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	<title>Artiste | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Artiste | Novastan France</title>
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		<title>Jura Asran, portrait d&#8217;un peintre ouzbek au service de la couleur et de l’intime </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2026 08:57:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/jura-asran-portrait-dun-peintre-ouzbek-au-service-de-la-couleur-et-de-lintime/">Jura Asran, portrait d&rsquo;un peintre ouzbek au service de la couleur et de l’intime </a></p>
<p>Originaire d’Andijan, Jura Asran s’impose comme l’un des peintres contemporains majeurs du paysage artistique ouzbek. Ses œuvres, exposées notamment à la Galerie nationale de Tachkent et au musée Islam Karimov, puisent leur inspiration dans les portraits, les paysages et les traditions de son pays. Portrait. Les touches sont appuyées, précises. La couleur franche. Du bleu… [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/jura-asran-portrait-dun-peintre-ouzbek-au-service-de-la-couleur-et-de-lintime/">Jura Asran, portrait d&rsquo;un peintre ouzbek au service de la couleur et de l’intime </a></p>
<p><strong><strong>Originaire d’Andijan, Jura Asran s’impose comme l’un des peintres contemporains majeurs du paysage artistique ouzbek. Ses œuvres, exposées notamment à la Galerie nationale de Tachkent et au musée Islam Karimov, puisent leur inspiration dans les portraits, les paysages et les traditions de son pays. Portrait.</strong></strong></p>
<p>Les touches sont appuyées, précises. La couleur franche. Du bleu… celui du ciel ouzbek et de ses coupoles, inondées de soleil en été. Si cette teinte tient une place importante dans la palette de Jura Asran toutes les nuances sont représentées. Nous sommes allés à la rencontre de ce peintre de 68 ans, dans son atelier à 20 minutes de Tachkent en Ouzbékistan, dans le district «&nbsp;Yangi Hayot&nbsp;» - <em>«&nbsp;nouvelle vie&nbsp;»</em> en ouzbek. Il s’y est établi depuis deux ans, dans le Centre culturel de ce quartier. Nous le retrouvons assis sur un tabouret à proximité d’une fenêtre. Concentré, il fixe sa toile, pinceau à la main.&nbsp;</p>
<p><em>«&nbsp;Je suis en train de réaliser une peinture représentant la grande mosquée de Çamlica à Istanbul&nbsp;», </em>raconte-t-il. Il s’agit de cet édifice religieux situé dans le quartier d’Üsküdar, sur la rive asiatique d’Istanbul, en Turquie. Elle est perchée sur l’une des collines les plus hautes de la ville. Avec ses six minarets élevés vers le ciel, elle la domine. <em>«&nbsp;Quand je l’ai vu pour la première fois, elle m’a fasciné&nbsp;»,</em> raconte Jura Asran, avant de reprendre un peu de matière dans son éventail de couleurs. Un travail minutieux. De nombreuses heures pour réaliser l’une de ces toiles. <em>«&nbsp;Cela demande énormément de concentration&nbsp;»</em>. Plus loin, exposés dans sa galerie, paysages et portraits se côtoient dialoguant ensemble dans cet espace baigné d’une lumière diffuse.&nbsp;</p>
<p><strong>Une passion pour le dessin depuis l'enfance</strong></p>
<p>C’est à Andijan, patrie du célèbre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Babur">Babur</a>, le fondateur de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_moghol">l’empire Moghol</a>, et située dans la vallée de Ferghana en Ouzbékistan, que Jura Asran voit le jour en 1957. Il est issu d’une famille de la classe ouvrière. Textiles, motifs architecturaux, miniatures… Le petit garçon grandit dans un environnement où les traditions visuelles nourrissent l . . .</p>

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		<title>« C’était parfois extrêmement désagréable d&#8217;être considérée par les siens comme une étrangère »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[jduvernet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 07:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
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		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a></p>
<p>Il y a quelques années, Marifat Davlatova, une jeune artiste tadjike de 25 ans, a été pendant un moment la personnalité médiatique la plus connue de son pays. C&#8217;était après l&#8217;exposition où elle avait montré au centre de Douchanbé, la capitale du pays, 26 portraits de ses compatriotes à moitié nues, ce qui provoqua presque une émeute. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a quelques années, Marifat Davlatova, une jeune artiste tadjike de 25 ans, a été pendant un moment la personnalité médiatique la plus connue de son pays. C&rsquo;était après l&rsquo;exposition où elle avait montré au centre de Douchanbé, la capitale du pays, 26 portraits de ses compatriotes à moitié nues, ce qui provoqua presque une émeute. <br></strong> <br><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 22 septembre 2020 par le média russe </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://fergana.site/articles/121022/" target="_blank"><strong>Fergananews</strong></a><strong>.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille et les amis de&nbsp;Marifat&nbsp;Davlatova&nbsp;ont parfois sérieusement peur pour sa sécurité physique. Dans ce pays patriarcal où l’État établit les règles de l&rsquo;habillement féminin,&nbsp;Marifat&nbsp;enlève aux femmes tadjikes leurs vêtements. En partie. Sur ses tableaux. Et cela suscite une violente critique des défenseurs des « valeurs traditionnelles ». L’artiste parle d’elle-même et de ses nus. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Des médias russes et occidentaux ont exprimé leur sympathie à son égard. Elle-même dit qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas l&rsquo;intention de quitter le pays et continue à peindre des nus, gagnant ainsi de nouveaux ennemis et de nouveaux soutiens. Pour cette jeune fille courageuse au sourire d&rsquo;écolière, tout semble aller pour le mieux.&nbsp;</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fergananews : À en juger par vos photos sur Facebook, vous êtes actuellement en Europe ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marifat</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Davlatova</strong><strong>&nbsp;:&nbsp;</strong>Je suis en Autriche, c&rsquo;est provisoire, pour mon travail.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Provisoirement ? Vous tenez donc votre promesse de ne pas quitter votre pays</strong> <strong>?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne me souviens pas avoir fait une telle promesse.&nbsp;Je voyage. Je suis très souvent à l&rsquo;étranger pour mon travail. Je ne peux pas m&rsquo;imaginer vivre sans voyager. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est très important pour moi de toujours avoir la possibilité de retourner dans mon Tadjikistan natal. Je n&rsquo;ai pas changé de nationalité et je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de le faire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marifat, je suis du même endroit que vous. Je viens du quartier 191 de Douchanbé, on l&rsquo;appelait « le village des ivrognes ». Êtes-vous originaire de Douchanbé ? De quel quartier ? Je n&rsquo;ai pas pu trouver sur Internet.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est amusant ! Jusqu&rsquo;à mes 5 ans, j’ai vécu dans le quartier 191. Ensuite j&rsquo;y retournais tous les étés pour voir ma grand-mère et mon grand-père. Après j&rsquo;ai déménagé dans le quartier 91, celui légèrement plus haut, dans lequel je vis toujours aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai eu une enfance merveilleuse. Je me rappelle que nous étions tous ensemble le soir jusque tard dans la nuit à jouer, à nous raconter des histoires d’horreur, à cueillir des mûres et des framboises pour faire de la confiture. Nous vivions dans l&rsquo;immeuble 303 … </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>là</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>qu&rsquo;habitaient</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>mes</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>camarades</strong><strong>&nbsp;de&nbsp;</strong><strong>classe</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Zoulmira</strong><strong>,&nbsp;</strong><strong>Djamched</strong><strong>.&nbsp;</strong><strong>C&rsquo;est</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;immeuble</strong><strong>&nbsp;le plus long.</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me souviens très bien de tante Anna du premier étage, vous la connaissez peut-être ?&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="330" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook.jpeg" alt="Marifat Davlatova Artiste Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46508" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook-128x86.jpeg 128w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Non, j&rsquo;ai sans doute oublié… Les gens ne vont pas croire à ces coïncidences, ils vont dire que l&rsquo;interview était arrangée ! Bon continuons, même si les larmes, comme on dit, empêchent de parler…</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, les&nbsp;larmes&nbsp;montent&nbsp;aux&nbsp;yeux&nbsp;quand&nbsp;on se&nbsp;souvient&nbsp;de&nbsp;ces&nbsp;années…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au début du mois de septembre, c&rsquo;était le deuxième anniversaire de votre exposition. Vous avez reçu des tonnes de menaces et d&rsquo;injures, notamment sur les réseaux sociaux. Êtes-vous devenue plus dure, plus méchante ? Moi je le deviendrais si je lisais ce genre de choses sur moi.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, absolument pas. Je me suis efforcée de rester indifférente à tout cela, de ne pas le prendre trop à cœur. Je peux dire tout à fait le contraire : je suis aujourd&rsquo;hui beaucoup plus gentille et douce qu&rsquo;avant. Ces dernières années ont été riches et imprévisibles, pas toujours faciles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur&nbsp;</strong><strong>Novastan</strong><strong>&nbsp;:&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/pourquoi-les-femmes-dasie-centrale-commencent-a-se-devetir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Pourquoi les femmes d’Asie centrale commencent à se dévêtir</strong></a>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes rapports avec les gens ont changé, l&rsquo;image que je me fais d&rsquo;eux, de ce monde. J&rsquo;ai commencé à voir tout cela de façon plus simple, j&rsquo;ai appris à être calme. Et surtout j&rsquo;ai appris à être reconnaissante. Cela s&rsquo;est révélé beaucoup plus difficile que je pensais.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous reconnaît-on dans la rue ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains endroits. Dans le Pamir, à&nbsp;Khorog, par exemple, où je suis allée pour un voyage. Des hommes sont venus vers moi dans un café et m&rsquo;ont conseillé de peindre des paysages et des natures mortes.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2.jpeg" alt="Marifat Davlatova Artiste Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46509" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/facebook2-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;était</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>une</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>menace ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. Dans un de mes tableaux, on voit une calotte brodée du Pamir, il est possible qu&rsquo;ils se soient sentis blessés… Mais au même endroit, dans le Pamir, il y a eu aussi des gens qui m&rsquo;ont soutenue et m&rsquo;ont même proposé leur aide. Il y a eu différentes réactions, mais le plus souvent on me remercie pour mon courage et mon attitude. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&rsquo;enchante le plus, c&rsquo;est qu&rsquo;aussi bien des hommes que des femmes me remercient. J&rsquo;ai moi-même été étonnée par le soutien venant de l’extérieur. Je n&rsquo;espérais pas cela au début. Mais ce soutien m&rsquo;a donné de l&rsquo;énergie et encore plus d&rsquo;inspiration.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On dit que pour votre exposition, vous avez demandé de l&rsquo;aide à des organisations féministes occidentales, mais que vous avez essuyé un refus. Elles auraient considéré trop provocante l&rsquo;idée de monter une telle exposition dans une société traditionnelle.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je ne me suis pas adressée à des organisations féministes, mais à plusieurs organisations internationales dont je ne souhaite pas donner les noms. Mais c&rsquo;est vrai, ces organisations ont refusé. Certaines ont expliqué leur refus en disant que l&rsquo;exposition pourrait provoquer des troubles, d&rsquo;autres n&rsquo;ont rien répondu. J&rsquo;ai alors décidé de l&rsquo;organiser toute seule.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je voudrais tout de même clarifier le sujet. Dans une </strong><a rel="noreferrer noopener" href="https://asiaplustj.info/news/life/culture/20180915/eto-ne-ih-zhentshini-a-moi-marifat-davlatova-o-svoei-vistavke-v-tadzhikistane" target="_blank"><strong>interview à Asia Plus</strong></a><strong> vous avez dit que le thème du nu est apparu dans votre travail après que vous vous êtes fait attaquer par deux hommes qui voulaient, comment dire, faire connaissance, et qui ont pris votre téléphone pour connaître votre numéro  : « Je suis devenue agressive et j&rsquo;ai peint ces tableaux pour ne pas mourir après cette agression ».</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En lisant cette interview, je vois une tout autre&nbsp;Marifat. Bien des choses ont changé à présent, j&rsquo;ai changé. Deux années ont passé depuis, et même si ce n&rsquo;est pas considérable, ce n&rsquo;est pas rien. Pour être tout à fait exacte, dès le début de ma peinture, j&rsquo;ai été inspirée par la beauté féminine, les femmes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je ne pensais pas du tout faire une exposition. Mais peu à peu, en voyant mes travaux, des gens m&rsquo;ont fait des remarques, m&rsquo;ont dit que je ne devais pas peindre ainsi au Tadjikistan, que ce n&rsquo;était pas admissible. Je ne les ai pas écoutés, j&rsquo;ai continué à faire ce qui me plaisait. Mais toutes ces remarques, l&rsquo;étonnement du public, m&rsquo;ont amenée à l&rsquo;idée d&rsquo;une exposition. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet incident du téléphone a été la goutte d&rsquo;eau qui fait déborder le vase, qui a mis à bout ma patience. La façon dont les femmes sont considérées chez nous n&rsquo;est pas un secret. Il y a souvent un mépris grossier, ils ne voient simplement pas une personne dans une femme, ni son âme. Ils ne comprennent pas que les femmes se sentent mal et blessées. J&rsquo;ai décidé de montrer à mes compatriotes que la femme est belle, que son corps est beau et qu&rsquo;elle a aussi une belle âme.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls.jpeg" alt="Nudité Art Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46512" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/two_girls-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La réaction violente du public a-t-elle été une surprise pour vous ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me doutais bien qu&rsquo;elle serait négative, mais je ne pensais pas que tout cela prendrait une telle ampleur&#8230; Je fais simplement ce que je sens. Je ne veux pas vivre dans la cage de l&rsquo;opinion générale. Et c&rsquo;était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivant à Douchanbé, j&rsquo;ai pu voir toutes sortes de jeunes tadjiks de la grande ville, filles et garçons, qui se considéraient jadis comme « Russes », aujourd&rsquo;hui comme « Occidentaux », c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils vivent sans tenir compte des traditions. On dit même qu&rsquo;ils ne maîtrisent pas leur langue…</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la langue me préoccupe aussi. Depuis l&rsquo;enfance. À la maison, nous parlons tadjik, mais c&rsquo;est un tadjik très différent de la langue de la rue, plus littéraire, proche du farsi. Avec le tadjik parlé aujourd&rsquo;hui, ou plus exactement avec sa variante populaire, j&rsquo;ai évidemment des problèmes. Je me rappelle qu&rsquo;enfant, je n&rsquo;arrivais pas à comprendre pourquoi nos voisins parlaient différemment, et parfois je ne pouvais tout simplement pas les comprendre. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J’étais allée voir mon père en lui demandant : « Est-ce que je ne devrais pas apprendre à parler ce dialecte ? » Ce à quoi mon père a répondu : « Non, en aucun cas, tu ne dois pas faire ce que font tous les autres. Agis comme cela te convient, comme tu le ressens au fond de ton cœur. » C&rsquo;est cette règle que je suis depuis ce jour, et pas seulement par rapport à la langue. </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="352" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem.jpeg" alt="Poème Art Tadjikistan" class="wp-image-46511" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/poem-300x213.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que répondez-vous d&rsquo;habitude aux critiques qui disent que chez les Tadjikes, il n&rsquo;est pas d&rsquo;usage de montrer un corps nu dans l’art ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je leur parle du <em>Livre des Rois</em> de Ferdowsi et des illustrations qui en ont été faites. Et c&rsquo;était il y a bien des siècles. D&rsquo;ailleurs ce n&rsquo;est pas seulement chez les Tadjikes que l&rsquo;on ne pouvait pas montrer et représenter un corps nu, c&rsquo;était le cas partout. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais beaucoup de peuples ont dépassé ce moment, l&rsquo;art n’est pas resté figé, et les artistes ont commencé à représenter la beauté du corps humain, beaucoup plus tôt que nous. Et je ne suis pas la première à avoir fait cela chez nous, au Tadjikistan. Cela s&rsquo;était déjà produit au XXe siècle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;parents&nbsp;</strong><strong>réagissent-ils</strong><strong>&nbsp;à&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>toiles ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père et ma mère me soutiennent toujours, ils s&rsquo;efforcent de comprendre ce que je fais. À l&rsquo;époque ils se faisaient du souci pour moi, ils voulaient me protéger, mais ils n&rsquo;ont jamais décidé pour moi qui je devais être et ce que je devais faire de ma vie. Ils m&rsquo;ont donné la possibilité de choisir, de décider par moi-même. C&rsquo;est sans doute pour cela que je n&rsquo;ai jamais compris que des gens de mon âge puissent agir contre leur volonté… </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>J&rsquo;ai lu que votre père était musicien, votre mère programmeuse.</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon père a beaucoup de cordes à son arc, mais il a une relation particulière avec la musique. Il a appris la guitare, mais aussi la flûte et le piano. Il pratique ces instruments depuis longtemps, mais c&rsquo;est dans le domaine de la finance qu&rsquo;il travaille. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/splendeurs-dasie-centrale-le-louvre-reporte-en-2022-la-premiere-grande-exposition-dart-ouzbek-en-europe/">« Splendeurs d’Asie centrale » : le Louvre reporte en 2022 la première grande exposition d’art ouzbek en Europe</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;amour de la musique lui est resté, et c&rsquo;est lui qui nous a fait découvrir le monde de l&rsquo;art, qui nous a appris à aimer la musique, la peinture et l&rsquo;histoire. Et ma mère, en plus d’être programmeuse, pratique le tir à l&rsquo;arc, elle est toujours en lice pour les championnats du Tadjikistan.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A-t-</strong><strong>elle</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>gagné</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>une</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>médaille</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas encore, malheureusement.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>NDLR</em> : <em>Marifat ne savait pas encore que peu de temps avant l&rsquo;interview, sa mère, Firouza Dovlatova, avait remporté la médaille de bronze aux championnats du pays.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous ressenti dans votre famille ce dont nous parlions tout à l&rsquo;heure, un mépris à l&rsquo;égard des femmes ? Ou bien les relations entre vos parents étaient-elles respectueuses ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Incontestablement, oui ! Aussi loin que je me souvienne, j&rsquo;ai toujours senti de l’amour et du respect dans les relations de mes parents, et c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils nous ont appris.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cela se produit-il fréquemment dans d’autres familles tadjikes, d&rsquo;après vos observations ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis mon enfance, je n&rsquo;ai pu observer des relations de famille que chez moi et chez des parents proches…et je ne peux pas dire que tout m&rsquo;ait plu. Il y avait des moments où j&rsquo;étais catégoriquement en désaccord, mais, comme cela est d&rsquo;usage en Orient, on ne donne généralement pas à l&rsquo;enfant le droit de parler ou la possibilité de s&rsquo;exprimer. Dans nos familles il y avait de l&rsquo;amour et du respect, mais j&rsquo;ai vu aussi du manque de respect du côté des hommes. Du côté des garçons, dans la rue, à l&rsquo;égard des filles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En grandissant, j&rsquo;ai commencé à exprimer mon désaccord devant de tels comportements. À cause de cela ma famille m&rsquo;appelait « rebelle ». Je voyais la peur des femmes devant les hommes. Et je ne comprenais pas d&rsquo;où elle venait. J&rsquo;étais profondément indignée quand j&rsquo;entendais dire : “C&rsquo;est un garçon, cela explique tout.” </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous que ce soit seulement inhérent à la société tadjike ? Y a-t-il en elle un mauvais atavisme ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr que non, je suis certaine que cela ne se trouve pas seulement chez le peuple tadjik, on peut aussi observer ce genre de comportement dans d&rsquo;autres nationalités, mais je l&rsquo;ai surtout remarqué dans la majorité des pays post-soviétiques. Il faudrait naturellement se plonger dans l&rsquo;histoire, quand les femmes avaient beaucoup moins de droits que les hommes, et cela, bien sûr,&nbsp;a eu&nbsp;des répercussions sur la société contemporaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parlons de vos tableaux auxquels je m’intéresse. Celui-ci avec un garçon qui pleure par exemple. Pourquoi pleure-t-il ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mes travaux expriment mon monde intérieur, mes émotions, mes sentiments. Il pleure de ressentiment et de douleur. Les larmes sont notre douleur… Enfin, je suppose. Mais je me rends compte avec le temps qu&rsquo;en parlant de mes&nbsp;œuvres, en expliquant le sens que j&rsquo;ai voulu leur donner, je commence à ne plus m&rsquo;en souvenir.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="549" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy.jpeg" alt="Art Emotions Tadjikistan" class="wp-image-46506" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/crying_boy-271x300.jpeg 271w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez montré que ce garçon, que les hommes tadjiks pleurent eux aussi. Peut-être qu&rsquo;eux aussi ont beaucoup de problèmes. Devriez-vous vous sentir désolée pour eux ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, il existe aussi de l&rsquo;injustice à l&rsquo;égard des hommes. Mais mon travail porte seulement sur les femmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On dirait qu&rsquo;après 2018, vous avez marqué une pause dans votre création. J&rsquo;ai entendu dire que vous avez perdu votre atelier à Douchanbé. On vous empêche de travailler ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, il n&rsquo;y a évidemment pas de pause. J&rsquo;ai participé début 2019 avec d&rsquo;autres artistes à une exposition à l&rsquo;ambassade de France, et en automne de la même année à l&rsquo;exposition internationale du New Jersey, aux États-Unis. En 2020 plusieurs expositions devaient avoir lieu, mais elles ont été supprimées à cause de la pandémie qui chamboule tous nos projets. Il est difficile en ce moment de planifier quelque chose. Mais je ne peux pas dire que quelqu’un m&#8217;empêche de travailler à Douchanbé, même si j&rsquo;ai évidemment beaucoup moins de possibilités créatrices ici que dans les pays européens. Et j&rsquo;ai dû renoncer à mon atelier parce que je suis constamment en voyage. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous continuez à travailler sur le nu ici en Europe ? Si oui, où trouvez-vous vos modèles ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont pas toujours des modèles, mais souvent des figures que j&rsquo;imagine. Mais il est possible ici de trouver des modèles grâce aux amis et connaissances. C&rsquo;est évidemment plus simple qu&rsquo;à Douchanbé où il me fallait d&rsquo;abord convaincre, puis modifier les traits du visage… Mais voyager en Europe fait naître en moi beaucoup d&rsquo;émotions et de sentiments nouveaux. Je fais alors des croquis, des esquisses rapides que je reprends ensuite dans des formats plus grands. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/linfluence-des-peintres-allemands-dans-lart-au-kazakhstan/">L’influence des peintres allemands dans l’art au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout récemment, j&rsquo;ai pris l&rsquo;habitude de peindre de petites cartes postales des endroits où je suis allée. Je marche beaucoup et j&rsquo;essaie de bien observer tous les détails autour de moi. Je vais là où me portent mes yeux, et pas là où veulent m&rsquo;envoyer les guides touristiques occidentaux. Mon amour pour le nu est toujours vivant en moi, mais il se transforme chaque jour. Mon monde se transforme, et je me transforme avec lui. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi travaillez-vous seulement à l’aquarelle qui est compliquée et délicate ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Justement pour cette raison ! Elle m&rsquo;apprend la patience et le calme. J&rsquo;essaie de me chercher, d&rsquo;expérimenter, de me confronter à différentes techniques, mais l&rsquo;aquarelle vit toujours avec moi. C&rsquo;est une partie intégrante de ce que je suis. J’en suis tombée amoureuse dès l&rsquo;enfance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, j&rsquo;ai pour elle un amour très particulier, et ce n&rsquo;est pas du tout une passion qui flambe et s&rsquo;éteint avec le temps. Si vous me demandiez de la comparer à quelque chose ou à quelqu&rsquo;un, je dirais que l&rsquo;aquarelle est pour moi comme un oiseau, aussi libre et légère, mais avec un caractère très compliqué.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quoi qu&rsquo;il en soit, les critiques ont fait que l&rsquo;on vous connaît maintenant… Mais pourquoi ce nom “Davlatova” ? Pourquoi n&rsquo;avez-vous pas modifié ce nom de famille “russe” ?&nbsp;</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril 2020 le parlement du Tadjikistan a interdit l&rsquo;utilisation des noms de famille et des patronymes russifiés.  Dans mon enfance je m&rsquo;appelais Marifati Iskandar, c&rsquo;est le nom de mon père. Plus tard, avant de finir ma 3ème, j&rsquo;ai changé mon nom de famille pour Davlatova, parce que c&rsquo;est le nom de mon arrière-grand-père, c&rsquo;était une façon de garder sa mémoire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous mes papiers officiels sont au nom de Davlatova, et si je changeais de nom, il faudrait tous les refaire. De plus tous les documents et certificats ne peuvent être changés. Et je ne vois pas l&rsquo;intérêt de passer beaucoup de temps là-dessus si je peux le dépenser à travailler sur mon propre développement. Je ne veux pas inventer de problèmes inutiles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je&nbsp;</strong><strong>reviens</strong><strong>&nbsp;à la question de&nbsp;</strong><strong>votre</strong><strong>&nbsp;“</strong><strong>notoriété</strong><strong>”. Avez-vous plus&nbsp;</strong><strong>d&rsquo;acheteurs</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>qu&rsquo;avant</strong><strong>&nbsp;? Qui&nbsp;</strong><strong>sont-ils</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, après 2018 les personnes ont commencé à s&rsquo;intéresser à moi, à m&rsquo;inviter pour des expositions et des évènements en dehors du pays. Quant à mes acheteurs, ce sont plutôt des acheteuses. Elles ont vu mes travaux, elles les ont aimés, elles y ont trouvé quelque chose qui était proche d&rsquo;elles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des femmes très différentes qui viennent d&rsquo;Asie centrale ou d&rsquo;autres pays post-soviétiques. Je corresponds avec beaucoup d&rsquo;entre elles, nous restons en contact, nous attendons qu&rsquo;il soit de nouveau possible de nous rencontrer, chez moi ou chez elles, et de commencer un nouveau travail. Ce sont douze femmes magnifiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;une</strong><strong>&nbsp;de&nbsp;</strong><strong>vos</strong><strong>&nbsp;toiles, il&nbsp;</strong><strong>m&rsquo;a</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>semblé</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>reconnaître</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Aliya</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Chaguieva</strong><strong>, la fille de&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;ex-président</strong><strong>&nbsp;du&nbsp;</strong><strong>Kirghizistan</strong><strong>&nbsp;</strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almazbek_Atambaev" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Almazbek</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Atambaïev</strong></a><strong>. Est-</strong><strong>ce</strong><strong>&nbsp;bien&nbsp;</strong><strong>elle</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non. Malheureusement. Je ne l&rsquo;ai pas peinte, et je ne la connais même pas personnellement. Mais elle me plaît beaucoup. J&rsquo;aime ce qu&rsquo;elle fait, j&rsquo;aime la personne qu&rsquo;elle est, je suis proche de son univers.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="620" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl.jpeg" alt="Nudité Art Féminisme Tadjikistan" class="wp-image-46510" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl.jpeg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/girl-240x300.jpeg 240w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui&nbsp;d&rsquo;autre&nbsp;vous&nbsp;plaît&nbsp;parmi&nbsp;les&nbsp;personnalités&nbsp;féminines&nbsp;d&rsquo;Asie&nbsp;centra</strong>l<strong>e, de qui&nbsp;aimeriez-vous&nbsp;faire le&nbsp;portrait ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Asie centrale, il y a énormément de femmes intéressantes. La liste serait très longue. En général, je ne fais pas très attention au statut, à la notoriété. Il arrive souvent que j&rsquo;aie envie de peindre un tableau d&rsquo;une femme que je ne connais pas, que je vois pour la première fois. Mais il y a aussi des femmes connues dans le monde entier dont la personnalité me plaît. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous</strong><strong>&nbsp;citer&nbsp;</strong><strong>quelques</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>noms</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime&nbsp;beaucoup Natalie Portman et Audrey&nbsp;Tautou.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>n&rsquo;avez</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>pas</strong><strong>&nbsp;fait de tableau de&nbsp;</strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gulnora_Karimova" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Goulnara</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>Karimova</strong></a><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non. Je n&rsquo;ai jamais pensé à elle… Mais de toute façon, la personne la plus importante pour moi est ma mère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos tableaux se vendent bien ? Les nouveaux et les anciens ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est relatif, cela dépend. Je vends des tableaux anciens, des nouveaux. Tout dépend des gens. Généralement ce sont des acheteurs étrangers. Mais j&rsquo;ai toujours beaucoup de mal à me séparer de chacune de mes œuvres, elles me manquent ensuite. Mais je comprends bien qu&rsquo;elles aussi, comme moi, ont le droit de voyager. Je ne me souviens pas exactement combien de tableaux ont été achetés, environ une quarantaine ou une cinquantaine. Le montant le plus élevé que j’ai eu était de 2 300 dollars (1909,2 euros). </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous&nbsp;</strong><strong>avez</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>dit</strong><strong>&nbsp;tout à&nbsp;</strong><strong>l&rsquo;heure</strong><strong>&nbsp;que&nbsp;</strong><strong>votre</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>père</strong><strong>&nbsp;</strong><strong>avait</strong><strong>&nbsp;beaucoup de&nbsp;</strong><strong>cordes</strong><strong>&nbsp;à son arc. Et&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime beaucoup écouter de la musique. Elle fait naître des formes, des univers dans ma tête. C’est de la musique très différente mais j&rsquo;aime beaucoup la musique classique instrumentale, l&rsquo;opéra et le jazz. Et j&rsquo;ai un amour particulier pour notre musique populaire authentique. Encore plus pour les livres. Je ne pourrais pas m&rsquo;imaginer vivre sans. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-artistes-qui-ne-sont-pas-des-rebelles-a-quoi-servent-ils-au-fait/">« Les artistes qui ne sont pas des rebelles, à quoi servent-ils au fait ? » – entretien avec Viatcheslav Akhounov</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;aime beaucoup faire quelque chose avec mes mains, créer des éléments de décoration, en bois particulièrement. Je pense que je m&rsquo;achèterai un jour les outils qu&rsquo;il faut pour cela. Je vais souvent en montagne, j&rsquo;aime photographier et faire des vidéos. J&rsquo;ai aussi un amour pour la mode qui m&rsquo;a fait étudier à l&rsquo;Institut du design et du vêtement. Il arrive encore aujourd&rsquo;hui que je couse quelque chose.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous n&rsquo;êtes apparemment encore pas mariée. Êtes-vous très exigeante dans vos choix ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est&nbsp;vrai. Je&nbsp;n&rsquo;ai&nbsp;jamais&nbsp;été&nbsp;mariée&nbsp;et je&nbsp;n&rsquo;ai&nbsp;jamais&nbsp;aspiré&nbsp;à me&nbsp;marier. Je ne&nbsp;suis&nbsp;pas à la recherche de&nbsp;quelqu&rsquo;un,&nbsp;cela&nbsp;n&rsquo;est&nbsp;pas pour&nbsp;moi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour&nbsp;</strong><strong>vous</strong><strong>, le&nbsp;</strong><strong>mariage</strong><strong>…</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">… n&rsquo;est pas le but principal de la vie, et ce n&rsquo;est même pas, tout simplement, un but. Pour moi, c&rsquo;est simplement un mot. Mais ce qui a une grande importance pour moi, c&rsquo;est la famille. Sur ce sujet-là, mon attitude est très responsable. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si j&rsquo;ai un jour envie de lier ma vie à quelqu&rsquo;un, de fonder une famille, je voudrais que ce soit pour toujours. Il faut que ce soit vraiment la personne de ma vie, mon âme&nbsp;sœur. C&rsquo;est pour cela que je ne suis pas pressée. Chaque chose en son temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est vrai aussi pour vos toiles ? Qu&rsquo;en pensez-vous ? Je veux parler de leur réception dans notre pays ?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je&nbsp;pense&nbsp;que&nbsp;oui,&nbsp;j&rsquo;espère&nbsp;!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais pour le moment&nbsp;vous&nbsp;êtes&nbsp;en Europe. On&nbsp;vous&nbsp;a&nbsp;proposé&nbsp;d&rsquo;y&nbsp;rester&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, j&rsquo;ai eu des propositions de soutien de quelques organisations dans le monde entier, c&rsquo;est exact. Mais comme je l&rsquo;ai déjà dit, je ne souhaite pas m&rsquo;installer définitivement quelque part. Ici, je commence à avoir la nostalgie de mon pays natal, même si à part les montagnes, il n&rsquo;en reste plus grand chose… </p>


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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous n&rsquo;êtes pas une « Européenne » ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne comprends pas très bien ce que signifie “Européenne”. Je pense que l&rsquo;on appelle “Européens” ceux qui marchent ou essaient de marcher avec leur temps, qui ont leur propre opinion et qui se donnent le droit d&rsquo;agir différemment de tous les autres. Et parfois, oui, il n&rsquo;est pas facile de défendre mon point de vue, mon droit à mener la vie qui me convient. Et en cela&#8230;je suis fière d&rsquo;être tadjike.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Alexey&nbsp;Torky</strong> <br><strong>Journaliste pour&nbsp;Fergananews&nbsp;</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit&nbsp;<a rel="noreferrer noopener" href="https://fergana.site/articles/121022/" target="_blank">du russe</a>&nbsp;par&nbsp;Jacques&nbsp;Duvernet&nbsp;</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Luna-Rose Durot</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/cetait-parfois-extremement-desagreable-detre-consideree-par-les-siens-comme-une-etrangere/">« C’était parfois extrêmement désagréable d&rsquo;être considérée par les siens comme une étrangère »</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>« L’art a sa place en politique, il ne peut se cantonner aux musées », entretien avec Almagoul Menlibaïeva</title>
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		<dc:creator><![CDATA[fperez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2020 08:55:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Almagoul Menlibaïeva]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lart-a-sa-place-en-politique-il-ne-peut-pas-se-cantonner-aux-musees-entretien-avec-almagoul-menlibaieva/">« L’art a sa place en politique, il ne peut se cantonner aux musées », entretien avec Almagoul Menlibaïeva</a></p>
<p>Célèbre pour son travail de photographe et de vidéaste, l’artiste kazakhe Almagoul Menlibaïeva met en scène des modèles féminins semblant tout droit sortis d’un magazine de mode, dans un cadre qui évoque le Kazakhstan quasi-traditionnel : paysages de steppe, mur d’une mosquée, ruines de bâtiments industriels soviétiques. Transitory White s&#8217;est entretenu avec Almagoul Menlibaïeva de son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lart-a-sa-place-en-politique-il-ne-peut-pas-se-cantonner-aux-musees-entretien-avec-almagoul-menlibaieva/">« L’art a sa place en politique, il ne peut se cantonner aux musées », entretien avec Almagoul Menlibaïeva</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Célèbre pour son travail de photographe et de vidéaste, l’artiste kazakhe Almagoul Menlibaïeva met en scène des modèles féminins semblant tout droit sortis d’un magazine de mode, dans un cadre qui évoque le Kazakhstan quasi-traditionnel : paysages de steppe, mur d’une mosquée, ruines de bâtiments industriels soviétiques. Transitory White s&rsquo;est entretenu avec Almagoul Menlibaïeva de son art, du féminisme et du monde artistique kazakh.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 14 novembre 2019 <a href="https://novastan.org/de/kasachstan/wo-die-rosen-wachsen-ein-interview-mit-almagul-menlibaeva/">par notre version allemande</a>, lui-même traduit <a href="https://transitorywhite.com/articles/where-the-roses-grow">du média allemand en langue anglaise Transitory White</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">C&rsquo;est une artiste qui compte au Kazakhstan. Almagoul Menlibaïeva, née à <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> en 1969, est une artiste vidéaste, photographe, et co-conservatrice du Focus Kazakhstan Berlin (2018).  Elle est connue pour ses photographies, et ses œuvres mêlant photos et vidéos. Son travail porte sur les transformations sociales, économiques et politiques de l&rsquo;ère post-soviétique en Asie centrale, la réinvention du genre dans la décolonisation, la dégradation de l’environnement, ainsi que les mythes nomades et indigènes eurasiens.</p>
<p style="text-align: justify">
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		</p>
<p style="text-align: justify">Dans le cadre de son exposition <em>Transformation</em> au Grand Palais de Paris (2016 – 2017), elle a reçu le titre de « Chevalier de l&rsquo;Ordre des Arts et des Lettres » de la ministre française de la Culture en 2017. Elle s&rsquo;est également vue décerner le prix d’État « daryn » du Kazakhstan (1996) et le prix national « tarlan » du club de Maecenas du Kazakhstan (2003). Elle a été lauréate du Grand prix de l’art asiatique à la deuxième Biennale d’Asie centrale, à Tachkent, en Ouzbékistan (1995), et du Prix principal du Festival international du film « Kino der Kunst » (2013) à Munich, en Allemagne.</p>
<p style="text-align: justify">L&rsquo;artiste combine ces éléments avec la nudité féminine et des objets tels que des cornes de chèvre, des renards morts ou des uniformes de police. Ainsi, ses œuvres racontent au public des histoires enchevêtrées : celle du totalitarisme, de la (dé)colonisation post-soviétique et du féminisme. Victoria Kravtsova, doctorante sur le féminisme et journaliste pour Transitory White, a rencontré Almagoul Menlibaïeva pour mieux comprendre son œuvre.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Transitory White : Almagoul, parlez-moi de vos origines. Où avez-vous grandi et étudié ?</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Almagoul Menlibaïeva :</strong> Je suis née à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Almaty">Alma-Ata</a> <em>(l&rsquo;ancien nom d&rsquo;Almaty, ndlr)</em> et j’ai étudié à l’Académie nationale des arts du Kazakhstan. La culture nomade m&rsquo;a toujours intéressée, j&rsquo;ai toujours vu ça comme un grand casse-tête. Je cherchais à comprendre : qu&rsquo;est-ce que l’image ? Pourquoi doit-elle être contrôlée ? Ce n’est que récemment, quand j’ai commencé à réaliser des performances et des vidéos, que j’ai observé la sur-représentation des hommes dans cette sphère. On leur inculque un certain regard : les hommes apprennent à regarder les femmes comme des objets. C’était clair pour moi quand j’ai commencé ma carrière. Il y a eu quelques cas où mon travail m’a été volé. Alors j’ai simplement commencé à tout faire moi-même, y compris le tournage.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Considérez-vous cela comme un acte émancipateur et vous considérez-vous comme une féministe ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Bien sûr, je me dis féministe, j’emploie ce mot maintenant. Pourtant, ça m&rsquo;a pris du temps avant d&rsquo;arriver à utiliser ce terme. Pendant longtemps, je ne l’employais pas, alors qu&rsquo;en fait j&rsquo;étais féministe. Je suis née dans une famille patriarcale plutôt traditionnelle, comme il y en a beaucoup au Kazakhstan. En fait, je dirais que toute l’URSS était patriarcale. C&rsquo;est un sujet qui nécessiterait des recherches de notre part : la manière dont nous agissions à l&rsquo;époque, quelles idées, quels postulats guidaient nos vies. J’ai personnellement rencontré des problèmes à la maison, dans la famille, à l’école, à l’université et aussi quand j’ai décidé de devenir artiste. Ça a toujours été clair pour moi : ces problèmes étaient liés au fait que je sois une femme. Je dois toujours fournir deux fois plus d&rsquo;efforts que les hommes pour obtenir quelque chose. Alors bien sûr je me dis féministe, j&rsquo;utilise ce terme. Les mots, ça vient toujours plus tard finalement.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Comment définiriez-vous votre féminisme ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Je lis énormément, mais je ne vais pas me référer ici à des auteurs ou des théories. Il existe beaucoup de clichés sur le féminisme et personne ne peut agir parfaitement sans contradiction. Proposer des opinions et des descriptions multiples et variées du féminisme, c&rsquo;est un moyen possible pour le transformer en un concept dans lequel tout le monde puisse se retrouver.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">Paroles de féministes et militants LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Mon féminisme doit être parfaitement en phase avec mes idées. Sans forcément citer des théoricien.ne.s, j&rsquo;ai en tête des artistes féminines de différentes nationalités – et leur façon de coloniser ou de libérer l’image. J’aime <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Abramović">Marina Abramović</a>, j’aime les féministes racisées d’Afrique, de Cuba. Nous ne pouvons pas laisser le féminisme rester cette version élitiste « propre ». Elle doit être multiple et proposer quelque chose à tout le monde. Nous devons élargir les objectifs pour que plus d&rsquo;hommes et de femmes possibles soient concernés. Nous devons faire en sorte que ce mot soit partout.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Existe-t-il un féminisme spécifique à l’Asie centrale ? </strong></p>
<p style="text-align: justify">Il me paraît étrange de parler de l’Asie centrale comme un tout, c’est un ensemble de pays et de nations très divers.  Je suis plutôt opposée au fait de distinguer une zone géographique particulière et de souligner la spécificité d’une région, d’un pays ou d’un groupe de pays, car cela mène à généraliser. Je suis davantage pour des stratégies individuelles, propres à chaque cas concret : à qui suis-je en train de m&rsquo;adresser ? Vais-je être comprise immédiatement ?</p>
<p><figure id="attachment_32019" aria-describedby="caption-attachment-32019" style="width: 690px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-32019" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/05/Capture1.jpg" alt="Kazakhstan art Almagoul Menlibaïeva" width="690" height="581" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/05/Capture1.jpg 690w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/05/Capture1-300x253.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 690px) 100vw, 690px" /><figcaption id="caption-attachment-32019" class="wp-caption-text">Almagoul Menlibaïeva explore le féminisme dans ses oeuvres.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Puisque vos œuvres d’art se réfèrent aux thèmes de la <a href="https://seminesaa.hypotheses.org/15314">colonialité</a> et du genre, vous devez avoir conscience que la frontière est mince, entre l’autonomisation d&rsquo;un côté, l’objectivation et l’exotisme de l&rsquo;autre. Où s&rsquo;arrête cette frontière ? Avez-vous connaissance d&rsquo;objections à votre travail ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify">Je peux imaginer que certains y voient de l’exotisme, ça n&rsquo;a jamais été mon cas. Ça a été une quête de ma propre identité. J&rsquo;ignorais qui j’étais durant de nombreuses années, j’ai grandi dans une famille russophone, je connaissais la culture russe, mais rien sur la mienne. Et un jour, j’ai commencé à l&rsquo;explorer. Alors que j&rsquo;avais environ 4 ans, un évènement s&rsquo;est produit : je reçois une poupée en cadeau et ma grand-mère la brûle. Pourquoi a-t-elle fait cela ? Car elle pensait que la poupée était inappropriée. Pourquoi préserver l’image était-il alors si important ?</p>
<p style="text-align: justify">Pendant mes études d’artisanat et d&rsquo;arts décoratifs, j’ai compris comment circulent et se transforment des idées dans les différentes cultures ; à présent, je continue d&rsquo;explorer la manière dont l’identité se reflète dans les images visuelles. Par exemple, ce motif que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Paisley_(motif)">paisley</a> &#8211; il vient en fait du Nord, des dessins des tribus sibériennes. Il a ensuite voyagé vers l&rsquo;Est, jusqu&rsquo;aux cours royales. Chaque empire garde en lui des éléments des peuples colonisés, la migration des savoirs en est un exemple actuel, bien qu&rsquo;elle suscite peu de réactions.</p>
<p style="text-align: justify">Or, une grande partie de ce qui est absorbé par la colonisation appartient d&rsquo;abord aux femmes, parce que l&rsquo;artisanat est leur domaine. Dans les aires au passé soviétique, la question du « national » a été tabou pendant très longtemps, elle revient donc d&rsquo;autant plus sur le devant de la scène aujourd&rsquo;hui. En URSS, le « national » est avant tout une construction de l’État. Par exemple, dans le passé, il existait 30 à 40 costumes nationaux différents. Les Soviétiques n&rsquo;en ont sélectionné qu&rsquo;un, pour symboliser le « patrimoine » et l’« authenticité ». On nous a légué des stéréotypes, et désormais nous devons tous travailler avec.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Il existe un phénomène intéressant dans de nombreux pays post-soviétiques, dont la Russie et le Kazakhstan. Alors que la politique officielle de l’URSS était athée, avec des terres confisquées aux églises et des persécutions contre les chefs religieux, la situation a radicalement changé après la dissolution de l’Union soviétique. Est-ce lié à la recherche de l’identité, à la volonté d&rsquo;appartenance à une autre forme de communauté, ethnique ou territoriale ?</strong></p>
<p style="text-align: justify">Pourquoi l’espace post-soviétique est-il devenu religieux ? Pour combler le vide qu&rsquo;a créé la chute du totalitarisme. Personne n&rsquo;est venu réinventer et refonder la conscience totalitaire que nous avions à l&rsquo;époque. Puis, dans les années 1990, qui a été une période très difficile, les gens se sont, sans surprise, raccrochés à la religion. Et le passé, l&rsquo;héritage du matérialisme était encore bien présent. Finalement, nous avons hérité d&rsquo;une forme de religiosité matérialiste.</p>
<p style="text-align: justify">Encore une fois, les femmes ont le plus souffert. La religion opprime d’abord les femmes. Les hommes ne sont pas les seuls coupables, nous sommes tous coupables, les femmes aussi, les femmes nous élèvent et font de nous ce que nous sommes. Les femmes ont une position très ambivalente, elles sont à la fois oppresseurs et opprimées.</p>
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<p style="text-align: justify">J’essaie de représenter cette dualité dans mon travail. De refléter mes observations. Je crois que la culture est un moyen de communiquer à travers la souffrance humaine, et cette communication est une fonction de l’art. L’art a sa place en politique, dans le journalisme, il ne peut pas se cantonner aux musées. Mon art est ma façon de communiquer mes idées, et je crois que mon langage est adapté à ce que je veux exprimer.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>L&rsquo;exposition <em>Bread and Roses</em>, que vous avez organisée en 2018, tire son titre du poème de James Oppenheim écrit en 1911. Le poète prédisait alors le succès des grèves menées par les travailleuses du textile aux États-Unis, qui se dérouleraient effectivement un an plus tard. Par sa référence aux luttes féministes et celles de la classe ouvrière, le titre est intrinsèquement politique. Or, en URSS, ces luttes s&rsquo;inscrivent dans une histoire de politique coloniale qui a cherché à effacer l&rsquo;identité nationale et ethnique&#8230;<br />
</strong><strong><br />
</strong>Cette exposition portait sur l&rsquo;URSS en tant qu&rsquo;unité féodale, sur l&rsquo;esclavagisme, sur le colonialisme et sur la manière dont la modernité soviétique a privé les gens de nationalité. Les questions de genre étaient également abordées. J’ai interviewé les femmes qui se sont fait violées dans les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karlag">camps de Karlag</a> pour comprendre comment cela était alors normalisé, pour montrer que les femmes soviétiques n&rsquo;avaient pas été libres. Nous avons cherché à explorer les possibilités d&rsquo;expression de la femme soviétique au sein du système et à comprendre à quel point la répression était liée au genre et à la sexualité.</p>
<p style="text-align: justify">J’ai travaillé avec l’État, je crois que nous avons le droit d&rsquo;exiger des choses de lui. Il faut aussi que l’État soit prêt à communiquer. Notre exposition abordait le féminisme de manière indirecte, alors que l&rsquo;idée majeure était bien le féminisme. Pour certaines personnes à l&rsquo;heure actuelle, il est impossible de dire « je suis féministe ». Yekaterina Kuznetsova m&rsquo;a raconté une histoire intéressante au sujet du camp de Karlag. Staline y envoyait les femmes de ses bureaucrates. Ses hommes devaient choisir : leur femme ou leur chef. Voilà sous quelle forme s&rsquo;exerçait le pouvoir au sein de la sphère masculine. La perspective du genre éclaire parfois des récits sous de nouveaux angles.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Ecrit par Viktoria Kravstova<br />
Journaliste pour </strong><a href="https://transitorywhite.com/articles/where-the-roses-grow"><strong>TransitoryWhite</strong></a></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://novastan.org/de/kasachstan/wo-die-rosen-wachsen-ein-interview-mit-almagul-menlibaeva/">de l’allemand</a> par Flora Perez</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Edité par Anne Pouzargues</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>
<p style="text-align: justify"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Dilnoza Tacheva : portait d’une étoile montante de l’art kirghiz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[sezimarynova]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Dec 2017 10:00:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/dilnoza-tacheva-portait-dune-etoile-montante-de-lart-kirghiz/">Dilnoza Tacheva : portait d’une étoile montante de l’art kirghiz</a></p>
<p>Elle n’a que 21 ans. Récemment diplômée en relations internationales à Bichkek, elle paraît faible et fragile à la fois. Malgré son jeune âge, et bien qu’elle n’ait pas fait l’école des beaux-arts, Dilnoza Tacheva peint des œuvres magnifiques. Ses portraits pleins de vigueur révèlent les faces cachées et les états d’âme des personnes qu’elle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/dilnoza-tacheva-portait-dune-etoile-montante-de-lart-kirghiz/">Dilnoza Tacheva : portait d’une étoile montante de l’art kirghiz</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Elle n’a que 21 ans. Récemment diplômée en relations internationales à Bichkek, elle paraît faible et fragile à la fois. Malgré son jeune âge, et bien qu’elle n’ait pas fait l’école des beaux-arts, Dilnoza Tacheva peint des œuvres magnifiques. Ses portraits pleins de vigueur révèlent les faces cachées et les états d’âme des personnes qu’elle dessine.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Depuis des siècles, les hommes recherche le beau, le majestueux, l’inimitable. D’aucuns, par leur talent et leur génie, ont longtemps tenté de le recréer. C’est le cas de Dilnoza Tacheva. Dans sa vie, l’art a toujours eu une place particulière.</p>
<p style="text-align: justify"><em>« Ma mère était artiste de profession. C’est certainement d’elle que je tiens ce merveilleux talent. Pour autant, je ne peux pas dire que je dessinais énormément, lorsque j’étais petite, ou que . . .</p>

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		<title>Une mystérieuse œuvre au Kirghizstan fait beaucoup parler</title>
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		<dc:creator><![CDATA[leaa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jun 2017 07:09:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/une-mysterieuse-oeuvre-au-kirghizstan-fait-beaucoup-parler/">Une mystérieuse œuvre au Kirghizstan fait beaucoup parler</a></p>
<p>Lors de la dernière « La Nuit des musées » le 20 mai dernier à Bichkek, le tableau de l’artiste Nastar Mamaïev, daté de 2016, a beaucoup fait parler. Il représente les deux anciens présidents du Kirghizstan, Askar Akaïev et Kourmanbek Bakiev, à genoux devant les présidents de la Biélorussie et de la Russie. Entre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/une-mysterieuse-oeuvre-au-kirghizstan-fait-beaucoup-parler/">Une mystérieuse œuvre au Kirghizstan fait beaucoup parler</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lors de la dernière « La Nuit des musées » le 20 mai dernier à Bichkek, le tableau de l’artiste Nastar Mamaïev, daté de 2016, a beaucoup fait parler. Il représente les deux anciens présidents du Kirghizstan, Askar Aka</strong><strong>ïev et Kourmanbek Bakiev, à genoux devant les présidents de la Biélorussie et de la Russie. Entre eux se trouvent deux autres silhouettes, non identifiées.  </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan, sur la base d’un article publié sur </strong><a href="http://zanoza.kg/doc/357571_skandalnaia_kartina_ketsin._kakoy_prezident_stoit_na_koleniah.html"><strong>Zanoza.kg</strong></a><strong>, vous en dit plus sur cette œuvre.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’une des œuvres polémiques de la dernière <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/bichkek-se-prend-au-jeu-de-la-nuit-des-musees/">« Nuit des musées »</a> organisée à Bichkek le 20 mai dernier. Le tableau de Nastar Mamaïev, présenté dans le cadre de l’exposition au Musée national des Beaux-Arts Gapar Aitiev, a été au cœur de l’attention. Dans cette œuvre, deux anciens présidents du Kirghizstan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Askar_Aka%C3%AFev">Askar Akaïev</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kourmanbek_Bakiev">Kourmanbek Bakiev</a>, sont à genoux devant <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Loukachenko">Alexandre Loukachenko</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Poutine">Vladimir Poutine</a>, respectivement président de la Biélorussie et de la Russie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/bichkek-se-prend-au-jeu-de-la-nuit-des-musees/">Bichkek se prend au jeu de la Nuit des musées</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nastar Mamaïev a participé aux deux révolutions kirghizes, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_des_Tulipes">en 2005</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_kirghize_de_2010">2010</a>, et raconte à Zanoza.kg pourquoi il a décidé de réaliser une telle œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Il est regrettable qu’après tant de souffrances et de sang versé, nos autorités ne puissent pas extrader les anciens présidents. Nous sommes entrés dans l’<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/tout-retracer-le-chemin-du-kirghizstan-vers-lunion-eurasiatique/">Union économique eurasiatique</a>. Je pense que l’une des conditions d’entrée aurait dû être l’extradition des ex-présidents »</em>, affirme Nastar Mamaïev.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une dénonciation de l’impuissance politique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Askar Akaïev a été renversé lors de la <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/askar-akaiev-revient-sur-les-evenements-de-mars-2005/">Révolution des Tulipes</a> en 2005 ; il a trouvé refuge en Russie. Quant à Kourmanbek Bakiev, il vit depuis les évènements d’avril 2010 en Biélorussie avec sa famille. Bien que les autorités kirghizes actuelles aient réclamé <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-poursuites-contre-janysh-bakiev-signent-elles-la-fin-de-la-politique-clanique-du-kirghizstan/">l’extradition de son frère</a>, elles n’ont jamais demandé l’extradition de l’ancien président.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après l’artiste, le pouvoir actuel trouve aussi un intérêt dans le non-retour des présidents déchus, car si extradition et procès il y avait, des questions seraient posées au tribunal et l’on commencerait à parler. <em>« Les anciens présidents ont signé ces documents et vendu le Kirghizstan, mais le gouvernement actuel était aussi proche d&rsquo;eux et a également vu ces mêmes documents, mais cela ne l’a pas arrêté. C’est pourquoi il n’en est pas moins à blâmer »</em>, a-t-il-ajouté.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Libérer la parole des artistes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce tableau est dessiné dans le style d’avant-garde et l’artiste y montre ce qui l’inquiète et ce qui se passe en ce moment dans le monde. L’homme se plaint de la peur présente chez les artistes de raconter à travers l’art ce qu’ils ont dans la tête, peur qui les pousserait à se préoccuper uniquement de la meilleure façon de se protéger.  <em>« Ils ne peignent que des fleurs et des chevaux »</em>, se désole Nastar Mamaïev.</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les deux silhouettes au centre du tableau, Nastar Mamaïev l’explique ainsi : <em>« L’homme debout avec le drapeau du Kirghizstan, c’est notre président. Celui agenouillé, c’est probablement un ancien président. Peut-être que ça pourrait aussi être à sa place Poutine ou Loukachenko. Cela dépendra du fait qu’on accepte la situation ou bien que l’on exige une extradition »</em>, explique l’artiste.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit du russe par Léa André</strong></p>
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		<title>L’érotisme de la steppe : pourquoi Nikolaï Khloudov peignait-il les femmes kazakhes nues?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sonia Dellong]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Apr 2017 19:22:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Nikolaï Khloudov]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Polémique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lerotisme-de-la-steppe-pourquoi-nikolai-khloudov-peignait-il-les-femmes-kazakhes-nues/">L’érotisme de la steppe : pourquoi Nikolaï Khloudov peignait-il les femmes kazakhes nues?</a></p>
<p>Sur les réseaux sociaux kazakhs, un scandale a éclaté autour du tableau de Nikolaï Khloudov représentant des femmes kazakhes à moitié nues. Qu’est-ce qui, dans ce tableau, dépeint de la réalité, et qu’est-ce qui tient au contraire de l’imagination de l’artiste? Novastan traduit et reprend ici un article paru originellement sur Informburo.kz. Les œuvres classiques [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Sur les réseaux sociaux kazakhs, un scandale a éclaté autour du tableau de Nikolaï Khloudov représentant des femmes kazakhes à moitié nues. Qu’est-ce qui, dans ce tableau, dépeint de la réalité, et qu’est-ce qui tient au contraire de l’imagination de l’artiste?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan traduit et reprend ici un article paru originellement sur <a href="https://informburo.kz/stati/stepnaya-erotika-pochemu-hludov-risoval-kazashek-golymi.html">Informburo.kz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les œuvres classiques de Nikolaï Khloudov, qui exerçait son art fin XIXème-début XXème siècle, sont récemment devenues l’objet d'une polémique au Kazakhstan. <a href="https://www.facebook.com/1271383299599531/photos/a.1271410846263443.1073741828.1271383299599531/1388408917896968/?type=3&amp;theater">Sur Facebook</a>, le tableau <em>« Femmes kazakhes battant la laine » </em>a provoqué l’indignation des hommes kazakhs.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le tableau de Khloudov, on trouve une image du quotidien : des femmes kazakhes en habit traditionnel battent une peau de mouton avec des bâtons pour préparer du feutre. Certaines de ces femmes le font la poitrine nue.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une oeuvre qui, dans son musée, ne choque personne</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le tableau se trouve dans Musée central d’Etat du Kazhakhstan, à Almaty, où une salle entière est dédiée à Khloudov. Dans cette salle, cette œuvre semi-érotique ne dérange personne.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est lorsqu’elle est apparue sur les réseaux sociaux qu’est né le scandale. Ceux qui postent des commentaires, connaissant manifestement très mal les travaux de Khloudov et n’ayant à l’évidence pas mis les pieds dans un musée depuis bien longtemps, vont presque jusqu’à qualifier le tableau de “fake”. <em>« L’artiste l’a imaginé. Il est impossible que nos femmes se soient laissées peindre de la sorte »</em> écrit Dias Batybekouly, un internaute.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a été décidé que l’oeuvre de Khloudov n’était absolument pas fidèle à la réalité,  et qu’il avait dessiné à ces matrones kazakhes de haute éducation des mamelles telles qu’il n’y en eut jamais sur terre. <em>« Essayez un peu de déshabiller nos femmes! Les tableaux de Khloudov déforment la réalité »,</em> estime de son côté Rouslan Chyntas, un autre internaute.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://informburo.kz/stati . . .
</p>

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