina Esmaganbetov, toutes deux Turkmènes, sont arrivées à Astana, la capitale kazakhe, il y a 10 ans. C’est suite à l’appel lancé en 2005 par Noursoultan Nazarbaïev qu’elles ont décidé de revenir dans leur pays natal. A ce moment-là, le président du Kazakhstan a appelé l’ensemble des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oralmans">« oralmans »</a>, les Kazakhs de nationalité émigrés à l’étranger, à rentrer.</p>
<p style="text-align: justify;">De nationalité et non de citoyenneté, la différence est d’importance. De fait, si la citoyenneté correspond à un titre civique, la nationalité correspond à l’ethnie, l’identité personnelle. Les nationaux Kazakhs étaient principalement installés en Ouzbékistan, en Mongolie et au Turkménistan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un voyage dantesque</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce reportage <a href="https://tengrinews.kz/fotoarchive/935/">de Tengrinews</a>, Zinech et Madina Esmaganbetov racontent comment elles ont préparé leur départ, planifiant chaque détail. De fait, le pouvoir turkmène fait tout pour empêcher les habitants de sortir du pays. Leur déménagement depuis Achgabat, la capitale turkmène, a ressemblé à une opération secrète, qui à tout moment aurait pu être empêchée.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour quitter le Turkménistan, la famille a même dû verser des pots de vin. Mais tous ces efforts n’ont-ils pas été vains ? A cette question, la mère, Zinech, et la fille, Madina, répondent différemment. La fille répond qu’elle se sent au Kazakhstan comme à la maison, la mère regrette sa décision de déménager. A Achgabat, elles avaient un vaste appartement dans un quartier d’élite. A Astana, la mère, ses deux enfants et sa petite fille vivent dans une datcha, tandis que sa fille et ses quatre enfants louent une chambre dans un appartement communautaire.</p>
<p><strong>5 filles dans un foyer</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Madina Esmaganbetova vit avec ses cinq filles dans une chambre d’un foyer de deux étages au carrefour de Souloutal, un quartier d’Astana encore appelé « nouveau Seyfoulina ».</p>
<p style="text-align: justify;">Madina paie 55 000 tengués (160 euros) pour sa chambre, plus les charges. Elle dispose d’un salaire de 43600 tengués (127 euros). L’argent manque continuellement, et des organismes caritatifs lui viennent en aide.</p>
<p style="text-align: justify;">La plus âgée des filles, Maryam (au centre), est en 6ème. Les autres ont sept, cinq, quatre et deux ans. <em>« Nora, Djenetta, Zeynep, Leïla »</em> décrit Madina, énumérant les noms des enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Madina montre aux reporters de Tengrinews son numéro sur la liste d’attente de la mairie. Ce ticket lui a été délivré au cours . . .</p>

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