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	<title>acollardnora, Author at Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>acollardnora, Author at Novastan France</title>
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		<title>« Les historiens du Tadjikistan indépendant n’ont pas à distinguer le bien du mal dans leur passé »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jun 2021 14:14:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Historiographie]]></category>
		<category><![CDATA[passé soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-historiens-du-tadjikistan-independant-nont-pas-a-distinguer-le-bien-du-mal-dans-leur-passe/">« Les historiens du Tadjikistan indépendant n’ont pas à distinguer le bien du mal dans leur passé »</a></p>
<p>Historien tadjik reconnu, Kamolouddin Abdoullaïev a enseigné l&#8217;histoire de l&#8217;Asie centrale au Tadjikistan et aux États-Unis. Après plus de 30 ans de carrière académique, il livre une analyse critique des enjeux actuels de la recherche et de l’historiographie tadjike. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 5 mars 2020 par le média tadjik [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-historiens-du-tadjikistan-independant-nont-pas-a-distinguer-le-bien-du-mal-dans-leur-passe/">« Les historiens du Tadjikistan indépendant n’ont pas à distinguer le bien du mal dans leur passé »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Historien tadjik reconnu, Kamolouddin Abdoullaïev a enseigné l&rsquo;histoire de l&rsquo;Asie centrale au Tadjikistan et aux États-Unis. Après plus de 30 ans de carrière académique, il livre une analyse critique des enjeux actuels de la recherche et de l’historiographie tadjike.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 5 mars 2020 par le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200305/kamoluddin-abdullaev-istoriya-tadzhikov-po-svoei-tragichnosti-ne-ustupaet-syuzhetam-tihogo-dona?tg_rhash=4ad06923c19fc6">Asia-Plus</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant fêté ses 70 ans en 2020, l’historien tadjik Kamolouddin Abdoullaïev revient sur sa carrière et aborde aussi bien les défis actuels de la recherche académique que les pages peu connues de l’histoire du peuple tadjik, notamment les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">Basmatchis</a>, ces Tadjiks en désaccord avec le pouvoir soviétique qui ont quitté le pays entre 1916 et 1934.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né le 21 février 1950, il enseigne l’histoire contemporaine de l’Asie centrale, en premier lieu celle du Tadjikistan. Par ailleurs, depuis 1992, il travaille pour diverses ONG internationales et des organismes de recherche engagés auprès de la société civile, pour l’éducation et le règlement des conflits en Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Membre actif des programmes d’échange avec les États-Unis dans le domaine de l’histoire et des sciences sociales, il est l’auteur de neuf ouvrages ainsi que d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;articles universitaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Asia-Plus : En tant qu’historien du Tadjikistan contemporain, vous portez un regard différent de nombre de vos collègues sur les évènements de la première moitié du XXème siècle. Comment s&rsquo;est-il construit ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kamolouddin Abdoullaïev</strong> : Ce sont les changements politiques survenus dès 1990, sur le plan national comme mondial, ainsi que l’accès à des sources inédites et des textes jusque-là inconnus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la domination du marxisme et le contrôle strict du parti communiste, j’ai toujours bénéficié d’une certaine liberté académique, comme d’autres historiens de la période soviétique. L’historiographie tadjike des années 1960 était marquée par la recherche de nouvelles approches, qui restaient néanmoins proches de l’historiographie conservatrice et sécuritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-grand-jeu-raison-de-larrivee-des-premiers-russes-au-tadjikistan/">Le Grand Jeu, raison de l’arrivée des premiers Russes au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On a aujourd’hui injustement oublié Moullo Irkaïev <em>(historien soviétique, ndlr)</em>, qui reconnaît pour la première fois en 1963, dans son <em>Histoire de la guerre civile au Tadjikistan</em>, qu’il y avait parmi les Basmatchis beaucoup de simples paysans, qui ne méritaient pas leur condamnation arbitraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1960, on disait à voix basse qu’en 1931, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Bek">Ibrahim Bek</a>, le chef des Basmatchis, n’avait pas été capturé mais avait lui-même capitulé. Autrement dit, tout le monde savait qu’il y avait des omissions et des mensonges dans l’historiographie officielle. Dans la seconde moitié des années 1980, on a finalement commencé à mener des recherches sur des thématiques nouvelles, jusque-là omises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment était venu pour moi de revenir à ce qui m’avait intéressé dès mes premières années d’études : l&rsquo;histoire des Basmatchis, des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jadidisme">Djadids</a>, et des autres Tadjiks en désaccord avec le pouvoir soviétique, qui sont partis à l’étranger dans les années 1920-1930.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je considérais que l’indépendance impliquait de respecter le peuple dans son ensemble, sans exception ni silence, d’être attentif à un passé dans lequel chacun a son importance et qui mérite de la part de ses descendants une certaine attention, que l’on ait été <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9ros_du_travail_socialiste">héros du travail</a> ou <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D1%83%D1%80%D0%B1%D0%B0%D1%88%D0%B8">Kourbachi</a> <em>(commandant des troupes de Basmatchis, ndlr)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos travaux font d’ailleurs une large place aux Basmatchis, aux Djadids et aux émigrants de ces années-là.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pan de l’histoire de notre peuple et le destin de ces personnes exigent des études approfondies. L’histoire des Tadjiks est aussi tragique que l’histoire du <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Don_paisible">Don paisible</a></em> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Cholokhov">Mikhaïl Cholokhov</a> (<em>un roman-épopée décrivant la destinée des cosaques de la Première Guerre mondiale à la révolution bolchevique, ndlr</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait par exemple dans la famille des Amirchoïev de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Baljuvon_District">Baldjouvon</a> deux Basmatchis de l’entourage de Davlat Madbia. Celui-ci était alors le chef des rebelles de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kulob">Kulob</a> et le bras droit <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ismail_Enver">d’Enver Pacha</a> <em>(officier turc puis ministre de la Guerre de l&rsquo;Empire ottoman, ndlr)</em>. Mais cette famille comptait aussi le héros soviétique <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%BC%D0%B8%D1%80%D1%88%D0%BE%D0%B5%D0%B2,_%D0%A1%D0%B0%D1%84%D0%B0%D1%80">Safar Amirchoïev</a>, qui est mort en libérant la Lituanie en 1944.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des nombreux fils du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alim_Khan">dernier émir de Boukhara</a>, le colonel Chakhmourad Alimov, s’est également battu contre les fascistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-folle-histoire-abdul-rahim-hajibeyov-heros-national-du-tadjikistan/">La folle histoire d’Abdul Rahim Hajibeyov, héros national du Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, tous ces « bachi » <em>(dans les langues turciques, « baş » désigne la tête mais aussi le chef, ndlr)</em>, les Kourbachis et les <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D0%B8%D0%BD%D0%B1%D0%B0%D1%88%D0%B8">Mingbachis</a>, n’étaient en réalité pas des Basmatchis mais des officiers de l’ancienne armée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">l’émirat de Boukhara</a>, comme dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9es_blanches">l’Armée blanche</a> en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khamil_Yarmatov">Kamil Yarmatov</a> <em>(acteur et réalisateur incontournable du cinéma soviétique, ndlr)</em>, était un Mingbachi. Le cinéaste considérait que son propre mentor était Hamdam-hadj Kalandarov, un Kourbachi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les libéraux-démocrates tadjiks, les Djadids, n’ont pas non plus accepté l’autorité soviétique et méritent aussi plus d’attention. Par exemple, <a href="https://fr.vvikipedla.com/wiki/Payrav_Sulaymoni">Païrav Soulaïmoni</a> <em>(écrivain tadjik de Samarcande, ndlr)</em> était en fait le neveu de Hachim Chaïk, l’ambassadeur de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_sovi%C3%A9tique_populaire_de_Boukhara">République soviétique populaire de Boukhara</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaboul">Kaboul</a>. Il s’est occupé de renvoyer Païrav Soulaïmoni dans son pays d’origine avant de s’opposer ouvertement au pouvoir soviétique. La vie de Païrav Soulaïmoni est devenue tragique en 1933.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa fille, Goultchera Soulaïmonova, était une célèbre poète tadjike. Sa tante afghane, Nafisa Moubariz, parente du roi d&rsquo;Afghanistan <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amanullah_Khan">Amanullah Khan</a>, était également poète et rédactrice en chef d’un journal pour les femmes afghanes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nafisa Moubariz, tout comme la fille de l’ancien émir de Boukhara que j’ai rencontrée à Washington il y a 25 ans, faisaient partie des femmes les plus lettrées d’Afghanistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut dire sans trop exagérer que l’élite des émigrés tadjiks de Boukhara était aux couleurs de l’élite culturelle d’Afghanistan. Son intégration dans la société afghane s’est dans l’ensemble faite sans problème, en raison de la similarité de religion, de culture et de langue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de l’émigration fait partie intégrante de l’histoire tadjike. Les historiens du Tadjikistan indépendant n’ont pas à distinguer le bien du mal dans leur passé, y compris dans le passé soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel regard portez-vous sur la formation universitaire en histoire aujourd’hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai eu la chance d’être diplômé en 1972 de la faculté d’histoire de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_d%27%C3%89tat_de_Tomsk">Université de Tomsk</a>, où enseignaient d’excellents professeurs tadjiks et où étaient également invités des sommités mondiales telles que l’ethnographe <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9F%D0%BE%D0%BB%D1%8F%D0%BA%D0%BE%D0%B2,_%D0%A1%D0%B5%D1%80%D0%B3%D0%B5%D0%B9_%D0%9F%D0%B5%D1%82%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Sergueï Poliakov</a> et l’archéologue <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Masson">Mikhaïl Masson</a> de Moscou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le doyen, <a href="https://asiaplustj.info/en/news/tajikistan/society/20120719/prominent-tajik-historian-mansour-babakhanov-dies">Mansour Babakhanov</a>, était un pédagogue exceptionnel, un promoteur de la science, le camarade de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A0%D0%B0%D0%B4%D0%B6%D0%B0%D0%B1%D0%BE%D0%B2,_%D0%97%D0%B0%D1%80%D0%B8%D1%84_%D0%A8%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BF%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Zarif Radjabov</a> et l’élève de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Bobojon_Ghafurov">Bobodjan Ghafourov</a> <em>(tous deux d&rsquo;éminents historiens, ndlr)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’Institut d’histoire de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_des_sciences_du_Tadjikistan">Académie des sciences</a> de l’époque de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%98%D1%81%D0%BA%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B2,_%D0%91%D0%B0%D1%85%D0%BE%D0%B4%D1%83%D1%80_%D0%98%D1%81%D0%BA%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Bakhodour Iskandarov</a> planait l’esprit des académiciens et orientalistes <a href="https://journals.openedition.org/asiecentrale/602?lang=fr">Alexandre Semionov</a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mikhail_Andreyev">Mikhail Andreïev</a>, remarquables représentants de l’historiographie russe prérévolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d’explorateurs amoureuse du Pamir</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a rien de tout cela aujourd’hui. La jeunesse ne suit pas d’études supérieures, encore moins jusqu&rsquo;en maîtrise. Les chercheurs de ma génération partent à la retraite ou sont contraints de travailler ailleurs. Les étudiants recopient massivement les textes des autres et se contentent de chercher sur Google pour réviser leurs examens, puis oublient immédiatement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les historiens contemporains du Tadjikistan parviennent-ils à évaluer objectivement les évènements du passé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand la recherche ne publie pas, de nombreux travaux pseudo-historiques surgissent, écrits par des amateurs ou des personnalités controversées. Cela arrive lorsque l’histoire sort du seul cadre scientifique et académique et devient un divertissement réfléchi selon l’effet et les retentissements escomptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ensemble, je ne vois pas de recherches innovantes ni même de nouveaux noms dans la recherche tadjike pour cette raison, à savoir l’absence de nouveaux penseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, durant les années de l’indépendance, de 1998 à 2011, une <em>Histoire du peuple tadjik</em> en six tomes a été publiée, mais à l’exception de la deuxième partie du dernier tome, elle a été écrite à l’époque soviétique ! Je faisais d’ailleurs partie des auteurs. Aujourd’hui, les travaux de recherche sont rédigés à la hâte, de manière chaotique, et ne font pas l’objet d’un examen rigoureux en matière d’éthique et de plagiat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez longtemps travaillé dans les universités américaines. Racontez-nous cette partie de votre carrière.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La période américaine de ma carrière a été la plus intéressante et la plus productive. C’est là-bas que j’ai publié plusieurs livres et des dizaines d’articles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De 2000 à 2013, j’ai enseigné à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Yale">Yale</a> et à l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_d%27%C3%89tat_de_l%27Ohio">Université d’État de l’Ohio</a>. J’ai également donné des conférences dans d’autres universités telles que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_Harvard">Harvard</a>, où j’ai d’ailleurs été introduit par le défunt <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nelson_Frye">Richard Frye</a>, grand ami de l’Iran et du Tadjikistan, fondateur des études iraniennes dans le monde, et que je considère comme mon idole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que faites-vous désormais et sur quoi travaillez-vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, outre mes recherches sur l’émigration centrasiatique, je travaille sur l’histoire des mouvements nationaux et musulmans en Asie centrale et en Afghanistan, ainsi que sur des thèmes contemporains connexes. Je continue d’étudier avec mes collègues l’histoire du <a href="https://www.lorientlejour.com/article/251343/La_paix_sinstaure_lentement_au_Tadjikistan.html">processus de paix au Tadjikistan</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je donne des conférences, j’écris des articles et des comptes rendus, je fais du conseil, je dirige parfois les travaux de recherche d’étudiants, j’interviens lors de conférences chez nous ou à l’étranger. En tant que politologue, je suis également <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/les-talibans-de-nouveau-aux-portes-de-lasie-centrale-quelles-consequences/">les évènements en Afghanistan</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, je collabore davantage avec des collègues étrangers qu’avec mes homologues tadjiks. Je ne perds pas non plus l’espoir de travailler à temps partiel dans l’une des universités de la capitale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes originaire de Konibodom, dans la province de Sughd, au nord-ouest du Tadjikistan, mais vous êtes né à l’est du pays, dans le district de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rasht_District">Racht</a>. Comment votre famille est-elle arrivée là-bas ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Combattant lors de la Seconde Guerre mondiale, mon père, Nadjoudin Abdoullaïev, dirigeait dans les années d’après-guerre les antennes du parti dans trois provinces : celles de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Garm_(Tadjikistan)">Garm</a>, du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_autonome_du_Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Leninabad</a> (<em>aujourd&rsquo;hui Khodjent, ndlr)</em>, et deux districts : <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vakhsh_District">Vakhch</a> et Obigarm.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était ami avec Bobodjan Gafourov, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D0%BE%D0%B4%D1%85%D1%83%D0%B4%D0%BE%D0%B5%D0%B2,_%D0%9D%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%80%D1%88%D0%BE">Nazarcho Dodkhoudoïev</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tursun_Uljabayev">Toursounbaï Ouldjabaïev</a> et <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%B0%D1%85%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B2,_%D0%90%D0%B1%D0%B4%D1%83%D0%BB%D0%B0%D1%85%D0%B0%D0%B4_%D0%9A%D0%B0%D1%85%D0%B0%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Abdoulakhad Kakharov</a> <em>(de célèbres personnalités politiques soviétiques, ndlr)</em>, et travaillait avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une des rues de Douchanbé porte son nom. Et l’on dit qu’il y a une autre rue à son nom à Garm, où je suis né en 1950. Ma mère, Fatimakhon, était femme au foyer et a élevé six enfants.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis également fier de mon frère, désormais général à la retraite, et de mes quatre sœurs, dont l’aînée, hélas décédée aujourd’hui, a été la rectrice de l’Institut des langues durant de longues années. Je suis marié, j’ai un fils et une fille, ainsi que trois petits-enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y avait parmi mes ancêtres maternels des moudaris <em>(équivalents des professeurs principaux dans les écoles coraniques, ndlr)</em>. Comme eux, je suis professeur. Ils travaillaient dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dersa">médersa</a> Mir Radjab Dodkho à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Konibodom">Konibodom</a>, où est désormais installé le musée de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le clan auquel j’appartiens, Koutchaï Djar, lui a fait don de deux peintures précieuses – une illustration de Konibodom faite par des artistes indiens et un tableau du remarquable peintre ouzbek Isfandiyar Khaïdarov. Nous essayons de poursuivre le mécénat. Nous rêvons également de contribuer à faire renaître la calligraphie au Tadjikistan.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Khaïdar Chodiev</strong><br /><strong>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200305/kamoluddin-abdullaev-istoriya-tadzhikov-po-svoei-tragichnosti-ne-ustupaet-syuzhetam-tihogo-dona?tg_rhash=4ad06923c19fc6">russe</a> par Antonia Collard-Nora</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Guillaume Gérard </strong></p>
<p class="has-text-align-right"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Khwarezm et Boukhara, deux foyers anciens des Juifs d&#8217;Asie centrale</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Apr 2020 09:37:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/khwarezm-et-boukhara-deux-foyers-anciens-des-juifs-dasie-centrale/">Khwarezm et Boukhara, deux foyers anciens des Juifs d&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p>Selon la Tradition hébraïque, les Juifs sont apparus au Proche-Orient il y a presque 4&#160;000 ans. Rapidement, ils ont été dispersés depuis leur foyer d&#8217;origine et ont peu à peu créé, en plusieurs vagues, diverses communautés sur les continents asiatique, européen et africain. Pour autant, l&#8217;histoire de leur implantation en Asie centrale est aujourd&#8217;hui peu [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/khwarezm-et-boukhara-deux-foyers-anciens-des-juifs-dasie-centrale/">Khwarezm et Boukhara, deux foyers anciens des Juifs d&rsquo;Asie centrale</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Selon la Tradition hébraïque, les Juifs sont apparus au Proche-Orient il y a presque 4&nbsp;000 ans. Rapidement, ils ont été dispersés depuis leur foyer d&rsquo;origine et ont peu à peu créé, en plusieurs vagues, diverses communautés sur les continents asiatique, européen et africain. Pour autant, l&rsquo;histoire de leur implantation en Asie centrale est aujourd&rsquo;hui peu connue.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit&nbsp;ici un article initialement publié le 9 décembre 2019 par le média russe spécialisé sur l&rsquo;Asie centrale,&nbsp;<a href="https://fergana.ru/articles/112987/">Fergana News</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand sont apparus les Juifs en Asie centrale ? Quel rôle a joué le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Khazars"><em>khanat</em> de Khazar</a>&nbsp;(650-850) dans leurs pérégrinations ? Pourquoi ont-ils disparu de façon inattendue au XVIème siècle, sans laisser de descendants ? Comment se fait-il que les Juifs modernes de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Ouzbékistan actuel, soient en réalité des colons récents dans la région, sans lien quelconque avec l’histoire ancienne ?</p>
<p>
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<p style="text-align: justify;">C’est à ces questions que répond le célèbre historien canadien <a href="https://umanitoba.academia.edu/AlbertKaganovitch/CurriculumVitae">Albert Kaganovitch</a> de l’Université de Manitoba. Son travail de recherche historique, intitulé <em>«&nbsp;The Jewish Community of Central Asia in Medieval and Early Modern Periods&nbsp;»</em> (La communauté juive d’Asie centrale à l’époque médiévale et prémoderne) a été publié dans <a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/00210862.2019.1646116?journalCode=cist20">le journal <em>Iranian Studies</em></a> le 23 septembre 2019.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Du </strong><strong>Khwarezm à la Khazarie et inversement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les Juifs sont, selon toute vraisemblance, apparus en Asie centrale à l’époque des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9m%C3%A9nides">Achéménides</a>, au milieu du VIème siècle avant J.C. Les découvertes archéologiques confirment leur présence dans l’oasis de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Merv">Merv,</a><strong>&nbsp;</strong>située dans l’actuel Turkménistan, à cette période. Leurs traces ont été découvertes au milieu du Ier siècle de notre ère car, comme l’écrit l’historien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tabari">Tabari</a>, les habitants du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khwarezm">Khwarezm</a> rencontraient souvent des rabbins judaïques – jusqu’à la conquête musulmane.&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bulan_(roi)">Bulan</a>, le khan de Khazar, se convertit au judaïsme en 730 sous l’influence des Juifs locaux – ou sous celle des migrants venus de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sassanides">Empire sassanide</a>, alors ravagé par les Arabes. Il faut d’ailleurs noter que pour certains historiens, les Juifs ont migré de la Perse vers l’Europe (et plus particulièrement vers la Russie et l’Allemagne) via le Caucase et le Khwarezm.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l’écrit Albert Kaganovitch, le Khwarezm faisait partie à cette époque du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Khorassan">Grand Khorassan</a>, une région remplie de villes fleuries aux frontières de l’Iran, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et de l’Afghanistan contemporains. Après la conversion au judaïsme, la Khazarie – la région historique des Khazars &#8211; devint un point de gravitation pour les Juifs de tout le Khorassan, et le Khwarezm plus particulièrement, qui fut plus tard conquis par les Arabes avec brutalité.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-juifs-de-boukhara-comment-sont-ils-arrives-en-asie-centrale/">Les Juifs de Boukhara : comment sont-ils arrivés en Asie centrale ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des Juifs khazars, si ce n’est la totalité, parlaient et écrivaient en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_juives">langue judéo-persane</a>. Ils étaient alors engagés dans le commerce transcontinental, comme l’indique une lettre commerciale en judéo-persan trouvée à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hotan">Khotan</a> et datée du VIIIème siècle. Les marchands <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Radhanites">radhanites</a> commerçaient jusqu’à Canton, dans le sud de la Chine. Lorsque le royaume khazar perdit sa puissance militaire au Xème siècle, avant d’être plus tard complètement ravagé par les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rus%27_de_Kiev">Rous</a>, des négociants vinrent se réinstaller dans le Khwarezm à Khat – l’actuel <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Beruniy">Beruniy</a> et à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ourguentch">Ourguentch</a>, dans l’Ouzbékistan contemporain.</p>
<p><figure id="attachment_30843" aria-describedby="caption-attachment-30843" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-30843" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Хазарская-серебряная-монета-с-легендой-«Моисей-—-посланник-Бога»-из-коллекции-музея-Висбю-Швеция.-Фото-W.-Carter-с-сайта-Wikipedia.org_.jpeg" alt="Asie centrale histoire tradition religion" width="750" height="500" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Хазарская-серебряная-монета-с-легендой-«Моисей-—-посланник-Бога»-из-коллекции-музея-Висбю-Швеция.-Фото-W.-Carter-с-сайта-Wikipedia.org_.jpeg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Хазарская-серебряная-монета-с-легендой-«Моисей-—-посланник-Бога»-из-коллекции-музея-Висбю-Швеция.-Фото-W.-Carter-с-сайта-Wikipedia.org_-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Хазарская-серебряная-монета-с-легендой-«Моисей-—-посланник-Бога»-из-коллекции-музея-Висбю-Швеция.-Фото-W.-Carter-с-сайта-Wikipedia.org_-128x86.jpeg 128w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-30843" class="wp-caption-text">Pièce en argent de tradition khazar avec la légende « Moïse &#8211; le Messager de Dieu » (collection du Musée Visby, Suède)</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">La participation active des Juifs au commerce des routes de la Soie se reflète dans une légende kirghize, recueillie à la fin du XIXème siècle dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Ferghana">vallée de Ferghana</a>. Un beau jour, un Juif passe à dos de chameau dans la steppe près de la maison d’un musulman et lui demande de l’abriter pour la nuit. Mais le musulman refuse l’infidèle. Invité dans la même maison, le soufi Ahmed Iassavi apprend cela et commence à supplier le Juif de revenir. Mais celui-ci n’accepte qu’à condition qu’on le porte, lui et son chameau, sur les épaules, ce que fit le soufi. Frappé par ce miracle, le Juif se convertit alors à l’islam.</p>
<p><strong>Une présence juive attestée par des écrits&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de cette légende, on trouve également trace de la présence juive dans les différents écrits locaux. Ainsi, dans les chroniques historiques et les récits de voyages, on parle de communautés juives dans la vallée de Ferghana. Par ailleurs, la linguistique et la dialectologie apprennent que les habitants du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_oriental">Turkestan oriental</a> et même de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kaifeng">Kaifeng</a>, en Chine orientale, parlaient le persan. Enfin, les chroniques mongoles de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Yuan">dynastie Yuan</a> mentionnent de nombreux Juifs portant des noms persans.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, le Khwarezm est resté le centre névralgique de la vie juive d’Asie centrale du Xème au XIIIème siècle. D’après le témoignage du voyageur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_de_Tud%C3%A8le">Benjamin de Tudèle</a>, pas moins de 8 000 Juifs vivaient dans la ville d’Ourguentch au XIIème siècle, bien que certains pensent qu’il faisait en réalité référence à la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva">Khiva</a>, située dans la même région. Ni l’invasion mongole de ce siècle ni leurs destructions n’ont rayé la ville de la carte ou ne l’ont empêchée de prospérer.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’existe toutefois pas de preuve fiable suggérant que les Juifs aient vécu en dehors des limites de Khwarezm au Ier millénaire de notre ère. Ils sont arrivés plus tard à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> et à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, au cours du développement de liens commerciaux avec la Chine. De plus, à la différence de l’Europe, le commerce était considéré dans l’Orient musulman comme une activité tout à fait honorable et les Juifs avaient donc beaucoup de concurrents. Les impôts visant les non musulmans, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djiz%C3%AEa"><em>jizîa</em>,</a>&nbsp;ont également eu un impact. Ils n’ont en effet pas donné l’occasion aux marchands de se développer et leur sphère d’influence aurait été circonscrite à la région du Khwarezm.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mort et assimilation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">À la veille de l’invasion mongole, un nombre déjà important de Juifs vivait à Boukhara et Samarcande. Qu’arriva-t-il ensuite ? Les Mongols ne s’en sont pas pris spécifiquement aux Juifs. Du moins, les sources historiques n’en font pas mention. En revanche, la crise économique et la catastrophe démographique en Asie centrale ont modifié les routes commerciales, et les Juifs ont pu chercher à partir s’installer près de la Méditerranée ou en Europe occidentale. Ils disparurent de Samarcande dès le XIVème siècle. Lors de sa visite de l’État<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_timouride"> timouride</a>&nbsp;(1370-1507), le chevalier espagnol <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruy_Gonz%C3%A1les_de_Clavijo">Ruy Gonzales de Clavijo</a> énumère les nombreuses communautés vivant à Samarcande (Turcs, Arabes, Mongoles, Arméniens, Grecs…) mais les Juifs n’y sont pas mentionnés. À Boukhara, au contraire, une prospère communauté juive vivait au XVème siècle, comme le recensement de nombreuses <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mishna"><em>mishnas</em></a> et d’autres textes religieux fait dans la ville de 1496 à 1498 en apporte la preuve. Un certain Uziel Moshe ben-David y composait également des poèmes en persan et en hébreu. La communauté de Boukhara s’agrandira encore à la faveur de migrants venus de la ville d’Ourguentch, détruite par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan">Tamerlan</a> en 1388.</p>
<p style="text-align: justify;">D’après Albert Kaganovitch, ce serait au XVIème siècle, et notamment sous le règne du premier <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">khan de Boukhara</a> &#8211; <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammad_Chaybani">Mohammed Chaybani</a>, de la dynastie des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaybanides">Chaybanides</a> &#8211; que les Juifs disparurent d’Asie centrale. De toute évidence, ils ont succombé aux nombreuses luttes intestines du XVIème siècle ou bien se sont convertis à l’islam. Les Juifs du Khwarezm ont probablement connu le même sort. D’après le témoignage du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Mouraviev-Karsski">général Mouraviev</a>, d’anciens Juifs convertis à l’islam vivaient à Khiva au tout début du XIXème siècle. Le missionnaire Joseph Wolf racontait dans les années 1840 que les Juifs assimilés combattaient souvent contre les émirs de Boukhara, haïs par les Turkmènes. Ils avaient même leur propre cri de ralliement : <em>« Rabone chel olam »</em> (Maître de l’Univers).</p>
<p><figure id="attachment_30842" aria-describedby="caption-attachment-30842" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-full wp-image-30842" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Еврейские-дети-с-учителем-Самарканд-1910-е-годы.-Фото-Сергея-Прокудина-Гоорского-с-сайта-Wikipedia.org_.jpeg" alt="Histoire Religion Tradition Asie centrale" width="750" height="500" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Еврейские-дети-с-учителем-Самарканд-1910-е-годы.-Фото-Сергея-Прокудина-Гоорского-с-сайта-Wikipedia.org_.jpeg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Еврейские-дети-с-учителем-Самарканд-1910-е-годы.-Фото-Сергея-Прокудина-Гоорского-с-сайта-Wikipedia.org_-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Еврейские-дети-с-учителем-Самарканд-1910-е-годы.-Фото-Сергея-Прокудина-Гоорского-с-сайта-Wikipedia.org_-128x86.jpeg 128w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-30842" class="wp-caption-text">Enfants juifs avec un enseignant, Samarcande (années 1910).</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">Les notes du voyageur britannique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Jenkinson">Anthony Jenckinson</a>, qui a visité la cour d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_le_Terrible">Ivan le Terrible</a> mais également Boukhara vers 1550, témoignent également de la disparition des Juifs d’Asie centrale. Anthony Jenckinson y décrit en détail la structure politique et économique de la ville, mais ne dit pas un mot sur les Juifs. C’est d’autant plus étrange qu’il réfléchit pourtant beaucoup à la question et consacre beaucoup de temps à critiquer l’idée alors très populaire en Europe selon laquelle les Mongols seraient originaires d’une des dix tribus perdues d’Israël. Selon toute vraisemblance, les Juifs de Boukhara étaient morts ou bien avaient fui la ville. S’ils s’étaient convertis à l’islam, alors leurs descendants auraient été présents dans les années 1550 et n’auraient pas manqué d’attirer l’attention d&rsquo;Anthony Jenckinson.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a toutefois une chance pour que les Juifs ne soient pas morts. Ils ont pu plutôt fuir l’Asie centrale pour la Chine, puisqu’ils conservaient d’importants liens commerciaux avec l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9leste_Empire">Empire céleste</a>. À l’appui de cette hypothèse, on trouve les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haggada">Haggadas de Pessah</a> de la ville de Kaifeng, écrites en judéo-iranien aux XVII-XVIIIème siècles. Comme l’ont montré des études récentes, la langue des textes écrits par les Juifs de Kaifeng correspond au dialecte du Khorassan de langue judéo-iranienne, que l’on parlait seulement dans le Khorassan du VIIIème au XIIIème siècle. Le fait que ce dialecte ancien comme les rituels de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pessa%27h">fête de Pessah</a> aient été conservés jusqu’au XIXème siècle témoigne également de la longue isolation de la Chine et de l’Asie centrale vis-à-vis du Moyen-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La renaissance de la soie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après la mort vint la renaissance. On ignore quand elle eut exactement lieu mais, à en juger par l’influence perse dans plusieurs œuvres littéraires des Juifs de Boukhara, cela s’est produit au début du XVIIème siècle. Les Juifs ont probablement été déplacés de force de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mechhed">Mashhad</a>, la principale ville du Khorassan à l’époque moderne, actuellement en Iran. Aux XVème et XVIème siècles, Mashhad était célèbre pour ses soieries, dont la qualité équivalait les soies de Gênes. Cependant, durant tout le XVIIème siècle, la ville est davantage reconnue comme un centre de production de textiles bruts et de tapis. Les Juifs impliqués dans la fabrication de la soie et des soieries ont probablement été déportés de Mashhad à Boukhara. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdullah_Khan">Abdallah Khan II</a> en aurait décidé ainsi afin d’enrichir sa puissance, en plus de détruire l’économie de son ennemi principal, la Perse chiite. Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chah">shah</a> perse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbas_Ier_le_Grand">Abbas le Grand</a> annula alors l’exportation des soies vers la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Transoxiane">Transoxiane</a>, ce que les autorités de Boukhara ne voulurent pas accepter. En réponse,&nbsp;Abdallah Khan décida de réinstaller les Juifs dans les villes pillées du Khorassan.</p>
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		</p>
<p style="text-align: justify;">De nombreux récits et légendes des Juifs de Boukhara font écho à leur exil loin de Mashhad. Jusque dans les années 1920, on racontait qu’il y avait jadis une épouse du roi de Boukhara qui n’avait pas d’enfants. Le roi apprit qu’un médecin juif de Mashhad guérissait l’infertilité, mais le médecin refusait de s’installer chez le roi car il n’y avait pas de synagogue ni de communauté juive à Boukhara. Le roi accepta donc de faire venir vingt autres personnes afin que le médecin ait avec des personnes avec qui prier. En 1620, la première synagogue fut d’ailleurs construite. Les Juifs gagnaient leur vie en fabriquant de la soie qui était activement exportée vers la Russie. Des officiers russes tels qu’Efremov ou Burshanev aussi bien que des voyageurs indiens des XVIIIème-XIXème siècles évoquent la grande maîtrise des artisans juifs dans la production de soieries.</p>
<p><figure id="attachment_30841" aria-describedby="caption-attachment-30841" style="width: 750px" class="wp-caption alignnone"><img decoding="async" class="size-full wp-image-30841" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Евреи-переселенцы-из-Мешхеда-1920-е-годы.-Фото-с-сайта-Dbs.bh_.org_.il_.jpeg" alt="Asie centrale Religion Tradiction Histoire" width="750" height="500" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Евреи-переселенцы-из-Мешхеда-1920-е-годы.-Фото-с-сайта-Dbs.bh_.org_.il_.jpeg 750w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Евреи-переселенцы-из-Мешхеда-1920-е-годы.-Фото-с-сайта-Dbs.bh_.org_.il_-300x200.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Евреи-переселенцы-из-Мешхеда-1920-е-годы.-Фото-с-сайта-Dbs.bh_.org_.il_-128x86.jpeg 128w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-30841" class="wp-caption-text">Immigrants juifs de Mashhad (années 1920)</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">À la différence de leurs coreligionnaires européens, les Juifs de Boukhara n’exerçaient pas d’activité particulière dans les domaines du commerce et de l’usure. En effet, ces secteurs étaient déjà fortement occupés par les musulmans (le commerce) ou les hindous (crédit et artisanat). Seuls le renforcement des contacts commerciaux avec la Russie dans la première moitié du XIXème siècle et l’ouverture de nouveaux marchés ont permis aux Juifs d’occuper des positions importantes dans le commerce.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-louzbekistan-est-devenu-la-terre-promise-pour-les-juifs/">Comment l’Ouzbékistan est devenu la Terre promise pour les Juifs</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, en 1885, un tiers des Juifs de Boukhara travaillait encore dans la production de la soie. Les châles et les turbans en soie translucide étaient alors particulièrement appréciés. La prospérité de la communauté juive de Boukhara et la tolérance de la population locale rendirent la région si attrayante que des centaines de Juifs d’Afghanistan, de Perse et même de Syrie vinrent s’y installer. Ils furent rapidement assimilés au sein de la communauté locale et seuls leurs surnoms (<em>lakab</em>) préservaient la trace de leurs origines. Mais il s’agissait déjà de nouvelles personnes, avec leur propre culture, leur propre langue et la mémoire de leur récent exode. Les traditions séculaires de la vie juive d’Asie centrale de l’Antiquité comme de l’époque médiévale, ses rituels, sa langue et sa littérature, l’histoire de la Khazarie et du Khwarezm, sont tombés dans l’oubli et il n’y a qu’en Chine lointaine qu’il y subsiste quelques faibles traces.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Artyom Kosmarsky<br />
</strong><strong>Rédacteur pour Fergana News</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit&nbsp;du <a href="https://fergana.ru/articles/112987/">russe</a>&nbsp;par Antonia Collard-Nora</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Édite par Geoffrey Schollaert</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Corrigé par Aline Simonneau</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Que vend-on à la frontière tadjiko-afghane ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Apr 2020 15:39:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Commerce]]></category>
		<category><![CDATA[Marché]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/que-vend-on-a-la-frontiere-tadjiko-afghane/">Que vend-on à la frontière tadjiko-afghane ?</a></p>
<p>Chaque samedi, des Afghans viennent au marché de Khorog, situé à la frontière tadjiko-afghane pour s’y procurer des produits de première nécessité. Le média tadjik Asia-Plus s&#8217;est rendu à ce bazar et y a observé qui vend quoi. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 26 février 2020 par le média tadjik Asia-Plus. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/que-vend-on-a-la-frontiere-tadjiko-afghane/">Que vend-on à la frontière tadjiko-afghane ?</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Chaque samedi, des Afghans viennent au marché de Khorog, situé à la frontière tadjiko-afghane pour s’y procurer des produits de première nécessité. Le média tadjik Asia-Plus s&rsquo;est rendu à ce bazar et y a observé qui vend quoi.</strong></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 26 février 2020 par le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200226/mi-vam-kazani-vi-nam-kabob-chem-torguyut-na-tadzhiksko-afganskoi-granitse?tg_rhash=4ad06923c19fc6">Asia-Plus</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify">Dans la République du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>, trois marchés à la frontière tadjiko-afghane, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>, à <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Darvoz_District">Darvaz</a> et à <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-renaissance-du-bazar-dichkachim/">Ichkachim</a>, permettent aux Afghans d’y acheter des produits essentiels. La frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan n’ouvre qu’une seule fois par semaine. Le commerce s’y fait en monnaie tadjike, le <em>somoni</em>. Le média tadjik Asia-Plus s&rsquo;est rendu à celui de Khorog.</p>
<p>
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		</p>
<p style="text-align: justify">A Khorog, il est plus pratique pour les Afghans d’attendre le samedi et d’acheter des produits sur le marché transfrontalier que de se rendre au centre du district de leur province, puisque le marché de Khorog est plus proche et meilleur marché.</p>
<p><figure id="attachment_30490" aria-describedby="caption-attachment-30490" style="width: 746px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30490" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo4.jpg" alt="Marché Tadjikistan Khorog" width="746" height="550" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo4.jpg 746w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo4-300x221.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 746px) 100vw, 746px" /><figcaption id="caption-attachment-30490" class="wp-caption-text">Marché de Khorog dans la République du Haut-Badakhchan</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Les Afghans n’ont pas tous des passeports, et la majorité d’entre eux viennent dans la zone frontalière du Tadjikistan avec leur carte d’identité. Ils passent alors trois contrôles différents, d’abord les gardes-frontières, puis les services douaniers et la police anti-narcotique, avant d’être autorisés à entrer sur le marché tadjik.</p>
<p style="text-align: justify">Lorsque s’amassaient sur le territoire afghan voisin des combattants du mouvement taliban ou de l’État islamique, le marché a été fermé à plusieurs reprises. Les Afghans ont demandé à leurs responsables ainsi qu’aux autorités tadjikes de rouvrir le marché, car ils étaient alors pratiquement sans nourriture.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>De l’huile aux chaussures</strong></p>
<p style="text-align: justify">Le commerce a ses propres règles dans ce marché tadjiko-afghan : chacun achète ce qu’il n’y a pas dans son territoire respectif. Par exemple, il y a des pommes en abondance dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir tadjik</a>, tandis qu’il n’y a pas, en principe, de fruits sur le territoire afghan. Le kilogramme de pommes est vendu sur le marché à un prix entre 2 et 4 <em>somonis</em> (entre 0,2 et 0,4 euro).</p>
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<p style="text-align: justify">Sur le marche, on peut également trouver de l’huile, des fruits, des légumes, des pâtes et d’autres aliments. On vend en plus des châles, des tissus, des vêtements chauds, des chaussures en caoutchouc et ainsi de suite. <em>« Depuis 15 ans, je viens ici chaque semaine pour vendre des bijoux nationaux, des robes et des <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tubeteika">tubétikas</a>. Même quand je ne peux pas venir, mes enfants viennent à ma place. Le travail sur ce marché constitue l’essentiel du revenu de notre famille », </em>explique Shahlo, une résidente de Khorog.</p>
<p><figure id="attachment_30489" aria-describedby="caption-attachment-30489" style="width: 743px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-30489" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo3.jpg" alt="Marché Tadjikistan Khorog" width="743" height="540" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo3.jpg 743w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/04/Photo3-300x218.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 743px) 100vw, 743px" /><figcaption id="caption-attachment-30489" class="wp-caption-text">Vêtements traditionnels tadjiks au marché de Khorog dans la République du Haut-Badakhchan</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Les Afghans apportent sur le marché leur textile et leurs ustensiles en fonte. Les <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazan_(ustensile_de_cuisine)">kazans</a></em>, de larges casseroles, sont le principal produit acheté par les Tadjiks. On dit que le riz qui cuit à l’intérieur est plus tendre. Les Afghans apprécient la nourriture tadjike, et on prépare d’ailleurs sur le marché des <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Plov">plovs</a></em> et des <em>shashliks</em> (brochettes). <em>« Chez nous, on ne prépare pas un tel kebab, c’est pour me régaler que je viens ici chaque semaine »</em>, affirme Farhod, un Afghan.</p>
<p style="text-align: justify">Depuis 2005 et jusqu’à ce jour, 6 ponts ont été construits entre les provinces frontalières du Tadjikistan et de l’Afghanistan, à l’initiative des gouvernements de chaque pays et de la <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-la-fondation-aga-khan-tente-de-se-maintenir-au-tadjikistan/">Fondation Aga Khan</a> pour le développement. Avec l’aide de partenaires internationaux, deux autres ponts sont aujourd’hui en cours de construction.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Mekhrangez Toursounzoda</strong><br />
<strong>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200226/mi-vam-kazani-vi-nam-kabob-chem-torguyut-na-tadzhiksko-afganskoi-granitse?">russe</a> par Antonia Collard-Nora</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Frédérique Faucher</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Corrigé par Aline Simonneau</strong></p>
<p><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<item>
		<title>Du Tadjikistan à l’Etat islamique en Afghanistan : l’itinéraire improbable d’une famille</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/du-tadjikistan-a-letat-islamique-en-afghanistan-litineraire-improbable-dune-famille/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Aug 2019 08:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
		<category><![CDATA[Etat Islamique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/du-tadjikistan-a-letat-islamique-en-afghanistan-litineraire-improbable-dune-famille/">Du Tadjikistan à l’Etat islamique en Afghanistan : l’itinéraire improbable d’une famille</a></p>
<p>La famille d’un jeune musicien tadjik s’est retrouvée dans le Wilayat du Khorassan, une branche de l’Etat islamique en Afghanistan et au Pakistan. Détails sur un itinéraire imprévisible. Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, Fergana News. Ces dernières années, de nombreuses personnes originaires du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/du-tadjikistan-a-letat-islamique-en-afghanistan-litineraire-improbable-dune-famille/">Du Tadjikistan à l’Etat islamique en Afghanistan : l’itinéraire improbable d’une famille</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La famille d’un jeune musicien tadjik s’est retrouvée dans le Wilayat du Khorassan, une branche de l’Etat islamique en Afghanistan et au Pakistan. Détails sur un itinéraire imprévisible.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, <a href="https://fergana.agency/articles/108615/">Fergana News</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ces dernières années, de nombreuses personnes originaires du Tadjikistan ont pris part aux combats dans les rangs de groupes terroristes au Proche-Orient et en Afghanistan. D’après le Comité gouvernemental de sécurité national du Tadjikistan, pas moins de 1 900 citoyens tadjiks ont rejoint les bataillons de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EI), aussi appelée Daech. Après l’échec de l’Etat islamique au Proche-Orient, le groupe terroriste a cherché à renforcer sa présence en Afghanistan, où de jeunes mercenaires étrangers sont envoyés depuis quelques temps. Parmi eux se trouvaient notamment un jeune couple originaire du Tadjikistan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pourquoi-autant-de-citoyens-tadjiks-ont-rejoint-daech/">Pourquoi autant de citoyens tadjiks ont rejoint Daech ?</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nodira Ousmonova est la femme de Fahrod Ousmonov, devenu soldat pour le Wilayat du Khorassan, une branche de l’organisation de l’Etat Islamique en Afghanistan et au Pakistan. Elle et ses deux enfants se sont retrouvés prisonniers des combattants en Afghanistan, alors qu’elle était enceinte d’un troisième enfant. Nodira Ousmonova est passée par deux prisons différentes avant de miraculeusement rentrer au Tadjikistan. <a href="https://fergana.agency/articles/108615/">Fergana News</a> est allé à sa rencontre, accompagnée de sa famille, pour savoir comment un jeune professeur de musique, pourtant diplômé de l’enseignement supérieur, a pu entrer dans les rangs de l’EI en Afghanistan.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une vie normale de migrants en Russie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nodira Ousmonova s’est mariée avec Fahrod Ousmonov en août 2009. Juste après le mariage, son mari, qui a suivi une formation de professeur de musique et de chant, est parti à la recherche d’un travail en Russie. Une situation similaire à nombreux autres Tadjiks, même si, cette fois-ci, il a pu emmener sa jeune femme avec lui. Il a alors été chanceux et a trouvé rapidement un travail comme remplisseur de cartouches d’encre pour une entreprise de Moscou. Nodira Ousmonova est devenue couturière pour une entreprise produisant des sacs pour femme. Durant leur séjour, elle donne naissance à deux fils, Firdaws et Mohammed. Le couple venait souvent au Tadjikistan pour rendre visite à leurs parents, avant de repartir travailler en Russie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-menaces-terroristes-en-asie-centrale-realite-ou-fiction/">Les menaces terroristes en Asie centrale, réalité ou fiction . . .</p>

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			</item>
		<item>
		<title>Région ouïghoure : comment les investissements chinois ont détruit le vieux Kachgar</title>
		<link>https://novastan.org/fr/region-ouighoure/region-ouighoure-comment-les-investissements-chinois-ont-detruit-le-vieux-kachgar/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Aug 2019 09:24:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Région Ouïghoure]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Kachgar]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Xinjiang]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=25347</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/region-ouighoure-comment-les-investissements-chinois-ont-detruit-le-vieux-kachgar/">Région ouïghoure : comment les investissements chinois ont détruit le vieux Kachgar</a></p>
<p>En voulant rétablir une équilibre entre Est et Ouest, le gouvernement chinois a massivement investi à Kachgar, l’une des villes emblématiques de la région ouïghoure. Cependant, si les investissements ont d’abord été économique, le volet sécuritaire a ensuite pris le dessus, entraînant un appauvrissement des Ouïghours. Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>En voulant rétablir une équilibre entre Est et Ouest, le gouvernement chinois a massivement investi à Kachgar, l’une des villes emblématiques de la région ouïghoure. Cependant, si les investissements ont d’abord été économique, le volet sécuritaire a ensuite pris le dessus, entraînant un appauvrissement des Ouïghours.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, <a href="https://fergana.agency/articles/106924/">Fergana News</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quel est l’impact de la politique mise en place par les autorités chinoises dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">la région autonome ouïghoure du Xinjiang</a> sur l’économie et la société d’une des plus vieilles villes de la région, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kachgar">Kachgar</a> ? Pourquoi les investissements colossaux et l’afflux de touristes ont-ils conduit à la destruction du caractère historique de la ville ? En quoi la rénovation fonctionne-t-elle au détriment des habitants et qu’est-ce que Kachgar a de commun avec les capitales du Kazakhstan et d’Ouzbékistan ?</p>
<p style="text-align: justify;">C’est sur ces questions que se sont penchés les chercheurs en géographie Rune Steenberg de l’université de Copenhague et Alessandro Rippa, de l’université du Colorado, de 2009 à 2019. <a href="https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14672715.2019.1575758">Leur article</a> <em>Development for all? State schemes, security, and marginalization in Kashgar, Xinjiang, </em>a été publié en août 2018 dans la revue <em>Central Asian Survey.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des investissements contre le terrorisme et le séparatisme</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1999, le Parti Communiste chinois a lancé la campagne « Ouvrir l’Ouest », visant à réduire l’écart de développement économique entre l’est et l’ouest du pays. La région autonome ouïghoure du Xinjiang a reçu un certain nombre d’investissements gouvernementaux dans le domaine des transports, mais dans l’ensemble, le programme n’a fait qu’accroître les inégalités entre les secteurs du nord (la Djoungarie historique) et du Sud (Altishakhar) et les inégalités entre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFghours">Ouïghours</a> et Hans. Ces inégalités ont constitué l’une des raisons <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_au_Xinjiang_en_juillet_2009">du conflit interethnique de 2009</a> dans la ville d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%9Cr%C3%BCmqi">Ürümqi</a>, capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Parti a tiré les conclusions de ces violences en prenant . . .</p>

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		<title>Comment la Fondation Aga Khan tente de se maintenir au Tadjikistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 May 2019 15:23:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Aga Khan]]></category>
		<category><![CDATA[AKDN]]></category>
		<category><![CDATA[Développement]]></category>
		<category><![CDATA[Fondation Aga Khan]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Badakhchan]]></category>
		<category><![CDATA[Kozidavlat Koïmdodov]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-la-fondation-aga-khan-tente-de-se-maintenir-au-tadjikistan/">Comment la Fondation Aga Khan tente de se maintenir au Tadjikistan</a></p>
<p>Reconnue comme l’un des principaux acteurs du développement au Tadjikistan, la Fondation Aga Khan compte pour la première fois un citoyen tadjik comme représentant permanent dans le pays. En tant que médiateur dans l&#8217;ultrasensible région du Haut-Badakchan, la Fondation Aga Khan est aujourd’hui dans une posture délicate. Novastan reprend et traduit ici un article initialement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-la-fondation-aga-khan-tente-de-se-maintenir-au-tadjikistan/">Comment la Fondation Aga Khan tente de se maintenir au Tadjikistan</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Reconnue comme l’un des principaux acteurs du développement au Tadjikistan, la Fondation Aga Khan compte pour la première fois un citoyen tadjik comme représentant permanent dans le pays. En tant que médiateur dans l&rsquo;ultrasensible région du Haut-Badakchan, la Fondation Aga Khan est aujourd’hui dans une posture délicate.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié le 17 avril 2019 par le média russe spécialisé sur l&rsquo;Asie centrale, <a href="https://fergana.agency/articles/106657/">Fergana News</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout un symbole. Le 17 avril dernier, la Fondation Aga Khan pour le Développement (AKDN) a nommé son nouveau responsable au Tadjikistan. Pour la première fois depuis 26 ans d’activités dans la République tadjike, un citoyen du pays devient le représentant permanent de l’organisation. Kozidavlat Koïmdodov, ancien fonctionnaire du Parti et diplomate de 69 ans, succède ainsi au Pakistanais Ali Akbar Pesnani.</p>
<p style="text-align: justify;">La Fondation Aga Khan tient sa puissance et son nom de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Aga_Khan_IV">Shah Karim Al Hussaini</a>, qui porte le titre d’Aga Khan depuis 1957. Ce titre implique que l’Aga Khan est le leader spirituel des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%A9lisme">Ismaéliens</a>, une branche de l’islam chiite. Les dons faits par les Ismaéliens vont directement alimenter la fortune de l’Aga Khan, estimée à 3 milliards de dollars. Le prince Shah Karim Al Hussaini est également appelé Aga Khan IV.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-tadjikistan-berceau-des-ismaeliens/">Le Tadjikistan, berceau des Ismaéliens</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au Tadjikistan, où seuls 3% des musulmans sont d’obédience ismaélienne, l’AKDN joue un rôle important dans le développement. Au milieu des années 1990, la fondation s’est engagée au Tadjikistan de manière active en promouvant des projets humanitaires. Son activité s’est d’abord traduite par l’apport d’une aide alimentaire aux habitants de la province autonome du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakchan</a>, dans l’est du pays, qui étaient confrontés à une catastrophe humanitaire à l’époque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_civile_du_Tadjikistan">la guerre civile</a> (1992-1997). Le Haut-Badakchan est également peuplé <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-tadjikistan-berceau-des-ismaeliens/">en majorité d’Ismaéliens</a>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un bailleur indispensable au Haut-Badakchan</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La fondation s’est progressivement orientée vers la promotion de projets socioéconomiques, culturels et humanitaires. C’est grâce au fonds de la Fondation Aga Khan sur le territoire du Haut-Badakhchan que la centrale hydroélectrique du Pamir (aujourd’hui connue sous le nom de Pamir Energy) s’est modernisée. Elle assure aujourd’hui sans interruption l’électricité de la région. Cinq ponts ont été construits et relient le Badakhchan tadjik au Badakhchan afghan, l’ensemble scolaire Aga Khan et l’université internationale d’Asie centrale ont été construits dans la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>, ainsi qu’une clinique moderne et d’autres infrastructures de moyenne et petite tailles.</p>
<p>
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<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-le-pamir-oriental-au-bord-du-gouffre/">Tadjikistan : le Pamir oriental au bord du gouffre</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La Fondation Aga Khan a également investi dans un certain nombre d’affaires. C’est la première banque de microfinance depuis de nombreuses années, dont les crédits soutiennent l’entreprenariat local. Elle a également investi dans l’hôtel Serena et la société de télécommunications Tcell (anciennement Indigo Tadjikistan). Les projets commerciaux incluent également la compagnie d’énergie Pamir Energy. Le montant total des dépenses de la fondation au Tadjikistan n’est pas connu, mais comme le souligne dans l’une de ses interviews Yodgor Faïzov, ancien directeur exécutif de l’AKDN et désormais chef de la fondation au Haut-Badakhchan, le montant annuel des investissements au Tadjikistan s’élèvent à 70 millions de dollars.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une image quasi-sacrée…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des dernières années, les activités de la Fondation Aga Khan ont pratiquement permis d’assumer les fonctions socio-économiques de l’Etat du Haut-Badakhchan, construisant ainsi une image positive de la Fondation. Cette image était d’ailleurs perçue comme sacrée par les habitants du Pamir, puisque l&rsquo;Aga Khan est le chef spirituel des Ismaéliens.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/">Bienvenue sur Mars : le district de Mourghab au Tadjikistan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce contexte qu’intervient la nomination de Kozidavlat Koïmdodov au poste de chef de l’AKDN. Cette ascension montre avant tout la rotation habituelle des cadres et le passage d’un fonctionnaire au sein de la fondation après son départ en retraite. Néanmoins, cette nomination mérite une attention particulière et donne à réfléchir sur l’activité de la structure et ses relations officielles avec la capitale Douchanbé, qui n’ont pas été très lisses au cours des dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>… qui pourrait être entachée par un diplomate à la réputation </strong><b>ambiguë</b></p>
<p style="text-align: justify;">A cet égard, la nomination de Kozidavlat Koïmdodov à la tête de l’AKDN pourrait continuer à alimenter la polémique. De fait, son ascension a suscité des réactions mitigées dans la société et donné lieu à des discussions parmi les principaux bénéficiaires de l’organisation, en l’occurrence les habitants de la région autonome du Haut-Badakhchan. Dans des discussions sur les réseaux sociaux, quelques-uns ont soutenu cette nomination, tandis que d’autres ont exprimé une opposition catégorique, l’accusant de ne pas participer à la résolution des problèmes des autochtones.</p>
<p><figure id="attachment_9286" aria-describedby="caption-attachment-9286" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9286" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/03/Pamir-Tajikistan-resized.jpg" alt="Pamir Tadjikistan" width="900" height="508" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/03/Pamir-Tajikistan-resized.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/03/Pamir-Tajikistan-resized-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/03/Pamir-Tajikistan-resized-768x433.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption id="caption-attachment-9286" class="wp-caption-text">Le massif du Pamir près de la ville de Khorog, en Haut-Badakchan.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">La controverse à l’égard de Kozidavlat Koïmdodov a plusieurs sources. En 2013, son fils Koïmdod Koïmdodov s’est trouvé impliqué dans le trafic de drogue avec sa femme Mouchtar Mouborakchoïev. Ils ont été placés en détention alors qu’ils attendaient l’embarquement d’un vol pour Moscou à l’aéroport de Douchanbé avec 2,5 kilos d’héroïne. Après sa détention, Koïmdodov junior a déclaré que les narcotiques n’appartenaient pas à lui mais à son épouse. En fin de compte, Koïmdod Koïmdodov a été relâché, mais sa femme condamnée à 12 ans et demi de réclusion. Elle a été plus tard amnistiée. Dans les années 1990, après une visite de Kozidavlat Koïmdodov dans la province autonome du Haut-Badakhchan, son garde du corps avait déjà été arrêté en possession de drogues. Malgré cela, l’autorité de Kozidavlat Koïmdodov devant le chef de l’Etat tadjik <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Emomalii_Rahmon">Emomalii Rahmon</a> n’a pas été fragilisée. Il a continué à occuper ses fonctions d’ambassadeur du Tadjikistan en Biélorussie et n’a pris sa retraite que quatre ans plus tard, en décembre 2017.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2012, année charnière</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais plus que la drogue, ce sont les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/2012_Gorno-Badakhshan_clashes">évènements de Khorog</a> en 2012 qui ont véritablement nui à la réputation de Kozidavlat Koïmdodov. Au moment  même où des opérations spéciales menées dans la capitale du Haut-Badakchan faisaient des dizaines de victimes parmi la population civile et les représentants de forces de l’ordre, Kozidavlat Koïmdodov a officiellement manifesté son soutien à la position des autorités tadjikes. Et ce alors que la population de Khorog manifestait en appelant au retrait des contingents armés supplémentaires déployés dans la province. Comme le régionalisme n’a disparu nulle part au Tadjikistan et que la politique régionaliste suscitait de grands espoirs parmi ses compatriotes, cette déclaration a sérieusement écorné l’image de Kozidavlat Koïmdodov.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/des-femmes-tadjikes-viennent-en-aide-aux-habitantes-du-haut-badakhchan/">Des femmes tadjikes viennent en aide aux habitantes du Haut-Badakhchan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les évènements de Khorog n’ont pas seulement constitué une épreuve décisive pour le diplomate mais aussi pour les activités elles-mêmes de la Fondation Aga Khan pour le développement du Tadjikistan. En effet, du fait de cette image quasi-sacrée, l’Aga Khan et son organisation ont servi de médiateur entre les anciens chefs de guerre du Pamir et les autorités de Douchanbé au cours des évènements de juillet-août 2012. L’Aga Khan a ainsi appelé ses adeptes du Badakhchan à déposer volontairement leurs armes et à un cessez-le-feu afin de parvenir à la paix. Les braises du conflit se sont éteintes. Pourtant, à la fin du mois d’août, Imomnazar Imonazarov, l’un des leaders informels les plus influents du Pamir, a été assassiné dans sa propre maison. Ses camarades ont alors affirmé que le pouvoir était derrière l’assassinat et des rassemblements ont commencé à Khorog.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une position instable</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’AKDN et le président de la région Yodgor Faïzov en personne ont alors une nouvelle fois assumé les fonctions d’intermédiaires dans les négociations de la province autonome du Haut-Badakhchan avec le pouvoir. Grâce à la médiation de l’organisation, le retrait des troupes de la région a été obtenu. Pour les ONG internationales qui ne disposent pas de mandat politique, obtenir la pacification était un résultat sans précédent. Après le meurtre d’un dirigeant influent, l’autorité de l’organisation a néanmoins décliné auprès de ses bénéficiaires. Beaucoup en sont venus à la conclusion que l’AKDN n’était pas en mesure d’offrir des instruments contraignants pour forcer le gouvernement à remplir ses engagements.</p>
<p><figure id="attachment_22944" aria-describedby="caption-attachment-22944" style="width: 2048px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22944" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k.jpg" alt="Khorogh Tadjikistan Haut-Badakhchan" width="2048" height="1365" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k.jpg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k-1300x866.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/04/30150776418_0b2eea2eb9_k-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /><figcaption id="caption-attachment-22944" class="wp-caption-text">Khorogh est la capitale de la région autonome du Haut-Badakhchan dans l&rsquo;est du Tadjikistan. La région couvre près de la moitié du territoire tadjik, mais elle est extrêmement peu peuplée : seulement 3% environ de la population tadjike vit ici, la plupart d&rsquo;entre eux dans la capitale Khorogh.</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;">À Douchanbé, les évènements de Khorog sont sujets à des sentiments partagés. D’un côté, le conflit a été résolu, quoiqu’avec le temps il semble davantage gelé. D’autre part, il s’est avéré qu’une entité étrangère, certes de dimension internationale comme l’est l’Aga Khan, pouvait avoir une influence directe sur le cours des évènements politiques au Tadjikistan. Cette évolution a mené le pouvoir tadjik à repenser son attitude à l’égard du leader du monde ismaélien.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble que l’Aga Khan lui-même a également reconsidéré sa position. En tant que chef d’une communauté de <a href="https://the.ismaili/community-0">près de 20 millions de personnes</a>, se positionnant lui-même comme le protecteur de la sécurité de ses adeptes, l’Aga Khan a probablement compris qu’on ne peut n’attendre aucune garantie de la part des autorités officielles de Douchanbé. En cessant de se rendre au Tadjikistan après sa dernière visite en avril 2012, il a peut-être voulu manifester son mécontentement, et ce, malgré les multiples projets mis en place par son organisation au cours des dernières années sur le territoire de la province autonome du Haut-Badakhchan, en particulier l’université d’Asie centrale (90 millions de dollars investis), le Centre Ismaélien (15 millions de dollars) et le Centre médical (24 millions de dollars).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des tensions latentes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le remarquent des sources de Fergana News, les relations de l’AKDN avec le gouvernement ces dernières années n’ont pas été très claires. Selon ces sources, ces relations parfois tendues ont été particulièrement visibles au moment de la cérémonie d’ouverture de l’université d’Asie centrale à Khorog <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-president-tadjik-a-ouvert-officiellement-luniversite-dasie-centrale-a-khorog/">en septembre 2018</a>. Le président tadjik Emomalii Rahmon a alors exprimé son mécontentement à l’égard des activités de l’AKDN, en soulignant que si ce dont s’occupait aujourd’hui l’AKDN était autrefois visible, sa mission était aujourd’hui incompréhensible. Il a aussi vivement critiqué la politique de ressources humaines menée par l’organisation, puisque de nombreuses fonctions sont attribuées à des ressortissants étrangers, en particulier des Pakistanais. Un petit signe qui ne trompe pas : bien que le mécontentement ne soit plus ouvertement exprimé au niveau officiel, la licence pour la tenue des activités éducatives de l’université d’Asie centrale n’a été reçue qu’un an après la fin de la construction et le début réel du travail.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-president-tadjik-a-ouvert-officiellement-luniversite-dasie-centrale-a-khorog/">Le président tadjik a ouvert officiellement l’Université d’Asie Centrale à Khorog</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, la nomination de Kozidavlat Koïmdodov au poste de représentant permanent des structures de l’Aga Khan au Tadjikistan est logique. Jusqu’en 2005, le fonctionnaire était coordinateur gouvernemental de l’AKDN dans la République tadjike. Il a réussi à maintenir des relations de confiance avec l’Aga Khan en personne comme avec le président tadjik. Malgré son image entachée à plusieurs reprises dans sa carrière, c’est probablement pour cette raison qu’il a été nommé à la tête de l’AKDN : à défaut d’améliorer les relations, il pourra au moins maintenir le statu quo. Il est essentiel pour l’Aga Khan de conserver sa présence dans un pays où les Ismaéliens représentent certes une minorité confessionnelle, mais la majorité de la population dans la province autonome du Haut-Badakhchan.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Chavkat Nazarov<br />
</strong><strong>Rédacteur pour Fergana News</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit <a href="https://fergana.agency/articles/106657/">du russe</a> par Antonia Collard-Nora</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Edité par Etienne Combier</strong></p>
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		<title>Le Kazakhstan veut davantage contrôler son cyber-espace</title>
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		<dc:creator><![CDATA[acollardnora]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2019 05:55:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-veut-davantage-controler-son-cyber-espace/">Le Kazakhstan veut davantage contrôler son cyber-espace</a></p>
<p>Depuis plusieurs années, le gouvernement kazakh tente de mettre sur pied un puissant système de cybersécurité. Un système très onéreux dont les conséquences inquiètent certains spécialistes. Novastan reprend et traduit une enquête initialement publiée par le média en ligne kazakh Vlast.kz. L'histoire débute en novembre 2017, à l’occasion d’une séance plénière au parlement kazakh. Le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-kazakhstan-veut-davantage-controler-son-cyber-espace/">Le Kazakhstan veut davantage contrôler son cyber-espace</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis plusieurs années, le gouvernement kazakh tente de mettre sur pied un puissant système de cybersécurité. Un système très onéreux dont les conséquences inquiètent certains spécialistes.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit une enquête initialement publiée par le média en ligne kazakh <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/31791-evrazijskij-kibersouz.html"><em>Vlast</em>.kz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L'histoire débute en novembre 2017, à l’occasion d’une séance plénière au parlement kazakh. Le ministre de l’Information et de la communication du Kazakhstan, <a href="https://az.wikipedia.org/wiki/Dauren_Abayev">Dauren Abaïev</a>, prend la parole afin de parler cybersécurité. « L’essentiel de notre travail, c’est le contrôle. C’est pour cela que nous allons mettre en place, d’ici la fin de l’année prochaine, un système de contrôle automatique qui surveillera et examinera l’information circulant sur Internet. Bien entendu, cela prendra du temps, mais je suis convaincu que nous réaliserons ce projet », promet alors le ministre. </p>
<p style="text-align: justify;">Durant le mois de février dernier, la mise en service industrielle du système d’information « Surveillance automatisée de l’espace national » a été approuvée. Un comité du ministère de l’Information et de la communication a commencé à travailler sur ce projet en 2017. Le prix du système était de l’ordre de 1,7 milliard de tengués (près de 4 millions d'euros). Il était indiqué que le système représenterait un ensemble logiciel et matériel unique, fonctionnant selon les principes du traitement de grandes quantités de données.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/cyber-espace-et-asie-centrale-novastan-a-recu-kevin-limonier/">Cyber-espace et Asie centrale : Novastan a reçu Kevin Limonier</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au Kazakhstan, on compte au moins trois entreprises offrant des services de système automatisé de surveillance aux organes d’Etat et aux entreprises : Alem Research, iMAZ.kz et Media System. Leurs systèmes de surveillance automatisés proposent eux-mêmes un ensemble logiciel et matériel unique, fonctionnant selon les principes du traitement de grandes quantités de données. Les caractéristiques des systèmes déjà existants correspondent donc aux caractéristiques qui, d’après les informations des médias, devraient figurer dans le système commandé par le ministère.</p>
<p style="text-align: justify;">L’an dernier, ces compagnies ont gagné grâce à la vente de leurs systèmes de surveillance à l’Etat pas moins de 258 millions de tengués (soit plus de 600 000 euros). Parmi leurs clients figurent différentes administrations : le ministère de l’Intérieur, la Direction des affaires intérieures des gouvernements régionaux et locaux ou encore le bureau du procureur.</p>
<p style="text-align: justify;">Citant son expérience, Sergeï Narinov, PDG d’Alem Research, faisait remarquer que le gouvernement a déboursé encore plus d’argent pour des prototypes naissants. « De tels systèmes ont déjà été achetés dans le passé. Des milliards ont été dépens . . .</p>

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