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	<title>Anissa Sabiri | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Anissa Sabiri | Novastan France</title>
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		<title>A la recherche des Rythmes du temps perdu au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[zdenadai]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Sep 2021 06:18:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/a-la-recherche-des-rythmes-du-temps-perdu-au-tadjikistan/">A la recherche des Rythmes du temps perdu au Tadjikistan</a></p>
<p>Avec son dernier documentaire Les rythmes du temps perdu, Anissa Sabiri propose un voyage à travers les régions les plus reculées du Tadjikistan, derniers vestiges d&#8217;une culture ancienne. Novastan a eu l’occasion de voir en exclusivité le film de la jeune réalisatrice tadjike et de s’entretenir avec elle.&#160; «&#160;Quelqu&#8217;un a dit que les traditions sont [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/a-la-recherche-des-rythmes-du-temps-perdu-au-tadjikistan/">A la recherche des Rythmes du temps perdu au Tadjikistan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>Avec son dernier documentaire <em>Les r</em><i>ythmes du temps perdu</i>, Anissa Sabiri propose un voyage à travers les régions les plus reculées du Tadjikistan, derniers vestiges d&rsquo;une culture ancienne. Novastan a eu l’occasion de voir en exclusivité le film de la jeune réalisatrice tadjike et de s’entretenir avec elle.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></b></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<i>Quelqu&rsquo;un a dit que les traditions sont comme un fil de vie porté à travers le temps, un lien avec nos ancêtres, une sorte de code pour communiquer entre les générations passées et futures</i> ». Cette phrase d&rsquo;ouverture situe d&#8217;emblée le documentaire <em>Les rythmes du temps perdu.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film de 45 minutes a été réalisé par Anissa Sabiri, une réalisatrice tadjike. Il se présente comme un travail ethnographique captant des instants de vie des contrées les plus reculées du Tadjikistan, «&nbsp;<i>un pays méconnu au fin fond duquel s&rsquo;éteignent les dernières braises d&rsquo;une culture ancienne</i> ». Le film a été finalisé durant les études de la réalisatrice, <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-documentaire-sur-la-musique-rituelle-tadjike-en-preparation-a-londres/">à Londres</a>.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">

Le court-métrage est présenté pour la deuxième édition du <a href="https://www.calvertjournal.com/filmfestival">festival du film du Calvert Journal</a>, qui se déroulera en ligne du 18 au 31 octobre prochain. Le festival cherche à explorer les questions contemporaines de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, et des pays post-soviétiques à travers le regard de ses cinéastes indépendants.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>A la recherche de traditions ancestrales<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le Tadjikistan abrite une culture riche et complexe, avec des pratiques traditionnelles remontant à l&rsquo;époque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme"><span class="s1">zoroastrienne</span></a>. Celles-ci ont évolué parfois naturellement mais aussi en s’adaptant tant bien que mal aux exigences changeantes de l&rsquo;influence soviétique, islamique et capitaliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mettant l&rsquo;accent sur les traditions musicales, des experts locaux et des habitants des régions les plus reculées du pays racontent leurs coutumes, qu’il s’agisse d’assister à un mariage, des cérémonies du feu ou bien même, des funérailles. La vie des anciens Tadjiks a semble-t-elle toujours été rythmée par la musique, et ce documentaire donne l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre ce à quoi elle ressemblait autrefois.</p>


<p><iframe title="Rhythms of Lost Time | trailer | 2021" src="https://player.vimeo.com/video/326313281?dnt=1&amp;app_id=122963" width="500" height="281" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write"></iframe></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="s2">Interrogée par Novastan, Anissa Sabiri décrit que la réalisation de ce film résulte de ses propres expériences. Avant d&rsquo;être cinéaste</span>, la jeune réalisatrice a travaillé comme guide touristique pendant sept ans, où elle a visité les régions les plus reculées du Tadjikistan et établi des liens avec la population locale. Ainsi, Anissa Sabiri a pu être le témoin de coutumes uniques et elle a été enthousiasmée par une philosophie profonde de cette culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que citadine, Anissa Sabiri n&rsquo;est pas une habituée de ces villages isolés, mais elle est tombée sous le charme des rythmes de cette culture si puissante qui lui parlait sincèrement. Elle a alors commencé à lire et à explorer des documents ethnographiques pour mieux les comprendre. Attristée par le fait que ces traditions soient en danger, elle caressait l&rsquo;idée de les documenter, bien avant de se mettre au cinéma.<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Des pratiques uniques et une approche ethnographique&nbsp;</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournage a eu lieu en 2018, dans des régions qui ont conservé la plupart des anciennes traditions comme à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeravchan"><span class="s2">Zeravchan</span></a>, dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">vallée de Ferghana</a>, ainsi que dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>. Compte tenu de la géographie montagneuse du pays, le voyage n&rsquo;a pas été facile, mais il était important pour la réalisatrice de <span class="s1">«&nbsp;</span><em>montrer que les traditions pratiquées au Badakhchan l&rsquo;étaient aussi dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd"><span class="s2">région de Soghd </span></a></em>», décrit Anissa Sabiri à Novastan.<strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/"><strong>Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="s1">«&nbsp;</span><em>Malheureusement les traditions ont disparu dans cette région, car celle-ci est moins isolée et l&rsquo;influence d’autres cultures et de la mondialisation y est plus forte. Ce n&rsquo;est donc pas la culture qui diffère d&rsquo;une région à une autre, mais la manière dont elles peuvent réagir aux nouvelles tendances. Et comme la culture traditionnelle est confrontée à de nombreux dangers, les gens ne sont pas prêts à montrer certaines traditions </em>», estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour avoir accès aux cérémonies funéraires du Badakhchan, il lui a fallu nouer une relation de confiance avec les personnes âgées des communautés filmées. <span class="s1">«&nbsp;</span><em>Dans certains cas, le succès des tournages dépendait du soutien des autorités, de la communication avec la population locale et des relations personnelles que j&rsquo;avais grâce à mes antécédents de militante culturelle, d&rsquo;écrivaine et de guide touristique. Et quand les gens savaient qu&rsquo;il y avait de bonnes intentions, ils étaient très ouverts à participer. Mais, bien sûr, il y a toujours l&rsquo;étape suivante, qui consistait à se lier aux personnages et à leur faire confiance</em> », décrit Anissa Sabiri. La réalisatrice a du faire preuve d&rsquo;honnêteté dans son respect pour les villageois, tout en montrant sa passion absolue pour préserver leur mode de vie.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-50639 size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-1024x576.jpg" alt="tadjikistan traditions culture musique rituelle funérailles pamir " class="wp-image-50639" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-2048x1152.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00044375-min-1300x731.jpg 1300w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Rituel tadjik autour du feu, extrait du film « Les rythmes du temps perdu ».</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, en quête de traditions oubliées, la réalisatrice et son équipe transportent le public au sommet des montagnes tadjikes pour découvrir le maddo. Il s’agit d’une musique rituelle sur laquelle les Tadjiks des montagnes enterrent leurs proches. Les villageois dansent et chantent non seulement pendant les mariages, mais aussi pendant les funérailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des scènes marquante du film représente des <span class="s1">funérailles à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pendjikent"><span class="s3">Pendjikent</span></a>, dans l&rsquo;ouest du pays. Avec sa caméra intimiste, Anissa Sabiri </span>décrit un moment très difficile à<span class="s1"> filmer. «&nbsp;<em>Ce qui était le plus difficile, c&rsquo;est que les deux caméramans étaient des hommes et que nous devions filmer la partie de la cérémonie réservée aux femmes, là où les hommes n&rsquo;étaient pas autorisés à se rendre. Mais la famille nous a laissé filmer, et au début, nous gardions nos distances. Puis, je pense que tout le monde a oublié notre présence</em>&nbsp;», explique la réalisatrice. Une situation qui aurait&nbsp;probablement été &nbsp;différente dans d&rsquo;autres régions du Tadjikistan, plus conservatrices, estime Anissa Sabiri.</span><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/muhabbat-un-echange-musical-avec-le-tadjikistan/">« Muhabbat » : un échange musical avec le Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Unique en son genre, cette musique<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span><span class="s1">funéraire transcendantale</span> fascine<span class="s1"> notamment le musicien britannique <a href="https://leoabrahams.com/">Leo Abrahams</a>, un autre protagoniste, qui en a entendu un enregistrement il y a de nombreuses années. Frappé par cette beauté inhabituelle, il s’est rendu au Tadjikistan à la recherche de cette musique envoûtante afin d’en être le témoin direct.&nbsp;</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un patrimoine précieux encadré par une loi restrictive</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des propos de ce film est un message au monde : la survie de ces traditions est aujourd&rsquo;hui plus menacée que jamais. Les protagonistes du film, musiciens et historiens, le confirment. « <i>Nous avons presque tout perdu, nous avons perdu 90 % de tout le patrimoine&nbsp;</i>», affirme Goulomcho Safarov, l&rsquo;un des héros du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’URSS a sa part de responsabilités dans la disparition de ces traditions, ce sont aujourd’hui la mondialisation et la pression politico-religieuse qui font disparaître les derniers vestiges de cette culture traditionnelle. Depuis la fin de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan">guerre civile</a> en 1997, la population locale navigue entre la montée de l’autoritarisme et le conservatisme culturel.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-50641 size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-1024x576.jpg" alt="Tadjikistan traditions culture musique pamir documentaire " class="wp-image-50641" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-2048x1152.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00033050-min-1300x731.jpg 1300w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Une jeune montagnarde étend des pommes sous un soleil de plomb pour les faire sécher, extrait du film « Les rythmes du temps perdu ».</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait près de 15 ans que les Tadjiks ne sont plus autorisés à pleurer lors des funérailles d’un défunt ou à organiser une veillée, et encore moins à chanter et à danser. Depuis 2007, le gouvernement tadjik décide de ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas faire lors des événements importants de leur vie. <a href="https://www.loc.gov/item/global-legal-monitor/2018-04-02/tajikistan-law-prescribes-observation-of-national-traditions/"><span class="s2">La loi sur la réglementation des traditions et des rituels</span></a> régit tous les rituels populaires. Bien que ces rites traditionnels lors des funérailles se faisaient de plus en plus rares avant l&rsquo;adoption de la loi, celle-ci joue un rôle important dans la disparition de cette tradition.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un certain regard sur l&rsquo;histoire du Tadjikistan&nbsp;</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Anissa Sabiri est née à Douchanbé, la capitale tadjike, en 1991, tout comme le Tadjikistan indépendant contemporain suite à l’éclatement de l’URSS. C’est ce qui lui donne une vision et une approche toute particulière de l&rsquo;histoire de son pays natal dont est ressorti la nécessité de capturer des traditions en voie de disparition qui pourraient ne pas être transmises à la prochaine génération.<strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/etoiles-tulipes-et-croix-que-signifient-les-ornements-de-la-tubeteika-la-coiffe-traditionnelle-tadjike/">Étoiles, tulipes et croix : que signifient les ornements de la tubeteïka, la coiffe traditionnelle tadjike ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu’autrice primée, militante culturelle et photographe, son regard jeune sur l’histoire et les traditions passées ne peut laisser indifférent. La première du film s&rsquo;est tenue dans la capitale tadjike en mai dernier, relaie le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/news/life/culture/20210520/anisa-sabiri-ob-unikalnom-proekte-pro-pohoronnuyu-muziku-maddo">Asia-Plus</a>. Cette projection était importante aux yeux de la réalisatrice, car l&rsquo;un des objectifs du film est de montrer la culture traditionnelle à la population locale. Le résultat a été saisissant puisque de nombreux spectateurs ont déclaré qu&rsquo;ils avaient eu <span class="s1">«&nbsp;</span><em>l&rsquo;impression d&rsquo;avoir voyagé dans un autre pays</em> »&nbsp;et <span class="s1">«&nbsp;</span><em>qu&rsquo;ils ne savaient pas que ces traditions existaient </em>», décrit la réalisatrice.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone size-full wp-image-50643"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1439" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-scaled.jpg" alt="tadjikistan documentaire traditions culture musique anisa sabiri" class="wp-image-50643" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-scaled.jpg 2560w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-2048x1152.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Anisa-Sabiri_portrait-min-1300x731.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption class="wp-element-caption">Anissa Sabiri, réalisatrice de « Les rythmes du temps perdu ».</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="s1">Son film précédent,<a href="https://festagent.com/en/projects/tambur_crying"> <em>The Crying of Tanbur</em></a>, traitait de la guerre civile qui a façonné l&rsquo;identité des Tadjiks nés de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Perestro%C3%AFka">perestroïka</a> ou du début de le période post-soviétique. Elle y met en avant le son d&rsquo;un instrument de musique rituel le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamb%C3%BBr">tanbur</a>, «&nbsp;<em>qui pleure les traumatismes de la nouvelle génération&nbsp;</em>». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span class="s1">Plus largement, le travail d&rsquo;Anissa Sabiri vise à mieux saisir l&rsquo;identité tadjike et dans <em>Les rythmes du temps perdu</em>, elle remonte plus loin dans le passé. La réalisatrice souhaite «&nbsp;<em>explorer le chemin parcouru par le peuple tadjik jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui pour perpétuer les traditions </em>». Pour elle, «&nbsp;<em>les traditions sont le langage corporel et mental de l&rsquo;expression de l&rsquo;identité. Et, comme nous le voyons dans le film, notre peuple a dû subir de nombreuses guerres culturelles, et chacune d&rsquo;entre elles a effectivement affecté notre identité&nbsp;</em>».</span><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/regards-sur-le-cinema-feminin-dasie-centrale/">Regards sur le cinéma féminin d’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant ses projets futurs, Anissa Sabiri aimerait continuer à exploiter les 30 heures de vidéo et d&rsquo;audio qu&rsquo;elle a collectés pour <em>Les rythmes du temps perdu</em>. Actuellement, elle travaille aussi sur un projet de long métrage dont l&rsquo;histoire se déroule dans les derniers jours de la dissolution de l&rsquo;Union soviétique, et met en scène une jeune femme originaire d&rsquo;un village, qui tente de s&rsquo;émanciper en ville, mais rencontre de nombreuses difficultés à cause de ses origines et de l&rsquo;époque chaotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Anissa Sabiri reste très attachée aux questions des conflits d&rsquo;identité et des frontières. «&nbsp;<em>Je trouve ce thème fascinant, proche de mon cœur et très pertinent. En tant qu&rsquo;enfant du Tadjikistan post-soviétique, élevée dans une famille complètement russifiée, je ressens moi-même ce conflit intérieur&nbsp;</em><span class="s1">»</span>, décrit-elle.</p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-50645 size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-1024x576.jpg" alt="tadjikistan musique culture traditions documentaire " class="wp-image-50645" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-1536x864.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-2048x1152.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/ROLT00050000-min-1300x731.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des femmes tadjikes autour d&rsquo;un repas traditionnel, extrait du film « Les rythmes du temps perdu ».</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si Anissa Sabiri espère toucher le peuple tadjik avec <em>Les rythmes du temps perdu</em>, la réalisatrice cherche surtout une prise de conscience, et pourquoi pas la création d&rsquo;un nouveau modèle qui réintégrerait au monde moderne ce qui a été perdu. Une chose est certaine : au Tadjikistan, la musique et la danse accompagnent les gens dans la joie et la tristesse depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant une sortie en salle au Tadjikistan, ce documentaire fait désormais le tour des festivals internationaux, comme le <a href="https://www.calvertjournal.com/filmfestival">festival du film du Calvert Journal.</a> Il semble pourtant que la principale reconnaissance attende la cinéaste chez elle, lorsque ses compatriotes seront plus nombreux à voir ce film.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Zoé De Nadaï
Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Un documentaire sur la musique rituelle tadjike en préparation à Londres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2020 07:14:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Anissa Sabiri]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Film]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre civile]]></category>
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		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-documentaire-sur-la-musique-rituelle-tadjike-en-preparation-a-londres/">Un documentaire sur la musique rituelle tadjike en préparation à Londres</a></p>
<p>Anissa Sabiri travaille sur un nouveau documentaire sur le thème de la musique rituelle du Tadjikistan et intitulé Rythmes du temps perdu. Actuellement étudiante à la London film school, la jeune réalisatrice tadjike apporte une touche finale à ce film dans le cadre de ses études. Anissa Sabiri explique son travail, mais aussi les approches [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/un-documentaire-sur-la-musique-rituelle-tadjike-en-preparation-a-londres/">Un documentaire sur la musique rituelle tadjike en préparation à Londres</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Anissa Sabiri travaille sur un nouveau documentaire sur le thème de la musique rituelle du Tadjikistan et intitulé <em>Rythmes du temps perdu</em>. Actuellement étudiante à la London film school, la jeune réalisatrice tadjike apporte une touche finale à ce film dans le cadre de ses études. Anissa Sabiri explique son travail, mais aussi les approches pédagogiques et conceptuelles différentes de l’Occident, du Tadjikistan et, plus globalement, de l’Asie centrale. </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan traduit et reprend ici un article publié le 30 mars 2020 par le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20200330/rezhisser-anisa-sabiri-rasskazhet-londonu-o-tadzhikskoi-ritualnoi-muzike?tg_rhash=59df260525b319">Asia-Plus</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est un documentaire pour le moins singulier en préparation. <em>Rythmes du temps perdu</em>, réalisé par Anissa Sabiri, est en cours de montage. La jeune réalisatrice tadjike, actuellement étudiante à la prestigieuse London film school, veut évoquer la musique rituelle du Tadjikistan. <em>« Ce film a une valeur ethnographique et historique, puisqu’il raconte les rites musicaux que notre peuple a su préserver et conserver jusqu’à ce jour »,</em> affirme Anissa Sabiri au média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20200330/rezhisser-anisa-sabiri-rasskazhet-londonu-o-tadzhikskoi-ritualnoi-muzike?tg_rhash=59df260525b319">Asia-Plus</a>. Elle constate aussi, tristement, que ces rites sont au bord de l’extinction.</p>
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<p style="text-align: justify;">La première partie du film ne parle que des mélodies des régions du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>, dans l’est du pays, et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sughd">Soughd</a>, dans le nord. Une seconde partie est prévue, où les spectateurs pourront se familiariser avec le patrimoine musical d’autres régions du Tadjikistan.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Rhythms of Lost Time | trailer | 2021" src="https://player.vimeo.com/video/326313281?dnt=1&amp;app_id=122963" width="500" height="281" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Dans la première partie, qui a été réalisée avec le soutien de l’ambassade d’Allemagne au Tadjikistan et le centre culturel « Bactria », c’est une équipe internationale qui a travaillé à transmettre l’esprit à la fois original et mystique de la culture tadjike. Le film a été tourné en un mois par le caméraman russe Aleksei Venzos ; Razvan Barceti, réalisateur roumain de talent, travaille sur le montage et Leo Abrahams, producteur anglais réputé, a produit le film »,</em> explique Anissa Sabiri.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/muhabbat-un-echange-musical-avec-le-tadjikistan/">« Muhabbat » : un échange musical avec le Tadjikistan</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La réalisatrice ajoute que ce film aura une valeur particulière pour l’industrie cinématographique du pays, en particulier pour le documentaire contemporain. <em>« D&rsquo;habitude, les documentaires tadjiks sont tournés au format TV, avec la voix des témoins et experts qui commentent les images. Dans mon film, on entendra aussi parfois des voix, mais cela restera un élément mineur du récit dramatique ! »,</em> assure Anissa Sabiri.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une pédagogie très différente</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em>La réalisatrice explique ces différences par son enseignement à la London film school. <em>« Ici, la situation diffère beaucoup des écoles de cinéma post-soviétiques traditionnelles auxquelles nous sommes habitués au Tadjikistan. Cela se ressent notamment au niveau des approches méthodologiques et de la liberté artistique. L’enseignement occidental est destiné aux « adultes » »</em>, précise Anissa Sabiri.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/quel-avenir-pour-le-cinema-tadjik/">Quel avenir pour le cinéma tadjik ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ici pas de hiérarchie, chacun a sa propre opinion, et même lors de l’évaluation de l’ouvrage, l’étudiant reste libre d&rsquo;affirmer son point de vue. Le travail se fait en petits groupes où les uns étudient les travaux des autres et chacun donne son analyse. On apprend à formuler une critique saine. Ensuite, après avoir évalué le travail, le professeur ne cherche jamais à le dévaloriser, mais au contraire pose des questions à l’étudiant et le pousse à réfléchir aux points faibles »</em>, ajoute la réalisatrice.</p>
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<p style="text-align: justify;">Anissa Sabiri note également qu’il n’existe pas de déférence pour le rang. L’étudiant est libre de quitter la salle lorsqu’il n’aime pas la conférence, même si c&rsquo;est celle du lauréat d’un Oscar, ou de partir lorsque le professeur retient sa classe hors des heures d’études, et tout cela sans réprimande.</p>
<p style="text-align: justify;"><em> « Je pense que cela est très important de mettre à la disposition de chacun l’opportunité d’étudier, mais aussi celle de faire son propre choix. À mon avis, la méthode tadjike, et, plus largement centrasiatique, d’établir une hiérarchie entre l’étudiant et le professeur, est dangereuse. Cela contredit la véritable approche orientale où le professeur n’enseigne pas, mais en revanche indique la voie vers le savoir », </em>estime Anissa Sabiri<em>.  « En fait, il semble que l’Occident a emprunté cette méthode alors que nous l’avions perdue ; et maintenant, en Asie centrale, tout est devenu règlements, conventions et hiérarchie. Cela a enlevé à l’étudiant-artiste sa part de liberté. Pourtant, l’art c’est la liberté »,</em> souligne la jeune réalisatrice.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un film en préparation sur la guerre civile</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À la fin de ses études de cinéma, Anissa Sabiri regagnera son pays avec un autre film, aussi important pour le peuple tadjik. <em>« Je me concentre actuellement sur la rédaction du scénario d’un long métrage, </em>Zahhok<em>, basé sur </em>Chakhnamé,<em> et qui sera étroitement lié aux évènements de la guerre civile au Tadjikistan. Ça sera mon travail de thèse »,</em> annonce la jeune réalisatrice. La guerre civile, qui a sévi<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan"> de 1992 à 1997</a>, continue de marquer le Tadjikistan et notamment sa politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Anissa Sabiri rédige le scénario du film sous le regard des maîtres de l’école, ce qui, selon elle, est une opportunité unique. <em>« Je pense que si ce qui est prévu se réalise, ça sera une œuvre expérimentale où se mêleront genres, évènements, langues et caractères – une sorte de « Tour de Babel », de théâtre de l’absurde », </em>explique Anissa Sabiri.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Propos recueillis par Zarnigor Dadabaïeva<br />
Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20200330/rezhisser-anisa-sabiri-rasskazhet-londonu-o-tadzhikskoi-ritualnoi-muzike?tg_rhash=59df260525b319">du russe</a> par Saidov Yuldoshbek</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Edité par Christine Wystup </strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Relu par Anne Marvau<br />
</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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