<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Droits des femmes | Novastan France</title>
	<atom:link href="https://novastan.org/fr/tag/droits-des-femmes/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://novastan.org/fr/tag/droits-des-femmes/</link>
	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 Jul 2026 18:00:08 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.2</generator>

<image>
	<url>https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/08/cropped-Logo_2_2000-1700-300DPI-32x32.png</url>
	<title>Droits des femmes | Novastan France</title>
	<link>https://novastan.org/fr/tag/droits-des-femmes/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>« Je n&#8217;aime pas la seconde épouse de mon mari » : la polygamie en Asie centrale, entre loi et réalités</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 18:00:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Polygamie]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=75800</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/">« Je n&rsquo;aime pas la seconde épouse de mon mari » : la polygamie en Asie centrale, entre loi et réalités</a></p>
<p>La polygamie est une pratique interdite dans la plupart des pays du monde, y compris en Asie centrale. Pourtant, de nombreux hommes persistent à la promouvoir et à vivre en public avec plusieurs épouses, comme on peut le voir au Kirghizstan, où certains politiciens ont tenté de la dépénaliser. Au mois de juin 2025, à [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/">« Je n&rsquo;aime pas la seconde épouse de mon mari » : la polygamie en Asie centrale, entre loi et réalités</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/">« Je n&rsquo;aime pas la seconde épouse de mon mari » : la polygamie en Asie centrale, entre loi et réalités</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La polygamie est une pratique interdite dans la plupart des pays du monde, y compris en Asie centrale. Pourtant, de nombreux hommes persistent à la promouvoir et à vivre en public avec plusieurs épouses, comme on peut le voir au Kirghizstan, où certains politiciens ont tenté de la dépénaliser.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au mois de juin 2025, à la veille des vacances parlementaires, les députés de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Supreme_Council_(Kyrgyzstan)">Jogorkou Kenech</a> ont voté un ensemble de modifications du Code pénal, dont celle qui concerne la dépénalisation de la polygamie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société n’a été mise au courant que deux mois plus tard, lorsque le président <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a> a renvoyé le projet au Parlement en disant que la polygamie humiliait les femmes et les jeunes filles, qu’elle violait leurs droits à l’égalité, la protection au sein de la famille, menait à des conséquences désastreuses, dont l’absence de droit de propriété, qu’elle empêchait le bien-être des enfants.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Sadyr Japarov n’a pas été le seul à protester contre cette tentative de réforme. Son administration s’est aussi exprimée à ce sujet. Le procureur général, le défenseur des droits de l’Homme et d’autres structures gouvernementales se sont manifestés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les députés se sont justifiés&nbsp;: quelques-uns ont dit qu’ils n’avaient jamais débattu de la question et que les modifications étaient apparues après leur vote, à leur insu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des personnalités ouvertement polygames</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, au Kirghizstan, la polygamie est toujours interdite par le Code pénal, précisément à l’article 176, qui interdit le concubinage d’un homme avec plusieurs femmes, constituant, de fait, un ménage commun. La polygamie peut être punie par une condamnation à effectuer des travaux d’intérêts généraux ou bien par l’obligation de payer une amende.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la polygamie soit interdite au Kirghizstan, elle n’est pas un mode de vie rare, y compris parmi les personnalités les plus connues. En 2017, l’ancien moufti général a reconnu publiquement avoir pris une seconde épouse. L’homme d’affaires <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Askar_Salymbekov">Askar Salymbekov</a>, dirigeant du bazar Dordoï, a parlé de son deuxième mariage. De son côté, l’ancien défenseur des droits de l’Homme Toursounbaï Bakir Ououlou a maintes fois exprimé son soutien à la polygamie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/polygamie-un-ancien-moufti-kirghiz-cree-la-polemique/">Polygamie : un ancien moufti kirghiz crée la polémique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Si une femme est malade ou si elle est infertile, à quoi bon divorcer&nbsp;? Il est possible de se marier à une deuxième femme avec son accord. Cette autre femme ne sera pas seulement la deuxième épouse, mais sera comme une sœur pour la première »</em>, a-t-il déclaré lors d’un entretien avec la rédaction de Radio Free Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, des cas de polygamie sont découverts chez des hommes politiques. Pendant son mandat, entre 2005 et 2011, l’ex-président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kourmanbek_Bakiev">Kourmanbek Bakiev</a> était officiellement marié à Tatiana Bakieva, qui l’accompagnait en tant que première dame du Kirghizstan. Mais le public a découvert qu’en parallèle de son premier mariage, il élevait ses enfants avec sa seconde épouse, Nouzgoul Tolomoucheva. C’est précisément avec elle qu’il a fui en Biélorussie lorsque son régime est tombé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des faits qui ne font pas l&rsquo;objet de poursuites</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ces incidents ne sont pas signalés à la police et ne font pas l’objet de poursuites. Les sanctions énoncées dans l’article&nbsp;176 du Code pénal ne sont pas clairement définies. Les « premières épouses », qui savent que leur mari en a pris une seconde, se rendent rarement au poste de police.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, d’après la défenseuse des droits de l’Homme, Moukhaïo Abourakrova, qui travaille à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, dans le Sud du pays, des dizaines de femmes victimes de polygamie viennent se confier à elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Au départ, le mari s’amuse avec la première épouse, ensuite il se marie avec une autre et tous les biens lui appartiennent toujours. Ils enregistrent des mariages religieux, puis nient les faits auprès de la police. Ils se cachent derrière la religion, et dans les faits aucune des deux femmes ne reçoit d&rsquo;aide. Il est déjà arrivé que les relations se dégradent avec la première épouse et qu’ils fassent tout pour la seconde, pendant que la première se fait mettre à la porte »</em>, se souvient Moukhaïo Abourakrova.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La recherche du confort</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’existe pas de statistiques démontrant combien la polygamie est répandue en Asie centrale. Officiellement, les cinq pays reconnaissent un seul mariage, celui enregistré par les autorités civiles au bureau de l’enregistrement, aussi appelé ZAGS. Les « deuxièmes unions » se font religieusement, lorsque les personnes ont effectué le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_du_mariage_dans_la_tradition_musulmane">nikah</a>, le mariage religieux musulman, qui n&rsquo;a aucune valeur légale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouzbékistan et au Kirghizstan, la polygamie est illégale. Vivre avec plusieurs femmes est un acte passible d’un emprisonnement de dix ans. Pourtant, la polygamie se pratique ouvertement. Bakhodir Elibaïev, âgé de 43 ans, enseigne l’anglais dans un village de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a> en Ouzbékistan. Il vit en couple avec deux femmes depuis 13 ans, une situation qu’il assume ouvertement : il a conclu un mariage civil avec Mavdjouda et un mariage religieux avec Youldouz.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/malgre-linterdiction-la-polygamie-toujours-tres-repandue-en-ouzbekistan/">Malgré l’interdiction, la polygamie toujours très répandue en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet homme affirme qu’il a choisi la polygamie en toute conscience et avec le consentement de chacune. <em>« Je comprends que ce ne soit pas facile pour mes deux femmes. Toutes les femmes n’ont pas envie de partager leur mari avec une autre. Je dois me comporter différemment avec chacune d’elles, m’occuper de mes deux familles, qui ont deux profils différents »</em>, raconte Bakhodir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a cinq enfants avec ses deux épouses, qui ne se connaissent presque pas. L’épouse officielle, Mavdjouda, admet qu’elle n’a pas trouvé facile d’accepter la seconde famille de son mari&nbsp;: <em>« Je n’aime pas la seconde épouse de mon mari. Qui le pourrait&nbsp;? Mais moi, j’aime mon mari. Il s’occupe de mes enfants et de moi, il fait en sorte de créer une ambiance à la maison qui me fait oublier qu’il a une autre femme. Ce sont les raisons pour lesquelles je n’ai pas voulu mettre un terme à notre mariage. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">La polygamie combattue en Ouzbékistan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;seconde épouse de Bakhodir, Youldouz, dit qu’elle n’est pas à plaindre. Elle admet même qu’elle souhaiterait que la polygamie soit légalisée en Ouzbékistan. <em>« La loi interdit à un homme de vivre avec plusieurs femmes sous un seul et même toit. Nous vivons séparées. Sa première épouse a sa propre maison et moi aussi. Je ne me plains pas, mon mari me donne tout ce dont j’ai besoin pour vivre. Il se comporte de manière juste avec ses deux épouses et a reconnu les enfants des deux côtés. Mais j’aimerais qu’en Ouzbékistan, il soit possible d’enregistrer deux mariages au ZAGS »</em>, raconte-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, ce genre de famille n’est pas rare en Ouzbékistan, et les autorités ont tenté à plusieurs reprises de combattre la polygamie. En 2017, le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Shavkat_Mirziyoyev">Chavkat Mirzioïev</a> a menacé les imams qui acceptaient la conclusion de nikah en l&rsquo;absence de mariage civil. Il a affirmé que la majorité de ces cas se produisaient à Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lutte-contre-la-polygynie/">L’Ouzbékistan lutte contre la polygamie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, Chavkat Mirzioïev a signé une loi plus sévère reconnaissant la responsabilité de ceux qui faisaient de la propagande sur la polygamie et qui concluaient un mariage religieux sans enregistrer un mariage civil.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des conséquences légales pour les enfants du deuxième mariage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la polygamie est considérée comme une norme, pratiquée volontairement, pas seulement par des hommes, mais aussi par des femmes, rapporte une défenseuse des droits à la branche ouzbèke de Radio Free Europe, qui a demandé à rester anonyme. Elle ajoute que les jeunes filles qui acceptent ce genre de mariage oublient l’importance du cadre législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les jeunes femmes qui souhaitent devenir des secondes épouses expliquent qu’elles veulent un mari qui achète une maison, une voiture. Les secondes épouses se libèrent de l’obligation de s’occuper des parents du mari. Mais dans cette course au confort, elles ne considèrent pas certains aspects de cette situation. Les enfants qui naissent d’un mariage non officiel ne sont pas protégés juridiquement. Dans ce cas, si le père décide de couper le lien avec eux, ils ne pourront pas prétendre à des aides sociales, n’auront aucune pension et pas de droit à l’héritage »</em>, explique la militante des droits de l’Homme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des femmes sans protection juridique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces conséquences sont bien connues de Mekhranguez, âgée de 27 ans et originaire du Tadjikistan. Dans ce pays d’Asie centrale, la polygamie est aussi interdite officiellement. Le Code pénal la punit par des amendes, par des travaux d’intérêt général, ou, dans les cas les plus graves, par une privation de liberté pour une période maximale de cinq ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’article&nbsp;170 du Code pénal, la polygamie est définie comme une situation de vie commune avec deux femmes ou plus. En réalité, ce sont des centaines, voire des milliers de femmes qui sont engagées dans des mariages religieux n’offrant aucune protection juridique quant aux droits à l’héritage, à la propriété, à une pension alimentaire ou aux aides de l’État.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois ans plus tôt, alors qu’elle vivait un divorce douloureux, Mekhrangez a rencontré un homme marié de neuf ans son aîné. Il lui a promis qu’il ne la laisserait pas tomber. Il lui a ensuite proposé de conclure un mariage religieux et ils ont eu un fils. L&rsquo;homme avait déjà quatre filles nées d’un premier mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous avons conclu un mariage religieux, puis il a loué un appartement pour moi, il restait avec moi une ou deux fois par semaine »</em>, confie-t-elle, <em>« un an après la naissance de notre fils, il a pris un appartement deux-pièces aux alentours de Douchanbé. Cet appartement était enregistré à son nom. Il a reconnu officiellement notre fils et lui a donné son nom. »</em> Au fil du temps, sa relation avec Mekhrangez s’est délitée. <em>« Il disait que j’étais une femme sans avenir. Si je n’allais pas dans son sens, il menaçait de me jeter dehors avec mon fils, il me faisait toujours du chantage affectif »</em>, se confie Mekhrangez.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les migrations de travail</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le 7ème&nbsp;rapport périodique du Tadjikistan présenté en 2024 par le Comité de l’ONU sur l’abolition des discriminations faites aux femmes, entre 2019 et 2022, les tribunaux ont examiné environ 375&nbsp;affaires de polygamie et ont prononcé des centaines de condamnations. Ces données ne sont que le sommet de l’iceberg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est presque impossible de quantifier le nombre de cas de polygamie, car les parties font tout pour éviter les ennuis. Les hommes craignent de perdre leur épouse légale et de faire face au jugement, tandis que les femmes s’inquiètent pour leur statut social. <em>« Les femmes acceptent de se marier, majoritairement, afin de conserver un statut social jugé respectable. Si elles sont divorcées ou seules, elles ont pour but de se marier pour avoir le plus de confort matériel possible »</em>, révèle Narguiz Saïdova, directrice de l’association Genre et développement de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/malgre-son-interdiction-la-polygamie-reste-repandue-au-turkmenistan/">Malgré son interdiction, la polygamie reste répandue au Turkménistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les analystes, cette situation fait considérablement augmenter les migrations de travail. <em>« Souvent, les jeunes hommes se marient au Tadjikistan, font deux ou trois enfants, puis les abandonnent pour émigrer et se marier à l’étranger »</em>, rapporte la journaliste tadjike Siroïdine Tolibov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il n’est pas rare que les hommes, pendant leur migration, coupent les liens avec leur famille restée au pays, cessent de l’aider financièrement et que la femme reste isolée avec ses problèmes »</em>, ajoute Narguiz Saïdova, experte en études de genre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peu d&rsquo;affaires médiatisées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une des rares affaires largement médiatisées est celle de Parviz Davlatov, directeur de service à la société Megafon Tadjikistan. En 2021, sa femme officielle a battu à mort sa deuxième épouse. Parviz Davlatov a été tout de suite jugé coupable sur le fondement de plusieurs articles de loi par le tribunal, y compris celui qui criminalise la polygamie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa femme a aussi été reconnue coupable de crimes. Selon la sociologue Goulnora Beknazareva, directrice du Centre d’études Zerkalo, la montée en puissance du patriarcat dans la société entraîne la valorisation des hommes. Pour beaucoup de femmes, la famille est l’unique moyen de survie&nbsp;; elles semblent accepter n’importe quelle forme de mariage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une inégalité sociale qui mène à des tragédies</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’inégalité sociale, les conséquences des migrations de travail permettent de conserver les pratiques de la polygamie. La société doit observer les changements en cours. Par exemple, nous nous confrontons de plus en plus aux situations dans lesquelles le père, après un divorce, cesse de voir ses propres enfants. Ils semblent abandonner toute responsabilité après un divorce. Et c’est probablement la raison pour laquelle certaines femmes commencent à penser que leurs enfants n&rsquo;ont besoin que d’elles. Cela produit des tragédies, par exemple, lorsque la mère décède et que les enfants restent sans rien ni personne. Ces cas devraient être étudiés de manière urgente »</em>, estime l’experte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/polygamie-au-tadjikistan-temoignages-de-deuxiemes-epouses/">Polygamie au Tadjikistan : témoignages de deuxièmes épouses</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il faut un système législatif qui protège toutes les parties et surtout les plus vulnérables »</em>, conclut-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une situation pesante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aroujan, âgée de 30&nbsp;ans (le nom a été changé sur demande de la jeune femme), a refusé le mariage religieux et la seconde famille de son mari. Elle est elle-même issue d’un père qui avait deux familles. Elle pense que sa mère n’a pas voulu divorcer pour différentes raisons. Aroujan l’a appris lorsqu’elle était en troisième année <em>(l’équivalent de la classe de CE2 en France, ndlr)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Maman l&rsquo;a su et nous a raconté. D’ailleurs, c’était sa meilleure amie qui vivait avec mon père. Mon père vivait dans deux maisons différentes et cela a duré 12 ans. Il contribuait de moitié aux frais des deux maisons. Dans cette seconde famille, mon père n’avait eu qu’une fille et un garçon. Chez nous, nous étions huit enfants, je suis la plus âgée. Maman supportait difficilement cette situation. Je n’étais qu’une enfant, mais je comprenais combien cela lui pesait. Ensuite, elle s’est résignée »</em>, raconte Aroujan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Peut-être que ma mère aimait beaucoup mon père, ou bien elle a voulu rester pour les enfants. De plus, ma mère n’avait nulle part où aller. Elle était cosaque, c’est un peuple qui vit en Russie, et toute sa famille vivait là-bas. Elle n’avait personne à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraz">Taraz</a> </em>(dans le Sud du Kazakhstan, ndlr)<em>. La famille de mon père n’était pas favorable à ce mariage, mais personne n’a osé le contredire, puisque mon père était l’aîné. Il est aussi une personne qui sait mettre en sécurité, cela a pu jouer un rôle »</em>, considère la jeune femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des fils prêts à répéter ce schéma</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Aroujan, les familles ont commencé à se parler progressivement : <em>« Ils ont été invités chez nous, c&rsquo;est considéré comme une norme. Mais je n’étais presque plus à la maison à ce moment-là, parce qu’après mon entrée à l’université, je ne vivais plus à Taraz et je vivais seule. Aujourd’hui, je suis mariée et, si je donnais mon avis sur la polygamie, je dirais que je suis catégoriquement contre. Je me souviens de tout ce qu’a enduré ma mère, lorsque j’y repense, je ne me sens pas bien. »</em></p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Les dix dernières années, le père d’Aroujan a vécu avec son épouse officielle, mais ses décisions passées ont eu des conséquences sur ses enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mes frères, par exemple, peuvent dire à leurs femmes que notre père a bien pu vivre avec une deuxième famille, et que cela leur semble possible.&nbsp;Ainsi, la situation se répète. Heureusement que maman leur a parlé et qu’elle leur a dit de ne pas se comporter de la sorte »</em>, ajoute Aroujan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une zone grise dans la loi kazakhe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, la polygamie n’est pas punie légalement&nbsp;: la loi qui la punissait a été abolie en 1991. Toutefois, il est interdit d’enregistrer un deuxième mariage officiel. Le ZAGS refuse lorsqu’une telle situation se présente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Par conséquent, le gouvernement déclare que seule la monogamie est acceptée, mais, dans les faits, celui-ci ne réagit pas lorsqu’il y a des cas de polygamie »</em>, explique Aïguerim Kousaïynkyzy, experte des questions de genre au Kazakhstan. <em>« Cela ressemble à une sorte de zone grise, où la polygamie ne serait pas interdite formellement, mais l’État ne ferait rien pour protéger les concernées »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aïguerim Kousaïynkyzy est certaine que la question de la polygamie est importante et mérite une étude et réflexion approfondies. <em>« Il ne s’agit pas seulement d’un simple durcissement de punition, mais de l’instauration d’une réforme complexe, qui protège les femmes et les enfants. Le système actuel ne marche pas, car il est difficile de donner des témoignages précis. Au Kirghizstan, il faut prouver&nbsp;la gestion commune des biens, ce qui donne rarement lieu à des procès. Dans les lois tadjikes figurent des dispositions similaires. Même la police reconnaît qu’il est difficile de prouver juridiquement la présence d’une seconde épouse »</em>, explique l’experte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Légiférer pour protéger les plus vulnérables</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant l’interdiction de la polygamie au niveau législatif, Aïguerim Kousaïynkyzy pense qu’il n’est pas possible d’éradiquer ce mode de vie complètement, mais elle considère qu’il peut être encadré.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il faut se focaliser sur les conséquences juridiques graves : contraintes, violences, tromperie. Il faut simplifier les démarches de reconnaissance paternelle, introduire des critères précis pour prouver le mariage de fait : la présence d’enfants communs, les biens, les dettes et garantir les droits qui existent par le mariage. Il faudrait établir des statistiques réelles, une lutte globale contre les violences faites aux femmes. Les simples interdictions ne fonctionnent pas. Nous avons besoin d’un système qui puisse protéger toutes les parties et surtout les plus vulnérables, tels que les femmes et enfants qui ne sont pas officiellement liés à une union »</em>, conclut l&rsquo;experte.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Goulya Khadjaïeva et Narguiz Khamrabaïeva</strong><br><strong>Journalistes pour Radio Free Europe</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.azattyqasia.org/a/ya-ne-lyublyu-vtoruyu-zhenu-moego-muzha-poligamiya-v-tsentralnoy-azii-zakon-i-realnost/33524689.html">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Anaïs Marayphonh</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/">« Je n&rsquo;aime pas la seconde épouse de mon mari » : la polygamie en Asie centrale, entre loi et réalités</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/polygamie-asie-centrale-loi-et-realites/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment les mariages précoces mettent à mal l&#8217;avenir des jeunes filles en Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 14:16:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Ala Kachuu]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=74970</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/">Comment les mariages précoces mettent à mal l&rsquo;avenir des jeunes filles en Asie centrale</a></p>
<p>Dans différentes régions d&#8217;Asie centrale, des milliers de jeunes filles continuent à être mariées très jeunes, parfois sans leur consentement. Leurs projets et leur avenir en pâtissent. Nigora a arrêté d’aller à l’école car elle a été mariée de force. Elle avait 17 ans. Le destin de milliers de jeunes filles en Asie centrale ressemble [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/">Comment les mariages précoces mettent à mal l&rsquo;avenir des jeunes filles en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/">Comment les mariages précoces mettent à mal l&rsquo;avenir des jeunes filles en Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans différentes régions d&rsquo;Asie centrale, des milliers de jeunes filles continuent à être mariées très jeunes, parfois sans leur consentement. Leurs projets et leur avenir en pâtissent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nigora a arrêté d’aller à l’école car elle a été mariée de force. Elle avait 17 ans. Le destin de milliers de jeunes filles en Asie centrale ressemble au sien : au lieu de passer des examens scolaires, elles doivent célébrer le nikah, la cérémonie religieuse du mariage, et au lieu de poursuivre des études supérieures, voire même secondaires, elles sont condamnées à un dur labeur domestique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leurs familles justifient ces mariages précoces par le respect des traditions et la préservation de l’honneur. Mais très souvent, cela cache des vies brisées et une grave violation des droits humains.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« On m’a mariée de force. Personne ne m’a demandé mon avis »</em>, affirme Nigora. Frêle jeune fille au visage encore adolescent, elle a aujourd’hui 19 ans. Elle est déjà divorcée et vit de nouveau chez son père, dans la même chambre où elle rêvait autrefois de devenir médecin. Selon Nigora, qui a demandé à la rédaction de ne pas divulguer son nom complet, il lui est souvent rappelé qu’elle est de trop.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Me marier tôt, avant que les « problèmes » ne commencent »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis l’aînée de la famille. Ma mère est morte quand j’avais 15 ans. Moins d’un an après, mon père a commencé à discuter de mon mariage avec des proches. Ils disaient qu’il valait mieux me marier tôt, avant que les « problèmes » ne commencent</em>« , raconte Nigora dans un entretien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu après, elle a découvert qu’il était prévu de la marier à un cousin éloigné de son père, Komil, 25 ans, ouvrier du bâtiment en Russie. Personne ne lui a demandé son consentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’avais tout juste 17 ans, j’avais fini la 10ème classe. Komil est revenu de Russie, et voilà, il m’a épousée. Personne ne m’a demandé mon avis. Il n’y a pas eu de mariage officiel, juste une modeste cérémonie du nikah avec quelques invités »</em>, raconte-t-elle. La vie dans la maison de son mari, avec ses parents, ses frères et ses belles-sœurs, était un travail éprouvant et continu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rôle de belle-fille difficile à tenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dès le matin, je balayais la cour, trayais la vache, nettoyais après le bétail, faisais des galettes, préparais le petit-déjeuner pour tout le monde. Lessive, vaisselle, puis déjeuner, puis dîner. Et ça tous les jours. Je n’avais pas une minute de repos. Quand je suis tombée enceinte, mon mari est reparti en Russie. Une fois, ma belle-sœur a essayé de m’aider, mais ma belle-mère l’a aussitôt réprimandée : « À quoi sert la belle-fille dans cette maison ? » J’étais épuisée moralement et physiquement. Peu après, j’ai fait une fausse couche »</em>, se rappelle-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/">Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mois plus tard, son mari est revenu et Nigora est retombée enceinte. Elle a fait une deuxième fausse couche. La famille de son mari l’a accusée de ne pas pouvoir avoir d’enfants et a exigé le divorce. Komil a prononcé trois fois le mot talak, ce qui dans la tradition musulmane signifie la rupture du mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nigora est retournée chez son père. <em>« Je me sens inutile. Je n’ai pas d’éducation, pas d’argent, et je ne sais pas par où commencer »</em>, dit-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Mon père s’est marié de la même manière avec ma mère »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Asel (le nom a été changé à sa demande), une jeune fille de 17 ans originaire de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Djalal-Abad">Djalal-Abad</a> au Kirghizstan, se souvient encore avec désenchantement du jour qui a bouleversé sa vie. Elle avait 16 ans, était en 9ème année et prévoyait d’entrer dans une école d&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ilchat est plus âgé que moi de neuf ans. Il m’écrivait, m’appelait, on communiquait un peu. Puis un jour, il est arrivé avec des amis alors que j’allais au magasin, et il m’a simplement enlevée. Ils m’ont ramenée chez lui, où ses proches m’attendaient déjà. Le lendemain, ils ont appelé mes parents, qui sont venus, mais n’ont pas voulu me reprendre. Ils ont dit que j’étais déjà la femme d’Ilchat, que c’était la tradition des Kirghiz. Mon père s’est marié de la même manière avec ma mère. Ils ont célébré la cérémonie religieuse du mariage, puis mes parents sont partis »,</em> a raconté Asel dans un entretien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du stress et un manque d&rsquo;argent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi qu’Asel est devenue kelin, comme la belle-fille est désignée au Kirghizstan. Elle a dû quitter l’école et abandonner son rêve d’entrer à l’école d&rsquo;art.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-huit-histoires-tres-mediatisees-de-mariage-par-enlevement/">Kirghizstan : huit histoires très médiatisées de mariage par enlèvement</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’aime dessiner. C’était tout pour moi. Et maintenant, je ne me souviens même plus de la dernière fois où j’ai tenu un pinceau. J’aimerais exprimer ce que j’ai à l’intérieur, mais je n’ai ni le temps ni la force »</em>, affirme-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, elle a donné naissance à un enfant prématuré. <em>« À cause du stress, je n’ai pas de lait. L’argent pour le lait en poudre est à peine suffisant. Mon mari est toujours sans travail, nous vivons chez ses parents. Parfois, mes proches nous aident »</em>, raconte Asel. Elle a refusé de répondre aux questions liées à la relation avec son mari.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un mariage précoce ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme de mariage précoce, souvent utilisé comme synonyme de mariage d’enfants, désigne généralement une union où l’un des conjoints ou les deux ont moins de 18 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mariage forcé est une union dans laquelle une ou les deux parties n’ont pas donné leur consentement complet, conscient et volontaire au mariage.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’organisation internationale de défense des droits Equality Now, au Kirghizstan, les mariages précoces représentent environ 13 % de toutes les unions. Au Tadjikistan, c’est 9 %, en Ouzbékistan 3,4 %, mais dans certaines régions plus conservatrices du pays, ce chiffre a atteint jusqu’à 11 %.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des failles dans les législations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Daryana Gryaznova, conseillère juridique chez Equality Now et coauteure du <a href="https://equalitynow.storage.googleapis.com/wp-content/uploads/2024/10/14095642/EN-Eurasia-CEFM-Marriages-Report-RUS-PDF-02.pdf">rapport</a> « <em>Briser les barrières : résoudre le problème des mariages d’enfants, précoces et forcés en Eurasie</em>« , explique que des failles existent dans les législations, permettant la légalisation de ces mariages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les lois du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan autorisent à abaisser l’âge du mariage à 17 ans. Cela va directement à l’encontre des normes internationales, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant et les recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination des femmes »</em>, souligne Daryana Gryaznova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Tadjikistan, selon la chercheuse en questions de genre et experte nationale Diana Ismaïlova, la baisse de l’âge légal du mariage se fait le plus souvent avec l’approbation d’un tribunal. Une analyse des pratiques judiciaires pour les années 2017-2018, portant sur plus de 500 affaires, a montré que dans 82 % des cas, les juges justifiaient leur décision par la situation économique difficile de la famille de la jeune fille. Dans presque la moitié des cas (45 %), la cause invoquée était « l’amour mutuel du couple ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des chiffres trompeurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Diana Ismaïlova, il y avait aussi des motifs incongrus. <em>« Il y a eu des cas où les tribunaux ont pris leur décision simplement parce que les frais du mariage avaient déjà été engagés, et qu’au moment de l’enregistrement civil on découvrait que la mariée n’avait pas encore 18 ans. Ces cas représentent seulement 3 %, mais le simple fait qu’ils existent en dit long sur l’approche »</em>, estime la chercheuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle souligne que les tribunaux tiennent très peu compte des aspects liés au genre : <em>« Les tribunaux prêtent rarement attention aux droits des personnes qui se marient, surtout des filles, tels que le consentement volontaire au mariage, l’intérêt de l’enfant, la possibilité de prendre des décisions par elles-mêmes. »</em></p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">L’avocate et défenseure des droits humains tadjike Larissa Alexandrova souligne les données officielles sur les mariages précoces enregistrés dans ce pays au cours des dernières années, entre 0,8 % et 1,02 %. <em>« À première vue, ces chiffres semblent faibles, et on pourrait croire que la situation est stable. Mais c’est une illusion. Derrière ces statistiques officielles se cache une réalité bien plus inquiétante : la multiplication des mariages non officiels, conclus selon des coutumes religieuses, sans enregistrement auprès de l’État »</em>, insiste l&rsquo;avocate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mariage religieux conclu avant l&rsquo;enregistrement administratif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, bien que le nikah n’ait pas de force juridique, c’est en pratique à partir de ce rite que commencent de nombreux mariages précoces, forcés et polygames.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La loi « Sur la régulation des célébrations et des rites » ne réglemente que le déroulement de la cérémonie de mariage, le nombre maximum d’invités à la fête et la durée de celle-ci, mais elle n’exige pas que le mollah demande aux futurs époux un certificat officiel de mariage avant de célébrer le nikah. De plus, aucune responsabilité n’est prévue pour le mollah qui pourrait effectuer la cérémonie du nikah avec des mineurs sans vérifier les documents officiels »</em>, explique l’avocate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des motivations contradictoires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les raisons pour lesquelles les familles continuent de marier leurs filles à un jeune âge sont nombreuses. Comme l’explique Daryana Gryaznova, la précarité économique reste l’une des principales causes. Dans un contexte de difficultés financières, les familles perçoivent parfois le mariage précoce comme un moyen de réduire leur fardeau, d&rsquo;alléger les dépenses, voire d’améliorer leur statut social ou d’améliorer leur situation matérielle via la dot.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les filles sont particulièrement impuissantes. Le manque d’accès à l’éducation leur ferme les portes de la réalisation personnelle et augmente le risque de mariages précoces. Cela crée un cercle vicieux, car l’absence d’éducation limite leur capacité à défendre leurs droits, renforce leur dépendance aux attentes familiales et sociales, faisant du mariage précoce le scenario le plus probable »</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout ne se résume pas seulement à l’argent. Selon les experts, les motivations des familles sont souvent plus profondes et contradictoires. Selon Goulnora Beknazarova, directrice du Centre d’études sociologiques Zerkalo à Douchanbé, ces décisions sont rarement prises uniquement par les parents : il s’agit d’une discussion collective où participent les grands-pères, grands-mères, tantes, oncles, voire les voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est pris en compte : le statut de la famille, l’opinion des autres, les attentes tacites de la communauté, la pression des <em>« horloges sociales »</em>, la conviction qu’il faut se marier <em>« à temps »</em> pour ne pas perdre sa réputation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Se marier vite pour ne pas compromettre l&rsquo;honneur de la famille</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les parents craignent le jugement si leur fille reste célibataire. Il n&rsquo;est pas rare d&rsquo;entendre : « Elle a déjà 20 ans, elle est vieille ». C’est un stigmate terrible, et même si l’on n’en parle pas toujours ouvertement, il continue d’influencer les destins. Dans une société traditionnelle, les normes et coutumes sont souvent plus importantes que la logique. Le lien entre mariage précoce et, par exemple,&nbsp;les atteintes à la santé reproductive, l’absence d’éducation ou l&rsquo;incapacité à subvenir à ses besoins en cas de divorce n’est pas établi. C’est juste comme ça, il le faut »</em>, ajoute Goulnora Beknazarova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défenseure des droits humains Larissa Alexandrova met l’accent sur le fait que le mariage précoce est souvent utilisé comme un outil pour se prémunir contre le comportement attendu chez une jeune fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-culte-de-la-virginite-en-ouzbekistan/">Le culte de la virginité en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les parents craignent que leur fille « ne dévie du droit chemin », qu’elle fasse honte à la famille, surtout en milieu rural, où le risque d’une grossesse hors mariage est perçu comme une menace directe à l’honneur familial. Dans ces conditions, le mariage précoce est présenté comme une mesure de protection, alors qu’en réalité il limite la liberté et les droits de la jeune fille »</em>, détaille Larissa Alexandrova.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;avis des aînés prime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une composante émotionnelle joue aussi un rôle, notamment chez les membres âgés de la famille. Comme le dit Larissa Alexandrova, le désir de <em>« réussir à marier la petite-fille de leur vivant »</em> devient parfois déterminant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Pour beaucoup de grands-mères et grands-pères, le mariage est le symbole d’une mission de vie accomplie. La fille peut ne pas être prête, mais l’opinion des aînés prime sur son désir »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles que soient les motivations, économiques, culturelles ou personnelles, le mariage précoce et forcé reste une forme de violence basée sur le genre. Il prive les filles du droit de choisir, de leur autonomie corporelle et de la liberté d’être elles-mêmes, explique Daryana Gryaznova : <em>« Pour beaucoup, ce n’est pas le début d’une nouvelle vie, mais l’entrée dans un espace confiné de peur, d’isolement et de violence dont il est très difficile de sortir. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une menace pour la santé et l’avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes filles qui se marient tôt se retrouvent souvent seules face à de graves conséquences physiques liées à l’immaturité de leur corps en raison de la grossesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tahmina Saïdova, médecin gynécologue-obstétricienne et directrice de la fondation publique <em>« Santé publique et droits humains</em> » à Douchanbé, doit faire face quotidiennement à ces problèmes. Selon elle, le lien entre mariages précoces, grossesses précoces et complications médicales graves est indéniable et suscite une vive inquiétude dans la communauté médicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les filles âgées de 15 à 19 ans courent un risque de décès lors de la grossesse ou de l’accouchement deux fois plus élevé que les femmes de plus de 20 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les causes peuvent être multiples : fortes hémorragies, infections, complications liées à des avortements non sécurisés. Le corps de l’adolescente n’est pas encore prêt à accoucher : par exemple, un bassin étroit peut entraîner un accouchement difficile, qui se termine souvent par des blessures, un handicap, voire la mort de la mère et de l’enfant. Dans certains cas, les conséquences sont irréversibles, allant des déchirures à la formation de fistules, ce qui affecte non seulement la santé mais prive aussi la jeune fille d’une vie normale »</em>, explique Tahmina Saïdova.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;absence d&rsquo;éducation sexuelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les adolescentes ont aussi plus souvent des bébés prématurés et de faible poids, ce qui augmente le risque de mortalité infantile. Les mariages précoces ont un impact tout aussi ravageur sur la santé mentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ils s’accompagnent souvent de violences, d’isolement, de perte d’accès à l’éducation. Tout cela peut conduire à la dépression, à des troubles anxieux, voire à un syndrome de stress post-traumatique »</em>, explique la médecin. Selon elle, il faut également mentionner la menace des infections.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En raison de l’absence d’éducation sexuelle et d’accès à la contraception, les jeunes filles ne peuvent pas se protéger contre le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles. Le plus souvent, elles n’ont pas la possibilité de refuser les rapports non protégés ni de consulter un médecin à temps »</em>, souligne Tahmina Saïdova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sante-au-kirghizstan-la-lutte-contre-le-vih-se-poursuit/">Santé : au Kirghizstan, la lutte contre le VIH se poursuit</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la défenseuse des droits humains Diana Ismaïlova, une autre conséquence douloureuse du mariage précoce est la dépendance économique totale de la jeune fille. <em>« En général, elle n’a pas le temps d’acquérir une profession ni les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail. L’éducation est retardée, voire elle ne se réalise jamais. Que se passe-t-il si cette union se dissout ? La femme devient vulnérable »</em>, explique l’experte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment arrêter la pratique des mariages précoces ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Souhaïli Kodiri, chef du département de protection des droits des enfants au Tadjikistan, des mesures concrètes sont actuellement prises dans le pays pour lutter contre les mariages précoces : il est envisagé de supprimer du code de la famille la disposition permettant de réduire l’âge légal du mariage à 17 ans. <em>« De nombreux organes d’État ont déjà soutenu cette initiative »</em>, a-t-il remarqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, depuis mai 2025, un projet de nouveau code de la famille a été entamé, qui interdira complètement le mariage avant 18 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les seules mesures législatives et pénales ne suffisent pas, souligne Daryana Gryaznova. Selon elle, les racines du problème sont plus profondes : <em>« La pratique des mariages précoces prend racine dans la discrimination de genre, la pauvreté et la pression sociale. Ce n’est pas seulement une question juridique, mais aussi culturelle et sociale. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi, affirme-t-elle, il faut lutter sur plusieurs fronts : renforcer et appliquer strictement la législation, informer les familles et les adolescents des risques liés au mariage précoce, élargir les opportunités économiques pour les filles et leurs familles, fournir une assistance globale aux victimes, et surtout, impliquer activement les communautés dans une réévaluation des normes et des traditions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aller au-delà de la législation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Diana Ismaïlova souligne qu’il ne faut pas penser que cette lutte concerne seulement les juristes, les tribunaux ou les bureaux d’état civil. <em>« La lutte contre les mariages précoces concerne tout le monde : des ministères jusqu’aux leaders d’opinion locaux. Imaginez si, pendant les heures de grande écoute à la télévision, on montrait les histoires réelles de filles victimes de mariages précoces. Les médias façonnent la pensée de millions de personnes »</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’experte propose également d’inclure le ministère de la Défense.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les jeunes hommes, après leur service militaire, se précipitent souvent pour se marier. Pourquoi ne pas leur offrir là-bas, avant qu’ils ne retournent dans leur village natal, des cours sur la connaissance familiale et les droits des hommes et des femmes ? Cela pourrait poser les bases de relations saines et de décisions responsables »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nigora, 19 ans, qui a vécu deux fausses couches et un divorce, expose tout simplement le problème : <em>« Étudiez, rêvez. Ne vous laissez pas abattre. Épousez quelqu’un seulement quand vous le voulez vraiment et que vous êtes prêtes. C’est votre vie. Et elle doit prendre son départ avec votre consentement. »</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Narguiz Khamrabaïeva<br>Journaliste pour Radio Azattyq</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.azattyqasia.org/a/v-17-dva-vykidysha-i-razvod-kak-rannie-braki-lomayut-sudby-devochek-v-tsentralnoy-azii/33461019.html">russe</a> par Lisa D&rsquo;Adazzio</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/">Comment les mariages précoces mettent à mal l&rsquo;avenir des jeunes filles en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/mariages-precoces-pratique-toujours-repandue/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Familles nombreuses au Tadjikistan : quand tous les enfants sont des filles</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 13:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Sexisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=72160</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/">Familles nombreuses au Tadjikistan : quand tous les enfants sont des filles</a></p>
<p>Dans les familles tadjikes, comme dans celles de toute l’Asie centrale, avoir un fils est un motif de fierté, un signe de richesse et le gage d’une vieillesse paisible pour les parents. Si la naissance d’un garçon donne lieu à une grande fête, celle d’une fille, en revanche, peut s’accompagner de réprobations et d’une forme [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/">Familles nombreuses au Tadjikistan : quand tous les enfants sont des filles</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/">Familles nombreuses au Tadjikistan : quand tous les enfants sont des filles</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les familles tadjikes, comme dans celles de toute l’Asie centrale, avoir un fils est un motif de fierté, un signe de richesse et le gage d’une vieillesse paisible pour les parents. Si la naissance d’un garçon donne lieu à une grande fête, celle d’une fille, en revanche, peut s’accompagner de réprobations et d’une forme de marginalisation sociale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nozanine, originaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khoudjand</a>, dans le Nord du Tadjikistan, a grandi dans une famille de quatre filles, dont elle est l’ainée. Son père a toujours rêvé d’un fils-héritier, et lorsqu’une deuxième fille est née, les reproches et les accusations de défaillance se sont mis à pleuvoir sur sa mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les relations entre mon père et ma mère ont commencé à se détériorer quand une deuxième fille est née. Mon père voulait vraiment avoir un fils, il avait déjà décidé du prénom à l’avance. Mais voilà que naît le troisième enfant et c’est encore une fille. Je me souviens parfaitement comme il rabaissait maman parce qu’elle ne donnait naissance qu’à des filles »</em>, raconte-t-elle.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Pour se défendre de sa conduite auprès de ses filles, le père invoquait toujours les mêmes justifications : <em>« Si un garçon était né, il aurait été traité comme un prince. »</em> Il n&rsquo;était pas question de les chouchouter.<a href="https://asiaplustj.info/sites/default/files/articles/296804/1.jpg"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand le désir d’un fils accueille une fille</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nozanine était déjà adulte lorsque ses parents ont commencé à envisager d’avoir un quatrième enfant. Astrologues, herboristes, mollahs… ses parents les avaient tous consultés. Sans surprise, ce fut une nouvelle fois une petite fille qui vit le jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Quand la quatrième fille est née, c’était tout simplement horrible. Nous avions peur de croiser le regard de notre père et de dire un mot de trop »</em> : la voix de Nozanine tremble encore de souvenirs désagreables. <em>« Papa ne souhaitait pas entendre parler de la benjamine. Pendant six mois, il ne l’a même pas regardée. Durant ces ces six mois, elle n’avait même pas de prénom, alors même que le prénom du fils qui n’était jamais arrivé avait déjà été choisi »</em>, continue Nozanine.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="676" height="450" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/2-1.jpg" alt="Filles Tadjikistan" class="wp-image-72199" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/2-1.jpg 676w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/2-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/2-1-600x399.jpg 600w" sizes="(max-width: 676px) 100vw, 676px" /><figcaption class="wp-element-caption">Certaines familles supportent mal la naissance de filles et l&rsquo;absence de fils (illustration). Photo : bbc.com.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les problèmes dans la famille se sont exacerbés. Après le travail, le père revenait de mauvaise humeur et se disputait régulièrement avec leur mère. Nozanine et ses sœurs vivaient continuellement dans la peur. <em>« Beaucoup de gens en ville connaissaient mon père. De ce fait, il était très dépendant de la société et de l&rsquo;opinion de ses amis »</em>, raconte Nozanine. <em>« Lorsqu&rsquo;ils se rencontraient, leurs amis se vantaient de leurs fils et demandaient à chaque fois quand [mon père] aurait enfin un héritier. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Guidé par l’opinion d’autrui, mon père reportait toute sa colère et son impuissance sur nous et sur ma mère. « Ce sont tes filles, pas les miennes », répétait-il à sa femme »</em>, se souvient Nozanine.<a href="https://asiaplustj.info/sites/default/files/articles/296804/2.jpg"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« A la maison, nous travaillions comme des esclaves »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfant, Nozanine demandait déjà à sa mère pourquoi elle supportait tout cela et continuait de vivre avec un mari qui ne reconnaissait pas ses filles. Elle ne souhaitait probablement pas vivre avec les stigmates attribués aux mères célibataires, et craignait le jugement de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-1001-embuches-des-femmes-au-tadjikistan/">Les 1001 embûches des femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour que leur père ne s’emporte pas, elle demandait toujours à ses filles d’aider leur père et de remplacer ainsi les fils qu’il n’avait pas eu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« A la maison, nous travaillions comme des esclaves pour mériter ne serait-ce qu’un mot gentil de notre père »</em>, raconte Nozanine. <em>« Quand je sortais de la maison, je revêtais le masque d’une jeune fille joyeuse et insouciante qui baigne dans l’amour familial. Personne ne savait ce qui se passait en moi quand je souriais. Avec mon apparence soignée, ma manucure idéale, personne ne pouvait soupçonner que mes mains faisaient les travaux masculins les plus sales. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une figure paternelle absente dans les études</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant brillement fini l’école, Nozanine rêvait de s’inscrire à l’université. Mais son père s’y est opposé. Il y avait déjà assez de travail domestique, et des dépenses supplémentaires n’auraient servi à rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ne compte pas sur moi »</em>, a-t-il fini par lui répondre.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le refus de son père n’a pas arrêté la jeune fille. Nozanine s’est inscrite à l’université et a payé elle-même ses études tout en travaillant. Son père savait que sa fille allait d’elle-même à l’université, mais il n’a jamais cherché à savoir où ni pour quelle spécialité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nozanine raconte : <em>« Alors j’ai commencé à compter seulement sur moi. Quand on me demandait à l’université qui était mon père et ce qu’il faisait dans la vie, je répondais à tout le monde qu’il était pilote d’essai et qu’il avait disparu. De nous quatre, seule ma benjamine et moi avons essayé de faire des études supérieures. »</em><a href="https://asiaplustj.info/sites/default/files/articles/296804/3.jpg"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des peurs intériorisées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà adulte et mariée, Nozanine avait peur de connaître à son tour le sort de sa mère. La peur d’avoir des filles a tant pesé sur sa conscience qu’elle a passé toute sa grossesse plongée dans ses souvenirs d’enfance et les crises de son père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il lui semblait que tous attendaient d’elle un fils. Finalement, elle a accouché d’une fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ma deuxième grossesse s&rsquo;est accompagnée d&rsquo;une toxémie sévère, avec apparition soudaine de fièvre. Mes craintes se sont accrues, c&rsquo;était insupportable. J&rsquo;ai passé une échographie et on m&rsquo;a dit que ce serait un garçon. Vous n&rsquo;allez pas le croire, après cette toxicose, mon mal-être et ma fièvre ont totalement disparu. J&rsquo;ai compris que nos peurs avaient un effet direct sur le corps, entraînant avec elles tout un système d&rsquo;autodestruction. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-les-meres-se-cachent-pour-allaiter/">Tadjikistan : pourquoi les mères doivent se cacher pour allaiter</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le traumatisme d’enfance et les mauvais souvenirs n’ont jamais quitté la jeune fille. Malgré sa famille et ses enfants, le sentiment d’un manque d’amour demeure vivant.<a href="https://asiaplustj.info/sites/default/files/articles/296804/4.jpg"></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Privée d’amour, mais pas de courage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En fait, je ne rêve pas du tout de richesse matérielle. Le plus précieux pour moi, c&rsquo;est de sentir qu&rsquo;on est aimé non pas pour une raison, mais envers et contre tout. Juste pour le fait d&rsquo;exister dans ce monde »</em>, dit la jeune fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, Nozanine est une jeune femme qui a réussi par ses propres moyens. Elle a l&rsquo;habitude de compter sur elle-même depuis l&rsquo;enfance et a accompli beaucoup de choses sans le soutien de ses parents.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="676" height="450" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/3-1.jpg" alt="Tadjikistan Filles" class="wp-image-72198" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/3-1.jpg 676w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/3-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/09/3-1-600x399.jpg 600w" sizes="(max-width: 676px) 100vw, 676px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les enfants sont mis à contribution pour la bonne tenue du foyer (illustration). Photo : bbc.com.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Désormais, je soutiens mes parents financièrement et matériellement. Même si ça n’a pas été un choix pour eux, je leur suis reconnaissante de m’avoir donné la vie. Maintenant mon père me dit souvent que je vaux mieux que dix fils. Mais ces mots ne m’apaisent pas, ils sont au contraire plus douloureux. Depuis petite, j’ai eu toujours besoin d’amour paternel, je rêvais qu’il me prenne dans ses bras, me dise combien il m’aime, soit fier de moi. Mais je ne trouve aucun de ces moments dans mes souvenirs d’enfance »</em>, regrette-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une douleur d’enfance qui traverse les années</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nozanine estime que ces stéréotypes sociétaux bien ancrés portent atteinte aux droits des filles dès l&rsquo;enfance. En conséquence, elles grandissent avec une faible estime de soi et des traumatismes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous ne décidons pas de qui nous allons mettre au monde. N’importe quel enfant est un cadeau divin, qui n’est malheureusement pas donné à tout le monde. Ce qui est beaucoup plus important, c’est la personne que deviendra cet enfant, et s&rsquo;il sera un soutien pour ses parents dans leur vieillesse. Les stupides lois morales de notre société, selon lesquelles un garçon doit obligatoirement naître, détruisent les familles et rendent les enfants malheureux. C&rsquo;est ainsi que certaines femmes donnent naissance « jusqu&rsquo;à obtenir victoire » pour faire plaisir à leur mari, qui a besoin d&rsquo;un héritier. Et peu importe ce que ressent la femme. »</em></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nozanine élève ses enfants autrement. Elle explique que l’opinion de la société ne doit jamais être placée au premier plan. Elle s’efforce de donner à ses enfants ce qui lui a manqué dans l’enfance. Tout ce qui restera dans leur mémoire sera l’amour de leurs parents et leurs soins.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un enjeu de société</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fréquemment, l&rsquo;actualité de l&rsquo;Asie centrale fait état de cas très médiatisés de femmes qui se sont suicidées &#8211; en se jetant sous un train, en sautant d&rsquo;un pont dans une rivière ou en se pendant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars dernier, le pays a été choqué par le suicide d&rsquo;une jeune femme dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Navo%C3%AF">province de Navoï</a> en Ouzbékistan. Elle a tenté de se jeter sous un train avec ses trois enfants, en raison de conflits récurrents avec son mari, qui lui reprochait de ne pas pouvoir lui donner de fils.<a href="https://asiaplustj.info/sites/default/files/articles/296804/6.jpg"></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la société tadjike, le sentiment qu&rsquo;un fils est meilleur qu&rsquo;une fille demeure intact. Ces stéréotypes remontent à l&rsquo;Antiquité, époque où selon une terrible coutume, certains pères se débarrassaient de leurs filles nouveau-nées en les enterrant vivantes. Bien que ces traditions aient disparu, les inégalités vécues dans le cercle familial, notamment de la part des pères, marquent encore fortement la place des filles dans l’espace public.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aliya Khamidoullina<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20250425/eto-tvoi-docheri-ne-moi-kak-zhivut-tadzhikskie-mnogodetnie-semi-v-kotorih-rodilis-tolko-devochki">russe</a> par Sophie Combaret</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/">Familles nombreuses au Tadjikistan : quand tous les enfants sont des filles</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/familles-tadjikistan-quand-enfants-sont-des-filles/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[echaisson]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Jul 2025 04:53:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Kassym-Jomart Tokaïev]]></category>
		<category><![CDATA[Loi]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage forcé]]></category>
		<category><![CDATA[Pénal]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=71872</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/">Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</a></p>
<p>Dans le cadre d&#8217;une réforme du code pénale, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a signé une loi introduisant les délits de mariage forcé et de harcèlement obsessionnel. Le 16 juillet 2025, le président Kassym-Jomart Tokaïev a promulgué un vaste ensemble de modifications législatives visant à optimiser le codes pénal et d&#8217;autres textes de lois, selon [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/">Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/">Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans le cadre d&rsquo;une réforme du code pénale, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a signé une loi introduisant les délits de mariage forcé et de harcèlement obsessionnel.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 16 juillet 2025, le président <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kassym-Jomart_Tokayev">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a promulgué un vaste ensemble de modifications législatives visant à optimiser le codes pénal et d&rsquo;autres textes de lois, <a href="https://vlast.kz/novosti/65710-tokaev-podpisal-zakon-predusmatrivausij-ugolovnuu-otvetstvennost-za-prinuzdenie-k-vstupleniu-v-brak.html">selon Vlast.kz</a>.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mesures phares, figure l&rsquo;introduction de l&rsquo;article 125-1 du Code pénal, qui criminalise pour la première fois le mariage forcé et sanctionnera à l&rsquo;avenir des pratiques comme le « stalking », ou le harcèlement obsessionnel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse politique et sociale attendue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours selon Vlast.kz, le nouveau cadre législatif répond à la pression de la société civile depuis plusieurs années contre des pratiques comme l' »alyp kashu » (l&rsquo;enlèvement des fiancées). Selon de député Mourat Abenov, entre 2022 et 2025, sur <a href="https://www.inform.kz/ru/ugolovnuyu-otvetstvennost-za-prinuzhdenie-k-braku-namereni-vvesti-v-kazahstane-e69ddb">214 plaintes relatives à des mariages forcés ont été déposées</a>, seulement dix d&rsquo;entre elles ont abouti à une inculpation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="http://Lire aussi sur Novastan : Deux femmes kirghizes s'échappent d'un mariage forcé">Mariage par enlèvement au Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2024, le président Kassym-Jomart Tokaev <a href="https://www.zakon.kz/obshestvo/6427645-tokaev-o-pokhishchenii-nevest-ne-poddaetsya-opravdaniyu.html">avait qualifié publiquement ces pratiques d&rsquo;obscurantisme choquant</a>, marquant ainsi son engagement à renforcer les droits des femmes et des mineures.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nouvelles normes juridiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau délit de mariage forcé sanctionne le fait de contraindre une personne à se marier par chantage, violence, pression psychologique ou exploitation de sa vulnérabilité. La sanction basique prévoit jusqu&rsquo;à 7,8 million de tenge (environ 12 600 euros) d&rsquo;amende ou 2 ans de prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/deux-femmes-kirghizes-temoignent-apres-setre-echappees-dun-mariage-force/">Deux femmes kirghizes s&rsquo;échappent d&rsquo;un mariage forcé</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les juges constatent que la victime a subi des violences, qu&rsquo;elle est mineure ou qu&rsquo;il y a eu un abus de position de pouvoir, l&rsquo;accusé peut encourir entre 3 à 7 ans d&#8217;emprisonnement. Dans le cas de blessures graves ou de décès, la peine d&#8217;emprisonnement peut varier de 5 à 10 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même loi introduit des infractions pour le « stalking », défini comme tout harcèlement persistant visant à traquer ou importuner une personne sans son consentement. Le texte prévoit des peines incluant 780 000 tenge (environ 1 260 euros) d&rsquo;amende et l&rsquo;obligation à participer à des travaux d&rsquo;intérêt général. En cas de récidivité, l&rsquo;accusé risque également un emprisonnement de 50 jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse politique et sociale attendue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme comble un vide légal. Auparavant, un auteur qui kidnappait une victime puis la libérait avant la condamnation pouvait échapper à toute résponsabilité pénale. Le nouveau cadre législatif répond à plusieurs années de pression venant de la société civile contre ces pratiques.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces évolution législatives s&rsquo;inscrivent dans un élan de modernisation du système judiciaire kazakh. L&rsquo;objectif est d&rsquo;élargir les protections des femmes et des enfants ainsi que de répondre aux recommandations internationales en termes de lutte contre l&rsquo;esclavage moderne et de violence domestique.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Evan Chaisson</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Rédacteur chez Novastan</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/">Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Emma Collet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 11:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux Sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traditions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=70430</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/">Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</a></p>
<p>Face à des injonctions sociales archaïques, les femmes tadjikes expriment leur épuisement à travers un nouveau langage codifié sur les réseaux sociaux. Avec en toile de fond la phrase « je suis tadjike », de nombreux messages de témoignages circulent depuis ces dernières années. « Je suis une femme tadjike et j’ai une force d’esprit inflexible qui me [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/">Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/">Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face à des injonctions sociales archaïques, les femmes tadjikes expriment leur épuisement à travers un nouveau langage codifié sur les réseaux sociaux. Avec en toile de fond la phrase « je suis tadjike », de nombreux messages de témoignages circulent depuis ces dernières années.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis une femme tadjike et j’ai une force d’esprit inflexible qui me permet de surmonter toutes les difficultés de la vie »</em>, affirme Madina Nigmatova, qui a pris part au mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le but de déconstruire les stéréotypes profondément ancrés dans la société tadjike, un nombre croissant de femmes et de jeunes filles à travers le pays s&rsquo;engagent régulièrement dans ce mouvement, célébrant une image forte de la femme à travers des tenues traditionnelles et des bijoux.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au-delà des rôles imposés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de se limiter aux rôles domestiques traditionnellement imposés aux femmes &#8211; cuisine, ménage, soins du foyer &#8211; que certains courants, comme celui des « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tradwife">Tradwives</a><em> »</em> aux États-Unis, remettent au goût du jour, la femme tadjike se saisit de la sphère numérique pour faire parler les luttes féministes. Madina Nigmatova, spécialiste et formatrice en marketing sur les réseaux sociaux, affirme que les femmes ont non seulement le droit mais aussi le devoir d’être visibles, épanouies dans leur carrière, créatives et pleinement actives dans le monde des affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous connaissons nos traditions, nous les respectons, nous les transmettons aux générations. Mais nous voulons vivre dans notre temps, en étant cultivées et indépendantes. La femme tadjike moderne a appris à concilier plusieurs rôles : participer aux compétitions, entamer n’importe quelle carrière, tout en s’occupant de leurs enfants et en gérant la maison »</em>, raconte-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-migrants-nourrissent-le-tadjikistan/">Comment les migrants nourrissent le Tadjikistan</a></strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement s&rsquo;inscrit dans un contexte où les femmes et les jeunes filles mariées au Tadjikistan ont un accès limité aux appareils électroniques et à Internet, souvent en raison du contrôle exercé par les familles. En effet, dans les foyers où les hommes travaillent à l&rsquo;étranger, les mères peuvent recevoir des smartphones au lieu des épouses, qui voient ainsi leur autonomie numérique limitée.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Déconstruction fine de préjugés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Madina Nigmatova, dans sa version du « Je suis tadjike », porte l’attention sur le stéréotype répandu de la femme accomplie qui, dans la société tadjike, est souvent perçue comme une femme divorcée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes modernes concilient facilement la vie familiale, l’accomplissement professionnel et l’épanouissement personnel : si certaines font de la pâtisserie, d’autres créent et gèrent des entreprises en ligne, tandis que d’autres encore sont maquilleuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan&nbsp;: entre tradition et répression</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lorsque les vidéos ont été partagées dans différents groupes, de nombreux commentaires affirmaient que, pour refléter la véritable image de la femme tadjike, il aurait fallu montrer comment cuisiner, balayer la cour ou traire les vaches. La femme tadjike, la </em><a href="https://en.wiktionary.org/wiki/kelin">kelinka</a><em>, ne se limite pas au rôle de servante, c’est une personne à part entière qui cherche à s’épanouir, à trouver un équilibre entre vie privée et carrière. J’éprouve une immense admiration pour elles »</em>, déclare Madina Nigmatova</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tendance de longue date</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance a vu le jour l’année dernière, lorsque plusieurs blogueuses ont partagé une vidéo commune, en affirmant être des femmes tadjikes sans que cela ne les empêche de <em>« construire une carrière », « vivre séparées de leurs parents », « s’habiller comme elles le veulent », « tenir un blog », « ne pas être mariées à 32 ans », « faire du business »</em>, ou encore <em>« créer une entreprise »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l’appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vidéo a suscité une vive polémique et une vague de haine, notamment parce que les jeunes filles s’exprimaient en russe tout en se présentant comme tadjikes. Pourtant, les réactions négatives n’ont pas réussi à venir à bout de la tendance. Au contraire, plus les commentaires malveillants se multiplient, plus cela accroît le sentiment de lassitude face aux injonctions sociales. Ce que les femmes taisaient autrefois par honte, elles l’expriment aujourd’hui avec plus de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des revendications multiples</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis tadjike, j’ai 26 ans et je retarde le mariage parce que j’ai peur de changements drastiques dans la vie ; l’institution du mariage m’effraie, car j’ai vu peu d’exemples réussis autour de moi »</em>, écrit Leila sur sa page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis tadjike&nbsp;: je me suis mariée à 37 ans. Ma fille unique a quatre ans et demi. Alors que moi, j’ai 43 ans. J’ai vécu et poursuivi mes études en Italie, plus précisément au sud. J’habite en Russie depuis 18 ans. Avant de devenir spécialiste des sourcils, j’ai travaillé pendant 12 ans comme styliste, acheteuse, responsable du service merchandising dans des grandes entreprises de Moscou&nbsp;»</em>, raconte Zarina.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l’arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis une femme tadjike qui a terminé l’école russe au Tadjikistan et je ne me suis pas mariée tout de suite. Je suis Tadjike et j’ai grandi dans une famille traditionnelle et non, je n’ai pas été réprimandée, nous ne nous sommes jamais disputés avant mon départ, au contraire, j’ai été véritablement soutenue&nbsp;»</em>, écrit Omina.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;</em><em>Je suis tadjike et je ne me permets pas de donner des conseils non sollicités, comme : “Un seul enfant, ce n’est pas suffisant, il faut en avoir un autre. Ce n’est pas dans tes plans ? Alors ton mari finira par te quitter.” »</em>, confie Chakhzoda.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis tadjike, et j’ai choisi délibérément d’épouser un Kazakh, tout simplement parce que c’est ce que je voulais. Quand je désire quelque chose, je refuse de me l’interdire »</em>, affirme Bargigoul.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le backlash et les réactions masculinistes</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces publications collectent régulièrement des milliers de vues et des centaines de commentaires. Les femmes laissent plutôt des réponses positives et inspirantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, portés par un fond de misogynie, les commentaires masculins sont en général loin d’être encourageants. On peut lire <em>«&nbsp;tes yeux ne sont pas ceux d’une Tadjike&nbsp;», «&nbsp;tu déshonores la nation&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;se marier avec un étranger anéantit le gène tadjik&nbsp;»</em>. Une multitude d’autres commentaires du même style visent à discréditer les activités et les prises de position de nombreuses femmes au Tadjikistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une procédure simple</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est possible d&rsquo;agrémenter la formule <em>« Je suis Tadjike »</em> de manière personnalisée en mentionnant quelque chose pour lequel on a été critiquée, ressenti de la honte ou qui est au contraire source de fierté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici des exemples&nbsp;: <em>«&nbsp;… et je gagne beaucoup plus que les hommes&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;… et je ne sais pas préparer du </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Plov"><em>plov</em></a><em>, et c’est très bien comme ça&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;… et je parle cinq langues&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/ces-femmes-tadjikes-sapproprient-les-professions-masculines/">Ces femmes tadjikes qui s’approprient les professions «&nbsp;masculines&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La vidéo est souvent filmée dans un cadre agréable, dans lequel les femmes se sentent en sécurité, et avec une posture qui se veut authentique. Des éléments traditionnels de la culture tadjike dans les tenues ou les décors sont souvent mis en avant, car promouvoir l’héritage patrimonial et les traditions n’est pas incompatible avec l’émancipation féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hashtags #jesuistadjike, #tadjikgirlpower, #jailedroit accompagnent souvent ces messages et permettent de les diffuser à une plus vaste échelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Nous sommes différentes, mais nous sommes tous tadjikes&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses filles tadjikes ont également participé à la tendance « duxtari tojik&nbsp;», signifiant fille tadjike. Dans ces vidéos, elles incarnent des femmes de différentes régions du pays, bousculant les frontières du régionalisme&nbsp;: un phénomène encore très présent dans la société tadjike.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accompagnée de la chanson de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Nobovar_Chanorov">Nobovar Chanorov</a>, chanteur tadjik, qui évoque les filles des différentes régions, l’accent est mis sur la richesse culturelle et l’identité régionale plutôt que sur la division géographique.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je ne savais pas qu’il existait autant de styles de vêtements traditionnels dans notre pays »</em>, confie Bahora dans l’une de ses vidéos. Ce à quoi plusieurs internautes émus répondent en soulignant l’amitié entre toutes les régions du Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est régulièrement diffusé dans plusieurs langues. À la demande de ses abonnés, la maquilleuse Farangis propose des looks inspirés des différentes régions du Tadjikistan, accompagnés de brèves explications en tadjik, en russe et en anglais. Ce mouvement dépasse les frontières du pays et inspire plus largement des femmes des pays voisins. C’est notamment le cas d’une blogueuse ouzbèke qui a également rejoint le mouvement, en présentant les robes de mariée des femmes tadjikes issues de différentes régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tendance unit les femmes tadjikes aux quatre coins du continent&nbsp;: depuis l’Iran ou la Chine, à chaque vidéo sa touche personnelle.</p>



<div class="wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La rédaction de Your.tj</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://your.tj/zhenshhiny-tadzhikistana-samovyrazhajutsja-cherez-trend-ja-tadzhichka-i/">russe</a> par Lisa D’Addazio</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Emma Fages</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
</div>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/">Les femmes du Tadjikistan se dévoilent à travers la tendance « Je suis Tadjike et… »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-tadjikes-se-devoilent-a-travers-les-reseaux-sociaux/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Mar 2025 10:25:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Polygamie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=69493</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a></p>
<p>Au Kazakhstan, le mariage religieux musulman, appelé neke, suscite de vives discussions. Si sa pratique est acceptée lorsqu’elle suit un mariage civil, elle devient source de tensions lorsqu’elle est utilisée pour légitimer la polygamie. Entre réglementation officielle et réalités sociales, le neke reflète les contradictions entre lois civiles et traditions religieuses. Le thème du nikah, [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, le mariage religieux musulman, appelé neke, suscite de vives discussions. Si sa pratique est acceptée lorsqu’elle suit un mariage civil, elle devient source de tensions lorsqu’elle est utilisée pour légitimer la polygamie. Entre réglementation officielle et réalités sociales, le neke reflète les contradictions entre lois civiles et traditions religieuses.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_du_mariage_dans_la_tradition_musulmane">nikah</a>, la cérémonie de mariage musulmane &#8211; neke en kazakh &#8211; ne fait pas l’unanimité. Si les autorités religieuses insistent sur la nécessité d’un mariage civil préalable, de nombreux cas démontrent que cette règle est souvent contournée. Pour certains, cette cérémonie est une formalité spirituelle supplémentaire après l’union civile, tandis que d’autres l’utilisent pour officialiser des mariages polygames.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ambiguïté crée des tensions au sein de la société kazakhe, où les normes islamiques et les exigences légales entrent fréquemment en conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réglementation officielle peu respectée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la Direction spirituelle des musulmans du Kazakhstan (DSMK), un mariage civil enregistré est requis avant de célébrer un neke dans une mosquée. L’imam est censé refuser de procéder à la cérémonie en l’absence de certificat officiel. Cependant, cette règle est souvent contournée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du procès de l’ex-ministre de l’Économie du Kazakhstan, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/laffaire-bichimbaiev-fera-evoluer-loi-violences-domestiques/">Kouandyk Bichimbaïev</a>, reconnu coupable du meurtre de son épouse Saltanat Noukenova, il est apparu que l’imam de la mosquée centrale, Kanat Kydyrmine, les avait unis à deux reprises par un neke, sans certificat de mariage civil. Ce manquement aux règles a conduit l’imam à répondre devant la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/laffaire-bichimbaiev-fera-evoluer-loi-violences-domestiques/">L’affaire Kouandyk Bichimbaïev fera-t-elle évoluer la loi contre les violences domestiques au Kazakhstan ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le théologien Abdousamat Makhat explique que cette exigence d’un mariage civil avant un neke vise à lutter contre les abus. Il rappelle que, selon la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">charia</a>, les époux doivent avoir atteint la maturité sexuelle (baligat) et donner leur consentement mutuel. Le mariage ne doit pas être prohibé, ce qui est le cas par exemple entre proches parents, et nécessite la présence d’un tuteur et de témoins. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mahr</a>, cadeau offert à la fiancée, est également une obligation. Enfin, le mariage doit être annoncé publiquement, au moins aux familles des époux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que l’enregistrement civil ne soit pas une exigence religieuse, la DSMK impose cette règle pour prévenir les dérives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La persistance de la polygamie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La polygamie, bien qu’officiellement interdite, reste pratiquée sous couvert du neke. Erbolat (le nom a été changé) raconte ainsi l’histoire de son père, qui a secrètement épousé la fille d’une ancienne camarade de classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son père, homme d’affaires prospère, était marié depuis ses études et avait offert à son fils un appartement. Lors d’une réunion d’anciens camarades, une femme lui présente sa fille de 35 ans, sans ressources. Il lui propose alors d’habiter temporairement l’appartement de son fils, parti à l&rsquo;étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des années plus tard, Erbolat découvre que son père a épousé cette femme par un neke et qu’ils ont un enfant de sept ans. La seconde épouse réclame alors un logement et une aide financière, tandis que le père tente de justifier la situation par la tradition musulmane. Sa première épouse, refusant cette polygamie, met son mari et sa seconde famille à la porte. Aujourd’hui, le père vit dans un appartement loué par son fils et a coupé les liens avec sa seconde femme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un enjeu sociétal et religieux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple d’Erbolat illustre les tensions qui entourent le neke au Kazakhstan. Entre la volonté de l’Etat de contrôler les mariages religieux et la persistance de pratiques traditionnelles, la question des mariages musulmans demeure un sujet d’actualité, divisant la société entre respect des lois civiles et revendications religieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2024, la DSMK a publié une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fatwa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fatwa</a> déclarant le mariage civil contraire à la charia. Cette décision relance le débat sur la légitimité du neke et met en lumière les contradictions qu’il soulève dans la société kazakhe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le théologien Abdousamat Makhat critique ce qu’il considère comme un double standard. Il estime que condamner le neke avec une seconde épouse tout en tolérant les infidélités au sein des mariages civils relève d’une incohérence. Selon lui, le neke apporte une reconnaissance religieuse aux relations conjugales, ce qui n&rsquo;est pas le cas des liaisons extraconjugales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/polygamie-au-tadjikistan-temoignages-de-deuxiemes-epouses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Polygamie au Tadjikistan : témoignages de deuxièmes épouse</strong>s</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le neke avec une deuxième épouse légitime au moins l’union devant Allah, contrairement aux relations adultères ou aux unions informelles. Pourtant, certains invoquent la laïcité pour justifier ces dernières. Pourquoi ce principe ne s’applique-t-il pas aussi au neke ? »</em>, interroge-t-il.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une hypocrisie sociale ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il va plus loin en dénonçant l’hypocrisie sociale entourant les relations extraconjugales. Selon lui, si la société accepte que certains hommes entretiennent des maîtresses en leur offrant des biens matériels, elle devrait aussi accepter que ces relations soient officialisées par un neke.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il existe des hommes qui financent des femmes, leur achètent des appartements, des voitures. Si l’on condamne la polygamie, alors il faudrait aussi condamner ces pratiques, car elles relèvent d’une même réalité qui, pourtant, n’est pas illégale »</em>, affirme-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que dit la loi et qui la viole ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de la Justice rappelle régulièrement que le Kazakhstan est un État laïc où la religion et le droit sont distincts. Ainsi, un mariage célébré uniquement selon des rites religieux n’a aucune reconnaissance légale. Officiellement, seul le mariage civil enregistré a une valeur juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, cela n’empêche pas certaines figures influentes de contourner la loi. L’ancien président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noursoultan_Nazarba%C3%AFev" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Noursoultan Nazarbaïev</a> lui-même a reconnu, dans son autobiographie <em>Ma vie, de la dépendance à la liberté</em>, avoir contracté un mariage religieux avec une jeune femme nommée Asel durant son mandat présidentiel. De cette union sont nés deux enfants, illustrant ainsi la persistance du double neke même au plus haut sommet de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les experts face à la polygamie cachée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats autour de la légalisation de la polygamie au Kazakhstan, comme dans d’autres républiques musulmanes de l’ex-URSS, ont émergé dès la chute de l’Union soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/baibiche-tokal-premiere-et-seconde-epouse/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Baïbiche et tokal : première et seconde épouse au Kazakhstan</strong></a> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’en 1998, la polygamie était passible de sanctions pénales. En 2001, le député du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A4j%C4%B1l%C4%B1s" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Majilis</a> Amangueldy Aïtaly fut le premier à proposer sa légalisation. D’autres parlementaires ont tenté par la suite d’introduire de telles réformes, mais sans succès. Malgré le rejet institutionnel, le phénomène continue de se développer, suscitant des inquiétudes croissantes. Les experts interrogés proposent différentes approches pour y remédier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La journaliste Janiya Ourankaïeva observe que le « mariage simultané » avec plusieurs femmes ne concerne plus seulement les citoyens ordinaires, mais aussi l’élite politique. Selon elle, une réforme législative est nécessaire pour interdire explicitement la polygamie et combler les lacunes actuelles du droit familial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En réalité, la polygamie est déjà officieusement tolérée, et c’est problématique. Nous vivons dans un pays laïc, qui ne suit pas la charia. La loi sur le mariage et la famille doit être mise à jour pour mieux protéger les femmes et les enfants. Aujourd’hui, ce qui n’est pas interdit par la loi est considéré comme autorisé. Certains hommes se justifient en invoquant l’islam, mais en réalité, ils appliquent uniquement ce qui les arrange. Il faut une interdiction claire et des sanctions spécifiques contre la polygamie »</em>, affirme-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelle réponse législative ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le député du Majilis Aïdarbek Khodjanazarov, du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_(Kazakhstan)" target="_blank" rel="noreferrer noopener">parti Respublika</a>, estime qu’un large dialogue avec la société est nécessaire avant toute réforme. Il ne perçoit pas de contradiction entre les lois laïques et musulmanes, rappelant que le non-respect des lois nationales constitue également une faute au regard de la charia.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Par exemple, griller un feu rouge ou frapper quelqu’un sont des infractions à la loi du pays, et par extension, à la charia, car celle-ci exige de respecter l’ordre établi »</em>, explique-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;inefficacité des sanctions financières</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les mesures à adopter, il juge inefficace l&rsquo;idée d’imposer des amendes, comme cela se pratique en Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lutte-contre-la-polygynie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>L’Ouzbékistan lutte contre la polygamie</strong></a> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Si l’on inflige des amendes aux femmes, on leur envoie un message contradictoire : nous protégeons vos droits, mais nous vous sanctionnons. Si elles sont imposées aux hommes, cela revient à dire : paye et continue. C’est comme une contravention pour excès de vitesse : les plus riches peuvent payer et contourner la loi »</em>, critique le député.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que musulman pratiquant, Aïdarbek Khodjanazarov propose une solution alternative : la publication d’une fatwa par la DSMK interdisant la célébration d’un neke sans documents officiels délivrés par l’État. Actuellement, la DSMK ne dispose que d’une fatwa interdisant la célébration d’un neke en ligne lorsque les fiancés et leur famille ne sont pas réunis physiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Une fatwa de ce type invaliderait automatiquement tous les mariages religieux conclus sans enregistrement civil. Ce serait une fiction pure et simple »</em>, estime-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des femmes vulnérables face à la loi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le neke n’ayant aucune valeur juridique, les femmes qui acceptent d’être secondes ou troisièmes épouses le font en toute connaissance de cause. Si cette pratique est admise dans certaines sociétés musulmanes, elle soulève de nombreuses questions, notamment sur le plan légal.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avocate kazakhe Janna Ourazbakhova met en lumière les conséquences juridiques auxquelles ces femmes sont confrontées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En cas de séparation, la femme ne peut pas revendiquer de droits sur les biens acquis durant le mariage. J’ai eu le cas d’une femme dans cette situation qui s’est vu refuser l’accès à son mari en détention, car leur union n’était pas reconnue. Si un enfant naît de cette union et que le père refuse de le reconnaître, la mère doit engager une procédure judiciaire pour établir sa paternité et réclamer une pension alimentaire »</em>, explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces problématiques croissantes, les autorités kazakhes restent passives. Aucune initiative législative concrète n’a été prise pour interdire formellement la polygamie ou renforcer la protection des femmes concernées.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aïnour Koskina</strong><br><strong>Journaliste pour Cabar Asia</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><strong>Traduit du <a href="https://cabar.asia/ru/mezhdu-svetskim-mozhno-i-religioznym-nelzya-o-musulmanskih-brakah-v-kazahstane">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Nine Apperry</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez </em><a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>répondre anonymement à ce questionnaire</em></a><em> ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jan 2025 07:45:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Violences domestiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=68459</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/">Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</a></p>
<p>Il existe en Ouzbékistan une forme particulière de violence sexiste : le contrôle et l’abus des belles-filles. C’est le produit d’une tradition qui veut que la jeune mariée quitte le foyer de ses parents pour emménager chez son mari et, souvent, les parents de celui-ci. Une partie de leur jeunesse est consacrée à devenir une [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/">Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/">Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il existe en Ouzbékistan une forme particulière de violence sexiste : le contrôle et l’abus des belles-filles. C’est le produit d’une tradition qui veut que la jeune mariée quitte le foyer de ses parents pour emménager chez son mari et, souvent, les parents de celui-ci. Une partie de leur jeunesse est consacrée à devenir une future kelin, un rôle dans lequel elles sont traitées comme facilement remplaçables, bien que les lignes soient lentement en train de bouger.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot ouzbek kelin provient de la racine verbale turcique <a href="https://en.wiktionary.org/wiki/Reconstruction:Proto-Turkic/k%E1%BA%B9l-">kel</a> qui signifie « venir ». Ainsi, kelin se traduit littéralement par « celui/celle qui vient » ou « celui/celle qui est amenée ». Les filles, dès leur plus jeune âge, sont traitées comme des invitées et élevées comme des kelins dans le foyer de leurs parents, où elles apprennent à faire les corvées et à soulager les membres du foyer. La plupart des filles en Ouzbékistan <a href="https://thediplomat.com/2024/07/brides-too-soon-the-rising-trend-of-early-marriages-in-uzbekistan/">se marient jeunes</a>, se vouant à une vie traditionnelle rude et pleine de mépris. Dans certains cas, elles le payent de leur vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Note de la rédaction : l’article décrit des scènes de violence qui peuvent choquer certains lecteurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Assassiner sa belle-fille parce qu&rsquo;elle a haussé le ton</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rasoulyon Imanov, 64 ans, <a href="https://publication.sud.uz/api/file/criminal/2170365">ouvre</a> la portière de sa voiture et en extrait sa belle-fille, Goulmira, par la tête. Elle gisait inconsciente, avec une respiration sifflante, sur la banquette arrière. Il dirige sa tête vers le sol, la saisit par les cheveux, et l’égorge avec le couteau qu’il transportait dans sa voiture, en partant du côté gauche. <em>« J’ai rapidement tranché sa gorge vu que le couteau était aiguisé et j’ai séparé la tête du corps en cassant les os »</em>, se souvient-il.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jour-là, le 1er octobre 2022, Rasoulyon, apercevant sa kelin en train de préparer le dîner, l’avait sommée de le faire correctement. Goulmira, mère de deux enfants, lasse des coups de son mari et des disputes avec sa belle-famille, lui dit en guise de réponse : <em>« Je vais essayer mais tu le mangeras tel qu’il sera fait »</em> et claque si fort la porte de la cuisine que la fenêtre dans le cadre se fissure. Quel genre de kelin manquerait ainsi de respect à ses beaux-parents ? Aux yeux de Rasoulyon, les kelins se doivent d’être obéissantes, serviles et de faire preuve de déférence en toute situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les traditions ouzbèkes mettent un point d’honneur au respect des aînés. Les parents qui élèvent des enfants, en particulier des garçons, ne sont jamais abandonnés à leur sort. Habituellement, le fils le plus jeune reste dans la maison des parents avec sa propre famille et hérite de la maison. Sa femme, devenue kelin, est censée se charger des besoins des beaux-parents. Goulmira s’est mariée avec le fils cadet de la famille Imanov, Khousniddin, en 2011.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Elle ne nous a bien servis que pendant un an »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les poings serrés, Rasoulyon entre dans la cuisine et inflige à Goulmira un seul coup sur la gorge, la faisant tomber inconsciente au sol. Seule sa respiration emplit alors le silence de la pièce. Sans hésitation, Rasoulyon l’amène à la voiture et part de la maison vers un flanc de colline dans les environs. Là-bas, il la décapite et se débarrasse du corps dans un ravin qui sert de décharge. Puis, il place la tête dans un sac et le pend à des genévriers plantés au bord de la route.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Elle ne nous a bien servis que pendant un an »</em>, a-t-il fait savoir à la cour, se remémorant l’escalade du conflit entre eux. <em>« La deuxième année, elle s’est mise à changer. »</em> Malgré les exhortations du père de Goulmira pour obtenir la peine la plus lourde possible, la cour condamne Rasoulyon à seulement 13 ans de prison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La violence envers les femmes : une crise nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les statistiques officielles sur la violence et le harcèlement envers les femmes en Ouzbékistan sont peu développées, mais l’ampleur des abus peut être déduit du nombre d’ordonnances de protection. En 2019, Tachkent a fait passer une <a href="https://lex.uz/docs/4494712?ONDATE=10.12.2021#6438986">loi</a> visant à protéger les femmes de la violence et du harcèlement, garantissant à celles demandant de l’aide des ordonnances de protection, initialement pour une durée d’un mois. En moyenne, <a href="https://thediplomat.com/2024/05/women-as-wives-how-uzbekistans-justice-system-fails-to-serve-women/">40 000</a> femmes en font la demande chaque année, <a href="https://www.qalampir.uz/uz/news/-2375-80686">85 %</a> des cas impliquant des membres de la famille proche, ce qui montre que la violence domestique est la forme d’abus la plus répandue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://www.gazeta.uz/oz/2022/12/20/researches/">étude</a> récente a montré que 26 % des participantes déclarent subir des formes d’abus ou de harcèlement de la part de leur mari en raison d’un manque de respect perçu par la belle-famille. Plus de 1 500 kelins ont cherché à être <a href="https://www.gazeta.uz/oz/2022/04/27/violence/">protégées</a> de leur belle-mère en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-quand-letat-promeut-une-vision-obeissante-de-la-femme/">Kazakhstan : quand l’État promeut une vision obéissante de la femme</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A celà s’ajoute le fait que 600 femmes se <a href="https://daryo.uz/2021/01/08/mahalla-vazirligi-2020-yilda-900-nafardan-ortiq-ayol-oz-joniga-qasd-qilgan">suicident</a> chaque année. Pendant le confinement, lors de la pandémie de coronavirus, alors que les femmes étaient <a href="https://iep-berlin.de/en/projects/enlargement-neighbourhood-and-central-asia/eurasia/studie-gbv/">confinées</a> avec leurs maris et leurs belles-familles, ce sont 900 femmes qui se sont ôté la vie. Le ministère du Soutien à la mahalla et à la famille <a href="https://www.youtube.com/watch?v=c4bepjwcIi4&amp;t=2489s">indiquait</a> que les femmes se suicidaient principalement à cause de conflits avec leurs maris ou leurs belles-familles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Je n&rsquo;ai jamais eu un jour paisible ici »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Si je meurs, viens chercher mon corps </em>(avant l&rsquo;enterrement, ndlr)<em> à la maison de ta grand-mère, pas ici »</em>, a <a href="https://publication.sud.uz/api/file/criminal/2413589">dit</a> Zilola doucement à son garçon de 13 ans, Sardor, alors qu’elle le bordait pour ce qu’elle savait être la dernière fois. La maison où elle avait passé 17 ans lui donnait alors l’impression d’une prison. Ses beaux-parents voulaient se débarrasser d’elle, pressés de la remplacer par une nouvelle kelin, plus jeune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/baibiche-tokal-premiere-et-seconde-epouse/">Baïbiche et tokal&nbsp;: première et seconde épouse au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle était heureuse d’avoir pu, les jours précédents, faire ses adieux à sa fille, Sabrina, lui confiant ses bijoux en or en guise de souvenir. <em>« Prends soin de ton frère. Je n’ai jamais eu un jour paisible ici, mais vous vivez bien »</em>, intime-t-elle à sa fille de 15 ans. <em>« Ne laisse pas ton frère à ton père. Si quelque chose m’arrive, ton oncle s’occupera de vous deux »</em>, ajoute-t-elle, s&rsquo;accrochant à une faible lueur d&rsquo;espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Zilola s’est mariée avec Soyib Mouftillaïev, un berger, un jour chaud du mois d’octobre 2006. Depuis lors, Soyib et sa sœur aînée Sabriya Mouftillaïeva lui ont sans arrêt fait subir des brimades physiques et verbales. La situation a empiré dès lors que Soyib a pris la décision de prendre une nouvelle épouse.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a></a><strong>Le tabou du divorce</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup de femmes en Ouzbékistan, le divorce n’est pas une option acceptable, même quand le mariage dégénère. Les femmes divorcées sont stigmatisées et doivent supporter une honte considérable. Elles sont souvent contraintes de se remarier à un divorcé ou de devenir une <a href="https://thediplomat.com/2022/02/uzbekistans-second-wives-marry-in-secret-and-suffer-without-legal-protections/">seconde épouse</a>. Les ex-époux <a href="https://kun.uz/news/2020/07/17/farzandning-haqi-otalik-majburiyati-alimentning-huquqiy-va-diniy-asoslari-haqida?q=%2Fuz%2Fnews%2F2020%2F07%2F17%2Ffarzandning-haqi-otalik-majburiyati-alimentning-huquqiy-va-diniy-asoslari-haqida">esquivent</a> souvent <a href="https://platina.uz/o'z/2023/04/11/2022-yilda-73-ta-14-yoshga-tolmagan-bola-bilan-jinsiy-aloqaga-kirishish-jinoyati-sodir-etilgan-manba">la pension alimentaire</a> et ne s’investissent pas dans l’éducation des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir du moment où Soyib s’est résolu à épouser une nouvelle femme prétextant un manque d’intimité, la belle-soeur de Zilola a redoublé de cruauté envers elle. Elle humiliait Zilola en présence d’autres personnes, la battait et la dénigrait sans cesse. <em>« Je vais marier mon frère à une autre femme, tu ne sais pas t’occuper de lui correctement »</em>, disait Sabriya à Zilola. <em>« Je vais lui amener une autre femme et tu vas quitter cette maison. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lutte-contre-la-polygynie/">L’Ouzbékistan lutte contre la polygamie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://thediplomat.com/2023/12/uzbekistan-takes-a-stance-against-promoting-or-endorsing-polygamy/">polygamie</a> est illégale en Ouzbékistan. Cependant, des centaines de milliers d’hommes entretiennent une seconde ou une troisième épouse non déclarée aux autorités. Les <a href="https://thediplomat.com/2022/02/uzbekistans-second-wives-marry-in-secret-and-suffer-without-legal-protections/">secondes épouses</a> ne sont pas protégées par la loi ; pourtant, les femmes divorcées qui, d’après les standards de la société, ont <em>« expiré »</em>, acceptent de le devenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois ans de prison pour avoir poussé au suicide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sabriya a trouvé une jeune femme pour son frère et insisté pour que Zilola quitte la maison quelques jours, de sorte que la nouvelle kelin puisse visiter le nouveau foyer. <em>« Que tu quittes la maison ou pas, nous allons faire venir la nouvelle kelin demain »</em>, ont dit Soyib et sa soeur à Zilola pour l’humilier et la dévaloriser une dernière fois devant leurs proches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nuit-là, après avoir couché son fils, Zilola a installé une bonbonne de gaz propane de cinq kilos dans le réfrigérateur et a ouvert la valve, permettant ainsi au gaz de s’échapper. Elle ne pouvait pas supporter qu’une autre femme vive dans la maison, elle préférait la détruire que la quitter. Elle s’est pendue avec un câble électrique, le gaz a provoqué une puissante explosion, faisant s’écrouler la pièce et l’ensevelissant sous les décombres.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, Soyib et Sabriya ont été reconnus coupables d’avoir poussé Zilola au suicide et ont été condamnés à trois ans de prison chacun.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vie de servitude et de contrôle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le travail physique qui est à la racine de la violence domestique envers les kelins. Celles-ci doivent se lever tôt le matin, avant tout le monde, et faire toutes les corvées dans la maison. Elles ne peuvent travailler ou étudier qu’à condition de concilier leur activité avec les charges ménagères et sous réserve de l’accord du mari et de la belle-famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour cette raison, beaucoup de jeunes femmes arrêtent leurs études après le mariage. Une récente <a href="https://kun.uz/news/2021/06/03/erta-turmushga-berilgan-ayollarning-yarmidan-kopi-oqishini-davom-ettirmagan-tadqiqot">étude</a> a révélé que seules 37,6 % des jeunes mariées poursuivaient leurs études après le mariage.&nbsp;Presque 40 % indiquent qu’elles n’ont pas pu continuer leurs études à cause de l’opposition de leur mari (25,6 %) ou de la belle-famille (13,3 %).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://gender.stat.uz/uz/asosiy-ko-rsatkichlar/mehnat">taux de chômage</a> des femmes est le double de celui des hommes, avec 872 900 femmes sans emploi contre 459 800 hommes. Les femmes mariées sont victimes d’un taux de chômage plus <a href="https://strategy.uz/index.php?news=1255&amp;lang=uz">élevé</a> que les femmes célibataires, avec 56 % pour les premières contre 36 % pour les secondes. Une autre enquête <a href="https://strategy.uz/index.php?news=1255&amp;lang=uz">indique</a> que 43 % ne cherchent pas de travail à cause des charges domestiques, comme s’occuper des enfants ou des personnes âgées de la famille, tandis que seuls 7 % des hommes avançaient cette même raison. De plus, les femmes employées <a href="https://www.spot.uz/oz/2022/11/26/pmti-analysis/">gagnent</a> 39 % de moins que les hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/la-vie-loin-des-contes-de-fees-des-femmes-de-samarcande/">La vie loin des contes de fées des femmes de Samarcande</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces facteurs contribuent à entretenir la dépendance des jeunes femmes envers leur mari et leur belle-famille, ce qui les force souvent à endurer l’abus et le harcèlement en silence. Même quand les maris, travailleurs migrants, s’absentent pendant des mois voire même des années, leurs épouses vivent avec la belle-famille, la servant avec patience.<strong></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Pars, ou je te tue »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le matin du 21 mai 2023, Goulimmet Djoumanov menace une nouvelle fois sa kelin, Odila : <em>« Retourne chez tes parents, sinon je te tue. »</em> Le mari d’Odila, Anvar, travailleur migrant en Russie, l’avait laissée avec ses deux enfants chez ses parents. Officiellement, <a href="https://m.kun.uz/news/2024/09/20/rossiyadagi-eng-kop-mehnat-muhojirlari-ozbekiston-fuqarolari-ekani-malum-qilindi">1,8 millions</a> d’Ouzbeks travaillent actuellement en Russie. Les chiffres du travail informel pourraient être bien supérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La relation était tendue depuis de nombreuses années entre Odila et ses beaux-parents. La suspectant d’infidélité, ils avaient divisé la maison, confinant Odila et ses enfants d’un côté, et avaient installé deux caméras pour scruter le moindre de ses mouvements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été rapporté que ce jour-là,&nbsp;Goulimmet avait battu Odila une nouvelle fois.&nbsp;Désespérée, elle avait appelé sa famille, en la suppliant : <em>« Venez me chercher, ma belle-mère veut me chasser. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est après avoir consommé de l’alcool que Goulimmet s’est emparé d’un couteau de cuisine. Sa femme, Gavhar*, se tenait devant la porte d’Odila, la pressant de partir. Cachant le couteau dans une chaussette, Goulimmet écarte sa femme et entre dans la chambre d’Odila. Sous le regard horrifié de ses petits-enfants âgés de 9 et 11 ans, il assène un coup de couteau à Odila dans la cuisse. Saisie de douleur, elle court vers l’extérieur. Goulimmet la rattrape alors qu’elle s’effondre dans le jardin de la maison. Il la poignarde dans la poitrine puis encore six ou sept fois dans d’autres parties du corps.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Je ne voulais que l&rsquo;intimider »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il jette le couteau de côté. Ignorant les voisins qui accourent inquiétés par le bruit, Goulimmet se dirige vers la maison de son propre frère sous les cris de sa femme : <em>« Tu [l&rsquo;] as tuée! »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je ne voulais que l’intimider »</em>, a-t-il plaidé pendant le procès. Il a écopé de 16 ans de prison.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Note : les noms des différents protagonistes sont ceux renseignés dans les documents judiciaires. La présence d’un astérisque indique que le nom a été changé parce qu’absent des documents.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les documents portant sur des cas d’homicides traités par des tribunaux locaux ont été collectés dans le cadre du projet de recherche </em><a href="https://eca.unwomen.org/en/stories/in-focus/2024/06/in-focus-femicide-research-in-kazakhstan-tajikistan-and-uzbekistan"><em>Data4Women</em></a><em> : Expanding the Existing Database to Tackle Femicides in Uzbekistan (Étendre la base de données pour lutter contre les féminicides en Ouzbékistan), soutenu par </em><a href="https://eca.unwomen.org/en"><em>ECA UN Women</em></a><em>, programme auquel participe l’autrice. Celle-ci voudrait exprimer sa gratitude envers les membres de l’équipe de recherche, Svetlana Dzardanova, Deniz Nazarova et Goulnoza Akhmedova, ainsi qu’à la cheffe d’équipe Savia Hasanova pour leurs précieuses contributions. ECA UN Women mérite tout particulièrement des remerciements pour l’organisation et le financement de la recherche.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’article est le produit d’un travail personnel de l’autrice. Ses conclusions et opinions ne reflètent pas nécessairement la position officielle ou l’approbation d’ECA UN Women ou des membres de l’équipe du projet.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Niginakhon Saida</strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan English</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l&rsquo;<a href="https://novastan.org/en/uzbekistan/bound-by-tradition-silent-suffering-of-daughters-in-law-in-uzbekistan/">anglais</a> par Arnaud Behr</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/">Le fardeau de la tradition : la souffrance silencieuse des kelins en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/fardeau-tradition-souffrance-silencieuse-kelins-en-ouzbekistan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Nov 2024 08:50:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=67264</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</a></p>
<p>Au Tadjikistan, une interdiction frappe les vêtements dits «&#160;étrangers à la culture tadjike&#160;». D’après les autorités, cette catégorie inclut principalement les habits islamiques, désormais associés à un risque de radicalisation religieuse. Le Tadjikistan a renforcé son contrôle sur les choix vestimentaires des femmes en juin dernier, en invoquant la préservation des traditions et la prévention [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</a></p>
<p><strong>Au Tadjikistan, une interdiction frappe les vêtements dits <em>«&nbsp;étrangers à la culture tadjike&nbsp;»</em>. D’après les autorités, cette catégorie inclut principalement les habits islamiques, désormais associés à un risque de radicalisation religieuse.</strong></p>
<p>Le Tadjikistan a renforcé son contrôle sur les choix vestimentaires des femmes en juin dernier, en invoquant la préservation des traditions et la prévention de la radicalisation religieuse, rapporte <a href="https://rus.azattyq.org/a/in-tajikistan-clerics-and-government-officials-are-deciding-what-women-should-wear/33062554.html">Radio Azattyq</a>, la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe. Sous couvert d’une <a href="https://perma.cc/8LLS-E8S2">loi</a> ambiguë sur les vêtements <em>"contraires à la culture nationale"</em>, les autorités tadjikes limitent le port de vêtements islamiques, considérés comme incompatibles avec les caractéristiques culturelles et traditionnelles du pays.</p>
<p>Alors que ces mesures . . .</p>

<div style = "background-image: linear-gradient( rgba(249, 246, 231, .7),rgba(249, 246, 231, .7) ),
		url('https://novastan.org/fr/wp-content/themes/theme/images/patterna6ce39.svg');
			background-repeat: repeat;
			background-size: 30%;
			background-position: center;"
	 class ="subscribe-box-restrict flex flex-col sm:items-center bg-primary-100 rounded-lg border-b-8 border-accent-500 py-10 px-10 box-content text-center my-12 ">
	
		<p class="text-2xl">Vous avez encore 80 % de cet article à découvrir!
<span class="text-accent-700 font-bold">Abonnez-vous maintenant pour seulement 3€ par mois</span></p>	
	<a class="block rounded bg-accent-500 text-primary-800 p-2 px-4 my-4 font-bold" href="/sabonner">
		S’abonner	</a>
	<p class="">Déjà abonné ?		<a href="/wp-admin/" class="text-secondary-500 underline">
			Se connecter		</a>
	</p>

	<p class="font-alegreya mt-8">
	En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l'Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! Grâce à vos abonnements, nous pouvons rémunérer nos correspondants en Asie centrale.	</p>
</div>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/">Contrôle de l’habillement des femmes au Tadjikistan : entre tradition et répression</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/controle-habillement-femmes-tadjikistan-tradition-repression/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Faut-il renforcer l&#8217;arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 14:40:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Violences domestiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=67090</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l&rsquo;arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a></p>
<p>La question des violences sexistes reste jusqu’à présent un gros problème pour le Tadjikistan, en dépit des lois et mesures prises par le gouvernement. Sont-elles assez efficaces ou faut-il les durcir ? Selon le Bureau des droits de l’Homme et de l’État de droit, entre 50 et 80 % des femmes et des enfants subissent [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l&rsquo;arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l&rsquo;arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>La question des violences sexistes reste jusqu’à présent un gros problème pour le Tadjikistan, en dépit des lois et mesures prises par le gouvernement. Sont-elles assez efficaces ou faut-il les durcir ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le <a href="https://www.bhr.tj/analytics/problemu-nasilia-v-seme-v-tadzikistane-hotat-resit-putem-prinatia-zakona-o-zasite-ot">Bureau des droits de l’Homme et de l’État de droit</a>, entre 50 et 80 % des femmes et des enfants subissent des violences au Tadjikistan. Selon l’ONU, un tiers des femmes au Tadjikistan a subi des violences de la part de son mari et des membres de sa famille, mais peu d’entre elles appellent à l’aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences sexistes se sont profondément implantées dans les structures sociales et culturelles, ainsi que dans les normes et valeurs qui dirigent la société, et sont souvent accompagnées d’une culture de déni et d’invisibilisation.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences sexistes peuvent avoir lieu aussi bien dans l’espace privé que dans la sphère publique et concernent, souvent, précisément les femmes. Ces violences peuvent être sexuelles, physiques, psychologiques, reproductives ou socio-économiques et prendre des formes différentes, de la violence verbale et la haine sur Internet, jusqu’au viol ou au meurtre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’influence des stéréotypes et des rôles de genre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les rôles de genre traditionnels demandent des femmes tadjikes qu’elles soient soumises, qu’elles tolèrent la violence et qu’elles corrigent leur comportement pour éviter le jugement de l&rsquo;entourage et les conflits au sein de la famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans beaucoup de familles tadjikes, les jeunes femmes n’ont pas le droit d’exprimer leur opinion et de s’opposer aux hommes. Toute action susceptible d’entraîner la colère de l’homme ou de le contrarier peut être accompagnée de lourdes conséquences physiques et économiques ou de violence psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-1001-embuches-des-femmes-au-tadjikistan/">Les 1001 embûches des femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, l’accès des femmes à l’éducation dépend aussi des hommes. D’après le rapport national sur la mise en place de la&nbsp;Convention sur l’élimination des discriminations faites aux femmes, les facteurs clefs empêchant l’arrivée à l’égalité des genres au Tadjikistan sont le manque d’opportunités égales et les problèmes d’accès à l’éducation que rencontrent les filles. Ainsi, le faible accès des femmes à l’éducation mène à une augmentation du nombre de mariages précoces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données de l’ONU, au Tadjikistan, une femme sur cinq est victime de violences domestiques venant du mari, de la belle-mère ou d’autres membres de la famille. Seulement une femme sur dix demande de l’aide. De plus, beaucoup de femmes n’ont aucun droit de propriété et dépendent économiquement de leurs partenaires, ce qui les oblige à ne pas mettre fin au mariage, même en cas de violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les mesures de prévention contre les violences sexistes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Tadjikistan, les violences domestiques ne sont toujours pas une infraction pénale à part.&nbsp;En 2013, le gouvernement a adopté <a href="https://www.ilo.org/dyn/natlex/docs/ELECTRONIC/94868/111490/F1123656258/TJK94868.pdf">une loi</a> sur <em>«&nbsp;la prévention de la violence dans la famille&nbsp;»</em> qui permet aux victimes de signaler les actes de violence qu’elles ont subi aux forces de l’ordre, bien que ces dernières ne soient pas obligées d’ouvrir une enquête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu d’enquêter sur les actes de violence familiale et de poursuivre les coupables, il est souvent recommandé aux victimes de se réconcilier avec leur agresseur. Cependant, selon cette loi, les autorités compétentes peuvent produire une ordonnance de protection contre les auteurs de violences au sein de la famille.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette interdiction peut inclure l’interdiction de toute forme de surveillance, de visite, de négociations et d’autres types de relations qui restreignent les droits et libertés de la victime. Le non-respect des conditions posées par cette interdiction n’entraine pas seulement une amende mais également une arrestation pouvant aller de cinq à 15 jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conformément à l’article <a href="https://andoz.tj/docs/zakoni/%D0%9A%D0%BE%D0%B4%D0%B5%D0%BA%D1%81%20%D0%A0%D0%B5%D1%81%D0%BF%D1%83%D0%B1%D0%BB%D0%B8%D0%BA%D0%B8%20%D0%A2%D0%B0%D0%B4%D0%B6%D0%B8%D0%BA%D0%B8%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%20%D0%BE%D0%B1%20%D0%B0%D0%B4%D0%BC%D0%B8%D0%BD%D0%B8%D1%81%D1%82%D1%80%D0%B0%D1%82%D0%B8%D0%B2%D0%BD%D1%8B%D1%85%20%D0%BF%D1%80%D0%B0%D0%B2%D0%BE%D0%BD%D0%B0%D1%80%D1%83%D1%88%D0%B5%D0%BD%D0%B8%D1%8F%D1%85.pdf">93.1</a> du Code des infractions administratives de la République du Tadjikistan, la violence au sein de la famille est passible d’une amende de 120 à 200 somonis (10,4 à 17,3 euros). Les victimes peuvent également intenter une action en vertu du code pénal, mais elles ont la charge de prouver qu’elles ont été victimes d’un <em>«&nbsp;préjudice corporel intentionnel&nbsp;»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Privilégier « la réconciliation »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, cela signifie que la police exige souvent que les victimes présentent des rapports médicaux attestant de leurs blessures avant même que les agents ne commencent à enquêter, même lorsque des signes de violence sont clairement visibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 19 juillet 2022, le gouvernement a adopté une loi <em>«&nbsp;sur l’égalité et l’élimination de toutes les formes de discrimination&nbsp;»</em>. En vertu de l’article 4, toute personne au Tadjikistan est égale devant la loi et devant les tribunaux et a droit à une protection effective contre toutes les formes de discrimination.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute personne ou groupe de personnes qui estime avoir fait l&rsquo;objet d&rsquo;une discrimination a le droit de saisir les tribunaux et d’autres institutions pour faire valoir ses droits. Néanmoins, les victimes de violences familiales sont souvent privées de soutien et de recours en raison de l’absence d’un cadre juridique interne couvrant tous les aspects de ce problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Souvent, la réconciliation et le maintien de l&rsquo;unité familiale sont une priorité pour les proches et pour les représentants des autorités, y compris la police. La médiation visant à réconcilier les victimes avec leurs agresseurs est envisagée et même promue comme une solution alternative aux poursuites judiciaires et à la protection effective des victimes.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Nodira Satyvaldieva<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20231230/gendernoe-nasilie-chto-eto-prestuplenie-ili-pravonarushenie">russe</a> par Mathilde Garnier</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Judith Robert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/">Faut-il renforcer l&rsquo;arsenal juridique contre les violences sexistes au Tadjikistan ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-violences-sexistes-crimes-ou-delits/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment les femmes ouzbèkes ont refusé de porter le parandja</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 10:34:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Burqa]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=67007</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/">Comment les femmes ouzbèkes ont refusé de porter le parandja</a></p>
<p>Pour les femmes ouzbèkes des années 1920, le 8 mars est le symbole de la lutte pour l’égalité. Ce même jour durant l’année 1927, elles retiraient leur parandja en public. Un correspondant de Gazeta.uz, Jahongir Azimov, a enquêté sur la manière dont les autorités ont encouragé les femmes à « se libérer ». Quelles étaient leurs motivations [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/">Comment les femmes ouzbèkes ont refusé de porter le parandja</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/">Comment les femmes ouzbèkes ont refusé de porter le parandja</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour les femmes ouzbèkes des années 1920, le 8 mars est le symbole de la lutte pour l’égalité. Ce même jour durant l’année 1927, elles retiraient leur parandja en public. Un correspondant de Gazeta.uz, Jahongir Azimov, a enquêté sur la manière dont les autorités ont encouragé les femmes à « se libérer ». Quelles étaient leurs motivations et quelle a été la réaction de la société ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« On ne peut pas parler d’une véritable émancipation des femmes, d’une véritable égalité, tout en maintenant le parandja. Tant qu’il y aura le parandja, il sera difficile de résoudre d’autres problèmes. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est par ces mots prononcés le 8 mai 1927, jour du lancement officiel de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Hujum">la campagne du Khoudjoum</a>, que le deuxième secrétaire général du Parti communiste d’Ouzbékistan, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akmal_Ikramov">Akmal Ikramov</a>, s’adressa aux lecteurs du journal d’Etat <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pravda_Vostoka">Pravda Vostoka</a>. Ses mots résument la position des pouvoirs locaux sur l’habit féminin : il faut éradiquer le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranja">parandja</a>, une robe traditionnelle d&rsquo;Asie centrale qui couvre tout le corps et le visage, pour libérer les femmes.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">La journée internationale de la Femme en Ouzbékistan est considérée comme une célébration de la féminité, de la sophistication et de la douceur. Toutefois, pour les Ouzbèkes de l’année 1927, le 8 mars était le symbole du début d’une longue bataille pour l’égalité. Elles sont allées dans les rues protester, puis ont jeté et brûlé leur parandja. <em>« A l&rsquo;attaque » </em>était un slogan fréquent parmi les défenseurs de cette interdiction, les militants, les politiciens et les médias. D’où le nom de la campagne du Khoudjoum, <em>« l’offensive »</em>. Cependant, derrière la position persistante d’éradication du parandja se cachent les massacres de femmes et d’hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un correspondant du média&nbsp;ouzbek <a href="https://www.gazeta.uz/en/">Gazeta.uz</a>, Jahongir Azimov, a étudié comment le journal de l’époque Pravda Vostoka&nbsp;couvrait le Khoudjoum, ce que les chercheurs ont écrit sur ce mouvement et quelles leçons peuvent être tirées de l’histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’histoire de la propagande</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a longtemps été considéré que les autorités soviétiques avaient libéré la femme d’Orient à travers le Khoudjoum. Les documents du journal Pravda Vostoka sont en accord avec cette rhétorique. <em>“Le pouvoir soviétique a donné l’égalité aux femmes. Il a changé les femmes des peuples d’Asie centrale, esclaves impuissantes, en des personnes et des citoyennes de la grande Union des Républiques socialistes soviétiques »</em>, proclamait haut et fort la résolution du comité exécutif central des conseils de la République soviétique d’Ouzbékistan, qui fut imprimé sur la première page du journal du 8 mars 1927.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/journee-du-8-mars-a-almaty-les-femmes-ont-toute-leur-place-en-politique/">Comment le 8 mars était célébré en Ouzbékistan entre 1920 et 1990</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’image de la femme ouzbèke comme <em>« esclave cachée du soleil »</em> se retrouve dans tous les articles. Ce sont ces mots exacts qu’utilise l’autrice et militante <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Clara_Zetkin">Clara Zetkin</a> pour célebrer les femmes d’Asie centrale : <em>« Une lourde couverture couvrait bien plus que votre visage. Elle tombait lourdement sur vos âmes et vos cœurs tourmentés. Le vieil Orient, monde de l’esclavage et de l’oppression, d’épouses asservies. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travailleur du Parti soviétique <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Isaak_Zelensky">Isaak Zelenski</a>, à la tête de l’Ouzbékistan soviétique en 1929, écrit dans son article <em>« Sans aucun doute »</em> que seules les femmes libérées ont l&rsquo;opportunité de <em>« suivre le chemin de la consommation culturelle »</em>.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il est drôle, absurde et réactionnaire de penser qu&rsquo;on puisse d&rsquo;abord enseigner à toutes les femmes à lire et écrire, puis ensuite mener la lutte pour leur émancipation »</em>, écrit-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La lutte ciblée contre le parandja</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Pravda Vostoka regorge de stéréotypes sur l’image des femmes. La raison n’en est pas tant le parandja que la lutte idéologique. Le parandja est devenu un symbole de l’émancipation. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Harold_Lasswell">Harold Lasswell</a>, pionnier de l&rsquo;étude de la communication de masse, explique qu’une propagande efficace nécessite des symboles car ils évoquent certaines émotions. <em>« Le principal objectif de notre agitation devrait être dirigé vers le parandja. Bien entendu, il ne s&rsquo;agit pas que d&rsquo;une histoire de parandja. Il n’est que le début d&rsquo;un long et persistant travail »</em>, écrit ainsi Akmal Ikramov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité est que la création d’images stéréotypées n’était pas la seule méthode de propagande contre le parandja. Par exemple, dans un article sur une réunion de médecins, il est dit que ce vêtement nuit à la santé des femmes et des enfants. Un certain professeur Osinovski note que le parandja pourrait transmettre des infections à l’enfant.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="624" height="359" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/Image1.png" alt="Journal Pravda Vostoka Parandja 1927" class="wp-image-67020" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/Image1.png 624w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/Image1-300x173.png 300w" sizes="(max-width: 624px) 100vw, 624px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;article d&rsquo;Akmal Ikramov publié dans la Pravda Vostoka le 8 mars 1927. Photo : Bibliothèque nationale d&rsquo;Ouzbékistan Alicher Navoï / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il affirme : <em>« Ainsi, l’enfant se trouvant sous le parandja reçoit une quantité insuffisante d’air frais et, de plus, le parandja isole l’enfant du monde extérieur, [&#8230;] ce qui ralentit son développement psychique. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet article, les médecins expliquent que le parandja provoque de la fatigue oculaire, une surchauffe du corps et des maladies de peau. Une note explique comment une femme locale a dû emmener son enfant chez le docteur. Une photo de cette femme est accolée au texte, avec son voile soulevé pour montrer son visage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des témoignages de femmes contre le parandja</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le moteur de la propagande était les témoignages personnels des femmes ayant retiré leur parandja. Les jeunes filles expliquaient les raisons de leur refus de le porter. Beaucoup avaient entre 12 et 14 ans et étaient mariées à des hommes adultes, souvent âgés de 40 à 70 ans. Certains d’entre eux décédaient peu de temps après le mariage. Le refus de porter le parandja pour les héroïnes de ces récits était une lutte intérieure contre l’injustice ou les coups de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je n’avais que 15 ans lorsqu’on m’a donnée en mariage. A 20 ans, j’ai dû travailler seule à la suite du décès de mon mari, il fallait nourrir les enfants. J’étais femme de ménage, blanchisseuse et cousait des tioubeteïkas </em>[chapeaux traditionnels, ndlr]<em>« </em>, raconte une femme de <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ferghana-berceau-de-civilisations-multiculturel/">Ferghana</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre femme de Ferghana a été donnée en mariage à l’âge de 12 ans à un homme inconnu. Elle voulait étudier mais son mari ne le lui a pas permis. <em>« Je n’ai retiré le parandja qu’en février 1927, j&rsquo;avais encore peur des</em> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mollah"><em>mollahs</em></a><em> et des </em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%C4%AAsh%C4%81n"><em>ishans</em></a><em>. Ils pouvaient me faire du mal. D’autres femmes aussi avaient peur d’eux »</em>, raconte-t-elle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="639" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911-1024x639.jpg" alt="ouzbékistan femmes travailleuses" class="wp-image-67049" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911-1024x639.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911-300x187.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911-768x480.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911-1536x959.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3337-3363-4735-b763-666362663665__img_3911.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">La Pravda Vostoka montre régulièrement des femmes au travail dans ses colonnes. Photo : Bibliothèque nationale d&rsquo;Ouzbékistan Alicher Navoï / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pravda Vostoka a cherché à montrer un monde alternatif au mode de vie traditionnel : le travail et les études. Les femmes n&rsquo;avaient à travailler que dans les usines, selon les journaux. Sur l’une des photographies, une femme avec son visage découvert trie des boîtes de cigarettes dans une usine à tabac. Sur une autre, des femmes brodent dans une usine de textiles. La légende des photos indique : <em>« Bonjour aux travailleuses et aux fermières d&rsquo;Asie centrale »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;avis des historiens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 mars 1927 est le point de départ de la campagne du Khoudjoum, mais cela ne concorde pas avec le début du mouvement pour l’égalité des femmes en Ouzbékistan. L’historienne ouzbèke <a href="https://scholar.google.com/citations?user=M9k3opcAAAAJ&amp;hl=ru">Dilorom Alimova</a> a beaucoup écrit sur le sujet, comme son étudiante américaine <a href="https://ceus.indiana.edu/people/current-faculty/kamp-marianne.html">Marianne Kamp</a>, autrice du livre <a href="https://www.amazon.com/New-Woman-Uzbekistan-Publications-International/dp/0295988193/ref=tmm_pap_swatch_0?_encoding=UTF8&amp;qid=&amp;sr="><em>The New Woman in Uzbekistan : Islam, Modernity, and Unveilling Under Communism</em></a>. Leurs études ont noté que le début de la campagne avait été précédé d’une longue lutte pour l’égalité homme-femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/">Ouzbékistan : un vaste programme pour soutenir les femmes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Parti n’a pas jeté les bases afin de préparer les femmes au retrait du parandja. Depuis une dizaine d’années, des progressistes, femmes comme hommes, ont tenté de rendre possible le retrait du parandja et de populariser cette pratique. Toutefois, ils se sont heurtés à une société dans laquelle les leaders religieux prêchaient que cela était un peché pour une femme de montrer son visage »</em>, écrit Marianne Kamp dans son ouvrage.&nbsp;Ce fait historique soulève une question : pourquoi les femmes ont finalement retiré leur parandja et quel était l’objectif du Khoudjoum ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marianne Kamp a interrogé des femmes qui ont participé au Khoudjoum. Celles qui ont retiré le parandja avant 1927 étaient principalement des fonctionnaires, des étudiantes, ainsi que des membres des familles des travailleurs du Parti ou des représentants du mouvement du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jadidisme">jadidisme</a>, un courant de l&rsquo;islam moderniste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récits des femmes sont cohérents avec les publications du journal Pravda Vostoka. Elles voulaient une vie en dehors de leurs foyers, un minimum d’éducation,&nbsp;mais le parandja, qui était porté par les filles dès l’âge de 12 ou 14 ans, équivalait à une peine d’emprisonnement ou à un mariage forcé.&nbsp;Le parandja était devenu un symbole d’obstacle de l’accès à cette liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’objectif du Khoudjoum</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Marianne Kamp explique que <em>« pour les réformateurs dans les sociétés islamiques au début du XXème siècle, le parandja était devenu l’anti-thèse du modernisme »</em>. La propagande soviétique a fait du retrait du parandja un symbole et un garant du modernisme. C’est ainsi que beaucoup d’hommes et de femmes se sont rangés du côté du Khoudjoum, contrairement aux normes établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que la population locale défendait ses droits, ce n’est pas avant 1927 que les autorités soviétiques se sont décidées à entreprendre quoi que ce soit. En témoignent également les propos d&rsquo;Akmal Ikramov, publiés le jour du lancement de la campagne dans la Pravda Vostoka : <em>« Si nous nous posons la question de l’égalité maintenant, cela ne signifie pas que jusqu’à présent nous n’avions pas traité la question. Nous étions engagés dans d’autres travaux, mais tout le parti n’avait pas participé. »</em></p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le parti, l’objectif évident du Khoudjoum n’était pas seulement de conduire les femmes à refuser de porter le parandja, mais surtout de les attirer vers un mode de vie laïc et au sein des lieux de travail. <em>« La croissance économique du pays, la croissance agricole, l&rsquo;expansion des superficies cultivées, le développement des </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolkhoze"><em>kolkhozes</em></a><em>, la sériculture et l’élevage laitier, l’industrie urbaine &#8211; tout cela demande de la main d&rsquo;œuvre supplémentaire. La femme devient une force de travail essentielle »</em>, écrit Akmal Ikramov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela explique pourquoi le journal Pravda Vostoka ne montrait que des femmes derrière des machines d’ouvrier ou sur des tracteurs. En 1926,&nbsp;Pravda Vostoka s’était plaint de la faible implication des femmes dans le travail de production : <em>« Trop peu de femmes sont présentes au sein des secteurs de production. Ici, à Tachkent, elles se comptent sur les doigts de la main. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les conséquences violentes du Khoudjoum</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prada Vostoka a publié le 20 mars 1927 un communiqué sur les conséquences du Khoudjoum. A Tachkent, 1 755 Ouzbèkes ont retiré le parandja, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> près de 750, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kokand">Kokand</a> 1 678. Des campagnes, des réunions et des rassemblements ont eu lieu. Entre les lignes se glissent des messages sur les menaces, la condamnation publique et le meurtre. Selon les données limitées disponibles, en trois ans, plus de 2 000 femmes et hommes ont été tués. Beaucoup connaissent l’histoire de <a href="https://t.me/andanotherday/611">Nourkhon</a> qui a été poignardée à mort par son propre frère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dilorom Alimova <a href="https://scholar.archive.org/work/eesod66n4ffarlcafr6fq3rrlm/access/wayback/https://brill.com/downloadpdf/book/edcoll/9789004492028/B9789004492028_s016.pdf">fait remarquer</a> que le Parti a aggravé la situation en forçant les femmes à retirer le parandja. Marianne Kamp en parle également. Les autorités ont exigé des hommes qu&rsquo;ils forcent leurs femmes à retirer le parandja et a menacé d&rsquo;exclusion du parti ceux qui s’y opposaient. Prada Vostoka a gardé tout cela sous silence.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="695" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3538-3932-4765-a262-633531663862__4-357-1024x695.jpg" alt="Parandja brûlé Ouzbékistan" class="wp-image-67048" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3538-3932-4765-a262-633531663862__4-357-1024x695.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3538-3932-4765-a262-633531663862__4-357-300x204.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3538-3932-4765-a262-633531663862__4-357-768x521.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3538-3932-4765-a262-633531663862__4-357.jpg 1456w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un parandja est brûlé en public, 1929. Photo : Archives nationales du cinéma et de la photographie d&rsquo;Ouzbékistan / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le journal n’a pas caché les cas d’insultes publiques, de meurtres et de viols, bien qu’il n’ait pas révélé l’ampleur des tragédies. <em>« Les cas de meurtres ne sont pas isolés »,</em> écrit le journal le 7 avril 1927. <em>« Ainsi, dans le village de Charikhan, une femme et un homme l’ayant autorisée a retirer son parandja ont été tués. Les meurtriers ont été arrêtés. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, les cas d’insultes publiques et de viols n’étaient pas rares. A Samarcande, des rumeurs couraient selon lesquelles les maris dont les femmes retiraient le parandja étaient fusillés.&nbsp;<em>«  »L&rsquo;honneur d&rsquo;une femme qui a retiré le parandja est bon à mélanger au fumier », ont crié les violeurs. Couvrant la femme afollée d’un manteau, ils l’ont traînée dans un jardin, l&rsquo;ont baillonnée avec une manche, l’ont battue et violée un à un »</em>, dit une note du 18 mars 1927.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une répression qui effraie la population</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pratiquement tous les numéros du journal féminin Yangi Yul évoquaient ces vies perdues. Marianne Kamp précise que les cas de meurtres étaient considérés, à juste titre, comme une anomalie dans la société plutôt qu&rsquo;une norme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="666" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3938-6336-4462-a462-316338656635__0-98039-1024x666.jpg" alt="Ouzbékistan Femmes sans parandja" class="wp-image-67047" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3938-6336-4462-a462-316338656635__0-98039-1024x666.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3938-6336-4462-a462-316338656635__0-98039-300x195.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3938-6336-4462-a462-316338656635__0-98039-768x500.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/tild3938-6336-4462-a462-316338656635__0-98039.jpg 1423w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Certaines des premières femmes à avoir enlevé le parandja, 1925. Photo : Archives nationales du cinéma et de la photographie d&rsquo;Ouzbékistan / Gazeta.uz.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ni les intellectuels ni les autorités ne s’attendaient à une telle réaction de la part de la société. Prada Vostoka, qui relayait la position du Parti, n’a pas assumé la responsabilité de ces mesures dans la mort de centaines de femmes et d’hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bey_(titre)">beys</a>, les ishans et la population ont toujours été considérés comme responsables. Marianne Kamp a également noté qu’il y avait des femmes qui refusaient de retirer le parandja car elles considéraient cela comme une attaque contre leurs valeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, dans le contexte des meurtres de masse, beaucoup de femmes ont remis le parandja. C&rsquo;est ce que montrent les photographies d’archives de 1929. En 1928, le code pénal de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan a été modifié, stipulant que le meurtre ou la mutilation d’une femme en lien avec son émmancipation devait être puni de huit ans d’isolement strict. En 1929, le meutre d’une femme pour refus de porter le parandja était considéré comme du terrorisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment comprendre le Khoudjoum aujourd’hui ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Khoudjoum est l&rsquo;un des chapitres les plus difficiles de l’histoire de l’Ouzbékistan. Il ne s’agit pas seulement du retrait du parandja, que les femmes d’Ouzbékistan ont payé cher. Tenter d’interpréter le Khoudjoum de manière unilatérale, c&rsquo;est le politiser.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La décision du lancement du Khoudjoum vient d’en haut »</em> souligne Dilorom Alimova dans un entretien. Cependant, ce serait une erreur de blâmer exclusivement les autorités, pensent les historiens. <em>« Les autorités ont atteint leur objectif grâce au fait que les femmes instruites voulaient elles-mêmes retirer leur parandja. Les autorités voulaient donner aux femmes la liberté. C’était le genre de dynamique où le pouvoir non seulement permet, mais soutient également le désir de liberté »</em>, ajoute-t-elle.<br></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement du Khoudjoum ne s’est pas affaibli alors que plus de 2 000 femmes ont été tuées, rapporte l’historienne : <em>« la majorité des femmes ont commencé à demander le divorce. Cela indique que les femmes ont d&rsquo;elles-mêmes voulu la liberté. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dilorom Alimova ne justifie pas les méfaits du régime soviétique. Elle considère que le Khoudjoum a besoin d’être étudié sous différents angles. L’historienne révèle son opinion en faisant référence à l’avis de l&rsquo;orientaliste Ivanov, auteur de la brochure soviétique <em>Ouzbetchka</em> : <em>« Cet homme a étudié la situation des femmes dans les années 1920. Il est arrivé à la conclusion que la vie entre “quatre murs”, aussi paradoxal que celui puisse paraître, a toujours encouragé les femmes à dépasser les limites de ces murs »</em>, dit la chercheuse.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Jahongir Azimov<br>Journaliste pour Gazeta.uz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2024/03/08/history-of-hujum/">russe</a> par Auxanne Bellemère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Adrien Gedin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/">Comment les femmes ouzbèkes ont refusé de porter le parandja</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-femmes-ouzbekes-refuse-porter-parandja/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pauvreté, peur et harcèlement : qu’est-ce qui peut obliger les femmes kirghizes à abandonner leur enfant ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2024 16:49:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=66969</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/">Pauvreté, peur et harcèlement : qu’est-ce qui peut obliger les femmes kirghizes à abandonner leur enfant ?</a></p>
<p>Chaque année, la société civile kirghize est bouleversée par des rapports sur les nouveaux-nés abandonnés. Ils sont retrouvés dans des poubelles, des toilettes, des champs, sur les paliers des maisons et appartements. Des journalistes d’investigation ont essayé d’établir la fréquence et la raison de ces abandons. Alors que des affaires d&#8217;abandons de nouveaux-nés secouent régulièrement [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/">Pauvreté, peur et harcèlement : qu’est-ce qui peut obliger les femmes kirghizes à abandonner leur enfant ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/">Pauvreté, peur et harcèlement : qu’est-ce qui peut obliger les femmes kirghizes à abandonner leur enfant ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaque année, la société civile kirghize est bouleversée par des rapports sur les nouveaux-nés abandonnés. Ils sont retrouvés dans des poubelles, des toilettes, des champs, sur les paliers des maisons et appartements. Des journalistes d’investigation ont essayé d’établir la fréquence et la raison de ces abandons.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que des affaires d&rsquo;abandons de nouveaux-nés secouent régulièrement le Kirghizstan, les journalistes d&rsquo;investigation du média indépendant <a href="https://kloop.kg/">Kloop</a> ont décidé de se pencher sur la question à l&rsquo;aide d&rsquo;exemples précis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2016, Mahabat rencontre son copain, Koubat. Mais rapidement, les deux jeunes gens se disputent et rompent. C’est après cette séparation que Mahabat, âgée de 22 ans, apprend qu’elle est enceinte. La jeune fille vit avec sa mère et sa famille dans la ville dortoir d&rsquo;<a href="https://mapcarta.com/fr/N1731509519">Artcha Bechik</a>. En procédure de divorce, ayant déjà eu un enfant de son premier mariage, elle n’est pas prête à avoir un deuxième enfant.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune fille a peur de parler de sa grossesse à sa mère. Koubat, le père de l’enfant, lui dit par téléphone d’avorter et ne reprend jamais contact avec elle. Mahabat décide de ne pas avorter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un abandon sous état de choc</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mois plus tard, le 31 juillet 2017, Mahabat a très mal au ventre. Elle se rend dans des toilettes publiques, où elle accouche. D’après son récit, l’enfant ne fait aucun bruit, ne bouge pas et tombe dans la cuvette. La jeune femme pense qu’il est mort. En état de choc, elle n’en parle à personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques instants plus tard, une voisine se rend dans ces mêmes toilettes. Elle voit du sang sur le sol, entend des pleurs d’enfant. Les voisins retirent l’enfant de la cuvette puis appellent les urgences et la police. L’enfant survit, la mère se cache.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mahabat est retrouvée un mois et demi plus tard. Pendant son procès, elle ne reconnaît qu’à moitié sa culpabilité et dit qu’elle regrette ce qui s’était passé. Jugée coupable en vertu de l’article sur l’abandon d’enfant et la tentative de meurtre d’un nouveau-né par la mère, elle est <a href="http://act.sot.kg/act/download/85917.pdf">condamnée</a> à deux ans de prison et à une amende de 5 000 soms (53 euros).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un article de loi « plus indulgent »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Traditionnellement, si la mère laisse son enfant en danger et que cela occasionne sa mort, elle risque une condamnation selon <a href="https://mvd.gov.kg/rus/ministry/normative-bases/22">l’article</a> <em>« meurtre de la mère sur le nouveau-né »</em>. Cet article est plus indulgent que pour un autre type d’assassinat. En effet, il suppose que la mère a pu commettre le crime dans un état traumatique. Au Kirghizstan, ce sont plus de 1 000 femmes et enfants qui sont concernés par cette situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/centres-de-crise-institutions-privees-dutilite-publique/">Centres de crise&nbsp;kirghiz : des institutions privées d’utilité publique ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes d’investigation de Kloop ont analysé des décisions de justice, des données gouvernementales et des publications par les médias afin d’expliquer la raison pour laquelle ces abandons se produisent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plus de 1 000 nourrissons abandonnés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2010, au Kirghizstan, plus de 1 000 nourrissons figurent sur la liste des <em>«&nbsp;rejetés et abandonnés&nbsp;»</em>. Selon les <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/132u2q8kXFcZ3MbciRsuY25ySYPFj3E2cw_ilOgxwRa0/edit#gid=128517386">données</a> du ministère de la Santé, ces nouveau-nés sont retrouvés dans la rue ou bien laissés dans des cliniques. Mais cela ne concerne que ceux qui ont survécu. L’enfant de Mahabat est inclus dans ces statistiques. Depuis 2010, au Kirghizstan, 44 enfants au minimum ont été retrouvés morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Bakyta Todogueldieva, directrice du <a href="https://emgek.kg/mlsp">département du soutien familial et de la protection des enfants</a> au ministère du Développement social, si l’enfant est abandonné dans la rue, la police ouvre une enquête criminelle et au cours des six mois qui suivent, la mère est recherchée. Pendant ce temps, l’enfant est dans un foyer. <em>« Si la mère se dénonce ou est retrouvée par la police, elle est privée de son droit parental, mais l’enfant peut être confié à des membres de sa famille&nbsp;»</em>, explique Bakyta Todogueldieva.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Kloop&nbsp;<a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/15G2Izbve8A7XUUM8NV129yuCgkRc0-uTdeTQ3arS7bc/edit#gid=68514996">a étudié</a> les rapports criminels des médias kirghiz et a créé une base de données sur les enfants abandonnés depuis 2010. 115 témoignages sont dévoilés au public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des femmes en situation de crise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveau-nés ont été retrouvés dans des poubelles, des toilettes, des champs, sur les paliers des maisons et appartements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après les propos de la directrice de la ligue de défense des droits de l’enfant, Nazgoul Tourdoubekova, les femmes qui abandonnent leurs enfants sont en situation de crise. Elle explique : <em>«&nbsp;Elles souffrent de stress post-accouchement, de dépression périnatale. Il y a des femmes qui accouchent sans être mariées et pour elles, être déshonorées et punies par leur famille est pire que de donner naissance à un enfant et de l’annoncer.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enfant né hors mariage, une honte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.unicef.org/kyrgyzstan/media/2926/file/Analysis%20of%20reasons%20of%20child%20abandonment_Ru.pdf%20.pdf">l’enquête</a> menée par le Fonds des Nations unies pour l&rsquo;enfance (UNICEF), au Kirghizstan, pour l’année 2013, la raison principale pour l&rsquo;abandon d&rsquo;un enfant était l’absence de mari ou de conjoint : 72 % des mères concernées n&rsquo;étaient pas mariées. Les femmes qui n’ont pas non plus de logement, rangées dans la catégorie <em>« à risque »</em>, sont susceptibles d’abandonner leur enfant. La spécialiste de la protection de l’enfance à l&rsquo;UNICEF Elena Zaïtchenko déclare que depuis 2013, aucune enquête n’a été menée à ce sujet. Cependant, dans ces cas-là, <em>« il est très clair que ce sont des mères qui n’ont pas de soutien familial. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1OxB4QrAz1IgVx3TnGnKi7d7-xKrPBr8JXs8HaIzmAzE/edit#gid=0">Comité national des statistiques</a>, un enfant sur quatre <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1OxB4QrAz1IgVx3TnGnKi7d7-xKrPBr8JXs8HaIzmAzE/edit#gid=0">naît</a> hors mariage dans le pays. Dans les faits, le Comité considère que la moitié de ces enfants vont vivre sans père. Au Kirghizstan, ces enfants à moitié orphelin sont, en moyenne, 16 000 à naître par an.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_01-1536x864-1-1024x576.jpg" alt="Kirghizstan abandons nouveaux nés" class="wp-image-66974" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_01-1536x864-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_01-1536x864-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_01-1536x864-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_01-1536x864-1.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les femmes qui abandonnent leurs enfants le font souvent pour éviter la honte ou parce qu&rsquo;elles ne peuvent pas subvenir à leurs besoins. Illustration : Kloop.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les propos de la sociologue Nourzada Koupouïeva, les femmes célibataires décident souvent de cacher la grossesse à leurs proches par peur d’être jugées par leur famille et leur entourage. Selon elle, <em>« les jeunes filles ne parlent déjà pas de leurs menstruations avec leur mère, alors d&rsquo;une grossesse, encore moins. Les mères disent seulement à leurs filles de ne pas leur faire honte. Les femmes peuvent même décider de se suicider, tant cela est honteux à cause du poids de l&rsquo;<a href="https://caspianpost.com/en/post/uyat-how-shame-keeps-us-hostage">ouïat</a>&nbsp;</em>(concept de honte concernant l’attitude de la femme, dont dépend l&rsquo;honneur de la famille, ndlr)<em>. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les récits étudiés par Kloop, des femmes qui ont abandonné leurs enfants expliquent leur acte au motif qu’elles ne sont pas mariées et qu&rsquo;elles ont peur de leurs parents. Pendant le procès, elles disent que le père de l’enfant les a quittées et que la famille n’était pas au courant de leur grossesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Je ne peux pas le garder&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la quasi-totalité des récits étudiés par Kloop, les enfants ont été abandonnés sur des paliers. Dans un des cas, la femme a frappé à la porte et est partie. Sur le pas de la porte, il y avait un enfant avec un <a href="https://kaktus.media/doc/455758_neizvestnye_podkinyli_mladenca_na_porog_kvartiry_bishkekskoy_semi.html">petit mot</a> : <em>«&nbsp;Je ne peux pas le garder. Il est né le 1er mars 2022.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la directrice de l’Alliance pour la santé reproductive, Galina Tchirkina, ces mères n’ont nulle part où aller. L’État, qui ne fait rien pour régler leurs problèmes financiers, psychologiques et sociaux, ne leur est d&rsquo;aucune aide.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, le niveau de pauvreté au Kirghizstan augmente. Selon <a href="https://www.stat.kg/ru/publications/uroven-bednosti-v-kyrgyzskoj-respublike/">les données</a> du Comité national des statistiques, entre 2018 et 2022, celui-ci a augmenté de 22 % à 33 %. 6 % des Kirghiz sont considérés comme vivant sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec une somme inférieure à 3 000 soms (32 euros) par mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes sont <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1qsVTvgVIB26hU2ehvikqCZZuNbBHDfIm/edit?usp=sharing&amp;ouid=103402700486843997543&amp;rtpof=true&amp;sd=true">plus vulnérables</a> que les hommes d’un point de vue économique. Elles sont moins souvent employées et celles qui ont un emploi stable gagnent  en moyenne un salaire 25 % inférieur à celui des hommes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Des abandons à cause de l&rsquo;instabilité matérielle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, le plus souvent, c’est la femme qui prend un congé parental ou qui quitte son emploi pour éduquer un enfant. Lorsqu’il y a une séparation ou un divorce, les enfants restent le plus souvent avec la mère qui doit subvenir à leurs besoins. Les pères au Kirghizstan préfèrent ne pas payer la pension alimentaire : neuf sur dix personnes qui ne payent pas la pension sont <a href="https://cabar.asia/ru/razvod-i-alimenty-za-chto-boryutsya-zhenshhiny-kyrgyzstana-v-sudah#:~:text=%D0%9F%D0%BE%20%D0%BF%D0%BE%D1%81%D0%BB%D0%B5%D0%B4%D0%BD%D0%B8%D0%BC%20%D0%B4%D0%B0%D0%BD%D0%BD%D1%8B%D0%BC%2C%20%D0%B2%20%D0%9A%D1%8B%D1%80%D0%B3%D1%8B%D0%B7%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%D0%B5,%D1%82%D1%8E%D1%80%D1%8C%D0%BC%D1%83%20%D1%81%D1%80%D0%BE%D0%BA%D0%BE%D0%BC%20%D0%B4%D0%BE%205%20%D0%BB%D0%B5%D1%82.">des hommes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Parmi les femmes qui ont abandonné leur enfant, certaines sont connues comme étant des personnes avec des difficultés matérielles et une situation familiale troublée, elles n’ont pas de mari ni de logement. 26</em> <em>% d’entre elles vivaient dans des conditions sociales inconfortables, subissaient des violences conjugales, vagabondaient »</em>, rapporte <a href="https://www.unicef.org/kyrgyzstan/media/2926/file/Analysis%20of%20reasons%20of%20child%20abandonment_Ru.pdf%20.pdf">l’enquête</a> de l&rsquo;UNICEF.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les grossesses après un viol</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y aucune statistique sur le nombre de femmes au Kirghizstan qui donnent naissance après un viol. À l’échelle nationale, 200 à 300 cas de viols sont répertoriés chaque année. D’après le sondage mené par le Comité national des statistiques en 2019, les infractions sexuelles commises sont en réalité 55 fois <a href="https://www.stat.kg/ru/publications/viktimologicheskoe-issledovanie-v-gbishkek-i-pilotnyh-novostrojkah/">plus nombreuses</a> que les chiffres officiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/police-jugee-inefficace-face-au-harcelement/">Kirghizstan&nbsp;: la police jugée inefficace face au harcèlement</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, il a été <a href="https://edition.cnn.com/2024/01/24/health/rape-pregnancy-abortion/index.html">montré</a> aux États-Unis qu’en moyenne, 12 % des femmes tombent enceintes après un viol. Une majorité de femmes le découvre tardivement à cause du traumatisme lié à la violence. <em>« Les femmes enceintes à la suite d’un viol peuvent mettre plus de temps à reconnaître la grossesse, ce qui peut être dû à des facteurs liés à la réaction au traumatisme »</em>, <a href="https://edition.cnn.com/2024/01/24/health/rape-pregnancy-abortion/index.html">explique</a> Rachel Perry, professeure associée à l’université de Californie à Irvine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les récits étudiés par Kloop, au moins deux jeunes filles ont déclaré que leurs grossesses étaient survenues après un viol. L’une d’entre elles s’est rendue à la police où ils n’ont pas voulu vérifier les faits et ont <a href="https://www.turmush.kg/ru/ru/news:1667575">refusé sa plainte</a>. <em>«&nbsp;Ce n’est pas un secret qu’il y a un niveau important de violence envers les femmes et les jeunes filles dans notre société, et les agressions sexuelles sont prédominantes. Il faut impérativement travailler sur ce sujet, mais chez nous, malheureusement, il n’y a pas d’aides destinées aux femmes aujourd&rsquo;hui&nbsp;»</em>, <a href="https://docs.google.com/document/d/1o7Sef1UkpX_5zPgxmWpQgBe10L01VNPoujbwYCjUI1o/edit">regrette</a> Galina Tchirkina.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas où les femmes seraient victimes d’un viol, elles peuvent <a href="https://docs.google.com/document/d/1o7Sef1UkpX_5zPgxmWpQgBe10L01VNPoujbwYCjUI1o/edit">s’adresser</a> aux centres de médecine familiale&nbsp;dans les 72 heures qui suivent l’agression. Le ministère de la Santé affirme qu’il s&rsquo;y trouve des infirmeries avec une contraception d’urgence qui doit être fournie gratuitement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La famille le saura tôt ou tard</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://med.kg/ministry/structureEmployee/180?locale=en">spécialiste</a> de la question pour le ministère de la Santé, Raïsa Asylbacheva, affirme que toute femme a le droit de renoncer à son enfant après l’accouchement, mais admet qu&rsquo;il y aura des tentatives pour l&rsquo;en dissuader. Si la mère insiste réellement, elle pourra renoncer à son enfant tout à fait anonymement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La responsable du centre de réhabilitation des enfants et de soutien aux familles de Bichkek, Tcholpon Arykpaïeva, <a href="https://24.kg/obschestvo/280156_srojdeniya_nenujnyie_kak_reshat_problemu_vyibroshennyih_mladentsev_opros/">explique</a> que cette procédure existe pour tenter de maintenir l’enfant dans la famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;On essaie de convaincre les jeunes mères de ne pas abandonner leur enfant même s’il n’est pas désiré&nbsp;»</em>, confie Tcholpon Arykpaïeva. Selon la loi, les services sociaux sont obligés de chercher un tuteur pour l’enfant parmi les membres de la famille la plus proche, même si la mère demande de ne pas le faire. Ainsi, la famille de la mère finira par être au courant de la naissance et de l’abandon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Bakyta Todogueldieva, toute mère devrait garder et élever son enfant, pour la simple et bonne raison qu’elle en est la mère biologique. <em>«&nbsp;L’enfant a aussi des droits, notamment celui de connaître ses parents&nbsp;»</em>, ajoute la fonctionnaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une conception à deux mais la mère est tenue coupable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, la société préfère accuser la mère de l’enfant abandonné. Kloop a <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1_FvVoU3zm8cSzJ1EzFBhFhPmk3qtE5_tWL7wmDYMGAU/edit?usp=drive_link">analysé</a> un peu plus de 1 700 commentaires sur trois posts à propos d’enfants abandonnés sur le compte Instagram de <a href="https://news.kg/">news.kg</a>, qui compte 1,6 millions d’abonnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un commentateur sur cinq juge la mère coupable, l&rsquo;accusant par exemple <em>« d’ouvrir les jambes devant le premier venu »</em>. Certains internautes appellent à la violence et considèrent que les femmes n’ont pas d’excuses. Seulement 2 % des commentaires dénoncent le rôle du père biologique.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_02-1536x864-1-1024x576.jpg" alt="Kirghizstan abandon nouveau né" class="wp-image-66973" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_02-1536x864-1-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_02-1536x864-1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_02-1536x864-1-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/ostavlennye_02-1536x864-1.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Pour éviter ces abandons, il faut éduquer davantage sur la sexualité. Illustration : Kloop.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Galina Tchirkina qualifie d’effrayante la tendance selon laquelle les internautes approuvent les violences physiques infligées aux femmes. Elle pense que ces commentaires ont une influence très forte sur les femmes, qui finissent par les pousser à abandonner leur enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ce qui est tragique dans cette histoire, c’est que cette pauvre femme est dans un état d’angoisse pendant neuf mois. Pour elle, il est insupportable de penser qu’elle va continuer à vivre dans ce stress et cette peur en présence de l&rsquo;enfant, alors qu’elle en fait déjà l’expérience avant son apparition. C’est un enfant né hors mariage, issu d’une situation négative. Tout cela pèse sur la femme qui plus tard va laisser son enfant dans une poubelle et décider de ne pas poursuivre sa vie avec lui&nbsp;»</em>, <a href="https://docs.google.com/document/d/1o7Sef1UkpX_5zPgxmWpQgBe10L01VNPoujbwYCjUI1o/edit">considère</a> la responsable de l’Alliance de la santé reproductive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Installer des babyboxes et éduquer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Galina Tchirkina considère que punir la femme sans lui donner une chance de réhabilitation semble être une solution plus confortable et moins coûteuse pour l’État et la société. Mais cela ne résout rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seulement 9 % des commentaires étudiés par Kloop proposent des solutions à ce problème. Quelques-uns suggèrent que l’État garde ces enfants. D’autres parlent de la nécessité d’installer des babyboxes dans les hôpitaux ou encore de tenir des leçons d’éducation sexuelle dans les écoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/une-blogueuse-kirghize-recueille-plus-dune-centaine-de-temoignages-de-harcelement-sexuel/">Une blogueuse kirghize recueille plus d&rsquo;une centaine de témoignages de harcèlement sexuel</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Nous récoltons le fruit d&rsquo;el emne deït </em>(l’importance de l’opinion du voisinage, de la réputation, ndlr)<em> que les jeunes filles entendent dès le plus jeune âge. Les conversations sur les relations ou la contraception sont taboues. La peur d’être déshonorée devant les parents et l’entourage est plus forte que la peur de Dieu&nbsp;»</em>, <a href="https://www.instagram.com/p/Cz2ujRDIZQG/c/18039582577598727">décrit</a> un commentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes qui laissent leurs enfants sont tenues responsables par deux articles de loi : <em>«&nbsp;abandon dans une situation dangereuse&nbsp;»</em>&nbsp;et <em>«&nbsp;meurtre de la mère sur un nouveau-né&nbsp;»</em>. Ces 13 dernières années, 28 femmes ont été jugées en vertu de ces deux lois. Le bureau du procureur n’a pas voulu partager de données sur le nombre d&rsquo;affaires concernées par cet article, se fondant sur la <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-autorites-ont-bloque-le-site-kloop/">décision du tribunal</a> sur la liquidation de Kloop. Les juristes de Kloop ont qualifié ce refus d’illégal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que peut faire la société&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont pas seulement des internautes sur les réseaux sociaux qui évoquent la nécessité d’éduquer les hommes et femmes kirghiz sur la sexualité, mais aussi des spécialistes avec lesquels Kloop s’est entretenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le blogueur Oulouk Batygaliev, qui tient une page Instagram sur l’éducation sexuelle en kirghiz, <a href="https://www.currenttime.tv/a/seksprosvet-v-kyrgyzstane/31598331.html">dit</a> qu’il faut tout simplement parler de sexe et de santé même si ces thèmes paraissent gênants et déplacés.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Beaucoup des gens pensent que l’éducation sexuelle est l’étude du sexe. Mais ce n’est pas cela du tout. Il s’agit de parler des comportements à adopter. Il est question d’éviter les comportements à risques, pour être prêts. Généralement, il s’agit d’apprendre à se protéger et à poser nos limites »</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Au Kirghizstan, à l’école, on n’apprend pas correctement aux enfants leurs droits reproductifs. On ne parle pas de la protection de son corps, comme on le voit avec les jeunes filles qui tombent enceintes à la suite d’un viol »</em>, considère la directrice de la ligue de défense des droits de l’enfance. <em>« C’est pourquoi, premièrement, il faut apprendre aux garçons et aux filles qu’ils ont le droit à l’inviolabilité de leur corps. Deuxièmement, que les garçons n’ont pas le droit d’être violents et que cela est un acte puni par la loi. »</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Kloop</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://kloop.kg/blog/2024/06/01/bednost-strah-i-predatelstvo-partnera-chto-vynuzhdaet-kyrgyzstanok-ostavlyat-detej/">russe</a> par Léna Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a id="_msocom_1"></a></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/">Pauvreté, peur et harcèlement : qu’est-ce qui peut obliger les femmes kirghizes à abandonner leur enfant ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/kirghizstan/pauvrete-peur-harcelement-femmes-kirghizes-abandonner-enfant/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment l&#8217;Ouzbékistan cherche à soutenir ses femmes</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2024 06:29:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=66601</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/">Comment l&rsquo;Ouzbékistan cherche à soutenir ses femmes</a></p>
<p>L&#8217;Ouzbékistan a mis en place une ambitieuse stratégie de soutien aux femmes. Hook détaille ce à quoi elles ont désormais droit. Dans le programme national visant à accroitre les activités des femmes dans toutes les sphères de la vie économique, politique et sociale du pays pour 2022-2026, un plan global pour les soutenir de tous [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/">Comment l&rsquo;Ouzbékistan cherche à soutenir ses femmes</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/">Comment l&rsquo;Ouzbékistan cherche à soutenir ses femmes</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Ouzbékistan a mis en place une ambitieuse stratégie de soutien aux femmes. Hook détaille ce à quoi elles ont désormais droit.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le programme national visant à accroitre les activités des femmes dans toutes les sphères de la vie économique, politique et sociale du pays pour 2022-2026, un plan global pour les soutenir de tous côtés est prévu. Par exemple, il est <a href="https://lex.uz/docs/5899500#5906691">prévu</a> de renforcer le système de construction de nouvelles infrastructures en lien avec le soutien aux femmes et à leurs activités et de mettre en place un système de monitoring pour tout ce qui a déjà été fait en ce sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le président, 994 000 femmes ont vu certains de <a href="https://president.uz/ru/lists/view/7076">leurs problèmes</a> résolus en 2023. 400 000 d&rsquo;entre elles ont obtenu un travail et <em>« 1914 jeunes filles issues de familles pauvres ont été admises à l&rsquo;Université grâce à des subventions de l&rsquo;État »</em>.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Le média ouzbek <a href="https://hook.report/2024/04/uzb-supports-women/">Hook</a> s&rsquo;est penché sur les avantages accordés aux femmes en Ouzbékistan. Il explore dans cet article comment les mahallas <em>(les quartiers, qui désignent à la fois un espace géographique et la structure sociale, ndlr)</em> gèrent leur bien-être social et ce qu&rsquo;il faut faire pour continuer à recevoir une aide de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand une femme a besoin d&rsquo;un toit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes peuvent obtenir un prêt hypothécaire préférentiel si elles vivent dans des conditions sociales difficiles, par exemple si elles ont un handicap ou vivent dans une famille monoparentale avec enfants. Les programmes peuvent procurer des places en immeuble ou dans des maisons en zones rurales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones rurales, l&rsquo;État soutient les femmes pour payer leur crédit hypothécaire. Dans les villes, l’État paie 10 % de la valeur de la demeure pour le premier versement. L’aide au paiement sur crédit dépend de la ville : 12 % à Tachkent, 10 % pendant les cinq premières années dans les autres villes et les zones rurales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les aides pour les mères</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 1er avril dernier, l’<a href="https://lex.uz/pdffile/6827966">allocation</a> pour la naissance d&rsquo;un enfant n&rsquo;est versée que pour le premier né. Pour obtenir cette allocation, il faut impérativement déclarer la naissance dans un délai d’un mois. Il est aussi possible d’obtenir des allocations pour le deuxième et le troisième enfant, mais seulement lorsque la mère est dans le « registre unique de protection sociale&nbsp;». Cependant, pour les femmes enceintes et les mères, le gouvernement ne lésine pas sur les prestations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour commencer, une femme enceinte qui travaille ne peut pas être licenciée ni voir son salaire réduit en raison de sa condition. Seulement, il y a un hic : l&#8217;employeur n&rsquo;a qu&rsquo;à utiliser un autre prétexte et le mettre par écrit. Ne pas engager une femme parce qu’elle est enceinte est aussi interdit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/">Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une exception : lorsque l’entreprise est en liquidation, une femme enceinte peut être licenciée. Dans ce cas, les autorités locales chargées de l&#8217;emploi s&rsquo;engagent à lui trouver un autre travail et garantissent le paiement des allocations de chômage pour la nouvelle mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est également possible pour une femme enceinte de réduire sa charge de travail avec une justification médicale. Quand la décision est émise, la femme est libérée de tout travail, tout en gardant son salaire. Les femmes qui ont un enfant de moins de 14 ans (ou un enfant de moins de 16 ans avec des retards de développement) ou un membre de la famille à charge ayant constamment besoin de soins, peuvent demander une réduction de jours de travail ou une semaine à temps partiel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des aides proposées par la mahalla</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://www.lex.uz/docs/145261#146983">décret</a> sur la sauvegarde du salaire s&rsquo;applique 70 jours avant et 56 jours après l’accouchement. En cas d&rsquo;accouchement compliqué ou de naissance de deux ou plusieurs enfants, il s&rsquo;agit de 70 jours après l&rsquo;accouchement. Les congés peuvent être prolongés jusqu&rsquo;à trois ans après l’accouchement, mais sans la sauvegarde du salaire. Pendant cette période, la femme ne perd pas son poste. Les pauses pour alaiter comptent comme heures de travail.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des aides peuvent être apportées même lorsqu&rsquo;elles ne sont pas demandées. Voici l’histoire d’une mère de trois enfants sans emploi, qui a préféré garder l’anonymat :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je ne me suis adressée à personne. J’ai été appelée par les représentants de la mahalla et on m&rsquo;a proposé des cours. J’ai refusé, car il fallait surveiller mes enfants. Après, le président de la mahalla m’a appelée et m’a demandé d’amener mon passeport et les certificats de tous mes enfants. Selon lui, l’État allait me verser 10 millions de soums</em> (704 euros, ndlr)<em>. On m’a proposé un frigo, une cuisinière à gaz, une machine à coudre ou un congélateur. J’ai été très étonnée. L’année dernière, on a eu un frigo de l&rsquo;État pour le Nouvel an. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Et je n’ai pas reçu les versements forfaitaires. Ils ont dit que nous n’étions pas une famille dans le besoin, comme on a une télé à écran plasma et une voiture. J’ai répondu : qu’on le donne à ceux qui en ont vraiment besoin. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Devant le tribunal</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En cas de jugement, l&rsquo;État <a href="https://wcu.uz/ru/lists/view/53">pourvoit</a> aux dépenses juridiques si la question de la violation de l’égalité des genres est soulevée. Si la femme le veut, elle a droit à un avocat gratuit. Ces questions sont traitées par le <a href="https://wcu.uz/ru">Comité pour la famille et les femmes</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les femmes ne peuvent pas être condamnées à plus de 25 ans de prison.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les droits des étudiantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grand avantage pour une femme qui souhaite étudier réside sans doute dans le fait que l&rsquo;État cherche des cadres. Ainsi, les femmes qui étudient dans des universités ou des <a href="https://static.norma.uz/doc/doc_8/516.pdf">écoles techniques</a> dans le domaine de la construction, du transport, des services communaux, de l’agriculture et dans les sphères de service, peuvent étudier en recevant des subventions de l’État.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Les étudiantes mères d&rsquo;enfants de moins de trois ans ont le droit d’étudier en distanciel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Devenir entrepreneuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les femmes qui souhaitent mener des activités d’entrepreneur peuvent être formées grâce à un programme spécial, formulé auprès du hokim </em>(équivalent du préfet, ndlr) <em>de la région et de ses subdivisions, auprès du département de soutien à la mahalla et à la famille&nbsp;»</em>, stipule le <a href="https://wcu.uz/ru/lists/view/53">décret</a> <em>«&nbsp;sur les mesures visant à renforcer les garanties des droits du travail et le soutien des activités entrepreneuriales des femmes&nbsp;»</em>. Une question subsiste : où exaucer ce souhait&nbsp;? Actuellement, des centres spécialement pour femmes sont créés, où il est possible de s&rsquo;adresser. Les comités de mahalla peuvent aussi donner ces renseignements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 1er février dernier, les institutions d’études ouvrent des formations professionnelles pour femmes sur la création, le développement et la réussite des activités entrepreneuriales. L’État couvrira 70 % des dépenses pour la formation de chaque diplômée. Après avoir réussi la formation, il est possible d&#8217;emprunter auprès des centres une somme de 33 millions de soums (2 330 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/">En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes qui travaillent dans&nbsp;la construction de serres pour la croissance des fleurs, des fruits et légumes, qui vivent de l&rsquo;élevage de bétail, de volailles, de la pisciculture et de l’apiculture, même si elles travaillent en tant que copropriétaires, <a href="https://lex.uz/docs/5899500">peuvent obtenir</a> un crédit forfaitaire jusqu&rsquo;à 35 millions de soums (2 470 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas que le crédit. Les femmes entrepreneuses peuvent obtenir une <a href="https://lex.uz/docs/5899500">subvention</a> de l’État, entre sept et dix millions&nbsp;de soums pour monter leur business. Le comité pour la famille et les femmes de la République d’Ouzbékistan est à l&rsquo;origine de certaines de ces actions, ainsi que les mahallas et le président.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le « livre des dames »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://advice.uz/ru/document/2289">«&nbsp;Le livre des dames&nbsp;»</a> est une base de données pour identifier et résoudre les problèmes des femmes sans emploi qui ont besoin de soutien social, économique, juridique, psychologique ou professionnel. Le « livre des dames&nbsp;» est une fondation. Pour s’y inscrire, il faut impérativement s’adresser à la mahalla, déposer sa candidature et avoir plus de 30 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à la fondation, les femmes sans emploi ayant besoin d’une aide sociale se forment et reçoivent des aides matérielles si besoin. Celles qui rencontrent des difficultés de logement reçoivent des indemnités de loyer ou ont accès à des logements sociaux. Des rénovations sont proposées pour les femmes sans soutien familial vivant dans la pauvreté et pour certaines femmes handicapées. De plus, l&rsquo;État les aide à se soigner. L’essentiel de l&rsquo;aide est un soutien matériel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous offrons de l’aide aux personnes sans emploi. D’abord, il s’agit de formation gratuite et de subventions pour la création d’une entreprise. Les autres catégories reçoivent une aide matérielle ponctuelle. Vous pouvez également nous contacter pour des conseils médicaux, juridiques et psychologiques. Dans notre mahalla, le </em>« livre des dames »<em> compte 230 femmes. La plupart du temps, elles demandent une aide matérielle »</em>, explique Saodat Almanova, militante pour les droits des femmes du comité de mahalla Younous Toda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’aide matérielle est accordée une fois par année civile. Elle propose entre 680 000 (48 euros) et 1,36 million de soums (96 euros).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que réserve le programme ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bientôt, l&rsquo;Ouzbékistan comptera une académie pour filles, où s’organiseront des concours, des projets et des formations dans les domaines des professions modernes comme l’entrepreneuriat, le marketing, la conception graphique et d&rsquo;autres. Le projet «&nbsp;Business-marathon&nbsp;» sera lancé pour apprendre aux femmes à fonder une entreprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, le président, a décidé d&rsquo;améliorer l&rsquo;accès aux soins : c&rsquo;est ce qui occupera une grande place dans le soutien social aux femmes. Le plan prévoit que l&rsquo;État financera 2 000 opérations chirurgicales lourdes. Les femmes enceintes et allaitantes recevront gratuitement de l’iode, tandis que les retraitées recevront du fer et de l’acide folique. 4 000 femmes qui se trouvent dans une situation difficile recevront un logement et 3 000 auront accès à des opérations médicales.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État accorde une attention croissante à l’éducation, au développement et à l’entrepreneuriat des femmes. Cependant, le manque d’informations disponibles sur chaque type de prestation et la bureaucratie sont les inconvénients les plus évidents du système de soutien social. Pour qu’une femme à faible revenu obtienne un crédit, il lui faut passer par au moins trois instances et remplir un dossier conséquent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après tout, la « perfection » n&rsquo;est attendue que dans deux ans… Mais dès aujourd’hui, il est réellement possible d&rsquo;obtenir une l’aide de l’État, même pour les femmes qui ne s&rsquo;y attendent pas.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Amaliya Djalolova<br>Journaliste pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Boris Joukovsky<br>Editeur pour Hook</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://hook.report/2024/04/uzb-supports-women/">russe</a> par Alan Abdullaev</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Helene Witkowski</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/">Comment l&rsquo;Ouzbékistan cherche à soutenir ses femmes</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-cherche-a-soutenir-ses-femmes/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment les femmes handicapées sont discriminées au Tadjikistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jun 2024 05:47:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Discriminations]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Handicap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=65597</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes handicapées sont discriminées au Tadjikistan</a></p>
<p>Au sein des familles tadjikes, les soins à l’égard des femmes handicapées se limitent souvent à la nourriture et aux habits. Elles subissent parfois jusqu&#8217;à dix fois plus de violences physiques ou sexuelles que les femmes en bonne santé, et très souvent la médecine et l’éducation leurs sont inaccessibles. La Convention sur l’élimination de toutes [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes handicapées sont discriminées au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes handicapées sont discriminées au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au sein des familles tadjikes, les soins à l’égard des femmes handicapées se limitent souvent à la nourriture et aux habits. Elles subissent parfois jusqu&rsquo;à dix fois plus de violences physiques ou sexuelles que les femmes en bonne santé, et très souvent la médecine et l’éducation leurs sont inaccessibles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-elimination-all-forms-discrimination-against-women">Convention sur l’élimination de toutes formes de violences à l’égard des femmes</a>, signée par le Tadjikistan en 1993, stipule que l’inégalité des genres et la discrimination sont les premières causes des violences contre les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Tadjikistan, la plupart des femmes handicapées sont confrontées aux discriminations depuis leur naissance, lorsque leur famille décide de ne pas leur donner une éducation, mais aussi de les enfermer à la maison et les cacher du voisinage. De telles décisions sont prises tout au long leur vie.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">En l’honneur du mouvement international des <a href="https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/ending-violence-against-women/unite/16-days-of-activism#:~:text=La%20campagne%20annuelle%20internationale%20%C2%AB%2016,marque%20la%20Journ%C3%A9e%20des%20droits">16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre</a>, le média tadjik Asia-Plus a publié les témoignages de femmes handicapées confrontées à ces discriminations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des structures médicales mal équipées pour l’accès aux handicapés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques années, Sitora Kourbanova, activiste et gérante de l’organisme public <a href="https://www.facebook.com/SafoiKonibodom/?locale=ru_RU">Safoï Konibodom</a> qui gère la question des personnes en situation de handicap, s’est rendue dans un cabinet d’échographie d’une maternité de la capitale. Malheureusement, elle n’a pas pu y entrer sans aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme la plupart des édifices à Douchanbé, les rampes en marbre mal positionnées ont empêché sa montée en chaise roulante. Elle a dû demander de l’aide : quatre hommes l’ont portée jusqu’au cabinet.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lorsque j’ai demandé au personnel médical à quelle fréquence des femmes en chaise roulante visitaient le cabinet, on m’a répondu qu’en deux ans, il y en avait eu seulement une. Ce n’est pas surprenant, les femmes invalides n&rsquo;ont pas accès à la plupart des établissements du pays »</em>, explique Sitora Kourbanova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire lui est arrivée cinq ans auparavant lorsqu’elle participait à l’enquête <a href="https://iphronline.org/wp-content/uploads/2018/12/RU-Tj-disabilities-report-updated-compressed.pdf">« Personnes handicapées au Tadjikistan : obstacles à la participation de la vie en société »</a>. Depuis, peu de choses ont changé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rejet des femmes handicapées dans la vie sociale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnes invalides au Tadjikistan sont exclues de plusieurs aspects importants de la vie sociale. Cela concerne toute personne en situation de handicap, que ce soit une femme ou un homme. Cependant, les femmes sont souvent privées du droit à la santé sexuelle et reproductive, et sont victimes d’abus sexuels et de stérilisation forcée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les <a href="https://news.un.org/ru/story/2021/07/1405942">statistiques</a> de l&rsquo;<a href="https://www.unwomen.org/fr">ONU Femmes</a>, le pourcentage de femmes handicapées est de 19,2 % : c’est une femme ou fille sur cinq qui vit avec un handicap ou autre problème de santé. Chez les hommes, le niveau est de 12 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-discrimination-femmes-vih/">Contaminer son épouse puis l’accuser : ces femmes tadjikes séropositives face aux discriminations sociales</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les femmes invalides subissent des discriminations depuis leur enfance, d’abord sur le genre, ensuite sur le physique. C’est principalement cette catégorie qui est plus souvent victime de violences domestiques, qui n’a pas accès à l’éducation ni aux droits basiques, par exemple en ce qui concerne la reproduction et la sexualité »</em>, raconte Saïda Inoïatova, dirigeante de la ligue des femmes invalides Ichtirok.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche complètement différente pour les garçons invalides</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sitora Kourbanova confirme que la femme invalide subit des discriminations avant tout de la part de sa propre famille. En effet, <em>« lorsque les proches comprennent que la situation ne changera jamais, ils cessent de dépenser leur énergie et leurs ressources pour les femmes invalides. On s’occupe d’elles seulement en les nourrissant et en les habillant. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles ne reçoivent aucune éducation et vivent dans la maison de leurs parents. Après la mort de leurs parents, elles sont souvent envoyées dans des internats spécialisés, où elles finissent leurs jours.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’approche est différente pour les garçons invalides : la société s&rsquo;efforce de les former à un métier, de leur donner une éducation et de leur trouver une fiancée. Sitora Kourbanova explique que <em>« souvent, la fiancée peut même être une jeune fille en bonne santé, mais issue d’une famille pauvre. Et après, le soin du mari repose sur les épaules de sa femme. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un manque d&rsquo;estime de soi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les statistiques globales confirment ses dires. D’après les <a href="https://news.un.org/ru/story/2018/06/1332192">données de l’ONU</a>, 19,6 % des femmes invalides ont une occupation, contre 52,8 % chez les hommes invalides. Cet écart d&#8217;emploi entre hommes et femmes est influencé, entre autres, par le manque d&rsquo;éducation classique et professionnelle. En plus, la discrimination constante dont sont victimes les femmes handicapées détruit leur estime de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Tous les jours, on fait face à des femmes invalides qui n’ont aucune compétence en communication avec d’autres personnes. Elles ne savent pas se présenter, elles se sous-estiment à tel point qu’elles arrêtent de faire des choix importants dans leurs vies, même si on leur en offre la possibilité. Tout ça, c’est la conséquence de la discrimination que les femmes subissent depuis des années »</em>, selon Saïda Inoïatova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l’appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle énumère les services basiques auxquels les femmes handicapées ne peuvent pas accéder. Dans cette liste, ce ne sont pas seulement les institutions médicales mais aussi les salons de beauté ou les lieux pour personnes ayant subi des violences domestiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La solitude chez les femmes en situation de handicap</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les centres de santé reproductive offrent la possibilité aux femmes invalides de demander de l’aide à un médecin pour une consultation urgente, mais elles ignorent leurs droits et en font très peu la demande. Dans une grande majorité des cas, les familles interdisent à leurs filles handicapées de consulter un gynécologue. Selon eux, cela n’est pas nécessaire car elles ne doivent pas devenir mères.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sitora Kourbanova raconte que <em>« lors d’une formation sur les droits reproductifs, une des participantes m’a prise à part et a fondu en larmes. Elle m’a raconté qu’un jeune homme, dont elle était amoureuse, était venu la demander en mariage. Mais sa famille a refusé le mariage en arguant que le mari pouvait à tout moment la laisser tomber à cause de son handicap. Elle serait obligée de revenir auprès de sa famille, peut-être même avec un enfant. Et l’idée qu’une femme handicapée donnera naissance à des enfants handicapés est très présente. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La solitude chez les femmes invalides est une tendance et non un fait isolé. En 2020, <a href="https://www.international-alert.org/fr/">International Alert</a> a mené une <a href="https://rus.ozodi.org/a/30682344.html">étude au Tadjikistan</a> révélant que les femmes invalides restent très souvent seules contrairement aux hommes. Elles ont moins de chance de se marier avec un homme en bonne santé, alors que les hommes invalides se marient souvent avec des femmes en bonne santé.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction d’Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://rus.ozodi.org/a/30682344.html">russe</a> par Alan Abdullaev</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Lisa Martin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes handicapées sont discriminées au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-handicapees-sont-discriminees-au-tadjikistan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment une professeure de mathématiques a ouvert une auto-école  pour femmes à Tachkent</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 10:45:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Affaires]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprenariat]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tachkent]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=65600</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/">Comment une professeure de mathématiques a ouvert une auto-école  pour femmes à Tachkent</a></p>
<p>Dourdona Moukhiddinova a partagé avec le média ouzbek Spot l&#8217;inspiration derrière l&#8217;ouverture de son auto-école pour femmes. Elle explique comment ce choix d&#8217;audience ciblée a impacté le nombre de clients et détaille les stratégies qui lui ont permis de tripler son chiffre d&#8217;affaires en un an. De plus, elle souligne l&#8217;importance de la flexibilité et [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/">Comment une professeure de mathématiques a ouvert une auto-école  pour femmes à Tachkent</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/">Comment une professeure de mathématiques a ouvert une auto-école  pour femmes à Tachkent</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dourdona Moukhiddinova a partagé avec le média ouzbek Spot l&rsquo;inspiration derrière l&rsquo;ouverture de son auto-école pour femmes. Elle explique comment ce choix d&rsquo;audience ciblée a impacté le nombre de clients et détaille les stratégies qui lui ont permis de tripler son chiffre d&rsquo;affaires en un an. De plus, elle souligne l&rsquo;importance de la flexibilité et de la capacité d&rsquo;adaptation dans ce domaine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dourdona Moukhiddinova est professeure de mathématique, mère de trois enfants, et s’est lancée dans l’ouverture d’une auto-école pendant la pandémie, avec ses propres économies et en contractant des crédits. Cette école présente une particularité puisqu’elle est destinée uniquement aux jeunes filles.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet entretien avec le média <a href="https://www.spot.uz/ru/2024/02/08/autolady/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Spot</a>, elle raconte comment lui est venue l’idée d’ouvrir une auto-école pour femmes, si le choix d’un auditoire spécifique avait réduit le nombre de clients, et comment elle a triplé son chiffre d’affaires en un an. Enfin, elle explique pourquoi la flexibilité et la capacité à s’adapter rapidement sont nécessaires dans ce secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage est retranscrit ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’ouverture d’une auto-école au temps de la pandémie</strong>&nbsp;&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mi-2020, pendant le confinement, mon amie m’a proposé d’ouvrir une auto-école seulement pour les femmes. A cette époque, il n’existait pas d’école de ce type dans le pays. À ce moment-là, elle tenait une petite pâtisserie. Je n’avais jamais travaillé dans le commerce. Pour ma part, cela faisait six ans que je travaillais en tant que professeure dans une école privée. Mais l’idée me plaisait et j’ai soutenu mon amie.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avions prévu de commencer après l’assouplissement des restrictions, c’est-à-dire à l’automne 2020. Nous avons débuté avec un investissement minimal de 65 millions de soums (4 750 euros), dont 20 millions (1 460 euros) provenaient de nos économies personnelles et le reste d’un crédit. Tout cet argent a été dépensé pour louer des locaux et acheter du matériel comme un simulateur ou le squelette d’une voiture, des ordinateurs, du mobilier, des manuels et autres matériels de formation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avions que deux voitures, à savoir celles qui nous appartenaient personnellement. Nous les avons équipées puis nous avons obtenu les documents nécessaires pour la pratique. Nous avions en location deux bureaux d’un peu plus de 140 mètres carrés au sein d’une école privée qui se situait au centre-ville, pour 3,9 millions de soums (285 euros) par mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin de l’année, après avoir tout préparé, nous avons demandé une licence. C&rsquo;était l’étape la plus rude, qui a nécessité beaucoup de ressources : du temps, de l’énergie, des moyens financiers. À plusieurs reprises, nous avons dû corriger des lacunes identifiées lors de l’examen de notre dossier. Puis il y a eu des retards administratifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un début très compliqué</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cette période, mon amie s’est retirée du projet. En effet, le lancement de notre société a été difficile. Il y a eu des larmes, des malentendus, des changements d’avis, des peurs. Ceci est complètement normal. Certains tiennent bon et vont de l’avant, d’autres ne résistent pas. En conséquence, je me suis retrouvée à tout gérer seule. A cette époque, je continuais à travailler à l’école et il était difficile physiquement de tout combiner en même temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, nous avons obtenu la licence seulement en février 2021 et nous avons commencé en mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-femmes-dans-le-secteur-financier-du-tadjikistan-beaucoup-de-barrieres-peu-de-moyens/">Les femmes dans le secteur financier du Tadjikistan : beaucoup de barrières, peu de moyens</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’ouverture, nous avons continué à louer deux bureaux dans les locaux de l’école privée à un prix minime pendant six mois. Au départ, il y avait une professeure, une monitrice et moi-même. Au début, j’ai dû prendre plusieurs responsabilités à la fois, comme cela arrive fréquemment dans le monde du business. J’étais à la fois gérante, administratrice, monitrice et community manager.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le début du succès</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce au bouche-à-oreille, nous avons réussi à créer un premier groupe constitué de connaissances, de voisins, de membres de la famille. Aussi, l’actrice Ferouza Youssoupova, qui dispose d’une audience de plus de 520 000 personnes sur Instagram, a pris des cours chez nous et a fait une belle publicité qui nous a permis d’avoir plus de clients.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus d’augmenter la clientèle, nous avons réussi à nous développer en employant du nouveau personnel et en louant de nouvelles voitures réservées à l’apprentissage auprès d’autres auto-écoles pour 1 million de soums (73 euros). Nous avons aussi loué un emplacement dédié à la pratique pour 920 000 soums (67 euros). Au bout de quelques mois, nous avons employé des femmes qui disposaient de leurs propres voitures. Elles ont suivi une formation à leurs frais pour devenir monitrices et ont obtenu un certificat. Puis nous avons équipé leurs voitures sur le compte de l’entreprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En travaillant pour nous, elles touchaient un salaire ainsi qu&rsquo;un remboursement pour la location de la voiture et pour les dépenses de carburant. De cette manière, nous avons non seulement agrandi notre parc automobile mais également créé de l’emploi. Ce système fonctionne encore aujourd’hui dans notre entreprise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une année 2021 qui enclanche les bénéfices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Initialement, le coût de la formation était de 1,6 millions de soums (117 euros). Tout l’argent allait dans le chiffre d’affaires, c’est-à-dire dans le développement de l’entreprise, en plus de l’achat de matériel et dans la publicité. A l’automne 2021, une petite crise est survenue. Il nous a fallu quitter dans l’urgence les bureaux que nous louions dans l’école privée. Nous avons été mises devant le fait accompli. Bien que le contrat était valable jusqu’à la fin de l’année, il fallait partir sur le champ et trouver dans l’urgence un autre emplacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recherche de nouveaux locaux a pris assez de temps pour qu&rsquo;on nous retire notre licence et qu&rsquo;on ait l&rsquo;obligation de fermer. C’est pourquoi il a fallu tout recommencer depuis le début et rééquiper l&rsquo;école afin que tout soit conforme aux exigences. Nous y avons perdu 3 000 dollars (2 775 euros). Ensuite, comme nous étions en train de réorganiser l’école, nous avons demandé une nouvelle licence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/ces-femmes-tadjikes-sapproprient-les-professions-masculines/">Ces femmes tadjikes qui s’approprient les professions «&nbsp;masculines&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ensemble, l’année 2021 était plutôt réussie malgré les difficultés. Notre parc automobile était composé de dix voitures. Nous avons même cessé d’en louer auprès d’autres auto-écoles. De plus, nous avons été chanceuses car cette année-là, en raison de la pandémie, la formation se déroulait en format hybride : un peu à distance et un peu en présentiel. Grâce à cela, il y a eu beaucoup plus d’élèves. En une seule année, nous avions formé neuf groupes de 24 personnes et le chiffre d’affaires s’élevait à 345 millions de soums (25 240 euros). Par conséquent, à la fin de l’année 2021, nous étions en mesure de faire du bénéfice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une entreprise destinée à un public ciblé</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S’il faut parler de la raison pour laquelle ce projet est réservé directement aux filles, il y a deux motifs. Premièrement, lorsque ce projet nous est venu en tête, cette niche économique n’était pas exploitée. Nous voulions faire quelque chose qui n’existait pas sur le marché. Deuxièmement, considérant nos codes culturels, nous pensions que la demande serait élevée. Ensuite, nous voulions mettre en place quelque chose qui se distinguait des projets traditionnels. Enfin, je voulais personnellement créer une atmosphère où chaque jeune fille se sentirait confiante et libre.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Cibler notre clientèle n’a pas eu d’effets néfastes sur le nombre d’élèves ni sur le développement de notre entreprise. Je ne pouvais pas m’imaginer comment une telle offre était nécessaire avant d’avoir travaillé dans ce domaine. Il semblerait que certaines femmes aient attendu ce genre d’auto-écoles pendant dix voire vingt ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi pendant notre deuxième année d’activité, en 2021, il y avait déjà 27 groupes dans notre école. Par conséquent, le chiffre d’affaires de l’entreprise a doublé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des nouvelles normes contraignantes</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de l’année 2022, des changements importants sont survenus dans notre domaine d’activité. Le centre d’examen est passé entre les mains du secteur privé. L’examen est devenu plus difficile, y compris pour la pratique. La durée de formation est passée à quatre mois et demi. Les gens craignaient de se rendre dans les auto-écoles. De plus, des contrôles avaient lieux dans les écoles afin de s’assurer qu’elles respectaient les nouvelles normes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, au début de l’année 2023, beaucoup d’auto-écoles ont mis la clé sous la porte parce qu’il n’y avait plus de clients. Elles n&rsquo;arrivaient pas à former un seul groupe. A cette date, rien qu’à Tachkent, plus de 70 auto-écoles avaient été fermées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes ainsi devenues l’une des rares écoles à surmonter cette crise puisque nous avons continué d’agir. Nous essayions de nous adapter rapidement au nouveau système, au marché. Si quelque chose ne fonctionnait pas, nous passions à autre chose mais nous ne nous arrêtions pas. C’est pour cela qu’en 2023, malgré les difficultés, nous avons réussi à former 27 groupes et à nous acheter quatre nouvelles voitures, des Nexia 3.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des risques à surmonter</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">S’il faut parler des risques, je dois avouer que je n’ai pas à me plaindre sur ce point. Je n’ai jamais eu de grandes pertes, y compris financières. Il y a bien sûr eu quelques désagréments : je me suis heurtée à des fournisseurs peu scrupuleux, à des gérants d’auto-écoles expérimentés peu enclins à partager avec moi leurs connaissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a fallu apprendre tout en travaillant, comme je l’avais fait précédemment au moment où j’étais institutrice. De plus, il n’était pas évident de s’intégrer dans un univers majoritairement masculin. Toutefois, je suis quelqu’un de déterminé : je n’abandonne pas et je vais jusqu’au bout.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La seule auto-école pour femmes de Tachkent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le moment, nous sommes la seule auto-école pour jeunes filles à Tachkent. D’autres proposent des groupes séparés. Notre école est l’une des meilleures, avec un taux de réussite de 80 % dès la première tentative. A présent, le coût de formation s’élève à 3,2 millions de soums (233 euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 30 collaboratrices travaillent chez nous : des monitrices, des enseignantes, des administratrices. Tout le personnel est féminin.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne fait aucun doute que la capacité à conduire ne dépend ni du sexe, ni de l’âge, ni d’autres attributs. C’est également le cas concernant les compétences du moniteur. L’important est qu’il travaille honnêtement, qu’il soit responsable et qu’il améliore constamment ses connaissances. Nos monitrices se conforment à toutes ces exigences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute un point positif qui est qu’à leurs côtés, nos élèves se sentent à l’aise, détendues et qu’elles peuvent ainsi vraiment se concentrer sur l’amélioration de leurs compétences. Notre parc automobile est constitué de 24 voitures, dont quatre nous appartiennent. Les autres sont celles de nos monitrices.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une adaptabilité remarquable</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous occupons un nouvel emplacement, qui est déjà notre troisième. Ici, nous louons le bâtiment dans son ensemble. Il n’y a pas longtemps, nous avons effectué des travaux en guise de loyer, qui s’élève à 8,5 millions de soums (620 euros) par mois. Nous sommes situées dans la vieille ville. La localisation a été choisie en tenant compte de notre public ciblé, la demande étant plus élevée précisément dans ce quartier. La formation est dispensée dans deux langues, en russe et en ouzbek, afin que les jeunes filles, dans chaque groupe, puissent choisir la langue qui leur convient le mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, nous proposons aussi des formations courtes dont la durée va de trois jours à une semaine pour les jeunes filles en possession du permis de conduire mais qui souhaiteraient améliorer leur conduite. Il s’agit de pratique et aussi de théorie. Dans cette formation sont impliquées une professeure, une monitrice et une psychologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong><strong> : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</strong></a><strong></strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus des frais liés à la pratique, il y aussi des coûts fixes pour la théorie. Par exemple, en 2023, il y avait un système pour lequel nous devions payer 10 millions de soums (730 euros) par an pour que tout le monde puisse utiliser et s’entraîner avec des tests sur la plateforme <a href="https://www.autostrada.uz/avtotest-certificate/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Avtotest Report</a>. Il fallait encore payer 1,2 millions de soums (87 euros) pour l’utilisation de tests par les étudiantes dans chaque groupe. Par ailleurs, un accord a été conclu avec la société <a href="https://transkasbinnovation.uz/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Transkasb</a> pour 3,9 millions de soums (285 euros) par an afin que les enseignantes puissent utiliser la plateforme.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une activité qui évolue vite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cette année, tout le système est passé sur le portail unique en ligne <a href="https://eavtotalim.uz/login" target="_blank" rel="noreferrer noopener">e-avtotalim</a>, intégré à <a href="https://my.gov.uz/oz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">mygov.uz</a>. Désormais, à la place de ce que je viens d’introduire précédemment, il faut payer environ 370 000 soums (27 euros) pour un professeur et l’utilisation de la plateforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre sphère d’activité, les changements sont assez fréquents, notamment sur le plan financier. Et c’est pour cela qu&rsquo;il est difficile de maintenir son entreprise. Il arrive parfois que la formation de conduite change radicalement. En trois ans d’activité, tout a changé, si bien que ce que nous faisons aujourd’hui n’a plus de rapport avec ce que nous faisions au moment de l’ouverture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cela résident les principaux défis de notre secteur. Vous pouvez commencer à travailler dans ce domaine une année et tout peut changer radicalement l’année suivante. Ainsi, la capacité à s’adapter rapidement et la flexibilité sont fondamentales pour réussir dans cette sphère.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des plans pour l’avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai l’intention de faire évoluer mon entreprise et de continuer à me former en tant qu’entrepreneuse. L’année dernière, j’ai participé à un programme pour renforcer son entreprise avec d’autres auto-entrepreneuses en Ouzbékistan, organisé par <a href="https://eavtotalim.uz/login" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Banque européenne de reconstruction et de développement</a> et la <a href="https://teamuni.uz/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TEAM University</a> à Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cette occasion, j’ai appris beaucoup de choses et cela m’a permis d’avoir de nouvelles idées sur la manière d’agrandir mon entreprise. Grâce à ce projet, j’ai compris ce sur quoi je devais me concentrer afin d’augmenter mes profits. Actuellement, l’école possède suffisamment de ressources pour former 12 groupes par jour mais pour le moment nous n’en avons que cinq ou six.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Afin d’attirer plus d’élèves, il faut que je développe mon marketing. Sur ce point, <a href="https://eavtotalim.uz/login" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la Banque européenne de reconstruction et de développement</a> va m’aider en couvrant 85 % des dépenses liées au développement publicitaire de l’entreprise. Seulement, il ne faut pas dépasser la limite budgétaire qui s’élève à 10 000 euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, nous aimerions ouvrir des succursales à Tachkent mais aussi dans d’autres villes du pays. Nous planifions également d&rsquo;augmenter les formations courtes, d’ajouter de nouvelles options utiles et de contribuer au développement de la civilité sur nos routes.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aziza Islamova<br>Journaliste pour Spot</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.spot.uz/ru/2024/02/08/autolady/">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Vladimir Przybylinski</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Eléonore Jeannot Ventura</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/">Comment une professeure de mathématiques a ouvert une auto-école  pour femmes à Tachkent</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/professeure-mathematiques-a-ouvert-auto-ecole-femmes-tachkent/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment les femmes trans sont discriminées au Tadjikistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Jun 2024 08:49:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Discriminations]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=65504</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes trans sont discriminées au Tadjikistan</a></p>
<p>Au Tadjikistan, les femmes transsexuelles sont victimes de nombreuses discriminations. De l’accès à l’emploi aux services médicaux, ou encore à l’obtention de documents officiels, tout devient une épreuve due aux importantes stigmatisations dont elles sont victimes. En 1993, le Tadjikistan a signé la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes trans sont discriminées au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes trans sont discriminées au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Au Tadjikistan, les femmes transsexuelles sont victimes de nombreuses</strong> discriminations. De l’accès à l’emploi aux services médicaux, ou encore à l’obtention de documents officiels, tout devient une épreuve due aux importantes stigmatisations dont elles sont victimes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1993, le Tadjikistan a signé la <a href="https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-elimination-all-forms-discrimination-against-women">Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes</a>. Cette convention souligne que les violences faites aux femmes constituent la première forme d’inégalité de genre. Le média tadjik Asia-Plus a publié les récits de femmes tadjikes sur la discrimination dont elles sont victimes<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Rien sur nous sans nous »</em> est un slogan suivi notamment par les journalistes qui écrivent sur les groupes vulnérables. Pour mieux comprendre les problèmes des personnes en situation de vulnérabilité, les principales sources d&rsquo;information devraient être ces personnes elles-mêmes. Cependant, les femmes transsexuelles au Tadjikistan sont confrontées à un tel niveau de stigmatisation et de discrimination qu&rsquo;elles ne peuvent pas communiquer avec les journalistes locaux, même de manière anonyme, sans risquer leur sécurité.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux les plus récents sur les personnes transsexuelles dans la presse nationale datent des années 2017-2018. Par la suite, la situation des femmes transsexuelles s&rsquo;est aggravée non seulement au Tadjikistan, mais aussi là où elles tentaient d&rsquo;émigrer, en Russie, où <a href="https://www.hrw.org/ru/news/2023/07/18/russia-trans-health-care-families-bill-violates-rights">une loi interdisant le changement de sexe</a> a été introduite. Elles en sont alors venues à refuser toute communication avec les journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour aborder la situation des femmes transsexuelles, Asia-Plus s&rsquo;est appuyé sur les avis d&rsquo;experts et les témoignages anonymes de femmes transsexuelles tadjikes, qui ont été publiés sur le site web du <a href="https://react-aph.org/zashhita-prav-transgendernoj-zhenshhiny-v-tadzhikistane/">projet REAct</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’histoire de Renata</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Renata* choisit de quitter la Russie, où elle vivait et travaillait, pour se rendre dans son pays natal, le Tadjikistan, afin de modifier son statut de genre sur son nouveau passeport. Cependant, ses projets ont été sérieusement compromis à son arrivée. En effet, des policiers se sont intéressés à sa vie privée lorsqu&rsquo;elle s’est rendue au poste pour soutenir une amie qui avait été arrêtée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir appris qu&rsquo;elle était transsexuelle, les forces de l&rsquo;ordre l’ont interrogée avec insistance et ont saisi son téléphone, qui contenait un grand nombre d’informations personnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-un-blogueur-pro-lgbtq-victime-dune-violente-attaque/"><strong>Ouzbékistan&nbsp;: un blogueur pro-LGBTQ victime d’une violente attaque</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que Renata ait été libérée par la suite, les policiers ne lui ont pas rendu son téléphone et ont continué à en surveiller le contenu. Elle a ensuite été invitée à revenir au poste de police car elle était accusée d&rsquo;avoir envoyé de la pornographie. Il ne s’agissait en réalité que de photographies du processus de chirurgie mammaire envoyées à une amie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’absence des personnes transsexuelles dans la loi contre les discriminations</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire ne reflète qu&rsquo;une petite partie du problème auquel sont confrontées les femmes transsexuelles au Tadjikistan. Bien que la transidentité ne soit pas punie par la loi, ces femmes sont contraintes d&rsquo;endurer des humiliations constantes de la part de la population et de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat. Par conséquent, elles n&rsquo;ont nulle part où se tourner pour obtenir de l&rsquo;aide et une protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes transsexuelles n&rsquo;essaient même pas de protéger leurs droits, connaissant à l&rsquo;avance l&rsquo;issue des tentatives de recours à la police<em>. «&nbsp;Malheureusement, notre pays n&rsquo;est pas un endroit sûr pour ces femmes&nbsp;»</em>, déclare Larissa Aleksandrova, spécialiste de l&rsquo;égalité des genres et des droits humains. Elle explique que les femmes transsexuelles au Tadjikistan sont victimes d&rsquo;une discrimination systémique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong>&nbsp;<strong>: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/"><strong>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Au Tadjikistan, l&rsquo;orientation sexuelle et l&rsquo;identité de genre ne sont pas abordées au niveau décisionnel. </em><a href="https://notorturetj.org/news/v-tadzhikistane-prinyali-zakon-protiv-vseh-form-diskriminacii"><em>La loi sur l&rsquo;égalité et l&rsquo;élimination de toutes les formes de discrimination</em></a><em>, récemment adoptée, en est un exemple. Alors qu’à la discussion, le projet de loi comprenait une interdiction des motifs de discrimination, y compris l&rsquo;orientation sexuelle et l&rsquo;identité de genre, ces paramètres ont disparu du projet de loi final. Heureusement, la formulation reste inchangée, ce qui permet de protéger, entre autres, les personnes ayant d&rsquo;autres orientations sexuelles et identités de genre, mais elles ne sont pas clairement énumérées, alors que ces groupes sont exposés aux formes de discrimination les plus fréquentes et les plus importantes dans notre société&nbsp;»</em>, ajoute Larissa Aleksandrova.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les femmes transsexuelles privées de services de première nécessité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les experts, les femmes transsexuelles n&rsquo;ont pas accès aux services médico-sociaux élémentaires au Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, il n&rsquo;existe pas de procédures d’accompagnement des adolescents, de visite et de suivi par un psychologue, ni de protocoles pour bénéficier d&rsquo;une thérapie hormonale.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, il est presque impossible d’obtenir des papiers après leur transition, de sorte que les femmes transsexuelles ne peuvent pas accéder à des services de première nécessité tels que se rendre au centre de santé, ouvrir un compte en banque, trouver un emploi ou quitter le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une juridiction ambiguë</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, dans les lois tadjikes sur <a href="https://ncz.tj/content/%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BE%D0%BD-%D1%80%D0%B5%D1%81%D0%BF%D1%83%D0%B1%D0%BB%D0%B8%D0%BA%D0%B8-%D1%82%D0%B0%D0%B4%D0%B6%D0%B8%D0%BA%D0%B8%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD-%D0%BE-%D0%B3%D0%BE%D1%81%D1%83%D0%B4%D0%B0%D1%80%D1%81%D1%82%D0%B2%D0%B5%D0%BD%D0%BD%D0%BE%D0%B9-%D1%80%D0%B5%D0%B3%D0%B8%D1%81%D1%82%D1%80%D0%B0%D1%86%D0%B8%D0%B8-%D0%B0%D0%BA%D1%82%D0%BE%D0%B2%C2%A0-%D0%B3%D1%80%D0%B0%D0%B6%D0%B4%D0%B0%D0%BD%D1%81%D0%BA%D0%BE%D0%B3%D0%BE-%D1%81%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%BE%D1%8F%D0%BD%D0%B8%D1%8F">l&rsquo;enregistrement par l&rsquo;Etat des actes d&rsquo;état civil</a> et <a href="https://ncz.tj/content/%D0%B7%D0%B0%D0%BA%D0%BE%D0%BD-%D1%80%D0%B5%D1%81%D0%BF%D1%83%D0%B1%D0%BB%D0%B8%D0%BA%D0%B8-%D1%82%D0%B0%D0%B4%D0%B6%D0%B8%D0%BA%D0%B8%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD-%D0%BE-%D0%B4%D0%BE%D0%BA%D1%83%D0%BC%D0%B5%D0%BD%D1%82%D0%B0%D1%85-%D1%83%D0%B4%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%BE%D0%B2%D0%B5%D1%80%D1%8F%D1%8E%D1%89%D0%B8%D1%85-%D0%BB%D0%B8%D1%87%D0%BD%D0%BE%D1%81%D1%82%D1%8C">les documents certifiant l&rsquo;identité</a>, la modification des documents d&rsquo;identité des personnes ayant effectué une transition n&rsquo;est pas explicitement interdite. Selon la loi, les motifs de modification des documents officiels comprennent l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un changement de prénom, de nom de famille ou de patronyme. Le bureau d&rsquo;état civil autorise le changement définitif de nom sur présentation d&rsquo;un document certifiant le changement de sexe, délivré par une institution médicale. Or, cette institution relève en fait du ministère de la Santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Larissa Aleksandrova explique également que <em>«&nbsp;en tant que spécialiste des questions de genre, j&rsquo;ai fait parvenir une lettre officielle au ministère pour demander des éclaircissements et quelques détails. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-vie-queer-sous-pression-au-kirghizstan/"><strong>La vie queer sous pression au Kirghizstan</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre posait de nombreuses questions comme : <em>«&nbsp;Les normes nationales relatives à l’aide médico-sociale des personnes transgenres et transsexuelles ont-elles été adoptées en s’appuyant sur le </em><a href="https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA72/A72_29-en.pdf"><em>système de classification statistique international des maladies et des problèmes de santé connexes</em></a><em> (CM-11) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ?&nbsp;[&#8230;]&nbsp;Existe-t-il des formulaires de changement de sexe délivrés par les organisations médicales pour apporter des corrections, des modifications ou des ajouts au registre de l&rsquo;état civil ?&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des risques d&rsquo;humiliations en présentant son passeport</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces questions, la réponse du ministère de la Santé a été la suivante : <em>«&nbsp;Sur le territoire du Tadjikistan, aucune opération de changement de sexe n&rsquo;a été pratiquée dans un établissement de santé publique.&nbsp;»</em></p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">Sans ce formulaire, le bureau de l&rsquo;état civil n&rsquo;est pas en mesure de modifier l&rsquo;acte de naissance, et sans celui-ci, un nouveau passeport ne peut être délivré. Les femmes transsexuelles sont alors contraintes de vivre avec un passeport établi à un nom masculin, et risquent de subir tout au moins des insultes et des humiliations s’il leur est demandé de le présenter. Les hommes transsexuels vivant avec un passeport établi à un nom féminin ne sont pas soumis à de tels risques d&rsquo;agression.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des procédures humiliantes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les tribunaux discriminent également les personnes transsexuelles et les soumettent à des examens médico-légaux au cours desquels elles subissent des procédures humiliantes. Les médecins en question ne sont pas des spécialistes et les obligent à se déshabiller, à examiner leurs organes génitaux et à procéder à des analyses chromosomiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces inspections et analyses ne permettent pourtant pas de déterminer la transidentité. Néanmoins, des psychiatres et parfois des endocrinologues sont tout de même présents lors de ces expertises. Ce sont eux qui donnent les conclusions sur la base desquelles un changement de sexe est autorisé.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, <em>«&nbsp;selon les normes internationales, le changement de sexe n&rsquo;est que l’une des méthodes auxquelles les personnes transsexuelles ont recours pour réaliser leur transition&nbsp;»</em>, insiste Larissa Aleksandrova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Le nom a été changé</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction d’Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20231208/istoriya-devyataya-kak-v-tadzhikistane-diskriminiruyut-transzhentshin">russe</a> par Coline Trystram</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Vladimir Przybylinski</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/">Comment les femmes trans sont discriminées au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-femmes-trans-sont-discriminees-au-tadjikistan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi il est compliqué de concilier travail et grossesse au Tadjikistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2024 10:39:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=64884</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/">Pourquoi il est compliqué de concilier travail et grossesse au Tadjikistan</a></p>
<p>Dans la société tadjike, l’injonction à jouer le rôle de mère pèse avec insistance sur les femmes. Pourtant, elles subissent des discriminations lorsqu&#8217;elles tombent enceintes. Leurs employeurs essaient de se débarrasser d’elles, dans la crainte qu’elles ne soient pas en mesure de remplir leurs obligations professionnelles, alors que le pays dispose de lois qui interdisent [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/">Pourquoi il est compliqué de concilier travail et grossesse au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/">Pourquoi il est compliqué de concilier travail et grossesse au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans la société tadjike, l’injonction à jouer le rôle de mère pèse avec insistance sur les femmes. Pourtant, elles subissent des discriminations lorsqu&rsquo;elles tombent enceintes. Leurs employeurs essaient de se débarrasser d’elles, dans la crainte qu’elles ne soient pas en mesure de remplir leurs obligations professionnelles, alors que le pays dispose de lois qui interdisent de telles pratiques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le code du travail du Tadjikistan, la résiliation d’un contrat de travail avec une femme enceinte à l’initiative de l’employeur est explicitement désignée comme inadmissible. Pourtant, dans la pratique, cette loi&nbsp;se contourne très facilement : de nombreux dirigeants d’entreprise n’offrent simplement pas d’emploi aux jeunes femmes, afin de s’assurer de ne pas avoir à les laisser partir en congé maternité dans un avenir proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il arrive qu’une salariée tombe enceinte en étant officiellement employée, il reste possible de se débarrasser d’elle par le harcèlement. En réaction, la femme enceinte dépose elle-même sa lettre de démission.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les craintes des employeurs face au congé maternité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La raison d’un tel comportement de la part des employeurs réside dans leur crainte qu’après l’accouchement, la femme ne puisse plus remplir ses obligations professionnelles. En outre, il est dans ce cas-là requis d’accorder à la jeune mère un congé maternité payé de 140 jours.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Et même le fait que les dépenses soient couvertes par le fonds d’assurance sociale de l’Etat, cela n’empêche pas les employeurs de discriminer les femmes enceintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), signée par le Tadjikistan il y a 30 ans, il est dit que les inégalités de genre et la discrimination constituent la première violence faite aux femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;En 2020, je travaillais comme conseillère d’orientation dans une des universités de Douchanbé. Immédiatement après mon mariage, le doyen de la faculté a commencé à me faire des allusions, me demandant si ce n’était pas trop difficile pour moi de continuer à travailler, si je voulais m’occuper uniquement des tâches ménagères. J’ai répondu que je pouvais faire face à toutes mes responsabilités et que je voulais continuer à travailler&nbsp;»</em>, raconte Narguis*, une habitante de Douchanbé ayant demandé à rester anonyme du fait de l’impossibilité de prouver les violations par son employeur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Harcèlement et pression pour démissionner pendant la grossesse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après quelques temps, Narguis apprend qu’elle est enceinte et en fait part à la direction. Il lui est expressément demandé d’écrire une lettre de démission.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’ai demandé&nbsp;: pourquoi&nbsp;? Et le doyen a prétendu qu’il n’aimait pas ma façon de travailler. Mais il n’a pas su me soumettre de réclamations précises sur mon travail, car dans les faits, je remplissais toutes mes tâches, et même plus&nbsp;»</em>, se remémore Narguis.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’elle en est déjà à sa dixième semaine de grossesse, Narguis commence à être victime de harcèlement de la part de son responsable, puis du reste de ses collègues.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-1001-embuches-des-femmes-au-tadjikistan/">Les 1001 embûches des femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ça a commencé avec des regards de travers, des rumeurs, ils ne me répondaient pas, ignoraient mes courriers, puis faisaient semblant d’avoir oublié de répondre. Cette attitude m’a mise en état de stress, jusqu’à menacer d’interrompre ma grossesse. Les médecins m’ont conseillé d’aller à l’hôpital, mais je me disais qu’ils ne me laisseraient pas aller travailler. Alors mon mari s’est mis en colère et m’a dit d’écrire ma lettre de démission&nbsp;»</em>, raconte Narguis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La difficulté de retrouver du travail</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sa grossesse s’est poursuivie. Cependant, elle n’a reçu aucun des paiements requis par la loi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je sais qu’ils ont violé la loi et que j’aurais pu essayer d’obtenir justice au tribunal, mais je n’avais simplement pas la force de me battre&nbsp;»,</em> explique-t-elle. <em>«&nbsp;Ma grossesse était en danger, et je ne pouvais pas la risquer. Une femme dans cette situation est très vulnérable et il lui est difficile de lutter contre tout le système ; mes anciens employeurs en ont profité.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-les-meres-se-cachent-pour-allaiter/">Tadjikistan : pourquoi les mères doivent se cacher pour allaiter</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis toujours femme au foyer et ne parviens pas à trouver la force de retourner travailler, car j’ai maintenant un petit enfant. Cette histoire a porté un coup très dur à mon estime de moi-même&nbsp;»</em>, regrette Narguis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une lutte inégale à travers le monde</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème de la discrimination à l’égard des femmes enceintes est également d’actualité dans la plupart des pays du monde, y compris les pays développés. Par exemple, aux Etats-Unis, une loi a même été adoptée en 1978 qui interdit la discrimination à l’égard des femmes enceintes et décrit ce phénomène.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, dans les pays développés, le niveau judiciaire et les mécanismes juridiques s’ajoutent à la protection des droits des travailleurs par divers programmes de diversité et d’inclusion, dont la présence et l’efficacité sont des critères d’évaluation publique des employeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, au Tadjikistan, de tels programmes n’existent pas à ce jour. De plus, la loi est impuissante à protéger les femmes enceintes de la discrimination cachée à laquelle elles sont confrontées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*Le nom a été changé.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction d&rsquo;Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20231128/istoriya-vtoraya-kak-v-tadzhikistane-diskriminiruyut-beremennih-zhentshin">russe</a> par Elise Medina</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Ella Boulage</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/">Pourquoi il est compliqué de concilier travail et grossesse au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-il-est-complique-de-concilier-travail-et-grossesse-au-tadjikistan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment l&#8217;appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2024 11:08:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités de genre]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Sexisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=64908</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l&rsquo;appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a></p>
<p>Au Tadjikistan, aucune femme n&#8217;est à l&#8217;abri de discriminations au sein du système judiciaire, malgré les lois spécifiquement conçues pour promouvoir l&#8217;égalité des sexes dans le pays. A l&#8217;occasion de la campagne internationale «&#160;16 jours d&#8217;action contre la violence de genre&#160;», le média tadjik Asia-Plus publie les récits de femmes tadjikes sur les discriminations auxquelles [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l&rsquo;appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l&rsquo;appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Tadjikistan, aucune femme n&rsquo;est à l&rsquo;abri de discriminations au sein du système judiciaire, malgré les lois spécifiquement conçues pour promouvoir l&rsquo;égalité des sexes dans le pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;occasion de la campagne internationale «&nbsp;16 jours d&rsquo;action contre la violence de genre&nbsp;», le média tadjik Asia-Plus publie les récits de femmes tadjikes sur les discriminations auxquelles elles sont confrontées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les femmes et les enfants sont les groupes les plus vulnérables dans le système judiciaire du Tadjikistan »</em>, déclare la journaliste tadjike Ramziya Mirzobekova, qui a elle-même fait l&rsquo;expérience d&rsquo;un procès lorsqu&rsquo;elle a tenté de procéder au partage de biens acquis au cours de son mariage.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les femmes et enfants vulnérables dans le système judiciaire tadjik</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khatlon">Khatlon</a>, plus de 80 % des femmes divorcées se retrouvent sans logement après leur divorce et doivent retourner vivre chez leurs parents.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Ces données proviennent de&nbsp;<a href="https://www.adb.org/sites/default/files/institutional-document/212096/tajikistan-cga-ru.pdf">l&rsquo;évaluation du pays réalisée par la Banque asiatique de développement</a>&nbsp;(BAD) publiée en 2016. Il semble cependant que peu de choses aient changé depuis, d&rsquo;autant que dans ce même document, les chercheurs de la BAD soulignent qu&rsquo;au Tadjikistan, <em>«</em> <em>la plupart des obstacles auxquels sont confrontées les femmes sont liés à la coutume et non au système légal »</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify wp-block-paragraph">Ces discriminations persistent alors même que <a>la&nbsp;</a><a href="https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-elimination-all-forms-discrimination-against-women">Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes</a>, est signée par le Tadjikistan il y a 30 ans, en 1993. Déjà, elle soulignait que les violences faites aux femmes constituaient la première forme d’inégalité de genre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des jugements discriminatoires et injustes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ramziya Mirzobekova partage pleinement ce point de vue, elle qui n&rsquo;a pas pu obtenir un logement pour elle et sa fille mineure pendant son procès.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em> <em>Mon affaire portait sur le partage des biens acquis pendant mon mariage. Mais dès le début du procès, face à mes exigences, on me demandait : </em>« Combien veux-tu ? Dis donc ! »<em> Pourtant, sur les quatre appartements que possédait mon mari, je n&rsquo;en ai demandé qu&rsquo;un seul, pour moi et ma fille&nbsp;: une requête qui semblait irréaliste aux yeux des employés du tribunal »</em>, raconte Ramziya Mirzobekova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle se souvient qu’il lui était sans cesse reproché de trop en demander. <em>«&nbsp;Tu aurais dû prendre ce qu&rsquo;on te donnait&nbsp;! Si on te donne 1 000 dollars, soit reconnaissante d&rsquo;avoir obtenu quelque chose »</em>, lui répétaient les employés du tribunal.&nbsp;<em>«</em> <em>Mon expérience personnelle m&rsquo;a convaincue que les femmes et les enfants étaient les plus vulnérables devant les tribunaux</em> <em>»</em>, poursuit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-discrimination-femmes-vih/">Contaminer son épouse puis l’accuser&nbsp;: ces femmes tadjikes séropositives face aux discriminations sociales</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> <em>«</em></em> <em>Après plusieurs tentatives infructueuses devant les tribunaux, j&rsquo;ai décidé de me tourner vers l&rsquo;Assemblée nationale. Je me suis rendue à la réception du président et, dans la file d&rsquo;attente, je me suis trouvée entourée de femmes qui réclamaient justice. Elles se plaignaient toutes des tribunaux, elles étaient toutes désespérées. Je me sentais tellement offensée pour ces femmes que j’en pleurais ! Leurs histoires étaient toutes les mêmes : un frère a chassé sa sœur de la maison de ses parents parce qu&rsquo;il devait y vivre, un homme a expulsé sa femme de la maison après un divorce et a refusé de partager ses biens avec elle <em>»</em></em>, raconte-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les tribunaux, obstacles à la justice pour les femmes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de son procès, Ramziya Mirzobekova s’est constamment sentie victime de préjugés et d&rsquo;une attitude partiale de la part du personnel du tribunal. Les femmes sont désespérées car leur vie et leur bien-être sont en jeu, mais aussi ceux de leurs enfants. Naturellement, elles craquent. Le personnel du tribunal renvoie alors leur <em>« état émotionnel&nbsp;»</em> à leur condition de femme, raille Ramziya Mirzobekova. Elle n&rsquo;a pas obtenu justice, malgré la loi.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tribunaux tadjiks n&rsquo;ont qu&rsquo;une expérience limitée de l&rsquo;application des lois nationales et internationales dans les cas de discrimination fondée sur le genre. Par exemple, selon les données de la BAD, alors que plus de 57 % des tribunaux ont examiné des affaires relatives à une violation des droits et libertés des femmes, seuls 11,2 % d&rsquo;entre eux ont mobilisé les dispositions de la loi gouvernementale sur l&rsquo;égalité des droits entre hommes et femmes pour protéger les droits des femmes. En comparaison, 19,6 % l&rsquo;ont fait pour examiner des affaires relatives aux droits des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seuls 7 % des tribunaux appliquent les dispositions de la Convention sur l&rsquo;élimination de toutes les formes de discrimination à l&rsquo;égard des femmes, ce dans les affaires impliquant des femmes et des hommes. La plupart des tribunaux fondent leurs décisions uniquement sur des lois fondamentales telles que le code de la famille, le code pénal et le code du travail, qui ne contiennent que des dispositions limitées en matière de sanction des discriminations.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction d’Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20231129/istoriya-tretya-kak-zhentshin-v-tadzhikistane-diskriminiruyut-v-sudebnih-organah">russe</a> par Coline Trystram</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Ella Boulage</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/">Comment l&rsquo;appareil judiciaire discrimine les femmes au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-lappareil-judiciaire-discrimine-femmes-tadjikistan/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2024 10:59:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Transports]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=64687</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/">En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</a></p>
<p>En Ouzbékistan, les femmes sont désormais autorisées à conduire des véhicules lourds. Depuis cette nouvelle loi, certaines d&#8217;entre elles ont déjà franchi le pas. Les derniers changements de loi autorisant les femmes à prendre le volant d’un bus ou d’un véhicule lourd constituent un pas en avant significatif dans le domaine du transport en Ouzbékistan. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/">En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/">En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En Ouzbékistan, les femmes sont désormais autorisées à conduire des véhicules lourds. Depuis cette nouvelle loi, certaines d&rsquo;entre elles ont déjà franchi le pas.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les derniers <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2024/02/14/women-drivers/">changements de loi</a> autorisant les femmes à prendre le volant d’un bus ou d’un véhicule lourd constituent un pas en avant significatif dans le domaine du transport en Ouzbékistan. Cette avancée dénote une volonté active de réduire l’inégalité des sexes et de promouvoir la diversité dans ce secteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette évolution, Narguiz Gadaïeva et Saodat Chermatova ont manifesté leur désir de devenir les premières conductrices de bus. Pour l’autorité des transports d’<a href="https://tashbus.uz/">Ouzbékistan</a>, c&rsquo;est un progrès significatif en faveur de l’égalité des chances entre hommes et femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Je me devais d&rsquo;être la première »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 28 février dernier, Saodat Chermatova, une femme de 49 ans, originaire de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, mère de deux enfants, s’est assise au volant du bus pour la première fois de sa vie. Bien qu’elle ait étudié le droit pour suivre les pas de son père, elle éprouvait de l’intérêt pour les transports depuis son adolescence.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il n’y avait pas de conductrice dans notre famille, je me devais donc d’être la première »</em>, explique-t-elle. En 2005, elle obtient son permis de catégorie D, qui lui permet de conduire un bus pour plus de huit passagers. Avant de candidater au poste, le mari de Saodat était <em>« inquiet des problèmes de sécurité »</em>. Il a tout de même pris la décision de soutenir sa femme dans son entreprise, de sorte qu’il a été plus simple pour Saodat de suivre une formation obligatoire d’un mois créée à l’intention des futures conductrices en Ouzbékistan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Attirer de nouvelles conductrices</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Narguiz Gadoïeva, une femme de 57 ans de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karchi">Karchi</a>, a rejoint le programme juste après Saodat. Elle a commencé à conduire quand elle avait 20 ans et a travaillé dix ans comme instructrice d’auto-école. Elle apprenait aux femmes à conduire et a reçu le soutien de ses collègues pour devenir l’une des premières conductrices de bus en Ouzbékistan.</p>



<a class="dbox-donation-page-button" href="https://donorbox.org/soutenir-novastan?default_interval=o" style="background: rgb(245, 125, 32); color: rgb(255, 255, 255); text-decoration: none; font-family: Verdana, sans-serif; display: flex; font-size: 16px; padding: 8px 24px; border-radius: 5px; gap: 8px; width: fit-content; line-height: 24px;"><img decoding="async" src="https://donorbox.org/images/white_logo.svg" style="">Je fais un don à Novastan</a>



<p class="wp-block-paragraph">A l’origine, c’est le tourisme qui l’intéressait. Mais après le changement de loi, elle est devenue déterminée à faire carrière comme conductrice de bus. <em>« Je veux être un exemple pour d’autres femmes en Ouzbékistan »</em>, raconte-t-elle. <em>« Les femmes sont capables de beaucoup de choses, tant que nous travaillons dur et tant que nous sommes persévérantes. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/ces-femmes-tadjikes-sapproprient-les-professions-masculines/">Ces femmes tadjikes qui s’approprient les professions «&nbsp;masculines&nbsp;»</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Azizakhon Khodjaïeva, la responsable du projet dédié à l’égalité des genres au sein de l’autorité des transports, estime que la loi a rapproché l’Ouzbékistan de l’élimination des stéréotypes de genre. D’après elle, les femmes doivent effectuer huit heures de conduite par jour, ce qui constitue un travail à temps plein accompagné d’un salaire à taux plein. Ce sont les conditions de travail qui s’appliquent pour satisfaire les deux conductrices actuelles et en attirer 15 autres en 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des femmes pionnières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant le changement de loi, beaucoup d’Ouzbèkes quittaient le pays pour travailler comme conductrices en Russie en l’échange d’un salaire raisonnable. Les restrictions d’accès à la profession privaient les femmes d’opportunités qui étaient pourtant disponibles en Russie, ce qui les conduisait à laisser leurs familles derrière elles.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://wbl.worldbank.org/content/dam/sites/wbl/documents/2021/02/WBL2022%20Chapter%201.pdf">étude</a> de la Banque mondiale datant de 2022, l’Ouzbékistan avait obtenu un score de 70,6 sur un total de 100, le score maximal de 100 représentant l’égalité dans la loi entre hommes et femmes dans les professions examinées. Parmi les autres pays d’Asie centrale, le Kazakhstan avait obtenu le score de 69,4 et le Tadjikistan 78,8.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son histoire, l’Ouzbékistan a connu de nombreux exemples de pionnières ayant décidé de s&rsquo;aventurer dans des domaines auparavant dominés par des hommes. L’un des exemples les plus notables est celui de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Basharat_Mirbabayeva">Bachorat Mirbabaïeva</a>, la première femme conductrice de locomotive ferroviaire. Avec 27 autres femmes, elle s’était inscrite aux cours organisés par les chemins de fer de Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tursunoy_Oxunova">Toursounoï Ahounova</a> fournit un autre exemple de réussite. Elle a été la première femme à être formée pour devenir conductrice d’une machine à récolter le coton.&nbsp; Elle est ensuite parvenue au poste de chef de brigade dans un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolkhoze">kolkhoze</a> de la région de Tachkent. Grâce à son engagement et à sa détermination dans son travail, le niveau d’efficacité avait considérablement augmenté, ce qui avait réduit le temps nécessaire à la production de coton.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des professions interdites aux femmes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous l’Union soviétique, <a href="https://cabar.asia/ru/spisok-zapreshhennyh-professij-dlya-zhenshhin-v-tsentralnoj-azii-otkuda-on-vzyalsya-i-zachem-nuzhen">une liste de professions interdites</a> aux femmes avait été établie. Le nombre total de métiers concernés était de 431.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan a franchi une étape importante en 2019, au moment où la liste des métiers interdits aux femmes a été abolie. Avant sa suppression, elle comportait encore 44 spécialisations considérées comme dangereuses ou néfastes aux femmes, notamment l’extraction minière, l&rsquo;exploitation pétrolière et gazière ou la métallurgie. Toutefois, cette liste existe encore de manière informelle.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Darika Bolot et Chakhzoda Mirakova</strong><br><strong>Rédactrices pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l&rsquo;<a href="https://novastan.org/en/uzbekistan/hitting-the-road-the-first-female-bus-drivers-in-uzbekistan/">anglais</a> par Arnaud Behr</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/">En route : les femmes autorisées à conduire des bus et des véhicules lourds en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/femmes-autorisees-conduire-bus-vehicules-lourds/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trois initiatives féminines pour lutter contre les problèmes environnementaux en Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[cjullien]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2024 17:47:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=64139</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/">Trois initiatives féminines pour lutter contre les problèmes environnementaux en Asie centrale</a></p>
<p>Dans un contexte d’inégalité de genre et de problèmes environnementaux, les femmes d’Asie centrale se positionnent sur les technologies vertes. Dans les universités, les espaces ruraux et les grandes villes, les femmes sont à la proue des changements et organisent sensibilisation, éducation et mise en place de nouvelles technologies. En Asie centrale, les femmes sont [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/">Trois initiatives féminines pour lutter contre les problèmes environnementaux en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/">Trois initiatives féminines pour lutter contre les problèmes environnementaux en Asie centrale</a></p>
<p><strong>Dans un contexte d’inégalité de genre et de problèmes environnementaux, les femmes d’Asie centrale se positionnent sur les technologies vertes. Dans les universités, les espaces ruraux et les grandes villes, les femmes sont à la proue des changements et organisent sensibilisation, éducation et mise en place de nouvelles technologies.</strong></p>
<p>En Asie centrale, les femmes sont en première ligne pour lutter contre les problèmes environnementaux. Pourtant, <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">l’égalité des genres</a> a encore des progrès à faire. Selon le <a href="https://giwps.georgetown.edu/wp-content/uploads/2023/10/WPS-Index-full-report.pdf">Women Peace and Security Index</a> (WSPI), les pays d’Asie centrale se situent entre la 58ème place (Turkménistan) et la 95ème (Kirghizstan), en se basant sur des indicateurs d’inclusivité, d’égalité des droits et de sécurité. A titre comparatif, la France est classée 25ème.</p>
<p>Ce classement est cependant contesté : avec la prévalence de la violence conjugale et des féminicides, mais aussi les lois relatives au code vestimentaire et à la contraception, il y encore du chemin à parcourir en termes d’égalité.</p>
<p>Au Kirghizstan, les hommes sont largement surreprésentés dans le monde politique, et le nombre de femmes au pouvoir <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-linegalite-hommes-femmes-en-question/">est en diminution</a>. Et il en est de même <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-linegalite-des-sexes . . .
</p>

<div style = "background-image: linear-gradient( rgba(249, 246, 231, .7),rgba(249, 246, 231, .7) ),
		url('https://novastan.org/fr/wp-content/themes/theme/images/patterna6ce39.svg');
			background-repeat: repeat;
			background-size: 30%;
			background-position: center;"
	 class ="subscribe-box-restrict flex flex-col sm:items-center bg-primary-100 rounded-lg border-b-8 border-accent-500 py-10 px-10 box-content text-center my-12 ">
	
		<p class="text-2xl">Vous avez encore 80 % de cet article à découvrir!
<span class="text-accent-700 font-bold">Abonnez-vous maintenant pour seulement 3€ par mois</span></p>	
	<a class="block rounded bg-accent-500 text-primary-800 p-2 px-4 my-4 font-bold" href="/sabonner">
		S’abonner	</a>
	<p class="">Déjà abonné ?		<a href="/wp-admin/" class="text-secondary-500 underline">
			Se connecter		</a>
	</p>

	<p class="font-alegreya mt-8">
	En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l'Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! Grâce à vos abonnements, nous pouvons rémunérer nos correspondants en Asie centrale.	</p>
</div>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/">Trois initiatives féminines pour lutter contre les problèmes environnementaux en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/environnement/trois-initiatives-feminines-lutter-contre-problemes-environnementaux/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 17:37:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=63803</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</a></p>
<p>Des experts en matière de droits humains et d’égalité des genres ont publié en novembre dernier une version actualisée de l’Index de la paix et la sécurité des femmes, traitant de la situation des femmes dans 177 pays. Les républiques d’Asie centrale se situent à peu près au milieu du classement&#160;: le Turkménistan domine le [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des experts en matière de droits humains et d’égalité des genres ont publié en novembre dernier une version actualisée de l’Index de la paix et la sécurité des femmes, traitant de la situation des femmes dans 177 pays. Les républiques d’Asie centrale se situent à peu près au milieu du classement&nbsp;: le Turkménistan domine le classement régional, devançant nettement ses voisins. Le média Fergana&nbsp;présente des doutes quant aux conclusions des analystes internationaux.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Etabli conjointement par des spécialistes de l’<a href="https://giwps.georgetown.edu/">Institut de Georgetown pour les femmes, la paix et la sécurité</a> et de l’<a href="https://www.prio.org/">Institut de recherche sur la paix d’Oslo</a>, le Women Peace and Security Index (WPSI, Index de la paix et la sécurité des femmes) paraît tous les deux ans. Les experts prennent en compte une dizaine de critères, organisés selon trois catégories : l’inclusivité, l’égalité des droits et la sécurité. La première catégorie comprend, par exemple, l’accès à l’éducation ou à l’emploi et la participation des femmes au pouvoir. La deuxième, les questions de discrimination devant la loi. La troisième, le niveau des violences domestiques et la proximité d’un conflit armé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Différents rapports et comptes rendus d’études globales sont consultés dans la préparation du WPSI, notamment ceux des départements statistiques des Nations unies (ONU), de l’Organisation des nations unies pour l&rsquo;éducation, la science et la culture (Unesco), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Union interparlementaire et de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Gallup_Organization#">Organisation Gallup</a>.</p>



<div class="flex flex-col md:flex-row justify-evenly items-center bg-yellow-100 my-20 p-10 space-y-10 subscribe">
	<div class="container flex flex-col lg:flex-row justify-between">
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-3/5 pb-4">
			<h2 class="text-3xl text-secondary font-bold mb-4 text-[#749D02]">
								Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale 
			</h2>
				En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide ! 
						</div>
		<div class="flex flex-col w-full lg:w-2/5 justify-items-center justify-center pb-4">
			<div class="rounded-md bg-accent-500 px-10 py-5 text-center w-72 mx-auto">
															<p class="pricing text-2xl font-bold">A partir de 3 € / mois</p>
								<p class="">Toute l’actualité d’Asie centrale</p>
								<a class="block rounded bg-white p-2 mt-4 font-bold" href="https://novastan.org/fr/sabonner/">Abonnez-vous</a>
							</div>
		</div>
	</div>
</div>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la <a href="https://giwps.georgetown.edu/wp-content/uploads/2023/10/WPS-Index-full-report.pdf">dernière édition</a> de l’Indice, le Turkménistan s&rsquo;est placé 58ème, le Kazakhstan 70ème, le Tadjikistan 90ème, l&rsquo;Ouzbékistan 94ème et le Kirghizstan 95ème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A titre de comparaison, le Turkménistan n’est en tout qu’à un point de la Russie, mais devance des pays comme Chypre, la Biélorussie et le Brésil en termes de paix et de sécurité des femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Turkménistan&nbsp;: un chef de file très contestable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première place qu’occupe le Turkménistan dans ce classement régional peut être remise en question à bien des égards, à commencer par l’interdiction de porter des vêtements de couleur vive qui y a cours depuis le mandat du premier président, <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/au-turkmenistan-un-musee-en-hommage-a-saparmourat-niyazov-premier-president-du-pays/">Saparmourat Niyazov</a>. En effet, les autorités exigent des femmes turkmènes qu’elles se vêtent uniformément de longues robes austères dissimulant leur silhouette – donc point de jeans moulants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/turkmenistan-amnesty-international-mentionne-de-fausses-informations-sur-le-droit-des-femmes/">Turkménistan : Amnesty International mentionne de fausses informations sur le droit des femmes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non contents de maintenir de telles règles jusqu’à nos jours, les successeurs de Saparmourat Niyazov à la tête du pays – <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdimouhamedov</a> et son fils <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/serdar-berdimouhamedov-discret-president-du-turkmenistan/">Serdar Berdimouhamedov</a> – ont renforcé les prescriptions. Par exemple, les employées de l’Etat ont l’obligation de porter exclusivement le costume national et encourent une amende en cas de violation de ce code vestimentaire. Quant à la manucure et au maquillage, c’est tout simplement tabou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Serdar Berdimouhamedov, qui a accédé à la présidence en mars 2022, est considéré comme un défenseur de la beauté naturelle des femmes, alors que plusieurs médias le qualifient ouvertement de misogyne. Le dirigeant doit cette épithète à des interdictions tacites. Ainsi, il a été rapporté que les fonctionnaires ont restreint le travail des salons de beauté à sa demande&nbsp;: il n’est désormais possible que de s’y faire couper les cheveux, et les procédés cosmétiques, auxquels les femmes avaient pratiquement toutes recours, sont eux aussi interdits.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est également notoirement connu que les forces de l’ordre effectuent des <a href="https://www.hronikatm.com/2022/06/unhealthy-makeup/">razzias</a> dans les marchés et les magasins pour vérifier la présence de marchandise illicite, dont le rouge à lèvre, le verni à ongles, le mascara et autres produits cosmétiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une situation qui tend à s’empirer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La chirurgie plastique, elle aussi, hérisse Serdar Berdimouhamedov. Augmentations mammaires, corrections des lèvres, injections de botox pour atténuer les rides – tout cela est hors-la-loi au Turkménistan. Selon des sources locales, des fonctionnaires spécialement formés ont procédé à un contrôle en automne 2022, avec pour résultat le <a href="https://rus.azathabar.com/a/31825059.html">licenciement</a> de plusieurs dizaines d’hôtesses de l’air et de contrôleuses de train. La raison&nbsp;? Elles avaient osé recourir à la chirurgie et à la cosmétique pour modifier leur apparence naturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre exemple de discrimination envers les femmes au Turkménistan est qu’elles ne peuvent prendre le volant que si elles remplissent un certain nombre de <a href="https://fergana.media/news/128796/">conditions</a> non officielles&nbsp;: être âgée d’au moins 40 ans, être mariée et posséder un permis de conduire. Les autorités <a href="https://turkmen.news/zapret-zhenshinam-sidet-vperedi-avto/">contrôlent</a> également la place des passagères à l’intérieur. Aussi bien dans les taxis que dans les voitures de particuliers, elles doivent être assises à l’arrière. Etre à l’avant est un privilège réservé aux hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/pourquoi-les-femmes-dasie-centrale-commencent-a-se-devetir/">Pourquoi les femmes d’Asie centrale commencent à se dévêtir&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La cerise sur le gâteau&nbsp;»</em>, relève un <a href="https://fergana.media/news/126131/">rapport</a> de la Fédération internationale pour le planning familial paru en mai de l’année passée, c’est que les femmes turkmènes sont privées de leur <em>«&nbsp;autonomie corporelle&nbsp;»</em> et soumises à un <em>«&nbsp;harcèlement reproductif&nbsp;»</em>&nbsp;: l’avortement est pratiquement interdit, et la plupart des femmes n’ont pas voix au chapitre sur les questions de contraception et de consentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En clair, les femmes au Turkménistan sont traitées comme des citoyennes de seconde zone. Les mariages forcés, les tests de virginité et les violences domestiques sont monnaie courante. Environ 60 % des femmes turkmènes pensent que les maris ont pleinement le droit de battre leur conjointe. Sur le plan législatif, elles ne bénéficient d’aucune protection, si ce n’est le droit de subir en silence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kirghizstan&nbsp;: la violence comme tradition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kirghizstan occupe la fin du classement régional et mérite amplement sa place. La coutume moyenâgeuse de l’enlèvement forcé de la mariée y est encore largement répandue. En kirghiz, elle se nomme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ala_Kachuu">ala katchouu</a>, soit littéralement <em>«&nbsp;attrape et cours&nbsp;»</em>. En effet, beaucoup considèrent encore comme normal que des inconnus fassent monter de force une fille dans une voiture en plein jour et l’emmènent vers une destination inconnue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, de tels incidents virent au drame. Par exemple, le <a href="https://fergana.media/news/103441/">meurtre</a> de Bouroulaï Tourdaliyeva, âgée de 19 ans, a choqué l’opinion publique en 2018. La police routière a arrêté la voiture de son fiancé-ravisseur, après quoi les jeunes gens ont été emmenés au poste. Là, le jeune homme est devenu violent et a poignardé sa victime à mort dans un accès de rage, avant de tenter de mettre fin à ses propres jours. Il a cependant été réanimé et purge aujourd&rsquo;hui 20 ans de réclusion dans une colonie pénitentiaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-linegalite-hommes-femmes-en-question/">Kirghizstan : l’inégalité hommes-femmes en question</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en va de même avec l’<a href="https://fergana.media/news/121922/">enlèvement</a> en 2021 d’Aïzada Kanatbekova, âgée de 26 ans, dont le corps a été retrouvé deux jours après sa disparition. D’après l’enquête, elle avait tenté de résister à son fiancé, qui l’a violée et étranglée avant de se suicider. Il faut préciser que cinq personnes avaient prêté main forte au ravisseur dans l’enlèvement. Par la suite, ses complices ont été condamnés à des peines allant jusqu’à sept ans de prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ces deux affaires ont défrayé la chronique, l’immense majorité des cas sont en fait passés sous silence. Par exemple, à la fin 2023, les médias <a href="https://24.kg/proisshestvija/275767_paren_poznakomilsya_sdevushkoy_vsotssetyah_ipohitilee_sud_vyines_prigovor/">ont parlé</a> d’un cas où la famille du <em>«&nbsp;fiancé&nbsp;»</em> n’a pas réussi à persuader une jeune fille d’épouser son ravisseur, qu’elle ne connaissait pas. Tant et si bien que la jeune fille a été ramenée chez ses parents avec les excuses du <em>«&nbsp;fiancé&nbsp;»</em>. Finalement, les deux parties se sont réconciliées et le jeune homme s’en est sorti avec une peine légère, trois ans de sursis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des autorités qui cautionnent ce type de comportement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grave, c’est que les autorités se montrent souvent réticentes à inscrire l’enlèvement de la mariée comme une infraction pénale. Le député <a href="https://deputat.kg/persons/abdaliev-mejkinbek-akimovich-2/">Meïkinbek Abdaliev</a> a <a href="https://fergana.media/news/131740/">tiré un parallèle douteux</a> entre le vol de bétail et l’ala katchouu&nbsp;: à ses yeux, le premier serait un délit grave et le second une <em>«&nbsp;tradition nationale&nbsp;»</em>. Ainsi, il a expliqué que les vols d’animaux méritaient un durcissement des peines, mais pas les mariages forcés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence et les mauvais traitements infligés aux femmes deviennent aussi des <em>«&nbsp;traditions&nbsp;»</em> au Kirghizstan. Les médias rapportent sans cesse de nouveaux incidents de différentes régions du pays. Un cas flagrant s’est produit en septembre 2023, où un homme a <a href="https://kaktus.media/doc/487483_bliz_bishkeka_myjchina_otrezal_jene_yshi_i_nos_ostorojno_foto.html">torturé</a> et mutilé son ex-femme pendant plusieurs heures, la soupçonnant d’infidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, la femme s’était <a href="https://24.kg/vlast/276390_mujchina_istyazal_byivshuyu_jenu_glava_vsnbspprosit_uvolit_sudyu_sokulukskogo_raysuda/">adressée</a> à la police à deux reprises pour viol. Les forces de l’ordre avaient d’abord favorisé un règlement à l’amiable. La deuxième fois, l’affaire avait été portée devant un tribunal, mais le juge s’était contenté de survoler la question en condamnant l’accusé à trois ans de sursis pour une infraction normalement passible de prison ferme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-sexisme-au-kirghizstan/"><strong>Le sexisme au Kirghizstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse inappropriée des autorités ne s’arrête pas là. Au printemps 2023, le chef de la police de Bichkek, <a href="https://www.kabar.kg/news/nachal-nikom-guvd-bishkeka-naznachen-polkovnik-azamat-nogoibaev/">Azamat Nogoïbaïev</a>, s’est distingué en commentant un fait divers&nbsp;: une jeune fille de 13 ans s’était suicidée après avoir été violée, et l’officier a <a href="https://kloop.kg/blog/2023/03/31/glava-guvd-bishkeka-zayavil-chto-devochki-dobrovolno-vstupayut-v-polovoj-akt-so-vzroslymi-muzhchinami-chto-s-etim-ne-tak/?tztc=1">expliqué</a> que de tels incidents sur mineures étaient causés par leur engagement volontaire dans des relations sexuelles avec les violeurs. Le scandale déclenché sur les réseaux sociaux s’est soldé par le licenciement d&rsquo;Azamat Nogoïbaïev, qui a toutefois <a href="https://kaktus.media/doc/487333_azamat_nogoybaev_naznachen_zamglavy_gyyr_po_ujnomy_regiony_kyrgyzstana.html">retrouvé</a> un poste à responsabilité au ministère de l’Intérieur par la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ouzbékistan&nbsp;: des progrès législatifs loués</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui peuvent légitimement s’enorgueillir de protéger les droits des femmes sont l’Ouzbékistan et le Kazakhstan, qui ont effectué une série de changements fondamentaux dans leur législation dans ce sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouzbékistan, les défenseurs des droits de l’Homme se sont battus plus d’une année contre l’administration pour introduire la notion de violence domestique dans le code pénal. Finalement, le président <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> a signé <a href="https://fergana.media/news/129798/">une loi</a> visant à protéger les femmes et les enfants en avril 2023. Du reste, le harcèlement sexuel a été ajouté à la liste des infractions administratives et désormais, les attouchements, les gestes et les commentaires offensants sont également passibles d’une sanction. Dans ces cas, la loi prévoit un arrêt pouvant aller jusqu’à 15 jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-quand-les-femmes-reclament-le-droit-a-la-parole/"><strong>Ouzbékistan : quand les femmes réclament le droit à la parole</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les <a href="https://t.me/nemolchiuz/8292">activistes locaux</a> n’y voient que des demi-mesures auxquelles il faut tout de même se résoudre, ces changements constituent à ce stade un progrès, comme l’ont souligné des représentants d’organisations internationales. Par exemple, Amnesty International a <a href="https://fergana.media/news/129746/">salué</a> la criminalisation des violences domestiques, qualifiant les actions du gouvernement d’avancée essentielle de l’Ouzbékistan dans le respect de ses engagements en matière de droits de l’Homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui compte, c’est que le mécanisme <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/violences-sexuelles-en-ouzbekistan/">fonctionne</a>. Les condamnations pour harcèlement impliquent des peines à la mesure de la gravité des méfaits, particulièrement lorsque les victimes sont mineures. Les coups portés aux femmes battues, qui pouvaient naguère passer pour des accidents, donnent lieu maintenant à des enquêtes plus approfondies. Le ministère de la Justice a sérieusement entrepris de créer un registre des pédophiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Kazakhstan&nbsp;: un cas similaire à son voisin ouzbek</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan aussi, les violences domestiques sont un sujet de débat depuis des années. A l’automne dernier, le chef de l’Etat, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a>, a donné l’instruction de durcir les peines pour de tels crimes. Les législateurs ont préparé une série d’amendements aux codes administratif et pénal. Parmi les réformes qui apparaissent les plus révolutionnaires, il y a une <a href="https://fergana.media/news/130434/">nouvelle réglementation</a> permettant à la police de poursuivre les maris violents, même en l’absence de plainte des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette innovation devient particulièrement pertinente à la lumière des <a href="https://gender.stat.gov.kz/ru/category/4">statistiques</a> du ministère de l’Intérieur, qui révèlent que, depuis le début de l’année, environ 5 000 examens de cas de violence intrafamiliale ont été abandonnés en raison de la réconciliation des parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-linegalite-des-sexes-dans-la-sphere-politique-demeure/"><strong>Au Kazakhstan, l’inégalité des sexes dans la sphère politique demeure</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan prend également au sérieux la lutte contre les mariages forcés. Le <a href="https://www.gov.kz/memleket/entities/ombudsman?lang=en">Commissaire</a> des droits de l&rsquo;Homme kazakh a attiré l’attention sur le fait qu’il n’existe pas d’article pénal sur le <em>« vol de la mariée »</em> et a <a href="https://www.gov.kz/memleket/entities/ombudsman/press/news/details/597697?lang=ru">proposé</a> de combler cette lacune. En même temps, il suggère d’abolir l’exonération pénale des kidnappeurs qui laissent partir volontairement leurs victimes.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition est également très répandue au Kazakhstan, en particulier dans les régions méridionales. Les filles enlevées pour être mariées sont souvent battues ou violées. Il faudrait donc amender la loi de protection des femmes sans plus tarder.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tadjikistan&nbsp;: un cas «&nbsp;moyen&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le Tadjiksitan se situe dans le ventre mou au niveau des droits des femmes : les médias ne regorgent pas d&rsquo;informations sur la violence domestique et les violations des droits ne donnent pas lieu à des affaires retentissantes, alors qu&rsquo;elles sont en réalité nombreuses. Néanmoins, certains développements positifs méritent d&rsquo;être notés, par exemple la punition des belles-mères qui humilient leurs belles-filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-1001-embuches-des-femmes-au-tadjikistan/">Les 1001 embûches des femmes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, la justice ouvre des enquêtes et engage des poursuites pénales débouchant sur de véritables peines en cas de meurtre ou de suicide de victimes d’abus. Par exemple, deux verdicts ont fait parler d’eux en 2022&nbsp;: deux femmes âgées ont été condamnées respectivement à <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/laworder/20221101/cvekrov-manori-osuzhdena-na-7-let-za-dovedenie-do-samoubiistva-svoei-nevestki">sept</a> et <a href="https://rus.ozodi.org/a/32369250.html">cinq ans</a> de prison. Peut-être qu’après cela, les belles-mères tadjikes cesseront de tyranniser les épouses de leurs fils.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des marges de progrès et des inquiétudes confirmées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays d’Asie centrale diffèrent quant à la situation de la défense des droits des femmes, et le Turkménistan n’apparaît pas vraiment comme un précurseur en la matière. Visiblement, sa réputation doit son salut au fait que la plupart des interdictions ont été introduites officieusement, tandis que les chercheurs de l’IWPS ne se sont appuyés que sur des données officielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/les-droits-des-femmes-en-asie-centrale-un-etat-des-lieux-toujours-inquietant/">Droits des femmes en Asie centrale : un état des lieux toujours inquiétant</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste à espérer que la situation en Asie centrale ne dégringole pas au niveau de l’Afghanistan voisin où, à en juger par les rapports des médias et des activistes, le beau sexe est pratiquement privé de tout droit. Dès lors, rien d’étonnant à ce que l’Etat dirigé par les talibans occupe la dernière place de l’IWPS.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://fergana.news/articles/131855/">russe</a> par Adrien Mariéthoz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Victor Gomariz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
