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	<title>Coton | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Coton | Novastan France</title>
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		<title>Aral : comment transformer une mer en désert ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 13:24:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/aral-comment-transformer-une-mer-en-desert/">Aral : comment transformer une mer en désert ?</a></p>
<p>Dans un essai, la chercheuse féministe et décoloniale Chakhrizoda Ergacheva se penche sur l&#8217;histoire de l&#8217;assèchement de la mer d&#8217;Aral et l&#8217;institution du symbole du coton. Elle partage aussi ses souvenirs, montrant un pan personnel de cette catastrophe collective. Le média ouzbek Sarpa poursuit sa collaboration avec le projet VZVES / Suspended Matter dans cet [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/aral-comment-transformer-une-mer-en-desert/">Aral : comment transformer une mer en désert ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un essai, la chercheuse féministe et décoloniale Chakhrizoda Ergacheva se penche sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;assèchement de la mer d&rsquo;Aral et l&rsquo;institution du symbole du coton. Elle partage aussi ses souvenirs, montrant un pan personnel de cette catastrophe collective.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le média ouzbek Sarpa poursuit sa collaboration avec le projet <a href="https://beda.media/en/articles/conference-2023-en?">VZVES / Suspended Matter</a> dans cet essai, rédigé par <a href="https://www.goethe.de/prj/sol/en/art/she.html">Chakhrizoda Ergacheva</a>, chercheuse féministe décoloniale originaire d’Ouzbékistan et membre du collectif <a href="https://maqaalcollective.com/">Maqaal</a>. Cet article est ainsi consacré à l’histoire de l’exploitation coloniale de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>, commencée sous l’Empire russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’augmentation irréfléchie de la production de coton à l’époque soviétique a conduit à une catastrophe écologique, transformant la mer d’Aral en désert.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En analysant les représentations soviétiques du coton présentes partout, des mosaïques dans le métro aux illustrations dans les manuels scolaires, Chakhrizoda Ergacheva montre comment l’Union soviétique imposait aux habitants de l’Ouzbékistan l’idée que les pertes immenses qu’ils subissaient en cultivant cette plante si précieuse pour l’industrie soviétique étaient justifiées. Alors que le sujet est désormais bien connu, elle dresse ci-dessous un récit personnel et original de la catastrophe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mer rêvée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que j’écrivais cet essai, je me suis souvent demandé ce que la mer d’Aral signifiait pour moi, comment je la percevais et comment je pourrais la décrire. Pour être honnête, je ne suis jamais allée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Moynaq">Mouïnak</a> <em>(ancienne ville côtière de la mer d&rsquo;Aral, ndlr)</em>. Ma connaissance de la catastrophe a précédé toute représentation de la mer elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile d’accepter le fait que je ne la verrai jamais telle qu’elle était auparavant. Ma première association avec la mer d’Aral restera toujours le saxaoul (un arbuste planté pour prévenir l’érosion des sols) et le sel laissé sur ce qui fut un jour le fond marin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aral Teńiz, c’est ainsi que les Karakalpaks et les Ouzbeks locaux appellent la mer d’Aral. Il s’agit d’un lac endoréique, situé entre le Kazakhstan au Nord et la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakstan">République autonome du Karakalpakstan</a> au Sud, au milieu des vastes déserts d’Asie centrale. Le mot « aral », issu des langues mongoles et turques, se traduit par « mer des îles », en référence aux plus de 1 100 îles qui parsemaient autrefois ses eaux. La mer d’Aral était autrefois considérée comme le quatrième plus grand lac du monde, avant de commencer à s’assécher rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer jouait un rôle crucial dans l’écosystème local et offrait des conditions de vie favorables aux habitants du Karakalpakstan, en particulier pour l’agriculture. Elle régulait les conditions climatiques extrêmes, réchauffant l’air en hiver et le rafraîchissant en été. De plus, une industrie de la pêche prospérait autour du lac, fournissant des emplois aux communautés riveraines et soutenant l’économie locale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un assèchement rapide</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’assèchement de la mer d’Aral a commencé dans les années 1960, après la mise en œuvre de projets d’irrigation qui ont détourné les fleuves qui l’alimentaient, alors situés sur le territoire de l’ex-URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des 50 dernières années, la surface de la mer d’Aral a diminué de près de trois fois, et le niveau de l’eau a chuté jusqu’à 29 mètres, soit presque 15 fois moins qu’à l’origine, provoquant la disparition des poissons et la salinisation du fond marin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-totalitarisme-de-lirrigation-a-tue-la-mer-daral/">Le totalitarisme de l’irrigation a tué la mer d’Aral</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin des années 1980, le niveau de l’eau avait tellement baissé que le lac, autrefois uni, s’est divisé en deux parties distinctes : la mer d’Aral du Nord (Petite mer d’Aral) et la mer d’Aral du Sud (Grande mer d’Aral).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le point de départ</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Puisque la mer d’Aral est un bassin fermé, isolé de l’océan, son niveau dépend fortement de l’apport en eau de deux rivières principales, l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a> et le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a>, ainsi que du taux d’évaporation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’aux années 1960, la consommation d’eau était compensée par les flux de retour provenant des systèmes de drainage collecteurs, des systèmes conçus pour collecter et gérer les eaux fluviales et souterraines issues de petits systèmes locaux, afin de les rediriger vers de plus grandes infrastructures de drainage ou des points d’évacuation. Toutefois, à partir des années 1960, cet équilibre a été brutalement rompu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cause principale de cette rupture a été la politique d’irrigation mal planifiée de l’URSS, qui poursuivait l’objectif d’indépendance cotonnière avec encore plus de zèle que la Russie tsariste. En conséquence, la mer d’Aral a été sacrifiée au profit de la prospérité de l’industrie du coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union soviétique dépendait massivement de l’irrigation pour étendre les champs de coton en Ouzbékistan, pays au climat continental aride, marqué par de rares précipitations et un fort taux d’évaporation. L’exploitation excessive de l’eau pour l’irrigation a transformé en désert ce qui était autrefois le quatrième plus grand lac du monde, riche en flore et en faune.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des décisions prises dès les années 1950</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout a commencé avec la résolution du 2 mars 1954, <em>« Sur l’augmentation de la production céréalière dans le pays et sur la mise en valeur des terres vierges et en jachère »</em>, adoptée pour mobiliser les terres vierges du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, de la Sibérie, de la région de la Volga et de l’Oural à des fins agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est suivie par un décret du Comité central du Parti communiste et du Conseil des ministres de l’URSS, daté du 6 août 1956, <em>« Sur l’irrigation et la mise en valeur des terres vierges de la steppe de la faim en RSS d’Ouzbékistan et en RSS du Kazakhstan afin d’augmenter la production cotonnière »</em>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">En Ouzbékistan, la superficie des terres irriguées est passée de 1,2 million d’hectares en 1913 à 4,2 millions d’hectares en 1990. Cette expansion s’est accompagnée d’une utilisation intensive des eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria (à plus de 90 %), principalement pour l’irrigation du coton et d’autres cultures agricoles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une utilisation inefficace de l&rsquo;eau</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les années 1950–1960, on savait déjà que l’expansion massive de l’irrigation dans le bassin de la mer d’Aral entraînerait une réduction du débit d’eau vers la mer et, progressivement, son assèchement. Malheureusement, les experts de l’époque se sont focalisés uniquement sur les avantages économiques, ignorant les risques écologiques inévitables. Certains allaient jusqu’à proposer d’utiliser le fond asséché de la mer à des fins agricoles. Ainsi, l&rsquo;assèchement de la mer fut considéré comme un sacrifice acceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin des années 1970, le Syr-Daria ne se jetait plus dans la mer d’Aral. À la fin des années 1980, le même sort attendait l’Amou-Daria.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les champs de coton se sont étendus pour répondre aux besoins de l’industrie, vidant peu à peu la mer d’Aral et rompant l’équilibre entre les apports et les pertes d’eau. En parallèle, l’utilisation de l’eau était très inefficace : l’irrigation était réalisée sans réel contrôle, et de grandes quantités d’eau se perdaient dans toutes les régions. En réalité, moins de 50 % de l’eau prélevée dans les rivières atteignait les champs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De la Sibérie à la mer d</strong><strong>’</strong><strong>Aral</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1968, lorsque le gouvernement soviétique prend conscience de l’ampleur de la catastrophe provoquée par la priorité donnée à la production de coton, il propose de détourner les fleuves sibériens vers la mer d’Aral. Le Comité central du Parti communiste charge le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gosplan#:~:text=Le%20Gosplan%20(en%20russe%20%3A%20%D0%93%D0%BE%D1%81%D0%BF%D0%BB%D0%B0%D0%BD,les%20objectifs%20%C3%A9conomiques%20%C3%A0%20atteindre.">Gosplan</a> <em>(l&rsquo;organisme chargé de définir les objectifs économiques, ndlr)</em>, l’Académie des sciences de l’URSS et d’autres institutions d’élaborer un plan permettant de réorienter les rivières sibériennes vers le bassin de la mer d’Aral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ce projet ne dépasse jamais le stade des études préliminaires. Il est vivement critiqué par des académiciens, notamment <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alexander_Yanshin">Alexandre Yanchine</a>, géologue soviétique et russe, plus tard vice-président de l’Académie des sciences de l’URSS, préoccupé notamment par le risque d’inondation de monuments historiques en Russie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d’Aral malgré les coups de comm’ : de pire en pire ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des écrivains comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Zalyguine">Sergueï Zalyguine</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Valentin_Raspoutine">Valentin Raspoutine</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Belov">Vassili Belov</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Astafiev">Viktor Astafiev</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Choukchine">Vassili Choukchine</a> se sont exprimés également contre cette idée, soulignant les conséquences environnementales négatives pour les populations de Sibérie. En 1986, le Comité central du Parti communiste et le Conseil des ministres de l’URSS adoptent une résolution <em>« Sur l’arrêt des travaux de dérivation partielle des flux des rivières du Nord et de Sibérie »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un sacrifice prévisible et prévu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question se pose : n’y avait-il donc pas d’académiciens capables de prévoir la catastrophe inévitable qui menaçait les populations vivant autour de la mer d’Aral, comme ils l’avaient fait pour le projet sibérien ? Ces mêmes écrivains, préoccupés par l’éthique, ne pouvaient-ils pas entrevoir les conséquences graves et presque irréversibles du dessèchement ? Ou bien le gouvernement considérait-il cela comme un compromis acceptable dans l’intérêt de la production cotonnière ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l’effondrement de l’URSS en 1991, la mer d’Aral fut partagée entre deux nouveaux États : le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, ce qui mit définitivement fin au projet soviétique de détourner les fleuves sibériens pour compenser la perte en eau de la mer.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La politique d’expansion de la culture du coton, élaborée par l’URSS, se souciait peu du bien-être des populations du Karakalpakstan. Elle a en réalité scellé le sort de la mer en acceptant de sacrifier les ressources naturelles au profit de la rentabilité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’obsession du pouvoir pour l’indépendance cotonnière était si forte qu’il a totalement ignoré les risques encourus par les communautés locales du Karakalpakstan, qui dépendaient de la mer d’Aral tant sur le plan économique que climatique. En effet, la mer permettait l’élevage, soutenait une industrie de la pêche significative et contribuait à maintenir un climat équilibré, déterminant pour la qualité de vie des habitants.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le coton colonisé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi l’URSS cherchait-elle avec tant d’ardeur à devenir autosuffisante dans la production de coton ? Avant 1861, c’est-à-dire avant la guerre de Sécession, les États-Unis dominaient le marché mondial grâce au coton produit par des personnes noires réduites en esclavage. Les conséquences économiques de la guerre civile américaine provoquèrent une véritable « famine cotonnière », l’importation de coton brut en provenance des États-Unis chutant de 96 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du XIXème siècle, les manufactures russes, ottomanes et européennes étaient préoccupées par la flambée des prix et le monopole américain sur ce marché. Elles ont décidé ainsi d’exploiter davantage les ressources de leurs colonies : les Britanniques commencèrent à importer plus de coton d’Inde, les Ottomans étendirent les surfaces cultivées en Égypte, les Français s’intéressèrent au potentiel de l’Algérie, les Portugais se tournèrent vers l’Angola, et les Allemands vers leur nouvelle colonie du Togo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-coton-ouzbek-de-la-guerre-de-secession-americaine-aux-problemes-actuels/">Le coton ouzbek&nbsp;: de la guerre de Sécession américaine aux problèmes actuels</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie, pour sa part, concentra son attention sur l’Asie centrale, qui, après une série de campagnes militaires, fut partiellement intégrée à l’Empire en 1867 sous le nom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_russe">Gouvernement général du Turkestan</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la période soviétique, la culture du coton resta un pilier essentiel de l’économie. Dans les années 1920, Lénine a effectué d’importants financements à la création d’un système d’irrigation dans le Sud du Kazakhstan, marquant le début d’un grand projet d’infrastructure. Celui-ci a été suivi par le premier plan quinquennal, qui visait à reconstruire les systèmes hydrauliques dans toutes les zones cotonnières d’Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une culture du coton enracinée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La représentation du coton en Ouzbékistan est profondément ancrée dans le quotidien. Les motifs liés au coton sont omniprésents, visibles sur les façades des bâtiments comme sur la vaisselle. Son omniprésence est telle qu’elle en devient souvent invisible pour les habitants. Les éléments évoquant le coton dans les vêtements, la publicité, les films ou les chansons font partie intégrante de l’identité des Ouzbeks. Le coton semble ainsi parfaitement intégré au tissu de la vie quotidienne, perçu comme une composante naturelle de la culture locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en a-t-il toujours été ainsi ? La symbolique du coton a gagné en importance à l’époque soviétique, lorsqu’il est devenu véritablement omniprésent, représenté sous différentes formes dans l’art et les objets du quotidien. L’un des éléments les plus emblématiques est le motif Pakhtagoul (fleur de coton), qui orne la vaisselle, que l’on retrouve dans presque tous les foyers ouzbeks.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’explique l’académicien et artiste Toursounali Kouziev : <em>« Une capsule de coton mûre, de forme parfaite, est pratiquement absente des représentations antérieures à la période soviétique. Les peintures murales antiques et médiévales, les majoliques, les carreaux de céramique et les mosaïques représentaient plutôt des fleurs aux pétales jaunes ou roses. Même les ornements islamiques islimi, créés par les maîtres du Mâwarannahr, regorgent de motifs floraux stylisés, mais pas de capsules de coton. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une campagne pour associer l&rsquo;Ouzbékistan au coton dans les esprits</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La création en 1956 du Pakhtakor (qui signifie « cueilleur de coton »), l’équipe de football la plus célèbre d’Ouzbékistan, coïncide avec la montée en puissance de l’industrie cotonnière dans l’URSS. Dans le même esprit, la station de métro Pakhtakor a été&nbsp;construite avec des décors inspirés du coton, manifestant une volonté claire d’ancrer le coton comme symbole principal de l’identité ouzbèke.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/le-metro-de-tachkent-ou-la-sauvegarde-de-lesthetique-sovietique/">Le métro de Tachkent, ou la sauvegarde de l’esthétique soviétique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples montrent comment le pouvoir soviétique a consciemment visé à intégrer profondément le coton dans les récits nationaux et à renforcer son association avec l’Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après mon expérience personnelle, je peux affirmer qu’il s’agissait d’une campagne bien construite : dès l’enfance, j’ai développé une association forte entre l’Ouzbékistan et le coton.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="531" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/IMG_7157-768x531-1.png" alt="Métro Tachkent Pakhtakor" class="wp-image-75389" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/IMG_7157-768x531-1.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/06/IMG_7157-768x531-1-300x207.png 300w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">La station Pakhtakor dans le métro de Tachkent. Photo : Sarpa / Pinterest.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai fait connaissance avec le coton lorsque mes parents partaient dans les champs pendant la saison des récoltes, parfois pour le week-end, parfois pour un mois entier. Ma mère se souvient qu’elle se levait avant l’aube, alors qu’il faisait encore froid, prenait son petit-déjeuner, mettait son etak (une sorte de tablier pour la cueillette du coton) et partait travailler aux champs. Durant ses années à l’université, elle ne rentrait pas à la maison pendant 40 jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une romantisation de la récolte du coton</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé à mieux comprendre cela en classe de CP, quand j’ai appris à lire. C’est à ce moment-là que j’ai formé l’idée du coton comme « or blanc », une ressource précieuse dans notre pays. Le coton était partout, et la tradition de sa récolte était si profondément ancrée dans notre culture qu’elle semblait remonter à des temps immémoriaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans mon livre de lecture, je suis tombée sur un poème qui glorifiait le coton, soulignant son importance comme matière première pour de nombreux objets du quotidien. Il y avait aussi des illustrations montrant des gens heureux en train de le récolter. Mais il semble qu’aujourd’hui, les manuels scolaires pour les plus jeunes ont pris leurs distances par rapport à ce récit : le coton y est rarement mentionné, voire plus du tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-gosplan-pour-le-coton-en-asie-centrale-a-lorigine-dune-corruption-a-tres-grande-echelle/">Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l’origine d’une corruption à très grande échelle</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Presque toutes les personnes que je connais, mes parents, mes proches, allaient dans les champs à l’automne pour récolter le coton. Je romantisais cette pratique et suppliais souvent mes parents de m’emmener avec eux. Ils me disaient toujours que ce n’était pas un endroit pour s’amuser, que tout le monde y travaillait très dur et que je m’ennuierais rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, je comprends qu’il n’y avait rien de joyeux dans le fait d’être contraint à un travail non rémunéré.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conséquences irréversibles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants de Mouïnak subissent directement les effets de la catastrophe de la mer d’Aral. Depuis les années 1960, on y observe une recrudescence de maladies oculaires et respiratoires, d’anémie, de diabète, d’affections des voies respiratoires et de cancers. La dégradation de la qualité de l’eau a également entraîné une hausse des cas de calculs rénaux. Et ce n’est pas tout : la région connaît un taux extrêmement élevé de mortalité infantile et de maladies chez les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/tempete-de-sel-en-ouzbekistan-la-tragedie-de-la-mer-daral-en-action/">Tempête de sel en Ouzbékistan : la tragédie de la mer d’Aral en action</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les problèmes de santé des habitants du Karakalpakstan sont directement liés à la baisse du niveau de la mer et à la pollution environnementale, causée par l’utilisation excessive de produits chimiques toxiques dans l’agriculture, en particulier à l’époque soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce ne sont pas que les humains qui paient le prix de cette politique : les animaux aussi, dont l’habitat a été contaminé par des substances toxiques, transformant l’ancien écosystème riche en biodiversité en un désert, désormais nommé Aralkoum.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le danger des tempêtes de sable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les tempêtes de sable, particulièrement dangereuses, se forment sur l’ancien lit asséché de la mer. Elles transportent des dépôts salins chargés de pesticides, d’herbicides et d’engrais utilisés pour la culture intensive du coton, selon le principe soviétique du « toujours plus ». Le phénomène ne cesse de s’intensifier d’année en année.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/louzbekistan-face-au-defi-des-tempetes-de-sable/">L’Ouzbékistan face au défi des tempêtes de sable</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des sels contaminés originaires du Karakalpakstan ont été retrouvés dans le sang de manchots en Antarctique, sur les glaciers du Groenland, dans les forêts norvégiennes, sur les champs de Biélorussie, et ailleurs. Le problème a donc une ampleur mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des conséquences les plus alarmantes de cette crise est la transformation potentielle de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Vozrojd%C3%A9nia">l’île de Vozrojdenie</a> (Île de la Renaissance), située autrefois au milieu de la mer d’Aral, en presqu’île.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette île servait de site d’expérimentation pour des maladies mortelles &#8211; charbon, peste bubonique, brucellose, tularémie &#8211; dans le cadre d’un programme ultra-secret de recherche sur les armes biologiques mené par l’URSS. Le programme, basé en partie dans la ville fermée d’Aralsk-7, comprenait des essais en plein air où des animaux étaient exposés à des agents pathogènes par aérosol, tests en laboratoire, et opérations de décontamination.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une catastrophe économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1990, le programme a été abandonné et la ville ainsi que les installations ont été fermées. Bien que certains agents aient été enterrés, tout n’a pas été neutralisé : des spores de bacilles du charbon (anthrax) sont encore retrouvées dans le sol, notamment là où les animaux ont été enfouis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition de la mer a également profondément affecté le niveau de vie des populations du Karakalpakstan, dont les revenus et le bien-être dépendaient directement ou indirectement de l’Aral, un fait souvent ignoré. Historiquement, la mer d’Aral a joué un rôle central dans la formation culturelle des Karakalpaks nomades, qui vivent dans la région depuis le début du XVIIIème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mer soutenait l’économie locale, notamment via la pêche et l’agriculture. C’était jadis l’une des régions les plus prospères, avec une pêche annuelle moyenne de 30 à 35 tonnes. Plus de 80 % de la population des rives de l’Aral vivait de la pêche et de sa transformation. Les deltas de l’Amou-Daria et du Syr-Daria irriguaient des terres fertiles et des pâturages, assurant un emploi à plus de 100 000 personnes dans l’élevage, l’aviculture et la culture des céréales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peut-on ramener l</strong><strong>’</strong><strong>Aral ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, la restauration de l’équilibre hydrique de la mer d’Aral reste peu priorisée. Les débats actuels sur l’eau en Asie centrale se concentrent surtout sur l’hydroélectricité dans les régions en amont de l’Amou-Daria et du Syr-Daria, ainsi que sur l’irrigation en aval.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions portent sur le paiement de l’eau, l’irrigation goutte à goutte, la construction de régulateurs fluviaux et la fonte des glaciers. Mais tout espoir n’est pas perdu. L’exemple de la digue de Kok Aral au Nord de la mer d’Aral, au Kazakhstan, est porteur d’espoir. Ce projet a permis d’élever le niveau de l’eau, d’améliorer l’écosystème local, de faire revenir les poissons et de revitaliser les communautés locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/environnement/comment-le-barrage-de-kok-aral-veut-ressusciter-la-mer-d-aral/">Au Kazakhstan, comment le barrage de Kok Aral veut ressusciter la mer d’Aral</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur karakalpak spécialisé en écologie Youssoup Kamalov a récemment déclaré dans une interview qu’une partie de l’Aral pourrait être restaurée : <em>« Il faut restaurer le delta, des gens y vivent. Des économies d’eau nous en donneraient les moyens. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il insiste aussi sur l’importance du reboisement et du développement de variétés de coton moins gourmandes en eau : <em>« La forêt et la rivière sont un duo. Plus il y a de forêt le long de la rivière, plus il y a d’eau. Et inversement. Les crues humidifient les racines, ce qui permet aux forêts de mieux pousser. Les tugay (forêts fluviales de l’Amou-Daria) étaient comme ça. Mais elles ont été abattues, et bien sûr, l’eau a diminué. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une priorité : réduire les pertes d&rsquo;eau</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan est confronté à un défi critique en matière de gestion de l’eau, notamment à cause de ses pratiques d’irrigation obsolètes. Autrefois, les habitants utilisaient des canaux sinueux, qui conservaient l’eau grâce à des couches imperméables naturelles. Mais depuis les années 1920, les canaux ont été creusés en ligne droite, provoquant d’énormes pertes : l’eau s’infiltre dans le sol bien avant d’atteindre les champs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce manque d’efficacité est typique du système d’irrigation et de stockage. Chaque année, au moins 40 % de l’eau est perdue, sans compter l’évaporation. Jusqu’à 90 % de l’eau peut être gaspillée à cause de méthodes mal pensées, d’évaporation et d’infiltration.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Youssoup Kamalov souligne la nécessité d’améliorer les infrastructures d’irrigation : bétonner les canaux ou utiliser des films étanches permettrait de réduire fortement les pertes d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des efforts sérieux sont en cours pour stopper la dispersion du sel et de la poussière, notamment via la plantation de saxaouls sur les anciennes terres asséchées. En Ouzbékistan, une initiative appelée « Mon jardin : l’Aral » permet à chacun de faire un don pour planter des arbres dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une exploitation des territoires colonisés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ceci représente un exemple vivant de la manière dont les peuples autochtones, ainsi que toutes les formes de vie ont été affectés par les politiques impériales, centrées uniquement sur le profit économique, sans tenir compte des risques environnementaux et des coûts humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cruelle réalité, c’est que les humains et les animaux qui ont perdu leur habitat souffrent, la nature souffre, pendant que les autorités comptent les bénéfices.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’assèchement de la mer d’Aral est une illustration claire de la manière dont les empires surexploitent les ressources des territoires colonisés, jusqu’à littéralement faire disparaître une mer.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Chakhrizoda Ergacheva<br>Pour Serpa</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://sarpa.media/howtoturnaseaintoqum-ru/">russe</a> par Lisa D&rsquo;addazio</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Les entreprises peu scrupuleuses de la Chine au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 15:04:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Matières premières]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/methodes-dextraction-peu-scrupuleuses-chine-tadjikistan/">Les entreprises peu scrupuleuses de la Chine au Tadjikistan</a></p>
<p>Les compagnies chinoises exploitent de larges ressources minérales au Tadjikistan, polluant significativement l’environnement. Les villages les plus proches subissent des problèmes de santé et des déficits d’eau. Une enquête de Radio Ozodi, la branche tadjike du média américain Radio Free Europe, a montré que Douchanbé ferme les yeux sur des violations écologiques parce que le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/methodes-dextraction-peu-scrupuleuses-chine-tadjikistan/">Les entreprises peu scrupuleuses de la Chine au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les compagnies chinoises exploitent de larges ressources minérales au Tadjikistan, polluant significativement l’environnement. Les villages les plus proches subissent des problèmes de santé et des déficits d’eau.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête de <a href="https://rus.ozodi.org/">Radio Ozodi</a>, la branche tadjike du média américain Radio Free Europe, a montré que Douchanbé ferme les yeux sur des violations écologiques parce que le gouvernement a besoin des <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-chine-partout-presente-au-tadjikistan/">investissements chinois</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le kichlak <em>(village, ndlr)</em> tadjik de Khoumgaron vivent 150 personnes. Lorsqu’une compagnie chinoise a commencé à extraire de l’or à proximité du village, les habitants s’attendaient à tout sauf à ce qu’il se passe actuellement : il est devenu impossible d&rsquo;y vivre. <em>« Comment pouvons-nous vivre ici si l’air et l’eau sont empoisonnés ? »</em> demande un des habitants. <em>« À quoi bon vivre si on perd ainsi la santé ? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, la forte pollution de l’eau et de l’air à cause du gisement d’or Zarafchon a poussé un groupe de femmes du village à se rendre dans la ville la plus proche, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pendjikent">Pendjikent</a>, pour porter plainte officiellement au nom du kichlak. Cependant, plutôt que de promettre d’y mettre bon ordre, les décideurs locaux ont conduit ces femmes au poste de police et les ont prévenues qu’elles devaient arrêter de critiquer l’entreprise chinoise d’extraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces femmes racontent que désormais, de nombreux habitants craignent d’exprimer ouvertement leur mécontentement à propos du gisement d’or.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une augmentation de la pollution</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine a commencé à exploiter l’or dans l’Ouest du Tadjikistan en 2007. Les habitants à proximité disent que depuis, les fonctionnaires ferment les yeux sur l’augmentation de la pollution de l’air, de l’eau et des sols dans cette région, tandis que leurs terres sont exploitées sans leur autorisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation, près de la frontière avec l’Ouzbékistan, permet de voir de près comment la dépendance économique croissante de Douchanbé par rapport aux investissements chinois se manifeste localement&nbsp;: les entreprises chinoises s’approprient largement les ressources du pays en toute impunité et en bénéficiant de privilèges accordés par le gouvernement tadjik.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Une habitante du village le plus proche du gisement, qui a accepté de parler sous couvert d’anonymat, a montré des documents à son nom qui confirment que des terres agraires sur lesquelles les entreprises chinoises ont construit une usine d’affinage lui appartiennent. Selon elle, cela a été fait sans son autorisation et elle n’a reçu ni compensation, ni réponse officielle, malgré le fait qu’elle se soit adressée à plusieurs reprises aux fonctionnaires de la ville de Pendjikent. C’est ce qu’affirment également d’autres habitants du kichlak.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une terre volée&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ceux qui vivent près de ces investissements massifs luttent contre la dégradation de l’environnement et les problèmes de santé causés par les éléments chimiques, tandis que les fonctionnaires tadjiks protègent les compagnies chinoises des critiques de la société. Ceci pour une raison évidente&nbsp;: la Chine est l’investisseur principal au Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas du gisement de Zarafchon, d’où provient 70 % de l’or extrait au Tadjikistan, les fonctionnaires de différents niveaux qui ont parlé avec Radio Ozodi, dont un employé haut placé du Comité pour la protection de l’environnement, ont maintenu leur position de soutien aux compagnies chinoises.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine3.jpg" alt="Tadjikistan Zarafchon Mines" class="wp-image-68349" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine3.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine3-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">La coentrprise Zarafchon et l’usine d’affinage située non loin jouent sur la récolte et sur l’environnement en général. Les habitants se plaignent d’une poussière sombre dans les cours d’eau et les champs. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont insisté sur l’importance économique de cette compagnie pour le pays, qui manque d’investissements, et réfuté les plaintes sur la pollution de l’environnement. Le président du Tadjikistan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Emomali_Rahmon">Emomali Rahmon</a>, a aussi apporté son accord au projet Zarafchon lorsqu’il a visité le gisement en juillet 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Il ne faut pas qu’ils partent »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un haut fonctionnaire du Comité pour la protection de l’environnement du Tadjikistan, la principale instance de protection de la nature dans le pays, a communiqué anonymement que cet organe d’État avait pour ordre de fermer les yeux sur tous les problèmes écologiques et médicaux liés au gisement Zarafchon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Nous avons aussi reçu des plaintes sur la pollution de l’environnement, mais si nous portons une pression trop élevée sur Zarafchon ou augmentons le nombre de contrôles et d’amendes, l’investisseur chinois peut quitter le Tadjikistan&nbsp;»</em>, explique-t-il. «&nbsp;<em>Ce serait très mauvais pour notre économie parce que [la compagnie chinoise] a extrait [de l’or] pour 2,2 milliards de somonis (196 millions d&rsquo;euros) en six mois en 2023.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-chine-partout-presente-au-tadjikistan/">La Chine partout présente au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ajoute que le PIB du Tadjikistan lors de cette période était de 54 milliards de somonis (4,8 milliards d&rsquo;euros). Selon ce fonctionnaire, les impôts provenant de ce gisement constituent une grande part du budget de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd">l’oblast de Soghd</a> où se trouve le gisement, et les fonctionnaires ne veulent pas mettre en péril cette source capitale de revenus en infligeant des amendes ou en laissant la population la critiquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Si nous cessons l’extraction de ressources minérales, le budget se creusera de millions de dollars&nbsp;»</em>, ajoute-t-il. Pour lui, une dynamique similaire se retrouve dans d’autres projets chinois, dont le gisement d’or Pokrouz, les mines d’extraction de plomb, de zinc et de cuivre à Zarnisor et une entreprise de culture de coton dans l’Ouest du Tadjikistan. <em>«&nbsp;Pour l’instant, nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter la situation&nbsp;»</em>, conclut-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une nouvelle dépendance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie du Tadjikistan, le pays le plus pauvre d’Asie centrale, a subi de nombreuses difficultés pendant de nombreuses années, luttant contre les conséquences de la dévastatrice <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan">guerre civile</a> des années 1990 et se reposant sur la Russie pour les questions de commerce, d’investissements et de crédits. Alors que le travail manque, <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-migrants-nourrissent-le-tadjikistan/">les migrants tadjiks</a> partent massivement en Russie&nbsp;: les transferts de fonds constituent plus de 40 % du PIB tadjik selon la Banque mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-les-migrants-nourrissent-le-tadjikistan/">Comment les migrants nourrissent le Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le président autoritaire a rapproché le pays de Pékin et participe avec enthousiasme à l’initiative des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_route_de_la_soie">Nouvelles routes de la Soie</a>. Depuis 2010, la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial, investisseur étranger et créditeur du pays. Plus de la moitié de la dette extérieure de Douchanbé est due à Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Douchanbé est de plus en plus tourné vers l’Est, la Chine occupe une position gagnante. Elle construit de nouvelles routes et investit dans des secteurs tels que les télécommunications, l’agriculture et l’extraction. Le Tadjikistan a un besoin criant d’aide financière dans ces secteurs pour développer une infrastructure coûteuse et indispensable pour exploiter ses richesses naturelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des bâtiments officiels tadjiks construits par la Chine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les compagnies de construction chinoises ont également construit quelques bâtiments gouvernementaux d’importance dans le centre de Douchanbé, dont le nouveau Parlement. Le 5 juillet dernier, lors d’une <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/douchanbe-renforce-partenariat-strategique-avec-voisin-chinois/">visite officielle</a> du chef d’État Xi Jinping à Douchanbé, Emomali Rahmon a déclaré que de 2007 à 2023, la Chine avait investi plus de 4 milliards de dollars (3,9 milliards d&rsquo;euros) au Tadjikistan et que plus de 700 compagnies avec un capital chinois y travaillaient.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine1.jpg" alt="Parlement Tadjikistan" class="wp-image-68345" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine1.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine1-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le nouveau bâtiment du Parlement tadjik, construit grâce à une bourse chinoise. 6 juillet 2024. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le président du Tadjikistan a ajouté que le travail de Zarafchon était <em>«&nbsp;un exemple concret de la coopération d’investissements efficace entre les deux pays.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La forte présence économique de Pékin a pris la forme d’une influence politique&nbsp;: la Chine est devenue un important lieu de pèlerinage pour Emomali Rahmon et les membres de son influente famille. Pékin joue aussi un rôle de plus en plus important pour garantir la sécurité du pays, en menant des formations conjointes de <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/lutte-contre-terrorisme-se-trompe-de-cible/">lutte contre le terrorisme</a>, échangeant des données du ministère de l’Intérieur et obtenant les autorisations pour exploiter différents postes sur le territoire tadjik près de sa frontière avec l’Afghanistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/douchanbe-renforce-partenariat-strategique-avec-voisin-chinois/">Douchanbé renforce son partenariat stratégique avec son voisin chinois</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La dépendance croissante du Tadjikistan envers son voisin oriental soulève des dangers et une certaine inquiétude&nbsp;: une grande partie des investissements chinois au Tadjikistan sont sous forme de crédits que Douchanbé peut être amené à ne pas pouvoir rembourser. Le Tadjikistan en a déjà payé le prix fort. En 2011, le pays a cédé à la Chine plus de 1 000 kilomètres carrés de son territoire en échange d’une diminution de sa dette, pour une somme qui reste inconnue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des sommes d&rsquo;argent souvent opaques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une dynamique similaire est observée dans le secteur de l’extraction, alors que deux gisements chinois – Zarafchon et Pokroud – produisent annuellement 84 % de l’or du pays. Dans le cas de Zarafchon, une de ces mines a rapporté 40 millions de dollars (39 millions d&rsquo;euros) d’impôts en 2021, alors que le budget total du pays est de presque 3,9 milliards de dollars (3,8 milliards d&rsquo;euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2016, le gouvernement tadjik a interdit de publier des statistiques officielles sur l’extraction de l’or dans le pays. Cependant, selon les déclarations des ministres en 2019 et en 2023, celle-ci augmente de plus de 10 % annuellement et la compagnie chinoise Zijin continue d’étendre son activité à Zarafchon. Le revenu que perçoivent les compagnies d’extraction chinoises au Tadjikistan est aussi inconnu.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Les autorités tadjikes continuent également de donner le feu vert aux investissements chinois dans l’industrie d’extraction sans pratiquement aucun dialogue avec la société. Par exemple, le Parlement a adopté en 2019 un accord avec la compagnie d’investissements Kashgar Xinyi Dadi Mining Investment Company pour l’exploitation de la mine d’argent Yaktchilva dans la région de <a href="https://www.novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/">Mourghab</a> après moins de 30 minutes de débat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement du Tadjikistan protège les positions expansives de la Chine dans le secteur de l’extraction, soutenant que ces entreprises se distinguent des autres en ce qu’elles sont les seules compagnies étrangères prêtes à s’engager dans des projets aussi conséquents. <em>«&nbsp;Seuls les Chinois sont prêts à investir et exploiter les mines [dans le pays]&nbsp;»</em>, a déclaré en 2019 le ministre de l’Industrie et des Nouvelles Technologies d’alors, Zarobiddine Faïzoullozoda.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des tomates vertes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Asadoullo Rahmonov, fermier de 62 ans à Khoumgaron, explique que la qualité de ce qu’il y fait pousser, y compris sur sa nouvelle parcelle de 30 hectares cédée par le gouvernement, a empiré ces dernières années à mesure que s’agrandissait le site de Zarafchon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les tomates ne mûrissent déjà pas très bien, et je plante des concombres depuis trois ans. Ils fleurissent, puis les fleurs se fanent mais les fruits ne poussent pas »</em>, raconte-t-il. <em>« Les pêches aussi ne mûrissent pas tout à fait puis tombent des arbres. Ce n’était pas comme ça il y a quelques années. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine5.jpg" alt="Route Poussière Tadjikistan" class="wp-image-68351" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine5.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine5-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">La route à Chingui non loin de Zarafchon. Cette route est souvent suivie par des camions de la mine et, selon les habitants, elle en devient impraticable. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq autres fermiers soutiennent aussi que l’usine d’affinage non loin influe sur la récolte et sur l’environnement en général. Ils citent notamment une poussière sombre qui se trouve dans les ruisseaux et dans les champs.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;utilisation du cyanure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le site de Zarafchon est en fonction depuis 1994. Le gisement se trouvait sous la direction de la compagnie britannique Commonwealth and British Mineral avant que la compagnie chinoise Zijin ne recouvre 70 % des actions en 2007. Les 30 % restants appartiennent au gouvernement tadjik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce moment, environ 2 800 personnes travaillent sur le gisement. Bobokhon Bobokhonov, le vice-directeur de Zarafchon, affirme que 98 % des travailleurs sont des citoyens du Tadjikistan. Il ajoute que la compagnie Zijin a récemment prolongé ses droits sur la terre de 20 ans, ce qui laisse penser que la population a des garanties d’être employée encore longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/quand-lor-du-tadjikistan-sepuise/">Quand l’or du Tadjikistan s’épuise</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’or extrait est affiné non loin de là, mais aussi dans des usines près de Pendjikent, soit à environ 20 kilomètres à l’Est, et les habitants se plaignent de ce processus précisément. La méthode d’affinage de l’or la plus répandue dans le monde comporte l’utilisation de cyanure, un composé chimique très toxique, qui implique un danger de mort pour l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.source-international.org/our-team">Flaviano Bianchini</a>, directeur de Source International, une ONG qui se concentre sur la pollution de l’environnement, explique que le cyanure doit être utilisé dans des quantités strictement contrôlées et que même en petite quantité, il peut polluer un territoire entier une fois lâché dans l’environnement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des déchets en surnombre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Si un kilo de cyanure se retrouve dans une conduite d’eau, cela peut facilement tuer 200 personnes ou détruire complètement le milieu environnant&nbsp;»</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le minerai broyé est apporté à l’usine d’affinage, où il est traité avec du cyanure qui sépare l’or du reste. Malgré son efficacité économique, cette méthode est considérée comme très néfaste pour l’environnement. L’utilisation du cyanure dans l’industrie de l’extraction a mené au déplacement contraint de nombreuses populations dans le monde entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des scientifiques s’accordent à dire que le cyanure se décompose sous l’action de la lumière et n’est pas dangereux quand il est dilué fortement. Cependant, son utilisation peut aussi amener à libérer des métaux dangereux. De nombreuses études ont montré que le cyanure peut prendre d’autres formes toxiques et se conserver, surtout dans les climats froids.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’extraction de l’or est en soi un processus polluant. Selon certaines estimations, une tonne de matière comporte entre 10 et 15 grammes d’or, pour 999 kilos de déchets pouvant prendre la forme de poussière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des mort-nés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des habitants du kichlak de Khoumgaron racontent que selon eux, le cyanure est utilisé en grandes quantités et s’incruste dans les sols, polluant l’environnement et causant des dommages aux récoltes de fruits et de légumes ainsi que des problèmes de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, les habitants ont écrit une lettre pour se plaindre de l’aggravation de leur santé, liée selon eux aux travaux des entreprises d’extraction, et l’ont envoyée à l’administration du président tadjik. <em>« [Les habitants du village] sont de plus en plus malades, il y a de plus en plus de jeunes familles sans enfants à cause du grand nombre de mort-nés »</em>, expliquait-elle.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine4.jpg" alt="Khoumgaron Tadjikistan Femme" class="wp-image-68350" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine4.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine4-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une habitante du kichlak de Khoumgaron près de Pendjikent est assise dans son jardin. Sa maison se trouve non loin de la station d’affinage de la compagnie Zarafchon. Les habitants demandent à Zarafchon une compensation pour la pollution de l’environnement. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants se plaignent aussi du fait que des déchets nocifs ressortent de Zarafchon et de son usine, ce qui rend l’air du village très pollué. Le vent apporte une odeur désagréable depuis l’usine. Les habitants du village de Chingui dans la région de Pendjikent ont communiqué à Radio Ozodi que le nombre de personnes souffrant de problèmes respiratoires avait augmenté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Pendjikent, le ministère de la Santé a informé Radio Ozodi qu’il ne prenait pas en compte les statistiques non officielles sur les problèmes de santé de la population de Khoumgaron, et a suggéré de contacter la direction générale du ministère de la Santé à Douchanbé. C’est ce qu’ont répondu également l’hôpital central et la direction sanitaro-épidémiologique de Pendjikent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des amendes symboliques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de la Santé n’a présenté aucune information à la rédaction malgré une demande officielle et des négociations directes avec un représentant du ministère. Les représentants du gisement Zarafchon n’ont pas donné suite aux demandes de commentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le refus de reconnaître les critiques à l’égard de Zarafchon et les plaintes sur la pollution ainsi que son influence néfaste sur la santé, les autorités tadjikes ont infligé à la compagnie chinoise quelques amendes symboliques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, l’entreprise a reçu une amende pour avoir relâché des déchets dans la rivière depuis son usine de production de chaux près de la mine de Chingui. Les autorités tadjikes ont annoncé que le rejet de déchets avait été la raison de la mort massive de poissons dans la rivière. Cependant, la compagnie n’a payé qu’une amende de l’équivalent de 1&nbsp;075 euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/au-tadjikistan-des-plaintes-concernant-les-dommages-environnementaux-causes-par-lextraction-de-lor/">Au Tadjikistan, des plaintes concernant les dommages environnementaux causés par l’extraction de l’or</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une amende plus sérieuse a été infligée lorsque le procureur général du Tadjikistan, Youssouf Rahmon, a annoncé en avril 2023 que les opérateurs du gisement Zarafchon payeraient une amende équivalente à 1,7 millions de dollars (1,66 millions d&rsquo;euros) pour avoir porté atteinte à l’environnement pour une valeur de 14,6 millions de dollars (14,3 millions d&rsquo;euros). Les détails quant à ces dommages n’ont pas été dévoilés, mais le chef de la direction écologique de Pendjikent affirme que l’amende a été infligée parce que l’usine d’affinage avait été construite sans que les documents nécessaires ne soient déposés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des promesses rompues</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les plaintes des habitants de Khoumgaron, répétées pendant des années, ont abouti en 2021 à un travail de la compagnie auprès de la population, promettant de construire quatre kilomètres de nouvelles routes, de réparer une école pour environ 90&nbsp;000 dollars (88 000 euros) et d’installer des conduites pour alimenter en eau potable les maisons du village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La compagnie a aussi accepté de payer aux villageois une somme de 13&nbsp;700 dollars (13 400 euros) par mois – environ 90 dollars (88 euros) par habitant. Les représentants de la compagnie ont déclaré que l’argent serait versé <em>«&nbsp;tant que le gouvernement du Tadjikistan ne proposerait pas des parcelles de terre à 47 fermiers et à leurs familles.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à part les versements d’argent, les promesses n’ont pas été exécutées, selon les habitants. Dans le cadre des exigences de l’État envers les compagnies pour qu’elles conservent leur licence d’extraction de métaux, les entreprises doivent s’impliquer dans l’amélioration du cadre de vie des habitants, par exemple en construisant des écoles, des hôpitaux ou des routes.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine9.jpg" alt="Ecole Zarnisor" class="wp-image-68355" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine9.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine9-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le bâtiment à moitié abandonné du jardin d’enfants à Zarnisor. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’un des rarissimes cas de critique publique, en 2018, le ministre de l’Industrie et des Nouvelles technologies d’alors, Chavkat Bobozoda, avait annoncé lors d’une conférence de presse que la compagnie d’extraction Zijin n’avait pas rempli une seule de ses obligations. <em>«&nbsp;Ils ont déjà extrait 20 tonnes d’or, mais ils peuvent partir demain, et alors que restera-t-il là-bas&nbsp;?&nbsp;»</em> s’était-il exclamé, s’adressant aux journalistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« L&rsquo;écologie et l&rsquo;industrialisation ne vont pas main dans la main »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, lorsque le correspondant de Radio Ozodi a visité le kichlak, il s’est avéré qu’aucun projet de construction n’avait débuté. La route principale était, comme auparavant, en mauvais état, et selon les habitants, elle souffrait encore davantage des allées et venues des camions chargés de pierres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef du service du contrôle étatique pour la sécurité des travaux dans l’industrie a déclaré lors d’une conférence de presse que l’un des <em>«&nbsp;buts stratégiques&nbsp;»</em> du gouvernement était <em>«&nbsp;l’industrialisation rapide&nbsp;»</em>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;L’écologie et l’industrialisation ne vont pas main dans la main mais […] nous, les spécialistes, devons minimaliser le plus possible les dommages portés à l’environnement par l’industrialisation&nbsp;»</em>, a déclaré le fonctionnaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Cela peut tuer des gens »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A environ 350 kilomètres de Khoumgaron et du gisement d’or Zarafchon se trouve la mine d’or Pokroud. Là, la compagnie China Nonferrous Gold (CNG) possède 100 % des concessions sur l’extraction de l’or. Les comptes internes de la CNG pour 2021, auxquels Radio Ozodi a pu accéder, mentionnent que la compagnie <em>« a des relations solides avec le gouvernement du Tadjikistan »</em>. Dans ce même rapport, la compagnie se félicite de ses standards écologiques et soutient qu’elle a de bons rapports avec la population locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants des villages situés près des gorges de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Romit">Romit</a> rapportent que le seul avantage qu’ils ont ressenti depuis le début de l’extraction de l’or est que la CNG a construit une route vers ses gisements, route que peuvent emprunter les habitants des régions montagneuses isolées. Cependant, ils affirment que la pollution en provenance de la mine augmente.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine6.jpg" alt="Romit Rivière Tadjikistan" class="wp-image-68352" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine6.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine6-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">La rivière Romit aux abords de la ville de Vahdat. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants de plusieurs villages situés en amont du courant ont raconté que la compagnie déversait les eaux usées de son usine d’affinage directement dans la rivière Romit. Ils disent avoir arrêté d’utiliser l’eau de la rivière après que plusieurs personnes sont tombées malades. Lors de sa visite des abords de la rivière Romit dans la région du gisement Pokroud en 2023, le correspondant de Radio Ozodi a aperçu une conduite provenant directement de l’usine d’affinage et relâchant des flux non traités dans la rivière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des déversements d&rsquo;eaux usées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Flaviano Bianchini explique que de telles pratiques sont très dangereuses : <em>«&nbsp;L’eau qui ressort de ce processus de traitement est empoisonnée. On ne peut pas relâcher l’eau ainsi. Cela ne pollue pas seulement la rivière. Cela peut aussi tuer des gens.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces sérieuses inquiétudes, la compagnie chinoise n’est soumise à pratiquement aucun contrôle de la part des autorités tadjikes. Dans le même temps, son activité bénéficie d’un soutien politique au plus haut niveau. Lorsqu’en 2016 l’or a commencé à être extrait de ce gisement, Emomali Rahmon s’est rendu sur place et, lors d’une scène montrée à la télévision d’État, s’est enthousiasmé des investissements chinois à hauteur de 256 millions de dollars (250 millions d&rsquo;euros), tenant fièrement deux lingots d’or dans ses mains.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine7.jpg" alt="Rivière Pokroud Tadjikistan" class="wp-image-68353" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine7.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine7-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les déchets de la mine d’or à Pokroud sont rejetés dans la rivière sous forme de liquide blanc. Juin 2023. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité pour la protection de l’environnement du Tadjikistan affirme avoir inspecté l’usine d’affinage de la CNG durant l’été 2023, quelques semaines après que le correspondant de presse a vu le déversement des eaux usées dans la rivière, et a annoncé qu’il avait découvert <em>« une série de défauts, dont des normes de traitement des déchets non respectées et un rejet excessif de déchets dans l’atmosphère. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité n’a pas commenté la vidéo de déversement des eaux usées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des promesses sur fond de pénurie d’eau</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A Zarnisor, une petite ville du Nord du Tadjikistan d’une population d’environ 5&nbsp;000 personnes, à 60 kilomètres au Nord de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khoudjand</a> à la frontière avec l’Ouzbékistan, se trouve un autre projet chinois d’extraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondée en 2007 en tant que filière de la compagnie d’État chinoise Tibet Everest Resources, la Compagnie tadjiko-chinoise d’extraction (TCMIC) extrait dans cette région du plomb, du zinc et du cuivre. Le processus d’extraction exige de grandes quantités d’eau, ce qui cause des pénuries selon la population locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Idiboï Fozilov, retraité à Zarnisor, raconte qu’à l’époque soviétique, les habitants avaient construit une conduite d’eau pour apporter l’eau potable au village. Mais depuis le début de l’exploitation, l’eau potable n’est devenue disponible pour les habitants qu’une heure par jour, en soirée, et les gens doivent en faire des réserves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus des pénuries d’eau, certains habitants racontent que la compagnie n’a pas tenu ses promesses d’investir dans l’infrastructure locale. La TCMIC a accepté de rénover le jardin d’enfants, les routes, et d’installer un éclairage public dans les rues. Mais à part celles menant au bureau central de la compagnie, les autres routes de la région restent en mauvais état et le jardin d’enfant demeure vétuste.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des chiffres qui ne concordent pas</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme d’autres compagnies chinoises d’extraction au Tadjikistan, la TCMIC joue un rôle économique particulièrement important dans le pays. En juillet 2022, la compagnie mère Tibet Everest Resources a promis de construire au Tadjikistan un parc industriel qui créerait 10&nbsp;000 emplois. Mais il s’est écoulé deux ans et ce projet semble à l&rsquo;arrêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres publiés par Tibet Everest Resources sur son activité économique ne concordent pas. Dans une interview et des annonces publiques émises au long de nombreuses années, la direction de TCMIC a affirmé que plus de 4 000 personnes travaillaient pour elle au Tadjikistan, mais dans d’autres cas, elle donne le nombre de 3 000.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine8.jpg" alt="Dortoirs Zarnisor" class="wp-image-68354" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine8.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine8-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le bâtiment des dortoirs de la compagnie tadjiko-chinoise dans la ville de Zarnisor, dans le Nord du Tadjikistan. Des travailleurs chinois y vivent. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Des dissonances similaires ont lieu concernant les sommes versées aux impôts et aux taxes. En 2022, l’agence de presse indépendante tadjike Asia-Plus a cité le chef de la TCMIC, Lee Yaohui, qui annonçait que depuis le début de son activité dans le pays en 2009, la compagnie avait payé en impôts et taxes 33 milliards de somonis (2,9 milliards d&rsquo;euros). Cependant, Lee Yaohui a annoncé en 2021 que la compagnie avait payé à l’État depuis le début de son activité une somme bien moins élevée : 4,2 milliards de somonis (376 millions d&rsquo;euros).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses commentaires pour Radio Ozodi, la compagnie TCMIC a défendu son expérience avec la population locale et la construction d’infrastructures, soutenant qu’elle avait fait réparer des écoles à Zarnisor, construit le bâtiment de la mairie et rénové l’hôpital à <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Guliston,_Sughd">Gouliston</a>, la ville la plus proche, d’une population de 50&nbsp;000 personnes. La compagnie a aussi financé la reconstruction de 38 kilomètres de routes isolées reliant les villes de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Buston,_Mastchoh_District">Bouston</a> et Zarnisor, ce qui est revenu à environ 100 millions de somonis (8,9 millions d&rsquo;euros).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un plan d&rsquo;amélioration</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le représentant de l’administration de la ville de Gouliston a informé Radio Ozodi que la compagnie tadjiko-chinoise d’extraction développait un plan d’amélioration pour l’alimentation de la ville et de ses environs en eau potable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonctionnaire a ajouté que dans certains quartiers de Gouliston, l’eau n’était accessible qu’à un certain horaire de la journée, mais que les travailleurs de la compagnie chinoise qui vivent rue Rafokat avaient accès à l’eau 24h/24. Les forces de l’ordre tadjikes n’ont pas permis au correspondant d’entrer dans les bureaux de la compagnie ni dans les dortoirs voisins où vivent les travailleurs chinois pour vérifier l’information. Il est à noter que la route menant aux bâtiments était très bien entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après les plaintes d’autres habitants de la rue Rafokat, pour qui l’accès à l’eau était très limité, celui-ci a été augmenté à 12 heures par jour.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les problèmes des exploitations de coton</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut noter également une initiative ambitieuse de plantations de coton avec la participation de fermiers chinois, qui travaillent dans les champs autour de Yavan, à 25 kilomètres de Douchanbé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mirzoali Azizov, chef de la direction agraire du raïon de Yavan, a communiqué à Radio Ozodi que la Chine y louait 960 hectares de terres agricoles. Les habitants racontent qu’à la fin des années 2000, lorsque les terres de l’État ont été cédées au milieu agricole, la plupart des fermiers tadjiks n’avait pas l’argent nécessaire pour acheter les grains, le matériel technique et tout le nécessaire à la production agricole. Nombre d’entre eux sont partis en Russie à la recherche de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les habitants locaux, la Chine a profité de cette situation et commencé à louer des terres en 2014. Les fonctionnaires du secteur agricole de Yavan ont raconté qu’au début, les Chinois exploitaient énormément de terres mais que plus tard, quelques fermiers tadjiks ont pu récupérer certaines parcelles.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine10.jpg" alt="Champ coton Tadjikistan" class="wp-image-68346" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine10.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/Chine10-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des tracteurs traitent les sols que des Chinois louent. Les conducteurs tadjiks disent ne pas savoir de quoi est fait ce traitement. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les fonctionnaires et les habitants, les fermiers chinois ont plus de moyens et de possibilités financières, comme des crédits à la banque, et c’est pour cela qu’ils peuvent se permettre d’avoir du matériel plus cher que les Tadjiks. Ainsi, selon les fonctionnaires, les fermiers tadjiks récoltent en moyenne quatre tonnes de coton par hectare, tandis que les fermiers chinois au Tadjikistan en récoltent presque sept.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des pesticides potentiellement dangereux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, de nombreux habitants s’inquiètent de l’utilisation extensive de certaines substances et de l’absence de règlementations sur les produits chimiques. La compagnie chinoise Développement agricole du Tadjikistan et de la Chine possède presque 1 000 hectares de terres dans le district de Yavan, et la Khountan-Khatlon-Sin Silu 3 365 hectares dans le Sud-Ouest du district de Dusti, dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khatlon">l’oblast de Khatlon</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïddjafar Ousmonzoda, l&rsquo;ancien président du Parti démocratique du Tadjikistan, qui était membre du Parlement en 2019 lorsqu’a été discutée la cession de terres louées à des fermiers chinois, a raconté à Radio Ozodi qu’il avait posé la question des produits qui seraient utilisés mais qu’il n’avait pas reçu de réponse, bien que le gouvernement ait déjà conclu l’affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-bataille-contre-les-pesticides-sovietiques-lancee-au-tadjikistan/">La bataille contre les pesticides soviétiques lancée au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cette terre ne se transformera-t-elle pas en désert après de longues années d’exploitation intensive ? »</em> avait-il alors demandé. Malgré les inquiétudes soulevées par Saïddjafar Ousmonzoda et par les fermiers locaux, les experts ont expliqué qu’aucune étude indépendante n’avait été faite sur les produits utilisés par les fermiers chinois, ni sur leur potentiel impact sur les sols. Les fonctionnaires du district de Yavan ont également affirmé qu’ils n’avaient pas les outils de laboratoire nécessaires pour mener de telles recherches.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des effets négatifs sur les sols</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Rouzimourod Boïmourodov, doyen de la faculté d’agrochimie et d’étude des sols de l’Université agricole tadjike à Douchanbé, explique que l’utilisation intensive de produits et de pesticides soulève de sérieuses préoccupations car une partie importante de ces produits n’est pas absorbée par la production agricole et s’incruste dans les sols, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur le long terme.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="333" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/chine.jpg" alt="Affiche Rahmon Xi Jinping" class="wp-image-68344" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/chine.jpg 592w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/01/chine-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px" /><figcaption class="wp-element-caption">Affiche montrant les chefs d’État du Tadjikistan et de la Chine devant les terres de la joint-venture Développement agraire du Tadjikistan et de la Chine. District de Yavan, mai 2023. Photo : Radio Ozodi.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il y a des effets secondaires à cause des résidus de ces produits, et ils peuvent avoir une influence négative à l’avenir sur la composition, la qualité et la fertilité des sols, ainsi que sur la pousse des plantes »</em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rouzimourod Boïmourodov remarque également que selon ses recherches, les fermiers tadjiks utilisent habituellement entre 450 et 600 kilos de produits azotés et 200 à 260 kilos de produits phosphorés par hectare.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Un avenir sans danger pour nos enfants&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, selon les données d&rsquo;un employé de la direction agricole de Yavan, les fermiers chinois faisant pousser du coton sur ces parcelles utilisent entre 1 500 et 1 600 kilos de produits azotés et phosphorés. L’utilisation extensive de produits chimiques constitue depuis longtemps un problème en Chine, amenant à de larges récoltes, mais réduisant avec le temps la qualité des sols. Ces dernières années, les fermiers ont commencé à moins utiliser ces produits, mais leur utilisation reste encore élevée comparée aux indicateurs mondiaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’inquiétude profonde des habitants du Tadjikistan et leurs plaintes concernant la pollution de l’air, des sols et des rivières en raison des compagnies chinoises, ainsi que l’absence d’investissements auprès des populations vivant là où elles travaillent, les fonctionnaires continuent de soutenir ces compagnies.</p>





<p class="wp-block-paragraph">Bon nombre d’habitants des districts où opèrent ces projets chinois ont déclaré qu’ils n’étaient pas contre ces compagnies mais qu’ils souhaitaient seulement qu’elles se soucient de l’environnement et qu’elles s’investissent auprès de la population comme elles en avaient initialement fait la promesse. Cependant, en raison du mauvais état de l’économie du Tadjikistan et du faible niveau de vie de sa population, sa dépendance envers la Chine et ses ressources économiques permettent aux compagnies chinoises de travailler comme elles l’entendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un habitant du village de Khoumgaron a ainsi exprimé le sentiment partagé par beaucoup&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous n’avons pas besoin de l’argent des Chinois&nbsp;: nous voulons seulement un avenir sans danger pour nos enfants.&nbsp;»</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Groupe d’investigation<br>Sous la rédaction de Reid Standish et Pete Baumgartner</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://rus.ozodi.org/a/myortvaya-ryba-i-gryaznyy-vozduh-kak-kitayskie-kompanii-dobyvayut-zoloto-v-tadzhikistane-/33046126.html">russe</a> par Judith Robert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Cécilia Emirian</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Récolte du coton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2024 04:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[OuzbékistanURSS Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/recolte-du-coton/">Récolte du coton</a></p>
<p>« On entend encore le chant des oiseaux, le doux bruit de l&#8217;eau dans le ruisseau, parfois les rires joyeux des femmes. Ce sont des cueilleurs dans les champs de coton. Les femmes marchent le long du chemin, portant du coton sur leurs épaules, en plus de leurs soucis et de leurs responsabilités. Elles sont fatiguées, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/recolte-du-coton/">Récolte du coton</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">« On entend encore le chant des oiseaux, le doux bruit de l&rsquo;eau dans le ruisseau, parfois les rires joyeux des femmes. Ce sont des cueilleurs dans les champs de coton. Les femmes marchent le long du chemin, portant du coton sur leurs épaules, en plus de leurs soucis et de leurs responsabilités. Elles sont fatiguées, ont soif et parfois leurs mains, rugueuses à cause des corvées, deviennent douloureuses. » <strong><a href="https://novastan.org/fr/?s=coton">Récolte du coton</a></strong> dans le district de <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chinaz">Chinaz</a></strong>, près de Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit : Madina A&rsquo;zam</strong> (<strong><a href="https://www.instagram.com/madinaazam_photography/">@madinaazam_photography</a></strong>, Ouzbékistan)</p>



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		<title>Un représentant du Xinjiang en visite officielle au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Apr 2023 06:41:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Région Ouïghoure]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/un-representant-du-xinjiang-en-visite-officielle-au-kazakhstan/">Un représentant du Xinjiang en visite officielle au Kazakhstan</a></p>
<p>La récente visite de Ma Xingrui au Kazakhstan a permis d'aborder de nombreuses questions entre voisins, notamment commerciales. Ce voyage s'inscrit dans un cadre où le Xinjiang, toujours sous le coup des pressions occidentales, sert de relais à la Chine pour nouer un contact plus étroit avec ses partenaires d’Asie centrale. &#160; Le représentant du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/un-representant-du-xinjiang-en-visite-officielle-au-kazakhstan/">Un représentant du Xinjiang en visite officielle au Kazakhstan</a></p>
<p><strong>La récente visite de Ma Xingrui au Kazakhstan a permis d'aborder de nombreuses questions entre voisins, notamment commerciales. <strong>Ce voyage s'inscrit dans un cadre où le Xinjiang, toujours sous le coup des pressions occidentales, sert de relais à la Chine pour nouer un contact plus étroit avec ses partenaires d’Asie centrale. </strong>&nbsp;</strong></p>
<p>Le représentant du Parti communiste au Xinjiang a entrepris le 27 mars dernier une visite au Kazakhstan, avec au programme la mise en avant de projets économiques.</p>
<p>Le Kazakhstan est un Etat important pour la Chine : c’est là où elle annonce le volet terrestre de son projet des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_route_de_la_soie">Nouvelles routes de la Soie</a>, aussi appelé Belt and Road Initiative (BRI), en 2013. <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ma_Xingrui" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ma Xingrui</a>, en tant que représentant chinois, incarne aussi la région autonome du&nbsp;Xinjiang ouïghour, où il est secrétaire du Parti communiste. Cette visite est à placer dans le cadre de relations qui sont de plus en plus mauvaises entre Pékin et Washington, ce qui a des conséquences sur l’économie du Xinjiang.</p>
<p><strong>Un Xinjiang touché par la dégradation des relations sino-américaines</strong>&nbsp;</p>
<p>Suite à des . . .</p>

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		<title>Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&#8217;origine d&#8217;une corruption à très grande échelle </title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 09:42:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-gosplan-pour-le-coton-en-asie-centrale-a-lorigine-dune-corruption-a-tres-grande-echelle/">Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&rsquo;origine d&rsquo;une corruption à très grande échelle </a></p>
<p>Dans les années 1980, le scandale de l’affaire du coton ouzbek révèle aux yeux de tous les problèmes systémiques auxquels est confrontée l’URSS, alors entraînée dans une course aux rendements effrénée. L’affaire du coton est un événement qui montre les contradictions générées par l’utopie communiste et sa dimension productive irréaliste, qui s&#8217;insère dans une corruption [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-gosplan-pour-le-coton-en-asie-centrale-a-lorigine-dune-corruption-a-tres-grande-echelle/">Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&rsquo;origine d&rsquo;une corruption à très grande échelle </a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les années 1980, le scandale de l’affaire du coton ouzbek révèle aux yeux de tous les problèmes systémiques auxquels est confrontée l’URSS<strong>, alors entraînée dans une course aux rendements effrénée</strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire du coton est un événement qui montre les contradictions générées par l’utopie communiste et sa dimension productive irréaliste, qui s&rsquo;insère dans une corruption présente à toutes les échelles du système soviétique. C’est aussi une histoire à replacer dans le cadre de la politique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glasnost">glasnost</a>, qui favorise la divulgation publique de ce qu’il se passe vraiment en URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu du XXème siècle, l’Ouzbékistan est devenu le « grenier à coton » de l’URSS, approvisionnant en coton l’industrie de toute l’Union. D’année en année, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gosplan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gosplan</a> pour « l’or blanc » a vu ses objectifs revus à la hausse à tel point que, dans les années 1980, presque toutes les terres agricoles du pays étaient allouées à la culture du coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle demande en coton ne se laisse pas seulement expliquer par les besoins de l’industrie textile. Le coton était le <a href="https://diletant.media/articles/45271216/">composant de base</a> dans le processus de fabrication de la nitrocellulose – substance inflammable à partir de laquelle s&rsquo;obtient de la poudre sans fumée. La nitrocellulose est destinée aux armes à feu, mais elle constitue aussi l’un des principaux ingrédients du carburant pour fusées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contexte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un plan quinquennal à l’autre, le gosplan de l’URSS relevait les projections de récolte de coton.&nbsp;En 1983, la République socialiste soviétique (RSS) d’Ouzbékistan devait cultiver 6 millions de tonnes de coton par an. En guise de comparaison, l’Ouzbékistan en a produit à peine plus de 3 millions de tonnes en 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre les objectifs, les autorités se sont tournées vers des méthodes traditionnelles : recours aux engrais et creusement de nouveaux canaux d’irrigation, ce qui a notamment conduit à l’assèchement de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>. De surcroît, médecins, étudiants, élèves et professeurs étaient réquisitionnés pour la récolte à l’automne. Les objectifs n’étaient néanmoins pas remplis.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Pour combler le manque, les autorités se mettent à falsifier les documents de production et de transport. Des cueilleurs de coton jusqu’aux cadres en passant par les comités du parti, tous participent à la création et à la récolte d&rsquo;un coton qui n’existe pas. Il est transporté dans des wagons fermés, réceptionné dans les usines de toute l’Union et figure dans les documents et les factures. C&rsquo;est alors que le coton est radié des comptes, perdu. Parfois même, il avait <em>« brûlé »</em>, donnant lieu à des <em>« pertes de production substantielles »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque maillon de cette chaîne voit passer des pots de vins &#8211; les destinataires des livraisons, les opérateurs du réseau ferré, les ministres des républiques, les directeurs d’usines et les dirigeants des institutions de toute l’Union Soviétique ont reçu et donné des sommes d’argent considérables.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Début des investigations</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1982, après la mort de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Léonid Brejnev</a>, c’est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iouri_Andropov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Youri Andropov</a>, précédemment chef du Comité pour la Sécurité de l&rsquo;État&nbsp;(KGB), qui accède au poste de secrétaire général du Parti. Pendant ses 15 années à la tête du KGB, il a eu accès aux informations les plus fiables sur l’état du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant laissé les mains libres au KGB pour lutter contre la corruption dans le pays, il espérait accumuler des preuves solides contre ses collègues impliqués dans des montages frauduleux, ce qui renforcerait son propre pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Ouzbékistan n’a pas été choisi par hasard</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les abus au sein de la RSS ouzbèke étaient tels que les fraudeurs n’arrivaient plus à les dissimuler, tandis que les plaintes des citoyens au sujet de la richesse des dirigeants du parti <a href="https://istoriarusi.ru/cccp/xlopkovoe-delo-1983-1989.html">submergeaient Moscou</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/festival-goeast-le-documentaire-100-coton-met-en-lumiere-la-persistance-du-travail-force-en-ouzbekistan/">Festival GoEast : le documentaire « 100 % coton » met en lumière la persistance du travail forcé en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallait des cas véridiques de mauvaise gestion ou d’actions proprement illégales de la part du ministère de l’Intérieur de l’URSS. Le ministère était l’adversaire principal de Youri Andropov et le gendre de Léonid Brejnev, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yuri_Churbanov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Youri Tchourbanov</a>, faisait partie de sa direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire général de l’Union soviétique éprouvait une haine personnelle envers le dirigeant de la RSS d’Ouzbékistan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharof_Rashidov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charaf Rachidov</a>, qui avait pendant de longues années abusé de la confiance trop généreuse de Léonid Brejnev, et bénéficié d’un statut d’immunité pendant son mandat.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’enquête</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Commission d’enquête sur l&rsquo;affaire du coton est créée en février 1983 sous l’autorité de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Procurator_General_of_the_Soviet_Union" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Genprokuratura de l’URSS</a> pour enquêter sur les abus qui avaient été tolérés par les autorités de la RSS d’Ouzbékistan. Elle siége le 25 avril suivant à Tachkent, date qui marque le début officiel de l’affaire du coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ampleur du travail est connue d’avance. Ainsi, l’enquête mobilise environ 200 enquêteurs de toute l’URSS. A leurs côtés s&rsquo;activent 3 000 agents de police et du KGB. A ceux-là s’ajoutent plus de 700 experts en sciences comptables et économiques. En tout, la Commission rassemble plus de 5 000 personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les enquêteurs de la Genprokuratura chargés des affaires spéciales Telman Gdlyane et Nikolaï Ivanov qui prennent la tête des investigations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des premières personnes condamnées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première tête à tomber est celle du dirigeant de l’obkom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boukhara</a>, Akhat Mouzafarov, arrêté pour avoir tenté de donner un pot-de-vin de 1 000 roubles (1 705 euros). Pendant la perquisition de son domicile, 1 million de roubles en espèces et 1,5 millions de roubles en monnaie d&rsquo;or impériales sont découvertes. Sachant qu’à l’époque, le salaire moyen était environ de 150 roubles.&nbsp;C’est alors qu’il commence à faire des aveux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêteurs étaient divisés en deux groupes. Le premier travaillait sur le terrain, inspectant tous les points de transformation du coton. Le deuxième s’occupait des membres haut-placés du parti et des agents du gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/coton-ouzbek-derriere-la-levee-du-boycott-des-reformes-en-profondeur/">Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est bientôt au tour du chef de l’antenne du ministère des Affaires intérieures de Boukhara et du chef de l’obkom de Boukhara, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2,_%D0%90%D0%B1%D0%B4%D1%83%D0%B2%D0%B0%D1%85%D0%B8%D0%B4_%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Abdouvakhid Karimov</a>, ainsi que du ministre des Affaires intérieures de la RSS d’Ouzbékistan, Koudrat Ergachev, de subir des interrogatoires, des perquisitions et des arrestations. Koudrat Ergachev a vent de son arrestation imminente et se suicide. Son adjoint connaît le même sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charaf Rachidov fait parallèlement l’objet d’un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kompromat_(renseignement)">kompromat</a> et est écarté du pouvoir. En septembre 1983, le Premier secrétaire de l’obkom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Khorezm">Khorezm</a> reconnaît qu’il a concédé 1,5 millions de roubles pour obtenir le titre de Héros du travail socialiste. Les faits sont établis, mais il décède prématurément le 31 octobre de la même année.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les conclusions de l’enquête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête sur l’affaire du coton s’étale sur six ans et <a href="https://mytashkent.uz/2008/09/23/hlopkovoe-delo-v-uzbekistane/">dure jusqu’en 1989</a>, même si son instigateur, Youri Andropov, meurt en 1984. Durant l’entièreté de l’enquête, 20 000 personnes sont interrogées. 800 mises en examen sont prononcées, au cours desquelles 4 000 personnes sont jugées&nbsp;: parmi elles, 600 dirigeants et dix Héros du travail socialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/">En Ouzbékistan, l’économie du coton se porte bien malgré le boycott</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">100 millions de roubles (170 millions d&rsquo;euros) en argent et en actifs mal acquis sont confisqués aux condamnés. 29 cadres dirigeants du ministère des Affaires étrangères de l&rsquo;Ouzbékistan, quatre&nbsp;secrétaires du Comité central du parti communiste d&rsquo;Ouzbékistan, huit&nbsp;secrétaires d’obkom sont arrêtés et condamnés pour corruption. Le ministre de l’Industrie de fabrication du coton et le chef du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/OBKhSS" target="_blank" rel="noreferrer noopener">contingent de lutte contre le détournement de propriété socialiste</a> (OBkhSS), Akhat Mouzaffarov, sont fusillés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêteurs ont pu démontrer que pendant la seule période des années 1970 et 1980, en raison des falsifications des données de récolte, l&rsquo;URSS a perdu 3 milliards de roubles (4,1 milliards d&rsquo;euros). Rien qu’en 1983, en Ouzbékistan, 981 000 tonnes de coton non récolté et donc inexistant sont frauduleusement introduites dans les registres de production.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La politique de glasnost entamée en 1985 par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Gorbatchev" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mikhaïl Gorbatchev</a> implique la publication des résultats de l’enquête. En janvier 1988, le journal Pravda publie les documents de l’affaire. Le scandale éclabousse alors certaines des plus hautes sphères de l&rsquo;Etat ainsi que des grandes figures du parti.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des accusés amnistiés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La publication est comprise par les médias comme un signal : il est dorénavant possible de rendre compte de la corruption au sommet de l’Etat. Pendant ce temps, l&rsquo;affaiblissement du pouvoir central dû à la perestroïka donne le champ libre aux enquêteurs. L’année suivante, l’ancien secrétaire du Comité central du parti communiste de la RSS ouzbèke et représentant du Présidium du Conseil supérieur de la RSS ouzbèke, les secrétaires des obkoms de Tachkent, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Namangan">Namangan</a> et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakstan">Karakalpakstan</a> sont arrêtés. Certains indices commencent à pointer vers Moscou.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 1989, deux commissions sont créées pour examiner de potentielles infractions commises par les enquêteurs : l’une placée sous l’autorité du Comité central du parti communiste et l’autre sous l’autorité du Présidium du Soviet suprême. Il a alors été établi que les enquêteurs ont eu recours au chantage et à des menaces pour extorquer des aveux. En mai 1989, des poursuites pénales sont engagées contre Telman Gdlyane et Nikolaï Ivanov.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 décembre 1991, un jour avant la fin officielle de l’Union soviétique, le président de l’Ouzbékistan <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Islam Karimov</a> amnistie tous les condamnés de l’affaire du coton purgeant leur peine sur le territoire de la RSS ouzbèke.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les représentants de l’histoire officielle abordent les événements de l’affaire du coton sous l’angle suivant : <em>« Ce sont les dirigeants du pouvoir soviétique et du parti communiste d’Ouzbékistan qui sont responsables des maux liés aux combattants contre la corruption envoyés par Moscou, qui ont accablé la population de la république d’Ouzbékistan »</em>.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Vlad Avdeïev</strong><br><strong>Journaliste pour Sarpa Media</strong>&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du&nbsp;</strong><a href="https://sarpa.media/cotton-case" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>russe</strong></a><strong>&nbsp;par Arnaud Behr</strong>&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome </strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-gosplan-pour-le-coton-en-asie-centrale-a-lorigine-dune-corruption-a-tres-grande-echelle/">Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&rsquo;origine d&rsquo;une corruption à très grande échelle </a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Festival GoEast : le documentaire « 100 % coton » met en lumière la persistance du travail forcé en Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Robin Roth]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 May 2022 09:41:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[travail forcé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/festival-goeast-le-documentaire-100-coton-met-en-lumiere-la-persistance-du-travail-force-en-ouzbekistan/">Festival GoEast : le documentaire « 100 % coton » met en lumière la persistance du travail forcé en Ouzbékistan</a></p>
<p>Le documentaire 100&#160;% coton, présenté en première européenne dans le cadre du 22ème&#160;festival du film GoEast de Wiesbaden, s’attache à souligner le quotidien difficile des producteurs de coton en Ouzbékistan.Novastan reprend et traduit ici un article publié le 27 avril 2022 par notre version allemande. Dans le cadre du 22ème&#160;festival du film GoEast, le nouveau [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/festival-goeast-le-documentaire-100-coton-met-en-lumiere-la-persistance-du-travail-force-en-ouzbekistan/">Festival GoEast : le documentaire « 100 % coton » met en lumière la persistance du travail forcé en Ouzbékistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le documentaire <em>100&nbsp;% coton</em>, présenté en première européenne dans le cadre du 22ème&nbsp;festival du film GoEast de Wiesbaden, s’attache à souligner le quotidien difficile des producteurs de coton en Ouzbékistan.</strong><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 27 avril 2022 par notre </strong><a href="https://novastan.org/de/zentralasien-und-europa/goeast-festival-100-baumwolle-stellt-zwangsarbeit-in-den-fokus/"><strong>version allemande</strong></a><strong>.</strong>

Dans le cadre du 22ème&nbsp;festival du film <a href="https://www.filmfestival-goeast.de/">GoEast</a>, le nouveau documentaire du réalisateur <a href="https://www.semainedelacritique.com/en/directors/michael--borodin">Mikhaïl Borodine</a>, intitulé <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5ScHIHe_S_0&amp;t=96s"><em>100&nbsp;% coton</em></a>, a été présenté pour la première fois à un public européen, deux jours seulement après sa première mondiale à Tachkent.

</p>



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<p class="wp-block-paragraph">

L’esclavage moderne était déjà au centre du premier long métrage de Mikhaïl Borodine, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D1%80%D0%BE%D0%B4%D1%83%D0%BA%D1%82%D1%8B_24"><em>Produkty&nbsp;24</em></a>, présenté en avant-première lors de la <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/le-kazakhstan-a-la-berlinale-une-plongee-dans-la-realite-du-pays-recompensee-par-plusieurs-grands-prix/?noredirect=fr-FR">Berlinale</a>. Dans <em>100 % coton</em>, l’artiste reste dans le thème du travail forcé qui plombe l’industrie du coton en Ouzbékistan.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le travail forcé en point de mire</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Pour ce film, le réalisateur et son caméraman, le photographe documentaire <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lasie-centrale-derriere-lobjectif-de-timour-karpov/">Timour Karpov</a>, ont accompagné deux femmes pendant les trois mois de la saison des récoltes.

<strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/ou-se-situe-lasie-centrale-sur-la-carte-du-cinema-mondial/?noredirect=fr-FR">Où se situe l’Asie centrale sur la carte du cinéma mondial ?</a></strong>

Makhabbat Madraïmova, une agricultrice du district de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a>, loue des terres publiques et doit remplir chaque année un certain quota avec son coton qu’elle vend à bas coût à l’État. Elle travaille également pour l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_internationale_du_travail">Organisation internationale du travail</a> (OIT) et s’engage pour que les cultivateurs de coton bénéficient de meilleures conditions de travail.

La militante des droits de l’Homme Elena Ourlaïeva parcourt elle aussi le pays pour rappeler leurs droits aux travailleurs, souvent recrutés de force, vivant dans des dortoirs ou des salles de sport délabrés et ne recevant que rarement leur maigre salaire à temps. Elle n’hésite pas à se confronter aux politiciens locaux, même si ce combat inégal semble joué d’avance. Souvent, ses interlocuteurs lui expliquent que les travailleurs recrutés pour récolter le coton se sont portés volontaires.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un portrait impressionnant</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
S’il met notamment en lumière le terrible problème du travail forcé, <em>100% coton</em> parvient également à donner un aperçu de la vie rurale en Ouzbékistan, au moyen de scènes de la vie quotidienne de la famille de Makhabbat. Le film présente toutefois quelques longueurs, et le spectateur peut se demander si le détail d’une circoncision ou de l’abattage rituel d’un mouton ajoute réellement de la valeur au film.

<strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lasie-centrale-derriere-lobjectif-de-timour-karpov/">L’Asie centrale derrière l’objectif de Timour Karpov</a></strong>

Pourtant, dans l’ensemble, le documentaire réussit à brosser un portrait impressionnant des deux femmes et de leur lutte pour obtenir de meilleures conditions de travail dans l’industrie du coton en Ouzbékistan. Le talent de Timour Karpov, qui fait preuve, avec ses plans précis et ses images lentes, de l’œil exercé d’un photographe documentaire, y est assurément pour beaucoup.

<strong>Une nouvelle ère&nbsp;?</strong>

Après la projection, Mikhaïl Borodine, Timour Karpov et la productrice Youlia Chaguinourova ont répondu aux questions du public de Wiesbaden. Timour Karpov a expliqué que les enregistrements avaient été réalisés pendant la saison des récoltes, durant l’automne&nbsp;2018, une période <em>«</em><em>où l’ancienne dictature</em> (celle d’<a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a>, nde) <em>était terminée et où la nouvelle n’avait pas encore commencé&nbsp;»</em>. Pour autant, le film semble avoir gardé toute sa pertinence.

</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

En mars dernier, la Cotton Campaign a annoncé la <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-boycott-sur-le-coton-ouzbek-en-place-depuis-plus-de-10-ans-a-ete-leve/?noredirect=fr-FR">levée du boycott international</a> du coton ouzbek, qui durait depuis plus d’une décennie, en raison de la fin du travail forcé dans le pays. <em>«&nbsp;Notre organisation, mais aussi des représentants de la société civile et des organisations internationales, reconnaissent que le travail forcé n’est plus utilisé pour la récolte du coton brut et qu’il a été complètement éliminé</em><em>»</em>, avait alors déclaré Bennett Freeman, président de la Cotton Campaign, au sénat ouzbek.

Les auteurs du film estiment cependant que rien n’a changé. Interrogés sur le sort des protagonistes, ils ont expliqué que Makhabbat avait entre-temps renoncé à son engagement pour l’OIT. Elena Ourlaïeva, qui était présente lors de la première à Tachkent, poursuit en revanche son combat sans relâche. Elle serait sous la surveillance constante des services secrets.
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Robin Roth
Rédacteur pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l’<a href="https://novastan.org/de/zentralasien-und-europa/goeast-festival-100-baumwolle-stellt-zwangsarbeit-in-den-fokus/">allemand</a> par Pierre-François Hubert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Judith Robert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong>
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		<title>Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Emma Jerome]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 May 2022 16:58:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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		<category><![CDATA[Chavkat Mirzioïev]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/coton-ouzbek-derriere-la-levee-du-boycott-des-reformes-en-profondeur/">Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</a></p>
<p>Alors que le coton ouzbek peut enfin être exporté librement après 10 ans de boycott, le textile ouzbek est en ébullition. En coulisses, le secteur s’est profondément modernisé.&#160;C’est une petite révolution que vient de connaître le textile ouzbek. Le 10 mars dernier, le boycott sur le coton ouzbek instauré en 2009 par la Cotton Campaign, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/coton-ouzbek-derriere-la-levee-du-boycott-des-reformes-en-profondeur/">Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</a></p>
<p>Alors que le coton ouzbek peut enfin être exporté librement après 10 ans de boycott, le textile ouzbek est en ébullition. En coulisses, le secteur s’est profondément modernisé.&nbsp;C’est une petite révolution que vient de connaître le textile ouzbek. Le 10 mars dernier, le boycott sur le coton ouzbek instauré en 2009 par la <a href="https://www.cottoncampaign.org/uzbekistan">Cotton Campaign</a>, une coalition composée d’organisations non gouvernementales œuvrant pour la défense des droits humains, de syndicats et d’associations de divers acteurs liés au textile, <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-boycott-sur-le-coton-ouzbek-en-place-depuis-plus-de-10-ans-a-ete-leve/">a été levé</a>. L’Organisation internationale du travail (OIT) a notamment <a href="https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_838430/lang--fr/index.htm">souligné</a> les progrès mis en œuvre par l’Ouzbékistan pour lutter contre le travail forcé dans la récolte du coton.&nbsp;Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-boycott-sur-le-coton-ouzbek-en-place-depuis-plus-de-10-ans-a-ete-leve/">Le boycott sur le coton ouzbek, en place depuis plus de 10 ans, a été levé</a>Cette mesure internationale récompense le résultat de ruptures systémiques majeures dans le domaine de la production du coton, comme l’a décrit le président <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> lors de son discours au congrès du Mouvement des entrepreneurs et des hommes d'affaires en septembre 2021, relate le média ouzbek <a href="https://uz24.uz/ru/articles/protiv-prinuditelnogo-truda">Uz24</a>.&nbsp;</p>
<p>La fin de ce boycott permet donc à l’Ouzbékistan de commercer ouvertement avec un . . .</p>

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		<item>
		<title>Le boycott sur le coton ouzbek, en place depuis plus de 10 ans, a été levé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 18:53:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[boycott]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Cotton Campaign]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-boycott-sur-le-coton-ouzbek-en-place-depuis-plus-de-10-ans-a-ete-leve/">Le boycott sur le coton ouzbek, en place depuis plus de 10 ans, a été levé</a></p>
<p>Les représentants de plus de 300 marques et détaillants textiles ont décidé de lever le boycott sur le coton ouzbek, ce jeudi 10 mars, du fait de la fin du travail forcé. Le coton pourra ainsi être vendu à l'international et bénéficier de l'arrivée d'investisseurs en Ouzbékistan. C'est un moment important pour le coton ouzbek. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-boycott-sur-le-coton-ouzbek-en-place-depuis-plus-de-10-ans-a-ete-leve/">Le boycott sur le coton ouzbek, en place depuis plus de 10 ans, a été levé</a></p>
<p><strong>Les représentants de plus de 300 marques et détaillants textiles ont décidé de lever le boycott sur le coton ouzbek, ce jeudi 10 mars, du fait de la fin du travail forcé. Le coton pourra ainsi être vendu à l'international et bénéficier de l'arrivée d'investisseurs en Ouzbékistan.</strong></p>
<p>C'est un moment important pour le coton ouzbek. Ce jeudi 10 mars, la Cotton Campaign, une ONG réunissant 331 marques et détaillants dans le monde a décidé de lever le boycott sur l'achat du coton ouzbek, décrit le ministère du Travail ouzbek sur <a href="https://t.me/mehnatvazirligi/9010">sa chaîne Telegram</a>. Cette décision a également été annoncée <a href="https://www.cottoncampaign.org/news/cotton-campaign-ends-its-call-for-a-global-boycott-of-cotton-from-uzbekistan">par la Cotton Campaign</a>, qui explique qu'elle est notamment liée à la fin du travail forcé dans la récolte de l'or blanc en . . .</p>

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		<title>Face au boycott occidental, la Chine pourrait importer davantage de coton centrasiatique</title>
		<link>https://novastan.org/fr/economie/face-au-boycott-occidental-la-chine-pourrait-importer-davantage-de-coton-centrasiatique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Annah Tiprez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 13:00:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Région Ouïghoure]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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		<category><![CDATA[Travail des Enfants]]></category>
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		<category><![CDATA[Xinjiang]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/face-au-boycott-occidental-la-chine-pourrait-importer-davantage-de-coton-centrasiatique/">Face au boycott occidental, la Chine pourrait importer davantage de coton centrasiatique</a></p>
<p>En réponse aux accusations de l’Occident d’user du travail forcé des Ouïghours dans ses champs de coton, la Chine pourrait importer du coton centrasiatique pour répondre à ses besoins de matière première. Elle y voit un moyen de renforcer ses partenariats en Asie centrale, tout en leur apportant des avantages sociaux, technologiques et économiques.  La [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/face-au-boycott-occidental-la-chine-pourrait-importer-davantage-de-coton-centrasiatique/">Face au boycott occidental, la Chine pourrait importer davantage de coton centrasiatique</a></p>
<p><strong>En réponse aux accusations de l’Occident d’user du travail forcé des Ouïghours dans ses champs de coton, la Chine pourrait importer du coton centrasiatique pour répondre à ses besoins de matière première. Elle y voit un moyen de renforcer ses partenariats en Asie centrale, tout en leur apportant des avantages sociaux, technologiques et économiques. </strong></p>
<p>La province chinoise de la Région autonome ouïghoure du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Xinjiang</a> était déjà tristement célèbre à l’international pour la répression dramatique qu’y subit sa population <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFghours">ouïghoure</a>, une minorité turcophone de religion musulmane, notamment décrite par <a href="https://www.hrw.org/report/2018/09/09/eradicating-ideological-viruses/chinas-campaign-repression-against-xinjiangs">l'ONG Human Rights Watch</a>. Cependant, le 14 décembre 2020, la publication du <a href="https://newlinesinstitute.org/china/coercive-labor-in-xinjiang-labor-transfer-and-the-mobilization-of-ethnic-minorities-to-pick-cotton/">rapport</a> d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Adrian_Zenz">Adrian Zenz</a> mettait un nouveau coup de pied dans la fourmilière. L’anthropologue allemand y dénonçait le recours au travail forcé de centaines de milliers de Ouïghours dans les champs de coton de cette région. </p>
</p>
<p>En réponse à ces allégations, un boycott du coton provenant du Xinjiang a été imposé par <a href="https://www.business-humanrights.org/en/latest-news/heres-what-foreign-brands-have-to-say-about-xinjiang/">plusieurs grandes marques</a> de textile dès décembre 2020, puis par les <a href="https://www.cbp.gov/newsroom/national-media-release/cbp-issues-region-wide-withhold-release-order-products-made-slave">États-Unis</a> en janvier 2021, finalement suivis par le <a href="https://www.state.gov/joint-statement-on-xinjiang/">Royaume-Uni, le Canada</a> et l’<a href="https . . .
</p>

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			</item>
		<item>
		<title>L’Ouzbékistan parviendra-t-il à lever le boycott sur son coton ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-parviendra-t-il-a-lever-le-boycott-sur-son-coton/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Feb 2021 08:24:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
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<p>DÉCRYPTAGE. Depuis 2006, l’Ouzbékistan est la cible d’un boycott international sur son coton, dont la production a longtemps été forcée. Porté par l’ONG américaine Cotton Campaign, ce boycott est aujourd’hui l’un des principaux freins à l’émergence de l’Ouzbékistan comme nouvel acteur mondial du secteur.  Avec la récente publication d’un rapport de l’Organisation mondiale du travail [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-parviendra-t-il-a-lever-le-boycott-sur-son-coton/">L’Ouzbékistan parviendra-t-il à lever le boycott sur son coton ?</a></p>
<p><strong>DÉCRYPTAGE.</strong> Depuis 2006, l’Ouzbékistan est la cible d’un boycott international sur son coton, dont la production a longtemps été forcée. Porté par l’ONG américaine Cotton Campaign, ce boycott est aujourd’hui l’un des principaux freins à l’émergence de l’Ouzbékistan comme nouvel acteur mondial du secteur. </p>
<p><strong>Avec la récente publication d’un rapport de l’Organisation mondiale du travail affirmant qu’aucun travail forcé n’avait été employé en 2020, la situation pourrait évoluer. Reste cependant à convaincre la Cotton Campaign, qui estime que l’Ouzbékistan n’est pas suffisamment transparent et ne mérite pas encore la levée du boycott. Tentative de décryptage d’une sanction devenue un véritable poison pour le pays le plus peuplé d’Asie centrale.&nbsp;</strong></p>
<p>C’est l’histoire d’un boycott devenu familier en Ouzbékistan. Du fait de pratiques de travail forcé pour sa récolte, organisé au plus haut niveau de l’État, l’Ouzbékistan a fait l’objet d’un boycott international strict sur sa vente de coton depuis 2006. Lancée et maintenue par la <a href="http://www.cottoncampaign.org/who-we-are.html">Cotton Campaign,</a> une coalition internationale d’ONG et d’associations de producteurs textiles, cette interdiction est l’un des principaux freins à l’émergence d’un acteur majeur du secteur. Le coton est la principale culture agricole en Ouzbékistan, générant plus d'un milliard de dollars (828 millions d’euros) de revenus annuels pour l'État.</p>
<p>Pour autant, cette interdiction pourrait bientôt . . .</p>

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			</item>
		<item>
		<title>Campagne d’automne du coton en Ouzbékistan : travail volontaire ou forcé ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/economie/campagne-dautomne-du-coton-en-ouzbekistan-travail-volontaire-ou-force/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Anouk Gohier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2020 07:45:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[travail forcé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/campagne-dautomne-du-coton-en-ouzbekistan-travail-volontaire-ou-force/">Campagne d’automne du coton en Ouzbékistan : travail volontaire ou forcé ?</a></p>
<p>Un rapport du ministère du Travail ouzbek a identifié 650 cas de travail forcé pour la collecte de coton cet automne. Le gouvernement assure pourtant qu’il met tout en place pour éradiquer cette pratique, et que ces cas ne sont pas le résultat d’une directive gouvernementale. Au 10 octobre dernier, plus de 650 personnes auraient [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/economie/campagne-dautomne-du-coton-en-ouzbekistan-travail-volontaire-ou-force/">Campagne d’automne du coton en Ouzbékistan : travail volontaire ou forcé ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/economie/campagne-dautomne-du-coton-en-ouzbekistan-travail-volontaire-ou-force/">Campagne d’automne du coton en Ouzbékistan : travail volontaire ou forcé ?</a></p>
<p><strong>Un rapport du ministère du Travail ouzbek a identifié 650 cas de travail forcé pour la collecte de coton cet automne. Le gouvernement assure pourtant qu’il met tout en place pour éradiquer cette pratique, et que ces cas ne sont pas le résultat d’une directive gouvernementale.</strong></p>
<p>Au 10 octobre dernier, plus de 650 personnes auraient été impliquées dans la collecte forcée du coton depuis le début de la saison, d’après le média ouzbek <a href="https://www.gazeta.uz/ru/2020/10/12/forcibly/?utm_source=push&amp;utm_medium=telegram">Gazeta.uz</a>. La collecte de cette année est particulièrement observée, puisque l'Ouzbékistan s’est engagé <a href="https://kun.uz/en/news/2020/10/10/eradicating-forced-labor-fight-against-corruption-freedom-of-expression-uzbekistan-and-eu-discuss-areas-of-cooperation">auprès de l’Union européenne</a> à mettre fin au travail des enfants et au travail forcé.&nbsp;De . . .</p>

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<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/economie/campagne-dautomne-du-coton-en-ouzbekistan-travail-volontaire-ou-force/">Campagne d’automne du coton en Ouzbékistan : travail volontaire ou forcé ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>En Ouzbékistan, l&#8217;économie du coton se porte bien malgré le boycott</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mpeetermans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2020 10:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[boycott]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=32910</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/">En Ouzbékistan, l&rsquo;économie du coton se porte bien malgré le boycott</a></p>
<p>En 2006, un couple d&#8217;Ouzbeks a lancé son entreprise de vente et de production de vêtements en tricot. Leur société compte aujourd&#8217;hui 26 établissements et près de 200 employés. Mais la situation du marché n’est pas stable, notamment en raison du mouvement de boycott du coton ouzbek et de la crise du coronavirus. Novastan reprend [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/">En Ouzbékistan, l&rsquo;économie du coton se porte bien malgré le boycott</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/">En Ouzbékistan, l&rsquo;économie du coton se porte bien malgré le boycott</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>En 2006, un couple d&rsquo;Ouzbeks a lancé son entreprise de vente et de production de vêtements en tricot. Leur société compte aujourd&rsquo;hui 26 établissements et près de 200 employés. Mais la situation du marché n’est pas stable, notamment en raison du mouvement de boycott du coton ouzbek et de la crise du coronavirus.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 4 mars 2020 par le média ouzbek <a href="https://www.spot.uz/ru/2020/03/04/ysk/">Spot.uz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Cherzod Beknazarov et Iroda Souyounova ont fait connaissance en 1998 et ont presque immédiatement commencé à travailler ensemble. D’abord comme salariés, puis en 2006 ils ont créé leur propre affaire et ont entrepris de produire des vêtements en tricot.</p>
<p style="text-align: justify">Au cours des 14 années suivantes, de nombreux changements ont eu lieu sur le marché du coton ouzbek : le recours au travail forcé a pratiquement détourné le monde entier des tricots et de la matière première ouzbeks. La Chine et d’autres pays assuraient l’approvisionnement, et l’infrastructure locale, qui tombait en ruine, ne permettait pas de développer un solide réseau de production locale.</p>
<p>
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<p style="text-align: justify">C’est dans ces conditions que leur société est parvenue à établir 26 succursales employant près de 200 travailleurs. Aujourd&rsquo;hui, ils sont confiants mais la situation sur le marché reste instable. Ils s&rsquo;inquiètent notamment de la fermeture de la frontière avec la Chine. Le média ouzbek Spot.uz s&rsquo;est entretenu avec les deux entrepreneurs.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><span lang="fr-FR">«</span> La production de textile était le seul moyen de gagner des devises <span lang="fr-FR">»</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">« </span>En 2006, nous avons ouvert un premier magasin à Tachkent</em> (la capitale, ndlr)<em> non loin de la station de métro <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Buyuk_Ipak_Yoli_(Tashkent_Metro)">Bouyouk Ipak Ouyli</a>, dans lequel, avec des partenaires étrangers, nous vendions des articles produits en Ouzbékistan par des entreprises turco-ouzbèkes.  En deux ans, le nombre de magasins est monté à 15, mais nous avons dû vendre et fermer l’affaire.</em></p>
<p><figure id="attachment_33012" aria-describedby="caption-attachment-33012" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-33012" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-1.jpg" alt="Coton entreprise ouzbeke" width="900" height="600" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-1.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-1-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-1-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption id="caption-attachment-33012" class="wp-caption-text">Cherzod Beknazarov et Iroda Souyounova dans leur entreprise</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">Trois ans plus tard, nous avons ouvert un magasin dans la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parkent">Parkent</a>. Au début, nous ne produisions pas nous-mêmes, nous achetions des marchandises d&rsquo;exportation excédentaires et les revendions. Mais par la suite, nous avons été confrontés au fait que ce système ne permettait pas de présenter à l&rsquo;acheteur une variété suffisante de marchandises et, plus généralement, nous dépendions du marché de l&rsquo;exportation.<br />
</span></em></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">C&rsquo;est pourquoi, à la fin 2009, nous avons ouvert notre propre unité de production, mais la quantité de vêtements que nous produisions nous-mêmes ne représentait à cette époque qu&rsquo;environ 10 % de notre chiffre d&rsquo;affaires global.<br />
</span></em></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">Les articles de tricot destinés à l&rsquo;exportation étaient à cette époque de très bonne qualité et solides. Les clients les achetaient et les portaient avec plaisir, mais en 2012-2013 les États-Unis ont imposé <a href="http://www.cottoncampaign.org/">un embargo sur le coton ouzbek</a> et l&rsquo;Ouzbékistan a perdu tout à coup ses clients en Europe et en Amérique &#8211; c&rsquo;est donc environ 700 sociétés qui ont cessé d&rsquo;acheter non seulement les vêtements ouzbeks, mais aussi le coton lui-même.  De ce fait, le marché à l&rsquo;exportation s&rsquo;est réduit aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">pays de la CEI</a></span></em><span lang="fr-FR"> (la Communauté des Etats indépendants, ndlr)</span><em><span lang="fr-FR"> et à l&rsquo;Asie.</span></em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-les-enfants-ne-ramassent-plus-le-coton-mais-le-travail-force-reste-une-realite/">Ouzbékistan, les enfants ne ramassent plus le coton, mais le travail forcé reste une réalité</a></strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>En même temps, la Chine, la Turquie, le Bangladesh et le Vietnam pouvaient fournir le monde entier, de sorte que les acheteurs étrangers n&rsquo;avaient pas fortement besoin du coton ouzbek, surtout si l&rsquo;on tient compte du fait que l&rsquo;aspect des produits finis que nous fabriquions laissait fort à désirer par rapport à ceux de la concurrence. L&rsquo;avantage de l&rsquo;Ouzbékistan comme fournisseur résidait dans la qualité écologique du coton utilisé pour la fabrication des articles, dans l&rsquo;absence de produits synthétiques.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">La monnaie</span></em><span lang="fr-FR"> (le soum, ndlr)</span><em><span lang="fr-FR"> n&rsquo;était alors pas convertible, et le seul moyen de gagner des devises en dehors des monopoles était de vendre des textiles. Ceux qui importaient en Ouzbékistan du bois de Russie, des médicaments d&rsquo;Europe, des métaux du Kazakhstan ont commencé à ouvrir des fabriques textiles et à produire un maximum en volumes.  Ils vendaient la production bon marché, au kilogramme, en gagnant sur la différence entre le cours officiel et le cours au noir, mais personne n&rsquo;accordait d&rsquo;attention à la qualité.</span></em></p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lhistoire-virevoltante-du-marche-noir-du-soum-ouzbek/">L’histoire virevoltante du marché noir du soum ouzbek</a></strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>Dès que la monnaie est devenue convertible</em> (<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-souvre-aux-capitaux-etrangers-en-liberalisant-sa-monnaie-le-soum/">en septembre 2017</a>, ndlr),<em> cette bulle a éclaté. Avec les nouveaux prix, cette marchandise n&rsquo;intéressait plus personne : elle n&rsquo;était plus compétitive et de piètre qualité, tant au niveau de la confection que de l&rsquo;aspect du produit fini. Et c&rsquo;est alors que des personnes réellement désireuses de s&rsquo;occuper de production, sont devenues des acteurs sur le marché.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>En 2016, nous avons ouvert un point de vente de 1 300 m² où nous avons décidé de ne vendre que des vêtements classiques, tant pour hommes que pour dames : chemises, pantalons, pardessus, vestes &#8211; des articles qui ne sont pas tricotés, mais cousus.  Cependant, ces articles ne suffisaient pas à remplir une si grande surface.  À présent, le magasin est composé à 50 % d&rsquo;articles en tricot et à 50 % d&rsquo;articles cousus.</em></p>
<p><figure id="attachment_33018" aria-describedby="caption-attachment-33018" style="width: 680px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-33018" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-7.jpg" alt="Coton entreprise ouzbekistan machines" width="680" height="453" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-7.jpg 680w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-7-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-7-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px" /><figcaption id="caption-attachment-33018" class="wp-caption-text">Cherzod Beknazarov estime que la crise du coronavirus va changer la donne</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em>En général, dans les entreprises comparables, la production de vêtements en tricot ne représente que 20 % du chiffre d’affaires, le reste étant constitué de vêtements en tissu, et nous avons pour objectif qu’au moins la moitié de nos magasins vendent les articles sous une de nos marques.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Actuellement, nous avons en tout 26 établissements. Il est difficile de dire combien de magasins nous avons ouverts depuis 2009, parce que sur dix magasins ouverts, trois ferment dans l’année. Mais dans l’ensemble, nous avons enregistré une croissance annuelle de 20 à 25 %.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/">L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton</a></strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>En 10 ans, nous avons appris de nos erreurs. Nous voulions lancer une production locale, mais au début, nous n’avions aucun exemple dont nous aurions pu tirer des leçons.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Nous n’avions personne auprès de qui nous aurions pu prendre exemple sur la manière de travailler, et, évidemment, nous avons commis des erreurs. Notamment parce que les principaux clients vivent dans des régions où les femmes achètent des tissus chinois et cousent elles-mêmes leurs robes ; elles n’ont pas besoin de nos shorts et de nos pyjamas. Mais cela, nous ne le savions pas, et nous avons perdu de l’argent.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Quand nous avons entrepris nos activités, on nous disait que personne ne porterait de vêtement de production ouzbèke. J’ai lutté contre ce phénomène, en promettant aux clients de les rembourser si l’article se déchirait ou déteignait.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Si on le souhaite, on peut fabriquer en Ouzbékistan comme partout des articles de bonne qualité – pour ce faire, il faut donner à l’usine de bonnes spécifications techniques, précisant tous les éléments souhaités. Maintenant nous travaillons avec plusieurs fournisseurs.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Peu de recours aux sous-traitants<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>Dans le passé, nous ne produisions qu’environ 10 % du montant total des ventes, mais depuis 2019, ce chiffre est monté à 50 %. Auparavant, nous estimions plus pratique de sous-traiter le travail de confection et de vendre nous-mêmes, mais nous avons par la suite compris que la confection dans des entreprises tierces augmentait fortement le prix de revient des articles, jusqu’à 30-40 %. Le recours à la sous-traitance ne permet pas de suivre les flux de matières premières et de fournitures, ni de s’assurer que tout cela est bien utilisé.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>De même, avec ce système on ne peut pas être sûr des délais de livraison, or, dans nos activités, c’est très important : par exemple, si l’on commande des vêtements pour le mois de septembre, afin que tout soit prêt pour la saison, et que l’on reçoit la commande en décembre, au moment où personne n’en a plus besoin.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>En saison, nous pouvons vendre de 70 à 80 000 articles par mois, mais hors saison, il arrive que nous n’en vendions même pas 20 000. Pour nous, le pic des ventes commence quand le temps change.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>La concurrence de la Chine<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>La Chine assure près de 50 % de la production mondiale de textiles et rien que les surplus (3 à 5 %) représentent une telle quantité que si on les répandait sur l’Ouzbékistan, nous serions ensevelis sous trois mètres de vêtements.</em></p>
<p><figure id="attachment_33019" aria-describedby="caption-attachment-33019" style="width: 680px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-33019" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-8.jpg" alt="Coton ouzbekistan machines employés" width="680" height="453" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-8.jpg 680w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-8-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/Coton-8-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px" /><figcaption id="caption-attachment-33019" class="wp-caption-text">« En ce moment, nous ne produisions nous-mêmes qu’environ 50 % du montant total des ventes »</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em>Ceux qui travaillent avec la Chine importent la marchandise en lots énormes, et l’achètent à un prix intéressant. Ils se rendent sur place, font leur choix et si cela leur plaît, ils prennent une quantité donnée de marchandise. Alors le vendeur chinois leur demande d’acheter le reste du lot avec une ristourne de 50 %, car il doit déjà vendre le prochain lot arrivant de l’usine et se débarrasser de l’ancien, parce qu’il n’a simplement plus de place dans son entrepôt.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Parfois, le prix des vêtements importés de Chine peut ne pas dépasser 1,5 dollar le kilo, ce qui signifie qu’un t-shirt coûte à l’intermédiaire 13 cents. Chez nous, il faut plusieurs fois cette somme rien que pour la main d’œuvre.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-retour-sur-une-decennie-mouvementee/"><strong>Ouzbékistan, retour sur une décennie mouvementée</strong></a></p>
<p style="text-align: justify"><em>De plus, les magasins d’articles chinois pratiquent le dumping : par exemple, une veste de sport ne leur coûte presque rien, et ils la vendent pour 16.000 soums </em>(soit 1,4 euro)<em> alors que chez nous, la même veste coûtera 50.000 soums </em>(soit plus de 4 euros)<em>. Évidemment, les clients vont acheter le moins cher.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em><span lang="fr-FR">Le moratoire de deux ans sur les vérifications fiscales, qui n’a pris fin que récemment, a eu pour effet que tout le marché de gros d’ « Abou Sakhij » est arrivé en ville. Les producteurs locaux, qui dépensent de l’argent pour acheter des fibres de coton, pour louer les ateliers, pour payer les services communaux, et les salaires des travailleurs et vendent par conséquent des t-shirts pour 20.000 soums </span></em><span lang="fr-FR">(soit moins de 2 euros)</span><em><span lang="fr-FR">, n’ont pas pu soutenir la concurrence de ceux qui acquéraient le même t-shirt importé de Chine. Par conséquent, beaucoup d’unités de production ont fermé à cette époque.</span></em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Lorsque l’année passée le marché « Abou Sakhij » a été fermé pour 3 mois, tous ceux qui étaient en affaires avec la Chine ont commencé à commander des vêtements à des fabriques ouzbèkes. La production tournait en trois équipes, et quand malgré tout cela ne suffisait pas pour honorer les commandes, les entrepreneurs ont commencé à ouvrir leurs propres ateliers, et au cours de ces trois mois, la production locale a été multipliée par 3 ou 4.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Beaucoup se sont réjouis, pensant que désormais on importerait des équipements de bonne qualité et que l’on commencerait à travailler convenablement, mais après trois mois, le marché a été rouvert. Qui va fabriquer des boutons, si on peut les importer en tonnes de Chine pour rien ? Il en va de même pour les vêtements.</em></p>
<p><figure id="attachment_33020" aria-describedby="caption-attachment-33020" style="width: 810px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-33020" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/810px-Ouzbékistan-Coton_1.jpg" alt="Ouzbékistan Fleur Coton" width="810" height="1080" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/810px-Ouzbékistan-Coton_1.jpg 810w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/810px-Ouzbékistan-Coton_1-225x300.jpg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/810px-Ouzbékistan-Coton_1-768x1024.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/06/810px-Ouzbékistan-Coton_1-600x800.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 810px) 100vw, 810px" /><figcaption id="caption-attachment-33020" class="wp-caption-text">Fleur de coton dans la région de Boukhara en Ouzbékistan</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><em>Nous ne pouvons pas concurrencer la Chine, qui nous fournit des surplus bon marché. Même pour la production de matières premières ils dépensent moins, grâce à un excellent système de traitement des déchets.</em></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le coronavirus change la donne</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>Avec le coronavirus, un phénomène intéressant s’est produit : nous pensions que la fermeture des frontières avec la Chine allait entraîner une forte progression de nos affaires. Nous escomptions que nos voisins, qui importaient 99 % de leurs matières premières, commenceraient à acheter activement chez nous nos produits finis. Or, leur intérêt ne s’est pas concentré sur nous, mais sur les fabricants ouzbeks de tissus.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Si, précédemment, je donnais à la fabrique 50 % au titre de prépaiement et attendais mon tour, pour retirer le tissu après 2-3 mois, maintenant nos fabriques demandent de payer la totalité à l’avance, et on ne sait pas combien de temps il faudra attendre, tant la demande est grande pour leur production.</em></p>
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<p style="text-align: justify"><em>La demande de vêtements finis a aussi augmenté, bien sûr, mais nous ne pouvons pas fabriquer de vêtement sans matière première. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres : maintenant, par exemple, la Turquie a saisi l’occasion pour doubler le prix des tissus et fournitures.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>En 2020, nous voulions mettre l’accent sur la vente de vêtements en gros et par Internet, en réduisant la quantité de points de vente au détail. Les loyers augmentent, tout devient plus cher, le pouvoir d’achat de la classe moyenne est en chute – presque tout l’argent disponible va à l’achat de denrées alimentaires qui coûtent de plus en plus cher. Ils n’ont pas de quoi s’acheter des vêtements.</em></p>
<p style="text-align: justify"><em>Mais tant que la frontière avec la Chine restera fermée et qu’il subsistera une demande, nous ne fermerons pas de points de vente. Ensuite, seulement, nous aviserons.<span lang="fr-FR"> »</span></em></p>
<p style="text-align: right"><strong><span lang="fr-FR">Interview réalisée par Vera Soukhina<br />
</span>Journaliste à <a href="https://www.spot.uz/ru/authors/v.suhina/">Spot.uz</a></strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="https://www.spot.uz/ru/2020/03/04/ysk/">russe</a> par Michel Peetermans</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Edité par la rédaction </strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Anne Marvau<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Coronavirus, droits des femmes et libéralisation du coton : mars en Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-droits-des-femmes-et-liberalisation-du-coton-mars-en-asie-centrale/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-droits-des-femmes-et-liberalisation-du-coton-mars-en-asie-centrale/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2020 13:36:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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		<category><![CDATA[Journée internationale des droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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		<category><![CDATA[mars 2020]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=31220</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-droits-des-femmes-et-liberalisation-du-coton-mars-en-asie-centrale/">Coronavirus, droits des femmes et libéralisation du coton : mars en Asie centrale</a></p>
<p>En mars 2020, l’Asie centrale a connu ses premiers cas de coronavirus et a tenté de lutter contre la propagation de l’épidémie. Au niveau sociétal, les droits des femmes ont été particulièrement mis en valeur, principalement pour la répression gouvernementale ou d&#8217;hommes masqués. Enfin, l’économie a commencé à être touchée par le coronavirus. Novastan reprend [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-droits-des-femmes-et-liberalisation-du-coton-mars-en-asie-centrale/">Coronavirus, droits des femmes et libéralisation du coton : mars en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-droits-des-femmes-et-liberalisation-du-coton-mars-en-asie-centrale/">Coronavirus, droits des femmes et libéralisation du coton : mars en Asie centrale</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>En mars 2020, l’Asie centrale a connu ses premiers cas de coronavirus et a tenté de lutter contre la propagation de l’épidémie. Au niveau sociétal, les droits des femmes ont été particulièrement mis en valeur, principalement pour la répression gouvernementale ou d&rsquo;hommes masqués. Enfin, l’économie a commencé à être touchée par le coronavirus.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 5 avril 2020 </strong><a href="https://novastan.org/de/kirgistan/monatsrueckblick-der-maerz-in-zentralasien/"><strong>par notre version allemande</strong></a><strong>.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><em>Depuis février 2020, Novastan publie la revue mensuelle de la journaliste centrasiatique <a href="https://othmaraglas.de/monatsrueckblick-der-maerz-in-zentralasien/">Othmara Glas</a>, avec son aimable autorisation. Pendant deux ans, Othmara Glas a été correspondante au Kazakhstan pour le Deutsche Allgemeine Zeitung (DAZ). Elle exerce aujourd’hui en tant que journaliste indépendante. Chaque mois, elle revient sur les événements qui ont occupé la société kazakhe. </em></p>
<p style="text-align: justify">L’Asie centrale a longtemps été une tâche blanche sur la carte mondiale du coronavirus. Les premiers cas de Covid-19 ont été confirmés mi-mars au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Kirghizstan. L’actualité centrasiatique n’a cependant pas été marquée par le seul coronavirus. Retour sur le mois de mars en Asie centrale.</p>
<h3 style="text-align: justify"><strong>Kazakhstan</strong></h3>
<p><figure id="attachment_29801" aria-describedby="caption-attachment-29801" style="width: 1600px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-29801" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597.jpg" alt="Kazakhstan Noursoultan Nur-Sultan Astana Architecture" width="1600" height="1068" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597.jpg 1600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597-1024x684.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597-1300x868.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/DSC_0597-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-29801" class="wp-caption-text">Dans le nouveau centre de la capitale du Kazakhstan, Nur-Sultan, les bâtiments rivalisent d&rsquo;opulence et de modernité. Les grandes artères routières qui traversent la ville donnent peu de place aux promeneurs.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">En 2019, l’histoire du Kazakhstan s’est écrite au mois de mars. Le 19 mars 2019, après plus de 27 ans passés à la tête du Kazakhstan indépendant, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> se <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-nest-plus-president-du-kazakhstan/">retire</a>. <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a>, alors président du Sénat, prend la Présidence <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-est-le-nouveau-president-par-interim-du-kazakhstan/">par intérim</a> du pays le lendemain, avant d’être élu sans surprise <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/tokaiev-elu-president-du-kazakhstan-avec-70-des-voix/">en juin</a>. Depuis, le pays s’est peu apaisé.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Des contestations persistantes</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les contestations <a href="https://novastan.org/de/kasachstan/neue-rubrik-bei-novastan-monatsrueblick-der-februar-in-kasachstan/">de février</a> se sont poursuivies au cours du mois de mars. Le 1<sup>er</sup> mars, environ 80 personnes ont été appréhendées <a href="https://www.rferl.org/a/dozens-detained-after-activist-s-death-in-kazakhstan/30462685.html">dans tout le pays</a>, après que des manifestations aient réclamé une enquête régulière sur <a href="https://www.rferl.org/a/kazakh-activist-aghadil-dies-after-day-in-detention/30453052.html">la mort de Dulat Aghadil</a>, militant des droits de l’Homme décédé quelques jours plus tôt lors d’une garde à vue.</p>
<p style="text-align: justify">Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, un grand nombre de manifestantes sont descendues dans la rue en faveur de leurs droits et pour l’égalité entre femmes et hommes. Bien que les autorités soient défavorables à ces rassemblements, elles laissent généralement les manifestantes défiler paisiblement. Il n’y a eu ni dispersion violente ni arrestations. Mais seulement dans un premier temps. Quelques jours après la marche, une partie des participantes a été convoquée au tribunal. Deux d’entre elles <a href="https://www.hrw.org/news/2020/03/18/kazakhstan-womens-day-activists-convicted">ont été condamnées le 11 mars.</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/asie-centrale-2030-legalite-hommes-femmes-jusque-dans-le-travail/">Asie centrale 2030 : l&rsquo;égalité hommes-femmes jusque dans le travail ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">À la fin du mois, une nouvelle loi sur les rassemblements <a href="https://eurasianet.org/kazakhstan-new-law-on-rallies-passes-first-hurdle">a été présentée en première lecture au Parlement</a>. Si cette réforme est adoptée, les rassemblements de moins de 250 personnes ne seront plus soumis à autorisation. Une simple notification auprès des autorités sera nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le coronavirus s’installe en Asie centrale</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 13 mars, les trois premiers cas de coronavirus en Asie centrale <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/coronavirus-le-kazakhstan-touche-premiers-cas-en-asie-centrale/">sont enregistrés</a> au Kazakhstan. Le nombre de malades augmente depuis quotidiennement. Au soir du 31 mars, les chiffres officiels faisaient état de 340 personnes malades et de deux décès dus au coronavirus, le premier ayant eu <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/coronavirus-premier-deces-au-kazakhstan/">lieu le 26 mars</a>. Le pic de l’épidémie était attendu pour la première moitié du mois d’avril.</p>
<p style="text-align: justify">L’État d’urgence est proclamé <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-ferme-ses-frontieres-pour-lutter-contre-le-coronavirus/">le 16 mars au Kazakhstan</a>. Trois jours plus tard, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> et la capitale <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a> sont <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-mise-en-quarantaine-a-almaty-et-nur-sultan/">mis en quarantaine</a>. Les mesures devaient dans un premier temps s’étendre jusqu’au 15 avril. Elles sont finalement renforcées à la fin du mois. L’ensemble du pays, à l’exception de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kostana%C3%AF">Kostanaï</a>, est mis en quarantaine et un confinement est imposé. Les habitants ne sont autorisés à quitter leur maison et appartement que pour acheter des aliments et des médicaments ou pour aller au travail.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Des dons pour les entreprises</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 31 mars, le président Kassym-Jomart Tokaïev prononce <a href="https://www.akorda.kz/ru/speeches/internal_political_affairs/in_statements_and_congratulations/zayavlenie-glavy-gosudarstva-kasym-zhomarta-tokaeva">un discours sur l’état de la Nation</a> devant le peuple kazakh. Il y a annoncé des aides sociales et économiques. Plus de 200 milliards de <em>tengués</em> (407 millions d’euros) devraient être mis à disposition pour la revalorisation des retraites et des prestations sociales. Les petites et moyennes entreprises bénéficieront du soutien de l’État : pour une partie d’entre elles, les impôts et cotisations sociales seront suspendus pour six mois, pour l’autre les impôts seront repoussés d’au moins trois mois. Les citoyens bénéficient en outre d’un accès aux soins gratuit jusqu’au 1<sup>er</sup> juillet. Parallèlement, l’ancien président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a appelé sur son site officiel les citoyens aux dons pour sauver les entreprises en difficulté.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-sinquiete-des-consequences-economiques-de-la-chute-des-cours-du-petrole/">L’Asie centrale s’inquiète des conséquences économiques de la chute des cours du pétrole</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Le coronavirus affecte également le Kazakhstan sur un autre plan : suite à la baisse de la demande mondiale, une guerre du pétrole a éclaté entre la Russie et l’Arabie Saoudite. En conséquence, les prix du baril <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lasie-centrale-sinquiete-des-consequences-economiques-de-la-chute-des-cours-du-petrole/">ont chuté de plus de moitié</a>. Le Kazakhstan, dont le budget national est lié aux exportations de pétrole, en souffre particulièrement. La valeur du <em>tengué</em> a chuté de 16 % au cours du mois de mars.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>De bonnes nouvelles</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des nouvelles positives sont aussi à rapporter du Kazakhstan : le 3 mars, le tribunal de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Seme%C3%AF">Semeï</a> a accepté la libération anticipée <a href="https://www.rferl.org/a/former-uranium-tycoon-dzhakishev-released-from-kazakh-prison/30496808.html">de Mukhtar Djakichiev</a>. En 2010, cet ancien directeur de la société nationale dédiée au nucléaire avait été condamné à 14 ans de prison pour corruption. Son arrestation et son procès ont été considérés comme politiquement motivés.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/une-rescapee-des-camps-de-reeducation-chinois-quitte-le-kazakhstan/">Une rescapée des « camps de rééducation » chinois quitte le Kazakhstan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La Chinoise d’origine kazakhe <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Sayragul_Sauytbay">Sayragul Sauytbay</a> a été nommée « Femme de courage » <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/une-chinoise-dorigine-kazakhe-nommee-femme-de-courage-par-le-gouvernement-americain/">par le ministère des Affaires étrangères américain</a>. Originaire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">de la région autonome ouïghoure du Xinjiang</a>, elle a fui la Chine en 2018 <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/une-kazakhe-citoyenne-chinoise-jugee-pour-avoir-fui-la-repression-au-xinjiang/">et s’est réfugiée au Kazakhstan</a>, d’où elle rend public les <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/la-vie-quotidienne-des-ouighours-cibles-constantes-de-la-repression-chinoise/">« camps de rééducation »</a> dans lesquels des millions de musulmans, d’origine ouïghoure, kazakhe et kirghize, sont emprisonnés.</p>
<h3 style="text-align: justify"><strong>Kirghizstan </strong></h3>
<p><figure id="attachment_30418" aria-describedby="caption-attachment-30418" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30418" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/2020_0308_13493800.jpeg" alt="Kirghizstan Manifestation Journée internationale des droits de la femme Violence Agresseurs" width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/2020_0308_13493800.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/2020_0308_13493800-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/2020_0308_13493800-768x512.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/2020_0308_13493800-128x86.jpeg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-30418" class="wp-caption-text">La marche planifiée le 8 mars 2020 à Bichkek a été interrompue par des assaillants masqués.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Au Kirghizstan, le mois a commencé comme au Kazakhstan. Le 2 mars, près de 2 000 personnes se sont rassemblées dans la capitale pour protester contre l’arrestation de l’ancien député Sadir Charapov. La manifestation s’est déroulée dans le calme, jusqu’à ce que certains participants décident de se diriger vers la Maison Blanche, qui est à la fois le siège de l’appareil présidentiel et du Parlement. La police a alors eu recours à des fumigènes et des canons à eau pour stopper les manifestants.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les violences faites aux femmes à l’ordre du jour</strong></p>
<p style="text-align: justify">Une marche à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes devait se tenir à Bichkek le 8 mars. Environ 100 manifestant.e.s souhaitaient cette année porter l’attention sur les violences faites aux femmes, très courantes au Kirghizstan. Avant même que l’événement n’ait pu démarrer, un groupe d’hommes masqués <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-la-marche-de-solidarite-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-interrompue-par-des-agresseurs-masques/">a violemment assailli ce regroupement de femmes</a>. Au lieu des assaillants, la police a arrêté près de 70 femmes venues participer à la manifestation, rapporte le média kirghiz <a href="https://kloop.kg/blog/2020/03/08/live-bishkekskij-marsh-za-prava-zhenshhin/">Kloop.kg</a>. Certains des assaillants masqués se sont révélés par la suite être partisans d’un mouvement nationaliste.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-la-marche-de-solidarite-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-interrompue-par-des-agresseurs-masques/">Kirghizstan : la marche de solidarité pour la journée des droits des femmes interrompue par des agresseurs masqués</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 18 mars, les premiers cas de coronavirus <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kirghizstan-confirme-ses-premiers-cas-de-coronavirus/">sont confirmés au Kirghizstan</a>. Selon les annonces du gouvernement, il s’agirait de trois hommes, originaires de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suzak_(Kazakhstan)">Suzak</a>, dans le sud du pays, rentrés quelques jours plus tôt d’un pèlerinage en Arabie saoudite. Leur région d’origine est entre-temps devenue le foyer de l’épidémie au Kirghizstan. Le 31 mars, le pays enregistrait 107 cas de coronavirus.</p>
<p style="text-align: justify">Très tôt, la capitale Bichkek a été mise en quarantaine et les écoles, universités et grands restaurants ont été fermés. Depuis le 19 mars, toutes les manifestations sont interdites. Le 25 mars, <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-lasie-centrale-entre-dans-le-dur/">l’état d’urgence est déclaré</a> dans toutes les régions ayant enregistré au moins un cas de Covid-19, dans un premier temps jusqu’au 15 avril. Un couvre-feu de 20 heures à 7 heures du matin y est également instauré. Les élections municipales prévues mi-avril ont été reportées à la fin de l’état d’urgence, prolongé depuis <a href="http://president.kg/ru/sobytiya/ukazy/16503_prezident_sooronbay_gheenbekov_podpisal_ukaz_oprodlenii_chrezvichaynogo_pologheniya_votdelnih_gorodah_irayonah_strani_do30aprelya_2020_goda">jusqu’au 30 avril</a>.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une aide internationale</strong></p>
<p style="text-align: justify">À la fin du mois, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé que le Kirghizstan serait le premier pays à bénéficier d’une aide d’urgence, à hauteur de <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-le-kirghizstan-recoit-un-plan-daide-durgence-du-fmi/">120,9 millions de dollars</a> (110,5 millions d’euros). Le président kirghiz <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-ce-que-lon-sait-de-sooronbai-jeenbekov-et-de-sa-famille/">Sooronbaï Jeenbekov</a> s’était adressé auparavant au FMI pour demander un soutien financier dans la lutte contre le coronavirus.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-le-kirghizstan-recoit-un-plan-daide-durgence-du-fmi/">Coronavirus : le Kirghizstan reçoit un plan d&rsquo;aide d&rsquo;urgence du FMI</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 23 mars a démarré le procès contre le précédent président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almazbek_Atambaev">Almazbek Atambaïev</a> (2011-2017). Le premier jour du procès s’est clos tôt, après qu’Almazbek Atambaïev se soit plaint d’un malaise. Avant le début du procès, ses avocats avaient déjà annoncé qu’Almazbek Atambaïev ne pourrait pas être présent à l’audience en raison de problèmes de santé. L’ancien président est entre autres inculpé pour meurtre et corruption. En août 2019, ses partisans ont engagé une échauffourée avec la police, au moment où celle-ci tentait d’appréhender Atambaïev. Un policier est mort durant l’affrontement et <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/operation-atambaiev-un-mort-des-dizaines-de-blesses-et-des-appels-a-la-paix/">plus de 170 personnes ont été blessées.</a></p>
<h3 style="text-align: justify"><strong>Tadjikistan</strong></h3>
<p><figure id="attachment_29477" aria-describedby="caption-attachment-29477" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-29477" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/AKS_9033.jpg" alt="Tadjikistan Elections législatives 1er mars 2020 Résultats" width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/AKS_9033.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/AKS_9033-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/AKS_9033-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/AKS_9033-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-29477" class="wp-caption-text">Les élections législatives au Tadjikistan ont été sans surprise.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Les dernières élections qui se sont tenues au Tadjikistan illustrent de manière frappante le fonctionnement courant des démocraties en Asie centrale, où les élections ne sont souvent qu’une façade. Le 1<sup>er</sup> mars, la victoire aux élections législatives est remportée avec 50,4 % des voix par le Parti démocratique populaire du Tadjikistan, <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/elections-legislatives-au-tadjikistan-le-parti-du-president-obtient-la-majorite-absolue/">le parti présidentiel</a>. Ces élections législatives sont les premières depuis l’interdiction en 2015 de la plus importante force d’opposition, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_de_la_renaissance_islamique_du_Tadjikistan">Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan</a>. Les observateurs électoraux ont relevé des irrégularités graves lors des élections.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/elections-legislatives-au-tadjikistan-le-parti-du-president-obtient-la-majorite-absolue/">Élections législatives au Tadjikistan : le parti du président obtient la majorité absolue</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Le 3 mars, <a href="https://www.ozodi.org/a/30465698.html">Radio Ozodi</a>, la branche tadjike du média américain Radio Free Europe a rapporté la mort en détention de Housseïn Abdoussamadov. L’homme de 35 ans était présumé partisan de l’État islamique (EI) et avait été condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour son rôle de leader d’un groupe terroriste islamiste qui avait perpétré un attentat en 2018 <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-quatre-touristes-a-velo-tues-par-un-groupe-dhommes-armes/">contre des cyclotouristes</a>. L’attentat a été le premier revendiqué par l’EI en Asie centrale. Selon les déclarations officielles, Housseïn Abdoussamadov est mort de manière naturelle.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Des fêtes malgré le coronavirus</strong></p>
<p style="text-align: justify">Aucun cas de Covid-19 n’a été signalé au Tadjikistan durant le mois de mars. 700 tests seulement ont été réalisés sur une population de plus de 9 millions d’habitants et environ 6 000 personnes se trouvent en quarantaine. Au début du mois, nombreux sont ceux qui ont fait des <a href="https://eurasianet.org/tajikistan-authorities-spark-covid-19-panic-by-urging-calm">provisions</a>. Des produits comme la farine, l’huile et le sucre ont été un temps indisponibles, cela jusque dans la capitale Douchanbé. En conséquence les prix des aliments sont montés en flèche. Les autorités religieuses (oulémas) ont invité les croyants à rester prier chez eux plutôt qu&rsquo;à se déplacer dans les mosquées pour la prière du vendredi. Les aéroports du pays <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-lasie-centrale-entre-dans-le-dur/">sont fermés depuis le 20 mars.</a></p>
<p style="text-align: justify">Malgré les mesures prises contre la propagation du coronavirus, la fête du printemps « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Norouz">Norouz</a> » <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/coronavirus-le-tadjikistan-fete-norouz-malgre-les-risques-de-propagation/">a été célébrée</a> lors de manifestations massivement fréquentées. Le championnat de football tadjik <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-le-championnat-de-football-national-diffuse-sur-une-chaine-de-sport-europeenne/">s’est lancé comme prévu</a>, bien que les matchs se tiennent dorénavant sans spectateurs.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/coronavirus-le-tadjikistan-fete-norouz-malgre-les-risques-de-propagation/">Coronavirus : le Tadjikistan fête Norouz, malgré les risques de propagation</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Pendant ce temps, le fils du président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rustam_Emomalii">Rustam Emomali</a> continue de progresser dans les sphères du pouvoir. Il est <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-le-fils-du-president-deja-maire-de-douchanbe-devient-senateur/">élu sénateur le 27 mars</a>. Maire de Douchanbé <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/rustam-emomali-a-officiellement-pris-ses-fonctions-de-maire-de-douchanbe/">depuis 2017</a>, Rustam Emomali  est pressenti pour prendre la succession de son père Emomalii Rahmon, qui dirige le pays depuis 1993.</p>
<h3 style="text-align: justify"><strong>Turkménistan</strong></h3>
<p><figure id="attachment_30295" aria-describedby="caption-attachment-30295" style="width: 1600px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30295" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h.jpg" alt="Turkménistan Fake news Décryptage RSF Reporters sans frontières" width="1600" height="1067" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h.jpg 1600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/22758253931_83919beaa7_h-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /><figcaption id="caption-attachment-30295" class="wp-caption-text">Le Turkménistan est la cible de multiples fake news depuis plusieurs années.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Le président du Turkménistan <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdimouhamedov</a> semble avoir trouvé la solution contre le coronavirus : depuis des semaines, il fait brûler une herbe des steppes dans l’espace public, censée tuer le virus. À la fin du mois, la presse internationale a affirmé qu’il avait interdit le mot « coronavirus ». <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/non-le-turkmenistan-na-pas-banni-le-mot-coronavirus-de-ses-medias/">Une fake news</a>. Cependant, pour l’heure, aucun cas n’a encore été rapporté.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/pourquoi-le-turkmenistan-est-il-la-cible-de-tant-de-fake-news/">Pourquoi le Turkménistan est-il la cible de tant de fake news ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify"><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-ou-en-est-la-situation-en-asie-centrale/">Dès le mois de février</a>, le Turkménistan a fermé ses frontières avec les pays voisins, à savoir l’Afghanistan, l’Ouzbékistan et l’Iran. Les camionneurs qui transitaient habituellement par le Turkménistan sont dorénavant bloqués aux frontières. Les voyages dans les pays fortement touchés par le virus ont été prohibés pour la population turkmène. La liberté de déplacement dans le pays <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-lasie-centrale-entre-dans-le-dur/">a été largement limitée</a>. Depuis la fermeture des frontières, le prix des aliments a explosé. Avant même la crise, la pénurie des denrées alimentaires était régulièrement constatée. Malgré ces mesures et marques de crise, la fête de Norouz a été largement célébrée.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Plus de 50 Turkmènes meurent en Turquie</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le Turkménistan, tout comme le Kazakhstan, est un pays exportateur de gaz et se prépare à des temps difficiles. Alors que 80 % des exportations de gaz sont destinées à la Chine, Pékin a d’ores et déjà annoncé qu’elle importerait moins de gaz d’Asie centrale pour le restant de l’année.</p>
<p style="text-align: justify">En Turquie, où un grand nombre de Turkmènes ont migré pour travailler, 53 personnes sont décédées <a href="https://www.dailysabah.com/turkey/30-die-after-drinking-pure-alcohol-to-ward-off-coronavirus-in-istanbul-20-more-hospitalized/news">après avoir consommé de l’alcool frelaté</a>. En raison de la crise du coronavirus, les familles ne peuvent pas rapatrier les corps des défunts pour les enterrer.</p>
<h3 style="text-align: justify"><strong>Ouzbékistan</strong></h3>
<p><figure id="attachment_30066" aria-describedby="caption-attachment-30066" style="width: 5184px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30066" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse.jpg" alt="crise économique ouzbékistan coronavirus réponse" width="5184" height="3456" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse.jpg 5184w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/03/crise-économique-ouzbékistan-coronavirus-réponse-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 5184px) 100vw, 5184px" /><figcaption id="caption-attachment-30066" class="wp-caption-text">La réponse à la crise économique due à l&rsquo;épidémie de coronavirus en Ouzbékistan reste encore de petite taille et très peu détaillée.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">En cette période de crise sanitaire, l’Ouzbékistan surprend. Non seulement pour les mesures prises très tôt par le gouvernement, mais également pour son exercice en toute transparence. Le gouvernement a très tôt lancé un <a href="https://coronavirus.uz/ru">site Internet</a> pour informer de la situation actuelle. Le ministère de la Santé a créé un canal d’information sur Telegram. Un second canal a été mis en place contre la diffusion de fausses informations.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Des mesures pour la maî</strong><strong>trise de la contamination</strong></p>
<p style="text-align: justify">Après l’identification d’un premier cas de coronavirus <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/premier-cas-de-coronavirus-en-ouzbekistan-en-provenance-de-france/">le 15 mars</a>, l’Ouzbékistan a fermé ses frontières et complétement interrompu le trafic aérien. Ni entrées ni sorties ne sont dorénavant possibles. Les écoles et universités ont été fermées, les manifestations sportives et culturelles annulées. La fête de Norouz a également été affectée par ces mesures. Au 31 mars, on comptait 167 malades en Ouzbékistan.</p>
<p style="text-align: justify">Depuis le 24 mars, la capitale Tachkent est officiellement <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/coronavirus-lasie-centrale-entre-dans-le-dur/">placée en quarantaine</a>. Toute personne n’habitant pas à Tachkent ou n’y étant pas enregistrée n’est pas autorisée à s’y rendre. Des postes sanitaires ont été installés aux entrées de la ville et désinfectent les voitures des arrivants. Le port du masque est obligatoire dans l’espace public. Toute personne contrevenant à ces mesures est passible d’amende. Afin que la quantité de masques nécessaires soit suffisante, les entreprises locales ont dû considérablement élargir leur production. Il a en outre été annoncé qu’un hôpital pour les malades du coronavirus devait être construit dans les environs de Tachkent, sur le modèle chinois et en l’espace de cinq jours. Des médecins sont venus de Chine conseiller leurs collègues ouzbeks. Les autorités ont également présenté un plan de plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/coronavirus-louzbekistan-debloque-pres-dun-milliard-deuros-pour-soutenir-son-economie/">pour soutenir l&rsquo;économie ouzbèke.</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Fin du travail forcé</strong></p>
<p style="text-align: justify">Une décision quasi historique figure au programme des <a href="https://shashlyk.de/episode/shashlyk-mashlyk-02-drei-jahre-mirsijojew-in-usbekistan/">réformes</a> entreprises par <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> : le 6 mars, le président a signé un décret abolissant la convocation par l&rsquo;État des citoyens ouzbeks pour la récolte du coton et <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/">libéralisant le secteur</a>. Pendant des décennies, les citoyens, enfants et adolescents inclus, étaient enrôlés de force pour la récolte du coton.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/">L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Si cette évolution positive peut être soulignée, d’autres événements ayant marqué l’actualité ouzbèke posent encore question. Le 4 mars, <a href="https://eurasianet.org/uzbekistan-former-defense-ministry-journalist-sentenced-to-12-years-in-prison">Vladimir Kalochine</a> est condamné à 12 ans de prison par un tribunal militaire, accusé d’espionnage pour le compte de la Russie. Depuis 1992 et jusqu’à sa retraite en 2007, le journaliste a travaillé pour un journal du ministère de la Défense ouzbek. Ses défenseurs tiennent l’accusation pour politiquement motivée.</p>
<p style="text-align: justify">Un autre jugement fait les gros titres : le 18 mars, la fille de l’ancien président <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a>, (1989-2016), décédé <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-islam-karimov-est-decede/">en 2016</a>, a été condamnée à 13 ans et 4 mois de prison pour blanchiment d’argent et abus de confiance. Âgée de 47 ans, elle était déjà derrière les barreaux. En 2017, elle avait été condamnée à 10 ans de réclusion pour corruption et fraude fiscale.</p>
<p style="text-align: right"><a href="https://othmaraglas.de/monatsrueblick-der-februar-in-kasachstan/"><strong>Othmara Glas</strong></a></p>
<p style="text-align: right"><strong>Journaliste indépendante au Kazakhstan</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit </strong><a href="https://novastan.org/de/kirgistan/monatsrueckblick-der-maerz-in-zentralasien/"><strong>de l&rsquo;allemand</strong></a><strong> par Gervaise Mathé</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Edité par Anna Bellocq</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Corrigé par Aline Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton</title>
		<link>https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Etienne Combier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2020 14:34:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[travail forcé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/">L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton</a></p>
<p>A partir du 15 mars prochain, l’Etat ouzbek ne contrôlera plus la production de coton sur son territoire. Les agriculteurs ouzbeks auront également la possibilité de cultiver les récoltes qu’ils désirent et ne seront plus forcés de produire du coton. La décision, historique, a été prise par le président ouzbek Chavkat Mirzioïev dans le but [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/decryptage/louzbekistan-liberalise-entierement-la-production-du-coton/">L’Ouzbékistan libéralise entièrement la production du coton</a></p>
<p><strong>A partir du 15 mars prochain, l’Etat ouzbek ne contrôlera plus la production de coton sur son territoire. Les agriculteurs ouzbeks auront également la possibilité de cultiver les récoltes qu’ils désirent et ne seront plus forcés de produire du coton. La décision, historique, a été prise par le président ouzbek Chavkat Mirzioïev dans le but de moderniser le secteur, qui représente le quart de la production de richesse totale du pays.&nbsp;</strong></p>
<p><strong>Alors que le contrôle du coton fait perdurer depuis des années le travail forcé dans le pays le plus peuplé d’Asie centrale, son abolition devrait signer une nouvelle ère. Pour autant, la transition restera délicate à mener pour les agriculteurs, qui risquent un possible surendettement. Décryptage d’un changement majeur.&nbsp;</strong></p>
<p>C’est une décision historique. Le 6 mars dernier, le président ouzbek <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> a signé un décret pour abolir le contrôle étatique sur la production de coton, rapporte <a href="https://review.uz/ru/post/prinyat-istoricheskiy-dokument-uzbekistan-otkazalsya-ot-goszakaza-na-xlopok">le média ouzbek review.uz.</a> Dès le 15 mars 2020, l’Etat ouzbek ne donnera plus de plan de production de coton et arrêtera d’acheter du . . .</p>

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		<title>Le Turkménistan veut produire plus de coton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2019 14:08:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/le-turkmenistan-veut-produire-plus-de-coton/">Le Turkménistan veut produire plus de coton</a></p>
<p>Le président turkmène a annoncé vouloir augmenter la production de coton au détriment de celle du blé d'ici à l’année prochaine. Le coton turkmène, très gourmand en eau et ramassé par le recours au travail forcé, est pourtant interdit par la plupart des marques de vêtements occidentales. Le président du Turkménistan Gourbangouly Berdimouhamedov a ordonné de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/le-turkmenistan-veut-produire-plus-de-coton/">Le Turkménistan veut produire plus de coton</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le président turkmène a annoncé vouloir augmenter la production de coton au détriment de celle du blé d'ici à l’année prochaine. Le coton turkmène, très gourmand en eau et ramassé par le recours au travail forcé, est pourtant interdit par la plupart des marques de vêtements occidentales.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le président du Turkménistan <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdimouhamedov</a> a ordonné de réduire la production de blé afin d'augmenter celle du coton d’ici à l’année prochaine, a annoncé le 21 novembre dernier <a href="http://www.turkmenistan.gov.tm/?id=19964">l’agence de presse officielle du Turkménistan.</a> Cette annonce a été faite lors d’une réunion sur le développement du complexe agro-industriel du pays.</p>
<p style="text-align: justify">Le coton turkmène fait pourtant l’objet d’interdiction d’importation de la part de plusieurs pays, dont les États-Unis. De nombreuses marques de textile refusent également de l’utiliser à cause des nombreux cas de travail forcé pour le ramassage, comme le rapporte la <a href="http://www.cottoncampaign.org/turkmenistans-forced-labor-problem.html">campagne contre le coton</a> port . . .</p>

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		<title>L’Iran se rapproche de l&#8217;Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[gertle]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Feb 2019 11:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Influence]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/liran-se-rapproche-de-louzbekistan/">L’Iran se rapproche de l&rsquo;Ouzbékistan</a></p>
<p>L’Iran est devenu en 2018 le plus grand importateur de fibre de coton ouzbek, selon l’institut national de statistiques d’Ouzbékistan. L’Iran aime le coton ouzbek. Selon des statistiques publiées le 22 janvier dernier par podrobno.uz, Téhéran est devenu le premier importateur de fibre de coton ouzbek en 2018. La République islamique a importé en 2018 [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/liran-se-rapproche-de-louzbekistan/">L’Iran se rapproche de l&rsquo;Ouzbékistan</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’Iran est devenu en 2018 le plus grand importateur de fibre de coton ouzbek, selon l’institut national de statistiques d’Ouzbékistan.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’Iran aime le coton ouzbek. <a href="https://podrobno.uz/cat/economic/iran-stal-krupneyshim-im/">Selon des statistiques publiées le 22 janvier dernier par podrobno.uz</a>, Téhéran est devenu le premier importateur de fibre de coton ouzbek en 2018. La République islamique a importé en 2018 pour 101,3 millions d’euros du précieux matériau, loin devant la Chine (62,2 millions d’euros) et le Bangladesh (16,2 millions d’euros). La fibre de cet or blanc est en général transformée pour fabriquer des tissus, dont la culture massive est dévastatrice pour l’environnement, nécessitant de très grandes quantités d’eaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réalité économique est importante . . .</p>

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		<title>Ouzbékistan : les enfants ne ramassent plus le coton, mais le travail forcé reste une réalité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roxane Poulain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Sep 2018 12:24:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Liste noire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail des Enfants]]></category>
		<category><![CDATA[travail forcé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-les-enfants-ne-ramassent-plus-le-coton-mais-le-travail-force-reste-une-realite/">Ouzbékistan : les enfants ne ramassent plus le coton, mais le travail forcé reste une réalité</a></p>
<p>Le ministère du travail américain note, dans un nouveau rapport sur le travail des enfants, une amélioration de la situation dans les champs de coton ouzbeks. L'exploitation des mineurs se réduirait à des "cas isolés". Mais le travail forcé reste une réalité en Ouzbékistan, contre lequel le gouvernement réitère sa volonté de lutter.  "En 2018, le département [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-les-enfants-ne-ramassent-plus-le-coton-mais-le-travail-force-reste-une-realite/">Ouzbékistan : les enfants ne ramassent plus le coton, mais le travail forcé reste une réalité</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le ministère du travail américain note, dans un nouveau rapport sur le travail des enfants, une amélioration de la situation dans les champs de coton ouzbeks. L'exploitation des mineurs se réduirait à des "c<em>as isolés</em>". Mais le travail forcé reste une réalité en Ouzbékistan, contre lequel le gouvernement réitère sa volonté de lutter. </strong></p>
<p style="text-align: justify">"<em>En 2018, le département du travail des États-Unis considère que l'implication des enfants dans la production de coton a été significativement réduite</em>", peut-on lire dans la 7e édition du <a href="https://www.dol.gov/sites/default/files/documents/ilab/ListofGoods.pdf">rapport</a> dressé par le ministère américain autour des "<em>biens de consommation produits par les enfants</em>" au niveau global.</p>
<p style="text-align: justify">Résultat, l'Ouzbékistan n'est plus considéré comme un pays où le travail des enfants est requis dans les champs de coton, selon le département du travail des États-Unis, qui a évincé le pays de . . .</p>

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		<title>La mer d&#8217;Aral malgré les coups de comm&#8217; : de pire en pire ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 May 2018 08:10:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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		<category><![CDATA[Mer d'Aral]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbekist]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d&rsquo;Aral malgré les coups de comm&rsquo; : de pire en pire ?</a></p>
<p>La disparition de la mer d’Aral est une des catastrophe écologique les plus retentissante du XXème siècle. Et cette catastrophe se poursuit dans l’indifférence et l’égoïsme. Explications. Novastan reprend édite et traduit un article originellement publié sur le média kazakh CA Monitor. Dans une vidéo publiée par le média en ligne "Brut" le 14 mai [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-mer-daral-malgre-les-coups-de-comm-de-pire-en-pire/">La mer d&rsquo;Aral malgré les coups de comm&rsquo; : de pire en pire ?</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La disparition de la mer d’Aral est une des catastrophe écologique les plus retentissante du XXème siècle. Et cette catastrophe se poursuit dans l’indifférence et l’égoïsme. Explications.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend édite et traduit un article originellement publié sur le <a href="https://camonitor.kz/30963-aralskoe-more-chem-dalshe-tem-huzhe.html">média kazakh CA Monitor</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/video-consideree-comme-morte-la-mer-daral-semble-avoir-ressuscite_2751895.html">une vidéo</a> publiée par le média en ligne "Brut" le 14 mai dernier, il est annoncé que « <em>la mer d’Aral, considérée comme morte, semble avoir été ressuscitée. Grâce à de nombreux efforts, l’eau revient peu à peu, et avec elle, la vie.</em> » Il y a eu beaucoup de communication autour du sauvetage de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>, notamment en provenance du Kazakhstan qui a mis en place des barrages qui permettent de recréer un semblant de « petite mer ».</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, la mer d’Aral est au plus mal, et la résolution des problèmes qui ont provoqué ce désastre n’a jamais semblé aussi éloignée. Pire encore, les gaspillages d’eau et les cultures consommatrices en eau s’étendent, de même que la démographie régionale, qui continue de croître rapidement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-vies-multiples-de-la-mer-daral/">Les vies multiples de la mer d'Aral</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En effet, les décisions et les actions des Etats bordant ce qui reste de la mer d’Aral et ceux qui sont en amont du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a> et de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a>, les deux affluents de la mer, ne font ces dernières années qu'accélérer sa lente disparition. Ces Etats sont-ils vraiment capables et disposés à poursuivre une politique coordonnée dans le domaine des ressources en eau des deux grands fleuves, seul moyen de sauver ce qui reste de la mer d’Aral ? Analyse de la journaliste kazakhe Jenys Baïkhoja.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le déni de la continuation du désastre de la mer d’Aral</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après l'effondrement de l'URSS, les pays d'Asie centrale n’ont pas réduit la superficie des terres irriguées par les bassins fluviaux qui alimentent la mer d'Aral. Bien au contraire, ils les ont augmenté.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1990, il y avait 7,6 millions d'hectares irrigué par les bassins fluviaux du Syr-Daria et de l’Amou-Daria. 20 ans plus tard, cette superficie a atteint plus de 8,2 millions d’hectares. Cependant, les prises d'eau directes pour l’irrigation depuis l'Amou-Daria et le Syr-Daria ont lég . . .</p>

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			</item>
		<item>
		<title>Portrait d’une agricultrice ouzbèke de 20 ans qui défie les clichés ambiants</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-dune-agricultrice-ouzbeke-de-20-ans-qui-defie-les-cliches-ambiants/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[alexiac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 May 2018 10:13:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-dune-agricultrice-ouzbeke-de-20-ans-qui-defie-les-cliches-ambiants/">Portrait d’une agricultrice ouzbèke de 20 ans qui défie les clichés ambiants</a></p>
<p>A 20 ans seulement, Nozigul Djuraeva est propriétaire d’une ferme de 50 hectares et, le moment venu, ce sera elle qui choisira son mari. Portrait d'une femme rurale pas comme les autres. Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Center 1. La ferme est située à 15 minutes en voiture de Boukhara. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-dune-agricultrice-ouzbeke-de-20-ans-qui-defie-les-cliches-ambiants/">Portrait d’une agricultrice ouzbèke de 20 ans qui défie les clichés ambiants</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/portrait-dune-agricultrice-ouzbeke-de-20-ans-qui-defie-les-cliches-ambiants/">Portrait d’une agricultrice ouzbèke de 20 ans qui défie les clichés ambiants</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>A 20 ans seulement, Nozigul Djuraeva est propriétaire d’une ferme de 50 hectares et, le moment venu, ce sera elle qui choisira son mari. Portrait d'une femme rurale pas comme les autres.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par <a href="https://centre1.com/uzbekistan/nozigul-dzhuraeva-iz-buhary-uspeshnyj-fermer-i-zavidnaya-nevesta/">Center 1</a>.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify">La ferme est située à 15 minutes en voiture de Boukhara. Elle dépend du district de Kogon et fait figure de modèle dans la région.</p>
<p style="text-align: justify">Au total, elle compte 50 hectares de terres arables et un terrain attenant bien entretenu. Mais son atout principal est sa propriétaire, Nozigul Juraeva. En effet, c’est la plus jeune agricultrice du pays.</p>
<p style="text-align: justify">« <em>Très souvent, on me demande s'il n'est pas difficile pour une fille de faire un tel travail. Je pense qu’au contraire, c'est difficile de ne pas faire son travail. Je gère une ferme entière, une équipe. J'ai une famille, une maison, des machines, une voiture, 50 hectares de terrain. Je n'ai pas le temps de réfléchir . . .</p>

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			</item>
		<item>
		<title>Les conséquences de l&#8217;ère soviétique au Tadjikistan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2018 08:37:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
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		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l&rsquo;ère soviétique au Tadjikistan</a></p>
<p>Après la chute du khanat de Boukhara, le Tadjikistan est devenu en 1924 une République soviétique au sein de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, puis acquiert son autonomie en 1929. L&#8217;intégration de cette «&#160;septième république&#160;» à l’URSS puis son effrondrement ne sont pas restées sans conséquences dans le pays. Novastan reprend et traduit ici un [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l&rsquo;ère soviétique au Tadjikistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l&rsquo;ère soviétique au Tadjikistan</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Après la chute du khanat de Boukhara, le Tadjikistan est devenu en 1924 une République soviétique au sein de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, puis acquiert son autonomie en 1929. L&rsquo;intégration de cette «&nbsp;septième république&nbsp;» à l’URSS puis son effrondrement ne sont pas restées sans conséquences dans le pays.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par <a href="https://news.tj/ru/news/tajikistan/economic/20171208/idem-semimilnimi-shagami-nazad">Asia Plus</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Avant l’ère soviétique, la majeure partie du territoire actuel du Tadjikistan faisait partie intégrante du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">khanat de Boukhara</a>, État féodal archaïque d’Asie centrale. Dans les petites exploitations paysannes, appelées <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dehkan_farm"><em>dehkans</em></a>, les outils destinés à travailler la terre n’avaient pratiquement pas évolué depuis un millénaire. L’industrie était inexistante, hormis pour quelques manufactures d’artisans. La partie occidentale du khanat, qui comprenait les régions sud-occidentale et centrale de l’actuel Tadjikistan ainsi que le territoire du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir </a>occidental, était considérée comme la plus pauvre de l’État.</p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée au pouvoir des Soviétiques au Tadjikistan en 1924 s&rsquo;est traduite par la construction d’usines, de routes et de gigantesques réseaux d’irrigation, ainsi que par le développement de l’agriculture.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Agriculture : irrigation et or blanc</strong></p>
<p style="text-align: justify">Historiquement, le Tadjikistan est un pays principalement tourné vers l’agriculture. Celle-ci est demeurée son activité principale, même à l’heure du développement de l’industrie durant l’ère soviétique. Vers la fin des années 1980, les terres destinées à l’agriculture représentaient un tiers du territoire de la République, rassemblées en entités de production typiquement soviétiques, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolkhoze">kolkhozes </a>et les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sovkhoze">sovkhozes</a>. En 1986, l’État comptait environ 160 kolkhozes et quelque 300 sovkhozes.</p>
<p style="text-align: justify">En outre, de grands travaux d’irrigation ont permis d’atteindre en 1986 le seuil de 662&nbsp;000 hectares de terres irriguées. La culture des terres représentait alors environ 65&nbsp;% de la production agricole totale.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/et-si-les-fermiers-tadjiks-nourrissaient-leur-pays/">Et si les fermiers&nbsp;tadjiks nourrissaient leur pays ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La principale culture produite était le coton. Si, en 1913, la production totale végétait à seulement 32&nbsp;300 tonnes, le volume de coton produit a grimpé à 640&nbsp;000 tonnes en 1968, puis atteint le million de tonnes en 1986. Une tonne de coton produit permet d’obtenir 3&nbsp;000 mètres de coton textile, 100 kilos d’huile végétale, 250 kilos de tourteaux et de nombreux autres dérivés encore.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, la production totale d’«&nbsp;or blanc&nbsp;» du Tadjikistan dépasse à peine les 390&nbsp;000 tonnes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Industrialisation à la tadjike</strong></p>
<p style="text-align: justify">Durant l’ère soviétique, le Tadjikistan s’est vu doter de près de 400 usines. L’activité industrielle du pays s’est diversifiée pour couvrir une centaine de secteurs à la fin des années 1980. Parmi les plus importants, on comptait les secteurs de l’extraction minière, de la production de carburant, de la transformation des métaux et de la production de matériel de construction. La production du secteur textile, plus traditionnel, s’est particulièrement accrue. Elle était alors envoyée vers les autres Républiques soviétiques et vers 35 autres pays étrangers. Le combinat textile de Douchanbé, par exemple, produisait plus de 100 millions de mètres de tissu par an, tandis que la production du combinat de la soie, situé à Léninabad (l’actuel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khodjent</a>, dans le nord du pays), était expédiée dans tout le reste de l’URSS.</p>
<p><figure id="attachment_14844" aria-describedby="caption-attachment-14844" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-14844" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь.jpg" alt="" width="1024" height="597" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь-300x175.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/союзные-показатели-внутрь-768x448.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-14844" class="wp-caption-text">Pendant l&rsquo;ère soviétique, les tissus du combinat de soie de Léninabad (Khodjent) étaient vendus à travers toute l&rsquo;URSS.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Vers la fin des années 1980, le volume de la production industrielle du Tadjikistan avait été multiplié par 18 par rapport à 1940 et par 157 par rapport à 1913.</p>
<p style="text-align: justify">En 1975, la principale industrie du pays, l’usine tadjike de traitement de l’aluminium, est mise en service. C’est en 1989 que l’essor de cette usine connaît son paroxysme&nbsp;: cette année-là, près de 460&nbsp;000 tonnes d’aluminium primaire sont produites.</p>
<p style="text-align: justify">À titre de comparaison, la production totale de l’usine est retombée en 2016 à environ 130&nbsp;000 tonnes d’aluminium primaire.</p>
<p><strong style="text-align: justify">Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-restes-de-lindustrie-sovietique-en-asie-centrale/">Les restes de l&rsquo;industrie soviétique en Asie centrale</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Durant l’ère soviétique, le Tadjikistan a pratiquement atteint son plafond de production agro-industrielle, plafond auquel le pouvoir en place souhaite à nouveau parvenir d’ici 2030. En parallèle, la dette de l’industrie dans le Produit intérieur brut (PIB) du pays a nettement chuté, passant de 33&nbsp;% du PIB en 1987 à 15&nbsp;% en 2016.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L’ère des barrages</strong></p>
<p style="text-align: justify">L’énergie joue un rôle essentiel dans le développement de l’industrie. Afin d’exploiter la richesse des ressources hydrauliques du Tadjikistan, des ingénieurs soviétiques ont bâti des dizaines de centrales hydroélectriques, dont les principales étaient les barrages de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Nourek">Nourek</a>, de <a href="http://placesmap.net/TJ/Baypaza-HPP-7700/">Baïpaza</a>, de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Golovnaya_Dam">Golovnaïa</a> et de Kayrakkoum. La construction de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Rogoun">centrale de Rogoun</a> et de cascades destinées à alimenter de grandes stations hydroélectriques sur la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">rivière Piandj</a> avait également été mise en route. Mais ces chantiers ont suivi l’URSS dans sa chute et sont restés inachevés.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-premiere-unite-de-la-centrale-hydroelectrique-de-rogun-bientot-en-fonction/">Tadjikistan : la première unité de la centrale hydroélectrique de Rogun bientôt en fonction</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">L’énergie produite au Tadjikistan durant l’ère soviétique était expédiée vers presque toutes les autres Républiques d’Asie centrale, alimentées par un réseau énergétique unifié.</p>
<p style="text-align: justify">À la fin des années 1980, la production annuelle d’électricité au Tadjikistan atteignait les 17,5 milliards de kilowatts heure (kWh), tandis qu’en 2016, la production nationale se situait à 17,3 milliards de kWh, soit une baisse de 200 millions de kWh. La consommation énergétique du pays a cependant nettement augmenté. En témoigne la croissance démographique de la République tadjike au cours des 25 dernières années, qui a augmenté de plus de 3 millions d’habitants.</p>
<p style="text-align: justify"><b>Connecter l&rsquo;un des pays les plus escarpés au monde</b></p>
<p style="text-align: justify">Avant la période soviétique, le Tadjikistan ne disposait pratiquement d’aucune route digne de ce nom. La majorité des villages de montagne étaient purement et simplement coupés du monde presque toute l’année. Une fois l’été revenu, les communications étaient à peine possibles, via des sentiers de montagne étroits et dangereux.</p>
<p style="text-align: justify">L’arrivée des Soviétiques a permis la construction de milliers de kilomètres de routes et de voies ferrées. Les communications s’étendaient même dans la région reculée et difficile d’accès du Pamir, où l’on trouve l’une des routes les plus haut perchées du monde, qui relie <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/och-ville-frontiere-du-kirghizstan/">Och</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog </a>et Douchanbé.</p>
<p style="text-align: justify">Les années 1920 ont encore vu débuter au Tadjikistan de grands chantiers de construction de routes. Ainsi, la ligne de chemin de fer raccordant Douchanbé et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Termez">Termez</a>, situé à la frontière ouzbèke, a été inaugurée en 1929. La ville de Khorog a été reliée à Och par une voie routière en 1933-1934 et à Douchanbé en 1940.</p>
<p style="text-align: justify">Vers la fin des années 1980, presque tous les centres démographiques du Tadjikistan étaient connectés entre eux par un réseau routier, dont la majeure partie en revêtement solide.</p>
<p><figure id="attachment_14848" aria-describedby="caption-attachment-14848" style="width: 1024px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-14848" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518.jpg" alt="" width="1024" height="683" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/02/IMG_3518-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption id="caption-attachment-14848" class="wp-caption-text">Des passants sur la route pour rejoindre Khudjand, au Tadjikistan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Cependant, une grande partie de ces routes ont été partiellement détruites durant la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan">guerre civile</a>&nbsp;après l&rsquo;indépendance, entre 1993 et 1997.&nbsp;Pour la seule remise en état de ces tronçons construits à l’époque soviétique, le gouvernement tadjik a décidé d’injecter près d’un milliard de dollars de crédits et de subventions venus de l’étranger.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Un bilan mitigé</strong></p>
<p style="text-align: justify">À l’heure du bilan quant à l’influence de l’URSS sur la société tadjike, 100 ans après la révolution d&rsquo;Octobre, les opinions divergent. Certains considèrent que l’établissement du pouvoir soviétique en Asie centrale a mené, dans une certaine mesure, au ralentissement du développement de la région, et notamment sur le territoire de l’ancien khanat de Boukhara qui, selon leurs affirmations, jouissait d’un potentiel économique certain.</p>
<p style="text-align: justify">Bien entendu, tous les avis sont dans la nature, mais il semble peu probable que le khanat aurait utilisé ce potentiel pour investir massivement dans sa zone occidentale, peuplée principalement de montagnards tadjiks.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Païrav Tchorchanbiev<br />
Journaliste pour Asia Plus</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://news.tj/ru/news/tajikistan/economic/20171208/idem-semimilnimi-shagami-nazad">du russe</a> par&nbsp;Pierre-François Hubert</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Camille Calandre</strong></p>
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