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	<title>Laura Sauques, Author at Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Laura Sauques, Author at Novastan France</title>
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		<title>« Du blé jusqu&#8217;à la barbe » : quand la télévision turkmène tourne de faux reportages sur l&#8217;abondance des récoltes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Oct 2021 06:50:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[Insolite]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Propagande]]></category>
		<category><![CDATA[Sécheresse]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/du-ble-jusqua-la-barbe-quand-la-television-turkmene-tourne-de-faux-reportages-sur-labondance-des-recoltes/">« Du blé jusqu&rsquo;à la barbe » : quand la télévision turkmène tourne de faux reportages sur l&rsquo;abondance des récoltes</a></p>
<p>Au Turkménistan, des pénuries de farine sont observées depuis plusieurs années. Mais l&#8217;État refuse d&#8217;admettre les faits et produit même de faux reportages sur l&#8217;abondance du blé.Novastan reprend et traduit ici un articlepublié le 9 juin 2021 par le média turkmène Turkmen.news. Le 7 juin dernier, des employés de l&#8217;entreprise régionale Gallaonoumleri, dans la province [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/du-ble-jusqua-la-barbe-quand-la-television-turkmene-tourne-de-faux-reportages-sur-labondance-des-recoltes/">« Du blé jusqu&rsquo;à la barbe » : quand la télévision turkmène tourne de faux reportages sur l&rsquo;abondance des récoltes</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/du-ble-jusqua-la-barbe-quand-la-television-turkmene-tourne-de-faux-reportages-sur-labondance-des-recoltes/">« Du blé jusqu&rsquo;à la barbe » : quand la télévision turkmène tourne de faux reportages sur l&rsquo;abondance des récoltes</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Turkménistan, des pénuries de farine sont observées depuis plusieurs années. Mais l&rsquo;État refuse d&rsquo;admettre les faits et produit même de faux reportages sur l&rsquo;abondance du blé.</strong><strong>Novastan reprend et traduit ici un article</strong><strong>publié le 9 juin 2021 par le média turkmène <a href="https://turkmen.news/news/fake-long-wheat/">Turkmen.news</a></strong><strong>.</strong>

Le 7 juin dernier, des employés de l&rsquo;entreprise régionale Gallaonoumleri, dans la province de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Da%C5%9Foguz">Dachogouze</a>, dans le nord du Turkménistan, ont été envoyés tôt le matin pour un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samedis_communistes">subbotnik</a> inhabituel <em>(les subbotniks viennent de l&rsquo;époque soviétique : ce sont des samedis pendant lesquels des volontaires travaillent bénévolement, ndlr)</em>. Après avoir creusé une tranchée à côté d&rsquo;un champ de blé pour que des personnes âgées puissent s&rsquo;y tenir, le tournage d’un reportage télévisé sur l&rsquo;abondance des céréales a commencé.

</p>



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<p class="wp-block-paragraph">

En raison du manque d&rsquo;eau dans le nord du Turkménistan, le blé a peu poussé. Une source proche de la télévision nationale a déclaré à Turkmen News que les opérateurs n&rsquo;étaient pas en mesure de trouver un terrain approprié sur lequel filmer un reportage sur la mise en œuvre du plan régional de livraison de blé.

«<em>On leur a dit de s&rsquo;assurer que le blé devait atteindre d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre la barbe des personnes âgées</em> », a expliqué la source. C&rsquo;est alors que l&rsquo;idée d&rsquo;une tranchée lui est venue à l&rsquo;esprit. « <em>On a décidé d&rsquo;y installer les </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aksakal"><em>aksakals </em></a>(personnes âgées, ndlr)<em>&nbsp;et de placer l&rsquo;opérateur sur le terrain dans une position donnant l’illusion</em><em> que le blé avait énormément poussé</em> », continue cette même source.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des médias soumis aux autorités</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
En réalité, les problèmes de blé ne sont pas observés uniquement à Dachogouze. Fin mai, le média russophone khronika Turkmenistana a publié des <a href="https://www.hronikatm.com/2021/05/wheat-harvest/">photographies</a> des champs des régions d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahal">Ahal</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_(province)">Mary</a>. Selon les sources de la publication, dans de nombreux champs, la hauteur des tiges de blé ne dépasse pas 20 centimètres. Le 8 juin dernier, le même média a obtenu des <a href="https://www.hronikatm.com/2021/06/land-dereclamation/">photographies</a> des champs de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lebap">Lebap</a>, où la situation est similaire.

</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter wp-image-51010"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops-300x200.jpg" alt="champs blé courts route" class="wp-image-51010" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/10/fields-crops.jpg 1280w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Champ de blé dans la région d&rsquo;Akhal.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">

Le personnel de la télévision d&rsquo;État est tenu de confirmer les rapports officiels sur l&rsquo;abondance de nourriture et le succès de la politique agricole. Plus tard, si la récolte est maigre, les fonctionnaires seront confrontés au même défi, devant faire preuve d’ingéniosité afin de rendre compte à temps de la réalisation et du dépassement du plan.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>De faibles rendements dissimulés par les chefs d’État</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Les faibles rendements de blé et les faux rapports sur l&rsquo;exécution du plan sont la norme au Turkménistan. Dans les années 1990, le plan annuel était de 1,2 million de tonnes et il n&rsquo;a jamais été respecté. En 1998, le premier président, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saparmyrat_Ny%C3%BDazow">Saparmourat Niyazov</a>, a promis de punir sévèrement les responsables de la pénurie de céréale. La même année, les personnes responsables ont dû rendre compte pour la première fois de la mise en œuvre du plan. Ils ont présenté des chiffres de plus en plus élevés au président, année après année. En 2006, à la mort de Saparmourat Niyazov, les rapports indiquaient une récolte de 3,5 millions de tonnes de blé.

<strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/le-turkmenistan-se-prepare-a-une-secheresse-plus-grave-que-celle-de-2018/">Le Turkménistan se prépare à une sècheresse plus grave que celle de 2018</a></strong>

Le nouveau chef de l&rsquo;État, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdimouhamedov</a>, a fixé le plan à 1,6 million de tonnes. Les fonctionnaires ne fournissaient plus de rapports démesurés présentant des résultats trois fois supérieurs aux objectifs, mais ils n&rsquo;admettaient pas non plus les pénuries. Selon la version officielle, la récolte de céréale est presque équivalente aux objectifs du plan. En 2019, Gourbangouly Berdimouhamedov a ordonné de réduire le plan de récolte de blé à 1,4 million de tonnes, tout en augmentant le plan de récolte de coton.

</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

En 2021, la situation s&rsquo;annonce particulièrement difficile en raison de la <a href="https://turkmen.news/news/cheating-cotton-seeds/">sécheresse</a>, selon le média Turkmen News. La température de l&rsquo;air dans tout le pays est comprise entre 40 et 45 degrés Celsius. Il n&rsquo;y a pratiquement pas de précipitations. Parallèlement, une <a href="https://turkmen.news/lenta/turkmenistan-deficit-muka/">pénurie de farine</a> est observée dans le pays depuis plusieurs années.

&nbsp;
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de Turkmen.News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://turkmen.news/news/fake-long-wheat/">russe</a> par Amir Ayat</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laura Sauques </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Ouzbékistan reconnu comme l&#8217;un des centres mondiaux du tourisme religieux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Sep 2021 14:48:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Tourisme]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-reconnu-comme-lun-des-centres-mondiaux-du-tourisme-religieux/">L’Ouzbékistan reconnu comme l&rsquo;un des centres mondiaux du tourisme religieux</a></p>
<p>Ces dernières années, le flot de touristes se rendant dans les lieux saints d’Ouzbékistan a significativement augmenté, et le gouvernement ouzbek compte bien développer ce secteur économiquement intéressant pour le pays. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 5 avril 2021 par le média kazakh Kursiv. Selon les données du ministère du Tourisme [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-reconnu-comme-lun-des-centres-mondiaux-du-tourisme-religieux/">L’Ouzbékistan reconnu comme l&rsquo;un des centres mondiaux du tourisme religieux</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces dernières années, le flot de touristes se rendant dans les lieux saints d’Ouzbékistan a significativement augmenté, et le gouvernement ouzbek compte bien développer ce secteur économiquement intéressant pour le pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 5 avril 2021 par le média kazakh </strong><a href="https://kursiv.kz/news/kursiv-guide/2021-05/uzbekistan-priznan-odnim-iz-mirovykh-centrov-ziyorat-turizma"><strong>Kursiv</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données du ministère du Tourisme et du Sport de la République d’Ouzbékistan, le nombre de visiteurs issus des pays musulmans augmente depuis 2018. Ainsi, le nombre de touristes venus d’Indonésie a augmenté de 70 %, de Malaisie de 58 %, de Turquie de 54 % et des Emirats arabes unis de 53 %. </p>


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<p class="wp-block-paragraph"> Les changements quant à la législation en matière de visas y sont pour beaucoup. Des procédures particulières pour l’entrée de touristes religieux sur le territoire ont été lancées dès 2018. En 2019, l’Ouzbékistan a mis en place des visas spéciaux pour les pèlerins, le <em>Pilgrim visa</em>, comme indiqué sur le site touristique <a href="https://caravanistan.com/visa/uzbekistan/#pilgrim-visa">Caravanistan</a>, pour ceux qui s’intéressent à l’héritage culturel, historique, religieux et spirituel du pays et à ses traditions. Selon les données du Comité d’Etat pour le tourisme, les touristes religieux dépensent en moyenne 160 dollars (136 euros) en Ouzbékistan, sans compter l’avion. Les principales dépenses concernent le logement, les transports et la nourriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-met-en-place-des-visas-electroniques-pour-51-pays/">L’Ouzbékistan met en place des visas électroniques pour 51 pays</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la pandémie, les touristes religieux étrangers constituaient entre 5 et 7 % des visiteurs en Ouzbékistan, selon Saïdakhmad Raoubaïev, directeur de l’agence de voyage Yasmina-tour. Selon lui, le nombre de touristes locaux, qui se rendent souvent en pèlerinage dans divers lieux saints à travers le pays, augmente aussi. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le développement d’infrastructures pour les pèlerins</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> En février 2019, la déclaration de Boukhara a été signée. L’Ouzbékistan y est reconnu comme l’un des centres du tourisme religieux. Un peu plus tard, le classement du <a href="https://www.crescentrating.com/reports/global-muslim-travel-index-2019.html">Global Muslim Travel Index</a> a inclus l’Ouzbékistan parmi les 10 destinations les plus attractives des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique, relayé sur le site <a href="http://uzbek-travel.com/about-uzbekistan/news/uzbekistan-in-the-top-list-of-the-global-muslim-travel-index/">Uzbek Travel</a>. L’Arabie saoudite, la Turquie, la Malaisie, les Emirats arabes unis et l’Indonésie font aussi partie de ce top 10. Cependant, en termes de prestations auprès des touristes musulmans, l’Ouzbékistan se situe à la 18ème place dans ce classement. Le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan occupent respectivement la 19ème et la 20ème place.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/que-peuvent-attendre-les-touristes-en-ouzbekistan-interview-avec-le-ministre-du-tourisme/">Que peuvent attendre les touristes en Ouzbékistan : interview avec le ministre du tourisme</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement des infrastructures pour le tourisme religieux est une priorité pour le monde des affaires ainsi que pour les autorités. De nombreux nouveaux hôtels en Ouzbékistan sont construits selon les standards religieux. Par exemple, les plans des nouveaux hôtels en construction près des mausolées de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouhammad_al-Boukh%C3%A2r%C3%AE">l’imam al Boukhari</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> et <a href="https://www.sufiwiki.com/Bahauddin_Naqshband">Bakhaouddine Naqchbandi</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> étaient déjà pensés pour répondre à tous les besoins des touristes religieux. Dans les hôtels situés non loin des mosquées, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qibla">qibla</a><em>(direction dans laquelle doivent se tourner les fidèles musulmans pour prier, ndlr)</em> sera indiquée dans les chambres, celles-ci auront également des bains spéciaux pour les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tahara_(islam)">ablutions</a>, etc. </p>



<figure class="wp-block-image aligncenter wp-image-50623"><img decoding="async" width="300" height="220" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage-300x220.jpg" alt="Top 10 lieux de pelerinage Ouzbékistan" class="wp-image-50623" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage-300x220.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage-1024x751.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage-768x563.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage-1300x953.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/09/Top-10-lieux-de-pelerinage.jpg 1386w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les 10 principaux lieux de pèlerinage en Ouzbékistan.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">

Les hôtels déjà existants prennent aussi en compte les besoins des touristes religieux. Dans une interview avec Kursiv, Anna Martousévitch, la responsable du marketing de l’hôtel <a href="https://www.hyatt.com/fr-FR/hotel/uzbekistan/hyatt-regency-tashkent/tasrt">Hyatt Regency Tachkent</a> fait remarquer que, malgré le fait que l’hôtel soit originellement destiné aux visiteurs en voyage d’affaires, la qibla est indiquée dans toutes les chambres et il est possible d’emprunter un tapis de prière à l’accueil. Pendant le ramadan, les clients peuvent prendre l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iftar">iftar</a>&nbsp;lors de la rupture nocturne du jeûne.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un voyage à bas prix, entravé par le coût de l’aérien</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Le directeur de l’agence de tourisme Real Dreams à Tachkent, Farkhod Khochimov, estime que pour accélérer le développement du tourisme religieux dans la république, il est tout d’abord indispensable d’adopter des prix de billets d’avion avantageux : leur prix dissuade les pèlerins étrangers. Les autorités ont l’intention de faire baisser les prix pour permettre d’augmenter le nombre de personnes se rendant en Ouzbékistan par voie aérienne. Dans le cadre du programme de développement du tourisme religieux, les compagnies aériennes transportant des pèlerins obtiendront jusqu’à 50 % de réduction pour l’utilisation des aéroports du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/economie/adp-va-construire-le-nouvel-aeroport-de-tachkent/"><strong>ADP va construire le nouvel aéroport de Tachkent</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la pandémie de coronavirus, les liaisons aériennes reliaient l’Ouzbékistan aux villes clés de la culture musulmane, dont la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Mecque">Mecque</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dine">Médine</a>. Depuis avril dernier, les liaisons reprennent petit à petit et des négociations ont lieu pour ouvrir une ligne reliant le Pakistan avec des vols low cost d’Air Arabia et Fly Egypt. Depuis le 1er mars dernier, l’Ouzbékistan a instauré un droit d’entrée de dix jours sans visa pour les citoyens de Bahreïn, du Qatar, du Koweït, d’Oman et de Chine, comme annoncé par <a href="https://www.aa.com.tr/fr/monde/ouzb%C3%A9kistan-10-jours-de-voyage-sans-visa-dans-5-pays-/2161144">l’agence de presse turque Anadolu</a>. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un tourisme orienté vers les pays voisins</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan porte une attention particulière aux pèlerins des pays centrasiatiques voisins. Dans une interview accordée à la chaîne de télévision kazakhe <a href="https://24.kz/ru/news/economyc/item/449341-kombinirovannye-tury-zapustyat-kazakhstan-i-uzbekistan">Khabar 24</a>, le vice-premier ministre de l’Ouzbékistan, également ministre du Tourisme et du Sport, <a href="https://www.uzdaily.uz/en/post/44108">Aziz Abdoukhakimov</a>, a annoncé que le Kazakhstan et l’Ouzbékistan prévoyaient de combiner des parcours touristiques des deux pays, pour permettre aux voyageurs de visiter plusieurs lieux populaires des deux républiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les autorités ouzbèkes et kazakhes prévoient de simplifier le passage de la frontière. Pour ce faire, un programme spécial est à l&rsquo;étude, qui permettrait d’unifier les régimes de visa et de donner la possibilité de passer librement sur le territoire voisin. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des lieux de première importance dans l&rsquo;histoire kazakhe</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur de Yasmina-tour, Saïdakhmad Raoubaïev, considère qu’il y a en Ouzbékistan énormément de lieux de pèlerinage qui intéressent spécifiquement les touristes venus du Kazakhstan. « <em>Il peut s’agir d’itinéraires passant par des lieux historiques liés à des personnalités religieuses kazakhes connues. Par exemple, l’itinéraire par lequel on visite les tombeaux des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bey_(titre)">beys</a> kazakhs </em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/T%C3%B6le_Biy"><em>Töle bi </em></a><em>et Aïteke bi, auteurs du recueil de lois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeti_Jargy">Jeti jarghy </a></em>(littéralement <em>« sept dispositions législatives »</em>, ndlr)<em> qui sont situés à Tachkent et à </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Navo%C3%AF"><em>Navoï</em></a><em>, dans le centre du pays </em>», explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les touristes kazakhs peuvent aussi être intéressés par des itinéraires combinant la visite de lieux liés à des saints soufistes connus. Ce genre d’itinéraire commence dans la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_(ville)">Turkestan</a>, dans le sud du Kazakhstan, avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mausol%C3%A9e_de_Khoja_Ahmed_Yasavi">mausolée</a> du poète <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Yasavi">Ahmed Yasavi</a>, célèbre en Orient, et se poursuit à Tachkent avec la visite du <a href="https://www.advantour.com/fr/ouzbekistan/tachkent/zangiota.htm">mausolée de Zangiota</a>. <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%97%D0%B0%D0%BD%D0%B3%D0%B8-%D0%90%D1%82%D0%B0">Ce dernier</a> était un élève de <a href="https://www.wdl.org/fr/item/6935/">Khodja Akhmed Iassavi</a>, un mystique soufi. L’itinéraire se finit avec le mausolée de Hakim ota Bakirgoni au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakistan">Karakalpakistan</a>. Le prix de ce voyage religieux de cinq jours pour sept à dix personnes s’élève au minimum à 200 dollars (170 euros) par personne. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une attention particulière portée aux touristes kazakhs</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Selon Lazzat Akhanova, ambassadrice du tourisme ouzbek au Kazakhstan, les voyageurs kazakhs seront assurés de l&rsquo;intérêt de la visite de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a>. Au début du XIXème siècle, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khwarezm">Khwarezm</a> était dirigé par les représentants d’une dynastie proche de la tribu kazakhe des Konyrats. Lazzat Akhanova considère que la visite de la province de Navoï représente également un élément intéressant pour les touristes kazakhs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-gouvernement-ouzbek-vide-le-centre-de-khiva-de-ses-habitants-pour-laisser-place-aux-touristes/"><strong>Le gouvernement ouzbek vide le centre de Khiva de ses habitants pour laisser place aux touristes</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambassadrice note que l’Ouzbékistan a réussi à conserver et à maintenir en bon état les monuments historiques de la région, qui sont liés au passé du peuple kazakh. Des infrastructures modernes y ont été construites, des services y sont proposés et des guides qualifiés y travaillent. « <em>Pour nos touristes, naturellement, le principal monument est le mausolée d’Aïteke-bi, membre de la </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_j%C3%BCz"><em>Petite jüz</em></a><em>, une personnalité qui a joué un rôle très important dans l’unification du peuple kazakh. A côté, il y a le complexe </em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Chashma-Ayub_Mausoleum"><em>Tchachma</em> </a>» ajoute Lazzat Akhanova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit de l’un des principaux monuments religieux et touristiques, d’une grande importance pour les Kazakhs mais aussi tout autre visiteur puisque ce site est en lice pour être classé <a href="http://whc.unesco.org/en/tentativelists/5304/">au patrimoine mondial de l’Unesco</a>. La tradition veut qu’ici ait été enterré Nouri-ata, compagnon du prophète <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahomet">Mahomet</a>. Non loin se trouvent les tombes des adeptes du prophète. « <em>Ainsi, pendant la pandémie, alors que les frontières de nombreux pays sont fermées, l’Ouzbékistan devient une destination intéressante non seulement pour les touristes, mais aussi pour les affaires dans ce domaine</em> », remarque Lazzat Akhanova. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des rapprochements encouragés par les agences de voyage et les autorités</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> En décembre dernier, des agences de voyage du Kazakhstan et de la province de Navoï en Ouzbékistan ont conclu un accord de développement conjoint du tourisme religieux pour accroître le nombre de visiteurs dans la région. Un programme a été spécialement pensé pour diversifier le séjour dans la province de Navoï : il inclut des excursions, des activités gastronomiques, des itinéraires en montagne ou de santé. « <em>Ce dernier point jouit d’un succès plus particulier auprès des habitants des régions du sud du Kazakhstan</em> » explique Farkhod Khochimov, directeur d’une agence de tourisme à Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-et-louzbekistan-veulent-de-nouveaux-visas-pour-les-touristes/">Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan veulent de nouveaux visas pour les touristes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ouzbékistan participe aussi à l’élaboration d’un calendrier commun des événements culturels des pays du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_turcique">Conseil turcique</a>. Tachkent et <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a> réfléchissent à l’introduction d’un <a href="http://www.aucconline.com/news.php?news_id=1601"><em>Silk Visa</em></a>, une version asiatique du visa Schengen pour attirer les touristes étrangers en Asie centrale. D’autres pays devraient prochainement se joindre au projet de visa commun. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un pays au cœur&nbsp;de la route de la Soie</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> L’Ouzbékistan est unique du point de vue du tourisme religieux grâce à sa situation géographique. Le pays se situe au centre de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie">Grande route de la Soie,</a> au croisement des cultures, des civilisations et des religions. Sur son territoire sont conservés des monuments uniques de l’architecture orientale et des lieux saints de l’islam, du christianisme et du bouddhisme &#8211; ces deux derniers étaient répandus dans la région avant l’arrivée de l’islam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plus connus de ces lieux sont les mausolées des auteurs de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Had%C3%AEth">hadiths</a>, vénérés dans le monde musulman : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouhammad_al-Boukh%C3%A2r%C3%AE">l’imam al-Boukhari</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Al-Tirmidhi">l’imam at-Termizi</a>. A Boukhara se trouve le tombeau de Bakhaouddine Naqshbandi, fondateur de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Naqshbandiyya">tariqa Naqshbandiyya</a>, un des quatre ordres soufistes. A Tachkent, l’ensemble architectural Hazrate Imam et la madrassa Mouïy Mouborak comptent également parmi les lieux de pèlerinage les plus connus du monde musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-edifices-remarquables-et-lieux-uniques-a-decouvrir-a-tachkent-la-capitale-ouzbeke/">Les édifices remarquables et lieux uniques à découvrir à Tachkent, la capitale ouzbèke</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran_de_Tachkent">Coran de Tachkent</a> est conservé à cet endroit. Bien que sa véritable origine soit difficilement identifiable, il est reconnu par les croyants et les autorités ouzbèkes comme le seul Coran authentiquement attribuable à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Othm%C3%A2n_ibn_Aff%C3%A2n">Othman</a>. Il attire des musulmans du monde entier. </p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des lieux importants pour les fidèles de plusieurs grandes religions dans le monde</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"> Les chrétiens comme les musulmans vénèrent <a href="https://fr.euronews.com/voyages/2016/10/24/le-tombeau-le-plus-long">le mausolée Khodja Doniyor</a> près de Samarcande, où seraient enterrés les restes du prophète Daniel. Quant aux visiteurs chrétiens des pays de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des Etats indépendants</a>, ils peuvent voir la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_de_la_Dormition_de_Tachkent">cathédrale de la Dormition de Tachkent</a>, la plus ancienne d’Asie centrale, construite en 1871. En ce qui concerne la culture bouddhiste en Ouzbékistan, d’anciens complexes religieux se trouvent dans la vieille ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Termez">Termez</a> dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Sourkhan-Daria">province de Sourkhan-Daria</a>, dans le sud-est du pays: <a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/ouzbekistan-bouddhiste/">Faïaz Tepe</a> (Ier-IIIème siècle), Kampir Тepe, et <a href="https://www.petitfute.com/v53167-termez/c1173-visites-points-d-interet/c976-archeologie-artisanat-science-et-technique/c973-site-archeologique/289691-kara-tepe.html">Kara Тepe</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces monuments sont déjà devenus des lieux de pèlerinage pour les touristes venus du Japon, de Corée du Sud et d’autres pays asiatiques où le bouddhisme est répandu. Bientôt, de nouveaux projets attireront l’attention des pèlerins en Ouzbékistan. La république travaille à la conception d’un complexe mémorial à l’imam Motouridi à Samarcande, un important centre de pèlerinage. A Boukhara, il est prévu de bâtir un musée de l’Histoire de l’islam. A Tachkent, la construction du plus important centre de civilisation islamique de la région a déjà débuté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-en-discussion-avec-la-fondation-de-lislam-de-france/">L’Ouzbékistan en discussion avec la Fondation de l’Islam de France</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des savants connus dans le monde musulman doivent participer à la création du centre, dans la perspective que ce dernier devienne un institut majeur pour l’étude de l’héritage musulman au niveau mondial. L’institut est construit selon les traditions architecturales nationales et compte une mosquée, une bibliothèque, un centre d’informations et de ressources, un département scientifique et des salles de conférence. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Jamoliddine Tourdimov</strong><br><strong>Journaliste pour Kursiv</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://kursiv.kz/news/kursiv-guide/2021-05/uzbekistan-priznan-odnim-iz-mirovykh-centrov-ziyorat-turizma">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Laura Sauques</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Amada Blanc</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les États-Unis vont enquêter sur les militaires irradiés en Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Jun 2021 22:17:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Base militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Pollution]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-un-decret-pour-les-soldats-americains-exposes-aux-radiations-a-la-base-de-karchi-khanabad/">Les États-Unis vont enquêter sur les militaires irradiés en Ouzbékistan</a></p>
<p>Pendant la campagne antiterroriste menée par les États-Unis en 2001, des milliers de soldats étaient basés en Ouzbékistan. Depuis, 75 % d’entre eux ont souffert de cancers ou d’autres maladies. Il s&#8217;en est suivi une longue bataille pour faire reconnaitre la corrélation entre leurs maladies et leur stationnement à la base de Karchi-Khanabad. Novastan reprend [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pendant la campagne antiterroriste menée par les États-Unis en 2001, des milliers de soldats étaient basés en Ouzbékistan. Depuis, 75 % d’entre eux ont souffert de cancers ou d’autres maladies. Il s&rsquo;en est suivi une longue bataille pour faire reconnaitre la corrélation entre leurs maladies et leur stationnement à la base de Karchi-Khanabad.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 30 janvier 2021 par le média ouzbek </strong><a href="https://kun.uz/ru/61695448"><strong>Kun.uz</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 19 janvier 2021, lors de son dernier jour de fonction, le 45ème président des États-Unis, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_Trump">Donald Trump</a>, a signé un ordre exécutif concernant l’Ouzbékistan. Le nom de ce dernier : « <em>Pour la prise en charge des anciens combattants ayant servi en Ouzbékistan</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a confié au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9partement_des_Anciens_combattants_des_%C3%89tats-Unis">département des Anciens combattants</a> et au ministère de la Défense la tâche d’évaluer si la prise en charge des 15 777 soldats ayant servi à l’aérodrome ouzbek de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Base_a%C3%A9rienne_de_Karchi-Khanabad">Karchi-Khanabad</a> correspond à leur statut de vétéran ayant pris part à des combats. Ce statut est défini par des décrets juridiques et par la loi.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de la Défense des États-Unis doit mener des recherches approfondies à propos de l’intoxication des soldats américains mobilisés aux alentours de la base située en Ouzbékistan. Il devra ensuite présenter au président les conclusions des recherches par le biais du département des Anciens combattants, 365 jours après l’entrée en vigueur du décret.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un rapport devant couvrir deux aspects d’étude essentiels </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier aspect concerne l’évaluation détaillée de la situation de la base aérienne sur la période du 1er octobre 2001 au 31 décembre 2005, lorsque les forces américaines occupaient le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport devra travailler à déterminer si des toxines polluant l’air de la base étaient présentes pendant cette période. Si oui, l’étude doit définir l’origine concrète de ces toxines, leur impact à court, moyen et long terme, et l’état de santé des soldats victimes de ces toxines.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="634" height="522" class="wp-image-48464" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi1.jpg" alt="Base Militaire Karchi Khanabad Carte Ouzbékistan" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi1.jpg 634w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi1-300x247.jpg 300w" sizes="(max-width: 634px) 100vw, 634px" />
<figcaption>La base aérienne de Karchi Khanabad.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le second aspect quant à lui se concentrera sur l’étude des conséquences néfastes impactant la santé des soldats du point de vue épidémiologique. Il devra être déterminé si un diagnostic des maladies a été réalisé. Dans les deux cas, des raisons rationnelles devront être avancées. Si des diagnostics ont été effectués, leurs réalisations sont liées au service militaire et à son milieu.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La mise en place de la base de Karchi-Khanabad par les Américains</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’infrastructure militaire de la base de Karchi-Khanabad, appelée K-2 par les Américains, a été transférée aux forces de la coalition internationale pour la période d’exécution des opérations. Celles-ci consistaient en des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_contre_le_terrorisme">actions antiterroristes</a> en Afghanistan, après les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_11_septembre_2001">événements du 11 septembre 2001</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 octobre 2001, deux jours avant le lancement par le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/George_W._Bush">George W. Bush</a> de l’opération militaire globale <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Enduring_Freedom">Enduring Freedom</a>, le ministre de la Défense des États-Unis, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_Rumsfeld">Donald Rumsfeld</a>, avait fait en urgence un voyage en Ouzbékistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-la-politique-etrangere-de-louzbekistan-en-2020/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Retour sur la politique étrangère de l’Ouzbékistan en 2020</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait vu <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a> dans le but de conclure cet accord important et d’obtenir l’autorisation décisive de la partie ouzbèke. Cet aérodrome, peu connu des Ouzbeks, a ouvert en 1954 et a été très utilisé après <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cor%C3%A9e">la guerre de Corée</a> (1950-1953) et pendant <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d%27Afghanistan_(1979-1989)">l’intervention soviétique en Afghanistan</a> (1979-1989).</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une situation longtemps ignorée</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait légitime de se demander pourquoi Donald Trump, juste avant de quitter ses fonctions, a choisi de s’occuper de ce dossier plutôt que d’autres, jugés plus urgents ou plus stratégiques pour les républicains. En réalité, cette question avait émergé bien plus tôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déclencheur a été une enquête publiée en décembre 2019 par un journal de Washington faisant autorité, <a href="https://www.mcclatchydc.com/news/nation-world/national/national-security/article238510218.html">McClatchy</a>. Dans cette enquête, le journal révélait des morts gardées secrètes et des maladies cancéreuses de 61 soldats, hommes et femmes. Tous avaient servi en Ouzbékistan.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="608" height="405" class="wp-image-48465" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi.jpg" alt="Base Militaire Aérienne Karchi Khanabad Ouzbékistan" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi.jpg 608w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/karchi-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 608px) 100vw, 608px" />
<figcaption>La base de Karchi-Khanabad vue par satellite.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs de l’article sous-entendaient que la situation pouvait être en réalité bien plus sombre. Cette mission étant confidentielle, ceux qui y avaient participé n’étaient pas inclus dans ces statistiques. L’article explique également qu’à cause de l’urgence de l’opération en Afghanistan, le campement militaire destiné au repos, aux repas et au travail avait été installé à la hâte sur des terres à risque radioactif.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un terrain à haut risque : empoisonnement des sols et radioactivité</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les alentours de la base, identifiée par le Pentagone comme une zone dangereuse, était situé un entrepôt d’armes dans lequel s’était produit une explosion en 1993, ainsi que des tranchées, d’un à trois mètres de profondeur. Dans celles-ci se trouvaient du carburant pour avion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’endroit abritait également un atelier de service technique pour les aéronefs défectueux et un réservoir d’eau stagnante à teintes verdâtres, à cause de l’abandon de substances chimiques, dégageant une odeur fétide. L’objet avait été indiqué par les images satellites du renseignement américain en 1987. Cette petite parcelle de terre était chargée en uranium radioactif à faible niveau d’activité, à la suite de la destruction de projectiles soviétiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-lancienne-base-americaine-etait-radioactive-et-toxique/">Ouzbékistan : l’ancienne base américaine était radioactive et toxique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La superficie de la base avait été élargie pendant un temps, et sa surface, considérée comme dangereuse, avait été recouverte de terre et de gravier. Il a fallu huit mois pour nettoyer l’espace et le rendre adapté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cela, les soldats ont déclaré, toujours dans l&rsquo;enquête de McClatchy, qu’ils s’y étaient sentis «<em> comme dans un aquarium ». </em>Selon la saison, le campement militaire subissait des vents chauds chargés de poussière ou des pluies diluviennes, et des radiations remontaient des sols.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une vérité obstruée, au détriment des soldats </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les vétérans du K-2 ont été stupéfaits par le fait que le Pentagone n&rsquo;ait appris l&rsquo;exposition aux radiations de la zone qu&rsquo;en octobre 2001.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque les travailleurs ouzbeks participant à la préparation de la base pour les militaires américains ont commencé à tomber malades les uns après les autres, le commandement central des États-Unis a effectué des contrôles. Il a fait remarquer que <em>« l’empoisonnement des sols sur lesquels sont situés l’aérodrome constitue une menace pour la santé des soldats américains mobilisés à cet endroit</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-vieux-amis-du-president-ouzbek-larmee-americaine-et-ses-blindes/">Les vieux amis du président ouzbek : l’armée américaine et ses blindés</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre document du 15 novembre 2001, obtenu par McClatchy, mentionne qu’« <em>appeler cet endroit une décharge serait insultant envers les autres décharges</em> ». Cependant, après l’élimination des nombreux nids de vipères, la base est devenue un point militaire et humanitaire très peuplé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le capitaine de réserve Ken Richards, diagnostiqué d’un cancer du rein en 2009 et mobilisé sur la base K-2 en 2002, à l’époque des opérations américaines, les États-Unis disposaient d’autres possibilités intéressantes quant au choix du lieu. L’un des avantages de ce territoire proposé du côté ouzbek était qu’il était sécurisé.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La lutte pour la reconnaissance de la dangerosité du service</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête de McClatchy évoque également le destin du sergent-chef Jeffrey Skinner, rapidement décédé des suites d’un cancer, sans avoir eu le temps de réunir les documents nécessaires pour se faire soigner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il avait sollicité le ministère de la Défense pour obtenir des documents archivés, recevoir des allocations médicales auprès du département des Anciens combattants et convaincre l&rsquo;administration que son service avait été dangereux. Cependant, ses demandes sont restées sans réponse jusqu’à sa mort en 2017.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les anciens combattants, dont les rangs diminuent, ont créé sur Facebook le groupe privé <a href="https://www.facebook.com/groups/K2ToxicExposures">K2 Karshi Khanabad, Uzbekistan Radiation and Toxic Exposures</a>, pour garder contact et s&rsquo;informer de façon systématique. En juin 2021, ce groupe compte 4 900 membres. Des activistes ont créé la <a href="https://strongholdfreedomfoundation.org/">Stronghold Freedom Foundation</a>, d’après le nom de leur unité.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" class="wp-image-48425" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2-1024x683.jpg" alt="Base Militaire Karchi-Khanabad Ouzbékistan Pluie Inondation" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-2.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />
<figcaption>La base de Karchi-Khanabad inondée.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les données indiquent que la base hébergeait continuellement au moins 1300 soldats et que, de 2001 à 2005, entre 10 100 et 15 777 militaires américains y ont séjourné par rotations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Weidner, diagnostiqué d’un cancer du côlon en 2007, est intervenu en qualité de témoin au Congrès des États-Unis. Il est le fondateur du groupe Facebook. L&rsquo;ancien militaire a déclaré lors d’une <a href="https://www.mcclatchydc.com/news/nation-world/national/national-security/article238510218.html">interview accordée à McClatchy</a>, dans le même article, que certains militaires n’avaient pas souhaité en faire partie. Il ajoute avoir « <em>arrêté d’aller aux enterrements parce que maintenant, il y en a trop </em>».</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>L’enquête relancée, 15 ans plus tard</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir pris connaissance de ces informations, la présidente du Comité de contrôle et de réforme du Congrès des États-Unis, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carolyn_Maloney">Carolyn Maloney</a>, ainsi que le président du sous-comité national à la sécurité, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_F._Lynch">Stephen Lynch</a>, choqués par l’indifférence des deux ministères, ont lancés leur propre enquête en janvier 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont ainsi envoyé une requête au département des Anciens Combattants et au ministère de la Défense pour obtenir l’accès à tous les documents, confidentiels ou non. Aucune des deux administrations n’a fourni ses données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 27 février 2020, les membres du Congrès ont organisé une audience avec la participation des militaires ayant servi dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanabad_(rivi%C3%A8re)">Khanabad</a>, à qui des cancers ont été diagnostiqués et n’ayant pas la possibilité de recevoir une aide médicale adaptée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/tachkent-devient-lallie-principal-des-etats-unis-en-afghanistan/">Tachkent devient l’allié principal des États-Unis en Afghanistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sergent-chef Paul Weidner y a déclaré être allé en Ouzbékistan cinq fois entre 2001 et 2005, en tout 22 mois. Il a fait savoir que les militaires atteints d’un cancer n’étaient pas au nombre de 61, mais de 400 en décembre 2019. Selon lui, le commandement militaire, sachant la présence de substances toxiques, n’a ni recommandé ni mis en place les protections nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 2020, le Congrès a rappelé aux deux administrations la situation compliquée des anciens combattants, en leur adressant de nouveau <a href="https://oversight.house.gov/sites/democrats.oversight.house.gov/files/2020-03-04.CBM%20SFL%20Hice%20Meadows%20Green%20to%20Esper-DOD%20re%20K2.pdf">une lettre</a> pour obtenir une réponse plus rapide. Enfin, en avril 2020, le site du département des Anciens combattants a publié <a href="https://www.publichealth.va.gov/exposures/karshi-khanabad.asp">une page</a> internet avec les données de la base K-2. Les représentants du ministère ont informé le public que la question était en cours d’étude.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des preuves scientifiques confirmant la toxicité de la base</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’<a href="https://www.thefreelibrary.com/Evaluation+of+postdeployment+cancers+among+active+duty+military...-a0430065770">article</a> publié par le magazine médical des forces armées américaines en 2015 fait état d’un taux de développement d’une maladie cancéreuse 5,6 fois plus élevé chez les soldats ayant servi à la base K-2 que chez ceux ayant servi en Corée du Sud. En effet, 75 % des soldats ayant été basés à Karchi-Khanabad ont contracté une maladie cancéreuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le tableau récapitulatif, il est présenté 20 maladies cancéreuses observées chez les militaires, dont la leucémie, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lymphome_de_Hodgkin">lymphome de Hodgkin</a> et d’autres encore, observées chez les victimes dе <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_orange">l’agent orange</a> utilisé lors de la guerre du Vietnam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 10 documents confidentiels du ministère de la Défense ont été rendus accessibles au public pour la première fois à l’été 2020 via un communiqué sur <a href="https://oversight.house.gov/news/press-releases/national-security-subcommittee-releases-newly-declassified-documents-revealing">la page de Carolyn Maloney</a>, sur le site du Comité de la Chambre des représentants. Il y était reconnu pour la première fois que les soldats avaient bien été <em>« en contact avec un milieu sujet à des radiations et à un empoisonnement toxique</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18 novembre 2020, le Congrès a organisé une deuxième audience avec la participation de responsables des deux administrations. Lors de cette rencontre, le représentant du ministère de la Défense a soutenu que selon les derniers comptes, les soldats étaient au nombre de 15 777. Cette même semaine, une délégation ouzbèke était en visite aux États-Unis.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La bataille des vétérans pour l’obtention de soins médicaux</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La base K-2 n’était pas incluse dans le registre des territoires au climat hostile. C’est pourquoi des centaines, voire des milliers de militaires n’ont pu recevoir à temps les services médicaux appropriés. Aux États-Unis, il s’agit d’un des seuls dossiers où républicains et démocrates s’entendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un consortium sur l’exposition à des toxines des soldats américains, réunissant 20 organisations militaires d’anciens combattants, a soutenu cette opinion et a adressé un message commun aux membres du Congrès et aux sénateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2020, la question des recherches approfondies demandées par le décret du président Donald Trump a été incluse dans la répartition du budget de la défense nationale des États-Unis pour 2021. Cela, malgré l’habituelle intransigeance dans l’attribution des sommes. Il n’y a été ajouté qu’une phrase sur l’inclusion de l’Ouzbékistan, aux côtés de l’Afghanistan et de l’Irak, dans le registre des États où les déchets sont brûlés à l’air libre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" class="wp-image-48426" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3-1024x684.jpg" alt="Base Militaire Karchi-Khanabad Ouzbékistan Radiations" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3-1024x684.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3-300x201.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/06/Img-3.jpg 1140w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />
<figcaption>Panneau avertissant du danger devant la base de Karchi-Khanabad.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon <a href="https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/monographs/2005/RAND_MG338.pdf">l’article analytique</a> publié par le laboratoire d’idées RAND Corporation en 2005, la base de Karchi-Khanabad n’était pas le premier choix des États-Unis. Cependant, l’Ouzbékistan refusait de donner aux militaires l’accès à son aéroport d’aviation civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2005, l’Ouzbékistan a fait parvenir à l’ambassade des États-Unis à Tachkent une note diplomatique, dans laquelle il était demandé aux Américains de la région de Khanabad de quitter le territoire national sous 180 jours.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une base militaire révélant des tensions géopolitiques </strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque, l’Allemagne effectuait également des opérations militaires à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Termez">Termez</a>, ville ouzbèke à la frontière avec l&rsquo;Afghanistan. Mais les Allemands n&rsquo;ont pas reçu de demandes du même type.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/andijan-le-trou-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">massacre d’Andijan</a>, après lequel 450 Ouzbeks réfugiés au Kirghizstan avaient été envoyés en Roumanie sur un vol spécial que les États-Unis avaient affrété, explique cette volonté de l’Ouzbékistan de ne plus abriter les forces américaines dans la région de Khanabad. De surcroit, Washington ne payait plus l’exploitation du territoire.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas la première fois qu’il est fait mention de la tradition du gouvernement soviétique d’enterrer les armes inutilisables sans se soucier des conséquences écologiques. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sur un territoire isolé de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>, sur l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_Vozrojd%C3%A9nia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">île de Vozrojdénia</a>, depuis devenue une péninsule, avait été aménagé un laboratoire de recherche sur la guerre biologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1992, ce qu’il restait du laboratoire a été enterré, comme l&rsquo;explique un <a href="https://www.washingtontimes.com/news/2003/mar/22/20030322-090139-6048r/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article</a> du Washington Times. Il est aujourd’hui le plus important site d’enfouissement de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_du_charbon">fièvre charbonneuse</a> au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1995, la Russie a accepté de communiquer à l’Ouzbékistan des informations précises sur les armes chimiques et biologiques développées et enterrées sur cette île. À la suite de cela, Tachkent a signé un accord avec les États-Unis pour la décontamination de cet endroit dangereux. Selon des biologistes américains ayant mené des recherches sur l’île, « <em>le virus est encore présent et une décontamination totale coûterait très cher. </em>»</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Zabikhoullo Soïpov</strong><br /><strong>Chercheur indépendant en sciences politiques</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://kun.uz/ru/61695448">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laura Sauques</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-un-decret-pour-les-soldats-americains-exposes-aux-radiations-a-la-base-de-karchi-khanabad/">Les États-Unis vont enquêter sur les militaires irradiés en Ouzbékistan</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ici coulait une rivière : comment l’assèchement de l’Oural change la vie des riverains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 10:40:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Eau]]></category>
		<category><![CDATA[Le changement climatique en Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Oural]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/ici-coulait-une-riviere-comment-lassechement-de-loural-change-la-vie-des-riverains/">Ici coulait une rivière : comment l’assèchement de l’Oural change la vie des riverains</a></p>
<p>LA VIE AU FIL DU FLEUVE &#8211; L’Oural, la troisième plus longue rivière d’Europe, a perdu de sa profondeur ces dix dernières années. C&#8217;est devenu particulièrement visible ces trois dernières années. Pour mieux comprendre en quoi l’assèchement de l’Oural change la vie des riverains, les journalistes Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov sont allés à la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/ici-coulait-une-riviere-comment-lassechement-de-loural-change-la-vie-des-riverains/">Ici coulait une rivière : comment l’assèchement de l’Oural change la vie des riverains</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>LA VIE AU FIL DU FLEUVE</strong> &#8211; <strong>L’Oural, la troisième plus longue rivière d’Europe, a perdu de sa profondeur ces dix dernières années. C&rsquo;est devenu particulièrement visible ces trois dernières années. Pour mieux comprendre en quoi l’assèchement de l’Oural change la vie des riverains, les journalistes Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov sont allés à la rencontre de ceux qui vivent le long du fleuve et dépendent de lui.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan traduit et reprend ici un article publié le 27 janvier 2021 par le média en ligne kazakh </strong><a href="https://vlast.kz/story/43543-ranse-byla-reka.html"><strong>Vlast</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet article fait partie de la série “Little People, Big River”, <a href="https://docs.google.com/document/d/17xs4m0HuMbFwT303tZTZiQIHA2V-USHL9Cl6ejOYsjI/edit">un projet journalistique</a> soutenu par le média allemand <a href="https://n-ost.org/">n-ost</a>, le centre kazakh <a href="https://medianet.kz/?lang=en">MediaNet</a> International Centre for Journalism et <a href="http://www.bmz.de/de/index.html">le ministère allemand de la coopération économique</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le long de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oural_(fleuve)">Oural</a>, dans le district du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan-Occidental">Kazakhstan-Occidental</a>, les rives du fleuve sont reliées par trois ponts et des passeurs. Chaque année, ces passeurs du Kazakhstan-Occidental font traverser jusqu’à un demi-million de personnes. </p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce à eux, les riverains peuvent aller chez des amis, célébrer des mariages, s’approvisionner en nourriture, obtenir des documents ou conduire leur commerce agricole. Les passeurs font même traverser occasionnellement des cortèges funéraires d’une berge à l’autre.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le chemin vers la traversée</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Pour voir leur travail, Loukpan Akhmediarov, journaliste d’investigation présenté ici par <a href="https://rsf.org/fr/hero/lukpan-akhmediarov">Reporters Sans Frontières</a>, et Raoul Ouporov, photographe documentaire présenté par <a href="https://ieres.elliott.gwu.edu/project/the-other-side-of-oil/">l’Institut des Etudes Européennes, Russes et Eurasiennes</a> de l’Université Georges Washington, doivent effectuer un voyage de 500 kilomètres. Leur route commence avant le village de Batourino, dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/District_d%E2%80%99Akjaik">district d’Akjaik</a>, le long de la partie européenne du fleuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En périphérie du village, une route en terre battue longe le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lit_majeur">lit d’inondation</a> du fleuve. Pour sillonner la campagne, la terre battue vaut les routes bétonnées, comme celle qui va d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oural_(Kazakhstan)">Ouralsk</a> à Batourino. Les journalistes suivent le lit d’inondation du fleuve tout au long d&rsquo;une forêt derrière laquelle coule l&rsquo;Oural. Sur leur route, ils arrêtent deux voitures pour savoir où trouver le passeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Suis la route en terre battue, ne te perds pas&nbsp;</em>», leur recommande le conducteur d’une vieille Lada 110. Il a deux passagers dans sa voiture. L’habitacle est plein à craquer de couvertures. Une malle est accrochée sur le toit. «&nbsp;<em>Ma fille s’est mariée à un gars de Taïpak. Les grands-mères lui ont cousu des couvertures et des </em><a href="https://kazakhstan.travel/publications/fr/50/the-art-of-handicraft-what-to-bring-back-from-kazakhstan"><em>korpés</em></a><em> pour sa nouvelle maison&nbsp;</em>» ajoute-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, on pouvait se perdre à cet endroit il y a dix ans. De la lisière de la forêt au village de Batourino, il y avait des herbes hautes et quelques lacs. «&nbsp;<em>Avant, ici, il n’y avait que des pêcheurs qui venaient, ou bien les locaux qui cueillaient des baies dans les bois. Mais maintenant tout est sec. Les lacs sont asséchés, l’herbe n’est plus comme avant. Alors on peut rouler plus facilement : on voit tout autour</em>&nbsp;» leur explique le conducteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-force-de-naryn-temoignages-de-riverains-sur-levolution-de-cette-grande-riviere-kirghize/"><strong>« La force de Naryn » – témoignages de riverains sur l’évolution de cette grande rivière kirghize</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage qui entoure les journalistes confirme ses dires&nbsp;: les rares bosquets sont constitués de jeunes arbres frêles aux branches sèches. Ici et là, on voit des troncs secs et des arbres renversés. Depuis que les villages du côté européen sont approvisionnés en gaz,  les habitants ne vont plus chercher de bois en forêt. Sur le chemin pour aller au bois, Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov passent à côté de trois ou quatre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bras-mort">bras morts</a> asséchés. Des saules et des roseaux secs témoignent de l’ancienne présence d’eau.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le système des bacs, unique moyen de traverser</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Ils entrent finalement dans le bois, et 200 mètres plus loin, arrivent sur les berges du fleuve. Sur la rive même, deux rampes, un vieux lit en fer et un tuyau, bien enterré dans le sol, auquel est attaché un câble métallique qui relie l’autre rive. La rive sur laquelle les journalistes se trouvent est en pente douce, celle d’en face est abrupte. Sur cette dernière est amarré le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bac_%28bateau%29">bac</a>, deux barils métalliques coupés en long, dont le pont est bordé d’une barrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un homme sort de la cabine et demande aux deux hommes, en kazakh,&nbsp;s’ils souhaitent traverser. «&nbsp;<em>J’arrive</em>&nbsp;» lance l’homme, avant de se tourner de l’autre côté de la cabine. Bientôt, un deuxième homme en sort. Ils descendent tous les deux sur la berge et commencent à approcher le bac de la rive en tirant sur la corde.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-2.jpg" alt="Oural Passeurs Traversée Bacs  Environnement Kazakhstan" class="wp-image-46820" title="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-2.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-2-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-2-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-2-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un passage de traversée, bac et passeurs attendent des voyageurs.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le bac accoste quelques minutes plus tard. Ayant remarqué que Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov les prennent en photo, ils s’intéressent discrètement à l’identité des voyageurs et à la raison de ces photos. Les deux hommes leur expliquent qu’ils sont journalistes et qu&rsquo;ils recueillent des informations sur le fleuve et ceux qui vivent le long de l’Oural. « <em>C’est un peu tard pour prendre des photos. Les rivières disparaissent. Si le fleuve continue à perdre de son volume comme ça, dans un ou deux ans le bac ne sera plus nécessaire</em> » commente l’un des passeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-disparition-du-fleuve-oural/"><strong>La disparition du fleuve Oural</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième passeur pose des rampes d’accès en bois entre le bac et la rive et montre à ses passagers comment embarquer la voiture. Ces derniers leur posent une série de questions&nbsp;: les rampes supporteront-elles le poids de la voiture&nbsp;? Le bac ne va-t-il pas se retourner au milieu du fleuve&nbsp;? Comment faire pour passer sur cette construction ? « <em>Ne t’inquiète pas&nbsp;! On peut faire passer deux voitures en une fois. Personne ne s’est encore plaint.</em>&nbsp;» s’amuse Kouandyk, l’un des passeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes roulent craintivement sur les rampes fragiles et arrivent sur le pont. Les passeurs leur font signe d’avancer jusqu’au bout du bac. «&nbsp;<em>Laisse rouler et éteins le moteur</em>&nbsp;» recommandent-ils aux voyageurs avant de caler les roues avec des sabots en bois pour qu’elles ne bougent pas.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="677" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min-1024x677.png" alt="Passeurs Bacs Traversée Oural Kazakhstan Environnement" class="wp-image-46823" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min-1024x677.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min-300x198.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min-768x508.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min-128x86.png 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-3-min.png 1235w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Kouandyk et Baourjane accostant le bac.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes tirent sur le câble enroulé en spirale autour d’une barre de fer, au bout de laquelle se trouve une poulie. Les deux hommes s’accrochent à la corde et commencent à la tirer vers eux. Malgré le poids apparent de la construction, le bac s’éloigne assez facilement de la rive et commence à se diriger vers l’autre berge, en suivant le câble.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un système de traversée privatisé et indispensab</strong>le</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Kouandyk et Baourjane travaillent en tant que salariés. Le bac appartient à un riverain qui est officiellement reconnu en tant qu’entrepreneur privé. &nbsp;«&nbsp;<em>Il y a des bacs plus haut à Merguen, à Iesensaï, et en aval à Almaly. Ils sont tous issus d’initiatives individuelles et ils sont tous apparus il y a 10 ou 15 ans, quand l’Oural a commencé à être moins volumineux. Avant, il était impossible de mettre en place de tels bacs parce qu’au printemps, l’Oural était en crue et inondait la forêt et le lit majeur. Mais ces 15 dernières années, il n’a pas été en crue une seule fois. Les moins de 20 ans ne se rappellent pas du tout qu’il inondait la forêt et les prés. Ils n’y croient pas quand on le leur raconte</em>&nbsp;» explique Baourjane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les bacs sont payants mais, selon Kouandyk et Baourjane, les prix varient. Celui utilisé par les deux journalistes est le moins cher : la traversée avec une voiture coûte 700 tenges (1,3 euro). « <em>Avant, le travail était plus difficile. Il y avait plus d’eau dans le fleuve et le courant était plus fort. Au printemps, lors des grandes eaux, on traversait le fleuve en 10 à 15 minutes. Et maintenant on le fait en cinq à six minutes </em>» racontent les deux passeurs. Le bac est ouvert de 8 à 20 heures, avec une pause entre 13 et 14 heures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Chaque jour on fait traverser entre 10 et 15 voitures. Le weekend, quand il y a un mariage au village, un </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rites_de_mariage_kazakhs"><em>koudalyk</em></a><em> </em>&#8211; rite de mariage kazakh &#8211;<em> ou un enterrement, il arrive qu’on fasse traverser jusqu’à 30 voitures. Mais en semaine, les traversées se font principalement le matin et le soir, lorsque tout le monde se rend du village au chef-lieu ou à la ville, et quand ils rentrent chez eux. » </em>Les journalistes leur demandent si la baisse du niveau de l’Oural a une grande influence sur leur vie quotidienne.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La baisse de l&rsquo;Oural : la fin des passeurs et de leurs bacs ?</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Comment dire&nbsp;? ça ne se sent pas trop. Ce qui m’inquiète, c’est que le fleuve baisse tellement dans les années à venir que des gués apparaissent. Dans ce cas plus personne n’aura besoin des bacs.&nbsp;» </em>répond le passeur. «&nbsp;<em>A quel point le niveau du fleuve a-t-il baissé&nbsp;?</em>&nbsp;» s’enquiert alors l’un des journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Tu vois les troncs qui dépassent de la pente sur cette rive&nbsp;?&nbsp;</em>» demande Kouandyk en désignant des troncs pourris qui dépassent de l’eau entre 2 et 2 mètres et demi. «&nbsp;<em>En 2010, notre ponton était à ce niveau-là. Chaque année, le ponton doit être abaissé.</em>&nbsp;» «&nbsp;<em>Et vous pêchez ici&nbsp;?</em>&nbsp;» leur demande un des journalistes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-1024x683.jpg" alt="Oural Environnement Bateaux Traversée Kazakhstan" class="wp-image-46825" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-4.jpg 1440w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Barques au bord de l&rsquo;Oural (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le poisson c’est son affaire&nbsp;</em>» s’amuse Baourjane en désignant Kouandyk de la tête. «&nbsp;<em>Je vais pêcher parfois. Mais il n’y a plus autant de poisson qu’avant. Dans les années 90, il était habituel de pêcher des cendres de trois ou quatre kilos dans le fleuve. Mais ces trois dernières années, je n’en ai pas pêché un seul. Il y a parfois des aspes, très petits&nbsp;: ils pèsent un demi-kilo, un kilo au maximum. Avant, je laissais repartir les poissons aussi petits</em>&nbsp;» raconte Kouandyk.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bac accoste et les passeurs aident les journalistes à faire descendre la voiture sur la rive. Une autre voiture arrive déjà sur l’autre rive, et les passeurs repartent pour la faire traverser.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un fleuve frontalier, marqueur de l’histoire de la région</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de ces endroits est retracée par leur toponymie et les noms des villages le long des deux rivages de l’Oural. Sur la rive droite les noms des villages sont de consonance <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cosaques">cosaques</a> comme Lbichtchensk, Kolovertnoïé, <a href="http://www.maplandia.com/kazakhstan/uralsk/skvorkino/">Skvorkino</a>, Ianaïkino. Sur la rive opposée, les villages portent des noms kazakhs comme Iesensaï, Kyzyljar, Karasou ou Akjaïyk. Cette délimitation entre les rives a eu lieu il y a plus de 300 ans, lorsque les autorités impériales russes dépossédèrent les cosaques de la rive gauche. Ces derniers déménagèrent sur la rive droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’aux années 80, cela était encore visible dans la composition ethnique des villages. Sur la rive droite vivaient exclusivement des Russes et des Cosaques tandis que la rive gauche était habitée principalement par des Kazakhs. A partir de la fin des années 80, l’émigration massive en Russie des russophones du Kazakhstan a eu pour résultat de remplacer la population cosaque par des Kazakhs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’heure actuelle, dans les villages de la rive droite, à Lbichtchensk ou à Kalenoïé, ne vivent ni russes ni descendants des cosaques. Seules quelques croix dans les cimetières orthodoxes rappellent qu’ils ont un jour peuplé ces villages. A Merguenevo, des ruines d’une ancienne église en témoignent. C’est en partie pour cette raison que les passeurs sont apparus dans ces régions.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une traversée nécessaire à la vie des habitants dans la région</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Les Kazakhs locaux, qui vivent maintenant sur les deux rives du fleuve, sont très attachés aux relations sociales traditionnelles et à l’appartenance à une famille. Ils rendent souvent visite aux membres de leur qoudalar, ces liens de parenté qui passent par le mariage des enfants : les parents, les sœurs et les frères du gendre ou de la bru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette première traversée, les journalistes remontent le fleuve jusqu’au village de Iesensaï, 30 kilomètres plus loin. Iesensaï est l’un des villages les plus anciens, fondé il y a 200 ans. Non loin de ce village se trouve le cimetière du clan des Kynyks, où sont enterrés ses membres. Une route de campagne mène en dehors du village. Au tournant, un panneau indique le nom du village et un autre, fait à la main, « BAC ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-1024x683.jpg" alt="Environnement Oural Kazakhstan Fleuve Forêt" class="wp-image-46826" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-1300x867.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-5.jpg 1680w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;Oural (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin qui relie Iesensaï et le bac traverse lui aussi une forêt. Le bois des alentours d’Iesensaï fascine par sa beauté particulière&nbsp;: d’énormes arbres centenaires entre des petits lacs, sans déchets laissés par l’homme. Il n’est pas rare de voir dans les alentours des détritus jonchant les espaces naturels. Il n’est pas difficile de dénicher les passeurs&nbsp;: la seule route de terre battue conduit vers eux, à travers la forêt du lit majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux hommes travaillent sur ce bac, Azamat et Nourbol. Les journalistes leur demandent pourquoi les bacs sont autant utilisés sur cette partie du fleuve. «&nbsp;<em>Parce que pour se rendre à la ville, on peut soit prendre la route non bétonnée, soit arriver directement sur la route qui relie </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oural_(Kazakhstan)"><em>Ouralsk</em></a><em> et </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Atyraou"><em>Atyraou</em></a><em> grâce au bac. Pour arriver au chef-lieu, Tchapaïevo, il faut rouler 200 kilomètres jusqu’à Ouralsk, puis de là encore 120 kilomètres. Alors qu’avec le bac, tu traverses et en une demi-heure tu es déjà à Tchapaïevo</em>&nbsp;» explique Azamat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce bac ne se différencie pratiquement pas du précédent&nbsp;: deux citernes métalliques soudées et un «&nbsp;pont&nbsp;» constitué de planches de bois. Les passeurs font traverser le bac par la force de leurs bras, en tirant sur le câble étiré d’une rive à l’autre. Azamat regrette lui aussi que le niveau du fleuve baisse&nbsp;: «&nbsp;<em>J’ai peur que bientôt on traverse le fleuve à pied. Personne n’aura besoin du bac.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/environnement/les-metiers-de-navigation-devenus-obsoletes-le-long-de-loural/"><strong>Les métiers de navigation devenus obsolètes le long de l’Oural</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il montre aux journaliste un banc de sable avec de jeunes roseaux. «&nbsp;<em>L’année dernière, cette petite île est apparue. Cette année, des roseaux ont commencé à y pousser. Il y en a de plus en plus. Le niveau du fleuve baisse, le courant apporte du sable sans arrêt. Si cette île continue à grandir à cette vitesse, j’ai bien peur de devoir déménager le bac plus loin&nbsp;</em>» rapporte Azamat.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les cosaques&nbsp;: une relation particulière avec l’Oura</strong>l</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le bac dépose Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov sur la rive aux alentours de Merguenevo, à 80 kilomètres de Tchapaïevo. Dans les années 20, l’ancienne <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanitsa">stanitsa</a> était un bastion de l’opposition des Cosaques de la région contre le pouvoir soviétique. L’histoire officielle raconte que le célèbre commandant rouge <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Tchapa%C3%AFev">Vasili Tchapaïev</a> s’est noyé dans l’Oural un peu plus haut. Les Cosaques de la région ont insisté sur leur version des faits, selon laquelle leurs grands-pères auraient massacré Tchapaïev à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chachka">chachka</a> non loin de ce village.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a plus de descendants de ces cosaques dans ce village. Guénnadi Ielov a 85 ans. Il fait partie de ceux qui ont quitté les lieux à la fin des années 80. Géographiquement, il n’est pas parti très loin. Il vit désormais avec son épouse Valentina au village de <a href="https://www.google.fr/maps/place/Tonkeris,+Kazakhstan/@44.0640399,68.013212,5.75z/data=!4m5!3m4!1s0x420245c26d974cdf:0x554282ad313bfdeb!8m2!3d44.1695887!4d66.8141255">Tonkeris</a>, dans le district de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/District_de_Terekti">Terekti</a>, 200 kilomètres plus haut le long de l’Oural.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Guénnadi Ielov, bien qu’il ait changé de lieu de résidence, continue de vivre sur les berges de l’Oural. Comme les nombreuses générations qui l’ont précédé, le vieil homme entretient une relation traditionnelle avec le fleuve : il pêche, ramasse des champignons et du bois dans la forêt. Lorsque les journalistes sont arrivés chez lui à Tonkeris, sa petite fille Daria les a accueillis et informés que son grand-père était allé dans la forêt chercher des champignons.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Une façon de vivre en communion avec le fleuve et la forêt</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La maison des Ielov est une preuve visible de la proximité entre le fleuve et la forêt&nbsp;: sur la table, on trouve des conserves de champignons&nbsp;tandis qu’une dizaine de poissons séchés pendent du plafond, accrochés à des ficelles. Grâce à ces derniers, Guénnadi Ielov est connu parmi les propriétaires de buvettes ouraliens. Ils viennent régulièrement le voir et lui en achètent. Son poisson séché a une consistance que les autres n’obtiennent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les acheteurs viennent d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oural_(Kazakhstan)">Ouralsk</a> et d’Aksaï pour ce poisson séché. « <em>C’est toujours comme ça : nous, les femmes, nous cuisinons et mettons à sécher, et tout le mérite revient aux hommes. Ce n’est pas lui qui prépare le poisson. Vous croyez qu’il met tout à sécher, qu’il les sale ? Il amène le poisson, le laisse là, et c’est moi qui trime. Je n’y échappe pas. Bientôt, le fleuve sera gelé. Je pourrai me reposer un peu</em> » raconte Valentina Ielov en vidant du poisson frais, deux brochets et trois brèmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant appris la raison de la venue des journalistes, elle les prévient : « <em>Il ne va pas vous aider. Il a mauvais caractère. Un cosaque. Têtu. Il a son coin dans la forêt au bord du fleuve, où il pêche. Les gens d’ici appellent cet endroit le coin d’Ielov. Il n’y amène personne. Des gens sont venus de la ville pour le lui demander. Ils ont proposé de l’argent. Mais il a refusé à tout le monde. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Guénnadi Ielov arrive peu après, sur sa moto. A peine a-t-il pris connaissance de la demande de Loukpan Akhmediarov et Raoul Ouporov qu’il refuse catégoriquement. «&nbsp;<em>Vous n’avez rien à faire là-bas&nbsp;! Je ne vous y amènerai pas.</em>&nbsp;» Les journalistes insistent pour le convaincre, mais le vieillard n’en démord pas&nbsp;: «&nbsp;<em>Je ne vous montrerai pas</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Papi, je veux aller dans la forêt. Je peux venir avec toi&nbsp;?</em>&nbsp;». Sa petite fille Daria sauve la situation. Apparemment, le pouvoir de la petite fille sur son grand-père est sans limite. Il grommelle sans méchanceté&nbsp;: «&nbsp;<em>Tu es toujours dans mes pattes</em>&nbsp;», puis il accepte de conduire les deux journalistes au fleuve.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong><strong>Les changements dans l’environnement, observé par les habitants</strong></strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le coin de Guénnadi Ielov s’avère être à un tournant de l’Oural, au-dessus d’un ravin. <em>«&nbsp;Pourquoi est-ce que je ne veux pas emmener d’étrangers ici&nbsp;? Parce que dès que des gens arrivent, tout se dégrade. Ils laissent leurs déchets, allument des feux, abandonnent des bouteilles. Moi-même je ne bois pas, et je ne plains pas les ivrognes.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Guénnadi Ielov montre la forêt de ce côté du rivage. <em>«&nbsp;Avant, un couple de pygargues à queue blanche avait fait son nid ici. Ils aiment le poisson. Si ces oiseaux-là s’installent au bord du fleuve, cela veut dire qu’il y a du poisson. Mais mes pygargues sont partis depuis trois ans déjà. Il n’y a plus de poisson dans le fleuve. Avant, j’en pêchais à foison ! Maintenant, il n’y a que des espèces indésirables&nbsp;: des petits rotengles et d’autres de ce genre. Il y a 10 ans, je relâchais ces poissons-là. Maintenant, c’est tout ce que je pêche ici »</em> raconte Guénnadi Ielov.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1-1024x681.png" alt="Oural Kazakhstan Changement Climatique Fleuve " class="wp-image-46827" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1-1024x681.png 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1-300x200.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1-768x511.png 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1-128x86.png 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/Oural-6-min-1.png 1233w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Guénnadi Ielov observant l&rsquo;Oural.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le vieillard est plus inquiété par l’état de la forêt que par le poisson. Il amène les visiteurs d’un creux à l’autre et leur montre des fosses sèches couvertes d’herbe. «&nbsp;<em>Avant, tout était recouvert d’eau. Ici, il y avait de l’eau. Au printemps, les carpes d’eau peu profonde venaient pondre ici. A la fin de l’été et à l’automne nous venions. Elles avaient grossi pendant l’été, comme des petits cochons. Maintenant, c’est inimaginable, personne ne croirait cela dans l’état où sont les fosses</em>&nbsp;» raconte Guénnadi Ielov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il les emmène dans une clairière. Il demande aux journalistes de regarder la lisière du bois. «&nbsp;<em>Regarde, tu vois comme les cimes sont sèches&nbsp;? Pas un seul arbre n’est en bonne santé. Ils s’assèchent tous. Il n’y a pas d’eau. Avant, quand j’allais à la pêche ou dans la forêt, je ne prenais pas d’eau avec moi. Du ravin, on était plus près, on pouvait boire de l’eau pure. Maintenant il n’y en a plus. Nous avons décidé de creuser des puits au village. Des spécialistes sont venus avec leurs technologies. Ils ont creusé jusqu’à 80 mètres de profondeur, mais il n’y avait pas d’eau. Voilà pourquoi le bois s’assèche. J’ai peur que mes enfants ne voient pas tout ça</em>&nbsp;» dit Guénnadi Ielov en désignant sa petite fille Daria d’un signe de tête.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, la chute du niveau de l’eau est l’œuvre de l’homme. Les barrages, les canaux et la déforestation incontrôlable à la fin des années 90 auraient conduit l’Oural à être privé de sa forêt rivulaire. Selon lui, pendant sa jeunesse, l’Oural était si haut au printemps qu’il arrivait qu’on ne voie plus l’autre rive.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le projet «&nbsp;Développement du journalisme&nbsp;: les problèmes du changement climatique&nbsp;» vise à montrer et résoudre les problèmes causés par le changement climatique, tout en développant et renforçant le secteur des médias indépendants en Asie centrale. Retrouvez&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tag/le-changement-climatique-en-asie-centrale/">tous les articles de cette série ici</a>.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Loukpane Akhmédiarov</strong><br><strong>Journaliste pour Vlast.kz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://vlast.kz/story/43543-ranse-byla-reka.html"><strong>russe</strong></a><strong> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Laura Sauques</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Véronique Tapponnier</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>« La force de Naryn » &#8211; témoignages de riverains sur l&#8217;évolution de cette grande rivière kirghize</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 07:01:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[La vie au fil du fleuve]]></category>
		<category><![CDATA[Le changement climatique en Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Naryn]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-force-de-naryn-temoignages-de-riverains-sur-levolution-de-cette-grande-riviere-kirghize/">« La force de Naryn » &#8211; témoignages de riverains sur l&rsquo;évolution de cette grande rivière kirghize</a></p>
<p>LA VIE AU FIL DU FLEUVE &#8211; Un groupe de journalistes et d’écologistes ont parcouru des dizaines de kilomètres le long de la vallée de Naryn pour demander aux habitants en quoi le fleuve et le climat avaient changé et quelles en étaient les répercussions sur leur vie. Voici leurs témoignages, après un bref tour [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>LA VIE AU FIL DU FLEUVE &#8211; Un groupe de journalistes et d’écologistes ont parcouru des dizaines de kilomètres le long de la vallée de Naryn pour demander aux habitants en quoi le fleuve et le climat avaient changé et quelles en étaient les répercussions sur leur vie. Voici leurs témoignages, après un bref tour d’horizon de la géographie de la région.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 2 février 2021 par le média en ligne kazakh </strong><a href="https://vlast.kz/story/43626-sila-naryna.html"><strong>Vlast</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet article fait partie de la série “Little People, Big River”, <a href="https://docs.google.com/document/d/17xs4m0HuMbFwT303tZTZiQIHA2V-USHL9Cl6ejOYsjI/edit">un projet journalistique</a> soutenu par le média allemand <a href="https://n-ost.org/">n-ost</a>, le centre kazakh <a href="https://medianet.kz/?lang=en">MediaNet</a> International Centre for Journalism et <a href="http://www.bmz.de/de/index.html">le ministère allemand de la coopération économique</a>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fleuve <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Naryn_(rivi%C3%A8re)">Naryn</a> prend sa source dans les hauteurs des montagnes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tian_Shan">Tian Shan</a> au Kirghizstan. Dans la <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/la-vallee-de-ferghana-carrefour-de-lasie-centrale/">vallée de Ferghana</a>, la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kara-Daria">Kara-Daria</a> déverse ses eaux dans le Naryn, donnant naissance au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Syr-Daria">Syr-Daria</a>, l’un des cours d’eau les plus importants d’Asie centrale. Trois régions kirghizes, une tadjike, six ouzbèkes et deux kazakhes se trouvent le long du bassin de Syr-Daria. Le fleuve relie quatre pays d’Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Selon le directeur du Centre régional des montagnes d’Asie centrale au Kirghizstan, Ismaïl Daïrov « <em>L’eau qui vient des montagnes du Tian Shan et du Pamir par les fleuves Syr-Daria et Amou-Daria pourrait se réduire de 10 à 30 % dans les dix à vingt prochaines années</em> ». Les scientifiques et les spécialistes notent également que la population de la région augmente vite et qu’elle exige de plus en plus d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La province du Naryn vue par ses habitants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Natif de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Transba%C3%AFkalie">Transbaïkalie</a>, Sergueï Zolotouïev est arrivé dans la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Naryn">Naryn</a> il y a 53 ans et a décidé de ne plus en bouger. Il cite le fameux proverbe : « L’herbe est toujours plus verte ailleurs ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Ici on a la santé, que faut-il de plus ? Je vis entouré de montagnes splendides, d’une végétation magnifique et de l&rsquo;eau pure d&rsquo;une rivière d’altitude. Ici, toutes les plantes sont médicinales. On n’a ni usine ni fabrique, on peut respirer l’air à pleins poumons</em> » raconte Sergueï Zolotouïev. « <em>Et puis la nature nous met de bonne humeur, mes amis et moi. A 57 ans, je saute tous les matins de pierre en pierre, je garde la ligne et je n’ai pas un gramme en trop</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Quand je reçois des citadins</em> <em>qui vivent dans des immeubles et qu’ils respirent ici un air non pollué, ils retournent chez eux littéralement revitalisés. La pureté de l&rsquo;eau des débarrasse de toutes les charges négatives, et quand ils doivent rentrer, la nature les appelle à rester. C’est pourquoi les étrangers aussi aiment nos campagnes</em> » continue-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’impact humain sur la région du Naryn</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le sujet de la préservation des écosystèmes, Sergueï Zolotouïev ajoute : « <em>J’ai compris qu’un homme qui vit dans un milieu naturel comme celui-ci devient sensible et attentif à tout ce qui l’entoure. Je remarque chaque brin d’herbe, l’aubépine qui devient rouge sang et le berbéris qui rougit et s’assombrit. Je vois comment vivent les fourmis, les pies, les corbeaux. Je vois aussi comment le climat change et dégrade notre écosystème</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous ne pouvons pas agir sur le climat dans un contexte global, mais nous le pouvons au niveau régional. Par exemple, il est en notre pouvoir de développer l’économie. Nous n’avons pas de terres irriguées ou arables. Les Kirghiz vivent principalement de leur bétail, en développant leur cheptel mais sans pratiquer de sélection. Ces immenses troupeaux de bétail détruisent la couche fertile des sols, qui est vulnérable. L’herbe est basse aujourd’hui, mais ce n’était pas le cas avant ! Dans la végétation rivulaire, il n’y a plus de mûres depuis longtemps, le bétail les ont mangé. Il n’y a plus que de petits arbustes rachitiques</em> », remarque Sergueï Zolotouïev.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se plaint aussi des pêcheurs qui « ne pêchent pas pour eux, mais pour la revente ». « <em>Ils laissent des hameçons dans l’eau, ce qui blesse les poissons qui sont ensuite emportés par le courant. Ils utilisent la pêche électrique. Il y a de moins en moins de poissons, aujourd’hui je n’ai pêché qu’une truite ! Et c’est aussi la base alimentaire du vison qui est un prédateur, il vole notre poisson. Je ne sais pas pourquoi personne ne songe à réguler leur population</em> » explique Sergueï Zolotouïev.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/environnement/tadjikistan-la-pollution-de-la-riviere-varzob-inquiete/"><strong>Tadjikistan : la pollution de la rivière Varzob inquiète</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sergueï Zolotouïev expose également le problème des détritus laissés par les humains : « <em>Ne pas laisser trainer nos déchets, c’est aussi en notre pouvoir, pourtant, dans chaque gorge, il y a des déchets. Ils nous entourent, et ils arrivent dans l’eau, ils sont emportés vers l’aval. Le lac Issyk-Koul est empli de détritus. J’y vais pour ramasser les déchets, mais je ne me plains pas : c’est ma contribution à la protection de la nature. ». </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’ai envie de dire : n’est pas maître celui qui a mesuré l’étendue de son territoire, mais celui qui le protège ! Celui qui aime et respecte sa terre. Celui qui pense à ceux qui vivent plus loin en aval. Je leur souhaite d’avoir une eau aussi pure qu’en amont</em> » conclut-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le problème de la surpêche et de la pollution du fleuve Naryn</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Moussa Borbiev, éleveur de truites à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Toktogul">Toktogoul</a>, partage les mêmes idées. Il appelle à préserver le fleuve : <em>« On y jette des restes de nourriture et du plastique, les poissons meurent à cause de ces déchets ! Les truites ont besoin d’une eau de rivière pure, alors elles sont de moins en moins nombreuses. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il enchaîne sur le problème posé par certains pêcheurs :<em> « Le pire, c’est la pêche non contrôlée : personne ne protège les poissons, et des pêcheurs inconscients en capturent 100 à 150 en une seule prise. Ils brisent l’équilibre et , de toute évidence, ils ne pêchent pas pour satisfaire leurs propres besoins, mais pour revendre. En plus, ils utilisent les techniques de la pêche électrique. Alors il y a de moins en moins de poissons. Leur nombre ne cesse de décliner</em> », dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moussa a 57 ans et il a passé toute sa vie à cet endroit. Au cours des ans, il a remarqué que le climat avait radicalement changé. « <em>Avant, en hiver, on pouvait traverser le fleuve facilement, la glace pouvait faire jusqu’à quarante centimètres d&rsquo;épaisseur. Maintenant, c’est impossible. Et la neige aussi n’atteint pas l&rsquo;épaisseur qu’elle avait dans mon enfance. Et le niveau du fleuve baisse »</em>, raconte Moussa Borbiev.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-le-niveau-du-reservoir-de-toktogoul-inquiete/"><strong>Kirghizstan : le niveau du réservoir de Toktogoul inquiète</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques années, Moussa Borbiev a commencé à élever des truites dans des bassins artificiels. Des clients d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djalalabad">Djalal-Abad</a> et des locaux achètent son poisson « écologiquement propre <em>»</em>. L’éleveur regrette qu’il soit de plus en plus difficile de se procurer de quoi nourrir ses truites, car tout est importé d’Europe et les prix sont indexés sur le cours du Som kirghiz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moussa Borbiev achète parfois cette nourriture au Kazakhstan, mais les prix sont peu avantageux et, de plus, les produits perdent beaucoup en qualité. L’éleveur voulait produire lui-même la nourriture pour ses poissons, mais beaucoup d’ingrédients nécessaires ne se trouvent pas au Kirghizstan : l’huile de poisson, la farine d’arêtes de poisson, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cycle de l’eau du Naryn : une activité humaine de plus en plus forte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Valentina Loukina, journaliste du village de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tachkoumyr">Tachkoumyr</a> et professeure émérite du Kirghizstan, où elle enseigne à l’école technique locale, a aussi participé à ce projet, en communiquant avec les journalistes à propos de la dégradation de la situation écologique du fleuve Naryn.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le problème n’est pas seulement que des éléments polluants s&rsquo;y déversent: on transforme petit à petit le fleuve lui-même en un écoulement d’eaux usées. Dans les faits, tous les résidus de l’activité humaine convergent vers le fleuve Naryn. L’eau est polluée par les immondices des populations, par les déchets médicaux que <em>l’hôpital de la ville y déverse </em>et, plus encore, par toutes les eaux sales apportées par les canalisations des stations d’épuration, qui sont en très mauvais état » </em>déclare-t-elle avant d&rsquo;expliquer ses préoccupations pour la santé des riverains :<em> « Nous ne sommes pas à l’abri des maladies véhiculées par les animaux. Et si tout à coup nous étions infectés ? Ce ne serait pas un grave problème si la région n&rsquo;était pas peuplée, mais le long de la rivière vivent beaucoup des gens qui utilisent cette même eau pour leurs besoins quotidiens. Voilà quel est le cycle de l’eau</em> que nous utilisons ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon des données officielles, quarante millions de mètres cubes se sont écoulés dans les canalisations pour finir dans le fleuve ces cinquante dernières années. Valentina Loukina est née à Tachkent, mais elle vit à Tachkoumyr depuis l&rsquo;âge de trois ans, lorsque ses parents étaient venus travailler à la station hydraulique locale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon ses observations, l’évolution de l’intensité et de la fréquence des vents témoigne du changement climatique, tout comme la baisse du niveau des eaux, bien que le réservoir reste rempli, avec une forte capacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/leau-viendra-t-elle-a-manquer-en-2021-en-asie-centrale/">L’eau viendra-t-elle à manquer en 2021 en Asie centrale </a>?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oulan Namatbekov est garde-chasse dans la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Naryn_(ville)">Naryn</a> où il est né, où il a grandi et passé toute sa vie. Pour lui aussi, le plus grand fleuve du Kirghizstan, le Naryn, peut devenir la cause d’une catastrophe écologique transfrontalière. Depuis longtemps, on y déverse les rejets industriels, les eaux des canalisations, les déchets et les eaux usées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La station d’épuration de la ville de Naryn est ancienne : elle a plus d’un demi-siècle et, au moment de sa construction, la population était peu nombreuse. Désormais, ses capacités ne répondent plus aux besoins de la ville et il n’y a plus d’épuration biologique. Après l’épuration mécanique, l’eau se jette directement dans le fleuve. Et en aval, les habitants n’ont pas d’autre option que d&rsquo;utiliser cette eau pour la lessive et pour l’irrigation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oulan Namatbekov a longtemps été un collaborateur scientifique de la réserve naturelle du district de Naryn, située en amont du fleuve. Dans la partie ouest de la réserve se trouve un territoire réservé à la protection et à l’étude du cerf. Le garde-chasse est un militant écologiste ; il est convaincu que le Kirghizstan a besoin d’être sensibilisé à l’écologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a initié des auditions publiques à Naryn, avec la participation de l’administration locale et de militants écologistes, sur le thème du changement climatique et des problèmes liés à l’activité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/au-kirghizstan-le-germe-de-leducation-environnementale/">Au Kirghizstan, le germe de l’éducation environnementale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écologiste fait remarquer que la place occupée par les glaciers se réduit peu à peu, alors qu’ils sont à la source du Naryn. « <em>C’est le plus long fleuve du Kirghizstan et c&rsquo;est également un affluent de la mer d’Aral. Dans le passé, les pays au bord de la mer d’Aral ont mal géré leur consommation d’eau et la mer est maintenant à sec. Il ne faudrait pas qu’une telle catastrophe se reproduise quand les glaciers auront fondu</em> » prévient-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données dont dispose Soulton Rakhimzoda, président du comité exécutif de la Fondation internationale pour la protection de la mer d’Aral, les glaciers d’Asie centrale ont déjà perdu le tiers de leur superficie depuis le début du siècle dernier. Avec une augmentation de 2 degrés Celsius, la superficie des glaciers baissera de 50 %, et avec une augmentation de 4 degrés Celsius, il baissera de 80 % !</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le Naryn est une source de vie</em> », déclare en préambule Oleg Nekrytov, médecin en chef de l’hôpital central de Minkouch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oleg Nekrytov est né ici en 1963 et il n’a pas quitté sa ville, alors que beaucoup de localités où l’on extrayait l’uranium pendant la période soviétique étaient vouées à disparaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Partir ? Et pourquoi ? Des gens vivent ici, tombent malades, et il faut les soigner</em> » dit-il. « <em>A une époque, on transportait l’uranium par wagons non couverts vers Kara Baltou. Aujourd’hui, il y a encore un haut niveau de radiation dans les lieux de stockage enfouis. La détection des cancers se fait plus tôt. Il y a 5 ans, Minkouch était à la quatrième place en oncologie, maintenant à la troisième. Pas à cause d’une augmentation du nombre de malades, mais grâce à une amélioration du diagnostic</em> » témoigne Oleg Nekrytov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/rechauffement-climatique-les-glaciers-du-kirghizstan-en-danger/">Réchauffement climatique : les glaciers du Kirghizstan en danger</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oleg Nekrytov se souvient de l’époque où la ville et ses environs étaient entourés de montagnes noires et de rochers sans vie. Aujourd’hui, les plantes sont revenues. « <em>La nature est capable de se soigner elle-même, à la condition qu’on ne la gêne pas. Seulement, les hommes se mettent en travers de cette régénération naturelle</em> » raconte le médecin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oleg Nekrytov était apiculteur avant d’être médecin. Son miel est l’un des meilleurs de la région de Naryn, car il est entouré de prés et de montagnes où poussent des fleurs, des herbes et des arbustes aux vertus pharmaceutiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son miel est vendu en Turquie ; il est parfumé et il est excellent pour la santé. La spécificité de l’apiculture réside dans le fait qu’elle ne nécessite aucun déplacement : la biodiversité suffit aux abeilles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Naryn « le paradis touristique »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le dresseur d’aigle Aman Ismaïlov appelle ce fleuve : <em>« L’eau vaut plus que l’or, il ne faut pas toucher aux sols mais développer le tourisme, d’autant plus qu’il y a moins d’eau qu’avant. Dans mon enfance, l&rsquo;hiver, on marchait sur la glace, on rejoignait l’autre rive et on jouait là-bas. Maintenant, on ne peut plus marcher sur la glace. Il y a quelques glaçons qui descendent la rivière et c’est tout. » </em>raconte Aman.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant, on prenait l’eau du Naryn pour en boire, maintenant on ne le fait plus parce qu’il y a beaucoup de déchets rejetés dans la rivière. J’ai aussi remarqué qu’il y avait moins de poissons. On peut pêcher des « osmans », mais seulement des petits de 15-20 centimètres, quant aux truites elles sont très rares</em> » ajoute-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aman Ismaïlov, âgé de 40 ans, habite dans le village d’Alych. Il entraine des aigles et fait des démonstrations de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Salburun"><em>salburun</em></a> pour les touristes, une chasse kirghize écologique qui se pratique à cheval, avec un arc, un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9vrier_Ta%C3%AFgan">lévrier Taïgan</a> et un aigle. L’aigle d’Aman Ismaïlov, nommé Elmok, a déjà été sacré champion du monde deux fois, et il a été champion d’Asie aux <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/jeux-nomades-2018-nous-avons-ca-dans-le-sang/">Jeux Mondiaux Nomades de 2018</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La vie des habitants dans la province reculée du Naryn</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vétérinaire Satybaldy Imankoulov vit depuis vingt ans au village de Kara-Saï, rattaché à la communauté d’Ak-Chyïrak. Père de quatre enfants, il fait part à l’équipe de ses observations sur le climat de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Je remarque la baisse progressive du niveau des eaux et la fonte des glaciers. Il fait meilleur, les habitants ont échangé leurs bottes de feutre contre des bottes classiques et leurs manteaux de fourrure contre des vestes. Dans cette région, les rivières gèlent en hiver, la glace peut faire jusqu’à quatre mètres d’épaisseur et elle tient jusqu’à fin juin. Cependant, la neige tombe beaucoup moins : il y a 20 ou 30 ans, on devait déneiger régulièrement. Maintenant il ne neige plus autant. Bien sûr, pour nous-autres qui vivons en haute montagne il est maintenant plus facile de supporter ces hivers moins rigoureux, mais en aval les habitants commencent à se plaindre car, en été, ils n’ont plus assez d’eau pour arroser leurs vergers » </em>explique Satybaldy Imankoulov<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’habite à un endroit où plusieurs rivières se jettent dans le Naryn. Tous les deux ou trois ans, le cours des rivières se réoriente et les habitants doivent le rectifier avec les gardes-frontières » </em>conclut-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" class="wp-image-45500" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609-1024x682.jpg" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/75c5040bc957fc8d320e680dc28f3609.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />
<figcaption>Crédits: Vlad Ouchakov/ <a href="https://vlast.kz/story/43626-sila-naryna.html">Vlast.kz</a></figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le territoire de la communauté compte quatre villages dans lesquels vivent 29 foyers et 57 personnes. Les écoliers ne vivent pas ici toute l’année, ils restent en aval pour aller à l’école. Les enfants qui restent sont ceux qui ne sont pas encore en âge d’aller à l’école.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les adultes vivent de l’élevage, comme leurs grands-parents et leurs arrière-grands-parents. Historiquement, il en a toujours été ainsi à cause du climat continental rigoureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’élevage comme unique moyen de subsistance des populations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Les locaux dépendent de l’élevage, qui est leur source de revenus de base. Grâce à la pureté de l’eau sur les hauteurs du Naryn, mais aussi grâce à l’herbe abondante et non polluée, les moutons, les chèvres, les vaches et les chevaux ne sont pas nourris aux antibiotiques, alors que plus bas il est absolument nécessaire de vacciner le bétail. La viande et les produits laitiers y sont de très bonne qualité, il y a des « osmans » dans les rivières, et les habitants sont en excellente santé</em> », explique Satybaldy Imankoulov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Edil Achirov, du village de Kara-Saï, gère un élevage de yaks, et il se rend souvent en amont du Naryn. <em>« J’ai étudié l’écologie par correspondance, mais j’ai toujours pratiqué l’élevage. Autrefois j’avais des bœufs. Depuis deux ans, j’ai deux troupeaux de yaks de 200 et 300 têtes qui paissent sur les hauts plateaux, pas là où l’on installe les yourtes en été, mais plus haut. Il y fait jusqu’à -40 degrés Celsius en hiver. Les yaks sont résistants, ils supportent ces températures, se promènent et se nourrissent par eux-mêmes</em> » s’amuse Edil Achirov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/comment-le-changement-climatique-affecte-le-kirghizstan/"><strong>Comment le changement climatique affecte le Kirghizstan</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’élevage de yaks est une activité tout à fait écologique et unique, très rentable. Il n’y a pas que la viande du yak qui a de la valeur, mais aussi son lait, ses cornes, sa laine, sa peau ! L’endroit me plait, c’est attrayant, magnifique ! Les yaks n’aiment pas rester au même endroit, il faut les surveiller, car ils peuvent partir loin puis disparaître. Mais on n’a pas besoin de leur donner du foin ! Moi aussi, j’ai l’âme d’un nomade »</em> explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après des années d’observation, Edil Achirov a remarqué que le climat devenait plus sec : il neige de moins en moins et la pluie se fait plus rare. La quantité d’eau baisse progressivement à la source de la rivière Kara-Saï.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En aval, les gens ne sont pas au courant. Ils pensent que toute l’eau n’arrive pas en bas à cause d’obstacles créés par l’homme » </em>dit Edil Achirov<em>. « Mais les raisons sont écologiques : les rivières prennent leur source dans les glaciers et la neige, or ceux-ci diminuent. Les bergers locaux qui ont une longue expérience racontent qu’avant il y avait plus d’eau, les voitures et les chevaux étaient submergés, il n’était pas facile de trouver un endroit pour traverser la rivière. Maintenant on peut traverser à gué !</em> » termine-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enfants, nouveaux témoins du changement climatique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les adultes ne sont pas les seuls à reconnaître la réalité du changement climatique : les enfants aussi. Le jeune conteur Daniyar Koïtchoubekov vit depuis ses deux ans sur la rive du plus gros affluent du Naryn, la rivière Kara-Ounkour. Ce garçon de 12 ans se souvient que, plus jeune, il avait très peur de s’approcher de l’eau à cause de son cours tumultueux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" class="wp-image-45501" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto-1024x682.jpg" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/24b51d5a668bdc8d08c3b4bfb5e96903_1440xauto.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" />
<figcaption>Crédits: Vlad Ouchakov/ <a href="https://vlast.kz/story/43626-sila-naryna.html">Vlast.kz</a></figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, la rivière est devenue bien plus calme. Daniyar Koïtchoubekov aime chanter cette région qui lui est chère, la terre du <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/lepopee-de-manas-encyclopedie-de-lhistoire-et-des-murs-kirghizes/">grand chevalier Manas</a>, que ses ancêtres ont protégée pour lui. « <em>Je m’adresse à la génération d’aujourd’hui : prenez soin de l’eau, c’est le don le plus précieux légué à l’homme. Faite-en sorte qu’elle reste pure !</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les passeurs du fleuve Naryn</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sonounbek Kadyrov a le lien le plus direct avec le fleuve : il est passeur. « <em>Le Naryn, comme beaucoup d’autres rivières du Kirghizstan, n’est pas navigable à cause de sa trop grande élévation au-dessus du niveau de la mer, de son relief complexe et de son courant trop rapide. Mais il est « presque navigable » », </em>s’amuse Sonounbek Kadyrov.<em> « C’est parce que notre bateau y navigue et assure le lien entre les « insulaires » et le reste du monde !</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans à relier entre elles les rives du Naryn tous les jours, cela parait très long. Sonounbek Kadyrov a un accord d’un an avec les habitants ; sur l’embarcation qu’il a fabriquée, il transporte les gens, les animaux et leurs affaires. Son fils Ariel, qui a l’âge d’aller à l&rsquo;école primaire, est toujours avec lui, et il apprend auprès de son père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père et le fils le reconnaissent : c’est un travail dangereux, il y a des courants, de la profondeur, l’eau est froide. Mais ce travail aide la famille à survivre. Les locaux les aident : avant que cette embarcation n’existe, ils devaient traverser en barque. Il fallait ramer, et c’était encore plus dur lorsque la barque était chargée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenant, Sonounbek Kadyrov considère que la traversée est moins dangereuse. Il a remarqué une très forte baisse du niveau de l’eau. Il y a plus de vent et moins de neige sur les flancs des montagnes, et elle fond plus rapidement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A certaines périodes, la neige et les glaciers fondent énormément, les passagers doivent écoper l’eau jusqu’à ce que l’embarcation ait rejoint la berge. De l’autre côté, leurs « taxis » attendent déjà : des ânes et des chevaux. Le village de Kyzyl-Beïyt est ensuite à deux heures de toute, en montée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le village de Kyzyk-Beïyt, en marge de la civilisation urbaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Koultchoro Ramanov, le chef du village de Kyzyl-Beïyt, raconte que du temps de l’URSS, il y avait ici un sovkhoze. A sa place ont été construits des domaines agricoles privés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de villageois actifs sont partis travailler ailleurs dans le pays ou à l’étranger. Quelques maisons sont restées fermées et inhabitées. Les jeunes reviennent voir leur famille, mais de plus en plus rarement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant aux plus âgés, ils n’avaient nulle part où aller, et aucune raison de partir. « <em>Il reste environ 300 personnes. Ils vivent surtout de l’élevage de chèvres, du lait dont ils font du fromage et de la crème. Avant l’hiver, il faut avoir préparé son bois et le foin pour les bêtes. Il faut aussi avoir fait des provisions sur l’autre rive, en se rendat au marché. C’est réellement une zone d’agriculture de subsistance, sans école, sans hôpital et même sans électricité</em> » raconte Koultchoro Ramanov. C’était sans compter l’installation très récente de sources d’énergie, grâce à des organisations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>On compte cinq kilomètres entre le village de Kyzyl-Beïyt et la station hydraulique, mais en réalité notre village en est aussi éloigné que de la lune ! On a envoyé des gens là-bas [sur la lune], et cependant l’Etat ne juge pas nécessaire d’apporter l’électricité dans notre village ! On ne connait ni Internet, ni la civilisation ! Nous sommes heureux quand le facteur apporte une lettre</em> » dit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maïrambou Aïdaralieva, retraitée du village de Kyzyl-Beïyt, vit depuis toujours près du cours d’eau Jaka, un affluent du Naryn. Elle ne pourrait pas quitter cet endroit : selon elle, c’est un lieu magnifique, l’équilibre écologique y est préservé, elle y trouve des herbes médicinales, ses liens familiaux et la mémoire de ses ancêtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maïrambou Aïdaralieva cueille des herbes, fait sécher des fruits et des baies. « <em>La rivière nous donne des truites et des « ombles des neiges ». Grâce à Allah, nous avons assez d’eau potable et, bientôt, nous aurons l’électricité. Où donc pourrais-je aller ?</em> » dit-elle au groupe de journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l’évolution du climat, la retraitée, comme les autres habitants, cite le même exemple de la baisse du niveau de l’eau et celui du changement du climat : <em>« Le climat change énormément, il est devenu imprévisible. L’hiver, il fait très froid et le vent souffle plus fort. Ici, il neige beaucoup, bien que dans d’autres endroits on se plaigne d’en avoir trop peu. Le fleuve Naryn a perdu de son volume. Alors que c’est notre plus grand fleuve !</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kyzyl Beit, le tombeau blanc</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aksakal"><em>aksakal</em></a> du village, Emilbek Aïtbaïev, se rappelle une histoire que ses aînés lui avaient racontée  : « Kyzyl Beïyt signifie « Le tombeau blanc ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Il y a bien longtemps, les Kirghiz sont arrivés et se sont installés ici après une bataille sanglante qui avait emporté la vie de beaucoup de jeunes gens. D’abord, on a apporté de l’eau potable : c’était la première chose à faire. Puis on a commencé à planter des arbres, comme nous l’avaient appris nos prédécesseurs. Je la transmets à mon petit-fils et à ceux qui vivront après moi. Je suis un vieillard, mais je plante toujours des arbres</em> » raconte-t-il.</p>





<p class="wp-block-paragraph">« <em>Nous-autres, les gens simples, vivons en harmonie avec la nature selon les enseignements de Manas. Et nous ne quitterons pas cette terre, parce que nous n’avons rien à attendre des villes et des villages. Là-bas, tout ce qu’on sait, c’est qu’on élit les présidents et les députés, qui nous promettent monts et merveilles : l’électricité, des routes, une vie décente ! Mais comme vous voyez, nous vivons comme nous pouvons et nous n’attendons plus rien d’eux depuis longtemps »</em> dit Emilbek Aïtbaïev.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le seul problème, c’est que, lorsqu&rsquo;il neige et qu’il gèle, il est dangereux de s’approcher de la rivière. Alors nous sommes complètement isolés du monde extérieur. Il nous faudrait de l’aide pour construire un quai</em> » précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’eau, une ressource indispensable pour les besoins énergétiques de la région</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants de Kyzyl Beïyt vivent sur les bords du Naryn, perpétuant l’autosuffisance avec un mode de vie dénué d’électricité.  Ouïalkan Satarova, la cheffe d’équipe de la station hydraulique de Toktogoul, qualifie le Naryn de source de lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ouïalkan Satarova a grandi dans une famille d&rsquo;experts en énergies. Son mari l’est aussi quant à son fils et sa fille, ils étudient l’ingénierie en énergie à Bichkek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le fleuve représente une ressource d’énergie significative ; le long de son cours sont disposées d’importantes stations hydroélectriques : celles de Toktogoul, Tach-Koumyr, Outchkourgan, Kourpsaï et Chamaldysaï. Nous prévoyons de construire la station Kambaratinsk-2, ainsi qu’une cascade pour les stations en amont du Naryn avec des réservoirs adaptés. La production d’électricité dépend directement du niveau de l’eau dans le Naryn. » </em>explique-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« A long terme, la baisse de la quantité d’eau disponible pour produire de l’électricité est inévitable. Si le niveau baisse, alors il faudra laisser passer moins d’eau par le barrage, et à cause de cela la production électrique sera en baisse. Cela aura des conséquences pour les pays voisins qui pourront influencer les relations diplomatiques. Pour le Kirghizstan lui-même, la baisse de l’eau induira la nécessité d’acheter auprès de ses voisins soit de l’électricité, soit du charbon. Les énergies renouvelables peuvent être la solution </em>» conclut la spécialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/electricite-diplomatie-migrations-quels-effets-du-changement-climatique-au-kirghizstan/"><strong>Electricité, diplomatie, migrations… quels effets du changement climatique au Kirghizstan ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur du musée de la station de Toktogoul, Sabirjan Toktogoulov, peut parler longuement du Naryn. <em>« Tranquille et lent en plaine, le fleuve est comme un fou en amont, il a un grand potentiel énergétique ! Le long de son cours, le fleuve descend de 1 715 mètres avec une pente moyenne de trois degrés. Pour son énergie hydraulique, il n’a rien à envier au plus grand fleuve d’Europe, la Volga. La capacité de la Volga est de 6,20 millions de kilowatts (kW), celle du Naryn de 5,94 kW</em> », raconte Sabirjan Toktogoulov.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui retraité, Sabirjan Ouïezbaïevitch Toktogoulov a été affecté à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakol">Karakol</a> en 1974, et il y vit toujours. Il incarne l’histoire vivante des constructions hydrauliques au Kirghizstan. « <em>En avril 1962 ont été lancées les premières constructions hydrauliques, celles de la station de Toktogoul. On poursuivait un rêve : voir s’allumer les lampes grâce à elle et donner aux gens de l’électricité. Ce qu’ils ont créé existe encore aujourd’hui. Mais le changement climatique est acté. Cela signifie que l’avenir de l’hydraulique au Kirghizstan est menacé. Il faut penser à l’avenir !</em> » note-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’eau au Kirghizstan, ressource menacée par le changement climatique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sabirjan Toktogoulov raconte ce qu’il a observé ici depuis presque quarante ans : « <em>Les glaciers fondent, aujourd’hui il faut stocker de l’eau. A l&rsquo;époque de l’économie planifiée, l’approche était scientifique, tout était ordonné, mais aujourd’hui, l’économie de marché conduit à l’érosion des sols, à la dégradation des pâturages : le nombre de troupeaux de moutons dépasse leurs capacités. Tout cela accentue les risques climatiques. Ceux qui prennent les décisions parlent beaucoup de rendre l’économie plus respectueuse de l’environnement, mais les progrès sont minimes </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/beyond-the-glacier-un-court-metrage-au-fil-de-leau-en-asie-centrale/"><strong>Beyond the Glacier, un court-métrage au fil de l’eau en Asie centrale</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les scientifiques s’accordent avec les conclusions de Toktogoulov et de ceux qui vivent le long du Naryn. Si dans les années 1960 il y avait au Kirghizstan environ 8 200 glaciers, selon les climatologues, leur nombre sera compris entre 142 et 1 484 à la fin de notre siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils seront divisés par 10. « <em>Nous avons observé de sérieux changements du climat au Kirghizstan. Le pays est déjà reconnu comme l’un des plus touchés par le réchauffement climatique dans la région. C’est lié au fait que le Kirghizstan dépend énormément de la fonte des glaciers </em>», explique Nicholas Molyneux, consultant en changement climatique pour l’UNICEF.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Il est trop tard pour stopper complètement le changement climatique. Il est néanmoins possible de le ralentir, ce qui parait être la seule alternative possible pour le Kirghizstan et les autres pays de la région, qui se partagent les ressources en eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><em>Le projet « Développement du journalisme : les problèmes du changement climatique » vise à montrer et résoudre les problèmes causés par le changement climatique, tout en développant et renforçant le secteur des médias indépendants en Asie centrale. Retrouvez <a href="https://novastan.org/fr/tag/le-changement-climatique-en-asie-centrale/">tous les articles de cette série ici</a>.</em></em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction de vlast.k</strong>z</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://vlast.kz/story/43626-sila-naryna.html">du russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>





<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Laura Sauques</strong></p>
<p><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-force-de-naryn-temoignages-de-riverains-sur-levolution-de-cette-grande-riviere-kirghize/">« La force de Naryn » &#8211; témoignages de riverains sur l&rsquo;évolution de cette grande rivière kirghize</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Ouzbékistan et Iran : vers une plus grande coopération des réseaux d&#8217;infrastructures en Eurasie ?</title>
		<link>https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-et-iran-vers-une-plus-grande-cooperation-des-reseaux-dinfrastructures-en-eurasie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Mar 2021 16:18:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-et-iran-vers-une-plus-grande-cooperation-des-reseaux-dinfrastructures-en-eurasie/">Ouzbékistan et Iran : vers une plus grande coopération des réseaux d&rsquo;infrastructures en Eurasie ?</a></p>
<p>Les projets communs d'infrastructure entre l'Iran et l'Ouzbékistan s'accélèrent malgré la pandémie de coronavirus. Une première rencontre entre l'Inde, l'Iran et l'Ouzbékistan a souligné l'engagement de toutes les parties à la mi-décembre 2020. Parmi les sujets abordés&#160;: le port de Tchabahar, au sud de l'Iran, potentielle porte d'entrée sur le commerce mondial pour l'économie ouzbèke. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-et-iran-vers-une-plus-grande-cooperation-des-reseaux-dinfrastructures-en-eurasie/">Ouzbékistan et Iran : vers une plus grande coopération des réseaux d&rsquo;infrastructures en Eurasie ?</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-et-iran-vers-une-plus-grande-cooperation-des-reseaux-dinfrastructures-en-eurasie/">Ouzbékistan et Iran : vers une plus grande coopération des réseaux d&rsquo;infrastructures en Eurasie ?</a></p>
<p><strong>Les projets communs d'infrastructure entre l'Iran et l'Ouzbékistan s'accélèrent malgré la pandémie de coronavirus. Une première rencontre entre l'Inde, l'Iran et l'Ouzbékistan a souligné l'engagement de toutes les parties à la mi-décembre 2020. Parmi les sujets abordés&nbsp;: le port de Tchabahar, au sud de l'Iran, potentielle porte d'entrée sur le commerce mondial pour l'économie ouzbèke.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 19 janvier 2021 par&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/de/usbekistan/die-iranisch-usbekischen-beziehungen-im-spannungsfeld-eurasischer-infrastrukturnetzwerke/"><strong>notre version allemande</strong></a><strong>.</strong></p>
<p>Le port de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchabahar">Tchabahar</a>, au sud de l'Iran et dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Golfe_d%27Oman">Golfe d'Oman</a>, est au centre d'une nouvelle initiative. Les liaisons ferroviaires et routières vers le port visent à mieux relier l'Asie centrale, plus particulièrement l'Ouzbékistan et l'Afghanistan, au trafic international de marchandises. </p>
<p>Les coûts et temps de transport en seraient considérablement réduits, ce qui pourrait favoriser la reprise économique dans les pays d'Asie centrale.</p>
<p>Selon <a href="https://www.intellinews.com/uzbekistan-steps-up-interest-in-using-iran-s-oceanic-chabahar-port-as-trade-gateway-198943/">le média anglophone bne Intellinews</a>, le 14 décembre 2020, une réunion de travail entre l'Ouzbékistan, l'Iran et l'Inde a eu lieu. Elle avait été précédée par plusieurs visites bilatérales entre l'Iran et l'Ouzbékistan. </p>
<p>La dernière rencontre était co-dirigée par <a href="https://www.itln.in/sanjeev-ranjan-ias-appointed-as-new-secretary-for-ministry-of-shipping">Sanjeev Ranjan</a>, ministre indien des transports maritimes, <a href="https://kun.uz/en/news/2021/01/06/deputy-minister-of-transport-dismissed-from-office">Davron Dehkanov</a> et <a href="https://www.tehrantimes.com/tag/Shahram+Adamnejad">Shahram Adamnejad</a>, respectivement ministres adjoints des transports de l'Ouzbékistan et . . .</p>

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		<title>Le Tadjikistan prend des mesures pour lutter contre le changement climatique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Feb 2021 11:04:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accord de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Emomalii Rahmon]]></category>
		<category><![CDATA[Glacier]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Réchauffement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-tadjikistan-prend-des-mesures-pour-lutter-contre-le-changement-climatique/">Le Tadjikistan prend des mesures pour lutter contre le changement climatique</a></p>
<p>Au Tadjikistan, le gouvernement a mis en place une Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique. Adoptée en 2019, elle s’étend jusqu’à l’horizon 2030. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 10 décembre 2020 par le média tadjik Asia Plus. La question du changement climatique et de ses incidences négatives sur l’environnement et les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-tadjikistan-prend-des-mesures-pour-lutter-contre-le-changement-climatique/">Le Tadjikistan prend des mesures pour lutter contre le changement climatique</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Tadjikistan, le gouvernement a mis en place une Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique. Adoptée en 2019, elle s’étend jusqu’à l’horizon 2030.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 10 décembre 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20201210/tadzhikistan-prinimaet-adaptatsionnie-meri-v-borbe-s-izmeneniem-klimata?tg_rhash=59df260525b319"><strong>Asia Plus</strong></a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du changement climatique et de ses incidences négatives sur l’environnement et les conditions de vie de la population a été abordée par le président <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Emomali_Rahmon">Emomalii Rahmon</a> lors de la conférence « <a href="https://tj.ambafrance.org/Participation-a-la-conference-internationale-sur-la-decennie-2018-2028-d-action?lang=fr">L’eau au service du développement durable pour les années 2018-2028 »</a>, qui s’est tenue en juin 2018.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de <a href="http://www.gst.tj/novosti/item/vystuplenie-prezidenta-respubliki-tadzhikistan-emomali-rakhmona-na-tseremonii-otkrytiya-mezhdunarodnoj-konferentsii-vysokogo-urovnya-po-mezhdunarodnomu-desyatiletiyu-dejstvij-voda-dlya-ustojchivogo-razvitiya-2018-2028-gody.html">son intervention</a>, le président tadjik a noté que, d’après des observations effectuées pendant de nombreuses années, les changements climatiques jouent un rôle de plus en plus important sur l’environnement et la situation socio-économique au Tadjikistan et en Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Selon ces observations, la température moyenne annuelle de l’air au Tadjikistan a augmenté d’un degré au cours des 60 dernières années. De plus, la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes se sont accrues&nbsp;»</em>, a décrit Emomalii Rahmon<em>. «&nbsp;Ces facteurs provoquent des catastrophes naturelles, telles que des inondations, des coulées de boue, des avalanches et des glissements de terrain qui causent chaque année des dommages considérables à la population et à l’économie du pays. Nous avons également perdu au cours des dernières décennies près de 1 000 glaciers, petits et moyens&nbsp;», </em>a continué le président tadjik.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une stratégie nationale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En conséquence, le pays <a href="http://extwprlegs1.fao.org/docs/pdf/taj190980.pdf">a adopté</a> en 2019 la « Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique du Tadjikistan pour 2030 ».Cette stratégie souligne que le Tadjikistan occupe la première place des pays les plus vulnérables au changement climatique parmi les pays d’Europe et d’Asie centrale, selon l’indice simplifié de vulnérabilité au changement climatique. Selon ce critère, <a href="https://ferdi.fr/donnees/indicateur-de-vulnerabilite-physique-au-changement-climatique">expliqué par l’institut Ferdi</a>, le Tadjikistan est un pays particulièrement exposé en raison de sa faible capacité d’adaptation. L’aggravation de problèmes existants et l’apparition de nouveaux risques, liés au changement climatique, constitueront des barrières à la réalisation de ses objectifs prioritaires de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-tadjikistan-premiere-victime-du-rechauffement-climatique-en-asie-centrale/">Le Tadjikistan, première victime du réchauffement climatique en Asie centrale</a></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces risques, de même que les mesures d’adaptation destinées à en limiter les conséquences pour la population et les secteurs clés de l’économie, constituent des éléments importants de la stratégie nationale tadjike.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données de la <a href="https://unfccc.int/fr/processus-et-reunions/la-convention/qu-est-ce-que-la-ccnucc-la-convention-cadre-des-nations-unies-sur-les-changements-climatiques">Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique</a>, l’augmentation moyenne de la température risque d’atteindre 1,9 °C d’ici à 2050. <em>« Cela aura des incidences dans tous les domaines. Par exemple, le changement climatique, responsable de la fonte inattendue et soudaine des glaciers, augmente le risque d’inondations, de coulées de boues et d’avalanches », </em>décrit la stratégie nationale<em>. « Les épisodes de sécheresse, les inondations et les phénomènes climatiques extrêmes aggravent les problèmes de pauvreté du fait de la destruction des récoltes et de la perte de revenus et accentuent le processus de migration. La population est obligée d’émigrer à la recherche de travail »</em>, explique le texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Tadjikistan est le plus vulnérable en Asie centrale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement climatique s’observe dans le monde entier. En comparaison avec les autres pays d’Asie centrale, le Tadjikistan n’est pas un grand émetteur de gaz à effet de serre : il occupe <a href="https://edgar.jrc.ec.europa.eu/overview.php?v=CO2ts1990-2015&amp;sort=des9">la 132<sup>ème</sup> place</a>.  Dans la région, le Kazakhstan est le pays le plus émetteur, à la 23<sup>ème</sup> place, suivi de l’Ouzbékistan à la 38<sup>ème</sup> place et, bien plus loin, du Kirghizstan à la 116<sup>ème</sup> place. Néanmoins, le Tadjikistan est considéré comme le pays le plus vulnérable à l’échelle régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prévenir une augmentation de la température de la planète au-delà de la norme fixée, une réduction des émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère est nécessaire. Différents États dans le monde, dont le Tadjikistan, prennent des mesures : s’engager à maintenir la concentration de gaz carbonique à un niveau qui ne présente pas de danger pour l’environnement. À cette fin, un accord est intervenu il y a cinq ans au cours de la <a href="https://unfccc.int/fr/process-and-meetings/l-accord-de-paris/qu-est-ce-que-l-accord-de-paris">Conférence de Paris sur le climat</a>, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies, portant sur des mesures juridiques destinées à réduire les émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère à partir de 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Tadjikistan est l’un des 196 États à avoir signé l’Accord de Paris, le 22 avril 2016 au siège des Nations unies, ratifié le 13 février 2017. Les États signataires de l’Accord de Paris sont convenus d’adopter un nouveau modèle de développement économique économe en carbone, en renonçant progressivement aux technologies traditionnelles d’extraction, de transformation et d’utilisation des énergies fossiles au profit des technologies dites « vertes ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la pandémie de coronavirus, certaines émissions ont été réduites au Tadjikistan. <em>« Le Covid-19 a des répercussions non seulement sur la vie de millions de personnes, mais aussi sur l’environnement. La réduction des déplacements s’est traduite par une réduction des émissions de CO² », </em>a estimé Dilovarcho Doustzoda, directeur de l’Agence hydrométéorologique et représentant permanent du Tadjikistan auprès de <a href="https://public.wmo.int/fr">l’Organisation météorologique mondiale</a> (OMM)<em>.</em> <em>« Comme le confirment les spécialistes, la qualité de l’air dans certaines régions s’est également améliorée. La mise à l’arrêt de nombreux sites de production, du secteur de l’aviation et d’autres moyens de transport a réduit la pollution atmosphérique. Mais nous devons nous demander si cet effet favorable sera durable à long terme »</em>, a décrit l’expert.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La fonte des glaciers et ses répercussions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis longtemps, les climatologues tirent la sonnette d’alarme à propos de la rapidité de la fonte des glaciers au Tadjikistan. Environ 30 % de la calotte glaciaire a disparu depuis 1930&nbsp;; actuellement, elle fond à un rythme annuel oscillant entre 0,5 % et 0,8 %. Le glacier <a href="https://novastan.org/fr/fact/fedtchenko-tout-un-glacier/">Fedtchenko</a>, le plus grand du Tadjikistan, d’un volume de 144 kilomètres cubes, a régressé d’un kilomètre et a perdu environ cinq kilomètres cubes de glace depuis le début du XXème siècle. Selon les experts, le Tadjikistan compte plus de 13 000 glaciers, pour un volume total de 850 kilomètres cubes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ici à 2050, ce chiffre pourrait se réduire de moitié : si des mesures ne sont pas prises dans l’immédiat, une partie des glaciers du Tadjikistan pourrait disparaître complètement. La fonte des glaciers augmentera le risque d’inondations soudaines dues à des ruptures de lacs glaciaires. D’un point de vue économique, les pertes seraient importantes, notamment dans les campagnes, où vit plus de 60 % de la population. Des pertes significatives frapperaient le secteur agricole à la suite de coulées de boues fréquentes et de la sécheresse qui s’ensuivrait. La baisse des rendements agricoles entraînerait une baisse du niveau de vie. C’est pourquoi les mesures d’adaptation prises par le gouvernement tadjik sont importantes et viennent à un moment décisif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/des-scientifiques-alertent-sur-la-fonte-de-glaciers-au-pamir-tadjik/">Des scientifiques alertent sur la fonte de glaciers au Pamir tadjik</a></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question du changement climatique au Tadjikistan et de ses conséquences concerne directement tous les pays d’Asie centrale. En effet, c’est au Tadjikistan que se forme une part importante des ressources hydriques d’Asie centrale&nbsp;: la fonte des glaciers dans le pays représente une très grande menace pour la région dans son ensemble. Le changement climatique exerce en effet une influence néfaste sur la production d’énergie hydraulique, sur l’approvisionnement en eau et l’irrigation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des actions de sensibilisation de la population</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre dernier, une initiative intitulée : « Mois d’action pour le développement du climat vert » a été lancée pendant un mois, du 24 octobre 2020 au 21 novembre 2020. Elle a été mise en œuvre conjointement par le Comité de protection de l’environnement auprès du gouvernement du Tadjikistan et l’Agence de coopération allemande Giz. Dans ce cadre, différents évènements ont eu lieu en ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les organisateurs, ce mois d’action visait à sensibiliser le public afin qu’il appréhende les problématiques environnementales, d’augmentation de la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et le changement climatique dans le monde entier. Ce dernier aggrave les conséquences de la dégradation de l’environnement au Tadjikistan et touche de nombreux aspects de son économie.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces actions ont pour objectif de sensibiliser la population au thème de l’environnement. Les évènements ont eu lieu en ligne, ce qui a élargi leur auditoire, les organisateurs étant ainsi à même de porter l’information à un plus grand nombre de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mois d’action a permis également de sensibiliser au caractère intersectoriel du changement climatique, de pousser à un changement de comportement et d’inciter les gens à lutter contre le réchauffement climatique. Les évènements en ligne comportaient des tâches à accomplir, des concours artistiques, des « victorines » ou tournois, des débats d’étudiants, une série de podcasts et des cours donnés par des spécialistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s’est achevée le 20 novembre 2020 par une discussion sous forme de panel, à laquelle ont participé des représentants de structures gouvernementales, de la société civile et de la communauté internationale. Madame Zarafo Kiemzoda Soufildjon, vice-présidente du Comité de protection de l’environnement auprès du gouvernement du Tadjikistan a, au cours de son intervention, relevé l’importance des évènements organisés dans ce cadre, destinés à sensibiliser la population au thème de l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la vice-présidente, un programme d&rsquo;éducation et de formation écologique de la population s&rsquo;achève en 2020, alors qu&rsquo;un programme analogue est en préparation pour les années 2021-2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’engagement du Tadjikistan envers la communauté internationale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambassadeur allemand au Tadjikistan, <a href="https://de.wikipedia.org/wiki/Andreas_Prothmann">Andreas Prothmann</a>, a déclaré quant à lui que le Tadjikistan était un partenaire important, capable de mettre en œuvre les accords internationaux. <em>« À titre d’exemple, le Tadjikistan a signé la <a href="https://www.un.org/fr/observances/biological-diversity-day/convention">Convention sur la biodiversité biologique</a>, la plus importante parmi les conventions internationales en la matière, et l’emblématique Accord de Paris, conclu au niveau mondial, visant à prévenir les risques liés au changement climatique »</em>, a-t-il affirmé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a été noté que, pour assurer des conditions de vie digne aux générations futures, il importait de rendre possible la transition de l’économie tadjike, afin que le pays puisse progresser dans la voie de la durabilité et développer une meilleure résistance aux chocs mondiaux, tels que la pandémie actuelle, de même qu’aux défis posés par le changement climatique.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20201210/tadzhikistan-prinimaet-adaptatsionnie-meri-v-borbe-s-izmeneniem-klimata?tg_rhash=59df260525b319">russe</a> par </strong><strong>Michel Peetermans</strong><strong></strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laura Sauques</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Laura Sauques]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 13:45:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></p>
<p>Le 7 avril 2020, la version allemande de Novastan a organisé son premier évènement en ligne en coopération avec Quarteera. Les échanges entre les expert-e-s et les participant-e-s ont été consacrés à la question de la vie quotidienne des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (LGBTQI) en Asie centrale, à la migration queer [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 7 avril 2020, la version allemande de Novastan a organisé son premier évènement en ligne en coopération avec Quarteera. Les échanges entre les expert-e-s et les participant-e-s ont été consacrés à la question de la vie quotidienne des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (LGBTQI) en Asie centrale, à la migration queer et à l&rsquo;engagement concernant les sujets LGBTQI, ainsi qu’au manque de couverture médiatique de ces sujets dans la région.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici un article publié le 28 avril 2020 dans <a href="https://novastan.org/de/novastan-ev/rueckblick-novastan-trifft-quarteera/">notre version allemande</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Initialement prévue en format physique à Berlin à la fin du mois d’avril 2020, la rencontre a été annulée du fait de la crise sanitaire liée au coronavirus. Au lieu de cela, l’équipe allemande de Novastan et l’ONG <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Quarteera">Quarteera</a>, spécialisée dans les questions lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lesbiennes,_gays,_bisexuels_et_transgenres">LGBTQI</a>) dans l’espace russophone, ont organisé leur tout premier évènement en ligne le 7 avril.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette organisation en format distanciel, plus de 20 personnes ont pu y participer, y compris des individus qui ne se trouvaient pas à Berlin et donc n’auraient pas pu être présents si l’évènement avait été en présentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Terminologie : quel est le concept de genre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le panel s’est ouvert avec l’intervention de l’experte en étude de genre <a href="https://univie.academia.edu/SaltanatShoshanova">Saltanat Chochanova</a>, qui a exposé les différences entre le sexe, le genre et la sexualité. Afin de mieux comprendre le sujet, le genre a été présenté à travers le concept du « Genderbread Person » en utilisant quatre catégories : le genre biologique apparenté au sexe de la personne, l’identité de genre correspondant au genre auquel s’identifie l’individu, l’expression de genre et l’autodétermination sexuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus amples informations sur ce sujet se trouvent sur le site officiel <a href="https://www.genderbread.org/">de The Genderbread Person v4.0</a>. L’experte a ensuite expliqué le terme alternatif « queer », qui a une signification différente dans les communautés LGBTQI russophones où ce terme est souvent utilisé comme pseudonyme. Lors de l&rsquo;échange avec les participants, elle a relevé que l’Asie centrale avait également ses propres termes pour désigner la communauté LGBTQI, des termes souvent utilisés dans un contexte négatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Migration et engagement queer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays d&rsquo;Asie centrale, il existe encore des stéréotypes caricaturaux et des idées erronées sur les personnes queer qui peuvent entrainer des menaces voire des agressions physiques. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes LGBTQI émigrent vers des pays <em>« où elles peuvent respirer »</em> et avoir une <em>« vie meilleure »</em>, a décrit Saltanat Chochanova<em>.</em> Par chance, nos invité-e-s originaires d’Asie centrale et appartenant à la communauté LGBTQI n’ont pas été persécuté-e-s dans leur pays d&rsquo;origine. Néanmoins, il ressort de ces échanges un mal-être dans ces sociétés où la haine anti-LGBTQI est toujours fortement présente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, de nombreuses personnes homosexuelles issues de l&rsquo;immigration se sont engagées à soutenir les personnes LGBTQI en Asie centrale à travers plusieurs projets. Une de ces initiatives est le projet <a href="https://www.kok.team/">Kok.team</a>, basé à Prague. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une plateforme en ligne informative sur la communauté LGBTQI au Kazakhstan. Kok.team s&rsquo;est fixé comme objectif de créer une communauté LGBTQI dans le pays et d&rsquo;informer sur des sujets spécifiques à cette communauté. L&rsquo;une des tâches les plus importantes de la plateforme Kok.team est de rendre publics des cas de violations des droits de l&rsquo;Homme sur les personnes LGBTQI au Kazakhstan. De surcroît, l&rsquo;équipe tente de mettre en place des conseils juridiques pour les personnes concernées et de leur apporter un soutien financier, notamment grâce au financement participatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet <a href="https://www.kickstarter.com/projects/khk/olar-a-trilingual-qazaqstani-lgbtqia-zine?lang=fr&amp;fbclid=IwAR0sRpBARSV_IjDAgE3ZpdNAaNepRKLMFwUfktRJWLqKIP3VaueZQQij9cI">OLAR</a> est un autre exemple d’engagement. Il s&rsquo;agit de la première plateforme trilingue en ligne au Kazakhstan dédiée aux sujets LGBTQI . OLAR vise à mettre en lumière le côté créatif et culturel des personnes LGBTQI. Pour ce faire, la plateforme publie des créations artistiques diverses allant des poèmes aux peintures. Il est important que le contenu soit disponible dans les trois langues : kazakh, russe et anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment vivent les personnes LGBTQI en Asie centrale ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un point de vue européen, il est difficile de distinguer la situation de la communauté LGBTQI dans les différents pays d’Asie centrale. Cependant, celle-ci n’est pas uniforme dans la région. Afin de pouvoir mieux différencier les spécificités selon les pays et le traitement des personnes LGBTQI dans chacun d’eux, un participant a créé une pyramide classant les pays les plus répressifs en bas et les pays les moins répressifs à son sommet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bas de la pyramide se trouve le Turkménistan, où l&rsquo;homosexualité est une infraction pénale. Selon l&rsquo;article 135 du Code pénal du pays, les relations homosexuelles entre hommes et des pratiques telle que la sodomie sont passibles de deux ans de prison, décrit <a href="https://www.rferl.org/a/lgbt-in-turkmenistan-go-to-jail-or-live-a-lie/30230788.html">le média américain Radio Free Europe</a>. Il n’existe que peu d&rsquo;informations sur les personnes LGBTQI car le Turkménistan communique très peu, voire pas du tout, sur le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ouzbékistan vient en deuxième position des pays les plus répressifs. Comme au Turkménistan, il existe encore une loi dans le Code pénal prévoyant jusqu&rsquo;à trois ans d&#8217;emprisonnement pour les actes sexuels volontaires entre deux hommes. Un participant ouzbek a indiqué que les normes sociales sont très différentes de la loi stricto sensu. Dans la loi, seuls les rapports entre hommes sont punis, laissant les rapports entre femmes et personnes transsexuelles hors du champ d’application théorique. Cependant dans la pratique, d’un point de vue sociétal, la situation est très différente. Les personnes LGBTQI sont fortement critiquées en public, une stigmatisation qui peut entraîner des persécutions et des menaces, relève le média des droits de l’Homme <a href="https://www.opendemocracy.net/en/odr/uzbekistan-homosexuality-illegal-heres-what-lgbt-life/">Open Democracy</a>.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de la pyramide se trouve le Tadjikistan. Ce pays a une forte structure patriarcale et l’homosexualité est souvent considéré comme un péché et une « honte pour toute la famille ». Les personnes de la communauté LGBTQI sont souvent soumis à un chantage de la part de leurs proches soucieux de protéger  » l&rsquo;honneur de leur famille ”. De nombreux homosexuels doivent ainsi en passer par un mariage “ conventionnel ” et avoir des enfants <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-communaute-lgbt-traquee-au-tadjikistan/">tout en menant une double vie</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-communaute-lgbti-decrite-pour-la-premiere-fois-dans-un-documentaire/">Tadjikistan : la communauté LGBTI décrite pour la première fois dans un documentaire</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan suit, à la quatrième place. Il existe un certain nombre de groupes d&rsquo;initiative, de mouvements et d&rsquo;associations défendant les droits des personnes LGBTQI. Grâce aux protestations de ces groupes, le projet de loi contre la « propagande homosexuelle » a échoué en 2019. Les médias rapportent plus souvent des sujets spécifiques aux LGBTQI de manière équilibrée et neutre. Néanmoins, il n&rsquo;existe pas de structures officielles représentant la communauté LGBTQI dans le pays, l&rsquo;engagement se trouve davantage sur Internet. La situation est encore aggravée par l’absence de loi anti-discrimination. Pour cette raison, de nombreuses personnes LGBTQI ne se sentent pas protégées et <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/">préfèrent vivre cachées</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">Paroles de féministes et militants LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sommet de la pyramide se trouve le Kirghizstan, où il existe des organisations LGBTQI reconnues par l&rsquo;État et des organisations de coopération LGBTIQ. Les militant-e-s LGBTQI sont autorisé-e-s à descendre dans la rue et à exprimer publiquement leurs opinions, ils et elles constituent une partie importante de la société civile kirghize. Cependant, de fortes voix dissidentes se font encore entendre, tant dans la société que dans le gouvernement. La participation d&rsquo;activistes LGBT à la marche durant <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-la-marche-de-solidarite-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-interrompue-par-des-agresseurs-masques/">la Journée des droits des femmes en 2019</a> a entraîné une forte polémique dans tout le pays, comme <a href="https://www.rferl.org/a/rainbow-rage-kyrgyz-rail-against-lgbt-after-central-asia-s-first-gay-pride-march/29825158.html">l’a relevé Radio Free Europe</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment les médias rapportent-ils les problèmes spécifiques aux LGBTQI ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la conférence, les participant-e-s ont également discuté de la couverture médiatique des sujets spécifiques aux LGBTQI dans la région. Si le traitement de ces sujets diffère d’un pays à l’autre dans la région d’Asie centrale, un consensus existe sur l’absence de couverture médiatique neutre sur les questions LGBTQI. Les sujets sont traités superficiellement et parfois de manière anecdotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux journalistes ont peur d’écrire sur ces thèmes, ce qui entraîne un manque de visibilité sur de nombreux problèmes. Andreas Schmiedecker, un expert du <a href="https://www.n-ost.org/97-network-of-journalists-focusing-on-lgbtq-in-post-soviet-states">projet « Unit» du média allemand n-ost,</a> a déclaré que d’après son expérience, il est très difficile d’obtenir des informations fiables sur les LGBTQI en Asie centrale. Les communautés LGBTQI dans ces pays sont très fermées, ce qui explique que les signalements se font principalement par l&rsquo;intermédiaire de personnes ou d’organisations non officielles, comme Kok.team.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre problème se pose : le fossé linguistique. Il existe beaucoup d&rsquo;informations sur des sujets spécifiques aux LGBTQI en russe, mais presque aucune traduction dans les langues d’Asie centrale. Dans ce contexte, les informations restent inaccessibles pour un grand nombre de personnes LGBTQI.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Si vous souhaitez obtenir plus d&rsquo;informations sur les personnes LGBTQI dans les pays</em> <em>russophones, ou si vous connaissez quelqu’un qui a besoin d&rsquo;aide, vous pouvez contacter</em> <em><a href="http://www.quarteera.de/wir">Quarteera e.V</a>. La conférence a eu lieu dans le cadre du projet <a href="http://raznoobrasije.org/">Pазнообразие heißt Vielfalt</a>.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Zarina Zinnatova<br>Membre du bureau de Novastan Deutsch</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://novastan.org/de/novastan-ev/rueckblick-novastan-trifft-quarteera/">de l’allemand</a> par Clémence de Lacour</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laura Sauques</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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