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	<title>Communauté | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Communauté | Novastan France</title>
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		<title>Renforcer les communautés par la radio : un voyage dans le village de Souusamyr</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Sep 2024 07:25:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Communauté]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Radio]]></category>
		<category><![CDATA[Rural]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/renforcer-communautes-radio-voyage-village-souusamyr/">Renforcer les communautés par la radio : un voyage dans le village de Souusamyr</a></p>
<p>Dans le village de Souusamyr, dans l&#8217;Ouest du Kirghizstan, une station de radio s&#8217;est donné pour objectif de renforcer les communautés locales. Deux étudiantes de l&#8217;Université américaine d&#8217;Asie centrale s&#8217;y sont rendues pour en savoir plus sur le projet. Par la fraîche matinée qui a suivi la Journée internationale de la femme, deux étudiantes de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/renforcer-communautes-radio-voyage-village-souusamyr/">Renforcer les communautés par la radio : un voyage dans le village de Souusamyr</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans le village de Souusamyr, dans l&rsquo;Ouest du Kirghizstan, une station de radio s&rsquo;est donné pour objectif de renforcer les communautés locales. Deux étudiantes de l&rsquo;Université américaine d&rsquo;Asie centrale s&rsquo;y sont rendues pour en savoir plus sur le projet.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la fraîche matinée qui a suivi la Journée internationale de la femme, deux étudiantes de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/American_University_of_Central_Asia">l&rsquo;Université américaine d&rsquo;Asie centrale</a> (AUCA) sont parties en expédition dans le village de Souusamyr, où se trouve une station de radio très active. Malgré l&rsquo;arrivée du printemps à Bichkek, le voyage s&rsquo;est déroulé dans un froid mordant et une neige persistante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À leur arrivée, les élèves ont été chaleureusement accueillies par Aïtourgan Kouchkarbekova, DJ de la radio Souusamyr FM, dont le sourire radieux a donné le ton de l&rsquo;entretien. Elle a fait découvrir à Novastan les histoires et les points de vue de ce centre communautaire dynamique.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Les étudiantes ont également eu l&rsquo;occasion de s&rsquo;entretenir avec Nourzat Bousourmankoulova, une militante qui aide la radio et préside le comité des femmes du village de Souusamyr.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan : Merci de nous recevoir à la station de radio du village de Souusamyr. Pourriez-vous nous expliquer comment la station a vu le jour et quels sont ses principaux objectifs ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aïtourgan Kouchkarbekova : </strong>Merci de votre visite. La station de radio a été créée il y a 12 ans dans le but de fournir des informations fiables aux habitants du village de Souusamyr. Notre principal objectif est de tenir la communauté informée des événements importants, de promouvoir les talents locaux et d&rsquo;offrir des opportunités d&rsquo;éducation, en particulier à nos jeunes. Nous avons formé une centaine d&rsquo;étudiants au fil des ans, et environ 40 % d&rsquo;entre eux se sont lancés dans le journalisme.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Suusamyr FM - Mountain People Radio" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/Hn8oAz4oy9Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourzat Bousourmankoulova :</strong> Absolument. La station de radio a joué un rôle essentiel, en particulier dans des périodes comme la pandémie de coronavirus, en diffusant des informations exactes et en mettant la communauté en contact avec les ressources et les possibilités offertes par l&rsquo;État. Elle a été une bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes dans des moments difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est remarquable d&rsquo;entendre comment la station de radio sert de carrefour pour l&rsquo;information et l&rsquo;engagement de la communauté. Aïtourgan, vous avez mentionné la formation des étudiants qui aspirent à devenir journalistes ou DJ. Pourriez-vous nous en dire plus sur cet aspect du travail de la station ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aïtourgan Kouchkarbekova :</strong> Certainement. Nos filles bénévoles participent activement à divers programmes et nous adaptons leur emploi du temps en fonction de leurs études. Nous soutenons également les garçons qui souhaitent apprendre des programmes informatiques. Il est gratifiant de constater leur enthousiasme et leur évolution, et nous leur donnons la possibilité d&rsquo;explorer leurs centres d&rsquo;intérêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourzat, en tant que militante et représentante du comité des femmes, comment intégrez-vous votre travail à la radio pour répondre aux besoins de la communauté, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éducation ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourzat Bousourmankoulova :</strong> Mon rôle, en tant que chef du comité pour la santé du village, s&rsquo;aligne avec celui des objectifs de la radio. Chaque jeudi, je partage des informations utiles sur la santé avec nos auditeurs, couvrant des sujets comme l&rsquo;hygiène personnelle et les soins préventifs. C&rsquo;est essentiel d&rsquo;utiliser des plateformes comme la radio pour éduquer et responsabiliser les membres de la communauté, surtout sur des sujets aussi cruciaux que la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La radio sert de catalyseur d&rsquo;un changement positif et du développement de Souusamyr. Aïtourgan, pourriez-vous partager des moments mémorables ou des histoires qui montrent l&rsquo;impact de la radio sur la communauté ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aïtourgan Kouchkarbekova :</strong> Le tournoi de sport organisé pour la journée des droits des femmes était un moment mémorable. Notre live a généré un immense intérêt et de l&rsquo;enthousiasme parmi les membres de la communauté.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait chaud au coeur de voir comment la radio réunit les gens et créé un sentiment de camaraderie et de célébration. En plus, notre chaine YouTube a gagné en followers et en vues, étendant notre auditoire au-dela du village.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourzat, vous avez mentionné l&rsquo;échange d&rsquo;expériences avec d&rsquo;autres villages. Comment cette collaboration fait-elle progresser le travail de la station et comment en bénéficie la communauté ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nourzat Bousourmankoulova :</strong> Collaborer avec d&rsquo;autres villages nous permet d&rsquo;apprendre des expériences des uns et des autres, d&rsquo;échanger nos pratiques. Quand je rentre après ces échanges, je partage des points de vues intéressants et des savoirs à travers la radio, enrichissant les perspectives de notre communauté. C&rsquo;est un témoignage du pouvoir de la collaboration et de la solidarité dans l&rsquo;arrivée d&rsquo;un changement positif.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Masouma Makhamadalieva</strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l&rsquo;anglais par Sandra Attia</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Léna Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Les Tsiganes à Tachkent : visite d&#8217;un quartier fermé aux étrangers trop curieux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille Calandre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2020 10:44:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Communauté]]></category>
		<category><![CDATA[Lyuli]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Tachkent]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Tsiganes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-tsiganes-a-tachkent-visite-dun-quartier-ferme-aux-etrangers-trop-curieux/">Les Tsiganes à Tachkent : visite d&rsquo;un quartier fermé aux étrangers trop curieux</a></p>
<p>À Tachkent, comme dans toutes les autres grandes villes ouzbèkes et centrasiatiques, il n’est pas rare de croiser des Tsiganes, ou Lyulis. Le plus souvent, ils arpentent les rues animées, où des familles entières font la manche. Inconsciemment, une même question revient toujours : mais où vivent-ils, où passent-ils la nuit ? Plongée dans un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-tsiganes-a-tachkent-visite-dun-quartier-ferme-aux-etrangers-trop-curieux/">Les Tsiganes à Tachkent : visite d&rsquo;un quartier fermé aux étrangers trop curieux</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>À Tachkent, comme dans toutes les autres grandes villes ouzbèkes et centrasiatiques, il n’est pas rare de croiser des Tsiganes, ou Lyulis. Le plus souvent, ils arpentent les rues animées, où des familles entières font la manche. Inconsciemment, une même question revient toujours : mais où vivent-ils, où passent-ils la nuit ? Plongée dans un de leurs quartiers dans la capitale ouzbèke.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article paru le 8 mars 2020 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale,&nbsp;</strong><a href="https://fergana.ru/photos/115796p/"><strong>Fergana News.</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Les Tsiganes, ou Lyulis, sont nombreux en Asie centrale. On les trouve au Tadjikistan, au Kazakhstan, au Kirghizstan et en Ouzbékistan, particulièrement dans la capitale Tachkent. Comme les communautés tsiganes en Europe, les Lyulis vivent en marge de la société.</p>
<p>
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		</p>
<p style="text-align: justify">La signification du mot <em>« Lyuli »</em> reste un véritable mystère. Certains représentants de la communauté affirment que le mot vient du terme <em>« zhuki »</em>. Leurs ancêtres seraient venus d’Égypte, où le terme <em>« zhuki »</em> signifierait <em>« l’homme en quête »</em>, mais ils s’appellent eux-mêmes les <em>mugats</em>, comme le décrit avec précision <a href="https://gigafox.ru/fr/zdorove-detejj/cygane-lyuli-istoriya-raznoe-lyuli-nepriznannye-cygane-srednei-azii/">le média russe Gigafox</a>. Leur langue est un dialecte du tadjik et ils sont donc souvent définis comme Tadjiks dans leur passeport. Les Lyulis sont musulmans sunnites, bien que la majorité d’entre eux ne fasse pas preuve d’une ferveur religieuse exceptionnelle. Les femmes ne se voilent pas, ne se détournent pas, ne s’en vont pas à la vue d’un inconnu et s’immiscent facilement dans les discussions masculines. Le revenu principal de la famille est aussi assuré par les femmes, bien que l’homme reste implicitement le chef de famille.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/quel-multiculturalisme-en-ouzbekistan/"><strong>Quel multiculturalisme en Ouzbékistan?</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Les mariages sont en général célébrés dans la famille de la fiancée, mais aux frais de celle du futur époux. Certaines coutumes des Lyulis ressemblent à celles des Tsiganes européens, comme les réunions pour résoudre les conflits ou la présence d’un représentant de la communauté pour les contacts avec le monde extérieur.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>À la rencontre des Lyulis</strong></p>
<p style="text-align: justify">Des journalistes du média russe Fergana News ont tenté de pénétrer dans leur quartier de vie à Tachkent, une grande <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahalla_(Uzbeks)">mahalla</a></em> («&nbsp;quartier&nbsp;») du nom de <em>«&nbsp;Tchachma&nbsp;»</em> («&nbsp;source&nbsp;», en ouzbek). Leur guide a été le célèbre peintre et vidéaste de Tachkent, Alexandre Barkovski, qui se penche sur la question depuis près de dix ans. Il se rend régulièrement dans cette <em>mahalla</em>, va à la rencontre de ses habitants et les prend en photo pour en faire ensuite des collages artistiques.</p>
<p><figure id="attachment_30639" aria-describedby="caption-attachment-30639" style="width: 742px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-30639" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/a730c885-0723-4bab-99d6-6ec748ace475.jpeg" alt="Tsiganes Lyulis Ouzbékistan Tachkent Mahalla Société Culture Tchachma Habitants" width="742" height="472" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/a730c885-0723-4bab-99d6-6ec748ace475.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/a730c885-0723-4bab-99d6-6ec748ace475-300x191.jpeg 300w" sizes="(max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption id="caption-attachment-30639" class="wp-caption-text">Des habitants tsiganes de la <em>mahalla Tchachma</em>.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Sur le chemin, le peintre explique ce qui le fascine autant chez les Lyulis. <em>« La recherche d’une image positive du Tsigane, c’est en partie une demande de différents fonds et organisations humanitaires, exprimant le désir de rester dans une zone de confort&nbsp;»</em>, considère Alexandre Barkovski<em>. «&nbsp;Les Lyulis m’ont attiré par leur marginalité, ou plutôt leur capacité à rester libres à l’intérieur du système. Je veux proposer une réinvention de l’image du « héros positif », défini sur le papier glacé des revues et dans les formations comme une « personne talentueuse », vouée à devenir manageur chez Gazprom ou courtier à Wall Street&nbsp;», </em>décrit le peintre<em>. «&nbsp;Mais peu nous importe où trier nos déchets que nous jetons nonchalamment dans des sacs en plastique ou qui s’occupe de les trier, ceux dont l’énergie nettoie les marchés et les rues de la ville, ceux qui récoltent les vieux papiers, les bidons vides et la ferraille… Les Lyulis assument la responsabilité de cette lourde tâche ingrate en utilisant les déchets de notre société et, en échange, ne reçoivent qu’une image de « mendiants sales », une attitude méprisante et des problèmes avec la loi&nbsp;»</em>, conclut Alexandre Barkovski.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une communauté assez fermée</strong></p>
<p style="text-align: justify">Une fois arrivé sur place, Alexandre Barkovski explique que le <em>mahalla Tchachma</em> se trouve sous la surveillance du ministère de l’Intérieur et du Service de sécurité publique ouzbeks, dont les agents viennent régulièrement faire des rondes, fouiller les maisons. Les habitants sont tous enregistrés dans leurs fichiers. Il prévient : il ne sait pas comment les habitants vont réagir à la présence de journalistes. Il n’est pas sûr que quelqu’un se mette à nous faire des confidences.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-droits-de-lhomme-progressent-lentement-en-ouzbekistan/"><strong>Les droits de l&rsquo;Homme progressent lentement en Ouzbékistan</strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Les journalistes de Fergana News repèrent Zafar, le représentant du comité du <em>mahalla Tchachma</em>. Il quitte l’interview en prétextant avoir des affaires urgentes à régler et confie la tâche à son adjointe, Zoulfia Irgacheva. Aux côtés de cette vieille femme, les journalistes de Fergana News s’enfoncent dans les profondeurs de la <em>mahalla</em>, où ils rencontrent des habitants qui sortent de leur maison, apparemment intrigués.</p>
<p><figure id="attachment_30638" aria-describedby="caption-attachment-30638" style="width: 742px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-full wp-image-30638" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/72bdedd3-68f2-4d8d-bfee-9d02d3270f28.jpeg" alt="Tsiganes Lyulis Ouzbékistan Tachkent Mahalla Société Culture" width="742" height="494" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/72bdedd3-68f2-4d8d-bfee-9d02d3270f28.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/72bdedd3-68f2-4d8d-bfee-9d02d3270f28-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/72bdedd3-68f2-4d8d-bfee-9d02d3270f28-128x86.jpeg 128w" sizes="(max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption id="caption-attachment-30638" class="wp-caption-text">Un habitant de la <em>mahalla Tchachma</em>.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Alexandre Barkovski leur offre des photos qu’il avait prises cinq ans auparavant, espérant que cela puisse aider à briser la glace. Chou blanc. Les habitants n’ont pas l’intention de se confier. Pour autant, les journalistes réussissent à tirer quelques mots d’une vieille femme, Nigora Khamdamova. Trois familles de cinq personnes vivent dans sa maison. Sa famille est composée de son mari et de trois filles.</p>
<p style="text-align: justify">Ses parents sont allés à l’école et travaillaient pour le comité de la <em>mahalla</em>. Son mari, Abdoukhamid Khamdamov, est en ce moment <em>« en vacances à <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> »</em> et elle travaille sur le marché aux puces <em>« Yanghyabad »</em> de Tachkent, où elle revend des vêtements.</p>
<p><figure id="attachment_30637" aria-describedby="caption-attachment-30637" style="width: 742px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30637" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/600ae06e-a55c-465d-bbe2-e768b38964c8.jpeg" alt="Tsiganes Lyulis Ouzbékistan Tachkent Mahalla Société Culture Tchachma" width="742" height="452" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/600ae06e-a55c-465d-bbe2-e768b38964c8.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/600ae06e-a55c-465d-bbe2-e768b38964c8-300x183.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption id="caption-attachment-30637" class="wp-caption-text">La <em>mahalla Tchashma</em>.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Un homme d’âge moyen, du nom de Sodir, se montre encore moins loquace. Tout ce que les journalistes apprennent, c’est qu’il travaille sur le même marché aux puces, où il est chauffeur privé : il livre de la ferraille à bord de sa petite voiture, de maison en maison, aux habitants de Tachkent, en particulier des pièces de rechange pour voiture et de la plomberie. Tout comme Nigora Khamdamova, les femmes de sa famille revendent différents produits.</p>
<p style="text-align: justify">Sur ce, l’interview avec les Tsiganes prend immédiatement fin. En revanche, la conseillère (ou l’adjointe) du représentant de la <em>mahalla</em> pour les affaires touchant à la famille, aux femmes et aux filles, Zoulfia Irgacheva, accepte de nous parler un peu d’elle.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Vie quotidienne et éducation à Tchachma</strong></p>
<p style="text-align: justify">Zoulfia Irgacheva occupe cette fonction depuis 2011. Aujourd’hui, la <em>mahalla Tchachma</em> compte 108 maisons, 651 familles et 1 405 habitants, dont 260 mineurs. Les jeunes femmes à marier passent l’essentiel de leur temps à la maison, à élever les enfants. Tous les enfants en âge d’aller à l’école vont à l’école secondaire n° 293, qui comprend les classes du CP à la terminale. Un véritable changement, puisqu’en 2011, seulement une vingtaine d’élèves fréquentaient l’école.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-ong-de-defense-des-droits-de-lhomme-autorisee-en-ouzbekistan-une-premiere-depuis-2003/"><strong>Une ONG de défense des droits de l’Homme autorisée en Ouzbékistan, une première depuis 2003&nbsp; </strong></a></p>
<p style="text-align: justify">Plusieurs filles ont été diplômées de l’école secondaire, certaines avec mention, mais aucune n’a ensuite pris le chemin de l’université, puisqu’elles se sont toutes mariées. Ces dernières années, seuls onze adolescents de la <em>mahalla</em> ont été diplômés de l’université. Beaucoup d’enfants vont au gymnase où ils prennent des cours de boxe, de karaté, de lutte et de football. Certains vont au comité de la <em>mahalla</em> où ils jouent aux dames et aux échecs, et lisent même des livres.</p>
<p style="text-align: justify">Zoulfia Irgacheva connaît l’existence du « quartier tsigane » depuis 1986, quand elle a commencé à travailler comme vendeuse dans un magasin non loin de là. À cette époque, ce n’était qu’un petit bourg, rien à voir avec une <em>mahalla</em>. Le comité de la <em>mahalla</em>, lui, n’a vu le jour qu’en 1996.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le doyen de la <em>mahalla</em>, un homme vénéré de tous</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis 2008, le représentant de la <em>mahalla</em> (doyen) est Kountougmouch Akhkoulov, surnommé Zafar. Jadis, parmi les Tsiganes d’Ouzbékistan existaient des barons, que l’on appelle aujourd’hui <em>« Raïs »</em> (qui signifie en ouzbek « représentant »). Ce faisant, personne n’appelle Zafar « Baron »</p>
<p style="text-align: justify">Chef de famille exemplaire et père de quatre enfants, Kountougmouch Akhkoulov est vénéré par tous les habitants de la <em>mahalla</em>, qui boivent toutes ses paroles. Il est député à l’Oliy Majlis, le parlement ouzbek, et en est actuellement à son second mandat. À la fin de l’année dernière, il a reçu l’ordre de <em>« Mahalla fakhri »</em> (<em>« Fierté de la mahalla »</em> en ouzbek) des mains du maire de Tachkent, <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/un-homme-daffaires-ouzbek-devient-maire-de-tachkent/">Djakhongir Artykkhodjaïev</a>.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Une cohabitation parfois difficile avec les Ouzbeks</strong></p>
<p style="text-align: justify">À la question de savoir si seuls des Tsiganes vivent à Tchashma, Zoulfia Irgacheva explique que les habitants de la <em>mahalla</em> ne s’appellent pas eux-mêmes Lyulis. <em>« Ils se considèrent peut-être intérieurement comme des Lyulis, mais personne n’a le droit de les appeler ainsi, c’est un vilain nom »</em>, affirme-t-elle.</p>
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<p style="text-align: justify">Depuis 2011, il n’y a plus de mendiants dans les rues de la <em>mahalla Tchachma</em>. Comme l’explique l’adjointe du représentant Zoulfia Irgacheva, après toute une série de campagnes publiques pour interdire la mendicité, dont des détentions de 15 jours, les actes de mendicité ont cessé. Une trentaine de femmes de la <em>mahalla</em> travaillent aujourd’hui officiellement comme concierges au service d’Urbanisation de l’administration du district de Bektemir à Tachkent.</p>
<p><figure id="attachment_30636" aria-describedby="caption-attachment-30636" style="width: 742px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30636" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/c8549bc3-3fa6-4fd6-b268-58bda0016757.jpeg" alt="Tsiganes Lyulis Ouzbékistan Tachkent Mahalla Société Culture" width="742" height="494" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/c8549bc3-3fa6-4fd6-b268-58bda0016757.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/c8549bc3-3fa6-4fd6-b268-58bda0016757-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/c8549bc3-3fa6-4fd6-b268-58bda0016757-128x86.jpeg 128w" sizes="auto, (max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption id="caption-attachment-30636" class="wp-caption-text">La clôture qui sépare la <em>mahalla Tchachma</em> du massif Vodnik, installée à la demande des habitants d’immeubles voisins.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Dans le voisinage immédiat de la <em>mahalla</em>, dans la rue Suvsoz, se trouve un petit quartier résidentiel constitué d’une dizaine de petits immeubles à un étage. Selon Faya, le représentant de la copropriété, il y a deux ans, les habitants du petit quartier résidentiel ont adressé au parquet du district une demande pour installer une clôture entre leurs maisons et la <em>mahalla Tchachma</em>. Entre autres raisons, ils ont parlé de petits vols fréquents et d’actes insolents de la part de leurs voisins. Dans la <em>mahalla</em>, les habitants étaient d’abord opposés à cette mesure, la considérant comme discriminatoire. Puis Zafar a fini par accepter et une épaisse clôture en fer s’est érigée entre Tchachma et les immeubles à un étage.</p>
<p style="text-align: justify">Quant à l’efficacité de cette clôture, c’est une autre question. Les stéréotypes, les préjugés et la méfiance mutuelle ont la peau dure. Et la cohabitation ne s’en est pas trouvée apaisée.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Sid Yanychev<br />
Journaliste pour Fergana News</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Photographies d&rsquo;Andreï Koudriachov</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://fergana.ru/photos/115796p/">du russe</a> par Camille Calandre</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Christine Wystup</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Corrigé par Aline Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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